1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Second petit enfant

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Estelle Martin
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MessageSujet: Second petit enfant   Ven 15 Juil - 19:40

Le médecin était venu assez vite, dès qu’une amie e collègue l’avait appelé. Estelle se redressa comme elle put contre les nombreux oreillers dans son dos, grimaçant et poussant un autre cri de douleur absolue lorsqu’une nouvelle contraction vint la saisir. Durant la journée, elle s’était pourtant sentie très bien, bien que beaucoup plus fatiguée que de coutume. Elle avait donné cours, rassuré ses élèves, fait passer des oraux à ses classes de quatrième, déjeuné avec ses collègues, profité d’un temps libre l’après-midi pour corriger des devoirs, lu un peu, puis avait longuement joué avec Wyatt lorsqu’il était sorti de sa sieste. Bref, une journée tout à fait ordinaire, car malgré les drames arrivant régulièrement, il fallait bien vivre. Il y avait des personnes qui partaient, d’autres qui arrivaient, la vie devait se poursuivre. Le soir, elle était descendue au réfectoire pour manger avec les autres, et c’était là, avant d’arriver à table, qu’une première contraction l’avait saisi, la pliant en deux en se tenant le ventre. Ses collègues l’avaient aussitôt emmené chez elle, une amie gardant Wyatt le temps de l’accouchement.

Elle était dans sa chambre au pensionnat, à présent. Le médecin l’encourageait, du ton posé et ferme de celui qui sait très bien ce qu’il fait et en a vu bien d’autres. La jeune professeur reprit son souffle avec un peu de peine, le front couvert de sueur, serrant la main de Céleste à côté d’elle lors des contractions. Pourquoi ce devait être si douloureux ? Et dire que certains hommes les traitaient de petites choses fragiles, ils riraient bien moins s’ils devaient supporter cette douleur, eux ne tiendraient même pas dix minutes dans la même situation. Estelle gémit à nouveau, même si elle avait très bien su à quoi s’attendre, cela n’en restait pas moins une sacré épreuve, donner la vie était tout sauf facile et évident. Elle laissa retomber un moment la tête en arrière sur les oreillers, poussant ensuite à nouveau, les yeux fermés, les lèvres serrées. Voilà presque trente minutes qu’elle bataillait pour sortir son enfant, tremblante sous l’effort. Qu’il sorte, pitié, la douleur était insupportable. Elle dû refaire une « pause », le médecin la faisant ensuite reprendre en lui ordonnant de respirer profondément et par petits coups rapides.

Docteur – Allez, madame, poussez encore !

La jeune femme hurla encore lorsqu’une nouvelle contraction bien plus brusque et violente la saisit, le visage noyé de larmes. Elle savait que ça devait bien s’entendre dans les chambres des élèves au-dessous et était désolée de les gêner comme ça en soirée, mais là, non, elle ne pouvait pas retenir ses cris. Elle en oubliait même que cet enfant n’avait déjà plus de père, sa maman ayant divorcé une semaine plus tôt, définitivement. A la place de serrer la main de son mari, elle serrait la main d’une de ses amies, de plus en plus fatiguée. Il fallut encore de longues minutes avant que le docteur ne récupère enfin le bébé, tapotant un peu sur ses fesses pour le faire crier et avaler une longue gorgée d’air. Estelle retomba contre les oreillers, plus épuisée que jamais et le cœur battant à vive allure. Son docteur coupa le cordon ombilical du bébé, juste au moment où le reste du placenta se déversa aussi. La jeune dame accompagnant le médecin lança que c’était un garçon. Un garçon bien plus petit que son frère à la naissance. La jeune mère relâcha avec un peu de peine les doigts de Céleste qu’elle avait dû broyer, tendant des mains tremblantes pour prendre son bébé, qu’on avait enveloppé dans une petite couverture bleue.

Estelle – Bonjour mon bébé, murmura-t-elle d’une voix faible, en le tenant mieux au creux de ses bras.

Elle l’embrassa avec amour sur le front, tremblante mais soulagée, délivrée de la souffrance de l’accouchement. Son petit garçon avait les yeux fermés, respirant avec lenteur, son petit poing serré ramené contre sa bouche. Estelle glissa son doigt dans ce poing, qu’il referma dessus, en ouvrant doucement les yeux. Elle lui sourit en le contemplant, hochant la tête lorsque le médecin lui demanda si elle se sentait bien. Ses draps et couvertures étaient actuellement complètement fichus, il faudra qu’elle en rachète des neufs. La dame les tira pour les enlever, ils étaient tâchés de sang, de placenta et d’autres choses… Elle lui remit ensuite une autre couverture sur les jambes pour la couvrir puis l’aida à se redresser pour en déposer une seconde sur ses épaules.

Estelle – Tu peux m’aider à dégrafer mon corsage pour que je l’allaite ? Demanda-t-elle à Céleste.

Elle était trop épuisée pour seulement esquisser quelques gestes de plus et encore moins se débarrasser des boutons de sa robe, fichue elle aussi, au niveau de la poitrine.

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Jeu 11 Aoû - 13:17

Céleste ne comprenait pas ce qu’elle faisait là. Oui, elle avait accepté de suivre Estelle, mais là, ce qu’elle voyait l’effrayait plus qu’autre chose. C’était cela que Cyprien voulait… ? Sa collègue avait l’air de souffrir comme jamais, lui broyant littéralement la main, à tel point que la jeune femme aurait sûrement encore mal dans un jour ou deux. Elle tâchait de ne pas trop prêter attention à ce qui se passait autour d’elle, soutenant Estelle comme elle le pouvait en évitant de regarder tout le sang plus bas. Le médecin lui demandait de pousser encore, alors qu’elle était tremblante et qu’elle transpirait de plus en plus, souffrant énormément. Non, désolée, jamais elle-même ne serait capable de faire un truc pareil. Oui, c’était normal, c’était le passage pour toute future mère, mais non, impossible. Non, non, non. Si Céleste avait accepté d’épauler son amie, c’était parce que cette dernière l’avait énormément aidée lorsqu’elle avait eu le bras cassé. Et puis, elle était seule, elle avait besoin de soutien. Elle n’allait pas accoucher toute seule ! Même si, au moins, personne n’aurait eu la main broyée…

Tout s’était passé si vite et si soudainement que Céleste n’avait pas réfléchi. Ils venaient de terminer une longue journée de cours, tout était parfaitement normal, les élèves mangeaient sans provoquer d’accidents, il n’y avait rien eu de malheureux aujourd’hui – et c’était suffisamment étonnant pour le souligner. Jusqu’à ce que, d’un coup, leur « maman du Pensionnat » commence à se tordre de douleur avant même d’arriver à la table des professeurs. Ni une ni deux, Frédéric et elle avaient tous les deux passé un bras par-dessus leurs épaules pour conduire Estelle jusqu’à son appartement. Leurs collègues s’occupaient de rassurer les élèves pendant qu’une autre disait, à la hâte, qu’elle appelait le médecin directement. Et maintenant, ils étaient là, avec un médecin et une sage-femme, seule Céleste étant restée près de son amie pour l’aider comme elle le pouvait.

Ce n’est qu’au bout d’un très long moment qu’ils entendirent enfin les cris du bébé, la jeune femme rassurant Estelle en lui soufflant que c’était terminé, qu’elle avait réussi, et tout ce qui lui passait par la tête même si elle ne devait rien entendre. Le médecin annonça que c’était un garçon, Céleste tournant la tête vers le tout petit bébé qu’il tenait dans les bras pour s’en occuper avant de le passer à la jeune mère fatiguée. Il était adorable, tout petit, l’air très fragile, mais adorable. Son amie relâcha enfin sa main, Céleste se la massant pour essayer d’apaiser la légère douleur qu’elle ressentait tandis que ses yeux suivaient le médecin et le bébé du regard avec un sourire attendri. Le docteur donna ensuite le petit enveloppé dans une couverture bleue à Estelle pendant qu’elle-même s’écartait un peu pour respecter l’intimité de la jeune mère. Aucun doute, elle était faite pour être maman, il suffisait de l’observer maintenant. Un bébé, dans un contexte tel que celui-ci, était une chose incroyable. Il était vraiment là, devant elles ?

Estelle – Bonjour mon bébé, murmura-t-elle d’une voix faible, en le tenant mieux au creux de ses bras.

Céleste observa la scène de loin, gardant ce sourire aux lèvres sans même le réaliser pendant que le médecin demandait à Estelle si tout allait bien. Elle ne fut même pas étonnée que son amie réponde oui tant elle avait l’air de rayonner, malgré la fatigue. Elle devait être épuisée, complètement vidée de ses forces, pourtant, elle en avait assez pour tenir son bébé contre elle. La jeune professeure s’éloigna un peu pour laisser la sage-femme retirer les draps et mettre une couverture sur les épaules et les jambes d’Estelle, après l’avoir aidée à se redresser. Effectivement, elle était épuisée, vidée, incapable de faire le moindre mouvement. Pourtant, Céleste avait l’impression qu’elle était plus en forme que jamais – en oubliant tout le sang qu’elle avait perdu, et que la jeune femme avait soigneusement évité de trop regarder.

Estelle – Tu peux m’aider à dégrafer mon corsage pour que je l’allaite ? demanda-t-elle à Céleste.

Céleste – Bien sûr, attends, ne bouge pas.

La professeure se rapprocha d’Estelle, souleva ensuite un peu la couverture pour dégrafer son corsage en évitant de trop s’immiscer dans son intimité, ne voulant vraiment pas la déranger. Elle était plus réservée avec sa collègue, un peu plus qu’avant depuis qu’elle s’était énervée et qu’elle avait tout compris. Qui plus est, elles ne s’étaient plus retrouvées seules toutes les deux aussi longtemps depuis un bon moment, seule la présence du petit distrayait Céleste qui peinait à croire qu’il était vraiment là. Un tout petit être, fragile, promesse d’une vie possible malgré ce qui se passait autour d’eux ces derniers temps. Elle était comme… hypnotisée, sans même s’en rendre compte. Secouant faiblement la tête, la jeune professeure s’excusa tout bas en détournant les yeux, ne voulant pas déranger mais aider, comme son amie l’année passée.

Céleste – Tu as besoin… d’autre chose ?, demanda-t-elle après un court instant. Je sais, je vais te préparer quelque chose à manger, tu n’as rien avalé de la soirée. Mais si tu as besoin de quelque chose, appelle-moi, je ne suis pas loin.

Céleste lança un regard à Estelle pour être sûre qu’elle allait bien, qu’elle ne risquait rien, et se dirigea vers la pièce qu’elle devinait être la cuisine. Par chance, la jeune mère avait des réserves et de la viande à cuire prête pour un repas, sans doute celui de Wyatt comme il ne mangeait pas au réfectoire maintenant qu’elle y repensait. Enfin, « par chance »… Venant de la « maman du Pensionnat », ce n’était guère étonnant, elle aurait même dû s’y attendre. L’espace d’un instant, Céleste avait pensé à aller demander quelque chose en cuisine mais le réfectoire et la cuisine de l’école se trouvaient dans l’autre bâtiment, autrement dit, c’était beaucoup trop loin. Elle ne voulait pas prendre le risque de laisser Estelle toute seule maintenant.

S’activant donc dans la petite cuisine de sa collègue, la jeune femme fit cuire les légumes qu’elle trouva, tous au même endroit, ainsi que la viande dans une poêle sans reconnaître, comme cela, ce que c’était. Mais peu importe, elle faisait confiance à Estelle, si elle avait tout rangé de cette manière, il y avait forcément une raison et Céleste ne devait pas s’inquiéter. Faisant de fréquents aller-retours entre la cuisine et la chambre de son amie, elle veillait sur elle de sorte qu’elle puisse réagir si Estelle avait l’air d’aller moins bien. Dans l’étage du dessous et celui des professeurs, tout semblait être redevenu calme, les élèves étant, soit dehors, soit dans leurs dortoirs ou à la bibliothèque pour travailler – du moins, c’est ce qu’ils devaient faire. Quant à leurs collègues, ils profitaient de leur soirée et d’un peu de repos avant d’attaquer la prochaine journée de cours, laissant Estelle se reposer pour l’instant – et heureusement.

Céleste – C’est prêt, j’arrive, annonça-t-elle depuis la cuisine.

Céleste mit les légumes et la viande dans une assiette qu’elle posa sur un plateau, avec un grand verre d’eau, des couverts et une serviette. Pour le moment, elle bénissait le côté organisé de sa collègue qui permettait de s’y retrouver sans aucun problème dans la cuisine. Elle comprenait mieux comment elle avait réussi à lui préparer des plats sans être dérangée le moins du monde pendant qu’elle-même avait un bras dans le plâtre. Revenant vers la chambre d’Estelle, les bras chargés du plateau rempli, Céleste expliqua qu’elle avait tout trouvé facilement et précisa où elle avait trouvé ce qu’elle avait cuisiné pour ne pas que sa collègue soit perdue après. Elle n’avait rien bougé, promis. Elle déposa le plateau au pied du lit, à un endroit stable, et aida Estelle à bien se redresser avant de reprendre le plateau qu’elle déposa sur ses genoux. Elle était bien, là, sûre ?

Céleste – Tu es sûre que tout va bien ? J’ai oublié quelque chose ou je peux t’aider pour autre chose ? Je ne parle pas que d’aujourd’hui. Tu es toute seule, maintenant, donc si je peux t’aider comme tu m’as aidée…

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Jeu 18 Aoû - 11:53

Céleste – Bien sûr, attends, ne bouge pas.

La jeune femme hocha la tête pour la remercier, se remettant correctement contre l’oreiller et attendant que son amie l’aide à se débarrasser du devant de sa robe. Si elle avait pu prévoir, ce matin, elle serait habillée avec quelque chose de plus léger et pratique… Las, l’hiver tombait très vite dans la région et il commençait à vraiment faire bien froid, le temps des jupes légères et des corsages étaient terminé, il fallait passer aux robes plus chaudes, aux collants et aux manteaux, l’automne n’en avait jamais vraiment été un, en Franche-Comté. Dès que Céleste eut fini de l’aider, Estelle se remonta encore un peu contre l’oreiller derrière elle puis s’installa pour allaiter son enfant, sortant son sein et plaçant le petit garçon, qui se mit à téter presque aussitôt, les yeux fermés. La jeune professeur était à chaque fois émerveillée par ce contact si simple et naturel et pourtant si beau. L’un des premiers contacts entre une mère et son bébé, après la naissance. Estelle caressa doucement le petit nez et le front de son fils, le tenant précieusement contre elle.

Céleste – Tu as besoin… d’autre chose ?, demanda-t-elle après un court instant. Je sais, je vais te préparer quelque chose à manger, tu n’as rien avalé de la soirée. Mais si tu as besoin de quelque chose, appelle-moi, je ne suis pas loin.

D’accord, merci. Estelle lui sourit puis se concentra à nouveau sur son enfant, qui buvait un peu mieux depuis quelques instants. Elle allait l’appeler Chris. Son petit aîné allait enfin voir ce « petit frère » dont lui parlait tant depuis des mois, elle était sûr qu’ils seront proches l’un de l’autre, au cours de leur vie, un an de différence, c’est peu. Lorsque le bébé eut fini d’allaiter, pendant que des bruits montaient de la cuisine, avec des grésillements indiquant que quelque chose cuisait, Estelle le souleva contre lui pour lui tapoter le dos et l’aider à faire son rot. Il était plus petit que Wyatt à la naissance, peut-être même un kilo de moins. Le reprenant dans ses bras, elle le berça doucement pour l’endormir, satisfaite en le voyant heureux, au chaud, bien nourri, débutant en douceur ce début d’existence. Peu importe que le monde tourne mal ou qu’il y ait des problèmes, cet enfant était protégé et en sécurité. Elle l’embrassa longuement sur le front, souriant largement lorsqu’il cligna des yeux, son visage près du sien. C’est maman, mon bébé, maman qui est là, près de toi. Il avait les yeux marrons, lui aussi, légèrement en amandes, tout comme elle. Wyatt avait les yeux un plus ronds et foncés, les cheveux plus clairs que les siens. Il faudra qu’elle aille chez le photographe avec ses enfants, voulant garder ce genre de souvenirs. Lorsqu’elle sera bien vieille et ridée, elle gardera cette photo, de ce temps elle où découvrait les joies de la maternité.

Céleste – C’est prêt, j’arrive, annonça-t-elle depuis la cuisine.

Son amie et collègue revint avec un plateau chargé du repas qu’elle avait fait. Un filet de dinde avec des légumes, ce sera très bien, ça restait léger pour un soir. Estelle réalisa à ce moment-là qu’elle mourrait de faim, l’accouchement l’ayant vidé de ses forces. Elle avait envie de dormir, aussi, se reposer afin d’être d’attaque demain pour s’occuper de ses enfants et profiter d’eux avant de reprendre ses cours. Céleste installa d’abord le plateau sur la table de chevet puis vint l’aider à se redresser, en lui expliquant où elle avait trouvé les ingrédients et ce dont elle s’était servie. Bah, Estelle lui faisait confiance, elle savait que Céleste n’allait pas laisser un véritable souk dans la cuisine, tout de même. Une fois bien installée et le plateau sur les genoux, elle sourit à son bébé qui s’était bel et bien endormir, la main près de la joue, la bouche entrouverte. Adorable.

Céleste – Tu es sûre que tout va bien ? J’ai oublié quelque chose ou je peux t’aider pour autre chose ? Je ne parle pas que d’aujourd’hui. Tu es toute seule, maintenant, donc si je peux t’aider comme tu m’as aidée…

Estelle – Tu es mignonne, sourit-elle. Tout va bien, pour le moment. Tiens, prend-le, le temps que je mange.

Elle lui passa le bébé avec une infinie précaution, en lui montrant comment elle devait mettre ses bras pour lui maintenir la tête. Le petit en se réveilla même pas, profondément endormi et remuant un peu les jambes dans son sommeil. Estelle indiqua à son amie qu’elle pouvait s’asseoir près du lit si elle se sentait plus à l’aise, c’était à elle de voir. Une fois fait, elle la remercia pour le repas puis commença à manger, commençant d’abord par boire une longue gorgée d’eau. Voilà qui faisait du bien. Tout en découpant le filet de dinde, elle assura à Céleste que tout ira bien malgré tout, même seule. Après tout, elle avait des amis sur qui compter était déjà habituée à s’occuper de Wyatt sans son ex-mari. Tout était une simple question d’organisation et de volonté. Elle mélangea un peu les légumes dans son assiette avant d’en prendre une bouchée. Hum, avec une petite touche de gingembre, ça aurait été très bon, il faudra qu’elle pense à prêter des livres de recettes et des astuces à a collègue, ce n’étaient que des détails qui faisaient la différence en cuisine.

Estelle – Je vais l’appeler Chris, dit-elle à son amie en désignant le bébé, c’était le prénom de mon grand-père. Il y a pas mal d’origines différentes dans ma famille biologique, tant ils vont et viennent partout. J’ignore où ils peuvent se trouver à présent, peut-être ailleurs qu’en France, ils voyagent à travers toute l’Europe. Ça me rappelle mon premier employeur, il ne voulait pas croire que j’étais Gitane, avant d’être récupérée au couvent.

Un rire léger lui échappa alors qu’elle se rappelait cette scène. Il avait vraiment été choqué, la regardant de haut en bas sans parvenir à avaler l’information.

Estelle – Tu veux bien être sa marraine ? demanda-t-elle ensuite à Céleste.

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Dim 21 Aoû - 15:27

Estelle – Tu es mignonne, sourit-elle. Tout va bien, pour le moment. Tiens, prend-le, le temps que je mange.

E… Elle ? Céleste n’eut même pas le temps de protester, tendant machinalement les bras pour prendre maladroitement le bébé qu’Estelle lui donnait. Elle était sûre ? Elle n’avait pas peur qu’elle-même ne blesse son enfant ? Il venait de naître et était fragile, si petit, si… Tâchant de rester calme, la jeune professeure écouta attentivement les conseils de sa collègue et se mit exactement comme elle lui dit pour ne pas mal faire. Elle ne voulait pas faire mal au bébé, il dormait en plus. Elle craignait de le réveiller en le prenant, d’avoir les mains plus froides qu’Estelle mais le nouveau-né ne broncha pas et fermait toujours les yeux, bougeant seulement légèrement les jambes. Oh… Hypnotisée par ce petit être fragile, un peu effrayée aussi, Céleste ne se le fit pas dire deux fois lorsque son amie lui indiqua une place sur le lit où elle pouvait s’asseoir pour être plus à l’aise. Plus à l’aise ou pas, il valait mieux qu’elle soit assise, juste au cas où.

Estelle la remercia alors pour le repas, Céleste lui faisant un signe de tête pour lui faire comprendre que c’était naturel, qu’elle ne devait même pas la remercier pour cela. Elle avait fait tellement plus pendant qu’elle-même avait le bras dans le plâtre ! La laissant manger sans rien dire de peur de réveiller son bébé, Céleste resta silencieuse, les yeux toujours posés sur le tout-petit qu’elle tenait dans ses bras. Elle peinait à croire ce qu’elle voyait, ignorant comment elle faisait pour ne pas trembler tant un moment tel que celui-ci l’avait effrayé durant des années. Et là, elle tenait un bébé, elle le serrait contre elle, sentait sa respiration, voyait son petit corps se soulever et s’abaisser faiblement dans son sommeil. Ayant le même âge que sa sœur, Céleste n’avait jamais tenu d’enfant contre elle, en dehors des poupées lors des quelques cours dispensés aux jeunes filles pour leur apprendre à devenir des mères respectables.

Après avoir un peu bu, occupée à découper la viande dans son assiette, Estelle la rassura en lui disant que tout irait bien, même seule, grâce à ses amis. C’est vrai que, depuis la naissance de Wyatt, elle était la seule à s’occuper de son fils, sans son père… Mais y parviendrait-elle avec deux enfants aussi jeunes ? Dans tous les cas, elle pouvait compter sur Céleste qui avait une éternelle reconnaissance envers son amie. Sans son aide, elle n’aurait jamais réussi à s’occuper de Lucas, pas avec la mort de ses parents. Même si elle les haïssait plus que n’importe qui, surtout depuis qu’elle s’était découvert un frère de huit ans, ils restaient ses parents. Parents qui l’avaient élevée durant toute sa scolarité, toute son enfance et adolescence… Même s’ils avaient fini par la rejeter, et ce définitivement.

Estelle – Je vais l’appeler Chris, dit-elle à son amie en désignant le bébé, c’était le prénom de mon grand-père. Il y a pas mal d’origines différentes dans ma famille biologique, tant ils vont et viennent partout. J’ignore où ils peuvent se trouver à présent, peut-être ailleurs qu’en France, ils voyagent à travers toute l’Europe. Ça me rappelle mon premier employeur, il ne voulait pas croire que j’étais Gitane, avant d’être récupérée au couvent.

Sans blague… Céleste elle-même avait éprouvé des difficultés à le croire, lorsqu’elle l’avait appris. Une gitane… Estelle n’avait pas l’apparence d’une gitane, ni les manières, elle vivait comme eux et n’avait pas d’habitudes héritées de ses origines. Non pas que la jeune professeure ait des a priori sur les gitans, loin de là, mais chaque peuple a des coutumes différentes et son propre style de vie. Estelle, elle, ne semblait pas vivre différemment, même l’intérieur de son appartement était commun à celui d’une jeune mère de famille célibataire. Céleste avait tourné la tête vers son amie, souriant alors qu’elle riait un peu, se remémorant sans doute la scène qu’elle venait d’évoquer. Dans ses bras, le petit Chris dormait toujours à poings fermés, apparemment très loin de leur monde, confortablement installé. Et dire qu’il était dans ses bras… Dans ses bras, à elle, et qu’il ne bronchait pas.

Estelle – Tu veux bien être sa marraine ? demanda-t-elle ensuite à Céleste.

Céleste – Pardon ? Moi ?, dit-elle en tournant la tête vers Estelle avec un air choqué.

Céleste dévisagea son amie un moment, ne sachant que répondre, ne s’attendant certainement pas à une telle proposition de sa part. Elle, marraine ? Après tout ce qu’Estelle savait sur sa collègue, elle voulait qu’elle devienne la marraine de son bébé ? Il n’avait même pas un jour, à peine deux heures de vie, et elle voulait qu’elle-même soit marraine ? Cela impliquait de côtoyer l’enfant très régulièrement, de s’en occuper en l’absence de la mère – comme son père n’était plus là – et de veiller à sa sécurité s’il arrivait un quelconque malheur. De l’accompagner, d’être présente… Céleste baissa les yeux sur Chris, profondément endormi contre elle, l’observant sans rien dire pendant un court instant. Elle pensait qu’Estelle lui en voulait, qu’elle ne lui faisait plus confiance depuis qu’elle avait appris pour son don. Et là… Non pas que Céleste ne veuille pas ! Maintenant, grâce à l’entraînement, elle savait qu’elle ne risquait plus de relâcher son don sans faire exprès, mais elle était surprise. Très. Relevant la tête vers son amie, la jeune professeure ouvrit légèrement la bouche, cherchant ses mots.

Céleste – Je pensais que tu m’en voulais, depuis que… que tu sais pour mon don. Vu tout ce que tu as dit, pour les élèves, mon entourage et ma volonté d’enseigner quand même… Je croyais que tu ne me faisais pas confiance, plus du tout, même.

Céleste veillait à ne pas parler plus fort que nécessaire pour ne pas réveiller Chris, ne bougeant pas d’un centimètre. Elle tournait seulement la tête vers Estelle pour lui répondre même si son ton était plus coupable sur la fin. Si sa collègue lui demandait d’être marraine, c’est qu’elle-même s’était complètement trompée sur sa colère, qu’elle ne lui en voulait pas, qu’elle avait parlé puis… Voilà ? Ou alors, Céleste avait manqué un épisode, quelque chose lui avait échappé et ne lui revenait pas en mémoire. C’était, pourtant, si récent… Dans quelques mois, la demande d’Estelle ne l’aurait pas désarçonnée à ce point. Mais maintenant ?

Céleste – J’avoue que je suis un peu perdue, ajouta-t-elle tout bas. Tu me ferais confiance à ce point ? Je suis sûre que tu as plein d’autres amies qui s’occuperaient mieux de Chris que moi, tout le monde t’apprécie au Pensionnat. Je n’ai pas d’expérience là-dedans, aucune…

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Mer 14 Sep - 22:13

Céleste – Pardon ? Moi ?, dit-elle en tournant la tête vers Estelle avec un air choqué.

Oui, elle, il n'y avait qu'une femme près d'elle dans cette chambre en ce moment et c'était Céleste, donc oui, elle ! Estelle hocha la tête en répondant que, bien évidemment, elle s'adressait à elle, pas à la poignée de la porte. la jeune mère remplit de nouveau son verre d'eau pour en boire une très longue gorgée, puis une seconde, avant de manger les morceaux qu'elle avait découpé. Elle mourrait de faim, la fatigue lui retombant dessus avec une certaine brutalité, après l'effort immense qu'elle venait d'accomplir, un effort au moins aussi grand que l'émotion qui l'avait envahi toute entière en prenant son bébé dans ses bras pour la première fois. C'était... Une sensation indescriptible, il fallait le vivre pour le comprendre. Mettre au monde un bébé était long, très douloureux, mais aussi gratifiant, un instant magique qui vous épuisait comme jamais. La plupart des femmes mettaient plusieurs jours avant de se relever de leurs couches, les premières nuits étaient très agitées et longues, le bébé pleurait souvent et il fallait pourtant réussir à dormir et reprendre des forces. Il faudra que quelqu'un prévienne Gabriella que la jeune femme avait accouché et ne pourra pas assurer ses cours durant une bonne semaine. Mère célibataire avec maintenant deux enfants, tous deux en bas âge, elle devait se réorganiser complètement. On ne s'occupait pas d'un bébé comme on s'occupait d'un petit de un an, déjà, le rythme n'était pas du tout le même. Un bébé dormait plus d'heures mais devait être allaité plus souvent, alors que Wyatt avait désormais le rythme des trois repas par jour, plus le goûter. Son aîné apprenait aussi à parler, marchait déjà un peu, touchait à tout, sa maman l'éveillait aux sons, aux couleurs et odeurs, lui apprenait à être propre. Un tout autre métier que celui d'enseignante et un second temps-plein.

Céleste – Je pensais que tu m’en voulais, depuis que… que tu sais pour mon don. Vu tout ce que tu as dit, pour les élèves, mon entourage et ma volonté d’enseigner quand même… Je croyais que tu ne me faisais pas confiance, plus du tout, même.

Ne plus lui faire confiance du tout ? Hein ? Estelle lui renvoya son regard, perplexe à son tour. Quel était le rapport entre ses problèmes avec son don et le fait d'être marraine du bébé de son ami ? Lorsque la jeune femme avait demandé à Gabriella d'être la marraine de Wyatt, elle ne lui avait pas parlé de son don, elle avait simplement acceptée. Leurs pouvoirs n'avaient rien à faire là-dedans ! On parlait de famille, de bébés et enfants qui avaient besoin d'être entourés avec soin pour grandir et s'épanouir, de marraine auprès d'eux pour compléter le rôle des parents. Quel rapport, donc ? C'est comme si Céleste se mettait tout à coup à parler de ses cours ou des élèves du pensionnat alors que le sujet n'avait rien à voir.

Céleste – J’avoue que je suis un peu perdue, ajouta-t-elle tout bas. Tu me ferais confiance à ce point ? Je suis sûre que tu as plein d’autres amies qui s’occuperaient mieux de Chris que moi, tout le monde t’apprécie au Pensionnat. Je n’ai pas d’expérience là-dedans, aucune…

Estelle – Je ne comprend pas le rapport entre ton don et le fait d'être marraine, avoua la jeune mère d'un ton perdu en continuant à manger. Et je ne comprend pas non plus où et quand tu as bien pu croire que je ne te faisais plus confiance, tu ne réalises pas que c'est complètement débile ?

La professeur lui lança un regard de biais à moitié étonné et perplexe, avant de le reporter sur son assiette, pour ne pas en mettre partout ou faire tomber des légumes dans ses draps, déjà bien mis à mal par l'accouchement. Manger faisait vraiment du bien, tout de même, Estelle oscillait entre l'envie de câliner son bébé encore une heure ou deux ou se coucher assez vite pour dormir. Les deux options se valaient, elle voulait profiter de son bébé, le tenir dans le creux de ses bras, bien au chaud, puis le présenter à son grand frère. Wyatt en avait tellement entendu parler, de ce fameux petit frère, il allait enfin pouvoir le voir en vrai. Elle était sûr qu'il fera un aîné adorable. En plus de cela, avec une si faible différence d'âge, ils pourront rester très proches, tous les deux.

Estelle – Tu sais, aucune femme dans ce monde ne peut pas avoir la moindre expérience dans le domaine avant d'avoir pu passer à la pratique. Personne ne peut apprendre à être parent et il n'y a pas de diplôme. Tu fais bien les choses lorsque tu en as la volonté et que tu sais réfléchir, rien de plus. Regarde, par exemple, Dominique Renoir, que tu as dans ta classe en foudre. Il a dix-huit ans et pourtant, il s'occupe de son bébé, il le garde avec lui et apprend sur le tas, comme tout le monde.

Bien entendu, il y avait bien des personnes qui n'étaient pas faites pour ça, et Céleste n'entrait pas dans cette catégorie, c'était assez évident.

Estelle – Tu ne veux pas être sa marraine ?

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Dim 2 Oct - 20:59

Estelle – Je ne comprends pas le rapport entre ton don et le fait d'être marraine, avoua la jeune mère d'un ton perdu en continuant à manger. Et je ne comprends pas non plus où et quand tu as bien pu croire que je ne te faisais plus confiance, tu ne réalises pas que c'est complètement débile ?

Heu… Non ? Céleste ne répondit pas, ouvrant seulement la bouche très légèrement alors qu’Estelle lui lançait un regard étonné et perplexe. Pour elle, c’était logique. Si sa collègue lui avait hurlé dessus en maintenant que c’était irresponsable de donner cours à des enfants avec un don qu’elle ne maîtrisait pas, en quoi les choses étaient-elles différentes avec un bébé ? Être marraine, cela signifiait être à côté de lui, en être responsable s’il y avait un problème, être proche et l’accompagner, le soutenir, l’aider. Être présente aux moments importants dans sa vie. Alors, si, c’était lié. Mais, vu la réaction d’Estelle, Céleste n’était pas sûre de vouloir le souligner maintenant… Quant à sa confiance, eh bien… C’était normal, non, de douter ? C’était la première fois qu’elle voyait la jeune mère hurler ! Et… tout le reste. Si elle n’avait pas osé en parler à Cyprien, ce n’était pas pour rien. Il en fallait beaucoup pour énerver Estelle, encore plus pour la pousser à réagir comme elle l’avait fait. C’était normal ! Enfin, pour Céleste…

Estelle – Tu sais, aucune femme dans ce monde ne peut pas avoir la moindre expérience dans le domaine avant d'avoir pu passer à la pratique. Personne ne peut apprendre à être parent et il n'y a pas de diplôme. Tu fais bien les choses lorsque tu en as la volonté et que tu sais réfléchir, rien de plus. Regarde, par exemple, Dominique Renoir, que tu as dans ta classe en foudre. Il a dix-huit ans et pourtant, il s'occupe de son bébé, il le garde avec lui et apprend sur le tas, comme tout le monde.

Mais lui était confiant, contrairement à elle… Estelle était une maman, cela se voyait, et elle était si maternelle ! Certains adultes n’étaient pas faits pour être parents, son amie le savait et y avait sans doute déjà pensé. Il n’y avait peut-être pas de diplôme, non, mais… Céleste avait seulement peur de mal faire. Cyprien voulait des enfants, il ne le lui avait jamais caché, mais elle-même était loin d’être aussi sûre d’elle que Gabriella avec qui il avait partagé sa vie durant plus d’un mois – sans compter leurs années d’amitié. Et elle… Plus elle y réfléchissait, plus elle regardait ce petit bout si fragile, plus elle constatait le bonheur d’Estelle, plus elle avait envie d’en avoir aussi. Le bébé ne risquait absolument rien, il ne bougeait pas et était à l’aise, ici. Il n’était pas effrayé non plus… Peut-être parce qu’il était encore innocent, qu’il ignorait tout du monde dans lequel il entrait.

Estelle – Tu ne veux pas être sa marraine ?

Q… Pardon ? Mais si, si, évidemment, Céleste le voulait ! Ce qu’elle répondit immédiatement à son amie, lui assurant qu’elle n’hésitait pas à ce sujet. Elle était touchée, étonnée, très surprise, ne s’y attendant pas du tout, mais cela ne l’empêchait pas d’accepter d’être la marraine de Chris. C’était… très inattendu, il lui fallait un peu de temps pour le digérer, voilà tout. Pour le réaliser. Elle voulait être sa marraine et ne le refuserait pour rien au monde, une telle confiance la surprenait seulement beaucoup. Mais elle ferait attention à lui et le protégerait, c’était promis. Si Estelle avait confiance, après tout… Pourquoi pas ?

Céleste – Si tu as confiance en moi, je suppose que je n’ai rien à craindre… Tu peux compter sur moi pour veiller sur lui.

Céleste lui fit un faible sourire, reportant le regard sur le bébé qu’elle tenait dans ses bras. Petit être si fragile et innocent… Elle le préserverait, elle en faisait la promesse. Laissant Estelle terminer de manger, elle lui dit qu’elle irait chercher Wyatt ce soir, si elle le voulait et si elle lui indiquait où il était, pour que la jeune mère n’ait pas à se soucier de son fils aujourd’hui, qu’elle devait se reposer et ne s’inquiéter de rien. Si elle pouvait, au moins, aider à ce niveau-là pour laisser sa collègue se reposer… Ce n’est qu’après qu’elle ait terminé son assiette que la jeune professeure lui demanda où déposer Chris, et comment surtout, craignant de mal faire. S’assurant qu’Estelle ne manquait de rien dans l’immédiat, elle sortit de l’appartement pour aller chercher le petit Wyatt et lui annoncer la nouvelle. D’après ses informations, la femme qui le gardait était une personne de confiance et avait été prévenue depuis un moment. Estelle était prévoyante, rien d’étonnant… Elle n’était même pas surprise en la voyant arriver. Dès que Céleste vit le petit Wyatt, elle s’agenouilla un peu et lui tendit la main avec un sourire.

Céleste – Ta maman est très fatiguée, je te ramène à la maison comme elle doit se reposer. Mais elle est en bonne santé et ton petit frère dort.

Céleste prit Wyatt dans ses bras avec un léger temps de retard en réalisant qu’il ne savait pas encore marcher comme elle, le soulevant doucement, un peu surprise. Elle l’emmena donc avec elle pour le ramener à sa mère, lui répétant une fois encore d’être calme et de ne pas faire trop de bruit pour ne pas réveiller son petit frère en rentrant. Dès qu’ils furent arrivés, elle revint vers Estelle et le petit qui dormait dans son berceau, se penchant un peu pour le montrer à Wyatt en lui disant que c’était son petit frère avant de le déposer à terre.

Céleste – Tu dis bonne nuit à maman et je te mets au lit ?

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Wyatt Martin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Ven 4 Nov - 14:46

Maman était pas bien, Wyatt n’avait pas le droit de la voir encore. Assis par terre sur un épais tapis, il jouait depuis longtemps à construire des maisons avec des cubes en bois en demandant environ toutes les quatre minutes où était maman et pourquoi il ne pouvait pas aller la voir. Sa nounou lui avait juste dit que maman était très occupée car il allait bientôt avoir un « petit frère ». Wyatt ne comprenait pas très bien ce que ça voulait dire, en fait… On lui avait dit que ce sera un petit garçon comme lui mais plus petit, tout jeune, encore un bébé, qui sera aussi l’enfant de sa maman. Donc un bébé qui sortira de sa maman, on appelait ça un « frère » ? En quoi c’était le sien ? Pourquoi on disait pas juste un bébé ? Et il venait d’où en plus ? Pourquoi maman le ramenait cette nuit comme ça, il était venu de quel endroit ? Wyatt avait demandé doucement à tout le monde, avec ses mots d’enfants, et une dame lui avait dit que c’était la cigogne qui était venu apporter son petit frère à sa maman. Information qui n’avait pas été d’une grande aide au garçonnet car il ne savait pas ce qu’était une cigogne, au juste. Il jouait toujours quand une autre dame vint se mettre à genoux à côté de lui en tendant la main. C’était qui ?

– Ta maman est très fatiguée, je te ramène à la maison comme elle doit se reposer. Mais elle est en bonne santé et ton petit frère dort.

C’était elle la cigogne ? Wyatt la regarda avec la bouche en forme de o sans rien répondre, ni même s’agiter lorsqu’elle le souleva dans ses bras et s’en alla de la pièce avec les cubes. Elle lui répétait qu’il ne fallait pas réveiller son petit frère, alors que Wyatt était de plus en plus perturbé par cette histoire et ne comprenait pas tout. En arrivant dans la chambre, il tendit les bras d’abord vers maman puis la cigogne bifurqua tout à coup et le pencha un peu en lui montrant un berceau comme celui où il dormait avant d’avoir le petit lit en bois. Dedans, il y avait un bébé. C’était ça un petit frère ? Pourquoi il était aussi petit ? Il dormait ? C’était quoi son nom ? Et d’où il arrivait, il avait un long voyage avant que madame cigogne ne l’amène ici ? Et pourquoi avec maman et lui ? Le berceau lui échappa des yeux lorsque la dame le remit par terre. Il regarda partout autour de lui aussitôt, ne dépassant même pas le bord du lit, en bois, avec ses lourds pieds et son sommier sombre, avec le gros matelas. Levant la tête, voyant juste la couverture rouge, il chercha maman, ne pouvant pas la voir d’ici. Il se sentait tout petit, encore plus perdu, et un peu paniqué.

– Tu dis bonne nuit à maman et je te mets au lit ?

Il ne voyait même plus maman ! Fronçant le nez, les larmes aux yeux, il leva n regard accusateur vers madame cigogne en tirant la couverture de la main, jusqu’à ce qu’elle comprenne enfin qu’il était trop petit pour voir maman et encore plus pour grimper dessus tout seul. Maman, elle pensait toujours à ça, elle ! Elle l’aidait toujours quand il était trop petit pour attraper quelque chose ou bien voir ! Il était à deux doigts de pleurer quand la dame comprit enfin et le souleva. Dès qu’il fut sur le lit, Watt rejoignit maman à quatre pattes pour aller se blottir dans ses bras et avoir un câlin, nichant son nez dans son cou. Il resta un moment blotti contre elle en respirant très fort son odeur, rassuré de voir qu’elle allait bien, avant de devoir rejoindre la dame-qui-ne-pensait-pas-à-tout-comme-maman, pour aller au lit. Une fois dans sa chambre, il recommença à gigoter, surtout lorsqu’il fut temps d’enfiler son pyjama.

– Tu es une cigogne ? demanda-t-il d’une voix fluette. C’est quoi un petit frère ? Pourquoi maman est fatiguée ? Et tu es qui ?

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Dim 18 Déc - 23:49

Wyatt ne bougea pas d’un millimètre, regardant Céleste comme s’il ne comprenait pas ce qu’elle disait. Eh bien ? Pourquoi ne disait-il pas bonne nuit à sa mère ? Il avait été élevé par Estelle, elle lui avait sûrement appris la politesse et il devait l’adorer. Il fronça alors le nez, les larmes aux yeux tout en la regardant et en tirant la couverture, un peu sur la pointe des pieds d’après ce qu’elle put voir. Oh… Mais oui ! Céleste étouffa un juron, se traitant intérieurement d’imbécile. Il était bien trop petit pour voir sa mère dans le lit, comment n’y avait-elle pas pensé plus tôt ?! Elle s’abaissa pour porter le petit Wyatt, le déposant ensuite sur le lit pour qu’il rejoigne sa mère. Les laissant ensemble, la jeune professeure s’éloigna un peu pour leur laisser un minimum d’intimité, pour laisser le petit retrouver sa mère et être rassuré. A cet âge, c’était plus important que jamais. Il devait voir que sa mère n’avait rien, qu’elle était vivante et en bonne santé. Fatiguée, certes, mais tout s’était bien passé. Il ne devait pas s’inquiéter.

Après un moment, cependant, Céleste fut bien obligée de tirer doucement Wyatt des bras d’Estelle pour la laisser se reposer. Mettre un enfant au monde, ce n’est pas rien, elle était vidée et devait absolument dormir. L’appelant doucement, elle finit par le prendre dans ses bras pour aller jusque dans la chambre, lui cherchant un pyjama. C’est dans ces moments-là que la jeune femme bénissait l’esprit organisé de sa collègue… Grâce à elle, Céleste mit tout de suite la main sur ce qu’elle cherchait, trouvant un petit pyjama de la taille de Wyatt à côté du lit, sur un meuble. Poussant un soupir de soulagement, la professeure d’élément maintint le petit pour éviter qu’il ne tombe ou se fasse mal et lui fit enfiler son pyjama. Enfin, du moins, elle essayait. Il n’arrêtait pas de gigoter ! Bon sang, un peu d’aide de sa part, c’était impossible ? S’entêtant, Céleste parvint à enfiler une jambe, puis l’autre, et se retint de pousser un « hourra ! » victorieux.

Wyatt – Tu es une cigogne ? demanda-t-il d’une voix fluette. C’est quoi un petit frère ? Pourquoi maman est fatiguée ? Et tu es qui ?

… Cela faisait combien de questions en l’espace d’une minute ? Elle avait l’impression qu’il n’avait même pas repris sa respiration ! La jeune professeure dévisagea Wyatt un moment avant de se reprendre et de continuer à lui faire enfiler son pyjama, un petit sourire amusé aux lèvres. La naïveté des enfants… Elle-même n’avait pas connu ça avec Lucas, beaucoup plus âgé que le petit Wyatt, mais tous deux avaient en commun une naïveté incroyable.

Céleste – Et toi, tu poses toujours autant de questions en une minute ? Respire, sinon tu vas devenir tout rouge tant tu auras parlé. On fait un marché, d’accord ? Je réponds à tes questions si tu me laisses te mettre en pyjama.

Elle n’était pas sûre que Wyatt comprenne l’expression « faire un marché » mais il allait comprendre l’échange réponse-pyjama. Patientant, Céleste attendit une réponse avant de s’activer pour terminer de le mettre en pyjama. Elle le prit ensuite dans ses bras, doucement, le serrant contre elle avec, toujours, cette peur maladive de le faire tomber ou de provoquer un accident. Même si, à mesure que les minutes s’écoulaient, elle prenait l’habitude et s’y faisait. Peut-être son don n’était-il pas si dangereux que cela, après tout… Pas à toute heure du jour et de la nuit, du moins. Elle le contrôlait, il ne risquait pas de lui échapper. Normalement. Mais non, aucun risque ! Stop la paranoïa. Déposant Wyatt dans son lit, Céleste le borda avant, d’enfin, répondre à ses questions.

Céleste – Je suis une amie de ta maman, on travaille ensemble à l’école. Donc, tu vois, je ne suis pas une cigogne, je n’ai pas d’aile ni de bec, ça suffit à te le prouver, non ?

Pour appuyer ses paroles, Céleste leva les deux bras pour montrer à Wyatt que, non, elle n’avait pas d’ailes et que, non, elle n’avait pas non plus de bec. Elle toucha son nez, sa bouche pour le lui prouver même si elle se sentait incroyablement stupide en cet instant précis. Après tout, si cela lui permettait d’avoir des réponses à ses questions… Ne restaient plus que les questions plus difficiles. Céleste préférait éviter le paragraphe « mettre un enfant au monde est douloureux, c’est la plus grosse douleur du monde » et cherchait, donc, un sérieux raccourci pour expliquer tout de même à Wyatt la fatigue de sa mère. C’est vrai que, lorsque l’on connaît Estelle, la voir fatiguée est inquiétant… Alors, pour son fils qui ne l’avait sans doute jamais vue comme cela, le choc devait être encore plus important. Il fallait le rassurer. Cherchant ses mots, Céleste hésita un moment, ouvrant puis refermant la bouche avant de se lancer.

Céleste – Si ta maman est fatiguée, c’est parce que, grâce à elle, tu as un petit frère. C’est un exercice très difficile et très long, comme si tu devais courir plusieurs heures. Elle va très bien, il faut seulement qu’elle dorme. Elle sera en pleine forme dans quelques jours.

Maintenant… Le petit frère. Comment marcher sur des œufs, elle qui n’avait jamais eu de petit frère avant cet été. C’était un sujet encore très sensible et elle ne put empêcher une légère vague de tristesse l’envahir brièvement. Se reprenant, Céleste sourit à Wyatt du mieux qu’elle le put, son regard s’attachant au décor de la chambre. Sobre, bien rangée, des meubles à l’image d’Estelle avec une touche d’univers d’enfant par-ci, par-là. Comme ils étaient au Pensionnat, les appartements des professeurs étaient tous très similaires du point de vue de l’agencement. Seule la décoration et les meubles changeaient un peu, certaines restrictions obligeant les professeurs à ne pas amener toute leur maison au Pensionnat.

Céleste – Un petit frère, c’est… un garçon plus jeune que toi qui as la même maman que toi. Vous êtes de la même famille. Toi, tu es son grand frère. C’est une personne avec qui tu peux jouer, que tu voudras protéger aussi… Quand on est grands, on raconte même nos secrets à nos petits frères ou petites sœurs. C’est comme un copain mais dans la famille et vous serez toujours ensemble. Tu comprends mieux ? Tu as d’autres questions à poser avant de dormir ? Sur n’importe quel sujet, je réponds si je peux. Mais attention, ce sont les dernières, après, tu devras dormir.

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Wyatt Martin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Mar 31 Jan - 9:20

– Et toi, tu poses toujours autant de questions en une minute ? Respire, sinon tu vas devenir tout rouge tant tu auras parlé. On fait un marché, d’accord ? Je réponds à tes questions si tu me laisses te mettre en pyjama.

C'est quoi un marché ? Comme celui que maman disait des fois et qu'elle le mettait dans sa poussette pour aller au milieu de plein de gens avec des sacs et des légumes qui dépassaient partout ? Puis même que des fois, la dame boulangère lui donnait une chouquette et qu'il disait merci parce que maman lui avait dit qu'il faut toujours dire merci quand on vous donne quelque chose. C'est bon, les chouquettes. Pourquoi la cigogne voulait aller au marché ? Il regardait autour de lui en cherchant où étaient les messieurs et dames qui vendaient des légumes, sans en trouver dans sa chambre, pendant que madame cigogne lui tirait les mains pour les faire passer dans les manches de son pyjama. Il ne voyait pas la dame boulangère, pourtant, s'il y avait un marché, elle devrait être là ! Non ? Dame cigogne le prit dans ses bras et Wyatt crut un moment qu'elle n'était pas bien, comme maman quand elle était triste puis qu'elle souriait pour ne pas le montrer. Les grands croyaient toujours que les petits ne voyaient pas ça. Elle le coucha dans son lit puis remonta la couverture. Le petit garçon gigota un peu jusqu'à trouver son doudou, le serrant contre lui comme si la peluche risquait à tout moment de disparaître.

– Je suis une amie de ta maman, on travaille ensemble à l’école. Donc, tu vois, je ne suis pas une cigogne, je n’ai pas d’aile ni de bec, ça suffit à te le prouver, non ?

L'enfant tourna la tête pour bien vérifier, quand même, parce que c'était très bizarre, tout ça. Une cigogne avait toujours des ailes, alors ? C'était un oiseau ? Mais un oiseau, c'était plus petit et tout léger, maman lui en montrait dans le ciel quand ils se promenaient. Puis il y avait aussi plein d'oiseaux dessinés sur le mur, là, à côté de son lit, il tourna la tête pour les regarder. Maman lui avait raconté une histoire, un soir avant de dormir, en montrant les oiseaux peints sur le mur qui s'envolaient. L'histoire de deux oiseaux qu'on appelaient des Inséparables et qui ne pouvaient vivre qu'en couple. Un jour, un garçon et une fille s'aimaient, dans un pays très lointain. Mais un roi jaloux convoitait la fille, alors il envoya le garçon aller construire un phare très loin, près de l'océan, et enferma la fille pour la forcer à l'épouser. Les méchants gardes du roi poussèrent le garçon dans l'océan pour qu'il disparaisse et ne revoit jamais son amour. Mais avant de disparaître, le garçon put toucher l'aile d'un Inséparable qui prit alors son âme avec lui et s'envola. Il retrouva la fille. En voyant k'oiseau, elle se piqua le doigt sur un mouchoir et la goutte de sang libéra son âme pour qu'elle devienne elle aussi un Inséparable. C'est comme ça que les deux, le garçon et la fille, s'envolèrent ensemble et en liberté, pour s'aimer pour toujours.

– Si ta maman est fatiguée, c’est parce que, grâce à elle, tu as un petit frère. C’est un exercice très difficile et très long, comme si tu devais courir plusieurs heures. Elle va très bien, il faut seulement qu’elle dorme. Elle sera en pleine forme dans quelques jours.

Alors maman allait bien quand même ? C'était important, ça. Très important, parce que c'était sa maman à lui et qu'elle ne pouvait pas aller mal. Wyatt mordilla un peu l'oreille de son lapin en peluche en regardant madame cigogne, ayant envie de toucher les boucles de ses cheveux parce qu'elles bougeaient tout le temps. Puis elle souriait, mais c'était pas pareil que maman. Quand maman lui souriait, tout devenait tout à coup plus clair, parce qu'il y avait aussi un sourire dans ses ses yeux. Il n'avait jamais peur du noir quand elle était là près de lui.

– Un petit frère, c’est… un garçon plus jeune que toi qui as la même maman que toi. Vous êtes de la même famille. Toi, tu es son grand frère. C’est une personne avec qui tu peux jouer, que tu voudras protéger aussi… Quand on est grands, on raconte même nos secrets à nos petits frères ou petites sœurs. C’est comme un copain mais dans la famille et vous serez toujours ensemble. Tu comprends mieux ? Tu as d’autres questions à poser avant de dormir ? Sur n’importe quel sujet, je réponds si je peux. Mais attention, ce sont les dernières, après, tu devras dormir.

– Tu me racontes une histoire avec des oiseaux ?

Avant de dormir, il entendait toujours des histoires, et que même, parfois, il s'endormait avant d'entendre la fin. Mais l'important, c'était d'être bercé par une histoire et une voix douce avant de partir rêver, parce que ça éloignait les cauchemars. Il attendit donc que dame cigogne lui raconte une histoire, la regardant avec ses grands yeux.

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Lun 27 Fév - 17:39

Wyatt – Tu me racontes une histoire avec des oiseaux ?

Une histoire avec des oiseaux… ? Heu. Mais Céleste ne connaissait pas d’histoires, elle, et n’en racontait d’ailleurs jamais. Enfin, non, c’était faux, elle connaissait plein d’histoires enfouies dans sa mémoire du temps où ses parents leur en racontaient pour les endormir, sa jumelle et elle. Mais des histoires avec des oiseaux… Il y en avait bien une ou deux qu’elle connaissait, oui, mais cela remontait à tellement d’années que c’était très flou dans sa tête. Allez, on se concentre. Il y avait bien une histoire avec deux oiseaux qui s’aimaient… Non, ils étaient devenus des oiseaux pour s’aimer. Ou quelque chose comme ça ? D’après ses souvenirs, cela expliquait d’une manière poétique l’existence des Inséparables. Mais elle n’en connaissait plus les détails, plus aucun, et si Estelle l’avait déjà racontée à Wyatt, ce serait la crise assurée.

Restait la deuxième histoire qui expliquait… quoi, déjà ? Ah, oui, la couleur des oiseaux. C’était mignon, non ? Il allait peut-être aimer. Céleste finit par hocher la tête, lui répondant qu’elle avait une histoire qui allait sûrement lui plaire. S’installant elle-même confortablement pour la lui raconter, elle rassembla ses souvenirs, réfléchissant. Elle avait le début… Plus qu’à combler les trous. Sa mère lui avait souvent raconté cette histoire, à elle et sa sœur d’ailleurs, parce qu’elle la trouvait très belle et innocente. Il y avait un début, un milieu et une fin avec des événements qui ne laissaient pas imaginer que les oiseaux auraient le dernier mot. Bon… On se lance.

Céleste – Cette histoire se déroule il y a très, très longtemps. A la création du monde, alors qu’il n’y avait même pas un seul humain sur Terre. Inti, le Dieu-Soleil indien, était très occupé avec tout ce qu’il avait à préparer : créer le printemps et les quatre saisons, les matins et les crépuscules enflammés, toutes les plantes à faire pousser, monter et descendre l’eau dans la mer, réchauffer l’eau, dorer les fruits… Il travaillait jusqu’au soir et n’avait pas un moment pour lui. Il guidait la lumière et les couleurs, peignait le monde, les fruits, les animaux… Mais, voilà, il n’avait pas le temps de tout faire comme il faut.

Céleste prenait le temps de tout raconter, comme sa mère, ralentissant aux mêmes endroits et répétant les mots de manière la plus fidèle possible. Si, au début, l’histoire lui était encore très floue, elle lui revenait en mémoire sans trop de difficulté comme la jeune professeure était lancée. Tout était logique, même si elle tâchait d’adapter certains passages pour que Wyatt comprenne tout. Elle ne voulait pas employer de mots si difficiles qu’il ne suivrait pas l’histoire et ne l’apprécierait pas alors qu’elle était belle. Bon, moins belle que d’autres histoires, mais il voulait des oiseaux… Elle lui en donnait. Il avait, d’ailleurs, des envies très bizarres, mais soit, passons.

Céleste – Parmi les choses qu’il avait oublié de peindre, il y avait les oiseaux. Ils étaient gris, tristes et malheureux d’avoir été oubliés ! Un jour, ils allèrent se plaindre au Dieu-Soleil qui les trouva si désolés, malheureux et gris qu’il fut fâché contre lui-même. Il leur dit : « En tant que Grand Chef de rayons, en charge des quatre éléments, je veux que l’on provoque un véritable coup de tonnerre dans le ciel, que tous les nuages qui existent sur Terre se chargent en ouragan, tornades, tempêtes et brouillard, qu’ils se mélangent et se percutent ! ».

La professeure d’élément fit des gestes pour appuyer ses paroles et les illustrer du mieux qu’elle le pouvait, ayant un peu de mal avec cette partie du récit qu’elle venait d’adapter sérieusement pour le petit Wyatt. Elle-même n’avait pas tout compris lorsque sa mère lui racontait l’histoire et qu’elle était enfant, inutile d’en demander trop alors qu’il allait dormir. Céleste se radoucit alors, soufflant un peu pour imiter le bruit du vent et des nuages qui se chargeaient et déchargeaient à la demande du dieu Inti.

Céleste – Et des nuages entrechoqués un déluge se mit à tomber. De la pluie sous formes diverses, en crachins, en rafales, en averses. Alors le Dieu-Soleil Inti alluma si fort ses lumières qu’un arc-en-ciel fit, dans la pluie, tout le tour de la Terre. Les oiseaux s’y précipitèrent pour en attraper les couleurs. Le jaune teinta le Canari et le bec du Merle siffleur, l’Ibis se fit rouge tout entier, le Cardinal prit le violet. Le rose habilla les Flamands dans un costume un peu voyant. L’Oiseau de Paradis fut bleu. Quant aux Perruches, paire par paire, elles prirent une couleur pour deux. Le Perroquet, toujours farceur, fit le clown dans chaque couleur et le grand Toucan des Aztèques dans tous les tons, piqua du bec. Ainsi tout ce qui portait des plumes repartit dans de jolis costumes.

Cette partie de l’histoire était sa préférée, et de très loin. A chaque fois que sa mère la lui racontait, Céleste se laissait bercer par les paroles et les images ainsi évoquées, rêvant d’oiseaux et de voyage, de longs vols toute la nuit. Longtemps, elle avait imaginé que les oiseaux allaient se jeter dans chaque arc-en-ciel qu’elle croisait pour avoir des couleurs. Sauf que les oiseaux avaient déjà des couleurs et qu’ils n’allaient pas se jeter sur un arc-en-ciel pour s’en parer, c’était stupide. Mignon, naïf, mais impossible, et elle l’avait vite découvert. Enfin… Surtout en voyant un bébé oiseau incapable de voler avec, déjà, ses couleurs bien voyantes.

Céleste – Mais un oiseau ne put accéder à toutes ces couleurs et demeura gris malgré la bonne volonté du Dieu-Soleil. Le plus riquiqui des oiseaux, le si minuscule Colibri, que l’on appelle aussi oiseau-mouche. Car ne sachant voler si haut, il était resté seul, sur la touche ! Le Dieu-Soleil, émit alors une idée qu’il formula comme telle : « Chers oiseaux venus par milliers, en chahutant dans l’arc-en-ciel, sur la Terre vous avez jeté mille milliards de taches de couleurs. Je sécherai chacune d’entre elles et les transformerai en fleurs. Le Colibri, seul, y boira. ». Depuis, le Colibri s’abreuve de chaque fleur, prend du rouge, de l’orange, du jaune, du vert, de l’indigo… Du bec aux ailes, tout y passait. Il est devenu l’oiseau le plus multicolore que la Terre ait jamais connu.

Sur la fin de sa phrase, Céleste laissa planer un peu plus les mots dans l’air, comme pour laisser le silence s’en imprégner tandis que Wyatt devait somnoler de plus en plus, voire s’endormir maintenant que l’histoire était plus calme. Peut-être était-il déjà endormi ? Pour ne pas prendre de risque, la jeune femme préféra terminer son histoire « au cas où », connaissant la blague du « je dors mais si tu arrêtes de parler, je me réveille ».

Céleste – Voilà pourquoi, chaque matin, dès que le Dieu-Soleil revient, tous les oiseaux le remercient en gazouillant à tour de rôle, et les fleurs ouvrent leurs corolles, pour un hommage sans parole. Et le Colibri, grâce au Dieu Inti, depuis lors s’appelle « l’Oiseau arc-en-ciel ».

Céleste s’assura que Wyatt dormait bien et se redressa tout doucement en veillant à ne faire aucun bruit. Elle passa ensuite près de Chris qui dormait, lui aussi, et jeta un œil à Estelle qui avait fini par s’endormir à son tour. Bon, ils dormaient tous les trois, elle n’avait plus qu’à sortir pour revenir le lendemain, pas trop tard, pour vérifier que son amie ne manquait de rien. Elle serait sûrement déjà debout, la connaissant, mais Céleste voulait vérifier tout de même comme elle avait veillé sur elle pendant tout un mois. Et même plus, en fin de compte… Céleste écrivit un petit mot rapidement dans lequel elle lui disait qu’elle avait mis Wyatt au lit et qu’elle lui avait expliqué du mieux qu’elle le pouvait pour le fait d’avoir un petit frère mais qu’elle n’était pas sûre de s’y être pris correctement. Déposant le papier à côté d’Estelle, au cas où, Céleste sortit sur la pointe des pieds et l’appartement pour regagner son chez soi à son rythme.

Ce n’est que maintenant qu’elle ressentait vraiment le contrecoup de tout ce qui s’était passé, ne s’étant certes pas préparée à assister à un accouchement et à être marraine dans la foulée. Elle avait besoin d’une bonne dose de repos, là, c’était un peu trop en une fois. Marchant d’un bon pas, elle s’occupa comme elle le put des tâches importantes, plongée dans ses pensées, et s’écroula sur son lit à côté de Cyprien sitôt qu’elle eut terminé de manger. Heureusement, il avait été prévenu, comme tous leurs collègues, et avait pu s’occuper de Lucas et de préparer à manger, il l’avait bien aidée sur ce coup. Se déshabillant après avoir avalé un morceau vite fait, Céleste se glissa dans les bras de son meilleur ami, tout doucement, s’excusant de l’avoir réveillé en arrivant, et lui annonça que tout s’était bien passé, qu’Estelle avait eu un petit garçon qu’elle avait appelé Chris. Puis, elle s’endormit contre lui, éreintée alors qu’elle n’avait absolument rien fait. Demain, elle irait les voir, promis, elle ne commençait pas à la première heure et n’avait pas cours l’après-midi.

Céleste dormit à poings fermés jusqu’au petit matin, réveillée par Cyprien à son tour qui essayait de la tirer du sommeil. Mh… Encore un peu. Elle commençait plus tard, il pouvait bien la laisser, non ? Marmonnant, ses longs cheveux bouclés lui cachant le visage, elle souffla sur une mèche qui la gênait avant de se redresser. Et de se souvenir de sa volonté d’aller voir Estelle, Wyatt et Chris. Zut ! S’habillant en vitesse, elle lança le petit-déjeuner, réveilla Lucas doucement en lui disant qu’il était temps de se lever puis tous trois mangèrent ensemble. Un début de matinée normal, somme toute, même si ce genre de scène n’était permis que parce que Gabriella l’avait autorisée à habiter un appartement à Gray. Au moins, ils retrouvaient un peu de paix et de tranquillité, un semblant de vie… normale. Plus ou moins. Ce n’est que lorsqu’ils eurent terminés de manger qu’elle annonça à Cyprien qu’elle irait avec lui au Pensionnat, souhaitant passer voir Estelle avant ses propres cours.

Ils conduisirent Lucas jusqu’à son école, Céleste lui souhaitant une bonne journée avec un pincement au cœur comme elle savait qu’il n’aimait pas venir ici. Elle allait trouver une solution. Il le fallait. Il avait déjà tant souffert… Quittant l’école primaire à regrets, la jeune professeure fit un petit crochet par la boulangerie pour acheter des petits pains au chocolat pour son amie avant de reprendre le chemin normal. Elle marcha jusqu’au Pensionnat en discutant de tout et de rien avec Cyprien, pariant aussi qu’elle risquait de retrouver Estelle debout même si la raison lui ordonnait de se reposer, de passer plusieurs jours au lit. Même si elle était seule. Encore que… Elle était raisonnable, tout de même, donc leur collègue n’allait pas faire comme Gabriella et resterait allongée. N’est-ce pas ? Se séparant de son ami au bas des escaliers, après le traditionnel contrôle des militaires avant d’entrer dans le Pensionnat, Céleste salua ses collègues qui entraient dans la salle des profs tandis qu’elle prenait la direction de l’appartement d’Estelle. Frappant trois petits coups, elle attendit la permission d’entrer après s’être annoncée et retrouva sa collègue, arborant le sachet contenant les pains au chocolat.

Céleste – Je me suis dit que tu serais affamée, aujourd’hui, dit-elle avec un petit sourire. Je suis venue le plus tôt possible et, même si tu as déjà mangé, tu pourras les garder pour plus tard. C’est le moins que je puisse faire, je ne suis pas un cordon bleu comme toi. Tu te sens mieux ? Comment s’est passée ta nuit ?

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Jeu 9 Mar - 16:22

Céleste – Si tu as confiance en moi, je suppose que je n’ai rien à craindre… Tu peux compter sur moi pour veiller sur lui.

Il faudra aussi s’occuper des papiers dès demain. Estelle repoussa les cheveux menaçant de tomber dans son assiette, continuant de manger, pendant que sa collègue tenait le petit Chris. Elle était vraiment épuisée, comme si corps s’était débranchée et ne laissait plus qu’un petit fonctionnement automatique pour lui permettre de se nourrir. Une fois terminé, elle reposa le plateau sur l’autre table de nuit pour ne pas faire dégâts et s’essuya la bouche, se lavant aussi les mains avec une serviette trempée dans son verre d’eau. Après avoir montré à Céleste comment coucher Chris, elle lui indiqua où elle pourra aller chercher Wyatt, qu’il vienne dire bonne nuit à son nouveau petit frère. Pendant ce temps, la jeune mère se redressa un peu dans son lit, se penchant pour sourire à son bébé, déjà endormi dans le creux de son berceau, tout juste à côté d’elle. Elle promettait de lui donner de la chaleur, de l’amour, une éducation solide et toute l’attention dont il avait besoin. Tendant la main, elle lui caressa longuement la joue puis se réinstalla conte ses oreillers, très fatiguée. Quelques instant plus tard, Céleste revint avec Wyatt, lui montrant son jeune frère.

La pauvre n’avait pas encore l’habitue des enfants, c’était évident. Estelle dissimula de la main un sourire amusé lorsque son amie mit cinq bonnes minutes avant de comprendre qu’un enfant de un an ne pouvait pas grimper tout seul sur un lit de cette taille. Elle finit par le soulever juste avant que la jeune mère ne lui signale ce qui n’allait pas, déposant le petit sur le lit. Estelle tendit les mains vers lui pour qu’il vienne la rejoindre à quatre pattes puis le serra contre son cœur, tête baissée et l’embrassant dans les cheveux avec amour. Ce ne sera pas maman qui te couchera ce soir, mon trésor. Elle le câlina longuement avant de le confier à sa collègue pour qu’elle le mette au lit. Le silence était revenu, dans la chambre, après tant de tumulte. La jeune femme éteignit la lumière puis s’endormit assez vite. Bien plus tard dans la nuit, elle se réveilla presque en sursaut, juste avant que Chris ne commence à gémir. Les heures d’allaitement étaient encore gravées dans son horloge interne, on dirait bien. Chris, cependant, ne but pas beaucoup, se rendormant vite dans ses bras.

Estelle se sentait trop nerveuse pour être capable de se rendormir tout de suite. Même épuisée, ce qu’elle venait de vivre était trop bouleversant, trop frais, ces quelques heures étaient déjà assez en soit. Se levant, elle enfila sa robe de chambre puis mit un châle par-dessus ces épaules. Installée dans un fauteuil du salon, elle prit un livre pour calmer un peu son agitation. Son auteur favori du moment, un écrivain Allemand très prolifique, avait pour thème de prédilection l’Angleterre à l’apogée de l’époque Victorienne. Cela ne faisait pas si longtemps que cela que ces « années d’or » étaient terminées, finalement, l’industrialisation du début de ce siècle y avait peu à peu mis fin et la Grande Guerre avait achevé le tout. Le héros de ce livre était un vieil homme, racontant comme témoin de son siècle les grands événements et l’ère nouvelle de l’industrie. A la fin d’un chapitre, le vieil homme était dans la rue, regardant des enfants jouer dans le parc et de jeunes adultes flirter ensemble. Il les observait, attentif, observateur à la fois enjoué et soucieux.

« Cours, cours Jeunesse.
Le monde ne dure que
le temps d’un songe,
cours comme si chaque
instant comptait !
Cours, cours Jeunesse.
Que ton pas vienne à
s’arrêter et bien vite
arrivera le Jour du Repos »


La nuit se déroula dans le calme, Wyatt ne se réveilla pas et Chris n’eut qu’un ou deux cauchemars. Lorsque la lumière de l’aube vint filtrer à travers les rideaux, Estelle prit une longue douche bien chaude puis enfila des vêtements souples et confortables. Allant chercher Wyatt, elle l’assit dans sa chaise haute, encore en pyjama, puis lui servit un biberon de lait chaud chocolaté, deux petits pots dans une assiette avec sa cuillère, et du pain de mie avec la confiture. C’est qu’il mangeait bien, son bébé, le matin. Estelle allant ensuite chercher Chris, retournant dans la cuisine avec lui et s’arrêtant près de Wyatt en lui disant de dire bonjour à son petit frère. Elle se redressait lorsque quelques coups furent frappés à la porte. Qui venait à cette heure ? Il était vraiment tôt. Elle lança d’entrer puis vit Céleste arriver, en brandissant un petit sac de la boulangerie. Oh, elle était revenu dès ce matin ? C’était mignon. La professeur d’histoire lui dit bonjour avec un sourire fatigué mais joyeux.

Céleste – Je me suis dit que tu serais affamée, aujourd’hui, dit-elle avec un petit sourire. Je suis venue le plus tôt possible et, même si tu as déjà mangé, tu pourras les garder pour plus tard. C’est le moins que je puisse faire, je ne suis pas un cordon bleu comme toi. Tu te sens mieux ? Comment s’est passée ta nuit ?

Estelle – C’est très gentil, merci, je n’ai pas encore mangé. Dis bonjour, mon chéri. Tu peux t’asseoir, Céleste, je vais faire du café, ou du thé si tu préfères.

Tout en tenant son bébé contre son sein, elle mit d’une main une casserole d’eau à chauffer déposa sur la table un petit plateau de bois où elle disposait le sucre, les sachets de thé, quelques cuillères de réserve et des biscuits. Chris dormait encore à poings fermés, ne sourcillant même pas lorsque sa mère remuait dans la cuisine. Tant qu’il était au chaud et en sécurité, c’était bien tout ce qui comptait. Debout près du gaz, pour surveiller la casserole, elle remit son second bras sous son fils pour le porter et le bercer contre elle. Beaucoup de personnes étaient surprises du poids d’un bébé, n’en ayant jamais porté dans les bras et imaginant que parce qu’ils étaient si petits, ils étaient tous légers.

Estelle – Je n’ai que peu dormi mais je me sens très bien, merci, affirma-t-elle sans cesser de sourire. Wyatt, mon poussin, mange moins vite et mâche avant d’avaler. Tu as faim, Céleste ? Il me reste des crêpes que j’ai fait hier matin. Au fait, où en es-tu, dans tes propres projets d’enfant, avec Cyprien ?

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Dim 26 Mar - 15:26

Estelle – C’est très gentil, merci, je n’ai pas encore mangé. Dis bonjour, mon chéri. Tu peux t’asseoir, Céleste, je vais faire du café, ou du thé si tu préfères.

Oh, elle n’était vraiment pas obligée ! Céleste était venue pour lui apporter à manger, comme ça elle n’avait pas besoin de cuisiner ce matin et elle pouvait se reposer un peu. Même si sa collègue était déjà debout, en train de porter son bébé dans les bras tout en s’occupant du thé comme si elle avait fait cela toute sa vie. Elle n’était même pas gênée… ? Même pas un petit peu ? Chris non plus, apparemment, il dormait toujours à poings fermés dans ses bras, ne bronchant pas une seule fois. Admirative, Céleste observa son amie s’activer dans la cuisine, essayant de l’aider tout de même un peu après avoir déposé les petits pains sur la table de la cuisine. Comment faisait-elle ? Elle avait l’air épuisée, oui, mais bougeait sans renverser quoi que ce soit, avec des gestes très précis pour quelqu’un qui venait d’accoucher.

Subjuguée, la jeune professeure se sentit bête de ne pouvoir rien faire de plus, hallucinant de voir Estelle bouger. Qui aurait pu croire qu’elle avait accouché la veille… ? Leurs collègues allaient être choqués en la voyant debout si certains passaient la voir. A présent, elle était près de la casserole, occupée à faire chauffer de l’eau sans lâcher son petit des bras, sans ralentir malgré le fait qu’elle ait un bébé avec elle. Ou alors, si, elle avait ralenti mais elle était tellement rapide, pour Céleste… Aucune chance qu’elle-même soit aussi active le lendemain de son accouchement. Dévisageant Estelle, elle suivait ses mouvements du regard sans bouger d’un millimètre.

Estelle – Je n’ai que peu dormi mais je me sens très bien, merci, affirma-t-elle sans cesser de sourire. Wyatt, mon poussin, mange moins vite et mâche avant d’avaler. Tu as faim, Céleste ? Il me reste des crêpes que j’ai fait hier matin. Au fait, où en es-tu, dans tes propres projets d’enfant, avec Cyprien ?

Céleste – Oh, ne t’inquiète pas, je ne suis pas une très grosse mangeuse le matin, dit-elle en souriant aussi. Je venais t’apporter à manger pour t’éviter de cuisiner dès le matin après la soirée d’hier. Mais je vois que tu es hyper active, c’est moi la plus endormie de nous deux…

Céleste avait terminé en riant un peu, n’ayant aucune honte à avouer que sa collègue la surprenait très franchement. Elle se demandait où elle puisait toute cette énergie, ne serait-ce que celle de se lever après autant d’efforts fournis la veille. En la voyant ainsi, s’imaginer faire la même chose était impossible et l’effrayait comme jamais, la freinant un peu dans l’idée d’avoir des enfants à son tour. Même si, oui, Céleste devait bien l’avouer, tenir Chris dans ses bras comme cela hier l’avait rassurée énormément. Elle comprenait qu’elle ne risquait pas de faire de mal sans le vouloir, que les bébés n’avaient pas peur d’elle non plus malgré son tempérament plus distant et froid. Mais tenir un être si fragile, devoir s’en occuper, veiller sur lui… C’était autre chose que de veiller sur un groupe d’adolescents durant plusieurs heures. Elle apprenait encore, avec Lucas. Qui était déjà éduqué, même s’il grandissait encore, même s’il était en plein développement.

Se frottant les bras, pensive et un peu gênée d’avouer ça, elle lança un regard à Estelle et au petit Chris dans ses bras pour lui répondre. Le problème n’était pas Cyprien, il voulait des enfants et le lui avait déjà dit, assez tôt même, cela faisait partie de ses plus grands regrets et de ce qui le préoccupait le plus lorsqu’il était avec Gabriella. Il en voulait et était prêt à attendre, avait déjà essayé de la rassurer un peu à ce sujet. Mais il voulait des enfants… La question était : elle-même était-elle prête à en avoir maintenant, si tôt ? Avec le milieu, le contexte historique et Lucas ? Céleste avait peur de blesser Cyprien, de le perdre, mais quelque chose la freinait, l’empêchait d’affirmer qu’elle voulait des enfants.

Céleste – Pour mes projets d’enfant… Je suis un peu perdue. Je sais que Cyprien en veut, il m’en a déjà parlé plein de fois, avant même que l’on soit ensemble, comme je te l’ai dit. Mais j’ai peur qu’il se lasse si je prends… trop de temps pour me décider. Il est patient, très, mais je continue de penser qu’avoir un enfant est énormément de responsabilités, cela n’a rien à voir avec le fait de tenir une classe, de s’occuper d’adolescents… Désolée, tu dois trouver mes paroles stupides, tu es seule pour t’occuper de tes deux enfants et tu arrives à faire… tout ça sans avoir peur.

Comment dire où était le problème alors qu’elle l’ignorait elle-même précisément ? Oui, cela venait de son don. Enfin… Non, pas vraiment. Pas trop. Céleste savait qu’elle ne ferait pas mal à un bébé, qu’elle se maîtrisait, son ancien professeur le lui répétait bien assez durant leurs longues heures d’entraînement, à force, les paroles finissaient par rentrer et elle les intégrait. Mais prendre la responsabilité et la décision de s’occuper d’un enfant, de le protéger, d’être son repère… Cyprien s’en sentait prêt mais il n’avait pas le même passé qu’elle. Peut-être était-ce à cause de cela ? Non, ses parents n’avaient pas été mauvais non plus même s’ils l’avaient rejetée à la mort de leur fille. Alors, pourquoi cette crainte ?

Céleste – Je ne sais pas ce qui m’effraie vraiment…, avoua-t-elle, honteuse. Cyprien se sent prêt et c’est normal, et je sais que je ne blesserai personne avec mon don, mais je n’arrive pas à lui dire que oui, je suis prête, que l’on peut avoir un enfant. Il y a tellement de choses qui pourraient mal tourner, et comment le guider sans l’abandonner ensuite ? Avec le contexte actuel de la France, je sais que de nombreux parents ont peur, on l’a bien vu avec Alexis. Je n’arrive pas à me rassurer, à me dire que, oui, il sera en sécurité avec nous. Quand je te regarde et que je regarde Gabriella, je suis tellement loin derrière vous que je me vois très mal élever un enfant sans risquer sa vie à cause de mauvais conseils. Un rien peut déraper et tout détruire.

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Dim 2 Avr - 12:52

Céleste – Oh, ne t’inquiète pas, je ne suis pas une très grosse mangeuse le matin, dit-elle en souriant aussi. Je venais t’apporter à manger pour t’éviter de cuisiner dès le matin après la soirée d’hier. Mais je vois que tu es hyper active, c’est moi la plus endormie de nous deux…

Hyper active, non, pas du tout, elle était juste heureuse, rien de plus ! Quoi de plus motivant pour se lever le matin que de savoir qu'un petit enfant avait besoin de vous ? En tout cas, c'était ainsi qu'elle voyait les choses. S'il n'y avait pas Wyatt et maintenant Chris auprès d'elle, elle ne savait pas trop ce qu'elle deviendrait... Vivre seule, comme ça ? Non, non, jamais ! Sans être entourée, elle était perdue. Avec ses enfants loin d'elle même quelques jours seulement, c'était la morosité assurée, à moins qu'elle ne puisse les appeler tous les jours pour entendre leurs voix. Mère poule et elle l’assumait parfaitement. Mère qui avait besoin de sentir ses enfants près d'elle, besoin de les câliner, besoin qu'ils aillent bien et sourient. Reportant le regard sur la casserole, Estelle baissa un peu le feu puis l'enleva dès que l'eau fut assez bouillante pour la verser avec délicatesse dans les tasses attendant sur le plan de travail. Les feuilles de thé déjà dedans, pour l'infusion, se soulevèrent immédiatement avec un bref plongeon avant de remonter à la surface. Alors qu'elle bougeait, son bébé dormait toujours à poings fermés contre son sein, plongé dans des rêves n'appartenant qu'à lui. Il mettait ses mains exactement de la même façon que son grand frère, à la naissance, et même encore aujourd'hui. Même si leur père était un salaud, qu'importe, ces enfants auront tout l'amour dont ils avaient besoin avec elle. Le premier qui voudrait les toucher ou leur faire du mal serait mort.

Céleste – Pour mes projets d’enfant… Je suis un peu perdue. Je sais que Cyprien en veut, il m’en a déjà parlé plein de fois, avant même que l’on soit ensemble, comme je te l’ai dit. Mais j’ai peur qu’il se lasse si je prends… trop de temps pour me décider. Il est patient, très, mais je continue de penser qu’avoir un enfant est énormément de responsabilités, cela n’a rien à voir avec le fait de tenir une classe, de s’occuper d’adolescents… Désolée, tu dois trouver mes paroles stupides, tu es seule pour t’occuper de tes deux enfants et tu arrives à faire… tout ça sans avoir peur.

La jeune mère avait peur de mal faire, bien sûr ! Quelle mère serait-on sans cette fameuse peur d'échouer, d'agir mal ou de ne pas être capable d'éduquer correctement ses enfants ? Que cela n'ait rien à voir avec le fait de tenir une classe, oh oui, c'était certain, la situation n'avait rien de comparable. Mais c'était si... Estelle ne savait pas comment décrire ça exactement. Elle se sentait plus complète, voilà tout. Depuis toute petite fille, elle avait toujours ressenti le besoin d'aller réconforter et soutenir son entourage, ce besoin d'aimer et être aimée en retour. Depuis qu'elle était devenue maman, elle avait le sentiment d'avoir trouvé une toute nouvelle part d'elle-même, qui s'exprimait lorsqu'elle était avec ses petits. Elle se sentait bien simplement en voyant ses enfants dormir en toute confiance dans ses bras. Portant une tasse après l'autre, elle les déposa sur la table de la cuisine avec le reste, puis allongea soigneusement Chris dans le siège bébé posé aussi sur la table, contre le mur, pour qu'elle déjeune sans le déranger. Il n'avait pas bougé d'un plus, indifférent à ce qui se tramait dans cette cuisine. Son grand frère non plus ne s'en préoccupait pas plus que ça, bien plus occupé avec les tartines à la confiture maison qu'il avait devant lui, en ayant autant sur la figure et les mains que sur les tartines.

Céleste – Je ne sais pas ce qui m’effraie vraiment…, avoua-t-elle, honteuse. Cyprien se sent prêt et c’est normal, et je sais que je ne blesserai personne avec mon don, mais je n’arrive pas à lui dire que oui, je suis prête, que l’on peut avoir un enfant. Il y a tellement de choses qui pourraient mal tourner, et comment le guider sans l’abandonner ensuite ? Avec le contexte actuel de la France, je sais que de nombreux parents ont peur, on l’a bien vu avec Alexis. Je n’arrive pas à me rassurer, à me dire que, oui, il sera en sécurité avec nous. Quand je te regarde et que je regarde Gabriella, je suis tellement loin derrière vous que je me vois très mal élever un enfant sans risquer sa vie à cause de mauvais conseils. Un rien peut déraper et tout détruire.

Estelle – Il y a un proverbe Chinois qui dit "Avoir peur pour l'avenir de son bébé prouve que tu seras une bonne mère". Pourquoi penser dès le début que tu pourrais abandonner ton bébé alors que tu veux son bien ? C'est idiot. Par ailleurs, pourquoi dire "loin derrière moi ou Gabriella" ? On ne peut pas non plus comparer les situations comme ça. Personnellement, j'ai toujours su que je voulais des enfants et je m'y étais préparée. Gaby, elle, n'y était pas prête et tomber enceinte l'a terrifiée... Elle parlait comme toi, à ne pas savoir comment elle pourrait préserver son enfant, ses enfants plutôt, qu'il y avait trop de problèmes, que c'était impossible. Puis la vie a fait qu'elle a... Enfin, apprendre à protéger, allons-nous dire. Je suis convaincue que tu suivras ce même chemin, même si ce ne sera probablement pas de la façon de Gabriella. Prend un peu de confiture.

Elle se pencha pour tirer la chaise haute de Wyatt et le rapprocher ainsi d'elle. Avec une petite moue, elle plongea une serviette dans un bol d'eau préparé toute à l'heure puis entreprit d'enlever les traces de confiture que son fils avait autour de la bouche, sur le menton et les mains. Ah là là, pas encore très propre pour manger, son petit poussin. Pourtant, il faisait vraiment des efforts, le midi et le soir, par contre, le matin... Bon, ça viendra, il ne fallait pas tout exiger en un seul coup, il était encore tout petit.

Estelle – La peur n'évite pas le danger, sourit-il en donnant son biberon à Wyatt, avant d'enfin manger elle-même. Des problèmes, il y en aura toujours, toute notre vie. A partir de là, pourquoi s'empêcher de réaliser nos envies ?

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Dim 16 Avr - 16:48

Estelle – Il y a un proverbe Chinois qui dit "Avoir peur pour l'avenir de son bébé prouve que tu seras une bonne mère". Pourquoi penser dès le début que tu pourrais abandonner ton bébé alors que tu veux son bien ? C'est idiot. Par ailleurs, pourquoi dire "loin derrière moi ou Gabriella" ? On ne peut pas non plus comparer les situations comme ça. Personnellement, j'ai toujours su que je voulais des enfants et je m'y étais préparée. Gaby, elle, n'y était pas prête et tomber enceinte l'a terrifiée... Elle parlait comme toi, à ne pas savoir comment elle pourrait préserver son enfant, ses enfants plutôt, qu'il y avait trop de problèmes, que c'était impossible. Puis la vie a fait qu'elle a... Enfin, apprendre à protéger, allons-nous dire. Je suis convaincue que tu suivras ce même chemin, même si ce ne sera probablement pas de la façon de Gabriella. Prend un peu de confiture.

Oh, non, elle avait déjà mangé mais boirait tout de même un peu de thé avec elle pour l’accompagner. Le lui disant pendant qu’Estelle rapprochait Wyatt de la table pour qu’il puisse manger, elle le regarda avec un air attendri sans rien dire. Elle ne bougea pas non plus lorsque sa collègue essuya la bouche de son fils, déjà salie à cause de la confiture. Observer une mère avec son bébé était presque fascinant, pour elle, surtout que sa collègue remplissait ce rôle à merveille. Pour elle et pas que, d’ailleurs, tous leurs collègues pensaient la même chose, parlant de la jeune mère très souvent, surtout depuis la parution du fameux journal et les conséquences directes. Elle s’en était très bien remise, ou ne montrait pas à quel point cette histoire la touchait du moins. Impossible de le savoir, Estelle gardait le sourire en toutes circonstances et c’était admirable.

Et elle pensait que le fait de craindre pour l’avenir de son bébé suffisait à prouver que Céleste ferait une bonne mère… ? Désolée mais la jeune professeure avait d’immenses difficultés à la croire. D’accord, comparer sa situation à celle de Gabriella et Estelle était peut-être stupide, peut-être étaient-elles différentes au point de rendre toute comparaison impossible, mais elles avaient toutes les deux une situation sociale particulière, difficile. La directrice était pointée du doigt constamment, mère de jumeaux sans personne officiellement pour s’occuper d’elle et apparaissait comme étant la femme la plus dangereuse du pays actuellement. Elle s’occupait de centaines d’enfants et d’adultes de par son poste, les protéger était une seconde nature chez elle et elle n’avait jamais rejeté personne. Cela faisait partie de sa personnalité, en somme. Estelle, quant à elle… Elle avait forcément un instinct maternel surdéveloppé pour agir comme elle le faisait, surtout pour trouver la force d’agir ainsi après un accouchement – par exemple. Et avec ça, elle continuait d’essayer de la rassurer et elle l’écoutait ! Ses collègues étaient surprenantes, quoi qu’elles en disent.

Estelle – La peur n'évite pas le danger, sourit-elle en donnant son biberon à Wyatt, avant d'enfin manger elle-même. Des problèmes, il y en aura toujours, toute notre vie. A partir de là, pourquoi s'empêcher de réaliser nos envies ?

Céleste – Quand tu parles, ça a l’air incroyablement simple, dit-elle avec un petit sourire triste. Mais c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire… C’est Cyprien qui veut absolument des enfants, il y pense et je ne peux pas le lui reprocher, il est plus âgé. Moi, je commence tout juste à me rouvrir aux autres… Mais je ne veux pas perdre de temps bêtement à cause du passé et, avant certains événements, je ne pensais qu’aux enfants et à fonder une vraie famille avec… mes proches, que ce soit famille ou amis.

C’était un rêve classique pour une femme, en fin de compte. Avec Amélie, elles avaient souvent parler de prendre chacune des maisons proches l’une de l’autre pour continuer à se voir après, vieillir ensemble, être chacune la marraine de l’enfant de l’autre… Des projets normaux pour des jumelles. Si, à la fin de leurs études, Céleste avait surtout eu envie de voyager et de découvrir le pays, le Monde et plus encore, elle avait affirmé vouloir des enfants plus tard, lorsqu’elle serait plus calme. Et ce « plus tard » avait été repoussé, ses projets complètement bousculés et annulés à cause de l’accident et de son nouveau don. Poussant un petit soupir, elle porta sa tasse de thé à ses lèvres pour boire un peu après avoir soufflé dessus.

En soi, elle savait ce qui l’effrayait : la perspective de réagir comme ses parents face à un malheur. Ils n’étaient pas mauvais, ils l’avaient bien élevée et s’étaient très bien occupés d’elle, comme de sa sœur, et elle devinait que cela avait été le cas avec son petit frère aussi. Elle ne pouvait pas leur cracher dessus après tout cela, même s’ils l’avaient lâchée au moment où Céleste avait le plus besoin d’eux. Seulement, eux aussi avaient perdu quelqu’un… Son projet de fonder une famille n’était plus abandonné, elle avait confiance en Cyprien mais ne se faisait pas confiance. Redéposant sa tasse sur la table de la cuisine, la jeune professeure regarda le petit Chris, allongé dans le siège bébé posé à côté d’elles, essayant d’imaginer comment elle réagirait s’il y avait un problème.

Céleste – Ce qui m’effraie n’est pas de mal faire… Enfin, si, mais pas au même niveau. Je ne pense pas qu’au pire, je t’assure, seulement on ne peut pas nier que le pire peut arriver étant donné le contexte dans lequel on évolue. Je ne sais pas comment… Je réagirais s’il arrivait quelque chose aux enfants. Et si on réagit mal et que cela détruit tout ce qui a été construit jusqu’à présent ? On réagit tous d’une manière inattendue en cas de stress extrême, une erreur est vite commise et les enfants sont fragiles. En plus, avec mes éléments qui m’influencent énormément, je n’ose même pas imaginer la catastrophe…

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Mer 26 Avr - 12:16

Céleste – Quand tu parles, ça a l’air incroyablement simple, dit-elle avec un petit sourire triste. Mais c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire… C’est Cyprien qui veut absolument des enfants, il y pense et je ne peux pas le lui reprocher, il est plus âgé. Moi, je commence tout juste à me rouvrir aux autres… Mais je ne veux pas perdre de temps bêtement à cause du passé et, avant certains événements, je ne pensais qu’aux enfants et à fonder une vraie famille avec… mes proches, que ce soit famille ou amis.

Elle se prenait beaucoup trop la tête, tout le problème était là. Mais, mais, mais, on se positionnant comme ça, il serait bien plus simple de se tirer une balle dans la tête. Moins fatigant, plus rapide, pas de problèmes. Histoire réglée. Estelle secoua un peu la tête, sans vraiment comprendre pourquoi son amie était toujours aussi négative. Des personnes avec un passé très douloureux, elle en avait vu plus souvent qu’à sn tour, pourtant, très peu nombreuses étaient celles qui s’enfonçaient dans ce passé plutôt que de relever la tête et se battre pour s’en sortir, en s’aidant des autres et en voulant avoir un meilleur avenir, un plus beau présent. Céleste faisait indiscutablement partie des personnes qui préféraient, on ne savait pourquoi, rester bloquée sur le passé plutôt que de mettre en place des solutions pour embellir son présent. Peut-être était-ce aussi l’influence de son élément ? Difficile à dire, l’élément glace était sans doute le moins répandu et la jeune mère ne le connaissait pas bien. Silencieuse pour l’instant, car trop perplexe devant ce genre de logique, elle se contenta de tremper un bout de croissant dans son café puis le porter à sa bouche, réalisant juste à l’instant à quel point elle était affamée. Son bébé dormait toujours et Wyatt était bien plus occupé avec sa tartine de confiture qu’avec la conversation des grands. Lui laver les doigts et la bouche n’avait pas changé grand-chose, à ce stade de l’affaire…

Céleste – Ce qui m’effraie n’est pas de mal faire… Enfin, si, mais pas au même niveau. Je ne pense pas qu’au pire, je t’assure, seulement on ne peut pas nier que le pire peut arriver étant donné le contexte dans lequel on évolue. Je ne sais pas comment… Je réagirais s’il arrivait quelque chose aux enfants. Et si on réagit mal et que cela détruit tout ce qui a été construit jusqu’à présent ? On réagit tous d’une manière inattendue en cas de stress extrême, une erreur est vite commise et les enfants sont fragiles. En plus, avec mes éléments qui m’influencent énormément, je n’ose même pas imaginer la catastrophe…

Estelle – Oh si, soupira-t-elle. Tu ne penses qu’au pire. Tous les jours, toutes les heures, tout le temps, ça ne cesse jamais. Peu importe qu’il arrive du bien ou du mal, tu restes sans arrêt coincée sur la négative et tu ne penses qu’au malheur. J’ai du mal à comprendre ceux qui restent bloqués sur le passé… Enfin, au moins, je comprends mieux pourquoi la glace s’est développée chez toi. Il faut de tout pour faire un monde.

Il y avait les personnes positives, les personnes réalistes et les personnes pessimistes, c’était comme ça, c’était selon la nature profonde. Ce qu’elle ajouta d’ailleurs ensuite d’un ton tout à fait naturel, car pour elle, c’était ainsi, voilà tout, on ne luttait pas contre qui on était vraiment. Le dire aussi platement ne lui posait pas non de soucis et ce n’était ni agressif, ni condescendant. Lorsque c’était vrai, après tout, pourquoi ne pas l’exposer ? Elle n’avait jamais eu non plus de soucis à dire très platement à Gabriella qu’elle était agressive avec certains, douce avec d’autres, qu’elle se surmenait et qu’elle était bien trop portée à s’enfoncer dans tous les ennuis possibles, quitte à y risquer sa vie. Estelle le disait toujours naturellement et avec le sourire, n’ayant pas de problème à ce qu’on lui dise en face qu’elle-même était naïve, fragile, voire niaise selon certains. En tout cas, elle était franche.

Estelle – Si tu ne veux pas d’enfants cette année ou l’année prochaine, pourquoi ne pas le dire à Cyprien ? Il est capable de comprendre, à mon avis. Et toi, ça te soulagerait. Tu veux plus de thé ?

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Mar 23 Mai - 21:06

Estelle – Oh si, soupira-t-elle. Tu ne penses qu’au pire. Tous les jours, toutes les heures, tout le temps, ça ne cesse jamais. Peu importe qu’il arrive du bien ou du mal, tu restes sans arrêt coincée sur la négative et tu ne penses qu’au malheur. J’ai du mal à comprendre ceux qui restent bloqués sur le passé… Enfin, au moins, je comprends mieux pourquoi la glace s’est développée chez toi. Il faut de tout pour faire un monde.

Mais… Mais ce n’était pas vrai ! Céleste ne pensait pas tout le temps au pire, même s’il lui était très difficile d’envisager des situations exceptionnelles pour l’instant. Leur pays était au bord de la guerre civile ! Encore un peu et les personnes qui ne possédaient pas de don viendraient leur tirer dessus ! Désolée de s’inquiéter et de voir le pire dans un contexte tel que celui-ci. Estelle voyait peut-être du positif, oui, elle était devenue mère deux fois et s’en sortait plutôt bien. Seulement, lorsque l’on observait les autres parents, c’était loin d’être le cas. De toutes les mères qui étaient dans le personnel enseignant, seule sa collègue, douce et innocente, était restée indemne de tout ce qui touchait le Pensionnat aujourd’hui. Les autres n’étaient pas mortes, non, mais elles étaient parties, soit disparues, soit avaient démissionné pour préserver leur enfant qui allait naître.

Alors, oui, Céleste était plutôt négative. Pas à cent pourcent, pas pour tout, elle pouvait reconnaître que certaines choses se passaient bien, comme avec Cyprien. Mais c’était tout. Elle tâchait de ne pas se laisser gagner par la colère, consciente que c’était son élément qui parlait et qu’Estelle n’y pouvait pas grand-chose. Ce qui la touchait, ou l’énervait, ici, était surtout le ton que son amie avait employé. Elle ne savait pas trop comment agir, comment le prendre, entre leur dispute qui l’avait conduite directement vers son ancien professeur d’élément, et cette discussion durant laquelle Estelle lui disait platement qu’elle ne voyait que le négatif, qu’elle était pessimiste, et qu’elle avait du mal à la comprendre. Est-ce que… Cyprien pensait la même chose ? Il lui avait dit qu’elle était trop tendue et qu’elle devait arrêter de s’inquiéter, mais cela ne sous-entendait pas qu’elle voyait vraiment le négatif partout. Si ? Céleste continua à boire son thé, le portant à ses lèvres en essayant d’avaler péniblement. Là, tout de suite, il avait un goût amer…

Estelle – Si tu ne veux pas d’enfants cette année ou l’année prochaine, pourquoi ne pas le dire à Cyprien ? Il est capable de comprendre, à mon avis. Et toi, ça te soulagerait. Tu veux plus de thé ?

Céleste – Non, merci, je n’ai pas encore fini ma tasse, dit-elle après avoir avalé sa gorgée. Et puis, je dois aussi donner cours, je venais seulement pour m’assurer que tu allais bien et pour t’apporter un petit-déjeuner pour que tu puisses te reposer un peu.

Ce dont, finalement, Estelle n’avait pas besoin puisqu’elle était aussi active qu’en temps normal. Elle semblait épuisée, oui, mais de là à dire qu’elle l’était autant que toutes les autres femmes de ce Pensionnat après un accouchement… C’est pour cette raison que Céleste tâchait de rester aimable, de ne pas montrer l’effet de ses paroles sur elle-même si elle s’interrogera un long moment sur ce que sa collègue venait de lui dire, d’affirmer sur le ton de la conversation comme si c’était une chose tout à fait banale. La professeure regarda la jeune mère s’occuper de ses deux fils, surtout de Wyatt en fait qui mangeait en mettant de la nourriture partout. C’était une scène attendrissante, certes, mais Céleste éprouvait d’immenses difficultés à se concentrer là-dessus pour l’instant. Désolée. Regardant ensuite sa tasse de thé, elle en décortiqua les détails un instant sans parvenir à enregistrer quoi que ce soit. De légères inscriptions figuraient dessus, des dessins très légers également, donnant une apparence fragile à la tasse. Il s’agissait peut-être de celles qu’on leur donnait au Pensionnat, parfois…

Céleste – Tu crois vraiment que Cyprien comprendrait ? J’ai envie de lui faire plaisir, de le rendre heureux, et non pas de lui imposer encore de l’attente à cause de ce qui se passe en France. Gabriella refusait d’avoir un enfant lorsqu’il le lui demandait, donc je peux faire des efforts, vraiment. Et puis… J’en veux aussi, je le sais. Mais j’avoue me sentir un peu perdue concernant les méthodes pour le protéger. C’est d’accord, j’arrête de penser à mal pour moi, je ne lui ferai rien, je ne l’abandonnerai pas, tu m’as convaincue. Mais comment est-ce que tu fais pour rassurer tes enfants ? J’ai déjà essayé plein de fois avec Lucas et je n’ai pas l’impression que cela fonctionne, la perte de nos parents et d’Alexis l’a beaucoup affecté…

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Jeu 8 Juin - 10:14

Céleste – Non, merci, je n’ai pas encore fini ma tasse, dit-elle après avoir avalé sa gorgée. Et puis, je dois aussi donner cours, je venais seulement pour m’assurer que tu allais bien et pour t’apporter un petit-déjeuner pour que tu puisses te reposer un peu.

Il restait encore du temps avant le début des cours, Céleste était venue très tôt, le réveil avait dû être délicat. Estelle s’essuya les mains à son tour, les gestes encore au ralenti mais son bonheur l’aidait à tout surmonter et se sentir en forme malgré tout. Voir Chris dormir dans le siège bébé, enveloppé dans une petite couverture et un pyjama ayant appartenu à son grand frère, ses petits poings ramenés contre lui et un doigt touchant la petite peluche qu’Estelle lui avait donné hier soir… Cette scène suffisait déjà à la combler. Wyatt était déjà plus actif, fort de ses un an, aimant bien manger avec es doigts plut qu’avec sa cuillère. La jeune mère remplie une tasse propre avec l’eau de la carafe posée sur la table, trempa un bout de serviette dedans, puis entreprit de nettoyer avec, une nouvelle fois, avec soin les doigts, les mains et la petite bouille de son fils, maintenant qu’il avait fini sa tartine et la confiture. Voilà, mieux comme ça, non ? Il apprendra peu à peu à manger proprement, son garçon, une chose à la fois ! Il commençait tout juste à essayer de se mettre debout, parfois, faisant un pas très hésitant en s’accrochant puis se remettant à quatre pattes. La professeure avait hâte de le voir marcher puis courir partout, si fière de son bébé grandir doucement pour devenir un petit garçon.

Céleste – Tu crois vraiment que Cyprien comprendrait ? J’ai envie de lui faire plaisir, de le rendre heureux, et non pas de lui imposer encore de l’attente à cause de ce qui se passe en France. Gabriella refusait d’avoir un enfant lorsqu’il le lui demandait, donc je peux faire des efforts, vraiment. Et puis… J’en veux aussi, je le sais. Mais j’avoue me sentir un peu perdue concernant les méthodes pour le protéger. C’est d’accord, j’arrête de penser à mal pour moi, je ne lui ferai rien, je ne l’abandonnerai pas, tu m’as convaincue. Mais comment est-ce que tu fais pour rassurer tes enfants ? J’ai déjà essayé plein de fois avec Lucas et je n’ai pas l’impression que cela fonctionne, la perte de nos parents et d’Alexis l’a beaucoup affecté…

Estelle – Gabriella et toi êtes deux femmes différentes, sourit Estelle en terminant d’essuyer les mains de son fils. C’est idiot de raisonner comme ça, ce n’est pas parce qu’elle ne voulait pas d’enfants que tu dois te sentir obligée d’en avoir. De toute manière, Cyprien et elle n’étaient pas vraiment faits pour aller ensemble, Gaby forme déjà un couple plus sain et équilibré avec Auguste. Ils se connaissent depuis longtemps et il est le seul avec qui elle a vraiment flirté, rougit, rit et tout le reste. Ils sont sortis ensemble, à une époque, puis la vie a fait qu’ils ont dû se séparer un temps. Mais maintenant qu’il est revenu et qu’ils se sont retrouvés, c’est très bien ainsi. Cyprien est capable de comprendre, si tu ne te sens pas prête, il n’est pas idiot. Et comment rassure-t-on les petits ? Il y a un truc magique, quand on devient maman, regarde.

Revenant vers son bébé, après avoir posé la serviette, Estelle se pencha et embrassa tendrement Wyatt sur le front en fermant les yeux. L’effet fut instantané, son fils sourit puis lui tendit aussitôt les bras pour avoir un câlin. Ravie, sa maman le souleva de sa chaise haute puis le ramena contre elle pour le serrer contre son cœur, le câlinant avec amour. Elle reprit la parole en disant à Céleste que c’était aussi bête que ça, qu’il suffisait d’aimer ses enfants pour qu’il vous le rende et qu’on puisse ainsi les rassurer quand ils ont peur. Ces petits êtres ont besoin d’amour, d’affection, d’un cadre bien défini, de sécurité, d’un environnement où ils peuvent découvrir, rêver, imaginer, jouer, apprendre. Elle pencha la tête pour embrasser son fils dans les cheveux, en lui murmurant qu’elle l’aimait. Tout en le berçant contre elle, Estelle retourna la tête vers Céleste, le dos appuyée contre le dossier de sa chaise.

Estelle – Si tu aimes un enfant et que tu lui montres, sans cesse, il te fera confiance et t’aimeras en retour. Ce sont des gestes simples. Prendre soin d’eux, les câliner, jouer avec eux, leur apprendre beaucoup de choses, les encourager, leur lire des histoires, les gronder s’ils font des bêtises pour leur apprendre la différence entre le bien et le mal. Tu deviens responsable d’eux et ils prennent modèle sur toi. Ils reproduisent ce que tu fais et dis. On le réalise en grandissant, en fait, une fois adulte, on réalise qu’on vit en répétant le mode de vie de nos parents, toute n l’adaptant à notre propre personnalité et nos envies. On achète souvent les mêmes choses qu’eux et on a certains de leurs goûts, que ce soit en livre, en film ou en musique. Si tu dois élever un enfant seule, il faut leur donner assez d’amour et de sécurité pour combler. Avec un mari, évidemment, c’es plus facile.

A la fois en terme d’organisation et en terme de rythme de vie. Estelle fit asseoir son bébé dos à elle pour le maintenir, puis récupéra le biberon avec le lait chocolaté, venant glisser la tétine entre les lèvres de son fils. Même s’il tenait aussi le biberon à deux mains, elle le tint elle aussi malgré tout, au cas où son fils le lâchait.

Estelle – Lucas est plus grand mais il a aussi besoin qu’on joue avec lui, qu’on lui apprenne des choses, qu’on l’éveille à être curieux, à lire ou à sortir observer son environnement. A cet âge, ils commencent à être plus indépendants mais ont encore besoin d’une très grosse présence des adultes auprès d’eux. Tu fais des activités avec lui ?

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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Dim 9 Juil - 23:02

Estelle – Gabriella et toi êtes deux femmes différentes, sourit Estelle en terminant d’essuyer les mains de son fils. C’est idiot de raisonner comme ça, ce n’est pas parce qu’elle ne voulait pas d’enfants que tu dois te sentir obligée d’en avoir. De toute manière, Cyprien et elle n’étaient pas vraiment faits pour aller ensemble, Gaby forme déjà un couple plus sain et équilibré avec Auguste. Ils se connaissent depuis longtemps et il est le seul avec qui elle a vraiment flirté, rougit, rit et tout le reste. Ils sont sortis ensemble, à une époque, puis la vie a fait qu’ils ont dû se séparer un temps. Mais maintenant qu’il est revenu et qu’ils se sont retrouvés, c’est très bien ainsi. Cyprien est capable de comprendre, si tu ne te sens pas prête, il n’est pas idiot. Et comment rassure-t-on les petits ? Il y a un truc magique, quand on devient maman, regarde.

Céleste tourna la tête vers Estelle, suivant ses gestes du regard sans rien dire. La jeune mère se pencha vers Wyatt dont elle venait d’essuyer la bouche pour l’embrasser avec beaucoup de tendresse sur le front. Surprise, la professeure remarqua le grand sourire étirer presqu’immédiatement les lèvres du petit qui tendit ensuite les bras vers sa mère, réclamant un câlin. Sa collègue le souleva alors de sa chaise haute pour le prendre dans ses bras et le serrer tout contre elle, ses gestes débordant d’amour. Elle avait beau dire que c’était naturel, elle avait un don pour élever les enfants, en dehors de l’appel produit par un baiser sur le front. Elle était si douce, maternelle, et prévoyante. A côté d’elle, Céleste avait l’air d’un vrai glaçon et le ressentait d’autant plus en cet instant précis, comprenant ce que disaient certains de ses collègues et quelques élèves qu’elle entendait au détour d’un couloir. Pourtant, elle s’exerçait, racontait des histoires à Lucas, le serrait dans ses bras lorsqu’il le demandait et elle tâchait de le faire aussi de temps en temps, plus spontanément. Même avec Cyprien, elle essayait ! Pour briser cette distance qu’elle avait imposée entre les gens et elle, volontairement dans un premier temps, mais inconsciemment par la suite.

Estelle lui dit que c’était aussi bête que cela, sans lâcher son fils, qu’il suffisait d’aimer ses enfants pour qu’ils le rendent à leur tour et n’aient plus peur. Céleste hocha la tête, attendrie devant cette scène, comprenant ce que son amie voulait lui dire mais ne se sentant pas capable de le faire, pour l’instant. Sans doute cela venait-il après avoir mis un premier enfant au monde… C’est ce qu’elle lui avait dit, non ? Gabriella ne se sentait pas prête. Pourtant, aujourd’hui, elle protégeait ses enfants mieux que quiconque malgré tout ce qui lui arrivait et toutes les menaces l’entourant. Ne pas se comparer… D’accord. Elle avait envie d’essayer, vraiment, de tirer un trait noir sur son passé pour ne plus y penser et avancer. Et fonder une famille, après toutes ces années, était un bon moyen puisque cela avait été dans ses projets lorsqu’elle était adolescente. Elle serra doucement sa tasse de thé entre ses mains, se les réchauffant par la même occasion. La chaleur lui faisait un bien fou, comme si elle l’aidait à se détendre même si son esprit préférait le froid et qu’elle le supportait mieux que d’autres personnes.

Reportant ensuite son regard sur Estelle, Céleste eut l’impression de revoir sa propre mère s’occuper d’Amélie lorsqu’elles étaient petites. Elle avait les mêmes gestes, les mêmes attentions et ce regard de mère aimante qui ne quittait jamais la jeune mère. A bien y réfléchir, jamais elle n’avait vu son amie, en l’espace de deux ans, avoir un autre regard que celui-ci. Ses yeux brillaient, une douceur perpétuelle s’y lisait, même lorsqu’elle s’occupait d’élèves du Pensionnat. Cette femme avait tant d’amour à donner que cela en était déstabilisant. Elle se retourna ensuite vers Céleste après avoir embrassé son fils, occupée à le bercer doucement, adossée au dossier de sa propre chaise. Elle-même regardait le petit Wyatt qui semblait tout à fait calme, comme si sa mère avait un pouvoir immense et apaisant sur lui.

Estelle – Si tu aimes un enfant et que tu lui montres, sans cesse, il te fera confiance et t’aimeras en retour. Ce sont des gestes simples. Prendre soin d’eux, les câliner, jouer avec eux, leur apprendre beaucoup de choses, les encourager, leur lire des histoires, les gronder s’ils font des bêtises pour leur apprendre la différence entre le bien et le mal. Tu deviens responsable d’eux et ils prennent modèle sur toi. Ils reproduisent ce que tu fais et dis. On le réalise en grandissant, en fait, une fois adulte, on réalise qu’on vit en répétant le mode de vie de nos parents, toute n l’adaptant à notre propre personnalité et nos envies. On achète souvent les mêmes choses qu’eux et on a certains de leurs goûts, que ce soit en livre, en film ou en musique. Si tu dois élever un enfant seule, il faut leur donner assez d’amour et de sécurité pour combler. Avec un mari, évidemment, c’es plus facile.

A ce sujet, Céleste ne pouvait nier qu’Estelle avait raison. En s’installant toute seule, elle avait reproduit les mêmes gestes que sa mère sans même s’en rendre compte, se raccrochant à ce qu’elle pouvait pour ne pas se laisser aller complètement. Même si l’admettre avait été impossible à l’époque parce qu’elle voulait oublier ses parents, elle était bien obligée de le reconnaître aujourd’hui. Et puis, à mesure que les années passaient, elle avait pris ses propres habitudes, changé ce qui ne lui plaisait plus, oublié ce qui lui était impossible à refaire car trop de rappels du passé… D’ailleurs, Cyprien lui avait souvent reproché la pauvreté d’épices dans sa cuisine, ou certaines habitudes qu’elle avait prises en tant que jeune adulte célibataire. Plus âgé qu’elle, il avait plus d’expérience et elle retenait les conseils qu’il lui répétait maintes et maintes fois, ce qui valait parfois des soupirs exaspérés de sa part parce qu’elle n’était plus une enfant et qu’elle savait se débrouiller. Mais il fallait qu’elle réapprenne à vivre, comme il le lui avait dit…

Comme Estelle depuis qu’elle était officiellement séparée de son ex-mari. Ses gestes, cette manière de s’occuper de Wyatt, de l’aimer tout en récupérant le biberon qu’elle venait de préparer pour le glisser dans la bouche de son fils, prouvait qu’elle s’adaptait très vite et très bien. Wyatt aussi avait déjà un caractère très débrouillard, d’après ce que Céleste pouvait constater. Il était curieux, tenait le biberon avec sa mère et ne semblait pas renfermé sur lui-même. Loin de là. Céleste porta sa tasse de thé à ses lèvres, buvant une longue gorgée qui la réveilla un peu plus. Elle était peut-être venue un peu trop tôt et aurait pu dormir, finalement. Mais elle avait voulu arriver en avance pour être sûre que son amie ne manquait de rien, surtout le lendemain de son accouchement. D’accord, oui, elle s’était attendue à la voir allongée et au lit, littéralement épuisée, alors que… Voilà. Pas tout à fait. Elle avait voulu aider et se faisait servir, un peu inutile, pendant qu’Estelle s’occupait de ses deux enfants sans aucun problème, sans faillir. Et lui donnait des conseils.

Estelle – Lucas est plus grand mais il a aussi besoin qu’on joue avec lui, qu’on lui apprenne des choses, qu’on l’éveille à être curieux, à lire ou à sortir observer son environnement. A cet âge, ils commencent à être plus indépendants mais ont encore besoin d’une très grosse présence des adultes auprès d’eux. Tu fais des activités avec lui ?

Céleste – Heu… Oui, on fait des activités. Comme… Heu…

Céleste se tut, cherchant dans sa mémoire le genre d’activités qu’elle faisait avec son frère. Ils en faisaient ! Elle était allée au musée avec lui, puis avait parcouru tout Paris et avait même pique-niqué plusieurs fois durant les vacances avec Lucas et Cyprien. Et ils étaient beaucoup sortis ensemble. Enfin, elle lui avait laissé des journées libres pour ne pas être trop envahissante, ne voulant pas déranger son frère alors qu’il avait peut-être besoin d’être un peu seul parfois. Mais elle lui avait fait visiter tout Paris, puis il avait beaucoup bougé ! Et à Gray… Heu… Ils étaient sortis, quelques fois. Puis elle lui lisait des histoires, passait du temps avec lui parfois, le serrait dans ses bras, lui demandait comment se passait l’école. Bon, c’est vrai, ils ne pouvaient pas visiter énormément les environs, mais il y avait les cours, autant pour lui que pour elle, et elle ne voulait pas trop le fatiguer. Donc, elle se contentait de longues balades, surtout le week-end. Mais ils avaient des moments ensemble, malgré tout. Il y avait les courses, le marché, les histoires, aussi.

Céleste – Je lui lis des histoires et je vais faire des courses avec lui, dit-elle d’un ton un peu plus sûr. Puis, on va se promener, on fait de longues balades pour découvrir les environs et nous aérer l’esprit. Je vais aussi au marché de Gray à chaque fois, avec lui, et Cyprien nous accompagne. Et on parle, puis il vient dans mes bras de temps en temps. J’avoue qu’on sortait beaucoup plus et que l’on faisait plus d’activités pendant l’été, mais c’est normal vu qu’il y a les cours et que je ne veux pas l’épuiser non plus en pleine semaine.

Au fur et à mesure qu’elle parlait, le volume de sa voix diminuait en même temps que son ton convaincu qui devenait nettement moins sûr. Céleste s’interrompit, grimaçant en réalisant qu’elle ne faisait… plus rien de spécial avec son frère, en fait, n’osant même pas regarder Estelle qui devait être partagée entre l’exaspération et le désespoir. Elle jouait nerveusement avec sa tasse, mal à l’aise d’un coup sans même regarder sa collègue. Mais ils faisaient des activités, quand même ! D’accord, elles n’étaient pas très… réjouissantes, mais ils avaient tout de même des activités. Ça comptait, non ? Au moins un petit peu. Ce n’était pas si catastrophique que cela, au début, elle ne faisait rien avec lui. Céleste avait passé plusieurs jours sans savoir ce qu’elle pouvait faire, comment changer les idées à son frère, pour finir par repenser à ce que Cyprien avait fait lui-même pour lui changer les idées. A partir de ce moment, elle était sortie avec Lucas presque tous les jours, alternant balades et journées plus calmes ou moments simplement passés à deux pour se reposer un peu. En comparaison avec leurs activités actuelles… Il y avait les activités quotidiennes, les moments à deux, oui, mais rien qui puisse tisser de véritables liens entre frère et sœur.

Céleste – Bon, d'accord, c'est… ridicule. Mais ça reste des activités quand même, non ? Je n’avais… jamais pensé à faire de vraies activités avec lui, depuis la rentrée. Je ne veux pas l’épuiser avec les cours, puis moi-même, j’ai plein de cours, et il y a tout ce qui se passe au Pensionnat, puis l’aménagement avec Cyprien. Et je ne voulais pas trop m’imposer à Lucas si lui voulait de la tranquillité. Surtout s’il éprouve des difficultés à l’école. Mais je vais essayer d’en trouver.

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: Second petit enfant   Jeu 27 Juil - 21:40

Céleste – Heu… Oui, on fait des activités. Comme… Heu…

Ne pas faire de commentaires fut tout à coup incroyablement dur, pour Estelle, même si elle ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel en voyant que son amie ne parvenait même pas à dire aussitôt tout ce qu’elle pouvait faire avec son tout jeune frère et comment. Un jour, sa propre mère lui avait dit qu’on apprenait à être mère, on ne le devenait pas. Et c’était bien le cas ici… Céleste avait rejeté en bloc tout ce qu’elle avait pu observer et apprendre de sa mère, alors même qu’elle avait pourtant vécu une enfance heureuse, n’avait pas été maltraitée et avait bien vécu durant des années. Un enseignement des plus valides dont elle se refusait à faire usage alors que c’était pour le bien de Lucas. La jeune mère soupira un peu, ramenant un peu plus Wyatt contre elle pour qu’il soit plus à l’aise. Même s’il tenait son biberon des deux mains, elle ne le lâchait pas malgré tout. Il n’avait qu’un an, après tout, un enfant restait très dépendant de ses parents les dix premières années de sa vie, le véritable apprentissage de l’indépendance ne débutait qu’à partir de douze et treize ans, puis l’indépendance en tant que telle arrivait vers la vingtaine. C’était ainsi que marchait le monde, les adolescents avaient beau dire que non, on voyait bien au premier petit coup dur que si, ils avaient besoin d’être entourés.

Céleste – Je lui lis des histoires et je vais faire des courses avec lui, dit-elle d’un ton un peu plus sûr. Puis, on va se promener, on fait de longues balades pour découvrir les environs et nous aérer l’esprit. Je vais aussi au marché de Gray à chaque fois, avec lui, et Cyprien nous accompagne. Et on parle, puis il vient dans mes bras de temps en temps. J’avoue qu’on sortait beaucoup plus et que l’on faisait plus d’activités pendant l’été, mais c’est normal vu qu’il y a les cours et que je ne veux pas l’épuiser non plus en pleine semaine.

C’était bizarre… Estelle avait l’impression que Céleste se comportait comme un automate essayant d’appliquer certaines façons de faire vu dans des livres, des livres donnant le ton pour élever des enfants dans les années 1850. Et elle s’en rendait compte, n’est-ce pas ? Son ton de voix devenait moins assuré au fil de ses paroles, elle ne pouvait que le réaliser, c’était impossible autrement ! Estelle oscilla entre rire ou désespérer, ou un mélange des deux, elle ne savait pas trop, cette fois. Son amie finit d’ailleurs par s’interrompre avec une grimace, donc oui, elle le réalisait. C’était déjà… Un premier pas de fait. Enfin, Estelle le supposait. S’appuyant mieux contre le dossier de sa chaise, la jeune mère croisa les jambes puis ferma un petit instant les yeux, berçant son fils contre elle qui terminait de boire, en prenant tout son temps. De toute manière, bébé, lorsqu’il buvait trop vite, elle lui ôtait la tétine de la bouche puis lui tapotait le dos pour qu’il fasse son rot et ne s’étouffe pas, avant de reprendre. A force de patience et de pauses dans la tétée, il avait appris comment boire plus doucement et aujourd’hui, il n’y avait plus de soucis particuliers.

Céleste – Bon, d'accord, c'est… ridicule. Mais ça reste des activités quand même, non ? Je n’avais… jamais pensé à faire de vraies activités avec lui, depuis la rentrée. Je ne veux pas l’épuiser avec les cours, puis moi-même, j’ai plein de cours, et il y a tout ce qui se passe au Pensionnat, puis l’aménagement avec Cyprien. Et je ne voulais pas trop m’imposer à Lucas si lui voulait de la tranquillité. Surtout s’il éprouve des difficultés à l’école. Mais je vais essayer d’en trouver.

Estelle – Tu ne réfléchis pas dans le bon sens. Jusqu’à douze ans, environ, les enfants restent très dépendant des adultes qui les entoure. Jusqu’à vingt ans, ils commencent à apprendre l’autonomie mais ont encore un grand besoin qu’on sache les entourer. C’est la période la plus délicate car même si un ado saura te dire de le laisser tranquille, ce n’est qu’un simple vernis. Ils ont besoin qu’on réponde à leurs questions, qu’on les encadre et plus que jamais, ils ont besoin de règles pour grandir et apprendre à connaître leurs propres limites, apprendre aussi à reconnaître leurs besoins, les différents dangers et risques, ce qu’ils peuvent réaliser ou non. Mais tu n’en es pas rendue là. Essaye de ne pas te tromper, ce n’est pas comme une sœur que tu dois agir avec Lucas mais comme une mère. C’est de ça dont il a besoin et il est bien trop jeune pour s’en passer. S’il en est privé, il grandira mal et gardera ce traumatisme au fond de lui pour le reste de sa vie. Sœur ou non, peu importe. Tu es l’adulte, tu es une femme, tu dois assumer le rôle. Et si tu ne peux pas, ton devoir est de trouver une femme qui saura combler ce besoin affectif. Il lui fait une personne qu’il aimera, vers qui il se tournera toujours, qui lui donnera un cadre, une sécurité, de l’amour et une éducation. Et ça, ce n’est pas le rôle d’une sœur mais celui d’une mère.

Estelle conclut son petit discours en reposant sur la table le biberon vide que son fils venait de terminer, puis en le redressant contre elle. Il avait bien mangé, ce matin, c’était très bien, elle était fière de lui. Le redéposant à terre comme il le réclamait, elle le laissa filer à quatre pattes dans le salon pour jouer comme il l’entendait, avec ses peluches, prenant ensuite le temps de boire son propre café. Son bébé dormait toujours, dans le siège enfant, si petit et fragile que s’en était presque affolant. La jeune mère rapprocha sa chaise pour être plus proche de lui, glissant son doigt dans le minuscule poing fermé de son fils, qui referma par réflexe les doigts dessus dans son sommeil. Dans deux heures, il allait à nouveau s’éveiller pour réclamer à manger, les enfants étaient réglés comme des horloges.

Estelle – On ne prive pas un enfant d’amour parental, murmura-t-elle doucement pour ne pas réveiller son bébé.Tu dois vraiment en donner à Lucas, être chaleureuse avec lui.

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Second petit enfant
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