1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 En famille le dimanche

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Julien de Lizeux
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MessageSujet: En famille le dimanche   Jeu 12 Mai - 19:22

Le monsieur qu'il voyait parfois dans le jardin à pousser pleins de trucs avait refermé une sorte de porte devant la cheminée, empêchant les jumeaux de s'approcher, lorsqu'ils avaient voulu voir le grand feu plus près. Julien fronça le nez de frustration, à quatre pattes sur le tapis, à suivre sa sœur autour de la table basse en essayant d'aller plus vite qu'elle. Ils jouaient à ça depuis cinq bonnes minutes, tous deux avec des vêtements bleus ciel bizarres qu'on leur avait mis après le bain, en plus, maman aussi avait des vêtements comme pas d'habitude. Un... Une robe comme Aurore avait des fois, rouge, elle ne mettait jamais ça d'habitude. Continuant sa petite course, il s'arrêta pour grimper par-dessus les pieds de madame cheveux noir puis de tata, continuant ensuite son chemin, babillant derrière Aurore qui lui répondit aussitôt. C'était quand mieux de vouloir aller à quatre pattes, ils allaient plus vite ! Il riait tout en avançant, dépassant Aurore à un moment puis se glissant sous la table pour voir s'il pouvait passer dessous, souriant en voyant que c'était bien. Aurore avait repris un peu d'avance, allant vers le parquet là où il n'y avait plus les adultes qui étaient assis à boire dans des grands verres qui n'avaient pas de tétines.

– Magah ?

Bifurquant, il revint sur le tapis puis trouva un chiffon par terre, s'arrêtant pour l'examiner puis le secouer un peu avant de le laisser dans un coin et retrouver Aurore. Le tapis était épais, il aimait bien ramper dedans. S'arrêtant devant des chaussures noires, il les prit entre ses mains pour les examiner avec une grande curiosité, avant de tirer sur les chaussettes blanches de ses petites mains avec des bruits bizarres. Pourquoi c'était aussi grand, d'abord ? Aurore s'était aussi arrêtée devant d'autres chaussures, pour les regarder. Julien essaya d'enlever la chaussette, tirant dessus à deux mains avec force, quand il y a deux mains qui le prirent tout à coup d'en haut. Il agita les pieds puis vit des cheveux noirs et commença aussitôt à jouer avec, les mettant dans sa bouche, pour goûter. C'était pas bon. Madame cheveux noirs les lui enleva et il fit la grimace, jouant à la place avec les boutons de son vêtement, les examinant avec une très grande attention, passant beaucoup de temps à tout toucher et porter dans sa bouche ce qu'il pouvait. Les adultes parlaient mais il ne comprenait pas, se frottant un peu les yeux puis tirant sur le col de la grande en ouvrant grand la bouche pour réclamer à manger. Il avait faim ! Il ouvrit puis referma la bouche, en la regardant de ses grands yeux clairs. Puis comme elle ne bougeait pas et ne comprenait pas, il fit la moue puis fondit en larmes, criant quasiment en même temps que sa sœur. Il continua à pleurer et ne se calma que lorsque maman vint le prendre dans ses bras.

– Mamah.

Il tendit les bras pour prendre son biberon, tétant en fermant les yeux, blotti contre maman. Voilà, comme ça, il était très bien.

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Gabriella de Lizeux
Directrice
Général de division

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Âge RPG : 33

MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Ven 13 Mai - 16:07

Auguste avait semblé surpris, ce matin, de la voir sortir de la salle de bain avec la robe qu’il lui avait acheté, cependant, Gabriella avait une excellente raison à cela. Après s’être lavée, elle avait réalisé que son ventre commençait doucement à s’arrondir et que la robe, plus ample que ses chemises, cachait parfaitement tout cela, alors pour éviter toute remarque, du genre réflexion enjouée de sa petite sœur, elle avait préféré le cacher, pour ne pas à parler de ce sujet. Lorsque Kimmitsu, Solène et les enfants étaient arrivés, sous une pluie terrible – et Gaby n’y était pour rien du tout, cette fois – sa petite sœur lui avait aussitôt sauté dans les bras pour un câlin en s’exclamant qu’elle était contente de la revoir, cela faisait trop longtemps. En temps normal, Gabriella ne se serait pas laissé faire si facilement, enfin, autant laisser couler pour cette fois. Ils s’installèrent tous au salon, les jumeaux déjà installés sur le tapis à se courser autour de la table basse. La jeune femme enleva vite fait ce qui pourrait dangereux pour eux du passage avant de s’asseoir à son tour à côté d’Auguste, se frottant les yeux.

– Tu as l’air fatiguée, encore, lança Solène en prenant un grand verre de jus d’orange.

– Ce n’est pas une impression. Ça va aller, ne t’en fais pas, je me repose, j’ai le sentiment de passer mon temps à dormir, en ce moment.

Solène répondit en marmonnant que cela allait compenser toutes les heures où elle n’avait pas assez dormi, depuis un an. Un an… C’est vrai, cela, ils étaient déjà au mois d’Octobre, cela faisait donc précisément un an que toute cette histoire avait débuté, une année entière ! A cette époque, l’année précédente, elle partait pour Paris dans l’espoir de défendre son école, le pensionnat vivait à un rythme plus lent, avec des soucis quotidiens qui lui semblaient insurmontables, alors qu’aujourd’hui, elle se demandait bien comment elle avait pu perdre ne serait-ce qu’une seule minute à s’angoisser pour ce genre de trucs.

– Ça fait déjà un an ? Quand je pense que mon plus gros problème, à l’époque, était d’arranger correctement le planning des cours.

Prenant son verre, elle but une longue gorgée, participant peu à la conversation générale. Elle repensait à ce mois d’octobre 1930, où la vie de l’école avait basculé dans un chaos sans précédent. Il y avait eu la Conférence, suite à des semaines d’articles agressifs et d’accusations dans les journaux et à la radio, puis l’armée avait progressivement pris le contrôle de tout ce qu’elle pouvait, avant que toute ne s’organise comme aujourd’hui. Un an, six morts, une liberté bafouée, bien des personnes qui avaient beaucoup changées. Complètement perdue dans ses pensées, elle n’écoutait même plus de quoi discutaient les autres, croisant à un instant le regard de Kimmitsu, qui avait un air tout aussi perdu qu’elle. Revenant à la réalité, elle vit son fils commencer à tirer sur la chaussette de Laura, avec un intérêt évident, avant qu’elle ne se baisse pour le prendre dans ses bras. Il y a un an, alors qu’elle était à peine enceinte, jamais elle n’aurait cru en arriver là. Aurore avait finit dans les bras de son père, à jouer avec sa peluche. Gabriella la vit commencer à faire la grimace, comme son frère, puis prit les biberons qu’ils avaient déjà préparé auparavant et laissé au chaud, juste au moment où les petits se mirent à pleurer. Elle se leva puis alla prendre son fils des bras de Laura pour retourner s’asseoir avec lui, le calant contre elle pour lui donner à manger.

– Mamah.

Auguste et elle prirent chacun un biberon pour le donner aux petits. Solène faisait la plus grosse partie de la conversation, particulièrement enjouée et souriante, comme à son habitude. Elle se tut tout à coup en se penchant vers la table basse et montra une photo de Gaby, à vingt-deux ans, photographiée avec l’ancien directeur, encore jeune et souriant à l’objectif. Et bien ? Gabriella hausa un peu les sourcils, sans comprendre pourquoi sa petite sœur semblait très choquée.

– C’est toi là-dessus ?! s’exclama-t-elle d’un ton incrédule.

– Qui d’autre ?

– Tu savais sourire comme moi, alors ?

Gabriella pinça les lèvres avec un air légèrement vexé et agacé, sans répondre, se contentant de fixer Solène un moment, avec un regard glacial, avant qu’elle ne rougisse férocement et passa très vite à un autre sujet, en reposant la photo. C’est cela, oui… Gabriella émit un soupir discret, tout en continuant de donner à boire à son fils, sans plus participer à la conversation. Pour sourire, il fallait avoir une raison, en ce moment, il n’y avait que très peu de choses qui pourraient lui en donner l’envie. Elle essuya un peu de lait qui avait coulé au coin de la bouche de son bébé, lui tapotant le dos pour qu’il fasse son rot, avant de le remettre contre elle, le berçant un peu.

– Comment va Estelle, en ce moment ? demanda-t-elle ensuite à Kimmitsu en tournant la tête vers lui. Je n’ai pas encore pu passer la voir, elle arrive à surmonter le choc ?

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Kimmitsu Nakajima
Sous-directeur
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Âge RPG : 42 ans

MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Mer 25 Mai - 9:37

– Tu as l’air fatiguée, encore, lança Solène en prenant un grand verre de jus d’orange.

– Ce n’est pas une impression. Ça va aller, ne t’en fais pas, je me repose, j’ai le sentiment de passer mon temps à dormir, en ce moment.

Après cet été, c’était normal, beaucoup avaient craqué lors des vacances et ce n’était pas vraiment mieux depuis la rentrée. Solène ajouta d’un ton plus bas qu‘au moins cela allait compenser les trop nombreuses heures où Gabriella n’avait pas dormi, en un an. Un an… Un an ? Kimmitsu sourcilla un peu, ne pouvant s’empêcher de regarder la date du jour sur le petit calendrier qu’il gardait dans son portefeuille, sur lui. Un an, bon sang, cela faisait une année entière ! La bouche entrouverte, il secoua légèrement la tête en rangeant le calendrier, reprenant ensuite son verre en main. Une année toute entière que les ennuis avaient débuté pour de bon au pensionnat, c’était incroyable, un an… Il ne l’avait même pas réalisé, emporté comme tout le monde par le flot des événements sans vraiment se rendre compte des jours et des mois qui défilaient. La rentrée de septembre 1930 lui semblait tellement loin, comme si elle avait appartenu à une autre vie, ou plutôt comme si elle n’avait même jamais existé, ils n’avaient fait qu’en rêver. Une année toute entière à vivre sous une tension permanente, alors que tant de choses avaient changé.

– Ça fait déjà un an ? Quand je pense que mon plus gros problème, à l’époque, était d’arranger correctement le planning des cours.

Qui aurait pu croire que tout allait s’enchaîner et s’accumuler de cette façon… La conférence d’Octobre 1930 lui revint en mémoire, filmée et diffusée, les défenseurs du pensionnat et des dons, de façon générale, impuissants. Il porta un bref regard sur Auguste, lui aussi monté à la tribune pour défendre les possesseurs de dons, sans que cela ne serve. Comme la directrice, qui était encore assez naïve et plus innocente, plus douce. L’école encore sans problème majeur, fonctionnant avec tranquillité comme elle le faisait depuis des décennies, avec une équipe enseignante encore soudée, des élèves détendus, semblables à tous les autres étudiants de France. Il croisa rapidement le regard de Gabriella, tout aussi perdu dans ses pensées qu’elle l’était elle-même. Un an, des élèves morts, l’armée qui avait gagné le contrôle de l’école et de ses occupants, la situation globale bouleversée et le danger partout, la rébellion qui s’était organisée, le risque d’une guerre qui enflammera tout le pays voire toute l’Europe avec la montée des extrémismes. Méditant sur son verre au lieu de le boire, il observa sa supérieure hiérarchique se lever pour récupérer ses enfants, pour leur faire boire leur biberon. Il avait perdu le fil de la conversation en cours, assez perturbé d’avoir réalisé que cela faisait vraiment une année complète.

– Mamah.

Le sous-directeur ferma les yeux un petit moment puis se reprit, tâchant de chasser les idées noires de son esprit. Ils n’étaient pas là aujourd’hui pour songer à la guerre mais pour se détendre, s’amuser comme le faisaient les jumeaux, qui s’étaient coursés autour de la table toute à l’heure. Buvant un peu, il fit un effort pour plus participer à la discussion, tournant la tête vers Solène lorsqu’elle se pencha pour montrer une photo sur la table de basse, un cliché de sa grande sœur debout près de l’ancien directeur. La photo avait dû être prise il y a déjà un bon nombre d’années, Gabriella semblait à peine plus âgée que Solène aujourd’hui. Ils posaient devant le bâtiment de l’école, un jour de grand soleil, les mains dans le dos et souriant à l’objectif. Monsieur Francfort portait un costume impeccable et une cravate noire, Gabriella était vêtue d’une longue robe très classique mais qui lui allait plutôt bien, ayant même un bracelet et un collier autour du cou, elle qui ne portait plus aucun bijou, en tout cas, il ne l’avait jamais vu en avoir. Donc ? Pourquoi Solène semblait si choquée ou ébahie ? Elle était très bien, cette photo.

– C’est toi là-dessus ?! s’exclama-t-elle d’un ton incrédule.

– Qui d’autre ?

– Tu savais sourire comme moi, alors ?

Solène… Kimmitsu eut un très faible sourire, amusé par la candeur de la jeune femme. La directrice, en revanche, semblait plutôt vexée, fixant sa jeune sœur d’un air glacial. Solène rougit jusqu’à la racine des cheveux avant de relancer très vite la conversation sur un autre sujet. Il valait mieux, oui, c’était un sujet encore sensible. Le sous-directeur prit doucement la main de sa femme dans la sienne pour la réconforter. Il était sans doute normal qu’elle soit surprise, encore, elle n’avait pas assisté en direct au changement progressif qui s’était opéré chez sa sœur et ne l’avait jamais connu libre et heureuse. Tout le monde avait beaucoup changé. Et tout le monde changera encore beaucoup, il en avait le sentiment.

– Comment va Estelle, en ce moment ? demanda-t-elle ensuite à Kimmitsu en tournant la tête vers lui. Je n’ai pas encore pu passer la voir, elle arrive à surmonter le choc ?

– Adrien l’aide beaucoup, c’est très dur pour elle, heureusement qu’ils sont assez proches pour pouvoir se soutenir mutuellement. Lui-même va mieux depuis la naissance de son fils et depuis qu’il a plus de soutien. Estelle va pouvoir s’appuyer sur lui, je pense que ça ira… Elle est plus solide qu’on ne le croit.

Beaucoup ne voyaient la jeune Estelle que comme une douce petite femme très fragile et naïve, ils la connaissaient bien mal. La jeune professeur était certes naïve et candide, pourtant, elle était capable d’une très grande endurance et affrontait les difficultés se présentant à elle la tête haute. Depuis qu’il la connaissait, il ne l’avait absolument jamais vu se démonter ou se laisser aller face aux problèmes. Ce n’était pas pour rien non plus si son don de naissance était la foudre, ce qu’il ajouta avec un petit sourire, elle était plus forte que ce qu’on croyait. Elle tenait aussi pour ses enfants, ce qu’il trouvait admirable.

– Tes parents et ta sœur jumelle se sont bien remis de l’accident ? demanda-t-il ensuite à Auguste. Même si je suppose que oui, comme tu as pu revenir dans le coin. Vous allez les revoir à Noël ?

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Auguste de la Valière
Professeur de Mathématiques
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MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Mer 1 Juin - 14:48

La petite Aurore ne tétait que très lentement, comme d’habitude, il lui fallait toujours beaucoup de temps pour finir ses repas. Confortablement installé dans le canapé, Auguste discutait de tout et de rien avec Solène, parlant d’une affaire policière qui faisait les choux gras des journaux en ce moment, une série de vols spectaculaires dans la région Parisienne. Bien évidemment, les journaux s’accordaient à donner toutes sortes de surnom au voleur ou au groupe de voleurs et à colporter les rumeurs les plus improbables, en plus des faux témoignages, comme si la police n’avait pas assez de travail comme ça ! Il soupira un peu en parlant du dernier rebondissement de l’affaire, assez blasé de toutes les rumeurs qui pouvaient filer, à une vitesse qu’il jugeait effarante. Soulevant Aurore, il lui fit faire son rot puis la recala dans ses bras, buvant un peu son propre verre, posé sur la guéridon à côté du canapé. Solène se pencha pour tout à coup pour montrer une photo de Gabriella et du directeur, datant d’il y a quelques années. Elle n’avait jamais vu celle-ci ? L’ancien directeur en avait retrouvé pas mal lorsqu’il avait pris le temps de ranger le bureau directorial et sorti des vieux dossiers.

– C’est toi là-dessus ?! s’exclama-t-elle d’un ton incrédule.

– Qui d’autre ?

– Tu savais sourire comme moi, alors ?

Ah, non, c’était bien autre chose qui l’avait surprise. Elle n’était pas encore habituée, la pauvre. Auguste ne fit aucune remarque, voyant bien que sa future femme était vexée et ne se contenait qu’à très grande-peine d’en placer une très acide, bien que son regard était déjà assez parlant. Il eut un faible sourire, compatissant tout de même un peu, ce n’était pas elle qui avait voulu changer ainsi, elle avait suivi le rythme. Constatant qu’Aurore s’endormait de plus en plus, il ramena le petit bout de couverture sur elle pour la garder au chaud, attendri en la voyant papillonner des yeux et bailler à s’en décrocher sa petite bouche. A bouger et remuer partout toute à l’heure avec son frère, ce n’était pas étonnant, qu’est-ce que ça allait donner lorsqu’ils allaient marcher, tous les deux, il faudra toujours garder un œil dessus. Et quoi de mieux après s’être bien défoulés comme ça qu’une sieste dans les bras de papa et maman ? Il se pencha pour l’embrasser sur le front, attendri en sentant ce petit corps chaud dans le creux de ses bras, contre lui. Il avait toujours adoré cette période où les enfants étaient encore si dépendants de leurs parents, en recherche constante d’affection et de câlins. Il était prêt à leur en donner tant qu’ils le voulaient, adorant les enfants.

– Comment va Estelle, en ce moment ? demanda-t-elle ensuite à Kimmitsu en tournant la tête vers lui. Je n’ai pas encore pu passer la voir, elle arrive à surmonter le choc ?

– Adrien l’aide beaucoup, c’est très dur pour elle, heureusement qu’ils sont assez proches pour pouvoir se soutenir mutuellement. Lui-même va mieux depuis la naissance de son fils et depuis qu’il a plus de soutien. Estelle va pouvoir s’appuyer sur lui, je pense que ça ira… Elle est plus solide qu’on ne le croit.

Estelle était typiquement le genre de femme qu’on croyait bien connaître et dont on ne savait finalement rien du tout. Il était tombé des nus lorsqu’il avait su qu’elle était Gitane de naissance et avait passé une très grande partie de son enfance à voyager avec sa famille dans toute la France avant d’être prise par les services sociaux, après l’emprisonnement de son père,e t placée dans un foyer-internat Catholique. Qui le croirait, aujourd’hui ? Kimmitsu ajouta qu’elle ne possédait pas la foudre pour rien, ce qui était bien vrai. Auguste hocha la tête pour confirmer, se demandant qui, dans le pensionnat, pourrait bien croire qu’Estelle avait, petite fille, vécu pieds nus et toujours habillée par des vêtements très colorés, trop grand pour elle, sans savoir lire ou écrire et vivant au rythme des voyages de sa sa famille et d’autres familles formant la caravane.

– Tes parents et ta sœur jumelle se sont bien remis de l’accident ? demanda-t-il ensuite à Auguste. Même si je suppose que oui, comme tu as pu revenir dans le coin. Vous allez les revoir à Noël ?

– Ma sœur a pu repartir avec son mari au Canada, au mois de juillet, dit-il en se redressant un peu. Ils ont eu leur premier enfant, elle s’est remise plutôt vite. C’était beaucoup plus long pour nos parents, ils se sentent mieux aujourd’hui, même s’ils sont très fatigués et encore fragilisés. On va passer les vacances chez eux au Nouvel An et on sera chez ceux de Gaby, comme vous, à Noël.

Se levant, il alla coucher Aurore dans le petit berceau qui attendait non loin, avec délicatesse, dans un coin du salon-salle à manger, puis fit de même avec Julien, lui aussi s’étant profondément endormi dans les bras de sa mère. Bien, il était l’heure de déjeuner, maintenant, tout était prêt. On pouvait espérer que l’atmosphère à l’école se décrispe un peu maintenant que la rentrée était passée et que tout le monde s’était replongé dans le bain, non ? Du moins, Auguste l’espérait. Entre les problèmes habituels, Estelle qui allait divorcer, les élèves qui ne suivaient plus rien en cours et accumulaient les soucis, les profs largués et compagnie, on ne savait parfois plus où donner de la tête. Une fois à table, le professeur discuta un peu des détails plus techniques pour Noël, justement. Les parents de Gaby avaient une maison bien assez grande pour loger tout le monde mais ils pourraient s’arranger pour y aller ensemble en train plutôt que de se suivre à deux voitures. Paris n’était pas très loin et ils y seront rapidement en prenant le train. Ils s’y rendaient également le lendemain soir, pour une fête où les avait invité le Maréchal, détail qu’il n’évoqua pas sur le moment, ne voulant pas rappeler ça à sa fiancée.

– Tu as des frères ou des sœurs, Genji ? demanda-t-il en servant de l’eau à tout le monde. Tu vas avoir pas mal de choses à leur raconter, en rentrant.

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Genji Nakajima
Lycéen
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MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Jeu 9 Juin - 10:13

Genji ne suivait que très peu la conversation des adultes, trop occupé à regarder un peu partout autour de lui, les yeux écarquillés. Ce n'était vraiment qu'une seule habitation, tout ça ?! D'accord, il était habitué aux grands domaines, cependant, tout restait assez épuré et simple, il n'avait pas du tout l'habitude de voix des maisons à étages, aussi grandes et remplies. Impressionnant. Serrant son verre entre ses mains, il loucha un peu sur un portrait accroché au-dessus de la grande cheminée, plus loin, avec l'étrange et très perturbant sentiment que le portrait le suivait du regard. Quand il bougeait, les yeux de la personne représentée le suivait, c'était dingue ! Il se frotta un peu les siens pour être sûr de ne pas rêver et refit un nouvel essai. C'était toujours bien le cas. Effrayant... Comment le peintre avait-il pu croire que réaliser un portrait avec un regard qui vous suivait partout était une bonne idée ? Genji trouvait ça angoissant, lui, espérant que tous les autres portraits n'étaient pas comme cela. Il ne savait pas que la directrice et son mari faisaient parti de la haute société, lorsqu'il était arrivé, il avait eu un gros temps d'arrêt en découvrant le manoir. Il avait plutôt imaginé la directrice vivre dans un appartement simple avec des livres partout et des armes cachées dans le buffet du salon, pas vraiment dans un manoir ancien et aristocrate où on avait peur de détruire quelques chose au moindre mouvement brusque.

Enfoncé dans le canapé, il termina son verre avec lenteur, s'intéressant un peu plus à la conversation. Se retrouver ici était... Très bizarre. Même si leurs deux familles étaient liées, à présent, madame de Lizeux gardait l'image de "Directrice, générale d'armée, effrayante, on obéit au poil, hein, surtout". Il ne voulait surtout pas l'énerver ou l'agacer, il n'était pas suicidaire. Et puis, elle... Enfin, c'était elle, quoi, entre ce qu'il avait déjà vu d'elle et tout ce qu'il avait pu entendre au pensionnat, il ne pouvait tout simplement pas être très à l'aise en sa présence, même si elle paraissait un minimum détendue et avait un bébé dans les bras. Elle était bien enceinte, en plus de ça, pas vrai ? Il glissa discrètement le regard sur son ventre, sans rien trouver de particulier, c'était sans doute trop récent pour qu'ils puissent voir quoi que ce soit. De toute façon, il doutait que la grossesse puisse l'attendrir, à moins d'un miracle. Genji se pencha pour reposer son verre vide sur la table du salon, regardant derrière lui pour voir une jeune femme mettre le couvert. Les domestiques vivaient ici, ils avaient des quartiers, dans le manoir ? Ou bien se relayaient-ils pour assurer une présence toute la journée ? On aurait dit qu'ils étaient entrés dans un monde parallèle assez étrange.

– Tes parents et ta sœur jumelle se sont bien remis de l’accident ? demanda-t-il ensuite à Auguste. Même si je suppose que oui, comme tu as pu revenir dans le coin. Vous allez les revoir à Noël ?

– Ma sœur a pu repartir avec son mari au Canada, au mois de juillet, dit-il en se redressant un peu. Ils ont eu leur premier enfant, elle s’est remise plutôt vite. C’était beaucoup plus long pour nos parents, ils se sentent mieux aujourd’hui, même s’ils sont très fatigués et encore fragilisés. On va passer les vacances chez eux au Nouvel An et on sera chez ceux de Gaby, comme vous, à Noël.

Ah oui, il y avait Noël à passer, également... Le jeune homme ne savait pas trop à quoi correspondait cette fête, elle n'existait pas au Japon, c'était un truc Chrétien, et ignorait donc totalement à quoi s'attendre. De ce qu'il avait compris, on se réunissait en famille pour fêter la naissance d'il ne savait plus qui, il y avait une esse puis on faisait la fête en s'offrant des cadeaux. C'était sans doute bien puisque tout le monde dans sa classe avait l'air heureux et excité en disant que Noël approchait. Le prof de maths se leva pour aller coucher ses enfants dans leurs berceaux, tous deux endormis après le biberon. Ils allèrent ensuite s'installer à table, parlant toujours de l'organisation pour la fête de Noël. Le lycéen appréhendait un peu cette fête, se demandant si la famille de la directrice lui ressemblait beaucoup ou si elle faisait figure d'exception, dans tout cela. Il avait un peu peur. L'idée de partir dans la foulée au Japon le tressait tout autant, néanmoins. S'il avait hâte de revoir sa mère et ses petites sœurs, il avait en revanche peur des réactions de son père. Il y pensait depuis un moment, à ce qu'il était censé lui dire, s'il pourra de nouveau lui parler normalement, ayant encore bien du mal. C'était stupide, il le savait très bien, il ne pouvait juste pas s'en empêcher, même s'il devrait être bien plus heureux et soulagé de retrouver son pays natal.

– Tu as des frères ou des sœurs, Genji ? demanda-t-il en servant de l’eau à tout le monde. Tu vas avoir pas mal de choses à leur raconter, en rentrant.

– Oui, j'ai deux petites sœurs, Akane et Rina, répondit-il avec un petit sourire. Elles ont neuf ans, ce sont des jumelles. Je vais leur raconter pas mal de choses, oui. Enfin, un peu.

En fait, non, si on enlevait tout ce qui n'avait pas à tomber dans les oreilles de deux petites filles de neuf ans, il ne restait plus grand-chose. Genji rebaissa la tête sur son assiette, s'intéressant plutôt à ce qu'il y avait dedans. Qu'il était incapable de'identifier, d'ailleurs... C'était des légumes avec une sorte de... sauce blanche épaisse et très bizarre. Personne ne semblait choqué ou gêné par ce truc, ce devait donc être un plat parfaitement habituel, en France. On mangeait ça comme ça ? Il observa discrètement son oncle, assis en face, pour vérifier, l'imitant ensuite. Les adultes discutaient entre eux et ce n'était pas plus mal, il ne savait pas quoi dire. Profitant qu'ils étaient tous bien lancés dans leur discussion, il tourna la tête vers Laura.

– Rassure-moi, chuchota-t-il en désignant la directrice, ses parents et le reste de la famille ne lui ressemblent pas trop, hein ?

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Laura K. Nakajima
Collégienne
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MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Dim 19 Juin - 17:20

Laura n’avait pas du tout la tête à passer son dimanche à une fête de famille. Elle ne se sentait pas à l’aise, cette fois, c’était… bizarre. Il n’y avait plus de réelle coupure entre l’école et la maison comme son professeur était aussi son tuteur, comme la directrice était à nouveau sa tante et le prof de maths son mari. Et puis, quand Jasper et elle étaient avec leurs parents, il n’y avait pas la même « surveillance », ils faisaient n’importe quoi et cela n’avait aucune conséquence. Maintenant, en revanche, dès qu’ils souriaient moins ou mangeaient moins, faisaient davantage de bêtises, il y avait un adulte sur leur dos. C’était mieux pour leur développement, tout ça, mais niveau liberté… Enfin, au moins, Jasper ne se faisait plus frapper. C’était déjà une très bonne chose, même si Laura aurait voulu être vraiment utile et l’aider à se sentir mieux. Pas comme maintenant.

Mais Laura évitait d’y penser, aujourd’hui. Elle ne voulait pas avoir de remarque et souriait, regardait les jumeaux s’amuser, repensant à Julien qu’elle avait pris dans ses bras lorsque monsieur Redfire avait demandé la directrice en mariage. Il était si mignon ! Et il aimait beaucoup ses cheveux… Comme aujourd’hui. Le sentant tirer sur ses chaussettes, la collégienne se baissa pour le prendre dans ses bras avec un air attendri, quoiqu’un peu fatigué, lui souriant et jouant avec lui. Il était adorable… Et protégé comme jamais avec une mère comme la directrice. Aucun risque qu’il ne lui arrive quelque chose, il était en parfaite sécurité ici. S’absorbant complètement dans son jeu avec Julien, Laura essayait de garder ses cheveux hors de portée de main du bébé pour qu’il ne s’étouffe pas avec, au cas où. Il n’y avait que le week-end qu’elle aimait les laisser pendre, ou les attacher en queue de cheval moins stricte qu’à l’école. Elle ne suivait pas la discussion, pas envie, faisant des grimaces à Julien pour le distraire et l’amuser – cela lui donnait une excuse parfaite pour ne pas participer à la conversation. Jusqu’à ce qu’il se mette à pleurer après avoir ouvert et refermé la bouche plusieurs fois. Laura leva la tête vers sa tante avec son air « je n’ai rien fait ! », honnête pour une fois, la regardant se redresser pour le prendre dans ses bras.

Julien – Mamah.

… Ah, d’accord. Laura comprit ce qu’il avait lorsque la directrice lui mit la tétine du biberon dans la bouche, le geste « ouvrir-fermer la bouche » faisant tilt dans sa tête. Donc, ouvrir et fermer, ça voulait dire « j’ai faim »… Ok, d’accord, compris, elle avait retenu. Laura joua un moment avec son verre, observant le contenu ricocher contre les parois comme s’il s’était agi d’un merveilleux spectacle, extraordinaire et fascinant. En soi, ce n’était pas totalement faux, puis les adultes n’allaient pas se plaindre : pour une fois qu’ils étaient calmes… Elle en profitait pour repenser à ce qu’avait dit Antoine, Jasper, à une manière de l’aider concrètement, au journal. Un peu tout, en fait, raison pour laquelle Laura aurait largement préféré passer la journée au Pensionnat pour se défouler un peu. Du reste, elle faisait tout son possible pour ne pas écouter la discussion en cours, ne souhaitant pas entendre des choses sur leurs professeurs. La collégienne s’attarda un long moment sur la table qu’elle avait devant les yeux, sur les motifs, tout ce qui pouvait accrocher son regard. Ce n’est que lorsque Solène eut une exclamation que Laura releva la tête, sursautant, pointant du doigt une photo de la directrice et de l’ancien directeur.

Solène – C’est toi là-dessus ?! s’exclama-t-elle d’un ton incrédule.

Directrice – Qui d’autre ?

Solène – Tu savais sourire comme moi, alors ?

Laura pouffa de rire malgré elle tant cette réponse était spontanée et réaliste. Elle n’avait pas vu la directrice avant toute cette histoire, ne l’avait pas connue avant les problèmes, ce qui expliquait cette évolution mais cela restait très drôle. La collégienne se mordit les lèvres pour ne pas paraître impolie, regardant fixement son verre pendant quelques secondes pour ne pas se trahir. Heureusement, l’endroit lui donnait l’occasion de trouver des distractions ailleurs, n’étant jamais venue ici. C’était donc la maison du prof de maths… Aucun doute, il était bel et bien de la Noblesse. Des domestiques allaient et venaient, s’activant pour servir les invités et mettre la table. Laura voyait même un jardinier s’occuper des fleurs et autre dehors, toujours dans le but que tout soit parfait. Une chose est sûre, cette ambiance ne lui avait pas manquée… La collégienne détestait la Noblesse, aujourd’hui, fuyant tout ce qui lui rappelait de près ou de loin leurs parents et le destin que lui avait réservé sa mère. Tout avait tant changé, depuis… C’était à la fois effrayant et rassurant. Ils se sentaient beaucoup plus libres, même s’ils n’avaient pas vraiment eu l’occasion d’en profiter avec tous les problèmes qui s’étaient succédé.

Au bout d’un moment, ils passèrent à table, tout juste mise par les domestiques avant qu’ils ne puissent s’y installer. Même s’ils étaient nettement mieux traités ici, c’était visible, Laura éprouvait vraiment des difficultés à se faire servir comme cela. Il lui fallait du temps avant de… ne plus être rebutée par… tout ça. C’était difficile à expliquer et, de toute façon, elle avait toujours pris garde à ne pas le montrer. Rester droite et impassible, comme sa mère le lui avait rappelé maintes et maintes fois. Pour une fois que quelque chose lui servait… C’était mal ? Ou pas ? Jasper lui avait déjà reproché de mentir partiellement pour dire qu’elle ne mentait pas, comme leurs parents faisaient, c’était mal d’agir de cette manière ici aussi ? Mais non, c’était stupide de penser ça, Laura voulait seulement rester polie et ne pas vexer le professeur de maths. Dans quelques mois, ce serait bon. Sans doute.

M. de la Valière – Tu as des frères ou des sœurs, Genji ? demanda-t-il en servant de l’eau à tout le monde. Tu vas avoir pas mal de choses à leur raconter, en rentrant.

Genji – Oui, j'ai deux petites sœurs, Akane et Rina, répondit-il avec un petit sourire. Elles ont neuf ans, ce sont des jumelles. Je vais leur raconter pas mal de choses, oui. Enfin, un peu.

Ou rien du tout… Laura lança un regard à Genji, convaincue qu’il ne leur dirait pas grand-chose d’après ce qu’il lui avait raconté sur sa famille et ses sœurs. Vu l’ambiance qui régnait en France, plus particulièrement au Pensionnat, il allait sans doute dissimuler de nombreux détails pour ne pas les choquer. Ce qu’elle pouvait franchement comprendre, elle-même le cacherait si elle avait des petites sœurs, ou des petits frères… Jasper lui avait raconté les éléments principaux à propos de la guerre, répondant seulement à ses questions, mais il lui avait longtemps répété qu’elle n’en saurait plus que lorsqu’elle serait plus âgée. C’était sans doute le rôle des grands frères et grandes sœurs, veiller sur les plus jeunes et les préserver de ce qui peut les choquer. Jusqu’à ce qu’ils soient plus grands, capables d’en entendre davantage. Laura avait eu de la chance, Jasper l’avait préservée mais pas trop, acceptant de lui parler au bout d’un moment, ne la jugeant pas comme une gamine éternellement. Plus ou moins…

Genji – Rassure-moi, chuchota-t-il en désignant la directrice, ses parents et le reste de la famille ne lui ressemblent pas trop, hein ?

Laura – Hein ? De quoi ? Heu…

Elle n’avait pas du tout écoutéééé, désolée ! Laura lui fit de gros yeux, perdue, avant de se reprendre et de se concentrer sur ce qu’il disait. Il demandait quoi, déjà ? Les parents et la famille qui ne lui ressemblent pas trop ? Hein ? Elle suivit ensuite la direction que désignait discrètement Genji, comprenant qu’il parlait de la directrice. D’accord, compris, donc, si sa famille ne lui rassemblait pas… Aaaah ! De petites lumières s’allumèrent dans ses yeux, signe qu’elle avait enfin compris ce qu’il demandait. Désolée, elle n’avait vraiment pas écouté, là.

Laura – Non, ne t’inquiète pas. Elle est même complètement différente d’eux, ses parents sont très gentils, je les aime bien. Pour le reste de sa famille, je sais juste qu’elle ne s’entend pas avec ses frères… Mais ses parents l’ont accueillie l’année passée, et nous aussi, ils sont de la Noblesse mais ne sont pas… coincés. Ils sont vachement plus posés qu’elle, en fait…

Laura avait murmuré aussi pour ne pas se faire entendre, consciente que la directrice n’aimait pas que l’on dise cela sur elle – même si c’était vrai. Pourtant, c’était gentil ! Enfin, pour ses parents, pas pour elle. Il fallait bien admettre que sa tante était très différente, à des kilomètres d’une quelconque ressemblance avec sa famille là où Solène montrait des similarités indiscutables. Les cheveux, déjà, mais aussi le caractère plus posé et plus Noble, elle faisait une « parfaite épouse » même si elle travaillait, un peu comme sa propre mère aurait voulu de Laura. Sauf pour la partie « travail », évidemment… Et puis, peut-être que ça n’avait rien à voir, mais la collégienne arrivait à parler plus facilement à Solène, elle était plus douce, gentille, moins… colérique. Fourbe comme jamais, ça oui, surtout lorsqu’il était question de leur bien-être, mais gentille. Au fond, s’intégrer dans la famille n’avait pas dû être trop difficile pour elle. Si ? Elle ne connaissait personne mais avait pu trouver des repères… Oh, mais oui ! Elle, elle pouvait décrire la famille de la directrice ! Laura tourna la tête vers Solène, assiste à côté de Genji comme elle-même était entre Genji et son frère, et attira son attention.

Laura – Solène, dit-elle un ton plus bas, comment est-ce que tu décrirais votre famille ? Tu es plus… objective que moi, je crois, et Genji me demande si la directrice ressemble à votre famille et vos parents. J’ai dit que vos parents avaient l’air très gentil et très doux, mais je ne les ai vus que quelques fois…

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Solène Nakajima
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MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Mer 6 Juil - 20:38

– Ma sœur a pu repartir avec son mari au Canada, au mois de juillet, dit-il en se redressant un peu. Ils ont eu leur premier enfant, elle s’est remise plutôt vite. C’était beaucoup plus long pour nos parents, ils se sentent mieux aujourd’hui, même s’ils sont très fatigués et encore fragilisés. On va passer les vacances chez eux au Nouvel An et on sera chez ceux de Gaby, comme vous, à Noël.

Il ne devait pas voir sa sœur très souvent si elle vivait au Canada, non ? Solène imagina un immense pays enneigé, de grandes forêts de sapin, un chalet blotti dans une combe, où une femme rousse vivait avec son mari et leur bébé. L'image était très belle et mignonne, la poussant à rêvasser à ce que sera sa propre vie après la naissance de ses enfants. Elle se visualisait dans on fauteuil avec ses enfants dans les bras, à leur sourire, les embrasser et leur caresser la joue. Elle sourit de plus belle à cette image, rêvant d'arriver à cette scène, avec Kimmitsu près d'elle, de serrer ses bébés dans ses bras de leur apprendre à marcher, à parler, de les nourrir et les éduquer, de prendre soin d'eux, de les emmener à l'école avant de partir à son propre travail, de les aider à faire leurs devoirs, d'être près d'eux le soir, lorsqu'ils seront blottis dans leur lit, pour leur lire une histoire et de les regarder s'endormir peu à peu, bercés par de doux rêves. Quoi de plus beau que de voir la chair de votre chair s'endormir dans vos bras, courir vers vous en criant papa ou maman, revenir de l'école ou d'une journée entre amis, le regard vif et le sourire aux lèvres ? Tout ce qui avait bercé l'enfance de Solène et qu'elle voulait faire vivre à ses propres bébés. Elle avait tellement hâte. Assise à table, elle caressa doucement son ventre, souriant encore plus largement. Il n'existait pas de mères parfaites, en revanche, il y avait de nombreuses mères dont le cœur pouvait se gonfler d'amour pour leur enfant.

– Tu as des frères ou des sœurs, Genji ? demanda-t-il en servant de l’eau à tout le monde. Tu vas avoir pas mal de choses à leur raconter, en rentrant.

– Oui, j'ai deux petites sœurs, Akane et Rina, répondit-il avec un petit sourire. Elles ont neuf ans, ce sont des jumelles. Je vais leur raconter pas mal de choses, oui. Enfin, un peu.

Il pouvait tout de même en raconter pas mal, même s'il occultait les détails les plus sombres de ce qui arrivait au pensionnat. Solène prit ses couverts et but une longue gorgée d'eau, coupant un bout de viande pour le porter à ses lèvres. Eh, pas mauvais ! C'était quand même pratique de pouvoir payer quelqu'un qui faisait la cuisine pour vous, c'était beaucoup de temps libre en plus. Bon, tu temps que Gaby arrivait tout de même à remplir à fond avec le travail, mais soit, on ne pouvait pas trop en demander non plus, à ce niveau-là. Elle nota mentalement de demander la recette, mangeant et bavardant avec entrain. Noël était encore loin, pourtant, ils devaient bien s'organiser avant. Eux-mêmes ne traîneront pas trop à Paris, ils devaient prendre l'avion pour partir au Japon, pour le Nouvel An. Il paraît que c'était toujours une très grande fête, sur plusieurs jours. Solène avait aussi hâte de revoir Himako, elle s'était déjà beaucoup attachée à sa belle-sœur, c'était elle qui l'avait le plus aidé au Japon et qui l'avait aidé à s'habiller et se maquiller pour le mariage, en plus de tout lui expliquer. La jeune femme raconta une petite anecdote de ce voyage à Auguste, qui lui n'était jamais allé dans ce pays, terminant par un petit éclat de rire. Laura lui fit tout à coup un petit signe, assise non loin. Oui ? Elle pouvait parler à voix haute, personne n'allait la dévorer.

– Solène, dit-elle un ton plus bas, comment est-ce que tu décrirais votre famille ? Tu es plus… objective que moi, je crois, et Genji me demande si la directrice ressemble à votre famille et vos parents. J’ai dit que vos parents avaient l’air très gentil et très doux, mais je ne les ai vus que quelques fois…

– Notre mère est très douce et posée, oui, assura-t-elle d'un ton toujours joyeux en mettant un peu de sauce sur les légumes restant dans son assiette. Et notre père, pas du tout, Gaby est son portrait craché.

Solène ne les connaissait finalement que très peu mais cela avait suffit pour constater à quel point leur père pouvait s'enflammer tout aussi vite que sa fille aînée sur les sujets sensibles, c'était à la fois effrayant et fascinant. Il y avait des sujets où ne devait pas le taquiner, point final, à moins de vouloir réveiller à la fois de la colère, une envie de révolte et de combat, de la volonté et de la rancune à ne plus savoir qu'en faire. Solène lança un clin d'oeil aux enfants, reprenant ensuite la conversation en cours de vol. Elle refusa le verre de vin que le majordome lui proposa, n'avalant plus une goutte d'alcool depuis qu'elle savait qu'elle était enceinte. Entendant les enfants qui se réveillait, elle s'essuya la bouche puis fila jusqu'au berceau, voyant le petit Julien qui gigotait, près de sa sœur encore endormie. Solène se pencha pour prendre son neveu dans ses bras, revenant s'asseoir avec lui.

– Tu veux le prendre aussi ? proposa-t-elle gaiement à son mari.

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Kimmitsu Nakajima
Sous-directeur
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MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Mer 13 Juil - 20:06

– Ma sœur a pu repartir avec son mari au Canada, au mois de juillet, dit-il en se redressant un peu. Ils ont eu leur premier enfant, elle s’est remise plutôt vite. C’était beaucoup plus long pour nos parents, ils se sentent mieux aujourd’hui, même s’ils sont très fatigués et encore fragilisés. On va passer les vacances chez eux au Nouvel An et on sera chez ceux de Gaby, comme vous, à Noël.

S’il n’y avait, entre-temps, aucun problème, catastrophe, guerre ou gros problème qui ne les oblige à revoir tous leurs plans en catastrophe pour cette fin d’année. Et non, ce n’était pas de la paranoïa, simplement du réalisme. Il avait un mauvais pressentiment, depuis fin août, ça ne pouvait pas aller bien, tout simplement, comme si une antique malédiction s’était abattue sur cette école et la région entière. Les jumeaux furent couchés et ils passèrent à table, Kimmitsu réalisant à ce moment-là que Auguste avait engagé des domestiques, pour s’occuper de la cuisine et du service. Voilà qui était… bizarre… Il n’aimait guère se faire servir comme ça, ne disant rien car il n’était pas chez lui. S’installant à table, il parla avec Auguste des détails plus techniques, pour le trajet puis où chacun dormira, car ils seront quand même assez nombreux, même en prenant en compte la taille de la maison, chez les parents de la directrice. Y aller en train sera aussi plus pratique, c’est vrai, et moins idiot que de se suivre à deux voitures. D’ailleurs, Gaby et Auguste en avaient une, mais eux avaient simplement la camionnette de Solène avec deux places, ils n’allaient pas faire le voyage avec les enfants assis derrière sans ceinture ni protection.

– Tu as des frères ou des sœurs, Genji ? demanda-t-il en servant de l’eau à tout le monde. Tu vas avoir pas mal de choses à leur raconter, en rentrant.

– Oui, j'ai deux petites sœurs, Akane et Rina, répondit-il avec un petit sourire. Elles ont neuf ans, ce sont des jumelles. Je vais leur raconter pas mal de choses, oui. Enfin, un peu.

Tout ce qui ne risquera pas de les choquer, somme toute, autrement dit, aucun détail sanglant ou ce genre de choses… Il était à la fois triste et amusant de voir son neveu mettre lui aussi des barrières et trier ce qu’il pouvait raconter ou non en revenant près de la famille. Kimmitsu remercia Auguste, mettant un peu de sauce sur les légumes, avec les morceaux de blanquette à côté. Tout en déjeunant, ils en virent vite à parler de l’actualité, les dernières nouvelles entendues aux infos. Le sous-directeur avait surtout suivi, dans le journal, le congrès des scientifiques et biologistes, qui travaillaient sur de nouveaux moyens de fertilisation et d’engrais, pour les cultures. C’était un sujet très important, la terre nous nourrissait et il fallait en prendre un grand soin. Celui qui ne le faisait pas ne pouvait pas manger correctement ou avoir du bon pain, c’était simple. Auguste semblait s’y connaître dans le domaine, il avait l’air de s’intéresser à beaucoup de choses. Ils discutèrent de cela un bon moment, tout en mangeant, laissant les enfants parler entre eux. A un moment, Solène se leva pour aller récupérer son neveu, qui s’était réveillé, revenant s’asseoir avec lui. Kimmitsu redonna à Auguste la coupure de papier journal qu’il lui avait montré, notant mentalement d’aller à la librairie du village pour voir s’ils avaient de nouveaux livres sur le sujet.

– Tu veux le prendre aussi ? proposa-t-elle gaiement à son mari.

– Oui, sourit-il.

Il tendit les bras pour récupérer le petit garçon, que Solène lui passa avec précaution. Il avait vraiment beaucoup grandi depuis la dernière qu’il l’avait vu, s’éloignant lentement du bébé pour passer garçonnet. Kimmitsu s’aida de sa femme pour savoir comment le tenir correctement contre lui, n’ayant pas du tout l’habitude des bébés et ne voulant pas faire mal au petit. Il avait encore un peu de mal à réaliser qu’il s’agissait de son neveu. Une fois le bébé assis contre lui et bien blottit, maintenu par un bras, Kimmitsu utilisa son autre bras pour continuer à manger, buvant un peu.

– Tous vos frères seront là ? demanda-t-il à la directrice. J’espère que tout se passera bien, ils semblaient un peu tendus, la dernière fois.

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MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Mar 2 Aoû - 22:23

Monsieur et madame recevaient du monde, aujourd’hui, le chef de ses cuisines et ses commis s’agitaient depuis ce matin pour préparer ce qu’il fallait, préparant le déjeuner et s’occupant à présent du dessert qu’ils mettaient en place dans les assiettes. Anna revint dans la cuisine en tenant les cruches d’eau vide, après avoir rapporté deux autres pleines. Sa collègue prit ensuite le relais, pendant qu’Anna poursuivait son travail du quotidien, s’emparant d’un panier avant de monter au premier étage, empruntant un petit couloir réservé aux domestiques, marchant avec rapidité mais discrétion. Comme toute femme de chambre ou domestique, sa présence en ces lieux se devait d’être aussi efficace qu’invisible pour les maîtres des lieux.

Enlevant les draps dans la chambre de ses patrons, elle les lit dans le panier, avec les taies d’oreiller et du traversin, prenant ensuite des draps propres dans l’armoire pour refaire le lit. Lorsque madame était arrivée ici et avait emménagé, les domestiques, Anna y compris, avaient été surpris de la voir s’occuper elle-même de ce genre de tâches alors que monsieur payait des employés de maison pour le faire. Ils n’avaient fait aucun commentaire, puis l’état de santé de leur patronne l’avait contrainte à se décharger de tout cela, ainsi, ils avaient repris leur travail comme de coutume. Il était vraiment très perturbant de voir des personnes de la Noblesse se charger de tâches ménagères alors qu’ils avaient des domestiques. Anna se pencha pour tirer sur les draps et border le lit, ajoutant ensuite la couverture, puis le traversin avec ses deux oreillers. Elle mit correctement en place le tout, reprenant son panier rempli ensuite.

Redescendant, Anna emmena le linge pour le mettre à tremper dans le baquet d’eau froide, à la buanderie, en attendant qu’il soit lavé. Elle retourna ensuite en cuisine pour disposer les assiettes à dessert sur deux plateaux, afin de les conduire dans la salle à manger. Mélanie la suivit avec le second plateau, à quelques pas derrière elle, s’occupant des adultes. Anna s’arrêta près des enfants, prenant une des petites assiettes en main. C’était un dessert au chocolat assez léger, avec deux biscuits, qu’ils accompagnaient d’un vin pour les adultes et de jus d’orange pour les plus jeunes.

– Excusez-moi, mademoiselle, dit-elle d’un ton doux en déposant l’assiette avec le dessert.

Elle servit ensuite le jeune homme à côté, puis l’autre jeune homme, déposant les verres de jus d’orange à droite du verre d’eau, à cinq centimètres exactement. Repartant ensuite en cuisine, elle s’attela à la vaisselle ramenée, retroussant ses manches et plongeant les mains dans l’eau chaude. Une tâche qui l’occupa un long moment, même après que Mélanie ne rapporte les assiettes à dessert. Une fois la vaisselle terminée et rangée, Anna fila s’atteler à la buanderie, mettre les draps de toute à l’heure dans le bac d’eau chaude afin de les frotter et les laver. Tout en travaillant, elle chantonnait un vieil air de la région, une chanson souvent entendue au cours de son enfance. A seize heures, elle remonta de nouveau à l’étage, cherchant où se trouvaient les trois jeunes adolescents. Elle finit par les trouver au second étage de la demeure, s’excusant tout d’abord de les déranger.

– Que désirez-vous prendre pour le goûter de cet après-midi ? demanda-t-elle poliment. Et où désirez-vous vous installer ?
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Gabriella de Lizeux
Directrice
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MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Mer 3 Aoû - 17:14

– Tu as des frères ou des sœurs, Genji ? demanda-t-il en servant de l’eau à tout le monde. Tu vas avoir pas mal de choses à leur raconter, en rentrant.

– Oui, j'ai deux petites sœurs, Akane et Rina, répondit-il avec un petit sourire. Elles ont neuf ans, ce sont des jumelles. Je vais leur raconter pas mal de choses, oui. Enfin, un peu.

Ou trois fois rien, comme on le faisait naturellement avec les membres de sa famille lorsqu’on tenait à eux et qu’on ne voulait pas trop les angoisser, surtout s’ils en pouvaient rien faire et qu’il ne servait à rien de les rendre malade à leur tour. Elle commença à déjeuner en participant un peu à la conversation, tâchant de se détendre, de ne pas rester crispé. Ce n’était qu’un simple repas de famille, pas la peine d’entre tendu, après tout. Elle secoua la tête lorsque Auguste lui demanda si elle avait lu le supplément du journal sorti il y a peu consacré aux nouvelles techniques agricoles. Elle évitait de lire les journaux en ce moment et ne s’intéressait guère à ce genre de chose, de toute façon. Lancés dans cette conversation, Gaby en profita pour manger tranquillement et se vider la tête, pendant quelques instants au moins, laissant les deux hommes parler entre eux, étant donné qu’ils semblaient s’y connaître. Entendant, un peu plus tard, Julien remuer et commencer à pleurer, elle amorça un mouvement pour se lever puis Solène la prit de vitesse en allant récupérer son neveu. Très bien. La jeune mère se rassit, se servant un peu d’eau et refusant le vin que le majordome proposait. Pas d’alcool en étant enceinte, elle n’en buvait déjà que très rarement de base. Elle lui demanda, en revanche, de donner du jus d’orange aux enfants, s’ils en voulaient, ils ne devaient pas en boire souvent.

– Tu veux le prendre aussi ? proposa-t-elle gaiement à son mari.

– Oui, sourit-il.

Gabriella reposa sa fourchette pour se frotter un peu les yeux, étouffant un bâillement. Les journées calmes comme celles-ci la fatiguaient finalement plus que celles où elle devait être parfaitement éveillée et prête à réagir. Elle n’avait pas vraiment l’habitude de rester assise sans rien faire ou de se faire servir, s’étant habituée depuis bien longtemps à se débrouiller seule et à diriger sa propre vie sans attendre qu’on s’occupe d’elle. Dans les bras de Kimmitsu, Julien semblait lui aussi encore à moitié endormi, il gigotait beaucoup moins que d’habitude. Les jumeaux avaient toujours été assez vifs, depuis leur naissance, et tenaient encore moins en place depuis qu’ils avaient appris à marcher à quatre pattes. Pourvu qu’ils gardent cette énergie en grandissant, c’était important de pouvoir compter sur ça pour bien grandir. Gabriella couva un long instant son fils du regard, puis recommença à manger, plus doucement, se répétant qu’elle avait le temps et que ce n’était pas la peine de se dépêcher. Pas de réunions, de cours ou de travail, aujourd’hui, rien de prévu cet après-midi, tout allait bien.

– Tous vos frères seront là ? demanda-t-il à la directrice. J’espère que tout se passera bien, ils semblaient un peu tendus, la dernière fois.

– Ils se sont améliorés, répondit-elle en haussant les épaules. Tout devrait bien se passer. N’hésite pas à les renvoyer balader s’ils te font une remarque, ils n’ont pas à te marcher sur les pieds.

Elle lui fit un faible sourire, sachant qu’il risquait de ne pas oser malgré tout et comptant bien surveiller elle-même. Pas la peine d’y songer pour le moment, de toute manière, ils pouvaient bien passer une journée au calme. Après le repas, ils prirent le dessert tous ensemble puis les enfants filèrent de leur côté pour jouer ou bavarder ensemble, sans doute. S’il ne pleuvait pas si fort, ils pourraient aller dehors, dans le parc, c’était un peu dommage. Gabriella se leva pour aller récupérer Aurore qui s’était réveillée, elle aussi, la berçant contre son sein. Une journée calme, enfin.

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Genji Nakajima
Lycéen
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MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Jeu 11 Aoû - 19:00

– Non, ne t’inquiète pas. Elle est même complètement différente d’eux, ses parents sont très gentils, je les aime bien. Pour le reste de sa famille, je sais juste qu’elle ne s’entend pas avec ses frères… Mais ses parents l’ont accueillie l’année passée, et nous aussi, ils sont de la Noblesse mais ne sont pas… coincés. Ils sont vachement plus posés qu’elle, en fait…

Son père ou sa mère devaient bien lui ressembler, quand même, ce genre de comportement ne pouvait venir que de l’éducation, ou d’un manque d’éducation chez certains, tout dépendait. Genji hocha un peu la tête, pas vraiment rassuré. Aller passer des vacances comme ça chez des personnes qu’il ne connaissait pas du tout… Même si c’était la nouvelle belle-famille de son oncle, lui-même n’était pas relié directement à eux. Il avait déjà un peu parlé de tout ça avec Océane, qui elle lui avait proposé de partir une partie des vacances avec elle en Chine. C’était la première fois depuis quelques années qu’elle y retournait avec ses parents, pourquoi ne pas l’emmener avec eux ? Il n’en avait pas encore parlé à sa propre famille, un peu hésitant, surtout après la récente montée des tensions entre la Chine et le Japon, c’était toujours la guerre. Il joua un peu avec le contenu de son assiette en y réfléchissant, un peu perdu quant à la conduite à adopter, pendant que Laura se penchait en attirant l’attention de Solène. Pour elle aussi, les changements étaient très nombreux, ça n’avait rien de facile des ‘adapter en si peu de temps à la culture d’un autre pays.

– Solène, dit-elle un ton plus bas, comment est-ce que tu décrirais votre famille ? Tu es plus… objective que moi, je crois, et Genji me demande si la directrice ressemble à votre famille et vos parents. J’ai dit que vos parents avaient l’air très gentil et très doux, mais je ne les ai vus que quelques fois…

– Notre mère est très douce et posée, oui, assura-t-elle d'un ton toujours joyeux en mettant un peu de sauce sur les légumes restant dans son assiette. Et notre père, pas du tout, Gaby est son portrait craché.

Donc c’était bien ça, ça venait de son père. Genji baissa la tête en ravalant un sourire, pour qu’on ne croit pas qu’il se moque de quelqu’un, se concentrant plutôt sur le contenu de son assiette. Il continua à discuter avec Jasper et Laura de tout et de rien, échangeant des commentaires peu agréables sur certains profs moins aimés ou sur le contenu de cours. C’était surtout un devoir de Français qui l’avait marqué et il avait répondu complètement à côté, pas très bien réveillé ce jour-là. De toute façon, avoir autant de règles de grammaire différentes dans une seul langue, c’était de la torture, comment vouliez-vous retenir tout cela ? Il y avait même des exceptions aux exceptions ! Le jeune lycéen n’avait jamais vu cela dans une autre langue, à part peut-être en Mandarin. Il paraît qu’apprendre le Russe était costaud aussi, non ? Il en discuta avec Jasper tout en mangeant, apprenant en même temps qu’il y avait déjà eu un garçon, d’un an de moins qu’eux, venant de Russie qui avait étudié au pensionnat et qui était parti avant la fin de l’année précédente. C’est certain que mal parler Français et avoir en plus des ennuis avec l’armée, ça n’avait pas dû ‘inciter des masses à rester au pensionnat.

A côté, les adultes discutaient entre eux, de sujets que Genji comprenait peu ou pas, ne s’y intéressant que très peu. Il ne lisait pas beaucoup l’actualité nationale et internationale, préférant se cantonner à des sujets plus légers comme les derniers films sortis au cinéma ou les idées de sortie dans la région, pour le week-end, ou bien parler de leurs amis, des cours, des profs, des romans, bref, de tout ce qui intéressait les adolescents de façon globale. Le petit Julien s’était réveillé et avait atterri dans les bras de Kimmitsu, une image qui parut très bizarre à Genji, même si c’était mignon. Voir son oncle avec un bébé dans les bras, c’était presque impossible à croire. Il sourit, tendant la main pour attraper la cruche d’eau et se servir lorsqu’une autre main fine s’en saisit et remplit son verre à sa place. Oh, heu, merci. Il avait vraiment du mal à ce qu’on les serve comme ça, même si Jaser lui avait expliqué que ça passait comme ça dans les familles avec un certain statut social. Au Japon aussi, c’était la même chose, mais Genji ne l’avait pas connu. Maman lui avait raconté que son grand-père avait décidé de ne plus employer de domestiques après le départ de Kimmitsu, à cause de la honte et parce qu’il ne voulait plus voir un sourire en coin ou qu’on sache ce qui pourrait arriver d’autre chez lui.

– Tous vos frères seront là ? demanda-t-il à la directrice. J’espère que tout se passera bien, ils semblaient un peu tendus, la dernière fois.

– Ils se sont améliorés, répondit-elle en haussant les épaules. Tout devrait bien se passer. N’hésite pas à les renvoyer balader s’ils te font une remarque, ils n’ont pas à te marcher sur les pieds.

Ils ne devaient sans doute pas mais si Kimmitsu les renvoyait balader, c’est qu’il sera poussé à bout. Les jeunes femmes de toute à l’heure virent enlever les assiettes et les couverts, puis leur donnèrent des cuillères qui semblaient être en argent. Tout brillait tellement que le lycéen hésitait même à toucher la sienne, par peur d’y laisser des traces de doigts. Le dessert fut amené ensuite, une part de gâteau au chocolat avec de la crème, deux biscuits, et même du jus d’orange pour eux, les trois jeunes.

– Excusez-moi, mademoiselle, dit-elle d’un ton doux en déposant l’assiette avec le dessert.

C’était… Très bizarre, quand même, lorsqu’on a pas l’habitude. Le gâteau était délicieux, surtout en étant fan de chocolat, il fut avalé en peu de temps. Une fois terminé, laissant les adultes entre eux, les trois adolescents filèrent jouer ailleurs dans la maison. Genji leva la tête pour observer l’immense escalier en bois massif, assez impressionné. Il y avait deux étages, les murs étaient en pierre et en bois, il y avait des tableaux accrochés partout, des tapis épais au sol, du plancher luisant, des lumières un peu partout… C’était luxueux et magnifique, avec des centaines de détails à trouver. Ils s’amusèrent à explorer les lieux, en prenant garde à ne rien déranger comme ils n’étaient pas chez eux. Genji ouvrit, à un moment, une porte donnant sur un long couloir et eut l’impression de voir une scène de films. Il y avait plein de portraits, certains très anciens, représentant les membres de la famille de la Valière. On se croirait dans un roman policier où le héros arrive dans une demeure bourgeoise et trouve les portraits de tous les ancêtres. Il en trouva même un de la directrice, à quinze, dix-sept ans, représentée assise dans un salon très chic, vêtue d’une robe moulante qui descendait jusqu’à ses pieds.

– C’est pas du tout représentatif, sourit-il. Par contre, c’est vrai que Solène lui ressemble vraiment beaucoup, en plus souriante.

La maison était très grande, ancienne, jouer les explorateurs dans ce genre d’endroits avait quelque chose de fascinant. Ils se retrouvèrent finalement dans un autre salon, au second étage, avec de grandes baies donnant sur le parc à l’extérieur, entourant la demeure. Genji resta un instant à observer les alentours, ils avaient une belle vue d’ici. Il alla ensuite regarder une autre photon représentant le maître des lieux à côté d’une femme rousse qui lui ressemblait énormément, dans les traits du visage. Sa sœur, peut-être ? Un autre cliché montrait cette femme portant un bébé dans ses bras, debout près d’ un homme barbu et souriant, devant une grande maison Victorienne avec des montagnes en arrière-plan. Oui, ça devait être sa famille.ça ne ressemblait pas trop à la France, par contre, où le cliché avait-il pu être pris ? Il examinait la photo en tâchant de deviner lorsqu’on frappa à la porte. C’était la jeune femme de toute à l’heure, avec sa robe noire, son tablier et col blanc, qui s’excusa de les déranger.

– Que désirez-vous prendre pour le goûter de cet après-midi ? demanda-t-elle poliment. Et où désirez-vous vous installer ?

Heu… Genji eut un temps d’arrêt, se retenant de justesse d’afficher un air perdu et perplexe. Il bafouilla que quelque chose de très simple sera très bien, le plus simple possible, et qu’ici, c’était bien ici, ne voulant pas déranger les employés de la maison. Lorsqu’elle fut partie, il se retourna vers Laura, sourcils froncés.

– J’aurai dû dire autre chose ou c’était bien ? Pas l’habitude de ça, moi…

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Ven 19 Aoû - 23:39

Solène – Notre mère est très douce et posée, oui, assura-t-elle d'un ton toujours joyeux en mettant un peu de sauce sur les légumes restant dans son assiette. Et notre père, pas du tout, Gaby est son portrait craché.

Ah ? Il n’avait pas l’air de ressembler tant que cela à la directrice, même s’il était plus… distant, peut-être un peu plus froid que sa mère. En tout cas, le comportement de son père ne l’avait pas choquée, peut-être parce que Laura était habituée à celui de sa tante et au peu de démonstrations d’amour dans une famille. En dehors de Jasper, chez eux, personne ne leur témoignait quoi que ce soit. Ce n’était que depuis qu’ils étaient chez le sous-directeur que les choses changeaient, que des adultes, autres que leurs professeurs, semblaient se soucier d’eux sincèrement. Même si cette pensée était toujours étrange… Question d’habitude, là aussi. Pour l’instant, Laura voyait surtout beaucoup de changements dans leur quotidien liés à la culture de leur prof, il y avait une vie de famille, un peu, oui, mais… Le côté père qu’elle commençait à craindre un peu ne s’était pas encore fait ressentir. Pas trop. Tant mieux, non ?

Se reconcentrant sur le repas, Laura termina son assiette en discutant avec Jasper et Genji, abordant des thèmes banals comme les cours, les difficultés éprouvées pour certains devoirs, les professeurs… Des discussions d’adolescents, en somme. Le cours de français, surtout, en prit pour son grade vis-à-vis de leur ami qui ne maîtrisait pas la langue aussi bien qu’eux. Enfin, si, il la parlait mais n’avait pas eu à étudier les règles comme eux, l’étude d’une langue étrangère étant fort différente par rapport à la langue maternelle. Laura ignorait comment Genji avait étudié le français, mais c’était sûrement plus difficile pour lui lorsque le prof faisait appel à une règle vue en primaire. De toute manière, les étrangers n’étaient pas bien vus en France. Pas maintenant, avec tous les problèmes. Dimitri était parti pour cela, non ? Son nom arriva dans la conversation, naturellement, surtout que lui-même ne parlait pas du tout français et était reparti assez vite après s’être attiré des ennuis. Mais, heu… Ca, mieux valait-il éviter d’en parler à Genji, ce que Laura essaya de faire comprendre à Jasper par un regard discret.

La conversation fut brièvement interrompue par Julien qui s’était réveillé, Solène proposant à son mari de le porter dans ses bras un petit peu. Ce qui était… très bizarre. Et adorable, aussi. Quoiqu’un peu gênant parce qu’ils n’avaient pas l’habitude, côtoyant davantage l’image du professeur d’arts martiaux et celle du tuteur depuis peu. Mais père… Souhaitant respecter ce moment avec Julien, Laura reporta son regard sur son assiette, la terminant en quelques bouchées et buvant un peu. Elle le termina, lui aussi, et une domestique vint presqu’aussitôt remplir son verre peu de temps après avoir rempli celui de Genji qui était, comme elle, un peu gêné par la situation. Se faire servir comme cela… Et eux, ils ne mangeaient pas ? Non pas que Laura doute du professeur de maths, vraiment pas, mais ils n’avaient pas faim en les regardant manger ? Ce n’était pas… bizarre ? Echangeant un regard avec Genji et son frère, elle resta cependant silencieuse un court moment avant de reprendre la discussion. Peu à peu, les assiettes se vidèrent, les adolescents discutant toujours entre eux pendant que les adultes terminaient leur repas en parlant d’actualité – d’après les bribes de conversation que Laura percevait.

Domestique – Excusez-moi, mademoiselle, dit-elle d’un ton doux en déposant l’assiette avec le dessert.

Oh… Oups. Laura s’était écartée assez vite, encore déstabilisée par ce service même si tous les couverts et toutes les assiettes avaient été retirés pour le dessert. La jeune femme qui venait de déposer l’assiette servait Genji, puis Jasper, déposant des verres de jus d’orange en plus pour eux trois comme ils ne buvaient rien d’alcoolisé. Elle était repartie immédiatement après, se faisant très discrète, le professeur de maths ne semblant pas perturbé une seule seconde. C’était comme cela… tous les jours ? Mais ils pouvaient le faire, eux aussi, comme à la maison. Chacun aide et tout va très vite, ce n’était pas épuisant de mettre la table, surtout à plusieurs. C’était le milieu qui voulait ce fonctionnement, oui, elle savait, mais bon. Tâchant de ne pas se montrer impolie, Laura mangea le morceau de gâteau au chocolat qui était dans son assiette assez rapidement, reconnaissant qu’il était très bon sans peser sur l’estomac.

Il ne leur fallut guère plus de temps pour fuir la table et aller explorer les lieux. La maison en elle-même était immense, ressemblant à un château même si Laura savait qu’il s’agissait d’une villa. Un grand escalier en bois massif menait à l’étage supérieur, la maison comptant apparemment deux étages. C’était… impressionnant. Les murs eux-mêmes imposaient un certain respect, autant par le matériau utilisé pour les faire que par les multiples portraits qui y étaient attachés. Tout semblait luxueux, précieux, très fragile. Ils passèrent dans plusieurs salles avec le plus grand soin possible par peur de griffer le plancher, de laisser une trace, de salir l’endroit. A chaque nouvelle porte passée, Genji, Laura et Jasper découvraient de nouveaux détails, comme si chaque pièce était un trésor caché. On pouvait vraiment vivre ici ? Non mais… Dormir, manger, marcher ? Elle-même était apeurée à l’idée de marcher trop vite, de faire trop de bruit alors qu’ils ne faisaient qu’explorer sans courir, alors passer toute sa vie dans une maison pareille…

Genji – C’est pas du tout représentatif, sourit-il. Par contre, c’est vrai que Solène lui ressemble vraiment beaucoup, en plus souriante.

Mh ? Laura fronça les sourcils, tournant la tête vers le portrait que regardait Genji. Eh mais… Mais c’était la directrice ! Elle était encore étudiante au Pensionnat, à coups sûrs, et semblait bien différente de la femme qu’elle était aujourd’hui, et qu’ils connaissaient. Avec Jasper, ils avaient déjà pu voir des photographies de leur tante chez ses parents lorsqu’ils y étaient, n’étant donc pas aussi choqués que Genji, mais cela restait très perturbant. Et puis… Il y avait autre chose de perturbant. Que faisait un portrait aussi ancien de la directrice chez leur professeur de mathématiques ? Il n’avait pas pu emmener un portrait ici uniquement parce qu’ils étaient ensemble, c’était très récent. Et ce portrait était si ancien… A moins qu’il ne l’aime depuis des années ? Et monsieur Redfire, alors ? Qui avait connu qui en premier ? Laura n’était même pas sûre que la directrice soit au courant de l’existence de ce portrait dans cette pièce…

Laura – Je pense que tu avais raison l’année passée, dit-elle tout bas à Jasper. Il aime la directrice depuis des années, sinon pourquoi aurait-il accroché ce vieux tableau ici ?

Continuant leur exploration, ils découvrirent une nouvelle pièce en grimpant au deuxième étage par le même escalier imposant, arrivant dans un salon dont les murs extérieurs étaient remplacés par de grandes baies vitrées. La vue s’étalant sous leurs yeux leur permettait de voir les alentours, le parc immense qui entourait toute la villa même s’ils n’en voyaient pas l’ensemble depuis le salon. Laura était bien obligée d’admettre que passer un moment dans cette pièce devait être reposant, apaisant, que l’on devait se sentir coupé du monde l’espace de quelques instants. Il y avait bien les employés qui passaient ou qui n’étaient jamais loin, oui, mais ils se faisaient si discrets qu’il fallait se concentrer pour les entendre passer. Nul doute qu’après plusieurs années passées à vivre ici, leur présence est quasiment indétectable. Laura continua de contempler le parc un long moment, sentant presque le vent sur son visage malgré les fenêtres closes. Elle ferma les yeux quelques secondes, profitant du calme et de l’ambiance totalement différente de celle du Pensionnat pour se détendre un peu. Ce fut le bruit de quelqu’un qui frappa à la porte qui la rappela à la réalité, lui faisant tourner la tête comme à Genji et Jasper. La dame de tout à l’heure, qui lui avait apporté son dessert, entra avec son uniforme – du moins, c’est ce qu’elle supposait – et son air respectueux en s’excusant de les déranger.

Domestique – Que désirez-vous prendre pour le goûter de cet après-midi ? demanda-t-elle poliment. Et où désirez-vous vous installer ?

Heu… Pardon ? Laura ne put s’empêcher d’afficher un air perdu, momentanément déstabilisée car elle craignait une remontrance au cas où ils ne pouvaient venir dans cette pièce. L’habitude de se trouver là où il ne fallait pas, peut-être. Donc heu, bref, se concentrer. Ce qu’ils voulaient pour goûter ? Heu… Ce qu’ils avaient de prévu pour eux, non ? Le plus simple possible, même des biscuits déjà prêts, c’était bon. Ils n’allaient pas préparer quelque chose uniquement pour eux trois, ils ne devaient pas se déranger. Mais pouvait-elle dire cela ? Ce n’était pas mal vu ? Se mordant un peu les lèvres, Laura jeta un regard à son frère mais ce fut Genji qui répondit le premier, bafouillant que quelque chose de très simple serait très bien et qu’ils prendraient leur goûter ici pour ne pas déranger. Tout à fait, voilà, elle n’aurait pas dit mieux. Ignorant s’ils avaient bien répondu ou s’ils avaient froissé l’employée de leur professeur, Laura la regarda partir, grimaçant un peu lorsqu’elle eut refermé la porte alors que Genji se tournait vers elle, sourcils froncés.

Genji – J’aurai dû dire autre chose ou c’était bien ? Pas l’habitude de ça, moi…

Laura – Nous non plus… Je ne sais pas du tout mais je me voyais très mal réclamer un goûter difficile. Et puis… Vous allez oser manger ici, vous ? J’ai trop peur de salir le sol, ou de faire des miettes.

Désolée, elle savait que c’était idiot et que les domestiques étaient payés pour cela, que c’était leur travail, ce que Laura ajouta à voix haute, mais elle ne s’imaginait pas du tout au-dessus d’eux et n’aimait pas l’idée de se faire servir comme maintenant. Soudain, elle comprenait pourquoi la directrice était partie et avait caché son appartenance à ce milieu. Très sincèrement, la collégienne ne l’imaginait pas se faire servir et elle regrettait de ne pas avoir fait plus attention que cela à la tête de leur tante durant le repas. Si elle avait fait quelque chose à la place des domestiques, ou commencé du moins, Laura ne l’avait pas remarqué, trop concentrée sur son assiette et sa discussion avec Jasper et Genji. Mais bon, comme ils étaient obligés de se plier aux règles du milieu, qu’ils n’étaient pas chez eux… Au moins, ils pouvaient faire attention pour ne pas apporter plus de travail aux employés, non ?

Décidant de changer de sujet au cas où la dame de tout à l’heure revenait vite pour ne pas la blesser, Laura demanda ce que Genji regardait comme il était toujours tourné vers le même endroit de la pièce qu’avant que la domestique n’entre dans le salon. Elle se rapprocha ensuite de lui pour observer la photo qu’il regardait, fronçant alors les sourcils. Eh, mais elle connaissait cette personne. Elle l’avait déjà vue au Pensionnat, non ? Prof de… de… Heu… Mais oui ! C’était la prof de Jaz, l’année passée, sa prof d’élément ! Demandant confirmation à son frère, elle détailla le cliché en s’attardant sur les visages et le paysage qu’ils pouvaient apercevoir en arrière-plan. Bizarre, elle ne reconnaissait pas ces montagnes. Pourtant, ils avaient beaucoup voyagé en France et connaissaient le style des villes, villages, l’architecture. Ce qu’ils voyaient là ne ressemblaient pas aux paysages français, pas du tout.

Laura – Ils sont peut-être partis en voyage ? L’année passée, ta professeure est partie comme ça, d’un coup… Tu m’as dit qu’elle avait démissionné. C’était peut-être pour ça, non ? Je ne savais même pas qu’elle était enceinte… Pourtant, on l’aurait su assez vite, tout le monde sait tout dans l’école.

Laura regarda Jasper, sourcils froncés, cherchant à recoller les morceaux. Elle était partie comme ça, sans explication sinon sa démission, elle-même s’en rappelait parce que son frère lui en avait parlé comme le départ de sa prof était imprévu et inexplicable. Elle avait démissionné en… au tout début de l’année, après un ou deux mois alors qu’elle comptait rester jusqu’en juin. Enfin, aujourd’hui, avec cette photographie sous les yeux… C’était peut-être cela qui l’avait poussée à partir, tout abandonner. Elle avait dû sentir que les choses allaient mal tourner pour le Pensionnat et ne voulait pas risquer la vie de son futur bébé. Laura réalisa ensuite que Genji ne devait peut-être pas tout suivre comme lui n’avait pas connu les nombreux abandons de professeurs, l’année passée. A chaque départ, il y avait des rumeurs ou des inquiétudes, surtout vers la fin de l’année. La professeure de Jaz faisait partie des premiers, si elle n’était pas la première d’ailleurs, ce qui avait beaucoup étonné.

Laura – Elle a été une des premières à démissionner, dit-elle à Genji en regardant toujours le cliché. Voire la première mais je ne suis pas sûre… Comme ce n’était pas prévu, son départ a marqué les élèves qui se demandaient pourquoi elle partait. Et puis, tout s’est enchaîné. De plus en plus de profs ont démissionné, ils devaient sentir que les choses allaient se compliquer. A chaque nouveau départ, une rumeur faisait son apparition. Sans oublier que, pendant toute une période, les professeurs refusaient de voir que les militaires nous voulaient du mal… Au final, ils étaient tous contre la directrice, ou presque, et voulaient qu’elle abandonne pour « qu’on soit en sécurité ».

Laura raconta ensuite à Genji l’épisode de la lettre apportée par leur propre père à la directrice, lettre signée par tous les professeurs demandant qu’elle abandonne la lutte et qu’elle se rende. Ce jour-là, il avait dit lui-même qu’ils étaient lâches et, en résumé, qu’elle avait du soutien dans l’armée – s’ils lisaient entre les lignes. Autant dire qu’il les avait choqués, jamais Jasper et Laura n’auraient cru entendre de telles paroles de la part de leur père un jour. Jamais, vraiment jamais. Et pourtant… Même leur professeur de sport s’était fait humilier, ce qui avait fait le tour de l’école, parce qu’il agissait comme un lâche avec les autres membres du personnel. Par conséquent, oui, la question restait ouverte pour la sœur du professeur de maths. Elle était peut-être partie pour son bébé… Ou pour autre chose ? En pleine réflexion, Laura manqua de sursauter lorsque l’employée frappa à nouveau avec le goûter, son cœur faisant des bonds contre sa poitrine alors qu’ils disaient merci. Regardant encore le cliché, elle le quitta des yeux pour rejoindre son frère et Genji avant d’avoir une idée. Mais oui ! Une domestique est présente depuis des années et connaît les propriétaires, elle pourrait sûrement les éclairer, voire les rassurer !

Laura – Madame, avant que vous ne partiez… J’aurais une question, si vous pouvez nous répondre. Nous avons vu la photographie de la sœur de monsieur de la Valière et, comme elle était professeure au Pensionnat l’année passée et qu’elle est partie très tôt, on se posait des questions. Est-ce que vous savez où a été prise cette photo ? Et si… Elle va bien ? Nous ne dirons absolument rien, c’est seulement pour… être rassurés.

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MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Sam 20 Aoû - 16:17

La plupart des employés à la cuisine étaient encore occupés à laver et faire briller la vaisselle lorsque Anna revint pour prendre le goûter des trois enfants. Le cuisinier et un commis étaient occupés à faire le café pour les adultes, la jeune femme ne les dérangea pas et se chargea de prendre trois bols d’un blanc nacré avec leurs coupelles, qu’elle déposa sur un plateau avec des cuillères, chacune déposées sur une petite serviette repliée. Elle versa un épais chocolat chaud dans chacun des bols, puis ajouta sur le plateau une petite coupelles contenant des morceaux de sucre, ainsi qu’une autre coupelle plus grande avec des madeleines faites le matin-même. Cela devrait plaire aux enfants, selon elle, ils devaient bien aimer le chocolat, n’est-ce pas ? Prenant le plateau en mains, elle quitta à nouveau la cuisine, souriant à une de ses collègues en la voyant grimper aussi avec un balai, un seau et des produits ménagers.

La domestique remonta avec précaution jusqu’au second étage, au salon bleu où étaient les enfants, puis frappa en maintenant le plateau contre elle, ouvrant avant de le reprendre à deux mains. Les enfants la remercièrent, alors qu’elle allait poser son chargement sur la table du fond, approchant une chaise supplémentaire puis disposant avec précaution les bols pleins, avec les cuillères et les coupelles. Repliant les serviettes correctement, Anna les replaça près des bols et enleva bien vite une petite miette s’étant glissée sur une des coupelles. Elle reviendra débarrasser une fois qu’ils auront terminé puis ôtera la nappe de la table pour la laver, avant de nettoyer la pièce. Ils devaient veiller à la propreté de toutes les pièces, même celles peu utilisées.

– Madame, avant que vous ne partiez… J’aurais une question, si vous pouvez nous répondre. Nous avons vu la photographie de la sœur de monsieur de la Valière et, comme elle était professeure au Pensionnat l’année passée et qu’elle est partie très tôt, on se posait des questions. Est-ce que vous savez où a été prise cette photo ? Et si… Elle va bien ? Nous ne dirons absolument rien, c’est seulement pour… être rassurés.

– Madame Levac ? Elle se porte beaucoup mieux, c’est gentil de vous inquiéter. Elle vit à présent au Canada avec son époux et leur enfant, depuis le mois de juin. Son état de santé s’est grandement amélioré.

Anna s’écarta de la table une fois le tout bien disposé pour tirer les rideaux des autres fenêtres afin d’éclaircir la pièce, allumant aussi quelques lampes. Il pleuvait toujours avec violence, au-dehors, comme depuis ce matin, ce n’était pas un temps pour sortir.

– Appelez-moi si vous avez besoin d’autre chose, ajouta-t-elle avant de quitter la pièce, retournant à ses autres tâches.
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Genji Nakajima
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MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Lun 26 Sep - 8:46

– Nous non plus… Je ne sais pas du tout mais je me voyais très mal réclamer un goûter difficile. Et puis… Vous allez oser manger ici, vous ? J’ai trop peur de salir le sol, ou de faire des miettes.

C'est ça, ça ne sera pas poli s'ils salissaient tout, qu'ils faisaient des tâches ou qu'ils rajoutaient encore plus de travail aux personnes travaillant ici ! Laura ajouta que oui, c'était leur travail, mais bon, quand même. Il regardait autour de lui avec une certaine gêne, puis reporta le regard sur les photos, assez curieux malgré lui. C'était comme lever le voile sur un petit pan de la vie de personnes qu'on admirait, à la fois fascinant et effrayant. En un sens, c'était très idiot, bien sûr que leurs enseignants avaient eux aussi une vie de famille, des amis, des frères et des sœurs, des personnes qu'ils aimaient retrouver le soir ou le weekend, comment croire l'inverse ? Laura s'approcha de lui en demandant ce qu'il regardait et il désigna la photo d'un petit signe de tête, placée au-devant des autres sur la table. Laura avait l'air de la connaître, par contre, car elle fronça un moment les sourcils avant de demander à Jaz si c'était bien leur prof d'élément, enfin la sienne, donc une prof enseignant la maîtrise du feu. Donc la sœur jumelle du prof de maths, c'est ça ? Regardant encore la photo, il chercha à déterminer où ils pouvaient bien poser, il ne voyait pas assez bien le paysage derrière pour déterminer si c'était en France ou non, bien que ça semblait peu probable. On dirait plutôt un pays nordique ou... Comme la Norvège ou la Finlande. Ou encore une autre contrée. La Nouvelle-Zélande ? En partant comme ça, ils ne pouvaient pas deviner, c'était certain.

– Ils sont peut-être partis en voyage ? L’année passée, ta professeure est partie comme ça, d’un coup… Tu m’as dit qu’elle avait démissionné. C’était peut-être pour ça, non ? Je ne savais même pas qu’elle était enceinte… Pourtant, on l’aurait su assez vite, tout le monde sait tout dans l’école.

Et bien ? C'était si étonnant que ça, un professeur qui démissionnait ? Surtout une femme de cet âge. D'habitude, et c'était vrai dans beaucoup de pays, pas seulement dans le sien, une femme ne conservait pas son emploi une fois qu'elle devenait mariée et mère, c'était souvent compliqué de concilier un travail dont les horaires correspondent au rythme de vie qu'on doit avoir pour s'occuper d'un bébé. D'autant plus que les femmes continuant à garder et faisant garder leur enfant par une autre étaient très mal vues. Il y en avait, bien sûr, par contre, ça n'était pas la majorité, très loin de là. Si la sœur du prof était tombée enceinte, de son premier ou second enfant, logique qu'elle ait démissionné et soit partie avec son mari. Si on y ajoutait les ennuis qui avaient débuté au pensionnat l'année dernière, cela ne faisait qu'une double-raison de s'envoler et filer au loin, pour y mener une vie plus apaisée et rassurante. Genji aimait bien cette école, malgré tout, il peinait à comprendre pourquoi elle n'avait pas été fermée, purement et simplement. Ce qui avait contré ça, pourquoi... Enfin, comment la directrice s'y était prise pour que le pensionnat puisse continuer à fonctionner. Lorsque des élèves parlaient des années précédentes, on pourrait bien croire qu'ils parlaient du siècle dernier.

– Elle a été une des premières à démissionner, dit-elle à Genji en regardant toujours le cliché. Voire la première mais je ne suis pas sûre… Comme ce n’était pas prévu, son départ a marqué les élèves qui se demandaient pourquoi elle partait. Et puis, tout s’est enchaîné. De plus en plus de profs ont démissionné, ils devaient sentir que les choses allaient se compliquer. A chaque nouveau départ, une rumeur faisait son apparition. Sans oublier que, pendant toute une période, les professeurs refusaient de voir que les militaires nous voulaient du mal… Au final, ils étaient tous contre la directrice, ou presque, et voulaient qu’elle abandonne pour « qu’on soit en sécurité ».

Ne pas voir que l'armée voulait du mal aux enfants ? Comment ça ? Ce n'était pas l'armée qui justement protégeait élèves et adultes, en ce moment-même ? Qui empêchaient des manifestants ou autres de pénétrer dans l'école pour mettre le bazar ? Il écouta Laura lui conter un autre épisode qu'il ignorait, la défection de la plupart des professeurs, au contraire de l'armée qui se faisait plus présente et, contrairement à ce que chacun croyait à cet instant, se montrait un soutien précieux. Genji hocha la tête avec lenteur, se remémorant la tête épuisée que tirait son oncle en revenant, l'été dernier. Ils ne l'avaient plus revu depuis assez longtemps, papa voulait savoir pourquoi, surtout avec sa brutale disparition en juin et le fait qu'il ait si peu donné de nouvelles durant les derniers mois. Puis ils l'avaient vu avec les traits tirés, épuisé, sur les nerfs et avec une tension trop élevée. Même ceux qui lui en voulaient encore, dans la famille, s'était inquiétés et avaient demandé ce qui était arrivé en France. Genji n'avait eu aucune explication avant d'arriver lui-même en France, les enfants avaient été tenus à l'écart des discussions chez lui, et de voir de ses propres yeux tout ça. C'était assez terrifiant. On frappa de nouveau à la porte, pendant qu'il regardait les autres photos, et la jeune femme de tout à l'heure entra avec le goûter. Il la remercia comme Jasper et Laura pendant qu'elle disposait le tout sur une table.

– Madame, avant que vous ne partiez… J’aurais une question, si vous pouvez nous répondre. Nous avons vu la photographie de la sœur de monsieur de la Valière et, comme elle était professeure au Pensionnat l’année passée et qu’elle est partie très tôt, on se posait des questions. Est-ce que vous savez où a été prise cette photo ? Et si… Elle va bien ? Nous ne dirons absolument rien, c’est seulement pour… être rassurés.

– Madame Levac ? Elle se porte beaucoup mieux, c’est gentil de vous inquiéter. Elle vit à présent au Canada avec son époux et leur enfant, depuis le mois de juin. Son état de santé s’est grandement amélioré.

Donc ça voulait dire qu'elle avait été gravement blessée ... ? Quand ? Et par quoi ? Dans un accident ? Ou dans autre chose de plus... Il eut un frisson, imaginant sans aucun problème une éventuelle tentative de meurtre. Après tout, son oncle avait été enlevé et agressé, la directrice avait aussi été poignardée, donc comment ne pas penser que cette femme ait elle aussi essuyé une tentative de ce genre ? Qu'on ait voulu la tuer ? Voilà qui expliquerait aussi son départ pour le Canada, difficile d'envisager de rester en étant enceinte, elle y aurait perdu son enfant. Tout le monde n'avait pas la tête aussi dure que la directrice, qui était restée, même enceinte et tout sauf en sécurité. Mal à l'aise, Genji se racla un peu la gorge, regardant la domestique ouvrir en grand les rideaux, laissant voir la pluie battante contre les baies vitrées, puis allumant d'autres lumières. Le jeune homme trouvait encore angoissante ces histoires, qu'il entendait à mesure, il cherchait toujours à comprendre ce qui donnait la volonté de rester malgré tout, lorsqu'on avait le choix.

– Appelez-moi si vous avez besoin d’autre chose, ajouta-t-elle avant de quitter la pièce, retournant à ses autres tâches.

Merci beaucoup. Genji s'assit avec les deux autres à table, regardant les trois bols de chocolat chaud et les madeleines qu'on leur avait apporté. Un peu de chaleur, voilà qui allait faire le plus grand bien. Son regard était sans cesse accroché par le cliché, celui pris au Canada, le bébé, et l'autre, la jeune femme posant près de son frère jumeau. Elle "se porte beaucoup mieux"...

– Je n'ai pas envie d'être paranoïaque, mais pour le coup, c'est facile d'envisager la tentative de meurtre, murmura-t-il. Surtout avec tout ce qui s'est déjà produit. Hum. Bon, on peut parler de trucs plus joyeux. Qu'est-ce qu'on pourrait faire ensuite ? Je doute qu'on rentre dans peu de temps, faut qu'ils discutent tous entre eux.

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: En famille le dimanche   Jeu 17 Nov - 22:54

Chambrière – Madame Levac ? Elle se porte beaucoup mieux, c’est gentil de vous inquiéter. Elle vit à présent au Canada avec son époux et leur enfant, depuis le mois de juin. Son état de santé s’est grandement amélioré.

Elle se… portait mieux ? Son état de santé s’était « grandement amélioré » ? Donc, elle avait été malade ? Mais non, pas malade, elle n’en avait pas l’air en tout cas. Peut-être avait-elle été blessée… Au point de devoir quitter le continent ? Un frisson parcourut Laura des pieds à la tête, lui faisant tourner la tête pour regarder brièvement Jasper et Genji. Qui pensaient, apparemment, la même chose qu’elle. Bon, stop ! Ils devenaient paranoïaques, rien n’indiquait que madame Levac, donc, avait été très gravement blessée. Peut-être était-ce seulement une maladie, et rien d’autre. Une maladie qui l’obligeait à quitter la France pour rejoindre le Canada, seul pays capable de l’aider. C’était possible, oui. Tout à fait possible. N’est-ce pas ? Ils étaient trop pessimistes, la chambrière n’avait pas dit qu’elle avait été blessée. Mais elle n’avait pas dit, non plus, qu’il s’agissait seulement d’une maladie, elle n’avait pas parlé de traitement ni quoi que ce soit du genre…

La chambrière alla ouvrir en grand les rideaux, rendant le son de la pluie encore plus fort, plus présent, plus oppressant à cause de ce qu’ils venaient de découvrir. Laura aimait l’eau, la pluie, tout ça, mais ici… Mal à l’aise comme son frère et leur ami, elle referma ses bras sur elle-même comme pour se réchauffer, se rassurer. Depuis tant de temps… Les agressions avaient commencé aussi tôt ? La directrice n’avait pas été la toute première ? Les professeurs étaient visés aussi ? Réprimant un nouveau frisson, la collégienne suivit du regard la dame qui leur avait répondu, occupée à allumer les lumières de la pièce pour l’instant. C’était… terrifiant. Même plusieurs mois plus tôt, la situation était grave.

Chambrière – Appelez-moi si vous avez besoin d’autre chose, ajouta-t-elle avant de quitter la pièce, retournant à ses autres tâches.

Laura la remercia, tandis qu’elle partait, se rappelant juste à temps que c’était la moindre des politesses. Désolée, elle était trop absorbée par ce qu’ils avaient appris, choquée malgré les horreurs qu’ils vivaient au quotidien depuis près d’un an. Heureusement que l’ancienne professeure d’élément de Jasper était partie… Si elle s’était fait agresser au point de devoir quitter la France, elle avait sûrement frôlé la mort. Ou peut-être Laura avait-elle une imagination un peu trop débordante dans ce cas-ci, peut-être n’était-ce rien de grave. Mais… Dans ce cas, pourquoi la chambrière n’avait-elle pas été étonnée de leur question ? Si quelqu’un s’inquiète, c’est que c’est grave. Non ?

Suivant Genji et Jasper jusqu’à la table avant de s’asseoir, Laura regarda longuement son bol de chocolat chaud sans y toucher tout de suite, ses pensées fusant dans tous les sens. Elle s’efforçait de ne pas y penser, vraiment ! Mais les paroles de la chambrière avaient de quoi les inquiéter… Surtout avec un temps pluvieux tel que celui qu’ils avaient dehors. Si seulement ils pouvaient sortir ! Histoire de s’aérer, de ne pas rester enfermés dans cette villa ou château ou… habitation trop grande, tout ce qui y ressemble du moins. Tout était somptueux, ici, des fauteuils aux tables en passant par les rideaux et le plancher. Sans oublier les tapis, les portraits, les peintures, les statues, le parc… Le professeur de maths avait sûrement énormément de personnes pour s’occuper de tout cet endroit. Ils en avaient vu quelques-unes lors du repas avant de s’éclipser, mal à l’aise.

Genji – Je n'ai pas envie d'être paranoïaque, mais pour le coup, c'est facile d'envisager la tentative de meurtre, murmura-t-il. Surtout avec tout ce qui s'est déjà produit. Hum. Bon, on peut parler de trucs plus joyeux. Qu'est-ce qu'on pourrait faire ensuite ? Je doute qu'on rentre dans peu de temps, faut qu'ils discutent tous entre eux.

Laura – Tu as raison… On en a encore pour un moment, je pense. On n’a qu’à… déjà, manger et boire. Ensuite, essayer d’explorer un peu, ou au moins regarder les tableaux ? Trouver quelque chose pour s’occuper, en gros.

Et, sincèrement, Laura séchait complètement. Ils mangèrent quelques madeleines et burent l’entièreté des bols de chocolat chaud, ressentant un immense besoin de réconfort. Dès qu’ils l’eurent terminé, elle-même se sentait beaucoup mieux, moins pessimiste et négative. Allez, hop ! Ils devaient profiter de cette journée, de cette accalmie qui n’allait sûrement pas durer longtemps. Laura incita son frère et Genji à la suivre, après le goûter, pour se dégourdir un peu les jambes dans cet endroit aussi immense. De toute manière, cette villa était tellement grande qu’il fallait sans doute plus de deux jours pour la visiter, dans les heures auxquelles vous pouvez y aller. « Il n’y a plus qu’à »…

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