1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Tuteur d'un jour

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Tuteur d'un jour   Mer 10 Juil - 15:18

Jasper avait l'impression d'avoir oublié quelque chose d'important. Flânant dans le parc après la fin de son cours, il réfléchissait. Qu'avait-il bien pu oublier ? Tous ses devoirs étaient faits, Ô miracle, sa sœur n'avait aucun problème qu'il aurait pu régler, il n'avait pas de retenue à faire, rien... Il se triturait le cerveau, pourtant persuadé qu'il y avait quelque chose. Rah, mais quoi à la fin ?! Il se baladait près du lac lorsque ce fut le déclic. Directrice. Nouvel élève. Guide. Retard.

Merde !

Faisant demi-tour aussi sec, il courut comme un dératé vers le Pensionnat, sans prendre la peine de reprendre son souffle. Merde, merde, merde, il était en retard maintenant ! La directrice allait le tuer. Déjà qu'elle en lui en voulait pour avoir savonné l'escalier, inondé les toilettes et... Bref, passons. S'engouffrant dans le Pensionnat, ignorant les élèves qui lui jetaient des regards éberlués, il parvint au premier étage. Il entra à la volée dans le dortoir des garçons, complètement essoufflé, et fit un grand sourire d'excuse, criant un bonjour avec entrain. Il s'arrêta près de la dirlo et du nouveau. Madame de Lizeux le présenta brièvement. Bon, ça va, il n'était pas SI à la bourre que ça.

Directrice - Bon, je vous laisse. Jasper, s'il te plaît, je sais que c'est difficile pour toi, mais essaye de ne rien faire de... Stupide. Bonne journée.

Il en resta bouche bée. Roooh !! Comme s'il ne faisait que des choses stupides ! Ça, c'était vraiment bas. et mesquin en plus ! Vexé, il fit une horrible grimace dans le dos de la directrice, puis, se tournant vers Ethan, lui attrapa la main et la serra vigoureusement.

- Salut mon vieux ! Jasper Karinof, 15 ans, ici depuis mes douze ans ! Bienvenue dans cet asile de fous ! Tout le monde est taré ici, mais on s'amuse comme des malades.T'as du bol d'arriver juste avant le week-end, je vais pouvoir te montrer des coins intéressants demain !

Sans lui laisser le temps de répondre ou même de respirer, il le poussa en avant avec lui. Après le déjeuner, ils durent aller tous les deux en cours. Le soir, jasper retint son protégé et lui dit de se tenir prêt dès le matin. Il fila se coucher avec un énorme sourire aux lèvres. On allait s'amuser.

Le lendemain matin, il retrouva Ethan, et l'entraîna dehors sitôt son petit-déjeuner avalé. Ils allaient dans le parc lorsqu'Antoine, son meilleur ami, arriva vers eux en courant.Jasper lui claqua dans la main avec un grand sourire.

- Je dois montrer les lieux à Ethan, tu viens ?

Ils se dirigèrent vers la chapelle, situé à l'écart dans le parc. Le vieux prêtre qui s'en occupait était à moitié sourd et les salua vaguement, claudiquant vers une petite maisonnette avec un panier pleins de légumes. Contournant la chapelle, Jasper montra aux deux garçons une énorme trappe, recouverte de mauvaises herbes. Le regard d'Antoine brilla, devinant où son ami voulait les mener.

- L'entrée des catacombes ! Qui est partant pour y faire un petit tour ?

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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Mer 10 Juil - 17:04

« Salut mon vieux ! Jasper Karinof, 15 ans, ici depuis mes douze ans ! Bienvenue dans cet asile de fous ! Tout le monde est taré ici, mais on s'amuse comme des malades. T'as du bol d'arriver juste avant le week-end, je vais pouvoir te montrer des coins intéressants demain ! »

Quelle énergie débordante… Quelque part, ce garçon aux cheveux d’or me met mal à l’aise. Être aussi ouvert avec une personne inconnue, cela me déroute un petit peu. Mais je me contente de sourire. Sans plus attendre, ledit "Jasper" m’incite à avancer. Une personne aussi vive et pétillante… C’est étrange, mais quelque part, cela me rappelle Nathan.

Au réfectoire, je me sustente avec du pain et de l’eau. Cela fait longtemps que je satisfais mon estomac ainsi. Je n’ai pas faim – et de toute manière, la foule ambiante me coupe l’appétit. Il me faut un effort colossal pour respirer normalement tout en ayant l’air serein.
Cependant, je n’ai plus le temps de réfléchir. Je me retrouve au milieu d’une classe, à devoir apprendre des notions que je connais déjà. Les élèves juchés sur leurs chaises s’ennuient autant que moi, apparemment. Heureusement que Nathan fait le pitre derrière le professeur…

En résumé, cette journée a été une véritable lutte. Je m’effondre sur le lit qui m’est attribué, sans penser au lendemain chargé qui m’attend. Et dire que je dois me lever de bonne heure, d’après mon "tuteur"… Mais moi, je souhaite seulement rester cloîtré dans ma chambre… Je me demande encore quel dessein ce camarade de classe a imaginé…
Finalement, je n’ai presque pas dormi. Une demi-heure, peut-être. La lourde atmosphère qui pèse dans ce pensionnat saturé d’élèves m’accable, même dans l’obscurité (presque) silencieuse de la nuit.

Je finis par me lever et par me préparer. Je porte mon regard sur le réfectoire, déjà rempli de si bonne heure… L’idée de se retrouver au milieu de cette masse humaine me repousse, aussi je décide de ne pas m’y rendre. Je n’ai pas faim. Cela devient presque machinal, à force.

Jasper, toujours aussi dynamique, finit par me faire visiter les lieux. Nous nous promenons sur un petit sentier menant à une sorte de parc lorsqu’un autre individu nous rejoint.

« Je dois montrer les lieux à Ethan, tu viens ? »


Je me lamente intérieurement. Hyperactif, toujours souriant, affichant constamment un air euphorique, et populaire par-dessus tout… Pourquoi diable la directrice m’a-t-elle attribué un tuteur comme cela ?
Tout compte fait, je n’aurais pas du accepter… J’aurais préféré rester seul. Là, je me sens encore plus désorienté qu’avant. Néanmoins, je garde le silence. J’ignore pourquoi, mais… quelque part, j’aimerais briser mes chaînes. Cette entrave que je me suis moi-même infligée. Une sorte d’attache, comme pour me remémorer de ma vie d'antan. Mais ma raison m’empêche de rompre ces liens… Comme si… Comme si…
Mon guide coupe court à mes réflexions :

« L'entrée des catacombes ! Qui est partant pour y faire un petit tour ? »

Je relève la tête. Et voilà, je le savais. Il propose de se lancer dans une entreprise hardie. Nathan, nettement plus enthousiaste, s’exclame :

« Ouais ouais ouais ! On y va ! »

Je détourne mon regard, comme pour lui dire « non ». Je ne veux pas. D’une part, la directrice m’a clairement affirmé que l’accès aux catacombes était formellement prohibé pour élèves. D’autre part, quel intérêt y a-t-il à contempler des squelettes inertes, si ce n’est humer l’odeur de cadavres en décomposition ?

« Justement, c’est parce que c’est interdit que c’est marrant ! »

Je manifeste une nouvelle fois ma désapprobation en faisant un pas en arrière. Si je suis venu ici, ce n’est sûrement pas pour avoir des ennuis. Mais Nathan ne me prête aucune attention : il est bien trop occupé à guigner l’entrée. Et quand il est comme ça, il n’y a plus rien à faire. Résolu à aller jusqu’au bout, mon meilleur ami s’empresse de pénétrer dans les catacombes et s’enfoncer dans l’obscurité.
Mon sang ne fait qu’un tour. Je n’hésite pas une seule seconde, et je cours pour le rattraper en criant :

« Attends ! »

Me voilà perdu dans ce dédale de pierre gigantesque... Je suis là, assis par terre à côté d'un squelette. Et je n'ai plus qu'à attendre.


Dernière édition par Ethan Meyer le Sam 24 Aoû - 17:29, édité 2 fois
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Jeu 11 Juil - 21:48

Ethan releva la tête, puis la détourna, quelques secondes plus tard. Il n'avait pas l'air particulièrement emballé par ce projet. Antoine, bien au contraire, arracha les mauvaises herbes de l'entrée et l'ouvrit en grand, prodigieusement intéressé. Jasper se pencha à son tour. une puissante odeur de renfermé le saisit à la gorge, le faisait violemment tousser. C'était terriblement excitant de se dire qu'il avait là l'entrée, l'accès aux profondeurs du Pensionnat. C'était comme une entrée sur l'Histoire !

Antoine - Terrible ! Qu'est-ce qu'on attends ?

Le nouveau recula d'un pas, l'air effrayé. Jasper secoua légèrement la tête. Il n'avait pas envie de le traumatiser dès le début... Malgré tout ce qu'on pouvait dire de lui, il savait aussi être gentil et attentionné lorsqu'il le voulait. Et pas question d'autant brusquer le nouveau dès le début s'il n'était pas prêt à les suivre dans leur délire. Cependant, il agrandit soudainement les yeux, comme choqué, et hurla « Attends ! » avant de se précipiter en courant dans le passage.

Bouche bée, Jasper regardait alternativement le passage et son meilleur. D'accord. Ça, c'était... original. A qui avait-il hurlé attends, au juste ? A moins que le jeune n'ait loupé un épisode. Il échangea un regard perplexe avec Antoine, puis finit par hausser les épaules. Ce n'était pas grave après tout. Retrouvant son entrain habituel, il désigna la trappe du doigt.

- On le suit ?

Antoine - Ouais... Mais il a l'air bizarre, ce mec.

- Plus bizarre que toi le jour où tu as découvert à quoi servait les règles des fi... Aïe !

Il se massa le crâne puis suivit son meilleur ami dans les profondeurs des catacombes. Jasper se concentra, puis fit apparaître quelques petites boules de feu qu'il fit voleter autour d'eux pour les éclairer. Les couloirs étaient bien droits et très propres. Recouverts intégralement de crânes... Génial ! Ils suivirent le chemin jusqu'à trouver Ethan, assit par terre près d'un squelette quasiment entier. Jasper lui tendit la main pour l'aider à se relever.

- Attends-nous, la prochaine fois, mon vieux, tu aurais pu te perdre !

Il éclata de rire, comme incapable de s'en empêcher. Antoine leva les yeux au ciel avec un énorme soupir.

Antoine - Je suis ami avec un imbécile hyperactif... J'espère que toutes ces années me seront décomptées lors de ma période au purgatoire.

- Avance au lieu des âneries, crétin.

Il lui ébouriffa les cheveux, s'attirant un grognement et un "Nan, j'ai horreur de ça !", avant de se remettre en marche. Après quelques minutes, ils débouchèrent sur une immense salle. On y avait reconstitués des centaines de squelette, figés dans diverses positions. Le tout formait une place de marché, où les morts "achetaient" des os en payant avec des crânes. C'était fascinant, et Jasper s'y avança, émerveillé.

- C'est extra !

Antoine - Ouais, des squelettes reconstitués en train de faire leurs courses... Je voudrais savoir qui sont les malades qui les ont recollés et mis comme ça.

- Ce sont les vivants qui font le mal, répliqua Jasper d'un ton plus sérieux. Les morts sont inoffensifs.

Il se tourna vers Ethan, resté un peu en arrière.

- Qu'est-ce que tu en dis, toi ?

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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Sam 13 Juil - 0:59

HRP:
 

« Attends-nous, la prochaine fois, mon vieux, tu aurais pu te perdre ! »

Je relève la tête. J’ignore si je devrais me réjouir. Cela peut sembler contradictoire, mais… Même si j’étais perdu, dans le noir, en attendant la venue d’une quelconque personne pour me sentir de là, je me sentais bien… Ce devait être la première fois que je demeurais là, isolé entre quatre murs, totalement plongé dans un brouillard obscur.
Je soupire discrètement, mais je me remets rapidement à arborer mon sourire habituel. Alors que Jasper a un éclat de rire, son ami soi-disant nommé « Antoine » désespère :

« Je suis ami avec un imbécile hyperactif... J'espère que toutes ces années me seront décomptées lors de ma période au purgatoire. »
- Avance au lieu des âneries, crétin. »


Il faut que je me rende à l’évidence : je n’y arrive pas. Et je n’y arriverai sûrement jamais. Bien que j’essaie d’établir de nouvelles relations, quelque chose m’en empêche. Dans ma tête, ce n’est plus qu’un chaos inextricable de difficultés à m’ouvrir aux autres. Je ne sais pas… J’ai besoin d’encore un peu plus de temps…
Nathan me nargue :

« Oh, allez, ne sois pas si mélodramatique… »


Il me ramène à la réalité : je remarque que notre petit groupe d’expédition est finalement arrivé dans un lieu pour le moins intéressant. Une salle monumentale où s’exhibe une quantité considérable de squelettes dans des postures hétéroclites, le tout formant une sorte de braderie quotidienne. Plus qu’une scène de transaction entre tas d’os, c’est peut-être la manifestation d’un évènement surnaturel…
Depuis que je connais mon pouvoir, je ne cesse de me poser des questions. Si cette sorte de « magie » existe, d’autres mythes ne seraient-ils pas eux-aussi, bel et bien réels ? Les vampires, les sirènes, les fées… Et ici, des squelettes animés…
Ce ne sont que des conjectures reposant sur la psychologie, bien évidemment : rien ne prouve qu’ils n’existent pas. Mais l’inverse fonctionne tout aussi bien. Peut-être même que le fait de manipuler l’imaginaire collectif est l’objectif de certaines personnes dissimulées dans l’ombre…
Je suis bien trop subjugué par toute cette histoire que je n’écoute pas mes deux compagnons. Du moins, jusqu’à ce que le blondinet n’affirme sérieusement :

« Ce sont les vivants qui font le mal. Les morts sont inoffensifs. »

« Les morts sont inoffensifs. »  "Inoffensif…" Ce mot résonne dans ma tête comme une complainte harmonieuse, presque comme une douce litanie qui se répète en boucle.
Je prends ma tête entre mes deux mains. Un requiem.

Je me souviens de cette pensée… Cette longue réflexion sur le trépas, les morts et l’au-delà. Je me suis longuement demandé ce que la mort – ou plutôt, le meurtre de mon père, m’a apporté. J’ai longtemps et naïvement présumé qu’il était la source de tous mes maux. Et que si je l’avais supprimé, c’était peut-être parce que je croyais que tout s’arrêterait. Comme si rien n’avait existé.
Je tremble.
Mon père est mort, n’est-ce pas… ? Alors pourquoi ce cauchemar, MON cauchemar continue-t-il ?!
Je cherche du regard Nathan, qui me fixe d’un air grave.
J’affiche un grand sourire et j’essaie de me calmer. Je ne dois surtout pas sortir de mes gonds. Pas devant des personnes que je connais à peine.

« Qu'est-ce que tu en dis, toi ? »

Sans réfléchir, je saisis le premier objet qui m’arrive entre les mains pour le lancer sur Jasper. Je réalise, mais trop tard, que je viens de lui balancer un crâne dessus.
Dans mon acte non désiré de barbarie de courte durée, j’ai réussi à renverser un squelette violemment. Celui-ci atterrit sur ses frères osseux avec fracas. Et comme un malheur n’en arrive pas sans un autre, les squelettes s’effondrent les uns après les autres sur leurs voisins, tels des dominos.
Nathan pouffe de rire :

« Eh beh, tu peux te monter violent quand tu veux ! »

Là, j’ignore totalement ce que je dois faire. Ce mouvement indépendant de ma volonté vient de me trahir. Désespéré, j’essaie de rectifier le tir :

« Je suis désolé... Je ne voulais pas faire ça. »

Fort heureusement, ce ne sont que des crânes à moitié délabrés, ayant perdu toute structure solide. Pourtant, un horrible frisson me parcourt l’échine. Comme si je viens à l’instant de commettre une erreur irréparable, et qu’une malédiction digne d’une incantation vaudou s’est abattue sur moi.
Je sens les dalles de pierre en train de trembler sous mes pieds.

« … Ah ? »

Je m’effondre, je glisse, je tombe, je chute de plusieurs mètres dans un vacarme assourdissant. Je roule, je me blesse, mais j’essaie de m’agripper à quelque chose pour ralentir cette fulgurante descente aux enfers. En vain.
Quelques minutes plus tard, mes yeux finissent par s’ouvrir de nouveau. Dans un élan de lucidité, je cherche mon tuteur : nulle trace de lui. Alors, je regarde autour de moi : des ruines à moitié effondrées, de l’eau qui m’arrive aux chaussures, et des squelettes. Encore une fois.
J’hurle :

« JASPER ?! »

Pas de réponse. De combien de mètres ai-je chuté, au juste ?
Je me relève avec difficulté, et je réalise que mon bras me fait horriblement souffrir. Peu importe : je dois sortir de ce lieu sinistre… Par chance, j’ai subtilisé emprunté une lampe de poche au Pensionnat : la lumière artificielle me permettra d’y voir un peu plus clair.

Les inscriptions étranges sur les pierres attirent mon attention. Sont-ce des hiéroglyphes ? … Non, beaucoup trop singulier pour y ressembler.
Et si cet endroit est… un mystère non découvert de l’histoire ?! Ce serait tellement excitant !

La joie qui s’empare de moi cesse immédiatement lorsque je crois voir une chose bouger. Je l’éclaire furtivement avec ma lampe : un banal squelette.
Cette chute a également l’air d’avoir affecté ma vision ou mon esprit. Je me sens tout embrumé… Mais là-bas, je vois un autre objet se déplacer.
Calme-toi, Ethan… Tu vas devenir paranoïaque, à force…
C’est ce que je pensais. Avant de constater qu’une main squelettique me saisit l’épaule.

Je porte ma main à la bouche pour ne pas hurler, et je cours. Sans réfléchir.


Dernière édition par Ethan Meyer le Sam 24 Aoû - 17:29, édité 2 fois
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Sam 13 Juil - 11:28

Un crâne ce fut d'un crâne que le nouveau se saisit brusquement pour le jeter sur lui. Jasper se baissa vivement et l'évita. Bons réflexes, acquis par des années de pratique, lorsqu'il évitait son père voulant le battre pour ses bêtises ou son refus de suivre ses ordres. Ethan avait trébuché à moitié sur un squelette, le renversant, ce qui entraîna une bonne dizaine d'autres dans sa chute.

Jasper le fixa un instant, éberlué. Ce mec était totalement malade ! Un vrai dingue, pire que lui, malgré certaines personnes qui jugeraient cela impossible. Ou alors, il était terrorisé et s'en prenait à lui pour ça. Très bien. Il aurait aimé visiter les catacombes plus avant, mais le nouvel élève n'avait pas l'air en état. Soit il était fou, soit il avait peur, et dans les cas, il était inutile de rester ici. D'ailleurs, c'était bien pour cela qu'il n'avait pas emmené Laura avec lui, pas question de lui filer des cauchemars.

Ethan - Je suis désolé... Je ne voulais pas faire ça.

Alors fou, mort de peur ou simplement un peu perdu ? Difficile de juger. Enfin, peu importe, il était sans doute tant de revenir à des activités un peu plus calmes. Comme verser de l'encre dans le bénitier de la chapelle, repeindre les tableaux des salles de classe en rose, relâcher toutes les souris blanches dans les classes de sixième et de cinquième, lâcher des couleuvres dans le réfectoire pendant le déjeuner, jetant du savon dans la soupe du soir... Les possibilités étaient infinies ! Il avait retrouvé sa complète bonne humeur rien qu'en songeant à tout cela.

Il ouvrait la bouche pour en faire part aux deux autres lorsque le sol se mit à trembler. Puis à se fissurer. Dangereusement... Jasper poussa un cri d'alerte et se jeta en arrière, poussant violemment Antoine sur le côté. Il tendit la main pour rattraper Ethan, frôla son bras sans parvenir à le tirer avec lui, et le vit avec horreur s'effondrer dans le trou béant, dans le sol qui s'effondrait. Eux-même reculèrent, se jetèrent en arrière.

Un grand silence suivit le fracas. Ethan avait disparu, le sol était à moitié effondré... Ok. SURTOUT, ne pas paniquer ! Jasper se releva et se précipita au bord du trou. On ne voyant rien, mais il y avait sûrement plusieurs mètres de profondeur. Il crut entendre son prénom, crié plus bas, mais c'était faible et lointain. Merde. Merde, merde, merde ! On lui confiait le nouveau, et lui, tout ce qu'il arrivait à faire, c'était de le mettre en danger ! Et s'il était blessé ?! Par sa faute ?! Il grogna puis tira sa lampe de poche de son sac.

- Antoine, va chercher de l'aide. Il est peut-être blessé. Moi je le rejoins.

Son ami, blême, hocha la tête et courut vers la sortie. Jasper coinça sa lampe entre ses dents, cala son sac à dos, puis descendit dans le trou. La lampe lançait un halo éparse et qui se baladait partout selon les mouvements de sa tête. S'agrippant aux parois, le jeune homme entreprit une lente désescalade. Descendre était bien plus dur que grimper, et il progressait lentement, ignorant combien de mètres de vide s'ouvraient sous lui. Pourvu qu'Ethan soit vivant... Là, il ne se le pardonnerait pas.

Après ce qui lui parut être une éternité, il toucha enfin le sol. Et fit balayer sa lampe sur l'endroit. Absolument aucune trace d'Ethan. La bonne nouvelle, c'était qu'il était vivant et capable de se déplacer. La mauvaise, c'est qu'il n'avait pas attendu les secours sur-place. La lumière tomba sur un autre squelette, posé contre un tas de pierre. Jasper fit quelques pas vers lui en soupirant.

- T'aurais pas vu un gars par ici, vieux ?

Oui, il parlait à un tas d'os, et alors ? Sauf que le tas d'os en question tendit tout à coup le bras vers un tunnel qu'il n'avait pas remarqué. Jasper poussa un cri de terreur et frappa le squelette sans réfléchir. Une fois qu'il fut réduit en morceaux, il se sentit néanmoins assez ridicule. Ce n'était sans doute que son imagination qui lui avait joué un tour. Il soupira, rehaussa son sac, puis partit à la recherche d'Ethan.

L'endroit était assez glauque, et avec un silence total. Jasper ignorait depuis combien de temps il marchait. Sa seule idée était de retrouver Ethan, sortir de là avec lui, et ne plus remettre les pieds ici. Enfin, pas sans certaines conditions Ce dont il était certain, en revanche, c'est que JAMAIS sa sœur ne devra poser ne serait-ce qu'un seul orteil dans cet endroit ! Ce n'était pas fait pour elle.

Il découvrit une succession de longues salle, et des os. Des os là, ici, partout, sur le sol, les murs et le plafond. Des tas et des tas d'os, de crâne, de squelette, une très forte odeur de mort partout. Pourquoi en rassembler autant dans ce genre d'endroits ? Par sens artistique ? Il trouvait ça bizarre, tout de même. Il fallait être complètement tordu pour faire ça, même si c'était, en un sens, assez fascinant.

Tournant un angle du couloir, il aperçut tout à coup^des os se détacher sans raison et rouler à ses pieds. Mmmh ? Il en ramassa un et l'examina. Il était chaud. Chaud ? Se rapprochant du tour, il examina le trou d'où ils venaient. Un mur rougeoyant, comme s'il était fait de lave, ou comme si des cendres couvaient là. Il y approchait ses doigts lorsqu'un bruit derrière lui l'alerta. Se retournant lentement, il vit tous les os des murs et du plafond se détacher, de plus en plus vite, éclatant au sol et formant une immense vague fonçant sur lui.

Le sang de Jasper ne fit qu'un tour et il courut à toutes jambes pour échapper à cette vague blanche et hurlante, sans savoir où il allait. La vacarme était effrayant, il toussait de cette poussière post-mortem affolante. Sans qu'il puisse comprendre pourquoi, une phrase de son père lui revint à l'esprit, entendue alors qu'il était tout petit.

"Le but, c'est de surprendre. Pour s'en sortir, il faut faire une action à laquelle ton adversaire n'aura jamais pensé."

Une action, une action, une action, heuuuuu... Il réfléchissait à toute vitesse tout en courant, fébrile, et découvrit soudain une niche, plus loin, vers le haut du mur. Une niche qui avait dû abriter une statue autrefois. Il accéléra l'allure, crocheta des aspérités du mur pour grimper, et parvint à atteindre la niche. Il s'y pelotona puis replia les jambes, se protégeant la tête.

La vague passa en rugissant. plusieurs os se fracassèrent contre lui, alors que la masse poursuivait sa course furieuse et effrénée. Il attendit, les yeux fermés. Au bout de plusieurs minutes, le calme revint complètement. Un peu tremblant, il se redressa, crachant de la poussière et meurtri. Il soupira de soulagement.

- Ethan Meyer, marmonna-t-il entre ses dents, Où que tu sois, t'as intérêt à m'attendre.

Il secoua la poussière blanche de ses vêtements, et reprit sa route, déterminé.

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Sam 13 Juil - 15:25

Du soleil ! Une belle journée et tout ce qu’il fallait pour pouvoir passer une journée dehors, dans le parc, à bronzer ou à prendre un simple bain de soleil. Adossée à un arbre dans le parc, Laura s’amusait à faire apparaitre des petites boules d’eau dans ses mains, s’exerçant à maitriser enfin son don à petites doses. Et puis, il faisait chaud, elle pouvait bien se permettre de s’entrainer dehors sans gêner personne. Elle était en ordre au niveau de ses devoirs, de ses leçons à étudier… Alors, maintenant, un peu d’entrainement aquatique ne lui ferait aucun mal. Faisant tournoyer des petites gouttelettes d’eau dans ses mains, la jeune fille regardait distraitement ce que faisaient les autres élèves du parc. Certains lisaient, d’autres jouaient, d’autres encore travaillaient… Il y en avait pour tout le monde, en somme, chacun trouvait son compte et avait de quoi faire. Et puis, Laura avait un peu de temps à occuper puisque son frère s’occupait du nouvel élève d’après ce qu’il lui avait dit. Il l’avait introduit dans le duo qu’il formait avec son meilleur ami, Antoine, et comptait lui faire visiter le Pensionnat. Au moins, avec cela, le nouveau serait intégré sans aucun problème. Mais peut-être était-ce un peu risqué…

Sûrement, même. Jasper pensait, depuis quelques jours, à aller visiter les catacombes. Laura aussi, elle lui avait souvent demandé s’ils ne pouvaient pas y aller ensemble mais il avait toujours refusé. Pourquoi ?! Elle n’était pas petite, elle n’allait pas avoir peur et puis, avec son grand frère, elle n’avait jamais peur. Boudeuse, Laura avait donc cédé en disant qu’elle abandonnait son idée de l’accompagner lorsqu’il visiterait les catacombes. Même si l’envie de les visiter ne la quittait pas une seule seconde tant cet endroit l’intriguait. Elle n’en avait jamais vu de sa vie et chaque occasion de découvrir des choses était à prendre. Sa mère le lui avait souvent dit, lorsqu’elle pouvait s’instruire, ne pas reculer pour prouver que les femmes ont aussi leur mot à dire. C’était une des rares paroles que Laura avait retenu, pour une fois que sa mère disait quelque chose de gentil et de « confidentiel ». Une chose « entre filles ». Un truc secret, quoi ! Mais elle ne l’avait pas dit à Jasper. C’était un truc de fille et puis, il n’avait pas besoin de le savoir.

Soudain, Laura vit Antoine courir en venant de la chapelle. Hein ? Tout seul ? Mais Jasper n’était jamais loin, lorsqu’Antoine était là ! Les avait-elle seulement vu une seule fois l’un sans l’autre ? Enfin, exception faite lorsque son frère restait avec elle, bien sûr. Mais là, pas de Jasper. Et pas de tête inconnue non plus… Alors qu’ils étaient à trois, normalement. Et s’il était arrivé quelque chose ? Elle attendit quelques instants, s’aplatissant dans l’herbe pour qu’il ne puisse pas la voir. Jasper. Son grand frère. S’il était tombé, s’il était coincé ? Ou, pire, s’il était gravement blessé ? Jasper ! Son grand frère, elle l’imaginait déjà avec plein de sang partout. Oui, mais elle lui avait dit qu’elle n’irait pas dans les catacombes. Et, vu l’endroit d’où venait Antoine, ils étaient sûrement dans les catacombes. Y aller, ou rester ici ? Mais si jamais Antoine les avait lâchés ? Ou si Antoine était parti chercher de l’aide, mais qu’il revenait trop tard ? Peut-être Laura pouvait-elle faire quelque chose… Oh, et puis, tant pis, il n’y avait pas de temps à perdre ! Mais il fallait quelque chose. Une corde, ou des feuilles, ou… N’importe quoi pour soigner s’il le fallait. Vite !

Filant à toute vitesse vers l’école, Laura se faufila en douce à l’infirmerie et prit quelques compresses avant de ressortir aussi vite qu’elle n’y était entrée. Par chance, sa petite taille et son air angélique faisait que les grandes personnes la sous-estimaient souvent. Elle fila alors vers la chapelle et repéra l’entrée des catacombes sans trop de difficulté : Antoine avait tout laissé ouvert. Un truc pour s’éclairer, maintenant… Et une corde. Ou une liane. Ou… Peu importe, quelque chose pour les aider et ne pas perdre son chemin, comme dans un labyrinthe ! Après tout, si jamais Laura tombait sur son grand frère et qu’il n’avait rien, elle devait lui montrer qu’elle avait pris toutes ses précautions. Après quelques minutes de recherche, sentant l’inquiétude et le désespoir la gagner tandis que des larmes commençaient à perler au coin de ses yeux, l’adolescente trouva une corde et une lampe de poche un peu après. Essuyant ses larmes, Laura ne réfléchit pas une seconde de plus et entra par l’entrée découverte par Antoine. Hum. Il faisait noir, là-dedans. Très noir. Réticente, elle cria d’une voix apeurée :

Laura – Jasper ?

Aucune réponse. Et s’il était inconscient ? Et si le nouvel élève était un psychopathe ? Ou s’il l’avait enlevé et qu’il le retenait contre sa volonté ? Comment ils appelaient ça, déjà ? Ah oui, « contre son grè »… Non, « gré ». Enfin, un kidnappang, quoi. Non, kidnapping… Oui, voilà. Si jamais il l’avait kidnappé ? Mais c’était sombre. Il faisait noir, là-dedans. Tant pis, c’était son frère, elle ne pouvait pas l’abandonner ! Criant de nouveau, même si elle savait qu’elle n’aurait aucune réponse, Laura se pencha un peu vers l’entrée :

Laura – Jasper, j’arrive, bouge pas !

Tremblante, Laura s’avança donc dans les catacombes, lampe de poche à la main. Courage, il faisait noir, oui, mais il n’y avait rien de bien dangereux dans ces catacombes. Après tout, les catacombes, c’était un endroit où on gardait les morts, non ? Dans le pire des cas, elle croiserait des fantômes, comme dans la légende de Sallat. Et puis, les fantômes étaient gentils… Non ? Peut-être. De toute façon, Laura ne pouvait pas laisser son grand frère tout seul s’il était blessé ! Serrant les compresses contre sa poitrine, Laura se mit en marche. Elle éclairait chaque recoin, sursautant au moindre bruit. Elle tomba sur des squelettes aux formes bizarres et ne put réprimer un cri strident, s’empêchant de le prolonger en plaquant sa main sur sa bouche.

Laura * Pense à Jasper. Il a besoin de toi.

D’un pas décidé, Laura prit une profonde respiration. Heum. Mauvaise idée. L’endroit puait tellement qu’il lui provoqua une toux longue de quelques minutes. Lorsqu’elle fut enfin calmée, elle continua à avancer en poussant de réguliers « Beurk » dès qu’elle tombait sur un crâne ou un squelette. Cet endroit était dégueulasse. Répugnant. C’était vraiment… Beurk. Ce qui était sûr, c’est que Jasper avait raison en disant qu’elle n’aurait pas dû mettre les pieds ici. Mais, de toute manière, elle n’allait pas laisser tomber cette fois, elle imaginait des trucs plus graves les uns que les autres. Que ferait-elle, sans son grand frère ?

Laura retint un hoquet d’horreur, arrivant à un énorme trou dans le sol. Trop gros… Non ! S’il était tombé dedans ? C’était pour ça qu’Antoine était sorti ! Ils étaient tombés ! Eclairant le trou dans l’espoir de voir son frère, elle constata que c’était profond. Très profond. Heu… Descendre là-dedans ? Comme ça ? Se mordillant les lèvres, hésitant un bref instant, Laura regarda la corde qu’elle avait emportée avec elle. Bon, peut-être cette dernière n’était-elle pas assez longue, mais… C’était un début, non ? En tout cas, elle était lourde. Resserrant ses doigts autour du tas de corde, Laura chercha un endroit où elle pourrait attacher le bout pour ne pas tomber à son tour. Ce qui ne lui prit guère longtemps : un morceau de squelette bien ancré dans le sol. Elle en testa la solidité en tirant dessus comme une forcenée mais rien, il ne bougea pas. Parfait. Y attachant le bout de la corde pas loin du trou, Laura coinça la lampe de poche en-dessous de son bras et entreprit sa descente. Une descente horrible durant laquelle elle faillit lâcher la corde plusieurs fois tant elle avait peur. Cet endroit était dégoûtant ! Répugnant ! Courage…

Après une descente interminable, peut-être à cause de sa taille, Laura arriva au bout de la corde. Ses mains brûlaient et elle ne sentait même plus ses articulations. Hum. Comment faire, maintenant ? Bon, peut-être que le trou était presque fini… Non ? Mais comment vérifier ? Essayant de trouver le meilleur appui possible, elle coinça la corde entre son bras droit et sa poitrine et prit la lampe de poche pour éclairer le bas du trou. La bonne nouvelle, c’est que le fond n’était pas loin. La mauvaise, c’est qu’il n’y avait aucune trace de Jasper. Ni du nouvel élève. Laura ne pouvait pas remonter, elle n’en avait pas la force. Peut-être s’était-elle trompée, peut-être avaient-ils continué leur chemin. Et maintenant, elle était coincée. Commençant à paniquer, pensant qu’elle était coincée à présent et qu’elle allait se faire engueuler, perdre son frère, elle sentit les larmes couler le long de ses joues. Elle s’agrippa à la corde comme si c’était sa dernière amie, dans l’espoir de trouver une dernière vague de force. Elle resta là, figée sur son bout de corde cinq bonnes minutes avant de se reprendre. Il y avait sûrement des passages secrets, ici aussi, non ? Il n’y avait pas qu’une entrée… N’est-ce pas ? Son grand frère le lui avait souvent répété, elle l’avait déjà souvent lu dans de vieux livres, aussi. Une entrée, plusieurs sorties.

Laura – Allez, t’as plus le choix.

Décidant de lâcher la corde pour s’agripper à la paroi répugnante, Laura eut une vague de nausées en sentant l’odeur et les trucs qu’elle touchait pour descendre. Oublier ça. Ne pas y penser. Il ne lui fallut que quelques minutes supplémentaires avant de toucher le « sol ». Enfin… Les squelettes, plutôt. Parce que, oui, le sol bizarre qu’elle n’avait pas identifié avec sa lampe était composé de squelettes tout dégoûtants. Eclairant les parois, Laura découvrit une entrée pointée bizarrement par un squelette. Bon… Ne pas faire attention. C’était son imagination. Mais si Jasper y était ? Et s’il était blessé ? Elle ne pouvait plus reculer, de toute manière.

Laura – Jasper ? Tu m’entends ? Tape sur quelque chose !

Peut-être était-ce son imagination, encore une fois, mais elle entendit quelque chose. Ou alors, peut-être était-elle dans la bonne direction ? Un tout petit espoir faisant surface, Laura se faufila dans l’entrée pourrie, réprimant un nouveau dégoût. Bon. Avançons. Il n’était pas loin… Il ne pouvait pas être loin.

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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Sam 13 Juil - 18:53

« Un squelette vivant ?! » s’écrie Nathan, émerveillé.

Mais moi, je trouve cela effrayant. Depuis tout à l’heure, l’angoissant protagoniste digne des récits d’horreur me pourchasse. L’épouvantable cliquetis de chacun de ses os en mouvement me donne une idée de la distance à laquelle il se trouve par rapport à moi.
Je cours depuis plusieurs minutes, et je daigne enfin prêter attention au décor qui m’entoure quand je me sens en sécurité. Toujours cette écriture ancienne et indéchiffrable… Heureusement, les quelques épigraphes gravés dans la pierre me font comprendre qu’il s’agit d’une civilisation désormais disparue. Je ne parviens pas à déchiffrer l’époque à laquelle ce peuple vivait – le Moyen-âge ? Je jurerai voir des épées…
Ce dont je suis convaincu, c’est la cause de leur extinction : la guerre. Du feu, du sang, des morts en profusion. Mais que font toutes ces ruines d’une valeur inestimable dans… des catacombes ?

Je tente d’éclairer à l’aide de ma lampe la pierre pour connaître le fin mot de l’histoire, mais l’édifice demeure sévèrement endommagé…
Et là, je me retrouve nez à nez avec l’abominable squelette de tout à l’heure.
Je crie.

[…]

« Il m’a eu par surprise. Tu voulais que je fasse quoi ?
- Te défendre d’une autre manière. Parce que le frapper dans le crâne avec le seul outil qui peut t’aider à te sortir de là, c’est pas très malin.
- Je te rappelle que mon autre bras étant inutilisable, je n’avais pas d’autre choix que de lui asséner un coup avec mon seul membre valide. »


Excellent. Maintenant, ma lampe de poche s’éteint et se rallume de manière totalement aléatoire ; je distingue avec davantage de difficulté les ruines et les murs.
Je trébuche deux fois, avant d’arriver dans un étroit couloir. Je réalise que de larges trous parsèment les murs. Une minute… Pourquoi il y a des squelettes allongés ?

« Fais gaffe, il y en a un avec une épée qui se relève, là… Et il a pas l’air très content… »

En fait, ce ne sont pas des trous, mais des lits de pierre encastrés dans les murs. Ou quelque chose qui s’y apparente. Et visiblement, ma nouvelle connaissance n’a pas apprécié le fait que je vienne troubler son éternel sommeil… La situation devient TRÈS alarmante.
Je commence à saisir pourquoi l’entrée aux catacombes est interdite. Il y a des choses qu’il vaut mieux garder secret pour le commun des mortels…

Ce guerrier en os a l’air inépuisable… Cela doit bien faire cinq minutes que j’essaie de le semer, mais il me poursuit sans relâche !

« Là-bas ! De l’eau !
- Qu’est-ce que c’est ? Une rivière souterraine ? Non, on dirait plutôt…
- Mais on s’en fiche ! T’as un squelette fou furieux qui te pourchasse, je te signale ! Et il a une vraie arme, lui ! »


L’eau glacée me parvient jusqu’au bassin, et j’arrive à ressortir de l’autre côté de la rive avec succès. Mais mon opposant n’abandonne guère et continue à me harceler tel un amoureux transi.

« Mais qu’est-ce qu’il lui faut, à lui ?!

- Je ne pourrais jamais le semer… »


Franchement désespéré, je cherche une ultime solution pour me débarrasser de ce fauteur de troubles.
Mais… C’est vrai ! J’ai toujours mon pouvoir !
Alors que mon ami squelette se rapproche petit à petit de moi, je me concentre pour tenter de faire quelque chose d’utile.
Allez, allez, allez...
Finalement, le psychopathe squelettique soulève son épée comme un bourreau, et tranche littéralement mon visage. Enfin, ce c’est que je pensais lorsqu’il m’a effleuré la joue.

« Wouah, je pensais vraiment que c’était la fin pour toi… »

Je relève les yeux, et je vois mon ennemi, gelé dans cette magnifique rivière de glace – une petite parcelle, au moins. Je ne suis pas puissant au point de tout faire périr dans un hiver éternel.
Je recule de quelques pas et pousse un soupir de soulagement.

« Euh, faudrait que tu t’en débarrasse avant qu’il ne se remette à bouger, tu ne crois pas ?

- … Tout juste. »


Je fracasse son buste avec un violent coup de pied. Rien de bien difficile quand votre adversaire est gelé.
Toutefois, fasciné par la valeur historique de l’épée, je m’en empare. Et puis, c’est toujours une meilleure arme qu’une lampe de poche…
Bon, constatons les dégâts : un bras cassé, une joue entaillée et saignante, un pantalon trempé, une lampe torche cassée, et moi, complètement épuisé.
Tous ces efforts m’ont donné un petit creux. Il me faut un bout de pain…

« Hey, là-bas, y a un champignon ! »

J’identifie le fongus avec difficulté… Je ne l’ai jamais vu, même pas dans des ouvrages encyclopédiques… Et s’il est toxique ? Oh, et puis, dans ce genre de situation, on ne réfléchit plus. On essaie de survivre.
Je le mange.

HRP:
 
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Dim 14 Juil - 10:11

Jasper se souvenait vaguement de la première fois où on lui avait parlé des catacombes. Il avait onze ans, entrait dans sa première année au Pensionnat, et c'était un grand de Terminale qui lui avait parlé de tout ça. en ajoutant que les différentes entrées étaient fermées, pour des raisons de sécurité. Sur le coup, Jasper n'avait pas vraiment compris ce qu'il pouvait y avoir de dangereux dans des couloirs tapissés avec des crânes. Aujourd'hui, en revanche, il comprenait mais vraiment, vraiment très bien.

Règle numéro numéro un lorsqu'on tient à sa peau, ne JAMAIS défier bêtement quelqu'un de plus grand et plus fort que vous. Il venait de l'apprendre à ses dépens... Et courait à en perdre haleine, bénissant pour la première fois de son existence l'acharnement de son père à faire de lui un être athlétique. Pourtant, tout avait bien commencé. Il avait trouvé une autre salle, avec un grand, très squelette encore habillé d'habits riches et griffés, et portant une couronne. Et des centaines de squelettes couchés par terre autour de lui. Fatigué et de mauvaise humeur, il avait salué le vieux roi en ricanant. Et lui s'était levé, en brandissant son épée, criant à la guerre. Roi qui le poursuivait maintenant, suivi de toute son armée.

Il prit un virage en dérapant, le cœur battant à un rythme effréné, alors qu'au moins deux cents squelettes le poursuivait avec leur roi en tête. Heeeelp ! S'il sortait de là vivant, il jurait grand dieu de ne plus jamais s'approcher des catacombes, il le jurait ! Et les autres derrière lui, qui courraient et hurlaient, infatigables. Soudain, au bout d'un couloir, il aperçut une silhouette familière. L... Laura ?! Non, ce n'était pas possible, c'était une hallucination ! Mais la situation chauffait, alors hallucination ou pas...

Sans même ralentir, il cria son nom, l'agrippa avec lui au passage et l'entraîna dans sa course, la tenant par la main. Elle était on ne peut plus réelle. Mais que fichait-elle ici, alors qu'elle lui avait promis de ne jamais venir ici ?! Enfin, remettons cette question à plus tard, il y avait plus urgent, là ! Il lui cria de courir plus vite, lui serrant la main, terrifié. Vite, plus vite, beaucoup plus vite. L'armée derrière eux pétait la forme, malgré le fait que chacun de ses membres soient morts depuis des centaines d'années !

La peur et la panique, l'adrénaline surtout, lui redonnèrent des forces. S'arrêtant soudain, il poussa sa sœur dans un coin et fit face à l'armée rugissante qui venait sur eux. Concentrant son pouvoir dans ses mains, il le jeta sur les os répandus au sol, élevant de ce fait une immense barrière de flamme. Les squelettes flambèrent comme des torches, retombant en poussière.

Jasper s'éloigna du feu qui flambait joyeusement. Pfiouh... Tremblant, il se retourna vers sa sœur puis lui colla une immense gifle sans prévenir.

- Qu'est-ce que tu fous ici ? hurla-t-il.

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Dim 14 Juil - 16:44

Laura continuait à marcher prudemment, mais il faisait de plus en plus froid et humide. Finalement, partir à la recherche de son frère n’était pas une bonne idée… Il y avait plein de galeries, de tunnels, plusieurs passages différents et des passages qui se divisaient en trois parfois. Elle paniquait. Comment allait-elle faire pour retrouver Jasper dans ce dédale de pierres et de crânes terrifiant alors qu’il ne lui répondait même pas ? Elle était perdue. Cela faisait maintenant vingt minutes qu’elle marchait à l’aveuglette, et toujours aucune trace de Jasper. Et puis… Elle avait l’impression qu’on l’observait. Comme si les morts, ici, n’étaient pas si morts que cela. Laura avait même senti une main l’agripper à la cheville ! Terrifiée, elle avait couru jusqu’à en perdre haleine pour finir par buter contre une pierre, s’écroulant par terre et s’écorchant le genou au passage. Elle n’allait jamais retrouver son grand frère… Jamais. Il était sûrement blessé, un squelette s’était attaqué à lui comme elle avait eu le cas aussi et il n’avait pas eu la chance de s’en tirer. Et s’il lui était arrivé quelque chose ? S’il avait essayé de l’appeler, de répondre à son appel, mais qu’il en avait été incapable ? Et si elle avait pris une mauvaise direction ? Si elle avait tourné alors qu’elle aurait dû continuer tout droit ?

Non. Laura devait continuer. On dit bien « tous les chemins mènent à Rome », d’après ce qu’elle avait appris il n’y avait pas longtemps. Alors, elle était convaincue qu’elle allait retrouver son grand frère, qu’elle pourrait le soigner avec les compresses qu’elle avait emportées. Elle ne pouvait pas le laisser tomber. C’était impossible, il comptait sur elle. Se relevant, repliant la patte de son pantalon pour éviter un frottement contre son égratignure, ça allait sécher et elle pourrait garder les compresses. C’était le plus important. Une fois prête, Laura se remit en marche, tournant une énième fois à gauche comme elle avait tourné à gauche précédemment, conseil que lui avait donné son grand frère lors d’une nouvelle bêtise. A défaut de l’avoir à ses côtés, elle se remémorait ses conseils… C’était déjà cela, non ? La situation aurait pu être pire. Enfin… Presque. Ou pas. Le sol se mit à trembler au bout de quelques minutes de marche, mais impossible d’en trouver l’origine. C’était quoi, ce truc ?! Après des squelettes qui lui agrippaient la jambe, des secousses provoquées par elle ne savait quoi ? Seulement… Ce « elle ne savait quoi » lui semblait très familier. Laura était au bout d’un couloir lorsqu’elle crut apercevoir une silhouette familière. Jasper ! Il était là ! Sans réfléchir davantage, elle s’élança à sa rencontre les larmes aux yeux tant elle était rassurée en hurlant :

Laura – Jasper ! T’es vivant !

Peut-être un peu trop vivant, même… Il continuait à courir et semblait horrifié de la voir ici. Oui, bon, elle n’avait pas tenu sa promesse mais c’était pour la bonne cause ! Et puis, pourquoi courait-il ? Laura n’allait pas s’échapper, elle ne savait même pas par où il fallait aller pour rentrer, son seul but avait été de le retrouver. Bien sûr, elle avait pris une corde et tout mais elle n’avait pas imaginé que ces catacombes étaient si… grandes. Profondes. Terrifiantes. Vivantes ! Jasper courait, oui, mais ce n’était pas parce qu’il avait peur qu’elle ne s’échappe, non, c’était pour fuir des squelettes vivants ! Quoi ? Mais, des squelettes, c’est mort ! Pas vivant ! Et puis, ils faisaient peur, en plus ! Ils étaient… Et ils allaient faire quoi, maintenant ?!

Jasper cria soudain son nom et l’agrippa, la poussant à courir en la tenant par la main. Mais doucement, elle avait de petites jambes ! Se rendant compte que Laura avait du mal à courir aussi vite, sûrement, il lui serra la main un peu plus fort en courant plus vite lui aussi. Mais elle n’en pouvait plus, ils allaient bien trop vite, les squelettes aussi ! Jamais ils n’arriveraient à leur échapper…  Soudain, Jasper s’arrêta. Mais non, faut courir ! Il la poussa dans un coin et fit face aux squelettes. Mais non ! Elle n’était pas venue ici pour le perdre, même pas en rêve ! Seulement… Elle ignorait comment son grand frère avait fait, mais il fit sortir du feu de ses mains – chose normale, elle le savait – et le transforma en une immense barrière brûlant tous les squelettes, les réduisant en cendres. Chose moins normale. Mais ils en étaient débarrassés ! Jasper avait réussi ! Il se retourna alors vers Laura, l’air furieux. Ah heu. Oups. Fermant les yeux, elle sentit la gifle venir sans surprise, cette dernière lui arrachant des larmes. Mais elle était venue ici pour le sauver ! Pas pour lui désobéir ! Laura porta automatiquement sa main à sa joue alors que Jasper hurlait :

Jasper – Qu’est-ce que tu fous ici ?

Laura – Mais j’étais venue te sauver !

Séchant ses larmes d’un revers de la manche, elle reprit en respirant à peine, racontant tout ce qu’il s’était passé, tout ce qu’elle avait imaginé, laissant les larmes recommencer à couler tant elle avait eu peur :

Laura – Je… J’ai vu Antoine sortir seul en courant, j’étais dans le parc et j’ai cru qu’il t’était arrivé quelque chose ! Mais… Mais j’avais peur qu’il n’arrive pas à temps, que tu sois blessé ou pire et… Et… J’ai volé des compresses à l’infirmerie, j’ai pris une corde et, même si ça puait et, même si j’avais la trouille, je me suis dit que tu avais besoin d’aide ! Et puis… Je voulais pas te perdre, j’avais peur et j’ai tourné ici pendant je sais pas combien de temps… Regarde, je te mens pas !

Laura releva légèrement son t-shirt et en sortit les compresses qu’elle avait gardées précieusement contre elle tout ce temps. Mais… En fait, Jasper n’en avait pas vraiment besoin, apparemment. Tant pis, il pouvait l’engueuler, il était vivant, c’était tout ce qui comptait ! Reprenant, agitant les compresses dans ses mains, Laura continua  sur sa lancée, toujours aussi vite :

Laura – Je sais, je t’avais promis, mais j’avais peur ! Et puis, j’ai appelé et crié ton nom mais je pensais que tu étais tombé, j’ai vu l’immense trou, j’ai pris une grande corde et je suis descendue… Et j’ai toujours tourné à gauche pour ne pas me perdre encore plus, comme tu m’avais dit. Je voulais pas t’abandonner, et puis, j’étais trop petite et j’avais mal aux mains quand je suis arrivée au bout de la corde, donc j’ai fini en escaladant à l’envers. Et… La suite, tu connais. Je suis désolée, je voulais pas, j’étais sûre que tu avais quelque chose ou… J’avais peur !

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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Mar 16 Juil - 18:46

Je titube dans tout les sens, je panique. Je percute le mur de droite, une fois, deux fois, avant de tomber. Malgré cela, je me relève rapidement avec mon bras encore utilisable.
Derrière moi, du feu. Une vague de flammes me poursuit, prête à me dévorer et à laisser les morceaux carbonisés de mon corps geindre à même le sol.
Nathan n’est plus là. Il m’a laissé ici, me battre contre mon pire ennemi et ma pire crainte.

Je suis livré à moi-même, et je meurs d’épuisement. Autour de moi, les murs épais se déforment à vue d’œil, et ma vue s’assombrit étrangement. Mais quand je retourne ma tête, la rougeur flamboyante de ce brasier m’oblige à puiser dans mes dernières forces, et à courir autant que je le peux.
Je ne prête même plus attention aux squelettes, ni à ce lieu maudit. Je n’ai plus qu’un seul objectif en tête : la sortie.

Je ne sais pas ce que je fais. Je grimpe, je traverse, je descends, je remonte. Et pourtant, où que j’aille, le démon ardent me talonne, et sa chaleur insupportable me fait suffoquer.
Je m’effondre.

[…]

Des voix me font reprendre conscience. Je m’agrippe à la paroi du mur pour reprendre appui sur mes faibles jambes, et j’avance discrètement.
Mes oreilles se mettent à bourdonner, j’ai du mal à saisir les mots prononcés par l’anonyme demoiselle. Je ne peux comprendre que des sonorités à moitié hachées :

«  Je sais (…) peur ! (…) tu étais tombé (…) et je suis descendue… Je voulais (…) t’abandonner, (…) donc j’ai fini (…) je voulais (…), j’étais sûre que tu avais (…) peur ! »

Sa silhouette est floue, mais en me concentrant un peu je vois… ma mère.
Je m’écrie :

« Qu’est-ce que vous faites là, mère ? »

Sa subite apparition m’assaille de questions. Pourquoi a-t-elle fait tout ce chemin depuis Paris ? Une chose est sûre : si elle est là, elle a retrouvé ma trace d’une façon ou d’une autre. Peut-être que la directrice est de mèche avec elle… ou bien un des professeurs… Qu’est-ce qu’elle attend de moi ? … Elle a découvert ce que j’ai fait, cette nuit-là. Et elle veut que je réponde de mon crime. D’après ce que j’ai pu entendre, elle veut s’assurer de ma mort dans cet endroit silencieux et isolé. Un lieu parfait pour un assassinat...

Je remarque enfin la personne en face de ma mère : c’est… mon défunt père.
Immédiatement, je saisis l’épée que j’ai récupérée tout à l’heure et la verrouille sous la gorge de ma chère et tendre mère.
Je vérifie à plusieurs reprises, histoire de voir si je n’hallucine pas. Je n’arrive pas à y croire : mon père est vraiment en face de moi…
Complètement déstabilisé, je balbutie :

« Comment diable est-ce que… Pourquoi êtes-vous encore vivant ?! »

Je cherche la réponse la plus logique qui me vient à l’esprit : je suis dans des catacombes où j’ai pu assister à des évènements assez "anormaux", comme des squelettes qui se mettent subitement à bouger. Qu’en est-il des corps encore… "frais" ?
Aussi absurde que cela puisse être, je vois mon père comme une abomination, un véritable démon. Je ne vois aucune autre explication. Et s’il est revenu des enfers, c’est sûrement pour abattre son courroux. Mais il n’osera pas. Pas si j’ai ma mère en otage. Bien que ce soit un monstre, il l’aime éperdument - de son vivant, du moins. Mais pas moi. Je n’hésiterai pas à m’en débarrasser si mon père venait à se montrer dangereux... Je pourrai bien les annihiler, les égorger comme de vulgaires animaux, les étriper et les voir baigner dans leur propre sang en poussant un dernier râle.

Et ensuite ?

Je viens de remarquer que tout cela n’a aucun sens. Même si j’élimine ma mère, et que je me débarrasse de mon père une deuxième fois (en étant suffisamment chanceux pour l'avoir par surprise à nouveau), mes actes ne changeront rien à ma misérable existence.
Je soupire.
Ah… Qu’est-ce que Dieu doit se marrer, à me regarder de là-haut en train de me débattre ridiculement. Finalement, je relâche mon emprise sur ma mère, qui n’a pas montré la moindre émotion jusque-là, tout comme mon père.

Parfait, tant qu’ils m’observent attentivement… Ils peuvent bien faire l’effort de regarder jusqu’au bout une des seules choses que leur fils va pouvoir accomplir avec succès ! Et ils ne le verront qu’une seule fois, alors qu’ils ouvrent grands les yeux pour profiter du spectacle… et de l’effusion de sang.
Je clos mes paupières, et je rapproche lentement le couteau sous ma gorge. Je sens le fil brûlant du métal sur ma peau, prêt à me trancher d’une manière propre et efficace.

Pour enfin mettre un terme à ce merveilleux conte de fée.
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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Jeu 18 Juil - 11:37

Estelle fit une moue boudeuse à Gabriella, sans la faire changer d'avis pour autant. Non, elle ne pouvait pas reprendre son travail tout de suite, point. Elle avait tenté pour un mi-temps, pour commencer en douceur, et s'était vu opposer une fin de non-recevoir. Pas maintenant, elle devait d'abord se reposer, et ne se soucier de rien d'autre, fin de l'histoire, rideau. Estelle adorait Gaby, mais cette attitude de grande sœur sur-protectrice était parfois contraignante. Elle allait parfaitement bien, après tout, alors pourquoi ne pas reprendre le travail tout de suite ?

Elle quitta le bureau. Wyatt était chez l'infirmière, qui avait insisté pour le garder et lui permettre de se détendre un peu. Tout en marchant, Estelle tirait discrètement sur son corsage pour bien le mettre en place. Elle avait dû prendre au moins deux tailles de soutien-gorge depuis son accouchement, et surtout depuis qu'elle allaitait son fils. A l'Institut Catholique où elle avait vécu, adolescente, on lui avait toujours dit qu'il était plus sain que la mère allaite elle-même son enfant lorsqu'elle le pouvait, que cela l'aidait à se prémunir contre les maladies. Mais on lui avait aussi enseignée qu'une mère sans mari était indigne...

Elle atteignait l'escalier lorsqu'elle vit le jeune Antoine surgir en courant, complètement affolé, et hurlant le nom de la directrice. Elle sursauta, alors que tout l'étage était ameuté. Et l'histoire était affolante. Jasper Karinof et Ethan Meyer, le nouveau, perdus dans les profondeurs des catacombes. Gabriella devint blême, et monta aussitôt une équipe pour partir, s'équipant d'une carte, de lampes torches...

D'accord, savoir deux jeunes perdus là-dedans était effrayant, mais pas affolant, non ? Après tout, ils auraient juste à attendre du secours en restant assis dans un coin. Elle ne connaissait pas les catacombes, mais il n'y avait rien de dangereux là-dessous, juste quelques vieux os. C'est pour ça qu'elle ne comprenait pas l'affolement de Gabriella.

- Reste là, dit-elle à Antoine alors qu'il s'apprêtait à les suivre.

Ils descendirent dans les catacombes. Il faisait noir, là-dedans, et la puanteur était horrible. Elle toussa en y entrant puis reprit ses esprits. Ils se séparèrent, chacun prenant une carte pour se repérer et rejoindre la sortie. Gabriella ordonna à tout le monde de revenir ici dans deux heures maximum, et si les recherches n'ont pas abouties, elle demandera l'aide de la garde civile en ville.

Estelle n'était pas spécialement rassurée, pour le coup. Elle croyait entendre du bruit ou même voir des squelettes bouger. Ils marchèrent longtemps, s'aidant de leur carte, et fouillant le secteur Est des catacombes. Les enfants ne pouvaient pas être loin ! Ils accélérèrent l'allure, inquiets. Tout à coup, ils entendirent les échos d'une voix. Estelle bifurqua brusquement avec ses collègues et ils se mirent à courir.

« Comment diable est-ce que… Pourquoi êtes-vous encore vivant ?! »

Elle ne reconnaissait pas cette voix... Ce devait être Ethan, sans doute. Mais que se passait-il ? Il était en danger ? Qu'était-il arrivé au jeune Karinof ?! Elle se faisait des films, imaginant les pires horreurs. Ils débouchèrent dans un couloir, aperçurent trois jeunes gens. Parf... Trois ?! Elle eut à peine le temps de reconnaître la petite sœur de Jasper qu'elle vit Ethan approcher une épée de sa gorge. Non ! Pas le temps de faire dans la dentelle. Elle se jeta en avant et lui envoya une décharge en le frappant du plat de la main à la poitrine. Elle n'avait pas mis une dose exceptionnelle, mais suffisante pour qu'il lâche aussitôt son arme. Il s'effondra par terre. Elle s'agenouilla à côté de lui, et le prit dans ses bras. Il était sonné, blessé, mais vivant. Un de ses collègues se chargea du duo Karinof, et les deux autres l'aidèrent à soulever et transporter Ethan.

Ils prévinrent les autres, et ils purent sortir de cette endroit horrible. Estelle n'avait jamais vu Gabriella aussi furieuse. Elle ordonna sèchement à quelques professeurs de trouver et combler immédiatement toutes les entrées des catacombes, et ce immédiatement. Ils transportèrent les trois jeunes à l'infirmerie. Ils étaient dans un salle état mais vivants. Estelle aida leur infirmière, faisant enfiler un pyjama à la petite Laura et désinfectant ses blessures.

- Comment te sens-tu ?
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Dim 21 Juil - 12:18

Ethan – Qu’est-ce que vous faites là, mère ?

Hein ? « Mère » ? Laura se retourna vers cette voix qu’elle reconnaissait vaguement : le nouveau. Mais « mère » ? Il y avait une quatrième personne ici ? Elle n’avait pourtant vu qu’eux trois, enfin, son frère et elle à la base. Seulement, il semblait la regarder elle et personne d’autre. Donc, il la confondait avec… sa mère ? Mais Laura n’était pas si vieille, pourtant ! Elle était petite, en plus. Se rapprochant sensiblement de son frère, le nouveau lui faisant horriblement peur d’un coup, Laura sentit alors quelque chose l’accrocher, la retenir. Elle fut tirée vers l’arrière, comme si elle n’avait pas été plus lourde qu’une plume, comme si quelqu’un la tirait… Un squelette ? Elle hurla le nom de son frère mais lui semblait furieux, encore plus qu’il y avait quelques secondes avant l’arrivée d’Ethan. Soudain, quelque chose de froid contre sa gorge. Froid et long, fin et tranchant. Une épée. Sous sa gorge. Il voulait la tuer ?! Mais Laura n’avait rien fait ! Et à cause de sa peur de perdre son frère, elle risquait de mourir. De le perdre à tout jamais. Elle pleurait à chaudes larmes, n’écoutant qu’à peine ce que disait Ethan. Il la tenait fermement et s’adressait à Jasper, maintenant, alors que Laura n’osait rien dire mais suppliait son grand frère du regard :

Ethan – Comment diable est-ce que… Pourquoi êtes-vous encore vivant ?!

Il resta à la tenir comme cela quelques secondes, ou minutes, ou… Combien de temps, au juste ? Laura paniquait tellement que le temps semblait s’éterniser et qu’elle en perdait toute notion. Elle voulait juste retrouver son frère, être dans ses bras, protégée, plutôt que d’être entre les bras de ce malade avec une épée sous la gorge. En plus, elle ne lui avait rien fait du tout. Elle n’avait pas été méchante ni rien, ne l’avait pas insulté et l’avait même laissé tranquille avec son frère. Bon, d’accord, c’était méchant d’avoir fait cela mais… De là à vouloir lui couper la tête, la tuer ? Quand même ! Par chance, Ethan finit par la relâcher. Elle ignorait pourquoi et comment, mais dès qu’elle sentit l’épée s’éloigner de sa gorge, Laura fila dans les bras de son frère en pleurant de plus belle. En même temps, Madame Martin avait « calmé » Ethan qui était, à présent, à terre. Elle le prit dans ses bras tandis que d’autres professeurs, que Laura ne reconnaissait pas car trop sonnée, s’occupèrent d’elle et de son frère.

Ils sortirent des catacombes, Laura ne lâcha pas la main de son frère. Elle ne voulait plus le perdre, ni prendre aucun risque. Même si elle avait provoqué tout cela, en fin de compte, les choses étaient déjà mal embarquées avant qu’elle ne décide d’aller « sauver Jasper ». Et puis, elle ne pouvait pas deviner qu’il n’avait rien ! C’était pas sa faute ! Rapidement, ils arrivèrent à l’Infirmerie. Madame Martin, professeure que Laura adorait, soignait ses blessures et l’aidait à enfiler un pyjama. Mais elle n’avait presque rien, c’était inutile ! Elle ne voulait voir qu’une personne, elle ne voulait plus le lâcher pour l’instant. L’impression de la lame sur sa peau était encore présente, bien trop présente. En fait… Laura était plus que choquée par tout ce qu’il s’était passé dans ces catacombes. Elle ne faisait même plus attention à ce qui l’entourait, ne grimaçant même pas lorsque la professeure, aidant une infirmière, lui désinfecta ses blessures.

Madame Martin – Comment te sens-tu ?

Laura – Bien… J’ai pas mal. Mais… Les autres ?

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Dim 21 Juil - 19:28

Est-ce que quelqu'un sur cette terre serait CAPABLE de faire rentrer dans le crâne de ces sales gosses ce que signifie le mot INTERDIT, bon sang ?! Il y avait-il une personne sur terre capable de faire comprendre à des jeunes de cet âge que les règles étaient faites pour être respectées ?! S'étaient-ils seulement posés la question, avaient-ils seulement essayer de saisir UNE SECONDE POURQUOI, bon sang de ***, l'entrée des catacombes était interdite ?! Mais non ! Ils y avaient juste foncés comme de parfaits idiots ! Lorsqu'on vous empêche d'aller quelque part, ce n'est pas pour jouer ! Bien au contraire !

Furieuse, Gabriella croisa les bras en regardant les trois élèves fautifs être installés à l'infirmerie. Un bras cassé et des hallucinations pour l'autre, des blessures et contusions pour l'autre, rien de très grave pour la petite. Elle posa un regard noir de rage sur Jasper, entièrement responsable, selon elle, de tout ce bazar. Elle lui confiait un nouvel élève, et lui, lui, il ne trouvait rien de mieux à faire que d'aller le perdre das les catacombes ! Surtout sachant les horreurs qu'on trouvait là-dedans...

Estelle – Comment te sens-tu ?

Laura – Bien… J’ai pas mal. Mais… Les autres ?

- Les autres, gronda Gabriella d'un ton furieux, les autres ont intérêt à avoir une excellente excuse s'ils ne veulent pas aller encore plus mal !

Elle se mit juste à côté du lit de Jasper, folle de rage, et pointa un doigt rageur sur lui. Tout cela aurait pu se terminer par un mort, voir plus !

- OU EST-CE QUE TU AS VU ÇA ? hurla-t-elle. METTRE EN DANGER LA VIE DES AUTRES, D'UN NOUVEAU QUE L'ON T'A CONFIE, DE TA PROPRE SŒUR ?! TU ES COMPLÈTEMENT IRRESPONSABLE OU JUSTE IDIOT ?

Le silence le plus complet s'était fait dans l'infirmerie. Elle n'y prêta pas la moindre attention, furieuse.

- Je vais convoquer tes parents, reprit-elle. Et sache déjà que tu es exclu pour deux semaines !

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Dim 21 Juil - 21:37

[Suivant accords Mps Laura et Gaby]

Laura – Je… J’ai vu Antoine sortir seul en courant, j’étais dans le parc et j’ai cru qu’il t’était arrivé quelque chose ! Mais… Mais j’avais peur qu’il n’arrive pas à temps, que tu sois blessé ou pire et… Et… J’ai volé des compresses à l’infirmerie, j’ai pris une corde et, même si ça puait et, même si j’avais la trouille, je me suis dit que tu avais besoin d’aide ! Et puis… Je voulais pas te perdre, j’avais peur et j’ai tourné ici pendant je sais pas combien de temps… Regarde, je te mens pas !

Elle avait dit cela très vite, sans tenter de reprendre son souffle, puis lui montra lesdites compresses. Elle les agita en l'air comme s'il s'agissait de trophées, alors qu'il avait le plus grand mal à se calmer. que sa petite sœur se soit jetée tout droit dans la gueule du loup était... A cause de lui... Encore...

Laura – Je sais, je t’avais promis, mais j’avais peur ! Et puis, j’ai appelé et crié ton nom mais je pensais que tu étais tombé, j’ai vu l’immense trou, j’ai pris une grande corde et je suis descendue… Et j’ai toujours tourné à gauche pour ne pas me perdre encore plus, comme tu m’avais dit. Je voulais pas t’abandonner, et puis, j’étais trop petite et j’avais mal aux mains quand je suis arrivée au bout de la corde, donc j’ai fini en escaladant à l’envers. Et… La suite, tu connais. Je suis désolée, je voulais pas, j’étais sûre que tu avais quelque chose ou… J’avais peur !

D'accord, alors on se calme maintenant ! Il en tremblait littéralement, des images d'horreur lui filant devant les yeux. Sa petite Laura, poursuivie par une horde de squelette furieux, blessée, en danger... Et tout ça parce qu'elle avait voulu l'aider ! Une immense culpabilité s'emparait de lui. C'était de SA faute si elle avait été mise en danger comme ça ! Et il s'en voulait à mort. Il n'avait pas le droit de l'entraîner dans des trucs pareils, elle était trop jeune, elle était...

Ethan - Qu’est-ce que vous faites là, mère ?

Jasper sursauta violemment. Ethan était juste à côté, pâle et l'air halluciné, tenant une vieille épée entre ses mains. Jasper jura entre ses dents, une main sur le cœur. Il lui avait fichu la trouille ! Et puis, qu'est-ce lui prenait ? Appeler Laura "mère" ? Il avait pris un coup sur le crâne ou quoi ? Épuisé, Jasper allait lui dire de s'asseoir et de ne pas s'agiter lorsqu'Ethan blêmit encore plus et posa soudain son épée sur la gorge de Laura. De Laura. De Laura. DE LAURA ! Épée. Sur. Gorge. De. Laura. Laura !! Son épée ! Sur la gorge ! De sa petite sœur ! Laura ! Épée. Gorge. Danger. Menace. Éliminer menace. Laura !

Ethan - Comment diable est-ce que… Pourquoi êtes-vous encore vivant ?!

Quoi ? C'était à lui qu'il s'adressait ?! Jasper n'osait même plus bouger, de peur que cet espèce de dingue ne blesse sa petite sœur. Tout à coup, il la libéra et posa l'épée sur sa propre gorge. Quasiment au même instant, il vit une autre personne se précipiter et électrocuter Ethan. Ma... Madame Martin ?! Laura se jeta dans ses bras avec force, en larmes et choquée. Il la serra dans ses bras, tremblant.

Ils remontèrent avec les profs à l'air libre. Jasper et Laura ne se lâchaient pas, fermement agrippés l'un à l'autre, presque férocement. Il avait eu si peur pour elle... Et se sentait affreusement coupable. Il avait mis en danger tout le monde ! Et surtout Laura ! Sa petite sœur... Il ne se serait jamais pardonné s'il lui était arrivé quelque chose. A l'infirmerie, il la dévorait du regard, regardant la prof la soigner. Laura, Laura... Il aurait tué Ethan plutôt que de le laisser infliger une seule égratignure à sa petite sœur.

Madame Martin – Comment te sens-tu ?

Laura – Bien… J’ai pas mal. Mais… Les autres ?

Directrice - Les autres, les autres ont intérêt à avoir une excellente excuse s'ils ne veulent pas aller encore plus mal !

Elle vint se planter devant lui et il eut tout à coup une très forte envie de se planquer sous les draps. Elle était folle de rage, et il croyait même voir des étincelles se balader sur ses mains. Il avala difficilement sa salive, pas du tout à l'aise, pour le coup.

Directrice - OU EST-CE QUE TU AS VU ÇA ? METTRE EN DANGER LA VIE DES AUTRES, D'UN NOUVEAU QUE L'ON T'A CONFIE, DE TA PROPRE SŒUR ?! TU ES COMPLÈTEMENT IRRESPONSABLE OU JUSTE IDIOT ?

Il blêmit, tremblant de tout son corps. Il savait très bien à quel point il avait été idiot, qu'il avait mis Laura en danger. Il savait que c'était de son unique faute, inutile de le lui rappeler ! Il baissa la tête, prêt à pleurer. Laura avait été menacée à cause de lui ! Elle avait eu peur par sa faute, mise en danger par sa faute... Cette seule idée était insoutenable. Il avait terriblement honte.

Directrice - Je vais convoquer tes parents. Et sache déjà que tu es exclu pour deux semaines !

Il n'osa rien répondre. C'était encore trop faible comme punition. Rien ne serait assez fort pour le punir d'avoir mis sa sœur en danger. Sœur qui se mis tout à coup à protester vivement. Elle se dégagea d'Estelle, pis courut jusqu'à son lit en lui sautant dessus. Il la réceptionna dans ses bras, encore choqué.

Laura - C'est pas que sa faute ! JE l'ai suivi, il me l'avait formellement interdit ! J'ai vu Antoine sortir vous prévenir et, comme j'avais peur, j'ai couru sans réfléchir... Mais c'est pas de sa faute, pour moi !

Il l'embrassa sur la joue et la serra contre lui pour la calmer. Son intervention n'eut pas grand effet sur la directrice qui partit en lui annonçant qu'elle contactait de suite leurs parents. Bon... Voilà qui promettait une magnifique engueulade, des claques, et éventuellement des coups de fouet de la part de son père dans la petite pièce à côté de la cave de la maison. Son père l'y avait très souvent traîné pour le punir... Coups, fouets, brimades, enferment quelques jours privé de nourriture... Le général Karinof n'était pas un tendre.

Il berça doucement Laura pour la réconforter et la câliner. Il s'en voulait tellement ! Tellement... il soupira puis lui demanda pardon. Une épreuve allait arriver. Parvenir à survivre deux semaines seul avec ses deux géniteurs.

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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Sam 17 Aoû - 16:33

Alors que le glaive commence à effleurer ma peau, une intense décharge me parcourt le corps. Je m’effondre.

La douce lumière du soleil se reposant sur mes yeux me réveille. Suis-je… mort ?
Je tourne légèrement ma tête. J’aperçois vaguement la silhouette de Nathan, puis des personnes regroupées autour des autres lits. Leurs lèvres semblent remuer, mais une nausée me saisit instantanément.

« T’es vraiment débile, tu sais ? »


Je relève les yeux vers mon ami. Je ne sais pas ce qui me dégoûte le plus, dans cette affaire. Je songe d’abord à l’étrange champignon que j’ai mangé, tout à l’heure. Puis je pense à ma tentative de suicide ratée.
Nathan me crie dessus :

« Qu’est-ce que tu pensais faire en voulant te suicider ?! »


Mais je ne lui réponds pas. Je préfère lui tourner le dos.
Je prête un peu plus attention au lit d’à côté. Une fille allongée que je n’ai jamais vue, et une femme. Cependant, les traits de son visage me disent quelque chose…
C’est celle qui m’a électrocuté. Celle qui m’a empêché de me suicider. Celle qui pensait me "sauver".

Rapidement, je suis obsédé par l’envie de la tuer. Tout est de SA faute. Si elle s’était occupée de ses affaires, j’aurais été libre. Je n’aurais pas eu à souffrir davantage. Je tente de saisir la paire de ciseaux métallique sur la table de chevet, mais le bandage de mon bras m’en empêche. Peu importe : je le déchire, m’empare de l’arme blanche en ignorant la douleur, et me jette sur ma cible.
Mais Nathan m’en empêche. D’un puissant coup de poing, il me projette contre le mur, me faisant lâcher mon arme. Étrangement, je l’ai comme senti l’espace d’un instant...

« T’ES CON OU TU LE FAIS EXPRÈS ?! »

Je porte ma main à ma mâchoire, comme si le coup de poing qu’il vient de me porter me fait horriblement souffrir. Mais au fond de moi, je sais que ce n’est pas vrai.
Des larmes se mettent à perler le long de mes joues. Je n’ose pas affronter le regard des autres sous mon air de chien battu, aussi je décide de partir en courant.

J’ai beau me perdre à travers les couloirs, Nathan me suit partout. Et lorsque je cherche une fenêtre pour sauter, il est là, comme pour me rappeler « Qu’est-ce que tu cherches à fuir, au juste ? ».
Mes jambes sont tellement lourdes que je finis par chuter au milieu d’un énième couloir sans pouvoir me relever. Je tente de me calmer en me rasseyant, le dos plaqué au mur. Mais je continue de pleurer toutes les larmes de mon corps...
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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Sam 24 Aoû - 16:20

Arthur était allongé sur son lit, dans le dortoir, et regardait fixement le plafond. c'était le jour des visites parentales. En ce moment même, dans le foyer des élèves et dans le parc, des dizaines de parents venaient voir leurs chères têtes blondes et les couvrir de bisous, de cadeaux, et de petites attentions. S'inquiéter de leur santé, de leurs résultats scolaires, savoir s'ils avaient un petit copain ou une petite amie, ect.

Les parents adoptifs d'Arthur ne pouvaient jamais venir. La santé de son père s'était encore dégradée, et il ne pouvait voyager longtemps. Quand à sa mère, elle travaillait très dur, longtemps, pour subvenir presque seule aux besoins de la famille. Mains croisées sous la tête, Arthur songeait à eux, à ce qu'ils devaient faire en ce moment, puis ses pensées.

En soupirant, il se leva, et fouilla dans sa malle pour trouver quelque chose à lire, ou n'importe quoi qu'il puisse le distraire. Il aurait voulu aller à la bibliothèque, faire des recherches généalogiques, mais il savait que la plupart de ses condisciples s'y trouvaient pour montrer à leurs parents ce qu'ils étudiaient en ce moment.

Il traîna dans les couloirs pour tromper son ennui, les mains dans les poches. Il y avait une certaine agitation, plus loin, et il entendait quelqu'un hurler. Retenant un long, long, bâillement, lorsqu'il vit passer quelqu'un en courant devant lui. Mmmh ? Il suivit la silhouette d'un pas nonchalant, et tomba sur un garçon qui pleurait, appuyé contre le mur. Il s'approcha de lui, toujours les mains dans les poches.

- Eh ? Oh oh ?

Aucune réaction... Bon, ok. Il s'assit dans la même position, contre le mur d'en face, puis le regarda. Il ne l'avait absolument jamais vu par ici, c'était sûrement un nouvel élève.

- Il y a sûrement une raison pour que tu pleures, mais je vais pas te la demander. C'est tes affaires après tout. Mais si t'as besoin de crier ou te disputer avec quelqu'un pour te défouler, suis là, moi. Je me fais chier, alors...

Il croisa les bras et attendit.
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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Sam 24 Aoû - 17:27

« Il y a sûrement une raison pour que tu pleures, mais je vais pas te la demander. C'est tes affaires après tout. Mais si t'as besoin de crier ou te disputer avec quelqu'un pour te défouler, suis là, moi. Je me fais chier, alors... »

Je relève la tête, pour découvrir un nouveau visage. Je ne l’ai même pas remarqué, avec toute cette histoire… Ses cheveux sont d'un noir intense, tout comme son regard qui me fixe de manière impassible. J'ignore s'il s'agit de placidité ou bien d'indifférence...
De toute façon, je dois être ridicule, à sangloter au milieu du couloir. J’essuie les quelques larmes encore présentes sur mes joues, et je fais un effort colossal pour me présenter de manière convenable :

« … Bonjour. »


Nathan se moque de moi :

« C’est ça que t’appelles "convenable" ? »

Oui bon, merci. Je le fusille du regard pour qu’il me laisse tranquille. Il y a beau ne pas y avoir beaucoup de personnes flânant dans les couloirs, je ne reste pas moins interdit devant cette situation déplaisante. J’essaie de me remémorer les évènements récents afin de m’agripper à ce qu’il me reste de raison.

« Alors, t’as essayé de tuer la prof’ qui t’a sauvé, tu t’es mis à pleurer comme une fillette devant tout le monde, et t’es entré dans une phase maniaco-dépressive au milieu de nulle part. Ah, et malgré tout ça, un mec est quand même venu te parler. Ça doit pas être n’importe qui. »


Le résumé de mon meilleur ami me fait rougir de honte. Je ne suis vraiment qu’un idiot.
Je suis quelque peu intimidé face à une personne qui a l’air aussi sûre d’elle, aussi je revêts immédiatement mon habituel masque. Arborant un léger sourire, je me présente :

« Je m’appelle Ethan Meyer. Enchanté de faire ta connaissance. »


Je me suis déjà emporté trop facilement, et ce à plusieurs reprises, depuis que je suis arrivé ici. Si je fais encore un pas de travers, je peux être sûr qu’on saura réellement qui je suis.
Je m’appuie sur mon bras pour me relever, mais un petit cri de douleur m’échappe. C’est vrai : mon bras est cassé…

Je sais très bien que je n’ai pas l’air totalement normal. Mais il vient de dire qu’il ne se mêlerait pas de mes affaires personnelles, n'est-ce pas ? Et s’il me questionnait malgré tout ? Il faut que je trouve une histoire, un mensonge plausible à lui raconter. Ou bien une diversion, afin d’esquiver le plus possible ce sujet…
Je m’aide de mon autre bras ainsi que du mur derrière moi pour me remettre debout, de la manière la plus naturelle possible, avant de m'expliquer :

« Je suis désolé pour ce spectacle honteux. J’avais une poussière dans l’œil.
- Eh, tu te rends compte que c’est pas crédible, ce que tu viens de dire ?
- En fait, quand j’ai faim, je me mets à pleurer.
- TU M’ÉCOUTES QUAND J’TE PARLE ?!
vocifère Nathan.
- Aujourd’hui, il n’y avait plus de gâteaux au réfectoire, alors j’ai préféré m’enfuir plutôt que d’être confronté à cette affreuse vérité.
- J’abandonne… »


De toute évidence, je n’arrive pas à mentir. Mieux vaut qu’on pense ça de moi qu’autre chose… Je finis par lui demander :

« Mais passons. Comment t’appelles-tu ? »
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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Dim 25 Aoû - 10:15

Le nouveau avait enfin daigné relevé la tête. Purée, difficile de deviner son âge exact, même s'il devait être plus vieux que lui. Mais Arthur avait la manie de toujours détailler les gens sans arrêt, comme s'il ne pouvait croire du premier coup ce qu'il voyait. Enfin, pour l'instant, il voyait surtout un gamin d'à peu près son âge qui pleurait au milieu d'un couloir vide sans raisons apparentes, bien qu'il devait en avoir, et qui avait l'air légèrement paumé.

« … Bonjour. »

Aussitôt après, il jeta un regard noir dans le vide, juste à côté de lui. Ce type. Était. Définitivement. Bizarre. Mais cela ne gênait pas tant que ça Arthur. Il n'avait jamais pu s'entendre avec les gens normaux, alors pourquoi ne pas tenter d'être aimables avec ceux qui ne l'étaient pas ? Il doutait d'être très net lui-même, alors peu importe. Son camarade rougit tout à coup, encore une fois sans raison. Placide, Arthur ne réagit pas. Chacun ses tics ou ses manies, non ? Et c'était la vie ! Inutile de faire toute une histoire pour quelques malheureux trucs qui nous paraissaient étranges. Rien n'était plus étonnant, dans ce monde, même la folie.

« Je m’appelle Ethan Meyer. Enchanté de faire ta connaissance. »

Arthur hocha la tête, presque distraitement. C'était vrai, aucun ne s'était encore présenté jusqu'ici, ce qui était pourtant la première des politesses. Mais un nom avait-il vraiment une importance ? N'était-ce pas plutôt une étiquette qu'on vous collait pour vous distinguer des autres, alors que chaque être humain est déjà très différent de ses semblables ? Ethan tenta de se relever, une fois, deux fois. Il souffrait, visiblement. Mal au bras ? Il parvint à se remettre debout en grimaçant. Y avait pas d'infirmerie, dans cette école ? A moins qu'il ne soit masochiste.

« Je suis désolé pour ce spectacle honteux. J’avais une poussière dans l’œil.

Ah ?

« - En fait, quand j’ai faim, je me mets à pleurer. »

Hum.

« - Aujourd’hui, il n’y avait plus de gâteaux au réfectoire, alors j’ai préféré m’enfuir plutôt que d’être confronté à cette affreuse vérité. »

Arthur avait déjà vu des gens qui mentaient mal, mais ce type battait tous les records. Et puis, pourquoi prenait-il la peine de se justifier ? Arthur lui avait déjà dit qu'il ne se mêlera pas de ses affaires ! Même s'il était en train de se vider de son sang avec tous les os brisés, il appellera les secours mais ne le forcera pas à lui raconter ce qui s'était passé. A chacun sa vie, chacun sa merde. Et lorsqu'on veut partager cette merde, il faut connaître un minimum la personne, ça ne se fait pas avec le premier venu. Question de fierté.

« Mais passons. Comment t’appelles-tu ? »

- Arthur Evans, dit-il en se levant à son tour et en remettant les mains dans ses poches. Quatorze ans, reclus ici depuis mes onze ans. Tu sais, Ethan, t'es pas obligé de te justifier. T'as le droit de pas faire soigner ton bras, ou de discuter avec je ne sais qui comme toute à l'heure, c'est pas mon problème. Je peux juste te proposer deux choses, moi. Aller faire soigner ton bras, puis partager les gâteaux que mes parents m'ont envoyés. T'en dis quoi ?

Il avait peut-être été trop direct, mais ce n'était pas un souci pour lui. Il ne tournait absolument jamais autour du pot, disant les choses comme elles lui venaient, sans mentir ni se poser de questions. Il n'avait sans doute aucun tact, mais au moins, il était très honnête. Et même s'il avait l'air de se foutre de tout, il savait aussi se montrer généreux avec ceux qui l'entouraient.

Puis, Ethan était bizarre, Arthur l'était aussi. Entre cinglés, on pouvait peut-être se comprendre, non ? Il se tourna vers Ethan, lui jetant un coup d'œil pour jauger sa réaction. Il devrait se détendre un peu ! Arthur n'était pas ici pour le juger ou le questionner. Il n'était même pas venu le voir par compassion, juste parce qu'il s'ennuyait, à la base.

- Tu me suis ou tu préfères rester ici ? Je me doute que t'es pas seul, mais ça te ferait du bien de parler un peu plus aux vivants.
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MessageSujet: Re: Tuteur d'un jour   Dim 25 Aoû - 18:33

« Arthur Evans. Quatorze ans, reclus ici depuis mes onze ans. »

Jamais entendu parler.
Jugeant plus utile de se parler debout plutôt qu’assis, mon interlocuteur se relève, les mains dans les poches. Il poursuit :

« Tu sais, Ethan, t'es pas obligé de te justifier. T'as le droit de pas faire soigner ton bras, ou de discuter avec je ne sais qui comme toute à l'heure, c'est pas mon problème. »

Tant mieux. Moins ma nouvelle connaissance s’intéresse à moi, mieux c’est. J’ai déjà essayé de me lier d’amitié avec mon tuteur, mais… à présent, je sais que je n’y arrive pas. Je n’y arrive plus.

« Je peux juste te proposer deux choses, moi. Aller faire soigner ton bras, puis partager les gâteaux que mes parents m'ont envoyés. T'en dis quoi ? »

Je n’apprécie pas la tournure que les choses ont prises, mais alors là, pas du tout. Je viens à peine de le rencontrer, et il en sait déjà trop.
J’observe mon bras : l’infirmière a dû s’en occuper. Mais j’ai sûrement arraché ou retiré le bandage d’une quelconque manière, tout à l’heure… Peu importe, cette affaire n’a aucune importance. Pour l’instant, je dois répondre à sa question – riposter à cette estocade, tout du moins.

« Tu me suis ou tu préfères rester ici ? Je me doute que t'es pas seul, mais ça te ferait du bien de parler un peu plus aux vivants. »

Parler aux vivants ? Parce qu’il pense que je parle aux morts ?
Je regarde Nathan à la dérobée, comme pour m’assurer qu’il est bel et bien là. Il est à côté de moi. Il vit encore.
Presque déstabilisé par l’affirmation innommable d’Arthur, je lui réponds par un sourire. Je serre les dents pour ne pas perdre le peu de lucidité qu’il me reste.

Derrière-lui… Il y a une fenêtre.

Il ne me connaît pas. Et il ne connaît pas Nathan non plus. Il ignore tout de ce que j’ai enduré jusque-là. Pourtant, les inepties déblatérées par ce garçon me blesse telles des vitupérations.
Je fixe Arthur dans les yeux. Je veux me leurrer et penser que pardonner son ignorance et son manque de subtilité me laisserait tranquille. Mais tout ce que je discerne n’est qu’un regard vitreux sur un visage dénué d’émotions. Aussi je comprends qu’il ne s’agit pas d’une personne ordinaire.
Incapable d’aligner ne serait-ce qu’une pensée cohérente, je me mets à rire. Un rire presque nerveux, à vrai dire. Je ne sais pas. Je ne sais pas quoi répondre.

Derrière-lui… Il y a une fenêtre. Mais Nathan est là.

J’ignore ce qui m’intrigue, chez cette personne. Je suis convaincu que ce n’est pas le type à faire preuve de compassion. A-t-il décidé de porter un intérêt factice sur moi, pour ensuite se satisfaire de mon déchirement intérieur lorsqu’il aura découvert la vérité ? Ou bien est-ce un manipulateur, seulement comblé à la vision de ses pantins désarticulés ?

Derrière-lui… Il y a une fenêtre. Mais Nathan est là. Et il est vivant.
Je décide de combattre Arthur.

« Parler aux vivants ? A vrai dire, j’ai déjà essayé de parler avec un mort dans les catacombes, mais ça n’a pas très bien marché, haha ! »

Je lui emboîte le pas, mais je me dirige vers le réfectoire.

« Alors, tu viens ? Il est l’heure de déjeuner, après tout. On pourra manger tes gâteaux après, si tu veux. »


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