1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 La beauté du mariage

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Cyprien Redfire
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Âge RPG : 34 ans

MessageSujet: La beauté du mariage   Sam 7 Mar - 15:10

– Mais c'est très bien, comme commerce ! insista Cyprien, bras dessus-dessous avec Gabriella, tout en marchant dans le village. C'est un vieil homme très gentil qui a passé sa vie toute entière à concevoir des vêtements de fête, et des robes de mariée. Il y en aura forcément une qui te plaira ! Même si tu ne veux pas aller à l'église, on peut faire la fête dehors, il fait très beau, en ce moment, tes parents et tes frères seront ravies de voir que tu te maries enfin par amour ! Alors détends-toi, respire, c'est juste une petite séance d'essayage de rien du tout ! Fais-moi plaisir.

Il lui sourit pour tenter de lui transmettre un peu de sa bonne humeur et la détendre. Il tenait plus que tout à faire les choses dans les règles maintenant qu'il avait enfin cette jeune femme à son bras ! Il la sentait tendue et sur les nerfs, comme d'habitude, et espérait parvenir un jour à la décrisper. Elle avait accumulé, durant ces derniers mois, bien trop de peur, de colère, et d'agitation, et il s'étonnait qu'elle tienne encore debout malgré tout ça. Il salua le boulanger au passage, tout à fait guilleret et sifflotant. Allez, enfin, il faisait beau, et il ne s'était rien passé depuis le début de la semaine, à part l'altercation avec *** de docteur... Mais ne pas songer à cela. Il tenait Gaby presque obsessivement, comme s'il craignait qu'on la lui vole. Il aimerait tant qu'elle arrive à sourire ! Elle était une très belle femme, quoi qu'on en dise, mais avec son air glacial et tendu... Disons que cela n'incitait pas du tout à aller à sa rencontre pour lui parler. En la voyant, on se demandait d'abord si quelqu'un venait de l'insulter ou de l'agresser.

Il poussa la porte du commerce, en peu en retrait, avec ses fenêtres grandes ouvertes un peu partout pour laisser rentrer la fraîcheur du soleil. Le tailleur les accueillit avec un sourire et une poignée de main, déjà prête et installé. Une cabine d'essayage, un tabouret, un très grand miroir sur pieds, et un bon espace bien dégagé, le tout gorgé de soleil et de lumière grâce aux grandes fenêtres. Il dû presque tirer Gaby vers cet espace, l'incitant à se détendre. Le tailleur la lui prit ensuite des bras pour la pousser avec enthousiasme prête du tabouret et se mit à tourner autour d'elle avec son mètre et prendre des mesures. Il s'assit sur un petit fauteuil avec un large sourire, les bras croisés.

– Vous aimez les voiles, ma chère ? lança le petit papi en se redressant, puis en se mettant à dégager les cheveux de Gaby pour les rassembler derrière ses épaules. Avec un serre-tête ici, où il serait accrochée, ils vous retomberait jusqu'au milieu du dos ! La robe avec ou sans manches ? Les épaules dégagées ? Qu'en dites-vous ?

Il continua à lui tourner autour en sifflotant, sans même s'arrêter pour écouter la réponse. Cyprien eut un petit rire, puis le vieux se mit à regarder, sur un grand cintre, beaucoup de robes blanches, crème, avec parfois d'autres notes de couleur. Le papi finit par lui donner une robe et la pousser dans la cabine d'essayage. Il attendit, attendit, puis secoua la tête et se leva, poussant le rideau, convaincu qu'elle ne voulait pas sortir et se montrer comme ça. Il lui prit la main et la tira de nouveau en pleine lumière, au soleil. Elle portait une longue robe blanche, les épaules dénudées, avec des manches au poignet, et serrée à la taille. Une robe assez simple, en soie, avec de légers motifs qui se voyaient lorsqu'elle bougeait à la lumière. Il sourit de plus belle, puis le papi la fit tourner sur elle-même pour voir un peu l'effet. La longue robe blanche voleta un instant, les motifs dorés luisants au soleil.

– Pas mal, mais souriez un peu, dit le tailleur en la faisant se mettre devant le miroir, on dirait qu'on vous conduit à l’échafaud. Détendez-vous, d'habitude, les femmes qui viennent ici adorent ce genre de moment !

Huuum, oui, en principe, les femmes aimaient ce genre de moments, mais Cyprien, savait très bien que Gaby avait une sainte horreur du mariage depuis le temps où on lui répétait chaque jour que son seul souci devait être d'épouser un bon parti, même sans être amoureuse, afin de devenir une gentille femme au foyer. Tout le contraire de ce qu'elle était aujourd'hui, somme toute. Il rejoint un sourire, tandis que le vieil homme prenait d'autres mesures, parlant de la longueur du vêtement, des ajustements, des motifs, et des couleurs. Il fit un ourlet à la jupe, avec soin, afin de dévoiler un peu plus les pieds et les chevilles, puis lui fit porter une paire de talons blancs et dorés.

– Voilà, marchez un peu, pour voir ! Et en souriant, s'il vous plaît, je ne vais pas vous mordre, ni personne d'autre. Vous pouvez danser sans être gênée ?

– On va essayer, dit Cyprien en lui prenant avec douceur les deux mains, face à elle. Tu peux te détendre, ma chérie...

Il l'attira doucement à lui pour esquisser quelques pas de danse, sous l'œil du papi qui surveillait tous les mouvements de sa cliente.

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Gabriella de Lizeux
Directrice
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MessageSujet: Re: La beauté du mariage   Sam 14 Mar - 19:41

Elle n'avait pas besoin d'une robe, enfin ! Et encore moins de perdre des heures chez le tailleur du coin pour essayer de la dentelle ou des chaussures ! Elle avait déjà des vêtements corrects qui conviendraient très bien, elle ne comptait pas non plus s'amuser dans une immense fête où elle devra marcher dans un amas de tissu blanc devant tout le monde, merci bien. De toute façon, à quoi servait-il de faire la fête pour un simple mariage, on se le demande ? C'était juste une perte de temps, elle ne voyait aucun intérêt à se pavaner devant des invités dans une robe trop longue et totalement inconfortable, qui restreint votre liberté de mouvement et en vous amène qu'à vous casser la figure sans avoir le temps de dire ouf. En plus de ça, ce n'était pas pratique !  Lorsqu'on voulait courir, un pantalon était déjà beaucoup mieux, ou même une jupe, à la rigueur, on pouvait au moins la déchirer lorsqu'on en avait besoin. Alors qu'une robe vous enfermait dans une cage de tissu raide, pire que des chaînes. Et avec tout ça, cerise sur le gâteau, c'était pour un mariage ! Où était le plaisir de se marier ? La vie de couple n'avait pas besoin d'un bout de papier et d'une journée déguisés en clowns pour durer longtemps et rester solide.

Cyprien – Mais c'est très bien, comme commerce ! insista Cyprien, bras dessus-dessous avec Gabriella, tout en marchant dans le village. C'est un vieil homme très gentil qui a passé sa vie toute entière à concevoir des vêtements de fête, et des robes de mariée. Il y en aura forcément une qui te plaira ! Même si tu ne veux pas aller à l'église, on peut faire la fête dehors, il fait très beau, en ce moment, tes parents et tes frères seront ravies de voir que tu te maries enfin par amour ! Alors détends-toi, respire, c'est juste une petite séance d'essayage de rien du tout ! Fais-moi plaisir.

Ses frères, ses frères, ils s'en fichaient bien, ses frères, qu'elle se marie ou non par amour ! Tout ce qu'ils voulaient, c'est qu'elle reste cloîtrée chez elle. De toute façon, ses frères étaient des abrutis finis, et il n'était même pas question qu'elle les invite à son mariage ! D'ailleurs, si ça ne tenait qu'à elle, elle n'inviterait absolument personne. La seule idée d'avoir à se balader en robe blanche et danser lui donner déjà des nausées. Pourquoi ne pouvait-elle pas y aller en pantalon ? Ou même en uniforme, tiens ! Elle en avait un de cérémonie, et il était plus confortable que ses autres vêtements. Ce sera vraiment une petite fête, n'est-ce pas ? Sans chichis, pas trop de musique, et surtout pas de fleurs à traîner partout. Oh, mon Dieu, il y aura sûrement un photographe... Et quoi d'autres ? Pourvu que tout ça aille très vite, elle aimait bien, s'il le fallait, aller au mariage des autres, mais frémissait rien qu'à 'imaginer le sien. Elle allait être complètement ridicule ! Cela allait risible, inimaginable, un véritable calvaire. Pourquoi Cyprien tenait-il tant à ce qu'ils se marient ? Ils ne pouvaient pas juste vivre ensemble, comme ça ?

Ils entrèrent chez le tailleur, et s'il ne la tirait pas avec lui, elle serait déjà sûrement rentrée au pensionnat en courant. Il y avait des robes partout, quelle pure horreur. C'était comme dans les cauchemars, elle avançait, sans avoir le choix, puis elle voyait le danger fondre sur elle. Pitié ! Et ce papy, là, qu'est-ce qu'il lui voulait ? L'étrangler avec son mètre ? Il la poussa vers un grand miroir puis se mit à lui tourner autour en s'agitant. Oh là, qu'est-ce qu'il fichait ?! Elle retint un grognement alors que Cyprien se laissait tomber dans un fauteuil. Il souriait, lui, en plus ! Que pouvait-il bien y avoir de drôle dans le fait de voir votre future femme souffrir à essayer des robes blanches aussi inconfortables, on se le demande ? Sadique.

Tailleur – Vous aimez les voiles, ma chère ? lança le petit papi en se redressant, puis en se mettant à dégager les cheveux de Gaby pour les rassembler derrière ses épaules. Avec un serre-tête ici, où il serait accrochée, ils vous retomberait jusqu'au milieu du dos ! La robe avec ou sans manches ? Les épaules dégagées ? Qu'en dites-vous ?

Qu'elle aura l'air d'une parfaite idiote trop fleur bleue ? Un serre-tête, bah voyons, elle n'avait plus dix ans ! Quoi que, non, même à dix ans, elle ne portait plus ce genre d'accessoire. Elle préférait attacher ses cheveux en queue-de-cheval pour ne pas être gênée quand elle courait ou grimpait aux arbres. Le grand-père lui donnait tout à coup une des robes et la poussa dans la cabine d'essayage. Boon... Elle se déshabilla, face au miroir, fermant les yeux pour ne pas se voir tout de suite. Le long tissu blond glissa sur elle lorsqu'elle l'enfila, et elle ouvrit très lentement les yeux, retenant un gémissement. Elle était complètement ridicule ! Pas question de sortir comme ça ! Ses cheveux recouvraient ses épaules nues lorsqu'elle s'agitait, et elle pinça les lèvres à cause de sa poitrine, gonflée de lait maternel. C'était beaucoup trop voyant, comme tenue, elle avait l'impression qu'on venait de braquer un projecteur sur elle. Cyprien passa tout à coup la tête dans la cabine, puis lui prit la main pour la tirer à l'extérieur. Elle grimaça en revenant en plein soleil, pas du tout à l'aise. Le petit vieux la fit tourner sur elle-même, et elle eut encore plus l'impression que tout le monde la regardait ou l'espionnait.

Tailleur – Pas mal, mais souriez un peu, dit le tailleur en la faisant se mettre devant le miroir, on dirait qu'on vous conduit à l’échafaud. Détendez-vous, d'habitude, les femmes qui viennent ici adorent ce genre de moment !

Elle eut d'un coup envie de pleurer, tandis qu'il ajustait la tenue. Elle ne savait plus très bien à quand remontait la dernière fois qu'elle avait pleuré... Peut-être à sept ans, lorsqu'elle s'était cassée le bras, après un accident. Elle avait ensuite arrêté très vite car elle avait remarqué que cela poussait sa mère à la couver encore plus. Serrant les dents, elle ne bougea pas, se concentrant sur autre chose. Elle jetait des coups d'œils réguliers vers la fenêtre qui donnait sur la rue, et qui lui permettait de voir l'école, au loin. Kimmitsu veillait bien à ce que tout se passe comme il fallait, n'est-ce pas ? Elle n'avait aucune confiance en les professeurs pour ça. Dès qu'elle sera débarrassée de cette corvée, elle inspectera les lieux elle-même. Elle travaillera dans son bureau ensuite, étant donné que cette charmante petit séance d'essayage lui faisait perdre un temps fou. Tss, si au moins elle faisait quelque chose d'utile !

Tailleur – Voilà, marchez un peu, pour voir ! Et en souriant, s'il vous plaît, je ne vais pas vous mordre, ni personne d'autre. Vous pouvez danser sans être gênée ?

Cyprien – On va essayer. Tu peux te détendre, ma chérie...

Il l'attira contre lui en lui prenant les mains. Ils dansèrent un peu, puis elle fondit tout à coup en larmes, sans prévenir. Il sursauta puis la prit dans ses bras en paniquant et en lui demandant ce qui se passait, les yeux écarquillés. Gabriella prit une longue inspiration, puis s'écria qu'elle avait juste l'air complètement ridicule, qu'elle n'était pas faite pour ça, et que tout le monde se paiera de sa tête en la voyant arriver en robe. Il eut un temps d'arrêt, puis leva les yeux au ciel en soupirant, la serrant contre lui.

Cyprien – Tu ne pleures jamais, tu te lèves aussitôt après avoir reçu des coups de poignard, tu affrontes le Maréchal, et là, tu pleures car tu essayes une robe de mariée ? Tu es complètement surmenée...

Gabriella – Je ne suis pas du tout surmenée ! Peut-être un petit tendue, je te l'accorde, mais sinon je vais très bien. Et même si ça n'allait pas, ça n'a aucune importance, car il faut d'abord que je pense aux él...

Il l'interrompit en l'embrassant vivement à pleine bouche, puis la ramena près du miroir, ne la tenant par la taille. Il lui dit alors de se regarder, qu'elle n'était pas du tout ridicule, et que personne n'allait se moquer. Elle fit la moue, loin d'être convaincue, alors qu'il lui essuyait ses larmes. Elle prit une longue inspiration, avec l'impression que toutes ses forces l'avaient abandonnée d'un seul coup. Cyprien lui souriait, lui, ne semblant pas douter une seconde de ses paroles. Le petit vieux tapa dans ses mains et lança que si cette robe ne lui plaisait pas, elle pouvait en essayer une autre. Elle se changea à contre-cœur, pour une robe à bustier, plus longue et droite, qu'elle trouvait encore plus affreuse. Le tailleur prit des pinces à cheveux et un bandeau, et la coiffa très vite avant de lui attacher un voile qui lui descendait jusque dessous les épaules.

Gabriella – Je ne peux pas juste mettre mon uniforme, de l'armée ? J'en ai un pour les cérémonies officielles.

Tailleur – Quoi... ?

Cyprien – Pardon ?!

Tailleur – C'est hors de question ! hurla-t-il en levant les bras vers le ciel. Une jeune femme se marie avec une robe blanche ! Respect des traditions !

Cyprien – Tu n'es quand même pas sérieuse, non ?!

Elle soupira, toujours debout devant le miroir. D'accord, d'accord... C'était une mauvaise idée. Le petit papy s'agitait, le visage tout rouge, en fouillant sur les robes. Elle dû encore en essayer une autre, avec les épaules couvertes mais pas les bras. Elle avait l'impression de se déguiser.

Gabriella – Et où est-ce que je peux mettre mon ar.... En fait, non, peu importe.

Tailleur – Je vais faire semblant de ne pas avoir compris... Marchez un peu, pour voir ?

Elle s'exécuta, en priant pour que tout cela se termine au plus vite, puis vit, par une des fenêtres grandes ouvertes, l'adjudant-chef, de l'équipe du Colonel, passer dans la rue avec sa femme. Elle s'éloigna aussitôt pour ne pas être vue, les joues écarlates, sous le regard ébahi du tailleur. Oui, bon, ça va bien, hein ! Elle n'avait pas la moindre envie qu'on la voit dans cette tenue, elle avait déjà assez honte.

Gabriella – Et si jamais il y a un gros problème, si on vient nous agresser, ou je ne sais quoi, durant le mariage, comment on peut se défendre correctement en portant ce genre de trucs ? Je ne me vois pas courir avec ça.

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Laura K. Nakajima
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Âge RPG : 14 ans

MessageSujet: Re: La beauté du mariage   Sam 14 Mar - 23:15

Mission expédition et espionnage ! Jasper et Laura avaient entendu leur professeur de SVT discuter avec celui de sport pour lui demander où trouver un tailleur à Gray. En entendant ces paroles, ils étaient restés sans bouger un moment, concentrés sur leur propre conversation alors qu’ils passaient juste à côté, les espionnant sans faire exprès. Un tailleur… Non, mais, il voulait vraiment convaincre la directrice de porter une robe ou un truc du genre ? Laura était sûre que ce n’était pas pour lui et avait, immédiatement, eu les yeux qui s’étaient illuminés en réalisant ce que cela signifiait. La directrice en robe ! Une belle robe blanche, longue, belle, très belle, incroyablement belle.

Naturellement, ils avaient sauté sur l’occasion. Mais c’était tout à fait innocent, à la base ! Ils s’étaient simplement retrouvés pour trouver une connerie, une toute petite connerie à faire. Rien de grave, même pas dangereuse, juste histoire de se changer les idées et de s’amuser un peu. Rien comparé à leurs bêtises habituelles ! Et puis, en plus, ils étaient calmes, ces dernières semaines. Donc, ils pouvaient. Après un certain laps de temps, on s’autorise toujours un petit plaisir, un petit quelque chose pour se détendre… Eh bien, c’était la même chose pour eux, mais avec les conneries !

Et puis, une robe. Une belle robe, blanche, longue, avec des motifs magnifiques, une robe qui traîne loin derrière avec des enfants pour la porter. Et leur ancienne tante dans cette robe, avec les cheveux lâchés, un sourire sur les lèvres, au bras de monsieur Redfire. D’accord, cette dernière scène était bizarre, mais Laura avait le droit de rêver ! Toute la journée, et même les heures suivantes, elle n’arrêtait pas de harceler son frère pour savoir quand cette visite chez le tailleur aurait lieu. Mais ils n’en savaient rien et les espionnèrent donc, tous les deux, pour être prêts le moment voulu.

Jusqu’à aujourd’hui. Jasper et Laura étaient tombés sur la directrice et son fiancé, tirant une tête qui signifiait qu’elle allait passer le pire moment de sa vie. Exaspérés, ils les suivirent discrètement jusqu’à Gray, l’air de rien, comme s’ils allaient faire une simple course de dernière minute. Après tout, ils avaient le droit ! Il faisait beau, il y avait du soleil, et ils avaient du temps libre. La perspective de rester seule avec Jasper ne l’effrayait même pas tant elle était impatiente de voir la directrice-générale en robe blanche.

En robe, quoi ! Leur directrice hyper tendue, qui ne souriait jamais, en robe. Laura admettait qu’elle était tendue et nerveuse, plus que d’habitude en tout cas, ces derniers temps lorsqu’elle restait près de son frère et d’Antoine. Mais, en comparaison avec la directrice, ce n’était rien du tout. Elle avait presque l’impression qu’elle allait exploser, un jour, sans prévenir, pour une raison tout à fait stupide. Du genre, heu… Oui, voilà, pour une fourchette ou un couteau mis à l’envers, ou un uniforme qui dépassait, ou encore un élève mal coiffé alors que le pauvre n’en pourrait rien. Elle l’électrocuterait peut-être alors que le petit n’avait rien fait et ferait trembler tout le Pensionnat.

Jasper et Laura suivaient toujours le couple à travers les rues de Gray, apparemment lancés dans une grande discussion, leur professeur de SVT devant sûrement user de tous les arguments possibles et inimaginables pour convaincre sa fiancée de le suivre chez le tailleur. De ce qu’ils pouvaient voir, elle n’avait pas l’air particulièrement enthousiaste à cette idée… Que c’est étonnant. Ils entrèrent soudain dans une boutique. Le tailleur ! Tenant la main de son frère, Laura s’abaissa en même temps que lui et se rapprocha de la fenêtre sans se faire voir, se faisaient tout petits. Ne surtout pas se faire prendre. Sinon, ils étaient morts. La collégienne monta un petit peu sa tête pour voir la scène, entendant parfaitement les paroles qui s’échangeaient à l’intérieur du commerce grâce aux fenêtres ouvertes. Monsieur Redfire dut tirer la directrice pour l’amener jusqu’à l’endroit de l’essayage. Ca promettait…

Tailleur – Vous aimez les voiles, ma chère ? lança le petit papi en se redressant, puis en se mettant à dégager les cheveux de Gaby pour les rassembler derrière ses épaules. Avec un serre-tête ici, où il serait accroché, ils vous retomberaient jusqu'au milieu du dos ! La robe avec ou sans manches ? Les épaules dégagées ? Qu'en dites-vous ?

Elle ne répondit pas et Laura réprima un fou-rire en entendant les milles questions que posait le tailleur. Il savait que sa cliente avait été forcée, au moins ? Ou leur professeur ne lui avait rien dit ? Il aurait dû, parce que vu comme c’était parti, l’adolescente devinait sans mal les pensées de la directrice, vu la tête qu’elle faisait… Le vieil homme lui fourra alors une longue robe blanche dans les bras avant de la pousser dans une des cabines, refermant derrière elle. Alors, alors, alors ? Elle sortait quand ? Bientôt ? Laura sautillait presque sur place, attendant encore, attendant toujours. Alooooors, elle sortait quand ? Ca prenait tant de temps que cela, d’enfiler une robe ?

Monsieur Redfire était sans doute aussi impatient qu’eux car, au bout d’un moment, il ouvrit lui-même la porte de la cabine pour voir sa fiancée. Laura se contint pour ne pas se dresser davantage, restant cachée pour ne pas se faire tuer sur place. Comme s’il avait lu dans ses pensées, Jasper lui tapota l’épaule pour qu’elle ne se redresse pas trop. Mais elle savaiiiit, elle n’allait pas faire de bêtise, elle voulait juste voir ! Laura fit la moue en regardant son frère et se remit dans sa position initiale, attendant.

Avant de voir la directrice sortir, éblouie par le soleil, avec une sale mine qui signifiait « je n’ai pas envie d’être là ». Mais elle était beeeeelle ! Des étoiles plein les yeux, la collégienne ne cessait de la regarder, un grand sourire étirant ses lèvres. D’accord, avec un sourire, ce serait mille fois mieux, mais elle était déjà magnifique comme cela ! Les épaules dénudées, la soie, les motifs, la robe qui volait… Tout était magnifique, cette vision, cette scène était presque irréelle tant la situation semblait improbable. Et pourtant, elle existait. Les motifs dorés brillaient au soleil, comme des milliers de petites pièces plongées dans l’eau qui reflétaient le soleil un peu partout.

Laura lança un regard émerveillé à son frère, se retenant à grand peine de parler par peur de se faire trahir et devoir partir d’ici à toute vitesse. Elle voulait encore regarder ! Jasper lui fit un signe de tête, lui permettant de regarder encore. Son sourire s’agrandit et elle lui donna un bisou sur la joue pour le remercier, à défaut de pouvoir parler. Laura reporta son regard vers la directrice et le tailleur qui l’avait amenée devant le miroir.

Tailleur – Pas mal, mais souriez un peu, dit le tailleur en la faisant se mettre devant le miroir, on dirait qu'on vous conduit à l’échafaud. Détendez-vous, d'habitude, les femmes qui viennent ici adorent ce genre de moment !

Mais ouiiii ! Porter une robe de mariage, toute blanche, être la reine pendant un jour, avec des sourires, un bras juste pour elle, de l’amour. Un jour avec pleeeein de souvenirs, des rêves, de belles choses pour rêver toute sa vie et tout ce dont rêvent les adolescentes et les femmes – normales. Le tailleur toucha alors au bas de la robe de la directrice, dévoilant ses pieds et chevilles, et lui fit mettre des talons blancs et dorés après avoir ajusté des couleurs par-ci, par-là. Laura ne pouvait s’empêcher de regarder, trouvant leur ancienne tante plus que magnifique, ne comprenant définitivement pas comment elle pouvait être aussi tendue dans ce genre de situation. Si elle voulait, elle pouvait échanger sa place avec quelqu’un, Laura voulait même bien se porter volontaire !

Tailleur – Voilà, marchez un peu, pour voir ! Et en souriant, s'il vous plaît, je ne vais pas vous mordre, ni personne d'autre. Vous pouvez danser sans être gênée ?

Roh, ils allaient danser, en plus ? Laura se redressa un petit peu, un tout petit peu, en veillant à ne pas être vue, alors que monsieur Redfire prit sa fiancée par la taille, entamant quelques pas de danse… Avant qu’elle ne se mette à pleurer. Hein ? Heu… Elle avait loupé un épisode, là ? Laura lança un regard perdu à Jasper, cherchant à savoir si elle avait manqué un détail, si quelque chose s’était passé, si elle était tombée sur la tête et que, durant cette absence, une mauvaise nouvelle était tombée sans crier gare. La directrice pleurait, enfin ! Elle pleurait alors que cela ne lui arrivait jamais ! Mais non, apparemment, elle n’avait rien loupé. Jasper était aussi choqué qu’elle, ce qui prouvait bien que non, Laura n’avait pas été assommée.

Regardant ce qui se passait à l’intérieur, mal à l’aise à présent, la collégienne constata que monsieur Redfire était aussi perdu qu’eux, paniquant, demandant ce qui se passait. Oui, là, des éclaircissements étaient les bienvenus… La directrice s’écria qu’elle avait l’air ridicule, qu’elle n’était pas faite pour ça et que tout le monde allait se moquer. Heu… Attendez, une minute, pause. Elle pleurait parce que… Parce que… Parce qu’elle portait une robe ? Elle pleurait pour une robe ?! Leur professeur de SVT, qui tenait toujours sa fiancée dans ses bras, leva les yeux au ciel, pas spécialement étonné ou perdu apparemment.

M. Redfire – Tu ne pleures jamais, tu te lèves aussitôt après avoir reçu des coups de poignard, tu affrontes le Maréchal, et là, tu pleures car tu essayes une robe de mariée ? Tu es complètement surmenée...

Directrice – Je ne suis pas du tout surmenée ! Peut-être un petit peu tendue, je te l'accorde, mais sinon je vais très bien. Et même si ça n'allait pas, ça n'a aucune importance, car il faut d'abord que je pense aux él...

Monsieur Redfire l’embrassa, l’interrompant, Laura détournant le regard même si elle savait qu’ils ne les voyaient pas. Ce genre de scènes mettait toujours mal à l’aise, surtout lorsque cela se déroulait entre deux professeurs. D’accoooord, lors de la sortie, ils avaient tous regardé, mais c’était « autorisé », en quelques sortes, vu que leur professeur savait qu’ils regardaient. Alors qu’ici, ils les espionnaient, alors… Et puis, de toute manière, ils n’avaient pas à regarder ce genre de moments intimes dans une situation pareille, alors zut.

Jasper – Elle va finir par tomber malade à jamais se reposer, murmura-t-il.

Laura acquiesça en lançant un regard inquiet à madame de Lizeux. Oui, elle risquait de tomber malade et alors, elle ne pourrait véritablement plus aider les élèves ni l’école, et les militaires auraient gagné. Mais comment le lui faire comprendre ? Elle essayait une autre robe, pendant que Laura réfléchissait, s’inquiétant de plus en plus. La voir pleurer, comme ça, était inhabituel, comme si la carapace dure et froide commençait à céder petit à petit. Avec tout ce qu’elle avait vécu, comment pourrait-elle continuer à tenir sans aide, sans se reposer ? Leur professeur faisait tout ce qu’il pouvait, bien sûr, mais de là à ce que cela suffise…

Directrice – Je ne peux pas juste mettre mon uniforme, de l'armée ? J'en ai un pour les cérémonies officielles.





… Elle venait de demander pour se marier en uniforme ? Elle… Elle avait vraiment demandé une chose pareille ? Laura lança un regard complètement choqué à Jasper, entre le « Quoi… ? » et le « Pardon ?! » des hommes à l’intérieur de la boutique. Le tailleur hurlait, à présent, alors qu’elle-même hésitait entre rire et désespérer. Se marier en uniforme… En unifooooorme, enfin !

Jasper – La fragilité aura pas duré longtemps... On la retrouve, dit-il en murmurant.

Laura porta sa main à sa bouche pour étouffer son rire, l’inquiétude se dissipant un peu. Oui, en effet, on ne la changerait pas… Mais de là à porter un uniforme… Un uniforme à son propre mariage. Elle était incroyaaable ! Laura, elle, ne cracherait certainement pas sur une belle robe le jour de son mariage, elle ferait même les choses en très grand pour marquer le jour, pour ne pas oublier ce jour si fabuleux. Mais certainement pas se marier en uniforme !

Directrice – Et où est-ce que je peux mettre mon ar.... En fait, non, peu importe.

Elle… Bon, ne pas être étonnée. Après tout, ils avaient vécu sous le même toit qu’elle pendant de nombreuses semaines, de nombreuses heures, alors pourquoi être étonnée ? Ils connaissaient son caractère, savaient comment elle était. Ils ne devaient pas être choqués par cette réaction, sachant qu’elle ne portait jamais de robe ou de tenue féminine, en dehors des jupes. Parfois. Rarement. De temps en temps, du moins.  Mais tout de même, de là à vouloir porter un uniforme à son propre mariage… Même le tailleur semblait avoir compris à qui il avait affaire puisqu’il ignora tout simplement sa question, lui demandant de faire quelques pas pour voir si cette nouvelle robe lui convenait ou non.

La directrice se rapprocha d’eux, dangereusement, alors qu’ils s’abaissaient au maximum pour ne pas se faire voir. Par chance, un membre de l’équipe du Colonel, l’adjudant-chef, passa par là au même moment. Cela eut l’effet immédiat de faire reculer la future mariée vers l’intérieur du commerce, l’éloignant d’eux sans qu’elle ne puisse les voir. Le tailleur la regarda d’un air ébahi alors qu’elle avait les joues rouges. Elle… Elle était gênée ? Vraiment ? Mais… Mais… Mais pourquoi ?!

Directrice – Et si jamais il y a un gros problème, si on vient nous agresser, ou je ne sais quoi, durant le mariage, comment on peut se défendre correctement en portant ce genre de trucs ? Je ne me vois pas courir avec ça.

… Mais elle ne pensait qu’à çaaa ! Se détendre ! C’était trop, pour elle ? Ne penser à rien d’autre qu’à son mariage, l’espace de quelques minutes ? Juste un petit peu ? Au moins pour monsieur Redfire qui remuait ciel et terre pour la rendre heureuse et la détendre, la faire sourire, respirer, penser à autre chose. Elle n’en avait pas conscience, ou quoi ? Le pauvre… Laura avait presque pitié, même s’il connaissait la directrice et qu’il savait mieux que quiconque comment elle était. La collégienne se laissa glisser contre le mur, désespérée.

Laura – Elle ne pense qu’à ça ! murmura-t-elle.

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Cyprien Redfire
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MessageSujet: Re: La beauté du mariage   Dim 15 Mar - 23:43

Cyprien posa les mains sur la taille de fiancée, puis l'entraîna doucement dans une danse très simple, souriant, détendu, imaginant déjà le merveilleux moment, le jour de leur mariage, où il allait l'enlacer ainsi pour ouvrir le bal, après le repas de noces. Il fut cependant brutalement arraché à ces pensées très mignonnes et très roses lorsque Gaby fondit en larmes, sans aucun signe d'alerte. Il sursauta et l'attira aussitôt contre lui en paniquant, en lui demandant ce qui se passait. Il lui avait fait mal ? Elle était blessée et ne lui avait pas dit ? Qu'est-ce qui se passait ?! Gaby ! Elle s'écria alors qu'elle était juste ridicule, que tout le monde allait se payer sa tête, qu'elle n'était pas faite pour ça. Il eut un temps d'arrêt, la bouche grande ouverte, totalement choqué et pris de court. Une minute... Elle avait déjà reçu des coups de poignard sans pleurer ou demander pitié, elle était entrée dans l'armée pour affronter son ennemi juré sans faillir une seule fois, elle avait supporté, la tête haute, des agressions, un viol, un enlèvement, et ici, elle pleurait pour... pour... pour... Parce qu'elle essayait une robe de mariée ? Mais enfin ! Il la serra contre lui, ébahi, puis comprenant d'un coup qu'elle commençait enfin à céder sous la tension et la fatigue.

– Tu ne pleures jamais, tu te lèves aussitôt après avoir reçu des coups de poignard, tu affrontes le Maréchal, et là, tu pleures car tu essayes une robe de mariée ? Tu es complètement surmenée...

Chérie – Je ne suis pas du tout surmenée ! Peut-être un petit peu tendue, je te l'accorde, mais sinon je vais très bien. Et même si ça n'allait pas, ça n'a aucune importance, car il faut d'abord que je pense aux él...

Il secoua la tête puis l'empêcha de dire plus de bêtises en l'embrassant doucement sur la bouche. Evidemment qu'elle était surmenée ! Même un imbécile s'en rendrait compte... Elle était complètement épuisée, moralement et physiquement. Tout son corps le clamait, il suffisait de la toucher pour voir à quel point elle était tendue. Et dire qu'elle était ridicule... Comment pourrait-elle être ridicule dans cette tenue ? Elle était magnifique ! Elle brillait comme une étoile, et personne ne pourrait lui enlever ça. Il l'attira de nouveau devant le miroir, pour lui prouver que non, elle n'était pas du tout ridicule ! Allez, tout va bien... Il lui essuya ses larmes du bout des doigts et l'embrassa sur le joue. Il faudrait vraiment qu'elle se repose... Un jour ou deux... Il la laissa aller se changer, pensif. Le petit papi lui marmonna qu'elle "est vraiment stressée, votre fiancée", et il hocha la tête. Elle revint bientôt avec un autre robe, alors qu'il lui souriait, attendri. Le grand-père la coiffa assez vite pour pouvoir lui attacher un voile dans ses cheveux. Cyprien lui tournait à moitié autour pour admirer l'effet, ravi de la voir ainsi. Elle était très belle, il n'y avait pas à en douter ! Il était sûr qu'elle allait faire briller les yeux de toutes les petites filles du monde, comme toutes les mariées ! Tout se passera bien, et il avait hâte de la voir marcher vers lui, au bras de son père, resplendissante, heureuse. Il partait à nouveau dans de douces rêveries, dans un univers très doux, rose, sucré...

Chérie – Je ne peux pas juste mettre mon uniforme, de l'armée ? J'en ai un pour les cérémonies officielles.

...

...

Il s'étouffa à moitié en hurlant. Non, mais non, mais non !! Elle n'était quand même pas sérieuse ! Il leva les bras vers le ciel, choqué, son univers rose bonbon volant en éclat alors qu'il voyait à présents a femme arriver avec une jupe très raide, légèrement fendue sur le côté, une veste bleue foncée, et une arme à la ceinture. Ah non, non, non, non, et non ! Il gémit faiblement, se frottant les yeux. On ne le changera jamais... mais vraiment jamais. Enfin, bref, tout allait bien, peu importe. Il ne réagit même pas lorsqu'elle faillit demander où elle pouvait ranger son arme. Bien sûûûûûr, un pistolet et une robe de mariée, cela allait parfaitement ensemble ! Tiens, question très stupide, lorsqu'elle était petite, jouait-elle avec des poupées ou des pistolets en plastique... ? Il penchait étrangement pour la seconde option, sans trop savoir pourquoi. Il savait déjà qu'elle avait appris à se servir d'un pistolet étant adolescente.... Et qui le lui avait appris ? Son père ? Cela expliquerait certaines choses. Il retint un long soupir, avec une pensée d'adieu pour son univers rose bonbon. Il le gardera pour cette nuit.

Chérie – Et si jamais il y a un gros problème, si on vient nous agresser, ou je ne sais quoi, durant le mariage, comment on peut se défendre correctement en portant ce genre de trucs ? Je ne me vois pas courir avec ça.

– Mais arrête de croire qu'il va forcément il y avoir un problème ! gémit-il d'une voix désespérée. Pitié, juste une minute ! Et que veux-tu qu'il arrive, en plus ? Détends-toi, tu es déjà trop surmenée... Tu vas finir par tomber malade !

Amour – Je ne sais pas, moi, il pourrait arriver n'importe quoi !

– Hum, tu sais, si tu n'arrives pas à te détendre au moins un peu, c'est moi qui vais finir par tomber malade... Tu ne veux pas ça, hein ?

Belle de nuit – C'est bas...

Il s'approcha d'elle avec un grand sourire tout à fait innocent, puis lui posa les deux mains sur les épaules, avant de les glisser sur ses bras nus. Il la rapprocha de lui ainsi, alors que le petit papi secouait la tête ne disant qu'il allait chercher d'autres robes. Il incita Gaby à le suivre et la fit asseoir sur le petit banc près de la fenêtre ouverte. Il s'assit avec elle, souriant, lui tenant toujours les deux bras, puis se rapprocha d'elle. Il passa une main derrière sa nuque, se rapprochant d'elle, tout en la massant légèrement.

– On récapitule... Depuis des mois, tu as à ton actif, un enlèvement, des agressions... Tu as été poignardée, violée, tu as été enrôlée de force dans l'armée, les autres profs t'ont lâchée, tu défends l'école à bout de bras, et aujourd'hui, tu es épuisée. Complètement. Et je ne veux pas que tu tombes malade ! Peut-être que les autres s'en fichent, mais pas moi.

Chérie – Je ne vais pas tomber malade...

Il sourit puis l'embrassa sur la joue, sans la lâcher, et eut un léger soupir.

– Désolé, ma générale, mais je n'y crois pas. Ce que je voudrais, c'est que tu restes au lit juste deux jours, à lire, dormir, te reposer... Kimmitsu pourra se charger de ton travail, Valentin l'aidera. Je ferais à manger, Estelle se chargera des préparatifs du mariage, on mettra les petits à dormir près de nous pour que tu puisses allaiter facilement, et tu délégueras ton travail à la caserne à tes subordonnés. Tu pourrais même charger Karinof de tout faire. Je te demande juste deux jours, rien que ça, où tu ne penseras à rien d'autre qu'à toi.

Il l'embrassa de nouveau, doucement, sur la bouche, puis glissa sur sa joue, avec un sourire mutin.

– Evidemment, c'est sans appel. Je te ferais du chantage affectif jusqu'à ce que tu acceptes... Fais-le pour moi, je m'inquiète et je ne veux pas te voir t'affaiblir.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: La beauté du mariage   Lun 16 Mar - 13:59

Cyprien – Mais arrête de croire qu'il va forcément il y avoir un problème ! gémit-il d'une voix désespérée. Pitié, juste une minute ! Et que veux-tu qu'il arrive, en plus ? Détends-toi, tu es déjà trop surmenée... Tu vas finir par tomber malade !

Gabriella – Je ne sais pas, moi, il pourrait arriver n'importe quoi !

Ils avaient déjà assez de preuves, en plus de ça ! Tout pouvait arriver ! Elle était sûre qu'il allait encore se passer quelques chose, que... Que l'école allait prendre feu ou exploser, ou elle ne savait quoi. Avec ça, elle n'était pas du tout surmenée, ou trop tendue, elle essayait simplement de rester en forme afin de pouvoir réagir rapidement. Et elle n'avait pas le temps de se reposer ! Après cette séance d'essayage infernale, il faudra qu'elle aille s'occuper des affaires de l'école, il y avait beaucoup de dossiers à s'occuper. Et elle devait aussi aller à la caserne demain matin. Son aide de camps devait lui montrer certaines choses, il y a des personnes qu'elle devait rencontrer, et d'autres détails. L'après-midi, son cher frère arrivera à Gray, ils avaient rendez-vous pour "prendre le thé" au café du parc. Officiellement, pour discuter, et officieusement, elle en était certaine, pour hurler comme il faut. Elle savait très bien ce qui l'amenait, et savait aussi qu'il ne venait pas juste pour s'amuser. Donc non, elle n'avait pas le temps de se reposer tranquillement sans rien faire. Même si elle était plus fatiguée en ce moment, ça ne changeait pas grand-chose. Elle devait tenir, pour ses élèves, pour ses enfants, pour elle-même, tenir afin de s'assurer que rien de dramatique ne se passe. Cyprien n'avait pas besoin de s'en faire pour elle !

Cyprien – Hum, tu sais, si tu n'arrives pas à te détendre au moins un peu, c'est moi qui vais finir par tomber malade... Tu ne veux pas ça, hein ?

Gabriella – C'est bas...

Il se rapprocha d'elle puis l'attira contre lui. Elle fit une petite moue, face à son sourire, vexée qu'il utilise ce genre d'arguments. Ils allèrent s'asseoir sur un petit canapé, pendant que le tailleur filait faire elle ne savait quoi. Elle ferma les yeux un instant, se demandant si elle avait vraiment le droit de faire une pause. Qui allait s'occuper de l'école, pendant ce temps-là ? Et il y avait son travail, et ses enfants, et... Elle rouvrit les yeux lorsque son futur mari se rapprocha encore plus d'elle, en la tenant par les bras. On aurait dit qu'il avait peur qu'elle disparaisse... Elle fut tentée d'un coup de se laisser aller complètement contre lui, mais ne put pas bouger. Elle en venait à culpabiliser de se laisser aller ou d'accepter de se reposer. Comme si fermer les yeux serait laisser complètement le champ libre à ses adversaires. C'était comme si elle était de nouveau enceinte, cette impression d'être plus vulnérable. Une impression qui la terrifiait, car pour elle, la vulnérabilité signifiait la faiblesse, et la faiblesse entraînait la mort de ceux qu'elle devait protéger. Si elle n'était pas terrorisée à l'idée de mourir elle-même, voir ceux qu'elle devait préserver mourir la terrifiait. Cette angoisse la suivait à chaque minute de sa vie.

Cyprien – On récapitule... Depuis des mois, tu as à ton actif, un enlèvement, des agressions... Tu as été poignardée, violée, tu as été enrôlée de force dans l'armée, les autres profs t'ont lâchée, tu défends l'école à bout de bras, et aujourd'hui, tu es épuisée. Complètement. Et je ne veux pas que tu tombes malade ! Peut-être que les autres s'en fichent, mais pas moi.

Gabriella – Je ne vais pas tomber malade...

Elle n'avait pas le droit de tomber malade, pas maintenant, en tout cas. Même si elle était épuisée, il fallait qu'elle tienne. Si jamais elle se laissait aller, cela pouvait mettre en danger d'autres personnes. Elle ne comptait pas sur les professeurs pour les aider. Elle referma les yeux alors que Cyprien l'embrassait sur la joue, silencieuse désormais. Il voulait qu'elle se repose, mais elle ne voulait pas perdre de temps, ni laisser ses adversaires en gagner, tout ça parce qu'elle n'aura même pas été fichue de tenir debout ! Ce n'était quand même pas si compliqué, non ? Il suffisait juste qu'elle reste droite et tienne, quoi qu'il arrive, rien de plus ! Jusqu'au moment où la situation s'améliorera enfin. Il n'y avait aucune raison qu'elle tombe malade d'ici-là.

Cyprien – Désolé, ma générale, mais je n'y crois pas. Ce que je voudrais, c'est que tu restes au lit juste deux jours, à lire, dormir, te reposer... Kimmitsu pourra se charger de ton travail, Valentin l'aidera. Je ferais à manger, Estelle se chargera des préparatifs du mariage, on mettra les petits à dormir près de nous pour que tu puisses allaiter facilement, et tu délégueras ton travail à la caserne à tes subordonnés. Tu pourrais même charger Karinof de tout faire. Je te demande juste deux jours, rien que ça, où tu ne penseras à rien d'autre qu'à toi.

Deux jours a... Elle ouvrit la bouche pour protester mais il lui coupa la parole en l'embrassant. Deux jours à se reposer ?! Mais non, elle ne pouvait pas ! Elle avait cinq rendez-vous calé jusqu'à vendredi, donc elle ne pouvait pas se permettre de faire ça. Et puis, comment rester tranquillement au lit sans rien faire avec tout ce qui se passait ? C'était impossible ! Elle n'était définitivement pas capable de faire ça. Il y croyait vraiment ? Non mais sérieusement ?

Cyprien – Evidemment, c'est sans appel. Je te ferais du chantage affectif jusqu'à ce que tu acceptes... Fais-le pour moi, je m'inquiète et je ne veux pas te voir t'affaiblir.

Gabriella – J'ai des choses à faire jusqu'à vendredi, grimaça-t-elle. Je dois aussi voir mon frère demain... Et je dois rencontrer le Colonel.

Il se contenta de lui sourire, toujours tout près d'elle. C'était vrai, elle était occupée ! Elle n'avait pas de temps à perdre, même si elle était fatiguée. Il eut un léger soupir puis l'entoura de ses bras avec douceur. Elle referma les yeux, la tête posée sur son épaule.

Cyprien – Et bien, tu te reposeras ce week-end ! Quand au Colonel, pas de soucis, si vraiment ça te tient à cœur, je l'inviterais chez nous, comme ça, aucun risque qu'on espionne votre conversation.

Gabriella – Ce n'est pas très convenable de recevoir quelqu'un en étant au lit...

Cyprien – Je m'en branle, des convenances. De toute façon, tu es techniquement sa supérieure hiérarchique, il ne pourra pas faire de commentaires.

Gabriella – Bon, mais juste samedi et dimanche, alors...

Elle soupira, puis se laissa aller contre lui, dans ses bras. Il lui fit un sourire victorieux auquel elle ne ne prêta pas attention. Le petit papi revint bientôt, et annonça qu'il fallait continuer les essayages. Elle se releva avec une petite grimace désespérée. Allons-y pour ça.

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