1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Week-end entre adolescents

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Adeline Brian
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MessageSujet: Week-end entre adolescents   Ven 19 Fév - 21:49

Convaincre son père n’avait pas été très simple. Il n’aimait guère Jasper car il connaissait bien son père, un père qu’il détestait et pour qui il n’avait pas la moindre once de respect. Adeline avait passé presque deux heures entières à parler avec lui, avec des gestes de plus en plus vifs à mesure qu’elle s’énervait, pour lui faire comprendre que son petit ami ne ressemblait pas du tout à son père, avec qui il ne vivait même plus d’ailleurs, et qu’elle en risquait rien à le fréquenter. Elle s’était plantée devant lui, les joues rouges et le regard brillant, encore vêtue de sa tenue d’exercice de gym, un soir en rentrant chez elle, alors qu’il lisait tranquillement le journal, puis s’était lancée dans une longue diatribe pour qu’il accepte que Jasper vienne ici, chez eux, le samedi midi, pour déjeuner. Son père avait commencé par répondre sèchement « Pas de ça chez moi ! », avant de rentrer enfin dans le débat. Lorsqu’il avait enfin accepté, Adeline l’avait embrassé sur les deux joues puis sauté au cou de son petit ami dès le lendemain pour lui dire qu’il pouvait venir, elle allait pouvoir le faire rentrer dans la caserne samedi sans aucun problème.

Le jour dit, elle se leva assez tôt pour avoir le temps d’aller courir, comme tous les jours. Attachant en vitesse ses cheveux, elle enfila ses chaussures et mit un tee-shirt noir avec un jogging, avant de quitter la caserne puis de se lancer sur les chemins de campagne. La foulée rapide, le souffle régulier, ses cheveux battant contre ses épaules alors qu’elle filait sur les chemins de terre humides, elle n’entendait que le bruit des oiseaux et repérait parfois la course d’un petit animal. Elle ne croisa que quelques autres militaires qui profitaient aussi de la fraîcheur du matin pour un long footing sur les chemins de campagne. Adeline les salua de la tête en passant, concentrée sur sa course, filant à une allure plus rapide que ce qu’elle ne pouvait faire cet été seulement. L’entraînement suivi par les Guetteurs avait continué à s‘endurcir et elle n’était pas du genre à se relâcher ou rechigner devant l’effort. Respirant avec régularité, elle se baissait parfois pour éviter de grosses branches sur son chemin, évitant aussi celles qui venaient se mettre devant ses pieds. L’exercice physique lui permit de se vider la tête, de ne plus penser aux rumeurs de plus en plus graves qui circulaient. Elle sera prête, quoi qu’il arrive. Elle sera prête pour la guerre qui viendra.

Le long chemin sinueux serpenta tout autour du lac, le soleil venant doucement réchauffer ses bras nus durant sa course. L’air commençait déjà à se rafraîchir sensiblement, l’automne était précoce dans cette région de l’Est. Elle resta bien presque deux heures à courir sur les chemins avant d’amorcer le retour vers Gray, sans ralentir sa course. La matinée était bien avancée lorsqu’elle arriva au village, ralentissant un peu en passant dans les rues, sentant quelques regards assez mauvais sur elle. Les « gosses de militaires » étaient connus et les Guetteurs encore plus. Elle n’y prêta pas garde, se contentant de traverser les rues puis la place en accélérant à nouveau, envoyant au diable ceux qui l’insultaient sur son passage. Elle ne restera pas dans ce village toute sa vie, elle évoluera, deviendra gendarme ou soldat, partira dans tout le pays et à l’étranger, c’était dit. Rentrant à la caserne, elle fila jusqu’à l’appartement où elle vivait avec son père, de congé aujourd’hui. Il lui sourit lorsqu’elle rentra, reprenant un souffle plus apaisé, mourant de chaud alors qu’il faisait très frais, ce matin.

– Je ne serai pas là toute la journée, la prévint-il. J’ai des affaires à m’occuper, ne faites pas trop de bêtises.

Ils étaient sérieux, enfin ! Elle lui rendit son sourire, filant sous la douche avant d’enfiler des habits propres, l’esprit bien dégagé après cette longue course. Aidant son père à préparer le déjeuner, elle jeta un regard à la pendule, attendant leur invité. Il arriva peu de temps avant midi, comme prévu. Souriante, Adeline fila lui ouvrir, l’invitant à entrer avant de se blottir dans ses bras. Elle l’amena ensuite voir son père, qui fit l’effort d’être poli en lui disant bonjour. Elle lui en fut reconnaissante, ayant eu peur qu’il ne parvienne pas à dissimuler son ressentiment, à cause du père de Jasper. Elle posa la main sur sa joue pour attirer son attention, lui demandant en quatre gestes comment il se sentait, comme il avait eu quelques soucis avec son don, récemment, en cours.

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Week-end entre adolescents   Jeu 10 Mar - 17:29

Sortir, prendre l'air, parler d'autre chose que des problèmes, voilà tout ce à quoi aspirait Jasper pour les six prochaines heures, rien de plus, rien de moins. Il avait l'impression qu'il allait exploser, ou tomber malade, ou les deux, depuis la rentrée. Tout le monde l'énervait en ce moment... Antoine, Laura, Fabien, Grégoire, Mathilde, tous ses profs, tous ses amis habituels, tout le monde ! Même Antoine, quoi, qui était pourtant la gentillesse incarnée. Se penchant sur le lavabo, il se passa de l'eau sur le visage pour se réveiller un peu, venant de manger très rapidement et se préparant à partir. Week-end, enfin. Il n'avait pas l'habitude d'avoir autant besoin d'une pause après à peine un mois de cours, mais là, c'était trop. Comme si la vie se resserrait peu à peu autour de lui, l'empêchant de respirer, l'engluant dans des situations dont il voudrait à tout prix s'échapper sans que ce soit possible. C'était cela qu'il détestait par-dessus tout, ce sentiment d'être pris au piège et incapable de trouver le moindre début de solution. Frissonnant, il jeta un long regard dans le miroir de la salle de bain, pensif.

Se frottant un peu les yeux, dépité de ne pouvoir effacer les cernes, il enfila son pull puis quitta la salle de bain, descendant les escaliers et allant chercher son sac, dans un coin de la salle à manger. Les deux frères du profs partaient en début d'après-midi, ils étaient occupés à préparer leurs affaires et vérifier qu'ils n'oubliaient rien. Jasper les évita avec un très grand soin, arrêté juste une minute par le sous-directeur qui lui rappela de prendre une clé et d'être prudent, à la caserne, même s'il était avec sa copine. Oui, d'accord... Adeline ne lui fera aucun mal et son père non plus, inutile de dramatiser. Ils n'iront pas dans les bâtiments officiels, simplement dans les immeubles d'habitation, qui eux étaient à l'écart et séparés du reste par une route et des coins de verdure, où on avait mis quelques jeux pour les enfants. Il dit au revoir à tout le monde avant de sortir, respirant un peu mieux en marchant dans les ries du village. Laura allait sans doute rester enfermée toute la journée, comme d'habitude. Il leva les yeux au ciel en s'éloignant de la maison, refermant sa veste et observant les rues si familières de Gray. Il était assez frustré que ce village, qui lui donnait autrefois le sentiment d'un second foyer, lui rendait aujourd'hui une impression presque menaçante.

Arrivant à la caserne, il présenta sa carte d'identité à l'entrée de côté, celle qui amenait directement aux immeubles d'habitations, saluant le soldat qui était à l'entrée et qui le fit passer. La lourde porte grillagée se referma derrière lui dans un claquement sourd et un bruit de serrure que l'on verrouille, le soldat reprenant aussitôt son attitude bien droite et vigilante. Jasper sortit la petite feuille où il avait noté le numéro de l'immeuble et l'étage où vivait Adeline, avec son père, ainsi que le numéro de leur appartement. Il était assez mal à l'aise d'être ici, même si le trajet était rapide. Entrant dans l'immeuble en retrait près d'un parc minuscule, il grimpa les étages avant de trouver l'appartement qu'il visait, frappant à la porte. Adeline vint lui ouvrir très peu de temps après, le faisant entrer puis se blottissant dans ses bras. Il la serra contre lui en tâchant d'évacuer toute la tension qui l'habitait, l'embrassant sur la joue. Il dit ensuite bonjour à son père, qui lui semblait très réservé. Hum, il ne devait pas apprécier l'idée qu'un garçon tourne autour de sa fille. Fille qui reprit son attention en posant une main sur sa joue, lui demandant en quelques gestes comment il allait, étant donné qu'il avait eu des ennuis, récemment, en cours d'élément.

– Ce n'était pas très grave, tu sais, lui sourit-il. Je n'étais pas concentré et mal dormi, du coup mon don m'a échappé. La prof était à côté donc elle a aussitôt contrôlé le dérapage. Mais je vais mieux, ne t'en fais pas.

Il lui frotta un peu le dos pour la rassurer, se proposant ensuite pour aider à faire le repas. Le père d'Adeline lui dit dans un demi-sourire de ne pas brûler le poisson, tout en leur passant des petites choses à faire. Se détendre, respirer, c'était tout ce qui comptait. Il prépara le repas avec eux en faisant très attention et en répondant à l'interrogatoire assez discret mais ferme que lui faisait passer le père d'Adeline, apparemment bien décidé à vérifier si Jaz était assez bien pour sa fille. Comment il avait été élevé, dans un premier temps, s'il était du genre turbulent ou non, puis comme se passait sa scolarité au pensionnat. Adeline avait un peu rougi, riant en douce tout en mettant le couvert, pendant que Jasper essayait d'expliquer une de ses bêtises « connues », même ici, trouvant les bons mots avec un peu de peine. Il finit par y parvenir, au bout de dix minutes à se faire interroger, encouragé du regard par Adeline. Restait à savoir s'il avait gagné assez de point pour que monsieur Brian ne se méfie plus de lui, ou du moins, plus beaucoup. Un bon père s'inquiétera à vie pour ses enfants, même pour des choses innocentes.

Une fois à table, l'ambiance se détendit un peu. Tout en buvant un peu d'eau, il remarqua une photo, posée sur une petite table à côté, montrant une femme très élégante et plutôt belle, qui souriait doucement au photographe. Elle était jeune, peut-être vingt-cinq ans tout au plus ou un peu moins, respirant la délicatesse. Le commandant surprit son regard et lui expliqua qu'il s'agissait de la mère d'Adeline. Il hocha la tête pour le remercier, n'osant guère s'aventurer plus sur ce terrain, ce ne devait pas un sujet très simple. Il enchaîna plutôt sur des sujets de conversation plus bateaux, parlant aussi un peu de l'actualité, utilisant le langage des signes pour échanger aussi avec Adeline. Leur moyen de communication habituel était l'écrit, parfois plus rapide et discret, bien qu'il doute que beaucoup de personnes dans l'école comprennent le langage des gestes et des regards. A la fin du repas, le père d'Adeline leur annonça qu'il les laissait, ayant du travail. Les deux adolescents débarrassèrent puis rangèrent tout, avant de faire la vaisselle et passer le balai. Le jeune homme était parvenu à se détendre un peu, sentant facilement à quel point il avait les muscles noués.

– Qu'as-tu envie de faire aujourd'hui ? Demanda-t-il à sa petite amie en s'essuyant les mains. Je pensais qu'on pouvait rester tranquilles, juste tous les deux, mais on peut aussi sortir, si tu en as envie. Aller à Anciers voir un film, cet après-midi, par exemple ?

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Adeline Brian
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MessageSujet: Re: Week-end entre adolescents   Dim 27 Mar - 15:52

– Ce n'était pas très grave, tu sais, lui sourit-il. Je n'étais pas concentré et mal dormi, du coup mon don m'a échappé. La prof était à côté donc elle a aussitôt contrôlé le dérapage. Mais je vais mieux, ne t'en fais pas.

Elle lui sourit lorsqu'il lui frotta le dos, le suivant ensuite dans la cuisine pour aider son père à préparer le repas. Père qui en profita pour questionner le jeune homme en long et en large, ce qui faisait rire Adeline. Il lui avait toujours dit qu'il refusait qu'une personne mauvaise l'approche et avait toujours fait subir un interrogatoire serré à tous les garçons ayant approchés de près ou de loin à sa fille. Elle était assez attendrie, lorsqu'il faisait ça, c'était une nouvelle preuve qu'il tenait vraiment à elle et l'aimait, elle était très reconnaissante de tout ce qu'il avait fait pour elle, afin qu'elle grandisse au mieux. Lavant les légumes puis les coupant, elle les passa à son père dans un saladier, s'essuyant les mains avant d'embrasser rapidement Jasper sur la joue au passage. Elle était bien, lorsqu'il était à côté d'elle, il complétait son petit univers, stable depuis quelques années déjà, venant y ajouter la touche de l'amour. Elle était déjà sortie avec deux ou trois garçons, sans que cela n'aille bien loin. Des amourettes d'adolescent, rien de sérieux, plus un amusement qu'un véritable amour. Avec Jasper, elle ignorait si cela allait durer et ne se posait pas la question. Cela durera le temps que ça durera, inutile de se prendre la tête avant cela en se posant trop de questions. L'avenir leur dira s'ils étaient faits pour rester ensemble des mois, des semaines, des années. Ne pas se poser de question et avancer, voilà ce qu'ils devaient faire. Elle échangea quelques regards avec lui en mettant le couvert sur la table, replissant un pichet d'eau fraîche. Une bonne odeur avait envahi leur petite cuisine, ils allaient pouvoir passer à table.

Posant le pichet sur la table, elle s'assit à côté de son père et face à Jasper, grignotant un peu de pain avant de commencer à manger. Son père était passé à d'autres sujets, interceptant tout à coup le regard que Jasper posa sur la photo au bout de la table, l'informant qu'il s'agissait de son ex-femme. Il en s'attarda guère sur le sujet, tandis qu'Adeline avait elle aussi jeté un regard à la photo. Son père n'en avait jeté aucune, il devait sans doute encore l'aimer. Elle-même était plutôt indifférente. Ni regret, ni colère, ni attachement, rien. Cette femme lui avait donné la vie puis était partie vers une autre vie plus stable et heureuse, avait eu d'autres enfants, tant mieux pour elle, en un sens. Adeline avait eu son père auprès d'elle et avait toujours été aimée, elle n'en demandait pas plus. Répondant à son père et son petit ami par des signes, au cours de la conversation, elle toussa un peu en se brûlant le bout de la langue, buvant de l'eau pour faire passer. Après le repas, son père les laissa, devant retourner au travail. Elle lui fit la bise sur la joue pour lui dire au revoir, débarrassant ensuite la table avec Jasper. Il passa le balai et elle fit la vaisselle, la lui passant pour qu'il l'essuie. Ils se parlaient plus par le regard et des sourires qu'avec des signes, dans ce langage assez particulier qu'on gagnait à force de la pratiquer et connaître au mieux l'autre personne. Une fois le rangement et le ménages terminés, elle se tourna vers lui, savourant le fait qu'ils soient seuls et tranquilles, tous les deux.

– Qu'as-tu envie de faire aujourd'hui ? Demanda-t-il à sa petite amie en s'essuyant les mains. Je pensais qu'on pouvait rester tranquilles, juste tous les deux, mais on peut aussi sortir, si tu en as envie. Aller à Anciers voir un film, cet après-midi, par exemple ?

Un film... Demain, peut-être. Elle passa ses bras autour de lui pour se blottir contre lui, nichant sa tête dans le creux de son cou. Sortir serait sympa, oui, pourquoi pas un peu plus tard ? Ils avaient quelques heures tranquilles, pour le moment, juste tous les deux, elle avait envie d'en profiter, ayant envie d'un câlin. Il referma les bras sur elle, la serrant contre lui. Étreinte qui suffit à la rassurer en un seul instant, elle se laissa aller contre son petit ami, les yeux fermés, n'ayant pas la moindre envie de bouger pour le moment. Ce en fut que quelques instants plus tard qu'ils remuèrent enfin pour s'installer tous les deux dans le canapé, après avoir enlevé leurs chaussures. Elle posa une main sur la joue du jeune homme avant de l'embrasser doucement sur les lèvres, les yeux fermés, profitant de l'instant présent. Il n'y avait guère besoin de parler, en cet instant, pour qu'il comprenne qu'elle l'aimait et était bien, dans ses bras. S'écartant d'un centimètres, elle posa ensuite son front contre le sien, sa main sur sa nuque, un léger sourire aux lèvres. Elle remua les lèvres, lentement pour qu'il puisse y lire ce qu'elle voulait, pour lui dire qu'ils pouvaient aller au cinéma à Anciers, ou bien aller manger une crêpe à Gray et s'amuser, comme il le voulait.

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Week-end entre adolescents   Ven 8 Avr - 14:53

Jasper lui rouvrit les bras lorsqu'elle vint s'y blottir, fourrant sa tête tout contre lui. Il la serra contre lui assez, fort, veillant cependant à ne pas lui faire mal, fermant les yeux en posant la joue contre ses cheveux. Allez, on se détend, tout allait bien... Ils étaient seuls et pouvaient en profiter pour s'amuser, personne à les surveiller ni à leur faire de remarque, que demander de plus ? Ils restèrent un long moment à se câliner ainsi, sans bouger ni rien dire, juste à se serrer dans les bras l'un de l'autre. Jasper aurait aimé que tous les jours soient ainsi, tranquilles et sans avoir à se soucier de quoi que ce soit, et surtout pas de la guerre. l'avenir l'effrayait, la situation actuelle aussi, il était perdu. Bougeant enfin, il se pencha pour enlever ses chaussures avant de s'installer dans le canapé avec Adeline. Là aussi, il vit une photo de sa mère, ne notant aucune ressemblance avec sa petite amie, sinon leurs yeux, très semblables, ce qui était plutôt troublant. Il lui sourit lorsqu'elle posa une main sur sa joue puis l'embrassa doucement. Au diable, les ennuis, ils avaient bien le droit de se comporter comme deux adolescents, voulant juste être ensemble. Ils s'embrassèrent longuement avant qu'elle ne s'écarte un peu, lui laissant le temps de lire sur ses lèvres, ce qu'il eut un peu de mal à faire au début. Il était encore temps d'aller à Anciers, oui, la navette partait de la gare à quinze heures. Mais profiter du parc serait bien aussi, non ?

– On va faire un tour au village ? proposa-t-il.

Il tendit les bras pour refaire un câlin avant de bouger, se sentant plus détendu lorsqu'ils en était au stade "Tranquillité, plus remuer". Se bougeant enfin, il remit ses chaussures et sa veste, prenant la main de sa petite amie avant de sortir. Gray n'était pas bien éloigné de la caserne, ils y furent en très peu de temps. Le village était aussi paisible que n'importe quel bourg de France, un samedi après-midi, autrement dit, avec les grands-pères et grands-mères installés sur les bans à critiquer tout le monde et parler de leur jeunesse, les terrasses de café accueillant les touristes de passage et les commerçants discutant avec leurs clients. Ils s'achetèrent chacun une crêpe au chocolat avant d'aller s'asseoir sur le rebord de la petite fontaine, au milieu de la place, pour la manger. C'est à ce moment-là qu'il se souvint qu'Antoine et Laura étaient eux aussi censés être au village, cet après-midi. Il n'avait pas envie de les croiser, pas après les derniers jours, ni même de les voir, seulement, l'un comme l'autre. Il parla un peu à Adeline de la vie qu'ils menaient maintenant, plus en détails, avec le prof qui leur parlait et qui vérifiait l'évolution de leurs notes.

– Paraît qu'on va partir dans sa famille, pour les vacances qui viennent. Comble de la joie, je n'ai vraiment pas envie de quitter le pays, surtout pour aller là-bas. C'est... assez bizarre de vivre dans une maison où on fait attention à ce que tu fais ou dit, en fait. Le prof pense qu'on peut s'y habituer vite et j'ai du mal à le croire.

Il haussa un peu les épaules, tout en mangeant un bout de crêpe. Au fond, il n'y croyait pas du tout, on n'effaçait pas comme ça seize années de vie dans un seul claquement de doigt, c'était impossible. Une fois qu'il sera majeur, il partira de la maison et cherchera du travail, trouvera son indépendance. Une certaine impatience le prenait lorsqu'il y réfléchissait, il avait envie d'être enfin adulte.

– Je n'arrive pas à comprendre, avoua-t-il ensuite. Comment peut-on vouloir d'un enfant si... Comment on peut en arriver là ? Comment tu peux en arriver à haïr ton propre enfant ?

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Adeline Brian
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MessageSujet: Re: Week-end entre adolescents   Lun 2 Mai - 12:30

– On va faire un tour au village ? proposa-t-il.

Hum, oui, pour prendre le soleil et se détendre, elle était bien d'accord. Souriante, elle se remit dans le creux de ses bras lorsqu'il quémanda un autre câlin, nichant sa tête dans le creux de son cou. Ils restèrent blottis l'un contre l'autre un moment avant de bouger enfin, glissant du canapé pour remettre leurs chaussures. Il y avait des week-ends où elle pouvait passer tout l'après-midi dans l'appartement à lire, protégée dans une petite bulle où elle partait bien loin d'ici avec les personnages de ses romans. Tout un pan de sa chambre était consacré à ça, elle avait deux bibliothèques occupant deux murs entiers, remplis des livres qu'avait lu son père étant jeune, ceux qu'il lui avait acheté, qu'elle s'était acheté seule, qu'on lui avait offert lors des anniversaires ou à Noël, qu'elle avait trouvé d'occasion dans des brocantes ou parfois des bouquins dont d'autres ne voulaient plus et qui avaient fini entre ses mains. Elle pouvait lire de tout et n'importe quoi, tant qu'elle avait un peu de temps devant elle. C'était calme, ici, son père n'était pas souvent là le week-end et elle avait pris l'habitude s'occuper toute seule.

Main dans la main avec Jasper, ils quittèrent l'appartement puis la caserne, marchant tranquillement jusqu'au village. Sa main gauche dans celle de son petit ami et l'autre fourrée dans la poche de sa veste, elle sourit légèrement en voyant le visage, jugeant qu'il s'agissait d'un des endroits les plus agréables où elle avait pu se poser et vivre, depuis sa petite enfance. Elle fit un signe à un petit papi qu'elle connaissait bien et qui passait parfois prendre un thé chez eux, très gentil et qui ne s'occupait pas qu'ils vivent à la caserne ou non. Lui aussi avait connu la Grande Guerre, les tranchées, il savait très bien qu'il y avait des abrutis partout, pas uniquement dans l'armée. Il leur sourit lorsqu'ils passèrent devant sa maison, occupé à bêcher son jardin devant chez lui, un petit chapeau en toile sur la tête pour se protéger du soleil. Ils s'arrêtèrent chez l'épicier qui vendait des crêpes, le samedi après-midi, en prenant chacune au chocolat. S'installant ensuite sur le rebord de la fontaine, sur la place, elle se mit un peu de chocolat sur les doigts en mangeant un bout, se léchant le pouce. Elle écouta Jasper parler un peu du sous-directeur, trouvant encore étrange qu'il vive chez lui, maintenant.

– Paraît qu'on va partir dans sa famille, pour les vacances qui viennent. Comble de la joie, je n'ai vraiment pas envie de quitter le pays, surtout pour aller là-bas. C'est... assez bizarre de vivre dans une maison où on fait attention à ce que tu fais ou dit, en fait. Le prof pense qu'on peut s'y habituer vite et j'ai du mal à le croire.

Adeline pensait aussi qu'il s'habituera vite, c'était normal qu'il ait un peu de mal pour le moment, après ce qu'il avait vécu avec son abruti de père, le changement devait être drastique. Elle en connaissait pas bien le sous-directeur, n'ayant pas arts martiaux comme option, – elle avait choisi latin – c'était un prof qu'elle en voyait que de loin, de temps en temps, n'ayant jamais eu affaire à lui. Ce n'était pas une bonne nouvelle qu'il parte avec tout le monde au Japon ? Elle avait rencontré sa famille, là-bas, ils étaient plutôt gentils. Avec Victoire, elles avaient surtout côtoyé Genji et une des sœurs du prof, Himako, douce et très gentille, cette femme avait un cœur en or, Adeline l'avait beaucoup appréciée. Jasper allait sûrement bien l'aimer aussi, elle en était certaine. Avec ça, elle était souriante, avait aussi un don et savait s'amuser, donc ça ne pourra que bien se passer. En plus de ça, c'était joli, là-bas, très calme.

– Je n'arrive pas à comprendre, avoua-t-il ensuite. Comment peut-on vouloir d'un enfant si... Comment on peut en arriver là ? Comment tu peux en arriver à haïr ton propre enfant ?

Elle ne savait pas trop... Posant sa crêpe sur ses genoux, en essayant de ne pas se tâcher, elle eut un moment d'hésitation puis répondit en gestes assez lents qu'elle ne savait pas trop, pensant simplement qu'il existait des personnes qui n'étaient pas faites pour avoir des enfants, car elles ignoraient comment les élever ou ne savaient pas faire la différence entre la manière d'éduquer un petit et discipliner un adulte. Elle s'interrompit un instant, les bras contre elle, puis eut un maigre sourire, ajoutant ensuite que le voyage au Japon lui plaira sûrement. Elle tâcha de lui détailler un peu plus ce qu'ils avaient fait, avec Victoire et Genji, puis lui parla plus longuement d'Himako, avec qui les deux lycéennes avaient aussi passé mal de temps. Tout ira très bien, elle en était persuadée ! Lui ébouriffant les cheveux avec un sourire, elle reprit sa crêpe pour la manger, profitant du soleil sur son visage. Ce serait bien si tous les jours pouvaient être comme ça, sans avoir besoin de se soucier de quoi que ce soit. Terminant sa crêpe, elle tapota l'épaule de Jaz pour attirer son attention, lui désignant le parc. Ils pourraient aller se balader, jouer aux échecs ou juste faire une sieste au soleil, comme il voulait.

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