1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Dîner entre professeurs

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Dîner entre professeurs   Mer 23 Avr - 14:33

La journée touchait à sa fin, mais avait bien remplie. Les salles de cours se vidaient peu à peu, les professeurs rangeaient leurs affaires, les élèves allaient se changer, tout le monde traînait dans les couloirs en bavardant, certains se rendaient dans les salles d'études pour faire leurs devoirs, à la bibliothèque pour étudier. Estelle, son fils dans les bras, avait terminé ses cours depuis un moment déjà, après un devoir donné à ses élèves de troisième. Elle était dans la chapelle, le regard levé vers les vitraux. Serrant son fils contre elle, elle se remémorait son mariage, les joues rosies d'émotions. Ce jour avait en quelque sorte marqué son entrée dans une vie stable et d'amour. Elle était devenue une femme de bonne fréquentation, elle, la gitane qu'on ne considérait pas mieux qu'une prostituée jusqu'à alors.

Son bébé de six mois suçait sa tétine sans tenir compte de ce qu'il y avait autour de lui, juste occupé à téter en s'accrochant au cardigan de sa mère avec ses petits poings. Estelle posa une main douce dans son dos pour le soutenir et déposa un baiser plein d'amour sur le sommet de son crâne, couverts de cheveux blonds. Elle allait bientôt le faire baptiser. Elle voulait que son fils embrasse à son tour la religion qui était celle de ses parents. Elle avait toujours été très croyante. François entra à ce moment-là dans la chapelle et elle lui sourit.

François - Alors, tu as choisi une date ?

- Oui, je vais en parler au Père Vilette.

Il prit son fils dans ses bras puis l'embrassa longuement. Elle sentit, comme à chaque fois, un long frisson la parcourir. Il emmena Wyatt dans leurs appartements, voulant manger rapidement et travailler, et ainsi s'occuper de Wyatt en même temps. Estelle embrassa tous les deux puis se rendit au réfectoire. S'il n'y avait pas tous ces soldats, tout irait pour le mieux. Mais son mari lui avait assuré qu'elle n'avait rien à craindre.

La plupart de ses collègues étaient déjà arrivés lorsqu'elle s'assit à son tour. Ils prenaient rarement le temps de dîner au même moment et de bavarder. Alors qu'ils étaient assis les uns en face des autres, autour d'une même et longue table en bois de chêne, très solide. Elle dit bonsoir à tout le monde, en ayant l'impression de sentir encore l'odeur de son bébé. Estelle avait un besoin quasiment physique d'avoir des enfants près d'elle, à s'occuper, dans ses bras ou non.

- Alors, vos élèves ont été sages, aujourd'hui ? Si vous me dites oui, je crois que je me pendre. Je ne les ai jamais vu si agités. Et certains plus que d'autres.

Elle fit passer la soupière de soupe, toujours souriante et fraîche comme une rose.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Dîner entre professeurs   Dim 27 Avr - 18:10

Journée fatigante... Daniel avait hâte de remonter dans ses appartements et se plonger dans un bon très chaud avec délectation. Il organisait en ce moment une compétition de foot entre les classes du lycée et cela lui demandait une énergie considérable, étant donné que la plupart de ses élèves n'avaient pas vraiment l'esprit sportif, sans compter ceux qui refusaient de jouer avec ou contre les filles, et ainsi de suite. Fatigant, vous dit-on ! Mais soit, il n'était pas homme à se laisser démoraliser et vaquait à sa tâche avec sa bonne humeur habituelle. Après tout, pour lui, filles comme garçons devaient se dépenser et il n'y avait as de place pour la séparation sexuelle dans les équipes qu'il avait constitués.

Il repassa chez lui pour une toilette rapide et se changer avant de manger. Il tenait à toujours bien paraître, car l'image qu'on donnait de soi était importante. Et puis, peu de chances que ses collègues apprécient d'être assis à côté d'une personne empestant la sueur... Il en était à ses réflexions lorsqu'une autre vint flotter dans son esprit. Il était encore jeune, mais depuis quelques temps, Daniel se demandait s'il n'était pas temps pour lui de trouver une femme avec qui partager sa vie, une femme à qui donner des enfants... L'idée de fonder une famille lui trottait dans la tête depuis un moment, il se sentait prêt à avoir et chérir tout un tas de petites têtes blondes qui lui courront dans les jambes.

Il descendit dans le réfectoire, saluant son collègue Julianno, autre professeur de sport, qui descendait avec sa jambe raide. Cet homme, plus âgé que Daniel et ancien combattant, l'avait toujours beaucoup impressionné. Aux yeux du jeune homme, il était un modèle à suivre, quelqu'un qu'il admirait, qu'il respectait profondément. Le seul collègue qu'il persistait à vouvoyer, en dehors de la directrice. Enfin, avec elle, c'était différent. Outre le fait qu'elle soit sa supérieure hiérarchique, elle était aussi un tantinet effrayante. Il échangea quelques mots et banalités avec Julianno, évitant les élèves qui couraient partout.

- Oui, j'ai vu ça lors du deuxième match, dit-il en se dirigeant vers le réfectoire. Mais si on change simplement de terrain demain, ça devrait aller.

Il s'assit à côté de son collègue et salua les autres. La table se remplit peu à peu et Daniel sentit sa faim se raviver. Il se dépensait beaucoup et mourrait de faim à chaque repas. Il était assis juste en face d'Estelle, image même de la douceur. C'était cette femme, plus que tout autre, qui avait fait fleurir en lui l'envie d'être père à son tour.

- Alors, vos élèves ont été sages, aujourd'hui ? Si vous me dites oui, je crois que je vais me pendre. Je ne les ai jamais vu si agités. Et certains plus que d'autres.

Il eut un petit rire en attrapant la soupière. Des "élèves agités" était un pur pléonasme ! Il prit deux tranches de pain et en mit des morceaux dans sa soupe, indifférent au bruit infernal et habituel que faisaient tous les élèves en mangeant.

- Ces gamins sont toujours agités. Vous auriez vu le cirque que m'ont faits certains parce qu'ils avaient des filles dans leur équipe ! Un véritable calvaire.

Il n'en revenait toujours pas, d'ailleurs. Il sourit avec un regard entendu puis avala un peu de soupe, se brûlant la gorge au passage. Il manqua de s'étouffer et toussa un moment dans sa serviette, les yeux brillants.

- Hum, pardon. En tout cas, je n'arrive pas à les épuiser assez pour qu'ils se tiennent tranquilles en cours. Et toi, Sarah, qu'en dis-tu ?

Il tourna la tête vers sa collègue Anglaise, tout en tournant son pain dans sa soupe avec sa cuillère.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Dîner entre professeurs   Mar 29 Avr - 16:54

La journée touchée à sa fin, Sarah souffla dans ses appartements en attendant le diner au réfectoire. Sa journée de boulot avait été longue, elle n'en avait pas vu le bout, mais là c'était bon, c'était enfin fini.

Sarah se prit une douche puis s'habilla pour le diner. Une fois prête elle se dirigea vers le réfectoire, elle salua tous ces collègues et s'assit. Estelle arriva peu après elle, elle les salua et s'assit elle aussi, puis commença à engager la conversation :

- Alors, vos élèves ont été sages, aujourd'hui ? Si vous me dites oui, je crois que je me pendre. Je ne les ai jamais vu si agités. Et certains plus que d'autres.

Elle donna la soupière aux collègues tout en restant souriante.

Sarah regarda son assiette, oui, les élèves étaient énervés aujourd'hui. Daniel son collègue, professeur de sport et très séduisant rit et parla :

- Ces gamins sont toujours agités. Vous auriez vu le cirque que m'ont faits certains parce qu'ils avaient des filles dans leur équipe ! Un véritable calvaire.

Sarah sourit, les élèves ne changeraient pas. Daniel sourit lui aussi, prit une cuillère de soupe, mais se brûla, il toussa dans sa serviette. Après quelques instants, il reprit :

- Hum, pardon. En tout cas, je n'arrive pas à les épuiser assez pour qu'ils se tiennent tranquilles en cours. Et toi, Sarah, qu'en dis-tu ?

Il la regarda, Sarah rougit un peu car, pour calmer ses élèves, elle n'était pas du tout bien placée.

- Eh bien, chez moi aussi ils font un vacarme, mais ce n'est pas nouveau.

Elle s'arrêta là, si elle en disait plus, ça se retournerait encore contre elle.

Elle prit du pain et en mangea un morceau, ce soir, elle ne voulait pas parler des élèves et décida de parler d'autres choses :

- Alors, Estelle, comment va ce petit bout de chou ? Il a l'air de se porter comme un charme !

Sarah lui sourit, elle aurait aimé restait la marraine de ce cher Wyatt.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Dîner entre professeurs   Jeu 1 Mai - 17:52

Estelle essuya très vite la petite tâche qu'elle avait fait tomber sur la table de bois pour éviter d'en étaler partout. Et aussi pour éviter de tâcher le corsage que son mari lui avait offert. Elle voulait passer une soirée calme, aussi calme que possible, du moins, surtout après les récents événements ! Elle en tremblait encore, et c'était bien pour cela qu'elle avait insisté pour que tous mangent ensemble ce soir.

Daniel - Ces gamins sont toujours agités. Vous auriez vu le cirque que m'ont faits certains parce qu'ils avaient des filles dans leur équipe ! Un véritable calvaire.

Elle eut un petit sourire qui se transforma en grimace lorsque son collègue se brûla et s'étouffa avec sa soupe. Elle lui tendit un peu de mie de pain pour sa langue et une autre serviette, inquiète. Oui, même avec ses collègues, elle avait des instincts protecteurs, et ensuite ? Si elle le pouvait, Estelle voudrait avoir une dizaine d'enfants, mais elle n'était pas certaine que François soit d'accord... Et pourtant, ce serait son rêve. Une maison en pleine campagne, avec pleins d'enfants courant autour d'elle te dont elle pourrait s'occuper avec tout l'amour du monde. Leur collègue reprit son souffle, les larmes aux yeux.

Daniel - Hum, pardon. En tout cas, je n'arrive pas à les épuiser assez pour qu'ils se tiennent tranquilles en cours. Et toi, Sarah, qu'en dis-tu ?

Estelle jeta un œil sur la longue table, pour voir qui était absent ou non. Bien évidemment, Gabriella n'était pas là. Ce qui s'était passé en début d'après-midi avait dû la choquer profondément. Et ces monstres ! Elle en tremblait encore, bien qu'on lui fait le récit il y a déjà quelques heures. Plusieurs coups de poignard... Ils auraient pu la tuer ! Faire ça alors qu'elle était enceinte ! Fallait-il être lâche !

Sarah - Alors, Estelle, comment va ce petit bout de chou ? Il a l'air de se porter comme un charme !

Elle sursauta légèrement et sourit à son tour en hochant la tête, tirée de ses pensées la peur était toujours là, flottant autour d'eux. Elle s'efforça de se redresser et de ramener un peu de couleur sur ses joues. Il ne fallait pas se laisser abattre ou ils ne s'en sortiront jamais. Elle regarda à nouveau les places vides de Gaby, Cyprien, et Adrien. Ils étaient sûrement à son chevet pour la soigner. Adrien, c'était son boulot, mais elle trouvait curieux et mignon que Cyprien prenne tout cela autant à cœur.

- Nous comptons le faire baptiser très bientôt ! Je dois encore parler de la cérémonie avec le Père Vilette. Il grandit si vite, notre petit.

Elle reposa sa cuillère, toujours un peu tendue. Ils devaient faire quelque chose, mais quoi ? Elle croisa le regard de Sarah, une lueur d'inquiétude flottant toujours au fond de ses yeux. Même sans se battre, ils pouvaient agir, rendre l'atmosphère moins pénible à supporter.

- Nous devrions passer voir Gabriella, non ? Je me doute qu'elle se repose, mais au moins pour montrer notre soutien. Elle a reçu beaucoup de coups de couteau...

Estelle eut un violent frisson, tant cette pensée l'horrifiait. Et elle était enceinte ! Sa colère redoubla contre les trois soldats qui lui avaient infligés ces blessures. Attaquer une femme enceinte, c'était odieux ! Et on ignorait toujours leurs raisons. Une rougeur s'empara de ses joues et elle fronça les sourcils.

- Et dire qu'elle est enceinte de six mois, murmura-t-elle.

Elle prit une longue inspiration, complètement déboussolée.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Dîner entre professeurs   Mer 14 Mai - 22:10

Edouard faisait lentement tourner sa cuillère dans son assiette de potage en n'écoutant que d'une oreille distraite les bavardages de ses collègues. Plongé dans ses pensées, il touchait à peine au repas, préoccupé. Ce qui se passait au pensionnat était inquiétant, mais lui voyait aussi la situation qui s'étendait à toute la France. Le Gouvernement avait beau prononcer tous les discours qu'il voulait, personne ne pouvait plus nier la réalité ! Edouard avait entendu parler de ces trois personnes, des évadés d'un hôpital psychiatrique, et qui avaient clamé leur bon état d'esprit et que l'endroit où ils étaient bouclés était tout sauf un véritable centre de soin. Et comme par hasard, tous possédaient un don...

Estelle arriva tout à coup et les salua. Le jeune homme lui rendit son sourire et un hochement de tête. Sa collègue avait l'art de donner des pensées joyeuses juste en s'arrêtant à côté d'eux, tant elle était maternelle et douce. Comment ne pas l'aimer ? Edouard aimait bien ses collègues, de toute manière, mais certains étaient assez... agaçants. De même qu'il avait du mal à supporter les gens qui restent assis sur leur chaise sans bouger lorsqu'il y a un souci à régler quelque part.

- Alors, vos élèves ont été sages, aujourd'hui ? Si vous me dites oui, je crois que je me pendre. Je ne les ai jamais vu si agités. Et certains plus que d'autres.

Il haussa les épaules, dans un mouvement qui n'engageait à rien. Lui n'avait jamais été trop gêné par une discipline plus relâchée dans les salles de classe. Ces gosses avaient besoin de bouger, surtout à leur âge, et rester assis des heures était proprement ennuyeux. Il laissa les autres discuter et parler de tout ça, toujours en remuant sa soupe sans la manger.

- Eh bien, chez moi aussi ils font un vacarme, mais ce n'est pas nouveau.

Il retint un sourire discret, ne voulant pas vexer sa jeune collègue. Ah ça oui, en effet, c'était tout sauf nouveau ! tous ici avaient eu vent des quelques petits incidents survenus en cours de maths, toujours par la même faute d'un même élève, et même si lui trouvait ça drôle, il ne le montrait pas à Sarah. Hors de question de la démoraliser, ce n'était pas son genre. Cependant, à son grand soulagement, elle fit dériver la conversation ailleurs que sur leurs chers têtes blondes. Estelle, elle, semblait tout à coup plus pâle...

Edouard suivit son regard et s'arrêta sur la chaise qu'occupait la directrice habituellement, ainsi que celle de Cyprien, et celle du petit-ami-futur-fiancé-on-espérait-enfin de Sarah. Son estomac se contracta lorsqu'il songea à ce qui s'était passé en début d'après-midi. Il donnait cours à ses élèves de terminale lorsqu'il avait entendu des hurlements, puis à la pause, des élèves paniqués avaient racontés partout qu'on avait retrouvé la directrice blessée et recouverte de sang. Il retint un frisson, anxieux.

- Nous devrions passer voir Gabriella, non ? Je me doute qu'elle se repose, mais au moins pour montrer notre soutien. Elle a reçu beaucoup de coups de couteau...

Elle se reposait... Hum, là, Edouard avait de sérieux doutes. La directrice allait-elle vraiment se reposer ? Il la connaissait un peu, et selon lui, elle était plus du genre à sauter de son lit sitôt réveillée pour aller massacrer ses agresseurs plutôt que de laisser ce plaisir à d'autres ! Il était d'ailleurs étonnée de ne pas avoir déjà entendus d'autres cris de souffrance venant du parc. Peut-être qu'un autre petit orage...

- Et dire qu'elle est enceinte de six mois.

Edouard approuva avec force, à présent plein d'une ardeur vengeresse qu'il en prit même pas la peine de dissimuler. Son côté chevalier romantique refaisait brusquement surface, ce qui le fit se lever d'un bond et embrasser la table des professeurs d'un grand geste de la main.

- Tu as raison, Estelle ! déclara-t-il en levant sa tasse de café pour la saluer. En tant que membres du corps professoral, c'est un devoir, que dis-je, un honneur, que de rendre visite à notre supérieure hiérarchique ! Et de la soutenir lors de sa vengeance contre ces ignobles brutes ! Et... oups.

Il rougit en voyant qu'avec son geste, il venait de renverser l'intégralité de sa tasse de café sur Sarah. Il se rassit aussitôt et s'empara d'une serviette pour éponger, plus gêné que jamais.

- Désolé ! Désolé, je... Vraiment navré.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Dîner entre professeurs   Mar 20 Mai - 11:40

"Va mourir, connard !"

C'est sur cette phrase fort élégante et poétique qu'Emma mit un point final à sa lettre, la cachetant ensuite avec force. C'était vrai, quoi ! Elle ne comprenait même pas comment ce gros porc pouvait seulement oser continuer à lui écrire, après ce qui s'était passé ? Tout ce qui l'intéressait, c'était le sexe et rien d'autre, il n'avait que ça en tête. Et Emma voudrait rêver d'autre chose, elle ! Oui, elle entamait à peine sa vie de femme, mais une fois vos études terminées, votre carrière lancée, une fois que vous êtes installé, pourquoi ne pas se soucier d'autre chose ? Non, elle ne voulait pas d'enfants, pas déjà, ni de mari. Mais un petit ami, ce serait pas mal.

Autour d'elle, ses collègues corrigeraient des copies, préparaient les cours du lendemain, tout en bavardant, insouciants. Humph. Elle ne comprenait vraiment pas comment ils pouvaient être si insouciants ! La rumeur courait que le jeune Karinof avait encore été frappé, sans compter l'agression de la directrice. Il fallait être dingue pour attaquer cette femme, tout le monde savait qu'elle allait se venger ! Pas comme si son don n'était pas électrique... Quand aux autres, mon Dieu, parfois, leur niveau de combativité la laissait pantoise. Comme Sarah, elle était adorable, mais pas très portée sur les attaques. Estelle, même chose. Alice ? Hum, autant l'avouer, cette femme lui collait la trouille, à elle. Elle était déterminée, mais son regard était effrayant ! Pas comme Daniel, qui lui était bien plus mignon et souriant.

S'étirant longuement, elle finit par descendre, poster sa lettre, et se rendre au réfectoire. Elle avait une faim de loup, et espérait aussi que Adrien ou Cyprien soient là, pour qu'elle puisse leur demander comment allait leur directrice. mais leurs places étaient vides, signe qu'ils étaient encore à l'infirmerie. Elle s'assit près de Sarah avec un petit soupir. Oh, jolie robe ! Leur collègue de maths se fringuait toujours très bien, Emma était admirative. Il faudra qu'elle lui demande des conseils.

Sarah - Eh bien, chez moi aussi ils font un vacarme, mais ce n'est pas nouveau.

N'ayant pas suivi la conversation, Emma ne comprit pas tout de suite ce qui était nouveau. De quoi parlait-elle, au juste ? Mais elle n'eut pas le loisir de comprendre car la conversation vint ensuite sur le bébé d'Estelle. Emma ne put s'empêcher de sourire, adorant lorsque la jeune mère emmenait son enfant en salle des professeurs. Il était mignon à croquer, on ne pouvait que rêver de le serrer dans ses bras et le câliner.

Estelle - Nous devrions passer voir Gabriella, non ? Je me doute qu'elle se repose, mais au moins pour montrer notre soutien. Elle a reçu beaucoup de coups de couteau...

Un petit silence plana sur la table. tous se demandaient comment on pouvait oser s'en prendre ainsi à une jeune femme, à trois contre un, et à une femme enceinte, de surcroît ! Et si le choc lui avait fait perdre ses enfants ? Hum, oui, d'accord, ce n'était pas exactement le genre à être choqué par ce genre d'événements, plutôt le genre à réagir très vite et violemment, le genre à prendre elle-même un poignard et à courir arracher la tête de ses agresseurs avant de les griller sur-place, mais tout de même ! Edouard se leva tout à coup brusquement en brandissant sa tasse de café, la faisant sursauter. Qu'est-ce qu'il avait ?

Edouard - Tu as raison, Estelle ! En tant que membres du corps professoral, c'est un devoir, que dis-je, un honneur, que de rendre visite à notre supérieure hiérarchique ! Et de la soutenir lors de sa vengeance contre ces ignobles brutes ! Et... oups.

Le contenu de la tasse s'était d'un coup renversé sur Sarah, détruisant le haut de sa robe. Ah bah bravo, franchement ! Non seulement Edouard parlait comme si on était encore au quatorzième siècle, mais en plus, il était maladroit. Bravo, vraiment ! Elle mouilla une serviette alors qu'il se précipitait sur leur collègue pour s'excuser. Elle leva légèrement les yeux au ciel.

- Tu n'arriveras jamais comme ça, attend.

Elle dit à Sarah de ne pas bouger et usa de la serviette trempée dans l'eau pour enlever le café, avant qu'il ne tâche irrémédiablement ses vêtements. Edouard se répandait toujours en excuse, et elle ne put s'empêcher de sourire, continuant à minimiser les dégâts.

- Mieux vaut ça que des coups de poignard, dit-elle posément. Et des tâches de sang sont plus délicates à enlever.

Elle sourit à Sarah en froissant la serviette, la reposant près de son assiette. Personne ne devait plus avoir un très grand appétit, maintenant, elle était prête à le parier. Cependant, il fallait que certains de ses collègues se réveillent, se secouent un peu. Il n'était plus temps de se voiler la face !

- Les traces de coup aussi sont dures à camoufler. J'imagine que le jeune Karinof ne s'est pas fait un hématome pareil en tombant dans l'escalier ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Dîner entre professeurs   Jeu 12 Juin - 11:37

Alice s'assit gracieusement, en évitant le regard narquois de certains de ses collègues. Ils se mirent à rire franchement lorsqu'elle pinça les lèvres et ouvrit son sac, puis commencèrent à se donner chacun de l'argent, à coup de "J'ai gagné le pari !". Ces imbéciles avaient pariés sur le temps qui allait passer avant qu'un de ses élèves ne soit blessé en apprenant à manier le feu. Et ils en riaient... Comme si c'était de sa faute ! Le feu et la foudre n'étaient pas les dons les plus simples à apprendre, qu'elle sache ! C'était les plus dangereux, et les blessures étaient inévitables. Elle faisait bien sûr tout ce qui était en son pouvoir pour sécuriser ses cours, mais comment empêcher qu'un élève se brûle lorsqu'il s'entraînait à modeler des flammes ? Ses élèves, jeunes ou non, étaient des habitués de l'infirmerie, comme ceux de la classe foudre. Mais elle n'y pouvait rien...

De toute façon, il y avait bien plus grave que ça en ce moment. Peu avant la fin des cours, Alice avait accompagné un de ses élèves de onze ans à l'infirmerie pour une brûlure au troisième degré à la main gauche. Pendant que Adrien s'était occupé de lui, elle avait vu leur directrice, et un de ses élèves, jasper, couchés et mal en point. Pour la directrice, elle savait déjà ce qui s'était passé... Elle avait été agressée en début d'après-midi par trois militaires, l'histoire avait déjà fait le tour de l'école toute entière ! Et pour jasper, inutile d'être un grand devin, ça ne pouvait être que son père qui l'avait encore frappé.

- Tu m'as fait gagner 200 francs, sifflota un de ses collègues en passant près d'elle. Merci bien, ça va bien me servir !

- Connard, ragea-t-elle en fourrant ses affaires dans son sac.

Elle retourna dans ses appartements et claqua la porte. Elle en avait assez ! Se calmer lui prit un peu de temps, puis elle descendit au réfectoire pour le dîner. Elle eut le temps d'avaler la moitié de son repas avant que ses autres collègues n'arrivent. Affamée, elle dit bonsoir assez vite et reporta son attention sur sa soupe. Ils parlaient de leurs élèves, du futur baptême du fils d'Estelle... Rien de bien intéressant pour elle, elle n'était concernée en rien par les derniers ragots. Wyatt était certes très mignon, mais il n'était ni son fils, ni son filleul, ni quoi que ce soit, et elle ne voyait donc pas de raison d'aller baver dessus comme tous les autres.

La conversation dériva ensuite sur Gabriella. Tiens, certains s'en souciaient, maintenant ? Ce n'était pas la première fois qu'elle se faisait agresser, mais ça devait la première fois que certains ouvraient les yeux sur le sujet. Après tout, ce n'était pas comme si leur directrice avait déjà disparu deux semaines, qu'elle était régulièrement la cible d'attaques dans les journaux, et autres infamies. On ne lui épargnait rien, et c'était bien pire depuis que tout le monde savait qu'elle était enceinte. Edouard, jusque là installé  tranquillement en face d'elle, se leva d'un bond, la faisant sursauter. Rah, celui-là ! Pourquoi était-il incapable de se comporter normalement ? Il faudrait lui donner des baffes pour le calmer, ça lui ferait du bien !

- Tu as raison, Estelle ! En tant que membres du corps professoral, c'est un devoir, que dis-je, un honneur, que de rendre visite à notre supérieure hiérarchique ! Et de la soutenir lors de sa vengeance contre ces ignobles brutes ! Et... oups.

Et voilà, ça, c'était prévisible. Pauvre Sarah, il avait fallu qu'elle soit assise à côté de cet agité en puissance. Alice retint un sourire, pour ne pas offenser sa collègue, mais elle trouvait ça très drôle tout de même. Ce n'était qu'un peu de café, ça allait vite partir. En revanche, ils devaient donner une belle image à leurs élèves ! C'était bien pour ce genre de situation qu'il vaudrait, bien souvent, mieux que les professeurs ne mangent pas dans la même salle que les élèves. Cela leur éviterait de perdre en crédibilité. La jeune Emma finit par prendre les choses en main, ce qui valait sans doute bien mieux pour Sarah. La laisser entre les mains de l'agité aurait été cruel.

- Mieux vaut ça que des coups de poignard, dit-elle posément. Et des tâches de sang sont plus délicates à enlever.

Comment refroidir l'ambiance en une seule phrase, bravo Emma ! Mais elle n'avait as tord, de toute façon... Un peu de café sur une robe, ce n'était pas grand-chose, au final. En revanche, ce que les militaires avaient dû légèrement oublier, c'est à quel point la directrice pouvait être terrifiante lorsqu'elle se mettait en colère. Ils allaient bientôt avoir une petite piqûre de rappel, à son avis. Mmh, il serait peut-être plus sage de mettre tous les élèves à l'abri pendant ce temps-là.

- Les traces de coup aussi sont dures à camoufler. J'imagine que le jeune Karinof ne s'est pas fait un hématome pareil en tombant dans l'escalier ?

La question n'en était pas vraiment une. Tout le monde ici savait ce qui s'était réellement passé. Elle se redressa sur sa chaise, sa cuillère toujours en main, qu'elle avait oublié. Plus personne ne mangeait, d'ailleurs. Elle la reposa lentement sur sa serviette, et appuya ses coudes sur la table.

- Tout le monde sait que c'est son père qui le frappe, marmonna-t-elle. Les soldats se sont déchaînés, aujourd'hui, et ça laisse présager le pire pour la suite.

Elle regarda chacun de ses collègues, puis se leva, remettant sa tenue ne place d'un geste.

- Qui veut venir à l'infirmerie ?
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Dîner entre professeurs   

Revenir en haut Aller en bas
 
Dîner entre professeurs
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Discussion entre professeurs [PV' Hatlatis]
» Les relations entre élèves de Durmstrang
» Haiti en Marche: Haiti entre la Chine et Taiwan
» Conflits entre les syndicats au sujet du CEP et des elections.
» Atelier de travail entre entrepreneurs dominicains et haïtiens

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pensionnat de la Ste Famille :: Pensionnat de la Sainte Famille :: Collège et Lycée :: Sous-sols et Rez-de-chaussée :: Rez-de-chaussée-
Sauter vers: