1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Soirée à la campagne

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Auguste de la Valière
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MessageSujet: Soirée à la campagne   Sam 16 Avr - 18:05

On sentait déjà la fin des beaux jours arriver mais il y avait encore le temps d'en profiter un petit peu. Auguste jeta un regard par la fenêtre pendant que ses élèves se levaient et rangeaient leurs affaires. La fin des cours avait sonné, pour aujourd'hui, la journée avait été plus calme que de coutume. Rangeant ses livres dans sa sacoche, il lança aux retardataires de se dépêcher de sortir, il fermait la classe. Refermant la porte à clé, il sentit un regard sur sa nuque et tourna la tête, croisant très rapidement le regard de Cyprien qui fila presque aussitôt dans le couloir. On dirait qu'il avait toujours une dent contre lui, pas prêt de se calmer un peu, celui-là, quel rancunier. Auguste haussa les épaules puis partit à son tour, passant au milieu des enfants bien plus réveillés depuis la fin des cours alors qu'ils s'endormaient à moitié sur leur table dix minutes plus tôt, voilà qui était magique. Une certaine agitation régnait dans le foyer des élèves, ce qui lui arracha un haussement de sourcils étonné. Que se passait-il ? Se frayant un chemin, il vit avec un mélange d'amusement et de stupéfaction que des lycéens improvisaient un concours de danse dans le foyer, sur la musique de la radio. Pourquoi pas, après tout.

– Monsieur, lança un des gamins, vous voulez pas participer ?

– Ma cavalière attitrée n'est pas là, malheureusement, sourit-il. La prochaine fois peut-être.

Les rumeurs avaient fait leur travail depuis longtemps, tout le monde savait maintenant que la directrice avait divorcé et que c'était bien lui qui lui tournait autour. On ne pouvait pas combattre toutes les rumeurs alors autant les laisser courir. Quittant le foyer, il sortit et mit ses affaires dans sa voiture, garée dans un coin, puis se glissa sur le siège passager. Venir à pied depuis chez lui n'était plus possible, c'était assez loin de Gray. Sortant du parc, il s'arrêta au portail, croisant au passage Cyprien et Céleste qui rentraient à pied au village. Enclenchant la deuxième, il s'éloigna rapidement sur la route puis prit le chemin s'écartant du village pour s'enfoncer dans la campagne afin de rentrer chez lui. En rentrant dans le domaine familial, il se gara au garage puis sortit, s'étirant longuement avant de rentrer. Ses affaires dans les bras, il fila rejoindre Gabriella puis l'embrassa longuement sur les lèvres pour lui dire bonsoir, puis s'assit à côté d'elle, posant sur ses genoux le paquet enveloppé de papier kraft qu'il tenait. Il en défit les ficelles et en sortit une robe assez légère et longue, d'un rouge bordeaux assez sombre, avec une ceinture marron à la taille et les manches longues évaporées. Il la lui donna en lui disant qu'il l'avait acheté pour elle chez le tailleur.

– Tu peux l'essayer, que je sache si elle te va ?

Il attendit qu'elle se change puis la rejoignit dans la salle de bain, lui prenant le poignet pour l'arrêter avant qu'elle ne s'attache les cheveux puis la fit tourner vers lui pour juger de l'effet. Ce n'était pas mal, cette couleur lui allait bien. La prenant dans ses bras, il la serra contre lui puis l'incita à le suivre pour une petite balade avant le repas du soir. S'éloignant de la maison, il finit par s'installer avec elle dans l'herbe, les fleurs et quelques feuilles, dans un bout de prairie, là où ils avaient une belle vue sur les montagnes et le lac, plus loin. Au moins, dans ce domaine, sa femme pouvait reprendre ses forces tout en étant à l'abri, continuant son travail à distance et surtout au calme. Il sourit puis la fit s'allonger dans l'herbe, se penchant pour couvrir son visage de baisers, afin de descendre dans son cou et l'embrasser bien plus longuement. Pour une fois qu'il l'avait pour lui seul, il comptait bien en profiter. L'air était encore doux, ils étaient seuls, en sécurité, tranquilles.

– Il semble qu'il y ait un petit bout de moi là-dedans, sourit-il en posant une main sur son ventre. Tu peux arrêter d'avoir qu'il lui arrive quelque chose, je suis là et capable de t'aider à préserver les enfants. Je ne suis pas une crevette, moi.

Auguste savait très bien qu'elle craignait cela, il l'entendait parler lorsqu'elle dormait. Posant son front contre le sien, il lui prit un autre baiser, ses bras de part et d'autre d'elle.

– Soyons sérieux, une minute, reprit-il. Je voudrai savoir quand je pourrai officiellement t'appeler ma femme. Il y aussi mes parents qui veulent te rencontrer, depuis le temps qu'ils attendent ça. Un weekend chez eux t'irait ? Je pourrai te présenter. S'il te plaît, j'y tiens vraiment, ma mère me harcèle littéralement car je ne lui ai toujours pas ramené sa future belle-fille.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Soirée à la campagne   Dim 17 Avr - 21:28

Ce chercheur était encore inconnu, dans le domaine, pourtant cette technique avait un très grand intérêt, il avait fait du très bon travail. Tournant la page pour regarder le schéma détaillé, elle prit des notes sur un bloc-notes à côté tout en étudiant le schéma, le gros livre posé sur ses genoux, alors qu'elle était assise en tailleur dans le canapé, les cheveux relevés en chignon pour ne pas être gênée. Elle avait acheté ce livre sur recommandation d'un bon ami et ne le regrettait pas, cette technique venait d'être créée et permettait de considérablement améliorer les boucliers habituels, que l'on fabriquait avec son élément. Elle mourrait d'envie de le tester avec ses deux pouvoirs, songeant au prochain entraînement qu'elle pourra faire, seule ou avec l'ancien directeur. En tout cas, ce jeune chercheur méritait d'être connu, sa technique n'était pas si coûteuse que cela en énergie et se révélait bien plus efficace que les habituelles. Elle se frotta un peu la nuque, sentant au même moment l'élastique retenant ses cheveux craquer et laisser retomber ses mèches. Humph. Elle le jeta dans la cheminée, avec un signe de la main pour dire non à la chambrière qui venait lui demander si elle avait besoin de quelque chose. Si c'était le cas, elle se déplacera elle-même, elle n'aimait pas être servie comme ça.

Annotant quelques réflexions personnelles en plus de ce qu'elle avait déjà écrit, elle dû s'interrompre lorsque Auguste rentra dans le salon. Bon, elle continuera toute à l'heure, n'ayant pas terminé d'étudier la théorie complète. Il s'assit à côté d'elle puis l'embrassa longuement sur les lèvres après lui avoir dit bonsoir. Gabriella se bougea sur le côté pour lui faire de la place, rangeant ses feuilles de note et le gros bouquin, qu'elle posa sur la petite table à côté du canapé, sous la lampe, pour y revenir toute à l'heure. Se retournant vers Auguste, elle le regarda prendre sur ses genoux un gros paquet entouré de papier kraft, qu'il déballa avec soin avant d'en sortir une robe. C'était pour la fête de sa sœur ? Il lui en parlait l'autre jour, cherchant un cadeau qui pourrait lui plaire. S'il voulait un avis, ce n'était pas à elle qu'il fallait demander, elle n'y connaissait rien en mode. Elle ouvrait la bouche pour le lui signaler lorsqu'il la lui donna en ajoutant qu'il l'avait acheté pour elle, chez le tailleur de Gray. Oh. Elle la prit en le remerciant, songeant que ça ne devait vraiment pas être pratique de courir avec ça, la robe devait bien descendre jusqu'aux chevilles. Les manches étaient larges, aussi, gênant lorsqu'on voulait se battre. Le tout était d'un rouge sombre, bordeaux, ça allait, par contre, ce n'était pas repérable.

– Tu peux l'essayer, que je sache si elle te va ?

Maintenant ? Hum, oui, pourquoi pas, s'il voulait. Se levant, elle se rendit dans la salle de bain du rez-de-chaussée, ôtant ses vêtements avant d'enfiler la robe, serrant un peu la ceinture à sa taille. En effet, elle était longue et très peu adaptée aux déplacements d'urgence. Auguste vint la rejoindre et l'empêcha de rattacher ses cheveux, la faisant tourner vers lui avant de la prendre dans ses bras pour la serrer contre lui. Gaby posa sa tête contre son épaule, les yeux fermés, obligée de se dresser un peu sur la pointe de ses pieds pour cela. Elle n'était pas si petite mais lui était très grand. Il l'incita à le suivre pour aller se balader un peu avant de manger, l'emmenant dans le parc du manoir. Ils marchèrent un moment avant de s'asseoir dans l'herbe, là où ils avaient une assez belle vue sur les montagnes environnantes et un peu du lac. La jeune femme eut un petit hoquet lorsqu'il la fit s'allonger complètement dans l'herbe, l'embrassant partout sur le visage, puis dans le cou. Quelqu'un pourrait les voir ! D'ailleurs, plusieurs personnes les voyaient, elle avait des gardes du corps qui ne la lâchaient pas des yeux lorsqu'elle était exposée ainsi, à l'extérieur. Détail dont son futur mari semblait se moquer royalement.

– Il semble qu'il y ait un petit bout de moi là-dedans, sourit-il en posant une main sur son ventre. Tu peux arrêter d'avoir qu'il lui arrive quelque chose, je suis là et capable de t'aider à préserver les enfants. Je ne suis pas une crevette, moi.

C'était méchant pour Cyprien, tout le monde ne pouvait pas avoir la carrure d'Auguste. Quant au reste, elle avait parfaitement le droit de s'angoisser ! Elle n'y pouvait rien si elle s'inquiétait pour ses enfants, c'était comme ça, point final, il ne pouvait pas l'empêcher de ne pas avoir peur pour eux. Elle fit la moue lorsqu'il l'entoura de ses bras, penché sur elle, son front contre le sien. Crevette ou pas, il y avait des sujets avec lesquels on ne plaisantait pas, notamment la sécurité de leurs enfants.

– Soyons sérieux, une minute, reprit-il. Je voudrai savoir quand je pourrai officiellement t'appeler ma femme. Il y aussi mes parents qui veulent te rencontrer, depuis le temps qu'ils attendent ça. Un weekend chez eux t'irait ? Je pourrai te présenter. S'il te plaît, j'y tiens vraiment, ma mère me harcèle littéralement car je ne lui ai toujours pas ramené sa future belle-fille.

– Si c'est un weekend, ça va encore, je veux juste simplement garder le contact avec mes subordonnés. Pour notre mariage, je ne sais pas encore, tu sais que ça ne me rassure pas.

Elle passa ses bras autour de lui pour le rapprocher d'elle, fermant les yeux. Au moins, dans ses bras, elle se sentait parfaitement protégée, ce qui était à la fois rare et précieux. Il s'allongea à côté puis la serra de nouveau contre lui, posant une main derrière sa tête. Gabriella resta blottie contre lui sans plus rien dire, somnolant malgré elle. Elle s'endormait n'importe où et n'importe quand, ces derniers temps, après avoir souffert d'insomnies durant des mois. C'était très agaçant car elle pouvait sombrer dans le sommeil alors qu'elle était en plein travail, quoi de plus gênant que ça ? Elle lui murmura de la secouer si elle s'endormait pour de bon, gardant les yeux fermés tout contre lui. Le silence revint autour d'eux, assez apaisant, pendant qu'elle naviguait entre veille et somnolence marquée, sans plus rien dire. Elle dû sans doute s'endormir complètement car lorsqu'elle rouvrit les yeux, le jour commençait déjà à baisser.

– Il fallait me réveiller, murmura-t-elle, à moitié sonnée. Pourquoi ne l'as-tu pas fait ? Quelle heure est-il ? Tu es juste resté là, comme ça ?

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Auguste de la Valière
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MessageSujet: Re: Soirée à la campagne   Sam 23 Avr - 16:10

– Si c'est un weekend, ça va encore, je veux juste simplement garder le contact avec mes subordonnés. Pour notre mariage, je ne sais pas encore, tu sais que ça ne me rassure pas.

Exactement, pourtant, si c'était avec lui, elle ne risquait pas grand-chose, il était faite pour elle et elle était taillée pour lui, ils se complétaient et se comprenaient mutuellement, cela ne pouvait donc que bien se passer. Il l'embrassa sur le sommet du crâne lorsqu'elle se blottit un peu plus contre lui, refermant les bras sur elle pour former un petit cocon protecteur, mettant une main sur sa nuque pour l'inciter à poser son front contre son torse. Voilà, comme ça elle sera à l'aise. Elle lui murmura de la secouer si elle commençait à s'endormir, ce à quoi il sourit sans répondre. Bien entendu qu'il allait le faire, pourquoi pas la nuit également, quand les jumeaux pleuraient, pour qu'elle se lève aussitôt s'en occuper au lieu de le laisser faire ? Il resta silencieux en lui massant doucement la nuque, la regardant somnoler puis s'endormir pour de bon, quelques minutes plus tard. Auguste sourit en la dévisageant, penchant la tête pour l'embrasser, sans la réveiller. Le silence était revenu, il n'entendait rien sinon quelques bruits lointains, regardant quelques oiseaux traverser le ciel pour aller nicher dans les arbres plus loin. Le jour baissait peu à peu, cette soirée était très calme. Il déposa la tête dans l'herbe en regardant le ciel prendre des teintes oranges et jaunes, se sentant bien plus détendu qu'il ne l'avait été depuis plusieurs jours. Deux bonnes heures étaient passées lorsque Gabriella s'éveilla, remuant dans ses bras. Il baissa les yeux sur elle, la trouvant très mignonne lorsqu'elle émergeait à peine du sommeil, elle avait une petite expression vulnérable.

– Il fallait me réveiller, murmura-t-elle, à moitié sonnée. Pourquoi ne l'as-tu pas fait ? Quelle heure est-il ? Tu es juste resté là, comme ça ?

– Evidemment que je n'allais pas te réveiller, rit-il. Il en doit pas être loin de vingt heures, on va aller manger.

Se redressant, il la ramena contre lui puis la souleva dans ses bras, sans tenir compte de ses faibles protestations. Il était parfaitement normal qu'elle soit plus fatiguée ces derniers temps, elle avait beaucoup donné cet été, tout le monde avait des limites. La portant, il revint en douceur vers le manoir, songeant qu'il fallait encore un peu de temps avant qu'elle ne retrouve la forme. Quand elle reviendra au pensionnat, elle sera prêt à reprendre ses tâches habituelles et se sera bien reposée, détendue, un peu de patience en attendant. Rentrant, il la fit asseoir dans un large fauteuil puis lui vola un long baiser, accroupie près d'elle. Elle se sentait un peu mieux ? En tout cas, ses joues avaient repris des couleurs, que lui fallait-il comme preuve supplémentaire ? Il la laissa le temps de voir si le repas était prêt ou en cours de route, prenant les couverts et assiettes le temps que leur majordome termine la cuisine. Mettant le couvert, il fila ensuite retrouver Gaby, lui tendant la main pour l'inviter à se lever, le regard empli de fierté. Il aimait cette femme puis longtemps, à présent, il aimait pour sa force et son caractère, pour sa volonté et pour les principes qu'elle tenait, pour tout cela à la fois. Il se mit à genoux, gardant sa main dans les siennes.

– Puis-je te nommer publiquement ma fiancée ? Affirmer que l'enfant que tu portes est aussi le mien ? Peu importe les racontars, peu importe l'opinion des autres, je suis prêt à me battre à tes côtés, quoi qu'il arrive. Épouse-moi.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Soirée à la campagne   Ven 29 Avr - 18:33

– Évidemment que je n'allais pas te réveiller, rit-il. Il ne doit pas être loin de vingt heures, on va aller manger.

Quand même... Il la souleva tout à coup du sol, l'emmenant dans ses bras alors qu'elle protestait un peu, capable de marcher tout de même. Il n'en tint même pas compte, la ramenant en la portant comme si elle ne pesait pas plus d'un kilo. Gabriella posa sa tête contre lui en passant ses bras autour de son cou, refermant les yeux pendant le trajet. Elle ne l'avouera jamais, de toute façon, mais c'est vrai que c'était bien, de temps en temps, de se faire câliner comme ça. Rentrant dans le manoir, elle rouvrit les yeux, se détachant de lui lorsqu'il la fit asseoir dans un fauteuil, lui prenant un long baiser. Gaby tendit la main pour lui caresser la joue avant qu'il ne file, s'étirant un peu en se frottant les yeux. Elle reprenait peu à peu des forces, mais c'était un processus long, lent, un peu pénible. Elle passait d'un stade d'énervement avancé à une période où elle était complètement léthargique et n'arrivait plus à poser un pied devant l'autre. Dans quelques temps, elle ira déjà mieux. Ramenant ses jambes contre elle, elle écouta les bruits venant de la cuisine puis de la salle à manger, un peu gênée d'être en robe. Ce n'était pas très pratique, surtout aussi longue. En plus, le décolleté soulignait sa poitrine.

Songeant à ce que son frère lui avait dit lors de leur visite rapide, elle eut soudain assez peu pour leur mère, elle aussi alitée et plus faible, depuis cet été. Bien évidemment, c'était le cours naturel de la vie, il ne fallait pas se rendre malade lorsqu'une personne âgée partait, c'était tout à fait ordinaire, cette personne avait connu une longue existence et était à présent remise entre les mains de Dieu. Dieu... Élevée dans la tradition Catholique, Gabriella avait été pratiquante avant d'être peu à peu dégoûtée, depuis ses dix-neuf ans, par tout ce que le Catholicisme tenait à imposer aux femmes afin de restreindre leurs libertés, elle n'arrivait plus à avoir foi en une religion qui voulait la cantonner dans un rôle de femme-objet, tout juste bonne à mettre des enfants au monde et les élever jusqu'à ce qu'ils aient l'âge de raison et que ce soit ensuite au père de les éduquer et les faire grandir, car une femme n'est pas assez intelligente pour faire ça. Sa mère, elle, était encore croyante et pratiquante, elle le restera jusqu'au bout. La jeune mère était plongée dans ses pensées lorsqu'Auguste revint, lui tendant la main pour l'aider à se relever. La glissant dans la sienne, elle sourcilla ensuite un peu lorsqu'il se mit à genoux devant elle, gardant sa main entre les siennes. Que se passait-il, il avait mal au dos, il se sentait moins bien ?

– Puis-je te nommer publiquement ma fiancée ? Affirmer que l'enfant que tu portes est aussi le mien ? Peu importe les racontars, peu importe l'opinion des autres, je suis prêt à me battre à tes côtés, quoi qu'il arrive. Épouse-moi.

Ah, heu, il n'était pas blessé, il voulait simplement la demander en mariage. Ses joues se colorèrent de rose et elle faillit lâcher un "J'ai cru que tu faisais un malaise", sentant que cette phrase pourrait démolir absolument tout le romantisme de la situation. Réalisant qu'elle était restée parfaitement silencieuse pendant deux bonnes minutes, elle revint à la réalité puis se mit à genoux à son tour, venant se blottir dans ses bras en murmurant "J'accepte de t'épouser", d'une voix légèrement tremblante. Elle craignait le mariage par-dessus tout, pourtant, il s'agissait d'Auguste, elle l'aimait, elle voulait passer le reste de sa vie avec lui, il était le seul avec qui elle se sentait protégée et en sécurité. Ils se câlinèrent longuement, elle réalisa peu à peu qu'elle venait vraiment de se fiancer, qu'elle allait à nouveau se marier... Si tout ne se passait pas on ne peut plus mal une fois de plus. Se redressant, elle embrassa Auguste sur les lèvres puis se leva, l'invitant à faire de même.

– Mariés ou pas, cet enfant est bien évidemment le tien, tout comme les jumeaux. Je ne saurai sans doute jamais qui est leur père biologique et peu importe.

Elle resta près de lui avant d'aller manger, puis passa à table lorsque le majordome vint les appeler. Le repas fut simple mais assez rapide, elle n'aimait pas trop s'attarder à table tant que ce n'était pas utile, comme lors d'une fête de famille, un mariage ou elle ne savait quoi. Après manger, Gaby grimpa à l'étage retrouver ses enfants pour leur donner le bain puis les coucher, une tâche dont elle voulait s'acquitter elle-même si elle le pouvait. Soulevant sa fille avec douceur, elle lui prit les mains pour les faire passer dans les manches blanches de son pyjama, avant de la coucher dans le lit près de son frère. Ils gigotaient encore tout doucement, tous les deux, se prenant aussitôt la main. Profondément attendrie, Gabriella se pencha pour les embrasser sur le front puis leur caresser la joue, chantonnant une berceuse pour les endormir. Elle resta un long moment à les regarder plonger dans le sommeil avant de sortir de leur chambre avec lenteur, refermant la porte puis allant dans sa propre chambre. Enlevant ses chaussures, elle s'étira avec une certaine raideur dans les muscles, enlevant la robe puis ses chaussures, ses affaires de nuit l'attendant déjà dans un coin. En sous-vêtements dans la salle de bain, elle s'arrêta devant le miroir pour observer son ventre, son cœur battant un peu plus vite.

– Est-ce que tu penses que cet enfant va grandir en moi puis naître normalement ? demanda-t-elle à Auguste, dans la chambre. Et comment être certains qu'il sera vraiment protégé ? Il sera fragile... Comme les jumeaux... Très petit et fragile. J'ai du mal à croire que je peux être une bonne mère s'il arrive des horreurs à mes enfants.

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Auguste de la Valière
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MessageSujet: Re: Soirée à la campagne   Sam 21 Mai - 13:31

Elle n'avait plus à craindre de lier sa vie à une personne, Auguste était capable de se défendre et de la défendre, il n'était ni faible ni lâche et avait déjà prouvé qu'il pouvait veiller sur elle et l'aimer. Elle pouvait avoir confiance. Après deux minutes d'un silence absolu, elle glissa à genoux à son tour et vint dans ses bras, répondant enfin dans un murmure qu'elle acceptait de devenir sa femme. Le grand rouquin lui rendit son étreinte avec force, le visage niché dans son cou et les yeux fermés, respirant doucement en la câlinant, dans le silence presque complet du grand salon où ils se trouvaient. Il s'écoula un long moment avant qu'ils ne bougent enfin, tous les deux, s'embrassant puis se levant. Il y avait bien des choses que le professeur voudrait lui dire pour la rassurer. Par exemple, malgré tout ce qu'elle avait subi l'année précédente, ce sera très différent à présent, son don avait évolué, elle avait plus d'alliés et lui-même était là pour la soutenir. Tout avait changé en si peu de temps ! Tout avait dégénéré si vite, également, les derniers mois s'étaient écoulés à une vitesse que personne n'aurait cru possible, Auguste en avait encore le tournis, la vie filait parfois si vite qu'ils n'avaient plus le temps de se poser quelques minutes pour réfléchir.

– Mariés ou pas, cet enfant est bien évidemment le tien, tout comme les jumeaux. Je ne saurai sans doute jamais qui est leur père biologique et peu importe.

Oui, peu importe, ça n'avait plus aucune importance et cela ne les empêchera pas d'avancer. Ils passèrent à table peu de temps après, déjeunant simplement et assez rapidement, juste eux deux. Bientôt, les jumeaux seront assez grands pour commencer à manger avec eux à table, assis dans des chaises hautes et délaissant petit à petit les biberons pour se nourrir de petits pots, de légumes, de poisson, de fruits et de pain. Ils apprendront à manger sans utiliser les mains, à marcher, à parler, puis leur petit frère ou petite sœur arrivera à son tour. Une fois sorti de table, pendant que Gabriella allait s'occuper des jumeaux, il prit la salle de bain pour une longue douche brûlante, qui eut le don de lui dénouer les muscles et le détendre. Levant le visage vers le pommeau de douche, il soupira longuement, les yeux fermés, en se lavant la figure. Il était fiancé, à présent, il devra écrire à sa sœur jumelle et à leurs parents pour leur annoncer la nouvelle. Ils se verront tous au Nouvel An, Auguste avait hâte de revoir Abigaëlle et son mari, ils lui manquaient. Sortant de la douche, il se sécha puis se prépara pour la nuit, revenant dans la chambre conjugale pendant que Gabriella allait dans la salle de bain à son tour, en sous-vêtements. S'asseyant sur le bord du lit, Auguste reprit la serviette entre ses mains, se frottant un peu les bras.

– Est-ce que tu penses que cet enfant va grandir en moi puis naître normalement ? demanda-t-elle à Auguste, dans la chambre. Et comment être certains qu'il sera vraiment protégé ? Il sera fragile... Comme les jumeaux... Très petit et fragile. J'ai du mal à croire que je peux être une bonne mère s'il arrive des horreurs à mes enfants.

– Lors de ta première grossesse, tu n'étais pas aussi bien entourée qu'aujourd'hui, répondit-il en se levant, laissant tomber la serviette sur le dossier d'une chaise. Oui, les enfants sont fragiles, pourtant, au vu de ce qui t'es déjà arrivé et ce qui s'est produit autour de toi, tu n'aurais pas pu mieux protéger les jumeaux.

Il vint la rejoindre dans la salle de bain, passant un bras autour de ses épaules avant de l'attirer contre lui. Sa grossesse commençait tout juste à se voir, et encore, il fallait vraiment avoir l’œil. Quelqu'un la regardant simplement sans chercher à savoir ne s'apercevrait de rien. Le professeur posa la main sur son ventre, bien à plat, appuyant doucement, bien qu'il ne puisse rien ressentir. Ce petit être était encore à l'état de foetus, indiscernable sauf pour sa maman qui le portait.

– Tu as encore le temps de penser à tout ça, la rassura-t-il. Pour le moment, ta priorité doit être de reprendre des forces et te reposer autant que possible. Tu t'en sortiras et tu n'es pas seule. Nos enfants pourront grandir heureux, j'en suis convaincu, nous pourrons les protéger.

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