1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Irresponsabilité maximale

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Gabriella de Lizeux
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Âge RPG : 33

MessageSujet: Irresponsabilité maximale   Dim 13 Mar - 13:07

Le commandant l'aida à sortir de la voiture, sans quitter son air désapprobateur. Il n'avait que très moyennement apprécié l'idée qu'elle revienne au pensionnat uniquement pour crier sur une seule élève, peu importe la situation. Elle s'appuya sur son bras le temps de reprendre son souffle, le corps toujours très douloureux, bien qu'elle arrive à tenir plus debout que de coutume. Rentrant dans l'école, elle répondit aux saluts des élèves qui la croisèrent, sentant les regards choqués et très lourds sur sa nuque. C'est bon, elle allait bien, elle ira se reposer plus tard. Montant les escaliers, accompagnée de son subordonné, elle eut un temps d'arrêt en poussant la porte de son bureau, écarquillant les yeux. Quelqu'un était venu tout ranger et faire le ménage, plus rien ne traînait et les placards entrouverts laissaient entrevoir des dossiers, cartons, documents et boîtes parfaitement rangés et classés. Elle vit une photo encadrée sur son bureau, la soulevant pour y jeter un œil. C'était une photo de groupe, datant d'il y a quelques années, où elle était debout près de ses collègues et du directeur, très souriante. On pourrait croire que cela appartenait à une autre vie. Reposant la photo, elle alla récupérer le dossier de Victoire dans l'armoire derrière son bureau, grimaçant en revoyant l'âge de sa mère. Très bien, telle mère, telle fille.

Elle avait convoqué la jeune fille à dix heures, dans son bureau, avec ses grands-parents, dès qu'elle avait su pour cette affaire. Il y avait moyen d'être parfaitement irresponsable, mais tout de même, tomber enceinte à cet âge sans avoir aucune ressource ni moyens d'élever l'enfant ! Avait-elle seulement songé à cela ?! On se protège quand on est si jeune. Peu importe ce qu'elle fichait avec son petit ami, ça la regardait, mais cela n'empêchait pas de faire un minimum attention. Elle était encore au pensionnat. Le commandant vérifia qu'elle n'avait besoin de rien puis lui demanda s'il pouvait disposer. Elle hocha la tête, le remerciant avant qu'il ne quitte son bureau. Restée seule, relisant le dossier sur la jeune lycéenne, elle jeta un regard à la petite pendule pour surveiller l'heure. Elle n'avait aucun intérêt à arriver en retard, d'autant plus que Gabriella était revenue au pensionnat ce matin exprès pour elle. Lorsque l'heure arriva, on frappa à son bureau et elle lança d'entrer. Ponctuels, au moins. Les grands-parents de Victoire entrèrent juste avant leur petite-fille. Gabriella les salua puis les invita à s'asseoir, le commandant ayant disposé trois chaises devant son bureau avant de partir. La directrice commença par jeter un long regard à Victoire, s'attardant un instant sur son ventre gonflé. Elle ne pouvait en attendre qu'un, ce n'était pas possible.

– Monsieur et madame Lecocq, je vous ai convoqué aujourd'hui en tant que responsables légaux de votre petite-fille. Comme vous avez dû le remarquer, Victoire nous revient avec une grossesse déjà un peu avancée. J'avoue ne pas savoir par quoi commencer... Le manque de maturité, de responsabilité, ou par le manque d'inquiétude quand à une grossesse précoce et visiblement multiple ?

Elle tapota des doigts sur le bois de chêne, dévoilant son agacement quant à un tel manque de responsabilité. N'avait-elle donc songé à rien avant de se mettre en couple avec son petit ami ? Et comment comptait-il s'y prendre maintenant ?! C'était... Plus qu'irresponsable. Elle ne réalisait tout ce qu'engendrait une grossesse et ce que devaient vivre les femmes enceintes, tout ce qui changeait et évoluait. Cela, plus ce qui l'attendait lorsqu'elle accouchera. Comment élèvera-t-elle ses enfants ? Comment fera-t-elle pour les nourrir ? démarrer dans le vie avec deux ou trois enfants... Elle n'avait aucune idée des conséquences.

– Mademoiselle Collin, commençons par le début, siffla-t-elle en fronçant les sourcils. Votre âge... Comment comptez-vous vous y prendre pour appréhender votre vie de jeune adulte avec déjà deux ou trois enfants ?! Et même avant cela, savez-vous comment gérer une grossesse ? Comment vous préparer à l'accouchement ? Que comptez-vous faire pour gérer à la fois vos cours, vos entraînements, votre vie ici et la maternité ? Vous rendez-vous compte que vous pouvez ruiner votre vie toute entière ?! Débuter la vie adulte sans aucune ressources ni moyens d'élever vos enfants ?! Qui voudra embaucher une fille-mère, savez-vous à quel point les toutes jeunes femmes déjà mères et non mariées sont déconsidérées et dénigrées, dans notre société ?

Gabriella haussa légèrement les sourcils en la dévisageant, mains croisées sur son bureau. Alors, trouvait-elle quelque chose à répondre ? Ses grands-parents ne disaient rien non plus, parfaitement silencieux, quoi qu'à la fois nerveux et désespérés, avec une pointe de colère.

– Je vous écoute, comment comptez-vous y prendre ? Car même si vous vous mariez vite avec votre petit ami, il reste la question des moyens. Etant donné votre état, je doute que vous attendiez un seul bébé. Comment allez-vous faire pour les nourrir et les élever ?

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MessageSujet: Re: Irresponsabilité maximale   Dim 20 Mar - 22:14

Son ventre grossissait à vue d’œil et son dos lui faisait de plus en plus mal. Sans oublier qu’elle avait du mal à marcher. Cela faisait 3 mois et demi qu’elle portait cet enfant. Et elle le sentait grandir en elle tout en se développent petit à petit. Trois longs mois qu’elle sentait ce petit être grandir en elle. Même si son ventre était de plus en plus gros, elle ne pouvait s’empêcher de réfléchir. Parce qu’une fois cet enfant venu au monde… Elle devrait s’en occuper, l’élever et le nourrir. Le soigner et le veiller comme elle l’avait fait autrefois pour sa mère, même si là, c’était complètement différent. Elle était avec son père, et elle n’avait pas la responsabilité de sa mère.

Elle n’était pas mère et n’allait pas le devenir… Tandis que maintenant… Maintenant, elle allait être mère alors qu’elle n’avait même pas 18 ans et qu’elle était jeune. Elle ne s’attendait pas à avoir d’enfant avant… Un looooooooooooooooooong moment, bien plus long que ça. Mais elle assumerait. C’était une erreur, mais cet enfant ne devrait pas en pâtir, surtout pas. Il n’avait pas demandé à naître et il n’était pas responsable. Et ce, même si elle avait fait cette erreur et même s’ils étaient deux, elle refusait que cet enfant subisse des préjudices. Elle subirait les critiques et tout ce qui suivrait. Sans oublier qu’André serait là pour l’aider et la soutenir. La directrice l’avait convoquée dans son bureau, à dix heures. Et même si Victoire se sentait mal à l’aise, elle se voyait mal arriver rien qu’une seconde en retard. Elle s’y dirigea donc le plus rapidement possible avec son ventre et l’état d’avancement de sa grossesse. Elle savait qu’elle allait se faire sermonner, au même titre qu’elle était sûre de recevoir beaucoup de critiques de la part de tout le monde.

Elle arrivait à son rythme à l’étage du bureau directorial et s’approchait de plus en plus de la porte alors que l’heure approchait, nerveuse. Elle se sentait comme un enfant de 5 ans que l’on venait de sermonner parce qu’il venait de détruire un vase qui coûtait cher. Elle se tritura les doigts tout en approchant avant de relever les yeux et de voir… De voir… Elle s’arrêta net dans ses mouvements lorsqu’elle aperçut ses grands-parents devant elle. Elle baissa immédiatement les yeux, à la fois gênée, nerveuse et honteuse. Parce qu’elle n’avait jamais vu ses grands-parents venir au pensionnat. Et encore moins parce qu’elle s’était montrée imprudente. Alors elle avait honte. Mais elle aurait eu encore plus honte d’annoncer devant tout le monde qu’elle voulait mettre son enfant à l’adoption. Elle avait chaud, très chaud, et sentait son cœur battre la chamade au fur et à mesure qu’elle se forçait à avancer vers eux, n’arrivant même pas à les regarder dans les yeux. Il ne s’agissait pas d’un simple vase, mais bel et bien d’une vie, de sa vie, de celle d’André. Et de celle de son enfant. Parce qu’il n’était plus question d’autre chose. C’était beaucoup plus important qu’un stupide vase ou autre objet cassé, détruit par pure imprudence et enfantillage. Dès qu’ils la virent et que l’heure sonna, ils rentrèrent dans le bureau après avoir toqué et être autorisés à y entrer.

Elle entra à leur suite, silencieuse tandis que Madame de Lizeux les salua avant de les invités à s’asseoir. Elle se fit petite, tout en s’installant tel un automate au même moment que ses grands-parents. Victoire sentit le regard de la directrice sur elle et posa ses mains sur son ventre, par pur instinct.

Directrice- Monsieur et madame Lecocq, je vous ai convoqué aujourd'hui en tant que responsables légaux de votre petite-fille. Comme vous avez dû le remarquer, Victoire nous revient avec une grossesse déjà un peu avancée. J'avoue ne pas savoir par quoi commencer... Le manque de maturité, de responsabilité, ou par le manque d'inquiétude quand à une grossesse précoce et visiblement multiple ?

… Pardon ? Elle avait dit… Mul… ? Multiple ? Comment ça, multiple ? Victoire buta sur ce simple mot, n’arrivant pas à comprendre. Plusieurs enfants ? Ce n’était pas possible ! Elle ne pouvait pas… À moins que… mais, cela voulait dire qu’elle… Mais… Elle n’avait donc pas un seul et unique enfant ? Ma… et… Cette information lui fit l’effet d’un coup de poignard dans le dos. Elle savait qu’elle s’était montrée immature et irresponsable. Seulement… Elle ignorait qu’il n’y avait pas UN, mais deux ou trois enfants. Et cela avait eu l’effet de la déstabiliser encore plus. Elle se perdit un peu dans ses pensées, tandis qu’elle sentait tous les regards sur elle.

Directrice- Mademoiselle Collin, commençons par le début, siffla-t-elle en fronçant les sourcils. Votre âge... Comment comptez-vous vous y prendre pour appréhender votre vie de jeune adulte avec déjà deux ou trois enfants ?! Et même avant cela, savez-vous comment gérer une grossesse ? Comment vous préparer à l'accouchement ? Que comptez-vous faire pour gérer à la fois vos cours, vos entraînements, votre vie ici et la maternité ? Vous rendez-vous compte que vous pouvez ruiner votre vie tout entière ?! Débuter la vie adulte sans aucune ressource ni moyen d'élever vos enfants ?! Qui voudra embaucher une fille-mère, savez-vous à quel point les toutes jeunes femmes déjà mères et non mariées sont déconsidérées et dénigrées, dans notre société ?

Elle s’efforça de regarder la directrice dans les yeux, du moins… Elle essaya, mais finit par regarder son visage plutôt que ses yeux. Incapable de la regarder dans les yeux alors que sa timidité et son mal-être se complétaient. Elle allait être mère alors qu’elle n’avait pas encore 17 ans. Elle avait compris que ce ne serait pas facile, cela l’effrayait même. Seulement elle n’était pas seule face à… Face à ces enfants. Parce qu’elle ne pouvait désormais plus dire « son enfant ». Étant donné qu’on venait de lui ramener les pieds sur terre, aussi brutalement que possible, soit, mais elle avait désormais conscience qu’elle ne portait pas un, mais plusieurs enfants... Et que la complexité de ce fait ne faisait que s’intensifier au fur et à mesure que les mois s’écoulaient.

Cela voulait dire qu’elle devrait nourrir plusieurs enfants et non pas un, comme elle le pensait. Comme ILS le pensaient. Ils allaient se marier, bien que ce fait était encore assez étrange à dire et penser. Et après… Après, une fois leurs enfants nés… Ce serait différent. Elle devra sans doute rester à domicile pour les élevés pendant qu’André s’occupera de l’argent. Jusqu’à ce qu’ils grandissent et puissent aller à l’école. Quand le moment sera venu, elle aussi pourra trouver un emploi. Parce qu’il était hors de question qu’elle passe le restant de ces jours à ne pas travailler. Elle réussirait parfaitement à gérer le tout. Elle en était certaine. Les adultes réussissaient bien à s’en sortir, eux. Alors… Le fait qu’elle soit plus jeune ne devait pas être un si grand problème, si ? Elle avait sa famille, elle espérait qu’ils la soutiendraient un tant soit peu. Elle n’était pas seule, même si toute cette histoire l’effrayait. Même si toute sa vie se jouait sur ça. Et ça, même si elle avait bientôt 17 ans. Quant au fait qu’elle était une fille-mère, et qu’elles étaient mal considérées à leur époque… Elle n’aurait pas d’autre choix que de vivre avec. Supporter les critiques comme elle s’apprêtait déjà à le faire…

Directrice- Je vous écoute, comment comptez-vous y prendre ? Car même si vous vous mariez vite avec votre petit ami, il reste la question des moyens. Etant donné votre état, je doute que vous attendiez un seul bébé. Comment allez-vous faire pour les nourrir et les élever ?

-André va travailler et... je... J’ignorais que j’en attendais plus qu’un. Je... C’est..., dit-elle en essayant de répondre à la générale. André va travailler et je m’occuperai des enfants jusqu’à ce qu’ils puissent aller à leur tour à l’école. Puis, quand je pourrai, je reprendrai des études. Je suis désolée. Je n’avais pas pensé à me protéger et je... Tout est allé très vite, mais je sais que j’ai fait une erreur.

Victoire s’interrompit, réfléchissant quelques secondes aux autres questions de la directrice, intimidée devant elle. Surtout qu’il y avait aussi ses grands-parents à côté d’elle et qu’elle sentait leur regard sur elle, chose qui la déstabilisait. Elle devrait s’en tenir à ce qu’elle allait dire et devrait assumer jusqu’au bout. Parce qu’il était inenvisageable, qu’elle abandonne son... Ces enfants. Elle ne voulait pas être une mère qui abandonne sa progéniture sans le moindre scrupule. Elle refusait de les retrouver dans plusieurs années devant le pas de sa porte pour lui demander si elle se souvenait de ses enfants, comme elle refusait de les abandonner en leur imposant ainsi toutes des questions sans réponses... Cela reviendrait à manquer d’humanité. Mais... Les laisser seuls à mourir de faim le serait tout autant. Elle posa une main sur son ventre, comme un automatisme qu’elle avait désormais prit avant de reprendre une nouvelle bouffée d’air, stressée et tendue par cette conversation. Elle commençait à avoir mal au ventre, suivit de près par une forte nausée, sans oublier qu’elle avait chaud... Parfait ! Déjà que d’habitude elle stressait et paniquait facilement, alors maintenant qu’elle attendait... Plusieurs bébés, elle n’arrivait même pas à contenir son malaise habituel.

-Quant aux cours, je pourrais très bien les suivre sans problème. Même à distance s’il le faut. André pourrait m’apporter ses cours et m’aider si besoin. Même pour mon don, je pourrais m’entraîner seule ou encore demander à quelqu’un de m’aider à m’entraîner.

Pour elle, c’était tout à fait possible de continuer à suivre les cours, même si elle aurait probablement plus de mal dans les premiers temps. La grossesse n’était pas un handicap et elle refusait de le voir comme tel, même si elle allait avoir davantage de mal à marcher à cause de son ventre et que ces maux de dos n’allait pas s’arrêter avant la fin de sa grossesse, elle refusait de la voir comme une fatalité, comme elle refusait d’y mettre un terme. Ces enfants méritaient de vivre leur vie, eux aussi. Et elle savait qu’elle ne serait jamais seule face à sa grossesse, même si elle était seule à avoir u...ces bébés dans son ventre, elle savait qu’on lui viendrait en aide. Sa famille n’allait pas la dénigrer parce qu’elle suivait sans le vouloir les traces de ses propres parents... Même si le reste du monde le ferait sans la moindre hésitation.

Sa bouffée de chaleur décupla et elle se mit à se sentir de moins en moins bien, même si tout était clair dans son esprit quant à la venue de ses enfants, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir mal, très mal même.

-Je... Je me sens pas bien, dit-elle au bout d’un court moment.

Sa vision devint trouble et la chaleur qui avait envahi son corps quelques secondes plus tard laissa place à un courant d’air qui lui donnait froid. Elle n’arrivait pas à comprendre ce qui lui arrivait tant ce qui se passait s’enchaînait très rapidement. Et si elle n’arrivait pas à élever ces petits bouts ? Elle sentait une certaine panique, à la fois parce qu’elle était dans le bureau de la directrice, mais aussi parce qu’elle craignait les représailles, les suites de son accouchement et tout ce qui s’en suivait. Mais… elle avait également peur, parce qu’elle savait qu’elle blessait ses grands-parents et… peut-être même qu’elle leur faisait honte. C’était aussi possible, non ?

Victoire ne voyait presque plus rien autour d’elle tant elle commençait à voir le stresse monter et une petite dose de panique le suivre au galop. Puis, sans qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit, tout devint noir et elle perdit connaissance.
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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Irresponsabilité maximale   Ven 25 Mar - 16:35

– André va travailler et... je... J’ignorais que j’en attendais plus d’un. Je... C’est..., dit-elle en essayant de répondre à la générale. André va travailler et je m’occuperai des enfants jusqu’à ce qu’ils puissent aller à leur tour à l’école. Puis, quand je pourrai, je reprendrai des études. Je suis désolée. Je n’avais pas pensé à me protéger et je... Tout est allé très vite, mais je sais que j’ai fait une erreur.

Bien, au moins elle avait assez de maturité pour se rendre de la gravité de la situation ! Une grossesse imprévue lorsqu'on était adulte, dans une situation stable et avec un emploi, soit, les futurs parents pouvaient très bien se débrouiller et assumer. Elle-même n'avait pas prévu sa nouvelle grossesse, tant pis. Mais elle était adulte ! Victoire avait seize ou dix-sept ans, elle était encore au pensionnat, venait à peine d'être en couple, d'après ce qu'on lui avait apporté, et enceinte de jumeaux voire de triplés... Connaissait-elle les conséquences d'une grossesse multiple ?! Avec ça, vu l'âge de sa propre mère, on dirait bien que c'était de famille. Elle tapota sur son bureau, sentant l'agacement monter avec beaucoup de force, tandis que la lycéenne se tassait de plus en plus sur sa chaise. La directrice voudrait lui dire de redresser la tête et de cesser de rougir, si elle pensait pouvoir assumer, qu'elle commence par montrer qu'elle pouvait supporter les critiques et remontrances ! Qu'elle montre dès maintenant qu'elle avait un minimum de confiance et pouvait poursuivre ! Comment espérait-elle, sinon, assumer le statut de fille-mère et protéger ses enfants de sa propre réputation ?

– Quant aux cours, je pourrais très bien les suivre sans problème. Même à distance s’il le faut. André pourrait m’apporter ses cours et m’aider si besoin. Même pour mon don, je pourrais m’entraîner seule ou encore demander à quelqu’un de m’aider à m’entraîner.

Elle n'avait donc guère pensé aux règles et mesures de sûreté à prévoir lorsqu'on était enceinte et lorsqu'il fallait s'entraîner, elle devrait réfléchir bien plus que cela, garder la tête froide et se concentrer à mesure sur les soucis. Gabriella leva les yeux au ciel, sans répondre tout de suite, notant dans un coin de son carnet de demander à Adrien de lui faire passer des contrôles médicaux réguliers, car elle risquait de ne même pas songer à consulter un pédiatre et encore moins prendre des cours pour se préparer à l'accouchement. Il n'y en avait sans doute pas à Gray même mais dans les villes aux alentours, ce ne sera pas un trop gros souci. Elle se débrouillera pour s'y rendre en bus ou de la façon dont elle le désirait, il était grand temps de se prendre en main. La jeune femme soupira puis indiqua aux grands-parents qu'elle attendait aussi d'eux qu'ils expliquent certaines choses à leur petite-fille, ajoutant d'une voix assez froide qu'il ne fallait guère compter sur les parents s'ils n'avaient même pas pris la peine de se déplacer à cet entretien. Le grand-père eut un air gêné et ne répondit pas, haussant légèrement les épaules. Se moquait-il de inattention totale que les parents de Victoire accordait à leur fille … ? Certains ne méritaient vraiment pas d'être parents.

– Je... Je me sens pas bien, dit-elle au bout d’un court moment.

Pour ? Gabriella tourna la tête vers elle, juste au moment où la lycéenne glissa de son siège puis s'évanouit, rattrapée de justesse par son grand-père qui se précipita sur elle. Fragile. S'évanouir juste pour ça ? Gaby haussa légèrement un sourcil blasé puis fit appeler Adrien et un collège pour qu'ils l'emmènent à l'infirmerie. Pendant qu'ils la transportaient, elle garda les grands-parents pour bien leur faire comprendre qu'ils devaient prendre du temps pour enseigner à leur petite-fille comment gérer les différents tracas de la grossesse, prévoir l'accouchement et s'informer sur les aléas de la maternité. Elle aura beaucoup de choses à assimiler pour être capable de gérer ses enfants, tout comme M. Amouni, par ailleurs. Une fois fait, elle les laissa aller retrouver leur petite-fille à l'infirmerie, soupirant longuement dans son bureau, en se massant les tempes. Son subordonné frappa puis entra, se mettant au garde-à-vous puis lui demandant si elle se sentait bien. Elle hocha la tête, fermant un instant les yeux.

– Je ne vais pas rester très longtemps, dit-elle en se relevant.

Se levant, elle rejoignit à son tour l'infirmerie, où Victoire avait reprit conscience. Approchant du lit, Gabriella lui demanda, mi-blasée mi-exaspérée, comment elle espérait gérer sa vie et ses enfants si elle s'évanouissait pour si peu.

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MessageSujet: Re: Irresponsabilité maximale   Lun 16 Mai - 0:11

Tout était noir autour d’elle, elle ne voyait et n’entendait rien… Jusqu’à entendre du remue-ménage à côté d’elle, suivit de la voix de ses grands-parents qui devaient sans doute être à son chevet. Elle ouvrit les yeux, doucement, mais sûrement, et les vit tous les deux à côté d’elle. Elle baissa les yeux alors que tout lui revenait en flot lorsqu’elle comprit qu’elle était à l’infirmerie, posant ses yeux sur son ventre ainsi que ses mains en signe de protection.

Au bout d’un moment –trop court pour la jeune fille, parce qu’elle savait qu’elle allait à nouveau se faire sermonner, même si elle était en tort.- elle entendit des pas avant de voir la directrice entrer dans l’infirmerie. Victoire se recroquevilla sur place tandis que Madame de Lizeux, revenant ainsi à la charge, lui demanda comment elle comptait s’occuper d’elle-même et de ses enfants si elle s’évanouissait aussi rapidement.

Victoire commença à rougir légèrement avant d’expliquer qu’elle ne s’évanouissait pas d’habitude et qu’elle n’était pas aussi sensible à ce niveau-là, même si elle ne comprenait pas pourquoi elle s’était évanouie maintenant. Elle se demandait même si ce n’était pas à cause de la grossesse bien, qu’elle n’osa pas le formuler à haute et intelligible voix, de peur d’être ridicule et d’augmenter l’importance de son erreur. Elle craignait de s’enfoncer davantage et de diminuer ses chances de finir cette année scolaire ci, d’être renvoyée par imprudence et irresponsabilité, même si elle savait être en tort.

-Je suis désolée, dit-elle à l’attention de ses grands-parents. Je… je ne sais pas quoi dire, je sais que je n’y connais rien, mais ça ne change pas le fait que je ne serai pas seule face à cette situation, même si cela fait de moi une fille-mère par après et que je vais recevoir et subir pas mal de critiques. Elle baissa les yeux, refusant de les poser sur ses grands-parents.

Elle évita soigneusement le regard de la directrice également tout en essayant de supprimer les rougeurs qui apparaissaient sur son visage. Victoire réfléchit un court instant sur ce qui allait maintenant se passer pour elle, allait-elle pouvoir rester au Pensionnat ? Ou la directrice allait-elle la renvoyée, ou encore quelque chose dans ce goût-là. Elle n’y connaissait rien, savait avoir fait une bêtise, bien plus grave et dangereuse que n’importe quelles autres bêtises possibles. Elle retint un soupir avant de se forcer à regarder Madame de Lizeux.

-Que va-t-il se passer, maintenant ? Que va-t-il m’arriver ?

Elle prit une courte pause dans ses questions, cherchant à remettre ses idées en place, voulant faire des liens logiques. Elle doutait de pouvoir continuer à suivre les cours sans être « punie », après tout, faire une telle erreur relevait de l’imprudence. Et de la naïveté aussi, même si elle n’y avait tout bonnement pas pensé et qu’elle n’avait pas voulu non plus en arriver là. Seulement, ce qui est fait est fait et elle ne pouvait pas revenir en arrière, surtout en prenant en compte qu’elle refusait de tuer les bébés dans son ventre, comme de les mettre à l’adoption…

Impossible, mais elle voulait continuer les cours, rester au pensionnat et réussir son année pour finalement obtenir son diplôme afin de continuer à faire des études. Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle voulait faire plus tard, mais elle était certaine de vouloir continuer des études afin de faire un métier qui lui plaisait par après.

-Est-ce… Vais-je pouvoir rester à l’école tout de même ?

La jeune fille posa son regard sur ses grands-parents puis sur la directrice avant de finir par poser les yeux sur son ventre, pensive. Et si elle ne pouvait pas continuer ? Et si on la renvoyait ? Elle se mordit la lèvre, la gorge nouée à la seule idée de ne pas pouvoir rester au Pensionnat à cause de cette bêtise, bêtise qui allait changer toute sa vie, oui, mais ce n’était qu’une bêtise, une petite erreur qui allait changer sa vie entière, parce qu’après ça, elle aurait des enfants et elle allait être mère, même si cette idée l’effrayait au plus haut point, elle savait qu’elle devrait y faire face et elle savait également qu’elle ne serait jamais seule face à cette… comment dire ? Face à cette « épreuve » ? Non… Face à sa grossesse et aux événements à venir. Non, jamais plus elle ne serait seule.
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