1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 [Mai 1896] Le travail est la santé

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Magister
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MessageSujet: [Mai 1896] Le travail est la santé   Lun 8 Fév - 23:01

[PNJ Daisuke Nakajima]

Daisuke venait tout juste de rentrer chez lui, après une mission de plusieurs semaines. Son épouse, Narumi, avait pleuré doucement lorsqu'il était venu la rejoindre, lui prenant les deux mains pour la rassurer, tendrement. Elle s'angoissait toujours lorsqu'il devait s'absenter si longtemps et il savait très bien que ce n'était guère facile, pour elle. Elle était enceinte de huit mois et avait déjà quatre enfants dont il fallait s'occuper, être seule n'était pas simple, pour elle. Il l'embrassa sur le front en veillant à la réconforter, c'est bon, il était rentré, tout allait bien. Mutsoko, sa petite fille de quatre ans, était près de sa mère lorsqu'il était revenu, toujours aussi peu bavarde qu'à son habitude mais bougeant beaucoup. Après avoir rassuré sa femme, le chef de famille pu se changer, se laver, dénouant ses muscles endoloris par une longue campagne militaire plutôt rude. Revenir chez soi était toujours un soulagement, après une aussi longue absence. Ses frères étaient eux aussi rentrés dans leurs demeures, se reposant, pouvant de nouveau dormir en toute quiétude. Daisuke sortit sous l'auvent après s'être séché les cheveux, observant les collines douces et pures qui entouraient son domaine. Ils devaient protéger tout cela, quitte à en payer le prix fort. Il aimait profondément son pays et avait à cœur de le défendre, il ne laissera rien ni personne détruire tout cela.

Plus tard dans la journée, ses fils aînés rentrèrent de l'école. Il leur jeta un long regard en les voyant arriver, sans un bonjour ni rien. Il n'était guère du genre à se prêter aux effusions sentimentales, même s'il n'avait plus revu ses enfants depuis plus d'un mois. Il se contenta d'exiger le carnet d'école de Kimmitsu afin de vérifier s'il avait bien débuté son parcours scolaire avec rigueur et discipline, étant donné qu'il venait tout juste d'y rentrer. Il leur dit de faire leurs devoirs au lieu de rester plantés là. Au travail, enfin ! Ils n'allaient pas s'y mettre à leur place. S'asseyant à son tour, il rendit le carnet à son enfant, lançant un laconique "Prend exemple sur tes frères." Il regarda leur leçon, Josuke étudiant l'histoire, Munemori le Japonais, et Kimmitsu apprenant à lire et écrire. Voyant que son aîné traînait, il lui mit une petite tape derrière la tête en lui disant sèchement de se dépêcher. Il pensait peut-être que sa leçon allait être apprise toute seule ? Le samouraï le surveilla longuement, par la suite, pour être certain qu'il s'y mettait correctement. Un peu de discipline, ce gosse était son aîné, il attendait beaucoup de lui, à commencer par de la discipline ! Il surveilla aussi Munemori avec beaucoup d'attention, lui rappelant de rester droit en le voyant un peu trop penché sur son cahier. Décidément...

Il était occupé à regarder le premier devoir fait par son fils aîné lorsqu'il surprit Kimmitsu à cacher précipitamment sa main sous la table basse, avec un air effrayé et perdu. Et bien ? Il fronça les sourcils mais n'y prêta pas plus d'attention, bien occupé à faire observer à Jouske à quel point son cahier de maths était mal tenu et que ce n'était pas ainsi qu'il réussira ses examens. Il le reposa sur la table, croisant les bras, en ajoutant d'un ton glacial qu'il attendait bien plus de rigueur de sa part, d'autant plus qu'il devait montrer l'exemple à ses frères et à sa sœur. Sans oublier qu'il devait prendre un très grand soin à ne pas entacher l'honneur de sa famille ni le nom de son père ! Il était hors de question qu'on entende dire, en village, que le fils de Daisuke ne travaillait pas bien à l'école, ce n'était pas acceptable. Jouske baissa la tête en demandant pardon, ce à quoi son père lui rappela sèchement qu'il devait toujours garder la tête droite et le regarder dans les yeux lorsqu'il lui parlait. Qu'est-ce que c'était que ces manières ?! Il avait donc oublié le respect, depuis que son père s'était absenté ?! Il ne lui fallait donc qu'un misérable mois pour ne plus se soucier de tout ce qui faisait son honneur ?! Il redressa aussitôt la tête, tremblant un peu, en répondant qu'il fera attention et était désolé. Humph.

– Surveille tes frères, je reviens, dit-il en se levant.

Il passa dans la cuisine, voyant sa femme occupé à cuisiner, leur fille fourrée dans ses jambes. Daisuke vint à ses côtés, posant doucement une main sur son ventre gonflé par la grossesse. Elle avait toujours désiré une grande famille et il était heureux de pouvoir combler ce souhait. Leurs enfants grandiront dans le respect, la rigueur et la discipline, ils deviendront des hommes et des femmes respectables, il en faisait le serment devant les dieux. Buvant un peu d'eau, il revint ensuite voir si ses fils travaillaient correctement. Kimmitsu était toujours aussi agité... Qu'est-ce qui lui prenait, bon sang ?! Daisuke resta debout, dans on dos, les bras croisés, en le regardant avec attention. Il n'arrêtait pas de gigoter, même s'il faisait des efforts évidents pour le cacher. S'il avait fait une bêtise, il ferait mieux de l'avouer dès maintenant et vite. Le samouraï attendit, pensif, patientant le temps que ses fils terminent leurs devoirs. Quand ils furent prêts, il leur ordonna d'aller se changer, il reprenait leur entraînement en main, étant enfin rentré. Alors qu'ils allaient se changer, Daisuke arrêta son aîné en lui posant une main sur son épaule, sourcils froncés.

– Qu'est-ce qui arrive à ton frère ? demanda-t-il en désignant Kimmitsu d'un geste.

– Je ne sais pas, il a... peut-être envie de bouger un peu.

Il lui avait jeté un regard perdu, comme s'il n'avait pas pris garde à son étrange comportement, jusqu'ici. Il laissa son fils aller se changer, faisant de même avant d'entrer dans la salle où il s'entraînait et entraînait ses fils. Quand ils arrivèrent, il les fit asseoir, sauf Munemori. Il commença par vérifier s'il s'était entraîné correctement, ce mois-ci, très vite agacé en voyant à quel point son jeu de jambe était médiocre.

– Tu ne t'es pas du tout entraîné ou je rêve ?! Concentre-toi et prend garde tout de suite ou ça va chauffer !
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Munemori Nakajima
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MessageSujet: Re: [Mai 1896] Le travail est la santé   Jeu 11 Fév - 20:29

– C'est ta maman qui a fait ça ? demanda Munemori en se penchant pour mieux regarder.

–  Oui, sourit son meilleur ami en levant la veste à bout de bras, après avoir son sac de cours sur son dos. Elle l'a cousu puis elle a dessiné des motifs pour les broder ensuite. Je vais le porter pour l'anniversaire de papa, demain.

Leur propre père ne faisait jamais de fête, quand c'était son anniversaire, il n'aimait pas ça. Le jeune garçon prit la main de Kimmitsu dans la sienne en sortant de l'école, retrouvant son frère et d'autres enfants, sur le chemin du retour. Ils étaient nombreux à ne habiter au village même mais dans des maisons dans les collines, plus loin. Ils bavardèrent tous dans un joyeux brouhaha tout en marchant, parlant de l'école, des amis, des devoirs à faire, projetant des sorties et des jeux à faire, pendant les jours sans école. Munemori était surtout intéressé par une fête qui approchait car il y avait un concours dessin et il tenait absolument à s'inscrire et y participer, il devait demander l'autorisation à maman. Lorsqu'ils arrivèrent chez eux, il fit un grand signe d'au-revoir avec ses amis, passant le portail avant de voir aussitôt que le cheval de leur père était là. Il était rentré ? Voilà plus d'un mois qu'il était parti en guerre et chaque soir, leur mère priait pour qu'il revienne sain et sauf. Il se dépêcha de rentrer avec ses frères, souriant à leur père, qui ne leur dit pas bonjour et se contenta de leur lancer de se mettre à leurs devoirs. Oh... Assez refroidi, Munemori hocha la tête, s'asseyant en tailleur avant de sorti ses affaires. Il avait une leçon de Japonais à étudier, un texte à lire puis des questions dessus, pour le lendemain. Il s'y mit donc, trempant son stylo-plume dans l'encre, en regrettant que leur père ne soit pas un peu plus doux.

Il était plongé dans la lecture du texte lorsque Josuke reçut tout à coup une tape dans le nuque par leur père, qui lui lança de se dépêcher. Munemori, lui, eut droit à une remarque sur sa façon de se tenir, la minute d'après. Il était de mauvaise humeur... Le petit garçon fit un effort pour avoir une bonne posture, sachant qu'il ne fallait pas se faire remarquer, dans ces moments-là. Sauf que Kimmitsu n'arrêtait pas de remuer... Munemori posa rapidement et discrètement une main sur la sienne en lui chuchotant de se calmer, pour qu'il ne s'attire pas d'ennuis. Leur père étant occupé à sermonner Josuke, Munemori en profita pour serrer la main de son petit frère et lui murmurer d'être patient, ils sortiront toute à l'heure s'il en avait assez d'être enfermé. Ça faisait déjà des jours que leur frère était plus agité que de coutume, mais il se calmait lorsqu'ils prenaient le temps d'aller dehors, courir un peu et se défouler. C'était sans doute à cause de l'école, il devait s'habituer à un nouveau rythme. Munemori lui sourit doucement, en coin, avant de se concentrer à nouveau sur sa leçon. Il y avait un passage qu'il avait du mal à comprendre... Se reportant à son livre pour certains mots, il griffonna les mots qu'il avait du mal à trouver, pour demander à la maîtresse demain. Elle était très gentille et prenait toujours le temps de bien expliquer, il l'aimait beaucoup. Demain, ce sera aussi à son tour de nettoyer la classe, le soir après les cours.

– Surveille tes frères, je reviens, dit-il en se levant.

Ils n'avaient pas besoin d'être surveillés pour faire leurs devoirs ! Enfin, peut-être un peu pour Munemori, étant donné qu'il avait une très forte tendance à se déconcentrer facilement et à se mettre à dessiner plutôt qu'à étudier. Il aimait bien l'école, ce n'était pas le problème, simplement, il avait du mal à se focaliser sur une seule tâche durablement et la terminer sans faire autre chose en plein milieu. Retenant un petit soupir, il continua son travail en veillant à s'appliquer, sans pouvoir s'empêcher de dessiner un petit peu dans son cahier, parfois, ce qu'il cessa aussitôt lorsque père revint à côté d'eux. Après un long moment, il leur dit d'aller se changer afin qu'ils s'entraînent. Munemori rangea ses affaires puis attrapa à nouveau la main de Kimmitsu pour l'emmener, partant devant, en lui promettant au passage de sortir avec lui toute l'heure, s'il avait besoin de prendre l'air. Une fois habillé et prêts, ils purent rejoindre leur père, le jeune garçon assez mal à l'aise. Il avait toujours un peu craint son père. Père qui lui fit signe de se mettre en garde. Munemori calma son souffle puis se concentra, commençant à parer des coudes et des mains, tout en bougeant, s'arrêtant lorsqu'il vit le regard furieux de son géniteur. Il n'avait rien fait !

– Tu ne t'es pas du tout entraîné ou je rêve ?! Concentre-toi et prend garde tout de suite ou ça va chauffer !

– Pardon, balbutia-t-il.

Il se remit en place et fit de son mieux, une boule au ventre, en veillant à s'appliquer, y mettre du cœur, bien que rien ne semblait satisfaire son père. Ses coups restaient très faibles et il avait une allonge ridicule, étant donné son jeune âge, ce qui ne l'aidait pas à s'améliorer. Son père ne cessait de lui répéter de se concentrer. Il faisait de son mieux ! L'entraînement fut un véritable calvaire, même lorsque ses frères vinrent avec eux, il se sentait dépassé. Se concentrer, se concentrer, c'était facile à dire ! Il avait un peu de mal à se concentrer, c'est tout, rien de dramatique là-dedans. A la fin de l'entraînement, il était au bord des larmes et n'avait plus aucune motivation. Il revint dans la chambre qu'il partageait avec ses frères pour se changer, assez vite, puis alla dans le jardin pour prendre l'air et se changer les idées. Il marchait n peu lorsque Josuke arriva à son tour, lui demandant comment il se sentait. Bah... Bien. Il haussa les épaules, allant s'asseoir dans l'herbe. Où était Kimmitsu ? Il avait dû sortir, lui aussi, ou était avec maman pour lui raconter sa journée. Munemori se demandait s'il n'avait pas des ennuis, à l'école, en fait, comme il était assez agité, depuis quelques jours... Peut-être que d'autres enfants l'embêtaient à l'école ? Il leva la tête pour demander à Josuke s'il ne trouvait pas Kimmitsu un peu bizarre, depuis quelques jours.

– Si... Je ne sais pas ce qu'il a. Il est peut-être un peu nerveux.

– Il nous en aurait parlé, s'il avait des problèmes à l'école, pas vrai ?

– Heu... Oui ?

Il avait un peu grimacé, pour montrer qu'il ne savait pas, n'était pas convaincu. Munemori fit la moue en se relevant, sursautant ensuite lorsque la voix de leur père tonna d'un coup, le faisant bondir en s'accrochant à son frère avec une grimace terrifiée. Même s'ils n'avaient fait qu'entendre un cri qui ne leur était pas destiné, il ne put s'empêcher de fondre en larmes en s'accrochant à son grand frère de toutes ses forces. Désolé, désolé, désolé, c'était simplement toute à l'heure, il était un peu sur les nerfs.

– Eh, du calme... Viens, respire, tout va bien.

Il renifla lorsque son frère le serra dans ses bras, respirant par-à-coup en balbutiant qu'il était désolé, il était juste un petit peu nerveux. Il resta un moment blotti contre son frère avant de se redresser, essuyant ses larmes avec sa manche, pour ne pas inquiéter maman. Rentrant à l'intérieur avec son frère, pour voir si Kimmitsu voulait prendre l'air lui aussi, il le trouva dans leur chambre, assis dans un coin contre le mur, visiblement pas très bien. Le jeune garçon vint s'agenouiller devant lui en lui demandant s'il était malade et il secoua la tête en tremblant de plus belle. Munemori essayait de le faire bouger lorsque le petit frère tendit la main, faisant tout à coup remuer les fleurs séchées près d'eux, dans un souffle, avant de la laisser retomber avec un air terrifié. Oh... Il... Heu... Munemori était complètement perdu, ne sachant pas quoi lui dire, même en le voyant aussi angoissé.

– Tu veux qu'on sorte avec toi dans le jardin, pour que tu t'aères un peu ? proposa-t-il avec hésitation. Au lie de rester boulé ici. Nos parents sont au courant ?

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: [Mai 1896] Le travail est la santé   Mer 2 Mar - 22:59

Sa mère n'avait rien dit, rien fait, sinon afficher un air à la fois choqué et dégoûté. Et son père l'avait giflé et hurlé qu'il ne devait jamais s'en servir. Kimmitsu poussa la porte coulissante de la chambre où il dormait avec ses frères en tremblant de tous ses membres, refermant derrière lui avant d'aller s'asseoir au fond, recroquevillé sur lui-même. Il ne l'avait pas fait exprès, il jurait qu'il ne l'avait pas fait exprès. C'était venu comme ça ! Depuis des jours, il se sentait plus bizarre et... Et puis... Il y avait eu ça... Il avait cru qu'il pouvait en parler à ses parents pour avoir des explications, être rassuré, comprendre. Avoir de l'aide. Reniflant, il entoura ses jambes de ses bras puis posa la tête contre ses genoux, tremblant toujours. Son père lui interdisait de ce servir de ce pouvoir alors qu'il ignorait même comment il était survenu et la façon de s'en servir. Et si son père criait encore ou voulait le punir à cause de ça ? Pourquoi c'était si mal d'avoir ce genre de don ? Et d'où ça venait ? On ne lui avait jamais donné la moindre éducation là-dessus, il ignorait presque tout de ces pouvoirs, sachant juste combien il y en avait et que certaines personnes en possédaient un ou deux. Des personnes qu'on ne voulait pas approcher.

Il frissonna de plus belle en imaginant la vie à l'école si tout le monde découvrait ça, il ne pourrait plus avoir d'amis. Et peut-être que maman ne voudra plus de lui non plus... Et son père ? Il était furieux. Lorsque Kimmitsu lui avait tout dit, son père était devenu très rouge puis il avait hurlé aussitôt, fou de colère et de dégoût. Essuyant ses yeux, il fit de son mieux pour se calmer, respirant par à-coups, en tentant de comprendre en quoi avoir ce genre de pouvoir était grave ou dangereux. Ils ne blessaient personne avec ! C'était... Comment vivre avec ça ? La porte s'ouvrit à nouveau et il frémit, craignant de voir son père entrer, mais non, c'était ses deux frères. Il n'eut pas le courage de se lever, se mordant les lèvres lorsque Munemori vint s'agenouiller devant lui en lui demandant s'il était malade. Ce serait sans doute mieux s'il l'était car ça passerait en quelques jours et ce serait vite oublié. Secouant la tête, il leva une main tremblante vers le petit vase de fleurs séchés, la sensation bizarre revenant lorsqu'un léger vent les fit trembler à leur tour. Effrayé, il laissa retomber son bras le long du corps, serrant encore plus ses jambes contre lui.

– Tu veux qu'on sorte avec toi dans le jardin, pour que tu t'aères un peu ? proposa-t-il avec hésitation. Au lieu de rester boulé ici. Nos parents sont au courant ?

– Oui, murmura-t-il. Père est très en colère...

Kimmitsu était terrifié à l'idée que ses propres parents ne l'aiment plus, à cause de ce pouvoir. Il jurait qu'il n'avait pas fait exprès ! Il... Il... C'était venu sans qu'il ne le demande, il le jurait. Il demanda d'une petite voix à ses frères s'il avait peur, craignant autant la réponse que la réaction de son géniteur, s'il le voyait comme ça, à trembler et se retenir de pleurer. Munemori lui assura aussitôt que non, bien qu'étant figé sur place. Il était sûr ? Il n'aura jamais peur de ça, c'est vrai ? Même quand ils seront plus grands ? Josuke lui répondit non, tout aussi, venant à coté de lui pour le serrer dans ses bras. Kimmitsu nicha son nez dans son cou puis ferma les yeux, accroché à lui en tâchant de cesser de trembler. Il voudrait trouver quelqu'un pour l'aider, qui connaîtrais ce genre de pouvoirs et pourrait tout lui expliquer. Et l'aider, lui apprendre comment s'en servir et ne pas le laisser sortir par accident pour ne pas énerver père. Munemori se rapprocha, disant qu'ils pouvaient aller rendre visite à Eren Mao au village. Il travaillait comme médecin et était très respecté, malgré son pouvoir. Cependant, Kimmitsu secoua aussitôt la tête, refusant tout net d'y aller. Cet homme le terrifiait ! Sa carrure, sa façon de parler, le sang-froid qu'il gardait toujours, il lui faisait peur et il avait toujours tout fait pour ne pas avoir à le croiser. Il possédait une excellente santé et n'avait donc aucune raison de le voir, c'était très bien ainsi.

– Mais il pourra t’aider, on doit y aller. On t’accompagne, on sera là, tu ne seras pas tout seul.

Le jeune garçon fit la moue, pâlissant à l'idée d'aller voir le médecin pour lui avouer qu'il avait ce... pouvoir. Et puis, peut-être que ce n'était que passage et que cela allait disparaître avec le temps ? Il accepta néanmoins de se lever, en serrant bien la main de son grand frère pour se rassurer. Il parla très peu, sur le trajet pour aller au village, tête baissée en se répétant en boucle que tout allait bien se passer, pour s'en convaincre. Il ne marchait pas bien vite, la gorge un peu nouée en ne lâchant pas son frère d'une semelle. Et le docteur refusait de lui parler, en plus ? Ralentissant de plus en plus en arrivant au village, il s'arrêta avec ses frères près du cabinet, avec la maison attenante, où le médecin exerçait. Il était debout sur le palier, en train de dire au revoir à un de ses patients. Âgé d'une quarantaine d'années, il était le genre d'homme à côté de qui n'importe quel homme doutait de sa propre force. Les cheveux très noirs mais les yeux d'une teinte très claire, bleus comme personne ne les avait dans le coin. Ils le saluèrent avec respect, pendant qu'il leur jetait un regard, les deux mains dans les poches.

– Vous êtes malades ou blessés, les enfants ?

Ce fut Munemori qui se chargea d'expliquer, d'une voix très hésitante, ce qui venait de se passer à la maison. Kimmitsu rougi bien fort en s'accrochant à son frère, à moitié caché derrière lui. Pas question de bouger pour le moment, quoi qu'il arrive. Lorsque son frère acheva son explication, il sentit le regard du médecin posé sur lui et osa à peine relever la tête. Mais, contre toute attente, il souriait. Il avait loupé une information ? Le médecin les invita à rentrer, pour prendre un thé, et il suivit ses frères avec lenteur, toujours accroché à Josuke comme si sa vie en dépendait. L'intérieur était sobre, avec très peu de décorations. Une large partie de la pièce était réservée à un petit bureau et à du matériel médical. Ils s'installèrent à l'écart de tout cela, dans un coin donnant sur un jardin, à l'arrière de la maison. Le docteur servit quatre tasses de thé à la menthe, dans des tasses en terre cuite finement décorées. Kimmitsu le remercia du bout des lèvres, une manche toujours crispée à la manche de son frère. Il osa enfin demander si ce don pouvait disparaître, ce à quoi le docteur répondit d'un signe sec de la main.

– Non, bien sûr. Il est encore faible car il vient de naître. Tu le garderas. Ce n'est pas une maladie, n'en déplaise à certains. Tu auras sûrement un frère ou une sœur qui viendra au monde avec un pouvoir comme le tien, il est très rare, dans une fratrie, de ne trouver qu'un seul enfant avec ce genre de pouvoirs. En moyenne, sur cinq ou six enfants, au moins deux en possèdent.

Donc leur sœur pouvait aussi développer ça à sept ou huit ans ? Comme le bébé que portait maman ? Et pourquoi cela s'était révélé chez lui alors que ses deux grands frères n'avaient pas été touchés ? Il avait fait quelque chose de spécial pour ça ? Le docteur Mao but une petite gorgée, serrant la tasse entre ses mains. Ses yeux très bleus perturbaient toujours le jeune garçon. Les yeux verts ou bleus étaient d'une rareté extrême, surtout par ici. Ici, ils étaient très clairs, on ne voyait que cela, lorsqu'on était face à cet homme.

– D'une façon générale, reprit le docteur, on classe les pouvoirs en deux catégories. Les dons offensifs et les défensifs. Les défensifs sont la terre, l'eau et la glace. Les offensifs, ce sont la foudre, le feu et le vent. Mais ça ne veut pas dire qu'ils ne servent qu'à la guerre, le vent peut être utilisé au quotidien pour bien des choses. Soulever des objets très lourds, coupe des choses, voleter dans les airs soi-même, etc.

Il s'interrompit lorsqu'on l'appela à la porte pour soigner un blessé. Il leur demanda de l'excuser un moment, reposant sa tasse avant d'y aller. Dès qu'il fut parti, Kimmitsu posa aussi sa tasse, tirant un peu sur la manche de son grand frère pour attirer son attention.

– Est-ce que tu crois que père va m'en vouloir si... Si je m'entraîne et que... Comment je dois faire, s'il m'en veut ? Je te jure que n'ai pas fait exprès ! C'est venu tout seul. C'est grave ? Pourquoi c'est arrivé ? Vous ne m'en voulez pas, c'est sûr ?

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Josuke Nakajima
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Âge RPG : 45 ans

MessageSujet: Re: [Mai 1896] Le travail est la santé   Dim 3 Avr - 23:00

Munemori – Tu veux qu'on sorte avec toi dans le jardin, pour que tu t'aères un peu ? proposa-t-il avec hésitation. Au lieu de rester boulé ici. Nos parents sont au courant ?

Kimmitsu – Oui, murmura-t-il. Père est très en colère...

Oui… Ils avaient cru comprendre. Mais ce n’était pas grave, ça allait passer. Leur père ne voulait que leur bien ! Il y avait sûrement une raison, non ? Kimmitsu avait peut-être mal… fait quelque chose ? Ce n’était peut-être pas pour son don. Ou alors, père était furieux parce que cela lui donnerait plus de travail ? Il devait s’entraîner, c’est tout. Il allait travailler dur et leur père serait content de lui ! Josuke en était certain, ils pouvaient même l’aider s’il le voulait. Ce devait être possible, non ? On leur avait toujours dit de travailler ensemble, que chacun devait participer. Leur père dirigeait la famille et, pourtant, tout le monde l’aidait. C’était comme avec Kimmitsu qui avait ce pouvoir, eux pouvaient sûrement lui être utiles pour quelque chose. Non ? Ils voulaient l’aider, ils étaient ses frères et on s’entraide entre frères.

Mais lui ne devait pas penser la même chose… Il leur demanda s’ils avaient peur, question qui choqua Josuke qui ouvrit grand les yeux en lançant un regard à Munemori qui assura que non. Lui-même fit la même chose, se rapprochant de son petit frère pour le serrer dans ses bras. Allez, il ne devait pas avoir peur ! Ils étaient à trois, non ? Leur père n’allait pas être fâché très longtemps, Josuke en était certain. Il le serra contre lui, le berçant un petit peu en essayant de l’entourer de ses bras. S’il pouvait, il prendrait toute sa peur pour que son petit frère n’ait plus peur et qu’il aille bien. Il voulait qu’il soit bien, vraiment. Comment pouvaient-ils l’aider ? Il y avait sûrement un moyen, quelque chose. Non ? Josuke baissa la tête vers Munemori qui se rapprochait à son tour, disant ensuite qu’ils pouvaient aller chez Eren Mao, au village, le médecin possédant le même élément que Kimmitsu. Mais oui, c’était une très bonne idée ! Ou pas… Leur frère semblait terrorisé, secouant la tête très vivement pour refuser cette idée. Oh, ils étaient à trois, aucun adulte n’allait leur faire de mal ! Et puis, un médecin, c’est gentil. Monsieur Mao serait donc gentil. Kimmitsu n’avait pas à le craindre.

Josuke – Mais il pourra t’aider, on doit y aller. On t’accompagne, on sera là, tu ne seras pas tout seul.

Par chance, Kimmitsu accepta et se leva avec eux pour aller vers le village, lui serrant la main très fort comme s’il avait peur. Josuke avertit leur mère qu’ils sortaient pour qu’elle ne soit pas fâchée si elle ne les voyait pas en rentrant, leur petit frère avait seulement besoin de prendre l’air et voir d’autres amis lui ferait du bien. Ce n’était pas bien de mentir. Mais si leur père avait hurlé parce que Kimmitsu avait ce pouvoir et qu’il aurait plus de travail, il valait mieux aller parler à un autre adulte qui accepterait de les aider, non ? Comme ça, leurs parents seraient contents et ne crieraient plus sur leur fils, Kimmitsu sera à nouveau bien et il pourrait faire des choses magnifiques avec ce pouvoir ! S’il l’avait reçu, c’était forcément pour une bonne raison. Un pouvoir comme celui-là était important, donc la personne qui l’avait aussi. Peut-être qu’il deviendrait un grand homme comme le médecin ? C’était possible. Josuke lui fit un grand sourire pour le rassurer, voyant le village se rapprocher avec le cabinet de monsieur Mao, un homme plutôt grand avec des cheveux noirs et des yeux très bleus. Il était debout sur le seuil de la maison et disait au revoir à un autre homme, sûrement un de ses patients. Ils le saluèrent avec tout le respect nécessaire comme le leur avait appris leurs parents pour ne pas le froisser et paraître impolis.

M. Mao – Vous êtes malades ou blessés, les enfants ?

Munemori expliqua la raison de leur venue d’une voix hésitante avant même que Josuke n’ait le temps de dire quoi que ce soit, trop occupé à rassurer Kimmitsu qui semblait de plus en plus effrayé. Allez, du calme ! Le médecin était gentil, il passait son temps à soigner des gens et il leur avait même demandé s’ils étaient malades ou blessés. Pourquoi en avoir peur ? Il n’osait même pas le regarder, s’accrochant à lui en lui serrant très fort la main comme s’il avait peur de le lâcher. Josuke ne comptait pas partir, pourtant, il n’allait pas abandonner son petit frère alors qu’il l’avait poussé à venir jusqu’ici ! Regardant à nouveau le médecin, il sentit une vague de soulagement l’envahir lorsqu’il lui sourit, regardant Kimmitsu. Il pouvait les aider ? Vraiment ? Eh bien voilà, cet homme était gentil, Josuke avait raison ! Il baissa la tête vers son petit frère, secouant un peu le bras pour lui prouver qu’il avait raison et qu’il ne devait pas avoir peur.

Monsieur Mao les invita même à rentrer chez lui et à prendre du thé alors qu’ils le remerciaient en acceptant, entrant dans une autre partie de la maison donnant sur un jardin, un peu plus à l’écart même s’ils étaient dans la même pièce que le cabinet. Kimmitsu, lui, suivait toujours mais à la traîne, toujours pas rassuré apparemment. Pourtant, c’était bien, ici. Reposant, sobre et pas effrayant comme dans les champs et qu’ils devaient travailler alors que le soleil était couché. Là, Josuke avait vraiment peur, même s’il ne le montrait pas pour que son père soit fier de lui. Il lui avait déjà dit plusieurs fois que, tout ce qu’il faisait, lui devrait le faire quand il sera plus grand.

Le jeune enfant avait fait un grand sourire, gonflé de fierté par rapport à ce que venait de lui dire son père. Il travaillait très dur pour ne pas le décevoir, il voulait qu’il continue de l’aimer et voulait lui faire honneur. Kimmitsu pourra rendre leur père fier, lui aussi ! Le médecin était prêt à les aider. Il leur servit quatre tasses de thé à la menthe, comme leur mère le préparait très souvent, et Josuke le remercia avec un grand sourire. Ce n’est qu’après un petit moment que Kimmitsu, toujours accroché à lui, osa prendre la parole pour demander si ce pouvoir pouvait disparaître. Hein ? Mais non, il devait être content ! Le médecin répondit immédiatement d’un signe de la main, ce qui rassura Josuke qui souffla un petit peu. Il devait être content !

M. Mao – Non, bien sûr. Il est encore faible car il vient de naître. Tu le garderas. Ce n'est pas une maladie, n'en déplaise à certains. Tu auras sûrement un frère ou une sœur qui viendra au monde avec un pouvoir comme le tien, il est très rare, dans une fratrie, de ne trouver qu'un seul enfant avec ce genre de pouvoirs. En moyenne, sur cinq ou six enfants, au moins deux en possèdent.

Voilà, il l’avait dit lui-même : ce n’était pas une maladie ! Josuke hocha vivement de la tête pour approuver ce qu’il disait même s’il ne lui parlait pas, rassuré d’un coup. Kimmitsu ne devait pas avoir peur. Eux n’avaient pas eu ce pouvoir mais il y avait une raison pour que ce soit leur petit frère qui l’ait développé. Il devait logiquement être une très bonne personne, sinon pourquoi aurait-il un don comme celui-ci ? C’était un élément de la nature et la Nature est importante, belle, immense et puissante. Eux ne l’avaient pas développé et pourraient donc aider leur frère à travailler le sien pour rendre fier leur père, qu’il soit content à son tour. Josuke but un peu de thé, prenant une longue gorgée en fermant les yeux quelques secondes. Il adorait cette odeur et cette sensation de liquide chaud qui coulait dans sa gorge. Il imaginait souvent que le liquide, tout ce qu’il buvait, tombait directement dans sa vessie et qu’il aurait envie d’aller aux toilettes dans très peu de temps. Même s’il savait que c’était, sans doute, bien plus compliqué que cela parce qu’il n’allait jamais aux toilettes directement après avoir bu.

M. Mao – D'une façon générale, reprit le docteur, on classe les pouvoirs en deux catégories. Les dons offensifs et les défensifs. Les défensifs sont la terre, l'eau et la glace. Les offensifs, ce sont la foudre, le feu et le vent. Mais ça ne veut pas dire qu'ils ne servent qu'à la guerre, le vent peut être utilisé au quotidien pour bien des choses. Soulever des objets très lourds, coupe des choses, voleter dans les airs soi-même, etc.

Oh, donc Kimmitsu pourrait même aider avec son don ? Ce n’était pas une maladie, il serait encore plus utile et pourrait travailler grâce à ce pouvoir ! Leur père allait être content s’il revenait et qu’il le maîtrisait mieux, non ? Quelqu’un appela alors un peu plus loin pour lui demander de soigner un blessé et le médecin s’excusa, reposant sa tasse avant de partir pour aider son nouveau patient. Josuke but une nouvelle gorgée, tournant la tête vers son petit frère qui déposait sa tasse en tirant sur sa manche.

Kimmitsu – Est-ce que tu crois que père va m'en vouloir si... Si je m'entraîne et que... Comment je dois faire, s'il m'en veut ? Je te jure que n'ai pas fait exprès ! C'est venu tout seul. C'est grave ? Pourquoi c'est arrivé ? Vous ne m'en voulez pas, c'est sûr ?

Josuke – Sûr, oui ! dit-il avec un grand sourire. Pourquoi on t’en voudrait alors que tu ne contrôles pas tout ça ? C’est pas ta faute, le médecin l’a dit lui-même. Il a dit que ton don venait de naître et que c’était dans la famille, il y a sûrement quelqu’un d’autre, chez nous, qui  l’a aussi. Mais on ne le sait pas parce qu’on ne fait pas attention, Père nous le reproche souvent.

Et, maintenant, Josuke regrettait de ne pas avoir fait attention. S’il avait ouvert un peu plus les yeux, il aurait su qui d’autre avait un don comme son petit frère et aurait pu aller trouver cette personne pour lui demander de l’aide. Enfin, maintenant, ils avaient demandé à monsieur Mao qui était très gentil et patient. Il n’avait même pas crié lorsque Kimmitsu lui avait demandé si ce don pouvait disparaître alors qu’il avait l’air de bien aimer ce pouvoir. Il était différent des autres adultes, plus… Josuke fronça les sourcils, reposant le regard sur sa tasse de thé comme s’il allait y trouver le mot qu’il cherchait. Trop difficile. En tout cas, il aimait bien ce médecin, c’était tout ce qu’il savait pour l’instant. Il regarda à nouveau son frère avec un sourire, le rapprochant de lui pour le serrer dans ses bras.

Josuke – Pour moi, tu dois t’entraîner. Comme ça, Père sera content parce que tu pourras aider. Il a peut-être crié parce que cela faisait beaucoup de travail en plus et il vient de revenir. Mais moi, je suis sûr que si c’est toi qui as un don, c’est que tu vas devenir une grande personne très importante et respectée, comme monsieur Mao. Après tout, c’est un don de la Nature ! Et la nature est belle, puissante… Si elle t’a accordé cela, c’est qu’elle doit te juger important, tu ne crois pas ? Moi, je suis déjà fier de toi et tu peux compter sur moi pour t’aider. Sur nous deux, même. Pas vrai, Munemori ? Dis-lui que c’est bien et qu’il doit le garder !

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Munemori Nakajima
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MessageSujet: Re: [Mai 1896] Le travail est la santé   Lun 11 Avr - 20:39

– Oui, murmura-t-il. Père est très en colère...

Père était souvent de mauvaise humeur, c'est vrai, par contre, ce n'était sûrement pas à cause de ce don ! Pas vrai ? Il n'y avait pas de raisons, enfin, il n'en voyait aucune. Secouant la tête, il se contenta donc de serrer son petit frère dans ses bras pour le rassurer, lorsqu'il leur demanda si eux avaient peur de ça. Munemori ne comprenait pas très bien d'où ça venait ni comment ça fonctionnait, par contre, non, il n'en avait pas peur ! Maman disait qu'ils devaient se soutenir entre eux alors il ne pouvait pas avoir peur de son propre frère, ce n'est pas comme ça que ça doit marcher ! Il lança un regard à leur grand frère, se demandant si lui avait une idée pour rassurer un peu Kimmitsu. Il n'y avait personne qui pourrait l'aider à s'entraîner ou mieux expliquer comment on devait se servir d'un pouvoir comme ça ? Il eut alors une idée, il y avait le médecin du village, qui possédait un don aussi ! Monsieur Eren Mao, le médecin avec les yeux très clairs et perçants, il maniait aussi le vent. Il le lança avec un grand sourire, sourire qu'il perdit en voyant l'air terrifié de leur jeune frère. Enfin, le docteur n'allait pas lui faire de mal ! Il était très gentil et se déplaçait toujours quand quelqu'un ne pouvait pas, à cause de la fièvre ou autre chose. C'était lui aussi qui les avait fait tous les trois venir au monde, à la maison, comme leur petite sœur. Et il fera sans doute accoucher leur maman encore une fois pour le bébé qu'elle portait en ce moment, pas vrai ?

– Mais il pourra t’aider, on doit y aller. On t’accompagne, on sera là, tu ne seras pas tout seul.

Oui, ce sera très bien, comme ça. Ils se levèrent puis reprirent leur veste pour sortir, Josuke prévenant maman qu'ils allaient au village, pour qu'elle ne s'inquiète pas. Ils traversèrent la cour, voyant plus loin leur père qui soignait son cheval, le brossant et lui donnant à manger. Il ne les vit pas sortir, tout occupé à panser la bête. Allant sur le chemin, le village n'était pas très loin de chez eux, ils ne parlèrent que très peu. Munemori leva le nez vers les collines aux alentours, voyant au loin les maisons de son leurs amis, ici et là. Ils étaient au calme, ici, la ville était grande mais loin. Entrant au village, ils sourirent aux quelques amis de la famille qu'ils croisèrent, allant jusqu'à la maison de monsieur Mao. Il était debout, sur le perron de chez lui, en train de saluer un de ses patients. Le petit garçon avait toujours été impressionné par les yeux de cet homme, d'un bleu rare et intense, on avait l'impression que rien ne pouvait lui échapper. Ils lui dirent bonjour avec respect, comme papa et maman leur avait appris, s'inclinant les bras le long du corps. Il s'était tourné vers eux, avec son regard étrange et inquisiteur.

– Vous êtes malades ou blessés, les enfants ?

Le petit garçon se chargea d'expliquer ce qui les amenait, d'une voix un peu hésitante car il ne comprenait pas très bien, en réalité, comment on pouvait manier un élément de la nature comme ça. Il savait bien que ça existait, qu'il y en avait plusieurs, et ça s'arrêtait là. Comment ça naissait, pourquoi chez des personnes et pas chez d'autres, ce qui provoquait tout ça, si c'était dangereux ou non... Il nageait dans le brouillard à ce propos. Monsieur Mao avait sourit, doucement, d'une façon un peu triste qui fit écarquiller les yeux à Munemori, pensant tout à coup que c'était peut-être vraiment dangereux d'avoir ça. Il leur fit signe d'entrer, proposant une tasse de thé. Heu, ils pouvaient, ils avaient le temps ? Il regarda Josuke avant de le suivre, entrant timidement dans le cabinet médical puis allant dans un espace à part, près d'une porte coulissante ouverte, donnant sur un petit jardin. Munemori s'assit et attendit poliment, ne pouvant s'empêcher de détailler d'un regard curieux les quelques peintures accrochées aux murs. Il était un peu étonné de voir l'une d'elle représentant la Grande Muraille de Chine, étant donné le très fort antagonisme entre la Chine et le Japon. Est-ce que le docteur l'avait déjà vu en vrai ? Elle était aussi haute qu'on le racontait ? Et combien de temps avait-il fallu pour la construire ? Il revint à la réalité en remerciant le docteur pour le thé à la menthe, écoutant son petit frère qui avait enfin relevé la tête, demandant si ce pouvoir pouvait disparaître. Déjà, comment était-il apparu ?

– Non, bien sûr. Il est encore faible car il vient de naître. Tu le garderas. Ce n'est pas une maladie, n'en déplaise à certains. Tu auras sûrement un frère ou une sœur qui viendra au monde avec un pouvoir comme le tien, il est très rare, dans une fratrie, de ne trouver qu'un seul enfant avec ce genre de pouvoirs. En moyenne, sur cinq ou six enfants, au moins deux en possèdent.

Ah, donc Mutsoko pouvait avoir ça aussi ? Et le bébé que maman portait, pareil ? C'était normal, alors, hein ? Rassuré, il sourit puis but un peu de thé, quoi qu'étant assez étonné du ton employé par le médecin. "N'en déplaise à certains", avait-il lâché, pourquoi ? Des gens n'aimaient pas ces pouvoirs ? Pourquoi ? C'était courant, enfin assez courant, si il n'y avait pas qu'un seul enfant dans une fratrie à avoir un don. Il baissa la tête sur le thé, le faisant un peu tourner dans sa main, avant de relever la tête pour regarder monsieur Mao. Il avait plein de questions à lui poser mais se retenait. D'abord, pour ne pas l'ennuyer et ensuite, pour ne pas mettre son petit frère mal à l'aise, comme il était déjà effrayé et pas très bien.

– D'une façon générale, reprit le docteur, on classe les pouvoirs en deux catégories. Les dons offensifs et les défensifs. Les défensifs sont la terre, l'eau et la glace. Les offensifs, ce sont la foudre, le feu et le vent. Mais ça ne veut pas dire qu'ils ne servent qu'à la guerre, le vent peut être utilisé au quotidien pour bien des choses. Soulever des objets très lourds, coupe des choses, voleter dans les airs soi-même, etc.

On pouvait voler avec le vent ? Les yeux de Munemori se remplirent d'étoiles en entendant ça. Il rêvait souvent qu'il volait au-dessus des collines et de la maison, filant à travers le ciel comme un oiseau, apprendre que c'était vraiment possible quand on maîtrisait le vent était juste formidable et très excitant. Il essayait de tout retenir ce qui disait le docteur sur les éléments, ayant déjà oublié le début, tant il s'était arrêté sur l'information "on peut voler". Il toussa un peu en avalant une gorgée de travers, hochant la tête lorsque le docteur se leva tout à coup pour un patient qui venait d'arriver. Il se demandait si monsieur Mao allait bien vouloir apprendre à leur frère de se servir de ce pouvoir. Il pouvait voler ! Enfin, quand il sera plus entraîné, mais il pourra, ça allait être génial, quitter cette terre et filer dans le ciel comme un oiseau. En plus, s'il pouvait aussi utiliser ce don pour soulever de lourds objets, il n'aura jamais mal au dos comme grand-père et grand-mère, lors des travaux. C'était beaucoup utile, comme pouvoir, papa allait être très content lorsqu'ils allaient revenir et lui dire ce qu'on pouvait faire avec un élément comme ça, il verra que c'est très utile et important.

– Est-ce que tu crois que père va m'en vouloir si... Si je m'entraîne et que... Comment je dois faire, s'il m'en veut ? Je te jure que n'ai pas fait exprès ! C'est venu tout seul. C'est grave ? Pourquoi c'est arrivé ? Vous ne m'en voulez pas, c'est sûr ?

– Sûr, oui ! dit-il avec un grand sourire. Pourquoi on t’en voudrait alors que tu ne contrôles pas tout ça ? C’est pas ta faute, le médecin l’a dit lui-même. Il a dit que ton don venait de naître et que c’était dans la famille, il y a sûrement quelqu’un d’autre, chez nous, qui  l’a aussi. Mais on ne le sait pas parce qu’on ne fait pas attention, Père nous le reproche souvent.

Père n'allait pas lui en vouloir ! Dès qu'il saura ce que Kimmitsu pourra faire dans quelques années, lorsqu'il se sera entraîné, il sera sûrement très content et le félicitera. Comme leur maman, elle sera heureuse de savoir ce que leur petit frère pourra faire quand il sera grand. Josuke le serra dans ses bras, souriant lui aussi.

– Pour moi, tu dois t’entraîner. Comme ça, Père sera content parce que tu pourras aider. Il a peut-être crié parce que cela faisait beaucoup de travail en plus et il vient de revenir. Mais moi, je suis sûr que si c’est toi qui as un don, c’est que tu vas devenir une grande personne très importante et respectée, comme monsieur Mao. Après tout, c’est un don de la Nature ! Et la nature est belle, puissante… Si elle t’a accordé cela, c’est qu’elle doit te juger important, tu ne crois pas ? Moi, je suis déjà fier de toi et tu peux compter sur moi pour t’aider. Sur nous deux, même. Pas vrai, Munemori ? Dis-lui que c’est bien et qu’il doit le garder !

– Oui, quand on va rentrer, on va dire à papa ce qu'a expliqué le docteur, comme ça il sera très content. Il ne sait peut-être pas tout ce que tu pourras faire avec quand tu seras grand, c'est tout ! Tu vas t'entraîner, papa et maman n'auront pas besoin de trop s'inquiéter.

Il lui ébouriffa un peu les cheveux en lui souriant pour le rassurer, parfaitement convaincu de ce qu'il lui disait. Papa était assez autoritaire, c'est vrai, par contre, il veillait sur eux depuis leur naissance et les aimait, il n'avait dû crier que parce qu'il avait eu peur pour Kimmitsu, que ça soit dangereux pour lui ou pour son entourage, comme les fois où il criait parce qu'ils se mettaient en danger en faisant des bêtises. Ils burent leur thé en parlant un peu, jusqu'au moment où le docteur revint s'asseoir avec eux. Il leur assura qu'il pouvait, bien sûr, prendre leur petit frère en charge, le temps de l'entraîner à utiliser et contrôler cet élément. Et bien voilà, tout s'arrangeait.

– C'est très long, de s'entraîner ? demanda-t-il au docteur en serrant les mains sur son gobelet de thé.

– Quelques années pour avoir des bases solides, toute une vie pour augmenter sa maîtrise et obtenir de meilleures techniques.

Donc c'est bien ça, leur frère sera encore plus fort quand il sera adulte. Ils parlèrent encore un moment avec le docteur avant de le laisser, pour ne pas le déranger trop longtemps. Disant au revoir en sortant, ils reprirent le chemin de la maison, bavardant sur le chemin. A la maison, ils virent d'abord leur petite sœur occupée à dessiner, assise par terre, près de maman qui lisait. Leur père leur jeta un long regard lorsqu'ils déposèrent leurs chaussures puis entrèrent, leur demandant où ils étaient allés. Munemori lui répondit qu'ils étaient aller voir le docteur Mao au village pour savoir s'il pouvait aider Kimmitsu à maîtriser son élément. Tout sourire, il s'apprêtait à lui répéter ce que leur avait dit le médecin lorsque leur père se leva d'un bon, jetant son propre livre par terre puis quittant la pièce à grands pas. Mais... Le petit garçon en resta bouche bée, serrant la main de son petit frère dans la sienne.

– Heu... On va jouer, proposa-t-il à ses frères, essayant de ne pas rester sur cet instant d'intense gêne.

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[Mai 1896] Le travail est la santé
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