1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Entre frères

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Eisen Nakajima
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MessageSujet: Entre frères   Lun 10 Oct - 16:51

C’était la première fois qu’Eisen voyageait si loin et surtout qu’il voyageait avec un enfant. Et il ne savait toujours pas comment il en était arrivé là… Pendant un moment, Eisen avait cru que ses frères s’étaient lassés et qu’ils ne reviendront plus sur le sujet du don, que c’était passé, que la crise était bien loin, à présent. Puis sa femme, Sayuri, avait débarqué dans leur chambre, un soir, en pleurant et en criant qu’elle en avait assez de parler de tout ça, d’entendre des horreurs et qu’elle ne comprenait pas comment un pouvoir pourrait vous changer à ce point. Il avait essayé de la calmer en vain puis avait finalement compris que ses frères voudraient qu’il aille en France quelques jours pour travailler avec Kimmitsu et ne plus souffrir à cause de son don, apprendre ce qu’il fallait pour le relâcher en sécurité. Si l’idée, en soit, n’était pas mauvaise, Eisen n’aurait pas cru que son épouse allait réagir d’une façon si violente. Elle avait beaucoup crié, pleuré, puis lui avait finalement dit que, si vraiment il devait partir en France, qu’il emmène leur fils avec lui et durant ce temps, elle ira prendre un peu de repos dans sa propre famille.

La scène l’avait laissé un peu hébété et il n’avait qu’à peine parlé avec ses frères et Himako, en prenant le train qui allait le conduire à Tokyo. Pour l’occasion, sa grande sœur était venue avec son mari pour lui dire au revoir et lui souhaiter un bon voyage, ignorant complètement Josuke et Munemori durant le laps de temps où elle fut à moins d’un mètre d’eux sur le quai, ne leur lançant même pas un regard. Ce fut son mari qui parla un peu avec eux, moins rancunier que sa femme et disposant d’un caractère très ouvert et serein. Il leur donna des nouvelles de la maison et de leur vie, de l’arrivée proche du bébé, pendant que Eisen et sa sœur parlaient un petit peu. Le jeune homme était perdu, en ce moment… Il ne savait plus quoi penser de son pouvoir, de sa relation avec Sayuri, de plus en plus menacée, plus la peur que son fils aussi développe un pouvoir… Il passa tout le voyage à y réfléchir. Train jusqu’à Tokyo, bateau jusqu’en Chine, puis avion avec plusieurs escales, avant de reprendre à nouveaux plusieurs trains. Il voyageait très léger, tenant son bébé contre lui à l’aide d’un harnais fait avec un long foulard brun, qu’il portait à la façon des mères travaillant au champs tout en gardant leurs petits, pour caler son bébé contre lui le plus confortablement possible. En arrivant en train à Paris, il fut d’abord perdu, regardant partout autour de lui. C’était… très différent. Et Eisen ne parlait que quelques mots de Français.

– S’il vous plaît, tenta-t-il en ayant d’abord un peu de peine à se remémorer le maigre vocabulaire qu’il connaissait.

L’agent de la gare qu’il avait interpellé s’arrêta et c’est avec son aide et le renfort des billets de train que le jeune homme trouva sa prochaine correspondance pour la ville suivante, et à partir de là-bas, le train pour Gray, enfin. Une fois assit à sa place désignée, il poussa un profond soupir puis se chargea de préparer le biberon pour son fils, qui commençait à s’agiter dans son harnais. Eisen le nourrit durant le début du voyage puis le roulis du train endormit le bébé assez vite. Tout en continuant à le bercer, Eisen se pencha un peu à la fenêtre pour observer le paysage, les panneaux qu’il voyait parfois, entendant les conversations autour de lui sans les comprendre. La France… Comment Kimmitsu avait-il pu s’y prendre en arrivant ici, seul, sans ressources, en ne parlant qu’à peine la langue, pour s’y installer, y vivre, y être heureux ?! Les champs s’étendaient puis laissèrent peu à peu place à des forêts plus larges et nombreuses, profondes, avec des maisons d’un type architectural dont il n’avait jamais entendu parler. Les maisons avaient souvent des étages, ce qu’il trouvait très bizarre et surprenant. Eisen avait le sentiment d’évoluer dans un autre univers.

L’après-midi touchait à sa fin lorsque le petit train régional s’arrêta finalement à Gray, un arrêt court avant de partir pour Besançon. Eisen laissa retomber son sac sur le quai près d’un banc en fer puis s’assit, serrant son fils contre lui. Il était arrivé au village… Enfin. Épuisé par le voyage, il resta assit un moment avant de se relever, reprendre son sac puis quitter la gare. Et maintenant … ? Il devait retrouver son frère, qui était sans doute au pensionnat, ça ne devait pas être si compliqué à dénicher, non ? C’était grand, paraît-il, on voyait l’école depuis le village. Avançant sur le trottoir, il finit en effet par repérer le pensionnat, perché sur une colline et bien à deux kilomètres de là, ou un peu moins. Même si la distance était courte, il ne put s’empêcher d’être profondément découragé, d’un seul coup. Trop de choses nouvelles en une fois, un voyage très long et épuisant, plongé dans un pays souffrant des pires rumeurs et d’une réputation sanglante, Eisen avait les nerfs à vif. Une voix derrière lui le fit tout à coup supporter et il se retourna, tombant enfin sur son frère qui lui lança en Japonais qu’il aurait dû l’attendre à la gare, qu’il semblait évident qu’il serait venu le chercher.

– Je pensais aller directement au…

Eisen s’interrompit lorsque son aîné passa un bras autour de son épaule et l’attira contre lui, doucement, le jeune homme craquant d’un seul coup et posant son front contre son frère en fermant les yeux, serrant son bébé contre lui et pleurant même un peu. Navré… Il était… Un peu fatigué… Et son frère le semblait encore plus de lui, maintenant qu’il le regardait de près. La question « Il y a encore eu d’autres soucis ? » serait idiote, bien sûr qu’il y en avait eu ! Il y en avait toujours.

– Je te présente Momiji, dit-il finalement en montrant le bébé à son frère. Il a tout juste deux mois, maintenant, il est né fin août.

Le bébé ouvrit de très grands yeux puis eut un sourire en agitant la main. Eisen glissa son doigt dans le petit poing de son fils qui le referma dessus.

– Pourquoi as-tu voulu que je vienne ? demanda-t-il ensuite à son frère. Je risque de te gêner.

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: Entre frères   Jeu 17 Nov - 13:31

Il était l’heure d’y aller, son jeune frère devait arriver en train à dix-huit heures trente. Kimmitsu jeta un rapide regard à l’horloge du dojo tout en terminant de ranger leurs équipements et ce qui avait été laissé à traîner par les élèves, ainsi que une ou deux affaires oubliées. Dans le petit bureau du dojo, la mère d’Océane était occupée à découper deux longs articles dans le journal, indiquant qu’elle les montrera à son mari ce soir, comme il s’intéressait beaucoup à la politique. Ah, ça, si Kimmitsu avait le loisir de ne pas s’y intéresser, il en serait parfaitement heureux. Hélas, ces derniers temps… La réunion qu'ils avaient tenus avec les professeurs principaux, Fabrice et son subordonné remuait encore tout le corps enseignant et les discussions allaient bon train. En supposant qu'ils déplacent vraiment l'école, où iraient-ils ? C'était la question la plus essentielle et celle qui donnait des cauchemars à tout le monde. Vers le sud, l'est, le nord, l'ouest ? Dans quelle région et pourquoi ? Où trouveront-ils un ensemble de deux ou trois bâtiments qui permettront l'installation d'une nouvelle école ? Pourra-t-elle accueillir autant d'élèves qu'aujourd'hui ? Tous les professeurs accepteront-ils de quitter leur foyer à Gray ou dans les alentours pour travailler dans le prochain établissement ?

Trouver, pour commencer, un endroit convenable était la tâche la plus ardue. Il fallait être à la fois rapide et discret, que l'accessibilité ne soit pas trop mauvaise, qu'on ne puisse repérer ce lieu facilement, et tant d'autres paramètres qu'il y avait de quoi en avoir le vertige. Le sous-directeur enfila sa veste et rangea ses lunettes dans sa poche, filant dans le parc, sous un vent léger. C’était pour le moment assez calme, la majorité des élèves étaient dans leurs chambres, à al bibliothèque ou dans la salle d’études à faire leurs devoirs. Quelques uns traînaient un peu dehors et d’autres jouaient au foot sur les terrains de sport un peu plus loin. Les apparences étaient écrasantes de normalité, une journée tout ce qu’il y a de plus ordinaire, comme dans n’importe quel pensionnat de France. Même le village était très serein et tranquille, en cette fin de journée. En passant dans le centre-ville, il vit le commerce de Solène aux abords, un client en sortant les bras chargés de fleurs. Se pressant vers la gare, il la trouva complètement vide, personne à l’attendre. Eisen s’était-il trompé de train ? Kimmitsu ressortit, marchant un peu, puis vit plus loin la silhouette de son frère sur le trottoir, l’appelant. Il aurait pu attendre à la gare ! Son grand frère vint le rejoindre et le lui signala dan leur langue maternelle, ajoutant qu’il était évident qu’il allait venir le chercher.

– Je pensais aller directement au…

Pas seul. Kimmitsu passa un bras autour de son épaule et l’attira contre lui, dans une étreinte assez douce, en veillant aussi au bébé que son frère portait contre lui dans un harnais. Il n’avait pas pensé qu’il emmènerait ce si petit bout avec lui, c’était un bien long voyage pour un bébé. Eisen pleura un petit peu en bafouillant qu’il était désolé, son frère ne disant rien pour le moment. Autant le laisser se calmer un peu, il était fatigué par le trajet et à bout de nerfs, pas la peine d’en rajouter une couche dès maintenant.

– Je te présente Momiji, dit-il finalement en montrant le bébé à son frère. Il a tout juste deux mois, maintenant, il est né fin août.

Le professeur adressa un petit sourire au bébé, qui avait ouvert en grand ses yeux et agitait un peu les mains. Tout petit encore, des cheveux fins et noirs, des cils grand comme ceux d’une fille, il était bien vif et éveillé, malgré son si jeune âge. Kimmitsu tendit la main pour lui caresser un peu la joue en lui disant bonjour. Il n’avait su qu’assez tard que Eisen était devenu père, son bébé était né après leur retour en France. Les événements de septembre puis ceux d’octobre avaient fait que les échanges entre les deux pays étaient restés plutôt restreints et que ce genre de nouvelle n’avait pas été prioritaire, alors qu’elle était bel et bien importante pour la famille.

– Pourquoi as-tu voulu que je vienne ? demanda-t-il ensuite à son frère. Je risque de te gêner.

– Ne dis pas de bêtises... Viens avec moi.

Kimmitsu se pencha et prit un de ses sacs pour l’aider, le guidant avec lui vers l’école, où il dormait en semaine avec Solène. Son frère viendra une nuit chez Gabriella et Auguste avec eux avant de devoir reprendre l’avion, étant donné qu’il ne pouvait rester que quelques jours. En chemin, il lui expliqua comment allaient s’organiser les prochains jours et pourquoi il avait tenu à le faire venir. On ne plaisante pas avec ce genre de pouvoirs, d’autant plus que son jeune frère avait déjà été blessé pour l’avoir trop renfermé, un coup que leurs frères aînés n’avaient sûrement pas encore digéré. Le trajet jusqu’à son appartement du pensionnat fut un peu plus long à cause des bagages à transporter, néanmoins, ce n’était pas la peine, bien souvent, de prendre une voiture. Au pensionnat, il y avait maintenant plus d’élèves dans le parc, l’heure de manger approchait, les plus jeunes avaient déjà terminé leurs devoirs et jouaient dehors en attendant l’heure de se rendre au réfectoire. Solène n’allait pas tarder à arriver non plus, dès que la boutique sera fermée. En guidant Eisen jusqu’à lui, Kimmitsu salua de la tête quelques élèves qu’ils croisèrent au passage et des collègues, à partir du premier étage.

Il faisait déjà bien sombre, la nuit tombait vite en cette période de l’année, les journées étaient relativement courtes. Kimmitsu alluma puis indiqua à Eisen où installé son fils, il y avait un berceau patientant dans un coin, sous une couverture, il suffisait de le préparer pour le petit. Pendant ce temps, le professeur mit de l’eau à chauffer et prit dans un placard un pot en céramique rempli de feuilles de thé. Solène adorait le thé à la camomille, lui le thé à la menthe, il y avait un peu de tout ici. Lorsque son frère revint, Kimmitsu lui dit de s’installer où il voulait, dans le salon, dont le style rappelait très fortement celui de son pays d’origine. Cet appartement était le seul endroit où on ne pouvait manquer que le professeur venait du Japon, grâce à la décoration, aux quelques meubles, à l’ambiance générale. Il revint poser les tasses sur la table basse, puis l’eau chaude, s’asseyant en tailleur avant de servir.

– Comment te sens-tu ? Par rapport à ton don, à ce que tu vis, tout cela ? Tu parviens à trouver un équilibre ?

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Eisen Nakajima
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MessageSujet: Re: Entre frères   Lun 2 Jan - 22:41

Kimmitsu – Ne dis pas de bêtises... Viens avec moi.

Ce n’était pas des bêtises ! Avec tout ce qu’il avait à faire en ce moment dans cette école et dans ce pays, il y avait toutes les raisons de penser qu’il n’avait pas le temps de s’occuper des états d’âmes des autres, même de sa famille. Son frère lui prit un de ses sacs, pendant que Eisen récupérait le second, tout en portant précieusement son bébé contre lui, blotti dans le harnais, bien au chaud et en sécurité. Ils se mirent en route vers la grande école, perchée sur sa colline, pendant que son frère lui expliquait en chemin la façon dont allaient s’organiser les prochains jours. Même s’il en faisait qu’un passage éclair en France, trois ou quatre jours à peine, c’était suffisant pour qu’Eisen soit un peu sur les nerfs. Très peu voyageur, pour ne pas dire pas du tout, il n’aurait jamais quitté le Japon si Josuke ne l’avait pas littéralement traîné à Tokyo puis jeté dans l’avion car il avait « peur pour lui et les soucis que lui causaient son élément ». Charmant, parfois, d’avoir des frères qui s’angoissaient beaucoup trop… Comment pouvait-il lutter contre, on se le demande ? En plus de ça, il n'osait pas encore s'opposer tout à fait frontalement à Josuke, comme c'était lui qui avait veillé sur lui, pendant des années, en aidant leur mère, après le décès du chef de famille.

En passant les grilles de l'immense école, Eisen, resserra un peu son étreinte sur son bébé, le tenant bien contre lui tout en observant les lieux. Les bâtiments étaient imposants et avec tout ce qu'il avait pu entendre sur cet endroit, on ne pouvait pas être très à l'aise, en imaginant tout ce qui s'était déjà déroulé ici. Dans le parc, les enfants discutaient, jouaient et couraient en toute innocence, comme dans n'importe quelle autre école à l'heure de la pause. Eisen se sentait perdu, entendant des brides de conversations qu'il ne pouvait pas comprendre, ne parlant que très peu le Français. Il sourit malgré tout aux quelques adultes qui lui adressèrent un hochement de tête, tout en se demandant s'ils avaient deviné qui il pouvait bien être. Physiquement, il n'avait presque rien en commun avec son aîné, sinon qu'ils faisaient approximativement la même taille. Eisen était beaucoup plus maigre et fluet, avait un visage qu'on pouvait qualifier de naïf, assez innocent. Ils arrivèrent au troisième étage, dans un appartement où on sentait tout de suite l'influence Orientale, dans la décoration ou les meubles. Son frère n'avait pas coupé tout lien avec ses origines, donc.

Laissant tomber son sac par terre, Eisen se chargea d'installer son fils dans un berceau attendant dans un coin, protégé de la poussière par une petite couverture et sans aucun doute destiné à l'enfant que Solène portait en ce moment-même. Être ici était... relativement bizarre et perturbant. Une fois Momiji bien installé et au chaud, Eisen se pencha pour l'embrasser sur le front, souriant lorsque son bébé serra son doigt dans son poing minuscule puis bailla, clignant des yeux en s'agitant un peu. Dors, mon bébé... Il était si petit, encore, si fragile... Son père lui caressa doucement la joue puis revint vers son frère, occupé à préparer du thé. Il lui dit de s'installer où il voulait, faisant un bref signe vers le salon. Merci... S'asseyant près de la table basse, il fit voler son regard sur les quelques photos de l'appartement, en trouvant une assez mignonne de Solène et son frère, enlacés devant une petite maison en pierre. Il n'avait aucune idée de l'endroit où ça pouvait bien être. Kimmitsu revint avec le thé, des tasses et cuillères, s'asseyant à son tour avant de servir. Il n'était pas tard, pourtant, il fallait déjà allumer pour ne pas se retrouver plongé dans le noir complet.

Kimmitsu – Comment te sens-tu ? Par rapport à ton don, à ce que tu vis, tout cela ? Tu parviens à trouver un équilibre ?

Eisen – Je vais bien, marmonna-t-il. J'ai juste eu un coup de mou, ça arrive à tout le monde, ce n'est pas la peine d'en faire toute une histoire. Josuke et Munemori ont paniqué quand ils ont su que je m'étais blessé avec mon don, l'année dernière. Je me suis soigné, pourtant, c'est de l'histoire ancienne.

Il haussa un peu les épaules en entourant la tasse de ses mains, profitant de la chaleur s'en dégageant. Déjà, il n'avait toujours pas digéré que ces deux-là le traînent littéralement à l'hôpital, surtout pour une blessure qui datait d'il y a un an, et encore moins que Josuke le surveille depuis comme si Eisen était atteint d'une maladie grave. Il en était sérieusement gonflé, oui, car après tout, il avait vécu parfaitement bien durant des années, sans que personne ne soit sur son dos à ce point ! Il avait toujours suivi les règles de la maison, toujours respecté les coutumes et les traditions, toujours tout fait pour se tenir dans son rôle et être respectueux. Il avait accepté d'épouser sans broncher la "femme respectable" que Josuke lui avait présenté, lorsqu'il avait été temps pour lui de rencontrer des femmes pour se marier, fonder un foyer. Et tous ces efforts avaient été réduits à néant en une heure à peine. Il avait toujours été le jeune frère calme et sérieux, un peu à l'écart, oui, mais qui n'avait jamais causé le moindre problème. Toujours relégué son pouvoir en arrière-plan, y pensant parfois de temps en temps, l'utilisant de façon anecdotique. Un pouvoir qu'il avait pensé faible et sans importance.

Eisen – Je n'ai pas envie de provoquer des disputes, souffla-t-il. J'en ai assez vu, assez entendu. Rien qu'avec notre sœur, avant qu'elle ne parte en claquant la porte. Même Genji... Des mois et des mois de disputes à ne plus en finir. Alors oui, j'ai menti, c'est si grave que ça ? C'est mieux que devoir hurler ou ne plus s'entendre avec personne.

Kimmitsu – Tu es plus patient que nous, en tout cas.

Disons plutôt qu'il avait eu assez d'exemples de ce qu'il ne fallait pas faire afin de garder une vie normale, saine, sans cris, sans heurts, sans disputes, sans rejet. Eisen porta la tasse à ses lèvres pour en boire une longue gorgée, regrettant le temps où personne ne lui disait quoi que ce soit, où il se contentait de mener sa vie dans son coin, en suivant sagement ce qu'on lui disait, sans se faire remarquer.

Eisen – Je n'ai jamais demandé à avoir ce don... Pourquoi ne peut-on pas choisir de le conserver ou non ?

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: Entre frères   Sam 4 Mar - 10:37

Eisen – Je vais bien, marmonna-t-il. J'ai juste eu un coup de mou, ça arrive à tout le monde, ce n'est pas la peine d'en faire toute une histoire. Josuke et Munemori ont paniqué quand ils ont su que je m'étais blessé avec mon don, l'année dernière. Je me suis soigné, pourtant, c'est de l'histoire ancienne.

Même s’il s’était soigné, on ne pouvait pas reprocher à leurs frères de paniquer, surtout s’ils l’avaient découvert aussi tard, Eisen savait pourtant très bien à quel point ils étaient protecteurs ! Kimmitsu secoua un peu la tête en soupirant, sans relever pour le moment. Comment avait-il réussi à cacher tout cela si longtemps, d’autant plus avec un don pareil ? Il fallait reconnaître le talent, pour le coup, son petit frère devrait sérieusement envisager de faire carrière dans le théâtre et le cinéma, il y ferait des merveilles ! Se blesser avec un don trop longtemps retenu n’était pas si rare, enfin, ça ne voulait pas dire qu’il fallait prendre le problème à la légère, ça pouvait vite devenir très grave. Si on prenait en compte la nature du don et ce qu’il pouvait provoquer comme blessures, Eisen pouvait s’estimer heureux d’être toujours vivant et surtout entier. Le vent était un don vicieux, en quelque sorte, frappant vraiment là où se trouvaient les principaux points faibles… Il aurait pu lui couper des muscles et des tendons, le rendre handicapé, voire couper des artères s’il avait encore été plus longtemps contenu et là, son frère serait mort d’une hémorragie interne, sans que personne ne comprenne jamais comment ni pourquoi. On ne joue pas avec ça… Seuls les dons offensifs peuvent tuer, en étant trop longtemps contenus. L’eau, la terre et la glace peuvent blessés leurs porteurs en étant étouffés ainsi, mais ils ne tueront pas.

Eisen – Je n'ai pas envie de provoquer des disputes, souffla-t-il. J'en ai assez vu, assez entendu. Rien qu'avec notre sœur, avant qu'elle ne parte en claquant la porte. Même Genji... Des mois et des mois de disputes à ne plus en finir. Alors oui, j'ai menti, c'est si grave que ça ? C'est mieux que devoir hurler ou ne plus s'entendre avec personne.

Kimmitsu – Tu es plus patient que nous, en tout cas.

Pour sa part, Kimmitsu préférait encore largement les disputes plutôt que de devoir s’obliger à la boucler sagement en menant une vie de plus en plus insoutenable, et cela, c’était aussi valable pour Himako et même Genji. Maintenant, c’était aussi une question de caractère… Il fallait, de base, être assez pénible pour la ramener et faire comprendre aux autres à quel point la colère montait, ce qui prenait plus ou moins de temps suivant les personnes… Kimmitsu avait commencé à se révolter à peine quelques jours après la naissance de son élément, il avait sept ans à l’époque, un grand merci à son cher père pour avoir réveillé chez lui, dès le plus jeune âge, cette envie d’agir et de lutter contre cette discrimination. Ça lui servait beaucoup aujourd’hui. Chez Himako, la crise avait débuté vers ses douze ou treize ans, juste après le départ de son frère et avait atteint son paroxysme il y a quelques mois lorsqu’elle était partie à son tour en claquant la porte. Genji avait tenu jusqu’à ses quatorze ans, puis les crises avec son père avaient débuté. Eisen était donc celui à avoir maintenu le change le plus longtemps possible, félicitations… Heureusement pour lui qu’il n’avait pas vraiment connu leur père, d’ailleurs, il n’aurait sans doute pas tenu aussi longtemps.

Eisen – Je n'ai jamais demandé à avoir ce don... Pourquoi ne peut-on pas choisir de le conserver ou non ?

Kimmitsu – Parce que c’est dans ton sang, c’est tout. Tu ne peux pas juste décider comme ça que tu n’en veux plus… Tu as vraiment eu de la chance, tu sais, ton pouvoir aurait pu te blesser très gravement, voire te tuer, si tu avais continué à l’étouffer de cette façon. Tu n’es pas obligé de t’en servir devant tout le monde, si tu n’en as pas envie, par contre, tu pourrais t’éloigner de temps en temps pour le relâcher et t’entraîner. Je te montrerai comment faire demain matin, avant le début des cours.

En attendant, il tâcha de lui donner quelques astuces et conseils sur la façon de s’en servir tous les jours discrètement, personne n’avait besoin de le savoir ou s’en mêler, afin de diminuer la pression et garder une utilisation quotidienne non nocive. Tout en parlant, il buvait un peu de thé, prenant son temps pour bien expliquer et être le plus clair possible. Tant que son frère arrivait à écouter et à mettre en pratique, une fois revenu chez lui, ça lui évitera déjà beaucoup de désagréments. Il n’y avait plus qu’à espérer que tout s’arrange avec sa femme.

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