1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Rendez-moi mon frère !

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Rendez-moi mon frère !   Ven 24 Jan - 22:02

Jasper avait disparu. Son frère. Son grand frère. Ces mots tournaient en boucle dans la tête de Laura depuis que la directrice le lui avait annoncé. Elle ne cessait de se tourner encore et encore dans son lit, cherchant une solution. Rester calmement au Pensionnat alors que son frère était elle ne savait où ? Hors de question ! Peu importe s’il l’engueulait après, elle ne voulait pas le perdre. Peut-être son don n’était-il pas très fort, peut-être le maitrisait-elle relativement mal mais peu importe. Laura ne voulait pas, elle ne pouvait pas rester les bras croisés pendant qu’il souffrait. Dieu sait ce que ces militaires odieux, horribles, stupides, cruels et sadiques pouvaient faire à Jasper. C’était décidé. Elle devait le retrouver, l’aider, savoir au moins où ces fichus hommes en vêtements bizarres kakis et trop laids le retenaient.

Sans attendre une seconde de plus, Laura sauta de son lit, aussi silencieuse que possible, et parvint à sortir du dortoir jusqu’à atteindre une des cachettes que Jasper lui avait montrées. Ca, c’était fait. Plus qu’à sortir du Pensionnat pour aller fouiller dans les papiers des militaires afin de trouver l’information qu’elle souhaitait. Une information. Un lieu. Un indice. N’importe quoi. Elle voulait uniquement savoir cela. Le reste, peu importe, elle se fichait bien de ce que faisaient les militaires pour l’instant. Laura voulait retrouver son grand frère, le serrer dans ses bras, ne plus le lâcher, ne plus le perdre de vue et ne plus laisser ces monstres les séparer. CE monstre en particulier. Celui qui avait laissé ces hommes faire tout cela. Leur père. Ou du moins, celui qu’ils devaient appeler comme ça mais qui n’en avait que l’étiquette, et rien de plus.

Laura descendit, la rancœur l’envahissant de plus en plus, atteignant les souterrains pour aller fouiller dans ce qui l’intéressait. Les bureaux. Par chance, la nuit, il n’y avait guère de surveillance de ce côté-là et l’accès y était donc facilité. Seul petit problème : les portes étaient fermées. Du calme, ne pas paniquer. C’était un jeu d’enfant, Jasper lui avait tout appris. La panique lui faisait perdre ses moyens, elle n’y arriverait jamais, c’était fichu, son frère resterait enfermé à jamais et tout ça à cause d’elle. STOP. Fermant les yeux, Laura s’adossa à un mur après s’être cachée pour ne pas rester à découvert et réfléchit. Elle prit plusieurs inspirations pour retrouver son calme, ses souvenirs, les gestes que lui avait appris son frère. Il lui fallut quelques minutes supplémentaires pour être totalement calmée, quelques autres minutes pour retrouver ce que lui avait enseigné Jasper.

Retrouvant tous ses moyens, la jeune adolescente sortit de sa cachette en prenant garde à ne pas se faire voir et alla crocheter la serrure sans aucune difficulté. Le bureau s’offrait littéralement à elle, papiers débordants de partout. Mais Laura avait une cible bien précise en tête : l’endroit où les militaires détenaient Jasper. Des papiers venant tous du même destinateur, des papiers dont les montants à régler renvoyaient au même endroit, des fiches ou des sigles revenant souvent. N’importe quoi qui pourrait la mettre sur la piste.

Laura fouilla longtemps, veillant à ne pas se faire prendre, s’abaissant lorsqu’il le fallait, rallumant la petite lumière du bureau tout en diminuant son opacité au maximum avec tout ce qu’elle trouvait dans le coin. Une vraie fouille archéologique. Elle trouva pas mal d’informations, les produits amenés ici, le nombre de militaires sous tel ou tel ordre, les groupes, les émissions télévisées… Mais, parmi toutes ces informations, une seule attira le regard de l’adolescente. Une école, ou un lycée, ou encore un hôpital. Toujours un nom différent, mais cela semblait mélanger une maison pour riches, une école ou… Laura était perdue. Une même adresse revenait régulièrement, mais toujours sous des appellations différentes. L’adresse elle-même était étrange, situant l’endroit non loin de Paris mais en même temps à Gray ou encore complètement à l’opposée, au sud de la France. Pourtant, elle savait qu’il y avait quelque chose là-dessous.

Voix – Que fais-tu ici ?!

Oups. Un militaire était entré dans la pièce, Laura ne s’étant rendu compte de rien tant elle était absorbée par ses recherches. Ni une ni deux, elle dirigea ses mains vers lui en balançant tout ce qui se trouvait sur son passage en plus de l’eau et lui donna un coup de pied bien placé, juste pour l’empêcher d’alerter tout le monde. Elle se brûla au passage avec la bougie mais n’y fit pas attention. L’adolescente courut aussi vite qu’elle le put en se cachant partout où elle pouvait, entendant des cris mais n’y prêtant pas attention. L’adrénaline y étant sans doute pour quelque chose, Laura parvint à rejoindre les dortoirs après s’être cachée dans un de leurs repaires secrets pendant une heure et demie. Le reste de la nuit – du moins, ce qu’il en restait… - fut consacré à des heures de cogitation, l’empêchant de dormir à cause de tout ce qu’elle avait lu.

Amélie – Laura, réveille-toi, on va être en retard !

Ouvrant péniblement les yeux, elle fit une grimace lorsqu’elle sentit son bras lui lancer à cause de la brûlure. Tant pis, pas le temps, elle était déjà en retard. Laura s’habilla aussi vite que possible, fit son lit, attendit le contrôle habituel et descendit manger. Grignoter plutôt, tant son cerveau avait du mal à connecter tous ses neurones.

Sophie – Bon sang, la tête que tu tires ! La prof’ va pas te lâcher, tu sais ? On a français, après le petit-déjeuner.

Laura – Mais toi, tu peux me lâcher. La prof’ dira rien, j’ai des raisons de tirer une sale tête aujourd’hui.

Une fois le repas terminé, les élèves allèrent en cours, Laura suivant ses amies sans grand entrain. Elle répondit au bonjour de Madame Chevreuil mais devint beaucoup plus discrète ensuite. Elle se sentait mal, comme si un étau lui compressait la tête, comme si quelque chose frottait contre son bras, une bouffée de chaleur se faisant de plus en plus pressante. Laura commençait à sentir les nausées venir et leva la main pour demander la permission de sortir puis… Plus rien. Le trou noir. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, l’adolescente se trouvait dans une pièce qu’elle ne connaissait pas, dans un lit, avec des odeurs étranges. Elle était où, au juste ?

Laura – Qu’est-ce que… Il y a quelqu’un ?

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MessageSujet: Re: Rendez-moi mon frère !   Ven 24 Jan - 22:57

Estelle dormait mal en ce moment. Tous les soucis qui pesaient sur le Pensionnat l'épuisait totalement. Elle essayait de se concentrer sur son travail, sur son bébé, sur ses projets futurs avec son doux François. Il pensait devenir professeur à son tour, afin de rester plus près d'elle, veiller sur elle et sur leur fils. Elle avait fondu lorsqu'il lui avait dit cela. Il était si tendre, si adorable, si protecteur envers elle ! Elle ne regrettait en rien de l'avoir épousé. Il était prévenant, doux, tâchait de lui offrir le meilleur à chaque instant de sa vie. Elle sourit en pensant à lui, couchée dans son grand lit. Il était à Paris, en ce moment, pour surveiller ses affaires.

Elle finit par se lever, s'habillant en chantonnant, ne pouvant malgré tout se départir de sa bonne humeur coutumière. Il fallait bien continuer à remonter le moral des élèves, les soutenir, leur prouver qu'ils pouvaient continuer leurs études malgré tout ! Elle sourit d'autant plus en réveillant son bébé, le portant à son sein pour qu'il puisse téter.

- Bois, mon chéri, tu dois devenir grand et fort.

Elle le regarda avec amour alors qu'il buvait doucement. Et dire que des femmes préféraient donner le biberon plutôt que d'allaiter. Totalement inconcevable pour elle ! Un enfant ne pouvait grandir convenablement s'il n'était pas au sein de sa mère lors de la première année de sa vie. Elle s'occupa de lui, lui faisant prendre son bain, l'habillant, le coiffant avec amour. Elle jouait avec lui, lui chantonnant des berceuses. Elle s'occupait toujours de son fils avant de s'occuper d'elle-même.

S'habillant d'un corsage et d'une jupe longue, elle mangea ensuite rapidement, puis prit ses affaires de cours. Le pensionnat était assez morose, mais Estelle était bien déterminée à pousser ses élèves à ne pas se laisser aller. Ce n'était surtout pas le moment. Elle fit entrer sa classe. Elle n'avait cours que ce matin, aujourd'hui. Elle était lancée en pleine explication de l'époque du Directoire lorsqu'un de ses élèves poussa un petit cri et désigna Laura Karinof qui venait de s'évanouir. Estelle se précipita sur elle, puis fit sortir les autres élèves. Pauvre petit chou, c'était sûrement à cause de son frère...

Décidée à ne pas la laisser toute seule à déprimer, surtout si elle était malade, la jeune mère demanda à Valentin à l'installer chez elle, dans ses appartements. Il fallait qu'elle se repose dans un endroit calme et tranquille, et qu'elle prenne un bon déjeuner, aussi. La laissant dormir sur son propre lit, Estelle commença à préparer le déjeuner. De la viande rouge, des légumes à mijoter, de quoi redonner une santé à la jeune fille. Wyatt jouait avec sa peluche dans son petit parc. Tout à coup, elle entendit du mouvement venant de la chambre.

Laura – Qu’est-ce que… Il y a quelqu’un ?

S'essuyant les mains, Estelle revint dans la chambre et sourit à la fillette.

- Re-bonjour, ma puce. Tu as fait un petit malaise pendant mon cours. Comment te sens-tu ?

Laura – Pendant... Je suis désolée, je ne voulais pas. Je vais bien... Merci.

Elle regarda autour d'elle, les joues un peu rouges. Estelle lui sourit, lui assura que ce n'était rien, puis l'incita à se lever et à la suivre. Lorsqu'elles revinrent dans la pièce, le petit Wyatt babilla en regardant l'inconnu. Elle s'agenouilla près de son espace de jeu, et lui chatouilla la joue. Son bébé, qui avait déjà six mois. Il l'émerveillait chaque jour qui passait, et elle ne pouvait passer ses journées sans le voir, l'embrasser, le serrer avec amour dans ses bras. Elle se releva et fit signe à Laura qu'elle pouvait approcher sans peur, et ne pas être timide.

- Tu peux le surveiller et jouer avec lui le temps que je finisse de préparer le repas ? Tu vas manger ici ce midi, il faut te remplumer un peu, je te trouve trop maigre.

Elle remit son tablier, puis retourna couper viande et légumes. Elle avait toujours aimé cuisiner. Lorsqu'elle était toute jeune, elle traînait dans les jupes de toutes les femmes de la communauté pour apprendre à cuisiner de petites choses. Une fois chez les Religieuses, elle en avait plus appris. Pendant que Laura jouait avec Wyatt, elle termina de préparer le repas. Elle mit deux assiettes et des couverts, s'assura que Wyatt était bien installé, bien propre, puis dit à Laura de s'asseoir, que c'était prêt.

- Tu vas te reposer ici cette après-midi, je serais plus rassuré après que tu ais dormi un peu. En attendant, tu vas faire un bon repas.

Elle lui remplit son assiette avec une grosse cuisse de poulet et une bonne louche de légumes mijotés. Tout en s'assurant qu'elle mangeait bien, elle se fit un devoir de lui changer les idées, de la distraire. Mais elle s'inquiétait elle aussi. Pour Jasper, mais aussi pour Gabriella. Voyant que la petite restait triste malgré tout, Estelle lui tapota la main.

- Je m'inquiète aussi, tu sais. Gabriella aussi a disparu... Mais si tu t'agites trop, tu pourrais subir le même sort qu'eux deux.
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Rendez-moi mon frère !   Sam 25 Jan - 11:38

Madame Chevreuil – Re-bonjour, ma puce. Tu as fait un petit malaise pendant mon cours. Comment te sens-tu ?

Pendant… Oh… Oh. Oups. Laura sentit le rouge lui monter aux joues alors que sa professeure de français franchit la porte de la pièce. S’évanouir pendant le cours de Madame Chevreuil… Très mauvaise idée. Bon, elle était gentille, là n’était pas le problème, mais tout le monde savait que cette professeure était très protectrice et être mal à son cours signifiait « surveillance rapprochée pendant un long moment ». Seulement, la jeune adolescente ne faisait même pas attention à cela. C’était étrange de se retrouver dans un lit, après avoir été mal, sans se faire engueuler et mieux encore : avec une voix gentille, souriante, des paroles gentilles. Laura mit un moment avant de répondre, regardant autour d’elle pour s’assurer qu’elle ne rêvait pas.

Laura – Pendant... Je suis désolée, je ne voulais pas. Je vais bien... Merci.

La professeure la rassura en lui disant que ce n’était rien et l’incita à la suivre. Hésitant toujours, Laura traina un peu et suivit timidement Madame Chevreuil jusqu’à la pièce voisine où elles trouvèrent le bébé en train de jouer, babillant en voyant l’adolescente. Elle resta à l’écart, ne voulant pas s’immiscer dans ce moment de tendresse et déranger sa professeure. Elle s’attendait à recevoir un sermon à tout moment, y étant habituée lorsqu’elle ne se montrait pas forte chez elle. Oui, d’accord, la prof de français n’était pas comme cela mais… Laura ne pouvait s’empêcher d’avoir peur, même si elle se rapprocha en voyant le signe que lui fit Madame Chevreuil.

Madame Chevreuil – Tu peux le surveiller et jouer avec lui le temps que je finisse de préparer le repas ? Tu vas manger ici ce midi, il faut te remplumer un peu, je te trouve trop maigre.

Trop maigre ?! Mais Laura mangeait ce qu’ils lui donnaient, au Pensionnat ! Trop maigre… Non mais trop maigre, quoi ! Choquée, elle se regarda pendant un long moment, s’examinant sous toutes les coutures pour voir ce que sa professeure considérait « maigre ». Elle n’était pas maigre ! Cependant, rétorquer et essayer de riposter que tout va bien à Madame Chevreuil était du suicide. Laura acquiesça donc et se rapprocha de Wyatt pendant que sa professeure retourna dans ce qui devait être la cuisine. Après un certain moment, Laura rejoignit Madame Chevreuil lorsqu’elle l’appela et s’installa timidement à table, veillant à ne faire aucun bruit par habitude.

Madame Chevreuil – Tu vas te reposer ici cette après-midi, je serais plus rassurée après que tu aies dormi un peu. En attendant, tu vas faire un bon repas.

Bon repas, bon repas… Ce n’était pas pour un tout petit malaise en cours ! C’était la première fois que ça lui arrivait, en plus, et c’était uniquement parce qu’elle n’avait pas dormi, qu’elle était sortie, qu’elle avait eu peur, et tout ça. Bon, d’accord, elle avait grignoté ce matin plutôt que mangé véritablement, mais c’était la première fois. Et, en plus, sa professeure voulait qu’elle reste ici l’après-midi ? Mais et Jasper ? Et les cours ? Laura ne voulait pas le laisser tout seul, non plus ! Et si jamais il lui arrivait quelque chose ?

Il fallait qu’elle sorte plus tôt. Laura ne pouvait pas rester ici, les bras croisés, à se reposer alors que son frère souffrait ! Laura ne mangea que sans grand enthousiasme, finissant son assiette sous la surveillance de sa professeure, essayant de sourire mais ne cessant de regarder par-dessus son épaule, vers la porte. Lorsque cette dernière lui tapota la main, Laura leva le regard vers elle, l’écoutant.

Madame Chevreuil – Je m'inquiète aussi, tu sais. Gabriella aussi a disparu... Mais si tu t'agites trop, tu pourrais subir le même sort qu'eux deux.

Laura – La directrice ?!

Hein ? La… La directrice avait disparu aussi ? Quoi ? Mais quand ? Comment ? C’était impossible, Laura l’avait vue la veille ! C’était impossible. La directrice n’avait pas disparu, c’était une blague. Une mauvaise blague, rien de plus. Et si ce n’en était pas une, il fallait intervenir, et vite. Combien de personnes ces militaires allaient enlever ? Combien, au juste, allaient-ils faire taire ? Parce qu’il ne fallait pas être une lumière pour faire le lien entre Jasper et la directrice. Tous les deux étaient ceux qui faisaient le plus de bruit et causaient le plus d’ennuis aux militaires, les ralentissant dans leurs plans à tous les coups. Et Laura s’était fait prendre cette nuit… Heu. Oups ? Réalisant ce petit détail pas très très important, elle baissa le regard et lâcha après un long silence :

Laura – C’est un tout petit peu trop tard, je crois…

Maintenant, Laura s’attendait à voir débarquer les militaires en un rien de temps, avec tout le bordel qu’elle avait mis dans le bureau. Et en plus, elle n’avait fait que ralentir le militaire avant de s’échapper, elle n’avait pas cherché à se cacher ou quoi que ce soit. Prenant une voix de plus en plus basse, une vague de terreur l’envahissant soudainement, Laura débita à toute allure :

Laura – Je suis allée dans les bureaux des militaires cette nuit. Je voulais trouver Jasper, mon frère, je voulais pas le laisser tout seul ! Et un militaire m’a surprise… J’ai trouvé des informations, mais je l’ai un peu heu… frappé. Et j’ai pu m’échapper.

Laura fit une pause, reprenant son souffle, relevant la tête pour regarder sa professeure. Elle avait peur, elle avait fait une bêtise, oui, mais au moins elle avait des informations. Et c’était bien, ils allaient pouvoir les retrouver. Elle était petite et elle pouvait s’infiltrer partout. Ou alors, elle pouvait aussi se faire prendre, attendre qu’on vienne l’arrêter, et essayer de libérer son frère ou la directrice une fois sur place.

Laura – Ils sont à Gray. Ou pas loin de Paris. Ou dans le sud. Il y a plein de courrier qui provient de trois adresses, je sais pas pourquoi, j’ai pas compris. Mais je sais que ça veut dire quelque chose ! Je veux les retrouver… Je veux retrouver mon frère…

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MessageSujet: Re: Rendez-moi mon frère !   Jeu 20 Fév - 12:28

Laura – La directrice ?!

Oh, vrai, les élèves ne devaient pas encore être au courant, c'était logique. Estelle elle-même ne l'avait appris que ce matin, très tôt, par un Valentin affolé qui était venu les chercher dans la salle des professeurs. Sur le coup, la jeune femme ne l'avait as cru, courant au troisième étage et au bureau de Gabriella pour vérifier, mais elle avait dû se rendre à l'évidence. Son amie, sa sœur de cœur avait disparue. Passé l'instant de panique, il avait fallu faire face en cours, dire que tout allait bien, mais l'inquiétude lui tordait le ventre. Deux disparitions en si peu de temps... Qui sera le suivant ? Qu'allait-il se passer ?

Juliano l'inquiétait. Leur vaillant ancien combattant marchait mal mais il était encore vif. Il avait annulé ses cours de la matinée, pour sortir discrètement du pensionnat et partir faire ses recherches. Elle craignait qu'il ne lui soit arrivé quelque chose, à lui aussi... Il n'était toujours pas revenu, et midi était passé. Et s'il s'était fait prendre ? La plupart des autres professeurs ne s'en souciaient pas, en tout cas. Comme Sarah... Mais elle n'était as la seule. Elle ignorait l'opinion des autres. Leur bibliothécaire était trop imperméable pour qu'on puisse savoir ce qu'il pensait. Adrien ? Pareil, il cachait bien son jeu...

Laura – C’est un tout petit peu trop tard, je crois…

Estelle releva la tête, surprise. Qu'avait-elle fait ? Une vague de peur l'envahit. Laura était petite, si fragile ! Elle ne devait pas se fourrer dans les pattes des militaires, elle ne devait pas se mêler de tout ça, au risque de prendre quelques mauvais coups. Elle avait treize ans ! Trop jeune pour se battre, trop jeune pour s'impliquer dans ce genre d'affaire. Elle devait laisser ça à ses aînés, aux adultes.

Laura – Je suis allée dans les bureaux des militaires cette nuit. Je voulais trouver Jasper, mon frère, je voulais pas le laisser tout seul ! Et un militaire m’a surprise… J’ai trouvé des informations, mais je l’ai un peu heu… frappé. Et j’ai pu m’échapper.

Oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu. Estelle avait maintenant en tête l'image d'un énorme soldat surarmé menaçant une enfant gracile qui se protégeait avec ses bras en essayant de s'échapper, le tout dans une pièce très sombre au parquet grinçant, sur fond d'orage avec une musique à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Son instinct maternel lui hurlait de prendre Laura dans ses bras et de l'emmener très loin, très vite, la cacher quelque part où elle sera en parfaite sécurité. Et si les militaires arrivaient ici, maintenant ? Et s'ils essayaient de lui faire du mal ? Estelle n'avait as d'armes, mais bon, si elle frappait un soldat à la tête avec une bonne poêle en fonte de quelques kilos, l'effet sera le même.

Laura – Ils sont à Gray. Ou pas loin de Paris. Ou dans le sud. Il y a plein de courrier qui provient de trois adresses, je sais pas pourquoi, j’ai pas compris. Mais je sais que ça veut dire quelque chose ! Je veux les retrouver… Je veux retrouver mon frère…

Estelle réfléchit rapidement, reposant ses couverts. Elle comprenait ce que vivait Laura. Lorsqu'on avait la chance d'avoir un frère ou une sœur, il fallait tout faire pour le protéger. Elle avait appris cela, lors de sa vie en communauté. Lors de sa vie nomade ou dans la communauté religieuse, elle avait appris à protéger ses proches et ceux qui vivaient autour d'elle. Elle se leva ensuite, et fit signe à Laura de faire de même.

- Il ne faut pas foncer dans le tas sans réfléchir, sinon on se fait prendre... Prend ta veste.

Elle-même habilla son fils plus chaudement, et rajouta un pull pour elle-même. Elles n'allient pas dehors mais inutile d'attraper froid dans les couloirs. Prenant Wyatt contre elle, elle sortit, disant à Laura qu'elles allaient voir Adrien, que lui pouvaient les aider. Les membres du personnel vraiment impliqués se comptaient sur les doigts d'une seule main. Juliano, Gabriella, Adrien, elle-même, et peut-être le Père Vilette. Elle descendit l'escalier, alors que Wyatt s'agitait un peu dans ses bras. Poussant la porte de l'infirmerie, elle y fit entrer Laura.

- Adrien a obtenu quelques informations, lui aussi, expliqua-t-elle. Il pourra nous aider, je pense.

Elle n'était sûre de rien, mais qui ne tente rien n'a rien. Rehaussant Wyatt par un bras, elle frappa à la porte du bureau de l'infirmier, avant de la pousser.

- Adrien ? Pardon de te déranger... C'est par rapport à ta dernière course à Gray.
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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Rendez-moi mon frère !   Dim 23 Fév - 16:12

Adrien était affalé sur son bureau, la tête entre les mains, tremblant comme une feuille. Non, pour une fois, ce n'était pas une de ses légendaires gueules de bois qu'il peinait à cuver qui le mettait dans cet état. C'était plutôt sa capacité tout aussi légendaire à ne jamais voir les plus gros problèmes lorsqu'ils couraient pourtant vers lui à vive allure, juste avant qu'il ne se les prenne en pleine tronche. Et ça faisait très mal, en général. Il prit une profonde inspiration, hésitant entre se soûler jusqu'à se mettre plus bas que terre ou se jeter de suite par la fenêtre la plus proche. La dernière option était tentante, très tentante, mais il s'en voudrait de faire mal à un élève en tombant.

Il relut ce que lui avait envoyé son ancien collègue de Paris. apparemment, les médicaments qu'avait avalé le jeune Jasper étaient des produits expérimentaux, car on ne les retrouvait pas dans le circuit pharmaceutique habituel. Il y avait différents produits, et certains mélanges étaient dangereux, d'où les malaises qu'avaient fait le jeune homme. Adrien se sentait idiot de ne pas avoir pensé tout de suite à cette solution, qui crevait pourtant les yeux. Et coupable, aussi. Coupable de n'avoir rien pu faire contre sa disparition. Il soupira longuement, se renversant contre son fauteuil en se frottant les yeux.

- Saleté de vie, marmonna-t-il.

Il croisa son reflet dans le miroir accroché au dessus de la petite armoire de fer. Il avait l'air d'une loque, avec de grosses cernes mauves, une barbe de trois jours, la cravate de travers, la chemise froissée, sa blouse blanche froissée également, les cheveux mal coiffés qui lui tombaient en-dessous de l'oreille, ce qui était absolument inconvenable pour l'époque. Qu'est-ce que Sarah pouvait bien lui trouver ? Il ressemblait à un vieux chiffon qu'on aurait oublié de laver. On frappa tout à coup à la porte, qui s'ouvrit sur la jeune Estelle, son fils dans les bras. Oh, il était malade ? Il se leva avec difficulté, avisant tout à coup la petite Karinof derrière sa professeur. Il avait loupé une réunion ? Quelqu'un était mort ?

- Adrien ? Pardon de te déranger... C'est par rapport à ta dernière course à Gray.

Ah. Il soupira, passant une main dans ses cheveux, les ébouriffant encore plus qu'ils ne l'étaient déjà. D'accord, il comprenait mieux, là. Il fila à la porte, vérifiant qu'il n'y avait plus personne dans l'infirmerie ni aux alentours, puis fit entrer ses trois invités dans son bureau avant de refermer la porte. Autant être discret, après tout, Adrien n'avait jamais eu exactement la permission de se rendre à Gray, encore moins d'envoyer certains documents à son collègue pour des analyses.

- Ma dernière course à Gray, lâcha-t-il en se laissant lourdement tomber dans son fauteuil, face à ses invitées qui s'étaient assises. C'était bien une course, en effet, j'ai dû pulvériser le record du 10 kilomètres sur neige.

Il resta silencieux un petit moment, regardant alternativement Wyatt qui gigotait dans les bras de sa mère, Estelle qui le fixait avec espoir, et Laura qui avait l'air un peu malade.

- Ce sont des produits expérimentaux qu'on a fait avaler à Jasper, dit-il d'un ton sombre. J'ai reçu les résultats des analyses. Pas mortel, mais ça peut devenir dangereux à long terme. Je vous passerais les détails techniques...

Il tapota le dossier des doigts, grognant et frottant sa barbe un instant.

- Pas appris grand-chose sinon... Il y a eut d'autres disparitions, mais jusqu'ici, ce n'était que des adultes, principalement ceux qui avaient soutenus la dirlo. Il doit y avoir un endroit où on les retient, mais j'ignore où... Et vous ? Vous avez d'autres informations ?

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Rendez-moi mon frère !   Mer 26 Fév - 17:34

Madame Chevreuil semblait réfléchir et n’avait même pas hurlé lorsque Laura lui avait tout raconté. C’était étonnant, elle qui s’était attendue à se faire punir ou gronder… Mais non. Au contraire, la professeure était calme, comme si elle repensait à tout ce que l’adolescente venait de lui dire. Pendant ce temps, Laura ne bougeait pas, regardant sa professeure et attendant une réponse. Elle profitait de ce bref répit pour reprendre ses esprits, essayer de se remémorer ce qui s’était passé les dernières vingt-quatre heures et garder un point de repère en tête. Oui, elle se sentait mieux, mais de là à pouvoir subir un nouveau choc sans conséquences…

Madame Chevreuil – Il ne faut pas foncer dans le tas sans réfléchir, sinon on se fait prendre... Prend ta veste.

Hein ? Pour aller où ? Levant un sourcil, Laura s’exécuta néanmoins, se levant peu après Madame Chevreuil. Elle ne comprenait pas ce qu’elles allaient faire, ni où elles comptaient aller. A Gray ? Mais Laura avait dit que ce n’était qu’une estimation, elle n’en était pas sûre ! Du calme… Elle lui avait dit qu’elles n’allaient pas foncer dans le tas sans réfléchir. Mais, dans ce cas, que comptait faire sa professeure d’histoire-géographie ? Lorsqu’elle prit Wyatt dans ses bras, Laura fronça deux fois plus les sourcils, sceptique. Elles allaient où, au juste ?

L’adolescente allait poser la question mais, allez savoir, Madame Chevreuil lui répondit par avance en annonçant qu’elles allaient chez Adrien. L’infirmier ? Heu… Oui. D’accord. Mais avec cette tête ? Laura ne risquait vraiment rien ? Elle n’avait pas envie de se retrouver clouée au lit, non plus, elle voulait aider son frère ! Et elle allait parfaitement bien. Aussi, Laura était bien moins enthousiaste à l’idée d’aller rendre visite à l’infirmier, quelle qu’en soit la raison. Elle entra, néanmoins, dans la pièce chauffée et meublée de nombreux lits, suivie de près par sa professeure. Tandis qu’elles avançaient vers un coin plus reculé de l’infirmerie, Laura eut d’autres informations :

Madame Chevreuil – Adrien a obtenu quelques informations, lui aussi. Il pourra nous aider, je pense.

Et elle frappa à la porte, entrant juste après. Elles tombèrent nez à nez sur l’infirmier en… mauvais état. En tout cas, il avait une sale mine, pire que Laura. Elle ne risquait pas de se faire clouer au lit et pourrait donc continuer à rechercher Jasper. Ce simple constat suffit à détendre l’adolescente qui avait eu peur l’espace de quelques minutes, même si le regard que venait de lui lancer l’infirmier lui hurlait de rester prudente. Ne pas montrer de signe de faiblesse, elle voulait simplement savoir ce que Monsieur de Sora avait appris de son côté. Jasper risquait-il gros ? Des médicaments ? Des blessures ? Il n’allait jamais revenir ? Cette simple pensée lui serra la gorge. Mais du calme, ne pas paniquer.

Madame Chevreuil – Adrien ? Pardon de te déranger... C'est par rapport à ta dernière course à Gray.

Comme seule réponse, l’infirmier poussa un soupir. Eh bien ? Que se passait-il ? Qu’avait-il appris ? Si Laura pouvait ne plus jamais revoir son frère… Monsieur de Sora disparut alors quelques secondes, le temps de fermer la porte apparemment, et les fit entrer dans son bureau en fermant la porte derrière elles. Bon, et maintenant ? Quelqu’un allait lui expliquer ? S’ils voulaient la faire paniquer, ils s’y prenaient à merveille, vraiment ! Laura ne cessait de lancer des regards à sa professeure, de plus en plus inquiète, cherchant un soutien, un sourire rassurant… N’importe quoi. Mais quelque chose qui lui disait « Ne t’inquiètes pas, ton frère va revenir ».

Monsieur de Sora – Ma dernière course à Gray. C'était bien une course, en effet, j'ai dû pulvériser le record du 10 kilomètres sur neige.

Habituellement, Laura aurait souri, aurait félicité l’infirmier. Mais ici, elle était bien trop anxieuse pour dire quoi que ce soit et se sentait encore faible, bien trop faible pour réagir. Elle voulait seulement savoir ce qu’avait appris l’infirmier, si son frère était en danger ou non. Si elle allait le récupérer, s’il y avait ne serait-ce qu’une petite chance de le tirer des mains des militaires. Un petit espoir. Même une flamme sur le point de s’éteindre, mais une flamme. Laura resta silencieuse, attendant la suite.

Monsieur de Sora – Ce sont des produits expérimentaux qu'on a fait avaler à Jasper. J'ai reçu les résultats des analyses. Pas mortel, mais ça peut devenir dangereux à long terme. Je vous passerais les détails techniques...

Merci, mais Laura se faisait une idée suffisamment claire des « détails techniques » pour être terrorisée. Elle revoyait son frère pâle, malade, à la limite du malaise assez régulièrement. Plus affaibli que jamais, ou encore lorsqu’il était tombé littéralement dans les bras d’un militaire. Elle le voyait attaché, l’imaginait en train d’insulter ces hommes odieux de tous les noms alors qu’eux lui injectaient elle ne savait trop quel produit. Son frère… Laura sursauta lorsque l’infirmier tapota des dossiers très légèrement, tant elle était sur les nerfs. De « pâle », elle devait être passée à « livide » en l’espace de quelques secondes.

Monsieur de Sora – Pas appris grand-chose sinon... Il y a eut d'autres disparitions, mais jusqu'ici, ce n'était que des adultes, principalement ceux qui avaient soutenus la dirlo. Il doit y avoir un endroit où on les retient, mais j'ignore où... Et vous ? Vous avez d'autres informations ?

Ah heu. C’était à elle de parler, là ? Laura lança un regard à Madame Chevreuil pour être sûre mais, voyant que celle-ci ne disait rien, elle se lança. Et échoua. Hum, du calme, reprendre ses esprits. Se raclant la gorge, rassemblant ses pensées et les informations qu’elle avait récoltées, tout ce qu’elle avait trouvé, tout ce qu’elle avait dit à sa professeure, Laura reprit :

Laura – Je… pardon. Je crois qu’ils sont à Gray, dans un endroit isolé mais « caché »… Ou pas très loin de Paris. J’ai… « trouvé » des documents provenant de trois adresses différentes mais toutes mentionnaient un lycée, ou un hôpital. C’était…

Laura fit une pause, fermant les yeux, essayant de revoir les enveloppes dans ses souvenirs. Elle voyait parfaitement les noms, les émissions programmées, les soldats, des groupes. Tout était inscrit. Et les lettres, les destinataires, les destinateurs… Y compris les produits, les médicaments apparemment d’après ce que venait de dire Monsieur de Sora. C’était un lycée. Non, un hôpital. Ou les deux ? Rah mais il y avait bien un sens, à tout cela ! Secouant la tête, Laura bredouilla, furieuse contre elle-même :

Laura – Je sais pas… Je suis désolée, je… Certains papiers parlaient d’un hôpital, d’autres d’un lycée, mais parfois, il y avait l’hôpital à l’adresse du lycée et inversement. Et tout ce que vous avez dit… Les médicaments, les tests… J’ai vu des noms étranges, là-bas, et je pense que c’était ça. Mais je n’ai pas eu le temps de tout retenir, j’ai été… J’ai dû partir.

L’adresse précise ? Elle était bizarre, elle aussi. Tout ce que Laura savait, c’est qu’il y avait un rapport avec l’infirmier, que son prénom était souvent revenu dans les adresses. Mais à part retenir « Adrien », elle n’avait pas été fichue de retenir toute l’adresse. Quant à la deuxième, ce qui l’avait frappé était qu’elle ressemblait à quelque chose qui se mangeait… Mais pas chez eux. Laura en avait entendu parler dans le foyer des élèves, ou à la télévision. Un fromage. Oui, un fromage ! Un vieux fromage, mais très connu. Com… Coulom… Coulum… Coulumier ?

Laura – Pour les adresses, je… Je n’ai pas retenu. Je sais que la première était en rapport avec votre prénom, cela m’avait même frappée. Et la deuxième, il y avait un nom de fromage dedans, Coulumi… ou Columier ou… Et la troisième… Je sais plus. Je sais pas, je n’avais pas de carte et j’ai dû faire tout ça très vite et…

Elle n’avait rien. Laura lâcha un « Je suis désolée » en portant ses mains à sa tête, tout se mélangeant. Certains éléments revenaient, mais d’autres étaient flous. Plus elle s’expliquait, moins cela avait de sens. Un lycée à la place d’un hôpital, deux adresses, des produits… C’était impossible ! Sans compter le stress du moment, le fait qu’elle avait failli se faire prendre… Mais inutile de le préciser à l’infirmier, ce dernier point. Il s’en doutait sûrement, pas la peine de l’expliciter.

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Rendez-moi mon frère !   Mer 12 Mar - 21:54

Adrien frotta sa peau mal rasée, avec le regard vitreux d'une vieille loque, d'un déchet de la société humaine. Boarf, c'est ce qu'il était, après tout, inutile de se leurrer. Il attendit que l'un des deux se décide à parler. Ils avaient déjà perdu bien assez de temps... Même s'ils ne pouvaient faire que peu de choses, à leur échelle. Adrien ne pouvait attaquer tous les militaires passant dans le Pensionnat. Il était médecin, lui, il devait soigner les gens, pas les blesser.

– Je… pardon. Je crois qu’ils sont à Gray, dans un endroit isolé mais « caché »… Ou pas très loin de Paris. J’ai… « trouvé » des documents provenant de trois adresses différentes mais toutes mentionnaient un lycée, ou un hôpital. C’était…

Un lycée ou un hôpital, alors ? Il ne voulait pas se montrer désobligeant, mais il y avait tout de même une sacré différence entre les deux. Un lieu pour éduquer et grandir, l'autre pour soigner le corps et réparer les blessures de l'âme. Il n'interrompit cependant pas la gamine. Il savait de quels moyens usaient les élèves pour se procurer leurs informations, et c'était d'autant plus dur pour les plus jeunes. Lui aurait voulu que les collégiens, au minimum, ne se mêlent pas de ça, même si c'était dur. Certains ne partageaient pas ses scrupules, alors q'il fallait à tout prix préserver les jeunes.

– Je sais pas… Je suis désolée, je… Certains papiers parlaient d’un hôpital, d’autres d’un lycée, mais parfois, il y avait l’hôpital à l’adresse du lycée et inversement. Et tout ce que vous avez dit… Les médicaments, les tests… J’ai vu des noms étranges, là-bas, et je pense que c’était ça. Mais je n’ai pas eu le temps de tout retenir, j’ai été… J’ai dû partir.

Ces enfoirés auraient-ils poussés le vice à dissimuler un hôpital sous la couverture d'un établissement scolaire ? Ils en seraient bien capables, ces fumiers ! Car qui irait soupçonner un simple lycée de cacher un tel réseau et de telles atrocités ? Personne, et c'était bien là où le bât blessait. Personne n'irait fouiner dans un lycée ou une maison de retraite pour y retrouver des disparus. Les enc**... Adrien se mordait tous les ongles un par un, et envisageait même d'attaquer les phalanges. Il insultait les militaires de tous les noms mentalement, cherchant une insulte assez forte pour les qualifier.

– Pour les adresses, je… Je n’ai pas retenu. Je sais que la première était en rapport avec votre prénom, cela m’avait même frappée. Et la deuxième, il y avait un nom de fromage dedans, Coulumi… ou Columier ou… Et la troisième… Je sais plus. Je sais pas, je n’avais pas de carte et j’ai dû faire tout ça très vite et…

Son prénom ? Adrien haussa un sourcil. Son prénom ? Que venait-il faire là-dedans ? Quel rapport avec son prénom ? La petite était totalement sous le choc, prête à fondre en larmes. Ok, du calme. Il échangea brièvement un regard perplexe avec Estelle puis posa son front contre ses mains, coudes sur le bureau, réfléchissant. Il avait beau retourner le problème dans tous les sens, il ne voyait toujours aucun échappatoire. Ni aucun moyen d'emmerder suffisamment les soldats. Il fit tourner un crayon entre ses mains.

- Coulommiers, c'est une villa à l'Est de Paris, finit-il par dire, les yeux fermés. Pour eux, il serait sans doute plus simple de s'établir à Gray, ce n'est qu'à dix kilomètres d'ici. Mais...

Il rouvrit les yeux, mâchonnant le bout de son crayon. D'après ce qu'il avait appris, les soldats enlevaient leurs opposants dans toute la France, impossible qu'ils soient tous emmenés à Gray. Une partie d'entre eux devait être escorté à Coulommiers, une autre partie dans une ville qui avait un rapport avec son nom, et le reste à Gray. Trois endroits, chacun camouflés, assez loin de la capitale pour ne pas éveiller les soupçons, assez près pour que les transferts et les transports se passent sans problème.

- Rah, je ne sais pas. Je les ai espionnés, et il est évident qu'ils ont commencés à s'occuper des adultes il y a des moi. Mais à mon avis, Jasper doit être le premier adolescent. Et vu la façon dont tout c'est passé, il ne peut être qu'à Gray.

Il se leva, plutôt péniblement, puis alla fouiller dans ses papiers, dans l'armoire derrière lui, cherchant un plan précis et récent de la ville de Gray. Il l'étudia un long moment, penché dessus, le crayon entre les dents, tournant le dos à ses visiteuses. Gray... Ce n'était pas une grande ville... Si les militaires s'y étaient basés, ce devait se voir, il devait y avoir un endroit assez grand, et qui pouvait se fermer facilement. Un lieu étendu et clos. Étendu et clos... Son doigt courait sur la carte. L'église, hors de question, le Père Vilette y veillait. La Mairie ? Elle n'était pas assez grande... Alors où... Son regard accrocha trois endroits : le collège, le lycée, et la maison de repos.

- Dis-moi, Laura, vas-tu au catéchisme le dimanche ?

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Rendez-moi mon frère !   Sam 15 Mar - 11:46

Monsieur de Sora – Coulommiers, c'est une villa à l'Est de Paris. Pour eux, il serait sans doute plus simple de s'établir à Gray, ce n'est qu'à dix kilomètres d'ici. Mais...

Laura voyait bien que les informations qu’elle avait recueillies ne les aidaient pas beaucoup. Après tout, c’était compréhensible, elle n’avait que des noms. Et encore, des noms qu’elle n’était même pas fichue de retenir correctement ! Encore moins de connaitre. Même si, pour l’infirmier, cela évoquait quelque chose en le perdant un peu plus par la même occasion… Il avait raison en disant qu’il y avait un rapport avec Gray, Laura en était sûre elle aussi mais ne préférait rien avancer. Gray était si proche… Dix kilomètres, à pieds, ce n’est rien. Il lui aurait suffi de trouver un truc pour sortir et aller sauver son frère. Cependant, ne pas avoir de preuves indiscutables constituait une barrière qui l’empêchait d’agir.

Monsieur de Sora – Rah, je ne sais pas. Je les ai espionnés, et il est évident qu'ils ont commencés à s'occuper des adultes il y a des moi. Mais à mon avis, Jasper doit être le premier adolescent. Et vu la façon dont tout c'est passé, il ne peut être qu'à Gray.

Non. Non, non, non. Il ne fallait pas qu’elle commence à envisager cela. De toute manière, comment pourrait-elle s’y rendre ? Tout le Pensionnat était gardé, il n’y avait que très peu de moyens pour se tirer de là sans avoir trop d’ennuis. Encore que, les ennuis ne l’effrayaient pas… Tant que Laura retrouvait son frère, tant qu’elle le voyait, le touchait, le sauvait de ces hommes, les ennuis qui suivraient étaient bien le cadet de ses soucis.

Seulement, l’adolescente n’eut guère le temps d’y réfléchir car l’infirmier se leva en éprouvant, apparemment, quelques difficultés. Eh ! Il n’allait pas partir, si ? Du calme, non. Il se tourna vers une armoire et en sortit quelque chose, une carte apparemment, restant penché dessus un long moment. Laura essaya de se hisser plus haut en se mettant plus droite pour voir par-dessus son épaule d’où elle était. Une carte, oui, une carte de Gray sans aucun doute. Que cherchait-il, exactement ? Ils connaissaient cette ville par cœur ! Mais chut, le laisser se concentrer. Laura ne dit rien, patientant, de plus en plus pressée. S’il avait la solution, s’il trouvait comment sauver Jasper… Trépignant sur place, l’adolescente ne quittait plus l’infirmier des yeux, de plus en plus convaincue qu’il était la personne qui sauverait son frère.

Monsieur de Sora – Dis-moi, Laura, vas-tu au catéchisme le dimanche ?

… Pardon ? Hein ? Mais que vient faire le catéchisme dans la recherche de Jasper ? Faisant de gros yeux, complètement choquée, Laura ne répondit pas. Elle lança un regard rempli d’incompréhension à Madame Chevreuil, définitivement perdue. Que venait faire le catéchisme là-dedans ?! Non, quoi… Pas maintenant. Elle venait d’envisager qu’il était celui qui sauverait son frère et il partait dans un délire pareil ? Il attendait vraiment une réponse ? Elle attendit, le regardant, s’attendant à une autre question ou une précision.

Mais non. L’infirmier resta silencieux, n’apportant rien de plus à cette question lancée alors qu’il regardait une carte. En plus, il lui demandait ça alors que Madame Chevreuil était à côté d’elle ! Il le faisait exprès ? Tous les élèves étaient supposés aller au catéchisme, non ? Bon, d’accord, Laura n’y allait pas, mais c’était uniquement parce qu’elle jugeait avoir autre chose à faire ces derniers temps. Evitant délibérément le regard de sa professeure, Laura répondit après un moment, l’incompréhension clairement perceptible dans sa voix :

Laura – Je… C’est-à-dire qu’avec tout ce qui s’est passé ces temps-ci, je n’ai pas vraiment eu le temps d’y aller. Puis, nous cherchions des moyens pour « ralentir » les militaires et heu… Pardonnez-moi, mais je ne vois pas le rapport entre le catéchisme et la recherche de mon frère.

Tant pis, Laura pouvait bien être à côté d’un professeur, elle s’en fichait pas mal. Elle avait l’impression d’être trahie ou d’avoir été manipulée pendant tout le temps de cette visite à l’infirmier. S’il ne voulait pas l’aider, qu’il le lui dise clairement plutôt que de la faire tourner en rond comme cela. Elle allait parfaitement bien, elle pouvait se débrouiller seule s’il voulait « la préserver ». Mais qu’ils le lui disent simplement, sans mentir. Elle n’était plus une enfant ! Se levant, l’adolescente lança un regard furieux à ces interlocuteurs et lâcha :

Laura – Ecoutez, si vous me croyez trop petite ou fragile pour chercher mon frère, je peux le faire moi-même, je me débrouillerai. Ce ne sera pas la première fois. Sauf votre respect, vous savez que je n’ai vraiment rien contre vous, mais je n’ai pas envie de me tourner les pouces au catéchisme alors que ces hommes sont en train de maltraiter mon frère ! Il est la seule famille qu’il me reste vraiment, je ne veux pas l’abandonner…

Sa voix montrait sa colère, mais aussi son respect et son regard ne cessait d’exprimer un « Je suis désolée » en boucle. Oui, elle adorait Madame Chevreuil, oui, elle faisait confiance à Monsieur de Sora. Mais la question complètement hors-sujet, ajoutée à l’inquiétude et à la fatigue… Elle leur en voulait aussi, même si son éducation l’obligeait à rester polie envers eux.

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Rendez-moi mon frère !   Sam 29 Mar - 12:57

Autant l'avouer, Adrien était souvent jaloux de l'aisance dont le vieux prêtre faisait preuve pour obtenir ce qu'il voulait et ainsi tromper les soldats sur ses véritables intentions. Lui n'avait jamais réussi, même avec sa dégaine d'alcoolique incapable de réaliser quoi que ce soit, on continuait à se méfier de lui. Il en rageait intérieurement, surtout lorsqu'il voyait le clerc passer comme une fleur lors des barrages sans qu'on lui demande quoi que ce soit. Était-ce à cause de son âge ? Son air de grand-père bienveillant qui ne ferait pas de mal à une mouche ? Ou parce qu'il était prêtre, et que la fonction inspirait un certain respect ? Sans doute un mélange de tout cela, selon lui. Injuste. L'idée l'effleura un instant de sortir en soutane, juste pour tester, mais pas sûr que ça fonctionne, surtout avec sa tronche. Il frotta sa barbe mal rasée en retenant un soupir. Il se sentait trop épuisé pour se raser ou même faire quoi que se soit d'autres.

– Je… C’est-à-dire qu’avec tout ce qui s’est passé ces temps-ci, je n’ai pas vraiment eu le temps d’y aller. Puis, nous cherchions des moyens pour « ralentir » les militaires et heu… Pardonnez-moi, mais je ne vois pas le rapport entre le catéchisme et la recherche de mon frère.

Bah tiens, il s'en serait douté. Donc, elle n'y allait pas. Étrange, des élèves de son âge suivaient pourtant le vieux prêtre, alors pourquoi Laura, qui était l'une des premières concernées, ne les imitait pas ? Il se retourna, perplexe, pour la regarder. Il était impossible qu'elle ne sache rien ! Il lui suffisait de parler aux autres élèves qui résistaient, ou simplement aux vieux prêtre, rien de plus. Si elle cherchait des moyens, il était impossible qu'elle n'ait pas entendu parler de celui-là. Elle s'était levé, alors que Adrien restait tout à fait ébahi. Il n'en revenait pas, qu'elle se prive d'un tel moyen. C'était tout bonnement incroyable ! Il n'arrivait pas à trouver une explication logique.

– Ecoutez, si vous me croyez trop petite ou fragile pour chercher mon frère, je peux le faire moi-même, je me débrouillerai. Ce ne sera pas la première fois. Sauf votre respect, vous savez que je n’ai vraiment rien contre vous, mais je n’ai pas envie de me tourner les pouces au catéchisme alors que ces hommes sont en train de maltraiter mon frère ! Il est la seule famille qu’il me reste vraiment, je ne veux pas l’abandonner…

Adrien devait sans doute avoir l'air stupide, mais il n'arrivait pas à cacher son ébahissement. Il essaya de se reprendre, même si son regard le trahissait très clairement. Il finit par se redresser, les yeux écarquillés, en la fixant.

– Vous ne savez vraiment rien ? lâcha-t-il finalement d'un ton plus que stupéfait et choqué. C'est impossible ! Mais qu'est-ce vous fichez, alors ?! Qu'est-ce que vous faites ? Juste entraver ceux qui peuvent vous aider ?

Il avait sans doute été dur, mais il était choqué. Choqué qu'elle s'entête dans un comportement immature au lieu de se tourner vers les seules choses qui pourraient l'aider et aider son frère. Il s'appuya contre la commode, et échangea un regard désolé avec Estelle, qui serrait son fils dans ses bras. D'accord... Il se demandait ce que pensait le Père Vilette de tout cela. Il avait sans doute compris qu'elle était trop jeune, ou trop immature encore, pour participer... Quelle tristesse, quand on voyait des élèves du même âge qui étaient prêts, eux. Enfin, après l'éducation qu'elle avait reçu, c'était sans doute normal.

– Je ne pense pas que vous êtes trop petite ou fragile... En revanche, vous êtes très clairement hors de tout ça, vous ne comprenez pas ce qui se passe. Mais soit. Je ne suis pas en droit de vous dévoiler le reste si vous n'êtes pas prête. Je suis désolé.

Il alla ouvrir la porte et lui fit signe qu'elle pouvait y aller. Ce n'était plus la peine de discuter. Il était terriblement déçu et ne s'en cachait pas.

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