1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Un incendie peut tant détruire...

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Magister
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MessageSujet: Un incendie peut tant détruire...   Jeu 23 Avr 2015 - 15:01

Intervention de Magister…


« Il fait nuit noire depuis maintenant une heure ou deux quand une silhouette titubante se fait voir au bout d’une des rues de Gray. Quelques instants plus tard, un vif éclat déchire la nuit jusqu’ici paisible, et un commerce s’embrase en quelques instants. Le feu a le temps de se répandre dans d’autres commerces quand l’explosion d’une vitre réveille quelques habitants qui hurlent aussitôt l’alerte, mettant tout le village en éveil. Les habitants n’ont que le temps de fuir, laissant les maisons brûler.

L’incendie faisait rage lorsqu’au milieu du chaos, un coup de feu retentit soudain, sans que personne, sur le moment, n’identifie l’origine du bruit. Le village brûle, les habitants ont fui. Une chaîne commence à s’organiser, des personnes ont couru à Ste Famille chercher l’aide de ceux qui manient l’eau. Le Chaos est complet, le village flambe au cœur de la nuit, la silhouette entraperçue plus tôt a déjà disparu… »
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Isabelle Robin
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MessageSujet: Re: Un incendie peut tant détruire...   Jeu 23 Avr 2015 - 15:23

Elle s’en voulait, oui, mais toutes les autres solutions possibles lui auraient fait perdre un temps bien trop précieux. Il fallait agir et vite ! Isabelle présenta donc toutes ses excuses au Colonel, bien qu’il ne soit pas en état de la comprendre, avant de lui flanquer un bon coup de crosse à l’arrière du crâne pour l’assommer, le jetant à terre. Le feu autour de ses mains et de son corps s’évapora aussitôt, alors qu’elle le traînait à l’abri, le laissant au pied d’un arbre. Elle était vraiment navrée mais c’était l’unique moyen de le neutraliser vite et de s’assurer qu’il n’allait pas partir vagabonder ailleurs pendant qu’elle faisait son travail. Une fois son supérieur a l’abri et caché, elle mit très vite des balles dans son sniper, le regard insondable. Elle avait toujours répété qu’elle n’hésitera pas à tirer pour le protéger et ne faillira pas aujourd’hui. Elle avait déjà tué pour lui. Elle le fera cette nuit. Sans hésiter un seul instant. Le fusil claqua lorsqu’elle ôta le cran de sécurité, alors qu’elle se relevait, se tournant vers le village en feu.

Elle savait qu’elle allait commettre un meurtre. Un assassinat pur et simple, sur une personne qui n’avait absolument rien de fait mal, pour qui le seul tord était de s’être trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Un homme qui n’avait rien demandé à personne, qui n’avait jamais représenté une menace pour qui que ce soit, mais qui avait tout vu. Elle l’avait repéré au moment où elle avait retrouvé le Colonel. Le seul homme qui avait tout vu, qui avait vu celui qui avait détruit le village grâce au feu, grâce à son don. Un homme qui allait dénoncer le pyromane, un homme qui allait dévoiler à tous le secret le mieux gardé de son supérieur. Un homme qui pourrait envoyer Fabrice Gavin à la torture et à la mort. Elle ne le permettra pas. Elle devait protéger son supérieur, même en devant tuer pour cela de parfaits innocents. Jetant une sorte de poncho sur ses épaules et sa tête pour se protéger des flammes et de la chaleur, elle rabattit la capuche sur son visage, fusil en main, s’élançant dans le village enflammé.

La chaleur était insoutenable, les villageois paniquaient et formaient des chaînes pour arroser les maisons. Isabelle grimpa très vite les escaliers qui menaient au clocher de l’église, arrivant tout au sommet où elle s’accroupit, voyant ainsi tout le village. Elle s’installa correctement avec son fusil, posant l’œil à son viseur. Elle avait quadrillé mentalement la zone à couvrir. L’homme ne lui échappera pas… C’était sa formation, son métier, sa spécialité. Elle avait déjà tué ainsi de nombreuses fois, durant la guerre, elle savait comment chercher pour repérer sa cible. Elle fit abstraction du monde extérieur, seule le bruit de son propre souffle brisant le silence oppressant du clocher. Penchée sur son viseur. Fusil tenu des deux mains. Accroupie, un doigt sur la gâchette. Elle le cherchait. Elle le trouvera. Le viseur volait d’un point à l’autre, tandis qu’Isabelle comptait ses respirations pour estimer le temps. Une minute. Deux minutes. Cinq minutes. Une silhouette qui courait. Une silhouette d’homme. Elle ajusta la lunette de tir pour voir plus loin. Distance évaluée à 800 mètres.

Elle tira.

L’homme fut atteint au milieu du cœur, s’effondrant d’un bloc, la bouche grande ouverte, sans avoir eu le temps de souffrir ni même de comprendre qu’on venait de lui tirer dessus. Isabelle remit le cran de sécurité, jetant le sniper sur son dos en bandoulière avant de courir dans les escaliers. Elle courut ainsi entre les maisons en feu, quittant le village, quittant les lieux de son crime. Elle savait qu’elle avait tué un innocent et n’en avait pas le moindre remord. Elle avait fait son devoir, rien de plus. Elle n’avait pas non plus de culpabilité sur la façon dont elle avait tué. Les snipers étaient des assassins à distance, c’était un fait. Peu importe pour elle que ce soit considéré comme lâche, elle remplissait son devoir sans se soucier du reste. Elle retrouva le bosquet où elle avait laissé le Colonel évanoui. Voilà bien longtemps qu’il n’avait pas bu à ce point-là… Ils avaient frôlé la catastrophe ! Le village pouvait être reconstruit et personne n’avait été tué à cause de l’incendie. Elle avait dû se débarrasser d’un témoin, oui, et ne pouvait le regretter.

– Franchement, Colonel, grinça-t-elle en le retournant sur le dos.

Elle prit l’eau de sa gourde pour la lui vider sur la figure, tout ne le secouant pour le réveiller. Allez ! Elle avait besoin qu’il soit un minimum conscient ou ils n’arriveront à rien. Lorsqu’il reprit enfin ses esprits, elle l’aida à s’adosser contre un arbre, en le tenant par les bras. Voilà, ça va mieux ?

– De quoi vous souvenez-vous ?

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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Un incendie peut tant détruire...   Lun 27 Avr 2015 - 12:26

Il devait rêver, car se retrouver ici était impossible… Il écarquilla les yeux en restant debout et figé sur le seuil de la pièce, les poings serrés, blême, alors que la lumière du feu de cheminée éclairait la pièce et se reflétait sur les galons de son uniforme. Deux lampes étaient allumées, diffusant une lumière assez douce, presque tamisée. C’était le feu, surtout, qui éclairait et réchauffait. Un feu très brillant, fort, brûlant, qui pulsait avec puissance dans l’âtre. Une femme était assise dans un fauteuil près de la cheminée. Elle semblait très faible, les cheveux recouverts d’un foulard, maigre, décharnée, même. Ses bras étaient squelettiques, sa peau blême, et pourtant, ses yeux brillaient d’une si forte lueur de vie lorsqu’elle posait le regard sur le petit garçon qui jouait avec des cubes de bois sur le tapis, devant la cheminée. Il voyait qu’elle allait mal, qu’elle était proche de la mort, mais elle semblait si heureuse ne regardant le jeune enfant. Comme si mourir lui était égal puisque ce petit garçon était en bonne santé.

Il y avait aussi un homme, assis dans un autre fauteuil en face de la jeune femme mourante. Il tenait un journal entre ses mains mais son regard était fixe, plissé, dur. Fabrice s’approcha malgré lui, regardant cette famille. Il voulut toucher son père mais sa main n’atteignit rien du tout comme s’il n’était qu’un vulgaire fantôme. Il se tourna ensuite vers sa mère, frappé de la voir aussi faible. Il gardait peu de souvenirs d’elle… Aurait-elle approuvé sa décision d’entrer dans l’armée ? Elle l’avait jamais donné son opinion sur cela, jamais rien dit sur la police ou les corps d’armées. Il aurait voulu lui en parler et lui demander ce qu’elle en pensait. Peut-être aurait-elle été fermement contre… Il eut un maigre sourire, agenouillé près du fauteuil près d’elle. Elle bougeait doucement la main, puis d’un coup, le feu augmenta brutalement en volume.

Fabrice poussa un cri, en même temps que son père qui s’empara de sa femme et du petit garçon sous le bras pour les tirer loin de la pièce. Fabrice vit le feu « exploser » littéralement. Il se retrouva comme entouré par de véritables murs de flammes, un océan, qui le cernait de toutes parts. La chaleur était incroyable, le feu si violent. Il leva les mains pour essayer de le contrôler mais tout lui échappait. Il se sentait de plus en plus mal, un goût âcre lui remontait dans la bouche alors qu’il tremblait violemment. Tout brûlait, la chaleur s’élevait à chaque seconde il entendait des cris, tout disparaissant dans une mer de flammes déchaînée…

Fabrice se réveilla en sursaut en sentant quelqu’un le secouer avec énergie, alors que de l’eau coulait sur son visage. Quoi ? Qu’est-ce qui se passait ? Où était passé le feu ? A moitié paniqué et étranglé, il reconnut avec peine le visage du lieutenant, penchée au-dessus de lui, couverte par un large poncho. Il faisait nuit, il était allongé dans l’herbe au pied d’un arbre. Que s’était-il passé ? Il se tint à ses bras lorsqu’elle l’aida à s’appuyer contre l’arbre, complètement perdu, alors qu’une douleur lui vrillait l’arrière du crâne. Il était complètement perdu, essayant de comprendre ce qui se passait. Où étaient-ils ? Une nausée très forte nausée le prenait, il allait vomir.

Lieutenant – De quoi vous souvenez-vous ?

Fabrice – De… De… Je…

Il secoua la tête, perturbé, puis s’écarta brusquement d’elle pour aller vomir plus loin. Il reprit son souffle avec peine, se laissant retomber à sa place initiale, s’essuyant la bouche avec une feuille de menthe qu’il ramassa près d’eux. Il prit une longue inspiration pour se reprendre et rassembler ses souvenirs, regardant autour de lui. Le lieutenant s’était de nouveau rapprochée de lui, le tenant par les bras, comme s’il allait s’effondrer. C’est alors que Fabrice vit, plus loin, le village de Gray en feu. Il eut un violent frisson, avec un brusque hoquet. C’était… lui ? C’était lui qui avait fait ça … ?

Fabrice – Dé… Je suis désolé… Lieutenant…

Il s’accrocha doucement à elle, effondré, la tête posée contre elle, entre ses bras, puis se mit à pleurer. A pleurer, enfin, alors qu’il n’avait plus réussi à le faire depuis des années et des années. Il pleura ainsi plusieurs minutes dans ses bras, accrochées à elle, tête baissée. Ce n’est qu’au bout d’un long moment qu’il parvint peu à peu à retrouver ses esprits, mais fut incapable de la lâcher.

Fabrice – Je suis désolé…

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Isabelle Robin
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MessageSujet: Re: Un incendie peut tant détruire...   Sam 2 Mai 2015 - 21:22

[Fait avec le Colonel]

– De… De… Je…

Il s'écarta alors qu'elle allait lui faire boire de l'eau puis alla vomir un peu plus loin, tremblant comme une feuille. Voilà longtemps qu'elle ne l'avait plus vu dans cet état, très longtemps... Pourquoi avait-il bu si fort, cette fois ? Que s'était-il passé ?! Trop de pression à cause du Maréchal ? Peur de faire un faux pas ? Ou autre chose ? Elle ne regardait plus le village qui brûlait, cherchant comment l'aider, le pousser à se reprendre, cherchant un moyen de le ramener avec elle pour qu'il reprenne ses esprits. Mais elle ne pouvait pas le conduire à la caserne... Ni même chez John, il avait lui aussi perdu sa maison dans l'incendie ! Elle grimaça, se rapprochant du Colonel en le prenant par les bras pour l'aider à rester droit. Du calme... Tout allait bien, elle était là ! Elle trouvera un coin à l'écart un peu plus loin pour le reste de la nuit, arrivés en Juin, les nuits n'étaient plus trop froides pour qu'on puisse dormir dehors et leurs uniformes pouvaient leur tenir assez chaud. Tout allait bien... L'incendie n'avait fait aucun mort, seule Isabelle était responsable d'un décès, cette nuit. Tout allait bien... Elle allait s'occuper de lui, il allait se remettre et ils trouveront une solution. Elle le tenait toujours fermement, songeant qu'il risquait de s'effondrer ou s'évanouir si elle ne prenait pas garde. Ils ne devaient pas rester ici trop longtemps, ils étaient encore trop près du village.

– Dé… Je suis désolé… Lieutenant…

Il s'accrocha tout à coup à elle et la jeune femme, bouche bée, vit qu'il pleurait. Il pleurait... Il pleurait vraiment... Elle referma les bras sur lui, le laissant poser sa tête contre elle, secoué de sanglots. Le voir ainsi lui faisait mal, elle aurait tant voulu prendre une partie de sa peine sur elle pour l'en décharger. Elle ne dit rien, le laissant enfin exprimer un peu de la peine qu'il ressentait. Elle n'entendait plus les cris des villageois au loin, ni le crépitement des flammes, elle attendait juste que son supérieur hiérarchique se reprenne. C'était un accident, un simple accident. Il avait trop bu, soit, mais jamais il n'aurait consciemment mis le feu à Gray, jamais, elle le savait bien. C'était un accident terrible et horrible, mais un accident tout de même. On allait trouver des solutions pour les habitants de Gray. Ils pourront être relogés un temps dans leurs familles ou dans des foyers, on demandera de l'aide à ceux qui possèdent des dons pour reconstruire plus rapidement le village. Il y avait des solutions pour tout, qu'il ne s'en fasse pas. Il n'avait pas non plus à porter le poids de la mort de ce type, Isabelle l'assumait seule. Respirez, Colonel... Respirez, tout va bien, rien n'était définitivement perdu ou détruit.

– Je suis désolé…

– Rien n'a été détruit à jamais, murmura-t-elle en jetant le fusil en travers de son dos. Accrochez-vous à moi.

Elle le souleva à moitié pour l'entraîner avec elle, le tenant comme elle aurait soutenu un camarade blessé aux jambes pour le traîner le plus vite possible en-dehors du champ de bataille lors d'une guerre. Elle porta ainsi le Colonel bon an mal an plus loin, à plus d'une centaines de mètres en contrebas, non loin du lac. Jetant un regard derrière elle, elle jugea q'ils n'étaient pas encore assez éloignés et le fit donc encore avancer, s'aventurant dans un petit bois, à l'abri de tous les regards. Elle l'aida à se rasseoir, reposant son fusil et s'agenouillant près de lui, dans l'herbe, se penchant pour vérifier qu'il n'avait pas de blessures ou autre chose, qui lui aurait échappé. La lumière de la lune les éclairait peu, ils n'y voyaient pas grand-chose. Elle l'incita à s'appuyer contre le tronc d'arbre mais il s'accrocha de nouveau à elle, comme par peur de tomber. Elle lui essuya ses larmes du bout de doigts, avec un petit sourire navré.

– Vous ne risquez rien, c'était un simple accident... Personne ne pourra témoigner contre vous, jamais.

– Vous avez…

– Vous devez juste savoir que j'ai juré de vous protéger, ne vous souciez pas de savoir le reste. Vous avez trop bu et avez eu un accident, cette nuit, rien de plus...

Il se redressa avec peine, le regard perdu. Du calme, elle était là, tout allait bien... Elle passa ses bras sous ses les siens pour l'aider à se tenir, ayant peur qu'il tombe et se fasse mal, étant donné qu'ils y voyaient si peu. Il se pencha tout à coup bien plus puis posa ses lèvres sur les siennes en fermant les yeux. Le cœur d'Isabelle rata un brusque battement, fermant les yeux par réflexe à son tour. Il... Non, il était soûl, il ne se rendait plus compte de ce qu'il faisait. Elle s'écarta doucement, souriante, en lui disant qu'il devait se reposer maintenant, qu'il avait beaucoup trop bu. Il baissa la tête, tremblant légèrement. Elle le fit s'allonger dans l'herbe, doucement, veillant à ce qu'il soit le plus à l'aise possible, puis l'embrassa sr le front, a=à genoux près de lui.

– Dormez, je suis là. Vous ne risquez rien cette nuit.

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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Un incendie peut tant détruire...   Lun 4 Mai 2015 - 13:39

[Avec indication de Magister…. >< Plus les réactions du Maréchal. Je vous hais…]


Lieutenant – Rien n'a été détruit à jamais, murmura-t-elle en jetant le fusil en travers de son dos. Accrochez-vous à moi.

Il s’exécuta avec lenteur, assez surpris lorsqu’elle le soutint puis l’emmena avec elle. Elle le portait plus qu’il ne marchait, peinant à suivre le rythme qu’elle tenait. Rien détruit à jamais… Il avait quand même brûlé un village tout entier, jeté hors de chez elles des familles entières… Il sentit les larmes monter à nouveau mais les refoula, serrant les dents. Il n’avait pas le droit de se lamenter alors que des personnes avaient tout perdu à cause de lui cette nuit. Il jeta un coup d’œil derrière eux, regardant la lumière des flammes. Il était un monstre… Comment racheter une telle faute ? Il eut d’un coup envie de se blottir contre sa subordonnée, comme pour se cacher du reste du monde. Il espérait que personne n’était mort… Il y avait un monde entre être exécuter des personnes en étant pleinement conscient de son acte et jeter à la rue des familles entières car il était soûl. Comme à chaque fois qu’il avait trop bu, il doutait encore plus de lui-même, il doutait de tout, il avait envie de s’enterrer dans un coin et être oublié de tous. Il ne méritait que ça.

Sa subordonnée l’aida à s’asseoir contre un arbre. Il crut tomber, encore, sombrer dans la folie ou le désespoir, et s’accrocha par pur instinct à elle. Elle était la seule en qui il pouvait se raccrocher, actuellement, pas seulement parce qu’elle était à genoux près de lui, mais parce qu’il lui vouait une confiance absolue, parce qu’elle avait toujours été là pour le soutenir. Il releva la tête lorsqu’elle lui essuya ses larmes du bout des doigts. Il ne méritait d’avoir une telle personne à ses côtés et pourtant elle restait là, n’avait même pas hurlé pour ce qu’il avait fait. Comme elle n’avait jamais crié contre certains actes, contre des horreurs qu’il avait commis, accepté de commettre en enfilant cet uniforme. Il était lamentable. Mais le lieutenant était là, comme toujours, depuis le début. Il ne souvenait pas d’avoir eu autant besoin d’elle dans un instant pareil. Il la regardait, craignant qu’elle ne disparaisse, qu’elle en soit qu’un mirage de plus.

Lieutenant – Vous ne risquez rien, c'était un simple accident... Personne ne pourra témoigner contre vous, jamais.

Cette dernière phrase lui arracha un battement de cœur très vif. Elle… Elle avait… Il porta un bref instant le regard sur le fusil qui reposait dans l’herbe, puis revint sur le lieutenant. Quelqu’un l’avait vu utilisez son don… et ce quelqu’un était mort. Ce qu’elle avait dit était suffisamment clair. Elle avait abattu un témoin pour le protéger.

Fabrice – Vous avez…

Lieutenant – Vous devez juste savoir que j'ai juré de vous protéger, ne vous souciez pas de savoir le reste. Vous avez trop bu et avez eu un accident, cette nuit, rien de plus...

Un accident… C’était bien plus qu’un accident… Mais elle était là. Il la regarda encore, plus intensément, puis se pencha sur elle sans réfléchir, l’embrassant sur les lèvres. Il se rendait à peine compte de ce qu’il faisait, se contentant de suivre son instinct, même un instinct rongé par l’alcool et la tristesse. Il cligna des yeux pour essayer de se reprendre lorsqu’elle le repoussa doucement. Il en perdait ses idées, il ne savait plus ce qu’il faisait, mais elle lui souriait, c’était le principal. Ils ‘allongea sans broncher lorsqu’elle l’incita à le faire, sans la lâcher du regard. Cette scène était comme hors du temps. Ils étaient deux personnes, un homme et une femme, en tenue complète, perdus au milieu de la nature en pleine nuit, après le violent incendie de tout un village. Il devait avoir l’air complètement pathétique… Elle l’embrassa sur le front et il ferma les yeux sous le contact, ayant l’impression de redevenir un enfant que l’on viendrait bercer après un cauchemar. Si seulement cette nuit n’était qu’un cauchemar de plus… Sil pouvait tout effacer et recommencer…

Lieutenant – Dormez, je suis là. Vous ne risquez rien cette nuit.

Fabrice – Merci…

Ce fut la lumière du soleil qui réveilla Fabrice, des heures plus tard. Il fut d’abord complètement groggy, perdu, incapable de retrouver où il était et pourquoi il y était. Il s’appuya sur un coude pour se redresser avec peine puis vit le lieutenant assise près de lui. La mémoire lui revint d’un bloc et il retomba au sol comme une masse. Bon sang… Il se frotta les yeux, le souffle court, tous les muscles raides. Sa subordonnée s’était penchée vers lui, lui tendant une main pour l’aider à se relever. Main qu’il attrapa avec reconnaissance, mettant plusieurs secondes avant de se stabiliser, une fois debout. Il ignorait quelle heure il pouvait bien être, mais assez tard pour qu’on puisse leur reprocher de ne pas être à leurs postes à la caserne. Il repartit avec le lieutenant, retrouvant peu à peu ses esprits. Ils ne parlaient pas de ce qui s’était passé la veille ni de quoi que ce soit. D’abord parce qu’ils n’avaient pas encore digéré, ensuite parce qu’ils ne trouvaient sans doute pas les mots.

Ils avaient à peine fait quelques mètres en rentrant dans la caserne qu’un jeune homme vint le voir en courant et en lui annonçant que le Maréchal voulait le voir, tout de suite. Encore pour une mission du type « assassiner des personnes en brûlant leur maison » ? Ce n’était vraiment pas le moment… Il dit au lieutenant de ne pas l’attendre, puis se rendit au bureau du maréchal. Il ignorait la tête qu’il devait tirer car les personnes qu’il croisa lui jetèrent de drôles de regards. Il rajusta très vite sa tenue en chemin pour éviter les remarques, soufflant un grand coup. Allez, on se dépêche. Frappant à la porte, il entra dans le bureau, se mettant aussitôt au garde-à-vous, les mains derrière le dos. Son supérieur hiérarchique était debout derrière son bureau, des feuillets en main, et lui jeta un regard qui n’augurait rien de bon.

Bradley – J’avais bien raison de me méfier de vous, mais la surprise est tout de même agréable. Vous êtes une arme humaine du même niveau que notre nouvelle générale, grâce à votre élément.

Fabrice se sentit considérablement pâlir, toute trace de sang quittant son visage pour se concentrer au cœur et le faire battre bien plus violemment et rapidement. Le lieutenant avait pourtant… Elle… Il se fit violence pour ne pas reculer ni même bouger, sentant qu’il risquait de s’effondrer s’il initiait le moindre geste. La gorge sèche, il chercha très vite une réponse, une parade, quelque chose, n’importe quoi.

Fabrice – Êtes-vous certain de ce que vous avancez ? dit-il en sachant très bien qu’il était déjà fini. Qu’avez-vous vu ?

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Albert J. Bradley
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MessageSujet: Re: Un incendie peut tant détruire...   Mer 6 Mai 2015 - 10:54

On pouvait considérer la guerre comme un grand échiquier. Chacun bougeait ses pions, ses tours, ses cavaliers, ses fous, sa Reine et son Roi de façon à coincer l’adversaire, le déstabiliser, puis le mettre en échecs avant de remporter la partie. Ce jeu de stratégie était assez fascinant, il forçait à imaginer et concevoir des tactiques permettant d’acculer l’adversaire pour le vaincre, c’était un jeu où chaque partie était différente, où il fallait s’adapter en permanence, avoir un esprit souple, réactif et imaginatif. Dans cette partie, Albert avait plusieurs pièces importantes, de nombreux pions, bien entendu, et des pièces qui se dévoilaient comme importantes sur l’échiquier. Il avait sa Reine, en la personne de la générale de Lizeux. Sa pièce maîtresse, en quelque sorte, dont il comptait bien se servir. Mais d’autres pièces, dont il n’avait jusqu’ici que soupçonné l’utilité, se révélaient être des atouts… Il sourit en caressant le rapport de son espion personnel du bout des doigts. Grossière erreur, mon jeune Colonel… Grossière erreur.

Son « invité » arriva enfin, avec une tête prouvant qu’il avait passé une mauvaise nuit, puis se mit au garde-à-vous. Le jeu continuait, chacun déplaçait ses pièces ou en installait de nouvelles. Aujourd’hui, c’était au tour du Maréchal de jouer. Il avait modifié sa stratégie d’attaque et de défense dès l’obtention de ces nouvelles informations, dès qu’il avait su ces petits éléments. Ce jeune homme cachait bien son jeu, dans tous les cas, mais cela prouvait qu’il en avait dans le crâne. Le militaire comprenait mieux bien des choses, à présent ! Il était toujours ravi de découvrir de nouveaux éléments de valeur, tout ce qui pouvait l’aider dans sa quête sera bienvenu. Il se retourna face au Colonel, le visage impassible mais avec un regard de serpent. Nous y voilà. Il avait bien raison de toujours se fier à son instinct, car il menait vers ceux qui valaient la peine d’être vus.

Albert – J’avais bien raison de me méfier de vous, mais la surprise est tout de même agréable. Vous êtes une arme humaine du même niveau que notre nouvelle générale, grâce à votre élément.

Il le vit pâlir et retint un sourire de délectation. Il avançait, peu importe les obstacles qui se dresseront sur sa route. Il s’approcha d’un pas, tout en observant sa nouvelle proie. Voilà des mois qu’il le regardait, l’observait, le détaillait, cherchait à percer ses pensées, son comportement. Cet homme était décidément bien traître et fourbe, un parfait manipulateur ! Son air jeune et innocent devait bien l’aider à paraître naïf ou inoffensif. Il passait pour un arriviste ambitieux, alors qu’il était un véritable serpent caché au fond du panier et tout prêt à mordre. Mais ils étaient deux à jouer à ce jeu-là. Savoir manipuler les autres était un principe de base lorsqu’on devait commander. Que ce soit de gré, de force ou par manipulation de toute sorte, les autres devaient vous suivre. Vous deviez les convaincre, peu importe les moyens. Tout le monde avait un point faible. Celui de cet homme était son équipe et notamment sa précieuse subordonnée.

Colonel – Êtes-vous certain de ce que vous avancez ? Qu’avez-vous vu ?

Albert – J’ai vu une nouvelle opportunité, sourit-il en s’approchant jusqu’à être juste devant lui, se tenant bien droit. Savez-vous ce qui vous arriverait, si les troupes découvraient votre petit jeu ? On comprendra que vous faites parti de l’ennemi, que vous avez tué certains de vos camarades grâce à votre don. Cela passera mal. Beaucoup sont déjà plus qu’indignés qu’un homme de votre âge ait ce grade… Vous vous attirerez la haine et Dieu sait ce qui adviendra ensuite. Dans ce cas, mieux vaut que personne ne sache, n’est-ce pas ?

Il fit une légère pause mais le Colonel ne répondit pas, étant devenu encore plus blême au fur et à mesure que le maréchal avait parlé, pour sourciller à la fin. Il ne voyait donc pas où son supérieur voulait en venir ? Il allait très vite comprendre…

Albert – Mais supposons que personne ne sache, murmura-t-il en se penchant légèrement vers lui. Supposons que vous puissiez poursuivre votre travail dans l’ombre ? Il va falloir vous adapter, en pareil cas, mon jeune ami. J’ai certaines missions délicates que vous pourriez remplir… Dont la nature est assez variable.

Il lui sourit à nouveau, les yeux luisants.

Albert – Si vous refusez de plier, il se peut qu’il arrive certaines choses à votre précieuse subordonnée… Ainsi qu’à toute votre équipe. Sans oublier les conséquences pour vous-même dès lors que la nouvelle se répandra, pou votre attaque contre Gray. Mais je puis garder le silence, si vous êtes disposé à devenir enfin un bon petit chien.

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Fabrice Gavin
Colonel
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MessageSujet: Re: Un incendie peut tant détruire...   Mer 6 Mai 2015 - 16:56

Bradley – J’ai vu une nouvelle opportunité, sourit-il en s’approchant jusqu’à être juste devant lui, se tenant bien droit. Savez-vous ce qui vous arriverait, si les troupes découvraient votre petit jeu ? On comprendra que vous faites parti de l’ennemi, que vous avez tué certains de vos camarades grâce à votre don. Cela passera mal. Beaucoup sont déjà plus qu’indignés qu’un homme de votre âge ait ce grade… Vous vous attirerez la haine et Dieu sait ce qui adviendra ensuite. Dans ce cas, mieux vaut que personne ne sache, n’est-ce pas ?

Il avait dû encore pâlir, serrant les poings à s’en faire mal. Où voulait-il en venir, au juste ? Comptait-il ou le dénoncer et donc littéralement le jeter en pâture au reste de l’armée ? Le faire enfermer, utiliser comme cobaye ou il ne savait quoi encore ? Quelqu’un l’avait vu, en plus de celui ou celle que le lieutenant avait exécuté… Il était coincé et sentait mal, mais vraiment très mal, la suite. Il ne répondit pas à Bradley, pour ne pas prendre le risque de s’enfoncer un peu plus. Se faire avoir aussi bêtement, à cause d’une si grossière erreur de sa part, lui portait sur les nerfs. Sentir ainsi on impuissance pour une chose aussi lourde de conséquences était une sensation terrible, qui lui tordait l’estomac et le rendait malade. Ils pouvaient faire bien des choses avec les dons mais pas remonter le temps, ni annuler des erreurs passées, ce qu’il désirait tant à cette heure. Il aurait fait n’importe quoi pour revenir en arrière, ne pas avoir bu, ne pas… L’alcool… Il se jura qu’il allait tout faire pour cesser de boire et faire enfin une véritable cure de désintoxication.

Bradley – Mais supposons que personne ne sache, murmura-t-il en se penchant légèrement vers lui. Supposons que vous puissiez poursuivre votre travail dans l’ombre ? Il va falloir vous adapter, en pareil cas, mon jeune ami. J’ai certaines missions délicates que vous pourriez remplir… Dont la nature est assez variable.

Fabrice serra encore plus les poings alors que le Maréchal lui souriait. C’était du chantage, ni plus ni moins ! Il en profitait pour l’asservir et se servir de lui comme une arme humaine… Comme si Fabrice venait d’être jeté de force dans une cage où des bourreaux l’attendraient pour l’enchaîner. Il sentit une légère goutte de sueur couler sur sa tempe, alors que son souffle était presque bloqué dans sa poitrine. Le Maréchal ne dira rien, ne le dénoncera pas, s’il acceptait de se plier à des ordres dont il devinait la nature peu louable. Il réfléchit à toute vitesse, pensant à ce qui se passerait si l’armée découvrait qu’il avait un don… La haine sera bel et bien au rendez-vous, il en était conscient, il avait trop d’ennemis au sein de l’armée pour que cette histoire passe comme cela, sans oublier ceux qui cherchaient à lui nuire par pure jalousie. Il y avait aussi le village… Le village qu’il avait brûlé. L’homme qui était mort à cause de cela, parce qu’il l’avait vu. Il ne pouvait se permettre d’être ainsi dévoilé à tout le monde… Mais en contrepartie… Il avala douloureusement sa salive, pétrifié sur-place.

Bradley – Si vous refusez de plier, il se peut qu’il arrive certaines choses à votre précieuse subordonnée… Ainsi qu’à toute votre équipe. Sans oublier les conséquences pour vous-même dès lors que la nouvelle se répandra, pour votre attaque contre Gray. Mais je puis garder le silence, si vous êtes disposé à devenir enfin un bon petit chien.

Fabrice – Donc, dit-il d’une voix enrouée, ou je vous obéis, ou vous me dénoncez et vous vous en prenez à mon équipe ?

Bradley – Votre équipe ne souffrira que si vous faites encore un pas de travers… ou si cette conversation arrive à eux. Il va sans dire que vous n’êtes pas en droit de leur raconter quoi que ce soit.

Il devait leur cacher cette conversation, les missions qu’il devra faire, tout ? Fabrice dû se retenir de détourner le regard, la bouche terriblement sèche. Il était acculé. Il savait très bien que s’il transgressait cette règle et parlait tout de même à son équipe, le Maréchal sera au courant, tôt ou tard, et les conséquences seraient terribles. Il était hors de question que ses subordonnés souffrent ou aient des ennuis par son unique faute, ce n’était même pas envisageable ! Mais que devra-t-il faire ? A quoi songeait le Maréchal ? Fabrice ne pouvait pas refuser, il avait trop à perdre et ne pouvait pas se permettre d’échouer avant d’avoir atteint ses objectifs. Il ferma un bref instant les yeux, crispé comme jamais, puis redressa la tête, résigné.

Fabrice – Que voulez-vous que je fasse ?

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Albert J. Bradley
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MessageSujet: Re: Un incendie peut tant détruire...   Lun 11 Mai 2015 - 13:34

Colonel – Donc, dit-il d’une voix enrouée, ou je vous obéis, ou vous me dénoncez et vous vous en prenez à mon équipe ?

Pas tout à fait… Le maréchal ne s’en prendra à lui et son équipe que si ce jeune idiot commettait encore une erreur… Maintenant, libre à lui de refuser l’offre que son supérieur lui présentait, il pouvait très bien choisir l’option lynchage s’il le désirait. C’était son problème s’il préférait que toute l’armée, sans oublier les villageois de Gray, sachent qu’il avait un don et qu’il était accessoirement l’auteur de l’incendie qui avait ravagé le village. S’il avait envie de passer pour un traître et un monstre, c’était son choix, le Maréchal ne faisait que lui proposer une alternative plus douce. A lui de voir. En revanche, il ferait mieux de comprendre dès maintenant qu’il n’avait plus droit à la moindre erreur. Et il devrait aussi arrêter de boire, s’il ne voulait plus commettre ce genre de geste lamentable… S’il ne voulait plus se faire prendre de cette façon. Il avait un certain rang à tenir, que faisait-il de son honneur ?

Albert – Votre équipe ne souffrira que si vous faites encore un pas de travers… ou si cette conversation arrive à eux. Il va sans dire que vous n’êtes pas en droit de leur raconter quoi que ce soit.

Ce dernier point était plus pour maintenir une certaine pression et pour s’assurer que ce jeune homme était bel et bien capable d’obéir. Sans oublier que pour mieux contrôler une personne, il fallait d’abord l’isoler et la priver de ses liens les plus puissants avec son entourage. C’était une tactique de base, tout cela. Si le Colonel se retrouvait coupé de ses subordonnés, il aura les mains liées et sa marge de manœuvre sera très grandement réduite. Albert le dévisageait tranquillement, appuyé contre le rebord de son bureau, les bras croisés. Il avait toujours aimé manipuler les gens, c’était un jeu qu’il trouvait assez fascinant. Trouver le point faible de chacun et s’en servir, monter certaines scènes pour produire du stress et ou de la tension, contraindre une personne en l’acculant au pied du mur, il adorait tout cela. La manipulation l’avait toujours enjoué et fasciné, il était incroyable de voir à quel point on pouvait tenir une autre personne au creux de sa main.

Colonel – Que voulez-vous que je fasse ?

Albert – Plusieurs choses… En ce moment, nos scientifiques développent des sérums destinés aux guetteurs, qui les plongeront dans des simulations mentales afin d’exercer leurs dons et les entraîner. Vous allez pouvoir servir de cobaye pour la prochaine version. La première est satisfaisante mais ne va pas encore assez loin. Vous maîtrisez votre don, vous serez donc à même de tester et noter les améliorations à y apporter.

Il s’interrompit pour lui jeter un sourire narquois, sachant qu’il devait fulminer intérieurement. Cette situation était entièrement de sa faute, il lui aurait suffit d’être un minimum responsable, après tout. Ne pas boire, ne pas se mettre plus bas que terre, se comporter en adulte.

Albert – Vous pourrez également participer à certaines expériences, le docteur Rochard voudrait étudier les différents degrés de brûlure et les réactions des personnes, ainsi que les traitements. Nous avons des prisonniers politiques, pour cela, il nous faut savoir comment réagit la peau, en détail, et trouver les traitements les plus adaptés, ce sera utile en temps de guerre. Vous savez très bien comment brûler des personnes, si j’ai bonne mémoire, ça ne devrait pas trop vous perturber.

Il retourna derrière son bureau puis s’assit, coudes sur la table, moins jointes devant lui, très posé et tranquille. Il se moquait bien que tout cela soit contraire aux principes de ce gamin. Il devait se contenter d’obéir, sans chercher à se rebeller ni à contourner les ordres.

Albert – Par ailleurs, vous allez devoir travailler pour amener certains des gamins du pensionnat à rejoindre les guetteurs… Il y aura plusieurs phases de tests en cette fin d’année scolaire, mais les choses sérieuses débuteront en septembre. Je veux que vous vous chargiez d’évaluer certains des gosses et d’attirer dans nos rangs ceux qui en valent la peine. Est-ce clair ? Vous pouvez vous y prendre comme vous voulez, manipulation ou autre, peu m’importe. Visiblement, vous savez comment manipuler et mentir, ce travail devrait vous convenir.

Il se rencogna dans son fauteuil, tout en continuant de l’observer, impassible.

Albert – Veillez à obéir, cette fois… Il serait fâcheux qu’on apprenne que votre subordonnée bien-aimée a assassiné une personne innocente juste pour vous protéger. Je m’en voudrais de la jeter en cour martiale simplement car vous n’avez pas été capable d’obéir.

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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Un incendie peut tant détruire...   Mer 13 Mai 2015 - 10:12

Bradley – Plusieurs choses… En ce moment, nos scientifiques développent des sérums destinés aux guetteurs, qui les plongeront dans des simulations mentales afin d’exercer leurs dons et les entraîner. Vous allez pouvoir servir de cobaye pour la prochaine version. La première est satisfaisante mais ne va pas encore assez loin. Vous maîtrisez votre don, vous serez donc à même de tester et noter les améliorations à y apporter.

Donc la rumeur concernant ces « simulations » était vrai… Il avait voulu refuser d’y croire, ne pensant que l’armée pouvait déjà, techniquement et scientifiquement, aller aussi loin sur ce terrain mais il les avait sous-estimés. Très bien… Il s’attendait à quelque chose de ce genre et aurait même cru qu’on allait de suite l’emmener pour l’attacher sur une table d’opération et faire des expériences sur lui. Ce truc était du même goût, même s’il ignorait ce qui était le pire. Il retint de toutes ses forces la réplique acide qui lui brûlait les lèvres, n’ayant ni le droit de répliquer ni le droit de se révolter. Ferma-la et fais ce qu’on te dit, en gros, il n’avait plus le choix. Le sourire narquois de son supérieur ne l’aidait pas à rester calme, il le poussait à bout. Comment allait-il réussir à cacher tout cela à son équipe ?! Le lieutenant verra aussitôt que quelque chose clochait, elle n’était pas idiote. Il détestait devoir lui mentir et doutait même d’y arriver.

Bradley – Vous pourrez également participer à certaines expériences, le docteur Rochard voudrait étudier les différents degrés de brûlure et les réactions des personnes, ainsi que les traitements. Nous avons des prisonniers politiques, pour cela, il nous faut savoir comment réagit la peau, en détail, et trouver les traitements les plus adaptés, ce sera utile en temps de guerre. Vous savez très bien comment brûler des personnes, si j’ai bonne mémoire, ça ne devrait pas trop vous perturber.

Il retourna s’asseoir à son bureau alors que le Colonel avait pâli à vu d’œil. Il voulait qu’il brûle exprès des prisonniers politiques pour observer leurs réactions ?! Il voulait qu’il se serve de son don pour torturer, ni plus ni moins, des personnes ? Il était dingue ! Il n’avait pas appris à se maîtriser pour ça ! Depuis quand l’armée acceptait-elle ce genre de pratiques ? Qui était au courant ? Tout l’état-major était-il corrompu ? Il y avait d’autres moyens de tester des médicaments et pas forcément en mutilant et blessant des prisonniers pour se servir d’eux comme de cobayes. Ce type immonde lui donnait envie de vomir, il n’avait ni remords ni regrets, se contentant de suivre le chemin qu’il avait choisi sans se remettre en question une seule fois. Comment arrivait-il encore à se regarder dans un miroir ? Fabrice était très tenté de brûler dès maintenant ce bureau et le Maréchal avec… S’il le faisait, il sera mort avant d’avoir quitté la caserne et ignorait ce qui arrivera à ses subordonnés ensuite. Il avait déjà tué avec son don, oui, mais de là à le faire de son plein gré avec une touche de torture… Il y avait une très grande marge.

Bradley – Par ailleurs, vous allez devoir travailler pour amener certains des gamins du pensionnat à rejoindre les guetteurs… Il y aura plusieurs phases de tests en cette fin d’année scolaire, mais les choses sérieuses débuteront en septembre. Je veux que vous vous chargiez d’évaluer certains des gosses et d’attirer dans nos rangs ceux qui en valent la peine. Est-ce clair ? Vous pouvez vous y prendre comme vous voulez, manipulation ou autre, peu m’importe. Visiblement, vous savez comment manipuler et mentir, ce travail devrait vous convenir.

Très drôle… Fabrice grinça les dents mais ne répliqua pas. Après le chantage et la torture, on passait à la phase manipulation d’enfants ? De mieux en mieux. Traquer, dissimuler, mentir, manipuler, oui, il était effectivement devenu bon dans ces domaines mais il n’avait jamais pratiqué dans le but d’attirer des gamins dans l’armée ou pour piéger des prisonniers. Il avait beau être un salaud arriviste et ambitieux qui se foutait des autres, il avait quand même une base de principes qu’il ne pouvait pas piétiner. Pour lui, par exemple, un enfant était sacré, on ne pouvait pas lui faire de mal ni le toucher. Un de ses autres principes était la loyauté. On pouvait mentir et manipuler la terre entière pour arriver à ses fins, mais pas ses proches, ses amis, ceux qu’on respectait. Enfin, on ne se battait qu’avec ceux qui étaient de forcé gale ou plus puissants, point final. Fabrice refusait de se servir de ses « armes » contre des gamins ou des personnes qui ignoraient tout de ce genre de combat.

Bradley – Veillez à obéir, cette fois… Il serait fâcheux qu’on apprenne que votre subordonnée bien-aimée a assassiné une personne innocente juste pour vous protéger. Je m’en voudrais de la jeter en cour martiale simplement car vous n’avez pas été capable d’obéir.

Le Colonel le fixa en serrant les poings et les dents, si tendu qu’il était prêt à craquer. Sa subordonnée bien-aimée… Il la respectait et lui était loyal, ce n’était pas de l’amour. Cependant, il savait très bien que cette immonde ordure n’hésiterait pas un seul instant à accuser le lieutenant si Fabrice faisait un seul pas de travers. Il s’obligea à incliner légèrement la tête pour signifier son accord, les yeux fermés, sans parvenir à dissimuler à quel point il était crispé. Se redressant, il fit de son mieux pour ne pas hurler ni mettre le feu à son uniforme et le brûler tout vif.

Fabrice – C’est très clair, grinça-t-il. Vous n’aurez plus de problèmes avec moi.

Il put enfin quitter ce bureau, attendant d’être dehors et d’avoir quitta la partie administrative pour enfin laisser échapper un grognement rageur. Tout cacher au lieutenant allait être… Il rentra dans son appartement puis commença par jeter tout l’alcool qui s’y trouvait, le cœur au bord des lèvres. Il ne s’en prendra pas à elle, ni à aucun de ses subordonnés, il ne faisait le serment. Il arrivera à les préserver.

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