1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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Solène Nakajima
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MessageSujet: Besoin d'aide   Dim 3 Mai - 0:08

Solène leva la main pour toquer à la porte puis la laissa retomber presque aussitôt, cherchant encore ses mots, ce qu'elle allait bien pouvoir dire. Il était tôt, l'aube pointait à peine, mais Solène était encore très choquée de l'incendie de cette nuit. Elle s'était endormie comme une masse, le soir, fatiguée par une longue journée de travail où elle avait dû préparer une grosse commande pour un baptême. Elle dormait paisiblement lorsqu'un premier hurlement l'avait arraché au doux sommeil qui l'avait emporté. Mal réveillée, croyant à une attaque ou elle ne savait quoi, elle s'était levée en vitesse en enfilant en un geste une robe et des chaussures puis avait couru à la fenêtre. C'est là qu'elle avait vu, avec horreur, des flammes ravager le village, progresser très vite, fortes et puissantes. Elle avait aussitôt couru hors de chez elle, rejoignant les autres villageois paniqués. Ils s'étaient tous réfugiés au bord du lac, puis s'étaient organisés, dans la confusion la plus totale, pour organiser une chaîne et apporter de l'eau. Mais les premières lueurs du jours avaient dévoilé très vite qu'il n'y avait plus rien à faire, désormais.

Elle se décida enfin à frapper à la porte, répétant en boucle ce qu'elle allait dire et comment demander de l'aide, puis attendit. Pas un son ne monta de l'appartement, pas un bruit de pas, rien du tout. Elle frappa à nouveau, ils dormaient sûrement, mais rien ne vint. Personne n'était là ? A cette heure ? Puis elle se comprit qu'ils étaient peut-être encore en train d'arroser le village. Ah... Hum, bon, heu... Elle regarda autour d'elle, en quête d'une idée brillante, puis vit l'appartement d'à côté. Elle pouvait toujours demander quand sa... sa sœur allait revenir, sinon. Et elle allait attendre dans le couloir, durant ce temps. Elle vérifia l'heure puis souffla un grand coup avant de frapper doucement. Elle craignait de déranger, il était vraiment tôt. La porte s'ouvrit sur une femme qui devait avoir l'âge de sa sœur, plus grande qu'elle, avec des yeux assez beaux. Solène lui sourit, par pur réflexe, en disant bonjour.

– Savez-vous quand madame de... Enfin, quand ma... Quand ma sœur va revenir ? J'ai frappé, il n'y a personne.

Oui, elle avait encore un tout petit peu de mal à intégrer l'idée que cette femme était sa grande sœur... Mais il fallait la comprendre ! Elle le savait depuis moins de quatre jours et lors de leur première rencontre, Solène s'était faite massacrer sur-place. Elle resta néanmoins le plus droite possible, consciente qu'elle devait juste déranger, surtout à cette heure. Mais elle pouvait se faire discrète ! Elle allait s'asseoir dans un coin du couloir sans bouger et sans faire de bruit, voilà tout. Le silence fait en femme, elle pouvait très bien faire ça. Son interlocutrice laissa passer un court moment avant de lui répondre et la jeune femme réalisa qu'elle avait oublié de dire son nom.

– Non, je l'ignore... On m'a expliqué ce qui s'était passé et je suis restée pour veiller sur les élèves et le sous-directeur avec d'autres professeurs. Mais je pense qu'elle en a encore pour un moment.

– D'accord. Merci. Je... Je vais attendre, alors, je... Je ne sais pas où aller.

Elle rougit légèrement sur la dernière phrase puis se détourna et alla s'asseoir plus loin dans le couloir, par terre, ramenant ses jambes contre elle. Il ne lui restait plus qu'à attendre à présent, en essayant d'oublier qu'elle avait perdu sa maison, sa boutique, toutes ses affaires, tous ses souvenirs, tout... Penser à autre chose. Cet incendie était sûrement accidentel, mais elle allait trouver une solution pour reconstruire sa vie, n'est-ce pas ? Elle allait... Elle ne savait pas, elle n'arrivait pas à aligner deux pensées cohérentes pour le moment. Mais il y avait forcément une solution ! Elle pouvait demander conseil à Gabriella, déjà, elle était plus mature donc elle pensera peut-être à quelque chose. Elle entendit la porte de l'appartement se refermer, puis se rouvrir peu de temps après, sans y faire attention. La professeur de toute à l'heure revint alors vers elle, alors qu'elle levait la tête. Solène n'avait pas le droit d'attendre ici ?

– Venez avec moi, j'ai un appartement aussi. Vous pouvez attendre chez moi, je ne vais pas vous laisser seule ici.

Solène la regarda bêtement une minute puis se leva, très reconnaissante, et dû la remercier au moins dix mille fois sur le chemin. Il y avait vraiment des gens adorables, ici. Elle entra avec une certaine timidité, tête baissée. Sa seule envie actuellement était de trouver un être aimé pour se blottir contre lui, rien de plus. Elle ne devait pas rester trop longtemps au pensionnat de toute façon. Elle craignait que ce ne soit le détail de trop qui vienne gêner ou affaiblir sa sœur, qu'elle tombe finalement malade. Elle n'avait pas besoin d'une autre personne à protéger.

– Pardon de vous déranger, je ne vais pas rester trop longtemps, c'est promis.

Elle devait remettre très vite son cerveau en marche pour trouver une solution. Pour ne gêner personne et se débrouiller toute seule, comme une grande. Elle pouvait aussi faire ça, non ? Elle pouvait dormir dehors en attendant de trouver une solution valable, on était en Juin, ça ne sera pas trop grave. Il y avait peut-être des choses à récupérer chez elle... Dans les décombres. Elle n'arrivait pas à tenir en place. Elle fila à la fenêtre pour voir les ruines de Gray, qui fumaient encore.

– En fait, c'est une mauvaise idée, si je viens encore lui rajouter un problème... Elle est déjà trop... Elle ne va pas pouvoir continuer comme ça longtemps. Je vais me débrouiller seule. Ou dormir dehors, je ne sais pas.

Elle ne voulait être un poids pour personne ! Elle pouvait très bien se débrouiller, après tout, être indépendante, savoir se prendre en main toute seule. Elle avait dix-huit ans, elle n'était plus une enfant qui avait besoin des autres pour grandir et évoluer. Déjà, ne surtout pas pleurer, pour commencer ! Voilàà, on respire et on se reprend. Son hôte du moment alla à la petite cuisine pour préparer du chocolat chaud, pendant que Solène s'évertuait à se calmer.

– Je ne pense pas qu'elle apprécierait cette idée. J'ai failli lui dire la même chose, quand je suis revenue après mes études, mais je me suis ravisée en voyant son regard. Elle vous hébergera, mais n'allez surtout pas lui dire ce que vous venez de me dire.

Pourquoi ? Elle était protectrice ? Solène ouvrit la bouche pour poser la question, mais finit par se taire. Elle devait d'abord digérer tout ça. Elle remercia son interlocutrice pour le chocolat, encore un peu rouge. Elle avait toujours l'impression de gêner, malgré tout.

– Elle est... Protectrice ?

La jeune femme parut hésiter, buvant une gorgée, alors que Solène espérait intérieurement qu'elle allait répondre non. Elle craignait tant de la voir s'effondrer sans crier gare... Juste parce qu'elle tenait à protéger les autres en se négligeant elle-même. Les journaux avaient vraiment beaucoup insisté sur ce point mais elle ne pensait pas qu'ils avaient tord.

– Je pense... C'est difficile à dire, mais je suis sûre qu'on peut compter sur elle dans les mauvais moments. Elle a été la seule à me tendre la main, donc je reste convaincue qu'elle le fera avec vous.

– Ce n'est pas bon, murmura-t-elle, tête baissée sur sa tasse de chocolat. Quand je l'ai vu, elle était... Elle ne fait pas assez attention à elle-même, c'est pour ça que je ne veux pas en rajouter une couche. J'ai grandi avec un médecin, je sais reconnaître les signes. Mais bon, si je lui dis, je vais me faire renvoyer balader.

Et pas qu'un peu, vu le tempérament si délicat et si doux de sa grande sœur. Solène n'osait même pas imaginer la scène, ça risquait de faire mal. Pourtant, il faudrait qu'elle en prenne conscience, qu'elle le réalise ! Il allait arriver un moment où se corps allait dire stop ! Et si cela arrivait dans une situation critique ou dangereuse, hein ? Si cela arrivait au pire moment qui soit pour elle, un moment où elle aurait plus besoin que jamais d'être en forme ? Elle pourrait très bien en mourir ! Ou être blessée gravement. Quoi que, maintenant, tout le monde savait que "blessure grave" n'avait pas la même valeur chez elle que chez les autres.

– C'est possible. Elle n'écoute personne, même pas son mari...

Solène grimaça, sans répondre néanmoins, se contentant de boire son chocolat. Elle passa les heures suivantes à tourner en rond, faisant le ménage chez madame Dumoulin lorsqu'elle retourna voir le sous-directeur, puis attendit, encore et encore. Elle était occupée à regarder le parc quand son hôte revint. Quand allait revenir sa sœur ? Elle ignorait toujours comment l'aborder. Puis, enfin, elle la vit traverser le parc et rentrer. Bon. On respire. Elle vérifia vite fait sa tenue, comme avant de passer un examen important, puis souffla un grand coup.

– J'ai l'air de quoi ? demanda-t-elle d'une voix devenue suraigu, sans parvenir à masquer sa peur.

– Ne paniquez pas et ne vous laissez pas démonter. N'ayez pas peur, elle est moins méchante qu'elle n'en a l'air.

Solène lui rendit son sourire avec nervosité puis remonta au troisième étage, voyant sa sœur juste au moment où elle allait rentrer chez elle. Elle ouvrait la bouche pour lui dire bonjour et s'excuser de la déranger quand elle lui sauta littéralement dessus. Et la prit dans ses bras. La prit dans ses bras. La prit dans ses bras. La prit dans ses bras. Solène écarquilla les yeux en stoppant tout mouvement, choquée. Elle, heu, ah ? Elle eut un regard pour Céleste qui était montée derrière, sans rien comprendre.

– J'ai passé des heures à te chercher dans les ruines, je te croyais morte !

Solène rougit, fort, très fort, comme si on la remplissait peu à peu d'eau bouillante. Donc elle était revenue si tard... A cause d'elle... Heu... Elle eut un petit bruit de gorge, affreusement gênée, entourée par une cascade de cheveux blonds. Détail qu'elle remarqua aussi au passage était que sa sœur avait une poitrine bien plus grosse que la sienne, elle était ridicule en comparaison. Hum. Elle n'osait même pas bouger, trop choquée pour remuer ne serait-ce que le petit doigt.

– Je suis désolée... Je suis venue ici directement pour demander de l'aide et je... je ne pensais pas que... Désolée.

Elle se tut un bref instant pour reprendre son souffle, réalisant en même temps que même au niveau force physique, elle avait encore pas mal de boulot à faire.

– Je ne veux pas gêner trop longtemps, j'ai juste besoin de quelques jours pour trouver une solution.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Besoin d'aide   Lun 11 Mai - 15:53

Le bois craqua lorsqu’elle marcha dans ce qui devait être autrefois un beau salon. Les murs noircis étaient tous prêt à s’écrouler, fumant encore, et elle dû terminer d’en abattre un avec son élément avant qu’il ne vienne s’écrouler sur un groupe de pompiers. C’était un désastre… Le village tout entier était parti en fumée, il ne restait que des ruines noires qui sentaient la suie, une odeur âcre qui vous prenait violemment à la gorge et vous rendait malade. Les habitants de Gray s’étaient réunis non loin, près de la zone de loisirs, alors que les autres villages aux alentours commençaient déjà à apporter de l’eau, des vivres, des médicaments, couvertures et des solutions pour héberger ceux qui en avaient besoin, dont la famille était trop loin ou sans aucune solution temporaire. Il y avait eu un élan de solidarité, depuis ce matin. Gabriella s’était précipitée avec des collègues pour aider à éteindre l’incendie, amis ils avaient eu de la peine. Du feu tout à fait naturel, un accident ? Non. Pour elle, il était clair que ce feu avait été produit grâce à un don, ce qui avait augmenté sa violence. Ce n’était pas un accident, juste un crime.

Cette hypothèse était renforcée par le fait qu’on avait retrouvé dans les décombres le corps d’un homme, tué d’une balle en plein cœur… Les pompiers l’avaient sorti des ruines puis allongé sur un brancard près de leurs camions, recouvert d’une couverture blanche. Son corps aurait pu être dévoré sans peine par le feu, et qui aurait pensé qu’il n’était pas mort de cela ? Les villageois étaient très choqués par ce meurtre, pleurant sur la mort de cet homme sans histoires, qui vivait depuis bien des années à Gray et qui coulait une retraite paisible au village. Les gens se rassemblaient à côté du cimetière, le seul endroit à n’avoir pas été touché par l’incendie car il se trouvait à l’écart. L’église, elle, avait brûlé comme le reste. Le clocher s’était écroulé au milieu des flammes, dans un bruit de tonnerre. Pour elle comme tous les professeurs, c’était un crime atroce, qui avait anéanti le village et une personne innocente. Mais pourquoi vouloir détruire Gray ? Dans quel but ? Pourquoi avoir tué cet homme ?

Gabriella enjamba un muret calciné, fouillant toujours les décombres. Voilà presque trois heures qu’elle cherchait une trace de sa petite sœur mais n’avait toujours rien trouvé. Les villageois ne savaient pas où elle pouvait être, son corps n’était pas dans les ruines. Avait-elle passé la nuit dans une autre ville où son corps était-il enfoui sous les décombres fumants ? Si elle était morte… Si elle avait brûlée vive… Gabriella était au bord de la crise de nerf lorsqu’elle rentra au pensionnat, imaginant les pires hypothèses au monde. Ils venaient à peine de la retrouver ! Elle s’en voulait, même si personne n’aurait pu prévoir cet incendie. Comment allait-elle annoncer cela à ses parents ? Car c’était sûrement à cause d’elle et de ce qui se passait au pensionnat qu’un criminel s’en était pris au village… Remontant chez elle, elle allait rentrer lorsqu’un mouvement attira son attention. Elle se retourna brusquement puis écarquilla les yeux en voyant la petite Solène, bien vivante, debout devant elle.

La jeune femme lui sauta littéralement dessus, la prenant dans ses bras à l’en étouffer. Elle était vivante ! Elle était… oh mon Dieu… Elle reprit son souffle, la peur et la tension s’envolant d’un seul coup alors qu’elle la serrait contre elle. Sa petite sœur était vivante… Vivante, bien vivante, devant elle. Tout allait bien, elle était là, elle n’avait pas été tuée à cause d’elle. Peu importe si elle venait juste d’apprendre son existence, elle était bien sa sœur, donc elle devait la protéger, elle comme tous ceux qu’elle avait sous sa charge. Gaby reprit son souffle, laissant la tension s’envoler. Elle était encore plus tendue, en ce moment, elle se sentait plus fatiguée. Elle devrait se reprendre ou elle n’allait arriver à rien. Ce n’était pas le moment d’être fatigué, après tout, surtout pas après ce qui venait de se passer.

– J'ai passé des heures à te chercher dans les ruines, je te croyais morte !

Elle devait absolument se calmer et chercher un moyen pour l’aider. Déjà, elle pouvait rester ici, dans leur appartement, ou dans un appartement vide du second étage si elle voulait plus d’intimité. D’accord, elle était crédule, naïve, chétive et tout ce qu’on voulait, mais elle était tout de même sa petite sœur… Gabriella avait mis un peu de temps avant de réaliser cela, mais elle était sa sœur… Elle n’avait jamais su pour la grossesse de sa mère, ni l’enfant prétendument mort. Ce genre de chose ne se disait pas, c’était tabou. Et Solène était si petite… Jeune, fragile, incroyablement douce, même beaucoup trop. Elles ne se ressemblaient pas pour un sou mais Gabriella devait tout de même la protéger. C’était son devoir de grande sœur. Fatiguée, ou non, elle devait tout faire pour l’aider.

– Je suis désolée... Je suis venue ici directement pour demander de l'aide et je... je ne pensais pas que... Désolée.

Que Gaby allait s’inquiéter … ? Tss. Enfin, peu importe, maintenant. Tout ce qui comptait, c’était qu’elle soit ici, bien vivante, indemne. Maintenant, Gaby allait pouvoir se concentrer sur la traque de l’assassin, ce fichu pyromane qui avait brûlé tout le village. Il avait mis des familles toutes entières dans la rue ! Sans oublier cet homme qui avait été assassiné…

– Je ne veux pas gêner trop longtemps, j'ai juste besoin de quelques jours pour trouver une solution.

– Mais tu ne me gênes pas, souffla-t-elle en ouvrant la porte de son appartement. Entre.

Estelle lui sourit lorsqu’elles arrivèrent, la laissant ensuite pour aller donner ses cours. Gabriella déposa sa veste puis alla voir ses bébés, couchés l’un près de l’autre dans leur couffin. Ils étaient réveillés, s’agitant un peu et babillant, dans leur langage bien à eux. Elle rejeta ses cheveux derrière son épaule, puis se pencha sur eux, essayant de sourire sans trop de réussite, néanmoins, glissant ses doigts dans leurs poings minuscules. Eux aussi allaient bien, ils étaient en bonne santé. Elle dit à Solène qu’elle pouvait approcher, il s‘agissait de son neveu et sa nièce, après tout. Elle prit avec douceur Julien dans ses bras puis le passa à Solène, avec précaution, avant de la faire asseoir dans le canapé. Elle-même prit sa fille contre son sein avant d’aller la rejoindre, s’asseyant avec soulagement. Elle reconnaissait être un peu fatiguée, oui. Elle parvint à sourire lorsqu’Aurore serra ses mains sur son doigt, couchée contre elle.

– Tu peux rester le temps qu’il faudra, ici ou dans un appartement du second étage, il y a assez de place. Et non, ça ne va pas déranger. Je ne vais quand même te jeter dehors, tu es ma sœur ! Et tu ne peux pas dormir en pleine nature non plus.

Elle se réinstalla plus confortablement dans le canapé, alors que sa fille tirait sur une de ses mèches en jouant avec. Elle pouvait le faire dès qu’elle le voulant, sa mère ayant les cheveux très longs et ne les attachant jamais, malgré ce que voudrait les bonnes mœurs.

– Je ne sais pas encore qui a commis ce crime, mais nous allons le retrouver, dit-elle d’un ton plus dur. C’est parfaitement odieux ! Toi aussi, tu as tout perdu… J’irai avec toi faire quelques courses, ce week-end, tu vas avoir besoin d’affaires. Je dois déjà avoir quelques vêtements qui pourraient t’aller, tu ne dois pas être beaucoup plus petite que moi.

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Solène Nakajima
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MessageSujet: Re: Besoin d'aide   Lun 18 Mai - 11:40

Gabriella – Mais tu ne me gênes pas, souffla-t-elle en ouvrant la porte de son appartement. Entre.

Elle en était sûre, n’est-ce pas ? Solène était encore sous le choc de cet accueil mais ne dit rien et entra derrière elle, après un petit geste d’au-revoir et de remerciement pour Céleste. Elle se promit intérieurement de retourner la voir avec un gâteau pour la remercier de sa gentillesse et de son accueil. Elle n’était pas obligée de l’aider, après tout, et elle avait vraiment été très aimable et adorable. Elle referma la porte derrière elle après qu’une jeune femme fut sortie. Elle en pouvait s’empêcher de regarder un peu partout autour d’elle, curieuse de voir où sa sœur vivait. L’appartement était un plus grand que celui de Céleste, baigné par le soleil, à cette heure. Elle vit beaucoup de livres, un bureau chargé de dossier, une veste d’uniforme posée sur une chaise avec un manteau. Peu de décorations et de photos, en revanche… Elle jeta un œil aux photos, frappée par le fait qu’elles soient toutes très récentes. Elle n’en vit aucune datant des instants avant que sa sœur ne se mette en couple et ait ses enfants. Pas une seule photo d’elle un peu plus jeune, au pensionnat, ni durant sa grossesse, à part une ou deux. Où elle ne souriait pas.

Elle s’approcha du berceau où Gabriella était penchée, avec timidité. C’était la première fois qu’elle voyait les jumeaux autrement qu’en photo et fondit instantanément. Ils étaient adorables ! Bien réveillés, très vifs, avec leur petite bouille. Sa sœur lui passa le petit dans les bras, avec douceur, alors qu’elle avait d’abord hésité à le prendre. Elle pouvait vraiment le porter, ça ne la dérangeait pas ? Elle s’assit en s’arrangeant pour ne pas faire le moindre mal au petit en le tenant contre elle. Elle était vraiment très émue de le tenir contre elle, il était très mignon, si chou, si… Elle lui sourit, déjà conquise. Elle avait toujours adoré les enfants, rêvait d’en avoir elle-même, et ce bébé la comblait de joie simplement en étant dans ses bras. Sa sœur jumelle était tout aussi adorable, dans les bras de sa maman. Elle était sûre qu’ils deviendront très vifs et forts, comme leur mère, en grandissant, ça ne pouvait pas être autrement. Elle se demanda aussi qui était leur père… Ce mystère-là restait complet, personne n’en saura sans doute jamais rien.

Gabriella – Tu peux rester le temps qu’il faudra, ici ou dans un appartement du second étage, il y a assez de place. Et non, ça ne va pas déranger. Je ne vais quand même te jeter dehors, tu es ma sœur ! Et tu ne peux pas dormir en pleine nature non plus.

Solène se sentit rougir, se rappelant l’avertissement de Céleste. Hum, elle y avait bel et bien pensé, oui, mais la professeure aux très beaux yeux avait raison, le dire à Gabriella n’était pas exactement une très bonne idée. Pour ne pas dire que ce serait du suicide. Elle se contenta donc de bercer Julien sans rien dire, réfléchissant à ce que sa sœur venait de dire. Elle ne voulait pas rester trop longtemps afin de ne pas être un poids. Elle n’avait même plus de travail ! Sa boutique avait brûlé avec son appartement… Elle n’avait plus rien. Les quelques meubles qu’elle s’était acheté étaient parti en fumée, tout comme ses vêtements, l’argent qu’elle gardait chez elle pour le magasin, ses affaires, tout. Une existence partie dans les flammes, avec tous ses projets. Elle était dans le flou complet, ignorant ce qu’elle allait devenir maintenant.

Gabriella – Je ne sais pas encore qui a commis ce crime, mais nous allons le retrouver, dit-elle d’un ton plus dur. C’est parfaitement odieux ! Toi aussi, tu as tout perdu… J’irai avec toi faire quelques courses, ce week-end, tu vas avoir besoin d’affaires. Je dois déjà avoir quelques vêtements qui pourraient t’aller, tu ne dois pas être beaucoup plus petite que moi.

Solène – Mais je n’ai pas d’argent, murmura-t-elle. La caisse du magasin a brûlé, il faut que je regarde ce qu’il me reste sur mon compte d’épargne. Je ne veux pas être un poids mort à traîner, tu sais, je vais tâcher de trouver du travail très vite en attendant de pouvoir reconstruire mon magasin, et je… Oh.

Elle se détendit et sourit, surprise mais attendrie devant le bébé qui tirait avec vigueur sur la petite croix qu’elle portait au cou pour la mettre dans sa bouche. Elle le lui enleva, refusant qu’il s’étouffe avec, mais lui donna son doigt à la place. Elle fondit de plus belle lorsqu’elle sentit qu’il essayait de téter, puis rosit en relevant la tête, se rendant compte que c’était très malpoli de ne pas finir une phrase et de ne plus se préoccuper ainsi de son interlocuteur. Elle était bien vite distraire avec un bébé dans les bras. Ce petit avait un peu plus d’un mois, à présent, et il était bien réveillé. Elle voudrait tant avoir des enfants, elle aussi, un bébé qu’elle pourrait cajoler, élever, aimer, un enfant qu’elle pourrait élever avec toute l’attention du monde.

Solène – Hum, dis-moi… Tu es sûre que… enfin, je pensais à quelque chose, l’autre jour.

Elle prit une petite inspiration, encore un peu plus rouge, puis se lança.

Solène – Pourquoi ne te reposes-tu jamais ? Je veux dire, tu travailles beaucoup, trop, et ce n’est pas très bon pour la santé. Tu n’aimes pas prendre de congés ou tu penses que tu ne peux pas ? Tu as l’air épuisée…

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Besoin d'aide   Ven 22 Mai - 12:34

– Mais je n’ai pas d’argent, murmura-t-elle. La caisse du magasin a brûlé, il faut que je regarde ce qu’il me reste sur mon compte d’épargne. Je ne veux pas être un poids mort à traîner, tu sais, je vais tâcher de trouver du travail très vite en attendant de pouvoir reconstruire mon magasin, et je… Oh.

Elle s’interrompit pour jouer avec Julien, tandis que Gaby retenait un long, très long soupir. Elle en devait pas se décourager comme ça ! Si ce n’était qu’une question d’argent, ce sera vite réglé, Gaby n’était pas sur la paille non plus ! En plus de ça, elle trouvera sûrement assez vite du travail, même si elle avait du temps devant elle, pour se reprendre, respirer, se sentir mieux. Rien n’était définitivement perdu, le village pouvait être reconstruit sans aucun problème, même si cela prendra du temps. L’école aussi pourra aider, ils pouvaient créer ensemble du bois et de la pierre, non ? Si les artisans les guidaient, il ne devrait pas y avoir de soucis insurmontables, donc qu’elle ne panique pas… Elle n’était pas toute seule et Gabriella n’allait pas la laisser tomber, c’était sa sœur. Elle remit Aurore correctement contre elle, veillant à ne pas la serrer trop fort pour ne pas lui faire mal. Sa petite s’endormait tout doucement, suçant sa tétine.

– Hum, dis-moi… Tu es sûre que… enfin, je pensais à quelque chose, l’autre jour.

Penser à ? De quoi devait-elle être sûre ? Qu’elle pouvait rester ? Ça oui, c’était dit et acquis. Elle n’avait quand même pas eu l’idée de rester dormir dehors… La directrice aurait été capable de l’assassiner, le cas échéant. Enfin, elle n’était pas si bête, elle en devrait pas s’en faire. Ils avaient beau entrer dans la belle saison, dormir en plein air sans rien pour se couvrir ou s’abriter serait la chose la plus débile qui soit au monde ! Et puis, pourquoi avait-elle tant rougit ? Gabriella ne pouvait s’empêcher d’être assez agacée face aux personnes qui ne savaient pas aligner trois phrases sans bafouiller, qui étaient gênées pour un ou pour un non et qui rougissaient sans cesse, c’était d’un ridicule. Pourquoi ne pas assumer ce que l’on est, tout simplement ?! Être timide n’est pas une maladie, mais peut devenir un handicap lorsque la personne timide n’arrive plus à faire quatre pas sans s’excuser auprès de tous ceux qu’elle croise pour le simple fait d’exister. Les personnes comme ça, il faudrait les secouer un bon coup, ça ne leur ferait pas le moindre mal.

– Pourquoi ne te reposes-tu jamais ? Je veux dire, tu travailles beaucoup, trop, et ce n’est pas très bon pour la santé. Tu n’aimes pas prendre de congés ou tu penses que tu ne peux pas ? Tu as l’air épuisée…

De quoi je me… Elle ferma les yeux un instant, prenant une longue inspiration pour ne pas la renvoyer balader directement. Tout le monde lui posait cette question mais elle savait ce qu’elle avait à faire, merci bien ! Elle dormait un peu la nuit et n’avait pas le temps de prendre des congés. Ils étaient en juin ! C’était tout sauf le moment de partir bronzer au soleil !

– Ce n’est pas en juin que je peux prendre des congés, dit-il d’un ton pincé. Et ma santé ne regarde que moi, juste pour information ! Je dors très bien la nuit alors je ne vois pas pourquoi on viendrait me reprocher de travailler le jour.

– Je crois que tu es surmenée.

Bah voyons. Elle secoua la tête avec lassitude, réveillant Aurore par accident mais elle se rendormit presque aussitôt. Bon. Gabriella n’aimait déjà pas être couvée mais avait cela encore plus en horreur lorsqu’on lui sortait le refrain « tu te mets en danger ». Désolée, mais il y avait beaucoup de choses bien plus dangereuses ici qu’un manque de sommeil ! Et il n’y avait aucune raison de s’inquiéter pour elle, elle allait parfaitement bien ! Si Solène tenait tant à s’en faire pour quelqu’un, elle devrait s’en faire pour les élèves, ou pour Kimmitsu, ce sera déjà plus utile.

– Personne n’a de raison de s’inquiéter pour moi, ce serait idiot, dit-elle d’un ton las. Ni toi ni personne, c’est inutile, d’accord ?

Elle se leva pour aller déposer Aurore dans le berceau, la laissant à ses rêves d’enfant, puis lui caressa la joue avant de se redresser. Elle alla dans le coin cuisine pour préparer le déjeuner, jetant un coup d’œil à l’horloge pour voir quand Cyprien allait revenir.

– Tu préfères dormir ici ou aller dans un des appartements ?

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Solène Nakajima
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MessageSujet: Re: Besoin d'aide   Ven 5 Juin - 10:37

La question avait dû l’agacer car Solène sentit très nettement qu’elle se retenait de crier ou de la renvoyer balader. Pourtant il était normal qu’elle lui demande ça, elle était sa sœur ! D’accord, elle ne le savait pas depuis très longtemps, mais ça ne changeait rien ! Avec ça, même un aveugle verrait à quel point elle était épuisée. Qu’est-ce qui l’empêchait de partir en vacances en avance ? Dans un autre pays, par exemple, ça lui ferait le plus grand bien ! Elle ne savait pas, elle, en Irlande ou en Italie, ou ailleurs, mais loin de la France pendant au moins deux ou trois semaines ! Non, vraiment pas ? Ou au minimum loin du pensionnat, loin de Gray, loin de Paris. Elle pourrait aller sur les côtes de l’Atlantique, les petits seront sûrement ravis de voir l’océan pour la première fois, surtout en été lorsqu’il faisait très beau. Elle-même pourra se détendre !

Gabriella – Ce n’est pas en juin que je peux prendre des congés, dit-il d’un ton pincé. Et ma santé ne regarde que moi, juste pour information ! Je dors très bien la nuit alors je ne vois pas pourquoi on viendrait me reprocher de travailler le jour.

Solène – Je crois que tu es surmenée.

Elle se contenta de secouer la tête, tandis que Solène désespérait, jouant avec Julien qui s’intéressait maintenant aux boutons de son chemisier. Elle ne voulait toujours pas l’admettre… Elle soupira, baissant la tête sur le bébé et joua avec lui. Elle espérait très sincèrement que sa sœur n’allait pas s’effondrer pour de bon, ne serait-ce que pour ses enfants.

Gabriella – Personne n’a de raison de s’inquiéter pour moi, ce serait idiot, dit-elle d’un ton las. Ni toi ni personne, c’est inutile, d’accord ?

Inutile… Inutile pour elle, peut-être, mais son mari et ses parents ne devaient pas être exactement du même avis ! Solène se leva à son tour pour aller déposer le petit Julien à côté de sa sœur jumelle. Il se blottit aussitôt contre elle, ce qui fit fondre Solène, puis s’endormit à son tour. Ils étaient si mignons ! Elle les regarda dormir, pendant que sa sœur commençait à préparer le déjeuner. Ils respiraient doucement, l’un à côté de l’autre, puis s’attrapèrent la main dans leur sommeil. C’est bon, elle avait totalement fondu, il ne restait plus qu’à nettoyer le sol. Elle rêvait tant d’avoir des enfants, elle aussi, de fonder une famille, de se réveiller chaque matin près d’une personne qui l’aimera, avec des petites têtes blondes qui l’appelleront maman.

Gabriella – Tu préfères dormir ici ou aller dans un des appartements ?

Solène – Dans un appartement, je suppose que ça gênera moins, je ne veux pas m’immiscer dans ta vie de couple.

Elle voulait leur laisser leur intimité, ils étaient jeunes mariés, après tout ! Laissant les petits dormir, elle alla aider sa sœur à cuisiner, reprenant la conversation sans revenir sur les sujets qui fâchent. Elle n’avait pas envie de se disputer avec elle, pas aujourd’hui.

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