Pensionnat de la Ste Famille

1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Veille de mariage

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Cyprien Redfire
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MessageSujet: Veille de mariage   Mar 31 Mar - 14:51

Cyprien faillit bien s'écraser le nez dans l'escalier et se retint de justesse à la rambarde, s'accrochant pour ne pas dégringoler. Valentin le suivait, les yeux ronds, les jumeaux dans les bras. Cyprien venait de les récupérer à la garderie pour les lui confier, sachant qu'il s'en occuperait bien, et aussi parce qu'il était incapable de contenir sa peur et sa colère. Ils avaient osé ! Il rentrait de la caserne, où il avait voulu chercher sa future femme pour lui demander de se reposer un eu en cette veille de mariage, et là-bas, là-bas, il avait appris que des hommes l'avaient assommée et emmenée dans un camion. Elle et le Colonel Gavin. Pour un "test", sur ordre du maréchal Bradley ! Il avait été demandé confirmation à un membre de l'équipe du Colonel. Un test, bah voyons, il était persuadé qu'ils allaient faire des expérimentations médicales sur elle, oui ! Ces fumiers l'avaient enlevé et ils allaient sûrement la torturer ! Il se tourna à moitié vers Valentin, le souffle raide.

Cyprien – Je reviens très vite ! Je te confie les petits !

Valentin – Eh, attend ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Où est Gabriella ?

Cyprien fila dans les escaliers sans même répondre. Il fallait aller à paris tout de suite pour trouver et sauver sa femme ! Il allait grimper lorsqu'on l'arrêta brusquement. Il jura et se retourna, prêt à frapper celui qui le freinait, puis tomba nez à nez avec l'adjoint de sa future femme, son nouveau subordonné, là, le commandant. Oui, et bien quoi ?! Il était pressé, là !

Commandant – Je vous ait entendu à la caserne et je vous accompagne pour aller chercher la générale, déclara-t-il. Elle court sûrement un danger.

Ah ? Heu, d'accord, peu importe. Cyprien s'empressa de monter vers les appartements du personnel. Ils ne seront as de trop, effectivement, et un militaire pourra leur indiquer précisément où ses collègues auraient pu emmener sa femme. Le Colonel aussi, d'ailleurs, même si Cyprien ne se préoccupait pour le moment que de la santé de Gaby. Il courut jusqu'à la porte de l'appartement de Céleste, pressé, frappant dessus en continu jusqu'au moment où elle vint lui ouvrir. il ne lui laissa pas le temps de parler ou de se plaindre, essoufflé, le cœur battant à une allure folle, contrastant tellement avec le militaire qui lui restait très calme et impassible, très professionnel.

Cyprien – Elle a été enlevée ! s'écria-t-il. Ils l'ont emmené à Paris, soit-disant pour un test, mais ils vont sûrement faire des expériences sur elle ! Ils l'ont enlevé ! Viens, il faut qu'on aille la chercher, l'aider ! Tu pourras nous aider, tu as ton don !

Il la tira aussitôt avec lui par le poignet en courant dans le couloir. Le commandant les fit monter dans sa propre voiture et démarra aussitôt. Cyprien se frotta les eux pour se calmer, à moitié suffoqué, respirant un grand coup puis expirant doucement.

Commandant – Monsieur Redire, il est fort probable que ce soit véritablement un simple test, un entraînement. Le Maréchal tient à s'assurer que ses officiers puissent prendre les bonnes décisions dans des situations d'urgence.

Cyprien grogna en guise de réponse. Ils étaient la veille de leur mariage et sa presque-femme avait DISPARU ! N'était-ce pas une raison suffisante pour angoisser ?!

Cyprien – Avec ton don, au moins, tu pourras effrayer ou assommer ceux qui se mettront sur notre route, dit-il d'un ton sombre avec un regard pour sa collègue.

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Céleste Dumoulin
Professeur de l'élément foudre
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MessageSujet: Re: Veille de mariage   Sam 4 Avr - 19:09

Céleste – Amélie !

Céleste avait sursauté, hurlant le prénom de sa jumelle en renversant l’encrier posé sur son bureau au passage. Il y en avait partout… Sur ses feuilles, sa robe, ses mains. Jurant, elle se leva pour aller se laver les mains, un regard vers l’horloge. Il n’était que dix-huit heures, elle avait le temps avant le repas du soir et pouvait encore travailler une bonne heure, si pas plus. Elle se frotta le visage pour se réveiller un peu et se mit à ranger et nettoyer tout ce qu’elle avait renversé. Au même moment, Céleste entendit quelqu’un tambouriner à la porte de son appartement. Encore. Encore. Encore. Du caaaalme, la patience, ils ne connaissent pas ?!

Pestant contre la personne à l’origine de tout ce boucan, la jeune professeure enfila une veste pour cacher la tache d’encre, les coups contre la porte ne cessant pas, et alla ouvrir. Un peu de patience ! Cela ne se faisait pas de tambouriner de la sorte à la porte de quelqu’un ! Devant elle, un Cyprien complètement catastrophé, comme s’il s’était passé quelque chose de grave, et un militaire à l’air calme et impassible. Que se passait-il ? Pourquoi venir la déranger comme cela, maintenant ?

Cyprien – Elle a été enlevée ! s'écria-t-il. Ils l'ont emmené à Paris, soi-disant pour un test, mais ils vont sûrement faire des expériences sur elle ! Ils l'ont enlevé ! Viens, il faut qu'on aille la chercher, l'aider ! Tu pourras nous aider, tu as ton don !

Céleste – Qu…

Mais Céleste n’eut guère le temps de protester, se faisant emmener malgré elle. Cyprien lui attrapa le poignet, la tirant avec lui. Mais doucemeeeent ! Si ce n’étaient que des tests, pourquoi paniquer comme cela ? En plus, qu’espérait-il qu’elle fasse avec son don ? Elle était incapable de déclencher un éclair sur commande, comme ça, ou d’assommer des gens, elle avait trop peur ! Prise de court, elle grimpa tout de même dans la voiture du militaire à côté de Cyprien qui était de plus en plus inquiet. Il respirait difficilement, très difficilement. Qu’il se calme !

Elle ne comprenait rien du tout. La directrice avait été enlevée pour faire des tests, les militaires l’avaient emmenée à Paris et ils allaient la chercher. Mais pourquoi penser automatiquement à des expériences ? D’accord, le Maréchal était dangereux, mais il avait l’air honnête et il se battait à la loyale d’après ce qu’avait dit Cyprien lorsqu’ils étaient aux ruines. Alors, qu’il respire ! Une chose était sûre, Céleste n’allait attaquer personne, hors de question qu’elle assomme des gens pour un test. Qui plus est, elle en était incapable…

Militaire – Monsieur Redfire, il est fort probable que ce soit véritablement un simple test, un entraînement. Le Maréchal tient à s'assurer que ses officiers puissent prendre les bonnes décisions dans des situations d'urgence.

Cyprien grogna sans rien dire. Bon, il n’était pas convaincu… D’accord, ils étaient la veille du mariage, mais il n’allait rien se passer ! Elle allait bien, ils allaient la retrouver entière, furieuse sûrement, mais sans dégâts majeurs. Cependant, Céleste devait bien avouer que faire des tests la veille du mariage n’était pas la meilleure idée du siècle… Il ne pouvait pas attendre quelques jours ? Juste quelques jours ? Ce n’était pas comme s’il ignorait qu’elle se mariait le lendemain ! On en parlait, elle-même avait dû en parler aussi, alors comment aurait-il pu l’ignorer ? Ou alors, le Maréchal l’avait fait exprès pour l’affaiblir un maximum, peut-être pensait-il qu’elle serait sur les nerfs et plus fragile.

Cyprien – Avec ton don, au moins, tu pourras effrayer ou assommer ceux qui se mettront sur notre route, dit-il d'un ton sombre avec un regard pour sa collègue.

Céleste – Ce ne sera peut-être pas nécessaire… Mieux vaut éviter d’employer la force. Ecoute, je suis sûre qu’elle n’a rien, alors respire, d’accord ?

Céleste essayait de se rassurer aussi, priant pour qu’elle n’ait pas à utiliser son don, se sentant de plus en plus mal. Elle ne pouvait pas le faire, ils allaient trouver une autre solution. Ôter la vie de personnes, non, et les assommer était trop dangereux. Si elle y mettait trop de puissance et qu’elle les tuait par inadvertance ? Pendant tout le trajet, Céleste resta silencieuse, le regard perdu au dehors. Elle réfléchissait, cherchant des plans B, C et D pour éviter d’avoir à utiliser son don. Et si Cyprien avait raison ? Si les militaires faisaient vraiment des tests sur la directrice ? Au début, elle essayait de rassurer son ami, mais une boule se forma lorsqu’ils arrivèrent à Paris.

La ville était beaucoup plus agitée que d’habitude, les gens parlaient entre eux et désignaient un endroit précis, toujours la même direction. Ils s’arrêtèrent, ouvrant la fenêtre pour écouter les rumeurs. La directrice. Les rumeurs parlaient d’un bâtiment au-dessus duquel ils avaient vu des éclairs, de gros nuages noirs. Ils avaient aussi entendu des cris. Pourtant, le ciel était d’un bleu sans défaut, avec des nuages, oui, mais ils étaient blancs. Céleste échangea un regard avec Cyprien et ils foncèrent vers le bâtiment en question, toujours désigné par les passants qui en parlaient, s’en effrayaient, cherchaient un endroit pour se protéger. Elle pressa l’épaule de son ami pour le calmer, lui dire de ne pas se précipiter.

Céleste – Si elle utilise son don, c’est qu’elle est toujours vivante, dit-elle en courant derrière lui avec le commandant.

Elle l’espérait. Très sincèrement. Elle n’était pas prête à utiliser son don comme ça ! Ils se retrouvèrent devant le bâtiment d’où l’on voyait encore de la fumée s’échapper. Mais plus aucun bruit, le calme plat. Ils entrèrent dans le bâtiment, sentant une drôle d’odeur, et tombèrent sur plusieurs corps inanimés, des personnes blessées ou assommées. Mais aucune trace de la directrice, pas de cris, pas de hurlement de colère… Rien. Le calme plat, rien qui bougeait, ils étaient tous… grillés, tout simplement.

Céleste – Et maintenant ?

Cyprien les entraîna dehors pour interroger les passants, en apprendre plus et être rassurés en même temps. Rapidement, ils apprirent qu’on avait vu trois personnes quitter le bâtiment quelques minutes plus tôt, une femme aux cheveux blonds debout, en habits militaires, une autre militaire blessée à la tête, les habits tachés de sang, dans les bras d’un homme, un militaire également. Une femme aux cheveux blonds… Blessée… En habits militaires…

Cyprien – Une femme ?! hurla-t-il. Où sont-ils allés ?!

Céleste attrapa le bras de Cyprien pour lui dire de se calmer, ils allaient la retrouver, agresser les passants n’allaient pas les aider ! D’ailleurs, l’homme ne voulut pas répondre, le renvoyant balader immédiatement alors que la femme, sa femme sûrement, répondit précipitamment qu’ils étaient partis en taxi, sûrement vers l’hôpital pour soigner la femme blessée comme elle perdait beaucoup de sang. Vers l’hôpital… Mais ils étaient à Paris ! Paris ! Il y avait des dizaines d’hôpitaux dans le coin !

Céleste – Où se trouve l’hôpital le plus proche ?

Passante – A quelques kilomètres d’ici, ce n’est pas très loin. Tenez, voici l’adresse.

Céleste prit le papier que venait de lui donner la passante en la remerciant. Plus qu’à y aller ! Entre-temps, le commandant avait appelé un taxi réservé à l’armée qui devait arriver d’une minute à l’autre. Une femme blonde… Bon, ce n’était peut-être pas elle, ils ne devaient pas paniquer. Après tout, elle avait utilisé son don ! Alors, comment aurait-elle pu être blessée ? Grimpant dans le taxi avec Cyprien et le commandant, Céleste lança des regards inquiets vers son collègue, essayant de juger son état mental.

Par chance, ils arrivèrent très vite à l’hôpital… où ils tombèrent sur la directrice, l’air énervé, et un homme à ses côtés, apparemment mort d’inquiétude. C’était son amie, qui était blessée… Pas la directrice. Cyprien sauta immédiatement sur sa fiancée, la serrant dans ses bras, sous le regard attendri et rassuré de Céleste. Les laissant se retrouver, elle ne se rapprocha qu’après un moment pour lui donner quelques explications.

Céleste – Il pensait qu’il vous était arrivé quelque chose… Alors on est venu et on vous a cherché. On a entendu des passants dire qu’une femme aux cheveux blonds était blessée, les habits tachés de sang, et on a pensé que c’était vous.

Céleste se retint à grand peine de rajouter une remarque sur sa venue forcée et l’inquiétude de Cyprien, profondément soulagée de ne pas avoir dû utiliser son don, d’avoir retrouvé la directrice entière et indemne. Mais elle n’en pensait pas moins.

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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Veille de mariage   Jeu 9 Avr - 23:14

Fabrice dû s'écarter quand les médecins poussèrent le brancard emportant sa subordonnée. Il s'arrêta devant les doubles-portes, ne sachant plus quoi faire un bref moment, puis retourna s'asseoir avec lenteur. Le hall de l'hôpital abritait plusieurs rangées de chaises devant les bureaux d'accueil. Il savait que ce n'était pas grave, que le lieutenant allait très bien s'en remettre, mais il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet. Il avait eu peur pour elle ! Peur de la perdre, peur qu'elle de ne plus jamais la revoir, peur de... Il ignorait ce qu'il fera si elle disparaissait vraiment. Ce qu'il pouvait faire, sans elle à ses côtés, sans qu'elle soit près de lui, aussi loyale que toujours. Il... Non, il ne savait pas. Il n'arrivait pas à l'imaginer, il en était malade seulement à le penser. Ne plus pouvoir la voir, lui parler, ce serait insoutenable. Il fourra la tête entre ses mains en tremblant légèrement, la peur lui tordant la gorge. Elle ira mieux dans une heure ou deux, il ne devrait pas tant s'en faire. Il allait rester sur Paris cette nuit et revenir la voir demain. Après une longue nuit de sommeil, ce sera parfait. Il redressa la tête, les yeux dans le vide.

La générale était assise à côté de lui, bras et jambes croisés, avec un air pensif, avec la tête légèrement penchée. Bon, ce n'était pas le moment de lui adresser la parole, on dirait... Elle faisait encore plus sérieuse avec cet uniforme, mais il lui allait très bien, pas de soucis là-dessus. Il laissa passer un moment, jetant régulièrement des coups d'œils vers l'accueil, espérant avoir des nouvelles du lieutenant. Il finit par se redresser enfin, respirant un bon coup pour se calmer.

– Qui a orchestré cela, selon vous ?

– Bradley.

Il la regarda mais elle ne dit rien d'autre, gardant la même position. Un peu plus de détails ? Pourquoi pensait-elle cela ? Qu'est-ce qui l'amenait à le croire ? Elle ne pouvait pas s'expliquer, même un peu ? Il se renfrogna un peu, croisant les bras à son tour, avant de soupirer et de se tordre les mains. Les gens qui la traitaient de glaçon n'avaient pas vraiment tord, il devait l'admettre. Un parfait exemple de la douceur féminine. Il se retint de lever les yeux au ciel, rongeant son frein. Pourtant, avec un peu d'efforts, elle pourrait faire bien mieux ! Elle était belle, avait une certaine classe, elle pourrait être beaucoup plus attirante si elle le voulait. Mais non, elle restait dure et glaciale, très rigide. Pas de doute, elle était une bonne leader de base, car ce n'est pas avec son charme incroyable ni en utilisant son jolis minois qu'elle attirait le peuple. Il eut un maigre sourire en l'imaginant essayer de rire. En fait, non, c'était bizarre...

Il était en train de se demander où il allait dormir cette nuit afin de pouvoir revenir aux aurores à l'hôpital demain matin lorsqu'il entendit une voix crier le prénom de la générale. Il se leva d'un bond, par réflexe, alors qu'un homme brun décoiffé sautait sur sa supérieure hiérarchique pour l'enlacer avec force. Qu'est-ce qu'il... Ah, oui, juste, c'était son futur mari. Fabrice s'appuya contre le rebord de la chaise, les laissant à leurs retrouvailles. Il voulait juste revoir le lieutenant et s'assurer lui-même qu'elle allait bien. Une autre femme s'approcha ensuite, qu'il n'avait jamais vu. Une autre prof, sûrement... Des yeux bizarres, par ailleurs, on la croirait venu d'un des pays du Nord de l'Europe.

– Il pensait qu’il vous était arrivé quelque chose… Alors on est venu et on vous a cherché. On a entendu des passants dire qu’une femme aux cheveux blonds était blessée, les habits tachés de sang, et on a pensé que c’était vous.

L'estomac de Fabrice se tordit, alors qu'il remarquait juste à ce moment la présence du commandant Beauvais, celui qui avait été nommé comme bras droit de la nouvelle générale. Il le salua et Fabrice répondit avec lenteur, très peu motivé. Il voulait voir le lieutenant, rien d'autre.

– C'est donc le Lieutenant Robin qui a été blessée, mon Colonel ?

– Oui...

Il était lui aussi peu disposé à faire la discussion, tant il était inquiet et soucieux, bien qu'il n'y ait aucune raison. Sa supérieure, quant à elle, était maintenant très occupée à essayer de se libérer de l'étreinte de son mari, qui n'était pas du tout disposée à la relâcher. Il sourit devant la scène, trouvant cela à la fois très drôle et attendrissant. Il avait bien de la chance, cet homme, il était le seul qu'elle n'essayera pas de frapper à coup de tonnerre. Elle se libérait enfin quand le regard du Colonel tomba, à quelques mètres d'eux, sur une gamine blonde qui ressemblait étrangement à la générale... Elle était accompagné par une autre fillette, brunette et pas très grande. Il regard de nouveau la blondinette, les yeux écarquillés. Wow, les clones existaient vraiment ! La générale était bien occupée à rassurer son mari pour voir le phénomène, alors que l'autre prof se retournait aussi pour voir ce qu'il fixait. Puis elle se mit à fixer les deux femmes, l'air choqué. Même le commandant eut un petit sourire amusé.

– Votre petite sœur est venue vous voir aussi, ma Générale.

– Ma quoi ? Je n'ai pas de sœur.

Pourtant, elles se ressemblaient... C'était même troublant. Il remarqua alors que la petite gamine brune le fixait avec des yeux ronds. Hum, oui ? Il avait une tâche sur le nez ? Il lui fit un maigre sourire, n'ayant jamais compris qu'il était aussi intimidant pour les gamins. C'était l'uniforme qui l'impressionnait, dans ce cas ? Enfin bon, peu importe. Il y avait plus grave, là, il pouvait sentir la froideur de la générale grimper en flèche même en lui tournant le dos.

– Mais qu'est-ce que vous faites ici ?!

– Elle voulait vous rencontrer parce que votre frère a dit qu'elle était votre petite sœur et que son père adoptif a été arrêté pour enlèvement et... d'autres choses. Elle ne l'a pas cru, et elle avait besoin de quelqu'un pour vous reconnaître...

Orage en vue, GROS orage en vue, tous aux abris ! Il allait crier à tout le monde de se planquer lorsqu'un médecin intervint pile à cet instant pour leur dire qu'ils pouvaient voir le lieutenant. Il en eut un hoquet de soulagement, à la fois parce qu'il allait revoir sa subordonnée et aussi parce que cela repoussait la dispute qu'il sentait arriver à toute vitesse. Il s'empressa de faire signe à tout le monde de suivre le médecin, extrêmement soulagé. Il marcha d'un pas beaucoup plus léger, en riant presque, puis toqua à la porte de la chambre que le médecin leur indiqua. Le lieutenant était au lit, en blouse d'hôpital, son uniforme posé sur une chaise près d'elle. Il lui fit un magnifique sourire, contente de la voir redressée et bien droit, quoi que très pâle. Il vint à son chevet avec le reste des visiteurs, mais la tension était lourde. Très, très lourde. La générale avait les bras croisés, fixant sa pauvre sœur d'un air qui signifiait clairement "Tu vas mourir", avec un regard noir qui aurait fait fuir n'importe qui.

– Alors... Tu as emmené ici une élève de l'école en prenant le risque de la tuer en cours de route ou la perdre dans Paris... sans aucune autorisation... Dehors, de suite, on va en discuter.

Voilà, il le sentait venir... Il eut un regard navré pour la gamine blonde, tandis qu'elle sortait. La petite s'était cachée derrière le mari de la jeune femme, alors que l'autre prof grimaçait, regardant elle aussi la petite. Paix à son âme, elle était pourtant un peu jeune pour mourir. Elle sortit, suivit par la générale qui claqua violemment la porte derrière elle. Aussitôt après, ils entendirent clairement la directrice hurler sur la jeune femme de toute la force de ses poumons, son à peine étouffé par la porte. Il grimaça de plus belle, ne voulant surtout pas se retrouver à la place de la jeune fille qui se faisait littéralement assassiner. La petite était encore plus mal à l'aise. La prof échangea un regard avec le futur marié, tandis que Fabrice soupirait, passant une main dans ses cheveux.

– Elle va se faire liquider sur-place, la gamine... Ce n'était pas le bon moment pour débarquer.

– Que vous est-il arrivé, mon Colonel ? demanda d'un coup le commandant, sans paraître se soucier des cris qu'ils entendaient toujours, sur le thème "danger, accident, irresponsable".

– Rien de grave, on s'en est sortis, répondit-il avec un faible sourire pour le lieutenant. Je vous expliquerais plus tard, à la caserne.

Il regarda à nouveau la gamine brune, repris par la curiosité. Il se sentait mieux maintenant qu'il savait sa subordonnée hors de danger. Ce qui n'était pas le cas de tout le monde d'ailleurs, car la générale criait toujours contre sa petite sœur. La pauvre, si lui-même subissait ça, il en souhaiterait que creuser un trou pour s'y enterrer profondément et ne plus sortir avant deux ou trois siècles. C'est dingue, cette femme était passé de glaçon rigide à volcan en éruption en l'espace d'une minute.

– Pourquoi me fixais-tu comme ça toute à l'heure, petite ?

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Laura K. Nakajima
Collégienne
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MessageSujet: Re: Veille de mariage   Dim 12 Avr - 14:14

Laura avançait vers le petit groupe d’adultes avec Solène, la traînant et lui tenant la main pour la rassurer. La directrice n’allait pas la manger, elle ne devait pas avoir peur ! Les plus à craindre, ici, étaient les militaires. Et encore, ils étaient gentils, ceux-là… Non ? Du moins, ils n’allaient rien leur faire. Et puis, c’était Solène qui voulait venir, à la base ! Elles auraient très bien pu attendre au Pensionnat plutôt que de venir à Paris pour voir la directrice. Se rapprochant, Laura ne lâchait pas la main de la fleuriste et… reconnut le Colonel. Elle ne l’avait vu qu’une fois, lors de leur voyage en Auvergne, et de loin. Mais ici, depuis que Jasper lui avait dit et montré à quel point il en avait peur… Sans le faire exprès, et sans y penser, la collégienne le dévisagea un moment en faisant des yeux ronds. Il… avait peur de lui ? Mais il avait l’air normal !

Directrice – Mais qu'est-ce que vous faites ici ?!

Oups. Mais pourquoi elle hurlait comme ça ? Elle n’était pas contente de voir sa sœur, alors qu’elle ignorait en avoir une jusqu’ici ?! Laura l’avait ac… Ah. Elle n’avait pas le droit de sortir du Pensionnat comme cela, elle le savait, mais Solène avait besoin d’aide et puis, elle-même connaissait Paris, ce n’était pas la première fois qu’elle sortait toute seule. En plus, il y avait Cyprien ! Et Jasper savait où elle était.

Laura – Elle voulait vous rencontrer parce que votre frère a dit qu'elle était votre petite sœur et que son père adoptif a été arrêté pour enlèvement et... d'autres choses. Elle ne l'a pas cru, et elle avait besoin de quelqu'un pour vous reconnaître...

Il y eut un court instant de silence, très, très court avant qu’un médecin n’arrive en annonçant qu’ils pouvaient voir le lieutenant. Laura suivit le groupe sans rien dire, essayant de rassurer Solène du regard. Elle aurait dû rester au Pensionnat ou prévenir le sous-directeur, ou un professeur, mais pas partir comme cela en prévenant seulement son frère. D’accord, en soi, elle ne risquait pas grand-chose… Mais maintenant, Solène allait se faire hurler dessus par la directrice. Elle allait gagner quelques minutes, au moins le temps de la visite au lieutenant, mais après… C’était de sa faute. Laura ne voulait pas que Solène se fasse engueuler ! Elle était gentille, douce, et déjà terrorisée par sa sœur. Qu’est-ce que ça allait être, maintenant… ?

Ils entrèrent dans la chambre du lieutenant, allongée sur un lit d’hôpital. Laura s’était mise à côté de Solène et fixait la militaire, intriguée de la voir dans cet état. La dernière fois qu’elle l’avait vue, elle était détendue, assise sur un banc avec elle et elles avaient longtemps discuté. Elle était gentille, même si elle l’effrayait un peu. Ce que le lieutenant Robin lui avait expliqué ce jour-là… Laura reporta son regard sur le Colonel Gavin, puis sur le lieutenant. Elle comptait vraiment le tuer, s’il le fallait ? Et après ? Tous les militaires agissaient comme cela ? Mais pourquoi seul le Colonel était là, alors, pourquoi n’y avait-il pas les autres de l’équipe ? Et puis, pourquoi étaient-ils ici avec la directrice ?

Directrice – Alors... Tu as emmené ici une élève de l'école en prenant le risque de la tuer en cours de route ou la perdre dans Paris... sans aucune autorisation... Dehors, de suite, on va en discuter.

Une vague de culpabilité se répandit dans tout le corps de Laura. Elle ne voulait paaaas ! Si elle avait su, elle serait restée au Pensionnat, ou elle aurait… ou… Elle ne savait pas, mais elle ne voulait pas attirer des ennuis à Solène ! L’adolescente se cacha derrière son professeur de SVT, se sentant plus mal que jamais alors que la directrice et sa sœur sortaient de la chambre. S’il y avait eu un trou de souris, dans cette chambre, Laura s’y serait réfugiée sans aucun souci… Elle ne voulait pas que Solène se fasse crier dessus par sa faute ! D’habitude, elle n’était pas timide, mais ici, elle avait l’impression de sentir des regards sur elle et en était encore plus mal à l’aise. Et les cris de la directrice, derrière la porte, n’arrangeaient rien…

Colonel – Elle va se faire liquider sur-place, la gamine... Ce n'était pas le bon moment pour débarquer.

Laura grimaça, se ratatinant sur place. Elles ne savaient pas ! Sinon, elles seraient restées tranquillement au Pensionnat. Et maintenant… Solène n’allait pas vraiment se faire tuer, hein ? Il disait cela pour donner une image, la directrice n’allait pas tuer sa propre sœur, n’est-ce pas ? Mais non, arrête de dire des bêtises ! Elle allait la traumatiser, tout au plus. La traumatiser à tel point que Solène, toute fragile et toute douce risquait certainement de s’évanouir… Aïe.

Commandant – Que vous est-il arrivé, mon Colonel ? demanda d'un coup le commandant, sans paraître se soucier des cris qu'ils entendaient toujours, sur le thème "danger, accident, irresponsable".

Colonel – Rien de grave, on s'en est sortis, répondit-il avec un faible sourire pour le lieutenant. Je vous expliquerais plus tard, à la caserne.

Plus tard ? Pourquoi ? Que s’était-il passé ? Le Colonel la regarda à nouveau, comme s’il avait deviné ses pensées. Oups. Ce n’était pas sa faute, son frère et elle étaient habitués à fouiner partout, maintenant ! Et s’il s’était passé quelque chose qui mêlait le Colonel et le lieutenant à tout cela, c’était grave. Ils avaient été démasqués ? Juste eux deux ? Pourquoi le lieutenant était sur un lit d’hôpital ? Sa curiosité piquée à vif, Laura les regarda tout les deux, oubliant momentanément les cris qu’ils entendaient dehors. Il fallait qu’elle parle à Jasper, qu’elle lui dise tout ce qu’elle avait vu ou entendu. Dès qu’ils rentreront. Entre l’engueulade de la directrice et l’état du lieutenant…

Colonel – Pourquoi me fixais-tu comme ça toute à l'heure, petite ?

Laura – Moi ? Heu… Je… Vous…

Laura s’interrompit, prête à dire que son frère lui avait beaucoup parlé de lui, qu’il en était terrorisé. Mais, à bien y réfléchir, ce n’était pas le bon plan. Jasper lui avait dit que le Colonel avait été enfermé à la caserne à cause de lui, que c’était parce qu’il l’avait défendu. Elle ne lui avait pas laissé le choix, voyant son état et le coup foireux qu’il comptait faire. Et, de toute manière, elle avait harcelé Antoine, lui avait fait du chantage affectif et mis en œuvre tout ce qu’elle pouvait pour le faire craquer avant. C’était parfaitement déloyal, oui, mais Jasper ne se gênait pas pour faire la même chose avec son ami, alors pourquoi Laura aurait-elle des remords ?

Mais soit, c’était un autre sujet. Qu’allait-elle répondre au Colonel ? Lui cacher qu’elle était la sœur de Jasper ne servirait à rien, ses professeurs le diraient tôt ou tard ou, s’ils ne le disaient pas, il la croiserait sûrement avec son frère un jour ou l’autre et la ressemblance qu’ils avaient parlerait pour eux… Booon, une idée ! Un moyen de dire tout cela doucement, pour une fois. C’était possible, non ? Déjà, éviter de dire que Jasper était terrorisé par le Colonel, il lui en voudrait et la liquiderait dès qu’il serait au courant. Et elle ne pouvait pas dire que le lieutenant lui avait parlé… Si ? Pourquoi pas, après tout, c’était toujours un début.

Laura – Le lieutenant m’avait parlé de vous, en Auvergne, parce que je m’inquiétais de heu… J’avais des questions à lui poser parce que vous ressembliez à mon frère et je…

« Et je ne voulais pas qu’il devienne comme vous ». Mais ça non plus, Laura ne pouvait pas le dire, ce n’était pas gentil. D’accord, ce que les autres pensaient de lui ne le touchaient pas, mais quand même. Et puis, il y avait le commandant, elle ne pouvait pas trop en dire devant lui non plus. Alors comment faiiiire ? Ne pas dire que Jasper était terrorisé, mais dire pourquoi elle le regardait comme cela… Et les autres élèves ne faisaient pas spécialement plus attention que cela à lui. Tant pis, elle pouvait aussi lui dire platement qui elle était, non ? C’était à son frère que le Colonel en voulait, pas à elle. Donc, autant dire les choses comme cela.

Laura – Mon frère m’a beaucoup parlé de vous, donc vous voir en vrai et de si près est étrange, c’est tout. Je suis la sœur de Jasper.

Colonel – Me voir en vrai... Je n'ai rien de particulier, rassure-toi.

Le Colonel avait eu un petit rire, comme si cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Il n’en voulait pas à Jasper, alors ? Il faudrait que Laura le lui dise ! Au moins, il serait rassuré et n’aurait plus peur du Colonel. Il n’avait rien d’effrayant ! D’accord, il était un peu impressionnant, mais il n’était pas effrayant.

Laura – Non mais… Vous l’impressionnez un peu, et… Il n’est pas rassuré, je me demandais pourquoi.

Colonel – Pas rassuré, vraiment ? Peu importe, du moment que ça lui met du plomb dans la cervelle.

Oui, bon… Jasper ne réfléchissait pas assez, Laura le lui avait toujours reproché, mais de là à dire cela… Elle ne répondit rien, à moitié choquée, et reporta son regard sur le lieutenant lorsque le colonel s’assit près d’elle. Oui, elle aura plein de choses à dire à Jasper. Bon, elle éviterait peut-être de mentionner tous les détails dangereux – comme « nous avons perdu les autres » ou encore « j’étais avec des militaires dans la même pièce » –, mais le reste avait son importance. Que s’était-il passé ?

Toujours près de monsieur Redfire, Laura resta silencieuse pendant que le Colonel demandait au lieutenant comment elle allait. Elle aussi, elle s’inquiétait pour la militaire, elle était gentille et avait accepté de répondre à ses questions, de lui parler pendant un moment alors que rien ne l’y obligeait. Et Jasper qui lui en avait voulu pour ça… Pour une touuute petite discussion de rien du tout.

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Veille de mariage
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