1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Au travail !

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MessageSujet: Au travail !   Mer 26 Nov - 10:46

On croirait rêver... Voilà dix bonnes minutes que Sarah fixait bêtement la caméra qui était installée dans le couloir du second étage du pensionnat, surveillant les années et venues des professeurs et des membres du personnel. Une caméra ? Ici ?! Rajustant sons ac sur son épaule, elle fila, presque en courant, tête baissée. Ils avaient installés des caméras partout, amis pas seulement, il y avait aussi des postes de contrôle, comme dans un territoire en guerre, où chaque fait et geste était surveillée. Elle descendit maladroitement les escaliers, croisant la jeune Eva qui remontait. Sarah lui dit bonjour, mais se heurta à un visage très pâle, impassible, et mort, silencieux. D'accord... Cette fille lui faisait définitivement froid dans le dos ! Elle en comprenait ce qu'elle était venue faire dans cette école, ni même ce qu'elle faisait en société tout court, tant elle était glaciale. Peut-être était-ce barbare de penser comme cela, mais vu comment se comportait Eva, n'importe qui d'autre aurait des soupçons.

Sortant du pensionnat, elle se dirigea à grands pas vers le chemin qui menait à l'école. Elle en s'était pas rendue à la messe ce matin, pour ne pas croiser le regard - sûrement accusateur - du père Vilette. Elle avait essayé d'aller voir Adrien, une fois de plus, mais il n'était pas dans ses appartements. Elle avait longuement hésité à se rendre à l'infirmerie, mais appeler une heure devant une porte obstinément close pour elle... Non, cela, elle ne pouvait pas. Elle poussa la lourde porte d'entrée avec un peu de trop de force, et manqua de l'envoyer en pleine figure d'un jeune médecin qui passait juste derrière. Elle en prit pas la peine de s'excuser alors qu'il l'insultait, filant dans l'escalier.

- Oui, bonjour, marmonna-t-elle en croisant Cyprien, tout en se précipitant à moitié vers sa classe, où elle fourra les clés dans la serrure.

Qu'on l'excuse d'être un peu sur les nerfs, s'il vous plaît ! Elle jeta son sac sur le bureau, puis souffla un grand coup, essayant de se calmer. Là, tout va bien, on respire, on se calme, on se détend, peace and love, alléluia, le ciel est bleu - non, il est gris - tout allait bien, elle était en pleine forme, la mer est belle, les enfants ont heureux, les arbres sont vers, le soleil est toujours là, le monde est plus ou moins en paix, donc pas de raison d'être agressive ! Ce qui ne l'empêcha bien sûr pas de s'enflammer aussi sec dès qu'elle entendit sa classe faire un peu trop de bruit en arrivant.

- Asseyez-vous en silence ! s'écria-t-elle.

Il y eut d'un seul coup un calme impressionnant, alors qu'elle allait sortir ses affaires de son sac. Si ça ne leur plaisait pas, ils pouvaient bien sortir tout de suite de cette classe ! Après tout, ce n'était pas elle qui passait son examen à la fin de l'année, ni qui jouait son passage dans la classe supérieure. Une fois qu'ils furent tous assis, elle prit une craie pour inscrire la date au tableau puis se retourna vers eux, ses feuilles en main. Elle commença par leur dire bonjour, d'une voix déjà un peut plus normal, mais renonça à sourire, elle en était incapable pour le moment.

- Vos examens sont dans un mois. Et je vous rappellent qu'un seul échec dans une seule matière peut vous interdire le passage dans l'année supérieure ! J'attend donc de vous un minimum d'efforts, surtout quand je vois certains qui se contentent de s'amuser sans jamais travailler !

Elle fit passer les feuilles qu'elle tenait, où elle avait rassemblé plusieurs petits exercices de révision, pour commencer. C'était du niveau minimum s'ils espéraient entrer en première, peu importe ensuite la section choisie, peu importe qu'ils aillent en ES, S ou L. Elle savait déjà que la majorité des étudiants en France choisissaient la section littéraire au lycée.

- Et bien ? Qu'attendez-vous pour vous mettre au travail ?!

Il y eut un brusque mouvement de feuille et de crayon. Elle s'assit à son bureau, observant chacun d'entre eux, prête à fondre comme un corbeau sur le premier qui osera bavarder, rire, ou seulement ne pas travailler.
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MessageSujet: Re: Au travail !   Ven 28 Nov - 15:56

C'était quand même bizarre ! Antoine avait été persuadé qu'en voyant tout ce qui s'était passé au pensionnat pendant le voyage et les vacances, il allait foncer sur le premier truc venu pour se venger et emmerder les militaires. Sauf qu'il n'avait absolument rien dit. Pas un seul mot ! Il n'avait pas râlé, ni protesté, ni crié, mais vraiment rien. Il était malade ? Antoine lui avait demandé dès le réveil, mais son meilleur ami lui avait soutenu que non... Alors il avait quoi ? Car, désolé, mais le voir calme alors qu'il avait absolument toutes les rasions de s'énerver, c'était plus qu'inhabituel, et franchement inquiétant. Il pourrait... Il ne savait pas lui ! Pas se jeter la tête baissée dans un truc dangereux, bien évidemment, mais au moins parler des plans q'il montait toujours contre les soldats, prévoir des trucs, ou même râler un peu contre ce qui se passait ! Mais, quelque chose, quoi, pas juste rester comme ça, sans rien dire, c'était effrayant.

Enfin, il faudrait déjà qu'Antoine découvre ce qui avait bien e pu se passer après son départ précipité du voyage scolaire... Il avait entendu parler de l'agression de la directrice, même si tout le monde ignorait ce qui s'était vraiment passé, et avait su ensuite que Jasper et Laura étaient rentrés eux aussi pour un problème familial. Antoine avait aussitôt cru qu'il s'était passé un truc grave avec leur père. Il avait appelé chez eux, mais étaient tombés sur leur mère, qui s'était contentée de lui répondre que ses deux enfants passaient les vacances "chez leur oncle et sa femme". Mais encore ? Ça n'expliquait rien ! Il n'avait pas réussi à en savoir plus, et n'avait pas réussi à joindre ses deux amis pendant deux semaines.

Et à la rentrée, il retrouvait Laura toute pâle et son frère déprimé. Mais oui, à part ça, aucune raison de s'inquiéter ! Et impossible de faire parler l'un ou l'autre... Dépité, et toujours vexé d'avoir été royalement ignoré durant toutes les vacances, il dit à peine bonne journée à Laura avant de suivre son frère en cours de maths. Il rêvait, s'il croyait qu'Antoine allait le lâcher ! Il allait le cuisiner comme jamais, et Laura avec, jusqu'à ce qu'il sache la vérité ! Il entra en classe en lui redemandant pour la cinquième fois s'il était sûr d'aller bien quand un hurlement perçant le fit sursauter d'un bon mètre en arrière.

Mme de Sora - Asseyez-vous en silence !

Mais elle était pas bien, celle-là ! Il lui jeta un regard noir en s'asseyant près de jasper, posant son sac sur la table et sortant ses affaires. Ce n'est as le mariage qui lui arrangeait le cerveau, à cette dingue, elle était encore plus affreuse qu'avant ! Comment l'infirmier faisait-il pour la supporter ! Enfin, peu importe. Il se pencha vers Jasper, lui soufflant qu'il pouvait lui parler de tout, que ce n'était pas lui qui allait le juger ou quoi que ce soit. Enfin, il pouvait lui faire un peu confiance !

Mme de Sora - Vos examens sont dans un mois. Et je vous rappellent qu'un seul échec dans une seule matière peut vous interdire le passage dans l'année supérieure ! J'attend donc de vous un minimum d'efforts, surtout quand je vois certains qui se contentent de s'amuser sans jamais travailler !

Choueeette, ça veut dire que s'ils rataient l'examen de cette matière, ils étaient tous recalés ? Hourra ! Et ce n'était pas comme si cette sale prof donnait envie de s'intéresser un minimum à sa matière, tellement elle était hystérique et mauvaise. Il retint un soupir, prenant les feuilles qu'on lui tendait avec un soupir exaspéré. Encore des exercices, toujours des exercices... Aucune imagination, cette pauvre hystérique. dans la plupart des autres cours, ils participaient à des ateliers, des expériences, sortaient pour étudier le terrain, ou pour visiter des sites. Mais la folle n'était pas une adepte de ce genre de pratiques, elle était bien trop vieux jeu pour cela.

Mme de Sora - Et bien ? Qu'attendez-vous pour vous mettre au travail ?!

Il prit son crayon, comme tout le monde, mais ne lut pas tout de suite l'intitulé du premier exercice, griffonnant sur sa feuille de brouillon. Après un instant d'hésitation et un regard vers son meilleur ami, il lui écrivit un petit mot, discrètement, pour lui dire q'il pourrait lui faire un peu plus confiance, qu'ils n'étaient pas amis pour rien non plus. Il le fit glisser vers Jasper en profitant que la prof regarde ailleurs. Allait-il au moins réagir ? Antoine se pencha, chuchotant pour ne pas se faire remarquer.

- Je sais parfaitement qu'il y a un truc qui ne va pas, alors pourquoi tu ne veux pas en parler ? Qu'est-ce qui s'est passé, pendant le voyage scolaire ?

Il se tut, se sentant soudain visé par la prof, puis fit semblant de travailler très sérieusement jusqu'à ce qu'elle arrête de le fixer. Il ne pouvait regarder Jasper pour vérifier s'il réagissait à ce que son ami lui disait, c'était rageant.

- Tu peux me le dire... Ça a un rapport avec ton père ?
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Au travail !   Dim 7 Déc - 19:45

Jasper n'avait quasiment pas dormi cette nuit-là, passant tout son temps à réfléchir aux moyens d'action qu'il possédait. Que pouvait-il faire, à son échelle, sans qu'on le remarque trop, sans qu'on lui tombe dessus, sans qu'il se comporte comme un crétin, sans que l'armée puisse s'intéresser à lui, sans que son père soit au courant de quoi que ce soit, sans s'opposer frontalement ? Il ne voyait plus du tout, à présent, ce qu'il avait vu en rentrant... L'école toute entière était devenue une véritable cage ! Une cage où on les bouclait pour les étudier, comme des rats de laboratoire. Une cage où des scientifiques venaient piquer leurs cobayes, détaillant leurs réactions, le moindre de leur geste. Il en vomirait. Cette école n'avait pas à devenir un poste avancé de l'armée ! Or, c'est qui se produisait, en ce moment, ils étaient tous pris au piège... Aucun échappatoire ne se présentait à eux, l'enfer existait, et il était ici. Adieu, leur douce école et lieu paisible d'études. Bonjour la prison.

Il ne pensait plus qu'à ça, depuis son retour, à trouver un moyen de combattre. Et en même temps, il avait presque peur de bouger. Il n'arrivait pas à oublier la petite "discussion" qu'il avait eu avec le colonel, dans ce bureau minuscule, et à tout ce qu'il lui avait dit. En plus de lui avoir collé une pression monstrueuse, il avait réussi à le faire culpabiliser à mort et à lui faire peur. Bravo, ce n'était pas mal pour un seul homme ! Il n'arrivait pas à s'enlever ces paroles de la tête, elles le hantaient en permanence, il ne songeait qu'à ça depuis la fin du rendez-vous. Il retint un long, très long soupir en jetant son sac sur ses épaules, tout en regardant autour de lui. Il avait presque plus peur du colonel que de son père, à présent.

– Tu viens ? demanda-t-il à Antoine en tournant la tête.

Ils devaient se rendre au plus magnifique, au plus magistral, au plus fantastique, au meilleur, au plus formidable cours de la terre toute entière donné par la plus géniale de toutes les profs de la galaxie, maths ! Il monta les escaliers avec l'entrain d'un condamné à mort, regrettant à chaque seconde de ne pas pouvoir se faire porter pâle pour échapper au supplice. Et la suite lui donna raison, car l'autre hystérique gueula comme un veau dès leur entrée dans la salle. Whouah, trois secondes après qu'ils aient franchi la porte, record du monde battu ! Fabuleux, encore un bon point pour la hyène ! Il laissa tomber sons ac sur la table et s'assit, tirant sur les manches de son uniforme avec mauvaise humeur. Il faudrait vraiment la faire piquer, cette sale bonne femme, en serait-ce que par charité Chrétienne. Ou s'arranger pour qu'elle ait un léger "accident". Un accident tout bête, ce serait vraiment dommage, n'est-ce pas ?

Hyène – Vos examens sont dans un mois. Et je vous rappellent qu'un seul échec dans une seule matière peut vous interdire le passage dans l'année supérieure ! J'attend donc de vous un minimum d'efforts, surtout quand je vois certains qui se contentent de s'amuser sans jamais travailler !

Il se sentait à peine visé, là. Il sortit une feuille avec une motivation que lui aurait envié n'importe quel escargot, puis soupira lentement. Devoir travailler en maths, quelle joie, on venait de lui offrir de son plus beau cadeau de Noël avec plusieurs mois d'avance ! Ça y est, en plus d'être fatigué et inquiet, il était aussi de mauvaise humeur. Il griffonna sur sa feuille, tête baissée, sans plus se soucier de ce qui se passait autour de lui. Qu'on lui foute la paix ! C'est bon, là, il avait déjà assez donné. Il entendit de nouveau la voix du colonel retentir près de lui, il ressentait de nouveau son bras sur ses épaules. "Alors ? Tu vas poursuivre tes conneries, inutiles, ou devenir sérieux ?" Il grimaça, le cœur battant plus vite. Il ne savait pas, il ne savait plus ! Ses examens de fin d'année lui semblaient si dérisoires, tout comme les feuilles que la hyène leur donnait, maintenant qu'ils avait que l'armée s'intéressait un peu trop à lui. Zut, hein, il avait peur !

Hyène – Et bien ? Qu'attendez-vous pour vous mettre au travail ?!

Il ne lut même pas le premier exercice, se mordant les lèvres. Cesser les attaques frontales, d'accord, mais que devait-il faire, dans ce cas ? Nerveux, il joua un moment avec son crayon, notant des choses sans queue ni tête sur sa copie. Il était loin, très loin d'avoir digéré tout ce qu'il avait entendu, d'autant plus que Laura était en danger à cause de lui. Il ferma les yeux une minute, cherchant à se reprendre. Il ne devait pas paniquer. Dans un mois, il aura seize ans, mais aurait voulu n'en avoir que onze, pour qu'on ne puisse pas se servir de lui. Antoine se pencha tout à coup vers lui, le regard plus dur. Quoi ? Il était malade ?

Antoine – Je sais parfaitement qu'il y a un truc qui ne va pas, alors pourquoi tu ne veux pas en parler ? Qu'est-ce qui s'est passé, pendant le voyage scolaire ?

L'estomac de Jasper se noua un peu plus alors qu'il faisait semblant d'écrire, tête penchée vers ses exercices. Antoine... Pourquoi fallait-il qu'il observe tout le monde comme ça ?! Jasper avait une excellente raison de ne lui avoir rien dit, il ne voulait pas lui rajouter des soucis en plus ou l'inquiéter pour rien. Il n'avait pas besoin de souffrir à son tour. Il ne répondit rien, écrivant n'importe quoi pour son exercice.

Antoine – Tu peux me le dire... Ça a un rapport avec ton père ?

– Non, soupira-t-il, pas cette fois. C'est juste que... Je suis un peu fatigué, et avec tout ce qui se passe, j'essaye de trouver des moyens d'action, et c'est assez dur.

Ce qui n'était as totalement faut. Il se tut lorsque la hyène se mit à passer dans les rangs, réfléchissant. Pouvait-il se permettre de parler à son meilleur mai à cœur ouvert malgré tout ? Il le connaissait, Antoine n'allait pas le lâcher avant de savoir. Et il n'avait ni la force ni le courage de se disputer avec lui. Nouveau soupir. Il se pencha et raconta à mi-voix que la directrice avait été agressée par un des partisans de l'armée pendant le voyage, et qu'il avait été témoin, ce qui l'avait un peu secoué. Il n'arrivait pas à lui parler du colonel tout de suite, ayant déjà bien assez la hantise de le croiser ou de le voir entrer dans la classe.

– Mais ça va mieux, c'est juste le choc qui a du mal à passer, murmura-t-il, sans plus se soucier de ses exercices. Et il y a plus urgent. Les militaires, par exemple ! Vu ce qu'ils font à l'école, je...

Il s'interrompit en voyant une ombre tomber sur son bureau, et releva la tête, découvrant la hyène plantée juste devant lui. Rah. Il se redressa, serrant son crayon entre ses doigts, révulsé de la voir aussi proche.

– Non, je ne travaille pas, mais que je déteste votre matière n'est pas un scoop, marmonna-t-il.

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MessageSujet: Re: Au travail !   Mar 16 Déc - 13:18

Sarah prit ses affaires pour continuer à préparer les examens, tout en surveillant la classe. Peu importe les problèmes, les gamins devaient tout de même obtenir leurs diplômes, et pour cela, c'était simple, il fallait qu'ils travaillent ! Ce né'tait pas compliqué à comprendre, non ? En tout cas, Sarah les attendait au tournant. Elle leur avait répété toute l'année de bosser plus que ça s'ils voulaient avoir une chance décrocher les examens de fin d'année, et elle n'avait pas l'intention de faire de cadeau à ceux qui n'auront rien fichus. Si elle avait un élève à 9,80, mais qui avait travaillé sérieusement toute l'année, qui avait fait des efforts, des progrès, qui avait toujours cherché à s'améliorer, là, elle pouvait lui remonter sa moyenne à dix pour lui permettre le passage. C'était normal, et même légitime. En revanche, un élève qui n'aura rien fait, pas le moindre élève, pas question de lui donner ce genre de coup de pouce. Il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même. Elle jeta un œil sur la classe, fixant un instant d'un air furieux Antoine qui semblait chuchoter. En silence ! Elle allait leur faire copier cinquante fois la définition de ce mot !

Se levant, elle passa dans les rangs, pour voir ce que ses élèves comprenaient ou non. Tout cela était censé être acquis, à cette période de l'année. Il était rare qu'ils apprennent des choses vraiment nouvelles au mois de mai, il s'agissait surtout de révisions et de préparation aux examens. C'était encore plus vrai pour les cours d'élément, où les risques d'être blessés n'étaient pas anodins. Elle aida une de ses élèves qui se débattait avec un calcul compliqué, puis revint vers le devant de la classe, observant tout le monde. Son regard tomba sur le jeune Karinof qui, bien entendu, ne travaillait pas. Comme c'était étonnant ! Elle remonta très vite l'allée et se planta devant son bureau, lèvres pincées, les deux mains sur les hanches. Il ne voulait donc pas passer en première ?! Il voulait laisser tomber l'école pour aller travailler en usine ou sur les lignes de chemin de fer ?

Jasper – Non, je ne travaille pas, mais que je déteste votre matière n'est pas un scoop.

– En effet, vous êtes intrinsèquement incapable de saisir que ce cours compte autant que les autres pour passer vos examens de fin d'année ! répliqua-t-elle d'une voix forte. Maintenant, il est vrai que c'est votre problème si vous ne voulez pas passer en première. Vous allez finir par vous retrouver dans la même classe que votre sœur, voir en dessous d'elle. Tout ça parce que vous n'êtes même pas capable de travailler.

Elle lui prit sa feuille pour voir quelles bêtises il avait déjà noté, mais il n'y avait que des dessins. Magnifiques, avec ça, il pourra sûrement jouer aux artistes de rue pour gagner sa vie ! C'est une carrière comme une autre, n'est-ce pas ? Elle renifla avec un air méprisant en jetant la feuille sur la table, exaspérée.

– Votre seul projet professionnel, c'est de vous moquer du monde, j'imagine ? Bravo, c'est très brillant ! Mais je en vais pas dire que je m'attendais à mieux de votre part. Vous ne savez même pas ce que vous voulez faire de votre vie, à part vous agiter comme un idiot. Il serait peut-être temps de vous remettre en question ! En attendant, debout, et au tableau, avec votre feuille d'exercice !

Elle fit un geste très vif et brusque en direction du tableau, en lui criant de se dépêcher, puis lui dit qu'il allait faire l'exercice et expliquer chaque étape à toute la classe. Elle croisa les bras, appuyée contre son propre bureau.

– Allez-y, bon sang ! Vous devez connaitre toutes ces notions, en seconde, alors bougez-vous !
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Au travail !   Sam 3 Jan - 21:50

Hyène – En effet, vous êtes intrinsèquement incapable de saisir que ce cours compte autant que les autres pour passer vos examens de fin d'année ! Maintenant, il est vrai que c'est votre problème si vous ne voulez pas passer en première. Vous allez finir par vous retrouver dans la même classe que votre sœur, voir en dessous d'elle. Tout ça parce que vous n'êtes même pas capable de travailler.

Elle lui arracha presque sa feuille, alors qu'il lui jetait un regard dégoûté et noir de rage. Il n'était peut-être pas capable de "travailler", mais lui au moins, il ne se laissait jamais faire, il était honnête, et il ne baissait pas la tête devant les injustices et la tyrannie ! On ne pouvait pas en dire autant de tout le monde, hélas, et sûrement pas d'elle. Pas elle qui avait abandonné un petit de sixième à son sort sans réagir ! Pas elle qui agressait tout le monde et ne se souciait même pas de ce qui pouvait se produire au Pensionnat ! Pas elle qui se fichait de tout, qui ne réagissait pas quand une personne se faisait agresser, qui se foutait tellement de tout qu'elle en devenait une ennemie déclarée, une véritable peau de vache ! Et dire qu'Adrien, qui lui était une crème, avait épousé ça. Pire, il l'avait touché, il couchait avec elle ! C'était immonde, Jasper avait envie de vomir rien qu'à imaginer une telle scène d'horreur. De toute façon, cette hyène était à peine capable d'éprouver un tant soi peu de sentiments humains, elle était trop affreuse pour cela !

Hyène – Votre seul projet professionnel, c'est de vous moquer du monde, j'imagine ? Bravo, c'est très brillant ! Mais je ne vais pas dire que je m'attendais à mieux de votre part. Vous ne savez même pas ce que vous voulez faire de votre vie, à part vous agiter comme un idiot. Il serait peut-être temps de vous remettre en question ! En attendant, debout, et au tableau, avec votre feuille d'exercice !

Elle lui hurla de se dépêcher, alors qu'il prenait sa feuille avec un grognement et se levait. Mieux valait être un idiot qu'une sale lâche hystérique ! Elle, et presque tous les professeurs de cette école... Il n'y avait pas que lui qui devait se remettre en question, lorsqu'on voyait les problèmes qu'avaient cette école ! Cette garce névrosée n'était qu'une sale traître, elle les avait tous vendu sans aucun état d'âme, tout ça parce qu'elle était trop peureuse pour résister à quoi que ce soit ! Il attrapa la craie, le cœur au bord des lèvres tant il était écœuré. Qui restait devant eux pour les préserver, hein ?! La directrice, bien sûr. Plus que jamais, elle représentait le pilier qui maintenait tout le monde debout, et il lui vouait une confiance aveugle. Il la respectait plus que tout, d'autant plus avec tout ce qu'elle avait vécu. Mais elle s'était toujours sortie de chaque situation, et il l'admirait pour cela. Il y avait aussi Kimmitsu, qu'il visualisait comme un vieux sage, le genre qu'on écoute toujours parce qu'on sait qu'il a raison et qu'il ne veut que notre bien. Il y avait Cyprien, qui incarnait un peu le "chevalier fou", celui qui était toujours imprévisible, mais plus loyal que jamais. Et enfin, il y avait Adrien, l'homme de l'ombre, toujours là, prêt à agir dès qu'il le fallait. Quatre personnes, c'était si peu, mais les élèves devaient savoir qu'ils pouvaient au moins compter sur eux.

Hyène – Allez-y, bon sang ! Vous devez connaitre toutes ces notions, en seconde, alors bougez-vous !

– Oui, je travaille ! Désolé, j'étais juste en train de me remémorer les visages des dernières personnes qui défendent toujours cette école, ça réconforte beaucoup de savoir qu'on est pas encore abandonnés.

Il mit deux ou trois choses sans intérêt sur le tableau, les joues légèrement rouges, et les dents serrées. Cette sale hyène ne perdait rien pour attendre... Il sentait les regards de toute la classe fixés dans son dos, alors qu'il écrivait des notes pour le premier exercice. Non, il n'allait plus foncer dans le tas, il avait appris la leçon, mais il n'était pas question de se laisser faire non plus ! Il griffonna d'autres données fausses, au hasard, ne prenant même plus garde à ce qu'il faisait. Il brûlait de crier à la hyène qu'elle n'était qu'une sale lâche et une garce, et ne se contenait qu'avec peine. Faire profil bas... C'était facile à dire ! Les joues brûlantes, il appuya un peu fort sur la craie en écrivant, retenant une remarque acide.

– Alors, voilà, dit-il enfin, se retournant à moitié vers la classe, cédant à la pression. Pour ne être un gros lâche devant les militaires comme certains et certaines, il faut se motiver et accepter de se battre sans avoir peur ! Comme ça, vous garderez votre liberté et votre fierté !

Il laissa retomber la craie sur l'estrade de bois, ainsi que sa feuille, puis se retourna vers la hyène. Alors, retenu ou viré du cours ? Qu'allait-elle faire ? Hurler puis le faire dégager ? Vouloir qu'il redouble ? Lui balancer son propre don ? Il s'attendait à tout, venant de cette garce, et surtout au pire.

– Ça ne vous gêne pas d'abandonner des enfants de onze ans à la torture ?

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MessageSujet: Re: Au travail !   Lun 19 Jan - 16:02

Jasper – Oui, je travaille ! Désolé, j'étais juste en train de me remémorer les visages des dernières personnes qui défendent toujours cette école, ça réconforte beaucoup de savoir qu'on est pas encore abandonnés.

Sarah secoua légèrement la tête en retenant un soupir. Décidément, ce gamin ne changera jamais ! Il ne savait pas voir où était son intérêt, s'en était désolant, à son âge... Ce n'est pas en se battant contre du vide qu'ils allaient réussir à la défendre, cette école ! Au contraire, plus ils se débattront pour rien, et plus ils pousseront à la destruction du Pensionnat. Si Ste Famille doit rester ouverte, ce sera uniquement parce que de profonds changements auront été opérés, et que l'établissement aura su prendre une toute nouvelle direction. Après tout, pourquoi craindre le changement ? Leur directrice devra bien finir par l'accepter, si elle tenait à la survie de cette école... Peut-être étaient-ils dans une phase un peu tendue, mais s'ils coopéraient, tout se passera plus vite, et les militaires quitteront très vite l'école pour les laisser en paix. Ils pourront alors reprendre leur vie, très tranquillement, et satisfaits d'avoir passé ce nouveau cap. D'ailleurs, la directrice devrait s'y faire assez vite, elle se sentirait tellement mieux après ! D'autant plus qu'elle venait d'accoucher. Si seulement elle voyait la voie de la raison dès maintenant, elle, mais aussi d'autres professeurs. A quoi bon refuser le bon sens et l'évidence ?

Jasper – Alors, voilà, dit-il enfin, se retournant à moitié vers la classe. Pour ne être un gros lâche devant les militaires comme certains et certaines, il faut se motiver et accepter de se battre sans avoir peur ! Comme ça, vous garderez votre liberté et votre fierté !

Hélas, il n'y avait pas que les professeurs qui devaient encore accepter de se rendre au bon sens, leurs élèves aussi. C'était... Comment dire cela... Affligeant, de voir tant de naïveté ? Où était bien la perte de fierté, dans ce qu'ils vivaient ? Il faut savoir composer, négocier, et faire des compromis, lorsqu'on veut avancer. Ce jeune homme ne l'avait toujours pas compris, mais soit, ce n'était encore qu'un enfant. Avec le temps, il comprendra mieux. C'était pour cela qu'en attendant, les adultes devaient prendre les décisions à sa place, afin qu'il puisse évoluer du mieux possible. Comme Sarah elle-même prendra soin de l'avenir de ses propres enfants, comme toute mère digne se doit de le faire.

Jasper – Ça ne vous gêne pas d'abandonner des enfants de onze ans à la torture ?

– Personne n'a été torturé, monsieur Karinof, répondit-elle très calmement, les bras croisés. Des élèves ont été interrogés ou se font fait crier dessus car ils collectionnaient les bêtises, comme vous-même, mais aucun n'a été "torturé", comme vous le clamez. Et vous devriez vous abstenir de proférer de tels mensonges ! C'est très grave, et cela remet aussi en doute votre santé mentale.

Qui ne devait guère briller, par ailleurs, mais c'était encore une autre histoire. Elle se redressa, regardant le gamin avec une moue mi-méprisante, mi-désespérée. Pourquoi s'acharnait-il à refuser de comprendre ? Était-il à ce point idiot ? Ou pensait-il qu'il n'existerait plus s'il ne se rebellait pas ?

– Votre comportement est des plus inquiétant, déclara-t-elle en s'avançant d'un pas. Vous ne cessez de vous battre contre des personnes qui ne vous ont rien fait, vous prêchez des mensonges à longueur de temps, et vous mettez d'autres élèves en danger en les entraînant dans vos bêtises ! Vous semblez souffrir de nombreux problèmes... Et si ça tenait qu'à moi, je vous enverrais les régler dans un hôpital.

Cet enfant était même dangereux pour les autres, autant que pour lui-même, elle en était de plus en plus convaincue.

– Sortez de cette classe, vous ne faites que perturber mon cours J'aviserais de votre cas à des personnes compétentes plus tard.
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