1932. La Guerre Civile est déclarée ! Une spirale de violence s'engage dans un Etat totalitaire.
 
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 Tout ça pour un livre

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MessageSujet: Tout ça pour un livre   Mer 25 Mar - 22:34

Allez, saute ! Rosalie se mit sur la pointe des pieds, tendant le bras au maximum en remuant les doigts, sautillant sur place, mais le livre restait désespérément trop haut et inaccessible. Rah, mais crotte, descend ! Allez, petit livre, bouge tout seul de l'étagère et tombe dans ma main ! Qui l'avait placé aussi haut, d'abord, c'était fait exprès pour martyriser les jeunes élèves de l'école ? Ouais, c'était sûrement ça, c'était un complot ! En fait, les élèves plus âgés faisaient ça exprès pour torturer leurs cadets et leur donner des tendinites en les forçant à attraper les livres comme ça. Ensuite, les petits étaient traumatisés et pouvaient pas devenir forts, et la concurrence était écrasée dans l'œuf. Saletés ! Elle sauta un poil plus haut en prenant de l'élan mais rata le livre, qui continuait à la narguer. Tss, mais c'était pas drôle d'abord ! Elle insulta le bouquin entre ses dents, agacée, puis s'agrippa à l'étagère, mettant le pied sur le rebord d'une rangée de bouquins pour se hisser. Voilà, comme ça, en grimpant, elle allait pouvoir le prendre !

Elle grimpa encore un peu, très concentrée, quand elle glissa d'un coup et tomba par terre avec un cri, avant de se faire ensevelir sous toute une montagnes de livres. Elle se protégea aussitôt la tête de ses bras, alors qu'elle était ensevelie vivante. Elle poussa un cri étouffé puis fondit en larmes, persuadée qu'elle allait mourir là, enterrée vivante, il n'y avait personne dans la bibliothèque ! Même pas madame la vampire. Elle essaya de remuer mais le poids des livres était trop lourd pour ses petits bras. Mamie, maman, papa, Dieu, quelqu'un ! Elle allait mourir étouffée ! La montagne de livres-assassins remua tout à coup, alors qu'elle commençait à suffoquer.

– Bouge pas, je suis là !

Sauveuuuuuse ! Merci Dieu ! Les livres tombèrent peu à peu et elle sortit de la masse avec une exclamation, décoiffée, en larmes, toussant. Elle était pas morte ! Elle état pas morte ! Elle sauta aussitôt au cou de sa sauveuse en pleurant toujours, l'entourant de ses bras et de ses jambes comme un enfant qui vous sauterait dessus pour vous faire un câlin, sans même regarder qui c'était avant. Sauveuse ! Elle essuya ses larmes de la main avec un immense sourire, infiniment soulagée. Maintenant libérée, elle se reprit très vite, arrêtant de pleurer, même si elle ne lâcha pas sa sauveuse pour autant. Dieu l'avait entendu et il lui avait envoyé quelqu'un pour la sauver !

– Merci ! Je m'appelle Rose, je voulais attraper un livre mais c'était trop haut, et je suis tombée ! Mais merci, merci, merci, t'es ma sauveuse ! Je peux t'appeler grande sœur ?

Sa sauveuse eut un petit rire, alors que Rose s'écartait un tantinet, juste pour voir son visage. C'était pas une grande du lycée, elle devait être au collège comme elle ! Tant mieux, aprce que les lycéens devenaient pas sympas en vieillissant.

– Appelle-moi juste Laura, ce sera parfait ! Tu n'as rien ? Je me suis aussi fait ensevelir sous ces bouquins, je sais que ça fait très mal...

– Non, j'ai des bleus, c'est tout ! s'exclama-t-elle en se laissant retomber sur les fesses par terre pour un inventaire général. Je voulais prendre ça, regarde !

Elle attrapa le livre tant désiré et le brandit avec triomphe sous le nez de Laura avec un immense sourire. C'était un essai sur le don de la foudre, écrit par l'ancien directeur de ce pensionnat ! Elle voulait le lire depuis un moment et l'avait enfin en main aujourd'hui. Elle s'assit en tailleur tout en le feuilletant, sans se soucier qui du magnifique hématome qui fleurissait à vu d'œil sur sa tempe. La foudre, c'était l'élément le plus puissant, en plus ! Quand on le maîtrisait, on était fort, et Rosalie ne rêvait que de devenir forte elle aussi.

– Moi aussi j'utilise la foudre ! Et toi ?

Il y avait des schémas, dans le livre, qui décrivait le gestes pour effectuer certaines techniques. Même si elle était bien trop jeune pour pouvoir en étudier la moitié, elle rêvait devant tout ça. Il y avait des trucs énormes ! Oh, et avec cet élément, on pouvait aussi faire de grands orages, comme celui que madame la directrice avait fait un jour.

– L'eau, et heureusement, je risquerais de tuer plein de personnes avec la foudre, le feu ou le vent.

– J'ai jamais tué personne, moi, dit-il en se relevant et en serrant le livre contre elle. Mes parents et mon papi sont morts à cause de cet élément, quand j'étais bébé, mais c'est pour ça que moi, je dois apprendre à m'en servir ! Et quand je le contrôlerais, je pourrais faire plein de trucs, c'est mon rêve de devenir aussi forte que madame Dumoulin, ou que la directrice ! Les éclairs, c'est beau, et c'est fort. Mais je sais pas en faire des vrais, on nous pas encore appris ça ne classe, ils disent qu'on est trop petits.

Elle fit une moue terriblement vexée et indignée, puis se redressa et attrapa la main de Laura en lui désignant le parc, au-dehors.

– Tu me montres comment tu fais des sculptures avec de l'eau, diiis ? J'ai vu des grands le faire !
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Tout ça pour un livre   Mer 1 Avr - 23:37

[Si tu as besoin de réacs, dis-le ^^]

Laura courut se réfugier à la bibliothèque pour étudier, les examens approchant. Elle voulait réussir et passer dans l’année supérieure, ne pas rester bloquée, apprendre plus malgré les militaires qui avaient envahi l’école. D’accord, les choses s’étaient compliquées, il y avait eu quelques petits problèmes, mais la collégienne voulait se focaliser sur une chose et rien d’autre, oublier tout le reste. C’était possible, non ? Travailler, étudier, réviser, passer les examens et rien d’autre. Juste cela pendant quelques jours, quelques semaines, le temps d’être en vacances et d’être tranquille. Respirer était permis, après tout, ils étaient jeunes !

La collégienne était plongée dans son cours de SVT, revoyant les points qu’elle avait compris mais peut-être moins bien maîtrisé, ce qui lui avait posé problème, ce qu’elle devait encore revoir… lorsqu’elle entendit un cri et le bruit caractéristique de livres qui tombent en rafale par terre. Ou quelque chose de mou, puis les uns sur les autres. Alertée, Laura se leva en sursaut pour courir vers le bruit, se doutant de ce qui s’était passé. Et elle ne s’était pas trompée… Dans une des allées de la bibliothèque, l’adolescente vit un gros tas de bouquins par terre qui… remuait. Et faisait des bruits bizarres.

Laura – Bouge pas, je suis là ! dit-elle en se rapprochant.

Laura connaissait cette situation. Elle savait ce que c’était que de se retrouver enseveli sous une pile de livres alors qu’on est trop petits, pour une simple question de maladresse. Cela lui était aussi arrivé avec Antoine, le premier jour où il l’avait embrassée sur la joue. Mais ce n’était qu’un livre, rien à voir avec ce que cet élève venait de provoquer… Laura déblaya le tas de livres petit à petit jusqu’à découvrir une fillette du collège, sans doute onze ans vu sa taille et sa petite bouille, en train de pleurer, décoiffée… Et se retrouva aussitôt assaillie par une tête blonde qui lui sauta au cou, l’agrippant comme si sa vie en dépendait. Du caaaalme ! Elle n’allait pas mourir sous le tas de livres, non plus !

Elève – Merci ! Je m'appelle Rose, je voulais attraper un livre mais c'était trop haut, et je suis tombée ! Mais merci, merci, merci, t'es ma sauveuse ! Je peux t'appeler grande sœur ?

… Grande sœur ? Bon, d’accord, Rose était clairement une élève du collège et elle ne devait pas avoir plus de onze ans. L’habitude d’appeler la première personne gentille qui vous aide vient de cet âge-là, elle-même ne l’avait jamais fait mais l’avait déjà entendu avec ses amies. Attendrie, Laura ne put réprimer un petit rire tandis que la petite s’écartait et la lâchait enfin. Rassurée, calmée, ça y était ? Elle la détailla un moment pour voir si elle n’était pas blessée, si elle ne saignait pas ou n’avait pas reçu un livre à un quelconque endroit plus sensible. C’est que ça fait mal, quand ça nous tombe dessus ! Mais non, apparemment, rien de grave, plus de peur que de mal.

Laura – Appelle-moi juste Laura, ce sera parfait ! Tu n'as rien ? Je me suis aussi fait ensevelir sous ces bouquins, je sais que ça fait très mal...

Rose – Non, j'ai des bleus, c'est tout ! s'exclama-t-elle en se laissant retomber sur les fesses par terre pour un inventaire général. Je voulais prendre ça, regarde !

Rose lui tendit un livre sur l’élément foudre, sans doute de la théorie, d’un ancien directeur du Pensionnat. Elle maniait donc la foudre ? Une aussi jeune élève, la foudre ? Mais les gens utilisant ce don-là ne sont pas… dangereux, froids, distants, colériques ? D’accord, Laura était peut-être un peu trop influencée par l’image qu’elle avait de la directrice actuelle du Pensionnat, mais tout de même ! Cette petite, toute mignonne, toute douce, peut-être un peu fragile, manier la foudre ? Il y avait sûrement autre chose qui expliquait les dons, pas seulement le caractère, voilà tout. Ce n’est que lorsque Rose se mit à feuilleter le livre que Laura constata l’énorme hématome qui se formait sur sa tempe. Aïe… La pauvre, elle avait dû avoir si mal ! Se prendre un livre à cet endroit…

Rose – Moi aussi j'utilise la foudre ! Et toi ?

Laura – L'eau, et heureusement, je risquerais de tuer plein de personnes avec la foudre, le feu ou le vent.

Et ce n’était pas peu dire. Laura était sûre qu’elle aurait provoqué de nombreux accidents, blessé beaucoup de personnes, y compris elle. Elle était extrêmement maladroite et arrivait déjà à envoyer de l’eau sur ses condisciples en se trempant complètement… Si cela avait été avec la foudre, jamais elle ne serait restée entière. Et l’idée d’envoyer involontairement des élèves à l’infirmerie parce qu’on est incapable de maîtriser son propre don… Non, merci, très peu pour elle, Laura avait déjà bieeeen assez avec l’eau. Et puis, elle aimait bien l’eau, c’était rassurant, simple, on pouvait en trouver partout et elle se sentait extraordinairement bien lorsqu’elle était à proximité d’un point d’eau. Imaginez si son don avait été la foudre ! Déclencher des éclairs juste pour se sentir bien ? L’horreur…

Rose – J'ai jamais tué personne, moi, dit-il en se relevant et en serrant le livre contre elle. Mes parents et mon papi sont morts à cause de cet élément, quand j'étais bébé, mais c'est pour ça que moi, je dois apprendre à m'en servir ! Et quand je le contrôlerais, je pourrais faire plein de trucs, c'est mon rêve de devenir aussi forte que madame Dumoulin, ou que la directrice ! Les éclairs, c'est beau, et c'est fort. Mais je sais pas en faire des vrais, on nous a pas encore appris ça ne classe, ils disent qu'on est trop petits.

Rose fit une moue vexée et Laura se vit faire la même chose face à Jasper, lorsqu’il lui disait qu’elle était trop petite. Voilà pourquoi les autres craquaient quand elle faisait cette moue ! Si cela donnait aussi bien que celle que faisait Rose, ce n’était pas étonnant. Bon, ça ne fonctionnait pas avec son frère, mais il était devenu insensible avec le temps, voilà tout. C’était une explication tout à fait plausible ! Seulement, il fallait d’urgence que Laura trouve quelque chose pour lui échapper. Non pas qu’elle avait des choses à cacher, mais elle voulait l’aider, le soutenir, le rassurer. Avec l’histoire de Clémence, elle savait qu’il était beaucoup plus inquiet… Mais il ne fallait pas !

Qui plus est, cette petite avait véritablement connu des événements horribles. Elle ne s’en souvenait plus, mais elle venait de dire elle-même qu’elle avait perdu ses parents et son grand-père à cause de l’élément qu’elle manipulait. Et pourtant, elle en parlait avec détachement… Elle avait connu des horreurs, elle était orpheline, et elle s’en sortait ! Si cette petite fille de onze ans était capable de passer à autre chose, Laura aussi, non ? Elle avait retourné la situation pour devenir plus forte, pour persévérer et ne pas rester mal toute sa vie. Elle aussi en était capable… Il fallait juste trouver comment retourner… ça. La collégienne fut interrompue dans ses pensées en sentant qu’on lui attrapait la main, lui montrant le parc. Rose. Heum ?

Rose – Tu me montres comment tu fais des sculptures avec de l'eau, diiis ? J'ai vu des grands le faire !

Des… sculptures ? Heu, oui. Mais Laura n’avait pas le même niveau que les grands, elle n’était qu’en quatrième, il lui restait encore pas mal d’années avant d’être capable de faire de grandes sculptures. En se concentrant beaucoup, oui, l’adolescente pouvait faire de petits animaux, des personnes… Mais c’était tout. Leur taille ne dépassait jamais un mètre et demi, elle n’avait jamais réussi et savait que cela ne serait pas pour cette année. Mais soit ! Si Rose voulait voir des sculptures, si cela l’amusait et la faisait sourire, Laura était partante !

Laura – Suis-moi ! dit-elle avec un sourire malicieux.

Laura entraîna la jeune élève avec elle et sortit de la bibliothèque après avoir rangé ses affaires. Elles sortirent ensuite du parc, sous un beau temps ensoleillé. Parfait pour faire une petite bataille à coup de boules d’eau, s’il fallait ! Elle déposa son sac près d’un arbre, non loin du lac, et se concentra en mettant ses mains droit devant elle. C’étaient quoi, les mouvements, déjà ? En haut, en bas, à gauche, une boucle… Bon, elle voyait, elle avait les gestes à faire en tête et pouvait le reproduire. Comme en cours d’élément, c’était pas difficile !

Laura – Regarde bien !

Après quelques mouvements, Laura parvint à modeler un petit lapin qui se mit à courir sur l’eau, sautillant, allant à gauche et à droite pour finir par faire un plongeon dans l’eau digne des plus grands dauphins. Elle s’amusait véritablement, se sentant vivante et libre, contente de pouvoir faire plaisir à quelqu’un en effectuant simplement quelques gestes, des sculptures basiques alors qu’elle était débutante avec son élément comparé « aux grands ». Laura se rapprocha alors de Rose puis lui tendit la main pour l’inviter à la suivre dans l’eau.

Laura – Viens, ne t’inquiètes pas, il ne va rien t’arriver, tu pourras même t’agripper à moi si tu as peur, lui dit-elle avec un sourire.

Laura attrapa la main de la collégienne et l’entraîna avec elle au bord de l’eau, jusqu’à avoir l’eau jusqu’aux genoux. Là, elle forma plusieurs petits canards qui se mirent à leur tourner autour en effleurant les jambes de Rose, l’interpellant comme s’ils étaient vivants. Les laissant retomber, l’adolescente laissa place à un daman puis un petit chat effrayé, puis des souris… Tous ces animaux leur tournant autour, formant une ronde autour d’elles.

Laura – Magique, hein ? Commande ce que tu veux, tant que c’est petit ! Sauf si tu as autre chose en tête ? Je suppose que vous ne faites pas le même genre d'exercices, en cours d'élément ?

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MessageSujet: Re: Tout ça pour un livre   Ven 3 Avr - 9:38

– Suis-moi ! dit-elle avec un sourire malicieux.

Rosalie ne perdit pas une seconde pour courir derrière elle, la laissant ramasser ses affaires avant de la suivre dans les couloirs puis les escaliers. Elle adorait voir ceux qui avaient l’eau ou la glace jouer avec leurs éléments sur le lac, ça donnait toujours des trucs géniaux ! Cet hiver, avant les vacances de Noël, tout un groupe de terminales avaient glacé l’eau du lac pour que les élèves puissent patiner dessus et c’était génial ! Elle s’était rarement aussi amusée de toute sa vie, même si elle était tombée à la fin et s’était fait un peu mal. Un soldat gentil était venu la chercher sur la glace puis l’avait porté jusqu’à l’infirmerie et il était resté avec elle le temps qu’on la soigne. Depuis, elle ne perdait jamais une occasion pour aller regarder ceux qui s’entraînaient ou jouer au lac. Elle n’avait eu peur qu’une seule fois, lorsqu’un petit raz-de-marée avait été déclenché, ce n’était vraiment pas drôle. Elle courut avec Laura jusqu’au lac, oubliant ses quelques hématomes à la tête et aux jambes. Vu son train de vie, elle avait l’habitude se prendre des dizaines de bleus partout, ne pouvant tout simplement pas rester en place. Alooors, elle allait faire des animaux, hein ? Elle pouvait, hein ? Elle allait lui montrer ? C’était quoi les gestes ? Rose l’observa, impatiente, sautillant presque sur place.

– Regarde bien !

Elle fit des gestes bizarres comme les profs puis Rose vit un lapin courir sur l’eau, ses yeux grands ouverts sous l’effet de l’admiration. Elle voudrait que sa grand-mère puisse voir ça, elle aussi ! Lors des fêtes, beaucoup de personnes faisaient des petits spectacles avec les éléments et elle adorait ça. En plus, tout le monde s’y mettait, même avec la foudre, quoi que, c’était des démonstrations plus différentes et impressionnantes. Un niveau que Rose osait à peine imaginer atteindre un jour, en rêvant la nuit, en se demandant tout ce qu’elle pourrait réaliser avec ça. La foudre était l’un des éléments les moins « utiles » pour un travail au quotidien. Le feu servait pour presque toutes les branches de métier, de l’artisanat aux entreprises lourdes ; le vent était adoré pour les centres d’aviation, afin d’entraîner leurs recrues, et par les métiers créatifs de construction ou de sécurité ; la glace était appréciée par les entreprises de santé ou de matériel, mais aussi par les industries agro-alimentaires ; la terre faisait le bonheur des branches agricoles, bien entendu ; l’eau, elle aussi, pouvait servir un peu partout, quoi qu’à une plus petite échelle que le feu. Mais la foudre ? Qui avait vraiment besoin de cet élément dans un secteur précis ? Rose n’en avait aucune idée, pour le moment, bien qu’il devait sans doute y avoir de la demande. C’était un élément dangereux, puissant, qui demandait des années et des années d’entraînement avant d’être maîtrisé, à part pour quelques personnes qui se débrouillaient mieux. Rosalie n’avait pas besoin qu’on lui répète en permanence d’être prudente, elle savait que son élément n’était pas un jouet.

– Viens, ne t’inquiètes pas, il ne va rien t’arriver, tu pourras même t’agripper à moi si tu as peur, lui dit-elle avec un sourire.

Elle lui prit la main puis la fit entrer dans l’eau avec elle. Pleins de petits canards se mirent à tourner autour d’elle, l’eau en suspension brillant sous l’effet du soleil ce qui donnait un effet absolument magique. Les yeux de Rose brillaient de toutes les étoiles de l’univers alors qu’elle regardait le spectacle et essayait de les toucher au passage. Laura en faisait apparaître plein, le lac était devenu vivant ! Quelle meilleure manière de s’amuser ? C’était bien mieux que de rester enfermé à la bibliothèque, même avec un très bon roman. L’eau du lac n’était pas si froide en cette saison et Rose n’était de toute façon pas très frileuse. Se mouiller un peu ne sera jamais un prix trop élevé pour s’amuser ! Elle en avait besoin, cela contrebalançait les moments où elle n’avait pas droit à une seule petite erreur en s’entraînant. Elle avait déjà vu des élèves qui, après un manque de contrôle, avaient non seulement la peau brûlée mais aussi l’os brisé net. A elle, ça ne lui était encore jamais arrivé, elle était encore trop jeune pour dépasser le stade de la pluie d’étincelles ou pouvoir enflammer du bois et du papier.

– Magique, hein ? Commande ce que tu veux, tant que c’est petit ! Sauf si tu as autre chose en tête ? Je suppose que vous ne faites pas le même genre d'exercices, en cours d'élément ?

– Tu peux faire des chatons ? demanda-t-elle aussitôt avec bonheur. Des chatons avec leurs mamans, c’est mignon et c’est petit ! S’il te plaît !

Elle lui fit une petite moue suppliante à souhait, puis éclata de rire en voyant les petits chats autour d’eux, heureuse au point qu’elle faillit oublier la question de Laura. Elle rougit un peu, les mains derrière le dos à sautiller un peu dans l’eau.

– Ce sont les lycéens qui font des trucs comme ça, déclara-t-elle ensuite en caressant les chatons quand ils passaient près d’elle. Je les ai vus, avec la directrice, d’abord, ils devaient matérialiser des boules de foudre, puis ils formaient leurs sculptures et les faisaient bouger. On pouvait regarder mais on n’avait pas le droit d’approcher, en fait, parce que tous leurs animaux dégageaient sans cesse des pluies d’étincelles et des petits éclairs. On commence à apprendre les changements de forme au collège comme tout le monde, mais comme c’est dangereux, on n’a pas le droit de le faire tout seul avant le lycée.

Elle aurait voulu prendre un des chatons dans ses bras, mais étant donné qu’il s’agissait d’eau, ce n’était tout bonnement pas possible. Elle aimerait bien avoir un chat en vrai ! Avant, sa grand-mère en avait un, mais il avait été pris dans un piège à renard et en était mort. Elle avait alors trois ans et avait beaucoup pleuré, elle s’en souvenait. Mamie n’avait pas repris de chat à la maison ensuite car ça effrayait les poules dans le jardin. Mais bon, des poules, c’était bien aussi, et en plus, grand-mère et elles avaient des œufs frais tous les matins. Rosalie allait les chercher avant d’aller à l’école, chaque jour « que le Bon Dieu fait », comme disait sa mamie. Des fois, la fillette se demandait ce qui arriverait si un matin, Dieu oubliait de créer le jour suivant. A moins qu’il ne prépare plein de journées à l’avance ?

– Moi, tu sais, j’aimerais bien faire plus de trucs ! On nous dit toujours d’être prudents, car un éclair mal contrôlé, ça peut brûler, casser des os, briser des murs, ou tuer quelqu’un, carrément. Mais moi, je veux le contrôler, pour qu’il n’y ait plus d’accidents ! Je sais que papa et maman ils n’auraient pas voulu que je laisse tout tomber, tu sais.

Elle lui fit un très grand sourire, fermant les yeux une seconde, puis se rapprocha d’elle, jouant avec l’eau.

– Et, et, et, samedi, il y aura le mariage, on pourra tout voir ! Quand je serais grande, j’aurai une robe de mariée comme ça, tu vois, dit-elle en montrant où elle voulait que les manches s’arrêtent. Avec un voile dans les cheveux, comme les princesses ! Madame Chevreuil a dit qu’on pourra participer aux jeux qu’il y aura dans le parc, si on voulait ! Mamie m’a déjà envoyé une robe, pour que je sois bien habillée. Tu pourras me coiffer, dis ?
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Tout ça pour un livre   Jeu 9 Avr - 23:33

Rose – Tu peux faire des chatons ? demanda-t-elle aussitôt avec bonheur. Des chatons avec leurs mamans, c’est mignon et c’est petit ! S’il te plaît !

Des chatons ? Bien sûr ! Cette petite était adorable et, avec sa moue suppliante, lui rappelait son propre comportement avec les adultes ou son frère. D’accord, Laura devait bien avouer que c’était purement déloyal, mais lorsque l’on peut se servir de certains atouts, pourquoi ne pas en profiter ? La collégienne fronça le nez en se concentrant, imaginant et projetant l’image des petits chatons que voulait Rose. Après un petit instant, ils tournèrent autour des deux élèves en miaulant alors que la petite essayait de les caresser.

Rose – Ce sont les lycéens qui font des trucs comme ça, déclara-t-elle ensuite en caressant les chatons quand ils passaient près d’elle. Je les ai vus, avec la directrice, d’abord, ils devaient matérialiser des boules de foudre, puis ils formaient leurs sculptures et les faisaient bouger. On pouvait regarder mais on n’avait pas le droit d’approcher, en fait, parce que tous leurs animaux dégageaient sans cesse des pluies d’étincelles et des petits éclairs. On commence à apprendre les changements de forme au collège comme tout le monde, mais comme c’est dangereux, on n’a pas le droit de le faire tout seul avant le lycée.

Laura hocha la tête sans rien dire. Oui, les élèves qui manipulaient la foudre ou le feu, surtout, étaient très dangereux. Elle se souvenait des brûlures de son frère, de ses blessures, de ses courbatures lorsqu’il revenait du Pensionnat ou de son cours d’élément. A chaque fois, elle avait eu peur qu’il ne lui arrive quelque chose de grave, même en sachant que les professeurs veillaient à ce que leurs élèves n’aient rien. Mais tout de même… Laura avait peur, ce n’était pas sa faute ! Et puis, elle tenait à son frère et n’imaginait pas être séparée de lui, même quelques jours. Pour l’instant, du moins. Alors s’il lui arrivait quelque chose de grave…

Plus que jamais, elle était terrorisée à l’idée qu’il ne disparaisse un jour, qu’on vienne lui annoncer qu’il avait été emmené par les militaires ou elle ne savait trop quoi. Elle ne voulait pas. Pas Jasper. Ils avaient déjà réussi à le retenir pendant deux semaines, les deux semaines les plus longues de sa vie, durant lesquelles ils lui faisaient subir d’horribles choses – elle en était certaine ! Ce n’était pas pour rien si elle avait fugué tant de fois lorsque son frère avait commencé ses études au Pensionnat. Ce n’était pas pour rien si elle avait cherché à y aller, elle aussi, priant de toutes ses forces pour avoir un don, elle aussi, pour être comme lui et être sûre de ne jamais être séparée de son frère. Laura l’avait depuis un an lorsqu’il était entré au Pensionnat. Une petite année, une année de rien du tout. Et elle devait encore attendre…

Rose – Moi, tu sais, j’aimerais bien faire plus de trucs ! On nous dit toujours d’être prudents, car un éclair mal contrôlé, ça peut brûler, casser des os, briser des murs, ou tuer quelqu’un, carrément. Mais moi, je veux le contrôler, pour qu’il n’y ait plus d’accidents ! Je sais que papa et maman ils n’auraient pas voulu que je laisse tout tomber, tu sais.

Laura répondit au sourire que lui faisait Rose, un sourire plus faible néanmoins, le cours de ses pensées interrompu par ses paroles. Tuer quelqu’un… Casser des os… Inconsciemment, la collégienne lança un regard inquiet au Pensionnat. Elle qui avait espéré, durant de longues années, pouvoir aider Jasper à se soigner avec son propre don, pour atténuer la chaleur comme l’eau pouvait le faire sur de petites « quantités ». Casser des os… Tuer quelqu’un… Ces mots tournaient en boucle dans son esprit.

Cette petite était consciente des dangers que pouvait provoquer son don et n’avait pas l’air effrayé. Elle savait qu’elle devait le contrôler, le maîtriser. Comment était-ce possible ? Comme ça, à cet âge ? Laura était sûre que son fr… Bon, non, peut-être pas. Mais Jasper, lui, avait un autre passé. Cette petite, elle, semblait bien aimer ses parents… dont elle avait parlé au passé. Oh… La pauvre… Elle était… si jeune ? Mais c’était… La collégienne sentit un frisson la parcourir alors que la petite se rapprochait d’elle, jouant avec l’eau. Si jeune et, pourtant, toujours aussi joyeuse malgré ce qui s’était passé.

Rose – Et, et, et, samedi, il y aura le mariage, on pourra tout voir ! Quand je serais grande, j’aurai une robe de mariée comme ça, tu vois, dit-elle en montrant où elle voulait que les manches s’arrêtent. Avec un voile dans les cheveux, comme les princesses ! Madame Chevreuil a dit qu’on pourra participer aux jeux qu’il y aura dans le parc, si on voulait ! Mamie m’a déjà envoyé une robe, pour que je sois bien habillée. Tu pourras me coiffer, dis ?

Cette fois, Laura lui fit un sourire plus grand et attendri, la perspective du mariage qui approchait la rendant aussi excitée que Rose. Un mariage, des jeux, une robe de mariée magnifique… Et elle l’avait vue, en plus ! Elle était belle, très belle. La directrice serait maquillée, coiffée, peut-être même sourirait-elle pour ce jour si spécial. N’est-ce pas ? Elle n’allait pas tirer une tête jusque par terre, c’était impossible, pas le jour de son mariage. Le jour de son propre mariage, on est heureux, on sourit, on voit la vie en rose et on ne lâche pas son mari d’une semelle. Surtout lorsque l’on peut le choisir, lorsque l’amour est réciproque ! Laura attira Rose avec elle pour sortir de l’eau, lui prenant la main. Inutile de rester trop longtemps ici, profiter du soleil et discuter hors de l’eau était bien, aussi.

Laura – Bien sûr ! Et je t’aiderai aussi pour enfiler et bien mettre la robe, si tu veux. Mais à la seule condition que tu m’aides aussi, comme ça on sera toutes les deux très belles. Tu es d’accord ?

L’adolescente s’allongea dans l’herbe, un grand sourire aux lèvres après avoir conclu ce « marché » avec sa nouvelle amie. Le mariage… Elle en rêvait depuis si longtemps, maintenant ! Tout le monde savait que monsieur Redfire aimait la directrice, alors les voir se marier était un peu comme un miracle. Surtout que, elle l’avait vu, il avait de la patience. Beaucoup de patience. Et il l’aimait vraiment ! Le jour où elle était revenue en militaire, il ne l’avait pas cru, mais il n’avait pas rompu le mariage et l’avait maintenu. Laura espérait trouver quelqu’un comme lui, comme toutes les filles sans doute.

Laura – Moi aussi, j’aurai un beau mariage comme celui de la directrice, quand je serai plus grande. Et je sourirai, j’aurai un grand sourire, avec une looongue robe blanche et de la matière toute douce pour que ça ne gratte pas. Et on dansera, il y aura des jeux pour tout le monde et personne ne s’ennuiera, pas comme dans les mariages dans ma famille.

Laura rêvait toute éveillée, imaginant déjà ce jour comme si elle l’avait préparé, comme si elle allait se marier demain. Elle était sûre qu’elle se marierait avec l’homme qu’elle aimait et non pas un garçon désigné par ses parents, comme son père l’avait dit un jour. Elle fuirait. Si jamais ils la menaçaient, Laura fuguerait, partirait loin pour ne pas subir ce mariage, quitte à devoir laisser Jasper derrière elle. Elle lui enverrait une lettre, et ils pourraient se retrouver. S’il le voulait. Et s’il ne risquait rien. Elle ne voulait pas l’obliger à tout quitter à cause de ce qu’elle pensait et refusait de faire. Même si cela lui déchirerait le cœur…

Laura – Tu n’as pas de frère ou de sœur ? demanda-t-elle soudain en se tournant vers Rose. Plus de famille en dehors de ta grand-mère ? Comment as-tu fait pour… ne pas avoir peur de ton don, s’il s’est vraiment passé quelque chose avec tes parents ? Ne réponds pas si ça te rend triste ! Mais nos parents ne sont pas... très gentils, alors j'aimerais comprendre comment certaines personnes peuvent aimer les leurs. Avoir un exemple, une idée.

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MessageSujet: Re: Tout ça pour un livre   Lun 13 Avr - 9:12

Laura lui sourit et elle prit ça pour un oui. Elle était vraiment toute excitée à l’idée du mariage qui approchait, mourant d’envie de voir la directrice dans une vraie robe de mariée, avec un voile, et du blanc, et du maquillage, et des chaussures à talons ! Une fois, en vacances à Paris, elle avait passé plus de trois heures dans un grand magasin qui vendait des habits de mariage, à admirer toutes les robes à dire à sa mamie laquelle elle voudra pour son mariage. Sa grand-mère s’était contentée de lui sourire, imaginant sans doute le moment où ce petit bout de fille deviendra une femme. Rosalie, dans tous les cas, voulait se marier avec le prince charmant, qui saura l’aimer comme monsieur Redfire aimait la directrice ! Et ils vivront à la campagne, ou près de l’océan. Pas très loin de chez sa grand-mère car elle voulait aller la voir le dimanche pour aller au temple puis déjeuner ensemble après, pas question qu’elle soit isolée. Elles sortirent de l’eau pour revenir sur l’herbe et Rose enleva ses chaussettes d’uniforme et ses souliers pour qu’ils sèchent au soleil. Elle n’aimait pas son uniforme, ce serait très bien si tout le monde pouvait s’habiller comme ils voulaient.

– Bien sûr ! Et je t’aiderai aussi pour enfiler et bien mettre la robe, si tu veux. Mais à la seule condition que tu m’aides aussi, comme ça on sera toutes les deux très belles. Tu es d’accord ?

Oui ! Rosalie s’allongea à son tour sur l’herbe, au soleil, s’y voyant déjà. Elle n’avait jamais assisté à un mariage, sauf à celui de la sœur d’une amie où elle avait été jouer, mais c’était pas pareil, parce qu’elle n’avait vu la mariée que de loin et en plus elle en connaissait personne à part sa copine. Ici, c’était différent ! C’était la directrice qui se mariait avec leur professeur de sciences. Elle avait toujours trouvé monsieur Redfire super gentil, il jouait de la guitare et il faisait attention en classe. Il y avait d’autres professeurs qu’elle n’aimait pas trop mais pas lui, il était très bien. Parfois, elle avait un peu peur de la directrice mais comme elle avait le même don qu’elle, Rose avait souvent envie de l’imiter. Et puis, et puis, c’était un mariage ! Un grandet beau mariage, et ils pourront regarder, et madame de Lizeux aura une grande robe blanche jusque là, ce sera magnifique. Rose mourrait d’envie de voir comment elle sera, en robe de mariée, elle n’attendait que ça depuis qu’elle savait pour le mariage.

– Moi aussi, j’aurai un beau mariage comme celui de la directrice, quand je serai plus grande. Et je sourirai, j’aurai un grand sourire, avec une looongue robe blanche et de la matière toute douce pour que ça ne gratte pas. Et on dansera, il y aura des jeux pour tout le monde et personne ne s’ennuiera, pas comme dans les mariages dans ma famille.

Et quels sortes de jeux ? A quoi on jouait dans les mariages ? Ça aussi, c’était à découvrir ! Elle ne pourra pas jouer avec son don, de toute façon, et ceux qui maniaient le feu non plus, à part les plus grands. Parfois, ce n’était pas drôle de posséder cet élément, car durant les week-ends ou les pauses, les autres pouvaient s’amuser et s’entraîner librement avec les leurs. Sauf eux, ils étaient obligés d’être encadrés soit par un prof soit par un élève de dernière année. Elle était consciente des risques mais souvent frustrée de ne pouvoir user librement de son pouvoir. Mais quand elle le maîtrisera, elle pourra l’utiliser comme elle voudra ! Elle s’y voyait déjà, ses yeux brillant d’excitation et d’expectative. Oui, oui, d’accord, c’était dangereux, mais il n’y avait aucune raison qu’elle se prive de l’utiliser si elle faisait très attention. Pourquoi ce don devrait-il être enfoui et pas les autres ? En plus, c’était pas dangereux, d’essayer d’enfouir un don ? Personne n’essayait de la garder sans jamais en user, c’est qu’il y avait bien une raison.

– Tu n’as pas de frère ou de sœur ? demanda-t-elle soudain en se tournant vers Rose. Plus de famille en dehors de ta grand-mère ? Comment as-tu fait pour… ne pas avoir peur de ton don, s’il s’est vraiment passé quelque chose avec tes parents ? Ne réponds pas si ça te rend triste ! Mais nos parents ne sont pas... très gentils, alors j'aimerais comprendre comment certaines personnes peuvent aimer les leurs. Avoir un exemple, une idée.

– Bah non, je suis fille unique, dit-elle se remettant plus à l’aise dans l’herbe, bras dessous la tête en guise d’oreiller. Quand j’étais bébé, j’ai été à l’hôpital à cause d’une mauvaise grippe. Papa, maman et papi possédaient la foudre tous les trois. Ils étaient à la maison et ils se sont disputés. Un d’eux a dû laisser échapper son don et la foudre s’est abattue sur eux, ils ont été ensevelis… Je ne me souviens pas d’eux mais mamie m’a raconté. Elle m’a dit que maman était très belle, qu’elle était contente qu’elle ait épousé son fils ! Un jour, je ressemblerais à ma mère, tu sais, mamie trouve que j’ai les mêmes yeux qu’elle.

Sa voix vibrait d’espoir, montrant son envie de ressembler à cette femme qu’elle n’avait pas connu, dont elle ne gardait aucun souvenir, pas même le son d’une voix ou une odeur, rien. Mais c’était sa maman, elle voulait être comme elle. Elle se retourna d’un coup sur le ventre, jouant doucement avec les fleurs près de son nez.

– Faut pas avoir peur d’un don, reprit-elle en soufflant sur les pétales de la marguerite pour qu’elles bougent. Quand tu as peur, il t’échappe, tu ne contrôles plus rien. Je ne veux pas avoir peur, moi. Grand-mère dit souvent que lorsqu’on pleure ou qu’on se laisse aller dans notre coin en nous éloignant des autres, ça fait de la peine à ceux qui nous regardent depuis le ciel. Donc, si j’ai peur ou si je pleure, mes parents et mon grand-père seront tristes aussi, tu comprends ? Je sais que je les reverrais là-haut, ils attendent près de Dieu. Et puis, mamie s’occupe de moi !

Elle tourna la tête pour faire un grand sourire à Laura, tout en continuant à jouer avec les fleurs qui poussaient devant elle.

– Bon, maintenant, je sais pas trop où je pourrais m’en servir, dans mon futur métier, dit-elle avec une moue perplexe. Presque tous ceux qui ont ce don travaillent dans des entreprises de sécurité ou dans l’armée. T’en dis quoi, toi, tu me verrais travailler où ?
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Tout ça pour un livre   Dim 19 Avr - 23:12

Laura voulait vraiment comprendre. Comment pouvait-on aimer ses parents, réellement ? Comment étaient des parents « normaux » qui vous aiment et ne cherchent pas à vous déformer, qui vous soutiennent dans vos choix ? Elle avait souvent demandé à Antoine de lui décrire ses parents, ce qu’il faisait pendant les vacances, comment ça se passait chez lui, mais ce n’était qu’une histoire. Les mains sous la tête, Laura regardait le ciel, pensive, allongée dans l’herbe. Le ciel était bleu, sans nuage, l’air était chaud et agréable sans être étouffant. Des parents… De vrais parents, qui les soutenaient et qui voulaient les protéger, avec toutes ces histoires qui se passaient entre l’armée et le Pensionnat.

Rose – Bah non, je suis fille unique, dit-elle se remettant plus à l’aise dans l’herbe, bras dessous la tête en guise d’oreiller. Quand j’étais bébé, j’ai été à l’hôpital à cause d’une mauvaise grippe. Papa, maman et papi possédaient la foudre tous les trois. Ils étaient à la maison et ils se sont disputés. Un d’eux a dû laisser échapper son don et la foudre s’est abattue sur eux, ils ont été ensevelis… Je ne me souviens pas d’eux mais mamie m’a raconté. Elle m’a dit que maman était très belle, qu’elle était contente qu’elle ait épousé son fils ! Un jour, je ressemblerais à ma mère, tu sais, mamie trouve que j’ai les mêmes yeux qu’elle.

Laura avait retenu un frisson en entendant cette histoire. C’était une histoire horrible. Ne pas se souvenir de ses parents ? Savoir qu’ils étaient morts à cause d’une simple dispute… ? Elle sentit son cœur se serrer à cette idée. Jasper et elle ne se disputaient pas beaucoup, mais imaginer qu’il soit blessé à cause d’elle, qu’il meure à cause d’une dispute – même si son propre don n’était pas dangereux – la rendait malade. En imaginant qu’elle avait un don similaire à celui d’un autre membre de sa famille qui avait tué des gens par erreur… Non. Non, elle n’aurait pas pu. Tournant la tête vers Rose, Laura resta silencieuse, l’écoutant. Si jeune… Elle était si jeune, et pourtant, elle avait les yeux qui brillaient, elle respirait la joie de vivre. La jeune adolescente était comme ça aussi, bien entendu, mais sa bonne humeur disparaitrait sûrement s’il arrivait quelque chose à Jasper. Alors, oui, elle l’admirait.

Rose – Faut pas avoir peur d’un don, reprit-elle en soufflant sur les pétales de la marguerite pour qu’elles bougent. Quand tu as peur, il t’échappe, tu ne contrôles plus rien. Je ne veux pas avoir peur, moi. Grand-mère dit souvent que lorsqu’on pleure ou qu’on se laisse aller dans notre coin en nous éloignant des autres, ça fait de la peine à ceux qui nous regardent depuis le ciel. Donc, si j’ai peur ou si je pleure, mes parents et mon grand-père seront tristes aussi, tu comprends ? Je sais que je les reverrais là-haut, ils attendent près de Dieu. Et puis, mamie s’occupe de moi !

Laura lui sourit, attendrie et étonnée, puis hocha la tête pour lui montrer qu’elle comprenait. Cette petite était bien plus mature que ce qu’elle ne le pensait, même si on disait souvent que ceux qui maniaient la foudre devaient être plus matures que les autres. Elle ne côtoyait pas beaucoup d’élèves qui avaient cet élément et ne pouvait donc pas juger, mais maintenant qu’elle voyait Rose… C’était flagrant, hallucinant, incroyable. Bien sûr, Laura savait qu’il ne fallait pas retenir son don, mais elle n’avait jamais cherché à le faire, ne l’avait même pas imaginé, alors pourquoi envisager que certains souhaitent le faire ? A part ceux qui ont des dons dangereux, évidemment…

Mais vu sous cet angle, Laura ne pouvait nier que Rose avait raison. Retenir son don ne peut pas fonctionner éternellement, il fait partie de nous, comme une personne qui retient trop longtemps ce qui ne va pas. Au bout d’un moment, il doit sortir, s’exprimer. C’était comme… Comme… Comme lorsque l’on essaie de remplir un bocal plein d’eau. Au bout d’un moment, il déborde parce qu’il ne peut pas contenir plus qu’une telle quantité. Le don, c’est la même chose. Il s’accumule, enfle en puissance, et finit par sortir… Par exploser, indépendamment de notre volonté. Avec cette explication, c’était logique. Leurs professeurs le leur répétaient depuis le début, bien sûr, mais cela n’avait jamais semblé important pour Laura qui ne voulait pas retenir son don, que du contraire.

Rose – Bon, maintenant, je sais pas trop où je pourrais m’en servir, dans mon futur métier, dit-elle avec une moue perplexe. Presque tous ceux qui ont ce don travaillent dans des entreprises de sécurité ou dans l’armée. T’en dis quoi, toi, tu me verrais travailler où ?

Hein ? Laura tourna la tête vers Rose qui lui souriait, tirée de ses pensées. En l’écoutant, elle avait arraché quelques brins d’herbes avec lesquels elle jouait distraitement. Un nuage en forme de lapin passa devant ses yeux, puis un en forme d’éclair, mais c’était sûrement son imagination. Dans quoi pourrait-elle travailler… La collégienne fit la moue en fixant toujours le ciel. Des entreprises de sécurité ? C’est affreusement ennuyant, non ? Enfin, après, si elle aimait… L’armée était plus active, vu le caractère que Rose avait, le peu que Laura avait pu observer jusqu’à présent. Mais l’armée… Elle grimaça en imaginant la petite bouille qui était allongée à côté d’elle, innocente et fragile, affublée d’un uniforme horrible. Pour l’instant, envisager une carrière dans l’armée, de son plein gré…

Laura – Je ne sais pas…, dit-elle d’un ton pensif. Travailler dans des entreprises de sécurité, ça doit être affreusement ennuyant. Surveiller et réparer des choses, ce serait ton boulot ? Comparé à l’armée… Là-bas, tu pourrais vraiment faire quelque chose d’utile, tu pourrais aider, bouger, et tu ne seras pas sous-estimée grâce à ton don. Regarde la directrice ! Mais c’est dangereux…

Elle soupira avant de se redresser, les genoux croisés en regardant Rose. Ce qu’elle pourrait faire… Oui, l’armée serait sûrement un métier dans lequel elle s’épanouirait beaucoup plus, mais c’était dangereux. Très dangereux. Laura ne la connaissait que depuis une heure, maximum, mais elle s’était attachée à cette petite ! Et puis, elle était gentille, adorable et avait certaines réactions qui rappelaient ses propres agissements lorsqu’elle avait le même âge. Elle-même n’aimait pas l’armée à cause de ce que les militaires faisaient à l’école, aujourd’hui, mais sans doute son père y était-il aussi pour quelque chose. Elle savait qu’il battait Jasper depuis des années, alors il est logique qu’elle-même haïsse tout ce qui se rattache de près ou de loin à leur père…

Laura – Mais je crois que je ne suis pas la mieux placée pour te conseiller à propos de l’armée. Notre père est… Il n’est pas gentil, il est même plutôt cruel avec nous, surtout mon frère. Et il est Général. Donc, depuis toute petite, je hais tout ce qui se rapproche de près ou de loin à l’armée. Mais tu sais que tu as encore le temps ? Moi-même, je n’y ai pas réfléchi. Pas avec les militaires, avec l’armée, les dangers de l’école. J’espère qu’on pourra terminer nos études ici, mais j’ai peur.

Laura s’interrompit, faisant un maigre sourire à sa nouvelle amie. La fermeture du Pensionnat, l’arrêt des cours, le retour à Paris… Tant de choses qui signifiaient que l’amusement était fini, que Jasper et elle ne seraient plus libres comme ils l’étaient actuellement. Le Pensionnat était sa maison, son foyer, le refuge qu’ils avaient trouvé pour être ensemble. Au départ, elle y était entrée parce que son caractère dépassait les compétences de leurs « parents », mais elle s’était assagie très vite et avait appris à maîtriser petit à petit son élément – même si elle savait qu’elle avait encore beaaaaucoup de progrès à faire là-dedans. Laura attrapa une fleur, la faisant tourner entre ses doigts sans la quitter des yeux. Elle avait peur, oui…

Laura – Je ne sais pas si travailler dans l’armée est une bonne idée… Tu n’as pas peur en voyant tous ces militaires dans le coin ? En plus, il paraît que leurs tests sont assez durs… Je ne dis pas que tu n’en es pas capable, hein ! Mais… Enfin… A vrai dire, je connais très mal la foudre. Je sais que vous finissez souvent à l’infirmerie, chez monsieur de Sora, mais je n’en sais pas plus. Qu’aimerais-tu faire avec ton don ? Ou toi, le métier de tes rêves, ce serait quoi ? Que faisaient tes parents ? Oublie les conventions, pense à ce que tu aimes ! Mais les militaires, si tu peux éviter…

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MessageSujet: Re: Tout ça pour un livre   Lun 27 Avr - 11:45

Rose commençait à y réfléchir depuis quelques mois. Dans quoi pourrait-elle faire carrière, où l’emmènerait son métier ? Elle avait besoin de quelque chose qui bougeait, quelque chose de vivant, qui saura l’inspirer, là où elle pourra faire quelque chose de bien, qui sera utile aux autres. Donc l’armée, pourquoi pas ? Il y avait aussi la gendarmerie, ce qui revenait à peu près au même, et la police, bien sûr. Elle n’avait pas peur de l’uniforme ne de la discipline qui devait aller avec. Tout ce qui comptait pour elle était de pouvoir exercer dans une profession où elle servira à quelque chose en plus de pouvoir utiliser son don. Même si les militaires faisaient des trucs pas très biens aujourd’hui, ça pouvait changer ! Après tout, c’était l’armée qui avait combattu dans les tranchées pendant la grande guerre. Monsieur de Sora, leur prof de sport avec sa jambe raide, ils avaient aussi été soldats, non ? Même la directrice était devenue générale ! Rose l’avait vu une fois en uniforme, elle avait vraiment beaucoup de classe, c’était impressionnant. Roh, ce serait trop bien si Rosalie aussi pouvait avoir de longs cheveux blonds comme ça.

– Je ne sais pas…, dit-elle d’un ton pensif. Travailler dans des entreprises de sécurité, ça doit être affreusement ennuyant. Surveiller et réparer des choses, ce serait ton boulot ? Comparé à l’armée… Là-bas, tu pourrais vraiment faire quelque chose d’utile, tu pourrais aider, bouger, et tu ne seras pas sous-estimée grâce à ton don. Regarde la directrice ! Mais c’est dangereux…

Bah, tous les métiers étaient dangereux ! Un agriculteur pouvait être écrasé ou happé par une machine et perdre ses membres. Un boulanger pouvait se brûler à cause du four. Un charpentier pouvait chuter d’un toit et se briser la nuque. Être militaire n’était pas plus dangereux que le reste, finalement, tous les métiers avaient leurs risques et leurs joies. Tous les militaires ici n’étaient pas forcément mauvais, en plus, elle l’avait bien vu. Certains étaient gentils et les aidaient en cachette. Et maintenant que la directrice était générale, beaucoup plus osaient être plus gentils ! Elle avait encore tout son temps mais elle avait le droit de rêver, après tout. Rêver de tout ce qui sera possible lorsqu’elle sera adulte, du pouvoir dont elle disposera, de tout, en fait. Elle se voyait déjà adulte et mariée, mère de quatre ou cinq enfants, même si la norme était plutôt à sept enfants, voire huit. Elle travaillera car son mari sera ouvert d’esprit. Elle pourra protéger ses enfants car elle sera assez forte !

– Mais je crois que je ne suis pas la mieux placée pour te conseiller à propos de l’armée. Notre père est… Il n’est pas gentil, il est même plutôt cruel avec nous, surtout mon frère. Et il est Général. Donc, depuis toute petite, je hais tout ce qui se rapproche de près ou de loin à l’armée. Mais tu sais que tu as encore le temps ? Moi-même, je n’y ai pas réfléchi. Pas avec les militaires, avec l’armée, les dangers de l’école. J’espère qu’on pourra terminer nos études ici, mais j’ai peur.

Rosalie hocha la tête d’un air convaincue. L’école ne fermera pas. Elle risquait de changer encore, ça oui, mais elle ne fermera pas. Ce serait déjà fait depuis très longtemps, l’armée n’aurait jamais fait tout ça pour prendre le contrôle de l’école. Après, que voulaient-ils faire exactement ? Il y avait les guetteurs, dont beaucoup parlaient, mais dont peu connaissaient le but. Elle avait voulu demander à un militaire, le gentil qui l’avait aidé lorsqu’elle s’était fait mal à la jambe, mais il lui avait répondu qu’elle était encore un peu jeune pour s’en soucier et qu’elle ne devrait pas y prêter attention. Il avait rajouté que seul les plus de quinze ou seize pouvaient passer les tests, alors inutile qu’elle s’embête avec tout ça. Mais elle aurait voulu savoir quand même ! Oui, elle était petite, mais tout de même… Elle avait bien le droit d’être un peu curieuse.

– Je ne sais pas si travailler dans l’armée est une bonne idée… Tu n’as pas peur en voyant tous ces militaires dans le coin ? En plus, il paraît que leurs tests sont assez durs… Je ne dis pas que tu n’en es pas capable, hein ! Mais… Enfin… A vrai dire, je connais très mal la foudre. Je sais que vous finissez souvent à l’infirmerie, chez monsieur de Sora, mais je n’en sais pas plus. Qu’aimerais-tu faire avec ton don ? Ou toi, le métier de tes rêves, ce serait quoi ? Que faisaient tes parents ? Oublie les conventions, pense à ce que tu aimes ! Mais les militaires, si tu peux éviter…

– Peur ? Bah non ! C’est bien l’armée qui a combattu pendant la Grande Guerre, même monsieur de Sora était dans les tranchées. Et il y aussi plein de militaires qui sont gentils, j’en connais deux ou trois. Il y avait aussi Jean mais il est parti… C’était déjà un vieux, il avait vingt-cinq ans, mais il n’est plus là. Le père Vilette m’a dit qu’il avait quitté l’armée et qu’il était devenu boulanger. Puis pour ta question, heu…

Elle se mordilla l’ongle du majeur tout en réfléchissant. Le métier de ses rêves ? Elle n’en avait pas exactement, elle voulait simplement un métier où elle pourra bouger, utiliser son don et être utile aux autres, rien de plus.

– Papa était paysan, comme papi, maman l’aidait à la ferme. Mais moi, je veux bouger, avoir un métier où je pourrais être utile aux autres et voir du pays, voire me monde ! Je veux un métier où mon don me servira et où mes collègues n’auront pas peur. Tu vois un peu ? Après, oui, je sais que les tests pour entrer chez les guetteurs sont très durs, c’est vrai. Je me suis renseignée mais je suis trop jeune, donc ils ont pas voulu me dire comment ça se passait.

Elle se leva d’un bond, secouant l’herbe et les brindilles qui s’étaient accrochées à son uniforme pendant qu’elle était allongée dans l’herbe. Elle pouvait aussi lui montrer monsieur muscle, comme elle l’appelait en secret, lui aussi il était très gentil, et ça lui prouvera qu’il y avait beaucoup des soldats gentils !

– Tu veux que je te présente un soldat gentil, pour que tu sois convaincue ? demanda-t-elle en lui tendant la main.
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Tout ça pour un livre   Sam 9 Mai - 23:09

Rose – Peur ? Bah non ! C’est bien l’armée qui a combattu pendant la Grande Guerre, même monsieur de Sora était dans les tranchées. Et il y aussi plein de militaires qui sont gentils, j’en connais deux ou trois. Il y avait aussi Jean mais il est parti… C’était déjà un vieux, il avait vingt-cinq ans, mais il n’est plus là. Le père Vilette m’a dit qu’il avait quitté l’armée et qu’il était devenu boulanger. Puis pour ta question, heu…

… Vu comme ça. D’accord, les militaires avaient combattu pendant la Grande Guerre, d’accord, ils les avaient sauvés. Mais aujourd’hui ? Ils ne les aidaient pas et se contentaient d’exécuter les ordres, de faire tomber malade des enfants uniquement parce qu’ils avaient des dons ! Laura ne mettait pas tous les militaires dans le même panier, mais il fallait bien avouer que la plupart d’entre eux ne les aidaient pas. Si cela avait été le cas par le passé, ils l’oubliaient aujourd’hui et ne cherchaient plus à les aider. Le Colonel, oui, mais il était le seul avec son équipe. Et un simple groupe de cinq ou six personnes dans le camp adverse n’allait pas les aider à repousser les militaires, quelle que soit leur détermination… Laura resta pensive, regardant Rosalie qui se rongeait un ongle. Elle était si jeune et naïve, comme elle il y a quelques mois. Mais avec tout ce qui s’était passé, la jeune collégienne avait l’impression que des années s’étaient écoulées depuis son retour au Pensionnat.

Rose – Papa était paysan, comme papi, maman l’aidait à la ferme. Mais moi, je veux bouger, avoir un métier où je pourrais être utile aux autres et voir du pays, voire me monde ! Je veux un métier où mon don me servira et où mes collègues n’auront pas peur. Tu vois un peu ? Après, oui, je sais que les tests pour entrer chez les guetteurs sont très durs, c’est vrai. Je me suis renseignée mais je suis trop jeune, donc ils ont pas voulu me dire comment ça se passait.

Et heureusement ! Laura ne répondit rien mais devint légèrement plus pâle. Elle voulait rejoindre les guetteurs… Mais elle était jeune ! Pourquoi les élèves voulaient-ils les rejoindre ? Ils ne réalisaient donc pas ce qui se passait ? Elle croyait vraiment que les guetteurs n’étaient pas néfastes pour eux, qu’ils étaient « du bon côté » ? Enfin, heureusement, elle était trop jeune. Ils ne risquaient donc pas de la voir les rejoindre, sauf si l’armée s’abaissait à ce niveau, mais Laura en doutait. Ils cherchaient des élèves qui se maîtrisaient, des élèves doués et forts, pas des élèves qui commençaient tout juste à manier leur don. Et, à vrai dire, la jeune adolescente ignorait si c’était vraiment plus rassurant…

Rose s’était levée d’un bond, faisant sursauter Laura. Comment pouvait-elle être aussi enthousiaste ?! C’était… Enfin, elle parlait de l’armée ! Du groupe qui leur menait la vie dure depuis un an, maintenant, du groupe qui ne cessait de leur pourrir la vie depuis des mois ! Le réalisait-elle vraiment ? Ou ne voyait-elle pas tout ce que l’armée avait changé depuis son arrivée ? Ah heu… Non, en effet, elle ne voyait pas. Rosalie n’avait qu’onze ans, elle était donc à sa première année au Pensionnat et n’avait pas connu le Pensionnat « d’avant ». Enfin, si, quelques semaines, mais… Ce n’était pas représentatif. Pour elle, tout cela devait être normal…

Rose – Tu veux que je te présente un soldat gentil, pour que tu sois convaincue ? demanda-t-elle en lui tendant la main.

Un… soldat gentil ? Heu… Pas sûr. Mauvaise idée. TRES mauvaise idée, là. Qu’entendait-elle par « soldat gentil » ? Où se trouvait-il ? Était-il vraiment gentil ou avait-il réussi à la manipuler ? Si c’était le cas… Laura hocha la tête, prenant la main de Rose. Elle se releva, frotta son uniforme pour en faire tomber les quelques brins d’herbes, et se mit en marche à côté de la petite. Elle savait que Jasper n’approuverait pas ce qu’elle faisait, mais il fallait qu’elle s’en assure. Elle était si jeune ! Si manipulable ! Elle-même s’était déjà fait avoir, et elle le savait, alors si elle pouvait sauver Rosalie en lui prouvant que non, ce militaire n’était pas digne de confiance…

Laura – Tu dois être prudente, Rose, dit-elle. Tu n’as pas connu le Pensionnat avant l’arrivée des militaires, pas assez pour voir les changements mais… Je t’assure qu’ils ne sont pas aussi gentils que tu le crois. Avant, on était libres, on pouvait profiter des terrains, explorer tous les endroits de l’école… Bon, d’accord, officiellement, ce n’était pas permis, mais on le faisait. Maintenant…

Laura se tut, cherchant le mot qui correspondait le mieux. Ils ne pouvaient plus vivre comme avant, ils avaient peur d’être empoisonnés à chaque instant, ils étaient terrorisés à chaque fois qu’un élève disparaissait ou « tombait malade ». Peur d’être le suivant sur la liste, peur de rejoindre les élèves qui étaient morts à cause des militaires… Et Laura ne voulait pas apprendre, un jour, que Rosalie était passée par là à son tour. Elle devait se méfier et faire attention. Elle lui lâcha la main, se tournant vers elle pour la prendre par les épaules. La détaillant un moment avec un sourire teinté d’une certaine tristesse, une pointe de peur également, la collégienne remit une mèche rebelle derrière les oreilles de Rose.

Laura – C’est différent. Il faut que tu sois prudente… Très prudente. Tu es très jeune, ce n’est pas une tare, hein ! Mais les adultes s’en servent contre nous, très souvent, et on doit faire attention. Je me suis déjà fait avoir, mais mon frère m’a protégée et c’est grâce à lui que j’ai appris toutes ces choses.

Et sans lui, Laura ignorait où et comment elle serait aujourd’hui. Elle n’imaginait tout simplement pas sa vie sans Jasper, même si leurs parents s’arrachaient les cheveux à cette idée. C’était leur faute, et uniquement leur faute. Ils se soutenaient, se serraient les coudes, comptant l’un sur l’autre dans toutes circonstances. Mais Rose, elle, n’avait pas cet appui, ce soutien… Et elle fonçait droit dans le mur.

Laura – Mais attention, je ne dis pas que tous les militaires sont méchants ! Je sais que certains sont gentils, mais je l’ignore pour celui que tu veux me montrer. Je veux seulement que tu fasses attention, d’accord ? Y compris pour les guetteurs, eux ne sont pas de notre côté.

Laura lui fit un sourire sincère, s’inquiétant vraiment pour elle, n’étant pas rassurée à l’idée d’aller trouver un militaire « peut-être » gentil. Mais il le fallait, si cela pouvait éviter à Rose d’être embrigadée dans elle ne savait quoi… Elle se redressa et tendit la main vers sa nouvelle amie, lui montrant qu’elle était prête à la suivre, à présent.

Laura – On va retrouver ce soldat ? Tu sais où il est ?

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MessageSujet: Re: Tout ça pour un livre   Mar 26 Mai - 11:38

Sa nouvelle amie hocha la tête puis se leva, lui prenant la main. Rosalie avait hâte de lui faire rencontrer Flavien, il avait toujours été très gentil avec elle ! C’était lui qui l’avait emmené à l’infirmerie alors qu’elle s’était fait mal en patinant avec les autres sur le lac que des élèves avaient aidé à geler, cet hiver. Il l’avait aussi consolé lorsqu’elle avait pleuré après avoir raté un devoir en maths alors qu’elle avait passé une semaine à réviser tous les soirs. Une autre fois, il lui avait aussi donné un goûter alors qu’elle s’était fait voler le sien et il prenait toujours du temps pour discuter avec elle lorsqu’elle venait le voir ! Il était déjà vieux, il devait avoir vingt-six ou vingt-sept ans, c’était beaucoup, mais il se comportait comme un grand frère avec elle, elle l’aimait vraiment beaucoup. Pour elle qui n’avait ni frères ni sœurs, elle trouvait super agréable d’avoir quelqu’un qui était toujours prêt à l’écouter et la conseiller. Laura allait sûrement le trouver gentil, elle aussi ! Il y avait d’autres amis de sa classe qui l’aimaient bien aussi, en plus.

– Tu dois être prudente, Rose, dit-elle. Tu n’as pas connu le Pensionnat avant l’arrivée des militaires, pas assez pour voir les changements mais… Je t’assure qu’ils ne sont pas aussi gentils que tu le crois. Avant, on était libres, on pouvait profiter des terrains, explorer tous les endroits de l’école… Bon, d’accord, officiellement, ce n’était pas permis, mais on le faisait. Maintenant…

Bah, ils le faisaient aussi, maintenant ! Avec ses amis, elle était déjà sortie quelques fois pour des escapades nocturnes, il suffisait d’éviter les adultes et de ne pas se faire prendre ! Non, elle ne savait pas comment était le pensionnat avant, mais ce n’était pas si grave ! Si ? Les cours étaient les mêmes, ils pouvaient tous avoir des amis, profiter de la vie, alors où était le mal ? Laura s’arrêta tout à coup puis se mit devant elle pour la rendre par les épaules. Hein, Rose avait fait une bêtise ? Pourquoi elle avait un air sérieux comme ça ? Elle lui repoussa une mèche, comme si elle était en train de pleurer. Mais elle allait bien ! Très bien, même, elle n’avait pas de problèmes sérieux. Laura pouvait être rassurée, de ce côté-la, rien ne la menaçait.

– C’est différent. Il faut que tu sois prudente… Très prudente. Tu es très jeune, ce n’est pas une tare, hein ! Mais les adultes s’en servent contre nous, très souvent, et on doit faire attention. Je me suis déjà fait avoir, mais mon frère m’a protégée et c’est grâce à lui que j’ai appris toutes ces choses.

Rosalie ne comprenait pourquoi elle prenait un air aussi grave, ni pourquoi elle devait être encore plus prudente. Elle ne s’approchait que de quelques soldats qui ne se comportaient pas comme des brutes avec les élèves ! Ou alors, Laura faisait comme les adultes, elle le considérait comme trop idiote pour ne pas voir qu’un militaire était en fait une brute. Flavien ne leur avait jamais rien demandé, il était gentil au naturel. Jamais il ne les avait poussé à faire quoi que ce soit, il l’avait même dissuadé d’aller voir les guetteurs de plus près parce qu’elle était trop jeune. Il avait pris le temps de lui expliquer comment fonctionnait l’armée, il ne l’avait jamais rembarré ou déclaré qu’elle était une petite idiote. Quand il n’avait pas le temps, elle repassait plus tard, elle n’allait pas l’embêter exprès !

– Mais attention, je ne dis pas que tous les militaires sont méchants ! Je sais que certains sont gentils, mais je l’ignore pour celui que tu veux me montrer. Je veux seulement que tu fasses attention, d’accord ? Y compris pour les guetteurs, eux ne sont pas de notre côté.

Oui, donc elle ne l’avait jamais vu, mais elle jugeait quand même, sans prendre en compte ce que Rose lui avait déjà dit sur lui. Alors qu’elle ne le connaissait pas.

– On va retrouver ce soldat ? Tu sais où il est ?

– Il vaut mieux que j’aille le voir toute seule, dit-elle sans reprendre sa main, commençant à pleurer. Tu n’as pas le droit de déclarer qu’il est mauvais juste parce que tu ne l’as jamais vu !

Elle essuya ses larmes avec sa manche, sans succès, puis la contourna et se mit à courir vers le pensionnat. Elle en avait marre qu’on la prenne pour une attardée incapable de distinguer le vrai du faux à cause de son âge ! C’était injuste… Même Laura la jugeait, même elle la considérait comme une débile… Elle courut à l’intérieur du pensionnat puis se réfugia dans un petit coin du hall d’entrée, s’asseyant par terre avant d’enrouler ses bras autour de ses jambes. Ce n’est que deux minutes plus tard qu’elle se leva tout aussi soudainement en voyant Flavien à son poste et courut le rejoindre, se fourrant contre lui en le faisant sursauter. Il baissa un regard surpris sur elle alors qu’elle s’accrochait à s veste des deux mains, le visage caché contre lui.

– Bah alors, tu t’es fait mal ?

Elle secoua la tête pour dire non, s’accrochant un peu plus à lui. Tout le monde la prenait pour une pure idiote… Un soldat n’était pas foncièrement mauvais, ce n’était pas une chose naturelle dans l’armée. Mais personne ne la croyait… Il l’invita à s’asseoir avec lui et lui donna un bout de chocolat, pour lui remonter le moral, qu’elle accepta avec gratitude. Au moins, lui, il l’écoutait sans la juger.
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Laura K. Nakajima
Collégienne
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Récits : 1407

Âge RPG : 14 ans

MessageSujet: Re: Tout ça pour un livre   Lun 1 Juin - 16:51

Rose – Il vaut mieux que j’aille le voir toute seule, dit-elle sans reprendre sa main, commençant à pleurer. Tu n’as pas le droit de déclarer qu’il est mauvais juste parce que tu ne l’as jamais vu !

Qu… Mais non ! Laura regarda, l’air perdu, Rosalie s’éloigner et courir vers le Pensionnat, hurlant son prénom sans qu’elle ne semble y faire attention. Mais elle ne jugeait pas ! Elle admettait que certains militaires étaient gentils, qu’ils n’étaient pas tous mauvais, mais manipuler une jeune élève est très simple ! Même leur professeure de mathématiques se faisait manipuler, sans oublier madame Chevreuil. Cela n’avait rien à voir avec ses capacités, son intelligence ou le jugement hâtif de Laura ! D’accord, peut-être que juger aussi vite et parler, dire ce qu’elle pensait, n’avait pas été une très bonne idée. Mais elle n’avait pas envie de laisser Rosalie toute seule, de la faire pleurer et de ne plus pouvoir l’aider. Elle était jeune, innocente, et naïve !

Laura courut à toute vitesse jusqu’au Pensionnat, reprenant ses esprits, demandant à tous les élèves qu’elle croisait s’ils n’avaient pas vu une jeune élève blonde courir en pleurant et, si oui, vers où elle était allée. La collégienne dut chercher un moment avant de la trouver, assise, à côté d’un militaire qui essayait de la consoler, apparemment. C’était lui, le militaire dont elle lui avait parlé… Laura prit une profonde inspiration et se rapprocha de Rosalie et du soldat avec un air gêné. Elle se mit à la hauteur de sa nouvelle amie, la poussant à la regarder, cherchant les mots qu’elle pouvait prononcer sans la vexer ou la décevoir davantage. Et le militaire qui était à côté… Bon, soit, il fallait bien faire avec. Peut-être n’était-il pas méchant, comme l’avait dit Rosalie juste avant de s’enfuir.

Laura – Je suis désolée…, dit-elle d’une petite voix. Je ne voulais pas te faire pleurer, j’ai… J’ai parlé sans réfléchir. Est-ce que tu veux bien me pardonner ? Je t’assure que je ne pense pas que tous les militaires sont mauvais, pardon, je n’ai rien contre vous.

Laura avait ajouté cette phrase précipitamment pour le militaire qui était toujours à côté d’elles. C’était très gênant, comme situation, mais il fallait bien qu’elle lui prouve qu’elle ne mettait pas tous les militaires dans le même panier. Elle se méfiait, oui, et se méfierait encore, elle n’en pouvait rien, c’était comme cela. Mais elle ferait attention, la prochaine fois, surtout avec Rosalie. Laura la prit soudainement dans ses bras pour la serrer, s’excuser, ne voulant vraiment pas la blesser. Elle ne devait pas pleurer, pas pour ça ! Ce Pensionnat était déjà assez horrible pour l’instant, ils étaient tous à bout de nerfs, inutile de se disputer pour des choses comme celle-ci alors qu’il y avait plus grave actuellement. Laura se détacha de Rosalie pour la regarder dans les yeux, passant ses doigts sur ses joues pour essuyer ses larmes.

Laura – Je suis désolée d’avoir dit cela, je ne le pensais pas vraiment. Je suis seulement confrontée aux « méchants » depuis le début, ils m’ont déjà pris mon frère une fois, je vois des élèves disparaître sans raison, et ça me fait peur. Je n’ai rien contre vous, encore une fois, ajouta-t-elle à l’adresse du militaire, mais je… J’ai appris à me méfier de tout le monde, ici, surtout des militaires, et j’ai du mal à le croire quand on me dit que tel militaire est gentil. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose, c’est tout… Je veux que tu sois heureuse, ici, comme moi je l’ai été en arrivant au Pensionnat.

Laura poussa un soupir en regardant Rosalie, cherchant ses mots. Elle avait quelqu’un pour veiller sur elle, mais pas Rosalie, et c’est ce qui l’effrayait le plus. Ce n’était pas sa faute ! D’accord, peut-être avait-elle plus grandi qu’elle en ayant perdu ses parents, Laura ne pouvait pas juger en la connaissant si peu. Mais ce n’était certainement pas au point d’être parfaitement capable de discerner les discours vrais des faux, elle était sûre que les militaires l’utiliseraient pour arriver à leurs fins, lorsqu’elle serait plus forte.

Laura – Je t’ai sous-estimée, je crois… Moi, j’ai eu mon frère pour veiller sur moi et ne pas me laisser faire de bêtises. Mais je pensais que, comme tu étais toute seule, tu risquais d’en faire plus et personne ne serait là pour te guider… Je suis désolée, je t’ai mal jugé, j’ai mal jugé ton ami, je ferai plus attention la prochaine fois. Tu veux bien qu’on fasse la paix, qu’on reparte de zéro ? S’il te plaît ? Tu pourras me frapper ou me hurler dessus si ça arrive de nouveau, promis, ou même m'épuiser avec mon don, ou... Ce que tu veux.

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MessageSujet: Re: Tout ça pour un livre   Mar 9 Juin - 15:07

Rosalie prit un moment pour essuyer ses larmes et se frotter les yeux, alors que Flavien lui racontait diverses choses pour la distraire. Il lui parlait surtout du mariage de son frère qui approchait, en ce moment, il avait un air très heureux lorsqu’il l’évoquait. Son frère était boulanger, il travaillait dans l’Ouest de la France, sur la côte. Rose voudrait bien vivre au bord de l’océan, elle aussi. Pouvoir regarder le soleil couchant tous les jours, puis lorsqu’il faisait beau, sauter dans les vagues et nager. Elle rêvassa un instant puis vit tout à coup Laura arriver à son tour. Elle fit aussitôt la moue, vexée, en colère, ne voulant pas l’entendre parler mal de son ami pour le moment. Personne ne voulait la croire, lorsqu’elle disait qu’il était gentil ! Alors qu’ils n’en savaient rien du tout. Laura se mit à sa hauteur, alors que Rose allait lui dire de s’en aller, que c’était bon, que si elle ne voulait accepter que tous les soldats n’étaient pas des monstres sans cœur, elles n’avaient rien à se dire.

– Je suis désolée…, dit-elle d’une petite voix. Je ne voulais pas te faire pleurer, j’ai… J’ai parlé sans réfléchir. Est-ce que tu veux bien me pardonner ? Je t’assure que je ne pense pas que tous les militaires sont mauvais, pardon, je n’ai rien contre vous.

Laura la prit tout à coup dans ses bras, avant qu’elle ne puisse répondre. Elle lui avait pourtant dire que armée égal danger mortel ! Comme les adultes qui voulaient leur faire la leçon alors qu’eux-mêmes ne comprenaient pas certaines choses et Rosalie avait horreur de ça. Quelques larmes coulaient encore sur ses joues, elle ne savait plus quoi penser de Laura qui lui avait pourtant paru très gentille, au début. Rose détestait qu’on se moque d’elle ou qu’on la traite comme une gamine ignorante, c’était toujours pénible quand elle rencontrait une nouvelle personne et que ça passait ainsi. Laura lui essuya les joues alors qu’elle reniflait, se demandant si elle était sincère ou si elle voulait encore se moquer.

– Je suis désolée d’avoir dit cela, je ne le pensais pas vraiment. Je suis seulement confrontée aux « méchants » depuis le début, ils m’ont déjà pris mon frère une fois, je vois des élèves disparaître sans raison, et ça me fait peur. Je n’ai rien contre vous, encore une fois, ajouta-t-elle à l’adresse du militaire, mais je… J’ai appris à me méfier de tout le monde, ici, surtout des militaires, et j’ai du mal à le croire quand on me dit que tel militaire est gentil. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose, c’est tout… Je veux que tu sois heureuse, ici, comme moi je l’ai été en arrivant au Pensionnat.

Pourquoi il lui arriverait quelque chose … ? Elle avait onze ans, son don était plus faible et personne ne se souciait de son existence, elle passait inaperçue, au milieu de tous les autres élèves ! Qui irait se préoccuper d’une petite fille de onze ans ? Personne, voilà tout. Elle ne s’approchait pas de ceux qui avaient un air mauvais, ni même des lycéens qui avaient mauvaise réputation, elle ne sortait pas en cachette la nuit, ne faisait pas tant de bêtises que ça et ne se faisait pas remarquer par ses professeurs. Donc il n’y avait aucune raison qu’on la remarque, qu’on lui en veuille ou qu’on la prenne en grippe. Elle ne disait rien à personne ! De quoi Laura avait-elle peur ? Rosalie était loin d’être malheureuse ici, l’armée ne la gênait pas, elle suivait tous ses cours normalement.

– Je t’ai sous-estimée, je crois… Moi, j’ai eu mon frère pour veiller sur moi et ne pas me laisser faire de bêtises. Mais je pensais que, comme tu étais toute seule, tu risquais d’en faire plus et personne ne serait là pour te guider… Je suis désolée, je t’ai mal jugé, j’ai mal jugé ton ami, je ferai plus attention la prochaine fois. Tu veux bien qu’on fasse la paix, qu’on reparte de zéro ? S’il te plaît ? Tu pourras me frapper ou me hurler dessus si ça arrive de nouveau, promis, ou même m'épuiser avec mon don, ou... Ce que tu veux.

– Tu ne vas plus rien dire sur Flavien ? demanda-t-elle d’une petite voix, avec un ton soupçonneux.

Elle regarda son ami, qui semblait veiller à ne surtout pas les écouter. Elle retourna ensuite le regard vers Laura, indécise, puis finit par hocher la tête en revenant se fourrer dans ses bras, nichant son nez dans son cou. Elle ne voulait pas d’ennemis et détestait se disputer avec les gens, sauf ceux qui le méritaient vraiment. Elle voulait se faire des amis, dans cette école, pas l’inverse ! La fin de l’année était toute proche, les examens aussi, elle allait entrer en cinquième l’année prochaine, et ne voulait pas que quoi que ce soit vienne lui gâcher son bonheur d’être ici. Septembre sera un nouveau chemin, une nouvelle année qui arrivait, mais elle ne voulait pas gâcher la fin de celle-ci.
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