1932. La Guerre Civile est déclarée ! Une spirale de violence s'engage dans un Etat totalitaire.
 
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 Retour à la maison

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Retour à la maison   Sam 16 Déc - 17:53

Passer le voyage tout entier abruti par les médicaments n'avait qu'un seul avantage, le temps paraissait un peu moins long. Même en ce moment précis, Genji ne savait pas vraiment quelle heure il était, ayant juste réussi à percuter qu'ils étaient à Tokyo, dans le train, et qu'il était à moitié allongé dans un fauteuil roulant, sous une couverture et avec un oreiller dans le dos, la tête contre l'épaule de sa mère qui lui caressait doucement la joue depuis toute à l'heure. Il somnolait toujours lorsque le train se mit en branle, à peine conscient d'être revenu dans son pays natal. Avant le début du voyage, le médecin lui avait filé des médicaments plus forts, en prévision des kilomètres à avaler, et rien à dire, c'était efficace... Tellement efficace qu'il avait plus ressemblé à une loque endormie qu'à un garçon, durant tout le voyage. Même le trajet en train ne le réveilla pas plus et il s'endormir franchement sur celui menant à leur maison. Lorsqu'il ouvrit enfin les yeux, avec pas mal de peine, il était dans la chambre qu'il partageait avec ses deux sœurs, engourdi et au lit, avec sa mère à côté.

Genji – Quelle heure est-il ? bafouilla-t-il dans leur langue.

Maman – Bientôt treize heures trente. Je vais te donner à manger.

Elle l'aida à se redresser, contre des oreillers, avec milles précautions, mais au moins, le dos n'avait rien, sinon de gros hématomes. Ce n'est qu'à cet instant que le jeune homme réalisa qu'il avait le bras et les deux jambes dans le plâtre, en plus d'avoir son poignet droit serré dans un bandage épais. Sa mère lui donna doucement à manger et à boire, installée à côté de lui, en le couvant d'un regard angoissé. Mais ça allait, il avait juste... Quelques os de brisés. Et étant donné ce qui était arrivé, on pouvait appeler ça une chance infernale, il aurait très bien pu avoir la nuque brisée sous le choc. Passer par la fenêtre au troisième étage... Il était cloué en fauteuil pour deux bons mois, si ce n'était pas plus, bien joué. Complètement épuisé, il ne put pas manger beaucoup, ne se forçant que par ce que sa mère insista et parce qu'il devait bien reprendre des forces. Mais comme allait-il faire pour se laver et tout ça ? C'était vraiment frustrant de se retrouver à ce point dépendant des autres. Lorsqu'il eut fini, sa mère lui dit de se reposer et remit tout sur un plateau qu'elle emporta, en laissant la porte ouverte au cas où, qu'il l'appelle s'il avait besoin.

Resté seul, le lycéen soupira longuement, jetant un regard sur le plâtre à son bras gauche et bougeant un peu le droit pour juger de son état global. Marcher, ce n'était même pas la peine d'y penser avant un bon moment. Au moins, il pouvait remuer le haut du corps, les côtes ne s'étaient pas brisées, aucun organe important n'avait été touché, seul les os avaient pris. Et la tête, mais il s'en remettait. Pour une chute de cette ampleur, il s'en tirait bien, somme toute. Se laissant reposer contre les oreillers, il observa le plafond puis une petite peinture faite par son grand-père, accrochée dans la chambre, n'aimant pas rester comme ça sans rien faire, même s'il n'avait pas le choix. A cette heure, ses sœurs devaient être en cours, les adultes au travail, la maison était très calme. Sa mère avait posé des jours sans compensation financière pour partir en France puis s'occuper de lui ensuite, à la maison, mais il n'était pas vraiment seul non plus. Il entendait parfois des bruits lointains, son père et Munemori travaillaient tous les deux dans un atelier à la maison.

Parce qu'il n'arrivait pas à se rendormir malgré la fatigue pesante, il prit un magazine laissé par une de ses sœurs et le feuilleta. Le plus difficile, maintenant, était de bouger sans se faire trop mal, et de s'occuper. Joyeuses vacances en perspective.

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Océane Kara
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MessageSujet: Re: Retour à la maison   Sam 16 Déc - 21:46

Le déjeuner avait été plutôt rapide, étant donné qu'il n'y avait pas beaucoup de monde à la maison le midi, entre les jeunes à l'école et leurs parents au travail. Océane enfila un kimono d'intérieur et le serra doucement à la taille, rattachant en un chignon haut ses cheveux encore humides, après s'être lavée, puis retourna dans la chambre qu'elle partageait avec Jasper et Laura, pieds nus. Ils étaient arrivées en fin de matinée et avec le décalage horaire, il lui semblait ne plus avoir dormi depuis trois jours complets. Poussant la porte coulissante de la chambre, elle sourit faiblement en voyant Laura à moitié effondrée sur son futon et profondément endormie. En voilà une qui n'allait plus bouger jusqu'à demain matin... Océane referma doucement la porte pour ne pas la réveiller puis rangea ses affaires, avant de s'allonger elle aussi dix minutes. Même épuisée, le sommeil lui échappait, c'était toujours ainsi avec les grands voyages, il lui fallait un moment avant que la pression retombe. Surtout en comptant la pression accumulée depuis des mois en France. La jeune fille ferma les yeux, cherchant le sommeil sans le trouver, puis se releva finalement et sortit.

Marchant doucement, pour ne pas risquer de gêner quelqu'un en faisant du bruit, elle s'arrêta à une des fenêtres pour observer le paysage ambiant, les collines et, déjà, le givre et la neige s'y déposant. C'était très beau et malgré toutes les descriptions faites par Genji, elle n'avait pas du tout imaginé le décor ainsi. Elle resta ainsi un long moment, juste à regarder et se détendre autant que possible. Même si elle était contente d'être avec ses amis, elle ressentait tout de même une certaine tristesse à n'avoir pu rentrer en Chine, comme c'était prévu depuis cinq ans... Elle n'avait plus revu ses grands-parents depuis tout ce temps, ni le reste de sa famille, impossible de traverser la frontière cette année alors que sa mère était recherchée. On l'aurait accusée de complicité, si elle avait tenté, surtout seule ou même avec son père. Inspirant à fond, elle se consola en se disant qu'au moins, sa mère savait se défendre et que son père, même s'il était loin, travaillait dur pour leur permettre de garder un rythme de vie normal et aider aussi sa famille restée au pays. Océane avait de la chance d'être ici et savait qu'il était important pour sa mère de la savoir en sécurité ici. Ce souci-là en moins, dans son esprit, elle était ainsi plus sereine pour partir en mission.

Bon, on respire un grand coup et on se reprend, tout va très bien ! Elle traversa le couloir puis arriva dans le salon, plus grand et vaste que beaucoup d'autres pièces, et où la famille avait coutume de se réunir pour lire, discuter, boire du thé ensemble ou simplement se reposer. Elle s'assit dans un coin et ramena ses jambes contre elle, en les serrant avec ses bras, puis posant la joue contre ses genoux, les yeux fermés. Elle voudrait dormir et n'y arrivait pas. Il s'écoula un long moment avant qu'elle ne reparte en direction de la chambre, pensant au moins lire un peu ou se reposer là-bas, cet après-midi. En chemin, elle s'arrêta en voyant une autre chambre grande ouverte et vit Genji bien réveillé, cette fois, dans son futon à lire un magazine. Elle lui sourit en s'arrêtant, soulagée de le voir réveillé, il lui avait fait peur dans le train, si pâle et à moitié évanoui. Elle lui demanda si elle ne le dérangeait pas, pour être bien sûre, avant de se rapprocher. C'était là qu'il dormait avec ses sœurs, donc ? En tout cas, avec une tête pareille, il fera aussi peur à l'ensemble de sa famille, ce soir. Océane s'assit en tailleur à côté de lui, sursautant un peu lorsque son élastique lâcha tout à coup, laissant retomber ses cheveux sur ses épaules. Ah, bon sang, elle n'aimait pas les avoir détachés, ça lui donnait un air... Enfin, un autre air, quoi.

Océane – Tu as vraiment l'air complètement épuisé, tu n'arrives pas à dormir non plus ? Ou bien tu as mal ? Dis-le-moi, si je peux faire quelque chose ou si je dois aller chercher tes parents. Je peux faire quelque chose pour toi ?

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Re: Retour à la maison   Jeu 28 Déc - 21:27

Genji était plongé dans la lecture d'un article complètement stupide qui essayait vraiment de prouver que le miel n'était pas si bon que ça pour la santé lorsqu'il entendit des bruits de pas et releva la tête. Océane s'était arrêtée, souriante, sur le pas de la porte, vêtue d'un yukata tout simple, avec des motifs discrets, qu'il l'avait déjà une fois porter brièvement, en la voyant passer dans le couloir au pensionnat après la douche, le soir. Beaucoup de filles, et de garçons aussi d'ailleurs,s 'étaient moqués d'elle car elle ne se mettait pas en pyjama et peignoir, après les douches du soir, il pensait que ça avait dû la blesser car elle ne l'avait plus remis ensuite. Pourtant, ça faisait parti de sa culture et de ses origines, même si elle était Française. Au moins, ici, personne n'allait se moquer d'elle à cause de ça vu que c'était parfaitement normal. Ce serait se balader en pyjama et robe de chambre qui ferait bizarre, à l'inverse. Il lui assura que non, elle ne le dérangeait pas du tout, lui rendant un sourire épuisé lorsqu'elle vint s'asseoir en tailleur à côté de lui, puis rit un peu lorsqu'elle sursauta avec une moue indignée, quand son élastique craqua. Il ne la voyait jamais avec les cheveux détachés, ça la rendait plus jeune, d'un coup, plus innocente. Il aimait bien. Il lui rendit l'élastique brisé sans faire de commentaires, par contre, sentant qu'elle n'aimait pas ça.

Océane – Tu as vraiment l'air complètement épuisé, tu n'arrives pas à dormir non plus ? Ou bien tu as mal ? Dis-le-moi, si je peux faire quelque chose ou si je dois aller chercher tes parents. Je peux faire quelque chose pour toi ?

Genji – Mal, pas vraiment, les médicaments m'assomment encore, sourit-il faiblement. Et pour le moment, ça va... Ce n'est pas la peine de déranger mes parents, ils ont dû commencer à tout nettoyer en plus.

Chaque année, avant le Nouvel An, les maisons, appartements, écoles, magasins et entreprises étaient nettoyés de fin en comble, c'était un rite de purification, on jetait derrière soi les mauvaises choses de l'années pour accueillir sereinement l'année suivante. Un immense nettoyage, du sol au plafond, tous les murs, les sols, les meubles étaient astiqués, on battait les couvertures, on passait tout à grande eau, ça prenait plusieurs jours et ces tâches se faisaient avec les familles, les amis, les collègues dans les entreprises. Cette année sera la première où il ne participera pas, difficile de passer le balai avec les deux jambes cassées. Son arrière grand-père ne participera sans doute pas non plus... Il était bien âgé, maintenant, le vieux Naoki, et s'éteignait doucement. Il leur avait dit bonjour à leur arrivée, surtout Jasper et Laura pour leur souhaiter la bienvenue dans la famille, puis s'était recouché sitôt après. Genji parla un peu à Océane de la façon dont sa mère avait déjà tout arrangé dans la maison pour qu'il puisse aller d'un endroit à l'autre sans trop de difficulté. Enfin, soit en se laissant porter, soit dans un petit fauteuil roulant qu'un voisin bienveillant leur avait apporté toute à l'heure.

Genji – Pourquoi ne dors-tu pas, toi, à cause du décalage horaire ?

Océane – Je pense trop. Il y a longtemps que je n'ai plus vu mes grands-parents ni le reste de ma famille. Même mon père. Mais je ne m'inquiète pas, ils savent tous les deux ce qu'ils font.

Ils avaient bien le droit de s'en faire malgré tout pour leurs proches, même si oui, en étant ici, ils ne les obligeaient pas à se demander sans cesse comment les maintenir loin du danger. Genji leva sa main valide, ou plutôt à moitié valide, pour effleurer sa joue et lui dire qu'il était bien content qu'elle soit avec eux et qu'il n'aurait pas aimé qu'elle reste seule en France. Il rougit ensuite lorsqu'elle se pencha, doucement, comme si elle hésitait, arrêtant tout net les mots qu'il allait prononcer et le coeur battant plus vite. Puis il ferma les yeux lorsque ses lèvres se posèrent sur les siennes. Toute la fatigue fut envolée comme par magie et il entrouvrit la bouche, frissonnant un peu en sentant son souffle et surtout en la sentant si proche. Elle dégageait un discret parfum de lilas, le savon qu'ils mettaient dans la salle de bain, et ses cheveux retombèrent pour former deux longs rideaux noirs les cachant à la vue des autres. Ce fut court mais tout particulièrement troublant, voilà déjà un moment qu'ils se parlaient plus, se souriaient, se tournait finalement autour mais lui n'avait pas osé croire qu'il y ait plus que de l'amitié. Il n'avait pas du tout envie qu'elle s'écarte, envie de la serrer dans ses bras, mais même lui serrer la main, il ne pouvait pas, avec le poignet droit foulé et serré dans un bandage. Il sourit maladroitement en rouvrant les yeux, pour croiser les siens, le rouge aux joues.

Genji – Tu... bafouilla-t-il. Tu, je...

Il dû se taire à nouveau lorsqu'elle reprit ses lèvres une seconde fois, cette fois plus franchement, alors qu'il avait maintenant si chaud qu'il en était devenu cramoisi. C'était la première fois de sa vie qu'il embrassait quelqu'un et jamais il n'aurait cru que ce serait Océane... Il aura dû aller jusqu'en France pour trouver une fille qu'il avait sincèrement envie de garder contre son coeur et voilà qu'il se retrouvait, chez lui, à l'embrasser. Même s'il n'avait pas du tout envie que ça s'arrête, il le fallut bien, ne serait-ce que pour reprendre leur souffle et respirer. Il se sentait vraiment très bizarre et avait chaud, il y avait quelque chose de très particulier à sentir une personne si proche de vous, la sensation très douce d'une peau contre la vôtre.

Genji – Voilà qui compense les semaines à passer dans le plâtre, chuchota-t-il avec un léger rire. Si tu n'es pas trop fatiguée, reste... On peut s'occuper à deux, tu peux aussi simplement te reposer, si tu veux.

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Océane Kara
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MessageSujet: Re: Retour à la maison   Dim 14 Jan - 11:15

Genji – Mal, pas vraiment, les médicaments m'assomment encore, sourit-il faiblement. Et pour le moment, ça va... Ce n'est pas la peine de déranger mes parents, ils ont dû commencer à tout nettoyer en plus.

Sa mère, oui, elle l’avait vu en passant toute à l’heure. Avec sa grand-mère, aussi, tout en surveillant les quelques enfants encore trop petits pour aller à l’école. Elle hocha donc doucement la tête pour approuver, assise avec les jambes à moitié entendues sur le côte, jouant avec son élastique brisé depuis toute à l’heure. En France, elle fêtait toujours le Nouvel An Chinois, avec ses parents, pas celui du 31 décembre, mais elle était tout de même habituée à voir les gens le préparer et ne disait rien lorsqu’ils étaient invités chez des amis ce soir-là. Son ami lui raconta comment sa mère s’y était prise pour lui faciliter au maximum les déplacements dans la maison, en fauteuil roulant, il n’avait pas le choix, puis comment son père ou un de ses oncles allait l’aider pour qu’il puisse se laver. Combien de temps allait-il lui falloir avant de pouvoir marcher ? Avec les deux jambes cassées… Au bas mot, un bon mois, voire un peu plus, puis il y aura toute la partie rééducation à faire ! Il seront revenus en France, d’ici là, ce sera sans doute son oncle qui l’aidera pour remarcher doucement puis muscler les jambes et les bras. Il leur avait fait si peur, à tous, Océane s’en était rendue malade lorsqu’elle avait su pour l’accident, jusqu’au moment où on lui avait dit qu’il était vivant.

Genji – Pourquoi ne dors-tu pas, toi, à cause du décalage horaire ?

Océane – Je pense trop. Il y a longtemps que je n'ai plus vu mes grands-parents ni le reste de ma famille. Même mon père. Mais je ne m'inquiète pas, ils savent tous les deux ce qu'ils font.

Sa mère se sentait mieux en la sachant au loin, en sécurité, c’était tout ce qui comptait, elle ne voulait pas lui ajouter une charge supplémentaire ou être un souci pour elle alors qu’elle avait déjà tant à faire ! En plus, c’était son métier, sa vie, Océane était parfaitement bien placée pour connaître ses forces et compétences car elle avait suivie le même entraînement. Son cœur s’emballa un peu lorsque Genji leva sa main bandée pour lui effleurer la joue et lui dire qu’il était content qu’elle soit ici plutôt que seule en France. Elle aussi, au fond, elle n’aurait pas supporté ça, et puis… Hésitante, elle se pencha très doucement, s’attendant à ce qu’il recule, mais il ne fit rien, prenant juste une teinte plus rouge. Les yeux fermés, elle l’embrassa, d’abord timidement, sans recevoir de mouvement de recul ou de refus, au contraire, il entrouvrit la bouche presque aussitôt. Océane en avait complètement oublié le reste du monde, même la porte ouverte où n’importe qui pourrait passer et les surprendre. Cet instant fut court, presque gêné, c’était un de ces moments où d’un seul coup, on ne sait plus quoi faire, on se sent timide et maladroit. Aucun livre au monde n’expliquait la meilleure façon de s’y prendre… Elle rouvrit les yeux, en lui rendant son sourire, les joues elle aussi plus roses.

Genji – Tu... bafouilla-t-il. Tu, je...

Pas la peine de parler pour l’instant. Elle retint un petit rire puis l’embrassa à nouveau, cette fois-ci sans plus hésiter, puisqu’il ne l’avait pas repoussée et qu’il ne semblait pas contre non plus. Un point confirmé lorsqu’il répondit lui aussi plus franchement à ce baiser. Son cœur jouait les papillons dans sa poitrine, durant tout ce temps, elle se sentait à la fois plus légère et très bizarre. Comme lorsqu’elle avait embrassé Dimitri, le premier garçon qu’elle avait aimé. Le destin devait les apprécier car personne ne passa dans le couloir, ou si quelqu’un le fit, ce fut très discrètement, sans bruit et sans les déranger. Hélas, la physique du corps humain fit qu’ils durent bien s’écarter un peu l’un de l’autre pour respirer.

Genji – Voilà qui compense les semaines à passer dans le plâtre, chuchota-t-il avec un léger rire. Si tu n'es pas trop fatiguée, reste... On peut s'occuper à deux, tu peux aussi simplement te reposer, si tu veux.

Elle lui sourit puis s’allongea à moitié à côté de lui, en veillant à ne pas trop le coller pour éviter qu’il ne reçoive un coup involontaire dans ses plâtres si elle bougeait. Ce n’était pas le moment de lui rajouter encore des bleus ou blessures en plus. Durant un moment, ils ne furent rien d’autre que discuter, tout simplement, parler à cœur ouvert de tout et n’importe quoi, à voix basse et sans faire trop de bruit. Voilà longtemps qu’Océane n’avait plus pris le temps pour juste ça, discuter tout simplement, il y avait toujours eu un petit frein, une barrière, qui l’empêchait d’être aussi franche qu’elle le voudrait… Même avec Laura, elle n’avait jamais abordé le sujet familial, elle ne lui avait jamais parlé de ses parents comme elle le faisait ici. Elle en avait besoin, pourtant… Dire que sa mère lui manquait, que son père était souvent parti loin pour son travail, qu’elle ne pouvait pas le voir souvent, qu’elle avait peur pour eux mais qu’elle était aussi fière de ce qu’ils faisaient, qu’elle voudrait leur ressembler. Finalement, au bout d’un long moment, elle finit par s’endormir complètement, à côté de Genji, sans même s’en rendre compte.

Ce fut un bruit de pas très vif qui la réveilla et un cri enfantin qui lança « Papa, maman, Genji il dort avec une fille ! ». Un peu hébétée, Océane rouvrit les yeux, mettant un moment avant de se souvenir où elle se trouvait et pourquoi. Elle était allongée contre Genji, qui lui était profondément endormie, à moitié recouverte par un bout de couverture qu’il avait dû mettre sur elle lorsqu’elle était tombée endormie. Une seconde fillette était sur le pas de la porte et les regardait avec les yeux grands ouverts. La lycéenne la reconnut grâce à une photo, c’était l’une des deux petites sœurs de Genji, mais impossible de savoir laquelle. Elle lui sourit en lui disant bonsoir dans sa propre langue et eut comme réaction que la fillette rougit et s’enfuit vivement en appelant son père. Bon… Elle était petite, après tout. Elle se leva et remit sa tenue en place, sortant dans le couloir au moment où madame Nakajima arrivait en disant qu’il allait bientôt être l’heure de manger. Un peu gênée, Océane lui sourit maladroitement, comme à son mari, littéralement collé par ses deux filles qui répétaient qu’elle avait dormi à côté de leur frère.

Océane – Nous n’avons rien fait d’autre, se sentit-elle obligée d’ajouter.

Et même s’ils avaient fait autre chose, ils étaient assez grands, tous les deux, pour… Hum, bref. Elle n’ajouta rien du tout, se contentant de suivre le mouvement. Dire bonsoir à tout le monde, se présenter convenablement, ce sera déjà ça de fait.

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Josuke Nakajima
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MessageSujet: Re: Retour à la maison   Sam 10 Fév - 22:11

Josuke ne pouvait rester en place depuis qu’il avait retrouvé un peu ses forces, même si le voyage l’avait bien plus épuisé que de coutume. Il n’avait que très mal dormi depuis trois semaines, depuis que son don s’était débloqué en fait, et en subissait les conséquences aujourd’hui alors qu’ils venaient de revenir au Japon. Sans doute était-ce dû à l’état de Genji qui n’avait cessé de l’inquiéter, il en avait fait des nuits blanches et des rêves étranges où les caprices de son élément se mêlaient au danger de mort que courait son fils sans que lui-même ne soit capable de faire quoi que ce soit. Il n’avait jamais pu les comprendre, se souvenant seulement de la sensation d’étouffement parfois, de cauchemars ou de vagues puissantes le surplombant alors qu’il était bloqué dans son lit. Une image, en particulier, revenait souvent dans ses rêves : il était au chevet du lit de Genji à l’hôpital et on lui apprenait la mort de son frère, ce qui provoquait une vague ou… quelque chose qui noyait les appareils, mettant la vie de son fils en danger.

Cette image, encore une fois, le surprit alors qu’il s’était assoupi à son atelier, occupé à rattraper le retard accumulé à cause des récents événements. Les enfants étaient à l’école, exceptés Jasper et Laura qui dormaient profondément, tous les deux tombés de sommeil à cause du trajet et du décalage horaire. Il s’inquiétait pour eux aussi, d’ailleurs… Sur le chemin du retour, pendant qu’ils dormaient, il avait parlé avec Munemori, à voix basse, d’une réelle stratégie pour essayer de leur changer les idées durant les vacances, à eux comme à Océane, et avait prévu de les garder tous les quatre à l’œil pour veiller sur eux. Il savait que son frère tenait à ces enfants, surtout pour les avoir adoptés ou pris sous son aile dans le cas d’Océane, et il était hors de question de les laisser s’enfermer dans un mutisme pur et dur à cause de ce qui se passait en France. Se frottant un peu le visage, Josuke reprit ses outils avant d’entendre quelqu’un sur le pas de la porte, constatant qu’il s’agissait d’Emiko lorsqu’il se retourna. Elle… Elle était là depuis longtemps ?

Josuke – Je suis désolé, je ne t’ai pas entendue… Il y a un problème ?

Emiko – Mais non, détends-toi, dit-elle en se rapprochant. Je venais seulement te donner des nouvelles de Genji comme je lui ai apporté à manger il y a quelques minutes à peine… Et voir comment tu allais.

Lui ? Mais il allait très bien, ce qu’il lui confirma sans trop de conviction cependant. C’était seulement de la fatigue, le contrecoup de tout ce qu’ils avaient vécu en France et… tout le reste. Emiko avait été mise au courant, naturellement, dès qu’elle était arrivée pour les rejoindre en apprenant pour Genji. Ce n’était pas à elle qu’il pouvait faire croire que tout allait bien, il était profondément inquiet et incroyablement bloqué, impuissant face à tout cela. C’était pour cette raison qu’il travaillait depuis ce matin, reléguant la fatigue au second plan et s’occupant de sa famille du mieux qu’il le pouvait. Il n’avait pas encore eu l’occasion d’apprendre à utiliser son élément, n’avait même pas osé en parler aux autres et craignait le moment où Himako ou encore Eisen l’apprendraient. Mais ce n’était pas pour tout de suite, il parvenait à se maîtriser suffisamment pour le relâcher de temps en temps, lorsqu’il était seul. Les phases où il ne contrôlait vraiment plus rien, comme en France, allaient sûrement se calmer dès lors qu’il se serait remis totalement sur pied.

Josuke – Ecoute…, dit-il en se levant pour venir près d’Emiko, voyant qu’elle ne repartait pas. Laisse-moi seulement quelques jours, tu veux bien ? Tu sais très bien que je ne te mentirai jamais. Je suis seulement inquiet.

Emiko l’observa durant de nombreuses secondes, semblant juger son état d’un simple regard, avant de finalement hocher la tête pour le laisser travailler. Lorsqu’elle eut fermé la porte, il poussa un soupir, contemplant sa table avec les objets commencés pour se réinstaller et se remettre au travail. Le reste de l’après-midi se déroula sans aucune interruption, dans un calme parfait, Josuke se consacrant entièrement à son travail jusqu’à ce que, petit à petit, des bruits d’agitation ou de réveil emplissent la maison. Les enfants étaient rentrés, le soleil n’allait pas tarder à se coucher, d’autant plus qu’ils étaient en hiver. Il se frotta à nouveau les yeux, chassant la fatigue et satisfait de son travail, ayant bien rattrapé les journées de retard. D’autant plus qu’ils allaient devoir tout nettoyer, sa femme lui ayant laissé cette première journée de retour pour qu’il se repose même s’il n’en avait rien fait, préférant travailler sérieusement. Dès demain, il les aiderait, ce n’était pas un peu de fatigue qui l’en empêcherait. Jetant un œil à l’heure qu’il était, il se releva pour aller aider à mettre la table comme il n’avait pu rien faire durant son absence, prenant le soin de dire bonsoir à tout le monde sans voir où étaient les jumelles. Curieux, il était convaincu qu’elles allaient le coller, pourtant… Mais puisqu’il avait le temps, autant tout mettre en place. Rejoignant sa femme, il prit les bols et assiettes pour les porter à la grande table, déposant le tout correctement avant d’entendre des cris.

Akane – Papa, maman, Genji il dort avec une fille !

Oh… D’accord, voilà où elles étaient. Donc, ils avaient enfin officialisé leur relation ? Peut-être même… Bon, ne pas aborder le sujet, ne rien dire, la pauvre Océane devait déjà être incroyablement gênée. Attendri, échangeant un regard avec Emiko, ils traînèrent un petit peu malgré tout pour rejoindre leur fils tandis que les deux petites s’accrochaient littéralement à ses jambes. Eh, doucement ! Elles continuaient de répéter que leur frère avait dormi avec une fille, ne les laissant même pas en placer une ni réagir, les contraignant à aller jusqu’à la chambre de Genji pour voir qu’elles ne disaient pas de bêtises. Mais ils les croyaient ! Et c’était tout à fait normal, qui plus est, il n’y avait rien de mal à ce qu’il reste à côté d’elle et elle à côté de lui. La petite Océane était bien seule, ici, loin de sa famille, même si elle était avec ses amis. L’intégration risquait d’être un tantinet plus compliquée à cause de ses origines mais Josuke se chargerait de rappeler à l’ordre le premier qui dirait quoi que ce soit. Ce n’est qu’au moment où ils arrivèrent devant la chambre de Genji qu’il aperçut Océane, debout, véritablement gênée alors qu’Emiko annonçait qu’ils allaient bientôt manger, suivie de près par les jumelles répétant encore ce qui semblait devenir leur slogan.

Océane – Nous n’avons rien fait d’autre, se sentit-elle obligée d’ajouter.

Josuke – Tu n’as pas à te justifier, dit-il avec un sourire. Je suis content que toi et Genji soyez aussi proches, vous en avez grandement besoin en ces temps difficiles. En attendant qu’il se réveille, suis-nous, les autres sont tous revenus pendant que vous dormiez, tu vas pouvoir te présenter comme il se doit.

D’un air rassurant, il lui fit signe de les accompagner jusqu’à la pièce où ils mangeaient tous ensemble, Emiko lui parlant sur le chemin pour lui ôter la gêne qu’elle devait ressentir. Il n’y avait aucune raison, pourtant, eux trouvaient cela mignon et touchant, soulagés même que leur fils s’ouvre enfin aux autres et ne reste plus enfermé sur lui-même. Même si le jeune Jasper ne l’aimait pas, Josuke peinait à voir quelle autre solution aurait été possible pour arranger les choses… Certes, la France était devenu un pays plus dangereux que jamais. Mais si Genji était resté au Japon, il aurait pu en mourir à cause de son don trop longtemps retenu. Comme Eisen qui avait eu de la chance de ne pas avoir de blessures plus graves, étant déjà sérieusement touché… Pourquoi les dons comme le vent ou la foudre étaient-ils aussi dangereux pour l’élémentaire ? Sans oublier le feu qui avait bien failli tuer son frère aussi si Adrien n’avait pas pris les choses en main à temps…

Emiko – Tu es encore perdu dans tes pensées, lui signala-t-elle tout bas après avoir poussé doucement Océane vers les autres. Si tu veux, apporte cela à Genji le temps de te reprendre, tu auras une excuse de cette manière.

Merci… Sans même le réaliser, ils avaient rejoint les autres, Josuke marchant presque comme un automate avec les jumelles collées à lui jusqu’à ce qu’elles aperçoivent la table et la nourriture, visiblement affamées. Il hocha la tête, prenant le plateau avec viande, légumes, eau et serviette que lui tendait Emiko, puis fit le trajet en sens inverse, revenant vers la chambre de son fils pour qu’il essaie de manger à des heures plus ou moins fixes, au moins. C’était plus difficile, pour l’instant, mais Josuke ne lui avait pas vraiment parlé depuis leur retour, Emiko s’étant bien plus occupée de lui. Une fois près de sa chambre, il l’entrouvrit pour voir s’il était toujours endormi et entra avec le plateau, le posant sur la petite table avant de s’installer à ses côtés, essayant de le réveiller doucement, l’appelant puis le touchant à un endroit non-couvert par ses plâtres ou bandages. Lorsqu’il s’éveilla, il accrocha la serviette pour éviter qu’il ne se salisse pour lui donner à manger.

Josuke – Mange doucement, tu as le temps mais il faut que tu reprennes des forces.

Il laissa passer de longues minutes pour que Genji prenne le temps de manger, un peu au moins, entendant juste l’écho lointain du bruit des conversations de leur famille qui s’élevaient petit à petit. Il était tellement pâle… Il était désolé, Josuke aurait voulu l’aider, le rattraper lorsqu’il avait chuté et était passé par la fenêtre. Il avait eu tellement peur ! Mais ça allait, il était entier et vivant, il respirait et n’aurait peut-être aucune séquelle physique. Pour ce qui est du mental, par contre, Genji serait probablement changé, il espérait seulement qu’il n’aurait pas peur d’utiliser son don à nouveau… Parce que s’il arrêtait, ce serait pire et il le savait.

Josuke – Tu as besoin de quelque chose d’autre ? Je suis tellement soulagé que tu sois vivant, j’ai eu si peur… Ces jours durant lesquels tu ne t’es pas réveillé ont été les plus longs de toute ma vie. On n’a pas vraiment pris le temps de parler, tous les deux, depuis notre retour… Mais je peux déjà te dire que je suis rassuré et très heureux que tu sois vraiment bien avec Océane. C’est une fille bien, cela se voit dans ses réactions et son comportement. Tu n’as pas à t’en faire du regard des autres, ici, à ce sujet. Ni à propos de quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs.

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Re: Retour à la maison   Sam 3 Mar - 22:29

Dans son rêve, Genji était seul dans l’école, il marchait dans les couloirs entièrement vides en appelant tout le monde. Plus personne, nulle part… Que se passait-il ? Il courait, appelait de nouveau, cherchait partout la moindre trace, puis d’un seul coup, tout disparu… Il se retrouvait maintenant dans un endroit inconnu, une immense plaine comme il n’en avait jamais vu, avec le vent filant et courant autour de lui. Il tendit les bras pour le toucher, se sentant soulevé du sol et emporté. Une sensation grisante de liberté, en même temps que la peur d’aller trop haut et trop loin, perdre tout contact avec ses proches. Il prit peur et voulut redescendre, rejoignant le sol avec un peu d’efforts, avant de poursuivre sa route. Puis les images s’estompèrent, remplacées doucement par le noir complet avant qu’il n’entende quelqu’un prononcer son prénom. Le jeune homme rouvrit très péniblement les yeux, à moitié abruti par les médicaments et le sommeil. Son père était agenouillé juste à côté, se penchant pour mettre une serviette. Mmh ? Où étaient-ils ? Le lycéen se sentait très bizarre, peinant à émerger, il avait l’impression que plus d’un siècle s’était écoulé, depuis qu’il s’était rendormi.

Papa – Mange doucement, tu as le temps mais il faut que tu reprennes des forces.

Incroyable comme deux malheureuses baguettes de bois pouvaient vous paraître aussi lourdes à soulever lorsque vous étiez dans cet état… Il n’avait pas plus de force qu’un chaton nouveau-né, un revers léger de la main aurait suffit à l’envoyer au sol. Les yeux encore à moitié fermés, il mangea un peu comme un parfait automate, incapable de savoir ce qu’il mettait dans sa bouche tant il se sentait épuisé. On ne se remettait pas d’un coma de quelques jours en aussi peu de temps et encore moins avec des blessures vous ayant aspiré une bonne part d’énergie et continuant à le faire pour guérir. Sa vue devint moins floue avec une lenteur exaspérante, ça devait déjà être le soir, la lumière était allumée. Tout le monde était rentré ? Il entendait très vaguement la famille parler, au loin, sans en être certain pour autant. Cela dit, pour une fois, cette maison apparaissait comme un refuge sûr et familier, où on pouvait s’endormir sans aucune crainte de se voir annoncée une catastrophe le lendemain, au réveil, ni entendre des coups de feu ou explosions durant la nuit. Il fallait un temps fou avant de s’habituer à ce stress permanent et autant dire qu’il n’était pas prêt de l’être.

Papa – Tu as besoin de quelque chose d’autre ? Je suis tellement soulagé que tu sois vivant, j’ai eu si peur… Ces jours durant lesquels tu ne t’es pas réveillé ont été les plus longs de toute ma vie. On n’a pas vraiment pris le temps de parler, tous les deux, depuis notre retour… Mais je peux déjà te dire que je suis rassuré et très heureux que tu sois vraiment bien avec Océane. C’est une fille bien, cela se voit dans ses réactions et son comportement. Tu n’as pas à t’en faire du regard des autres, ici, à ce sujet. Ni à propos de quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs.

A vrai dire, même s’il voulait s’en faire de quoi que ce soit, il était bien trop dans les vapes et assommé pour que la démarche soit couronnée de succès. Il marmonna une réponse incompréhensible en lâchant à moitié ses baguettes, sans même le réaliser, puis s'étonnant qu'il n'attrapait plus rien avec. Manger lui faisait du bien, malgré tout, pour se réveiller un peu et voir la réalité en face. Océane... Il lui avait parlé d'Océane, que c'était une fille bien et qu'il était content. Mais... Genji releva tout à coup un air perdu sur lui, clignant des yeux trois fois de suite pour chasser le sommeil.

Genji – Comment tu peux déjà savoir que... Pour Océane ?

Papa – C'était visible, Genji, tu es beaucoup plus souriant à ses côtés. Et puis, ta petite sœur vous a vus dormir ensemble.

Ah... Il n'avait pas plus réagi que ça au petit rire épuisé de son père, pas encore "au point" pour bien réagir. Il ne commençait qu'à peine à se réveiller un peu et entendait mieux, maintenant, les bruits des autres membres de la famille pendant qu'ils mangeaient tous ensemble. La situation lui apparaissait complètement irréelle, son dernier souvenir bien net était celui où il était passé par la fenêtre, la suite n'était qu'une succession d'images floues et de voix faibles dont il ne souvenait plus des mots. Le réveil à l'hôpital lui échappait presque entièrement, il se souvenait juste d'avoir entendu la voix de maman, mais pas grand-chose de plus.

Genji – Tu n'es plus malade ? bafouilla-t-il. Tu étais allongé et mal avant que... je ne tombe.

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Josuke Nakajima
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MessageSujet: Re: Retour à la maison   Dim 18 Mar - 19:57

Genji s’éveillait difficilement, très difficilement, mais son père voyait bien que manger l’aidait. Il devait reprendre des forces après ce qui lui était arrivé… Josuke avait eu si peur de le perdre. Coincé dans un fauteuil roulant, il ne s’était jamais senti aussi impuissant en regardant son fils cloué sur un lit d’hôpital sans savoir s’il allait vraiment s’en sortir ou non, ni même se réveiller un jour. Cette attente avait été terrible, ponctuée par la fatigue qui le bloquait dans son fauteuil sans qu’il ne parvienne à se relever, sans oublier la soif et les cauchemars ou autres rêves étranges qui troublaient son sommeil. Et là, maintenant, Genji respirait, bougeait très peu, essayait de se réveiller en clignant des yeux comme lorsque l’on sort d’un très long sommeil. Il avait manqué une information ? Josuke avait seulement dit qu’il était heureux pour Océane et lui, rien de plus, et il le pensait vraiment.

Genji – Comment tu peux déjà savoir que... Pour Océane ?

Josuke – C'était visible, Genji, tu es beaucoup plus souriant à ses côtés. Et puis, ta petite sœur vous a vus dormir ensemble.

Josuke eut un rire mêlant fatigue et attendrissement, trouvant incroyable la naïveté des enfants et adolescents lorsqu’il s’agissait de leurs réactions. Les jumelles avaient également des réactions devant lesquelles il se retenait difficilement de rire pour ne pas les vexer tant elles étaient prévisibles. Comme tous les enfants. Comme les leurs qui étaient parfois attendues, ses frères le grillaient souvent de cette manière ces derniers temps. Comme celles de Kimmitsu, Eisen, Munemori, leurs femmes… Ils étaient humains, après tout, et tous ou presque passaient par les mêmes étapes de la vie, pensant la même chose plus ou moins aux mêmes moments. Genji, aussi rebelle qu’il ne l’ait été par le passé, reprenait tout doucement des points de repères même si la France était très agitée. Intérieurement, Josuke mourait d’envie de le supplier de rester ici, de ne pas repartir là-bas après les vacances. Mais le pouvait-il vraiment… ? Le père de famille posa un regard pensif sur lui, songeant à ce qu’il pouvait lui dire ou non en cet instant précis.

Genji – Tu n'es plus malade ? bafouilla-t-il. Tu étais allongé et mal avant que... je ne tombe.

Josuke – Ne te préoccupe pas de ça, tu dois d’abord te remettre sur pied, dit-il en lui souriant. Je vais très bien, c’était juste… passager. Comme quoi, même ton père n’échappe pas aux maladies.

Genji ne savait pas pour son don, Josuke avait pris soin de bien choisir ses mots malgré la fatigue. Il devait se remettre sur pied, être au mieux de sa forme pour se préparer à ce qui allait encore arriver. Mais cela ne fonctionna pas… Genji n’avait pas cru un seul mot de ce qu’il avait dit, ou du moins sa réponse ne le satisfaisait pas. Josuke soutint son regard, gardant un sourire aux lèvres pour le rassurer, chassant toute trace de fatigue, mais il put presque deviner sa question avant même qu’il ne la pose. Après quelques secondes à peine, Genji lui demanda ce qu’il avait eu, l’image de son père bloqué sur le canapé et épuisé, allongé, sans doute encore gravé dans sa mémoire. Il ouvrit la bouche une première fois, prêt à rétorquer que ce n’était qu’une grippe attrapée à cause du voyage, de l’inquiétude et de la fatigue, mais la referma en songeant que c’était stupide. Il ne tombait jamais malade. Il l’ouvrit une deuxième fois, cherchant ses mots, avant de se raviser puis fit un très léger non de la tête avant d’enfin se décider à parler.

Josuke – Ce n’était rien, Genji, c’est passé. Je ne sais pas ce qui s’est passé, exactement, je me suis seulement senti très mal quelques jours. Mais tout va bien aujourd’hui, tu le vois, non ?

Genji – Tu... me le dirais si tu avais une maladie grave, hein ? Même Kimmitsu nous a dit avant de partir qu'on risquait de ne plus le revoir vivant...

Josuke se mordit très légèrement et rapidement les lèvres, détournant un peu la tête, cette réalité et ce risque étant encore très dur à digérer. Surtout maintenant, alors qu’il était à des milliers de kilomètres de son frère sans pouvoir l’aider. Il savait, bien sûr, que Kimmitsu avait besoin de les savoir à l’écart, loin et en sécurité. Mais le risque de le perdre, peur aussi égoïste soit-elle, le rendait littéralement malade depuis quelques jours. Il sentait son nouv… anc… son don remuer en lui et tentait de ne pas le montrer, le reste de la famille étant déjà bien préoccupée par Genji. Il n’avait pas le temps de penser à lui et à tout ce que cela engendrait, pas maintenant. Il avait, d’ailleurs, demandé à Solène, Munemori et Emiko de ne pas en parler une fois sur place, s’excusant de les obliger à garder le secret, à mentir à leur propre famille. Mais… Si lui avait un don aussi puissant, ou imprévisible, comment pourrait-il représenter un pilier sûr pour toutes les personnes vivant sous ce toit ? Y compris son fils…

Josuke – Evidemment, je te le dirais, finit-il par dire. C’est seulement que… Je dois encore éclaircir certains points et tu es bien plus important. J’aimerais que tu ne te préoccupes pas de cette histoire et que tu ne demandes rien aux rares personnes au courant. Je te dirai tout, je te le promets…

Genji – Donc c’est très grave…

Qu… Mais non ! Genji avait murmuré sa phrase, comme s’il était pris par la peur ou l’inquiétude alors que Josuke avait cherché exactement tout le contraire en lui répondant. Ce n’était pas grave ! Enfin… Kimmitsu n’était pas rassuré au téléphone, mais il n’avait pas tenu à le voir non plus, il fallait seulement qu’il surveille les symptômes, c’est tout. Il se portait bien, c’était juste la fatigue et son don qui remuait sans cesse qui l’épuisaient mais cela ne l’empêchait pas de veiller sur sa famille. Josuke avait immédiatement répondu que ce n’était pas très grave, d’un ton assez vif d’ailleurs, ce qui le poussa à s’excuser. Il poussa un léger soupir, se frottant le visage avant de regarder son fils.

Josuke – Ton oncle m’a conseillé de surveiller les symptômes et de consulter un médecin mais tout va bien, maintenant. C’est seulement… J’ai… Kimmitsu m’a dit que les dons réagissaient bizarrement ces derniers temps, comme cela a été le cas pour toi. Je… J’ai peut-être été touché aussi. Moins gravement que toi, vu que c’était de l’eau, mais… C’est une possibilité.

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Re: Retour à la maison   Jeu 12 Avr - 20:43

Papa – Ne te préoccupe pas de ça, tu dois d’abord te remettre sur pied, dit-il en lui souriant. Je vais très bien, c’était juste… passager. Comme quoi, même ton père n’échappe pas aux maladies.

Aux maladies ? Il ne tombait jamais malade, d’habitude ! Genji l’avait déjà enrhumé, parfois solidement, mais ça ne durait jamais plus de deux ou trois jours, en règle général. Une seule fois, il avait traîné un rhume une semaine entière avant d’enfin se remettre, maman lui avait donné des remèdes de cheval. Donc là, allongé comme ça dans un canapé sans même pouvoir bouger, c’était quand même normal de se poser des questions. Mais le lui avouerait-il, s’il traînait une maladie grave, comme un cancer ? Il le lui dirait, n’est-ce pas ? Il ne cacherait pas un truc aussi important ? Le jeune homme commençait à avoir de sérieux doutes… Une petite moue aux lèvres, il lui demanda à nouveau ce qu’il avait eu, plus précisément, priant pour que ce ne soit pas si grave que ça. Le fait qu’il hésite autant pour le lui avouer n’était franchement pas rassurant… C’était la première fois qu’il agissait comme ça ! En plus, ce n’était franchement pas le bon moment pour cacher ce genre d’informations, pas avec la guerre civile, les tensions dans le monde, les agressions contre les élémentaires et il ne savait quoi encore. S’il fallait y rajouter des maladies que cachaient les uns et les autres, comment s’en sortir sans devenir complètement fou ?

Papa – Ce n’était rien, Genji, c’est passé. Je ne sais pas ce qui s’est passé, exactement, je me suis seulement senti très mal quelques jours. Mais tout va bien aujourd’hui, tu le vois, non ?

Genji – Tu... me le dirais si tu avais une maladie grave, hein ? Même Kimmitsu nous a dit avant de partir qu'on risquait de ne plus le revoir vivant…

Il avait peur, maintenant, peur qu’on lui cache vraiment ça alors qu’il avait juste quelques os brisés et qu’il s’en remettra très bien d’ici deux ou trois mois, le temps de se soigner puis de faire un peu de rééducation, remarcher et bouger correctement. Alors qu’une maladie, comme un cancer, se soignait rarement aussi bien qu’un os brisé. Son père finit par répondre qu’il le lui dirait, bien évidemment, qu’il devait juste « éclaircir certains points » et ne rien demander aux rares personnes déjà au courant. Cette dernière phrase suffit à Genji pour passer du stade « inquiet » au stade « terrifié », à présence convaincu que c’était très grave. Il l’ajouta dans un bref souffle, luttant aussi fort que possible pour ne pas montrer qu’il avait envie de pleurer, tout à coup. Son père eut beau rétorquer aussitôt que non, ce n’était pas grave, il ne lui expliquait rien pour autant. Genji resta silencieux, l’air très peu rassura, pendant que son père soupirait en se frottant le visage. Il n’était pas obligé de lm’épargner sous prétexte que son fils était blessé.

Papa – Ton oncle m’a conseillé de surveiller les symptômes et de consulter un médecin mais tout va bien, maintenant. C’est seulement… J’ai… Kimmitsu m’a dit que les dons réagissaient bizarrement ces derniers temps, comme cela a été le cas pour toi. Je… J’ai peut-être été touché aussi. Moins gravement que toi, vu que c’était de l’eau, mais… C’est une possibilité.

Genji – Comment veux-tu avoir été touché alors que tu n’as plus de don ?

Non, il ne comprenait toujours pas, ce n’était pas plausible comme explication, on avait jamais vu un élément disparu faire souffrir son porteur des années plus tard, rien à part le mal-être psychologique que certains gardaient. Genji secoua un peu la tête en disant que ça ne pouvait pas venir de là, puisque son don était parti, il ne pouvait plus avoir mal, c’est tout. Et puisqu’il lui donnait de fausses explications, tant pis, le lycéen demandera à sa mère pour qu’elle lui explique, comme ça, il saura enfin si c’était grave ou non. En attendant, il devait dormir un peu. Il reposa comme il put le bol et les baguettes à côté de lui sur le plateau puis laissa retomber la tête contre les oreillers. Puisque son père n’avait pas assez confiance pour lui parler, tant pis, il s’en formalisera plus tard, là, il devait se reposer…

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