1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Cours de religion

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Xavier Vilette
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MessageSujet: Cours de religion   Dim 9 Fév - 10:34

Xavier était occupé à réparer la bible qu'il emportait toujours avec lui, alors que les pages se détachaient et que la voiture se craquelait. Il s'en occupa avec soin, veillant à ne pas abîmer les Saintes Écritures, et à en faire en sorte qu'elle tienne bien. Beaucoup lui auraient dit d'acheter un exemplaire neuf, de laisser celui-ci dormir dans un placard où le temps achèvera de le détruire, mais le vieil homme ne voulait pas s'en séparer. Cette bible lui avait été offerte par le Père Supérieur du Grand Séminaire, le jour de son Ordination. Xavier l'avait toujours conservée. Elle représentait, à ses yeux, la fin d'un cycle d'études, elle représentait le jour où il avait été appelé à servir Dieu. Juste un livre pour certains, abîmé et défait qui plus est, mais un symbole à ses yeux. Lorsqu'il la feuilletait, c'était toute une vie de vocation qui se rappelait à lui.

Sa Bible en main, il se rendit vers la salle où il devait donner son cours, sa marche ralentie par le poids de l'âge et d'une vie marquée par la guerre. Il se souvenait avec émotion du jour de son Ordination. Avec deux autres jeunes hommes de son année, ils s'étaient présentés devant l'évêque. Le moment le plus fort fut quand ils 'étaient prosternés devant l'autel, visage contre terre. Il avait réellement senti, à ce moment-là, qu'il allait se consacrer sa vie entière au Seigneur, ce qui l'avait rempli d'une joie profonde. Il entendait encore la longue litanie chantée autour d'eux durant ce rituel. Son visage ridé s'éclaira d'un sourire, alors qu'il grimpait les étages. Il se sentait un homme comblé. Comblé par la Foi, par l'amour de Dieu.

La cloche sonnait lorsqu'il arrive devant sa classe, vêtu de la traditionnelle soutane noire et du col romain. Il sourit aux jeunes qui l'attendait, les saluant chaleureusement. Ils étaient le futur de leur pays. Ces enfants qui n'avaient pas connu la guerre, trop jeunes pour cela, et dont il espérait qu'ils n'auront jamais à se battre.

- Entrez, les Enfants.

Il les fit passer devant lui, et referma la porte alors qu'ils s'asseyaient. Tous ces jeunes l'avaient aidés à se relever des horreurs vues durant la Grande Guerre, alors qu'il officiait comme brancardier dans un hôpital de fortune, rassemblant les blessés de guerre, alors qu'il devait célébrer les sépultures, à se relever après avoir vu sa paroisse ravagée par les bombardements. Tant de vies sacrifiées sur l'autel de la guerre, et pour quoi ?

- Aujourd'hui, mes Enfants, nous allons parler de la Foi. de l'Espérance. Ces mots, dit ainsi, peuvent paraître obscurs ou anodins, mais ils sont pourtant chargés de fraîcheur et de force. Quelqu'un, parmi vous, peut-il nous donner sa propre définition de l'espoir ?
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Salomée Lecomte
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MessageSujet: Re: Cours de religion   Lun 10 Fév - 17:31

Le matin, déjà, le réveil est dur !

Alice : -lève-toi Salomée, on va être en retard !

Alice, ma copine de chambre. Je me lève difficilement et je lui réponds qu'on avait encore le temps.

Le pire, ce n'est pas me lever tôt qui m'est difficile, c'est plutôt le premier cours qu'on avait : Religion ! Une matière qui était obligatoire ! Une matière que je détestais par-dessus tout car, je ne m'y intéressais pas du tout et je ne croyais pas en Dieu !

Je m'habillais et regardais l'heure, holà, il fallait que je me dépêche quand même ! Alice me dit qu'elle n'avait pas tort de râler, je lui souris et on fila au réfectoire. Au passage, je vis Victoire et Carolie, je leur fis un signe de la main, souris puis continua mon chemin.

Après avoir mangées, on fila en cours, c'était parti pour le cours de religion, cool !

La cloche sonna au même moment où je fus devant la porte, le père Vilette était là lui aussi, vêtu d'une soutane et d'une sorte de col, je souris.

*pourvus que le cours passe vite ! *

Le prêtre nous sourit, nous salua :

- Entrez, les Enfants.

Ce que nous fîmes. Je m'asseyais à coter d'Alice au fond de la classe. Il attendit que nous soyons tous assit puis continua :

- Aujourd'hui, mes Enfants, nous allons parler de la Foi. de l'Espérance. Ces mots, dit ainsi, peuvent paraître obscurs ou anodins, mais ils sont pourtant chargés de fraîcheur et de force. Quelqu'un, parmi vous, peut-il nous donner sa propre définition de l'espoir ?

je soupirai, ça y est, le cours commençait ! Je n'avais aucune envie de participer, mais personne ne levait la main. Alors, je décidai de me lever :

- Moi, je peux dire, je pense que l'espoir et quelque chose que l'ont croire, quelque chose qui nous rattache à la vie. On peut espérer, mais je pense que la foi n'a rien à voir la dedans !

Je décidai d'être franche, de dire ce que je pensais de ce cours après tout, chacun ses opinions ! Je continuais :

- L'espoir rend plus forte la personne, mais quand on subit un choc ou autre, l'espoir ne sert plus à rien et on ne veut plus croire que Dieu existe vraiment !

Je ne savais pas quoi dire de plus, je ne croyais pas en dieu et je ne croirais jamais !

- Voilà, ce que j'en pense, après d'autres personnes peuvent en penser différemment.

Je me rassis, j'espère qu'il ne serait pas fâché par mon opinion, mais après tout on est en France, liberté d'expression ! Je mis mes mains sur la table et attendis qu'il réponde à ce que je venais de dire.
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Cours de religion   Lun 10 Fév - 18:19

[Indics de Ste Famille !]


Jasper fut "escorté" jusqu'à la voiture qui devait le ramener au Pensionnat. Les gardiens le surveillaient de prêt, comme s'ils s'attendaient à une autre tentative d'évasion bien corsée. Ce n'était pourtant pas son genre... Des tentatives d'évasion, il n'en avait fait que huit, dont trois où il était parvenu jusqu'au rez-de-chaussée, et s'était fait reprendre d'une façon très musclée. A chaque fois. C'était totalement injuste, les gardiens étaient quatre fois plus gros que lui ! Il s'assit sur la banquette arrière en jetant un regard noir à son "garde du corps". C'est bon, il avait quinze ans, il n'avait plus besoin d'un nounou ! Il se tordit les mains, alors que la voiture démarrait.

Sa tempe était violacée, il avait quelques coupures si et là, mais rien de plus n'était visible sur le visage. Il avait d'autres hématomes, mais rien de grave. Des marques ? Peut-être juste la marque des sangles, sur les poignets et les chevilles. Après sa troisième tentative, les médecins avaient jugés bon de l'empêcher de trop gigoter, "pour ne pas qu'il se blesse". Bah voyons ! Il avait profité de la moindre occasion, des examens médicaux qu'on lui avait fait passer, de tout et n'importe quoi. Peine perdue. Il jeta un œil par la fenêtre, apercevant déjà le Pensionnat à l'horizon. En arrivant, on l'avertit d'un ton lourd qu'ils allaient le garder à l'œil, et qu'il ferait mieux de filer droit désormais.

- C'est ça, marmonna-t-il.

Il était encore tôt, mais les cours avaient déjà commencés. Il fila dans son dortoir, enfila son uniforme, et récupéra ses affaires. De quoi avait-il cours, déjà ? Français, maths ? Ah non, religion. Il soupira longuement, se promettant intérieurement d'assommer le premier qui lui fera la moindre réflexion sur son hématome à la tempe ou sur quoi que se soit d'autre. Ce n'était franchement pas le jour de jouer avec ses nerfs... Il grimpa les étages, puis arriva à la salle. Il prit une petite inspiration, frappa poliment à la porte, et entra le plus naturellement du monde, sans sourire néanmoins. Il ignora les regards et expressions bouches bées des élèves qui le fixèrent comme s'ils venaient de voir apparaître un fantôme. Et ne prit pas non plus attention aux chuchotements qui s'élevèrent aussitôt, ni le commentaire effaré d'une minuscule fillette "Qu'est-ce qu'il a à la tête ?". Se tournant vers le prêtre, il le se força à le saluer correctement.

- Désolé du retard, dit-il d'un ton beaucoup trop calme, comparé à d'habitude, ce qui contribua à choquer un peu plus d'élèves. J'ai été un peu retardé, ce matin.

La dernière phrase suintait l'ironie noire, ce qui était plus que perceptible. Un rictus déforma très légèrement son expression, durant un instant, puis il redevint impassible. Ce n'était pas le moment d'agiter les esprits. Pas encore. Mais ce n'était qu'une question d'heures...

- Puis-je tout de même rester à votre cours, mon Père ?

Il attendit la réponse du prêtre, alors qu'à présent, un silence de plombs était tombé. Et bien quoi ? D'accord, il revenait après deux semaines d'absence, après qu'on l'ait arrêté au beau milieu de la nuit dans le dortoir des garçons, mais sachant qu'ici, les trois quarts des élèves se fichaient bien de ce qui se passait dans le Pensionnat... Il cligna des yeux pour chasser un léger mal de tête, sans doute dû aux trucs qu'on lui avait fait avaler la veille.

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Xavier Vilette
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MessageSujet: Re: Cours de religion   Lun 10 Fév - 19:36

Il parcourut la classe du regard, le cœur en paix seulement en voyant ces visages levés vers lui. Ils ne répondirent pas tout de suite, mais ce n'était pas un problème, le but de ce cours n'était pas de se presser. Il fallait prendre le temps de réfléchir, de se poser, de penser à ces questions. Il attendit patiemment que quelqu'un parle, et vit une élève lever la main. Miss Lecomte, une jeune fille qui se mettait toujours au fond de la chapelle lors de le messe. Elle ne se semblait que peu impliquée dans la Foi, alors que la France était tout de même la fille aînée de la Chrétienté. Rencontrer des personnes non-croyantes était très rare.

- Moi, je peux dire, je pense que l'espoir est quelque chose que l'ont peut croire, quelque chose qui nous rattache à la vie. On peut espérer, mais je pense que la foi n'a rien à voir la dedans !

Tout dépendait des points de vue. L'espoir était effectivement une force, une force impressionnante, l'une des rares forces qui poussait l'être humain à se dépasser. Et en quoi puiser l'espérance ? Pour la majorité des Français, cela était dans la Foi. Pour les personnes athées, plus rares, elles puisaient leur espoir dans l'amitié, l'amour... Tout le monde avait de l'espoir. Même lorsqu'on est au fond du trou, même lorsque les abîmes les plus profondes nous oppressent, il y a toujours une lueur, un espoir d'un avenir meilleur.

- L'espoir rend plus forte la personne, mais quand on subit un choc ou autre, l'espoir ne sert plus à rien et on ne veut plus croire que Dieu existe vraiment !

Il sourit doucement. Il suffisait d'écouter cette jeune fille pour sentir qu'elle n'avait pas connu de drame personnel. L'espoir servait à tout, bien au contraire, car les gens qui ne croyaient plus en rien, très souvent, mettaient fin à leurs jours, s'il ne leur restait plus une once d'espoir. En revanche, bien sûr qu'on pouvait ne plus vouloir croire en Dieu. Bien sûr que l'on pouvait lui en vouloir, rejeter la Foi après un drame.

- Voilà, ce que j'en pense, après d'autres personnes peuvent en penser différemment.

Il croisa les mains devant lui, alors qu'elle se rasseyait. Il était plutôt satisfait que des élèves jusque là très silencieux en cours commencent enfin à s'exprimer. Il allait répondre lorsqu'on frappa à la porte. Il lança un "entrez", et haussa légèrement les sourcils en voyant entrer le jeune Karinof. Il était donc de retour ? Xavier 'était beaucoup inquiété, après son arrestation nocturne, et ces deux semaines d'absence... Il était blessé, visiblement, mais gardait un visage impassible. Le prêtre répondit à son salut, alors que la classe s'agitait.

- Désolé du retard. J'ai été un peu retardé, ce matin.

Un peu retardé ? Bien que pâle, il semblait en relative bonne santé si on excluait l'hématome violet et noir qui couvrait sa tempe, ainsi que son teint pâle. Que lui était-il encore arrivé ? Que lui avait-on fait lors de son arrestation ?

- Ce n'est pas grave, mon Fils, répondit-il calmement.

Il était enfin revenu, c'était l'essentiel. D'étranges rumeurs circulaient, la tension montait, et des élèves comme ce jeune homme risquaient très gros. Trop impliqués, et surtout trop "visibles". Ils représentaient les têtes de la rébellion, les chefs en quelque sorte. Et tout le monde sait que lors d'événements de ce genre, ce sont les chefs, les décideurs qu'il faut abattre en premier. Jasper Karinof, par sa position, se promenait littéralement avec une cible dans son dos. La plupart des élèves en étaient sans doute inconscients, Xavier ne l'ignorait pas, mais d'autres voyaient sans doute à quel point tenir une certaine place pouvait se révéler dangereux...

- Puis-je tout de même rester à votre cours, mon Père ?

- Bien entendu. Asseyez-vous là, il y a une place libre.

Il attendit qu'il se soit installé avant de se tourner vers le reste de la classe. Jasper était pour les élèves ce que la directrice était pour les professeurs : la cible prioritaire, le point de mire dont il fallait se débarrasser. Il voulait aider, aider le Pensionnat, aider ces jeunes gens auxquels il s'était profondément attaché... Il ne voulait pas perdre, ici aussi, toute une vie de dévotion. Il avait déjà perdu son village, ses ouailles. Il ne voulait pas voir périr tous ces jeunes gens.

- Pour vous répondre, mademoiselle Lecomte, vous ne pouvez affirmer que l'espoir disparaît après un choc. Au contraire, l'espoir n'en est que renforcé par le besoin et l'envie de s'en sortir. Un espoir qui est renforcé par la Foi, par l'Amour de ses proches, ou par l'Amitié. Cependant, il y a bien entendu des personnes qui perdent la Foi.

Certains élèves semblaient concentrés, d'autres jetaient des regards en coin à Jasper, d'autres finissaient leurs nuits. Il marchait devant ses élèves, les couvant tous d'un regard bienveillant.

- On peut en vouloir à Dieu, ne plus croire après un drame personnel. Ce n'est qu'avec le temps que l'on comprend que l'amour du Seigneur ne peut que nous aider à nous relever. Cependant, ne forcez pas à faire côtoyer Foi et Espérance. Très peu de personnes sont non-croyantes, dans notre pays, mais celles qui ne le sont pas tirent l'espoir, très souvent, de l'amitié.

Il arrêta son mouvement, faisant face à ses élèves.

- Même dans les situations les plus terribles, l'espoir peut être trouvé. Parlons d'un phénomène récent, la Grande Guerre de 1914. - sa voix se teinta de tristesse, mais il tâcha de ne pas la montrer à ses étudiants - Où trouver l'espérance dans les pires horreurs des êtres humains ? Qu'en dites-vous, mademoiselle Collin ?

Il sourit à la jeune fille, assise non loin de lui, pour l'encourager à parler. Il ne fallait pas avoir honte de se livrer sans retenue, d'oser dire ce que l'on pensait. Parler restait le meilleur moyen de se décharger, d'affirmer sa personnalité.
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MessageSujet: Re: Cours de religion   Jeu 13 Fév - 20:37

Ses yeux s'ouvrirent. D'abord en une petite fente, puis plus grand. Elle se redressa sur son lit, puis en sortit. Elle fixa les rayons du soleil passé à travers la fenêtre de la chambre. Elle s'apprêta, puis sorti de la chambre pour aller dans la salle où le cours de Religion allait ce passer, aujourd'hui. Sur son trajet, elle aperçut Carolie et, étrangement n'était pas... Elle n'était pas gênée.

-«Carolie! Bonjour!»

Elle sourit à sa camarade.

-Carolie-«Oh! Bonjour Victoire, comment tu vas ?»

Carolie souriait tout en disant cela.

-«Je vais bien. Et toi?»

-Carolie-«Pareillement, merci!»

Victoire lui souriait, se mit à penser qu’elles devraient aller manger alors, d’un commun accord elles se dirigèrent vers le réfectoire pour aller manger toutes les deux. Et alors qu’elles se dirigeaient vers le réfectoire, elles croisèrent Salomée qui leur fit un signe de la main en souriant avant de continuer son chemin. Elles allèrent s’installer ensemble à une table puis mangèrent. Et une fois finit de manger elles se rendirent au cours de Religion par lequel tout le monde commençait aujourd’hui. Elles arrivèrent quelques secondes avant que la cloche ne retentisse. Le père Xavier arriva en souriant à tout le monde tout en les saluant avant de les faire passer en premier.

-Père Xavier-«Entrez, les Enfants.»

Victoire se dirigea vers l’un des premiers bancs et s’y installa, attendant patiemment la suite.

-Père Xavier- «Aujourd'hui, mes Enfants, nous allons parler de la Foi. de l'Espérance. Ces mots, dit ainsi, peuvent paraître obscurs ou anodins, mais ils sont pourtant chargés de fraîcheur et de force. Quelqu'un, parmi vous, peut-il nous donner sa propre définition de l'espoir ?»

L’espoir? Que... Eh beh, l’espoir avait une définition différente selon les points de vue, non? Victoire ne voulait pas répondre, elle ne voulait pas se faire remarquer, même si elle s’était mise aussi près du Père... Elle ne dit rien et personne ne parlait. Personne ne levait la main, aucune réaction... Victoire se mordit la lèvre quand elle entendit la voix de Salomée s’élever du fond de la classe -Elle tourna le regard en direction de la voix de cette dernière et ne la vit pas. Elle en conclut donc qu’elle devait être au fond.-

-Salomée-«Moi, je peux dire, je pense que l'espoir est quelque chose que l'on croit, quelque chose qui nous rattache à la vie. On peut espérer, mais je pense que la foi n'a rien à voir le dedans !»

Victoire ne dit rien, écoutant ce que sa camarade disait. La foi n'avait peut-être rien à voir là-dedans, mais...

-Salomée-«L'espoir rend plus forte la personne, mais quand on subit un choc ou autres, l'espoir ne sert plus à rien et on ne veut plus croire que Dieu existe vraiment !»

Victoire vit un sourire se former sur les lèvres du Père. Selon Salomée, l’espoir pouvait disparaître? C’était possible, ça? La jeune fille fronça les sourcils, perplexe. Si on perdait espoir, pouvait-on continuer à vivre ? L’espoir n’était-il pas capital à la vie ? Ne cessait-on pas d’espérer que demain serait un jour meilleur quand nous étions désespérés ? L’espoir ne fait-il pas partie de l’homme? C’était difficile à qualifier. Salomée se contredisait, en fait. Elle venait de dire que l’espoir nous rattachait à la vie, mais... D’un autre côté, elle disait que l’espoir ne servait à rien après un choc. Mais cessait-on d’espérer après un choc? N’espérions-nous pas, justement, après un gros choc, de pouvoir continuer à vivre?

-Salomée-«Voilà, ce que j'en pense, après d'autres personnes peuvent en penser différemment.»

Ne pouvions-nous pas avoir d’espoir après tout ça? Vivre malgré tout? Quelque part, nous avions tous espoir de revoir quelque chose de meilleur, toujours. Mais... Victoire se perdit dans ses pensées n’entendant que dans un murmure lointain une voix masculine. Des chuchotements s’élevaient dans tout le local.

-Voix-«Désolé du retard. J'ai été un peu retardé, ce matin.»

L’espoir était la raison qui nous retenait sur terre, si, nous cessions d’espérer, que nous restait-il?

-Père Xavier-«Ce n'est pas grave, mon Fils.»

Des murmures, rien que des murmures... Très vite, Victoire sortit de sa torpeur et réalisa que Jasper Karinof était revenu après deux semaines «d’absence». Victoire ne dit rien, bouche bée.

-Jasper-« Puis-je tout de même rester à votre cours, mon Père ?»

-Père Xavier-«Bien entendu. Asseyez-vous là, il y a une place libre.»

Victoire regardait Jasper aller s’assoir en remarquant l’hématome qu’il avait sur la joue... Elle ferma les yeux, ne voulant pas s’imaginer ce qu’il devait avoir subi.

-Père Xavier-«Pour vous répondre, mademoiselle Lecomte, vous ne pouvez affirmer que l'espoir disparaît après un choc. Au contraire, l'espoir n'en est que renforcé par le besoin et l'envie de s'en sortir. Un espoir qui est renforcé par la Foi, par l'Amour de ses proches, ou par l'Amitié. Cependant, il y a bien entendu des personnes qui perdent la Foi.»

Des personnes qui perdent la foi, des personnes qui perdent espoir avant de mourir. Des personnes qui perdent leurs proches. On pouvait tout perdre, rien n’était à l’abri de tout ça...

-Père Xavier-«On peut en vouloir à Dieu, ne plus croire après un drame personnel. Ce n'est qu'avec le temps que l'on comprend que l'amour du Seigneur ne peut que nous aider à nous relever. Cependant, ne forcez pas à faire côtoyer Foi et Espérance. Très peu de personnes sont non-croyantes, dans notre pays, mais celles qui ne le sont pas tirent l'espoir, très souvent, de l'amitié.»

L’amitié. Ce beau sentiment qui nous apportait sécurité, enrichissement et savoir. Aide du prochain. Victoire était perdue, d’une certaine manière, elle ne savait pas quoi faire.

-Père Xavier-«Même dans les situations les plus terribles, l'espoir peut être trouvé. Parlons d'un phénomène récent, la Grande Guerre de 1914.»

Victoire secoua la tête, comme pour se ramener à la réalité puis regarda de nouveau le Père.

-Père Xavier-«Où trouver l'espérance dans les pires horreurs des êtres humains ? Qu'en dites-vous, mademoiselle Collin ?»

Quoi? Hein? Maiiis... Victoire se mit à paniquer. Malgré le sourire encourageant du Père, elle sentit son cœur battre la chamade. Dans les pires horreurs des êtres humains? Eh bien... Victoire ferma les yeux, réfléchissant.

-«Je... Eh bien... Soit dans la foi, dans les actes généreux que nous faisons, soit...»

Les pires horreurs des êtres humains... Mais... Certains humains gardaient un bon fond, même en temps de guerre. N’y avait-il pas des médecins qui guérissait les blessés sur les fronts? Les humains avaient beau réaliser des guerres, faire des trucs horribles, ils n’en restait pas moins qu’il savait faire et répandre le bien, avoir confiance et toutes sortes d’autres sentiments positifs. Il ne fallait pas avoir peur d’eux, aussi cruels pouvaient-ils êtres parfois.

-«Nous pouvons trouver l’espoir d’un jour voir des hommes et des femmes capables de vivre en harmonie, de ne plus se battre les uns contre les autres, nous entre-tués pour des... Questions de pouvoir... Nous devrions apprendre à cohabiter ensemble, au lieu de nous faire subir tout ça. Nous pouvons aussi le trouver dans chaque naissance qui nous promettra des jours meilleurs, des lendemains plus heureux. À un retour chez nous pour revoir nos proches. Je pense que cela dépend beaucoup de la personne. De ce en quoi nous croyons.»

Victoire se tut. Elle ne savait pas quoi dire d’autre et avait peur d’avoir été trop loin. Elle baissa les yeux, rougissant.
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Xavier Vilette
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MessageSujet: Re: Cours de religion   Ven 14 Fév - 21:03

Xavier sentit que son élève paniquait avant même qu'elle n'ouvre la bouche. Il était tombée sur une angoissée... Il arrivait assez bien à les repérer, ayant toujours senti ce genre de choses assez facilement. Au séminaire, on l'appelait Père avant l'heure, car il était celui, parmi les étudiants, qui savait le mieux écouter et conseiller, par cette aptitude à reconnaître facilement ceux qui avaient un souci, qui étaient mal à l'aise, ou autres. Aptitude développée durant la guerre. On ne pouvait être brancardier sans savoir écouter les autres et les soutenir. Sans être capable de douceur.

Mais tout le monde ne comprenait pas la douceur. Une soirée, alors qu'il pansait les blessés et administrait l'extrême-onction aux mourants qui le lui demandait, son supérieur hiérarchique était venu lui cracher qu'on n'avait pas besoin de ça ici, que ce n'était pas le moment de perdre son temps avec les sacrements, pas au beau milieu d'une guerre. Xavier l'entendait encore hurler, même des années après : "Ici, mon Père, vous n'êtes pas dans votre paroisse ! Ayez un peu le sens des priorités !" Une tête de lard, celui-là... Paroisse ou pas paroisse, jamais le vieil homme n'aurait refusé d'administrer l'ultime sacrement à un mourant.

- Je... Eh bien... Soit dans la foi, dans les actes généreux que nous faisons, soit...

Elle osait s'exprimer, même si elle était très hésitante. C'était une de ces nouvelles, qui était arrivée au cours de cette année. Encore une petite sans problème majeur, qui restait loin des ennuis. Il était incroyable de voir à quel point on pouvait trouver deux types d'élèves bien distincts dans cette école. Il y avait ceux qui s'impliquaient, se battaient. Et ceux qui laissaient les choses couler sans rien dire.

- Nous pouvons trouver l’espoir d’un jour voir des hommes et des femmes capables de vivre en harmonie, de ne plus se battre les uns contre les autres, nous entre-tuer pour des... Questions de pouvoir... Nous devrions apprendre à cohabiter ensemble, au lieu de nous faire subir tout ça. Nous pouvons aussi le trouver dans chaque naissance qui nous promettra des jours meilleurs, des lendemains plus heureux. À un retour chez nous pour revoir nos proches. Je pense que cela dépend beaucoup de la personne. De ce en quoi nous croyons.

Il hocha la tête. Il surveillait son jeune élève, Jasper, du coin de l'œil. Juste au cas où il aurait un problème... Qui sait ce que ces barbares lui avaient fait, durant son absence. Il s'appuya un instant contre son bureau, éprouvant une douleur à la poitrine.Touché par un éclat d'obus en 1917, un de ses poumons était très endommagé, et depuis, le vieil homme souffrait lorsqu'il respirait. Il prit quelques secondes pour se remettre puis se redressa, adressant un sourire plus fatigué aux jeunes. La vieillesse avait aussi ses avantages, ils ne devaient pas croire le contraire.

- Vous avez tout à fait, raison, mademoiselle Collin. l'espoir est en chacun, peu importe le canal par lequel il nous arrive. Car ceux qui ne croient plus en rien ni personne, ceux qui n'espèrent plus ne peuvent vivre ainsi. Lorsque vous en êtes là, c'est la porte ouverte au suicide. Or, chaque vie est précieuse, mes enfants. La vie est un don qui ne se refuse pas.

Il dû s'asseoir à son bureau, se sentant épuisé. Mais il n'était pas question d'abandonner sa classe, ni quoi que ce soit de ce genre. Il avait des périodes où il se sentait un peu plus mal, particulièrement en hiver, mais ça ne durait qu'un temps. Il pouvait encore assumer son poste et ses responsabilités. Il le pouvait, et il le devait.

- Le mot Espoir est l'un des principaux mots clés de la Bible. Vous allez chacun, maintenant, prendre un exemple dans votre vie ou dans un événement qui vous a marqué. Ensuite, en vous appuyant dessus, vous expliquerez en quoi l'espoir en est une notion forte.

Sa voix avait repris un peu plus de vigueur durant la fin. Il laissa le temps aux étudiants d'accomplir l'exercice, croisant les mains en les regardant. Au bout d'un certain temps, il demanda à un volontaire de raconter son expérience, de partager ce qu'il avait tiré de l'exercice.
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Antoine Lefort
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MessageSujet: Re: Cours de religion   Sam 15 Fév - 17:51

Se lever ou ne pas se lever ? Tel était la question qui tournait en boucle dans l'esprit d'Antoine depuis approximativement une heure, trente-sept minutes, 28 secondes. Se lever ou ne pas se lever ? La tête enfouie dans son oreiller, il écoutait le dortoir encore paisible, les respirations régulières des garçons. Encore quelques minutes avant le réveil. Encore quelques minutes avant que, sortant de son lit, il ne fasse face au lit vide voisin, au lit vide de son meilleur ami. Deux semaines. Voilà deux semaines qu'on l'avait emmené il ne savait où. Il grogna et se leva finalement avec les autres, les cheveux ébouriffés, l'air endormi. Il jeta un coup d'œil à son emploi du temps, qui traînait sur sa table de nuit.

- Religion, marmonna-t-il en enfilant son uniforme.

Il s'efforça de ne pas prêter attention au sac de cours de Jasper, abandonné près de son lit, et suivit les autres. Après la toilette matinale et un rapide passage au réfectoire, il rattrapa Laura au détour d'un couloir et lui vola un long baiser, une main sur sa taille. C'était son petit rituel du matin, auquel il s'adonnait plus librement depuis que leur relation était officialisée. Il ne souvenait plus du moment où il avait commencé à voir Laura différemment, mais peu importe au final. Ce n'était sans doute qu'un simple amour de jeunesse, mais il suffisait à le rendre heureux.

Laura - On doit vraiment y aller ? Rester bêtement assis sur une chaise ne le ramènera pas... Je veux le retrouver, ça fait deux semaines.

- Moi aussi, soupira-t-il. Mais on a déjà séché assez de cours, on va finir par se faire virer.

Sa petite grimaça, puis arbora sa célèbre moue boudeuse avant de le suivre. Il lui prit la main pour l'accompagner dans les étages, suivant leur groupe. Il ne détestait pas ce cours, bien au contraire, mais il fallait avouer que son attention pour les études avait considérablement diminué depuis quelques temps. Ils entrèrent, juste devant le vieux prêtre, avec sa soutane noire. Ce n'était pas un mauvais bougre. Antoine l'avait toujours beaucoup apprécié, il était attentif, prévenant, et très alerte pour son âge.

La leçon débuta. Assis sur un côté de la classe, devant, Antoine relisait un passage de la bible. Quand il était petit, ses parents adoptifs lui lisaient parfois des passages, des histoires qu'il aimait bien, ou qui mettaient en scène une leçon de morale particulière. Le prêtre interrogea une élève de première, mais il ne fit pas attention à ce qu'elle dit. Il la connaissait, cette fille, elle était d'une naïveté complète. Et un peu arrogante. Il la voyait souvent traîner avec Carolie et Victoire. Il avait parfois travaillé avec Carolie, elle n'était pas cruche ni agaçante, au moins, peut-être un peu vive. Victoire, il ne lui avait jamais parlé. Assis à côté de Valentin, il fit un signe à Laura, plus au fond avec ses copines.

Salomée - Voilà, ce que j'en pense, après d'autres personnes peuvent en penser différemment.

Mmh ? Il n'avait pas écouté le moindre mot, trop absorbé. Il retenait un long bâillement, trouvant décidément qu'étudier la bible seul était plus intéressant qu'en classe, lorsqu'on toqua à la porte. Il releva vaguement le regard, prêt à voir débarquer un prof qui leur annoncera encore une nouvelle restriction, puis faillit succomber à une attaque lorsque la porte s'ouvrit sur Jasper. Stupéfait, Antoine s'appuya contre le mur, fixant son meilleur ami comme s'il était un fantôme surgit d'outre-tombe pour tous les liquider.

Jasper - Désolé du retard. J'ai été un peu retardé, ce matin.

Quoi ? "Désolé du retard" ? C'était tout ce qu'il trouvait à dire, cet imbécile ?! A la fois désespéré, choqué, et furieux, il ne se retint que d'extrême justesse de sauter sur son meilleur ami. Si on excluait l'hématome noir et violet à sa tempe, il avait l'air en bonne santé. Antoine mordit son crayon comme un enragé, pendant que son ami s'installait, obligé de passer ses nerfs sur quelque chose. Il n'arrivait pas y croire. Monsieur se faisait arrêter en pleine nuit, disparaissait DEUX SEMAINES, puis revenait comme ça, comme une fleur, en s'excusant du retard ! Jaspeeeeer.... Il n'écouta rien de la suite du cours, les yeux fixés sur la nuque de son meilleur ami. Devoir rester assis sur une chaise devenait tout à fait insupportable. Il croisa brièvement le regard de Dimitri. Lui aussi était sans doute perturbé.

Jasper - Même dans les situations les plus terribles, l'espoir peut être trouvé. Parlons d'un phénomène récent, la Grande Guerre de 1914. Où trouver l'espérance dans les pires horreurs des êtres humains ? Qu'en dites-vous, mademoiselle Collin ?

Antoine reporta le regard sur ses feuilles de note. Ce n'était pas possible, il se tramait quelque chose de peu nette, s'il était revenu comme ça, aussi simplement. Un autre élément l'agaçait prodigieusement dans l'affaire : l'inertie totale et complète des autres élèves. Ça ne pouvait tout simplement plus durer ! Et lorsque le prêtre lança un exercice, il trouva la solution en or. C'était le moyen idéal pour secouer un peu cette classe mollassonne. Il jeta quelques notes rapidement puis se porta volontaire à la demande du vieil homme. Se levant, Antoine alla devant la classe, faisant face à tout le monde.

- Pour moi, dit-il d'une voix neutre, l'espoir devient plus puissant lorsqu'on doit défendre une valeur qui nous est chère. On espère la transmettre à d'autres, et surtout veiller à son intégrité. C'est un espoir que l'on peut aussi placer dans les autres. Par exemple, exemple récent, quand on garde l'espoir qu'il y ait au moins une personne qui nous défende et nous ne laisse pas croupir injustement en prison.

Il adressa un signe de tête à Dimitri. Regardant la classe, il les scruta tous, les uns après les autres, tout en parlant.

- On doit aussi garder espoir lorsqu'on doit défendre la liberté. La démocratie. Les Droits de l'Homme. Hélas, peu de personnes semblent s'en soucier... Mais je garder l'espérance que cela change un jour, au moins un minimum. Ce n'est certes pas agréable de se balader avec une cible dans le dos, ce n'est pas facile de choisir clairement son camps, mais d'un autre côté, on peut considérer que refuser de défendre des valeurs pourtant fondamentales est un signe au mieux de faiblesse, au pire de lâcheté.

Cette dernière phrase, c'était un beau doigt d'honneur fièrement dressé sous le nez de tous ceux, au Pensionnat, élèves comme professeurs, qui se fichaient royalement de l'occupation des militaires, qui se moquaient des disparitions, qui n'en avaient rien à faire qu'on leur prive de liberté.

- Pourtant, certains gardent toujours espoir, même dans les pires situations. Et je vous pose la question à tous, l'espoir vous donne-t-il la force de vous battre ? Qu'est-ce qui vous pousse à continuer ? Et que pouvons-nous endurer, encore et encore, pour ne pas nous perdre nous-même ?

Il croisa le regard de son meilleur ami, durant un instant. Il avait l'air abattu, ce qui effrayait Antoine. Il ne devait pas se laisser aller, ni se laisser dicter sa conduite ! C'était lui, le chef de file de la résistance parmi les élèves. Son caractère, sa ligne de conduite, son comportement, tout le destinait à cette place. "Parle-leur, toi" le supplia-t-il mentalement. "Parle, dis quelque chose, fais-les réagir !"

- Mais peut-être d'autres, ici, ont plus à dire sur le sujet ?
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Cours de religion   Mar 18 Fév - 17:53

Jasper s'assit à une place libre du premier rang. Il était épuisé, mais grandement reconnaissant au prêtre de lui avoir épargné le moindre commentaire. Il avait besoin d'un peu de temps. Juste un petit peu de temps pour reprendre ses esprits. Quelques minutes, ou une petite heure, c'était tout, rien de plus. Autour de lui, le cours continuait comme il avait commencé, normalement, tranquillement, sous l'égide de leur professeur. Jasper appuya sa tête sur sa main, posant le coude sr la table. Bizarre... Il sentait comme deux énergies débordantes fixés sur lui...

Victoire - Je... Eh bien... Soit dans la foi, dans les actes généreux que nous faisons, soit...

Mmh ? Quel était le sujet, au juste ? Il caressa le dos de sa bible du bout des doigts, lentement, appréciant le contact du vieux cuir. C'était relativement apaisant, et ce geste familier l'aidait à retrouver quelques repères. Il faisait souvent ça, depuis qu'il était petit, et qu'il voulait prendre quelques minutes pour réfléchir et se reposer. Il aurait dû rester au lit ce matin, personne ne lui aurait rien dit. Mais voilà, il n'aimait pas qu'on s'occupe de lui, ni qu'on se fasse du souci pour lui, ce qui serait forcément arrivé s'il s'était arrêté à l'infirmerie. Ajouté à ça les instincts de plus en plus paternalistes de l'infirmier depuis qu'il sortait avec la Hyène... Non, très peu pour lui, il préférait aller en cours.

Prêtre - Vous avez tout à fait, raison, mademoiselle Collin. l'espoir est en chacun, peu importe le canal par lequel il nous arrive. Car ceux qui ne croient plus en rien ni personne, ceux qui n'espèrent plus ne peuvent vivre ainsi. Lorsque vous en êtes là, c'est la porte ouverte au suicide. Or, chaque vie est précieuse, mes enfants. La vie est un don qui ne se refuse pas.

jasper eut un sourire amer. Le dire, c'était très bien, mais dans les faits... Rien ne se traduisait ainsi. Personne, aujourd'hui, ne croyait vraiment à la valeur de la vie. Ou du moins, les gens accordaient moins ou pas de valeur à des vies qu'ils jugent moindres que la leur. Autrement dit, à bas les personnes possédant des dons, à bas les Juifs et les malades, à bas ceux qui ont trop d'argent, à bas les communistes, les prolétaires, les révolutionnaires, à bas les Russes et les Anglais, à bas les mutilés et les blessés. A bas tous ceux qui ne faisaient pas la "bonne et vieille France", à bas les étrangers, à bas tous ceux qui n'étaient pas conformes à ce que voulait la société !

Un cycle de peur et de haine les embrasait. Pas seulement en France, mais partout en Europe. L'Allemagne virait vers l'extrême-droite, un parti obscur montait lentement dans les scrutins. L'Espagne était aux mains d'un fasciste. L'Italie également. L'Angleterre se refermait sur elle-même. La Suisse se déclarait neutre, loin des yeux, loin du cœur. La Belgique n'avait aucun poids politique. L'Autriche tremblait, en attente de la prochaine catastrophe. Les actes antisémites se multipliaient sur tout le continent. La France s'enlisait, prenait des décisions inutiles, et pire que tout, ne savait pas reconnaître ses véritables ennemis.

Jasper fit tourner son crayon entre ses doigts, pensif. Après ce cours, il ira direct retrouver sa petite sœur, qui avait cours dieu seul sait où. Il réfléchissait à la suite des événements. Que faire, que dire, où aller ? Que faire à présent ? Sans vouloir tomber dans le pessimisme, il était légèrement pieds et poings liés, à présent. Oh, si légèrement... Aucun doute que ses gardes du corps n'allaient plus le laisser respirer une fois sans faire un rapport aux patrons. Un mouvement le ramena à la réalité et il sursauta légèrement. Antoine ? Il ne l'avait même pas vu, ne l'avait même pas remarqué en entrant ! Mais le voir lui fit chaud au cœur, c'est le moins que l'on puisse dire.

Antoine - Pour moi, l'espoir devient plus puissant lorsqu'on doit défendre une valeur qui nous est chère. On espère la transmettre à d'autres, et surtout veiller à son intégrité. C'est un espoir que l'on peut aussi placer dans les autres. Par exemple, exemple récent, quand on garde l'espoir qu'il y ait au moins une personne qui nous défende et nous ne laisse pas croupir injustement en prison.

Il parlait de Dimitri ? Mais pourquoi ? C'était quoi, l'exercice ? Jasper n'avait strictement rien suivi, et rien qu'à l'idée de travailler sérieusement cette heure-ci lui donnait mal à la tête. Il se contenta donc de regarder vaguement son ami, sans chercher spécialement à suivre. Qu'avait-il, comme cours, ensuite ? Ah oui, maths... Youpiiiiii....

Antoine - On doit aussi garder espoir lorsqu'on doit défendre la liberté. La démocratie. Les Droits de l'Homme. Hélas, peu de personnes semblent s'en soucier... Mais je garder l'espérance que cela change un jour, au moins un minimum. Ce n'est certes pas agréable de se balader avec une cible dans le dos, ce n'est pas facile de choisir clairement son camps, mais d'un autre côté, on peut considérer que refuser de défendre des valeurs pourtant fondamentales est un signe au mieux de faiblesse, au pire de lâcheté.

Jasper eut un léger sourire. Merci, Antoine, d'avoir enfin dit ça à voix haute devant tous ces moutons qui se fichaient de tout ! D'accord, tout le monde n'était pas capable de se battre, mais tout de même, la majorité d'entre eux pouvaient parfaitement ne serait-ce que participer à des actions mineures et ne le faisaient pourtant pas. Cette attitude faisait vomir le jeune homme. Il aurait voulu leur donner des baffes, les secouer, leur hurler dessus, leur mettre le nez directement dans ce qui se tramait, bref, les réveiller ! Ils n'avaient aucune conscience nationale, rien du tout ! Ils ressemblaient autant à de vieux flans que la Hyène.

Antoine - Pourtant, certains gardent toujours espoir, même dans les pires situations. Et je vous pose la question à tous, l'espoir vous donne-t-il la force de vous battre ? Qu'est-ce qui vous pousse à continuer ? Et que pouvons-nous endurer, encore et encore, pour ne pas nous perdre nous-même ?

L'espoir... ? Non, Jasper ne dirait pas ça. Ce n'était pas l'espoir qui le poussait. Plutôt un profond sentiment d'injustice, une soif dévorante de liberté, une envie mordante de rétablir un peu d'ordre. L'espoir venait ensuite, au cœur de l'action, mais il n'était pas le moteur principale. Jasper voulait vivre, maintenant, à fond, voir le monde et le toucher, il voulait accomplir ses rêves, il voulait se donner corps et âme pour tout ce qu'il aimait. Antoine demanda si quelqu'un voulait poursuivre sur le sujet. Jasper croisa son regard, et y lut une sorte d'attente. Il voulait qu'il prenne la parole ? Et pour dire quoi de plus ? Secouez-vous un peu avant de vous faire bouffer ? Il se leva néanmoins, et Antoine eut l'air comme soulagé.

- On peut dire, dit-il d'une voix lente, que l'espoir m'a surtout aidé à ne pas me cogner la tête contre le mur quand je vous vois, pratiquement vous tous, avachis, mous, et vous foutant totalement de ce qui se passe. J'ai aussi de l'espoir que ça change... un espoir très maigre...

Il leur adressa un sourire ironique. Peu importe, à présent, qu'on le prenne pour un cinglé, qu'on le déteste, qu'on le prenne en grippe, qu'on le haïsse. Il n'en avait plus rien à faire. Ses priorités avaient évolués et il n'avait pas l'intention de le cacher. Il adressa ensuite un sourire d'excuse au Père Vilette.

- Où en serait-on, mon père, si vous n'aviez eu à faire qu'à ça durant la Grande Guerre...

Il retourna s'asseoir, les mains croisés sur son bureau.

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Cours de religion   Dim 23 Fév - 17:07

Cela faisait deux semaines que Jasper avait disparu. Deux semaines que Laura laissait plus ou moins ses devoirs s’entasser, sans prendre garde aux remarques et menaces des professeurs. Oui, ses notes dégringolaient, oui, elle n’avait plus envie d’écouter, et alors ? Son frère était introuvable, la directrice aussi, et personne ne semblait s’en soucier. Il fallait bien qu’elle fasse quelque chose, non ?! Au moins, Antoine la comprenait. A deux, elle ignorait s’ils allaient les retrouver, mais c’était toujours mieux que de ne rien faire, assis sur un banc toute la journée à suivre des cours qui n’allaient tout de même pas leur servir. Plus le temps passait, plus Laura se disait que, oui, ils étudiaient, mais que non, tant que ces militaires gardaient leur avenir entre leurs mains, ils n’auraient pas une vie normale.

Lorsque la vieille mégère de surveillante vint les tirer du lit, Laura se frotta les yeux, enfila son uniforme et consulta brièvement son emploi du temps. Religion. Bien qu’elle se soit lavée avec de l’eau froide, comme chaque matin, la motivation n’était pas plus au rendez-vous que cela. Elle avait bien envie de se faire porter malade, ce qui ne serait pas surprenant – et tous les professeurs le savaient. Tous les matins, à chaque fois qu’elle allait rejoindre Antoine, Laura espérait l’espace de quelques secondes. Comme si, d’un coup, Jasper allait réapparaître, comme s’il allait revenir d’un claquement de doigts, et tout redeviendrait comme avant. Mais non… La déception prenait place.

Enfin, presque. Depuis que leur relation était officielle, Antoine l’embrassait tous les matins, c’était leur rituel, leur habitude. Aussi futile ce geste soit-il, il rendait le sourire à Laura. Ca, au moins, les militaires ne pouvaient le leur prendre. Personne. Même Jasper avait bien réagi, ce qui était un miracle. Oh, oui, peut-être n’était qu’un amour passager, comme le disaient certains, y compris ses copines, mais Laura s’en fichait. Elle aimait Antoine, il l’aimait, c’était tout ce qui importait. A vrai dire, elle ne cherchait pas à regarder plus loin… Surtout depuis que son grand frère demeurait introuvable. Ne se détachant pas encore d’Antoine, Laura releva la tête après un moment et lâcha :

Laura – On doit vraiment y aller ? Rester bêtement assis sur une chaise ne le ramènera pas... Je veux le retrouver, ça fait deux semaines.

Antoine – Moi aussi. Mais on a déjà séché assez de cours, on va finir par se faire virer.

Beuh. Il marquait un point, là. Ils avaient séché beaucoup trop de cours en l’espace de deux semaines, plus qu’en l’espace de plusieurs années, et les professeurs n’allaient pas fermer les yeux sur leur comportement s’ils continuaient. Même s’ils avaient une raison, eux. Mais bon… Ne pas tenter le diable. Laura grimaça en réalisant qu’ils allaient devoir aller au cours, puis bouda tout simplement en suivant tout de même Antoine, main dans la sienne. C’était injuste. Complètement injuste. Elle voulait retrouver son frère, rester assise sur un banc d’école n’allait pas le ramener !

Laura rejoignit ses amies, au fond de la classe, alors qu’Antoine alla avec les siens, tout devant. C’était un cours commun, avec un professeur gentil, donc rien à craindre. D’accord, ce n’était pas dans ses habitudes de rester dans le fond, mais cette fois, elle n’avait pas envie de participer, pas envie de répondre, envie de rien. Pendant tout le début de l’heure, elle n’entendit qu’à peine ce que le professeur leur disait, étant là seulement physiquement. Il faudrait qu’elle s’excuse, à la fin, tout de même. Le Père Vilette savait que Laura n’était pas bien à cause de son frère, c’était sans doute pour cela qu’il la laissait tranquille, mais c’était irrespectueux. Il faudrait qu’elle aille le trouver. Laura remarqua alors un signe d’Antoine et lui lança un regard discret. Une bêtise ? Merci, oui, oui, oui ! Ce n’était pas contre le prêtre, mais elle n’avait pas envie d’écouter, cette fois !

Quelqu’un frappa alors à la porte, Laura tournant la tête plus par habitude que par curiosité. Cependant, lorsqu’elle vit la personne qui avait frappé, son cœur s’arrêta. Elle avait l’impression de rêver et dut se pincer pour être sûre de ne pas s’être endormie. Ses amies s’étaient retournées vers elle, tandis que l’adolescente ne cessait de fixer le nouvel arrivant. Jasper. Son frère. Son grand frère. Il était revenu. Il était entier. Il avait quelques blessures, mais il allait bien. Non mais, il était là quoi ! En face d’elle ! Là, en chair et en os ! Là, en un seul morceau ! Il parlait, il marchait ! Il était vivant ! Vivant !

Jasper – Désolé du retard. J'ai été un peu retardé, ce matin.

… Pardon ? C’était une blague, n’est-ce pas ? Laura avait ouvert la bouche, tant elle était choquée. Ses amies lui lançaient des regards de plus en plus inquiets, s’attendant sans doute à ce qu’elle s’évanouisse sous leurs yeux. Eh, oh, ça va ! Elle ne l’avait fait qu’une fois, pas la peine de s’alarmer ! Alors que Jasper alla s’installer sans même les voir, Laura jeta un regard à Antoine qui semblait aussi désespéré qu’elle. Il disparaissait pendant deux semaines et revenait comme si rien ne s’était passé. Bon, d’un côté, cela montrait qu’il était en bonne santé et qu’il n’avait pas subi de lavage de cerveau, mais tout de même. Elle n’arrêtait pas de le regarder, de le détailler, de chercher une quelconque blessure. Lui s’obstinait délibérément à fixer son banc, évitant le regard des autres, ne remarquant définitivement pas la présence de sa sœur et de son meilleur ami. Pas grave, elle lui sauterait dessus à la fin.

A un moment, il leva le regard. Laura remarqua qu’Antoine était devant tout le monde mais… Non, son cerveau n’enregistrait pas ce qu’il disait. Désolée, hein, mais elle avait une raison, ici. Son frère. Son grand frère. Il était si près, et si loin à la fois. Elle n’avait qu’une envie : lui sauter dessus, l’embrasser, lui poser mille questions. Son impatience ne cessait de croître. Il fallait qu’elle se concentre sur autre chose… Antoine. Oui, Antoine. Pourquoi s’était-il proposé ? A tous les coups, il allait provoquer Jasper, pour au moins avoir des réponses. Peut-être valait-il mieux écouter, du coup.

Antoine – On doit aussi garder espoir lorsqu'on doit défendre la liberté. La démocratie. Les Droits de l'Homme. Hélas, peu de personnes semblent s'en soucier... Mais je garder l'espérance que cela change un jour, au moins un minimum. Ce n'est certes pas agréable de se balader avec une cible dans le dos, ce n'est pas facile de choisir clairement son camp, mais d'un autre côté, on peut considérer que refuser de défendre des valeurs pourtant fondamentales est un signe au mieux de faiblesse, au pire de lâcheté.

Laura ne put s’empêcher de faire un immense sourire en entendant cela. Il osait dire ce qu’eux pensaient tout bas, ce que les rares personnes défendant l’école avaient compris depuis longtemps. Mais non, les élèves ici ne semblaient pas le comprendre. Naturellement, rester assis sagement sur des bancs est plus prudent que de se balader avec une cible sur le dos. Une cible en rouge et blanc qui clignote et qui hurle « Je suis là, attrapez-moi ! ». Mais non. Les élèves, eux, préféraient la sécurité. Ils ne devaient pas avoir compris ce que comptaient faire les militaires. Désespérant.

Antoine – Pourtant, certains gardent toujours espoir, même dans les pires situations. Et je vous pose la question à tous, l'espoir vous donne-t-il la force de vous battre ? Qu'est-ce qui vous pousse à continuer ? Et que pouvons-nous endurer, encore et encore, pour ne pas nous perdre nous-mêmes ?

Laura retenait son souffle, inconsciemment, convaincue qu’ils allaient enfin réagir. Antoine avait lancé un regard à Jasper, attendant sans doute qu’il en rajoute une couche pour tenter de les faire bouger. Bon, intérieurement, l’adolescente savait que c’était simplement un moyen pour lui parler et avoir enfin quelques explications. De toute manière, si lui ne l’avait pas fait, elle l’aurait fait. Attendre la fin du cours ? Même pas en rêve ! C’était son frère ! Mais heureusement, Jasper se leva. Laura ignora promptement le regard éberlué de ses amies, fixant son frère, écoutant la moindre de ses paroles. Des paroles. Sa voix. C’était irréaliste. Mais il était là.

Jasper – On peut dire que l'espoir m'a surtout aidé à ne pas me cogner la tête contre le mur quand je vous vois, pratiquement vous tous, avachis, mous, et vous foutant totalement de ce qui se passe. J'ai aussi de l'espoir que ça change... un espoir très maigre...

Laura lança un regard à ses amies, triomphante, l’air de dire « C’est mon frère » ou encore « Prenez ça dans les dents ! » ou « Ca vous suffit ? ». L’ensemble des élèves étaient choqués, mais peu importe. S’il fallait leur dire platement la vérité, sans utiliser d’artifice, ils le feraient. Un silence de plomb était tombé sur la salle, et pourtant, Laura se sentait plus légère que jamais. Elle avait envie de hurler, de sauter, de prendre son frère dans ses bras, de narguer les militaires… N’importe quoi, mais elle se sentait bien plus légère que ce matin et souriait comme une imbécile. Allez, plus que quelques minutes. Quelques minutes et le cours serait terminé.

Jasper – Où en serait-on, mon père, si vous n'aviez eu à faire qu'à ça durant la Grande Guerre...

Ils en seraient à un point de non-retour. Ce serait catastrophique et indescriptible. Peut-être même certains élèves, ici, n’auraient-ils jamais vus le jour. Mais cela, c’était une autre histoire. Jasper retourna s’asseoir, tout naturellement, comme s’il n’avait rien dit. Le cours se poursuivit très peu de temps et le Père Vilette le clôtura enfin, les laissant sortir. Devant la cohue des élèves qui sortaient sans oser jeter un seul regard à Jasper, Laura n’eut aucun mal à le repérer et parvint à le rejoindre en un rien de temps. Aussitôt près de lui, elle lui sauta dessus, laissant les larmes couler, hurlant son prénom. Des larmes de soulagement, de bonheur, de colère aussi. Mais pas contre lui. Elle le touchait, il était là, en face d’elle. Dans ses bras. Il était là ! Relevant la tête, elle lâcha entre deux reniflements :

Laura – J’ai cru… qu’on ne te retrouverait jamais. J’ai cru que je t’avais perdu à jamais, qu’ils t’avaient eu, que…

Du calme. Respirer. Il n’allait rien comprendre, autrement. Elle ne parvint pas à terminer sa phrase, pleurant à nouveau en serrant son frère dans ses bras. Il était là. Il n’avait rien. Elle ignorait ce qu’il avait vécu, mais il n’avait rien. Rien du tout, sinon quelques blessures. Antoine les avait rejoints, lui aussi. Sans pouvoir attendre une seconde de plus, Laura posa les questions qui lui brûlaient les lèvres depuis plus d’une heure :

Laura – Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ? Où étais-tu ? Tu n’as rien ? Ils t’ont dit quoi ? Comment ça se fait que tu sois ici ? Tu t’en es sorti comment ? Tu es libre, maintenant ? Vraiment libre ? Ils t’ont nourri et tout ?

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Cours de religion   Lun 24 Fév - 20:18

Jasper se frotta légèrement la nuque en soupirant. Il ignorait si dire les choses aussi platement allait faire bouger ou non cette bande de mollassons affligeants. Il était face à une véritable armée de vieux flancs bien moisis et mous, qui répandaient leur graisse sur le sol en se traînant à vitesse d'escargot, satisfaits d'eux-même, ne voyant rien, n'entendant rien. Et comment animait-on un flanc ? Comment transformer ces blocs de graisses spongieux et à moitié liquide en une chose consistance et dure ? C'était une mission impossible, autant essayer de voler jusqu'à la Lune en se faisant pousser des ailes ! Cette attitude le dégoûtait. Il repensait à tous ces adultes, à ce foutu hôpital de Gray. Eux avaient des valeurs, eux n'hésitaient pas à se dresser contre la tyrannie. Mais un flanc ne pouvait comprendre ça.

Il écouta à peine la fin du cours, plongé dans ses pensées. Pour le moment, durant un temps, il allait falloir qu'il se tienne tranquille. Un séjour à Gray lui avait suffit, inutile de recommencer. Il fallait qu'il se fasse un peu oublier avant de recommencer leurs actions. Il connaissait à comprendre comment fonctionnaient certaines choses, et puisque l'attaque frontale ne fonctionnait pas, autant tester une autre approche, peut-être plus vicieuse, mais qui sera sans doute plus efficace. Il avait horreur des coups en traître, estimant que lorsqu'on se battait, il fallait le faire en face ou pas du tout.

D'accord, ce n'était pas forcément la meilleure méthode pour rester en bonne santé.

La fin du cours sonna, et Jasper rangea lentement ses affaires. Il ne savait plus ce qu'il avait ensuite. Quelque chose comme science ou chimie. Épuisé, il soupira longuement, ignorant les flancs qui l'évitaient franchement. qu'ils aillent donc se traîner et baver ailleurs, il n'avait pas envie de les observer, encore moins de vomir. Il était à peine sorti qu'il aperçut tout à coup Laura. Son cœur rata un battement et il eut à peine le temps de lui ouvrir les bras avant qu'elle ne se jette dedans.

Laura – J’ai cru… qu’on ne te retrouverait jamais. J’ai cru que je t’avais perdu à jamais, qu’ils t’avaient eu, que…

Elle pleurait en se blottissant contre lui. Il lui frotta doucement le dos, la laissant déverser ses larmes. Chuuut... Là, tout va bien. Tout va bien. Il était si heureux de la retrouver, la serrer dans ses bras. Il avait passé des jours à se demander si on lui avait pas fait du mal à elle aussi, mais elle allait bien. Il soupira légèrement, échangeant un long regard avec Antoine. Au moins, il avait pris soin de sa petite sœur pendant son "absence". Il ferma un instant les yeux, la serrant simplement dans ses bras, doucement, sans que rien d'autre ne vienne les déranger.

Laura – Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ? Où étais-tu ? Tu n’as rien ? Ils t’ont dit quoi ? Comment ça se fait que tu sois ici ? Tu t’en es sorti comment ? Tu es libre, maintenant ? Vraiment libre ? Ils t’ont nourri et tout ?

- Non, je ne suis pas libre, répondit-il dans un murmure en lui essuyant ses larmes du bout des doigts. Calme-toi...

Il lui prit la main pour l'entraîner plus loin, dans un coin plus discret. Il avait encore du temps avant son prochain cours, et de toute façon, il se fichait bien de sécher un peu aujourd'hui. Il tenait déjà à peine sur ses jambes. Il s'assit dans un coin avec Antoine et Laura, se calant de façon à bien s'appuyer contre le mur, avec un petit soupir. Personne ne viendra les déranger ici.

- J'étais à Gray, murmura-t-il pour eux deux. Dans une sorte de... D'hôpital, on peut appeler ça comme ça.

Il leur raconta à voix basse tout ce qui s'était passé durant ces deux semaines. Ses tentatives d'évasion, et les coups qui vont avec, les examens qu'on lui avait fait passer, les docteurs, ce qu'il avait vu et entendu, les médicaments, tout.

Laura – Et... Mais qu'est-ce qu'on fait, alors ? On ne peut pas les laisser continuer...

- Rien, marmonna-t-il en grimaçant et en portant une main à son cou. Pour l'instant, on ne fait rien... Faut que j'aille en maths.

Laura – Ah non, faut que tu te reposes ! On cherchera quoi faire plus tard, d'accord, mais toi non plus, tu ne fais rien.

- Mouais, murmura-t-il d'une voix plus faible. Laisse...

Il s'affaissa contre le mur, avec un très long soupir, puis contre le sol, à moitié évanoui. Bon, ce coin était décidément très agréable pour dormir un peu...

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