1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Petit enfant

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MessageSujet: Petit enfant   Ven 3 Juil - 21:46

Le vieillard avait repris l'autre enfant, la petite, se protégeant derrière un canapé, du sang coulant le long de la tempe. Il tira sa femme qui hurlait avec lui derrière l'abri, alors que Sarah levait à nouveau le bras, avec un regard halluciné, rempli de haine, sentant son pouvoir pulser dans ses veines avec rage, prête à tuer tous ceux qui se dresseront devant elle. Le vent jaillit, siffla, frappa, renversant les livres, meubles et bibelots, arrachant les rideaux aux fenêtres, faisant hurler les très chers parents de ce connard de professeur immonde, en plus des deux bébés. Elle éclata de rire, resserrant sa prise sur le bébé qu'elle tenait, le petit garçon, qui pleurait à en fendre l'âme. Seule la haine la guidait, en cet instant, elle voulait tuer, elle voulait voir souffrir ! Pourquoi devrait-elle être la seule à souffrir, hein ?! Tous ceux qui avaient détruits sa vie devaient périr à leur tour ! Tous ceux qui avaient aidé à la faire souffrir devaient souffrir eux aussi ! Il n'y avait aucune raison qu'elle soit la seule, aucune raison qu'ils puissent tous vivre en paix après ça ! Elle rit encore plus fort, reculant d'un pas, le souffle court.

– Il n'y aucune raison ! hurla-t-elle à pleins poumons. Aucune, vous entendez ?!

Elle ramena son bras contre elle pour porter le nourrisson puis s'enfuit aussitôt, courant dans les rues de la petite ville, courant à en perdre le souffle, courant sous le seul regard de la lune. Elle fila ainsi jusqu'à sa voiture, garée non loin du village près d'un bosquet. Elle ouvrit la voiture avec maladresse puis installa le bébé dans un panier qu'elle attacha tant bien que mal avec la ceinture, avant de s'asseoir et claquer la porte. Non, il n'y avait aucune raison pour qu'elle soit seule à souffrir ! C'était à cause de cette sale garce que tout avait commencé ! A cause d'elle qu'Adrien s'était mis en danger ! A cause d'elle que l'armée était venue au pensionnat ! A cause d'elle que toute l'équipe enseignante avait fini par détester Sarah ! A cause d'elle que l'autre folle était venue l'agresser ! A cause d'elle qu'elle avait été renvoyée ! Elle, toujours elle, encore et encore ! Comment cela pouvait-il durer ?! Sarah voulait la voir souffrir à son tour, lui rendre toute la haine reçue, toute la peine ! Elle ne reverra jamais son fils, elle en faisait le serment !

Elle démarra brutalement, sans se soucier du panier très instable où elle avait couché le bébé. Pourquoi devrait-elle faire attention ? C'était son fils, celle qui avait brisé toute sa vie ! Il ne valait pas mieux qu'elle ! Elle roula à tombeau ouvert, voyant à peine la route dans cette nuit très noire, ce qui ne s'arrangea pas lorsque des larmes brûlantes se mirent à couler sur ses joues. Elle avait fourré pèle-mêle des affaires dans la voiture hier soir puis était parti, sans même prévenir Adrien, occupé à leur maison à Gray. Puis était venu jusqu'à ce bourg, avait attaqué, avait déversé sa haine et sa peine. Détruire la vie de ceux qui avaient détruits la sienne, voilà ce qu'elle voulait ! Elle était prête. Elle avait profité d'un moment d'inattention d'un militaire à l'école pour voler une arme. Elle tuera cette femme odieuse sans une once d'hésitation si elle la revoyait. La voir s'écrouler, une tâche rouge au niveau de la poitrine, ô douce joie ! Elle roula encore plus vite, le cœur battant à une vitesse folle. Tous... Eux tous, tous ceux qui avaient voulu sa perte... Ils paieront, chacun d'entre eux.

– Ta maman va mourir, dit-elle d'un ton enjoué et frénétique au bébé en lui jetant un regard, tout en prenant à fond un virage dangereux. Elle va mourir, tu le sais, ça ? Elle va finir dévorée par les vers dans un trou remplie de boue, comme un déchet ! Ta mère va crever, elle va crever !

Elle ne dit ensuite plus rien durant un long moment, indifférente au bébé qui s'agitait, ses pensées fusant à toute vitesse sans qu'elle ne prenne la peine d'en saisir une au vol. Toute cohérence l'avait quitté, elle n'était que haine, une colère brûlante dévorait son corps comme une forte fièvre. Elle roula longtemps, vite, trop vite, souriant quand le bébé hurlait encore plus fort, bien trop secoué par la route. Il allait mourir, lui aussi, non ? Il ne méritait pas de vivre. Personne ne le méritait, sauf Adrien et leur bébé qu'elle portait. Le jour se levait lorsqu'elle arrêta enfin, très loin du village où elle avait enlevé le petit, se garant dans un chemin de campagne, à l'écart de tout. Elle relâcha le volant, très raide, tremblante, les idées floues. Elle prit le petit entre ses mains, le tenant devant elle, près de son visage. Il avait les mêmes yeux que sa mère, c'était vraiment infect.

– Maman, dit-elle lentement en détachant bien chaque syllabe, va mourir. Plus jamais de maman. Disparue, maman ! Tu comprends, gamin ? Terminé, maman, disparue !

Elle le reposa dans le panier puis sécha ses larmes, reprenant son souffle. Elle redémarra plus doucement, poursuivant sa route. Ce n'est que bien plus tard qu'elle finit par s'arrêter encore car le bébé lui cassait les oreilles à pleurer et hurler. Elle le laissa enfermé dans la voiture le temps d'acheter un biberon et du lait dans une pharmacie puis revint. Une voisine accepta de le faire chauffer, la prenant sans doute pour une mère en détresse, et elle s'assit dans la voiture, lui fourrant la tétine dans la bouche.

– Bois vite, le mioche, qu'on reparte...
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Julien de Lizeux
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Récits : 44

Âge RPG : 8 mois

MessageSujet: Re: Petit enfant   Ven 17 Juil - 9:52

C'était un cauchemar qui était sorti de sa tête pour venir sur lui ! Julien tendit le bras pour taper dans le panier, serré dans son pyjama, affolé par le noir et le rugissement qui l'entendait. Il était dans le ventre d'une bête ! Une bête l'avait dévoré pendant sons sommeil et maintenant il était coincé dedans ! Il tâtonna partout où il pouvait à la recherche d'Aurore, voulant la voir, la toucher, se réconforter avec elle mais elle n'était pas là. Il pleura de plus belle, espérant que son papi et et sa mamie allaient venir le chercher. Papi et mamie ils étaient gentils ! Maman les avait déposé avec eux, et sa mamie l'avait pris contre elle en lui disant avec un grand sourire qu'elle était sa grand-mère. D'accord, c'était sa grand-mère, il l'avait accepté, même si au début, il ne savait pas ce qu'était une grand-mère. Après, elle avait changé, en disant qu'elle était aussi sa mamie. Mamie, c'était comme maman, mais c'était pas sa maman à lui, d'après ce qu'il avait compris avec Aurore, mais c'était quand même une maman gentille qui était devenue une mamie. C'était plus clair après quand le soir, papi avait dit que papi et mamie, c'étaient la maman et le papa de leur papa à eux. C'était pourtant simple de le dire tout de suite.

Mais mamie ne vint pas le libérer du monstre qui grondait, papi non plus. Il cria alors pour appeler maman et papa, des larmes coulant de plus en plus fort sur ses joues. Maman allait le sauver ! Maman venait toujours, papa aussi, maman... Maman... Il réussit à attraper un bord mais une secousse lui fit remonter le cœur. Il avait mal ! Maman ! Papa. Aurore. Papi, mamie. Il agitait les bras et les pieds, cherchant à quoi s'arranger, pleurant en espérant voir sa mère arriver et le délivrer. Et si le monstre avait déjà dévoré maman ? La peur l'envahi à cette idée, il était terrifié, maman ne pouvait partir loin d'eux, ce n'était pas possible, puisque c'était leur maman ! Il tapa le panier plus fort, de ses mains minuscules, pour signaler au monstre de relâcher maman tout de suite, il n'avait pas le droit !

– Ta maman va mourir, dit-elle d'un ton enjoué et frénétique au bébé en lui jetant un regard, tout en prenant à fond un virage dangereux. Elle va mourir, tu le sais, ça ? Elle va finir dévorée par les vers dans un trou remplie de boue, comme un déchet ! Ta mère va crever, elle va crever !

Maman ? Il leva la tête et vit une autre femme d'un coup, au-dessus de lui. Mais ce n'était pas maman ni mamie ! Elle crachait des mots d'une voix qui ne lui plaisait pas et lui faisait peur, ça faisait mal aux oreilles. Mais elle avait parlé de sa maman ! Alors elle, c'était celle qui disait au gros monstre rugissant où aller ? Elle lui avait dit de dévorer maman ?! Il ramena ses poings devant son visage pour se protéger, imaginant déjà les dents du monstre venir sur lui, une grosse masse sombre qui bougerait et qui tomberait sur lui. Il eut un hoquet de terreur, cherchant encore si Aurore n'était pas là. Il était rassuré quand elle était avec lui, c'était son amie, ils dormaient et mangeaient toujours ensemble, elle était toujours là, il pouvait lui prendre la main puis ils se blottissaient l'un contre l'autre. Une lumière vint alors le distraire et il vit le jour. Mais il était toujours dans le ventre du monstre ! Non ? Il l'entendait ! Mais d'un coup, ça s'arrêta. Paniqué, il gémit lorsque la dame à la voix méchante le prit et le souleva devant elle. Non, c'était pas maman du tout, car maman, elle avait une voix douce et des cheveux comme le soleil ! Et quand elle les prenait dans ses bras, ils n'avaient pas peur, ils ne pouvaient pas avoir peur.

– Maman, dit-elle lentement en détachant bien chaque syllabe, va mourir. Plus jamais de maman. Disparue, maman ! Tu comprends, gamin ? Terminé, maman, disparue !

Maman... maman disparue ? Plus jamais ? Maman n'était pas là ? Il sentit ses lèvres trembler et ses yeux s'humecter de larmes, alors qu'il tremblait. La méchante dame qui commandait au monstre le reposa dans le panier et il se mit à pleurer, hurler même, refusant ce qu'il avait entendu. Maman ! Il passa ensuite son temps à l'appeler en criant, gémissant, pleurant, dévoré par la peur et la faim. Papa devait aller sauver maman ! Il pleura pour dire à papa qu'il devait aller chercher leur maman et la sauver ! En plus, papa, il aimait maman, il lui tournait toujours autour et des fois, il la prenait contre lui, comme maman faisait avec eux, donc il l'aimait, donc il devait aller la sauver. La dame arrêta tout à coup le monstre puis disparu. Maman était arrivée ? Papa aussi ? Et Aurore ? Il fit de son mieux pour bouger, cherchant sa maman du regard. Mais ce fut la dame méchante qui revint. Elle lui mit un truc très vite dans s abouche et il ne reconnut que tardivement une tétine.

– Bois vite, le mioche, qu'on reparte...

Il téta d'abord faiblement puis avec plus de force en voyant qu'il s'agissait de lait. Téter était réconfortant car il buvait toujours son lait en étant dans les bras de maman ou de papa, ou en étant près d'Aurore. Il ferma les yeux, déchiré de ne pas être avec ceux qu'il aimait, sa maman, son papa... Il avait presque fini, suçotant la tétine, lorsqu'un très grand coup se fit entendre. Il rouvrit les yeux et regarda le ciel tout bleu, bouche bée. Il y avait de très grands nuages noirs qui remplissaient le ciel et il vit des éclairs, après, puis plusieurs gros coups énormes qui faisaient trembler la terre. Il avait déjà vu ça, c'était maman ! Il battit aussitôt des mains, tout joyeux. Maman était encore là ! Maman allait arriver ! Elle pouvait se faire obéir du ciel et le remplir de nuages noirs et d'éclairs ! L'orage ne l'effrayait pas, bien au contraire, il était heureux de l'entendre car il pouvait aussi, avec lui, ressentir la présence de sa mère. Ressentir la présence d'un pouvoir dont il avait hérité et qui ne surviendra qu'au bout de bien des années.

– Mamah !

Le monstre rugit à nouveau mais il n'avait plus peur, car le ciel était noir et c'était la marque de sa maman. Il garda les yeux fixés dessus, en agitant les bras pour dire à sa maman qu'il était là. Elle allait revenir avec papa ! Et il pourra s'accrocher à eux, et il pourra poser sa main sur la joue de papa, et il pourra se blottir contre maman, et il allait revoir Aurore. Le monstre rugissait, il était secoué, mais l'orage le rassurait. Maman et papa allaient venir le chercher.

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