1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Arrivée au village !

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Olivia de Lizeux
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MessageSujet: Arrivée au village !   Lun 25 Aoû - 18:29

Olivia était gelée, malgré le temps plus clément de ce mois d'Avril. Il faut dire à sa décharge qu'elle en portait qu'une petite veste sur elle, un truc qu'on porte à l'intérieur quand on a trop froid, mais certainement pas pour sortir. Elle serra les dents, marchant un peu plus vite pour ne pas refroidir. Et insulta copieusement son père dans le silence glacé de ce chemin de campagne, complètement seule. Abruti, imbécile, con** ! Et encore, elle restait polie ! Il était encore loin, ce village ? Elle serra les poings dans ses poches, son sac sur le dos. Elle était bientôt arrivée, patience. Elle sortit la photo de sa tante qu'elle avait emportée avec elle, la regardant avec un petit soupir. Physiquement, elle lui ressemblait beaucoup, s'en était même troublant. La forme du visage, la couleur des cheveux et des yeux... Voilà longtemps qu'elle ne l'avait plus vue. Rangeant la photo, elle entendit une voiture et brandit aussitôt le pouce. Mais l'autre fila sans même ralentir. Abruti !

Soupirant, elle accéléra l'allure, tournant dans un chemin, et fut instantanément soulagée en voyant au loin le clocher du village. Hourra, elle ne s'était même pas perdue ! Elle s'engagea dans une autre route, fatiguée mais contente d'arriver à destination. Il faudra qu'elle trouve une cabine téléphonique pour appeler ses grands-parents et les rassurer. Quand à ses parents, ils croyaient sûrement à une énième fugue, quelque part dans Paris. Elle leur adressa un bras d'honneur mental, poursuivant sa route. Le village se rapprochait, et elle atteignit bientôt les premières habitations. Le soleil avait même fait son grand retour. Elle s'assit sur un muret à moitié démolie, reprenant son souffle.

- Perdue, mademoiselle ? demanda une petite grand-mère en passant avec un panier de course.

Elle releva la tête puis répondit que non, tout allait bien, merci beaucoup. Elle se reposa un moment, reprenant son souffle, puis se remit en route. Elle prit les rues au hasard, tâchant de se repérer, et de trouver une cabine téléphonique. Les cloches de l'Eglise sonnèrent soudain à la volée, il devait y avoir un mariage, ce matin. Se retrouvant dans le parc, elle s'assit de nouveau, levant le nez vers le soleil. Puis aperçut tout à coup une fille assez jeune qui boitait et se tenait à un arbre. Elle s'approcha, la regardant avec douceur. Elle en voulait pas l'effrayer, ayant déjà une drôle d'allure. Aucune fille ne s'amusait à porter des pantalons, dans le coin, elle l'avait déjà remarqué.

- Eh, ça va pas ?

Elle était vraiment petite, et pas très grosse. Aussi brune qu'Olivia était blonde, avec des yeux foncés, et un petit nez retroussé. Mignooonne ! Mais alors qu'elle essayait de paraître rassurante, la petite sursauta en l'entendant, et se cassa la figure. Et bah bravo, voilà qui était fait ! Olivia posa son sac par terre et s'agenouilla à côté d'elle, essayant de voir si elle avait un truc de cassé. La petite redressa la tête, marquant une petite pause en la voyant. Bah quoi, elle était si mal coiffée ? Elle finit par indiquer sa cheville, avec une petite moue craquante à souhait.

- Je me suis blessée, je crois... Je voulais rentrer au Pensionnat, mais heu, avec ma cheville...

Donc c'était une élève du Pensionnat, parfait ! Olivia devait s'y rendre, et autant accompagner une élève. Elle se pencha, pour regarder si c'était cassé, mais ce devait simplement tordu, ou bien enflé. Elle allait avoir un hématome. Bon, pour commencer, ne pas la laisser par terre. Elle la releva souplement, avec énergie, puis la porta jusqu'au banc le plus proche, la posant avec douceur.

- Et bien, je vais te raccompagner, je dois m'y rendre aussi ! Je m'appelle Olivia. Et toi ?

Cette fille la faisait fondre, elle était hyper craquante, avec sa petite bouille toute mignonne. Et Olivia adorait les enfants. Elle resta près d'elle, cherchant en même temps une solution pour la ramener sans lui faire trop mal. Elle devrait trouver une autre personne pour l'aider à transporter la petite, ce ne serait pas plus mal. Enfin, quelque chose, elle ne voulait pas trop la secouer en l'emmenant là-haut. La fillette se trémoussa sur le banc, avec un immense sourire, et Olivia retint un "Ooooooooooh" avec plein de cœurs derrière.

- C'est vrai ? Tu ferais ça ? Vraiment ? Oh, merci, merci, merci ! Je me voyais mal sautiller jusqu'au Pensionnat... Je m'appelle Laura, Laura Karinof ! Tu es une nouvelle élève ? Tu vas entrer en quelle année ? Et tu n'arrives que maintenant ? Il n'y a personne, ils sont tous au mariage de la prof' de maths, avec l'infirmier...

Olivia sourit face à ce déluge de questions, secouant légèrement la tête. Elle leva les mains pour la freiner un petit peu, remettant ses idées dans l'ordre.

- Je ne suis pas encore élève... Je viens juste d'arriver à Gray, je suis venue en stop ! Et là pour demander à m'inscrire, vois-tu. Mais il n'y a vraiment personne au pensionnat aujourd'hui ?

Ce détail allait être... un peu ennuyeux. Olivia espérait qu'il y avait des hôtels, ou au moins un, à Gray, car elle ignorait où dormir. Il faisait trop froid pour rester à découvert, dehors, et demander l'hospitalité à son âge la conduirait directement chez les flics. Autrement, elle pouvait se réfugier à l'église et se planquer dans un coin pour dormir. Oui, c'était une idée, ça ! Laura fit une petite moue, comme si elle réfléchissait.

- Non... Enfin, les élèves sont là. Mais les profs et toutes les grandes personnes sont au mariage, sauf une ou deux pour nous surveiller, comme si on allait faire des bêtises...

Bon, et bien, l'église sera parfaite, allons-nous dire ! Elle n'était plus à ça près, et ne tenait pas absolument à son petit confort personnel, ayant déjà dormi dans la rue. Laura la regardait, et Olivia lui sourit.

- Pourquoi venir en stop ? Mon grand frère m'a toujours dit que c'était dangereux, et qu'il m'étriperait s'il apprenait que je faisais ça un jour... Un peu comme la directrice quand elle a déclenché un gros orage dans le ciel, pendant la nuit. Oh, elle est très gentille, juste un peu... heu... emportée.

Nooon, si peu ! Olivia sourit de plus belle, agenouillée près du banc, les mains sur ses genoux. Elle était toute mimi, et Olivia avait vraiment envie de l'aider. C'était si adorable quand les petits vous noyaient avec plein de question, avec des petits yeux en étoile. Et oui, le stop, c'était dangereux, mais le moyen de faire autrement ? Et puis, Olivia était capable de se débrouiller, pour elle, tous lescmoyens sont bons !

- Oui, je la connais... Et je suis venue en stop car je n'avais pas le choix, je n'ai pas mon permis.

Laura lui attrapa tout à coup les mains, comme si Olivia venait de révéler le plus grand secret du siècle, sautillant toujours. Gyaaah, trop adorable ! Elle avait complètement fondu, attrapez une serpillière !

- Tu la connais ? Donc t'es vraiment de sa famille, c'est vrai ? J'en étais sûre, tu sais ! Tu lui ressembles beaucoup, même dans ta voix. C'est ma tante, elle s'est mariée avec mon oncle. Mais on garde le secret, sinon tout le monde va en parler au Pensionnat, comme elle est la directrice...

Olivia écarquilla les yeux. Gabriella s'était mariée ?! Elle ne le savait même pas ! Elle en détesta un peu plus son père, pour le coup, écœurée. Puis retrouva son sourire habituel. Elle lui serra les mains à son tour, se retenant de la prendre dans ses bras pour la câliner tout à loisir, cette petite bouille.

- C'est ma tante, je suis la fille de son grand frère. Et hum, ce serait sympa de ne pas lui dire que je suis venue en stop, je me ferais étriper sur place, je crois.

Étripée, égorgée, massacrée, foudroyée, brûlée vive, noyée, et on en passe et des meilleures ! Sa tante était encore plus colérique qu'elle, et un tantinet plus dangereuse, aussi. Olivia aimerait bien éviter de trop l'énerver, déjà qu'elle allait se faire crier dessus quand elle allait débarquer, comme ça, comme une fleur, en demandant à s'inscrire. Laura lui lâcha les mains, présentant son petit doigt.

- Je ne dis rien à ta tante et tu m'aides à échapper à Jasper et Antoine quand on arrivera au Pensionnat ?

Vendu ! Olivia la prit avec son propre petit doigt et lui promit de l'aider. En attendant, il fallait trouver une solution pour la ramener. Elle se leva, regardant autour d'elle. Où trouver de l'aide ? Elle aperçut tout à coup une autre fille plus loin et l'appela aussitôt à grands cris en agitant les bras. Eh ! You hou !  Elle devait avoir le même âge qu'elle, c'était sans doute une élève aussi, à moins qu'elle n'habite au village avec sa famille. Laura se redressa à son tour crier.

- C'est Salomée, elle va au Pensionnat, elle pourra nous aider ! Salomée !

Olivia attendit qu'elle arrive, tout en ramassant son sac et en le jetant sur ses épaules, resserrant les sangles. Lorsque Salomée arriva, elle lui sourit, expliquant rapidement la situation. Laura, blessée, cheville tordue, besoin d'aide pour la ramener au pensionnat.

- Je m'appelle Olivia. Tu peux nous aider ?
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Salomée Lecomte
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MessageSujet: Re: Arrivée au village !   Jeu 28 Aoû - 15:10

Ah, que cela faisait du bien de prendre l'air ! Depuis quelques temps, on pouvait sortir du pensionnat, aller à Gray par exemple. Justement, je me baladais dans Gray aujourd'hui, de plus il faisait super beau, c'était vraiment agréable. Qui plus est, aujourd'hui était vraiment un jour heureux, parce que la prof de math se mariait avec l'infirmier, c'était mignon. Ce matin, j'étais partie dans la librairie du parc, m'acheter une BD : Titeuf. J'ai toujours adorée cette BD. Là, j'étais assise sur un banc, à lire Titeuf quand une jeune fille cria des « You hou », je levais ma tête et voyait qu'elle s'adressa à moi. Puis, je vis Laura Karinof m'appelait aussi. Je pris mes affaires et me dirigèrent vers elle, en me demandant bien ce qu'elles voulaient de moi.

A force d'avancer, je les distinguais plus, je me demandais pourquoi Laura était là avec cette... Waouh ! Mais, on dirait une réplique de Mme de Lizeux en miniature ! Une fois arrivée, la miniature Mme de Lizeux me sourit et m'expliqua que Laura était blessée, elle avait la cheville tordu ! Et elle avait besoin de moi pour l'emmener au pensionnat. Je haussai les sourcils, Laura Karinof s'était encore blessée ! Ce n'était pas la première fois et ce ne sera pas la dernière !

La copine de Laura m'adressa la parole :

- Je m'appelle Olivia. Tu peux nous aider ?

Mais... Je rêve ! Elle a presque la même voix que la directrice ! Si ça se trouve, elle a une fille cachée, elle ne l'a dit à personne à cause des militaires ! Je lui souris :

- Moi, c'est Salomée, bien sûr que je vais vous aider, j'allais moi aussi rentré au pensionnat.

Chose complètement fausse parce que je voulais profiter de ce beau temps ! J'observai plus cette fille, elle était habillée avec une simple veste alors, qu'il faisait quand même encore un peu froid aujourd'hui. Mais ce qui me surpris, c'est qu'elle avait la même forme de visage, la même couleur des cheveux et les mêmes yeux que Mme de Lizeux. Je me décidai à lui demander si elle était de la même famille que la directrice :

- Mais dit moi, tu ne serais pas la fille de la directrice du pensionnat, Mme de Lizeux ? Tu lui ressembles beaucoup !

Mais je pensais aussi que cette Olivia, je ne l'avais jamais vu au Pensionnat :

- Et, tu es nouvelle ? Parce que je ne t'ai jamais vu auparavant !

Je suis très curieuse, mais cette fille était étrange ! Je lui souris quand même et attendit sa réponse.
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Kimmitsu Nakajima
Sous-directeur
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Âge RPG : 42 ans

MessageSujet: Re: Arrivée au village !   Dim 31 Aoû - 15:33

Le soleil brillait fort, mais il faisait encore assez froid, même pour la saison. La procession entrait à la mairie, avec les mariés en tête, tout le monde bien habillé, bien coiffé, souriant, heureux, sans pression aucune. Kimmitsu avait poliment décliné l'invitation qu'il avait reçu pour se rendre à ce mariage. Non pas qu'il ait quoi que ce soit contre les mariés, cependant. Bien au contraire, il était très heureux pour eux deux, content qu'ils se soient trouvés, et qu'ils désirent tisser leurs deux vies ensemble. Cependant, bien qu'il soit touchant de la part de la jeune professeur d'inviter tous ses collègues, Kimmitsu estimait ne pas être à sa juste place dans cette cérémonie. Il ne connaissait pas assez bien le jeune infirmier, ni sa nouvelle femme, pour prétendre pouvoir assister à leur union. On se rendait aux mariages des amis, des proches, de la famille. Mais pas à celui d'une collègue que l'on ne connaissait que depuis peu de temps, aussi gentille soit-elle. C'est pour cela qu'il avait souhaité tous ses vœux au jeune couple avant de les remercier, mais de déclarer qu'il ne pouvait se rendre à la fête.

Laissant la mairie loin derrière lui, il se rendit plutôt sur les abords du grand lac, et s'assit sur une large pierre plate, observant un moment le soleil miroiter de milles feux sur l'eau, prodiguant une lumière presque surnaturelle et merveilleuse. Selon les croyances de son pays, les lacs abritaient des kappas, de petits démons des eaux qui pouvaient surgir à l'improviste au soleil, ou grimper sur une butte de roches au milieu du lac avant de se fondre dans les profondeurs. Le professeur croyait à ce genre de choses. Après tout, pourquoi serait-il impossible que des démons et autres esprits vivent au quotidien auprès des hommes ? Versé dans ce genre de rites et de croyances, il restait immobile, observant la surface du lac. Mais aucun kappa ne vint lui rendre visite en cette heure.

Se relevant, il revint vers le centre du village. Il pensait passer une journée au calme, aujourd'hui, à méditer. Il y avait un endroit parfait pour cela, dans le parc du pensionnat. Une clairière, pourrait-on dire, cernée par de hauts arbres et des bosquets, ensoleillée le matin, à l'ombre l'après-midi, et d'un calme à toute épreuve. Il s'y rendait bien souvent lorsqu'il voulait être seul. Il avait besoin, parfois, de se retrouver dans ces havres de paix et de silence. Les Européens ne prenaient jamais le temps de voir défiler leurs existences, c'était très troublant.

Passant par le parc, il entendit tout à coup des cris, et crut tout d'abord que cela venait du petit hôpital, qui avait établi ses quartiers au nord du parc, tout comme la maternité. Mais cela ne semblait pas être ça. Il promena le regard sur les alentours, jusqu'à trouver la source du bruit. Il reconnut deux de ses élèves, de loin, et une jeune fille inconnue. Il s'approcha, cherchant la raison d'une telle agitation. L'une d'elle était malade ou blessée ?

Salomée - Mais dit moi, tu ne serais pas la fille de la directrice du pensionnat, Mme de Lizeux ? Tu lui ressembles beaucoup !

Hum, façon très cavalière de poser ce genre de questions... Il fallait faire preuve de plus de respect, afin de ne ranimer aucun souvenir douloureux ou autres affaires que l'on ne voulait pas entendre parler, ou voir remonter à la surface. Même lorsqu'on constatait une certaine ressemblance physique, ou même une voix semblable, il ne fallait pas poser de questions aussi directes, enfin. Mais soit. Elles étaient jeunes, alors inutile de leur en vouloir. Avec l'âge, elles apprendront à faire plus attention à leur entourage.

Salomée - Et, tu es nouvelle ? Parce que je ne t'ai jamais vu auparavant !

Il s'approcha à son tour, saluant les jeunes filles de sa voix graves. Puis s'agenouilla près du banc, prenant avec douceur la cheville de la petite Laura entre ses mains. Il palpa légèrement la zone, vérifiant si un os était cassé, ou si elle avait simplement la cheville tordue. Elle était enflée, sensible au toucher, oui, mais pas cassée. Bon, une attelle devrait suffire, dans le cas présent, avec de la pommade, c'était sans gravité. Il passa les mains sous les aisselles de Laura et la souleva avec aisance, comme un petit enfant, avant de la caler contre lui.

- Je vous emmène à l'hôpital, c'est juste à côté.

Il fit signe aux deux autres filles de suivre aussi, car elles pourront au moins réconforter la plus jeune. Il se dirigea ensuite vers l'hôpital, au fond du parc, entre les arbres, et fit prendre Laura en charge. Il y avait peu d'affluence, ici, ce n'était qu'un petit hôpital de campagne, servant petites villes et village du coin. Un médecin installa Laura dans une salle d'examens pour s'occuper d'elle, alors qu'il patientait avec les deux autres filles. Une fois qu'on la libéra, il vérifia qu'elle pouvait marcher correctement, ou à peu près. L'heure du déjeuner était bien là, à présent.

- Plus de peur que de mal, constat-t-il. Vous devriez rentrer.

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Laura K. Nakajima
Collégienne
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Récits : 1277

Âge RPG : 14 ans

MessageSujet: Re: Arrivée au village !   Dim 7 Sep - 23:08

Une journée sans professeur ! Personne pour surveiller, pas de surveillants ennuyants qui allaient les sermonner pour le petit chahut qu’ils auraient pu provoquer ! Enfin, presque. D’accord, il y avait quelques professeurs pour veiller à ce que le Pensionnat reste debout, mais Laura s’en fichait. Ses projets de la journée était en dehors de l’enceinte du Pensionnat, elle n’avait pas envie de rester enfermée ici alors qu’ils avaient quartiers libres. Elle voulait sortir, profiter du beau temps qui s’installait petit à petit, faire quelques achats… S’amuser, quoi, et sans son frère et Antoine qui étaient occupés à elle ne savait quoi toute la journée. Au moins, personne pour la couver, parfait !

Laura sauta de la dernière marche du Pensionnat, traversant l’école avec son sac sur le dos, sortant pour rejoindre la route vers Gray, emmitouflée dans un manteau plus léger avec une écharpe autour du cou. Maintenant qu’ils le pouvaient, c’était étrange de sortir sans avoir peur de se faire prendre, sans passer par la petite porte en se terrant dans le sol pour passer inaperçue, sans être contrôlée par les militaires qui vous renvoyaient aussi sec vers le Pensionnat. Autrement dit, maintenant, un seul mot trottait dans la tête de la petite Laura : LI-BER-TE ! Libre ! Elle était liiiibre !

Sautillant sur la route jusqu’à Gray, Laura réfléchit à ce qu’elle pouvait faire, acheter, manger, ou n’importe quoi d’autre. Peu lui importait le motif pour sortir du territoire du Pensionnat, elle voulait seulement en profiter et sortir. Ils avaient le droit de sortir depuis deux semaines, trois tout au plus, mais chacune des sorties de la jeune collégienne était synonyme de bonheur à l’état pur, comme si la permission risquait de le leur être retirée d’un jour à l’autre. Alors, elle en profitait. Et aujourd’hui ? Aucun professeur ! Que demander de mieux ? Pas de cours, pas de prof, pas de devoirs vu qu’ils étaient tous terminés… Par-fait !

Laura aperçut une petite tache noire traversant la rue, la faisant chuter sur les fesses. Eh ! Se rapprochant, courant, alors qu’elle était enfin arrivée à Gray, elle poursuivit la fameuse tache noire pour la débusquer dans un petit panier troué qui traînait par terre. Ooooooh ! Petite boule de poils ! Parce que oui, la tache noire était un petit chat tout mignon littéralement terrorisé, qui était actuellement coincé dans un panier troué à cause de sa patte prise dans un des trous. Laura s’approcha, s’agenouillant juste à côté en disant, tandis qu’elle le détachait :

Laura – Bouge pas ! Je vais te libérer, et on te trouvera sûrement quelqu’un pour te nourrir et te soigner. Atteeeends !

Aussitôt libérée, la petite boule de poils toute noire s’enfuit à grandes enjambées, grimpant sur un arbre en paniquant à moitié et… miaulant une fois assise sur une des plus hautes branches. Nooon ! Laura regarda autour d’elle, désespérée, cherchant quelqu’un susceptible de l’aider pour sauver le petit chat, mais elle était toute seule. Bon. Très bien, elle le ferait seule et arriverait à le descendre d’elle-même. Faisant glisser son sac à dos de son épaule, Laura le déposa au sol et écarta les bras pour se jeter sur le tronc de l’arbre d’un air hautement convaincu. Un bras, puis l’autre, un pied, puis l’autre. Se blessant au passage, s’écorchant mais ignorant les signaux que lui envoyait son corps, la collégienne parvint à la branche occupée par le chaton… qui sauta sur un nœud plus ou moins gros dans le tronc en passant par-dessus la tête de Laura et regagna le sol.

Laura – … Merci. Et je fais comment pour descendre, moi ?

Laura s’adressait au chat, assis par terre en train de la regarder avec ses grands yeux remplis d’innocence et d’incompréhension. Aide ton prochain… Oui, peut-être, mais en attendant, aider son prochain ne l’avait pas aidée, loin de là. La collégienne tenta de se reculer sur sa branche jusqu’à pouvoir toucher le tronc du bout des doigts puis s’y accrocha comme si sa vie en dépendait. Elle passa alors une jambe par-dessus la branche et se leva pour trouver un appui sur un quelconque nœud comme le chaton l’avait fait. Il l’avait fait, elle le pouvait aussi, non ?

BOUM

… Eh bah non. Laura voulut se redresser, se massant les fesses en lançant un regard noir au chat qui était en train de faire sa toilette. Eh bien oui, le spectacle était fini, pourquoi regarder une fillette qui était « assise » par terre ? Le maudissant de tous les noms, la collégienne reprit son sac pour le mettre sur son épaule et… poussa un cri en s’adossant au tronc, la main sur la cheville. Elle s’était fait mal… Bravo ! Et maintenant ? Boiter jusqu’au Pensionnat ? Il y avait un kilomètre, tout de même. Et boiter jusque là-bas… Et comment réagiraient Jasper et Antoine, en plus ? Non, il fallait qu’elle trouve quelqu’un. Déjà, s’ils apprenaient qu’elle avait grimpé à un arbre, assez haut, ils la trucideraient, surtout qu’elle avait des égratignures un peu partout.

Fille – Eh, ça va pas ?

Laura, trop occupée à cibler la douleur qu’elle ressentait à la cheville, n’avait pas entendu que quelqu’un s’était approché et sursauta en retombant à terre. Oups ? Levant la tête vers l’inconnue pour voir qui l’avait interpellée, la collégienne marqua un temps d’arrêt en voyant la jeune fille qui se tenait face à elle. Ce visage… Ces yeux… Et puis, cette voix. Laura avait l’impression de se retrouver face à la directrice, sa tante. Qui était cette fille ? Bon, ne pas éveiller de soupçons, peut-être qu’elle en apprendrait davantage en lui répondant. Elle désigna sa cheville en faisant une moue « J’ai mal, bobo, à l’aide » et répondit :

Laura – Je me suis blessée, je crois... Je voulais rentrer au Pensionnat, mais heu, avec ma cheville...

L’inconnue la releva alors comme si elle n’avait été guère plus lourde qu’un sac de cours et l’aida à s’installer sur un banc, plus loin. Déposant son sac à côté d’elle, Laura ne répondit rien, détaillant toujours la fille qui lui faisait face. Elle lui ressemblait tant… C’était impossible, elle était sûrement de la famille de sa tante. Sinon, c’est qu’elle avait un clone plus jeune.

Fille – Et bien, je vais te raccompagner, je dois m'y rendre aussi ! Je m'appelle Olivia. Et toi ?

Oh, c’était vrai ? Elle voulait vraiment la raccompagner ? Et elle était vraiment de la famille de sa tante ? Oh, génial ! Maintenant, Laura pouvait rentrer sans s’inquiéter. Sa sauveuse. Elle était sauvée ! Elle se voyait mal rentrer à l’école en boitillant péniblement, comme un animal blessé, sur tout le kilomètre… D’accord, ce n’était pas loin, mais tout de même. Et puis, maintenant, elle avait trouvé quelqu’un de très important ! Charmée à l’idée d’être raccompagnée par un membre de sa nouvelle famille, plus encore que par l’idée d’avoir trouvé quelqu’un pour l’aider, Laura se trémoussa sur le banc, comme si elle était prête à sautiller sur place, et répondit avec un immense sourire :

Laura – C'est vrai ? Tu ferais ça ? Vraiment ? Oh, merci, merci, merci ! Je me voyais mal sautiller jusqu'au Pensionnat... Je m'appelle Laura, Laura Karinof ! Tu es une nouvelle élève ? Tu vas entrer en quelle année ? Et tu n'arrives que maintenant ? Il n'y a personne, ils sont tous au mariage de la prof' de maths, avec l'infirmier...

Olivia – Je ne suis pas encore élève... Je viens juste d'arriver à Gray, je suis venue en stop ! Et là pour demander à m'inscrire, vois-tu. Mais il n'y a vraiment personne au pensionnat aujourd'hui ?

Olivia avait levé les mains pour la faire se calmer un peu, mais Laura ne s’en occupait pas, se concentrant. Quelqu’un au Pensionnat ? Heu… Elle réfléchit un moment, passant en revue toutes les grandes personnes qui n’étaient pas au mariage. Elle savait qu’ils étaient gardés par quelques professeurs, oui, mais de là à dire exactement qui était là. Bon, il y en avait tout de même, donc quelqu’un pourrait sûrement inscrire Olivia au Pensionnat. Et puis, au pire, Laura pouvait l’aider grâce à sa bouille d’ange à utiliser en cas d’extrême urgence, personne n’y résistait !

Laura – Non... Enfin, les élèves sont là. Mais les profs et toutes les grandes personnes sont au mariage, sauf une ou deux pour nous surveiller, comme si on allait faire des bêtises...

Non, vraiment, elle ne comprenait pas. Pourquoi mettre des gens ? Ils étaient sages, la directrice pouvait avoir confiance en eux ! Ils étaient restés calmes, ces dernières semaines, alors pourquoi avoir peur ? Ils n’allaient pas mettre le feu au Pensionnat, ni inonder les caves, ni faire une bataille de boue, ni s’attaquer avec leur don. Quoi que, la boue, c’était une bonne idée, et ils pouvaient peut-être chopper un militaire dans le tas… A méditer. Pensant à toutes ces belles bêtises, magnifiques, qui faisaient rêver, un détail revint alors en tête à Laura.

Laura – Pourquoi venir en stop ? Mon grand frère m'a toujours dit que c'était dangereux, et qu'il m'étriperait s'il apprenait que je faisais ça un jour... Un peu comme la directrice quand elle a déclenché un gros orage dans le ciel, pendant la nuit. Oh, elle est très gentille, juste un peu... heu... emportée.

Olivia – Oui, je la connais... Et je suis venue en stop car je n'avais pas le choix, je n'ai pas mon permis.

Hourraaaaaaaa ! Laura lui attrapa les mains, sautillant littéralement sur le banc, à présent, un grand sourire étirant ses lèvres. Elle avait raison ! Cette fille était de la famille de sa tante, elles étaient donc cousines, ou sœurs, ou… Peu importe, elles étaient de la même famille ! Et puis, et puis, elle venait au Pensionnat ! C’était… Elle venait au Pensionnat, quoi ! Laura se fit la promesse solennelle de l’aider à s’inscrire, peu importe le nombre de moues qu’elle devrait faire, peu importe le nombre de chantages affectifs à utiliser pour la faire admettre ici.

Laura – Tu la connais ? Donc t'es vraiment de sa famille, c'est vrai ? J'en étais sûre, tu sais ! Tu lui ressembles beaucoup, même dans ta voix. C'est ma tante, elle s'est mariée avec mon oncle. Mais on garde le secret, sinon tout le monde va en parler au Pensionnat, comme elle est la directrice...

Olivia lui serra alors les mains devant le regard impatient de Laura. Qu’elle répooonde ! Elle voulait savoir ! Qui était Olivia ? Comment était sa tante en dehors de l’école ? Et pourquoi elle venait ici ? Est-ce qu’elle avait un don, elle aussi ? La foudre, comme la directrice ? Et comment elle était ? Gentille, ça, Laura le savait, mais après ? Une nouvelle amie, et un membre de la famille, en plus ! Que demander de mieux ?

Olivia – C'est ma tante, je suis la fille de son grand frère. Et hum, ce serait sympa de ne pas lui dire que je suis venue en stop, je me ferais étriper sur place, je crois.

Laura lâcha alors les mains d’Olivia en lui présentant son petit doigt. Un serment ! Elle venait d’avoir une idée, si elle pouvait l’aider à garder un secret. Garder un secret… Parlez d’un secret à une petite fille de treize ans, vous verrez son regard s’illuminer immédiatement, effet garanti. Seulement, ça, Olivia l’ignorait peut-être, et puis elle pouvait l’aider, non ? Elles étaient cousines ! Et une cousine gentille, quelqu’un de la famille qui ne lui voulait pas de mal, Laura n’allait certainement pas la laisser toute seule.

Laura – Je ne dis rien à ta tante et tu m'aides à échapper à Jasper et Antoine quand on arrivera au Pensionnat ?

Olivia lui prit alors le petit doigt, lui promettant ainsi de l’aider. Parfait ! Ensuite, elle se leva en jetant un coup d’œil alentour. Eh bien ? Elle semblait chercher quelque chose, ou quel… Ah. Quelqu’un. Oui, en effet, pour rentrer au Pensionnat, il lui faudrait peut-être une autre épaule sur laquelle s’appuyer. Pas que Laura était lourde, mais elle ne voulait pas être un poids pour sa nouvelle cousine, après tout. Cette dernière héla alors quelqu’un… Se redressant tant qu’elle le pouvait, à son tour, Laura se mit à crier :

Laura – C'est Salomée, elle va au Pensionnat, elle pourra nous aider ! Salomée !

Salomée, une élève à qui Laura ne parlait jamais ou très, très rarement, s’approcha d’elles en haussant les sourcils, écoutant l’explication rapide d’Olivia. La collégienne baissa très légèrement la tête, consciente que les mots « blessée » et « Laura » revenaient peut-être un peu trop souvent dans les discussions depuis qu’elle était inscrite dans l’établissement. Oui, bon, elle était un peu turbulente, pas de quoi en faire un drame.

Olivia – Je m'appelle Olivia. Tu peux nous aider ?

Salomée – Moi, c'est Salomée, bien sûr que je vais vous aider, j'allais moi aussi rentrer au pensionnat.

Cette fois, ce fut au tour de Laura de hausser les sourcils. Elle n’en croyait pas un mot. Comment vouloir rester à l’intérieur alors qu’il faisait beau, qu’il y avait du beau temps et qu’ils avaient le champ libre sans les professeurs dans les parages ? Ils étaient tous au mariage, à l’heure qu’il était… Alors non. Laura ne la croyait pas, mais elle n’allait rien dire parce qu’elle était gentille d’accepter de l’aider. Et puis, au pire, Salomée pouvait toujours revenir, le Pensionnat n’était pas très loin.

Salomée – Mais dis moi, tu ne serais pas la fille de la directrice du pensionnat, Mme de Lizeux ? Tu lui ressembles beaucoup !

Ah. Bon, bah, voilà, une chose était sûre : tout le monde ferait le lien entre Olivia et la directrice du Pensionnat. Cependant, sa fille ? Laura lança un regard à sa cousine, portant une main à sa bouche pour étouffer un rire tandis que Salomée demandait si elle était nouvelle. Cependant, avant qu’Olivia ne puisse répondre quoi que ce soit, Monsieur Nakajima intervint en les saluant. Un professeur ! Il n’était pas au mariage ? Mais peut-être pouvait-il les aider ? La collégienne tourna la tête vers sa sauveuse avec un grand sourire, prête à lui dire que ce professeur pourrait sans doute faire quelque chose, la renseigner, ou quoi que ce soit. C’était parfait, en somme !

Seulement, lui semblait plus préoccupé par sa cheville que par Olivia… Mais ce n’était rien, juste une petite chute, rien de plus, tout allait bien. Il s’était assis à côté d’elles, avait pris la cheville de Laura avec douceur et était en train de l’examiner, tirant une grimace à la jeune adolescente lorsqu’il appuyait à tel ou tel endroit. Oui, bon, elle avait un peu mal, c’était un peu gonflé, mais elle pouvait marcher, et sans problème. Avec Olivia, sa nouvelle cousine, tout ça, la douleur était envolée ! Ou atténuée, du moins. Il y avait nettement plus important ! Du moins, pour elle… Mais ce n’était pas l’avis de leur professeur. Réprimant une moue boudeuse lorsqu’il la prit dans ses bras, Laura n’eut d’autre choix que de s’y accrocher, n’étant pas très à l’aise à cette hauteur à présent – bien qu’elle fasse confiance à Monsieur Nakajima. Il ne comptait pas… la porter jusqu’au Pensionnat, n’est-ce pas ?

M. Nakajima – Je vous emmène à l'hôpital, c'est juste à côté.

Ah, l’hôpital… Bon, c’était toujours mieux que revenir au Pensionnat dans les bras d’un professeur, ou en boitant alors qu’il n’y avait tout de même pas d’infirmier là-bas. Oui, en fin de compte, l’hôpital était une bonne idée, même si elle n’était guère séduisante. Se résignant, Laura s’accrocha tant bien que mal en lançant un regard aux deux filles qui suivaient, constatant qu’elles avaient eu le réflexe de prendre son sac à dos, au moins. Un silence respectueux s’était installé, ce qui n’étonna pas la collégienne qui connaissait son professeur et savait, par expérience, qu’il imposait un certain respect par sa seule présence.

Lorsqu’ils arrivèrent à l’hôpital, Laura fut prise en charge par un médecin et passa dans une salle bizarre où on examina sa cheville pendant un bon moment. Elle ne cessait de jeter des regards fréquents vers la porte, voulant retrouver les autres, n’étant pas franchement à l’aise ici, toute seule, se sentant incroyablement petite à côté de ces médecins, des appareils, et toutes ces choses. En plus, plus dérangeant que n’importe quoi d’autre dans une situation pareille, Laura avait faim. Son estomac protesta lorsqu’on lui posa une attelle qui lui tira une grimace pendant qu’elle-même posait ses mains sur son estomac dans l’espoir d’en étouffer le bruit.

Médecin – Ne t’inquiètes pas, c’est presque fini.

Laura fit un mince sourire alors, qu’en effet, il achevait ce qu’il faisait en la libérant enfin et en parlant un bref instant avec Monsieur Nakajima. Elle ignorait ce qu’il lui avait dit, mais il lui demanda de faire quelques pas pour vérifier qu’elle était capable de marcher. C’était douloureux, mais supportable, Laura avait connu pire. Et puis, elle avait faim. Vraiment faim. Escalader un arbre et découvrir une cousine gentille, ça ouvre l’appétit !

M. Nakajima – Plus de peur que de mal, constata-t-il. Vous devriez rentrer.

Rentrer ? Ignorant sa faim, comme si ce seul mot avait réveillé les neurones de Laura, cette dernière se tourna vers Olivia et lui attrapa la main en la tirant vivement mais doucement vers leur professeur avec une lueur de malice brillant dans ses yeux. S’adressant d’abord à son professeur en s’inclinant légèrement par respect, Laura répondit :

Laura – Merci… pour m’avoir amenée jusqu’ici. Mais je…

Cette fois, c’était vers Olivia que Laura se tournait, l’attirant légèrement pour la présenter à leur professeur. Peut-être aurait-il plus d’informations ? Peut-être pourrait-il au moins la conduire jusqu’à un endroit, au Pensionnat, le temps qu’elle attende les personnes compétentes en ce qui concernait les inscriptions ?

Laura – Olivia, je te présente notre professeur d’arts martiaux au Pensionnat, Monsieur Nakajima. Tu pourrais peut-être lui expliquer ce que tu m’as dit ? Il peut t’aider, lui ! Je ne veux pas te laisser toute seule, et puis, tu m’as aidée…

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Olivia de Lizeux
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MessageSujet: Re: Arrivée au village !   Mer 10 Sep - 16:08

– Moi, c'est Salomée, bien sûr que je vais vous aider, j'allais moi aussi rentrer au pensionnat.

Parfait, comme ça, elles allaient pouvoir soutenir la petite bouille sans lui faire mal ! Olivia craignait de la déplacer toute seule, elle risquait d'aggraver les choses avec sa cheville. Elle-même était déjà fatiguée, fatiguée par sa fugue, sa fuite dans Paris, le voyage en train, le long trajet jusqu'à Gray. Elle ne rêvait que d'une bonne douche bien chaude, un coin pour s'endormir, avec une petite couverture. Des rêves qu'elle pourra combler si elle parvenait à mettre Laura en sécurité, la faire soigner, puis se reposer. Une bonne tasse de chocolat chaud, enroulé dans une couette, sur un lit, voilà une soirée de rêve ! Les soirées d'hiver, ses frères venaient se planquer sous la couette avec elle, et elle leur lisait des histoires.

– Mais dis moi, tu ne serais pas la fille de la directrice du pensionnat, Mme de Lizeux ? Tu lui ressembles beaucoup !

Sa... Fille ? Olivia faillit bien éclater de rire, imaginant sans aucun mal la tête que ferait sa marraine si elle entendait ça. Sa fille, enfin ! Gaby n'avait que trente-trois ans, elle était encore bien jeune pour avoir des enfants adolescents. Et si c'était le cas, ses enfants seraient déjà au Pensionnat ! Et Olivia n'aurait pas eu besoin de s'enfuir pour rejoindre l'école ! Tout ça parce que son père était juste un gros connard qui n'appréciait pas que les femmes puissent étudier sérieusement et avoir un emploi, qui ne les voyait que coincées chez elles sous la botte de leurs époux à faire la popote et à s'occuper des enfants ! Ses deux autres oncles n'en étaient pas à ce point-là, mais tout de même. Pas étonnant que sa tante se soit enfuie si loin de Paris pour vivre tranquillement. Si seulement Olivia pouvait devenir comme elle, son exemple, son idole, sa marraine, sa tante préférée. Elle la bombardait de questions sur Ste famille à chaque fois qu'elle la voyait, en été ou aux vacances, mais aujourd'hui, elle allait entrer dans cette école, et peu importe que ses parents soient contre.

Elle n'eut cependant pas le temps de répondre. Un homme assez grande, Japonnais ou Chinois, venait d'arriver, et se penchait pour examiner la cheville de Laura, après les avoir salué. Ce devait être un professeur, et Olivia fut assez impressionné par l'air très calme et profondément mature qu'il affichait. Elle se tint donc parfaitement coite et tranquille, sans oser dire quoi que ce soit. Il finit par soulever Laura, ce qui lui arracha un mouvement. Où il l'emmenait ? Elle ne voulait pas la voir disparaître comme ça ! C'était sa cousine, après tout, alors zut.

– Je vous emmène à l'hôpital, c'est juste à côté.

Ah. Heu, oui, d'accord, vu comme ça, d'accord. Elle emboîta le pas automatiquement au professeur, les suivant jusqu'au petit hôpital du village. Si on pouvait soigner Laura dès maintenant, ce n'était pas plus mal ! Elle s'assit sur une petite chaise en attendant, discutant avec Salomée pour faire passer le temps. Elle commençait à avoir faim, elle aussi, et au vu des gargouillements qu'elle entendait, elle n'était pas la seule. Elle patienta un long moment, comme dans tous les hôpitaux, se balançant sur sa chaise malgré le regard clairement désapprobateur de la secrétaire qui lui jetait de temps à autres des regards noirs, entortillant ses longues mèches blondes autour de ses doigts. Le professeur, dont Salomée lui avait soufflé le nom, était parti rejoindre Petite Bouille, telle que la jeune fille venait de surnommer sa cousine. Elle commença d'ailleurs à lui chercher d'autres surnoms, histoire de s'occuper.

Mais Laura finit enfin par revenir avec le prof, avec une attelle solide à la cheville. Elle pouvait marcher, au moins, même si elle boitait. Le Japonnais - ou Chinois ? - leur conseilla ensuite de rentrer dès maintenant. Mais il vaudrait mieux ne pas aller trop vite, et faire des haltes pour Bouille Mignonne, non. Sinon, elle risquait d'avoir encore plus mal ! Laura l'incita tout à coup à s'approcher, après avoir remercié le Chinois/Japonnais/Asiatique/Professeur/dont elle n'avait pas réussi à retenir le nom et le prénom.

– Olivia, je te présente notre professeur d’arts martiaux au Pensionnat, Monsieur Nakajima. Tu pourrais peut-être lui expliquer ce que tu m’as dit ? Il peut t’aider, lui ! Je ne veux pas te laisser toute seule, et puis, tu m’as aidée…

Nakajima. D'accord, elle devrait parvenir à s'en souvenir ! Elle le salua de nouveau, plus poliment, en hochant la tête. Bon, pour elle, dans sa tête, il restera Monsieur yeux bridés, c'était déjà beaucoup plus simple. Elle donnait toujours des surnoms à tout le monde, ne les divulguant jamais ou très rarement, et uniquement à des personnes bien choisies. Mais soit, ce n'était plus le moment de réfléchir bien à ça.

– Je m'appelle Olivia de Lizeux, dit-elle en se redressant, et j'ai 16 ans. J'aurais voulu entrer au Pensionnat dès mes onze ans, mais mon père m'en a empêché. C'est pour ça que j'ai dû me débrouiller pour venir jusqu'ici seule. Mes grands-parents peuvent m'aider à payer mon inscription, ce ne sera pas un problème ! Et je me suis beaucoup entraînée avec mon don, depuis des années.

En cachette, mais c'était un détail que le prof n'avait pas besoin de savoir. Inutile que toute la planète sache que son père était un abruti, il n'y avait pas besoin de polluer l'esprit des gens en leur faisant connaître un nouveau crétin, il en existait déjà bien assez. Elle fit un petit regard suppliant au professeur, son regard spécial numéro trois, le "Prenez-moi, je suis gentille et je ne fais jamais de bêtises !".

– Pourrais-je aller à l'école pour en discuter plus en détails ? rajouta-t-elle avec un sourire tout à fait charmant. En plus, j'aimerais bien raccompagner Laura, pour l'aider à rentrer.
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Kimmitsu Nakajima
Sous-directeur
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Âge RPG : 42 ans

MessageSujet: Re: Arrivée au village !   Sam 13 Sep - 10:01

La petite semblait pouvoir marcher correctement. Ce n'était pas plus mal, car le voyage scolaire allait se dérouler dans exactement une semaine, et il serait très regrettable pour elle qu'elle ne puisse pas se déplacer ou se mouvoir comme elle le voudrait, et ainsi ne pas pouvoir profiter de tout ce qui sera proposé. Mais c'était une blessure bénigne, il ne lui faudra que deux ou trois jours pour s'en remettre convenablement. Elle avait eu de la chance, mais il n'était pas bon de tenter les démons deux fois en une journée, ainsi, il vaudrait mieux pour elle qu'elle reste tranquillement au Pensionnat, et ne plus rien faire de dangereux ou de risqué. Ce qui l'amena à penser qu'il devrait enseigner le yoga et la médiation à certains de ses élèves, cela leur ferait du bien, et leur apprendrait à se poser. Il médita quelques secondes sur la question, se demandant si cela les intéresserait. Le yoga était une pratique très rigoureuse, qui demandait du temps et des efforts, et un goût certain pour le calme et la paix intérieure. Néanmoins, cela restait assez difficile une fois que l'on dépassait l'étape des débutants. Cette discipline n'exigeait pas que rigueur, mais aussi souplesse et concentration. Peu de personnes étaient finalement capables de vider leur esprit.

Laura - Merci… pour m’avoir amenée jusqu’ici. Mais je…

Il trouvait cette petite bien nerveuse, même si c'était le cas de bon nombre d'élèves dans cette école, et même le cas de bon nombre de professeurs. A moins que ce ne soit lui qui ne soit pas encore habitué à la culture Française, qui faisait figure d'exception dans le monde, pour quelques unes de ses particularités. Hum, il ne devrait sans doute pas s'en formaliser. Ce peuple était agité par nature, il ne prenait que rarement le temps de se poser et de réfléchir, tout se trouvait dans l'action perpétuelle. Et cela allait souvent bien trop vite pour Kimmitsu, qui n'avait jamais compris comment les habitants de France pouvaient s'enflammer aussi vite, et surtout, enflammer toute la population d'un seul coup, souvent pour très peu de choses par ailleurs. Appelons ça un exploit, et cela leur servait lors des périodes plus tendues de l'histoire. Leurs voisins d'Europe n'étaient guère aussi nerveux.

Laura - Olivia, je te présente notre professeur d’arts martiaux au Pensionnat, Monsieur Nakajima. Tu pourrais peut-être lui expliquer ce que tu m’as dit ? Il peut t’aider, lui ! Je ne veux pas te laisser toute seule, et puis, tu m’as aidée…

L'aider ? Il resta silencieux, cherchant en quoi il pouvait aider cette jeune fille. Il trouvait très impoli, en tout cas, que la jeune Karinof lance ainsi des suppositions sur sa propre personne sans même se renseigner avant sur les possibilités existantes. De plus, on ne parlait pas d'une autre personne ainsi en sa présence, comme si elle n'était qu'un élément dans le décor. Et surtout pas d'une façon si familière ! Ces jeunes avaient encore tant à apprendre sur la politesse et le respect. Mais ce n'était pas à lui de le leur enseigner. Ils se devaient d'écouter leurs parents, ne pas le faire était un comportement indigne. Respecter sa famille avant tout, tel était le principe de base, et peu importe qu'on ne soit pas d'accord avec elle.

Olivia - Je m'appelle Olivia de Lizeux, dit-elle en se redressant, et j'ai 16 ans. J'aurais voulu entrer au Pensionnat dès mes onze ans, mais mon père m'en a empêché. C'est pour ça que j'ai dû me débrouiller pour venir jusqu'ici seule. Mes grands-parents peuvent m'aider à payer mon inscription, ce ne sera pas un problème ! Et je me suis beaucoup entraînée avec mon don, depuis des années.

Histoire assez habituelle, pour le quart des élèves de cette école, d'après ce qu'il avait compris, mais il ne voyait pas encore comment lui pourrait l'aider. Il était professeurs d'arts martiaux, et ne se préoccupait en rien de tout ce qui concernait les inscriptions, ni de l'administration, en résumé, il ne s'occupait pas de tout ce qui touchait de près ou de loin au fonctionnement global de l'école. Et ce n'était pas à lui de décider ni non plus si les actions de cette jeune fille étaient bons ou mauvais. Si son père avait décidé de ne pas l'envoyer ici, il avait sûrement de bonnes raisons, et il ne fallait pas défier l'autorité d'un Père ou d'une Mère ! Tant que l'on vit et demeure sous leur toit, le respect et l'obéissance sont plus qu'essentiels. Dans les cas les plus graves de mésentente, ce n'est qu'à l'âge adulte que la personne peut décider de quitter sa famille et ne jamais y revenir. Certainement pas avant. Seul un Père ou une Mère peut savoir ce qui est bon pour son enfant, et l'enfant lui-même se doit de les écouter jusqu'à ce qu'il atteigne un âge assez élevé pour se débrouiller seul, soit après la vingtaine.

Olivia - Pourrais-je aller à l'école pour en discuter plus en détails ? rajouta-t-elle avec un sourire tout à fait charmant. En plus, j'aimerais bien raccompagner Laura, pour l'aider à rentrer.

Il resta silencieux un moment, la considérant du regard. Puis désigna la route d'un geste, comme pour l'inviter à s'y rendre, mais lui ne devait pas se mêler de cela. Il ne devait pas s'en mêler, d'ailleurs. Si cette jeune demoiselle était de la famille de Lizeux-sama, c'était avec elle, et uniquement avec elle, qu'elle devait régler cette affaire.

- Je ne suis gère compétent de ce genre d'affaires, de Lizeux-san, car je ne suis pas membre de l'administration de l'école, et donc capable de juger de votre inscription, ni membre de votre famille, capable de juger si votre comportement en ces circonstances est répréhensible. Par ailleurs, Karinof-san, vous serez bien avisée d'éviter de considérer la compétence des personnes en certains sujets à leur place.

Il lui coula un regarda aigu, puis se radoucit quelque peu. Ils étaient tous si jeunes, et dans ce pays, c'était un critère qu'il lui fallait prendre en compte.

- Je vous suggère d'attendre au Pensionnat et de vous adresser ensuite à de Lizeux-sama. Rentrons, à présent.

Il ralentit pour rester au rythme de la petite Karinof, pour ne pas appuyer sur sa cheville blessée, et de ce fait, rentrèrent très lentement. Ils marchaient vers l'école lorsqu'ils manquèrent d'être percuté par quelqu'un. Kimmitsu se retourna, trouvant avec une très grande surprise le jeune marié du jour, Adrien de Sora. Que diable faisait-il ici, dans cet état, le jour même de son mariage ? Il tint des propos tout à fait incohérents avant de se sauver en courant. Le professeur fronça légèrement les sourcils, troublé.

- Rentrez à votre rythme, je vous quitte ici.

Il s'élança à son tour sur la route, déterminé à comprendre, et surtout à agir. L'infirmier avait besoin d'aide...

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