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Céleste Dumoulin
Céleste Dumoulin
Professeur de l'élément foudre
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Âge RPG : 26 ans

Un mariage tant attendu Empty Un mariage tant attendu

le Lun 6 Avr - 23:23
Ils avaient retrouvé la directrice, Cyprien était soulagé, tout le monde était content malgré les quelques engueulades qui avaient suivi et les rebondissements. Mais maintenant, c’était terminé ! Plan « mariage » enclenché. Céleste resta impassible durant le trajet du retour, silencieuse, ne laissant rien entrevoir en repensant aux consignes d’Estelle. En réalité, elle était encore secouée par ce qui s’était passé, par son état dans la voiture et toutes les solutions qu’elle avait cherchées pour ne pas utiliser son don. Cyprien l’avait sûrement compris… Penser à la manière douce lorsque l’on manie la foudre n’est pas naturel. En général, ceux qui ont la foudre comme élément sont emportés, colériques, font tout à l’excès… Mais jamais comme elle-même l’avait suggéré dans la voiture.

Chassant ces idées de son esprit, Céleste se concentra sur les paroles d’Estelle. Elle avait tout préparé, mais il fallait que la jeune professeure empêche Cyprien de dormir avec sa fiancée cette nuit et qu’elle l’embarque avec elle. Elle avait automatiquement demandé pourquoi elle, mais c’était logique lorsque l’on y pensait : Céleste était son témoin et elle oserait s’opposer et retenir son ami, quoi qu’il en coûte. Elle était habituée, en somme. C’est pourquoi, dès qu’ils arrivèrent au Pensionnat, ils descendirent tous de la voiture et la jeune femme attrapa Cyprien par le bras pour l’attirer à elle lorsqu’il emboîta le pas de la directrice. Désolée, ordre d’Estelle.

Cyprien – Non mais... Eh !

Céleste – Désolée, mais non, ce soir, tu dors chez moi ! Ordre d’Estelle, les mariés ne dorment pas dans le même lit avant le mariage.

Cyprien – Je viens de la retrouver à l'instant et je dois l'abandonner ?!

Céleste – Tu as tout compris, mon cher. Ne me fais pas passer pour un monstre, elle ne risque absolument rien et c’est un ordre d’Estelle, je ne fais que l’exécuter. Votre mariage ne doit pas être gâché par ce qui s’est passé !

La directrice lui jeta un regard du genre « on arrête les conneries » et s’en alla après les avoir regardés. Eh bah, elle partait déjà ? Céleste allait lui demander ce qu’elle faisait lorsqu’elle leur dit qu’elle allait régler ses comptes avec le Maréchal. Aïe… Céleste avait comme l’impression que cette partie du plan serait plus compliquée que prévue. Partir ce soir… Elle se mariait demain ! Demain ! Elle se retint de lever les yeux au ciel, à moitié désespérée. Bon, rassurer Cyprien, raisonner la directrice… Oui, bon, rassurer son ami serait plus simple.

Cyprien – Quoi, ce soir ?!

Directrice – A demain, dit-elle en faisant un signe de la main.

… Ca, c’était fait. Le commandant suivit sa supérieure, ce qui avait au moins le mérite de les rassurer un peu. S’il l’accompagnait, elle ne risquait rien, il était loyal et l’avait prouvé aujourd’hui. C’était d’ailleurs ce qui dut convaincre Cyprien qui accepta de la suivre, lui épargnant la phase négociation à laquelle elle était attendue. Miracle !

Cyprien – Bon sang…

Céleste – Allez, tu survivras, tout va bien se passer.

Céleste lui fit un mince sourire pour essayer de le rassurer et de lui montrer qu’elle compatissait. Etre en couple, presque marié, à une femme comme la directrice ne devait pas être de tout repos… Elle avait encore la discussion qu’ils avaient eue autour d’un pique-nique improvisé en tête et comprenait sans mal l’inquiétude qu’il devait ressentir. Mais ici, désolée, la jeune professeure n’avait pas eu le cœur à refuser d’aider sa collègue douce et gentille. Naïve, oui, mais c’était tout ce que l’on pouvait lui reprocher.

Ils entrèrent et montèrent les étages menant jusqu’aux appartements, Céleste le surveillant toujours du coin de l’œil au cas où, et elle ouvrit la porte de chez elle pour le laisser entrer. Pour l’occasion, elle avait fait un lit improvisé sur le canapé et avait changé les draps de son propre le lit pour le laisser à Cyprien. Pas question qu’il dorme dans le canapé, il serait capable de sortir en pleine nuit. Tout était impeccablement rangé, excepté son bureau qui débordait de feuilles de cours. Elle avait fait l’effort de ranger, oui, mais vu que monsieur l’avait dérangée avant de partir… A la base, Céleste avait prévu de tout ranger pour aller le chercher, pas de se faire enlever pour faire une escapade à Paris !

Céleste – Tu vas dormir dans mon lit, j’ai changé les draps et tout est propre. Moi, je vais dormir sur le canapé. Pas de discussion possible, je ne dors pas beaucoup la nuit donc si tu essaies de sortir, je t’attendrai au tournant avec une poêle. Tâche de te reposer, d’accord ? Je suis sûre qu’elle est en sécurité.

Cyprien – Mouais... Je l'espère. Elle est à la caserne...

Céleste – Avec le commandant, finit-elle. On peut lui faire confiance, il nous l’a prouvé aujourd’hui. Elle reviendra dans deux heures maximum, calmée, déchargée, et dormira ensuite. Le commandant viendra nous prévenir, si cela peut te rassurer.

Cyprien – Oui, bon, d'accord...

Céleste lui lança un regard inquiet, cherchant comment le convaincre et l’aider. Mais elle ne voyait pas. Elle lui souhaita une bonne nuit en lui disant de se reposer, qu’elle était dans la pièce à côté s’il avait besoin de quoi que ce soit. Par chance, la nuit se déroula sans qu’elle n’ait besoin d’utiliser la poêle qu’elle avait gardé à portée de main et Céleste put rassurer Cyprien lorsque la directrice rentra au Pensionnat. Le lendemain, elle frappa à la porte de sa chambre, le costume qu’Adrien lui avait apporté en main. Elle-même avait préparé le petit-déjeuner, s’était habillée et était fin prête pour le mariage. Dès que Cyprien lui ouvrit la porte, Céleste lui tendit le costume.

Cyprien – Merci, dit-il avec une voix excitée. Tu vas aider Gaby ?

Céleste – Oui, Estelle s’occupe des enfants mais on a peur qu’elle ne se maquille pas si on ne l’aide pas... J’ai fait le petit-déjeuner, tout est prêt. Donc, prépare-toi et mange, Adrien viendra te chercher, on se retrouve là-bas !

La jeune professeure fila avec un grand sourire, contente de le voir de si bonne humeur. C’était son jour, ce jour dont il avait si souvent rêvé, qu’il avait évoqué de nombreuses fois avec un regard rêveur. Rejoignant Estelle devant son appartement, Céleste lui annonça qu’elle était prête et la retrouva habillée, elle aussi, l’air radieux. Les mariages avaient toujours cet effet-là, sur elle, c’était magnifique. Lui faisant un maigre sourire, elle lui emboîta le pas jusqu’à l’appartement de la directrice et frappa avec une certaine appréhension. Si elle était sortie la veille, jusqu’à une heure aussi tardive, quelle tête allait-elle tirer… ?

Directrice – L’école a été attaquée ?

D’accord… Elle avait un air complètement endormie, était en peignoir et loin, trèèèès loin d’être prête. Et la première chose à laquelle elle pensait était une attaque possible de l’école… Céleste leva les yeux au ciel et entra avec Estelle qui prit directement la poussette avec les enfants pendant qu’elle-même lui expliquait pourquoi elles étaient là – ce qui était, en soi, complètement hallucinant mais passons. Céleste remarqua un bref regard noir de la part de sa supérieure à sa collègue mais l’ignora. C’était pour son bien !

Céleste – Estelle vient s’occuper des enfants et moi, je vais vous aider à vous préparer. Vous vous mariez dans deux heures et demie !

Directrice – Ça va, je le sais ! Mais je peux me préparer toute seule !

Estelle – C'est la TRADITION qui veut ça ! Et c'est moi qui organise, c'est moi qui décide !

Céleste – Merci, Estelle ! A la douche maintenant, appelez-moi quand vous vous serez lavée et je viendrai vous laver les cheveux.

Oui, c’était un complot, pourquoi ? Elles savaient que la directrice n’allait pas bien se préparer, qu’elle prendrait cela à la légère si elles ne s’en mêlaient pas. Maintenant qu’Estelle avait parlé et ordonné, elle resterait tranquille même si elle continuerait à râler dans son coin. Céleste n’en avait rien à faire, elle exécutait simplement les ordres de madame l’organisatrice du mariage.

Directrice – Pourquoi, je ne suis pas capable de le faire… ?

Céleste – Oh, si, mais nous savons que vous risquez de négliger certains aspects de votre préparation, alors nous comptons y veiller pour vous. C’est votre jour, il doit être magnifique, pensez à Cyprien ! Je vous attends, je vais préparer la suite, appelez moi quand vous avez terminé.

Tout en parlant, Céleste la poussa petit à petit jusqu’à la salle de bains et referma la porte derrière elle. Maintenant, à la suite ! Pendant qu’elle se lavait, la jeune professeure tendit l’oreille pour pouvoir intervenir lorsque l’eau arrêterait de couler. Pendant ce temps, elle prépara un bon petit-déjeuner, suivant scrupuleusement les indications d’Estelle qui était repartie lorsqu’elle s’était assuré que la directrice ne ripostait plus. Pendant qu’elle cuisinait, Céleste entendit une petite explosion en dehors mais n’eut pas le moindre sursaut. Oui, la directrice était en colère, mais non, ce n’était pas elle qui serait impressionnée. Elle connaissait ce don, avait grandi avec, vivait avec, donc il lui en fallait plus que cela pour avoir peur.

Céleste – Je peux entrer ? demanda-t-elle près de la porte de la salle de bains.

Directrice – C’est une vraie question ?

Céleste eut un sourire et ouvrit la porte, disant qu’elle restait sa supérieure et que cela tenait donc du respect. Même si, en effet, ce n’était pas une vraie question. Allez, un peu de bonne humeur, elle allait se marier ! Elle-même n’y pouvait rien, elle ne faisait que suivre les ordres de sa collègue. En tant que témoin, elle s’était retrouvée embarquer là-dedans et avait clairement refusé de s’occuper des enfants. Bien sûr, cela aurait été plus simple mais… Non. Trop dangereux à son sens. Céleste plaça une chaise devant le lavabo et prit tout ce dont elle avait besoin, les produits indiqués par Estelle, toujours.

Céleste – Installez-vous, s’il vous plaît.

La directrice soupira mais s’exécuta. Tant mieux, elle n’avait pas envie d’insister. C’était un beau jour, qu’elle en profite un peu et qu’elle arrête de penser à tout le reste ! D’accord, l’enlèvement de la veille n’aidait pas, mais Cyprien y arrivait, lui, alors qu’elle y mette un peu du sien. Céleste lui lava les cheveux avec les différents soins, massant la tête comme Estelle le lui avait montré en étant moins à l’aise néanmoins. Pas qu’elle n’aime pas l’eau, au contraire, mais… Voilà, si elle ne se maîtrisait pas… La jeune professeure enfouit ces pensées loin dans un coin de sa tête et, après dix minutes, tendit une serviette à sa supérieure.

Céleste – C’est bon ! Petit-déjeuner, maintenant, nous passerons à la robe après. J’ai tout préparé, la table est déjà mise.

Directrice – J'ai un coup de fil à passer, pour une affaire de l'armée.

Céleste – Maintenant ? Estelle ne veut pas que vous travailliez aujourd’hui.

Directrice – Ce n'est pas du travail et je peux encore contacter qui je veux, jusqu'à preuve du contraire, je suis chez moi.

Bon, très bien. Si ce n’était pas du travail… Céleste hocha la tête et la directrice alla passer son coup de fil. En effet, ce n’était pas pour du travail, simplement pour prendre les nouvelles du lieutenant. Ce que disaient les journaux étaient vrai, elle était loyale et s’inquiétait vraiment pour ses subordonnés… D’un côté, c’était rassurant, mais de l’autre, cela lui demandait sans doute beaucoup d’implication. Elle devait penser à la santé de chaque personne qui la suivait, à celle de ses enfants… Pas étonnant qu’elle délaisse la sienne. Lorsqu’elle revint à côté d’elle, Céleste avait déjà tout servi et elles mangèrent. Pendant ce temps, la jeune professeure lui dit ce qui leur restait à faire, histoire de lui donner le programme pour ne pas la surprendre plus qu’il ne le fallait.

Céleste rangea tout lorsqu’elles eurent terminé de manger et lui demanda de la suivre pour enfiler la robe. Doucement, petit à petit pour ne pas la froisser ou l’abîmer. Cette robe lui allait si bien ! Comment détester le mariage à ce point-là, comment ne pas vouloir se préparer pour ce jour si spécial ? Cela leur prit une bonne demi-heure, le temps de bien mettre tout ce qu’il fallait, de lui faire enfiler les chaussures, d’arranger les plis… Il fallait que ce soit « parfait », comme l’exigeait l’organisatrice.

Céleste – C’est parfait ! Il ne reste plus que la coiffure et le maquillage et nous pourrons y aller. Nous sommes dans les temps, ne vous inquiétez pas.

Même si cela ne devait pas être le centre de ses préoccupations pour l’instant… Mais, tenant à sa vie, Céleste ne l’ajouta pas et se remémora la coiffure qu’elle devait reproduire. Prenant les mèches blondes de sa supérieure entre ses doigts, les tournant, les bouclant, mettant des pinces par-ci, par-là, elle lui fit un chignon compliqué en laissant quelques mèches retomber çà et là. Elle ajouta à la coiffure quelques accessoires, fit tenir le tout avec un peu de laque sans cesser de surveiller l’allure de la coiffure. Hors de question de la louper, Céleste s’en voudrait – et pas qu’elle – vu l’attention que tout le monde allait porter à la mariée.

Céleste – Ne bougez pas et fermez les yeux, s’il vous plaît.

Prenant la trousse de maquillage dans laquelle Estelle avait tout rassemblé, Céleste s’appliqua à maquiller la directrice avec le plus grand soin possible. Un maquillage délicat, discret, qui mettait ses yeux en valeur et un peu de rouge à lèvres foncé pour faire ressortir ses lèvres. Elle mit du far à paupières pourpre sur le bord des paupières et doré à l’intérieur. Cela intensifiait ses yeux bleus, les éclaircissait et rendait son regard encore plus vif. Heureusement, Céleste avait les yeux d’un bleu profond et connaissait donc les teintes à éviter, ce qui ne complexifiait pas la tâche pour elle. Autrement, elle aurait passé son tour. Un peu de crayon noir et de mascara… Ah, et du fond de teint pour masquer les cernes, vu la tête qu'elle faisait. Inutile d'attirer l'attention sur ce détail. Et... Voilà ! C’était parfait. Elle la fit se lever pour la conduire jusqu’au miroir le plus proche, lui montrant le résultat final.

Céleste – Vous êtes magnifique… Allons-y, ils vont nous attendre.

Accompagnant la directrice, Céleste sortit de son appartement et descendit lentement, doucement les trois étages qui les séparaient du rez-de-chaussée. On entendait déjà le bruit des conversations, dehors, tout le Pensionnat y était rassemblé. On sonnait dix heures et, au loin, la jeune professeure vit Cyprien qui attendait lorsqu’elles sortirent du Pensionnat. Tous les regards se tournèrent vers la mariée.

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Un mariage tant attendu Empty Re: Un mariage tant attendu

le Ven 17 Avr - 11:15
Cyprien tremblait si fort qu'il dû s'y reprendre à deux fois avant de réussir à enfiler convenablement sa veste noire, sur une chemise blanche immaculée et sans aucun pli. Respire, calme-toi, détend-toi, se répétait-il en boucle en prenant de longues inspirations. Il avait mangé assez vite et se regardait maintenant devant le miroir de la cambre de Céleste. Son costume était impeccable, la petite rose rouge accroché sur la veste au niveau du cœur rendait un très bon effet. Il resta ainsi sans bouger durant plusieurs minutes, les larmes aux yeux. Il avait attendu si longtemps... Voilà des années qu'il rêvait de marcher librement au bras de cette jeune femme. Des années qu'il rêvait d'elle, des années qu'ils'imaginait vivre avec elle, se réveiller à ses côtés chaque matin, des années qu'il rêvait de voir son ventre s'arrondir car elle portera leur enfant. Il le voulait, le désirait si fort, même s'il comprenait que le moment était mal choisi. Son sourire se fana quelques peu alors qu'il s'asseyait sur le bord du lit pour cirer ses chaussures avant de les enfiler.

La vie était tout de même cruelle et avait un sens de l'humour particulièrement noir et violent. Tous les problèmes qu'il y avait eu avaient contribué à l'éloigner de Gabriella. Elle avait tant changé ! Où était la belle adolescente sans aucun soucis, travailleuse et indépendante, pouvant se détendre lors d'une soirée dès que l'occasion se présentait ? Elle était devenue une femme très responsable, ne souriant plus, ne pensant qu'aux autres mais jamais à elle. Il voudrait tellement qu'elle arrive, de temps à temps, à ne penser qu'à elle, à se soucier de sa propre santé ! Il s'inquiétait pour elle mais était convaincu de parvenir, peu à peu, à l'adoucir et l'aider à se détendre et à rire. Il pourra y parvenir, il en était plus que certain ! Même si elle en voulait pas d'un autre enfant tout de suite, ce n'était pas grave, il attendra qu'elle se sente prête. Il enfila ses chaussures en maudissant copieusement le Maréchal puis se releva, soufflant un grand coup. C'était leur jour et rien ni personne ne pourra le leur ôter, il ne faisait le serment. Il allait enfin passer la bague au doigt à la femme qu'il aimait, dans ce mariage qu'il avait espéré et attendu depuis si longtemps.

Descendant dans le parc, il salua ceux qui venaient d'arriver, familles et amis. Les parents de Gabriella semblaient bien fatigués, mais étant donné la situation, avec leur fille plus jeune, il pouvait le comprendre. Monsieur de Lizeux le surprit néanmoins en le serrant tout à coup dans ses bras et en lui souhaitant la bienvenue dans la famille. Touché, Cyprien lui rendit son étreinte, en lui jurant de prendre soin de sa fille. Il les laissa aller s'asseoir puis repéra plus loin ses propres parents, Hector et Ghislaine Redfire. Il courut vers eux avec un grand sourire et les serra dans ses bras avec bonheur, heureux qu'ils soient venus, même si c'était évident. Deux ou trois élèves le regardèrent avec des yeux ronds, comme s'ils étaient étonnés de voir que lui aussi avait des parents. Son père le fit reculer d'un pas pour le regarder, le tenant par les épaules, les yeux brillant de fierté.

Papa – On va enfin cesser de t'entendre soupirer de désespoir à chaque fois que tu viens nous voir ! Félicitations, mon garçon.

Cypriene ut un petit sourire gêné,a lors que le père Vilette venait le chercher. Bon, d'accord, il avait peut-être un petit peu cassé les oreilles de sa famille avec son amour frustré, mais aujourd'hui, tout sera au mieux ! Il alla près de l'autel, sous un arc de fleurs, devant l'assemblée assise, une allée tapissée de rouge au milieu, déjà recouverte de pétales de roses blanches. Bon sang, il recommençait à trembler. Le père de Gabriella l'attendait pour la conduire à l'hôtel, impeccable dans son costume noir et très droit. Il était marqué par l'âge, oui, mais il avait quand même une certaine allure. Cyprien, comme tous ceux qui le regardaient, pouvaient voir que la fille tenait beaucoup du père. Il ne souriait pas lui non plus, mais il inspirait du respect juste en le regardant. Le cœur de Cyprien fit un bond gigantesque quand sa future femme apparut enfin. Il sourit de plus belle alors que Céleste venait le rejoindre et que le père de Gabriella prenait le bras de sa fille. Elle était tout simplement magnifique. Même le soleil semblait l'illuminer de plus belle, dans cette longue robe blanche qui épousait gracieusement ses formes, les épaules dénudées.

La musique fut lancée, alors que le père et la fille remontaient l'allée, sous la rumeur enflant des conversation et des murmures. Il sourit à Céleste et Adrien, ses deux témoins, ayant le plus grand mal à rester en place. Estelle et Valentin attendaient non loin, eux aussi, Estelle plus que rayonnante. Elle avait organisé ce mariage à la perfection ! Il reporta son attention sur Gaby, les larmes aux yeux. Il n'arrivait pas à croire qu'il l'épousait enfin. Qu'elle allait enfin être à son bras. Le Maire était devant eux, près du père Vilette, pour l'échange des vœux. Lorsque Gabriella arriva enfin près de lui, il prit délicatement la main que son père lui donna. Il en tremblait toujours, le souffle court, mourant d'envie de l'embrasser tout de suite. Ils 'assit avec elle sur les chaises face au maire, en même temps que tout leur public. Il gardait sa main serrée dans la sienne, les yeux brillants.

Maire – Nous sommes réunis en ce jour...

Cyprien regarda la jeune femme, la gorge serrée sous l'émotion. Il l'aimait, elle l'aimait, rien ne pouvait gâcher cette journée. Il avait tant rêvé de la voir dans cette robe, marcher à ses côtés.
Gabriella de Lizeux
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Un mariage tant attendu Empty Re: Un mariage tant attendu

le Sam 18 Avr - 14:53
Il était très tard, maintenant, mais Gabriella restait tout de même debout, à regarder ses enfants dormir, penchée sur leur berceau. Ce que lui avait dit le Maréchal ne cessait de tourner en boucle dans ses pensées, elle n'arrivait pas à penser à autre chose. Il était dingue ! Dingue et à la fois terriblement logique. C'était comme si tous ces mois s'étaient écoulés dans le seul but de parvenir à ça, comme la mauvaise conclusion d'un film affreux. Il voulait que ce soit elle qui mène la lutte et la poursuive si jamais il tombait. Elle aurait pu en rire dans d'autres circonstances... D'un côté, c'était flatteur de se dire qu'il avait assez confiance pour vouloir qu'elle continue à sa place s'il mourait. Et d'un autre, c'était terrifiant. C'était une relation très particulière, en entre eux, elle avait du mal à la qualifier. Ennemis, mais en même temps quasiment liés l'un à l'autre. Elle en voulait pas qu'il disparaisse pour ne pas se retrouver à sa place et devait pourtant l'écarter coûte que coûte afin que l'Etat ne sombre pas dans une dictature militaire, comme cela arrivait en ce moment dans d'autres pays. Elle devait trouver une solution, une solution qui lui permettra d'écarter Bradley tout en préservant le pays. Elle se redressa, commençant machinalement à se déshabiller pour aller dormir.

Elle s'endormit en songeant à ce qu'elle pourrait faire pour écarter les élèves de cette histoire, afin qu'ils ne servent pas de cobayes. Eux, mais aussi des adultes avec des dons qui s'étaient retrouvés piégés dans la tourmente. La nuit fut courte, agitée, peuplée de rêves où elle voyait tour à tour l'école brûler et la France sombrer dans la guerre. Comment tourner le dos à ses responsabilités ? Elle s'était engagée, elle était prête, elle ne pouvait plus reculer à présent, quoi qu'il arrive. Il se passa peut-être trois ou quatre heures d'un sommeil fort peu réparateur lorsqu'elle entendit brusquement frapper à sa porte. Son sang ne fit qu'un tour et elle se leva d'un bond, persuadée qu'il avait eu une nouvelle catastrophe pendant qu'elle dormait. Elle courut jusqu'à la porte, les yeux cernés, le cœur au bord des lèvres, ouvrant sur Estelle et Céleste. Que s'était-il passé, encore ? Quelqu'un était mort ? la forêt avait pris feu ? Ou alors, elles venaient pour le mariage, c'était possible aussi.

Gaby – L’école a été attaquée ?

Elles entrèrent en lui disant que oui, c'était bien pour le mariage. Le mariage... Que voulaient-elles au juste, alors, le mariage était dans trois heures ! Elle avait encore tout le temps de se préparer, il ne fallait pas une heure pour se laver et enfiler une robe ! Estelle alla lui prendre ses enfants, comme ça, bien avant l'heure prévue, ce qui eut le don d'énerver Gabriella. Pas touche, elle était capable de s'occuper d'eux elle-même en attendant le mariage ! Elle lui jeta un regard noir, alors que Céleste lui disait qu'Estelle s'occupait des enfants tandis qu'elle-même allait l'aider. L'aider, l'aider, l'aider à enfiler une robe ?! D'accord, elle n'en portait pas souvent mais elle était encore capable de se débrouiller ! C'était juste une robe, après tout. la précision de l'heure n'arrangea pas les choses. Non, merci, elle n'avait pas oublié qu'elle se mariait aujourd'hui, et se moquait bien que toute autre femme à sa place aurait dégouliné de mièvrerie avec des sourires béats.

Gaby – Ça va, je le sais ! Mais je peux me préparer toute seule !

Estelle – C'est la TRADITION qui veut ça ! Et c'est moi qui organise, c'est moi qui décide !

Tiens, c'était la tradition d'harceler la mariée une heure ou deux avant les vœux ? Formidable ! Elle avait dû louper ce détail lorsque sa mère avait voulu lui apprendre comment être une bonne épouse et prendre soin de son mari. Il faut avouer aussi qu'elle avait toujours été tellement attentive lorsque son entourage voulait la conditionner pour qu'elle se comporte comme une gentille femme au foyer innocente et fleur bleue.

Céleste – Merci, Estelle ! A la douche maintenant, appelez-moi quand vous vous serez lavée et je viendrai vous laver les cheveux.

Lui laver les cheveux, ça faisait parti du processus aussi ? Elle croyait qu'elle était incapable de le faire toute seule ? Ou bien cela faisait parti d'un rite d'initiation qui consistait à énerver au maximum la future mariée afin qu'elle puisse jeter plus fort le bouquet de fleurs dans la figure des invités ? Voilà plus de 25 ans qu'elle se lavait toute seule, elle pouvait continuer aujourd'hui sans aucun problème.

Gaby – Pourquoi, je ne suis pas capable de le faire… ?

Céleste – Oh, si, mais nous savons que vous risquez de négliger certains aspects de votre préparation, alors nous comptons y veiller pour vous. C’est votre jour, il doit être magnifique, pensez à Cyprien ! Je vous attends, je vais préparer la suite, appelez moi quand vous avez terminé.

Tss... Enfin, peu importe. Une fois dans la salle de bain, elle jeta son don par la fenêtre pour se soulager puis se lava, essayant de se détendre. Cyprien devait lui aussi être en train de se préparer, à cette heure. Tout en se lavant, ses pensées voletèrent à nouveau vers l'armée et les récents événements. Elle téléphonera toute à l'heure au Colonel pour savoir si sa subordonnée allait mieux. Elle remit son peignoir puis Céleste revint pour lui laver les cheveux. Les yeux dans le vague, Gaby réfléchissait à une stratégie pour ne pas se retrouver à s'occuper entièrement de ce pays. Comment rétablir pleinement le parlement dans ses fonctions ? Il n'avait qu'un pouvoir de façade, aujourd'hui, le gouvernement glissant lentement mais sûrement vers un régime totalitaire. Pauvre France. Il y avait sans doute quelque chose à prévoir avec le Colonel. Ils avaient presque le même âge et les mêmes buts, il pouvait l'aider. Le commandant aussi était un atout précieux. Elle ne comptait pas traîner ses amis civils avec elle dans la guerre, et encore moins Cyprien. Il ne savait pas combattre, il serait blessé s'il venait avec elle là-dedans. Qu'elle-même risque sa vie n'était pas bien grave mais elle ne voulait pas que ceux qu'elle devait protéger risquent les leurs.

Céleste – C’est bon ! Petit-déjeuner, maintenant, nous passerons à la robe après. J’ai tout préparé, la table est déjà mise.

Gaby – J'ai un coup de fil à passer, pour une affaire de l'armée.

Céleste – Maintenant ? Estelle ne veut pas que vous travailliez aujourd’hui.

Oooonnn se caaalme, ne pas l'électrocuter sur place, elle ne pouvait quand même pas tuer quelqu'un le jour de son mariage, ça ne se faisait pas ! Elle parvint à lui répondre d'un ton à peu près calme, serein, poli, mais l'effort fut grand. Elle appela le Colonel, afin d'avoir plus de nouvelles. Heureusement qu'elle l'avait empêché d'utiliser son don là-bas, cet idiot, il se serait retrouvé emprisonné dix minutes plus tard sans comprendre ce qui lui arrivait. Après cela, elle pu déjeuner, puis Céleste s'occupa de lui faire enfiler la robe, les chaussures et la maquiller. Une robe, ce n'était vraiment pas pratique pour marcher correctement... Elle essayait de faire abstraction du fait que tout le monde allait la regarder bêtement quand elle se souvint que sa "sœur" sera ans doute aussi présente au mariage. Une sœur. Elle avait une sœur ! Pire encore, une sœur qui était vraiment... Comment dire ça... Qui était... Terriblement molle, naïve, faible et gémissante ? Gabriella n'en était pas encore revenue, de l'avoir aussi faible et transparente ! Elle n'avait aucun nerfs, elle s'était juste contenté e de se ratatiner sur-place lorsqu'elle lui avait crié dessus, sans même essayer de répondre ! Était-elle vraiment sa sœur ? Elle n'avait aucun caractère ! C'était une gamine naïve et faiblarde, qui pleurait pour un oui ou pour non et qui n'essayait même pas de se défendre. Le contraste était tel que Gaby avait du mal à tout prendre en compte.

Céleste rajouta quelque chose qu'elle n'entendit même pas, trop occupée à halluciner. Une sœur, soit, elle devrait peut-être tirer cette histoire au clair, savoir si cette fille était véritablement sa petite sœur. Et si c'était le cas, elle manquait sérieusement de baffes pour lui mettre un peu de plomb dans la cervelle. On en doit jamais rester passif devant l'adversité ! Surtout à ce point-là, c'était aussi ridicule que stupide. Comme si Gabriella se laissait aller face à ses responsabilités, ce serait du beau. Enfin, peu importe pour le moment, il y avait le mariage qui approchait. Elle s'arrêta un bref instant pour regarder le rendu dans le miroir accroché au dessus d'une commode. Cette image-là aussi contrastait avec force avec celle qu'elle renvoyait habituellement... Elle descendit les trois étages avec Céleste, se rendant dans le parc où avait lieu la cérémonie. Son père l'attendait, bien droit dans son costume. Elle espérait que le Maréchal n'aurait pas eu la mauvaise idée de venir... En revanche, elle vit plus loin son subordonné et hocha la tête pour le saluer.

Une fois la musique lancée, elle remonta l'allée avec son père, s'accrochant à son bras pour ne pas tomber. Elle essayait de ne se concentrer que sur le mariage et Cyprien, ne penser à rien d'autre, exclure toute pensée négative ou en lien avec le Maréchal. Arrivée, près de lui, elle se détendit déjà un peu, s'asseyant face au maire, qui commença à débuter sa litanie, les phrases habituelles lors de tout mariage. Il faisait de plus en plus chaud, à mesure que le soleil grimpait dans le ciel. Dire que la veille même, elle était en train de se battre dans un immeuble rempli de caméras à tuer des violeurs qu'on avait placé là pour leur barrer la route et les tester. Il n'y avait vraiment que dans l'armée que ce don était le plus utile, les autres métiers n'avaient pas besoin d'un tel potentiel de destruction.

Après un petit moment, ils se levèrent, pour échanger les alliances et se promettre amour et fidélité. Chacun entouré par ses témoins. Elle parvint à sourire à Cyprien en passant l'alliance à son doigt, le cœur battant. Il était l'un des rares à qui elle faisait entièrement confiance, dans ce monde. Mais elle devait malgré tout faire en sorte qu'il ne prenne aucun coup en voulant l'aider. Comme le disait son meilleur ami, le pouvoir attirait la jalousie, et la jalousie attirait la haine. En ce moment même, il y avait des personnes qui complotaient contre elle. Quel meilleur moyen que de vouloir s'en prendre à son mari ou ses enfants ? Elle doutait que Cyprien ait conscience de ça. Mais ne l'épousant, elle faisait le serment de le préserver autant qu'elle le pourra. Il ne mourra pas à cause d'elle.

Le père Vilette prit ensuite la parole pour la partie religieuse de la Cérémonie, alors que tout le monde se rasseyait. Elle se demandait si Dieu voulait toujours d'elle maintenant qu'elle avait tué... Tout comme le Colonel, d'ailleurs. Ils étaient peut-être perdus, à ses yeux, peut-être damnés. Dommage car elle ne comptait pas arrêter là. Le discours du prêtre n'en était que plus hors-sujet, sur l'amour, la beauté de la vie, la compréhension des hommes envers leurs prochains. Tant de beaux mots qui ne colleront jamais à la réalité et qui ne signifiaient donc plus rien. Elle répéta ses vœux, la tête à moitié ailleurs, mais s'efforçant de ne songer qu'au mariage. Le mariage et rien d'autre. Ils finirent par se retourner vers leur public, alors que tout le monde applaudissait en les félicitant. Mariée. Elle regarda tout le monde, encore tendue, accrochée au bras de Cyprien. A présent, le vin d'honneur pouvait commencer, puis le repas de noces et la fête. Pour le moment, tout se passait bien, elle espérait que cela allait continuer.

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le Mar 23 Juin - 22:53
Laura – Rosalie, ferme les yeux et tends les mains ! J’ai une surprise pour toi !

Laura plaça la couronne de fleurs dans les mains de Rosalie avec un grand sourire aux lèvres avant de lui dire d’ouvrir les yeux. Elle lui expliqua que c’était Solène, une amie, qui lui avait fait la couronne qu’elle portait sur sa tête et qu’elle avait accepté d’en faire une autre pour une de ses amies. Et, vu la réaction de la collégienne, Laura ne regretta pas une seule seconde, plus que contente de la voir comme cela. Elle lui allait très bien ! Ajustant sa robe et vérifiant que tout était bon, jetant également un coup d’œil à la tenue de Rose, elle lui prit la main pour l’entraîner avec elle hors du Pensionnat. Allez, hop, le mariage n’allait pas les attendre !

Les élèves se pressaient dehors pour prendre place, monsieur Redfire déjà au bout de la longue allée qu’allait parcourir la directrice au bras de son père. Laura reconnut sa mère, un peu plus loin au premier rang, et lui fit un petit signe de la main avec un grand sourire avant de rejoindre les autres élèves, assis derrière les amis des futurs mariés. Elle repéra aussi monsieur Nakajima, décidée à lui parler, et Solène un peu plus loin avec un signe de la main pour attirer son attention. Elle laissa Rosalie rejoindre des amies à elle et parvint à se frayer un chemin jusqu’à Antoine et Jasper, tous les deux très bien habillés, pour s’asseoir à côté d’eux sans cesser de sourire. Aujourd’hui, tout le monde était heureux et les militaires n’allaient pas venir tout gâcher, alors, on profite !

Enfin, les premières notes de musique retentirent. Et, à cause de la vague de murmures qui s’était répandue soudainement, Laura tourna la tête vers l’arrière, le haut de l’allée, pour voir la directrice dans la robe qu’ils l’avaient vue essayer dans la boutique, Jasper et elle. Elle était magnifique… Elle avait l’air tendu, certes, mais elle était très belle avec sa robe, sa coiffure, ses cheveux blonds… Elle avançait, accrochée au bras de son père, alors que la plupart des élèves étaient choqués de la voir dans cette tenue. Mais chut ! Ca lui allait très bien, alors qu’ils profitent plutôt que d’être choqués ! Après tout, c’était sans doute la première et la dernière fois qu’ils la voyaient ainsi. Enfin, Laura et Jasper l’avaient déjà vue en robe, mais c’était différent.

Laura – Je préfère cette robe-ci, souffla-t-elle à son frère en se penchant vers lui.

La directrice poursuivit son chemin jusqu’à leur professeur de SVT, l’air plus rayonnant que jamais. Il avait réussi. Cela faisait des années qu’il cherchait à la séduire et il avait réussi. Rien que pour cela, Laura ne regrettait pas cette année et maintenait que ce n’était pas la pire de toutes : le mariage le prouvait. Il y avait encore des choses heureuses, du bonheur, malgré tous les problèmes qui tombaient sur le Pensionnat. Alors, oui, elle comptait rester et se battre pour qu’il tienne le coup et qu’il passe cette mauvaise phase !

Maire – Nous sommes réunis en ce jour...

Tout le monde était silencieux, les élèves avaient digéré le fait de voir la directrice en robe de mariée et certaines filles semblaient déjà être en train de pleurer. Roh, tout de même, cela venait à peine de commencer ! Laura était heureuse pour la directrice et leur professeur, mais de là à pleurer… Elle écouta la suite de la cérémonie, souriant de plus belle en écoutant les paroles et les vœux prononcés par le maire et le Père Vilette. Des paroles qui paraissaient, plus que jamais, complètement décalés par rapport à la réalité et au lieu dans lequel ils se trouvaient. Mais Laura voulait y croire. Ces paroles sonnaient peut-être creux, mais elle avait envie de croire que c’était possible. Après tout, ils avaient réussi à faire cette fête ! La cérémonie était réussie, le mariage avait eu lieu et tous les élèves étaient là !

L’assemblée présente applaudit à la fin de la cérémonie lorsque les jeunes mariés s’embrassèrent, des paroles de félicitations prononcées par tous tour à tour avant de se disperser pour le repas spécialement organisé en ce jour de fête. La directrice, elle, semblait toujours tendue mais Laura ne s’en étonna pas. Après ce qui s’était passé la veille, c’était on ne peut plus normal et elle avait même cru que le mariage allait être annulé. Sans doute monsieur Redfire avait-il lourdement insisté pour le maintenir, appuyant sur le fait que tout était déjà prêt et que l’armée ne devait pas gâcher ce jour. Laura eut un sourire en imaginant la scène, mangeant et discutant avec les autres de tout et de rien.

Ce n’est que bien plus tard, au début de la fête et des activités, que la collégienne put retrouver Solène. Elle lui demanda si elle était d’accord pour parler maintenant, avant de devoir repartir chez elle, lui demanda à nouveau si elle le voulait bien et si cela ne la dérangeait pas, puis lui prit la main pour l’attirer avec elle. Laura s’éloigna un petit peu de la foule pour tenter d’apercevoir monsieur Nakajima mais n’eut pas à s’éloigner beaucoup car elle le percuta à moitié, sans avoir fait attention. Oups… Ce ne fut que grâce à la main de Solène qu’elle n’avait pas causé d’accident. Bon, heu, niveau entrée en matière douce, c’était loupé.

Laura – Pardon, Professeur, nous vous cherchions et je… Je ne regardais pas où j’allais, je suis désolée.

Et… maintenant ? Laura n’avait même pas réfléchi à ce qu’elle allait dire, ni à la manière d’amener le sujet sans paraître impolie. Elle voulait seulement aider et parler au mariage était la meilleure idée. Elle ne voulait pas le déranger dans son bureau ni au cours et ignorait quand Solène reviendrait au Pensionnat. La relâchant, elle joignit ses mains devant elle, cherchant ses mots. Mais non, elle ne voyait pas du tout comment aborder le sujet… Repensant à la discussion qu’ils avaient eue le matin-même, Laura se rappela les formules utilisées par la sœur de la directrice, nageant complètement dans le flou. Elle ignorait ce qu’elle pouvait faire, à vrai dire… Complètement.

Laura – Solène m’a… suggéré une idée et je voulais savoir si c’était possible. Je suis petite et jeune, j’ai encore beaucoup à apprendre, mais je peux aider à mon échelle pour le Pensionnat et tout ce qui se passe. Il y a plein de petites choses que je peux faire, même si mon don n’est pas encore développé. Est-ce que… ce serait possible ?

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le Mar 30 Juin - 11:23
Kimmitsu n’aurait guère été étonné si le mariage avait été annulé, avec ce qui s’était passé la veille… Mais Cyprien ne l’aurait sans doute pas supporté. Il sourit en applaudissant avec les autres, encore assez surpris de voir sa supérieure hiérarchique en robe de mariée. Cela lui allait très bien, tout le monde était d’accord là-dessus, mais il était rare de la voir comme ça, maquillée, coiffée avec soin, dans une telle robe. Cyprien avait enfin réussi à lui passer la bague au doigt, après des années à rêver d’elle, il devait littéralement flotter sur un nuage. Ce mariage était comme une bulle de détente dans leur quotidien effréné, cela allait faire du bien à tout le monde. La fin de l’année approchait de plus en plus et l’année suivante ne sera plus calme que celle-ci, tous le savaient. Il se leva à son tour pour aller féliciter les mariés, remarquant que Gabriella-sama était toujours très tendue. Si son mari arrivait à la détendre, ce sera un exploit, mais Kimmitsu pensait qu’il pouvait y arriver. En vivant avec elle, il finira par trouver ce qui la détendait vraiment.

La fête se poursuivit avec le repas de noces, puis les jeux, les chants, les danses, les animations. Il discuta longuement avec Valentin, qui avait presque les larmes aux yeux devant le mariage. Déambulant dans le parc, il parla un peu avec les familles des mariés, poli, mais sans trop savoir quoi leur dire. Le père de la directrice avait l’air aussi vif qu’elle, mais d’un naturel sympathique. Il allait reprendre un peu d’eau lorsqu’il faillit cogner contre un élève. Il eut un mot d’excuse en baissant la tête, voyant la petite Karinof, avec une autre jeune femme, blonde comme les blés, avec un air familier. Oh, exact, c’était elle, la fameuse petite sœur de la directrice. Il croisa son regard, constatant d’emblée qu’elle avait un très beau sourire. Et un beau regard aussi. Il lui rendit son sourire, trouvant cette vision assez agréable. Gabriella-sama avait une sœur très mignonne.

– Pardon, Professeur, nous vous cherchions et je… Je ne regardais pas où j’allais, je suis désolée.

Elles le cherchaient ? Pourquoi ? Il reporta le regard sur la jeune fille, qui venait de joindre ses mains devant elle comme si elle avait une immense faveur à lui demander. Il eut d’un coup l’impression, en voyant son air, de voir une enfant qui demandait à son père la permission de sortir. C’était un perturbant. Il était son professeur, rien de plus, que pouvait-elle bien vouloir lui demander ? Surtout aujourd’hui, lors des mariages, on ne pensait souvent qu’à faire la fête, parler à ses proches et s’amuser.

– Solène m’a… suggéré une idée et je voulais savoir si c’était possible. Je suis petite et jeune, j’ai encore beaucoup à apprendre, mais je peux aider à mon échelle pour le Pensionnat et tout ce qui se passe. Il y a plein de petites choses que je peux faire, même si mon don n’est pas encore développé. Est-ce que… ce serait possible ?

– Vous pensez à cela lors d’un mariage ? Et bien…

Il la regarda plus attentivement, pensif. Qu’entendait-elle par « pleins de petites choses » ? S’il y avait effectivement des tâches que chacun pouvait accomplir, la priorité de Kimmitsu restait tout de même de ne mettre aucun élève en danger, quoi qu’il arrive. Il travaillait pour les préserver mais ne voulait pas repousser ceux qui avaient la volonté d’aider. Il le fallait, l’époque l’exigeait, mais pas sans une certaine dose de prudence.

– Les élèves peuvent aider à leur échelle, bien entendu, mais pas sans que nous soyons certains que ce qu’ils font est sans danger pour eux, finit-il par rajouter en la regardant droit dans les yeux. J’en ai vu trop prendre des initiatives solitaires, qui se terminent souvent très mal. Vous comprenez ?

Il préférait insister là-dessus car elle et son frère étaient des adeptes de ce genre d’initiative, justement. Kimmitsu n’avait pas besoin de rebelles ou de têtes brûlées, mais de personnes capables de réfléchir et de se défendre. Des personnes capables de prudence et ayant une assez bonne conscience du danger encouru pour fuir en cas de besoin.

– Quel est le niveau de votre don ? demanda-t-il ensuite. Votre niveau en sport ? Connaissez-vous les bases pour les premiers soins ? Et comment réagissez-vous face à la peur, au stress et au danger ?

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le Dim 5 Juil - 13:16
M. Nakajima – Vous pensez à cela lors d’un mariage ? Et bien…

Bah… Oui ? Laura n’avait pas besoin d’un mariage pour s’amuser, elle pouvait le faire en dehors même si c’était plus dur pour l’instant. Et puis, elle devait juste lui poser une question ! Elle voulait vraiment aider et ne plus rester en arrière sans savoir que faire. Solène avait raison, de ce côté-là, elle pouvait aider grâce à de petites actions. Et puis, comme Jasper et Antoine ne la mettaient au courant de rien, il fallait bien qu’elle se débrouille toute seule, non ? Alors oui, elle pensait à cela maintenant. Un mariage pour s’amuser, c’est bien, mais qu’il devienne le seul prétexte de s’amuser et rire, ça l’est moins. Elle voulait retrouver le Pensionnat d’avant et pouvoir rire, déambuler dans les couloirs sans avoir peur des militaires, ne pas craindre la disparition d’un élève, d’un ami… Autant de petites choses qui lui manquaient cruellement. Laura ne bougea pas, soutenant le regard de son professeur pendant qu’il la regardait sans rien dire, comme s’il réfléchissait. Donc il était d’accord ?

M. Nakajima – Les élèves peuvent aider à leur échelle, bien entendu, mais pas sans que nous soyons certains que ce qu’ils font est sans danger pour eux, finit-il par rajouter en la regardant droit dans les yeux. J’en ai vu trop prendre des initiatives solitaires, qui se terminent souvent très mal. Vous comprenez ?

Laura hocha la tête après une brève hésitation. Trop d’initiatives solitaires qui se terminent mal… Elle n’avait pas besoin d’un dessin pour comprendre qu’il la visait très clairement avec son frère, ici. Mais ils étaient prudents, maintenant, ils agissaient plus calmement. Elle n’agissait plus du tout, d’ailleurs, sauf en s’entraînant avec Antoine et ce n’était pas spécialement pour lutter contre ce qui se passait avec les militaires et les médecins. S’il l’aidait, c’était uniquement parce qu’elle avait été agressée et qu’elle avait été incapable de se défendre, trop petite, pas assez forte avec son don. Mais aujourd’hui, elle s’en sortait ! Laura maîtrisait bien mieux certaines techniques, parvenait à rester plus calme même si Antoine devait souvent lui répéter d’être patiente. Elle se sentait plus forte, que ce soit en arts martiaux ou avec son don, mais savait qu’il lui restait encore des choses à apprendre. Et elle ne demandait que cela !

M. Nakajima – Quel est le niveau de votre don ? demanda-t-il ensuite. Votre niveau en sport ? Connaissez-vous les bases pour les premiers soins ? Et comment réagissez-vous face à la peur, au stress et au danger ?

Laura ouvrit légèrement la bouche sans répondre tout de suite, réfléchissant et lança un regard à Solène. Le niveau de son don ? Heu… Elle s’entraînait tous les jours depuis la sortie à Gray, mais elle était incapable de l’évaluer elle-même. Par contre, son niveau en sport, pas de problème ! Elle savait qu’elle était dans les meilleures de sa classe, surtout en course, et qu’elle était un peu trop vive parfois. Mais elle adorait le sport, c’était le seul cours où elle pouvait se dépenser sans compter. Laura ignorait comment qualifier son don, elle n’avait jamais réfléchi à cela, cherchant seulement à s’améliorer et à progresser, à devenir plus puissante depuis qu’elle servait visiblement de point faible pour faire flancher Jasper. La collégienne redressa la tête vers son professeur, cherchant ses mots.

Laura – Je suis incapable de qualifier le niveau de mon don, avoua-t-elle d’une petite voix. Mais je m’entraîne tous les jours depuis la sortie à Gray ! Et je sais que j’ai un bon niveau en sport, j’ai besoin de me dépenser et je suis petite donc j’arrive à me hisser sans problème lorsque l’on fait des parcours d’obstacles ou… ce genre de choses. Il n’y a que pour les sports où il faut avoir une grande taille que je suis moins bonne.

Laura fit une petite pause, les mains jointes derrière le dos comme si elle récitait son cours. Elle voulait vraiment participer et aider et n’allait pas mentir sur ses capacités, mais elle voulait avoir une chance et ne pas rester à l’écart, elle aussi. Après tout, les autres élèves avaient peur, mais elle ne pouvait être aussi effrayée qu’eux en côtoyant son frère. Enfin… Lorsqu’elle se sentait impuissante et coincée, elle devait bien avouer qu’elle paniquait. Mais elle s’entraînait ! La dernière situation dans laquelle elle s’était sentie en danger était lorsqu’elle s’était retrouvée coincée sous Clémence et qu’elle avait été incapable de la repousser, perdant tous ses moyens. Baissant la tête en repensant à ce sentiment d’impuissance, Laura ne put la relever tout de suite, incapable d’en parler comme cela, dans ce contexte.

Laura – Je… J’ai tendance à paniquer quand je me sens impuissante. Mais c’est pour éviter cela que je m’entraîne ! J’essaie de repenser à vos cours, mais je sais qu’en situation de panique, j’ai déjà eu tendance à… à me retrouver coincée sans pouvoir mettre cela en pratique. Mais je souhaite m’améliorer et remédier à ça, j’y ai déjà travaillé, même si j’ignore comment je vais réagir en cas de danger, maintenant. Mais je suis prête à le prouver s’il le faut, je n’ai pas peur.

Laura se tut, sachant qu’elle devait reconnaître ses limites face à monsieur Nakajima, mais hésitante parce qu’elle était motivée et espérait que ses réponses n’allaient pas l’empêcher de participer à son échelle. Il pouvait même la tester s’il le voulait ! Bon, elle n’en parlerait pas à Jasper ni à Antoine, ou peut-être à Antoine quand même, mais elle voulait vraiment se rendre utile. Cette école comptait énormément pour Laura, représentait tant de choses… Il était injuste de voir que d’autres élèves ne connaîtraient jamais ce qu’eux-mêmes avaient connu. Ils en avaient le droit, eux aussi. Et puis, si l’école était fermée ? Ou si leurs parents les empêchaient de revenir à la rentrée ? Réprimant un frisson, elle se concentra sur la dernière question de son professeur. Les premiers soins, elle avait appris à force de côtoyer Jasper. Lorsqu’il ne pouvait pas se soigner tout seul, ce qui était assez rare mais passons, elle l’aidait. Et puis, vu toutes ses visites à l’infirmerie…

Laura – Je connais les bases pour les premiers soins. J’ai voulu apprendre pour aider mon frère, comme il n’est pas très… coopératif lorsqu’il s’agit d’aller chercher de l’aide. Et puis, je vais souvent à l’infirmerie, donc j’ai… retenu certains gestes à force d’observer monsieur de Sora.

La collégienne avait rougi légèrement sur la fin de sa phrase et bougea un peu sur place, mal à l’aise, consciente de son tempérament un peu agité. La directrice avait même menacé de lui mettre un lit à son nom à l’infirmerie pour la faire parler, ce qui prouvait qu’ils étaient des habitués. Mais ils s’amélioraient ! Un peu. Ils avaient seulement besoin de se dépenser, voilà tout, ce n’était pas un point négatif, si ? Laura releva la tête, tâchant de rester calme. Ne pas oublier, c’était son plus gros défaut et elle le savait.

Laura – Je sais que j’ai encore des choses à apprendre, mais je suis prête à faire des efforts, dit-elle d’un ton décidé. D’autres élèves n’osent pas par peur, et je les comprends, mais j’aimerais que les plus jeunes aient la chance de connaître le même Pensionnat que nous, que les choses redeviennent comme avant… Ou s’améliorent, au moins. Et je ne peux rien faire toute seule, dans mon coin.

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le Mer 8 Juil - 11:55
Il y avait un peu plus d'élèves, aujourd'hui, qui acceptaient la réalité des choses et ouvraient les yeux sur ce qui arrivait à l'école. Et ce à cause de la mort de certains élèves... La mort d'un être cher pouvait vous transformer très profondément, il fallait le vivre pour vraiment le réaliser. Ceux qui n'avaient pas perdu un frère, une sœur, un enfant ou un être très cher ne pouvaient comprendre cette souffrance. Il tenait à faire évoluer les élèves et les aider à grandir sans les faire passer par cette étape cruelle et c'était pour cela qu'il faisait d'abord réfléchir chacun sur ses propres capacités. Lorsqu'on ignore comment se juger soi-même, comment juger une situation de danger ? Il la regarda longuement, alors qu'elle réfléchissait, sans prendre garde à ceux qui leur jetaient des regards curieux, croyant sans doute qu'il était en train de disputer Laura. Il criait très rarement, il fallait vraiment le pousser à bout pour qu'il hurle enfin. Ce n'était plus arrivé depuis très longtemps.

– Je suis incapable de qualifier le niveau de mon don, avoua-t-elle d’une petite voix. Mais je m’entraîne tous les jours depuis la sortie à Gray ! Et je sais que j’ai un bon niveau en sport, j’ai besoin de me dépenser et je suis petite donc j’arrive à me hisser sans problème lorsque l’on fait des parcours d’obstacles ou… ce genre de choses. Il n’y a que pour les sports où il faut avoir une grande taille que je suis moins bonne.

Hum, si elle ne pouvait dire pour son don, il ne saura le dire à sa place. Il ne maniait pas l'élément eau et ne côtoyait vraiment que peu de personnes qui le possédait. C'était un point important, pourtant, car c'était cela qui allait déterminer le degré de danger auquel elle était exposée avec l'armée. Et il ne pouvait tester cela, ce n'était pas un élément dont il était familier. Elle devra réaliser le niveau de son pouvoir avant de faire quoi que ce soit. Pour le reste, ce n'était pas si mal, pour son âge et sa taille. Elle était sérieuse aux entraînements, il l'avait bien vu. Il devrait cependant lui redemander plus précisément pour les courses de fond et d'endurance, pas seulement les parcours de vitesse.

– Je… J’ai tendance à paniquer quand je me sens impuissante. Mais c’est pour éviter cela que je m’entraîne ! J’essaie de repenser à vos cours, mais je sais qu’en situation de panique, j’ai déjà eu tendance à… à me retrouver coincée sans pouvoir mettre cela en pratique. Mais je souhaite m’améliorer et remédier à ça, j’y ai déjà travaillé, même si j’ignore comment je vais réagir en cas de danger, maintenant. Mais je suis prête à le prouver s’il le faut, je n’ai pas peur.

Il grimaça légèrement en entendant cela, pensif. Pourquoi, de toutes les leçons qu'ils donnaient lors des premiers cours, celle-ci était aussitôt oubliée ? C'était pourtant l'une des premières chose qu'il apprenait à ses élèves, comment se comporter en cas de danger, comment réagir, comment contrôler la peur et la panique afin de ne pas être submergé. Il devait donc reprendre cela avec elle aussi. Il le nota mentalement, un peu désespéré, tout de même. Il n'était jamais agréable de découvrir que les heures de cours que vous aviez données étaient parties aux oubliettes, comme cela, si simplement. Enfin soit. Il y avait bien des leçons qui étaient oubliées, au cours d'une scolarité.

– Je connais les bases pour les premiers soins. J’ai voulu apprendre pour aider mon frère, comme il n’est pas très… coopératif lorsqu’il s’agit d’aller chercher de l’aide. Et puis, je vais souvent à l’infirmerie, donc j’ai… retenu certains gestes à force d’observer monsieur de Sora.

Il eut un léger sourire alors qu'elle rougissait. Il n'y avait pas de honte à avoir, on apprenait en observant les autres, cela fonctionnait ainsi depuis la nuit des temps. En revanche, que voulait-elle dire lorsqu'elle parlait de son frère qui était peu coopératif ? Était-ce une allusion à leurs nombreuse initiatives désastreuses et assez idiotes ? Ou il y avait-il encore autre chose derrière cela ?

– Je sais que j’ai encore des choses à apprendre, mais je suis prête à faire des efforts, dit-elle d’un ton décidé. D’autres élèves n’osent pas par peur, et je les comprends, mais j’aimerais que les plus jeunes aient la chance de connaître le même Pensionnat que nous, que les choses redeviennent comme avant… Ou s’améliorent, au moins. Et je ne peux rien faire toute seule, dans mon coin.

– Si vous avez compris cela, c'est déjà une très bonne chose.

Il les incita à partir un peu plus loin, en voyant plusieurs personnes commencer à déployer des jeux d'adresse dans le parc. Inutile de se mettre dans leurs jambes pour prendre un mauvais coup. Il les poussa avec lui près des longues tables, jetant un coup d'œil au passage aux mariés. Gabriella-sama était assise avec ses parents, sa mère la serrait dans ses bras en souriant et en pleurant un peu. Son père, lui, tenait visiblement une conversation très sérieuse avec son nouveau gendre. Il se tourna à nouveau vers la jeune Laura, s'asseyant sur le bord de la table.

– Vous devez impérativement évaluer le niveau de votre élément avant toute chose, ajouta-t-il ensuite. C'est cela qui permettra de dire si vous risquez beaucoup ou non. Quant au reste, vous aviez appris comme d'autres à gérer vos sensations face au danger mais cette leçon a dû être oubliée... Je reviendrai dessus assez vite.

Il se redressa et lui fit un sourire assez fiable, pour lui montrer que ce n'était pas si grave, qu'elle devait juste prendre garde et rester attentive. On se dispersait facilement, à cet âge, mais ce n'était qu'une question de concentration.

– Qu'avez-vous déjà fait ou vu, lors de vos initiatives ? Depuis le début de cette histoire.

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le Ven 10 Juil - 13:02
M. Nakajima – Si vous avez compris cela, c'est déjà une très bonne chose.

Laura répondit par un sourire avant de s’éloigner un peu, suivant Solène et son professeur. Les jeux d’adresse commençaient et, en effet, mieux valait ne pas être dans le chemin pour cela. Elle n’était pas adroite, ce n’était un secret pour personne, alors s’écarter était beaucoup plus prudent. Les élèves s’amusaient, seule la directrice semblait toujours sur ses gardes, à veiller sur tout le monde à la fois. Pendant quelques minutes, Laura avait été convaincue qu’elle serait venue en tenue militaire, qu’elle aurait eu le dernier mot et que leur professeur de SVT aurait laissé tomber. Mais non, il avait réussi, et elle était superbe ! La collégienne la regarda avec envie, rêvant du jour où elle-même serait à sa place avec l’homme qu’elle aimait. Et certainement pas avec un homme choisi par ses parents ! Peu importe les projets de sa mère, Laura n’obtempérerait pas et se marierait avec l’homme qu’elle aurait choisi et personne d’autre. Mais soit, ce n’était pas le sujet. Elle tourna la tête vers son professeur qui s’assit sur le bord d’une table à côté d’eux, tournant la tête vers elle alors qu’elle attendait impatiemment sa réponse. Il allait accepter, n’est-ce pas ? Elle était prête à faire des efforts !

M. Nakajima – Vous devez impérativement évaluer le niveau de votre élément avant toute chose, ajouta-t-il ensuite. C'est cela qui permettra de dire si vous risquez beaucoup ou non. Quant au reste, vous aviez appris comme d'autres à gérer vos sensations face au danger mais cette leçon a dû être oubliée... Je reviendrai dessus assez vite.

Laura baissa légèrement la tête, honteuse d’avoir oublié cela, même si elle avait encore de vagues souvenirs de cette leçon. Au début de l’année, cela ne leur avait pas paru primordial, et puis, ils apprenaient plein de choses et ne pouvaient pas tout retenir, ils devaient bien choisir parfois. Mais monsieur Nakajima ne semblait pas être tant vexé que cela, elle redressa la tête au moment où lui se redressait et put, ainsi, apercevoir son sourire. Faible, d’accord, mais c’était un sourire. Donc il ne lui en voulait vraiment pas ? Laura savait qu’elle n’aurait jamais dû oublier cette leçon, les événements le lui avaient déjà prouvés, mais jamais elle n’aurait imaginé se retrouver dans une situation telle que celle avec Clémence au début de l’année. Alors, oui, elle avait oublié… Mais depuis, elle s’était améliorée et avait beaucoup progressé grâce à Antoine. Et ne comptait certainement pas oublier ces leçons… Elle avait retenu de cette agression, même si c’était malheureux, et recommençait les gestes dès qu’elle sentait mal les maîtriser ou dès qu’elle perdait son sang-froid.

M. Nakajima – Qu'avez-vous déjà fait ou vu, lors de vos initiatives ? Depuis le début de cette histoire.

Laura – De… Depuis le début ? répéta-t-elle en pâlissant.

Laura tourna la tête vers Solène, paniquée et mal à l’aise. Elle ne pouvait pas tout lui dire ! Son frère et elle avaient souvent fait le mur pour fouiller les souterrains, bien après le couvre-feu, pour retrouver des informations et freiner les plans des militaires. Ils avaient fait du sabotage, aussi. Et Jasper et Antoine s’étaient introduits dans la caserne, cette fameuse soirée, mais il était hors de question qu’elle le dise au sous-directeur. Surtout monsieur Nakajima… Laura elle-même avait séché les cours et préparé des plans pour retrouver son frère durant les deux semaines où il avait été enlevé par les militaires. Non, dire tout ce qu’ils avaient fait était impossible. Qu’elle veuille participer, oui, mais tout dire, non, elle ne voulait pas attirer d’ennuis à son frère, ils en avaient déjà assez. Laura baissa la tête vers ses pieds, évitant le regard de son professeur. Elle ne pouvait pas lui dire comme cela…

Laura – Je… Je ne sais plus ce qu’on a fait, il y a eu beaucoup de choses depuis et…

M. Nakajima – Je sais que vous avez beaucoup de choses peu avouables, mais ne mentez pas.

Laura regarda son professeur, hésitante, avant de hocher la tête. Elle ne comptait pas lui mentir, cette hypothèse ne lui avait même pas effleuré l’esprit. Personne n’osait lui mentir, d’ailleurs… Il intimidait les élèves et imposait naturellement le respect, par son allure, ses paroles, le fait qu’il ne s’énerve jamais… Même lorsqu’il était furieux, il parvenait à faire culpabiliser immédiatement l’élève fautif, contrairement aux autres professeurs du Pensionnat. Alors comment aurait-elle pu ne serait-ce que songer à mentir ? Elle poussa un soupir, faisant le tri dans ce qu’elle pouvait dire ou non, ce qu’elle devait impérativement taire pour ne pas avoir d’ennuis. Laura lança un regard à Solène, cherchant un soutien, avant de regarder à nouveau monsieur Nakajima.

Laura – Nous avons… fait surtout du sabotage, au tout début. Que ce soit en brûlant des câbles de camions, ou en brisant des outils ou… en faisant tomber malade certains militaires, parfois. Pour ralentir les opérations et les empêcher de s’installer ici comme nous ne comprenions pas ce qu’ils voulaient, ajoute-t-elle d’un ton précipité comme pour se justifier.

Mais autant dire que cela n’avait pas vraiment fonctionné… Au contraire, ils avaient reçu les menaces après et étaient fichés chez les militaires, maintenant. Laura moins parce que son don était plus faible que celui de son frère, mais elle restait en danger parce qu’elle était le point faible de Jasper. Et elle en était parfaitement consciente, raison pour laquelle elle voulait s’améliorer et renforcer son don. Elle travaillait tous les jours après avoir révisé et étudié comme son frère et Antoine faisaient elle ne savait quoi pendant ses révisions. Laura, quant à elle, avait souvent exploré et fouiné toute seule depuis qu’il l’écartait pour rechercher des informations. Elle s’était améliorée de ce côté-là depuis les deux semaines « d’entraînement intensif » avec Antoine.

Laura – Mais nous avons aussi… un peu fouillé les souterrains. Pour trouver des informations lorsqu’on ignorait ce qu’ils faisaient ici, ce qu’ils transportaient dans les camions… Et j’ai beaucoup plus cherché à apprendre des choses lorsque mon frère a disparu pendant deux semaines, jusqu’à trouver trois adresses qui renvoyaient au lycée abandonné, à l’hôpital de Gray et une autre mais je n’ai pas encore trouvé l’utilité de cette troisième adresse. On a aussi trouvé des noms de médicaments, des fauteuils… Sauf tout est installé, à présent, donc ce n’est plus un secret. On ne s’est jamais ou presque jamais fait prendre, mais les militaires savaient que c’était nous… Je crois.

Laura fit une pause en cherchant son frère des yeux. Il était plus loin, avec Antoine, s’amusant à elle ne savait quel jeu. Lui profitait de cette journée pour penser à autre chose, mais elle voulait se lancer aussi, faire du concret et ne pas agir sans cesse sous couvert de Jasper. Elle pouvait s’en sortir, elle grandissait, même s’il ne semblait pas encore le voir. Très bien, elle l’acceptait, mais ne comptait pas rester les bras croisés pour autant. Laura savait qu’elle pouvait aider. Comment, elle n’en avait aucune idée, mais elle pouvait sûrement faire plein de choses ! Quant à son don, heu… Comment l’estimer ? La collégienne se débrouillait, s’améliorait assez vite mais la patience lui faisait parfois défaut, comme les gestes complexes et lents qu’elle devait reproduire plus de fois pour les retenir parfaitement. Tournant la tête vers son professeur, elle réfléchit un moment avant de reprendre.

Laura – Pour mon élément, je… Je sais que je suis capable de me défendre grâce à mon élément, j’ai appris quelques techniques avec Antoine Lefort. Mais j’ai tendance à… perdre patience et je dois m’y reprendre plusieurs fois pour retenir les gestes complexes et lents sans m’énerver. Je le sais, donc je fais plus attention à cela et je me suis améliorée au cours grâce à ce que j’ai réalisé. Je commence aussi à créer des vagues, mais je n’ai pas eu le temps de m’exercer suffisamment au dernier cours donc je vais recommencer ce soir. Je suis prête à travailler dur, j’aimerais seulement me rendre utile et aider…

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Un mariage tant attendu K705
Kimmitsu Nakajima
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le Sam 25 Juil - 11:37
– De… Depuis le début ? répéta-t-elle en pâlissant.

Depuis le début, bien sûr, sinon Kimmitsu ne pourra pas savoir ce qu'il devait éviter de lui faire faire, afin de ne pas lui attirer plus d'ennuis ou de la mettre face à une situation qui lui aurait déjà causé un sévère traumatisme. Il répugnait à laisser des enfants agir, mais la situation était telle que beaucoup devaient grandir plus vite, laisser derrière eux les petites joies de l'enfance et réfléchir en adulte. Laura, ainsi que d'autres, ceux qui avaient pris conscience que leur époque n'admettait plus de rester en-dehors des problèmes du monde, protégé par une bulle d'innocence. Ils étaient dans un siècle de guerre, de conflits, ils devaient l'accepter, vivre avec, et tout faire pour préserver leurs proches. Il croisa le regard de Solène, pendant que Laura baissait le sien. Elle avait des yeux très clairs, encore plus en pleine lumière, il y fut plongé un moment. Les yeux si limpides étaient très rares, sauf dans quelques pays au Nord, comme la Norvège. Il lui sourit, sans raison, juste parce qu'il la trouvait attirante. Son regard était magnifique.

– Je… Je ne sais plus ce qu’on a fait, il y a eu beaucoup de choses depuis et…

– Je sais que vous avez beaucoup de choses peu avouables, mais ne mentez pas.

Il était parfaitement au courant que la plupart de ses "activités", avec son frère, avaient été menées de façon à violer allègrement le règlement de l'école mais aussi la plupart des lois Françaises. C'était du passé, à présent, il ne comptait pas lui en tenir rigueur, sauf pour les fois où elle avait véritablement risquer sa vie en fonçant sans évaluer le danger au préalable. Il attendit donc qu'elle parle, patient, les bras croisés. Les enfants avaient souvent trop d'imagination, surtout pour les bêtises, il était urgent de recadrer certains points. La guerre, ce n'est pas un jeu ! On en peut se permettre d'agir imprudemment en pensant être exempt de toute conséquence. Les enfants avaient une fâcheuse manie à oublier que la douleur et la mort pouvaient les toucher eux aussi, sans distinction d'âge. Ils n'étaient pas pleinement conscient du danger, comme si ce n'était là que bêtise habituelle de collégien, ou croyant qu'un soldat n'osera pas tirer sur eux à cause de leur âge. Ce qui est faux. S'ils interféraient dans un projet important ou devenaient des témoins gênants, ils s'exposaient à la mort au même titre qu'un adulte, peu importe qu'ils aient dix ou vingt ans.

– Nous avons… fait surtout du sabotage, au tout début. Que ce soit en brûlant des câbles de camions, ou en brisant des outils ou… en faisant tomber malade certains militaires, parfois. Pour ralentir les opérations et les empêcher de s’installer ici comme nous ne comprenions pas ce qu’ils voulaient, ajoute-t-elle d’un ton précipité comme pour se justifier.

Donc c'est bien ce qu'il craignait depuis le début, ils avaient monté des "plans" à la hâte, sans une préparation sérieuse et surtout sans le concours d'une personne plus âgée qui aurait pu les aider et les guider. Kimmitsu avait espéré ne pas entendre ça mais soit. Il couva un instant Laura avec un air inquiet, imaginant déjà le dossier qui avait dû être fait sur elle et sur son frère. Son frère, qui approchait de ses seize ans et était déjà un bon "cobaye" pour eux depuis le début de cette triste affaire. Kimmitsu retint un long soupir en jetant un regard au jeune homme, plus loin, qui s'amusait sans se soucier de rien, avant de reporter le regard sur sa sœur. Bon, disons que cela aurait pu être pire, pour elle. Pour Jasper, en revanche, il espérait qu'il savait ce qu'il faisait. Il avait déjà fait plusieurs malaises mais Adrien avait repris l'affaire en main, ce qui le rassurait. Leur infirmier était parfois très manipulable, mais il était compétent et digne de confiance.

– Mais nous avons aussi… un peu fouillé les souterrains. Pour trouver des informations lorsqu’on ignorait ce qu’ils faisaient ici, ce qu’ils transportaient dans les camions… Et j’ai beaucoup plus cherché à apprendre des choses lorsque mon frère a disparu pendant deux semaines, jusqu’à trouver trois adresses qui renvoyaient au lycée abandonné, à l’hôpital de Gray et une autre mais je n’ai pas encore trouvé l’utilité de cette troisième adresse. On a aussi trouvé des noms de médicaments, des fauteuils… Sauf tout est installé, à présent, donc ce n’est plus un secret. On ne s’est jamais ou presque jamais fait prendre, mais les militaires savaient que c’était nous… Je crois.

Bien sûr qu'ils savaient. Kimmitsu se frotta le menton, pensif, réfléchissant à ce qu'elle avait dit. Trois adresses... Le lycée soit-disant abandonné était l'hôpital et centre d'expérimentation installé par les militaires il y a déjà des années, à présent. Cet endroit avait accueilli bien des expériences avant que les soldats et scientifiques ne s'intéressent aux dons. Quand au petit hôpital du village, il était plus un relais qu'autre chose, il n'y avait presque rien là-bas. Il servait à déposer des personnes avant de les emmener ailleurs, pour l'armée. Mais il restait cette troisième adresse, qui pourrait être aussi bien un leurre qu'une piste sérieuse. Ils n'avaient pour le moment aucun moyen de savoir, ce qui était très frustrant. Comment faire ? Il retint un petit soupir, croisant le regard de Gabriella-sama, un peu plus loin. Elle pourra sans doute le savoir, tôt ou tard, mais ce ne sera pas pour tout de suite. Il ignorait dans quelle direction l'armée voulait entraîner cette école pour le mois de septembre. Cette année, ils s'étaient installé, avaient mis leurs locaux et matériel en place, modifié une partie des sous-sols. Cette installation allait sans aucun doute se poursuivre cet été. Et ensuite ? L'école ne fermera pas mais il pouvait survenir bien pire.

– Pour mon élément, je… Je sais que je suis capable de me défendre grâce à mon élément, j’ai appris quelques techniques avec Antoine Lefort. Mais j’ai tendance à… perdre patience et je dois m’y reprendre plusieurs fois pour retenir les gestes complexes et lents sans m’énerver. Je le sais, donc je fais plus attention à cela et je me suis améliorée au cours grâce à ce que j’ai réalisé. Je commence aussi à créer des vagues, mais je n’ai pas eu le temps de m’exercer suffisamment au dernier cours donc je vais recommencer ce soir. Je suis prête à travailler dur, j’aimerais seulement me rendre utile et aider…

– Vous ne pourrez rien faire avant cet été, dit-il d'un ton sans appel. Hormis vous faire oublier. Ecoutez-moi bien...

Il se pencha un peu, posant une main sur son épaule pour l'inciter à le regarder dans les yeux. Il tenait à ce qu'elle l'écoute et comprenne bien ce qu'il comptait lui dire maintenant. C'était très important, il ne parlait pour rire mais bien pour l'avertir, qu'elle ne reproduise plus des erreurs grossières, qu'elle cesse définitivement de foncer sans se rendre compte du danger et perde ainsi sa liberté, son frère, sa vie.

– Agir, c'est bien, mais foncer seuls, sans moyens de se défendre, sans aucune préparation, c'est de l'inconscience, tout simplement. Jamais vous n'avez été accompagnés par un élève plus âgé ou un adulte. Jamais, jusqu'ici, vous n'avez fait preuve de la moindre prudence. Vous êtes déjà sous surveillance. Ce ne sont pas d'autres enfants que vous avez face à vous, mais des adultes, qui ne regarderont pas votre âge si vous les gênez trop. Vous comprenez cela ?

Il posa l'autre main sur son épaule, avec un air plus grave.

– Des élèves sont morts, après avoir agis comme vous, Laura. Des élèves parfois plus jeunes que vous. Si vous voulez agir, vous devez d'abord vous entraîner sérieusement cet été et réfléchir à un comportement plus posé. La mort se moquera bien que vous ayez douze ou seize ans en venant vous chercher. Cette école ne sera plus la même, pour l'année prochaine. Là, à la rentrée, nous pourrons reparler de tout cela. D'ici-là, ne vous faites plus remarquer, plus du tout, et apprenez à vous poser. Il s'agit de réfléchir en adulte, malgré votre âge.

Il se redressa, la relâchant, avec un air plus doux. Il ne voulait pas l'effrayer mais elle devait comprendre qu'elle pouvait très bien rejoindre ses camarades de classe dans le cimetière de Gray.

– Merci pour votre bonne volonté, mais je compte sur vous pour être plus prudente à l'avenir. N'est-ce pas ?

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le Mar 28 Juil - 16:53
M. Nakajima – Vous ne pourrez rien faire avant cet été, dit-il d'un ton sans appel. Hormis vous faire oublier. Ecoutez-moi bien...

Pas avant cet été ? Mais… Laura fit la moue, déçue, regardant son professeur se pencher un peu vers elle et poser une main sur son épaule. Elle fut moins rassurée, d’un coup, ayant l’habitude de ce genre de gestes lorsque ce qui allait suivre était très important. Elle n’était pas une enfant ! Elle savait qu’elle devait être prudente, elle voulait seulement agir et ne pas rester là à ne rien faire pendant que son frère continuait à se battre. C’était si mal que cela, de vouloir défendre l’école ? Elle savait que c’était dangereux, mais il fallait bien le faire.

M. Nakajima – Agir, c'est bien, mais foncer seuls, sans moyens de se défendre, sans aucune préparation, c'est de l'inconscience, tout simplement. Jamais vous n'avez été accompagnés par un élève plus âgé ou un adulte. Jamais, jusqu'ici, vous n'avez fait preuve de la moindre prudence. Vous êtes déjà sous surveillance. Ce ne sont pas d'autres enfants que vous avez face à vous, mais des adultes, qui ne regarderont pas votre âge si vous les gênez trop. Vous comprenez cela ?

Laura hésita un moment avant de hocher la tête lentement. Elle savait qu’elle devait être prudente et qu’elle était déjà sous surveillance, mais c’est vrai qu’elle n’avait jamais pensé au fait qu’elle avait des adultes en face d’elle. En soi, c’était logique, elle ne l’avait pas oublié mais que son professeur insiste sur ce point-là signifiait que c’était important. La collégienne savait déjà qu’ils étaient plus intelligents, dangereux avec leurs armes mais… Ils les tueraient vraiment si jamais ils se faisaient prendre ? Peut-être pas, si ? Elle voyait difficilement ce qui pouvait leur arriver, ne connaissant pas toute l’ampleur des événements, ignorant ce que cherchaient les militaires. Ils en avaient après eux, cela, elle l’avait compris, mais c’était à cause de leur différence, non ? Monsieur Nakajima posa la main sur son autre épaule, presque à sa hauteur à présent, alors qu’elle essayait d’enregistrer ce qu’il disait. C’est vrai qu’ils n’avaient jamais agi avec quelqu’un, ils étaient seuls à chaque fois… Elle blêmit en imaginant ce qui aurait pu arriver à Jasper s’ils n’avaient pas reçu d’aide. Toutes les fois où ils s’étaient fait prendre, ils avaient été tirés d’affaire grâce à un adulte. Volontairement ou pas…

M. Nakajima – Des élèves sont morts, après avoir agis comme vous, Laura. Des élèves parfois plus jeunes que vous. Si vous voulez agir, vous devez d'abord vous entraîner sérieusement cet été et réfléchir à un comportement plus posé. La mort se moquera bien que vous ayez douze ou seize ans en venant vous chercher. Cette école ne sera plus la même, pour l'année prochaine. Là, à la rentrée, nous pourrons reparler de tout cela. D'ici-là, ne vous faites plus remarquer, plus du tout, et apprenez à vous poser. Il s'agit de réfléchir en adulte, malgré votre âge.

Réfléchir en adulte… Laura savait que des élèves étaient morts après s’être affichés ou s’être fait avoir, elle l’avait retenu. C’était précisément cela qui l’avait décidée ! Mais d’accord, elle devait encore s’entraîner pendant les vacances, apprendre à se défendre et perfectionner son don. Là n’était pas le problème, Antoine l’aiderait si Jasper ne le faisait pas, lui ne la ménageait pas et voulait qu’elle se défende pour ne pas être une proie facile. Autant son frère était devenu encore plus protecteur, à ses yeux, autant Antoine avait réalisé qu’ils ne pouvaient pas la protéger indéfiniment. Du moins, elle l’espérait… Elle ne voulait pas les voir morts, tous les deux, la pensée seule suffisait à la faire pâlir en quelques secondes. Parce qu’elle perdrait tout. Son professeur s’était redressé, à présent, et l’avait relâchée en quittant son air grave qu’il adoptait dès qu’il abordait des conservations plus sérieuses. Laura, elle, n’avait pas bougé, ayant seulement relâché ses mains dans son dos pour les laisser retomber le long de son corps.

M. Nakajima – Merci pour votre bonne volonté, mais je compte sur vous pour être plus prudente à l'avenir. N'est-ce pas ?

Laura – Je vous le promets, dit-elle en hochant vigoureusement la tête. Je vais m’entraîner dur cet été pour être prête à la rentrée, vous pouvez compter sur moi !

Laura sourit à son professeur avant de serrer Solène dans ses bras pour la remercier. C’était son idée, après tout, et elle avait porté ses fruits ! Saluant son professeur et la sœur de la directrice, elle les laissa discuter pour aller rejoindre les autres élèves et jouer avec eux. Maintenant, elle pouvait s’amuser, profiter un peu de cette ambiance plus légère pour souffler. Elle le promettait, elle resterait plus discrète et continuerait à s’entraîner dur pendant les vacances pour être prête. Antoine accepterait de l’aider, c’était justement mieux si elle s’y prenait en réfléchissant. C’était ce qu’il leur reprochait, non ? De ne pas réfléchir et de foncer tête baissée. Elle lui raconterait tout ce que lui avait dit monsieur Nakajima plus tard, au moins pour avoir son soutien et pouvoir avancer, se préparer. Elle ne voulait pas voir son frère et Antoine morts, ni aucun autre élève.

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