Pensionnat de la Ste Famille

1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Retour à la maison

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Retour à la maison   Sam 16 Déc - 17:53

Passer le voyage tout entier abruti par les médicaments n'avait qu'un seul avantage, le temps paraissait un peu moins long. Même en ce moment précis, Genji ne savait pas vraiment quelle heure il était, ayant juste réussi à percuter qu'ils étaient à Tokyo, dans le train, et qu'il était à moitié allongé dans un fauteuil roulant, sous une couverture et avec un oreiller dans le dos, la tête contre l'épaule de sa mère qui lui caressait doucement la joue depuis toute à l'heure. Il somnolait toujours lorsque le train se mit en branle, à peine conscient d'être revenu dans son pays natal. Avant le début du voyage, le médecin lui avait filé des médicaments plus forts, en prévision des kilomètres à avaler, et rien à dire, c'était efficace... Tellement efficace qu'il avait plus ressemblé à une loque endormie qu'à un garçon, durant tout le voyage. Même le trajet en train ne le réveilla pas plus et il s'endormir franchement sur celui menant à leur maison. Lorsqu'il ouvrit enfin les yeux, avec pas mal de peine, il était dans la chambre qu'il partageait avec ses deux sœurs, engourdi et au lit, avec sa mère à côté.

Genji – Quelle heure est-il ? bafouilla-t-il dans leur langue.

Maman – Bientôt treize heures trente. Je vais te donner à manger.

Elle l'aida à se redresser, contre des oreillers, avec milles précautions, mais au moins, le dos n'avait rien, sinon de gros hématomes. Ce n'est qu'à cet instant que le jeune homme réalisa qu'il avait le bras et les deux jambes dans le plâtre, en plus d'avoir son poignet droit serré dans un bandage épais. Sa mère lui donna doucement à manger et à boire, installée à côté de lui, en le couvant d'un regard angoissé. Mais ça allait, il avait juste... Quelques os de brisés. Et étant donné ce qui était arrivé, on pouvait appeler ça une chance infernale, il aurait très bien pu avoir la nuque brisée sous le choc. Passer par la fenêtre au troisième étage... Il était cloué en fauteuil pour deux bons mois, si ce n'était pas plus, bien joué. Complètement épuisé, il ne put pas manger beaucoup, ne se forçant que par ce que sa mère insista et parce qu'il devait bien reprendre des forces. Mais comme allait-il faire pour se laver et tout ça ? C'était vraiment frustrant de se retrouver à ce point dépendant des autres. Lorsqu'il eut fini, sa mère lui dit de se reposer et remit tout sur un plateau qu'elle emporta, en laissant la porte ouverte au cas où, qu'il l'appelle s'il avait besoin.

Resté seul, le lycéen soupira longuement, jetant un regard sur le plâtre à son bras gauche et bougeant un peu le droit pour juger de son état global. Marcher, ce n'était même pas la peine d'y penser avant un bon moment. Au moins, il pouvait remuer le haut du corps, les côtes ne s'étaient pas brisées, aucun organe important n'avait été touché, seul les os avaient pris. Et la tête, mais il s'en remettait. Pour une chute de cette ampleur, il s'en tirait bien, somme toute. Se laissant reposer contre les oreillers, il observa le plafond puis une petite peinture faite par son grand-père, accrochée dans la chambre, n'aimant pas rester comme ça sans rien faire, même s'il n'avait pas le choix. A cette heure, ses sœurs devaient être en cours, les adultes au travail, la maison était très calme. Sa mère avait posé des jours sans compensation financière pour partir en France puis s'occuper de lui ensuite, à la maison, mais il n'était pas vraiment seul non plus. Il entendait parfois des bruits lointains, son père et Munemori travaillaient tous les deux dans un atelier à la maison.

Parce qu'il n'arrivait pas à se rendormir malgré la fatigue pesante, il prit un magazine laissé par une de ses sœurs et le feuilleta. Le plus difficile, maintenant, était de bouger sans se faire trop mal, et de s'occuper. Joyeuses vacances en perspective.

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Océane Kara
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MessageSujet: Re: Retour à la maison   Sam 16 Déc - 21:46

Le déjeuner avait été plutôt rapide, étant donné qu'il n'y avait pas beaucoup de monde à la maison le midi, entre les jeunes à l'école et leurs parents au travail. Océane enfila un kimono d'intérieur et le serra doucement à la taille, rattachant en un chignon haut ses cheveux encore humides, après s'être lavée, puis retourna dans la chambre qu'elle partageait avec Jasper et Laura, pieds nus. Ils étaient arrivées en fin de matinée et avec le décalage horaire, il lui semblait ne plus avoir dormi depuis trois jours complets. Poussant la porte coulissante de la chambre, elle sourit faiblement en voyant Laura à moitié effondrée sur son futon et profondément endormie. En voilà une qui n'allait plus bouger jusqu'à demain matin... Océane referma doucement la porte pour ne pas la réveiller puis rangea ses affaires, avant de s'allonger elle aussi dix minutes. Même épuisée, le sommeil lui échappait, c'était toujours ainsi avec les grands voyages, il lui fallait un moment avant que la pression retombe. Surtout en comptant la pression accumulée depuis des mois en France. La jeune fille ferma les yeux, cherchant le sommeil sans le trouver, puis se releva finalement et sortit.

Marchant doucement, pour ne pas risquer de gêner quelqu'un en faisant du bruit, elle s'arrêta à une des fenêtres pour observer le paysage ambiant, les collines et, déjà, le givre et la neige s'y déposant. C'était très beau et malgré toutes les descriptions faites par Genji, elle n'avait pas du tout imaginé le décor ainsi. Elle resta ainsi un long moment, juste à regarder et se détendre autant que possible. Même si elle était contente d'être avec ses amis, elle ressentait tout de même une certaine tristesse à n'avoir pu rentrer en Chine, comme c'était prévu depuis cinq ans... Elle n'avait plus revu ses grands-parents depuis tout ce temps, ni le reste de sa famille, impossible de traverser la frontière cette année alors que sa mère était recherchée. On l'aurait accusée de complicité, si elle avait tenté, surtout seule ou même avec son père. Inspirant à fond, elle se consola en se disant qu'au moins, sa mère savait se défendre et que son père, même s'il était loin, travaillait dur pour leur permettre de garder un rythme de vie normal et aider aussi sa famille restée au pays. Océane avait de la chance d'être ici et savait qu'il était important pour sa mère de la savoir en sécurité ici. Ce souci-là en moins, dans son esprit, elle était ainsi plus sereine pour partir en mission.

Bon, on respire un grand coup et on se reprend, tout va très bien ! Elle traversa le couloir puis arriva dans le salon, plus grand et vaste que beaucoup d'autres pièces, et où la famille avait coutume de se réunir pour lire, discuter, boire du thé ensemble ou simplement se reposer. Elle s'assit dans un coin et ramena ses jambes contre elle, en les serrant avec ses bras, puis posant la joue contre ses genoux, les yeux fermés. Elle voudrait dormir et n'y arrivait pas. Il s'écoula un long moment avant qu'elle ne reparte en direction de la chambre, pensant au moins lire un peu ou se reposer là-bas, cet après-midi. En chemin, elle s'arrêta en voyant une autre chambre grande ouverte et vit Genji bien réveillé, cette fois, dans son futon à lire un magazine. Elle lui sourit en s'arrêtant, soulagée de le voir réveillé, il lui avait fait peur dans le train, si pâle et à moitié évanoui. Elle lui demanda si elle ne le dérangeait pas, pour être bien sûre, avant de se rapprocher. C'était là qu'il dormait avec ses sœurs, donc ? En tout cas, avec une tête pareille, il fera aussi peur à l'ensemble de sa famille, ce soir. Océane s'assit en tailleur à côté de lui, sursautant un peu lorsque son élastique lâcha tout à coup, laissant retomber ses cheveux sur ses épaules. Ah, bon sang, elle n'aimait pas les avoir détachés, ça lui donnait un air... Enfin, un autre air, quoi.

Océane – Tu as vraiment l'air complètement épuisé, tu n'arrives pas à dormir non plus ? Ou bien tu as mal ? Dis-le-moi, si je peux faire quelque chose ou si je dois aller chercher tes parents. Je peux faire quelque chose pour toi ?

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Re: Retour à la maison   Jeu 28 Déc - 21:27

Genji était plongé dans la lecture d'un article complètement stupide qui essayait vraiment de prouver que le miel n'était pas si bon que ça pour la santé lorsqu'il entendit des bruits de pas et releva la tête. Océane s'était arrêtée, souriante, sur le pas de la porte, vêtue d'un yukata tout simple, avec des motifs discrets, qu'il l'avait déjà une fois porter brièvement, en la voyant passer dans le couloir au pensionnat après la douche, le soir. Beaucoup de filles, et de garçons aussi d'ailleurs,s 'étaient moqués d'elle car elle ne se mettait pas en pyjama et peignoir, après les douches du soir, il pensait que ça avait dû la blesser car elle ne l'avait plus remis ensuite. Pourtant, ça faisait parti de sa culture et de ses origines, même si elle était Française. Au moins, ici, personne n'allait se moquer d'elle à cause de ça vu que c'était parfaitement normal. Ce serait se balader en pyjama et robe de chambre qui ferait bizarre, à l'inverse. Il lui assura que non, elle ne le dérangeait pas du tout, lui rendant un sourire épuisé lorsqu'elle vint s'asseoir en tailleur à côté de lui, puis rit un peu lorsqu'elle sursauta avec une moue indignée, quand son élastique craqua. Il ne la voyait jamais avec les cheveux détachés, ça la rendait plus jeune, d'un coup, plus innocente. Il aimait bien. Il lui rendit l'élastique brisé sans faire de commentaires, par contre, sentant qu'elle n'aimait pas ça.

Océane – Tu as vraiment l'air complètement épuisé, tu n'arrives pas à dormir non plus ? Ou bien tu as mal ? Dis-le-moi, si je peux faire quelque chose ou si je dois aller chercher tes parents. Je peux faire quelque chose pour toi ?

Genji – Mal, pas vraiment, les médicaments m'assomment encore, sourit-il faiblement. Et pour le moment, ça va... Ce n'est pas la peine de déranger mes parents, ils ont dû commencer à tout nettoyer en plus.

Chaque année, avant le Nouvel An, les maisons, appartements, écoles, magasins et entreprises étaient nettoyés de fin en comble, c'était un rite de purification, on jetait derrière soi les mauvaises choses de l'années pour accueillir sereinement l'année suivante. Un immense nettoyage, du sol au plafond, tous les murs, les sols, les meubles étaient astiqués, on battait les couvertures, on passait tout à grande eau, ça prenait plusieurs jours et ces tâches se faisaient avec les familles, les amis, les collègues dans les entreprises. Cette année sera la première où il ne participera pas, difficile de passer le balai avec les deux jambes cassées. Son arrière grand-père ne participera sans doute pas non plus... Il était bien âgé, maintenant, le vieux Naoki, et s'éteignait doucement. Il leur avait dit bonjour à leur arrivée, surtout Jasper et Laura pour leur souhaiter la bienvenue dans la famille, puis s'était recouché sitôt après. Genji parla un peu à Océane de la façon dont sa mère avait déjà tout arrangé dans la maison pour qu'il puisse aller d'un endroit à l'autre sans trop de difficulté. Enfin, soit en se laissant porter, soit dans un petit fauteuil roulant qu'un voisin bienveillant leur avait apporté toute à l'heure.

Genji – Pourquoi ne dors-tu pas, toi, à cause du décalage horaire ?

Océane – Je pense trop. Il y a longtemps que je n'ai plus vu mes grands-parents ni le reste de ma famille. Même mon père. Mais je ne m'inquiète pas, ils savent tous les deux ce qu'ils font.

Ils avaient bien le droit de s'en faire malgré tout pour leurs proches, même si oui, en étant ici, ils ne les obligeaient pas à se demander sans cesse comment les maintenir loin du danger. Genji leva sa main valide, ou plutôt à moitié valide, pour effleurer sa joue et lui dire qu'il était bien content qu'elle soit avec eux et qu'il n'aurait pas aimé qu'elle reste seule en France. Il rougit ensuite lorsqu'elle se pencha, doucement, comme si elle hésitait, arrêtant tout net les mots qu'il allait prononcer et le coeur battant plus vite. Puis il ferma les yeux lorsque ses lèvres se posèrent sur les siennes. Toute la fatigue fut envolée comme par magie et il entrouvrit la bouche, frissonnant un peu en sentant son souffle et surtout en la sentant si proche. Elle dégageait un discret parfum de lilas, le savon qu'ils mettaient dans la salle de bain, et ses cheveux retombèrent pour former deux longs rideaux noirs les cachant à la vue des autres. Ce fut court mais tout particulièrement troublant, voilà déjà un moment qu'ils se parlaient plus, se souriaient, se tournait finalement autour mais lui n'avait pas osé croire qu'il y ait plus que de l'amitié. Il n'avait pas du tout envie qu'elle s'écarte, envie de la serrer dans ses bras, mais même lui serrer la main, il ne pouvait pas, avec le poignet droit foulé et serré dans un bandage. Il sourit maladroitement en rouvrant les yeux, pour croiser les siens, le rouge aux joues.

Genji – Tu... bafouilla-t-il. Tu, je...

Il dû se taire à nouveau lorsqu'elle reprit ses lèvres une seconde fois, cette fois plus franchement, alors qu'il avait maintenant si chaud qu'il en était devenu cramoisi. C'était la première fois de sa vie qu'il embrassait quelqu'un et jamais il n'aurait cru que ce serait Océane... Il aura dû aller jusqu'en France pour trouver une fille qu'il avait sincèrement envie de garder contre son coeur et voilà qu'il se retrouvait, chez lui, à l'embrasser. Même s'il n'avait pas du tout envie que ça s'arrête, il le fallut bien, ne serait-ce que pour reprendre leur souffle et respirer. Il se sentait vraiment très bizarre et avait chaud, il y avait quelque chose de très particulier à sentir une personne si proche de vous, la sensation très douce d'une peau contre la vôtre.

Genji – Voilà qui compense les semaines à passer dans le plâtre, chuchota-t-il avec un léger rire. Si tu n'es pas trop fatiguée, reste... On peut s'occuper à deux, tu peux aussi simplement te reposer, si tu veux.

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Océane Kara
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MessageSujet: Re: Retour à la maison   Dim 14 Jan - 11:15

Genji – Mal, pas vraiment, les médicaments m'assomment encore, sourit-il faiblement. Et pour le moment, ça va... Ce n'est pas la peine de déranger mes parents, ils ont dû commencer à tout nettoyer en plus.

Sa mère, oui, elle l’avait vu en passant toute à l’heure. Avec sa grand-mère, aussi, tout en surveillant les quelques enfants encore trop petits pour aller à l’école. Elle hocha donc doucement la tête pour approuver, assise avec les jambes à moitié entendues sur le côte, jouant avec son élastique brisé depuis toute à l’heure. En France, elle fêtait toujours le Nouvel An Chinois, avec ses parents, pas celui du 31 décembre, mais elle était tout de même habituée à voir les gens le préparer et ne disait rien lorsqu’ils étaient invités chez des amis ce soir-là. Son ami lui raconta comment sa mère s’y était prise pour lui faciliter au maximum les déplacements dans la maison, en fauteuil roulant, il n’avait pas le choix, puis comment son père ou un de ses oncles allait l’aider pour qu’il puisse se laver. Combien de temps allait-il lui falloir avant de pouvoir marcher ? Avec les deux jambes cassées… Au bas mot, un bon mois, voire un peu plus, puis il y aura toute la partie rééducation à faire ! Il seront revenus en France, d’ici là, ce sera sans doute son oncle qui l’aidera pour remarcher doucement puis muscler les jambes et les bras. Il leur avait fait si peur, à tous, Océane s’en était rendue malade lorsqu’elle avait su pour l’accident, jusqu’au moment où on lui avait dit qu’il était vivant.

Genji – Pourquoi ne dors-tu pas, toi, à cause du décalage horaire ?

Océane – Je pense trop. Il y a longtemps que je n'ai plus vu mes grands-parents ni le reste de ma famille. Même mon père. Mais je ne m'inquiète pas, ils savent tous les deux ce qu'ils font.

Sa mère se sentait mieux en la sachant au loin, en sécurité, c’était tout ce qui comptait, elle ne voulait pas lui ajouter une charge supplémentaire ou être un souci pour elle alors qu’elle avait déjà tant à faire ! En plus, c’était son métier, sa vie, Océane était parfaitement bien placée pour connaître ses forces et compétences car elle avait suivie le même entraînement. Son cœur s’emballa un peu lorsque Genji leva sa main bandée pour lui effleurer la joue et lui dire qu’il était content qu’elle soit ici plutôt que seule en France. Elle aussi, au fond, elle n’aurait pas supporté ça, et puis… Hésitante, elle se pencha très doucement, s’attendant à ce qu’il recule, mais il ne fit rien, prenant juste une teinte plus rouge. Les yeux fermés, elle l’embrassa, d’abord timidement, sans recevoir de mouvement de recul ou de refus, au contraire, il entrouvrit la bouche presque aussitôt. Océane en avait complètement oublié le reste du monde, même la porte ouverte où n’importe qui pourrait passer et les surprendre. Cet instant fut court, presque gêné, c’était un de ces moments où d’un seul coup, on ne sait plus quoi faire, on se sent timide et maladroit. Aucun livre au monde n’expliquait la meilleure façon de s’y prendre… Elle rouvrit les yeux, en lui rendant son sourire, les joues elle aussi plus roses.

Genji – Tu... bafouilla-t-il. Tu, je...

Pas la peine de parler pour l’instant. Elle retint un petit rire puis l’embrassa à nouveau, cette fois-ci sans plus hésiter, puisqu’il ne l’avait pas repoussée et qu’il ne semblait pas contre non plus. Un point confirmé lorsqu’il répondit lui aussi plus franchement à ce baiser. Son cœur jouait les papillons dans sa poitrine, durant tout ce temps, elle se sentait à la fois plus légère et très bizarre. Comme lorsqu’elle avait embrassé Dimitri, le premier garçon qu’elle avait aimé. Le destin devait les apprécier car personne ne passa dans le couloir, ou si quelqu’un le fit, ce fut très discrètement, sans bruit et sans les déranger. Hélas, la physique du corps humain fit qu’ils durent bien s’écarter un peu l’un de l’autre pour respirer.

Genji – Voilà qui compense les semaines à passer dans le plâtre, chuchota-t-il avec un léger rire. Si tu n'es pas trop fatiguée, reste... On peut s'occuper à deux, tu peux aussi simplement te reposer, si tu veux.

Elle lui sourit puis s’allongea à moitié à côté de lui, en veillant à ne pas trop le coller pour éviter qu’il ne reçoive un coup involontaire dans ses plâtres si elle bougeait. Ce n’était pas le moment de lui rajouter encore des bleus ou blessures en plus. Durant un moment, ils ne furent rien d’autre que discuter, tout simplement, parler à cœur ouvert de tout et n’importe quoi, à voix basse et sans faire trop de bruit. Voilà longtemps qu’Océane n’avait plus pris le temps pour juste ça, discuter tout simplement, il y avait toujours eu un petit frein, une barrière, qui l’empêchait d’être aussi franche qu’elle le voudrait… Même avec Laura, elle n’avait jamais abordé le sujet familial, elle ne lui avait jamais parlé de ses parents comme elle le faisait ici. Elle en avait besoin, pourtant… Dire que sa mère lui manquait, que son père était souvent parti loin pour son travail, qu’elle ne pouvait pas le voir souvent, qu’elle avait peur pour eux mais qu’elle était aussi fière de ce qu’ils faisaient, qu’elle voudrait leur ressembler. Finalement, au bout d’un long moment, elle finit par s’endormir complètement, à côté de Genji, sans même s’en rendre compte.

Ce fut un bruit de pas très vif qui la réveilla et un cri enfantin qui lança « Papa, maman, Genji il dort avec une fille ! ». Un peu hébétée, Océane rouvrit les yeux, mettant un moment avant de se souvenir où elle se trouvait et pourquoi. Elle était allongée contre Genji, qui lui était profondément endormie, à moitié recouverte par un bout de couverture qu’il avait dû mettre sur elle lorsqu’elle était tombée endormie. Une seconde fillette était sur le pas de la porte et les regardait avec les yeux grands ouverts. La lycéenne la reconnut grâce à une photo, c’était l’une des deux petites sœurs de Genji, mais impossible de savoir laquelle. Elle lui sourit en lui disant bonsoir dans sa propre langue et eut comme réaction que la fillette rougit et s’enfuit vivement en appelant son père. Bon… Elle était petite, après tout. Elle se leva et remit sa tenue en place, sortant dans le couloir au moment où madame Nakajima arrivait en disant qu’il allait bientôt être l’heure de manger. Un peu gênée, Océane lui sourit maladroitement, comme à son mari, littéralement collé par ses deux filles qui répétaient qu’elle avait dormi à côté de leur frère.

Océane – Nous n’avons rien fait d’autre, se sentit-elle obligée d’ajouter.

Et même s’ils avaient fait autre chose, ils étaient assez grands, tous les deux, pour… Hum, bref. Elle n’ajouta rien du tout, se contentant de suivre le mouvement. Dire bonsoir à tout le monde, se présenter convenablement, ce sera déjà ça de fait.

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