1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 On doit parler

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Adrien de Sora
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MessageSujet: On doit parler   Jeu 17 Mar - 17:43

Pourvu que la directrice ne voit jamais ce journal... Adrien était en train de prier pour qu'Auguste ait la très bonne idée de faire la censure, qu'elle n'ait y jamais accès. Ce n'était qu'un simple journal, après tout. Assis dans le fond de son fauteuil à son bureau, dans l'infirmerie, il lisait et relisait l'article, dégoûté, révulsé. L'article était paru en début de semaine et déjà les rumeurs s'enflammaient, dans les couloirs, à tel point qu'Adrien se demandait toujours comment la pauvre Estelle s'y prenait pour ne rien remarquer. Ça ne pouvait plus durer comme ça, ce salaud la trompait depuis toujours, avant même la naissance de Wyatt, il la baladait, la menait en bateau, il n'était même jamais là ! Elle élevait seule son fils, son mari avait toujours une bonne raison pour ne pas être présent. Il était e voyage d'affaires, avait beaucoup de travail sur Paris, ne pouvait pas venir le week-end à cause d'une importante réunion (Un samedi!) ou avait encore on ne sait quoi à faire. Beaucoup étaient déchirés de voir Estelle sourire en s'occupant de son fils, enceinte jusqu'au fond des yeux et sans personne à ses côtés le soir ou lors des jours de congés.

Il avait invité Estelle chez lui après les cours pour un café, et surtout pour lui parler. Il ne voyait qui d'autre pourrait le faire et quelques collègues s'étaient adressés à lui. Ça n'allai franchement pas être simple, Adrien était bien nerveux, depuis ce matin, en réfléchissant à ce qu'il allait lui dire et comment. Il avait d'abord refusé de l'aborder comme ça sans aucune preuve, elle n'allait pas le croire ! Puis deux de ses collègues étaient sortis, allant cherchant des photos prises en douce du cher mari, à Gray et une à Paris, même, où il était en compagnie d'autres femmes, les pelotant et les embrassant. Une différente sur chaque photo, avec ça. Ses collègues en avaient tant eu assez qu'ils avaient pris des preuves. Voilà qui risquait de faire mal. Après son travail, il alla récupérer son bébé à la garderie, laissant retomber sa blouse blanche un peu fripée sur sa chaise avant de partir, prenant ce dont il avait besoin puis dévalant les escaliers pour se rendre à la garderie. La nourrice le reçut avec un sourire lumineux en commençant à lui raconter la journée toute entière de Maxime, pendant qu'il mettait le sac sur ses épaules et prenait son fils dans ses bras.

Adrien – Merci, madame. A demain.

Ressortant, il esquiva la légère cohue d'élèves s'éparpillant entre le parc, le foyer, la bibliothèque ou leurs chambres. Maxime s'était réveillé et suçait sa tétine avec douceur, très calme, faisant littéralement fondre Adrien malgré sa nervosité extrême. En remontant chez lui, il dû faire plusieurs arrêts lorsque des petits élèves vinrent demander à « regarder le bébé s'ilvousplaîtmonsieur ». Il trouvait vraiment adorable de voir ces petites bouilles de onze et douze ans fondre devant un bébé. Rentrant chez lui, il installa son fils dans son berceau, le temps de lui préparer et chauffer son biberon. Dès qu'il fut prêt, il reprit son fils avec une très grande douceur, l'installant dans ses bras puis lui donnant. Il était sur le point de terminer lorsqu'il s'endormit à nouveau, installé pour dormir par son père. Adrien l'observa un long moment sans rien dire, penché sur lui, puis alla s'asseoir à son bureau, prenant du papier, un stylo et de l'encre. Réfléchissant un long moment, il soupira un peu, trempant le stylo dans la bouteille d'encre.

« Sarah,

J'ignore si tu lis les lettres que je t'envoie. Je ne vais pas te demander à nouveau de me répondre, j'ai accepté que tu refuses de le faire. Si je t'écris aujourd'hui, ce n'est pas pour te parler de notre couple ou de ce qui s'est passé mais de notre fils. Il est bien avec moi, depuis quelques jours. C'est un enfant vraiment petit mais très calme, il mange bien et ne pleure pas si souvent que cela, la nuit. Je t'adresse une photo de lui, que j'ai prise en début de semaine, lorsqu'il était bien réveillé et souriait à l'objectif. On ne peut pas encore vraiment savoir à qui il va ressembler. Je regrette que tu ne puisses guère être là pour le cajoler et le regarder grandir. Cet enfant a besoin d'une mère, ce qui s'est passé est terrible et prive ce petit garçon d'amour maternel. Je suis déçu que tu n'y ai pas songé avant de commettre l'irréparable. Sache cependant que je veillerai à ce que enfant ne le sache pas, du moins, pas avant un certain âge, il doit grandir loin de ce genre de malheur.

Au pensionnat, la vie continue comme elle l'était. Bien sûr, tous les problèmes n'ont pas disparu, mais nous faisons tous de notre mieux pour que la vie se déroule du mieux possible. Ceux qui ne supportaient pas cette ambiance ni ce qui se passe ont préféré partir, c'est compréhensible, et j'aurai aimé que tu fasses de même si vraiment cela n'allait pas. Que tu travailles plutôt au village, dans un village voisin, ou même que tu restes à la maison le temps d'accoucher puis de t'occuper de notre bébé. »


Il s'interrompit lorsqu'on frappa à la porte. Rangeant le brouillon de sa lettre, il alla ouvrir, trouvant une Estelle tout sourire, son fils de un an dans les bras. Il l'invita à entrer, refermant la porte derrière elle. Le petit garçon commençait à parler mais ne marchait pas encore. Le laissant jouer avec des jouets que lui avaient retrouvé d'autres parents, parmi les professeurs, il invita Estelle à venir s'asseoir, autour d'une tasse de thé. La nervosité avait grimpé en flèche, tant il avait peur de sa réaction. Et si elle se sentait mal ? Comment fera-t-il ? Posant une casserole remplie d'eau sur le feu, après avoir craqué une allumette, il soupira très légèrement, prenant le paquet de photos qu'on lui avait donné et les mettant dans sa poche. Respirer, rester calme, il devait garder son sang-froid s'il voulait lui parler correctement et surtout la réconforter ensuite. Il ne savait même pas par quoi commencer, elle pourrait se braquer ou le prendre mal, se vexer, partir avant qu'il ne puisse lui parler.

Adrien – Au fait, dit-il en revenant avec un petit plateau contenant des biscuits et des tasses pour le thé, avec du sucre. Ça fait longtemps que je ne t'ai pas demandé de nouvelles, pour François. Comment ça se passe ? Ça ne doit pas être évident pour toi d'être souvent seule, avec un petit garçon de un an et bientôt ton bébé.

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: On doit parler   Ven 8 Avr - 11:31

Frédéric se redressa avec un soupir de soulagement, Estelle lui sautant au cou pour lui faire un gros bisou sur la joue afin de la remercier. Il venait de l'aider à remonter le berceau qui avait accueilli Wyatt à la naissance et qui servira pour son petit frère. Merci, merci ! Elle alla lui chercher la petite boîte remplie de gâteaux fait maison qu'elle avait préparé en prévision, pour le remercier, la lui donnant. Il partit avec un petit signe de main, laissant Estelle très souriante devant la fin des préparatifs. Et voilà, mon bébé, tu pouvais arriver en toute tranquillité. Elle devrait accoucher dans deux mois, environ, tout était finalisé, elle pouvait être apaisée. Revenant vers Wyatt, elle le souleva pour l'emmener dans la salle de bain et le préparer. Ils étaient invités chez Adrien pour un café, toute à l'heure, son fils devait être tout beau et tout propre, on se rendait pas chez une personne, un ami surtout, vêtu comme un sac. En le laissant jouer un peu dans le bain, tout en le surveillant, elle décrocha à tâtons le téléphone, le portant à son oreille, lançant un "bonjour" radieux en reconnaissant la voix de Maggie, une amie d'enfance qui vivait toujours à Paris. Elles échangèrent quelques mots, la jeune mère bloquant le combiné contre son oreille tout en lavant les cheveux de Wyatt, qui lançait quelques mots, ses premiers mots. Elle était si fière de lui, son adorable bébé.

Maggie – On attend une lettre pour la naissance du petit, surtout, n'oublie pas !

Estelle – Pas d'inquiétude, je m'y mettrais vite, vous avez ma parole.

Raccrochant quelques minutes après, elle sortit son fils de l'eau puis le sécha, tout en lui parlant, l'habillant avec soin et s'assurant qu'il n'ait pas froid. Dès qu'il fut prêt, elle le prit dans ses bras et sortit de chez elle, fermant l'appartement avant de se rendre dans l'aile des membres du personnel, souriant aux quelques collègues qu'elle croisa au passage. Les surveillants devaient déjà être bien occupés, à l'étage du dessous, avec les nombreuses chambres à surveiller, les élèves malades et tous les petits tracas ordinaires. Frappant chez Adrien, elle lui fait la bise sur la joue lorsqu'il vint lui ouvrir, déposant ensuite Wyatt avec délicatesse dans un petit parc avec des jouets. Elle était beaucoup plus vite fatiguée lorsqu'elle le portait, à cause de sa grossesse, son dos la faisait souffrir. Enfin, c'était bientôt terminé. Adrien l'invita à s'asseoir, après que la jeune mère ait été embrassé le petit Maxime sur le front, profondément endormi dans son berceau. Ce petit bonhomme était mignon à croquer. Elle s'installa dans le canapé, de façon à garder son fils sous les yeux, pendant que leur docteur préparait du thé. Quand pourra-t-elle lui rendre la politesse ? Il était beaucoup occupé, en ce moment, sans doute pourra-t-elle plus facilement l'inviter un weekend. Peut-être un déjeuner à la maison, à Gray, un samedi ou dimanche midi ?

Adrien – Au fait, dit-il en revenant avec un petit plateau contenant des biscuits et des tasses pour le thé, avec du sucre. Ça fait longtemps que je ne t'ai pas demandé de nouvelles, pour François. Comment ça se passe ? Ça ne doit pas être évident pour toi d'être souvent seule, avec un petit garçon de un an et bientôt ton bébé.

Estelle – Oh, c'est vrai, je ne te l'ai pas dit, il a obtenu une promotion, récemment ! s'exclama-t-elle, ravie pour son époux. Le PDG du groupe l'a nommé responsable des ventes à l'étranger ! Bien sûr, il a beaucoup plus de travail, mais c'est ce qui lui plaît, il est vraiment fait pour ça. Il peut voyager beaucoup plus, maintenant. Quand j'aurai accouché et que les garçons auront un peu grandi, nous pourrons sans doute partir pour un voyage en famille, lorsqu'on sera tous en vacances.

Elle le remercia pour le thé et les petits biscuits, en prenant un pour le grignoter car elle avait faim. Cette grossesse-ci la poussait bien plus à manger que lorsqu'elle attendait Wyatt, sans qu'elle en comprenne vraiment pourquoi. Enfin, ce n'était pas grave. Se renfonçant un peu dans le canapé, tout en regardant ce que faisait son fils, elle sourit à Adrien et tâcha de lui expliquer un peu mieux le nouveau travail de son mari. C'était un poste important, il avait beaucoup de personnes sous ses ordres et était très souvent en déplacement. Il avait été si fier, elle l'avait bien entendu, lorsqu'il l'avait appelé pour le lui annoncer ! Il pouvait, d'ailleurs, c'était grâce à son travail et son caractère, qu'il en était arrivé là. Elle poussa les tasses vers l'infirmier lorsqu'il revint avec l'eau chaude, faisant ensuite tourner les feuilles au fond de sa propre tasse, avec soin. Elle ne buvait guère souvent de thé, se cantonnant à l'eau ou à divers jus de fruits, qu'elle faisait elle-même.

Estelle – Bien sûr que ce n'est pas facile tous les jours, enfin, je peux me débrouiller toute seule et je ne vais pas freiner François, tu le verrais, il est si épanoui, aujourd'hui. J'espère simplement qu'il pourra être là le jour de la naissance de notre bébé. Je ne sais pas encore comment m'organiser, si je vais accoucher à la maison ou au centre médical du village. Qu'en penses-tu, toi ?

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: On doit parler   Mar 19 Avr - 18:23

Estelle – Oh, c'est vrai, je ne te l'ai pas dit, il a obtenu une promotion, récemment ! s'exclama-t-elle, ravie pour son époux. Le PDG du groupe l'a nommé responsable des ventes à l'étranger ! Bien sûr, il a beaucoup plus de travail, mais c'est ce qui lui plaît, il est vraiment fait pour ça. Il peut voyager beaucoup plus, maintenant. Quand j'aurai accouché et que les garçons auront un peu grandi, nous pourrons sans doute partir pour un voyage en famille, lorsqu'on sera tous en vacances.

Elle y croyait dur comme fer, c'était insensé. Comment devait-il faire ? Réfléchissant très vite, il posa tasses, sucre, cuillères et biscuits sur un plateau, rapportant le tout dans le salon. Il craignait surtout qu'elle ne se braque, fasse un malaise, fonde en larmes, sans qu'il ne sache quoi faire pour le consoler. Et Wyatt était là, faire pleurer sa maman devant lui... Il s'assit en repoussant les deux coussins qui traînaient, versant le thé en écoutant Estelle lui détailler tout ce que pouvait faire son ahuri d'époux. Il avait acheté des feuilles de thé noir à l'épicerie du village, toute à l'heure, en même temps que les biscuits, de plus en plus stressé à mesure que cette conversation approchait. Il n'avait tout simplement pas envie qu'elle souffre, surtout si c'était lui qui devait la faire pleurer en lui montrant ces preuves. Il était à deux doigts de se dégonfler lorsqu'il réalisa qu'elle souffrira bien plus si elle ne le découvrait qu'encore plus tard, alors que son second enfant sera né et qu'elle réalisera qu'elle restera à jamais seule pour les élever, que cet co**rd de François ne sera jamais là pour ses enfants. Ce type lui donnait envie de vomir, il en tremblait en mettant un peu de sucre dans sa tasse.

Estelle – Bien sûr que ce n'est pas facile tous les jours, enfin, je peux me débrouiller toute seule et je ne vais pas freiner François, tu le verrais, il est si épanoui, aujourd'hui. J'espère simplement qu'il pourra être là le jour de la naissance de notre bébé. Je ne sais pas encore comment m'organiser, si je vais accoucher à la maison ou au centre médical du village. Qu'en penses-tu, toi ?

Adrien – J'imagine bien qu'il est épanoui, en effet, répondit-il en haussant un peu les épaules, il a tout pour l'être, en ce moment. Pour l'accouchement, c'est comme tu le désires. Au centre médical, tu serais entourée par les infirmières et je peux te faire accoucher, comme j'ai réalisé ton suivi de grossesse.

Il se leva pour aller chercher aussi une petite serviette, histoire de gagner du temps et de trouver le meilleur moyen pour lui parler. Le trajet était hélas bien trop court pour qu'il puisse trouver une idée. Il était désolé, vraiment désolé, il allait sûrement la faire pleurer et en culpabilisait de plus en plus à l'avance. S'asseyant à nouveau, il lui donna la serviette puis prit une profonde inspiration. Vraiment, il était désolé.

Adrien – Estelle, bafouilla-t-il avec l'impression tenace de se jeter dans un vide de douze mètres sans parachute. Je suis vraiment désolé d'avoir à te le dire comme ça, cette situation ne peut juste plus durer. François se moque de toi depuis bien longtemps, depuis même avant la naissance de Wyatt. Il te trompe depuis votre mariage, je ne sais pas pourquoi il reste avec toi mais ce n'est qu'une moquerie. Et il y a des preuves, beaucoup de personnes en ont assez qu'il se paye ta tête.

Il sortit le paquet de photos de sa poche et le lui tendit, ayant à présent si mal au ventre qu'il était à deux doigts d'en vomir. Il était désolé, il ne voulait pas lui faire de mal. Ce type n'était rien d'autre qu'une sale ordure qui ne faisait que s'amuser et jouer d'elle, sans aucune honte.

Adrien – Je suis désolé, murmura-t-il.

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: On doit parler   Dim 1 Mai - 21:50

Adrien – J'imagine bien qu'il est épanoui, en effet, répondit-il en haussant un peu les épaules, il a tout pour l'être, en ce moment. Pour l'accouchement, c'est comme tu le désires. Au centre médical, tu serais entourée par les infirmières et je peux te faire accoucher, comme j'ai réalisé ton suivi de grossesse.

Oui, ce serait peut-être plus prudent que chez elle, il avait raison. Elle hocha la tête en faisant tourner les feuilles de thé au fond de sa tasse, afin d'en imprégner l'eau, pendant qu'Adrien allait chercher des petites serviettes. L'accouchement qui approchait la rendait nerveuse, bien qu'elle sache à quoi s'attendre pour ce second enfant, ce n'était pas comme à la naissance de Wyatt où elle avait avancé à l'aveuglette sans avoir aucune idée de la façon dont tout allait se dérouler. Enlevant les feuilles avec soin, elle les déposa dans la coupelle allant avec sa tasse, souriant à Adrien lorsqu'il revint. Son fils jouait tranquillement derrière eux, très sage pour ce soir. Il bougeait beaucoup plus, d'ordinaire, sans doute était-il fatigué, elle ne devra pas traîner à le mettre au lit ce soir. Buvant un peu de thé, elle remarqua que son ami tirait une tête jusque terre. Elle le trouvait pourtant plus détendu, ces derniers temps, ce devait encore dépendre des jours, il avait sans doute des moments où il repensait à Sarah. Peut-être ira-t-elle mieux un jour, qui pouvait savoir ? Elle avait eu un coup de folie mais ce n'était pas pour cela qu'elle ne sera jamais mieux au cours de sa vie, il ne fallait pas désespérer. Après tout, ils étaient tous les deux encore jeunes et avaient toute la vie devant eux, on ne pouvait pas prévoir ce qui allait arriver dans quelques jours, mois ou années suivants.

Adrien – Estelle, bafouilla-t-il avec l'impression tenace de se jeter dans un vide de douze mètres sans parachute. Je suis vraiment désolé d'avoir à te le dire comme ça, cette situation ne peut juste plus durer. François se moque de toi depuis bien longtemps, depuis même avant la naissance de Wyatt. Il te trompe depuis votre mariage, je ne sais pas pourquoi il reste avec toi mais ce n'est qu'une moquerie. Et il y a des preuves, beaucoup de personnes en ont assez qu'il se paye ta tête.

Estelle releva la tête, lui renvoyant un regard noir. Si c'était une blague, ce 'était vraiment pas drôle, François ne la trompait pas ! Il était adorable avec elle, jamais il ne... Elle referma la bouche lorsqu'il lui tendit un paquet de photos, le prenant avec hésitation puis enlevant la ficelle qui les retenait pour pouvoir regarder. Elle observa la première, puis la seconde, avec l'étrange sentiment que ses veines se remplissaient avec lenteur de plomb, bougeant de moins en moins vite. Tout couleur quitta son visage, la laissant encore plus blême qu'un cadavre fraîchement enterré. C'est... Ce... Elle regardait les photos, les yeux brûlant, sans qu'aucune larme ne parvienne à couler. Les paroles d'Adrien tournaient en boucle dans sa mémoire, mensonge, tromperie, moquerie... La bouche entrouverte, une larme coula enfin sur sa joue, une seule, alors que son cœur ratait un battement. François... Il ne... Ne l'aimait-il donc pas ? Elle se mordit les lèvres presque jusqu'au sang, glacée tout à coup. Elle ne cessait de regarder toutes les photos, les unes à la suite des autres,

Adrien – Je suis désolé, murmura-t-il.

La jeune mère ne répondit pas, laissant les photos glisser sur la petite table du salon, comme si elles lui brûlaient les doigts. Elle gardait néanmoins le regard rivé dessus, son mari assis à la terrasse d'un café Parisien, embrassant à pleine bouche une autre femme tout en la pelotant. Les larmes roulèrent sur ses joues, peu à peu, plus plus vite, plus fort, sans qu'elle ne fasse rien pour les stopper ou les essuyer, pleurant dans un parfait silence, à la fois pour ne pas alerter son fils et parce qu'elle avait l'impression de ne plus avoir assez d'énergie pour une véritable crise de nerfs. Elle fourra son visage entre ses mains, les épaules tremblantes, en murmurant que ce n'était pas possible. Pourquoi... Qu'avait-elle fait de mal ?! Elle ne remarqua qu'à peine Adrien qui vint s'asseoir à côté d'elle et passer un bras autour de ses épaules, bien trop occupée à ne laisser échapper aucune plainte afin que son fils ne se rende pas compte qu'elle pleurait.

Estelle – Qu'est-ce que je dois faire ? murmura-t-elle. Il... Depuis le début, je... Qu'est-ce que je dois faire, dis-le moi... Comment je peux réagir...

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: On doit parler   Ven 13 Mai - 19:51

Que devait-on dire, dans ce genre de cas ? Adrien avait déjà bien du mal à se consoler seul alors comment devait-il consoler les autres ? Il avait su, autrefois, pourtant, et ne savait plus aujourd’hui. Estelle avait laissé les photos retomber sur la table, l’expression si dévastée qu’il en eut mal au cœur pour elle. Il serait si bien qu’il existe une sorte de remède universel permettant d’effacer assez vite toutes les blessures de l’âme, consoler les peines et réconforter les cœurs. Effacer certains souvenirs et l’amertume. Pourtant, malgré la peine qu’il avait pour son amie, il ne pouvait s’empêcher d’être impressionné par les efforts qu’elle déployait pour ne faire aucun bruit, malgré ses pleurs douloureux, et ainsi ne pas alerter son fils, qui jouait innocemment derrière eux. Elle fourra tout à coup son visage entre ses mains, murmurant d’une voix très faible que ce n’était pas possible. Adrien eut un gros pincement au cœur puis se leva, allant s’asseoir à côté d’elle avant de passer un bras autour de ses épaules, pour la rapprocher de lui. Il voulait être présent pour elle comme elle l’avait été pour lui. Il allait l’aider à se remettre, elle pouvait compter sur lui.

Estelle – Qu'est-ce que je dois faire ? murmura-t-elle. Il... Depuis le début, je... Qu'est-ce que je dois faire, dis-le moi... Comment je peux réagir...

Adrien – Tu ne dois pas rester avec lui, affirma-t-il d’un ton ferme, bien qu’il sache qu’elle allait souffrir d’entendre cela. Il ne fait que se moquer de toi, tu ne mérites pas de vivre ainsi. Il ne voit même pas Wyatt grandir ! Ce n’est pas son fils, cet enfant est le tien, et lui comme toi méritez mieux. Rester avec lui te fera juste souffrir, Estelle, il faut que tu le quittes.

Il s’interrompit pour attraper un mouchoir en tissu propre sur la table et le lui donner, l’encourageant à respirer un grand coup. Attendant qu’elle pleure tout son soûl, il resta patiemment près d’elle à lui frotter le dos et à lui murmurer des paroles de réconfort, lui faisant boire parfois un peu d’eau, donnant d’autres mouchoirs lorsqu’il le fallait. Il valait mieux qu’elle se décharge un peu de sa peine ici plutôt qu’elle ne craque ailleurs, dans le réfectoire, lors d’une course au village ou même au milieu d’un cours. Lorsqu’elle fut un petit calmée, il l’entoura de ses bras pour lui faire un câlin et tâcher de la réconforter, la serrer contre lui avec force. Elle n’était pas toute seule, d’accord ? Il était peut-être mal placé pour donner des conseils sur la relation conjugale, c’est vrai, cependant, il savait qu’il ne pouvait pas rester de coté sans réagir alors que son amie souffrait.

Adrien – Tu n’y es pour rien, c’est juste un salaud qui s’est moqué de toi. Il n’y a rien que tu puisses te reprocher, tout le monde te le diras. Si tu le veux, on peut t’aider pour les démarches et témoigner en ta faveur. Une fois que tu y verras plus clair, tu pourras continuer ta vie en oubliant ce moins-que-rien. Tout ira mieux, je te l’assure. Tu es une mère merveilleuse, Wyatt ne pouvait rêver mieux, je suis sûr que tout ira mieux très vite.

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: On doit parler   Ven 27 Mai - 18:12

Adrien – Tu ne dois pas rester avec lui, affirma-t-il d’un ton ferme, bien qu’il sache qu’elle allait souffrir d’entendre cela. Il ne fait que se moquer de toi, tu ne mérites pas de vivre ainsi. Il ne voit même pas Wyatt grandir ! Ce n’est pas son fils, cet enfant est le tien, et lui comme toi méritez mieux. Rester avec lui te fera juste souffrir, Estelle, il faut que tu le quittes.

La jeune femme sanglota encore plus fort, le visage fourré entre ses mains, remerciant d'un balbutiement Adrien lorsqu'il lui tendit un mouchoir en tissu. Le quitter, devait-elle le quitter ... ? Elle l'aimait profondément, depuis le premier jour de leur rencontre, elle avait continué à l'aimer même durant la période où il l'avait quitté, avant la naissance du petit, elle l'aimait ! Alors que lui... Pourquoi être resté avec elle si ce n'était que pour jouer la comédie, qu'avait-il attendu, voulu d'elle ? Adrien lui donna à boire, lui donnant d'autres mouchoirs dès qu'elle en eut besoin. On en restait pas avec une personne ainsi lorsqu'il n'y avait pas de sentiments, c'était inconcevable, surtout si le ou la partenaire avait des sentiments sincères et devait souffrir de la trahison ou du mensonge. Estelle réalisait peu à peu ce qu'elle perdait, se revoyant le jour de son mariage, marchant au bras de François, il y a tout juste un an, pleinement heureuse et souriante, sûre de son bonheur et de la vie qui s'ouvrait à elle, malgré un contexte qui s'annonçait déjà de plus en plus difficile. Un petit peu calmée, elle se blottit contre Adrien lorsqu'il la serra contre lui, les yeux très rouges et bouffis, le visage gonflé d'avoir tant pleuré. Elle ne devait ressembler à rien, en cet instant précis, il n'y avait que dans les romans ou l'héroïne pouvait pleurer longtemps et rester tout de même très jolie. Pour le moment, Estelle n'était plus qu'une femme trahie et empreinte de douleur. La trahison était si douloureuse, bien plus douloureuse que tout ce qu'elle aurait pu imaginer jusqu'ici. Comme si son cœur saignait.

Adrien – Tu n’y es pour rien, c’est juste un salaud qui s’est moqué de toi. Il n’y a rien que tu puisses te reprocher, tout le monde te le diras. Si tu le veux, on peut t’aider pour les démarches et témoigner en ta faveur. Une fois que tu y verras plus clair, tu pourras continuer ta vie en oubliant ce moins-que-rien. Tout ira mieux, je te l’assure. Tu es une mère merveilleuse, Wyatt ne pouvait rêver mieux, je suis sûr que tout ira mieux très vite.

Estelle – Wyatt a aussi besoin d'un père, murmura-t-elle. Tous les enfants ont besoin à la fois d'un papa et d'une maman, pour bien grandir.

Le cœur trop lourd pour ajouter quoi que ce soit, la jeune femme se contenta donc de poser son front contre l'épaule de son ami, accrochée à lui, refermant les yeux avec un hoquet. Elle ne pouvait pas aux démarches à suivre ou même à divorcer pour le moment, pas temps qu'elle n'avait pas avalé le choc de cette découverte, qu'elle n'avait pas réussi à accepté la vérité. Trahie, trompée depuis des mois, avant même son mariage, la révélation de ce mensonge était terriblement amère. Seule, elle aurait bien du mal à tenir, même pour son fils aîné, heureusement que son ami était là pour l'aider à supporter le coup. Elle pleura de nouveau contre lui, en veillant toujours à ce que Wyatt ne l'entende pas, elle ne voulait pas qu'il demande pourquoi elle pleurait. Il n'avait pas à le subir. Tremblante, elle passa plutôt ses bras autour du cou d'Adrien pour mieux se laisser aller contre lui, avec une brusque envie de s'évanouir, afin de ne plus rien ressentir, de ne plus avoir aussi mal. Il lui fallut un très long moment avant de réussir à se redresser, se retenant à son amie pour ne pas tomber en arrière sur le canapé. Se frottant les yeux, elle s'appliqua à respirer doucement et profondément, les joues rouges.

Estelle – Je sais, c'est idiot de craquer comme ça alors qu'il arrive des choses bien plus graves mais... C'est...

Sentant les larmes monter de nouveau en force, Estelle referma les yeux en se concentrant sur autre chose pour se calmer, se focalisant sur les moments passer à apprendre à marcher et parler à son petit bout de un an, souvenirs joyeux et attendrissants. Elle devait se reprendre pour lui, c'était son rôle, son devoir même. Une mère ne doit pas pleurer devant ses enfants, ils devaient être préservés de ça.

Estelle – Si je demande le divorce, souffla-t-elle d'un ton angoissé, tu ne penses pas qu'on pourrait me prendre la garde de Wyatt ?

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: On doit parler   Sam 25 Juin - 17:43

Estelle – Wyatt a aussi besoin d'un père, murmura-t-elle. Tous les enfants ont besoin à la fois d'un papa et d'une maman, pour bien grandir.

Oui... Oui, il le savait, lui aussi regrettait que son fils n'ait pas sa mère à ses côtés alors qu'il en aurait tant besoin. Tous les enfants, comme disait Estelle, ont à la fois besoin de leur père et de leur mère pour bien grandir. Il tâcha de réconforter son amie du mieux qu'il put, la serrant dans ses bras quand elle eut besoin, sans rien dire, surtout, sans parler. Parfois, souvent même, le silence valait mieux que n'importe quel discours, la jeune mère avait simplement besoin de savoir qu'il était là et ne la laissera pas tomber. Ils restèrent ainsi presque sans bouger, sans parler, il la laissa pleurer autant qu'elle en avait besoin, toujours sans éveiller les doutes de Wyatt qui jouait derrière eux, encore insouciant. D'un certain point de vue, il était plutôt très bien qu'il soit encore si jeune et qu'il ait si peu vu son géniteur, car ainsi, il ne souffrira pas de son départ. Estelle finit par se redresser et il l'aida à s'adosser contre le dossier du canapé, dans une position qui ne soit pas trop inconfortable pour elle, étant donné l'avancement de sa grossesse. Il avait vraiment craint que le choc ne lui fasse provoquer l'accouchement en prématuré, honnêtement, mais non. Il tendit la main pour la poser sur son épaule et serrer un peu, voulant lui apporter un peu de soutien. Il se doutait qu'il lui faudra sans doute plusieurs jours pou avaler le choc.

Estelle – Je sais, c'est idiot de craquer comme ça alors qu'il arrive des choses bien plus graves mais... C'est...

Idiot... Elle avait bien le droit de craquer ! Tout le monde en avait le droit, le tout étant de ne pas courir vers la dépression nerveuse. Il la fit boire un peu de thé, qui commençait à sérieusement refroidir, lui donnant aussi d'autres mouchoirs. Il n'y avait absolument rien d'idiot à craquer dans ce genre de situations et tant pis si d'autres trouveront ça stupide. L'infirmier savait ô combien les peines de cœur pouvaient être très douloureuses, d'autant plus que chacun n'avait pas la même force mentale pour y faire face. La plupart des gens mettront longtemps à s'en remettre alors que d'autres sauront passer aussitôt au-dessus pour continuer leur vie, comme s'il ne s'était rien passé. C'est vraiment très personnel.

Estelle – Si je demande le divorce, souffla-t-elle d'un ton angoissé, tu ne penses pas qu'on pourrait me prendre la garde de Wyatt ?

Adrien – C'est horrible, ce que je vais te répondre... Je pense qu'il ne voudra pas s'en encombrer. Je ne pense pas, en fait, j'en suis sûr. Il n'a jamais rien pour élever son fils, tu t'en es toujours chargée seule. Personne ne peut rien te reprocher, crois-moi.

Il passa un bras autour de ses épaules en l'encourageant. Sans doute en voulait-elle pas y penser maintenant, c'était son droit, elle devait se reprendre avant toute chose. Comme le thé était froid, il alla lui chercher de l'eau à la cuisine, la poussant à boire un grand verre. Il l'aidera dans la procédure de divorce et pour reprendre ses esprits, elle pouvait compter sur lui, sur tous ses amis.

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