1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Expédition à la caserne

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MessageSujet: Expédition à la caserne   Jeu 12 Fév - 11:34

– Grimpe, souffla Antoine en poussant son meilleur ami.

Il jeta un rapide coup d'œil aux alentours pour vérifier qu'aucun militaire n'était dans le coin, puis se hissa à son tour à l'intérieur du camion, rejoignant son meilleur ami à quatre pattes, se faufilant entre les grosses caisses en bois, puis se blottissant dans un coin avec lui. Il avait épié les militaires deux heures dans le parc pour savoir qui allait où avec quel véhicule, et avait finalement déniché celui qui allait les conduire à la caserne. C'était assez dangereux, oui, et il avait donc pris soin de préparer un plan, à l'avance, afin de ne pas devoir improviser. Et s'il n'avait pas retenu Jaz, il aurait sûrement trouvé le moyen de foncer dans le tas puis d'improviser une fois sur-place, ce qui était la pire chose à faire. Il fit glisser son sac à dos de ses épaules et l'ouvrit, bien qu'il en connaisse le contenu par cœur, et vérifia ce qu'il avait emmené. Une lampe torche, un cahier, un crayon, un couteau suisse, une bouteille d'eau et de quoi grignoter, s'ils restaient coincés quelque part. Parfait. Il remit le sac sur son dos, puis s'appuya contre une caisse, serrant sa veste contre lui.

Peu de temps après, ils entendirent des voix se rapprocher, puis le camion remuer quand on grimpa dans la cabine. Un instant plus tard, le moteur vrombissait et le camion démarra. Antoine jeta un coup d'œil à l'extérieur de leur cachette, la bâche flottant un peu lui permit de voir le pensionnat s'éloigner. Quand il pensait que Jasper voulait y aller seul, à la base... Des clous ! Il ne serait jamais revenu. Ou pas dans le même état physique ou mental. Le trajet dura peu de temps, et ils se tassèrent dans un coin lorsque le camion stoppa à l'entrée de la caserne. Plus bouger, plus parler, plus rien faire. Le camion s'ébranla à nouveau, entrant au pas. Antoine fit signe à Jasper de bouger. A un tournant, ils sautèrent hors du camion et coururent aussitôt se planquer dans des buissons. Première étape réussie ! Il reprit son souffle, son cœur battant plus vite.

– Bon, murmura-t-il. Là, déjà, c'est bien. Il faut trouver les cellules d'isolement...

Deux militaires passèrent tout près et ils se couchèrent d'un coup. Une fois qu'ils furent passés, ils observèrent la caserne, mais autant chercher une aiguille dans une botte de foin... Les bâtiments se ressemblaient tous ! Des coups de feu le firent tout à coup violemment sursauter. Il serra la main sur sa veste, le souffle raide. Rah, décidément, l'armée, c'était pas fait pour lui ! Il était bien mieux au milieu de ses bouquins ou à lorgner Laura quand Jasper regardait ailleurs. Mais, hum, bref. Il fallait qu'ils bougent. Personne en vue ? Il se releva avec une prudence extrême puis rasa les murs avec son meilleur ami, se cachant dès que quelqu'un arrivait. De grosses gouttes de sueur commençaient à couler sur ses tempes. Il avait l'impression de porter un gros panneau où était écrit "je suis là, je suis là !", et commençait à regretter. Ils n'auraient jamais dû venir, finalement, c'était une très mauvaise idée.

Ils tombèrent sur une porte de service, derrière un des bâtiments. Antoine était à deux doigts de s'évanouir tant il avait peur qu'on leur tombe dessus. Sa conscience hurlait en boucle "mauvaise idééée". Mais il n'aurait pas pu laisser son meilleur ami partir tout seul ! Il s'appuya contre la porte, poussant sur la poignée, et s'écroula de tout son long, ayant appuyé bien fort car il croyait qu'elle résisterait, mais elle était grande ouverte. "Toujours sûr de toi ?" lui souffla sa conscience. Bouh. Il se releva en tremblant comme une feuille, à moitié mort de trouille, regardant le couloir devant eux comme s'il s'était s'agit de l'entrée des Enfers. Avancer... Douuucement ! Il n'entendait aucun bruit, mais ça ne voulait pas dire qu'il n'y avait personne. Retenant un gémissement, il s'accrocha d'une main à la manche de son meilleur ami, car il aurait été incapable de marcher sinon.

– On devrait pas être ici...

Un bruit le fit reculer d'un bond, un mètre en arrière, et il s'aperçut que c'était juste une fenêtre entrouverte qui avait craqué. Respire, respire, respire, respire. Il prit une profonde inspiration et s'obligea à avancer. Ils passèrent devant quelques portes, puis arrivèrent dans des couloirs avec du plancher, de la tapisserie sur les murs, et bien plus d'agitation. Glips. Maman. Il força son ami à se cacher dans un coin, le temps d'observer les lieux. Ça avait l'air de bureaux, ou des trucs du genre. Il ferma les yeux une minute, blême, puis chercha un conduit d'aération, afin de ne pas se balader comme ça sous les yeux de tout le monde. Il finit par en dénicher un... à l'autre bout du couloir. Sachant que des militaires le traversaient régulièrement. Merde.

Il se figea dans son coin, réfléchissant à toute vitesse. Si on les trouvait ici, il n'osait même pas imaginer ce qui allait leur arriver. Donc une idée, trouver une idée, et très vite si possible. Il leva le regard, et tomba sur les tuyaux qui couraient le long du mur, dans leur petit coin. Aaaah... Se retournant, il y posa les deux mains, ferma les yeux, et "appela" l'eau qui circulait à l'intérieur. Il la sentait frémir, bouger. Il la canalisa, puis la força à repartir plus vite dans la direction qu'il désirait. Il y eut un bruit d'explosion dans les bureaux, suivi par des cris. Tous les conduits avaient explosés dans les pièces du couloir. Les militaires sortaient en criant contre ces "saletés d'installations défectueuses", et appelaient la maintenance. Il attendit qu'ils se tirent tous, puis courut avec Jasper au conduit et le fit se glisser dedans, refermant la grille derrière eux, puis filant à quatre pattes. Il dû néanmoins s'arrêter à un moment, trop d'adrénaline dans le sang.

– Ça va, murmura-t-il. Ça va très bien...

Ils repartirent ensuite, incapable de s'orienter, s'arrêtant parfois aux bouches d'aération pour écouter et observer, afin de s'orienter. Le soir tombait déjà quand ils arrivèrent enfin aux quartiers disciplinaires. Ils s'extirpèrent des conduits, atterrissant dans un long couloir qui ressemblait à un couloir de prison, avec des portes blindées pourvues de trappes. Il se releva avec Jasper, tremblant. C'était vide, très calme... Comment savoir où était le Colonel, maintenant ? Il échangea un regard avec Jaz, puis ils entreprirent d'aller écouter à toutes les portes, et ouvrirent les trappes pour jeter un coup d'œil à l'intérieur, délicatement. Il tomba tout à coup sur une cellule occupée, où un tout jeune homme le fixa avec des yeux ronds. Antoine referma très, très vite, se confondant en excuses.

– Désolé monsieur !

Il se retourna et s'appuya contre le mur, passant une main dans ses cheveux. Bon sang, Jaz, grouille-toi ! Pas du tout rassuré, il fila lui-même à l'entrée du couloir, pour surveiller si quelqu'un arrivait.
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Isabelle Robin
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Âge RPG : 37 ans

MessageSujet: Re: Expédition à la caserne   Sam 14 Mar - 21:52

– Tu vas avoir une permission ? demanda Isabelle en posant le dossier qu'elle avait avait sous le bras, téléphone en main, appuyée contre les parois qui séparaient les téléphones accrochés au mur. Je pensais que tu ne voulais pas en demander avant juillet.

Sandra – Mais j'ai rencontré un homme for-mi-da-ble ! lança avec son amie avec excitation, criant à moitié dans le combiné. Grand, beau, gentil comme tout. Il m'a même emmenée au restaurant ! Je veux partir une semaine avec lui, début juin, à la mer. Ce sera très romantique ! Et toi, pas de de beau mâle en vue ?

– Non, et je n'ai pas le temps de chercher, sourit-elle en levant les yeux au ciel, amusée. Mais je suis contente pour toi, ça fait un moment que tu cherchais un petit ami.

Sandra – Je ne vais pas le lâcher, celui-là ! Tu verras, je trouverais un mari sympa et je quitterais l'armée. Je t'enverrais des nouvelles ! Et toi aussi, cherche un bon parti, il y  pas mal de mecs pas mal autour de toi, fais en sorte d'en cueillir hein.

Roh, elle en parlait comme des paquets de viande qu'il faudrait attraper. Isabelle secoua la tête avec un petit rire, puis échangea encore quelques mots avec son amie avant de raccrocher. Sandra cherchait le grand amour depuis quelques années, maintenant. Elle avait déjà eu plusieurs petits amis, mais aucun avec qui elle avait eu envie de fonder un foyer. Isabelle sortit de la salle puis repartit vers le bureau qu'elle partageait avec l'équipe, ses dossiers en main. Elle avait encore quelques papiers à prendre, et devait aller glisser sa lettre pour le colonel avant de retourner au travail. Elle avait eu le droit d'aller la lui porter elle-même, pour une fois. Elle s'assit pour finir de la rédiger et regarder ce qu'elle avait pour travail ensuite. Le lendemain allait être assez chargé, il y avait beaucoup de dossiers en cours.

Une photo sur la place à côté d'elle attira son attention. Le commandant avait mis là un cliché où on pouvait voir sa femme et leur fils, assis dans l'herbe près d'un lac, souriant. Voilà à quoi rêvait son amie. Isabelle sourit devant l'image, un peu rêveuse. Elle ne courait pas derrière le mariage, mais elle ne dirait pas non si elle pouvait avoir un enfant, elle aussi, au bras d'un mari qui prendrait soin d'elle. Tout le monde rêvait d'avoir une petite famille, et un enfant qui viendrait s'accrocher à vos genoux pour que vous le preniez dans vos bras. Enfin, soit, ce n'était pas encore pour aujourd'hui. Elle fit ce qu'elle avait à faire, puis prit sa lettre pour aller la porter au colonel. Une fois fait, elle pourra rentrer chez elle et se détendre un peu. Une soirée à écouter la radio ou lire, peut-être coudre un peu. Elle aimait bien ça, cela la détendait. Elle entrait dans le quartier de discipline et arrivait aux cellules lorsqu'elle entendit des bruits de pas, puis une voix assez jeune s'écrier "Désolé monsieur !".

Elle tourna l'angle du couloir et vit, stupéfaite, deux gamins de quinze ou seize ans en train de fouiner dans le couloir. Mais que fichaient-ils ici ?! Elle avança sèchement, leur jetant un regard noir, tout à fait furieuse de voir deux gamins s'introduire ici et y jouer comme s'ils étaient encore dans la cour de récré de l'école primaire !

– Que faites-vous ici ?!

Elle prit à peine une seconde pour glisser la lettre dans la cellule du colonel puis avança à très grand pas vers les deux gamins, et leur colla à tous les deux une énorme gifle à la volée. Ils étaient complètement inconscients ! Les attrapant chacun par une oreille, elle les traîna avec elle sans plus perdre de temps, fulminant littéralement. Des gosses venir ici, non mais vraiment ! Elle les fit sortir par une porte latérale, toujours ne les tenant par les oreilles, puis vérifia que personne ne les avait vu, avant de baisser le regard vers eux. C'était vraiment deux sales gosses, un brun et un blond.

– Vous êtes complètement débiles, ou quoi ?! hurla-t-elle. Ce n'est pas un terrain de jeu, ici ! Vous vous croyez où, à l'école maternelle ?! Vous vouliez vous faire enfermer, vous aussi, ou attirer d'autres ennuis à ceux qui vous auront parlé ?! C'est une caserne, bon sang, pas le parc du coin ! Votre nom ?! A tous les deux ! Et que veniez-vous faire ici ?!

Elle avait mis les deux mains sur les hanches, très rouge, et attendant une explication valable avant de les jeter tous les deux dehors, manu militari.

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Jasper K. Nakajima
Lycéen
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  • Admin
Récits : 454

Âge RPG : 16 ans

MessageSujet: Re: Expédition à la caserne   Jeu 16 Avr - 12:14

Jasper retint son souffle en montant dans le camion, s’installant au fond dans le noir, rejoint très vite par Antoine. Il savait très bien ce qu’il risquait avec cette petite expédition, quoi qu’on en dise, mais il devait savoir. Personne ne risquait de le déranger si le Colonel était dans les quartiers d’isolement, alors pourquoi avoir peur ? C’était l’occasion idéale pour aller lui parler, il n’en aura pas d’autres comme celle-ci. Il ne savait toujours pas si on pouvait ou non faire confiance au Colonel. Un jour, il se comportait comme la pire des ordures et le lendemain, il le protégeait de son père. Que voulait-il, au final, pour qui travaillait-il vraiment ? Jasper avait besoin de savoir, il allait en devenir fou s’il ne pouvait savoir. Pourquoi, aussi, ne pouvait-il pas leur dire clairement ?! Ce n’était quand même pas compliqué ! Surtout après la façon dont il lui était tombé dessus en Auvergne… L’estomac du jeune homme se tordit à cette seule pensée et il pinça les lèvres. Oui, il avait encore peu, et alors ? S’il se forçait un peu et allait chercher des réponses, il se sentira déjà mieux. Il se mit correctement quand le camion s’ébranla, assis près de son meilleur ami.

Le trajet avait beau être court, jusqu’à la caserne, cela suffit à Jasper pour être envahi par un mélange de peur et de détermination. Depuis quelques temps, il avait l’impression que la situation lui échappait complètement, il avait peur. Il n’y avait pas que les tensions maintenues sur le pensionnat… Son don lui causait quelques soucis, en ce moment, il avait parfois du mal à le contrôler et d’autres fois, s’en était d’une facilité déconcertante. Ses professeurs affirmaient que c’était normal, il approchait de ses seize ans, et son don allait évoluer en conséquence. Jamais il n’avait autant craint l’arrivée de son anniversaire… D’autres choses occupaient son esprit, mais bien moins graves. Il songeait souvent à Adeline, essayant de déterminer ce qu’il ressentait vraiment pour elle. Ça, plus les examens, plus son don, plus la peur, plus tout. Le camion s’arrêta d’un coup, et il suivit très vite Antoine se cacher dans les premiers buissons qu’ils trouvèrent. Jasper retint un soupir, tendu. Première étape passée ! Maintenant, trouver le Colonel. Il rajusta les lanières de son sac sur ses épaules, se remémorant tout ce qu’il savait en terme d’auto-défense et de combat.

Antoine – Bon, murmura-t-il. Là, déjà, c'est bien. Il faut trouver les cellules d'isolement...

Antoine n’avait vraiment pas l’air bien, lui… Jasper lui jeta un coup d’œil en biais, inquiet d’un seul coup par son teint très pâle et ses tremblements. Que lui arrivait-il, il était malade ? Ou juste trop stressé ? Du calme, mon vieux, ils n’étaient même pas rentrés, encore ! Ils se tapirent à terre en attendant que deux militaires passent puis s’élancèrent ensuite, rasant les murs. S’ils se faisaient prendre ici, ils étaient très mal. Il ne savait même pas ce qui pourrait leur arriver mais s’attendait au pire car avec des dirigeants d’une telle armée… Il regardait régulièrement Antoine pour vérifier qu’il n’allait pas s’évanouir. Ce n’était pas le moment ! Qu’il n’ait pas aussi peur, tout allait bien se passer, il en était certain. Il s’arrêta pour vérifier que personne ne venait dans leur direction, juste au moment où ils trouvèrent enfin une porte sur le côté, à moitié cachée tant elle se confondait avec la couleur du mur.

Son meilleur ami s’appuyant dessus pour la forcer mais à leur grande surprise, la porte s’ouvrit sans aucune difficulté et Antoine s’écrasa par terre. Jasper retint un sourire et lui tendit une main pour l’aider à se relever. Le couloir qui s’étendait devant eux étaient vides, gris, encore, cette caserne était déprimante, comment pourrait-on supporter de vivre ici ? Antoine s’accrocha d’un coup à sa manche, encore plus pâle que toute à l’heure. Il ne savait pas comment le rassurer, comment l’amener à avoir plus confiance. Oui, ils risquaient gros à se balader ici, mais s’ils faisaient attention, tout ira bien !

Antoine – On devrait pas être ici...

Il bondit tout à coup avec un petit cri lorsqu’une fenêtre claqua. Ouh là, du calme ! Respire, mon vieux, respire, tout ira bien ! Il l’incita à le suivre, murmurant quelques mots pour l’apaiser. Ils avancèrent cependant assez vite et arrivèrent près de bureaux et couloirs beaucoup plus fréquentés. Il allait poursuivre en se cachant lorsqu’Antoine le tira pour qu’il s’accroupisse avec lui dans un coin. Mais ils pouvaient avancer ! Quoi que… En fait non, pas vraiment. Bon, d’accord, comment faire ? Ils ne pouvaient pas faire demi-tour et retourner dehors, non seulement ils risquaient d’être vus, mais ils n’auront fait que reculer et perdre du temps. Inutile, donc. Comment traverser sans se faire voir ? Cet endroit ressemblait à l’étage administratif de l’école, aucun jeune ne devait traîner ici, ce devait être la gestion générale de la caserne, pas les salles lambdas. Il suivit le regard d’Antoine et tomba sur le conduit d’aération, à l’autre bout du couloir. C’était fichu, ils n’arriveront pas à se rendre là-bas sans se faire repérer. A moins qu’il n’utilise son don ? Une toute petite flammèche et hop, tout le monde allait sortir le temps qu’on aille chercher de l’eau.

Il allait proposer l’idée à Antoine lorsqu’il le vit poser les mains sur un conduit d’eau. Son regard s’illumina aussitôt, devinant ce qu’il allait faire. Ce n’était pas bête, ça ! Et beaucoup moins destructeur que ce que lui-même songeait faire à la base. Les canalisations explosèrent bruyamment dans les bureaux, en faisant sortir des hommes et femmes en jurant et criant. Il courut aussitôt avec Antoine dès qu’ils furent partis, s’engouffrant dans le passage étroit. Bravo ! Il félicita son meilleur ami avec chaleur mais il ne semblait vraiment pas bien, la main crispée sur sa veste. Oh ? Jasper lui demanda comment il se sentait, inquiet. Ils ne pouvaient plus faire demi-tour, à présent, il fallait avancer, mais si Antoine se sentait aussi mal…

Antoine – Ça va, murmura-t-il. Ça va très bien...

Sûr ? Jasper attendit qu’il se reprenne puis repartit, essayant de s’orienter. Plus facile à dire qu’à faire, par ailleurs… ils ne pouvaient pas savoir où ils étaient et perdirent un temps fou à chercher partout avant de trouver enfin les quartiers disciplinaires. La nuit tombait déjà, ils étaient plus qu’en retard sur le programme prévu initialement. Jasper luttait contre l’inquiétude qui venait lui mordre le ventre, essayant d’aller un peu plus vite. Ce fut sans doute par miracle qu’ils trouvèrent les cellules d’isolement, après presque deux heures à tourner en rond dans les conduits. Ils ‘extirpa du tuyau avec difficulté, suivi par Antoine. Son cœur battait à la chamade, tandis qu’il se relevait avec difficulté. Et maintenant ? Il y avait plein de cellules ! Comment savoir laquelle était la bonne ? Résigné, ils allèrent les examiner une par une. Antoine recula tout à coup en bondissant d’une porte, pâlissant encore plus, exploit.

Antoine – Désolé monsieur !

Bravo. Il continuait à examiner les autres portes lorsque son cœur rata brutalement un battement envoyant une silhouette tourner à l’angle du couloir et avancer vers eux. Il la reconnut aussitôt, c’était le lieutenant qui était avec le Colonel ce jour-là, en Auvergne, celle que leur crétin de prof avait agressé et que le Colonel avait défendu. Gros. Problème. En vue. Il recula malgré lui avec Antoine alors qu’elle fonçait sur eux, après s’être arrêtée une seconde à une porte. Il imagina aussitôt les pires scénarios, l’estomac tordu sous l’effet de la peur, essayant inconsciemment de se mettre devant Antoine, comme si cela pouvait le cacher.

Lieutenant – Que faites-vous ici ?!

Il ferma les yeux par réflexe lorsqu’elle les gifla, la joue soudain brûlante. Ils ne voulaient rien faire de mal ! Seulement… Il porta une main à sa joue très rouge avec un regard désolé pour Antoine puis grimaça lorsqu’elle les tira par les oreilles avec elle à grands pas. Il suivit tant bien que mal, le cœur battant, alors qu’elles les faisaient sortir. Il n’osait plus bouger ni parler, convaincus qu’ils allaient finir enfermés dans moins de dix minutes. Jamais il n’aurait dû accepter qu’Antoine l’accompagne ! Il aurait dû l’obliger à rester au pensionnat, ne pas venir, le laisser partir seul. Il avait été complètement idiot… Il se raidit face au lieutenant, de plus en plus mal à l’aise. Il n’avait pas peur d’elle, contrairement au Colonel, mais étant donné la situation… Comment auraient-ils pu savoir qu’elle viendrait dans le coin pile à ce moment-là ?! Il avala douloureusement sa salve, plus que gêné, baissant la tête.

Lieutenant – Vous êtes complètement débiles, ou quoi ?! hurla-t-elle. Ce n'est pas un terrain de jeu, ici ! Vous vous croyez où, à l'école maternelle ?! Vous vouliez vous faire enfermer, vous aussi, ou attirer d'autres ennuis à ceux qui vous auront parlé ?! C'est une caserne, bon sang, pas le parc du coin ! Votre nom ?! A tous les deux ! Et que veniez-vous faire ici ?!

Ils étaient obligés de… répondre ? Mais vraiment ? Il ouvrit la bouche mais sa voix s’étrangla. Comment lui dire alors qu’il n’avait même pas vu vérifier que le Colonel était bel et bien du même côté que la directrice ? Ils pouvaient faire semblant pour espionner, ou… Comment pourrait-il savoir ? C’était un coup risqué, cela passait ou ça cassait. Il prit une minuscule inspiration, relevant à moitié la tête.

Jasper – C’est ma faute, avoua-t-il, pas celle à Antoine. Je… En fait… Je m’appelle Jasper Karinof, c’est à cause de moi si… Je voulais savoir pourquoi le Colonel m’avait protégé de mon père et je…

Il s’interrompit, la gorge serrée, reprit par la peur. Le geste l’avait tant surpris et pris de court qu’il en avait complètement craqué, se retrouvant à pleurer comme un idiot dans les bras de l’homme qui le terrifiait le plus au monde. C’était ridicule, complètement ridicule.

Jasper – Laissez au moins Antoine tranquille, s’il vous plaît, il n’a rien fait, lui.

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