1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 De retour chez soi

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: De retour chez soi   Sam 12 Déc - 15:04

C’était peut-être la première fois de sa vie que Gabriella avait sursauté à cause de son propre don. Elle laissa retomber le document qu’elle avait à la main au sol, levant le nez vers le ciel, le cœur battant. Son subordonné le ramassa aussitôt, l’attrapant par le coude pour la faire grimper dans le camion, lançant qu’il ne fallait pas traîner ici, on pouvait les surprendre à n’importe quel moment. Elle hocha la tête puis claqua la portière, le camion démarrant aussitôt. Un autre éclair déchira tout à coup le ciel alors qu’ils filaient vers la nationale et elle se crispa, ramenant ses mains contre elle. Un peu de calme. C’était comme ça depuis cet été, depuis les orages, depuis ces deux semaines où elle avait cherché son fils… Son don avait eu une sorte de « coup de mou » en août puis était revenu brutalement à son précédent niveau avant d’augmenter sans qu’elle s’y attende, échappant à son contrôle lorsqu’elle était folle de rage, comme il y avait à peine un quart d’heure. Elle se força à respirer profondément, reprenant le dossier qu’elle avait pris dans le bureau du maréchal, relisant ce qui l’avait fait bondir. Son collègue était à Paris, comme « Sujet 1234-CF-74 »pour l’expérience sur le don du feu. Sous la direction du docteur Rochard.

Elle allait le tuer. Et cette fois, rien ne pourra l’en empêcher.

Il fallait plusieurs heures avant d’arriver sur Paris, au beau milieu de la nuit. La ville était un peu plus calme, à cette heure, mais tout de même loin d’être endormie. Arrivé au premier centre d’examens, elle sortit en vitesse avec son subordonné, tombant à l’accueil sur un infirmier endormi qui lui demanda ses autorisations pour pénétrer dans le centre, jusqu’au moment où elle lui colla sa carte d’officier supérieur sous le nez en lui ordonnant de la laisser accéder aux dossiers. Avec le commandant, ils parcourent les listes de tous ceux qui étaient en ce moment dans le centre mais aucune trace de Kimmitsu. Il était forcément dans un des ces foutus hôpitaux ou centres d’expériences, il y en avait beaucoup, dans la capitale. Elle retourna tout ce qu’elle put puis repartit avec son subordonné, en route vers le deuxième centre, lançant à leur chauffeur d’aller vite. La nuit était avancée, bien trop, elle craignait l’état dans lequel elle allait retrouver Kimmitsu. Au second centre, ils tombèrent sur un employé fort peu coopératif qu’elle faillit bien griller sur-place tant elle était énervée, se retenant de justesse. Il n’y aura qu’un mort cette nuit…

– Commandant, venez, lança-t-elle un peu sèchement en laissant retomber le dossier sur la table en bois.

Ils devaient se dépêcher. Dans quel état allait-il trouvé le sous-directeur ? Le troisième centre n’était pas très loin de la caserne principale, le commandant l’avertit cependant qu’il faudra plus de temps avant de pouvoir y entrer, étant donné qu’il y avait plus d’expériences menées là-bas qu’ailleurs. Elle se contenta d’hocher la tête en guise de réponse, pressée et inquiète. Si jamais ils ne le retrouvaient aujourd’hui… A l’entrée du troisième centre, cependant, on la laissa passer aussitôt en la voyant et elle mis un moment avant de comprendre que les gardes à l’entrée pensaient qu’elle venait là pour le programme des Guetteurs. Le hall était assez grand, des infirmiers passaient en discutant, les bras chargés de dossier, un garde touillait un gobelet de café, les saluant lorsqu’elle passa avec le commandant. Un autre employé vint les rejoindre pour les guider au bureau principal, où les dossiers étaient tenus. Il demanda si c’était pour les expériences des dons, appliqués aux Guetteurs, et elle confirma avec un beau sourire, très mielleux avec une forte touche de cynisme.

– Le docteur Rochard se trouve ici, n’est-ce pas ? Je dois le rencontrer, étant donné qu’il est en charge d’une bonne partie des expérimentations. S’il est disponible dès maintenant…

– Il est en pleine expérience mais je peux vous y amener.

– S’il vous plaît, oui.

Jetant un regard à sa montre, elle vit qu’il était à peine sept heures du matin. Solène n’avait pas dû fermer l’œil de la nuit, sans aucun doute. Gaby accéléra l’allure, glissant la main vers l’arme qu’elle portait à sa ceinture puis renonçant, pas besoin de ça pour liquider Rochard. Quoi que… Etant donné son don qui faisait des siennes, c’était sans doute mieux de ne pas l’utiliser pour le moment. Elle retint un soupir, remettant machinalement en place son uniforme en suivant leur guide du jour, qui les amena devant une porte en bois et leur dit que c’était ici, repartant ensuite. Ils ouvrirent, arrivant dans un autre couloir, plus petit, puis enfin à la salle d’examen. Le fou était là, leur tournant le dos, debout devant une table d’opération où était attaché Kimmitsu. Il tourna tout à coup la tête vers eux, le visage livide, les yeux à moitié fermés et la bouche entrouverte. Le sang de Gaby ne fit qu’un tour et elle se saisit de son arme alors que Rochard se tournait à son tour, sursautant. Il ouvrit la bouche en crachant une insulte, reculant d’un pas. Gaby ne se servit même pas de son arme tout de suite, lui envoyant d’abord un coup de poing en pleine mâchoire en y mettant toute sa force, ressentant une immense satisfaction lorsqu’il s’écrasa par terre sur le carrelage.

– Tu vas crever, pauvre fumier, cracha-t-elle en prenant son arme.

Elle lui jeta un regard méprisant puis visa, tirant une balle en pleine tête. Le bruit sourd de la détonation résonna dans toute la salle et la tête de Rochard fut pratiquement arrachée par la balle à bout portant. Le sang et les morceaux de chairs éclatèrent en une longue traînée rouge immonde, sans plus rien de reconnaissable et une affreuse odeur de sang envahit la pièce. Rengainant et enjambant le cadavre, dont les bouts de cerveau avaient giclé au sol, elle sortit un couteau pour aider son subordonné à couper les sangles, alors qu’il avait aussi enlevé les perfusions et autres saloperies. Kimmitsu respirait difficilement, tremblant de tous ses membres et brûlant de fièvre. Dès qu’il fut libre, elle l’aida à se redresser et il s‘accrocha tout à coup à elle en fondant en larmes, la prenant par surprise. Du calme, tout va bien, ils allaient le sortir d’ici. Le commandant vit le tour en courant pour venir l’aider à le tenir, qu’il puisse les suivre. Sur le chemin, sortant de la salle en laissant là le cadavre du fou, elle lui demanda s’il était blessé, malade et il balbutia qu’il avait de la fièvre et des problèmes aux yeux. Dans le long couloir, ils le firent asseoir sur un fauteuil près d’une autre salle d’attente.

– Allez faire préparer une voiture dehors, lança-t-elle au commandant en soutenant Kimmitsu. Puis que quelqu’un appelle d’une cabine au pensionnat, qu’il contacte Adrien de Sora pour lui dire de se rendre chez Kimmitsu dès notre arrivée pour qu’il le soigne.

– Bien.

Il partit en courant aussitôt. Gaby restait debout près de son collège en le tenant par les épaules mais il finit par s’appuyer contre elle, la tête posée sur son ventre en lui tenant les mains, les yeux fermés. Elle ne comprenait pas ce qu’il murmurait mais ils verront ça plus tard, il fallait d’abord le faire sortir de là. Le commandant eut la grâce de faire vite, revenant l’aidant, portant plus le sous-directeur qu’il ne l’aidait à marcher. Le temps de rentrer au village, il sera presque midi, un peu moins s’ils ne perdaient pas de temps sur la route. Durant tout le trajet, il respira assez mal, fermant les yeux et s’accrochant à son bras. Gaby s’employa à le rassurer, il allait retrouver sa femme, rentrer, Adrien l’attendait pour le soigner. Tout ira bien, maintenant, il n’était plus tout seul.

Arrivés au village, ils se garèrent directement devant chez Kimmitsu, Gaby s’étant penchée en arrivant pour donner les indications au chauffeur et éviter la place du village, étant donné qu’ils étaient avec une voiture de l’armée. Pas la peine d’alimenter les ragots. Le commandant descendit le premier et ouvrit en grand la portière, attrapant Kimmitsu et le soutenant avant qu’elle ne sorte à son tour pour les aider. Elle lui glissa de garder les yeux fermés, si la lumière du soleil lui faisait mal, Adrien le soignera toute à l’heure. Ils avançaient avec lenteur dans le jardin lorsque la porte d’entrée claqua et Solène se précipita vers eux en courant, s’arrêtant dans un dérapage en demandant ce qu’avait son mari d’une voix paniquée. Gabriella soupira et lui dit de plutôt rentrer, ils allaient l’emmener dans sa chambre. Le commandant faisait presque tout le boulot à lui seul, assez costaud et grand, Kimmitsu ayant l’air à moitié évanoui. Adrien arrivait, visiblement, il terminait de soigner un enfant du village, juste avant leur arrivée. Les frères de Kimmitsu étaient là aussi, tiens, quand étaient-ils arrivés ? Elle leur jeta à peine un regard en passant, le commandant installant ensuite le sous-directeur allongé sur son lit. Gaby reprit son souffle, desserrant un peu la veste de son uniforme.

– Adrien va arriver, dit Gaby à Solène en revenant dans le salon, suivie par son subordonné. Ne t’en fais plus pour Rochard, il est mort.

– Tu… l’as tué ?

Elle hocha la tête, le commandant marmonnant que les ennuis n’allaient guère tarder pour ça. Soit, le maréchal risquait d’être peu agréable à vivre en apprenant ce qui s’était passé mais lui aussi avait des comptes, il avait trahi sa parole de ne pas s’en prendre à celles et ceux qui devaient aider Gaby pour les tests avec les Guetteurs. Elle se renfrogna un peu, voyant Munemori et son frère afficher des airs tendus et un peu choqués. Bah, peu importe. Solène demanda à nouveau ce qui s’était passé, précisément, juste au moment où Adrien entra à son tour sans frapper et traversa la groupe sans un mot ni un regard, partant soigner Kimmitsu. Gaby eut un petit soupir, se demandant si elle pouvait vraiment dire à sa petite sœur ce que son mari avait murmuré durant le trajet. Il avait subi la  même chose qu’elle en Auvergne, en plus des expérimentations. Solène n’était pas si fragile mais si elle faisait une crise de nerfs ou d’angoisse maintenant, ce n’était vraiment pas le bon moment.

– Il t’en parlera sûrement lui-même, ce n’est pas à moi de… Ne t’en fais pas, Adrien va le soigner puis tu pourras lui parler.

Peut-être devrait-elle lui sourire un peu pour la rassurer mais le cœur n’y était pas. Ils attendirent un moment dans le salon lorsque tout à coup, ils entendirent très nettement Adrien lâcher un « Quoi ?! » particulièrement sonore, avec un mélange de fureur et de dégoût, faisant sursauter Solène et ses beaux-frères, avant qu’une vague de panique ne s’empare d’eux. Gabriella retint de justesse sa sœur par le bras, la faisant retourner vers elle.

Attends qu’il le soigne ! Je sais que tu es inquiète mais tu ne peux rien faire pour le moment ! Pareil pour vous deux, restez là !

Munemori stoppa tout net son mouvement et lui jeta un regard un peu éberlué, comme s’il n’arrivait pas à croire qu’elle était en train de lui donner un ordre. Elle lui rendit un regard noir en lui faisant signe de se rasseoir sur la chaise qu’il occupait deux minutes avant et vite fait. Solène avait fait une moue triste et furieuse à la fois, cependant, elle ne se débattit pas et se rassit à son tour.

– C’est mon mari, Gaby ! C’est normal que je…

– Solène, s’il te plaît, répliqua Gaby d’une voix lasse. Attendre cinq minutes ne va pas te tuer, c’est déjà assez compliqué pour le moment. Tu es enceinte alors ne te crispe pas autant.

– Alors que toi, quand tu étais enceinte, c’est sûr que tu ne t’es jamais crispée…

Confondre tout n’allait rien changer non plus. Gaby ne lui avait jamais donné les détails mais s’il n’y avait que ça pour lui faire plaisir et lui faire comprendre qu’il existait un certain gouffre entre elles deux, ce sera très simple.

– Ma très chère petite sœur, grinça Gaby d’une voix froide en se penchant et en posant la main sur son épaule. Nous n’avons guère le même caractère, alors même si j’ai vécu quelques agressions durant ma grossesse, je ne pouvais pas laisser tomber car j’ai un devoir envers les enfants de cette école. Toi, tu n’as pas ce devoir et il n’est pas question que tu t’approches non plus trop près des lignes de front, donc tu peux avoir une grossesse normale. Garde juste en tête que c’est justement pour que tu n’ais pas besoin d’être trop crispée que d’autres se battent.

Les joues de Solène se colorèrent lentement de rouge et elle ne dit plus rien ensuite, gardant la tête baissée et jouant avec ses mains. Il se passa encore un moment avant qu’Adrien ne revienne, tous les regards se tournant vers lui. Solène n’attendit pas plus longtemps avant de courir rejoindre son mari, le souffle court. Gaby demanda au médecin comment ça s’était passé et il fit une grimace.

– J’ai mis des petites compresses sur ses yeux puis un bandage pour les faire tenir. Je reviendrai les changer régulièrement. Il ne sera pas aveugle mais sa vue va sans doute baisser un peu. Pour le reste… Il doit se reposer, surtout. Rochard est mort ?

– Je lui ai tiré une balle dans la tête à bout portant.

Adrien hocha la tête, reprenant ses affaires puis lançant qu’il reviendra demain matin pour les bandages. Gaby lui fit un signe de la main lorsqu’il repartit, tournant ensuite la tête vers les autres. Pour voir que le beau-frère de Solène, Munemori venait de se planquer derrière son frère avec un air effrayé en la regardant, comme son frère qui n’avait pas l’air spécialement rassuré. Ils… Bon, soit, ne pas relever. Elle se contenta de secouer la tête avec un gros soupir, pendant que le commandant lâchait un bref éclat de rire avant de plaquer une main sur sa bouche en bafouillant « Pardon, c’était plus fort que moi ». Merci pour le soutien, c’était affolant.

– Je dois retourner à la caserne, il va y avoir beaucoup de conséquences. Dites à Solène que je l’appellerai plus tard. Vous avez fini de rire, commandant ?!

– Heu, oui, navré.

Elle soupira puis sortit à son tour, après un dernier regard vers la maison. A eux d’essayer de réconforter Kimmitsu, à présent.

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: De retour chez soi   Dim 13 Déc - 0:26

Le silence de la chambre était presque effrayant. Oppressant. Allongé dans son lit et tremblant comme une feuille, il posa un bras sur son visage lorsque Adrien remonta la couverture, voyant à travers un regard brouillé son air outré, fou de rage même, les dents serrées et tremblant lui aussi. Il s'assit au bord du lit pour lui prendre sa tension, marmonnant qu'il espérait bien que la directrice ait tué le psychopathe. Kimmitsu le croyait, en tout cas. Il l'avait vu le frapper puis avait entendu un coup de feu. Pour lui, Rochard était mort, sans aucun doute possible. Adrien lui prit le bras pour installer le tensiomètre avec un soupir, prenant la poire pour le serrer, ajoutant d'une voix plus calme que personne sur cette planète ne pourrait regretter un type pareil, pas après tous les crimes qu'il avait déjà commis, puis précisa que ce devait être la première fois que la directrice abattait ainsi une personne de sang-froid. Ça, c'était bien possible, vu l'état actuel des choses. Enfin, peu importe que ce soit la première fois ou non, ce n'est pas lui qui allait jeter la pierre. Il en avait pleuré, en la voyant, incapable de la lâcher avant d'arriver ici.

– Je vais soigner vos yeux. Les blessures apparentes. Pour le reste, à part du repos...

Kimmitsu ne répondit pas, ayant l'impression de n'avoir plus aucune force, dans le corps entier, jugeant cela pathétique. Une fois de plus, il n'avait absolument rien pu faire pour se défendre, n'avait qu'à peine pu tenir tête à Rochard, c'était misérable. Comment protéger les petits que Solène portait s'il n'était pas déjà capable de se défendre ? Adrien l'aida à s'adosser contre la tête de lui puis lui mit des gouttes dans les yeux avant d'appliquer des compresses avec une odeur un peu étranges, les faisant tenir avec bandage, qu'il passa autour de sa tête. Le sous-directeur porta une main à son visage pour toucher le bandage, rendu aveugle pour le moment, se sentant encore moins en sécurité avec ça. Adrien lui mit aussi un pansement au cou, après avoir désinfecté, puis l'aida à se rallonger. Comment Solène allait pouvoir faire, toute seule ? Avec les trois enfants à la maison, lui qui était impotent, la maison à tenir, en plus de son travail à la boutique, ce n'était juste pas possible. Adrien dû mal interpréter son expression car il lui assura qu'il retrouvera la vue et qu'il ne risquait rien, ici, il n'était pas seul. Il s'aida de l'infirmier pour se rallonger, grimaçant un peu lorsqu'il lui dit qu'il allait lui faire une piqûre pour faire baisser la fièvre. Il s'appliquait à respirer doucement, remerciant d'une voix faible l'infirmier lorsqu'il quitta la chambre. Très peu de temps après qu'il fut parti, il perçut la voix angoissée de sa femme, sentant le lit s'enfoncer un peu lorsqu'elle s'installa près de lui.

– Tu te sens un peu mieux ? murmura-t-elle.

– Ça pourrait être pire.

Il se sentait sali, humilié, détruit, humilié. La honte surplombait le tout, la honte de s'être laissé avoir, la honte de ne s'être pas défendu, la honte pour ce que Rochard lui avait fait. La colère et le dégoût envers cet homme odieux, enfin mort. La haine pour ses maudites expériences. La joie car il ne pourra plus jamais menacer Genji ni personne. Le soulagement infini et la reconnaissance, lorsqu'il avait vu arriver la directrice. Il serra les lèvres pour ne pas pleurer devant Solène et l'inquiéter, sentant sa main qui lui caressait les cheveux et la nuque. Elle l'embrassa longuement sur le front puis lui dit qu'elle allait lui préparer de quoi manger, pour qu'il reprenne des forces. Elle quittait la chambre lorsqu'il entendit un "Comment ça va ?" d'une voix très familière mais qui le fit halluciner, sur le moment. La bouche à moitié ouverte, il crut d'abord à une véritable hallucination, comme s'il venait de s'évanouir et rêvait. Ce n'était pas... Il était là ? Depuis combien de temps ? Très choqué, il détourna la tête, devenant livide en un instant.

– Que fais-tu là ? parvint-il à murmurer, d'une voix faible.

– Aider Solène, toi... Comment tu te sens ?

Il voulut répondre "Bien" mais les mots restèrent coincés dans sa gorge et il eut un frémissement marqué, secouant doucement la tête sans rien répondre. Il ne cessait de revoir penché sur lui, puis la directrice intervenir, en boucle, sans aucun repos, toujours en tremblant. Son frère lui dit qu'il était venu avec Josuke, qu'ils étaient arrivés hier soir, le vendredi vers dix-neuf ou vingt heures. Donc Solène avait dû les appeler. Une fois de plus, il se demanda très sérieusement s'il ne serait pas mieux que Solène reparte avec eux au Japon, en sécurité. Souhait irréalisable, bien sûr. Elle refusera de partir d'ici, qu'on les sépare, quitter le pays, abandonner sa sœur, tout cela. Son frère lui prit la main avec douceur et Kimmitsu la retira vivement, comme si on l'avait brûlé, réalisant au même moment qu'Adrien lui avait bandé les poignets aussi. Il bafouilla un bref "désolé", simplement... Il ne... Désolé, il fallait juste lui laisser un petit peu de temps... Juste cela, du temps.

– Les enfants, souffla-t-il.

– Ils sont là tous les trois, en parfaite sécurité. Ta chef a failli coller une tarte à Genji quand il a voulu faire une connerie.

– Tu... as peur ?

– Ah bah oui, tout de même. Je sais pas, c'est peut-être de la voir en uniforme et armée...

Elle n'avait guère besoin d'être armée pour être dangereuse. Pour autant, Kimmitsu la respectait trop pour la craindre, elle avait incarné l'Espoir lui-même lorsqu'elle était arrivée. Il était heureux qu'elle soit venue, qu'elle ne l'ait pas laissé tomber, qu'elle soit toujours là. Munemori avait peut-être eu peur mais il ne la connaissait pas et n'avait pas non plus dû la voir dans les meilleures circonstances. Le gouffre entre elle et Solène se creusait considérablement lorsqu'elle était en uniforme, lorsqu'elle n'avait plus rien du comportement d'une directrice d'école mais tout de celui d'un soldat.

– On ne s'attendait pas à la voir arriver comme cela, c'est assez... surprenant.

Kimmitsu ne répondit pas, pris d'un long frisson. Il voudrait pleurer de nouveau, se mordant les lèvres en tremblant. Se calmer était de venu impossible, à l'heure actuel, il ne parvenait même pas à rester serein. Tout allait bien, pourtant, Solène et les enfants étaient en sécurité, donc tout allait bien. Ses frères ne risquaient rien non plus, l'armée ne s'en prendra pas à eux directement. La directrice... Elle allait avoir des ennuis, pour la mort de Rochard, c'était certain. Le maréchal ne la tuera pas, il avait besoin d'elle, mais il pouvait faire bien pire. Ses larmes coulèrent avant qu'il ne puisse les retenir, tâchant le bandage puis roulant sur ses joues. Il s'écoula de longues minutes avant qu'il n'entende, de nouveau, sa voix. Elle était revenue ? Mais, et le maréchal ? Il ouvrait la bouche lorsqu'il sentit son frère se lever d'un coup en clamant un "Merci !" puis un bruit sans équivoque, suivit d'un "Ça ne va pas ?!" furieux de la directrice. Il l'avait embrassé... Le front ou la joue... Munemori... Bon sang... le choc avait balayé tout autre sentiment tant ce geste était inattendu, surtout de la part de son frère.

– C'était juste pour... Enfin, voilà. Puis, c'est juste un petit bisou sur la joue.

– Encore heureux, abruti.

Elle non plus ne supportait qu'on la touche, à part une ou deux personnes choisies, son frère le savait, pourtant... Kimmitsu laissa retomber sa tête sur le côté, imaginant sans peine les têtes que devaient tirer tout le monde en cet instant précis.

– Comment avez-vous su où j'étais ? souffla-t-il. Vous risquez d'avoir des ennuis à cause de moi.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: De retour chez soi   Mar 15 Déc - 17:40

[Fait avec Adrien pour les réacs du commandant, et Kimmitsu.]

Le Maréchal venait à peine de partir ? Pourquoi personne ne l’avait prévenu plus tôt de la mort de Rochard ? Le secrétaire haussa vaguement les épaules, assis à son bureau en tournant son crayon entre ses doigts. Il ajouta que Rochard travaillait souvent seul, durant des heures, personne ne s’amusait à aller le déranger toutes les dix minutes, donc c’était peu étonnant que personne n’ait découvert sa mort plus tôt. Gabriella hocha lentement la tête en le remerciant, sortant du bureau avec un petit soupir. Il ne faudra pas longtemps pour l’accuser du meurtre, de toute manière, dès que le maréchal verra sur qui le docteur bossait et interrogé les témoins, il saura que cette mort était de son fait. Mais lui aussi avait des comptes à lui rendre, il oubliait un peu vite sa parole ! Restait à connaître les conséquences de cet acte… Le commandant avait un air de plus en plus sombre, restant près d’elle alors qu’elle se dirigeait vers la sortie, pensive, assez inquiète pour la suite des événements. Le maréchal n’allait pas la tuer mais il pouvait faire bien pire. La partie devenait très serrée. En plus de ça, avec ou sans Rochard, les expériences continueront.

– Qui protège vos enfants ? demanda tout à coup le commandant.

– Auguste, depuis hier soir. Il sait se battre, vous devez commencez à le connaître, maintenant.

– Et qui vous protège vous ?

Elle se protégeait toute seule, pourquoi ? Il secoua la tête puis marmonna qu’elle risquait de s’attirer la haine des alliés du médecin fou, qui pourraient s’en prendre à elle, directement. Sans oublier ses détracteurs dans l’armée qui n’allaient pas rester inactifs. Et d’autres encore, ce n’était pas les ennemis qui manquaient ! Gaby entrouvrit la bouche mais ne répondit pas, poussant la porte menant dans la cour de la caserne pour retourner dans sa voiture. Elle allait voir Kimmitsu, s’il se sentait un petit peu mieux, et lui dire de ne pas s’en faire pour son travail. Le commandant avait toujours l’air très tendu mais ne rajouta rien, la laissant partir, le regard plutôt lourd. Revenue à la maison, Gaby vit brièvement les enfants dans le jardin avant de rentrer, trouvant Solène aux fourneaux, qui lui lança qu’elle préparait quelque chose pour Kimmitsu et les enfants. Hochant la tête, Gaby posa sa longue veste noire sur une chaise, filant dans le couloir. Elle était un peu fatiguée, enfin, ce n’était pas le moment de se laisser aller.

Revenant dans la chambre, où les frères de Kimmitsu étaient restés avec lui, elle vit tout à coup Munemori se lever d’un bon lorsqu’elle entra et filer sur elle en lui collant un bisou sur la joue avec un grand « Merci ! ». Il recula tout aussi vite alors qu’elle avait manqué de le gifler, lui criant qu’il n’était pas bien. On ne saute pas sur les gens comme ça ! D’autant plus qu’elle en supportait plus que qui que ce soit la touche ou ne l’approche de trop près, à part Solène, Auguste ou quelques autres. Donc lui, même s’il était le nouveau beau-frère de Solène, il n’avait plus intérêt à lui refaire un coup de ce genre ! Elle s’essuya la joue en tirant une chaise pour s’asseoir à son tour, jetant un regard très noir à Munemori au passage.

– C'était juste pour... Enfin, voilà. Puis, c'est juste un petit bisou sur la joue.

– Encore heureux, abruti.

S’asseyant, elle remonta un peu les manches de sa chemise d’uniforme, ayant trop chaud, les nerfs devant jouer aussi. Il n’avait pas besoin de lui dire merci, de toute façon, c’était quand même normal de faire attention à ses alliés, jusqu’à preuve du contraire. Avec ça, ce n’était pas lui qui avait eu peur d’elle, toute à l’heure ? Il ne savait même pas ce qu’il voulait vraiment ? Elle retint un long soupir, se frottant un peu les yeux. Bon, ce n’est pas grave. Kimmitsu avait simplement tourné la tête, les yeux et les poignets bandés. Pour ce qu’il avait subi, la mort de Rochard était encore bien trop clémente. Après coup, Gabriella se demandait si elle n’aurait pas dû agir autrement. Même si elle-même ne risquait pas la mort, les conséquences pouvaient toucher les élèves directement. Le maréchal avait bien assez de moyens pour ça.

– Comment avez-vous su où j'étais ? souffla-t-il. Vous risquez d'avoir des ennuis à cause de moi.

– « A cause de toi »… Tu pourrais dire à cause du pensionnat, de cette situation, de la guerre ou je ne sais quoi mais pas à cause d’une seule personne.

Les ennuis allaient suivre, c’était certain. Mais Kimmitsu ferait mieux de ne pas s’en soucier, dans son état, il avait bien autre chose à penser. Il devait se reposer, reprendre des forces, oublier ce qui s’était passé pour continuer à avancer. Honnêtement, Gaby avait vraiment cru que cette rentrée allait se dérouler calmement mais tout leur retombait dessus dès la première semaine. Auguste aurait voulu qu’elle se repose ce week-end… C’est bon, Kimmitsu passait d’abord, elle n’allait pas partir dormir dans son coin s’il était en danger. Comme les enfants… Le maréchal trouvera forcément un moyen de s’en prendre à eux ou les menacer car elle avait tué Rochard.

– J’ai pu fouiller dans le bureau du maréchal, pour savoir où tu étais, hier soir, reprit-elle plus doucement. A cette heure, il est en route pour Paris, ils ont découvert le corps. Honnêtement, je ne peux pas dire ce qui va se passer ensuite. Toi, dans tous les cas, reste ici, ne vous faites pas remarquer, avec Solène. Peu importe ce qui va se passer, restez en dehors.

– Comment ça, peu importe ce qui…

– Kimmitsu, tu n’es pas en état, l’interrompit-elle. Reste-là avec ta famille. Auguste et Alice, avec quelques autres, vont veiller sur les enfants, cette semaine, à l’école. Je ne sais pas si je serai là-bas, on verra bien, ça va dépendre de la réaction de l’armée.

Elle avait pu garder un ton paisible, un peu confiant, mais cela n’empêcha pas Kimmitsu de pâlir et de serrer les poings. Elle lui répéta de ne pas s’en faire, cette fois-ci, qu’il prenne du temps pour lui, se reposer, sans penser au reste. Il était chez lui, après tout, en sécurité.

– Et si vous disparaissez aussi ?

– Même si c’est le cas, le maréchal ne souhaite pas ma mort. C’est lui qui était venu m’aider la dernière fois.

– Il peut faire pire que vous tuer.

– Peut-être bien mais il s’est déjà produit bien pire, tu le sais. Je dois gérer, dans tous les cas, ce n’est pas le moment de revenir en arrière et il est bien trop tard, de toute façon. Ne t’angoisse pour ça en plus.

– Facile à dire…

Gabriella eut un maigre sourire, touché qu’il s’inquiète pour elle, cependant, ce n’était pas le bon moment, pas alors qu’il était lui-même très affaibli et blessé. Un petit silence s’installa, au cours duquel elle réfléchit aux différentes réactions que pouvait avoir Bradley. S’en prendre à elle directement, aux élèves, imposer de nouvelles mesures… Il disposait de beaucoup de façons d’agir. Que devait-elle faire, de son côté ? Elle ne pourra pas nier le meurtre, c’était hors de question, elle assumait d’avoir tué ce salaud et en était fière.

– Bradley pourrait s’en prendre à vos enfants, chuchota Kimmitsu d’un seul coup. A votre famille.

– Auguste veille aussi sur mes enfants. Mes frères sont à l’écart de tout cela depuis le début. Mais pour Solène et nos parents… Mon père sait comment se défendre et il a des appuis.

Mais il restait Solène. Comment la protéger ? Elle était doublement menacée, à cause de sa sœur et de Kimmitsu… La directrice quitta son siège, marchant un peu dans la pièce puis allant jeter un œil par la fenêtre, au cas où des soldats arrivaient pour l’arrêter. Le chemin était très calme, seulement fréquenté par un chat et une vieille femme prenant son courrier avant de rentrer chez elle. S’appuyant contre le mur, un petit soupir lui échappa, pendant qu’elle regardait Kimmitsu un long moment. Il avait posé son bras sur son front, semblant pensif lui aussi. Solène, la petite Solène, elle savait peut-être se défendre quand on agressait son mari, qu’on l’insultait ou ce genre de choses, mais une guerre, c’était très différent.

– Solène se balade jamais seule le soir, rarement en journée… Je peux placer des personnes pour surveiller le village. Toi, reste ici pour le moment, il faut d’abord attendre de voir comment les choses vont évoluer. La situation va sans doute empirer, de notre côté. Il faudra que tu dises à ton neveu de ne pas se faire remarquer.

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: De retour chez soi   Dim 20 Déc - 12:12

– « A cause de toi »… Tu pourrais dire à cause du pensionnat, de cette situation, de la guerre ou je ne sais quoi mais pas à cause d’une seule personne.

Tout de même, c’était lui qu’elle était venu chercher, malgré tout, parce qu’il s’était encore fait avoir, de façon particulièrement lamentable, parce qu’il ne savait toujours pas se défendre efficacement. Il imaginait le pire, à présent, sachant de quoi était capable Bradley, ce qu’il pouvait faire contre elle, même sans la tuer, comment l’atteindre, tout cela parce qu’elle ne se laissait pas faire. Retenant un long soupir, il passa une main sur son front, sentant la fièvre, puis le bandage. Combien de temps devra-t-il rester là ? Il devait continuer à l’aider, autant que possible, si elle devait se charger de son travail en plus de celui de Kimmitsu, elle sera épuisée bien avant l’heure débordée. L’ancien directeur pouvait aussi l’aider, c’est vrai, il connaissait très bien son boulot. Restait le problème de Bradley, encore et toujours. Il avait peur pour elle, oui ! Bien sûr, elle savait se défendre et manipuler, elle savait comment inciter les autres à la suivre et former des plans, mais le maréchal aussi, c’était un jeu qu’il maîtrisait à la perfection, depuis des années. On ne pouvait que s’angoisser en les voyant manœuvrer l’un contre l’autre, et pourtant dépendants, attachés l’un à l’autre.

– J’ai pu fouiller dans le bureau du maréchal, pour savoir où tu étais, hier soir, reprit-elle plus doucement. A cette heure, il est en route pour Paris, ils ont découvert le corps. Honnêtement, je ne peux pas dire ce qui va se passer ensuite. Toi, dans tous les cas, reste ici, ne vous faites pas remarquer, avec Solène. Peu importe ce qui va se passer, restez en dehors.

Pardon ?! Elle savait déjà ce qu’il allait lui arriver, elle allait disparaître des jours ou être blessée, quelque chose du genre ?! Et il ne faudrait pas s’inquiéter ! Bah voyons ! Navré, mais ça ne fonctionnait pas comme ça, une personne ne pouvait pas aider les autres en exigeant qu’on ne l’aide pas elle-même, ce n’était pas ainsi que le monde tournait. Espérait-elle vraiment qu’on ne fasse pas attention à elle, comme si c’était parfaitement normal ? Ses subordonnés, sa sœur, lui-même, Cyprien, Auguste, ce n’était pas les alliés qui lui manquaient.

– Comment ça, peu importe ce qui…

– Kimmitsu, tu n’es pas en état, l’interrompit-elle. Reste-là avec ta famille. Auguste et Alice, avec quelques autres, vont veiller sur les enfants, cette semaine, à l’école. Je ne sais pas si je serai là-bas, on verra bien, ça va dépendre de la réaction de l’armée.

Elle avait beau essayer de prendre un ton confiant, cela n’empêcha pas le sous-directeur de pâlir considérablement en entendant ça, serrant les poings sur la couverture. Ne pas savoir si elle sera à l’école la semaine suivante ou non, comment pouvait-elle rester si calme en parlant ainsi ? Il s’agissait de sa vie, de sa santé, de sa sécurité, elle devrait s’en soucier un minimum ! Elle lui répéta de ne pas s’en faire, voyant sans doute son expression, qu’il devait se reposer sans se soucier du reste. Peut-être était-il de retour chez lui, en sécurité, peut-être, mais elle ? Ramenant le bras contre lui, tremblant un peu, il s’efforça de garder une voix à peu près neutre, supportant toujours aussi mal que la directrice se soucie aussi peu de sa propre vie. Elle avait toujours été comme ça ! Traçant sa route sans prendre assez soin d’elle-même, se ruinant parfois la santé physique, voire mentale, mais n’arrêtant pas. Kimmitsu avait parfois du mal, ces derniers mois, à ne pas se laisser déborder mais il n’était pas rendu à ce point-là. Les événements actuels vous poussaient en avant, dans une spirale infernale et incontrôlable, Gabriella-sama y était pris et ne voyait plus le danger qui la menaçait. Il se demandait même si elle craignait toujours la mort ou si elle s’était déjà résignée.

– Et si vous disparaissez aussi ?

– Même si c’est le cas, le maréchal ne souhaite pas ma mort. C’est lui qui était venu m’aider la dernière fois.

Exact, mais ça ne l’empêchera pas d’agir pour autant, même s’il ne la tuait pas ! Il secoua doucement la tête, frissonnant un peu. Ses frères, eux, ne disaient toujours rien, sans qu’il sache si c’était par crainte de Gabriella ou parce qu’ils ne voulaient pas s’immiscer dans cette histoire. Peut-être un mélange des deux, bien qu’il ne comprenne pas pourquoi eux pourraient avoir peur de la générale. Ils ne la connaissaient pas, ne l’ayant vu que brièvement, deux jours, au mariage cet été, puis aujourd’hui, ce n’est pas en si peu de temps que l’on peut apprendre à connaître une personne. Enfin, peu importe pour le moment. Kimmitsu s’attendait presque à entendre l’armée arriver pour venir arrêter sa supérieure hiérarchique.

– Il peut faire pire que vous tuer.

– Peut-être bien mais il s’est déjà produit bien pire, tu le sais. Je dois gérer, dans tous les cas, ce n’est pas le moment de revenir en arrière et il est bien trop tard, de toute façon. Ne t’angoisse pour ça en plus.

– Facile à dire…

Si elle pensait qu’il ne pourra pas s’angoisser pour elle si elle disparaissait, elle rêvait. Il ne rajouta rien sur le moment, la tête tournée sur l’oreiller, à moitié désespéré de ne pouvoir rien faire, absolument rien. Du calme, réfléchissons. Quelles pourraient être les prochaines actions de Bradley ? Que pourrait-il faire pour se venger de la mort de Rochard ? Munemori lâcha tout à coup un petit soupir, touchant sa main avec hésitation. Kimmitsu se mordit les lèvres mai se laissa finalement faire lorsqu’il la prit, ne voulant pas le vexer ou le blesser. Son frère la lui serra un moment, assis juste à côté de lui, sur le bord du lit. Kimmitsu redressa un peu la tête, songeant que le maréchal avait déjà beaucoup de pouvoir sur la directrice, il l’avait amené à bien des choses qu’il désirait. S’il voulait la « punir », il pouvait s’en prendre à ses proches, de nouveau. A Cyprien, au professeur de sport, valentin, à ses parents, à paris. Aux jumeaux, à Solène, à ses frères aussi, sans doute. A un de ses subordonnés, au commandant.

– Bradley pourrait s’en prendre à vos enfants, chuchota Kimmitsu d’un seul coup. A votre famille.

– Auguste veille aussi sur mes enfants. Mes frères sont à l’écart de tout cela depuis le début. Mais pour Solène et nos parents… Mon père sait comment se défendre et il a des appuis.

Et Solène ? Il grimaça fortement, posant un bras sur son front, réfléchissant à toute vitesse, malgré la fièvre qui le rongeait toujours, bien qu’elle soit amoindrie. Il avait eu la preuve cet été qu’elle savait se défendre et se dresser contre ce qui lui semblait injuste ou lorsqu’on s’en prenait à un de ses proches, ce qui était un excellent début. Cependant, bien qu’elle sache s’extérioriser dans ce genre de cas, c’était très différent dans une guerre. Il ne comptait pas la jeter sur la ligne de front, très loin de là, mais si on s’en prenait directement à elle ? Pourra-t-elle bien réagir, se défendre, ne pas paniquer ? Elle était directement menacée, en étant sa femme, la petite sœur de Gabriella. Comment la protéger ? Personne ne l’avait menacée, à venir jusqu’ici, ce qui n’était pas une raison pour ne pas se faire de soucis, tout pouvait évoluer très vite.

– Solène ne se balade jamais seule le soir, rarement en journée… Je peux placer des personnes pour surveiller le village. Toi, reste ici pour le moment, il faut d’abord attendre de voir comment les choses vont évoluer. La situation va sans doute empirer, de notre côté. Il faudra que tu dises à ton neveu de ne pas se faire remarquer.

– Il le sait, murmura-t-il. J’ai assez insisté là-dessus mardi soir.

Se redressant un peu, il se remit mieux sur l’oreiller derrière lui, son frère lui tenant toujours la main, espérant que son neveu avait bien compris de ne pas faire de conneries, du moins, pas certaines. Munemori marmonna quelque chose qu’il ne comprit pas, mais ne voulut pas répéter, ajoutant que ce n’était pas très grave. Oh, bon. Il ne dit plus grand-chose, jusqu’au moment où sa chef dû repartir, le laissant avec ses frères et Solène. Il ne dit rien mais craignait que ce ne soit la dernière fois qu’elle ne vienne ici avant longtemps, si jamais le maréchal décidait de s’en mêler…

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