1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Légendes au crépuscule

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MessageSujet: Légendes au crépuscule   Ven 4 Juil - 12:32

Eva était debout dans le hall d'entrée, droite, les jambes fins serrées dans des collants blanc, sous une longue jupe noire, une veste sur ses maigres épaules, les mains ramenées devant elle, crispées sur la poignée d'une valise. Elle regardait droit devant elle, silencieuse, indifférente aux regards curieux ou un peu apeurés qu'on lui lançait. Elle attendait que son prédécesseur vienne la chercher, un vieil homme bourru dont elle n'avait retenu que le prénom, Albert. Il quittait "cet asile de fous", loin de tous les "sales mioches cinglés" pour rejoindre la bibliothèque nationale de Paris. Un asile de fous, vraiment ? Voilà qui n'allait guère la changer. Elle patienta tranquillement, et le vit finalement arriver. Il ne fit pas mine de lui prendre sa valise, ni même de la saluer, lui désignant simplement l'escalier d'un geste.

- Venez, marmonna-t-il.

Il l'escorta jusqu'à ses nouveaux appartements. Il avait tout nettoyé, elle sentait l'odeur des produits ménagers. Un endroit maintenant vide, froid et anonyme. Une petite cuisine, un lit simple sans draps, des armoires et placards vides, des fauteuils et un canapé, un bureau dans un coin, de vieux rideaux aux fenêtres. Comparé à son ancienne cellule, cet endroit était un palace. Elle posa sa valise, gardant ses mains jointes devant elle. Lui passa une mai dans ses cheveux avec un soupir, aussitôt suivie d'un grognement.

- Je dois vous montrer la bibliothèque ?

- Je pense m'en sortir. Je ne voudrais pas vous retarder.

- Mouais... Je ne suis pas fâché de quitter cet endroit. Bon, voilà les clés de vos appartements, et celles de la bibliothèque. J'ai laissé tous les papiers utiles sur le bureau, là. Amusez-vous bien, moi, je disparais.

Il quitta la pièce, jetant sa veste sur son épaule. Eva regarda lentement autour d'elle, puis ressortit, fermant soigneusement la porte, et allant voir son nouveau lieu de travail. La bibliothèque était grande, plus qu'elle ce qu'elle s'attendait à voir. Elle erra un long moment entre les rayonnages, caressant les livres du bout des doigts, puis inspecta son bureau. Un très doux parfum de liberté régnait ici. Elle se sentait bien. Elle eut un minuscule sourire de satisfaction. Tout cela était idéal.

Deux jours étaient maintenant passés, depuis son arrivée ici. Elle avait vu défiler beaucoup d'élèves, mais aucun d'entre eux ne semblait très disposé à lui adresser la parole, curieusement. Ils la fixaient, longtemps, puis se détournaient sans un mot. Elle ne s'expliquait pas cette étrange attitude, elle n'avait pourtant rien fait. De nature solitaire, elle n'avait pas encore partagé un seul repas avec les professeurs ou membres du personnel, dans le réfectoire. Elle détestait manger en public. Elle n'avait pour le moment parlé qu'à la directrice, par la force des choses, et croisé ses collègues dans les couloirs ou entre les rayonnages.

Ce soir-là, la sonnerie de fin des cours venait de résonner dans tout le Pensionnat. Eva était occupée à ranger des livres, tenant la pile contre elle par un bras et insérant les ouvrages dans les rayonnages. C'était son activité du soir. Quelques élèves étudiaient ou lisaient, installés aux tables et dans les fauteuils du coin lecture. Ils respectaient le silence, pour la plupart, et elle devait parfois en rappeler certains à l'ordre. La discipline ne lui avait causé que peu de soucis pour le moment. Des élèves se taisaient quand elle approchait. Très curieux. Cette école était étrange.

Elle allait ranger d'autres livres lorsqu'elle vit une grande élève froncer les sourcils dan,s le rayon consacré aux mythes ou aux légendes. Eva s'approcha, ses bouquins dans les bras, de son pas souple et silencieux, presque furtif. Elle se déplaçait toujours sans causer le moindre bruit, même sa respiration était si atténuée qu'on ne l'entendait pas.

- Cherches-tu un ouvrage précis ? demanda-t-elle d'une voix ferme, mais assez grave et lente.

Elle déposa les livres qu'elle tenait sur un petit bureau tout proche, regardant l'élève. Elle était pâle, elle aussi, bien que personne ici n'ait sa pâleur, obtenue après des années sans voir une seule fois le soleil. Eva était aussi pâle qu'un cadavre, voire plus. Une peau qui n'avait jamais été dehors, à l'air libre.

- Si tu veux te renseigner sur les légendes, tu dois regarder par thème. Il y a des mythes plus ou moins réalistes, tirés ou non de véritables histoires. Sur quoi dois-tu te renseigner ?
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MessageSujet: Re: Légendes au crépuscule   Ven 4 Juil - 13:28

La cloche sonna, les cours étaient enfin finis. Je sortis de mon cours de français et alla dans les dortoirs, il fallait que je prenne des affaires pour aller dans la bibliothèque. Aujourd'hui, je voulais faire des recherches et plus particulièrement sur les légendes de la France. Je me posais beaucoup de questions et je voulais en savoir plus. Je pris donc mes affaires et me dirigea vers la bibliothèque. D'habitude je n'y allais presque pas, mais là, depuis quelques jours, une nouvelle bibliothécaire était arrivée, elle s'appelait Eva Doucet et je la trouvais bizarre. Oh, je n'étais pas la seule à le pensais.

Une fois arrivée, je vis déjà des élèves qui étaient installés, je me dirigeais vers le rayon des légendes et mythes. Je le parcourais et trouvais toutes sortes de livre : le livre des symboles celtes, symboles et mythes, les secrets du pendule... Mais je ne trouvais pas celui que je voulais.

Je regardais autour de moi et vit la bibliothécaire qui rangeait les livres, les autres étudiaient ou faisaient leur devoir. Je me remis à la recherche de ce que je voulais : les plus belles légendes du monde entier, mythes romains... Non, décidément, il n'y avait pas le ou les livres que je cherchais.

Au bout d'un moment, j'entendis une voix derrière moi qui semblait assez ferme :

- Cherches-tu un ouvrage précis ?

Je sursautais et me retournais, c'était la bibliothécaire, elle m'avait fait peur, je ne l'avais pas entendu venir vers moi. Elle posa les livres qu'elle avait dans les bras sur un bureau, pendant ce temps, je l'observais, elle était vraiment pâle, on aurait dit un fantôme ! Elle continua :

- Si tu veux te renseigner sur les légendes, tu dois regarder par thème. Il y a des mythes plus ou moins réalistes, tirés ou non de véritables histoires. Sur quoi dois-tu te renseigner ?

Je déglutis, il fallait vraiment que je lui dise sur quoi porter mes recherches ? Mais si je voulais en apprendre plus, il le fallait.

- Et bien...

Bon elle va me prendre pour une folle, mais tant pis :

- En fait, je recherche des livres sur une légende que j'ai entendue, il n'y a pas si longtemps que ça...

Je regardais sa pâleur, non cela ne pouvait pas être possible.

*Mais non, Salomée voyons, ça n'existe pas ! *

Je continuais :

- Je me posais des questions sur les vampires !

J'avais chuchotée, je ne voulais pas que tout le monde m'entende et me prenne pour une folle.

- Mais bon, ce n'est juste que par curiosité.

Je ne voulais pas elle aussi qu'elle me prenne pour une folle, mais elle avait quand même l'air plus gentille que l'autre d'avant. Quoique elle était aussi vraiment bizarre et... très pale ! De plus elle ne souriait jamais, à chaque fois que je la vois, j'ai l'impression qu'elle n'est pas heureuse.

- Mais si vous n'avez pas de livre sur les vampires, ce n'est pas grave, c'est juste que je me demandais comment ils sont arrivés, s'ils existent vraiment, enfin bref, c'est juste de la curiosité.

*Bon stop Salomée, tu vas vraiment te faire remarquer ! *

Je lui souris et attendis sa réponse.
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MessageSujet: Re: Légendes au crépuscule   Ven 4 Juil - 14:11

- Et bien...

Et bien ? Décidément, les élèves de cette école étaient étranges, ils n'avaient as l'air à l'aise en sa présence. sans doute pouvaient-ils sentir sa légère "différence". Mais Eva ne comptait pas se forcer à sourire pour autant, ce n'était pas dans sa nature. Il est si inutile de montrer ce genre de choses aux autres alors que tout n'est que mensonge, que toutes les relations sociales sont entachés par de bas mouvements mouvements, entravés par la gêne, la peur, la haine, et surtout le mensonge. C'était tellement ridicule. A quoi bon sourire ? Il suffisait de parler et dire ce que l'on pensait. Il ne fallait se dissimuler que pour attendre le meilleur but de son existence, comme elle-même le faisait.

- En fait, je recherche des livres sur une légende que j'ai entendue, il n'y a pas si longtemps que ça...

Bien, elle était au moins dans le bon rayon. Eva ramena ses mains devant elle pour les croiser, comme à son habitude, attendant qu'elle s'explique plus en détails. Son visage n'exprimait que son impassibilité coutumière, pour un regard mort ou éteint. Elle n'exprimait jamais rien. Elle ne dévoilait jamais rien. Personne ne pouvait voir si elle était heureuse, triste ou en colère. Ses pensées lui appartenaient et elle n'éprouvait pas le besoin de les faire partager. Pour quoi faire, après tout ?

- Je me posais des questions sur les vampires ! Mais bon, ce n'est juste que par curiosité.

Un chuchotement, prononcé avec un ton de voix qui se rapprochait de la honte. Les vampires ? Eva les avait étudié, lorsqu'elle était à l'asile. Légende qui en fascinait beaucoup, comme beaucoup d'autres mythes sur des créatures dites maléfiques. Être curieux là-dessus était normal, pour autant qu'elle le sache. Elle-même s'intéressait à d'autres choses, plus personnelles. Elle en bougeait toujours pas, attendant d'être sûr que la jeune fille avait terminé. Elle n'aimait pas couper la parole aux gens, c'était d'une impolitesse totale. De toute manière, elle n'était pas là non plus empêcher les jeunes de se renseigner, lire, s'instruire, étudier, apprendre.

- Mais si vous n'avez pas de livre sur les vampires, ce n'est pas grave, c'est juste que je me demandais comment ils sont arrivés, s'ils existent vraiment, enfin bref, c'est juste de la curiosité.

Un nouveau sourire éclaira son visage, alors qu'Eva restait dans la même position, mains devant elle, comme une majordome attendant l'ordre de son maître pour quitter la pièce. Puis elle fit lentement signe à Salomée de s'asseoir si elle le voulait. Se retournant vers le rayon, elle fit glisser sa main sur les nombreuses reliures, cherchant le livre qui correspondait. Il y en avait quelques uns, pour ce qu'elle avait pu en voir. n trouvant un, elle l'ouvrit, feuilletant les pages un peu jauni jusqu'à tomber sur une gravure, montrant un homme allongé sur un divan, une main levée contre le soleil qui entrait par la fenêtre. Elle montra la gravure à la jeune fille, tenant le livre devant elle pour le lui présenter.

- Ils existent vraiment, même si ce n'est pas dans le sens du mythe, dit-elle d'une voix aussi éteinte que son visage. Ce sont des personnes atteintes d'une maladie de peau qui les empêche de s'exposer au soleil. Il y en a encore aujourd'hui. Certains, plus gravement touchés, ne peuvent même pas supporter la lumière artificielle, et doivent se contenter de très faibles lueurs, comme les bougies ou autres.

Elle tourna les pages, montrant une autre gravure, où une foule faisait cercle autour d'un cercueil que l'on déposait en terre. On aurait pu croire à un enterrement tout ce qu'il y a de plus banal si la foule en brandissait pas des fourches et des pieux, hurlant contre celui qu'on mettait en terre.

- Autrefois, ces gens étaient pris pour des démons, et enterrés vivants. Ils griffaient leur cercueil des ongles, jusqu'à sen mettre les mains et les bras en sang, jusqu'à mourir d'asphyxie.

Son ton était parfaitement égal. Elle énonçait des faits, et ces horreurs ne l'émouvaient guère.

- En rouvrant les cercueils et en voyant le sang, on a cru alors que ces gens sortaient la nuit pour aller boire le sang des villageois. Les vampires étaient nés. C'st une légende tenace, encore accrue par le fait qu'il existe des personnes qui aiment boire le sang humain ou animal.

Elle donna le livre à la jeune fille, les yeux dans le vague. Les légendes et les mythes ont toujours un fond de vérité. Et il existait certaines choses qui venaient ajouter à la peur collective.

- Connais-tu la Comtesse Elisabeth Bathory ?
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MessageSujet: Re: Légendes au crépuscule   Ven 4 Juil - 15:36

La bibliothécaire croisa ses mains, elle était très sérieuse. Au bout d'un moment, elle me fit un signe de m'asseoir, c'est ce que je fis tout en l'observant. Elle se retourna vers le rayon et parcouru les livres, au bout d'un moment, elle en saisit un et l'ouvrit. Elle le parcourra quelques minutes puis me le montra :

- Ils existent vraiment, même si ce n'est pas dans le sens du mythe. Ce sont des personnes atteintes d'une maladie de peau qui les empêche de s'exposer au soleil. Il y en a encore aujourd'hui. Certains, plus gravement touchés, ne peuvent même pas supporter la lumière artificielle, et doivent se contenter de très faibles lueurs, comme les bougies ou autres.

Maladie de la peau ? Je regardais la bibliothécaire, elle était très pâle, avait-elle elle aussi une maladie de la peau ? Si oui, ça veut dire qu'elle était... Non, finalement je ne pense pas. Elle tourna les pages, et quand je reportais mon regard sur le livre, la gravure était très violente !

- Autrefois, ces gens étaient pris pour des démons, et enterrés vivants. Ils griffaient leur cercueil des ongles, jusqu'à sen mettre les mains et les bras en sang, jusqu'à mourir d'asphyxie.

Je frissonnais, je trouvais très.... Morbide ! Je regardais la bibliothécaire, elle n'avait pas l'air d'être touchée par les gravures.

- En rouvrant les cercueils et en voyant le sang, on a cru alors que ces gens sortaient la nuit pour aller boire le sang des villageois. Les vampires étaient nés. C'est une légende tenace, encore accrue par le fait qu'il existe des personnes qui aiment boire le sang humain ou animal.

Beurk, c'est dégoutant. Heureusement que les vampires n'existent plus. Elle me donna le livre, je le feuilletais et trouvais des choses horribles, les vampires, comme le disait Mlle Doucet étaient pâles, ils avaient une force surhumaine et d'une beauté exceptionnelle. Je frissonnais à nouveau, s'ils ont vraiment existé, je plaignais les pauvres gens qui sont morts à cause d'eux.

Mlle Doucet finit par dire :

- Connais-tu la Comtesse Elisabeth Bathory ?

Qui ? Non, franchement je ne la connaissais pas :

- Non qui est cette dame ? Elle était une vampire ?

Ou alors c'était lié à l'histoire, mais comme je n'aimais pas trop cette matière, désolée Mme Chevreuil, mais l'histoire et moi...

- Si c'est lié avec l'Histoire, j'aimerais bien que vous m'expliquiez qui elle était, je ne sais plus si Mme Chevreuil nous en a parlé ou non.

Bon, j'espère qu'elle ne le dira pas à la prof d'histoire, déjà, son atelier d'histoire avec ses énigmes était compliqué ! Je poursuivais :

- Concernant les vampires, ils étaient tous comme ça ? à « manger » les autres personnes comme nous ? C'est horrible !

Je ne sais pas ce que pensait Mlle Doucet, à vrai dire, je trouvais qu'elle ne s'exprimait pas beaucoup.
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MessageSujet: Re: Légendes au crépuscule   Ven 4 Juil - 22:51

- Non qui est cette dame ? Elle était une vampire ?

On pouvait dire cela, en effet. Elle n'en différait des légendes que par le pouvoir de l'immortalité, et de la vitesse, ce genre de détails qui étaient apparus plus tard au fil de la transformation de la légende en mythe, marquant à jamais le cœur des gens. Et leur âme. Avant son incarcération, Eva avait lu beaucoup d'histoires sur les séries de meurtriers, cherchant inconsciemment un moyen de se séparer de son père pédophile, un moyen de se venger. Souvent laissée à elle-même, elle se réfugiait dans la grande bibliothèque familial, grimpant sur les tables pour atteindre le haut des rayonnages et prendre des livres qu'on ne lui aurait jamais donné la permission de lire dans des circonstances normales.

Il en résultait que l'esprit humain était tout à fait fascinant. Il était si facile de se laisser glisser dans les replis les plus sombres de l'âme, là où règnent en maîtres la peur, le vice, le mensonge, la cruauté, le sadisme, la luxure. Durant son hospitalisation, elle s'était abandonnée avec délice dans cet océan noir où étaient refoulées toutes les terreurs humaines, tous les doutes que chacun peut porter. Elle avait connu le doux et amer plaisir de la vengeance, s'en était délectée, et cela l'avait porté, l'avait aidé à ne as sombrer véritablement dans la folie. Et comme tous ces hommes et ces femmes, comme tous ces assassins, ces meurtriers, elle voulait elle aussi goûter à nouveau au fruit défendu. Elle voulait tuer sa mère qui ne l'avait pas cru, sa mère qui l'avait rejeté, sa mère qui ne l'avait pas écouté, la frapper d'une main vengeresse, maître d'elle-même.

- Si c'est lié avec l'Histoire, j'aimerais bien que vous m'expliquiez qui elle était, je ne sais plus si Mme Chevreuil nous en a parlé ou non.

Madame Chevreuil ? Jamais entendu parler. Ce devait être l'une des professeurs du pensionnat, mais elle ne saurait en être certaine. Elle n'avait rencontré aucun d'entre eux et ne faisait aucun effort pour remédier à cet état de fait. Cela ne l'intéressait pas, voilà tout. Elle préférait rester entre ces murs, cachée par ses livres. Son esprit, rendu malade par son séjour en asile et tous les médicaments, préférait plonger dans la douceur d'une idée de vengeance.

- Concernant les vampires, ils étaient tous comme ça ? A « manger » les autres personnes comme nous ? C'est horrible !

Eva s'assit à son tour, ses deux mains sur ses genoux. Horrible ? Non... Il y avait tant de moyens d'extérioriser cette part si sombre de nous-même. Tant de moyens de tuer et tant de raisons pour le faire. Ils étaient des bêtes. Des animaux qui ne savaient que s'entre-déchirer, qui souriaient pour mieux tromper l'adversaire et finalement l'égorger. "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." Ce proverbe convenait bien à la race humaine.

- On a toujours prêté au sang beaucoup de propriétés. Pour les vampires, il représente la vie et la jeunesse éternelle.

Elle-même n'était as dégoûtée par le sang. Elle en avait sur les mains, et s'était déjà demandé quel goût il pouvait avoir. Il exerçait, sur elle et beaucoup d'autres - meurtriers ou non - une fascination sans pareille. Il envoûtait, et était au cœur de tellement de mythes.

- Elizabeth Bathory est née en 1560, d'une famille de sang royal, comptant dans ses proches parents le prince de Transylvanie, Sigismond Bathory, un oncle qui devint roi de Pologne, des gouverneurs de province, de hauts magistrats, des évêques et un cardinal. Cette famille remontait très loin dans le temps et comptait un certain nombre d'aventuriers hongrois, descendant probablement des Huns et qui s'étaient imposés par le sang et la violence, comme il était de règle à ces époques troublées.

Elle connaissait cette histoire par cœur, l'ayant souvent lu, et relu à nouveau, chaque fois que l'envie lui en prenait.

- Les descriptions qu'on possède d'Elizabeth Bathory, ainsi qu'un portrait qu'on en a conservé, nous la montrent d'une grande beauté : " Les démons étaient déjà en elle ; ses yeux larges et noirs les cachaient en leur morne profondeur ; son visage était pâle de leur antique poison. Sa bouche était sinueuse comme un petit serpent qui passe, son front haut, obstiné, sans défaillance. Et le menton, appuyé sur la grande fraise plate, avait cette courbe molle de l'insanité ou du vice particulier. Elle ressemblait à quelque Valois dessiné par Clouet, Henri Ill peut-être, en féminin 1. " Bref, quelque chose de mélancolique, de secret et de cruel.

Elle fit une brève pause pour lisser sa jupe, pas perturbée le moins du monde de conter l'histoire d'une femme criminelle que l'on peut assurément prendre pour un véritable vampire.

- Le souci primordial d'Elizabeth Bathory, depuis son plus jeune âge, avait été sa beauté: elle avait une peur atroce de vieillir et de s'enlaidir. Il n'en fallait pas plus pour s'imaginer qu'elle pouvait indéfiniment préserver sa beauté grâce à du sang frais de jeunes filles, de préférence vierges, donc revêtues de cette aura magique que confère la virginité. " Le sang, c'est la vie ! " répétait Renfield au docteur Seward. Mais pour Elizabeth Bathory, la vie, c'était la beauté et la jeunesse.

Elle eut un maigre sourire, les yeux dans la vague, tout en racontant l'histoire.

- Les filles étaient frappées avec violence. Certaines avaient le cou percé selon la plus pure tradition vampirique. D'autres étaient liées avec des cordes qu'on tordait ensuite afin qu'elles puissent s'enfoncer dans les chairs, ce qui permettait de leur ouvrir les veines et de faire jaillir le sang sur la comtesse. On prétend même' qu'on remplissait parfois des baignoires de sang et qu'Elizabeth s'y baignait avec ravissement. Mais comme sa peau délicate ne supportait pas d'être essuyée avec des serviettes, ce sont d'autres filles qui devaient la débarrasser du sang en lui léchant tout le corps avec leurs langues. Celles qui, ne supportant pas une telle horreur, s'évanouissaient, étaient ensuite sévèrement châtiées avant de servir de victimes à leur tour.

Elle s'interrompit, puis regarda Salomée, d'un air pensif, très longuement, sans que ses yeux vides et éteints puissent révéler quoi que ce soit de ce qu'elle pensait véritablement.

- Penses-tu que le sang soit la vie ?


SOURCE : http://sylphe.chez-alice.fr/elizabeth.html
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MessageSujet: Re: Légendes au crépuscule   Lun 14 Juil - 14:56

Mlle Doucet s'assit aussi et me dit :

- On a toujours prêté au sang beaucoup de propriétés. Pour les vampires, il représente la vie et la jeunesse éternelle.

Beurk, jeunesse éternelle, bizarre d'avoir une opinion comme ça ! En tout cas, moi la vue du sang, je n'aime pas trop, cela rappelle la mort et quand ça me rappelle la mort, je pense à ma mère. Je secouai la tête et écouta attentivement la bibliothécaire :

- Elizabeth Bathory est née en 1560, d'une famille de sang royal, comptant dans ses proches parents le prince de Transylvanie, Sigismond Bathory, un oncle qui devint roi de Pologne, des gouverneurs de province, de hauts magistrats, des évêques et un cardinal. Cette famille remontait très loin dans le temps et comptait un certain nombre d'aventuriers hongrois, descendant probablement des Huns et qui s'étaient imposés par le sang et la violence, comme il était de règle à ces époques troublées.

Ah, c'est de l'histoire, généralement, je n'aime pas l'histoire, mais là, c'était intéressant. Je me demandais si toute la famille était morte ou alors qu'il y avait des descendant même encore aujourd'hui.

- Les descriptions qu'on possède d'Elizabeth Bathory, ainsi qu'un portrait qu'on en a conservé, nous la montrent d'une grande beauté : " Les démons étaient déjà en elle ; ses yeux larges et noirs les cachaient en leur morne profondeur ; son visage était pâle de leur antique poison. Sa bouche était sinueuse comme un petit serpent qui passe, son front haut, obstiné, sans défaillance. Et le menton, appuyé sur la grande fraise plate, avait cette courbe molle de l'insanité ou du vice particulier. Elle ressemblait à quelque Valois dessiné par Clouet, Henri Ill peut-être, en féminin 1. " Bref, quelque chose de mélancolique, de secret et de cruel.

Je frissonnais, la façon dont raconte Mlle Doucet me donne la chair de poule, on dirait une histoire d'horreur ! je regardais sur le livre une vielle photo d'elle, elle était très belle, mais alors pourquoi elle est devenue une vampire ? Je supposais qu'elle était devenue vampire, sinon Mlle Doucet ne me raconterais pas cette histoire.

- Le souci primordial d'Elizabeth Bathory, depuis son plus jeune âge, avait été sa beauté: elle avait une peur atroce de vieillir et de s'enlaidir. Il n'en fallait pas plus pour s'imaginer qu'elle pouvait indéfiniment préserver sa beauté grâce à du sang frais de jeunes filles, de préférence vierges, donc revêtues de cette aura magique que confère la virginité. " Le sang, c'est la vie ! " répétait Renfield au docteur Seward. Mais pour Elizabeth Bathory, la vie, c'était la beauté et la jeunesse.

Peur de vieillir ! Je trouvais cela bête, tout le monde savait qu'on naissait, qu'on vivait et qu'on mourrait tous un jour. C'est le cycle de la vie. Beurk, elle buvait le sang de jeunes filles ! Je frissonnais, si elle avait encore exister, elle aurait bu mon sang ou celui de Victoire ou même de la directrice ! Je mis ma main devant ma bouche et exprimait un « oh ». La Bibliothécaire fit un léger sourire, quoi ? Je ne vois pas ce qu'il y a de joyeux là-dedans, toutes ces jeunes filles mortes par Elisabeth Bathory, c'était horrible !

- Les filles étaient frappées avec violence. Certaines avaient le cou percé selon la plus pure tradition vampirique. D'autres étaient liées avec des cordes qu'on tordait ensuite afin qu'elles puissent s'enfoncer dans les chairs, ce qui permettait de leur ouvrir les veines et de faire jaillir le sang sur la comtesse. On prétend même' qu'on remplissait parfois des baignoires de sang et qu'Elizabeth s'y baignait avec ravissement. Mais comme sa peau délicate ne supportait pas d'être essuyée avec des serviettes, ce sont d'autres filles qui devaient la débarrasser du sang en lui léchant tout le corps avec leurs langues. Celles qui, ne supportant pas une telle horreur, s'évanouissaient, étaient ensuite sévèrement châtiées avant de servir de victimes à leur tour.

Tout à coup, je pâlis, mon dieu, c'était horrible. Je sentis mon ventre qui grognait, non, il ne fallait pas que je vomisse dans la bibliothèque ! Comment une femme aussi belle pouvait faire un truc pareil, elle n'avait pas d'humanité ? Et les pauvres filles qui devaient lécher le corps de ce démon, c'est... dégoutant !

Mlle Doucet s'interrompit et me regarda, quoi ? Pourquoi elle me regardait, cette histoire n'avait pas l'air de la tourmentée plus que ça ! Puis elle finit par dire :

- Penses-tu que le sang soit la vie ?

Hein ? C'est quoi cette question ? Si elle me posait la question c'est qu'elle le pensait par l'affirmatif ! Bon, que répondre à ceci ? Je pris le temps de réfléchir tout en évitant le regard de Mlle Doucet :

- Eh bien...


Ah ! Mais qu'est-ce que je dis moi ! Je n'en ai aucune idée ! Je respirais un bon coup et repris :

- Ce que je pense c'est d'abord que cette... femme est horrible ! Elle n'avait pas du tout un côté d'humanité ! Comment pouvait-elle faire un truc pareil ?

Je criais moitié, je regardais autour de moi, tout le monde me regardait, je baissais la voix et continua :

- Comment est-elle morte ? Guillotiné ? Parce qu'elle le méritait ! Sinon pour répondre à votre question, oui forcément le sang c'est la vie, si on n'avait pas de sans on ne serait pas là ! Mais...

Bon, il faut que je me calme, ça ne sert à rien du tout que je m'énerve, de toute façon elle est morte, mais je trouvais que Mlle Doucet s'en fichait de cette histoire, j'avais l'impression que ça ne lui faisait rien du tout.

- Mais, je pense que de toute façon, tout le monde né, vit et meure. C'est le cycle de la vie, je trouve que boire le sang d'autres personnes ne changent rien, si ça se trouve, elle pensait qu'elle était belle, mais ce n'était que psychologique. Alors, oui elle était belle, mais je trouve que c'est horrible qu'elle est tuée des jeunes femmes juste pour garder sa jeunesse ! C'est... égoïste !

Je m'interrompis un peu et soufflais, cette histoire était vraiment horrible, je n'aurais pas dû demander des renseignements sur les vampires ! J'osais lui demander ce qu'elle en pensait et était plutôt franche :

- Et vous, vous en pensez quoi ? J'ai l'impression que cette histoire ne vous touche pas beaucoup, pourquoi ?

J'espérais qu'elle n'allait pas le prendre mal, mais je trouvais trop bizarre la réaction qu'elle a au sujet de cette histoire.
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MessageSujet: Re: Légendes au crépuscule   Mar 5 Aoû - 14:46

Le sang était la clé de l'existence, d'une existence saine, et pleine de vie. Eva en était persuadée, même si son élève n'avait pas l'air particulièrement convaincue, voire franchement hésitante. Mais pourquoi être effrayée, ou seulement hésitante ? Il ne fallait pas avoir peur, ces personnes étaient mortes depuis bien longtemps, et Elisabeth Bathory, comme beaucoup d'autres, était à présent une légende affreuse que l'on racontait aux touristes pour les effrayer. Un monstre, une femme qui avait tué, une meurtrière parmi tant d'autres. Mais il ne fallait pas voir peur. Personne ne tout pas hasard, il y avait toujours un objectif, toujours une cible, toujours un but. Plaisir pervers, coup  de colère, vengeance, les raisons étaient multiples et nombreuses, indénombrables. Elle-même avait tué par colère, rejet, et vengeance, par défense. Un coup pour se protéger. La prochaine fois, elle ne fera pas ça pour se défendre mais pour attaquer. Elle en portera pas le coup par peur et colère, mais par force, envie, besoin. Consciemment. Elle en était capable. Même si elle devait passer le reste de son existence dans une prison ou un asile, elle le fera. Sa vie était vouée à ça et à rien d'autres. cacher ses traces, dissimuler son acte ? Elle ne le fera pas. Elle revendiquera son meurtre, avec fierté.

- Ce que je pense c'est d'abord que cette... femme est horrible ! Elle n'avait pas du tout un côté d'humanité ! Comment pouvait-elle faire un truc pareil ?

Par plaisir. Par besoin. Par une envie perverse. Tant de raisons... Cela paraissait incompréhensible pour ceux qui n'avaient jamais été pris par ces pulsions meurtrières, qui vous emportaient l'âme et vous donnaient l'énergie de commettre l’immuable. Avec ça, tuer était plus facile que beaucoup pensaient. Il suffisait de connaître les points plus vulnérables du corps. Le cou, le ventre, la tête. Là où les artères se coupaient et se rejoignaient, là où des nœuds de sang se formaient, là où la peau était plus tendre, là où on accédait à des endroits plus fragiles. Elle avait appris à reconnaître ces endroits, grâce aux livres sur l'anatomie qu'elle avait lu, et ce genre de choses. Elle avait étudié le corps humain, et s'était renseignée. Beaucoup de médecins avaient trouvé très favorable qu'elle cherche à s'instruire et l'avaient encouragé, pensant qu'elle allait trouver une source de rédemption à son crime en s'occupant maintenant des autres. Ils avaient répondu à toutes ses question, l'aidant à trouver de bons livres sur le sujet. Ils étaient gentils, eux. Ils cherchaient à lui donner une seconde chance, à soigner sa folie, telle que l'avait décrite sa mère, pour qu'elle puisse s'insérer dans la société.

- Comment est-elle morte ? Guillotinée ? Parce qu'elle le méritait ! Sinon pour répondre à votre question, oui forcément le sang c'est la vie, si on n'avait pas de sans on ne serait pas là ! Mais...

Non, elle n'avait pas été guillotinée... Après avoir été reconnue coupable, la comtesse sanglante avait été enfermée dans son château. Toutes les entrées et issues en avaient été condamnés, et on lui passait de la nourriture par un minuscule soupirail, gardé en réserve. Toute porte ou fenêtre extérieure avaient été murées, bouchées, détruites. Le monstre avait été emmuré vivant, condamné à terminer sa vie dans le château des horreurs, oublié de tous. Vraiment oublié ? Non... Les habitants du village, près du château, avaient vécu dans la terreur jusqu'au jour où chacun où le certitude que cette femme était morte. Le temps avait fait son œuvre. Mais l'histoire était restée, nourrissant de nombreux mythes où l'on retrouvait des gens ayant les caractéristiques des vampires.

La jeune élève continua, semblant choquée et outrée des actes d'Elisabeth Bathory. Eva, elle, ne l'était pas. Qui serait-elle, pour juger de tels actes ? La justice des hommes ne pouvait discerner et comprendre tout ce qui pouvait se passer dans un esprit sain, et encore moins dans un esprit malade. Personne ne pouvait comprendre les véritables motivations d'un tueur hormis Dieu. Elle ne se permettrait pas de porter le moindre jugement ou critique sur les actes de la Roumaine, peu importe ce qu'elle avait fait. Chacun, tant qu'il vivait, était maître de son destin et de ses choix, personne n'avait le droit d'y porter un regard. La justice humaine pouvait s'agiter tant qu'elle le voulait, aucune peine ou sanction ne pouvait stopper une personne déterminée. On pouvait menacer Eva d'enfermement, d'asile, de prison, ou même de tortures ou de peine de mort, elle s'en fichait, rien ne la fera changer d'avis. Elle se moquait également qu'on la traite de monstre ou d'horreur, de psychopathe, de folle,de meurtrière, de cinglée. Elle ne fera jamais aucun cas de ces opinions puisqu'elle déniait à quiconque sur cette terre le droit de la juger.

- Et vous, vous en pensez quoi ? J'ai l'impression que cette histoire ne vous touche pas beaucoup, pourquoi ?

Eva garda le silence une minute avant de répondre, toujours parfaitement impassible et sereine. Cette histoire ne semblait pas la toucher ? Car c'était le cas. Ce n'était q'une meurtrière parmi d'autres, Eva n'était pas relié à elle, et elle ne s'en souciait pas. Contrairement à une bête croyance populaire, les assassins n'étaient pas reliés entre eux par un mystérieux phénomène biologique, qui les faisaient se reconnaître. Au contraire, chaque meurtrier vivait et agissait seul, chacun pour son propre but.

- Ce n'est qu'une histoire de meurtres parmi d'autres, dit-elle paisiblement. Des assassins, il y en aura toujours, et je ne veux pas passer ma vie à m'émouvoir de chacun d'entre eux. Je ne peux pas les comprendre, ni personne dans ce monde. Seul Dieu est capable de comprendre et juger.

Elle se leva et referma doucement le livre qui contait l'histoire de la comtesse sanglante de Roumanie. Un chapitre terminé, comme d'autres avant lui, prélude à de nouvelles histoires, souvent bien plus barbares et terrifiantes que celle de Bathory. Déposant le livre près de la jeune fille, elle en prit d'autres, cherchant les plus susceptibles de l'intéresser si elle voulait en savoir plus sur les vampires et les légendes qui y étaient rattachées. Il y en avait beaucoup, amis elle prit soin de les sélectionner, les yeux dans le vague, parcourant les rayonnages du bout des doigts.

- Elisabeth Bathory n'a pas été guillotinée. Elle a été cloîtrée dans son château, et toutes les issues sont été scellées. Elle a été emmurée vivante. Personne n'a jamais rouvert le château, même après tant de temps que l'on pouvait être sûr de sa mort. Aujourd'hui, le château est toujours là, mais en ruine.

C'était un lieu de terreur, en Roumanie. Le stéréotype même du château hanté, où avait fini par périr une meurtrière puissante et redoutée. Eva tira quelques livres et examina les couvertures, lisant rapidement les résumés. Elle les donna ensuite à Salomée, impassible.

- Tu auras d'autre documentation avec ça. Avais-tu besoin d'autre chose ?
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MessageSujet: Re: Légendes au crépuscule   Mar 19 Aoû - 14:18

La bibliothécaire ne répondit pas tout de suite, au bout d'une minute, elle répondit enfin :

- Ce n'est qu'une histoire de meurtres parmi d'autres, dit-elle paisiblement. Des assassins, il y en aura toujours, et je ne veux pas passer ma vie à m'émouvoir de chacun d'entre eux. Je ne peux pas les comprendre, ni personne dans ce monde. Seul Dieu est capable de comprendre et juger.

Ah oui, c'est comme ça qu'elle pensait ? Elle était vraiment bizarre cette femme. Plus je parlais avec elle, plus je regrettais que l'autre bibliothécaire ne soit plus là. Mme Doucet se leva et referma le livre, elle le déposa à côté de moi et pris d'autres bouquins. Qu'allait-elle me sortir de nouveau ? Je trouvais déjà cette histoire horrible ! Elle parcourra les livres, puis elle dit :

- Elisabeth Bathory n'a pas été guillotinée. Elle a été cloîtrée dans son château, et toutes les issues sont été scellées. Elle a été emmurée vivante. Personne n'a jamais rouvert le château, même après tant de temps que l'on pouvait être sûr de sa mort. Aujourd'hui, le château est toujours là, mais en ruine.

Je frissonnai, comment ne pouvait-elle pas être touchée par ça ? En même temps, cette Bathory méritait cela, mais quand même ! Mme doucet prit des livres, examina les couvertures de livres et me les donna :

- Tu auras d'autre documentation avec ça. Avais-tu besoin d'autre chose ?

Je la regardait, elle avait un visage qui n'exprimait rien, mais rien de rien ! J'en déduisis que c'était une femme sans-cœur ! Je pris les bouquins et lui dit :

- Non merci, je pense que les livres vont me suffire. Mais merci quand même !

Ou lui faire comprendre que je ne veux plus qu'elle me parle d'histoire comme cela. Je me levais :

- Je vais d'ailleurs les emprunter.

Je lui tendis les petites cartes à l'intérieur des livres :

- Vous m'avez bien informée.

Je mis les livres dans mon sac à dos et me dirigeais vers la porte, je ne voulais plus la voir, elle était vraiment trop bizarre, j'avais même des soupçons que ce ne soit pas un vampire ! Tout correspondait, elle était pale, elle n'avait pas de coeur. Je la regardait une dernière fois et partis dans les dortoirs, je lui rendrais les livres demain ou après demain, mais dorénavant, je ne ferais plus mes devoirs dans la bibliothèque ou du moins jusqu'à tant qu'elle sera là.
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