1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Au village d'Arès

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MessageSujet: Au village d'Arès   Lun 22 Juin - 13:54

Le train s’arrêta avec un long sifflement et un grincement des roues qui arrivèrent à détruire les oreilles de tout le monde. Antoine se réveilla en sursaut puis se frotta les yeux, ayant passé une bonne partie du voyage à ronfler en cœur avec Jaz, sur la banquette du train. Pas de sa faute, les voyages, ça l’endormait ! Et comme Jasper était pareil… Il se leva puis s’étira en tout sens, prenant ses valises avec un peu de peine. Voilà la petite gare du village d’Arès ! Il sourit en voyant les installations familières et le vieux chef de gare qui était là depuis bien des années. Ils étaient le premier juillet et la pluie avait cessée la veille au soir, mais le temps restait assez frais et humide. Il descendit du train avec ses amis, au milieu des autres voyageurs qui s’éparpillaient sur le quai. Il déposait s avalise au sol pour voir où était sa famille lorsqu’une grande femme brune lui tomba tout à coup dessus sans prévenir et le serra dans ses bras. Il tituba un tantinet avant de lui rendre son étreinte, passant ses bras autour d’elle en fourrant son visage dans son cou. Ça faisait tellement du bien de la revoir ! Il sourit à sa mère lorsqu’elle le relâcha, le prenant par les épaules pour le regarder de la tête aux pieds.

– Tu as l’air en forme, dit-elle en hochant la tête. Parfait, j’avais peur de l’état dans lequel j’allais te retrouver… Bonjour, Jasper ! Et toi, tu dois être s sa sœur, non ? Bienvenue à Arès.

Elle les serra tous les deux dans ses bras pour leur dire bonjour, puis ils sortirent de la gare, traînant leurs valises avec eux dans les rues du village. On pouvait entendre les vagues et l’océan, les mouettes crier en passant au-dessus d’eux, les bruits de déchargement des bateaux, venant du port… Il n’y avait presque pas de voiture, les gens utilisaient des cheveux, des vélos, des charrettes, etc. Sa mère passa tout le chemin jusqu’à la maison à le bombarder de questions. S’il allait bien, ce qu’il avait fait cette année, comment ça s’était passé et ainsi de suite. Il fit de son mieux pour la rassurer, soulagé lorsqu’ils arrivèrent chez lui. Il vivait non loin de l’océan, avec ses parents, son garnd-père, sa grande sœur de dix-neuf ans, Ophélie, et son petit frère de neuf ans, Maxime. Sa sœur et lui possédaient un don, comme leur grand-père, mais ils étaient les seuls. La maison était calme, papa et papi devaient être en mers, à cette heure, à travailler. Sa sœur aussi était au travail, à cette heure. En revanche, Maxime était bien là, dormant dans le jardin avec un livre posé sur la figure. Antoine vint tout doucement se mettre à genoux à côté de lui, lui secouant l’épaule pour le réveiller.

– Debout, moustique ! On a du monde à la maison !

Son frère geignit un peu puis repoussa le livre, très mal réveillé, puis sourit en le voyant avant de se jeter à son cou. Antoine eut un petit cri de surprise sous l’assaut, retombant par terre sur le dos. Il le serra contre lui avant de se redresser, pendant que son frère sautait aussi sur Jasper, avant de regarder Laura d’un air perturbé, du genre « une fille ici ? ». Antoine sourit en le prenant par les épaules, à genoux dans l’herbe.

– C’est Maxime, dit-il à sa petite amie, il a neuf ans. Et voilà Laura, c’est la petite sœur de Jasper. Tu dis bonjour ?

Son frère était toujours d’une timidité extrême avec les personnes qu’il rencontrait pour la première fois, il lui fallait un temps d’adaptation. Il finit par murmurer un « bonjour » à peine audible, puis récupéra son livre avant de repartir en courant vers la maison. Antoine eut un petit rire puis se leva, secouant l’herbe qui s’était accrochée à mes vêtements.

– Mon père et mon grand-père sont en mer à travailler, à cette heure, dit-il pour Laura, qui ne pouvait pas le savoir. Ma grande sœur travaille aussi, elle reviendra ce soir.

L’heure suivante fut consacrée à prendre une douche puis ranger leurs affaires, quittant enfin le strict uniforme du pensionnat pour enfiler des affaires d’été, plus légères et confortables. Il fit un lit pour Jaz dans sa propre chambre puis un autre dans celle d’Ophélie. Une fois que tout fut en ordre, ils s’installèrent dans la chambre d’Antoine, qui se trouvait au premier étage. Il ouvrit la fenêtre pour qu’ils puissent voir l’océan, alors que le soleil l’illuminait.

– Alors, Laura ? dit-il en lui souriant. Qu’est-ce que tu penses de l’océan ?
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Au village d'Arès   Jeu 2 Juil - 18:10

Des paysages à perte de vue défilaient sous ses yeux depuis le début du trajet. Laura regardait par la vitre du compartiment depuis des heures maintenant et commençait sérieusement à s’agiter sur sa place. Elle avait l’impression de ressentir l’air pur et frais des côtes, l’imaginait porteur de mille et unes senteurs différentes avec une légère pointe de sel. N’ayant jamais vu l’océan de près ou de loin, son esprit tournait à plein régime et elle ne parvint pas à dormir paisiblement comme Antoine et Jasper. Au début du voyage, ils avaient joué, parlé de tout et de rien pour passer le temps, puis s’étaient endormis les uns après les autres, conséquence de toute la fatigue accumulée après les examens et l’agitation du départ. Et puis, le voyage en lui-même était épuisant : plusieurs heures de trajet en plus d’un changement. C’était la première fois que Laura allait aussi loin.

Mais, aussi étrange cela puisse-t-il paraître, elle n’avait pas peur. Excitée, impatiente, plein de projets et de sorties en tête, mais certainement pas nerveuse. Ce voyage, elle le faisait avec son frère et son petit-ami, alors comment pourrait-il mal se passer ? Deux mois entiers loin de Paris, loin du Pensionnat, loin de tous les problèmes. Mieux encore : près de l’océan ! Que demander de mieux ? Laura reporta son regard sur Jasper et Antoine, tous deux endormis l’un contre l’autre depuis un bon moment. Ils avaient l’air si vulnérable… Son frère, surtout, même si ce n’était pas la première fois qu’elle le voyait dormir.

Depuis qu’Antoine lui avait dit ce que leurs parents avaient fait, elle avait compris beaucoup de choses et essayait de faire un effort. Cependant, elle ne comprenait toujours pas pourquoi il ne le lui avait jamais dit… Elle était sa sœur ! Si Jasper lui avait parlé de toute cette histoire, elle aurait compris et n’aurait jamais cherché à le contredire et à lui désobéir comme elle l’avait déjà fait. Il n’avait que deux ans de plus qu’elle, elle aurait largement pu comprendre avant, surtout qu’il ne savait pas qu’elle était au courant. Sauf si Antoine lui avait dit qu’il avait mis sa sœur au courant, c’était possible aussi. Elle savait que mentir n’était pas bien, Jasper le lui avait dit, mais Laura savait aussi qu’ils lui cachaient des choses. Tous les deux. Cela aurait pu lui échapper il y avait quelques mois, mais aujourd’hui…

Le train commença à ralentir jusqu’à s’arrêter dans un crissement horrible, réveillant les deux dormeurs en même temps. Laura eut un sourire attendri, trouvant ça très mignon, puis se hissa pour attraper ses valises en manquant de les recevoir sur la tête. Les trainant hors du train, elle ne regarda qu’à peine où elle mettait les pieds, occupée à regarder la gare et à sentir l’odeur qu’elle avait imaginée durant des heures. La gare était petite, typique d’un village comme Arès d’après ce que lui en avait raconté Antoine, mais elle avait un certain charme. L’air était frais à cause de la pluie de la veille, mais Laura n’avait pas froid et était, au contraire, plutôt contente de se dégourdir un peu les jambes. Enfin !

Cependant, elle n’eut guère le temps de regarder plus en détails ce qui les entourait, une grande femme brune sautant sur Antoine en le serrant dans ses bras. Oh, sa mère… Leur étreinte dura un moment avant qu’elle ne le relâche pour le regarder de haut en bas, le tenant par les épaules. Laura souriait, à côté, les mains toujours posées sur ses valises. Ce genre de scènes était toujours étrange à ses yeux, sa mère n’ayant jamais agi comme cela avec elle. Même aujourd’hui, même après cette année, la collégienne était sûre que les retrouvailles auraient été froides et distantes, comme s’ils n’avaient pas été séparés plus de quelques heures. Mais c’était normal. Pour eux.

Mère d’Antoine – Tu as l’air en forme, dit-elle en hochant la tête. Parfait, j’avais peur de l’état dans lequel j’allais te retrouver… Bonjour, Jasper ! Et toi, tu dois être s sa sœur, non ? Bienvenue à Arès.

Laura hocha la tête avec un sourire tandis que la mère d’Antoine les serrait dans ses bras, Jasper et elle. Elle était gentille, oui, aucun doute là-dessus. Ils la suivirent, sortant de la gare, et elle-même regrettait de ne pas avoir d’yeux derrière la tête. Elle voulait tout voir, tout découvrir, tout regarder. C’était si différent ! En plus, détail qui lui fit froncer les sourcils un peu plus à mesure qu’ils avançaient, elle n’avait vu presque aucune voiture dans le coin… Par contre, des chevaux, charrettes, ou tout autre moyen de locomotion, il y avait. Le village avait l’air tranquille, les maisons lui semblaient typiques des petits villages, un peu comme Gray avant l’incendie. Mais il y avait quelque chose en plus qu’elle n’arrivait pas encore à déterminer. Et puis, le bruit ! Au lieu des habituelles voitures et autres bruits de la ville, ils entendaient des mouettes et le doux son de l’océan. Laura lança un regard envieux et triste vers l’endroit où elle le devinait mais suivit les autres avec un grand sourire en remarquant qu’ils s’approchaient de l’océan. Mais oui ! Antoine habitait juste à côté, il le lui avait dit.

Entrant dans la maison après Jasper, plus timide dans cet endroit totalement inconnu, Laura constata que l’endroit était très calme mais qu’il devait y avoir pas mal de personnes qui vivaient ici. C’était grand, à ses yeux, même si elle n’avait pas encore tout vu. Et puis, surtout, on sentait qu’une vraie famille habitait ici, l’ambiance le prouvait, les meubles, tout… Des photos étaient posées çà et là, des couleurs, des bibelots que l’on ne trouvait que dans les régions côtières… C’était si différent de chez eux. La collégienne sortit dans le jardin avec Jasper et Antoine, voyant un petit garçon aux cheveux bruns couché et apparemment endormi puisqu’il avait un livre posé sur la figure. Oh… Il était adorable ! Antoine lui secoua doucement l’épaule, à genoux près de lui, et Laura devina que c’était son petit frère. Le voir dans un autre cadre était très étrange pour elle qui avait l’habitude de le voir à l’école…

Antoine – Debout, moustique ! On a du monde à la maison !

Le frère d’Antoine devait être plombé dans des rêves magnifiques, ou alors incroyablement fatigué parce qu’il geignit lorsque son grand frère le tira de son sommeil. Enfin, pas très longtemps, il lui sauta au cou l’instant d’après en le faisant tomber. Laura étouffa un rire et s’écarta d’un large pas lorsqu’elle le vit sauter sur Jasper pour lui dire bonjour à lui aussi. Par contre, elle, elle eut droit à un regard qui prouvait toute l’ampleur de son étonnement, comme si elle était la première étrangère à venir ici. Bah, Jasper venait, lui ! Ou il était timide parce qu’il ne la connaissait pas ? Mignon, mais ce n’était certainement pas elle qui allait le manger.

Antoine – C’est Maxime, dit-il à sa petite amie, il a neuf ans. Et voilà Laura, c’est la petite sœur de Jasper. Tu dis bonjour ?

Laura lui adressa un petit signe de la main avec un sourire, voulant l’encourager et le rassurer. Sans grand étonnement, cependant, il murmura « bonjour » et s’enfuit en courant à l’intérieur après avoir récupéré son livre. Roh… La jeune adolescente lança un regard d’excuse à Antoine après avoir suivi son frère des yeux. Elle ne voulait pas l’effrayer ! Elle faisait peur, elle ? Depuis quand ? Elle avait peur des garçons plus grands et âgés qu’elle, à neuf ans, mais pas des filles… Et puis, elle était gentille ! Enfin, soit. Antoine se redressa en riant, époussetant l’herbe qui s’était collée à ses vêtements, ce qui confirmait que c’était une réaction normale. Du moins, elle l’espérait.

Antoine – Mon père et mon grand-père sont en mer à travailler, à cette heure, dit-il pour Laura, qui ne pouvait pas le savoir. Ma grande sœur travaille aussi, elle reviendra ce soir.

Laura hocha la tête pour montrer qu’elle avait compris et suivit les garçons à l’intérieur de la maison. Ils étaient donc… six, en comptant Antoine ? Six à vivre dans cette maison ? Cela expliquait sa taille et l’atmosphère aussi familiale qu’elle avait ressentie en entrant ici. C’était tellement plus paisible et reposant que chez eux, à Paris… Et puis, ils sentaient qu’ils étaient les bienvenus ici, elle, du moins, avait cette impression alors qu’elle avait eu peur de déranger au départ. Pour Jasper, c’était différent, il avait plus l’habitude qu’elle vu qu’il venait régulièrement.

Laura suivit Antoine et Jasper sans rien dire, essayant de retenir où se trouvait chaque pièce et notant les petits détails qui différaient de chez eux pour ne pas paraître impolie. Elle prit sa douche la première, se débarbouillant rapidement de la saleté accumulée lors du voyage et enfila une jupe bleue marine qui lui descendait jusqu’en-dessous des genoux et un t-shirt blanc, premiers vêtements qui lui étaient tombés sous la main en ouvrant sa valise. Elle laissa également ses cheveux pendre pour les faire sécher, heureuse de ne plus devoir les attacher obligatoirement pendant deux mois.

Dès qu’elle eut terminé, Laura prévint Antoine et Jasper et s’occupa de ranger ses affaires à son tour, de telle sorte qu’ils eurent tous les trois terminés en même temps. Beau timing, cette fois ! La collégienne les rejoignit dans la chambre d’Antoine et remarqua de suite l’océan que l’on voyait par la fenêtre. Elle ne put en détacher son regard, absorbée devant cette immense étendue d’eau. Lorsqu’il ouvrit la fenêtre de sa chambre, elle s’en rapprocha pour sentir le vent fouetter son visage, s’appuyant sur l’appui de fenêtre avec ses mains, un grand sourire aux lèvres et les yeux grands ouverts. Son imagination était loin, très loin de la réalité. C’était mieux. Beaucoup mieux. Magnifique. Elle avait presque l’impression de sentir l’eau frôler ses pieds et imaginait déjà les futures baignades qu’ils feraient avec une envie grandissante.

Antoine – Alors, Laura ? dit-il en lui souriant. Qu’est-ce que tu penses de l’océan ?

Laura – C’est magnifique…, souffla-t-elle en tournant la tête vers Antoine. Et c’est immense ! Je n’imaginais certainement pas une étendue d’eau telle que celle-ci, tout est si différent de Paris et du coin que l’on côtoie quand on est au Pensionnat… Je ne savais plus où regarder, quand on marchait pour venir ici, mais j’adore cet endroit.

Laura se tourna ensuite vers Jasper avec son air angélique et suppliant puis lui attrapa le bras à deux mains, tirant légèrement dessus. Ils devaient y aller ! Demain, ou après-demain, ou même ce soir, ou heu… Très vite ! Son frère lui avait bien brièvement décrit l’océan, mais sa description diminuait sérieusement la réalité. Elle mourait d’envie d’aller dans l’eau, de courir dans les vagues, de nager, de se laisser porter par toute cette eau.

Laura – S’il te plaît, tu veux bien qu’on y aille dès que possible pour se baigner tous les trois ? S’il te plaît, s’il te plaît, s’il te plaît ? Après, c’est promis, on pourra même rester au Soleil toute la journée, même s’il fait très chaud, moi, en tout cas, je ne riposterai pas ! Tu veux bien ?

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Au village d'Arès   Dim 5 Juil - 11:21

Ils pouvaient déjà sentir l’air salé de l’océan, dans ce petit village côtier. Et surtout, surtout, surtout, Jasper pouvait sentir la présence assez écrasante de l’océan, même sans le voir. Depuis qu’il avait débuté son « travail », avec le soutien d’Adrien et l’inquiétude démesurée d’Antoine, il avait l’impression d’être encore plus sensible à la présence de masse d’eau aussi importance, surtout une masse en mouvement. C’était comme si son remuait plus fort en lui devant la menace représentée par cette immense et féroce étendue d’eau salée, dans laquelle il pouvait se noyer sans aucune difficulté. L’infirmier du pensionnat l’avait pourtant qu’il risquait d’être de moins en moins à l’aise devant les mers ou océans mais il n’avait pas cru que ce serait à ce point-là. Il marcha un peu plus vite pour ne pas se laisser distancer, redoutant le moment où ils allaient se retrouver juste à côté. L’année dernière, tout avait très bien été, il avait été se baigner souvent avec Antoine et avait même fait un tour avec son grand-père sur leur bateau, mais cette année, cela allait être dur.

Enfin, ils n’étaient pas encore rendus là, Dieu merci ! En arrivant chez Antoine, il déposa sa valise avec soulagement, accrochant sa veste près de celle de la grande sœur d’Antoine, Ophélie. Elle devait être au travail, à cette heure, n’est-ce pas ? Il ne savait plus ce qu’elle faisait, en revanche, Antoine lui avait dit mais il avait oublié. Il s’étira en suivant son meilleur ami dans le jardin, qui entourait la maison. Du sable venait se mêler à l’herbe, emporté par le vent, et tout un coin était réservé à un grand appentis, avec dehors une vieille table de camping et des filets de pêche. Une sorte de débarras pour son père, sans doute. Maxime était bien là, lui, endormi en plein milieu du jardin avec un livre sur la tête. Jaz eut un petit rire en secouant la tête, ayant toujours trouvé incroyable la capacité de ce gamin à plonger dans le sommeil n’importe où en moins de deux minutes. Antoine s’était agenouillé à côté de lui pour le secouer, sans être étonné de le trouver là, lui non plus.

Antoine – Debout, moustique ! On a du monde à la maison !

Son frère geignit en se réveillant mais sauta aussitôt au cou de son grand frère lorsqu’il le vit de retour à la maison. Jaz ouvrit les bras lorsque ce petit bonhomme vint s’y jeter à son tour. Il avait pris au moins cinq ou six centimètres, depuis la dernière fois ! Pourquoi leurs frères et sœurs plus jeunes grandissaient aussi vite, d’abord ? Enfin, au niveau timidité, il n’avait pas changé, il fixait Laura comme si elle venait de sauter dans le jardin depuis la lune. Antoine s’était remis à genoux, mettant son bras autour des épaules de son frère. Allez, Laura n’était pas méchante ! Il allait sûrement bien s’entendre avec elle aussi, il n’y avait pas de raison que ça se passe mal entre eux.

Antoine – C’est Maxime, il a neuf ans. Et voilà Laura, c’est la petite sœur de Jasper. Tu dis bonjour ?

Il répondit à peine puis sauta sur son livre avant de s’enfuir en courant. Bon, pas très grave, une fois qu’il aura passé une heure ou deux à jeter des dizaines de regards à Laura en se cachant dans un coin, il osera l’approcher.

Antoine – Mon père et mon grand-père sont en mer à travailler, à cette heure, dit-il pour Laura, qui ne pouvait pas le savoir. Ma grande sœur travaille aussi, elle reviendra ce soir.

Rentrant dans la maison, Jaz rangea leurs affaires pendant qu’Antoine leur préparait des lits, laissant Laura filer dans la douche. Il avait beau avoir dormir longtemps dans le train, la présence de l’océan lui pesait assez pour qu’il se sente plus fatigué que d’ordinaire. Il y songea en pliant correctement leurs vêtements, un peu froissés à cause du voyage. Il faisait très attention et l’infirmier veillait au grain, selon son poids, son âge, son don de base. Mais il pouvait sentir quelques changements, depuis qu’il avait eu seize ans. C’était encore assez subtil, mais il pouvait le ressentir. C’était normal et tout ce qu’on veut, mais tout de même perturbant. Il devra en parler à madame Morin à la rentrée, pour savoir comment gérer tout ça… Elle devait avoir l’habitude. Enfin, ne pas penser au pensionnat pour le moment, il était en vacances ! Et il voulait en profiter à fond, même s’il n’était pas du tout à l’aise cette année. Il attrapa quelques affaires lorsque Laura sortit de la douche pour s’y fourrer à son tour, se débarrassant de la crasse et la fatigue du voyage. Quand ils furent tous prêts, ils s’assirent dans la chambre d’Antoine, sur un plancher de bois et pas mal de coussins.

Antoine – Alors, Laura ? dit-il en lui souriant. Qu’est-ce que tu penses de l’océan ?

Laura – C’est magnifique…, souffla-t-elle en tournant la tête vers Antoine. Et c’est immense ! Je n’imaginais certainement pas une étendue d’eau telle que celle-ci, tout est si différent de Paris et du coin que l’on côtoie quand on est au Pensionnat… Je ne savais plus où regarder, quand on marchait pour venir ici, mais j’adore cet endroit.

Magnifique, magnifique… Elle revint tout à coup s’asseoir avec eux et lui attrapa le bras avec un air suppliant. Heu, oui, qu’est-ce qu’il avait fait ou dit ? Quand elle avait cette mine-là, c’était toujours lorsqu’elle voulait quémander quelque chose, elle avait pris cette habitude toute petite et ça ne l’avait plus lâché depuis.

Laura – S’il te plaît, tu veux bien qu’on y aille dès que possible pour se baigner tous les trois ? S’il te plaît, s’il te plaît, s’il te plaît ? Après, c’est promis, on pourra même rester au Soleil toute la journée, même s’il fait très chaud, moi, en tout cas, je ne riposterai pas ! Tu veux bien ?

Jasper – Mais t’as pas besoin de mon avis pour aller te baigner, moustique, dit-il en l’attrapant par la taille sans crier gare pour la ceinturer.

Il la serra dans ses bras en l’embrassant sur le sommet du crâne, les yeux fermés. Elle grandissait trop vite, elle aussi, elle commençait à perdre sa petite bouille d’enfance pour prendre un visage plus fin et plus féminin. Il rouvrit les yeux, croisant le regard d’Antoine, qui devait partager ses pensées. Ils voulaient laisser Laura partager plus de choses, mais tous les deux gardaient tout de même une certaine peur pour elle. Mais il ne voulait plus la laisser à l’écart, d’un, c’était trop dangereux, de deux, il préférait qu’elle ait elle aussi un certain suivi, si elle acceptait de participer. Elle avait grandi, elle grandissait encore, mais il tenait à continuer de veiller sur elle. Elle s’écarta un peu, dans ses bras, relevant la tête.

Laura – T'as oublié une partie de ma demande. Tous les trois, j'ai dit. Même si ce n'est pas longtemps !

Il fit la moue, pas du tout emballé à l’idée d’aller se jeter là-dedans. Il détestait ça ! Ok, ça le touchait beaucoup moins avant, mais aujourd’hui, il avait du ml, ce n’était pas sa faute. Enfin, techniquement si, c’était lui qui avait choisi de faire ça pour aider Adrien comme il le pouvait, mais bon, pour les conséquences, il ne pouvait pas faire grand-chose.

Jasper – J’irai peut-être un peu, finit-il par marmonner. Mais pas longtemps, j’ai horreur d’être près d’autant d’eau, vous pouvez vous amuser tous les deux même si je reste sur la plage.

Il la relâcha enfin, remettant un des gros coussins en place pour s’asseoir dessus. Il savait nager, bien évidemment, mais ce malaise qui ne le lâchait plus lui donnait peur de perdre ses moyens et de finalement ne plus pouvoir s’en sortir.

Jasper – T’as déjà prévu un programme pour les vacances, Antoine, ou on improvise ? Je partirais sans doute un jour ou deux pour… Enfin, je te préviendrai avant.

Il rougit un peu, avec un sourire gêné.

Jasper – Et ton petit frère ? Il a développé un don, lui aussi ?

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MessageSujet: Re: Au village d'Arès   Jeu 9 Juil - 11:13

– C’est magnifique…, souffla-t-elle en tournant la tête vers Antoine. Et c’est immense ! Je n’imaginais certainement pas une étendue d’eau telle que celle-ci, tout est si différent de Paris et du coin que l’on côtoie quand on est au Pensionnat… Je ne savais plus où regarder, quand on marchait pour venir ici, mais j’adore cet endroit.

Il lui fit un très large sourire, alors qu’elle sautait sur son frère pour s’accrocher à son bras. Bien sûr que c’était magnifique ! Il avait beau être né ici, dans cette maison, il était toujours ébloui par la beauté et la force de l’océan. Son don semblait remuer avec plus de force quand ils s’en approchaient ! Il aimait profondément cet endroit, ce qui ne devait plus vraiment être le cas de Jasper, qui semblait nettement moins à l’aise que l’année dernière. Les dons pouvaient parfois être gênants… Ceux qui maniaient l’élément feu avaient tendance à vivre dans le Sud, dans les pays plus chauds ou les régions avec un climat clément. Avec ses seize ans révolus, plus ce qu’il faisait pour le pensionnat, une telle masse d’eau à proximité devait le rendre à moitié malade. Antoine lui lança un regard compatissant, derrière sa petite sœur, sachant que ça ne devait pas être simple pour lui. Déjà qu’il était mal à l’aise quand il pleuvait, alors être à côté d’une telle masse d’eau en mouvement…

– S’il te plaît, tu veux bien qu’on y aille dès que possible pour se baigner tous les trois ? S’il te plaît, s’il te plaît, s’il te plaît ? Après, c’est promis, on pourra même rester au Soleil toute la journée, même s’il fait très chaud, moi, en tout cas, je ne riposterai pas ! Tu veux bien ?

Il mit une main sur s abouche pour dissimuler son sourire, trouvant cela incroyablement mignon. Laura agissait exactement comme Maxime lorsqu’elle voulait quelque chose ! Enfin, ne rien dire, il avait lui-même fait ça bien des fois avec Ophélie, quand il était enfant. Privilège d’être l’aîné, comme on dit, vous récoltiez toutes les demandes suppliantes des frères ou des sœurs.

– Mais t’as pas besoin de mon avis pour aller te baigner, moustique, dit-il en l’attrapant par la taille sans crier gare pour la ceinturer.

Laura était encore jeune, oui, mais plus une enfant… Il ferait d’en profiter tant qu’il pouvait encore comme cela avec elle. Il croisa son regard, avec un maigre sourire. Qu’il en profite, oui, qu’il profite que sa petite sœur ait encore une certaine part d’innocence. Ce sera fini bien plus vite que prévu. Il al couva d’un regard tendre, content qu’elle soit là cette année, pour les dernières vacances d’été où ils pouvaient se permettre d’être des jeunes gens sans d’autres soucis que de prévoir les activités de la journée. Il s’assit plus confortablement sur des gros coussins qu’il gardait dans sa chambre, des poufs multicolores qu’il avait récupérés dans un vide-grenier et il aimait se fourrer pour lire tranquillement. Il était un « rat de bibliothèque », après tout ! Un mur tout entier de sa chambre, du côté de son lit, était recouvert par des dizaines de romans. Il pouvait passer des heures à lire, aimant autant ça que nager.

– T'as oublié une partie de ma demande. Tous les trois, j'ai dit. Même si ce n'est pas longtemps !

– J’irai peut-être un peu, finit-il par marmonner. Mais pas longtemps, j’ai horreur d’être près d’autant d’eau, vous pouvez vous amuser tous les deux même si je reste sur la plage.

Huum, Antoine était presque certain qu’il serait déjà moins réticent à rentrer dans l’océan s’il avait une bonne raison, par exemple une silhouette bien familière en maillot de bain qui lui tendrait la main pour l’inviter à le rejoindre. Dommage qu’elle soit au Japon, pour l’instant, si elle était là, Jaz n’hésiterait pas comme ça à aller se baigner ! Et lui-même aurait ainsi tout loisir de s’occuper de Laura sans aucun regard indiscret. Elle savait plonger ? Il pouvait lui prêter des lunettes de natation et lui apprendre, sinon. Ce n’était pas très difficile et comme elle possédait l’eau, elle sera naturellement à l’aise dans l’océan.

– T’as déjà prévu un programme pour les vacances, Antoine, ou on improvise ? Je partirais sans doute un jour ou deux pour… Enfin, je te préviendrai avant.

Pour ? Pour travailler, c’est ça ? Ou pour rejoindre la silhouette familière à laquelle il pensait toute à l’heure ? Pas besoin de rougir comme ça ! Laura et Antoine savaient très bien qu’il flirtait avec la jeune fille, ce n’était un secret pour personne.

– Et ton petit frère ? Il a développé un don, lui aussi ?

– Ouais, le vent, dit-il en appuyant sa tête contre le lit derrière lui. On l’a découvert l’année dernière, il était sur le bateau de papa et il a eu peur, à un moment, de je ne sais quoi. Aussitôt après, une brusque poussée de vent a envoyé le bateau vers le port. Il a mis quatre jours avant d’oser sortir de sa chambre.

Il eut un rire attendri en repensant à cet épisode, son petit frère terrorisé d’avoir « fait du mal à la nature et au bateau de papa ». Leurs parents avaient dû déployer des trésors de patience pour lui expliquer ce qu’il avait fait, lui dire que ce n’était pas grave, bien au contraire, et qu’il n’avait fait aucun mal à qui que ce soit. Il redressa la tête, lançant un clin d’œil à Laura.

– Il est timide avec les étrangers, donc t’en fais pas ! Dans peu de temps, il te sautera dessus à l’improviste pour te dire bonjour, il fait toujours comme ça. En attendant, on va se baigner ?

Il se leva puis leur dit de prendre leurs affaires, qu’ils avaient encore le temps avant le repas du soir. Il y avait une petite crique, non loin du port, où il avait l’habitude d’aller. Ils allaient sortir quand Maxime arriva au bord de l’escalier et demanda d’une voix timide s’il pouvait venir aussi. Antoine hocha la tête et courut prendre ses affaires avant de venir s’accrocher à sa main, juste au moment où il allait saisir celle de Laura. Ah, bah, désolé, il devait rassurer son frère d’abord. La chaleur n’était pas encore retombée, lorsqu’ils ressortirent, marchant vers la crique. Il n’y avait qu’un couple, des touristes, qui lisaient sur leurs serviettes et une jeune mère du village, qui habitait non, loin, en train de faire tremper les pieds à ses deux jeunes enfants de trois et deux ans. Elle les salua en hochant la tête, concentrée sur ses petits.

– Laura, tu sais faire la course ? la défia-t-il avec amusement en lui montrant un rocher dépassant des vagues, à six ou sept mètres. Jusque là-bas puis revenir ?
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Au village d'Arès   Lun 20 Juil - 13:54

Jasper – Mais t’as pas besoin de mon avis pour aller te baigner, moustique, dit-il en l’attrapant par la taille sans crier gare pour la ceinturer.

Laura fit la moue alors que son frère la serrait dans ses bras et l’embrassait sur le front. Elle savait bien qu’elle n’avait pas besoin de son avis pour se baigner, mais il essayait de l’avoir, là. Il avait complètement oublié la dernière partie de sa demande ! Elle savait qu’il n’aimait pas l’eau, mais il pouvait faire un effort, non ? Même tremper les pieds, jouer avec eux… Eux iraient sur le bord pour ne pas l’obliger à aller à l’intérieur s’il en était vraiment incapable, mais elle voulait vraiment passer ce moment avec lui aussi. Tous les trois, pour oublier le Pensionnat et profiter tant qu’ils le pouvaient encore. Laura tourna la tête de gauche à droite d’un air déterminé en levant la tête vers son frère.

Laura – T'as oublié une partie de ma demande. Tous les trois, j'ai dit. Même si ce n'est pas longtemps !

Jasper fit la moue à son tour, apparemment mal à l’aise. Oui, elle profitait sans remords de son statut de petite sœur, et alors ? Lui trichait bien en permanence lorsqu’il pouvait trancher avec son statut de grand frère, alors elle pouvait en profiter. Surtout qu’il lui avait caché ce qui s’était passé à sa naissance, et ça, Laura ne pouvait l’ignorer. Il aurait dû lui en parler ! Elle aurait compris et aurait essayé de le rassurer, n’aurait pas cherché à se mettre en danger à ce point-là. Mais bon, il n’avait pas parlé et ne comptait, visiblement, pas le faire, donc elle-même se vengerait cet été « sans faire exprès ».

Jasper – J’irai peut-être un peu, finit-il par marmonner. Mais pas longtemps, j’ai horreur d’être près d’autant d’eau, vous pouvez vous amuser tous les deux même si je reste sur la plage.

C’est ça… Et le laisser tout seul alors qu’il était là pour s’amuser aussi ? Ils pouvaient peut-être inviter Adeline, non ? D’accord, Laura se méfiait toujours un peu d’elle, mais Antoine l’avait convaincu, lui avait assuré que son frère savait ce qu’il faisait et que les Guetteurs n’étaient pas tous mauvais. Elle avait envie de le croire, vraiment, mais elle attendait des preuves, des gestes… Quelque chose pour en avoir le cœur net. Inviter Adeline à passer ici serait un bon moyen, non ? Même si ce n’est qu’une journée, ils la verraient hors du Pensionnat, naturelle, et pourraient aussi voir comment elle se comportait avec Jasper. Laura lança un regard à Antoine en se réinstallant correctement sur les coussins à côté de son frère, jambes croisées. Il fallait qu’elle trouve un moment pour le lui proposer, lui demander si c’était possible aussi.

Jasper – T’as déjà prévu un programme pour les vacances, Antoine, ou on improvise ? Je partirais sans doute un jour ou deux pour… Enfin, je te préviendrai avant.

Laura sourit discrètement en voyant son frère rougir. Oui, c’était une bonne idée, ils devaient absolument l’inviter. Puis, si ça lui permettait de traîner son frère dans l’eau et de passer plus de temps avec Antoine sans avoir peur de le laisser Jasper de côté ou de recevoir des regards du genre « pas touche »… La collégienne se jura intérieurement d’en parler à Antoine dès qu’ils auraient cinq minutes seuls. Pendant la douche de son frère, par exemple, ou quand lui traînerait un peu plus en marchant ou heu… Peu importe, les occasions seraient nombreuses, elle en était persuadée.

Jasper – Et ton petit frère ? Il a développé un don, lui aussi ?

Antoine – Ouais, le vent, dit-il en appuyant sa tête contre le lit derrière lui. On l’a découvert l’année dernière, il était sur le bateau de papa et il a eu peur, à un moment, de je ne sais quoi. Aussitôt après, une brusque poussée de vent a envoyé le bateau vers le port. Il a mis quatre jours avant d’oser sortir de sa chambre.

Laura éclata légèrement de rire en même temps qu’Antoine, imaginant très bien la scène. Elle-même n’avait pas eu peur lorsqu’elle avait découvert son don, loin de là, elle l’avait tant espéré… Bon, voir qu’elle avait développé l’eau et pas le feu comme son frère l’avait déstabilisée, mais elle avait été si heureuse ! Finies les longues journées de cours toute seule, elle le rejoignait ! Leurs parents, par contre, n’avait pas été aussi compréhensifs que ceux d’Antoine… Au contraire de Maxime, elle s’était enfuie de chez elle presque tous les jours lorsque son frère était au Pensionnat, voulant le rejoindre, étant insupportable à la maison. Mais Maxime et Antoine avaient des parents en or qui les aimaient et les soutenaient. Au moins, ils ne risquaient rien de ce côté-là, c’était rassurant. Laura s’appuya sur ses mains, tendues derrière elle, alors qu’Antoine lui faisait un clin d’œil.

Antoine – Il est timide avec les étrangers, donc t’en fais pas ! Dans peu de temps, il te sautera dessus à l’improviste pour te dire bonjour, il fait toujours comme ça. En attendant, on va se baigner ?

Excellente idée ! Laura hocha la tête d’un air enthousiaste et sauta sur ses pieds en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, tirant son frère par les bras pour le pousser à se mettre debout. Elle fila prendre ses affaires dans la chambre d’Ophélie, les ayant laissées à portée de main, puis retrouva Jasper et Antoine au bas des escaliers. Ils s’apprêtaient à sortir lorsque Maxime demanda d’une voix timide s’il pouvait venir avec eux. Oooh ! Il était adorable. Timide, peut-être, mais adorable. Il attrapa directement la main de son frère et Laura rassura Antoine d’un regard, ce n’était rien. Ils étaient quand même ensemble et Jasper ne serait pas isolé, comme cela. Elle lui attrapa d’ailleurs la main, affichant un air angélique pour l’empêcher de faire demi-tour. Une petite baignade, il le tolérait, hein ?

Ils marchèrent tous les quatre, Laura regardant partout, ouvrant les yeux pour découvrir cet endroit, retenir un maximum d’éléments. C’était si différent de Paris ! Depuis qu’ils étaient arrivés, elle s’amusait à comparer les deux et avait vite abandonné en constatant que ce petit village était impossible à comparer à sa ville natale. C’était tellement mieux ici ! Les gens semblaient plus accueillants, plus souriants, puis il y avait l’océan pas loin. La chaleur était toujours présente, mais pas pesante, et Laura sautillait presque en marchant, retenue par la main de son frère. Elle savait qu’elle devait se modérer, mais être si loin de Paris, avec son frère, loin de leurs parents, lui faisait un bien fou. Elle avait même l’impression que l’air était différent, plus pur, moins lourd. Ce n’était peut-être pas qu’une impression, d’ailleurs. Entre le couple de touristes et la jeune femme avec deux enfants qui leur souriait, tout semblait bien plus léger ici. Et puis, la crique elle-même était magnifique…

Antoine – Laura, tu sais faire la course ? la défia-t-il avec amusement en lui montrant un rocher dépassant des vagues, à six ou sept mètres. Jusque là-bas puis revenir ?

Laura – Ca marche ! dit-elle après avoir regardé le rocher au loin. Attends.

Laura lâcha la main de Jasper et ôta ses vêtements, restant en maillot qu’elle avait enfilé avant de partir. Un maillot noir qui soulignait sa poitrine naissante, mais elle s’était habituée à cette vue lors des cours de natation au Pensionnat, et descendait jusqu’au haut de ses cuisses en une espèce de short très court. Maillot classique, même si elle aurait préféré une autre couleur, mais soit. Elle laissa ses affaires là et fonça aussitôt en direction du gros rocher, arrivant assez vite dans l’eau en riant. N’importe qui l’aurait trouvée trop froide, mais pour Laura, cela lui était égal, c’était la première fois qu’elle mettait les pieds dans l’océan et cette seule pensée ôta tout frisson. Elle était arrivée avant Antoine dans l’eau mais lui l’avait dépassée en plongeant, étant bien plus habitué à l’océan qu’elle.

Mais la collégienne n’avait pas dit son dernier mot ! Battant des bras et des pieds, Laura fut surprise par une vague, bien plus légère que son adversaire, et dévia complètement au bout de quelques brasses. Elle s’arrêta en regardant Antoine qui se rapprochait de plus en plus du rocher, qui pouvait même presque le toucher de la main. Sans plus attendre, elle se remit dans la bonne direction, perdant de précieuses secondes, mais ne parvint à rejoindre le rocher que bien après son petit ami qui était déjà trois mètres plus loin. Et ils étaient dans une crique… ? D’après ce que Laura avait lu en rêvant aux vacances, le courant et les vagues étaient moins fortes dans les criques. Heureusement qu’Antoine ne lui avait pas proposé de course ailleurs pour la première fois…

Evidemment, Laura atteignit la plage et rejoignit son frère et Maxime bien après Antoine, épuisée. Elle se laissa tomber sur le sable, s’y allongeant de tout son long sur le dos, soufflant pour reprendre sa respiration. Son cœur battait très fort contre sa poitrine et elle avait du mal à croire que l’océan était si calme maintenant qu’elle le regardait de loin. Il y avait des vagues, oui, mais elle avait été complètement déviée ! Et bien trop lente, alors qu’elle se débrouillait en sports à l’école, elle avait même de très bonnes notes. Sans doute la brasse n’avait-elle pas été la meilleure des techniques, mais Laura était rapide avec cette nage à l’école et… Voilà. Résultat des courses, elle s’était lamentablement fait rétamer par Antoine. Elle leva son pouce vers lui avec un grand sourire en le regardant, toujours allongée.

Laura – Bravo ! Mais tu aurais dû me dire que c’était… comme ça. Je me suis retrouvée complètement à côté de la bonne trajectoire !

Laura se redressa pour attraper sa serviette et se sécher énergiquement les cheveux, au moins un peu, sans se lever. Elle lança ensuite à regard à son frère, faisant la moue. C’était dommage qu’il ne puisse pas faire ça… Il avait sûrement déjà battu son meilleur ami ici, non ? Et puis, refuser de nager comme cela… Si Adeline était là, il s’amuserait vraiment, même au bord de l’océan ! Laura tourna la tête vers Antoine avec son air suppliant, sachant qu’il devait d’abord accepter.

Laura – Est-ce que tu penses qu’Adeline pourrait venir ici un jour au moins ? Ca te dérangerait si on l’invitait, quand elle sera revenue du Japon ?

Antoine – Elle est déjà invitée, tu sais, j'ai laissé une lettre ce matin, chez elle, dit-il en faisant un clin d'œil.

… Il l’avait fait ? Vraiment ? Laura lui sauta au cou en l’embrassant sur la joue, un franc sourire aux lèvres. Il était génial ! Avec ça, aucune chance que Jasper ne refuse d’aller dans l’eau avec eux. Il serait bien trop occupé avec Adeline et elle-même le pousserait sûrement à les accompagner. Ils étaient là pour s’amuser, après tout, alors ils devaient en profiter ! Elle voulait vraiment essayer d’apprendre à la connaître si Antoine ne se méfiait pas. Elle lui faisait confiance et savait qu’il était réfléchi, qu’il avait un point de vue extérieur à tout cela. Jasper changeait, oui, elle le voyait bien, mais son meilleur ami était le mieux placé pour en juger. Avec l’air innocent du collégien de sixième arrivé depuis un jour au Pensionnat après avoir fait une immense connerie, Laura tourna la tête vers son frère sans bouger des bras d’Antoine, Maxime étant à côté de Jasper.

Laura – Jaz, tu seras obligé de me venger si elle vient ! Tu te débrouilles sûrement mieux que moi à la course, tu viens ici depuis des années. Et on ira dans l’eau tous ensemble, je suis sûre que tu accepteras avec elle. Tu veux bien ? Et tu veux bien m’apprendre ce que tu as appris pour aller plus vite ? Et tu ne nous en veux pas ? On veut vraiment que tu t’amuses ! Tu n’as pas besoin d’aller t’exiler à Gray pour la voir, on pourra même vous laisser seuls !

Technique « poser mille questions pour se faire pardonner et avoir ce qu’elle veut » enclenchée. Oui, peut-être que c’était bas, mais la collégienne voulait que son frère se détende et passe de bonnes vacances.

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Au village d'Arès   Mar 11 Aoû - 22:01

Antoine – Ouais, le vent, dit-il en appuyant sa tête contre le lit derrière lui. On l’a découvert l’année dernière, il était sur le bateau de papa et il a eu peur, à un moment, de je ne sais quoi. Aussitôt après, une brusque poussée de vent a envoyé le bateau vers le port. Il a mis quatre jours avant d’oser sortir de sa chambre.

Oh, ils ne devraient pas rire, franchement ! Il avait dû être terrorisé, le pauvre, même avec un frère plus âgé possédant déjà un élément. Jaz les regarda un instant, se laissant aller comme il le pouvait, repensant au propre jour où il avait découvert son élément. Il n’avait jamais dû le raconter à Laura, ça… Ce fut l’un des rares jours où son père s’était véritablement comporté comme un père. Il lui avait tout expliqué, rassuré, lui avait dit ce qui allait arriver maintenant, l’avait prévenu que son don allait évoluer encore dès qu’il aura entre quatorze et seize ans. A l’époque, Jasper avait juste sept ans, ou huit ans, il ne savait plus. C’était normal d’avoir peur et il ne voyait strictement rien de drôle dans ce genre de situation. Enfin, soit, la boucler. Il était bien plus irritable cette année qu’auparavant, à proximité de l’océan, il devait garder son calme. Il prit une petite inspiration pour se reprendre, les yeux dans le vague.

Antoine – Il est timide avec les étrangers, donc t’en fais pas ! Dans peu de temps, il te sautera dessus à l’improviste pour te dire bonjour, il fait toujours comme ça. En attendant, on va se baigner ?

Hein … ? Lui aussi ? Il ouvrait la bouche pour demander lorsque Laura lui attrapa la main et que son meilleur ami lui jeta un long regard explicite. Roh, ça va, ça va… Il venait aussi, compris. Il se leva avec un long soupir puis récupéra ses affaires, repoussant en arrière ses mèches qui lui tombaient devant les yeux. Un rendez-vous chez le coiffeur pourrait être une bonne idée, à ce stade. Descendant les escaliers, il dit à la mère d’Antoine où ils allaient lorsqu’elle passa dans le hall, pendant que son plus jeune fils courait pour venir avec eux. Il sortit au moment où Laura lui attrapa la main, semblant toute excitée. Il faillit lui lâcher qu'elle pouvait aussi marcher toute seule, ce n'était plus une gamine, mais il se contint. Du caaalme ! Elle n'avait rien fait, c'était lui qui était... Enfin peu importe. En tout cas, pas la peine d'agresser comme ça sa petite sœur, ça ne se faisait pas, surtout le premier jour des vacances. Il se contenta de dire au revoir à la mère d'Antoine d'un geste de la main puis suivit le groupe, sentant déjà l'océan bien trop proche de lui.

Ils se rendirent dans une petite crique, où Jaz était souvent venu pique-niquer avec Antoine et parfois d'autres garçons du village. Il y avait très peu de monde, logique à cette heure, mais l'océan... Il laissa tomber son sac dans le sable, près de quelques serviettes, alors que le frère d'Antoine s'affairait déjà à jouer avec et essayer de construire des châteaux. Il ne faisait pas froid mais Jaz ne pouvait s'empêcher de frissonner. Trop d'eau, trop proche, trop... Il se laissa tomber dans le sable, enlevant ses chaussures, à l'extrême opposé de Laura et Antoine qui étaient en extase. L'année dernière, il avait bien nagé, pourtant, mais beaucoup de choses avaient évolué, en un an. Parfois, il aurait aimé redevenir un enfant. Il posa les affaires de Laura à l'abri aussi, persuadé qu'il lui faudra moins d'une minute, chronomètre en moins, pour la voir foncer dans les vagues. Pas de risque qu'elle se noie, au moins, pas avec son don ni Antoine dans le coin.

Antoine – Laura, tu sais faire la course ? la défia-t-il avec amusement en lui montrant un rocher dépassant des vagues, à six ou sept mètres. Jusque là-bas puis revenir ?

Laura – Ça marche ! dit-elle après avoir regardé le rocher au loin. Attends.

Gagné. Il eut un maigre sourire en la regardant se mettre à toute vitesse en maillot avant de foncer dans l'eau avec Antoine. Pendant qu'ils s'amusaient, il regarda les nuages qui défilaient dans le ciel, le jour baissant déjà. Il repensait aux derniers mois qui s'étaient écoulé, ce qui allait arriver ensuite. Lors de sa dernière visite à l'infirmerie, Adrien n'avait pas été très rassurant. Jaz venait de tout lui décrire, pour les derniers tests, et l'infirmier avait passé presque un quart d'heure à fixer ses notes en marmonnant, très pâle. Il lui avait fait arrêter un traitement, qu'il suivait depuis presque trois mois, car ça devenait trop risqué. Selon le médecin, cela pouvait dénaturer profondément un don. Mais les conséquences exactes ? Jasper rebaissa la tête, regardant sans les voir Laura et Antoine qui nageaient. Les conséquences... Il plongea une main dans le sable, creusant puis remontant, les particules glissant entre ses doigts. Adrien avait paru très inquiet, ce qui était inquiétant en soi. Briser le professionnalisme de cet homme était presque impossible.

Restait à savoir comment il pouvait aborder le sujet avec Laura sans qu'elle ne sombre dans une crise de panique, de peur ou il ne savait quoi. Il ignorait totalement comment lui dire "Tu sais, ça fait des mois que je mets ma santé et mon don en danger pour obtenir des informations". Il la préviendra de ce qu'ils avaient découverts avant le mois de septembre, oui, mais il fallait avoir du tact. Il fit un effort pour revenir au monde réel lorsqu'Antoine revint sur la plage, suivi bien après par Laura. Ils s'allongèrent sur le sable, fatigués mais la mine réjouie. Il se sentit soudain de trop, à voir leur complicité, voir qu'ils s'amusaient très bien alors que lui faisait la tête. Il devrait peut-être filer en douce pour les laisser seuls, non ? Ils pouvaient en profiter, ils étaient ensemble, c'était les vacances et ils avaient des passions communes. Jaz aurait mieux fait de rester à Paris, cette année, et les laisser tous les deux venir ici.

Laura – Bravo ! Mais tu aurais dû me dire que c’était… comme ça. Je me suis retrouvée complètement à côté de la bonne trajectoire !

Normal, elle n'avait jamais nagé dans l'océan, ça surprenait, la première fois. Il étendit les jambes et s'appuya sur ses mains dans le sable, faisant un effort pour se détendre un peu. Tout l'agaçait, il ne pouvait pas s'en empêcher. L'eau trop proche, les petits cris de Maxime, même sa sœur l'énervait.

Laura – Est-ce que tu penses qu’Adeline pourrait venir ici un jour au moins ? Ca te dérangerait si on l’invitait, quand elle sera revenue du Japon ?

Antoine – Elle est déjà invitée, tu sais, j'ai laissé une lettre ce matin, chez elle, dit-il en faisant un clin d'œil.

Pourquoi il avait fait ça... ? Jasper fronça légèrement les sourcils en lui jetant un regard soupçonneux. Ils avait très bien que lui et Laura se méfiaient d'Adeline depuis le début, parce qu'elle s'était engagée dès le début chez les Guetteurs, qu'elle vivait à la caserne. S'il voulait juste lui faire comprendre qu'elle ne pouvait pas s'intégrer avec "d'autres personnes" ou il ne savait quoi du même genre, ce serait mesquin. Et si Antoine ou Laura s'amusaient à l'attaquer sur le fait qu'elle aime le groupe de l'armée et y ait des amis ? Ou l'agresser à cause de leur peur idiote que Jasper entre lui-même dans l'armée, alors qu'ils savaient tous les deux que ça n'arrivera pas ? Sa petite sœur sauta tout à coup sur son petit ami pour l'embrasser alors qu'il détournait la tête.

Laura – Jaz, tu seras obligé de me venger si elle vient ! Tu te débrouilles sûrement mieux que moi à la course, tu viens ici depuis des années. Et on ira dans l’eau tous ensemble, je suis sûre que tu accepteras avec elle. Tu veux bien ? Et tu veux bien m’apprendre ce que tu as appris pour aller plus vite ? Et tu ne nous en veux pas ? On veut vraiment que tu t’amuses ! Tu n’as pas besoin d’aller t’exiler à Gray pour la voir, on pourra même vous laisser seuls !

Il ouvrit la bouche, prêt à la renvoyer balader avec mauvaise humeur, puis se retint de justesse en songeant à Maxime, qui jouait à côté en tout innocence. Il ravala sa salive, lèvres pincées, puis réussit à marmonner, dans un suprême effort de volonté, qu'il ne savait pas nager aussi vite qu'Antoine et qu'il n'avait pas l'intention de se baigner. Il allait rajouter qu'il aurait mieux de rester chez leurs parents, à Paris, mais ne dit rien.

Jasper – Mais allez dans l'eau, vous, je ne vous en empêche pas.

Il se rallongea, observant le ciel et les laissant se câliner et s'embrasser. Juste... Pas envie de discuter ce soir, ça ira mieux demain. Il ferma son esprit au son de l'océan et à toute le reste, tâchant de rester serein.

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