1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Une lettre qui change tout

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Laura K. Nakajima
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Âge RPG : 14 ans

MessageSujet: Une lettre qui change tout   Jeu 9 Juil - 0:04

Laura se réveilla, la mine maussade, et lança un regard par la fenêtre avec l’espoir complètement fou que l’orage s’était arrêté. Mais, comme si le responsable de tout cela avait entendu ses pensées, un nouveau coup de tonnerre éclaira se fit entendre, éclairant le ciel sans montrer le moindre signe de faiblesse. Elle se leva, voyant que le lit d’Ophélie était déjà vide, et alla se planter devant la fenêtre avec un regard triste. Cela faisait très précisément sept jours, huit heures et vingt minutes que cet orage secouait toute la France. Parce que oui, d’après ce qu’ils avaient pu entendre et lire, personne n’y échappait… Pendant combien de temps cela allait-il encore durer ?! Elle voulait sortir, nager, profiter de l’océan tant qu’elle le pouvait ! Mais, avec cet orage, les parents d’Antoine le leur avaient interdit et ils ne pouvaient le leur en vouloir. C’était trop dangereux. Du coup, ils passaient le temps comme ils le pouvaient, jouant, s’entraînant aussi pour ne pas perdre la main, visitaient… Mais c’était long. Ou alors était-ce l’interdiction d’aller dans l’océan qui rendait le temps si long ? C’était possible aussi.

Enfin, ne pas désespérer ! Elle était avec Antoine et Jasper, c’était le principal, non ? Et puis, ils pouvaient visiter, découvrir un tas de belles choses et cet orage n’allait pas leur plomber toutes leurs vacances. Laura s’apprêta avant de descendre prendre son petit-déjeuner et constata que les garçons dormaient encore. Bah, il était si tôt que ça ? Peu importe, elle dormait moins et le savait, elle pourrait lire en attendant s’il le fallait. Chassant toute trace de mauvaise humeur, la collégienne salua la mère d’Antoine, seule personne présente dans la cuisine, et alla s’installer pour manger. Antoine avait eu raison à ce sujet, sa mère ne cessait de répéter à Laura qu’elle était sous-alimentée et qu’elle devait manger. Aussi, chaque matin avait-elle l’impression de manger pour quatre alors qu’elle n’avait plus faim mais elle se dépensait énormément en sortant et visitant, ce qui compensait. Elle prit un grand verre de jus d’orange pour se réveiller avant de manger, sachant qu’elle avait tendance à faire tout de travers si elle ne l’était pas suffisamment, buvant une longue gorgée.

Mère d’Antoine – Au fait, Laura, tu as reçu du courrier ce matin. J’ai déposé l’enveloppe sur la table du salon, tu pourras lire cela après avoir mangé.

Laura – D’accord, merci beaucoup.

Laura termina son petit-déjeuner au moment où son frère et Antoine se réveillaient. Elle attendit un moment, bavardant avec eux et parlant de ce qu’ils allaient faire aujourd’hui vu qu’il y avait encore de l’orage, le sourire aux lèvres. Sa mauvaise humeur s’était envolée, le simple fait de se trouver ici, à Arès lui valait mille fois mieux que de passer deux mois à Paris avec leurs parents. Même s’il pleuvait, qu’il y avait de l’orage ou elle ne savait quoi d’autre pendant deux mois, rien ne viendrait gâcher ces vacances. Ce n’est que lorsqu’ils eurent terminé de manger et qu’ils montèrent pour s’habiller à leur tour que Laura se souvint du courrier qu’elle avait en le voyant posé sur la table du salon. Elle regarda l’adresse, l’écriture lui rappelant étrangement celle d’une personne qu’elle connaissait mais c’était impossible. Elle tourna l’enveloppe pour regarder qui était l’expéditeur… Sa mère. Cette enveloppe venait de Paris. Mais pourquoi lui écrivait-elle ? Elle ne lui avait plus parlé depuis des mois ! Oui, bon, sauf pour demander si elle pouvait accompagner son frère chez Antoine, mais c’était tout. Laura ouvrit l’enveloppe en déchirant l’ouverture sans faire attention et trouva un papier replié, une lettre assez courte, rédigée de l’écriture de sa mère.

Citation :
Laura,

Je t’écris cette lettre pour te dire qu’il est temps, pour toi, de suivre un enseignement de meilleure qualité que celui que tu as au Pensionnat. Nous avons reçu tes points et il est évident que tu as fait des efforts et que tu arrives à te maîtriser, alors maintenant, tu vas rentrer.

A partir de septembre, tu poursuivras une formation normale dans une école prestigieuse de Paris où tu apprendras à devenir une bonne épouse. Tu as quatorze ans et il est temps de penser à te former à cette fin. Ton père est d’accord avec moi, cette plaisanterie a assez duré et les élèves sont beaucoup trop dangereux, les orages de cette semaine en témoignent. Cette école n’est pas faite pour toi et tu es assez grande pour comprendre tout cela, à présent.

De plus, ton père m’a informé des bêtises que vous avez faites ton frère et toi. Croyais-tu sincèrement que cela resterait sans conséquences ? Il est temps de grandir un peu et d’assumer ce que vous avez fait, vous avez trop souvent défié l’autorité ensemble. C’est pourquoi nous avons décidé de vous séparer puisque vous ne parvenez pas à rester sérieux en étant ensemble.

Je te prie de ne pas faire de scandale et de te comporter en digne bourgeoise que tu es,

Bien à toi,

Elisabeth Karinof.

Laura sentit un poids tomber dans sa poitrine, n’en croyant pas ses yeux, la lettre en mains. Elle tremblait et était debout, dans le salon, plantée là sans pouvoir bouger, les yeux fixés sur ce bout de papier. Elle relut la lettre une bonne dizaine de fois, la tournant et retournant dans ses mains dans l’espoir de trouver une note qui disait que ce n’était pas vrai, qui mentionnait une mauvaise blague ou un de ses amis qui lui envoyait cela. Mais non. L’écriture était bien celle de sa mère. Et les phrases écrites, qu’elle lisait et relisait encore, n’avaient aucune autre signification possible… Elles étaient horriblement claires. Ils allaient réussir à les séparer… Mais elle ne pouvait pas ! Ils ne pouvaient pas les séparer comme cela, c’était impossible ! Pas après tout ce qu’ils avaient vécu, pas après cette année, pas après ses efforts ! Et Antoine ? Et ses amis ? Et Jasper…

Mère d’Antoine – Laura ? Tout va bien ? Tu es toute pâle, que se passe-t-il ?!

Laura – Je…

Laura secoua la tête, de plus en plus pâle, et s’enfuit à toute vitesse vers les étages, trébuchant avec la lettre chiffonnée dans sa main. Elle ne pouvait pas lui faire ça ! Elle ne pouvait pas, c’était impossible ! Son frère… Non, non, non. Elle n’irait pas, elle resterait, elle se cacherait, elle… Elle ne savait pas quoi faire. Son cerveau essayait de raisonner, de lui dire qu’il y avait une solution, qu’elle l’avait déjà étudiée en cours, mais elle ne parvenait pas à remettre la main dessus, chamboulée. Laura entra en trombe dans la chambre d’Antoine, ne faisant pas attention au fait qu’ils soient en train de se changer, puis se jeta dans les bras de Jasper en s’accrochant à lui comme si sa vie en dépendait, les yeux baignés de larmes. Elle tremblait, la lettre froissée dans ses mains, encerclant son frère à la taille par peur de le voir disparaître sous ses yeux.

Laura – Empêche-la… Empêche-la de le faire ! sanglota-t-elle. Elle ne peut pas, je ne veux pas, c’est… Je veux pas, je veux pas…

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Une lettre qui change tout   Jeu 9 Juil - 23:12

Un autre coup de tonnerre avait éclaté avec violence cette nuit, vers trois heures du matin, les réveillant tous les deux. Ce matin-là, ça ne s'était pas arrangé. Ça faisait une semaine ! Fallait-il une preuve de plus que ce n'était pas naturel ? Et cs éclairs qui filaient en tous sens et déchiraient le ciel, la pluie qui tombait en trombe. Il avait déjà vu ça... Il avait vu ça cette année, au cours d'une nuit terrible, au pensionnat. Il se redressa en s'appuyant sur les coudes, allongé sur la couche sous la couverture, alors qu'Antoine poussait les rideaux pour regarder au-dehors, debout devant la fenêtre. Le ciel était noir et zébré d'éclairs. Il se leva à son tour et le rejoignit, les sourcils froncés. Pour avoir un tel déchaînement de violence et de puissance... Il ignorait ce qui s'était passé mais ne savait pas si'il fallait comprendre. Il observa la ciel, le cœur battant plus vite. Une seule personne pouvait vraiment faire ça... ? Antoine ouvrit la fenêtre pour mieux voir, lèvres pincées, yeux fermés. Alors ?

Antoine – C'est bien l'élément eau, je peux le sentir.

Ils restèrent un long moment à observer le ciel tourmenté, à écouter les éclairs rugirent de temps en temps. Oui, ils avaient peurs ! Qui ne serait pas effrayé, là ? Un orage ne dure jamais sept jours complets ! Trois jours, peut-être quatre au grand maximum, mais une semaine entière, non, pas dans ce pays en tout cas. Il referma la fenêtre, une grosse boule au ventre. C'était comme si la fin du monde était venu et il avait peur. Il n'y avait pas grand-chose qui pouvait déclencher une telle colère chez elle... Soit il était arrivé quelque chose de très grave au pensionnat, soit quelqu'un de sa famille avait été blessé gravement ou tué. Il chassa ces idées de son esprit en descendant les escaliers pour ne pas inquiéter Laura. Elle ne semblait pas s'être rendue compte que cet orage n'était pas naturel du tout, même si la France toute entière devait s'en douter, maintenant. Elle resta avec eux dans la cuisine le temps qu'ils mangèrent, discutant avec animation. Jaz jetait de fréquents coup d'œil au-dehors, se demandant ce qui était arrivé. Antoine faisait de même, plus silencieux qu'à l'accoutumée. Et s'il était arrivé un malheur à leur professeur de SVT ? Ou à un des jumeaux ? Il échangea un coup d'œil avec son meilleur ami, dans le dos de Laura, en nettoyant son bol.

Jasper – On va s'habiller, attend deux minutes.

Il remonta dans la chambre, attrapant ses vêtements sans cesser de s'inquiéter. Il n'avait pas l'esprit tranquille, c'était quand même très angoissant ! Antoine s'assit sur son lit pour mettre ses chaussures puis lui dit qu'ils resteront à l'abri aujourd'hui aussi, même si les éclairs ne semblaient pas prêt à frapper le sol ou la tête des gens. L'océan était déchaîné, lui aussi, les gens couraient dans la rue avec de gros parapluie. C'était comme si la fin du monde venait de tomber. Il terminait de passer un pull léger lorsque Laura entra tout à coup dans la chambre en claquant la porte, les faisant sursauter tous les deux comme si le diable en personne venait de surgir du plancher, puis se jeta sur lui en manquant de le faire s'écraser au sol, le serrant des deux bras autour de la taille, si fort qu'il en eut le souffle coupé. Ouh là ! Qu'est-ce qui s'était passé ?! Il s'affola aussitôt, alors qu'Antoine avait bondi sur ses pieds, cherchant si elle était blessée ou quoi que ce soit. Et si elle pouvait serrer un peu moins fort, aussi, il avait du mal à respirer, là !

Laura – Empêche-la… Empêche-la de le faire ! sanglota-t-elle. Elle ne peut pas, je ne veux pas, c’est… Je veux pas, je veux pas…

De faire quoi ? Qui ? Comment ? Pourquoi ? De quoi parlait-elle ? Il baissa la tête pour la regarder, les bras ballants sans savoir quoi faire ni dire. Il ne comprenait même pas ce qu'elle avait ! Et elle tenait comme si sa vie en dépendait.

Jasper – Laura, bafouilla-t-il d'une voix rauque, je ne peux plus respirer, là.

Elle pouvait le relâcher un tantinet, là, même si elle ne voulait pas s'écarter. Heureusement, elle consentit à relâcher un peu la pression et il prit une longue inspiration. Voilà qui était mieux ! Bon, donc, il se passait quoi ? Il y avait eu un éclair plus violent et elle avait compris ce qui se passait ? Il referma les bras sur elle et lui frotta les cheveux pour la consoler, encore surpris par l'assaut. Elle ne risquait rien du tout ! D'accord, c'était assez impressionnante et terrifiant, mais ils n'étaient pas en danger de mort. Pas eux, en tout cas. En revanche, s'il y avait une personne qui s'en était pris à elle, cette personne ferait mieux de fuir très vite.

Jasper – Tu ne risques rien, ici, ma puce, elle ne va pas faire tomber les éclairs sur nous, lui dit-il pour la réconforter en lui massant la nuque.

Il intercepta le regard d'Antoine, qui affichait très clairement un air de gros doute. Oh, un peu de confiance ! Elle se maîtrisait, même quand elle était folle de rage. Elle lui collait une trouille monstrueuse, même s'il avait encore plus peur du Colonel Gavin, mais il lui faisait confiance. Donc ils étaient en sécurité, il n'y avait rien à craindre. Ils comprendront plus tard ce qui avait pu motiver ce déchaînement, d'ici là, ils devaient juste attendre que ça se calme. Elle releva la tête, les joues luisant de larmes, tremblant de plus belle.

Laura – Je ne te parle... pas des éclairs, mais de notre mère ! Elle... La lettre...

Hein ? Leur mère ? Qu'avait-elle à voir là-dedans ? Il prit le papier chiffonné, alors que Laura continuait de s'accrocher à lui. Il lut une première fois, puis une deuxième, puis une troisième, le cœur au bord des lèvres, refusant d'abord d'y croire puis forcé peu à peu d'affronter la réalité. Leur mère était une salope ! Elle n'avait pas abandonné ce projet, elle voulait que Laura quitte l'école, qu'elle... Mais c'était hors de question ! Il posa sa main libre sur la tête de sa petite sœur, l'autre serrant la fine feuille de papier. Qu'il brûla tout à coup sans faire exprès. Oh ! Antoine l'éteignit aussitôt avec son don et Jaz le remercia du regard. Désolé, ça arrivait souvent, en ce moment... Il remit le bras autour des épaules de Laura, ne sachant que dire. Que pouvaient-ils faire pour empêcher leur mère de désinscrire Laura ? Bon, ils avaient un peu de répit avant qu'elle ne puisse le faire, la directrice devant être... un peu occupée. Mais tout de même. Il résuma à mi-voix la situation pour Antoine, commençant à trembler à son tour.

Jasper – On ne peut rien faire... Ils ont l'autorité sur nous, ils...

Antoine – Il faudrait qu'ils la perdent, dit d'un coup Antoine. L'autorité parentale. Qu'on vous place chez des tuteurs.

Ah oui et comment ? On n'enlevait pas la responsabilité parentale comme ça, à cause de ce genre d'histoires ! Il répliqua qu'aucun juge n'acceptera de faire ça juste parce que leur mère voulait changer Laura d'école, ça ne passera jamais. D'autant plus avec la réputation que traînait le pensionnat. Antoine lui renvoya alors un long regard éloquent. Quoi ? A quoi il pensait ? Il serrait sa petite sœur contre lui, l'enveloppant de ses bras, soudain méfiant. Il ajouta qu'il pouvait aussi aller à Paris voir leurs parents mais Antoine lui renvoya un regard noir. Bah quoi ?

Antoine – Tu fais ça, je te noie dans l'océan ! Tu sais ce qui va arriver, avec ton père. Mais bon... Ça peut servir de moyen, si t'accepte enfin de porter plainte contre lui, vous serez retiré de chez vous pour maltraitance sur mineurs. Et tu as un témoin qui as tout vu, Jaz.

Il voulait qu'il... Jasper ouvrit la bouche puis la referma, pâlissant d'un coup. L'image du Colonel resurgit devant ses yeux, comme un démon surgi des enfers qui se dresserait devant lui. Ça voulait dire qu'il devait lui demander de l'aide pour constituer le dossier de la plainte... ? Il devait... Il regarda son meilleur ami, puis Laura, puis de nouveau Antoine. Il ne voulait pas perdre sa sœur mais était terrifié juste à l'idée d'entendre à nouveau la voix du Colonel. Il inspira profondément pour se calmer et se contrôler, les yeux fermés. Il ne devait pas avoir si peur... C'était juste le type qui l'avait traîné, menotté, rabaissé plus bas que terre et manipulé de long en large en le torturant psychologiquement, pas de quoi être effrayé !

Jasper – Qui seraient nos tuteurs ? demanda-t-il d'une voix plus faible. Nous...

Il s'interrompit lorsqu'un nouveau coup de tonnerre se fit entendre. Ah oui, juste, la seule personne a avoir eu un lien assez proche avec eux deux et capable de tenir le rôle, c'était elle. Antoine dû suivre le cours de ses pensées car il jeta un coup d'œil au-dehors puis leur rendit un regard compatissant.

Jasper – Devoir se tourner vers une femme qui terrorise toute la France en déclenchant l'apocalypse... Je suis d'avis à téléphoner d'abord à son mari, là, je ne sais pas ce qui s'est passé mais c'est sûrement grave. Et, heu... Pour le... Colonel...

Il fit de son mieux pour dissimuler la pointe de terreur qui se manifestait dans sa voix, ne voulant pas passer pour un lâche aux yeux de Laura.

Laura – Il acceptera sûrement si c'est pour te tirer de là... Je veux bien lui demander si tu préfères, mais je ne veux pas qu'on soit séparés...

Il ferma brièvement les yeux puis poussa Laura à s'asseoir avec lui sur le lit, la faisant se blottir dans ses bras. Il la berça longuement, la serrant contre lui, pensif et silencieux. Leurs vacances d'été supposément enjouées et libres de tous soucis étaient d'ores et déjà terminées. Il avait encore un peu de mal à le réaliser, tout s'était déchaîné très vite, il avait du mal à suivre.

Jasper – On va parler directement à a directrice à Paris ? Ce sera plus simple... Tu es état de voyager, Laura ? Il faudra juste... Enfin, avec ces orages et tout, je ne sais pas trop dans quel état elle va être, donc il faut s'attendre à d'autres problèmes.

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Laura K. Nakajima
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Âge RPG : 14 ans

MessageSujet: Re: Une lettre qui change tout   Ven 17 Juil - 12:24

Jasper – Laura, bafouilla-t-il d'une voix rauque, je ne peux plus respirer, là.

Laura redressa la tête vers son frère, réalisant qu’en effet, elle le serrait peut-être un peu trop fort. Au prix d’un immense effort, elle parvint à desserrer un peu son étreinte, sans parvenir à le lâcher cependant. Elle était terrorisée, les mots de sa mère lui revenant sans cesse en mémoire. Elle allait les séparer ! Et lui restait là, comme cela, sans même comprendre… Mais c’était évident, pourtant ! Il devait faire quelque chose, réagir, l’empêcher, ne pas la laisser les séparer. Il pouvait, n’est-ce pas ? Il avait des idées, des plans, des moyens d’empêcher leurs parents de faire une telle chose. Il était son grand frère ! Jasper avait toujours des idées, il répondait toujours à ses questions, était toujours là pour elle. Donc il avait bien des idées, ici, n’est-ce pas ? Il referma les bras sur elle en lui frottant les cheveux pendant qu’elle enfouissait sa tête contre lui sans cesser de pleurer. Elle ne pouvait pas les séparer…

Jasper – Tu ne risques rien, ici, ma puce, elle ne va pas faire tomber les éclairs sur nous, lui dit-il pour la réconforter en lui massant la nuque.

Hein ? De quoi il parlait ? Qui risquait de faire tomber les éclairs ? Mais ce n’était pas de ça que Laura parlait ! L’information « la directrice produit tout ces éclairs, gros danger à l’horizon » ne monta même pas au cerveau de la collégienne, la peur d’être séparée de son frère surplombant tout le reste. Elle traiterait cette information plus tard. Dès qu’ils auraient trouvé une solution. En attendant, le sol pouvait bien se fissurer sous ses pieds que cela ne l’atteindrait même pas tant elle était terrorisée. Laura releva la tête vers Jasper, essayant de respirer pour se faire comprendre, mais autant dire que c’était mission impossible. Les larmes lui brouillaient la vue, il fallait qu’elle se calme, qu’elle respire, qu’elle arrête de trembler. Sinon il ne comprendrait pas, jamais, et il ne pourrait rien empêcher du tout.

Laura – Je ne te parle... pas des éclairs, mais de notre mère ! Elle... La lettre...

Laura lui tendit la lettre chiffonnée sans le lâcher puis suivit son regard, sachant, au fur et à mesure de sa lecture et de ses relectures, que Jasper avait enfin compris. Donc il pouvait faire quelque chose, n’est-ce pas ? Il posa à nouveau une main sur sa tête alors qu’elle se cramponnait à lui, redressant la tête pour le regarder à nouveau lorsqu’il… brûla la lettre. Antoine réagit assez vite, son meilleur ami le remerciant d’un regard comme si c’était fréquent. Elle avait oublié ce détail, oui, mais à vrai dire, la lettre de sa mère avait tout effacé pour le reste. Il devait faire quelque chose ! Jasper remit son bras autour de ses épaules, une nouvelle vague de pleurs la reprenant. Pourquoi n’avait-il rien dit ? Pourquoi ne la rassurait-il pas ? Il n’avait pas d’idée, alors ? Il ne pouvait rien empêcher… ? Mais leur mère ne pouvait pas gagner comme cela ! Il y avait sûrement une solution ! Laura lui lança un regard désespéré et empli de larmes pendant qu’il résumait tout à Antoine, commençant à trembler lui aussi. Il n’avait donc aucune idée… Ils allaient être séparés…

Jasper – On ne peut rien faire... Ils ont l'autorité sur nous, ils...

Antoine – Il faudrait qu'ils la perdent, dit d'un coup Antoine. L'autorité parentale. Qu'on vous place chez des tuteurs.

Mais oui ! C’était ça que Laura avait vu et qui ne lui revenait pas en tête en lisant la lettre ! Elle lança un regard plein d’espoir à Antoine puis Jasper… qui détruisit tout en l’espace de quelques paroles. Avec la réputation du Pensionnat, la réaction de leur mère pouvait paraître complètement normale, logique, rationnelle même. De nombreux élèves allaient changer d’école pour quitter le Pensionnat, devenu trop dangereux au cours de l’année. Tous savaient que les choses allaient s’aggraver à la rentrée… Laura baissa la tête, sentant l’immense poids qu’Antoine avait ôté retomber violemment dans sa poitrine. S’ils ne pouvaient pas faire cela, il n’y avait donc aucune solution… Rien ? Vraiment rien ? Sans comprendre pourquoi, Jasper la serra soudain plus fort contre lui, ajoutant qu’il pouvait aller à Paris pour voir leurs parents. Elle leva la tête en leur lançant un regard à tous les deux avec l’impression d’avoir loupé un épisode. Pourquoi disait-il cela ? Antoine avait une idée et son frère en avait peur ?

Antoine – Tu fais ça, je te noie dans l'océan ! Tu sais ce qui va arriver, avec ton père. Mais bon... Ça peut servir de moyen, si t'accepte enfin de porter plainte contre lui, vous serez retiré de chez vous pour maltraitance sur mineurs. Et tu as un témoin qui as tout vu, Jaz.

… Ah. Laura vit nettement Jasper pâlir tandis qu’elle resserrait ses bras sur lui pour le rassurer ou au moins l’épauler à son tour. Avec cette excuse, Antoine avait raison, le juge accepterait sûrement de les retirer de chez leurs parents. Mais Jasper… Il avait ouvert et refermé la bouche, apparemment sous le choc et toujours terrorisé par le Colonel. Ce qu’elle pouvait comprendre… Mais si c’était une solution pour qu’ils restent ensemble ? Pour qu’il ne soit plus frappé ? Leurs parents n’étaient pas de bons parents, lui plus que personne pouvait l’assurer ! Et elle-même le voyait bien maintenant qu’elle avait passé plusieurs jours chez Antoine… Tous les jours, au Pensionnat, Laura enviait les élèves qui avaient des parents qui tenaient vraiment à eux et les aimaient, se comportaient comme des parents. Ici, ils avaient la possibilité de s’émanciper, de ne plus être chez eux. Mais si Jasper ne pouvait pas… Il inspira profondément, les yeux fermés. Non, ils devaient trouver une autre raison. C’était possible, n’est-ce pas ? Elle ne pouvait pas obliger son frère à faire cela…

Jasper – Qui seraient nos tuteurs ? demanda-t-il d'une voix plus faible. Nous...

Laura leva la tête vers Jasper au moment où un éclair retentit au dehors, leur faisant tourner la tête à tous les trois. D’un regard, elle sut qu’ils avaient pensé à la même chose. Mais… La directrice ? Leur ancienne tante ? Objectivement, c’était possible. Elle avait été leur tante, les connaissait, mais elle terrorisait tout le monde aujourd’hui, et hier, avant-hier… L’information peinait à se frayer un chemin dans son cerveau, mais Laura n’était même pas effrayée, plus terrorisée encore par la lettre que Jasper avait brûlée.

Jasper – Devoir se tourner vers une femme qui terrorise toute la France en déclenchant l'apocalypse... Je suis d'avis à téléphoner d'abord à son mari, là, je ne sais pas ce qui s'est passé mais c'est sûrement grave. Et, heu... Pour le... Colonel...

Laura resserra son étreinte autour de son frère, voulant le rassurer, le calmer. Elle parlerait au Colonel. Il n’avait pas à faire cela pour elle, il acceptait déjà de porter plainte contre leur père, il avait déjà pris tous ces coups en la protégeant. Il l’avait déjà perdue, lui aussi, à cause de leurs parents qui l’avaient empêché de la voir lorsqu’elle venait de naître… Ca ne pouvait plus continuer, ils avaient l’occasion de se détacher d’eux, ils devaient le faire. Même si c’était avec la directrice, qui était peut-être un tantinet effrayante, mais elle ne leur ferait jamais de mal.

Laura – Il acceptera sûrement si c'est pour te tirer de là... Je veux bien lui demander si tu préfères, mais je ne veux pas qu'on soit séparés...

Laura vit son frère fermer brièvement les yeux et se laissa faire lorsqu’il la fit s’asseoir sur le lit avec lui, allant se blottir dans ses bras sans rien dire. Elle ferma les yeux, s’accrochant à Jasper avec cette même peur de le voir disparaître d’un claquement de doigts malgré elle. Elle ignorait si la directrice allait accepter. Et si elle refusait, que feraient-ils ? Chez qui iraient-ils ? Toute leur famille était du même genre que leurs parents, alors aller chez eux serait pire que tout. A nouveau, la crainte de perdre son frère vint la saisir mais Laura la repoussa, les bras de Jasper la rassurant. Il était là. Antoine aussi. Ils arriveraient à rester ensemble, même si c’était au Pensionnat, même si les orages de la directrice étaient effrayants. Peu à peu, elle parvint à se calmer sans bouger, regardant les cendres de la lettre de leur mère à terre. Il y avait une solution et ils ne seraient pas séparés.

Jasper – On va parler directement à a directrice à Paris ? Ce sera plus simple... Tu es état de voyager, Laura ? Il faudra juste... Enfin, avec ces orages et tout, je ne sais pas trop dans quel état elle va être, donc il faut s'attendre à d'autres problèmes.

Laura – A… Aller à Paris ? demanda-t-elle, craintive, en se redressant. Je ne sais pas si c’est une bonne idée, Jaz… Regarde les orages !

Pour appuyer ses paroles, Laura avait levé un bras vers le ciel noir et menaçant, au sein duquel les orages continuaient de gronder. Non, aller à Paris était une mauvaise idée. La directrice n’avait pas besoin de problèmes supplémentaires. S’ils allaient sur place, elle risquait de les renvoyer purement et simplement. Ils ignoraient ce qui s’était passé, ce qui causait une telle colère chez elle, mais c’était sûrement très grave. Frissonnant, la collégienne lança un regard par la fenêtre, se relevant et contemplant le ciel noir, appuyée sur le rebord de la fenêtre. Ils ne pouvaient pas aller sur place… Mais pouvaient appeler ! C’était une bonne idée, non ? Appeler, cela ne prenait que quelques minutes, ils gagneraient en temps et pourraient se consacrer au reste assez vite plutôt que de perdre toute une journée à Paris. Surtout si la directrice refusait d’être leur tutrice.

Laura – Je vais l’appeler. Comme ça, si elle refuse, on pourra se retourner sans avoir perdu une journée pour rien.

Aussitôt dit, Laura attrapa la main de Jasper pour l’emmener avec elle et descendit les escaliers jusqu’à trouver la mère d’Antoine. Elle expliqua ce qui s’était passé en quelques mots, avec l’aide de son frère, jusqu’à la solution trouvée et demanda si elle pouvait utiliser le téléphone pour joindre la directrice. Pas besoin de bottin, elle connaissait le numéro par cœur vu qu’ils avaient vécu chez elle un moment. Nerveuse, Laura lança un regard à Jasper avant de faire tourner le cadrant jusqu’au dernier numéro et porta le combiné à son oreille. Il n’y eut qu’une seule tonalité avant que l’on décroche et elle entendit la voix de son ancienne tante, s’annonça… et entendit à nouveau la tonalité.

Laura – Elle m’a raccroché au nez ! dit-elle, choquée, en regardant le téléphone d’un air ahuri.

Heu… C’était une bonne idée de réessayer de suite ? Laura se mordit les lèvres, hésitant encore plus, ayant la confirmation qu’aller à Paris aurait été la pire idée du siècle. Ils se seraient fait remballer aussi sec, le téléphone, c’était très bien. Bon, allez, elle n’allait pas la manger ! Au pire, ils réessaieraient dans une heure. Ou laisseraient tomber… Un nouvel éclair retentit au loin, faisant sursauter Laura. Heu… Elle lança un regard à son frère avant de prendre une profonde inspiration et de tourner à nouveau le cadrant, composant le numéro, chiffres les uns après les autres. Une nouvelle tonalité retentit, une seule, puis elle entendit qu’on décrochait. Laura n’attendit pas une seule seconde de plus et enchaîna, parlant très vite, jouant avec un pan de son haut nerveusement. Pire encore que lors d’un oral !

Laura – Madame, c’est Laura Karinof, nous av…

M. Redfire – Attends, je m’en occupe !

Laura lança un nouveau regard à son frère sans rien dire, entendant que le combiné passait d’une main à l’autre. Heu… C’était à elle ? Ou… pas ? C’était peut-être une mauvaise idée d’appeler, finalement. Elle n’aurait pas dû. Mais ils n’avaient pas le choix ! Elle ignorait le temps que prendrait un tel dossier. Peut-être que cela irait très vite, c’était possible, mais ils devaient au moins avoir des noms de tuteurs à proposer pour le constituer. Non ? Il fallait quelqu’un d’emblée, sinon le juge risquait de les mettre chez un autre membre de leur famille. Laura entendit, au loin, leur ancienne tante rajouter à son mari de ne pas rester trois heures au cas où la police allait appeler. Il la rassura, mais elle ne put s’empêcher de grimacer, l’impression de déranger plus qu’autre chose. Et Jasper qui voulait y aller… D’accord, ils auraient évité de monopoliser le téléphone, mais ils auraient risqué bien plus. Surtout en allant à Paris par un temps pareil. Laura ne rajouta rien, la boule au ventre, silencieuse. Elle fit signe à son frère de se rapprocher et lui attrapa la main – la broyant à moitié en fait, mais sans s’en rendre compte. Elle avait peur, ce n’était pas de sa faute !

M. Redfire – Bon, qu'est-ce qui se passe ? Un autre problème ?

Laura – Heu…, dit-elle d’une voix moins sûre. Oui, c’est… J’ai reçu une lettre de notre mère ce matin et elle veut me retirer du Pensionnat pour continuer mon enseignement et faire de moi une petite bourgeoise. Mais je ne veux pas, Jasper non plus, alors nous avons pensé à… à l’émancipation. Il va porter plainte contre notre père pour toutes les fois où… où il a été battu, le Colonel Gavin pourra sûrement témoigner, mais…

Allez, courage ! Le professeur de SVT était gentil, elle ne voulait pas traîner et si elle s’arrêtait, elle n’aurait pas le courage de continuer. Laura prit une petite inspiration, serrant un peu plus fort la main de Jasper.

Laura – Il nous faut des tuteurs. Au moins un, et je… Nous avons pensé à la directrice comme elle a été assez proche de nous pour pouvoir reprendre notre garde. Nous ne pouvons pas aller chez d’autres membres de notre famille, ils sont tous comme ça, puis ils nous refuseront à cause de nos dons.

Leur professeur resta silencieux pendant un moment alors que les mots « mauvaise idée » tournaient en boucle devant ses yeux. Elle savait que ce n’était pas le meilleur moment pour les appeler, qu’ils étaient occupés, que quelque chose de grave s’était passé, mais ils ne pouvaient pas se laisser faire ! Si Laura osait s’opposer à leur mère ou ne pas agir correctement, comme elle le voulait, elle risquait d’en parler à leur père qui frapperait Jasper. Pâlissant un peu, la collégienne retint son souffle, incroyablement tendue comme avant les résultats d’un examen important. Elle se mordit les lèvres lorsqu’elle entendit monsieur Redfire ouvrir la bouche.

M. Redfire – Je vois... Déjà, détends-toi, votre mère devra forcément voir Gaby pour vous désinscrire et là, ce n'est pas le moment. Attends, comment faire... Je ne dis pas ça pour te rejeter, Laura, mais tu tombes très mal. Ou alors si c'est juste moi qui vous aide pour les démarches... Hum... Bon, écoute, dans ce cas, je peux me déplacer pour vous aider. Où êtes-vous ?

Laura – Vous… Vous feriez ça ? Nous… Heu… Nous sommes à Arès, chez Antoine Lefort. C’est un petit village dans le Sud et nous y restons les deux mois. Mais vous… vous n’êtes pas obligé, si vous êtes occupé, nous pouvons nous charger de tout ça seuls.

M. Redfire – Il faut un adulte pour faire et pour signer les papiers. Je serai là aujourd'hui, ou ce soir, ou demain.

Laura remercia son professeur, lui assurant qu’ils viendraient le chercher au point de rendez-vous que son frère lui indiqua, et raccrocha. Elle ne connaissait pas encore assez le village pour guider, alors elle avait laissé Jasper expliquer pour que ce soit plus simple. Il venait ici… Bon, en soi, elle savait que monsieur Redfire était gentil et qu’il les défendait, mais jamais elle n’aurait imaginé qu’il se déplacerait lui-même jusqu’à Arès pour les papiers ! Ils devaient rassembler tout, se renseigner, aller déposer la plainte de Jasper avec tout le dossier et appeler le Colonel Gavin. Elle se tourna vers lui, se blottissant dans ses bras un bref instant avant de relever la tête.

Laura – Il m’a dit que ce n’était pas le bon moment mais qu’il viendrait aujourd’hui, ce soir ou demain pour faire et signer les papiers. On ne devrait pas… aller les chercher avant et se préparer ? La directrice m’a raccroché au nez, je n’ose pas imaginer ce qui s’est passé, mais je ne veux pas retenir monsieur Redfire trop longtemps.

Et puis, elle voulait aussi épargner de trop longues démarches à Jasper. Elle savait que ça allait être dur pour lui, très dur. Entre la plainte et le Colonel Gavin… Laura ne connaissait pas les termes exacts qu’il avait employés, mais la discussion qu’il avait eue avec son frère l’avait ébranlé et il s’en remettait petit à petit, changeant en même temps. Elle ne voulait pas que cela réveille ses peurs, qu’il soit obligé de souffrir à cause d’elle. Laura s’écarta un peu de lui pour le regarder dans les yeux, voulant vraiment être certaine de ce qu’il pouvait faire ou non.

Laura – Tu es sûr de vouloir porter plainte contre lui ? Je ne veux pas t’y obliger, Jaz… On doit rassembler les papiers, puis appeler le Colonel Gavin, et il faudra sûrement que notre père soit là aussi. Mais si tu n’es pas prêt, on peut encore attendre… Je ne veux pas que tu repenses à tout ça à cause de moi, finit-elle dans un murmure.

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Une lettre qui change tout   Lun 20 Juil - 22:10

Laura – A… Aller à Paris ? demanda-t-elle, craintive, en se redressant. Je ne sais pas si c’est une bonne idée, Jaz… Regarde les orages !

Oui, mais avaient-ils le choix ? Ils devaient bien la voir ! Ils ne pouvaient rien signer seuls, sans oublier que faire ce genre de dossier était long et compliqué. Cela allait prendre des jours, sans oublier le temps de traitement qui risquait d’être long, lui aussi. Ils risquaient d’être déjà arrivés à la rentrée avant que tout ne soit fait. Cependant, pour désinscrire Laura, leur mère devait bien voir la directrice, non ? Et ce n’était pas le moment. Il laissa Laura se relever, alors qu’ils regardaient tous les trois le ciel menaçant et grondant. Ce n’était pas une très bonne idée mais ils ne pouvaient rien faire seuls, ils étaient trop jeunes. Même si cette orage leur hurlait très clairement « Quelque chose de très grave s’est passé ! ». Il imagina un instant que l’école avait été complètement détruite et il eut un frisson. Non, ça ne pouvait pas être ça… Et elle serait reconstruite de toute façon, comme le village. Ne rien savoir était angoissant.

Laura – Je vais l’appeler. Comme ça, si elle refuse, on pourra se retourner sans avoir perdu une journée pour rien.

Aussi, même s’il faudra quand même la voir à un moment ou à un autre. Elle lui prit la main et il descendit avec elle, suivis par Antoine. Il avait l’impression d’être dans une scène d’apocalypse, dans un film, tant tout avait dégénéré en si peu de temps. Laura se chargea du téléphone tandis qu’il restait près d’elle, sans rien dire pour le moment. S’il devait avoir le témoignage du Colonel pour porter plainte… Il sentit son estomac se contracter assez brusquement. Il se revoyait, courant au-dehors avec ses amis en Auvergne, et le militaire l’arrêter bien sèchement, en lui tordant à moitié le poignet. Puis tout ce qu’il avait dit ensuite, son regard… Il se mordit les lèvres, ne revenant à la réalité que lorsque Laura regarda le combiné avec un air ahuri. Et bien quoi ? Il n’avait rien dit !

Laura – Elle m’a raccroché au nez !

Qui ? La directrice ? Il échangea un bref regard avec sa sœur alors qu’elle recommençait puis tourna la tête vers la fenêtre ouverte. Mais qu’est-ce qui s’était passé ?! Il ne pouvait s’empêcher d’imaginer le pire, à présent, comme la mort du prof de SVT, d’un de leurs enfants, de Solène… Qu’est-ce qui pouvait provoquer une telle colère ? Et surtout pourquoi sur tout le pays … ? Il songea alors que cet orage pourrait avoir pur but de terroriser quelqu’un… De faire peur à la personne qui lui aurait fait du mal, une personne qui se serait enfuie, d’où la nécessité d’étendre son pouvoir partout. Ce n’était qu’à ce moment que Jasper réalisa l’ampleur de la chose, entrouvrant la bouche. Sur tout le pays ! Elle était… Elle… Là, non, « puissante », ce n’était plus le mot qui correspondait. Comment qualifier ça ?

Laura – Madame, c’est Laura Karinof, nous av…

Prof– Attends, je m’en occupe !

Il sourcilla en même temps qu’Antoine. Confirmation, ils tombaient encore plus mal que prévu. Laura lui attrapa la main, la serrant bien fort, alors qu’il retenait un soupir. Ils auraient dû attendre, au moins quelques jours ! Leur mère ne pouvait rien pour le moment mais eux non plus ! Tout le monde était coincé, pour le moment. Le prof et la directrice se débattaient avec un problème visiblement grave, leur mère ne pouvait pas désinscrire Laura et eux-mêmes ne pouvaient pas déranger leur ex-tante car elle avait bien autre chose à faire pour le moment. Le prof dû dire quelque chose au téléphone car sa petite sœur s’était encore plus raidie. Une nouvelle information sur la situation ? Non, ça n’en avait pas l’air.

Laura – Heu…, dit-elle d’une voix moins sûre. Oui, c’est… J’ai reçu une lettre de notre mère ce matin et elle veut me retirer du Pensionnat pour continuer mon enseignement et faire de moi une petite bourgeoise. Mais je ne veux pas, Jasper non plus, alors nous avons pensé à… à l’émancipation. Il va porter plainte contre notre père pour toutes les fois où… où il a été battu, le Colonel Gavin pourra sûrement témoigner, mais…

Hum, elle aurait pu expliquer les choses autrement, car là, ça faisait vraiment petite fille gâtée qui ne voulait pas obéir à sa mère et faisait un caprice. Enfin, peu importe, il mettait ça sur le compte du stress. Le reste, cependant, lui fit vite oublier ce détail. Le Colonel Gavin qui pouvait témoigner… Oh mon Dieu. Il serra à son tour un peu plus fort la main de sa sœur, le cœur dans les talons. Pour elle, il pouvait le faire, mais il avait peur. Pas seulement du Colonel mais aussi d’avouer ce qu’il avait enfoui au fond de lui depuis des années. Devoir raconter tout cela, raconter toutes les fois où son père l’avait frappé. Il s‘accrocha de toutes ses forces à l’idée qu’il devait le faire pour ne pas être séparé de Laura. Pour elle, il pouvait le faire, n’est-ce pas ? Il pouvait, il… Oui, il pouvait le faire. En faisant un gros effort. En se forçant, en fait. Il baissa le regard sur le téléphone, pâlissant un peu.

Laura – Il nous faut des tuteurs. Au moins un, et je… Nous avons pensé à la directrice comme elle a été assez proche de nous pour pouvoir reprendre notre garde. Nous ne pouvons pas aller chez d’autres membres de notre famille, ils sont tous comme ça, puis ils nous refuseront à cause de nos dons.

Il échangea un long regard avec Antoine, qui était appuyé contre la commode où était posé le téléphone, silencieux. C’était toujours lui qui avait les bonnes idées, finalement, mais il était beaucoup plus calme et réfléchi qu’eux deux réunis. Jasper était trop à vif et sa petite sœur n’était pas du tout réfléchie. Antoine devait souvent réfléchir pour eux deux. Il eut un très faible sourire en pensant à cela. Ils devaient vraiment lui en faire baver, parfois. C’était vraiment un ami en or.

Laura – Vous… Vous feriez ça ? Nous… Heu… Nous sommes à Arès, chez Antoine Lefort. C’est un petit village dans le Sud et nous y restons les deux mois. Mais vous… vous n’êtes pas obligé, si vous êtes occupé, nous pouvons nous charger de tout ça seuls.

Oh, il venait alors ? Mais que Laura ne dise pas de bêtise ! Personne ne leur confiera le moindre papier ou document comme ça, il faudra obligatoirement un adulte avec eux ! Se charger de cela tous seuls… Enfin bref. Elle lui passa le combiné pour qu’il redéfinisse les choses avec leur professeur. Il raccrocha, avec encore plus de questions en tête et sentant que leur professeur était très pressé et nerveux, ce qui déjà inhabituel en soi. Laura revint se blottir dans ses bras après ça et il le sreferma sur elle, silencieux.

Laura – Il m’a dit que ce n’était pas le bon moment mais qu’il viendrait aujourd’hui, ce soir ou demain pour faire et signer les papiers. On ne devrait pas… aller les chercher avant et se préparer ? La directrice m’a raccroché au nez, je n’ose pas imaginer ce qui s’est passé, mais je ne veux pas retenir monsieur Redfire trop longtemps.

Ils pouvaient appeler le Colonel Gavin mais pas le reste, un peu de logique, Laura…

Laura – Tu es sûr de vouloir porter plainte contre lui ? Je ne veux pas t’y obliger, Jaz… On doit rassembler les papiers, puis appeler le Colonel Gavin, et il faudra sûrement que notre père soit là aussi. Mais si tu n’es pas prêt, on peut encore attendre… Je ne veux pas que tu repenses à tout ça à cause de moi, finit-elle dans un murmure.

Jasper – On ne peut pas rassembler le dossier avant, Laura, sois logique, soupira-t-il en la regardant. Nous ne sommes pas majeurs et personne ne nous donnera ce genre de documents comme ça, parce qu’on le demande. On doit attendre.

Il était peut-être trop cassant et Antoine le lui fit remarquer d’un coup d’œil. Oui, bon, désolé, ce n’était pas la faute de sa sœur, il se laissait ronger par la peur et l’angoisse. Il soupira, passant une main dans ses cheveux. La perspective de revoir le Colonel et de devoir déballer tout ça à la police… Comment fera-t-il ? Il ne devait pas cesser de penser « je dois le faire pour Laura » ou il n’allait pas y arriver. Et oui, leur père risquait d’être présent, en effet. Il tourna le dos à Antoine et Laura, faisant quelques pas dans la pièce, une main sur la bouche comme s’il avait envie de vomir. Il la laissa retomber au bout d’une minute, rajoutant qu’il allait appeler le colonel un peu plus tard, dans la journée.

Jasper – Ne t’en fais pas pour aujourd’hui, Laura, profite de tes vacances. Qu’est-ce que tu as envie de faire, aujourd’hui ?

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Une lettre qui change tout   Jeu 30 Juil - 22:29

Jasper – On ne peut pas rassembler le dossier avant, Laura, sois logique, soupira-t-il en la regardant. Nous ne sommes pas majeurs et personne ne nous donnera ce genre de documents comme ça, parce qu’on le demande. On doit attendre.

Laura leva la tête vers Jasper en faisant la moue, ne comprenant pas pourquoi il parlait comme cela. C’était une simple proposition ! Elle ne dit rien, s’écartant de lui en lançant un regard par la fenêtre. Elle se rapprocha d’Antoine, restant silencieuse par peur de dire encore une bêtise qui énerverait son frère. Plus elle le regardait, moins elle était convaincue de cette idée. Il n’était pas prêt à témoigner, à porter plainte et à revoir le Colonel, elle le voyait bien. Il n’y avait aucune autre solution… ? Elle prit la main d’Antoine en lui jetant un regard un peu inquiet, cherchant une idée pour aider Jasper. Tout dépendait de lui, mais elle ne voulait pas qu’il souffre à cause d’elle. Il leur tourna le dos, la main sur la bouche, et marchait un peu dans la pièce comme s’il était perdu ou allait tomber là, d’une minute à l’autre. Laura faillit lui demander s’il allait bien lorsqu’il laissa retomber sa main en disant qu’il allait appeler le Colonel un peu plus tard.

Jasper – Ne t’en fais pas pour aujourd’hui, Laura, profite de tes vacances. Qu’est-ce que tu as envie de faire, aujourd’hui ?

Laura – Et toi ? Je veux que tu profites aussi, c’est grâce à toi qu’on peut envisager cette solution-là…

Laura fixait son frère avec les yeux brillants, sachant qu’il tenait le coup uniquement parce qu’elle-même avait craqué directement et s’était jetée dans ses bras. Mais c’était lui qui faisait le plus gros ! Elle ne faisait rien, absolument rien et créait même le problème en refusant de se plier, tout simplement, au désir de leur mère. N’importe qui aurait accepté, nombreux élèves du Pensionnat risquaient de quitter l’école, et tous ne demandaient pas à être émancipés pour autant. Alors, Laura voulait faire ce que lui voulait, même si cela signifiait rester ici sans rien faire et passer la journée tranquillement. C’était peut-être plus prudent, d’ailleurs, vu son état… Oui, peut-être. Se promener par ce temps ? Pourquoi pas, prendre l’air pourrait faire du bien à tout le monde…

Jasper – On pourrait aller voir un musée ?

Oh, mais oui, c’était une excellente idée ! Laura fit un petit sourire timide à son frère, contente qu’il joue le jeu et essaie au moins de se détendre. Restait maintenant à savoir quel genre de musées ils pouvaient trouver dans le coin… Au pire, peut-être n’étaient-ils pas obligés de rester à Arès, quitte à y aller en vélo ou à pieds, si c’était possible ? Déjà, à bannir, un musée sur la pêche ou un truc du genre. Jasper n’aimait pas l’eau, inutile d’en rajouter une couche. Un musée sur la peinture, pas terrible… Quelque chose sur les maths ? Ou sur les maths sans que ce soit ennuyant pour eux ?

Laura – On peut, on a encore largement le temps avant de manger, et puis ça nous changera les idées. Mais quel genre de musée…

Ils réfléchirent un court moment avant de se mettre d’accord sur le musée des sciences naturelles, pas trop loin de chez Antoine. Là-bas, ils pourraient apprendre sans s’ennuyer et tout le monde y trouverait son compte ! Prévenant avant de partir, Laura fit attendre les garçons deux petites minutes pour chercher Maxime. Ils ne pouvaient pas partir sans lui pour un musée ! Elle le trouva dans sa chambre… qui se cacha dès qu’il la vit. La collégienne lui fit un petit sourire pour l’encourager à sortir, assurant qu’elle n’allait pas le toucher, pas le mordre et pas l’effrayer, qu’elle voulait seulement lui proposer de les accompagner au musée. Elle avait demandé à Antoine, c’était sûrement une bonne idée, non ?

Laura – Regarde, je m’écarte même pour que tu puisses passer ! dit-elle en joignant le geste à la parole. Tu vois ?

Maxime lui lança un petit regard avant de foncer retrouver son frère, en bas des escaliers. Elle eut un rire attendri puis les rejoignit en agrippant la main de Jasper, comme celle d’Antoine était déjà prise. Et puis, elle avait besoin d’être avec lui, aujourd’hui. Ils avaient le temps avant que leur prof arrive, alors ils pouvaient respirer et penser à autre chose, au moins pendant une visite. Oublier tout ce qu’ils devaient faire pour ne pas être séparés et ne pas laisser gagner leurs parents… BREF, ne pas y penser, elle avait dit ! Laura et Jasper sortirent en derniers, suivant Antoine et Maxime comme eux connaissaient le chemin. Dehors, pas mal d’enfants jouaient au ballon, près des maisons, regardant le ciel menaçant au cas où ils devaient rentrer précipitamment. Il y avait aussi du linge qui séchait, les mères profitant sans doute d’une période d’accalmie tant qu’elles le pouvaient. Après une bonne demi-heure de marche, ou un plus, elle ne savait pas trop, Laura ne put retenir un « Oh » en lançant un regard émerveillé.

Laura – C’est… grand. Moins qu’à Paris, mais quand même !

Ils entrèrent et durent encore attendre un peu avant de payer les tickets pour l’entrée, comme tout le monde se jetait sur les musées pour s’occuper avec ce temps orageux. Mais cela n’empêcha pas Laura de se dresser sur la pointe des pieds pour essayer de voir l’intérieur, n’ayant jamais vu de musées de ce type à Paris. C’était différent, ceux de chez eux montraient surtout la vie des femmes, les voitures, la Préhistoire… Mais pas les sciences naturelles comme celui-ci. Ou, en tout cas, c’était différent, l’ambiance n’était pas la même. C’est pour cela que, dès qu’ils purent avancer, Laura pressa le pas en direction d’un énoooorme squelette de baleine, après examen plus approfondi. Il était au moins trois fois plus haut qu’elle, et long de… Elle n’en savait rien. A côté, il y avait tout une partie explicative, puis un peu plus loin, la carapace d’une tortue vide. C’était…

Laura – Incroyable…, souffla-t-elle. J’ai déjà lu des trucs sur les baleines dans les livres, mais je n’imaginais pas qu’elles étaient aussi grandes… Tu vas devoir étudier ça, l’année prochaine ? Avec toutes les petites informations là-dessus ?

Laura s’était penchée sur le petit écriteau, plissant les yeux pour montrer qu’il y en avait vraiment beaucoup. Jasper avait eu de la chance, d’un côté, maintenant que le prof de SVT reprenait les heures de maths, ce serait beaucoup plus digeste pour lui.

Laura – T’as de la chance que ce soit monsieur Redfire qui reprenne maths…

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