1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Jeux avec maman

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Julien de Lizeux
Bébé
avatar

Fonction :
  • Membre
Récits : 44

Âge RPG : 8 mois

MessageSujet: Jeux avec maman   Jeu 18 Fév - 12:03

Ce lit-là était très grand, vraiment grand, pas comme celui où il dormait quand il faisait noir dans la chambre, à part les petites lumières qui dansaient partout et qui le rassuraient. Julien s'absorba dans la contemplation des couleurs partout, sur la couverture, couché sur le ventre et battant doucement des pieds, jouant avec des fils qui dépassaient. Aurore n'était pas à côté de lui, il la cherchait sans la trouver. Tirant sur le fil, il essaya de le mettre dans sa bouche mais c'était trop petit, puis une main toute douce vint le lui enlever. Pas bon ? Il sourit à maman, allongée tout près, pendant qu'il explorait le grand lit. Même que toute à l'heure, il avait voulu aller plus loin mais maman n'avait pas voulu et remis au milieu en disant attention au bord. Pourquoi le bord n'était pas gentil ? C'était un bord qui voulait beaucoup de mal à tout le monde ? En plus, au bord, il ne voyait pas ce qu'il y avait après. Tirant sur le fil, il rampa comme il put, pour avancer, se retournant ensuite sur le dos. Il s'amusait souvent à rouler, sur le dos et le ventre, depuis qu'il avait compris que papa et maman trouvaient ça bien qu'il le fasse. Aurore, c'était pareil, papa-très-grand avait applaudit quand elle avait réussi à se retourner toute seule.

Mais Julien voulait plus, maintenant, il voulait pouvoir aller partout comme papa et maman, parce que eux, ils pouvaient tenir les jambes toutes droites pour marcher. Le petit replia les siennes contre lui en se touchant les orteils, bras tendus, en se demandant comment on faisait pour marcher avec ça. Maman y arrivait, elle. Il les tendit, battant dans le vide, se retournant à nouveau sur le ventre. Il voulait bouger plus facilement, comme ça, il pourra attraper ses jouets et sa peluche plus vite. Et puis il voulait aller vers maman et papa quand il les voyait entrer dans la pièce, pour avoir un câlin. Il tendait les bras et des fois, ils ne voyaient pas, donc Julien devait aller vers eux ! Et pour ça, il fallait se servir de ses pieds pour marcher avec, mais il ne savait pas comment. Il rampa vers maman, vagissant pour savoir comment elle faisait pour être debout. Mais maman lui caressa juste les cheveux puis la joue, ce qui le réconforta sans pour autant lui donner la solution. Julien se balança un peu, luttant pour réussir à s'asseoir. Il l'avait fait deux fois, déjà ! Et papa avait dit que c'était très bien, et maman l'avait l'avait embrassé, donc c'était bien. Il essaya encore, roulant sur le ventre puis de nouveau sur le dos, gémissant un peu.

– Gah !

Il faillit retomber en arrière, tout content en voyant qu'il avait réussi, un très grand sourire plaqué sur le visage. Il frappa dans ses mains en cherchant maman, qu'il ne voyait plus, tournant la tête dans tous les sens, avant qu'il ne la retrouve, lui souriant et babillant pour lui montrer toute sa joie. Il s'était assit ! Et tout seul ! Il avait réussi ! Il sourit de plus belle, cherchant maintenant à bouger plus. Maman, elle pouvait être assise puis debout très vite. Il regarda de nouveau ses jambes, cherchant comment on pouvait se tenir avec. Il fallait les plier ? Il essaya, s'agitant en manquant de retomber, une fois de plus. S'agitant, il finit par retomber sur le côté, à plat ventre. Frustré, il s'appuya contre la couverture toute jolie, réussissant à se redresser, puis repliant les jambes. Sa bouche s'ouvrit en un O parfait lorsqu'il vit qu'il pouvait aussi se lever comme ça, les jambes pliées et mains tendues par terre. Il essaya d'avancer, très hésitant, puis un rire aigu s'échappa de sa bouche lorsqu'il vit qu'il pouvait aussi marcher à quatre pattes, même si c'était très dur de garder l'équilibre.

– Mah ?

Perdu, il chercha de nouveau maman, perturbé par cette nouvelle position, il avait peur de tomber. Il la vit puis avança très prudemment vers elle, pour avoir un câlin.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Gabriella de Lizeux
Directrice
Général de division

avatar

Fonction :
  • Fonda
Récits : 1315

Âge RPG : 33

MessageSujet: Re: Jeux avec maman   Dim 21 Fév - 17:10

Le réveil avait été long et douloureux, ce matin-là. Gabriella s'était réveillée en étant perclus de courbatures et incapable de se déplacer sans aide, les muscles tellement noués qu'elle en avait les larmes aux yeux. Un très long bain brûlant et un massage plus tard, elle avait réussi à remuer toute seule, puis à manger sans aide, ce qui était un progrès considérable. Remontant dans sa chambre, elle regarda Aurore, qui s'était rendormie à poings fermés dans son berceau, près du grand lit. Son jumeau était lui parfaitement réveillé et jouait sur la couverture, s'agitant avec vivacité. Gabriella s'étira comme elle le put puis s'allongea sur le lit, à son tour, en veillant bien à ce que son fils ne s'approche pas trop près du bord pour ne pas tomber, le ramenant au milieu dès qu'il faisait mine de trop s'éloigner. Sois sage... Elle lui caressa les cheveux, tout en s'adossant aux oreillers, mi-assise, mi-allongée, pour mieux l'avoir sous les yeux sans appuyer sur ses blessures. Julien dormait un peu mieux, depuis une semaine, ce qui la ravissait. Ses cauchemars s'estompaient enfin, il oubliera l'autre folle et n'en entendra plus jamais parler. Se mettant un peu mieux, elle remit sa longue jupe en place, pieds nus, en tirant aussi sur son chemisier pour qu'il la couvre complètement.

Son fils rampa vers elle en babillant, très éveillé. Gaby lui sourit tendrement puis tendit la main pour lui caresser les cheveux, puis la joue. Elle évitait de penser qu'elle était de nouveau enceinte, pour ne pas se mettre à pleurer bêtement à cause de la peur et dus stress, se concentrant sur ses deux enfants en oubliant un peu, autant que possible, ses responsabilités qui l'attendaient. Son fils roula sur le ventre, sous le regard attentif de sa mère qui veillait à ce qu'il ne se blesse pas. Il bougeait beaucoup plus, ces derniers temps, Auguste lui avait dit que le petit et sa sœur arrivaient à s'asseoir tous seuls, maintenant. Ils grandissaient si vite ! Julien tourna ensuite sur le dos, battant des jambes, essayant sans doute de se redresser. Elle sourit encore plus en le voyant tout à coup parvenir à se mettre assis, les bras tendus, lâchant son doudou dans la foulée. Doudou qu'elle rapprocha de nouveau près de lui, afin qu'il ne pleure pas s'il le perdait de vu, vérifiant aussi si Aurore dormait toujours paisiblement. Elle remuait doucement dans son sommeil, les paupières fermées et frémissantes, plongée dans un rêve qui devait être très beau, suçant son pouce tout en dormant, l'autre main serrée sur sa peluche. Ses cheveux très blonds, comme ceux de Julien, avaient beaucoup poussé, en peu de temps, formant des boucles légères et douces, très fines.

– Gah !

Son fils souriait et battait des mains, tout heureux de constater son exploit. Gabriella passa deux doigts dans ses cheveux très fins, avec tendresse, l'encourageant d'une voix douce. Arrivera bientôt le jour où ses bébés allaient commencer à courir partout et explorer ce qui les entourait. Elle nota mentalement de faire poser de petites "portes" avec des barreaux en haut des escaliers, pour éviter qu'ils ne chutent, lorsqu'ils commenceront à marcher. Même si elle ne pouvait, bien entendu, pas faire la même chose au pensionnat, elle veillera sur eux avec une grande attention pour éviter les accidents. Son fils s'agitait de plus belle, retombant sur le ventre puis recommençant aussitôt. Heureusement que le matelas était bien mou et la couverture épaisse. La jeune mère repoussa ses longues mèches qui lui retombaient devant les yeux, se remettant correctement pour rester proche de son fils. Ses bleus brillèrent lorsqu'elle vit qu'il parvint à se mettre à quatre pattes, dans un équilibre précaire. Son bébé. Il riait, fier de lui, bien que peinant à trouver comment avancer sans tomber. Et dire que l'autre garce hystérique avait bien failli le lui enlever à jamais. La directrice se rehaussa un peu, attendrie devant son petit garçon. Aurore était parvenue à se mettre à quatre pattes il y a deux ou trois jours, son frère suivait la progression.

– Mah ?

Il tourna la tête de tous les côtés, puis vint ensuite vers elle, très hésitant et dans un équilibre instable. Très fière de lui, elle attendit qu'il arrive jusqu'à elle puis le prit des deux mains en le soulevant pour le déposer contre sa poitrine, l'entourant de ses bras et le soutenant pour le garder dans une position qui ne lui fera pas mal. Elle l'embrassa sur le front longuement puis le serra contre elle, les yeux fermés, en le berçant. Assise contre les oreillers, elle pencha la tête sur le côté pour mieux voir son enfant, l'embrassant sur la joue. Au moins, ils avaient vraiment un père, aujourd'hui, tous les deux. Cyprien ne les avait jamais vraiment considérés comme ses enfants, car ils n'étaient pas de son sang. Ridicule. Il n'avait jamais dû comprendre pourquoi elle refusait tant d'être de nouveau enceinte.

– Tu grandis si vite, murmura-t-elle en penchant la tête vers son bébé. Je vous protégerai toujours, Aurore et toi, mon bébé.

Elle jouait avec lui lorsqu'une des chambrières vint lui annoncer de la visite. Elle fronça les sourcils, la bouche entrouverte en apprenant l'identité des visiteurs. Que fichaient-ils ici, ceux-là ?! Elle hésita puis haussa les épaules, ce qui lui arracha une grimace de douleur au passage, disant qu'ils pouvaient venir. Quelques minutes plus tard, alors qu'elle n'avait pas remué d'un pouce ni n'avait pris la peine d'au moins s'asseoir dans un fauteuil, ses trois frères entrèrent dans la chambre, saluant avant de s'asseoir sur les fauteuil près du lit, que la domestique avait poussé, avec une petite table. Elle servit du thé, pendant que Gabriella dévisageait ses frères. Robert n'avait absolument pas changé, toujours avec ce même regard arrogant et abruti qu'il avait eu lorsqu'il était venu l'agresser chez elle en la traitant de femme indigne, la semaine précédente, juste avant qu'elle ne se fasse tirer dessus à la caserne. Joseph, lui, avait déjà un air plus ouvert détendu, du haut de ses vingt-neuf ans, plus aimable. Le plus jeune, Paul, arborait une alliance fine, détail qui la fit légèrement tiquer. Il s'était marié ? Ou fiancé ? Elle n'était même pas au courant.

– Que me vaut cette visite ? demanda-t-elle lorsque la chambrière sortit. Si c'est pour me dire que je ne me comporte pas comme une vraie femme et que je dois tout laisser tomber, vous pouvez dégager tout de suite.

– On a su que tu avais été gravement blessé, lança Joseph avant que son aîné puisse ouvrir la bouche, en prenant sa tasse. On passe simplement prendre des nouvelles... Tu sais, on peut apaiser nos relations, avec des efforts et de la volonté. Nos parents s'en inquiètent beaucoup. Surtout depuis que tu risques ta vie sans cesse. Mère est très soucieuse.

Superbe chantage affectif... Gabriella n'était pas très sûre de vouloir "apaiser les tensions" après tout ce qui avait déjà été crié entre eux. Elle ne répondit, refusant la tasse de thé d'un léger soigne de tête, occupée à bercer Julien. Aurore dormait toujours à poings fermés, pas le moins du monde dérangée par les visiteurs imprévus. Sa mère ne cessait de se demander pourquoi cette visite aussi soudaine, ce qu'ils voulaient vraiment, pourquoi venir tous les trois ainsi. Paul finit par se racler la gorge et lui annonça qu'il venait de se fiancer, à une de ses amies d'enfance, une certaine Véronique. Ravie. Elle lui fit un semblant de sourire, incapable de mettre un visage sur ce nom. Très heureuse pour lui, vraiment, il aura de beaux enfants et une vie réglé comme sur du papier à musique, aucun imprévu et une existence très lisse. Robert dû voir que la nouvelle la laissait de marbre car son regard s'assombrit encore plus et il crispa la main sur sa tasse. Vexé, furieux, dégoûté ? Elle ne pouvait peut-être pas se servir de ses dons pour le foutre dehors, Julien était blotti dans ses bras, mais elle pouvait toujours appeler ses gardes du corps, s'il voulait de nouveau l'agresser chez elle, il y en avait un juste devant la chambre.

– Où comptes-tu passer Noël et le Nouvel An d'ailleurs ?

– Chez les parents d'Auguste, à Noël, répondit-elle en remettant Julien correctement contre son sein. Et ici, pour le Nouvel An.

– Et tes propres parents, tu les oublies ? Solène viendra avec le Chi... Avec son mari, pour Noël.

Passer Noël avec ses petits frères sous le nez ? Pauvre Kimmitsu. Il avait nettement plus de patience qu'elle. Gabriella était fatiguée et n'avait pas envie de construire le moindre projet maintenant. Elle répondit d'un ton las qu'ils avaient encore le temps de voir venir et de réfléchir à tout ça, à tête reposée.

– Pourquoi êtes-vous vraiment venus ici aujourd'hui ? Je dois m'attendre au pire ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Magister
Maître du Jeu
avatar

Fonction :
  • Fonda
Récits : 69

Âge RPG : 314 ans

MessageSujet: Re: Jeux avec maman   Lun 22 Fév - 20:18

[PNJ Joseph de Lizeux, 29 ans, avocat à Paris]

La famille de la Valière avait fait parler d'elle, récemment, par la faute d'un grave accident de voiture qui avait bien failli emporter Monsieur de la Valière et son épouse. Tragique. Cette demeure était à la hauteur de la réputation de la famille, impressionnante et à l'image de la famille qui la possédait. Leur grande sœur n'aurait pu être au bras d'un meilleur parti, bien mieux que le petit professeur de campagne dont elle s'était précédemment entichée. Etant donné tout ce qui se déroulait actuellement, redorer son nom ne lui fera aucun mal, c'était avant tout une question de sécurité. Elle devait comprendre qu'on était protégé lorsqu'on avait des alliés à la mesure de la tâche. Elle avait renié sa place, renié son nom, renié sa lignée, s'était éloignée de tout et n'avait plus rien respecté, et ce depuis des années. Toute la Noblesse et la Bourgeoise, tous les grands de ce pays, la méprisaient et n'en attendaient rien. Pensez-vous, une femme dans l'armée ! Une femme dirigeant une école Catholique ! Une femme célibataire et pourtant mère de deux enfants ! Tout ce qui indignait particulièrement les puritains en tous genres et révoltait les "biens-nés", très fortement attachés aux valeurs de la fin du siècle précédent et vouant une admiration sans borne à la fameuse époque Victorienne et ses règles si bien établies et respectées quant aux différentes classes sociales. Il y a ceux qui servent et ceux qui commandent. Joseph était familier de tous ces principes, côtoyant pour le travail des personnes nées avec une cuillère en or dans la bouche. C'était un tout autre monde, que les personnes "du peuple" ne pouvaient que seulement imaginer, sans jamais le comprendre. On y naissait, on y vivait, on ne le quittait que déshonoré.

Les rumeurs filaient vite et celle annonçant que l'héritier de l'empire des de la Valière s'était installée avec l'héritière déchue des de Lizeux avait provoqué un remous certain dans les hautes sphères. Depuis des jours, on murmurait, on chuchotait, on s'échangeait ragots et confidences, on se demandait s'il s'agissait là d'un premier pas pour le retour dans le droit chemin de la fille disparue, celle qui s'était enfuie, laissant derrière elle toute la vie que ses parents avaient tracé pour elle et s'engageant dans une voie que personne n'aurait pu concevoir. Pour leur frère plus âgé, Robert, c'était enfin un espoir de voir leur sœur cesser de salir ainsi leur nom et revenir peu à peu vers la place qui était la sienne. Pour le plus jeune des trois hommes, Paul, il s'agissait d'une preuve de bonne volonté, Gabriella montrait enfin une envie d'être une femme convenable et plus douce. Quant à lui, il peinait à croire à une reconversion miraculeuse. Habitué à chercher la petite bête pour défendre son client et à peaufiner des stratégies, il avait mis au point un certain chemin à suivre afin que leur grande sœur puisse se servir de ce réseau et de ces moyens pour se gagner des alliés, parmi les riches et les puissants. L'armée seule ne lui suffira pas, si elle persistait sur cette voie. Il lui fallait des "amis" parmi les politique, les penseurs, les intellectuels, les artistes, les grands patrons, les riches, tout ceux qui formaient l'élite de cette nation. S'en passer serait une grave erreur, aux yeux de Joseph, qui savait à quel point certaines relations sociales pouvaient se révéler d'une importance cruciale lors des moments critiques.

Ils suivirent la chambrière dans un grand et large escalier, venant d'apprendre que leur sœur, toujours alitée, était dans sa chambre avec les jumeaux. Joseph réfléchissait rapidement, montant une stratégie avec minutie, tel qu'il était habitué à le faire. Ils devaient faire face à deux grandes difficultés. La première était la réputation douteuse de leur sœur dans la bonne société. Et c'était un euphémisme que de le décrire ainsi... Le second problème venait de Gabriella elle-même. Elle avait quitté ce monde depuis si longtemps qu'il ne lui en restait plus rien. Elle ignorait tout des convenances mondaines et de ce qui pourrait lui servir pour se faire des alliés dans le beau monde. Son esprit était taillé dans le roc, forgé comme doit l'être l'esprit d'un soldat. C'était certes parfait pour le combat qu'elle menait, en revanche, pour obtenir certains alliés essentiels, elle n'était pas du tout armée. Il la salua avec chaleur en entrant dans la chambre, notant d'emblée ses cheveux détachés, répandus sur ses épaules, et sa tenue très simple, du style que portaient les femmes ordinaires. Il s'assit avec ses frères, sans voir la chambrière qui leur servit le thé. Le service se devait d'être le moins visible possible, un bon domestique devait faire oublier jusqu'à sa présence. Assis entre ses deux frères, Joseph jeta un long regard au bébé endormi puis à celui que Gabriella tenait contre elle. Il ne les avait encore jamais vu et ne connaissait leurs noms que grâce à des amis de longue date, bien informés.

– Que me vaut cette visite ? demanda-t-elle lorsque la chambrière sortit. Si c'est pour me dire que je ne me comporte pas comme une vraie femme et que je dois tout laisser tomber, vous pouvez dégager tout de suite.

En effet, il y avait bien du travail, elle parlait comme un soldat et réagissait selon son instinct, sans prendre de pincettes ni s'embrouiller dans son langage, allant droit au but. Ses deux frères ne savaient pas ce que lui désirait faire et étaient sans doute offusqués, peu importe, Joseph s'assurait d'avoir d'abord une connaissance parfaite de la situation initiale avant de déblayer le terrain puis mettre en place la stratégie adéquate. Il versa une petite cuillerée de sucre roue dans son thé Earl Grey, notant que le propriétaire avait bon goût,a van de se redresser dans son fauteuil, toujours en veillant à rester droit, par la force de l'habitude.

– On a su que tu avais été gravement blessé, lança Joseph avant que son aîné puisse ouvrir la bouche, en prenant sa tasse. On passe simplement prendre des nouvelles... Tu sais, on peut apaiser nos relations, avec des efforts et de la volonté. Nos parents s'en inquiètent beaucoup. Surtout depuis que tu risques ta vie sans cesse. Mère est très soucieuse.

Tout comme leur père, par ailleurs. Il souffla légèrement sur son thé puis le touilla, afin de bien mélanger le sucre. Gabriella refusa sa propre tasse, entourant son fils d'un cocon protecteur. Ils ignoraient toujours qui était vraiment le père de ces deux enfants... Joseph but une légère gorgée puis se promit mentalement de lancer une enquête. Il existait, aujourd'hui, des tests sanguins et ADN plus faibles qu'il y a encore dix ans, bien que les médecins doutent fortement de l'efficacité de l'ADN pour retrouver et prouver les liens biologiques d'une personne avec une autre. En remontant les faits, on pouvait resserrer l’étau et parvenir à découvrir l'identité de ce père inconnu. Il faudra sans doute du temps mais c'était faisable, avec de la volonté et de la patience. Joseph mit une petite pastille mentale sur la fiche de sa sœur, dans sa mémoire dense mais très organisée, afin de lancer cette investigation. Leur jeune frère se racla tout à coup la gorge, visiblement assez gêné, se trémoussant au fond de son siège, en annonçant qu'il venait de conclure ses fiançailles. L'avocat avait perdu le compte des petites amies que leur jeune frère avait eu, tant il en était passé. Tout cela pour, au final, épouser une amie d'enfance qu'il connaissait depuis le berceau. C'était le bon moment, il ne faudrait pas qu'il s'attire une réputation de coureur de jupons, étant encore étudiant et devait conserver son honneur. Il sourit faiblement, regardant sa sœur. Voyons voir, à présent.

– Où comptes-tu passer Noël et le Nouvel An d'ailleurs ?

– Chez les parents d'Auguste, à Noël, répondit-elle en remettant Julien correctement contre son sein. Et ici, pour le Nouvel An.

– Et tes propres parents, tu les oublies ? Solène viendra avec le Chi... Avec son mari, pour Noël.

Il avait encore un peu de mal avec le mari que s'était choisi leur jeune sœur, bien qu'il s'inquiète beaucoup moins de son destin. Solène était bien moins exposée qu'eux tous. Etant donné ce qui était arrivé, elle disposait d'un très fort capital de sympathie, de la part de la bonne société. On lui pardonnait tout à la fois car elle n'avait pu bénéficier de l'éducation requise dans ce milieu et car elle était de très bonne disposition, mariée jeune et menant une vie honorable, sans être celle du beau monde. Beaucoup la considéraient comme une petite jeune femme sans grand intérêt, transparente, qui n'apportait rien mais n'était pas non plus un ennuie. Serait-elle domestique que personne ne verrait la moindre différence. Tout le monde l'oubliait, somme toute, elle était là sans être là, on lui souriait en la voyant puis on l'oubliait dès qu'elle sortait de notre champ de vision. Joseph avouait encore mal connaître sa plus jeune sœur, oui, n'ayant pas encore pris le temps de se familiariser avec elle, la cadette, celle qu'on avait cru décédée. Gabriella soupira à nouveau, déclarant d'une voix lasse qu'ils avaient le temps d'aviser, d'ici Noël. C'est juste, bien qu'il ne fallait justement guère perdre trop de temps. Le mois de septembre avançait très vite et nul doute que la fin de l'année sera sur eux avant qu'ils ne puissent le réaliser.

– Pourquoi êtes-vous vraiment venus ici aujourd'hui ? Je dois m'attendre au pire ?

– Nous sommes venus discuter, rien de plus, sourit-il. Voir notre neveu et notre nièce. Rencontrer ton mari.

Elle leva les yeux au ciel, alors qu'il buvait une seconde gorgée, un peu plus longue, après avoir de nouveau ajouté un peu de sucre. Qu'avait-il dit d'agaçant ? Il était normal, logique, de venir rendre visite à sa famille, et ce peu importe le statut social. On aurait dit qu'elle pensait que plus aucun membre de sa famille ne pourrait avoir l'idée de venir ici, ce en quoi elle avait tord. Si leurs parents étaient plus en formes, ces derniers temps, pour le voyage, nul doute qu'ils se seraient déplacés. Las, cela faisait quelques mois que la santé de leur mère était assez fragile et délicate. Elle se fatiguait plus vite et devait parfois rester couchée de longs jours. Elle souffrait régulièrement de migraines. Les médecins lui recommandaient du repos et encore du repos, répétant qu'il ne s'agissait que là des conséquences d'un âge avancé. Leur mère s'éteignait doucement, ils le savaient tous, telle était la nature.

– Je ne suis pas mariée avec Auguste.

– Vas-tu l'être prochainement ?

Joseph s'était renseigné et savait pourquoi elle hésitait. Elle ne parlait pas, ne répondait, très certainement convaincue qu'ils ne pourront pas comprendre ce qu'elle ressentait. C'était faux. En tout cas dans son propre cas. Il avait côtoyé de nombreux clients et défendu de très nombreuses affaires dont la majorité sentaient le souffre. Il pouvait comprendre différentes façons de penser et de se comporter, il savait comment gérer certaines situations de crise et d'urgence, comment percer l'âme de ses clients. Gabriella n'était certes pas une de ses clientes, mais elle était sa famille. Cela seul suffisait pour qu'il se sente le devoir de lui proposer son aide.

– Je comprend pourquoi tu refuses le mariage. Cependant, tu oublies certains paramètres. Dans ce monde, le nom revête encore une importance capitale. Bien nombreux seront tes détracteurs qui seront amadoués si tu montres que tu reprend un chemin jugé plus digne. Et je parle ici uniquement de "montrer". Le nom est important et les apparences aussi. Un nom aide à se créer des liens, les apparences protègent. Ta réputation actuelle est une ressource précieuse dans l'armée et pour la population. Mais tu dois te faire des alliés d'une autre envergure, si tu souhaites accomplir plus de choses avec efficacité. Restaurer certaines apparences t'est essentiel. Tu as l'image d'un soldat et te comporte comme tel. Songe aux apparences que tu pourrais déployer pour te forger d'autres alliés.

Il lui sourit, de cette façon calculée montrant qu'il avait déjà commencé à tailler un vaste plan. Il connaissait tous les rouages de la bonne société, ses règles, ses intrigues, ses menaces, ses limites, ses dessous, ses dangers, ses peines, ses aspirations. Un vaste panier grouillant dans lequel il évoluait tel un poisson dans l'eau.

– Tu peux maîtriser les apparences et nous pouvons t'aider. C'est comme un jeu, dont les codes nous aident à remporter la partie. Tu vas avoir trente-trois ans, très prochainement, si je ne me trompe pas ? Il y a une occasion à marquer. Acceptes-tu de te plier à cela ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Gabriella de Lizeux
Directrice
Général de division

avatar

Fonction :
  • Fonda
Récits : 1315

Âge RPG : 33

MessageSujet: Re: Jeux avec maman   Mer 2 Mar - 14:09

– Nous sommes venus discuter, rien de plus, sourit-il. Voir notre neveu et notre nièce. Rencontrer ton mari.

C'est cela, ils n'étaient venus que pour une visite de courtoisie et elle-même allait postuler pour être pape, tout le monde y croyait. Gabriella leva les yeux au ciel en retenant de justesse un très long soupir, remontant son bébé contre elle, alors qu'il s'agitait. Il souhaitait sans doute retourner jouer à quatre pattes sur le lit, c'était compréhensible mais sa mère ne pouvait pas à la fois être concentrée sur lui et sur cette charmante conversation, à tenter de percer les sous-entendus. Donc navrée, il restait bien dans ses bras pour le moment, elle avait trop peur qu'il ne chute, dans un moment où elle n'aurait pas les yeux posés sur lui. Il babillait un peu, tendant et pliant les jambes, bougeant aussi les bras et tournant parfois la tête pour regarder autour de lui, tout en se tortillant. Non, non, pas question, il restait près d'elle tant qu'elle n'aura pas l'esprit libre et pourra veiller sur lui en toute quiétude. Sa sœur dormait toujours, paisiblement, inconsciente de l'agitation autour d'elle. Tant mieux, en un sens, un bébé aussi agité était déjà bien suffisant, dans les bras, Gaby était encore trop fatiguée pour pouvoir garder les deux dans les bras en même temps, surtout s'ils commençaient à vouloir filer partout à quatre pattes. Elle rajusta son fils contre elle pour qu'il ne se blesse pas en remuant autant, lançant un regard peu amène à son jeune frère. Ils la fatiguaient déjà, alors qu'ils n'avaient échangé que quelques mots. Les voir tous les trois en même temps n'était pas habituel, pour elle, cela n'arrivait qu'au Nouvel An, de temps à autre.

– Je ne suis pas mariée avec Auguste.

– Vas-tu l'être prochainement ?

Non et il devrait s'en douter. Elle ne répondit même pas, la réponse était évidente ! Si elle n'avait pas encore épousé Auguste, c'est qu'elle ne comptait pas le faire, ayant ses raisons. Raisons que son compagnon comprenait et approuvait, ils ne devaient pas penser uniquement à eux et leur couple mais aussi à ce que ce mariage pourrait induire par la suite. Avec ça, Gabriella avait développé une sérieuse allergie aux mariages... La première fois, elle avait été mariée de force, ce qui avait été utilisé contre elle, amenée dans des situations impossibles, elle avait même été poignardée. La seconde fois, elle avait été trompée moins de trois mois après son union. Alors non, en plus du danger que cela pouvait apporter, elle ne raffolait pas ce genre de cérémonies et considérait qu'il valait bien mieux qu'elle en reste éloignée le plus possible, même avec Auguste, car ce genre de truc lui portait malheur. La robe blanche et tout le reste, ce n'était pas fait pour elle, elle n'était pas taillée pour se trimballer dans des froufrous, bien maquillée et coiffée, devant tout un public, en marchant vers l'autel. Elle n'aimait pas non plus les grandes fêtes et toutes ces choses, préférant le calme. Surtout en ce moment, elle admettait qu'elle avait besoin de repos.

– Je comprend pourquoi tu refuses le mariage. Cependant, tu oublies certains paramètres. Dans ce monde, le nom revête encore une importance capitale. Bien nombreux seront tes détracteurs qui seront amadoués si tu montres que tu reprend un chemin jugé plus digne. Et je parle ici uniquement de "montrer". Le nom est important et les apparences aussi. Un nom aide à se créer des liens, les apparences protègent. Ta réputation actuelle est une ressource précieuse dans l'armée et pour la population. Mais tu dois te faire des alliés d'une autre envergure, si tu souhaites accomplir plus de choses avec efficacité. Restaurer certaines apparences t'est essentiel. Tu as l'image d'un soldat et te comporte comme tel. Songe aux apparences que tu pourrais déployer pour te forger d'autres alliés.

Gabriella sourcilla légèrement, pendant que Julien tendait la main pour la poser sur sa joue. Son frère... Tiens, donc, elle n'aurait jamais pensé qu'il ait réfléchi à ça, ni qu'il ait compris pourquoi elle refusait de se marier. Jusqu'ici, seules de très rares personnes, qui étaient intégrées dans ce merdier jusqu'au cou, comprenaient bien la situation. C'était la toute première fois, depuis le tout début de cette histoire, qu'une personne étrangère à la situation et qui n'avait jamais rien suivi sur place comprenait aussi facilement. La jeune mère en restait sciée, fixant son petit frère comme si elle ne l'avait jamais vu. Durant combien de temps avait-il déjà réfléchi à tout cela ? Et pourquoi voulait-il l'aider alors qu'ils n'entretenaient pas des relations particulièrement bonnes ? Elle était peut-être trop méfiante... Inspirant avec délicatesse, elle remarqua alors que Julien lui tapotait le menton de la main pour attirer son attention. Elle baissa la tête sur lui, déposant un bisou sur la main minuscule qui gigotait. Elle le déposera toute à l'heure pour qu'il puisse jouer, lorsqu'elle pourra le surveiller.

– Tu peux maîtriser les apparences et nous pouvons t'aider. C'est comme un jeu, dont les codes nous aident à remporter la partie. Tu vas avoir trente-trois ans, très prochainement, si je ne me trompe pas ? Il y a une occasion à marquer. Acceptes-tu de te plier à cela ?

– Je vais y réfléchir, soupira-t-elle.

Là, tout de suite, en étant aussi fatiguée, ce n'était pas le moment pour prendre des décisions claires et nettes, bien réfléchies. Se redressant dans son lit, ramenant les jambes sous elle, elle déposa enfin son fils sur la couverture, sur le ventre. Il repartit aussi tôt à quatre pattes avec un large sourire, pendant qu'elle veillait à ce qu'il ne chute pas. Au même moment, Aurore se réveilla, gigotant à son tour dans le berceau. Gaby la prit à son tour, l'embrassant sur le front, puis la mettant avec son frère. Sa fille se balança un peu puis put elle aussi marcher à quatre pattes. Attendrie, Gabriella les regarda jouer tous les deux, Aurore tendant la main pour la poser sur les cheveux de son frère. Ils grandissaient si vite... Leurs oncles buvaient leur thé, sans plus rien dire, en regardant aussi les enfants. Si Joseph avait bien réfléchi, soit, mais elle ne voyait toujours pas pourquoi les deux autres étaient venus eux aussi. Gaby n'avait pas envie de s'énerver ou de réfléchir, pour le moment, elle était tranquille avec ses enfants et entendait le rester, pour une fois, au moins une fois. Elle avait même complètement oublié son anniversaire, qui arrivait dans deux ou trois jours.

Tout en jouant avec ses enfants, elle ne put s'empêcher de réfléchir malgré elle à la situation. Le mariage lui faisait horreur et elle avait peur qu'on ne s'en serve ensuite contre elle, qu'on s'en prenne à Auguste, à leurs enfants. Il était moins fragile que d'autres, soit, mais tout de même... Il y avait toujours moyen de s'en prendre aux proches une fois qu'ils étaient connus. Elle ne voulait pas que ses propres agissements nuisent à ceux qu'elle aimait, elle ne pouvait pas protéger tout le monde, très loin de là. En se mariant, il sera encore plus exposé. Mais il était déjà dans l'armée... Et contrairement à Cyprien, il savait se défendre. Hésitante, elle rattrapa les petits pour qu'ils ne se rapprochent pas du bord du lit. Se marier, ne pas le faire, trouver des solutions pour préserver sa famille, pour protéger les élèves, empêcher Bradley d'appliquer certaines méthodes, prouver l'efficacité de celles qu'elle défendait, faire des tests, entraîner les guetteurs, gérer ses propres cours et l'administration du pensionnat, son travail à l'armée, ses enfants, sa grossesse et tout le reste.

– Que veux-tu dire par marquer l'occasion, à mes trente-trois ans ? Que veux-tu que je fasse ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Magister
Maître du Jeu
avatar

Fonction :
  • Fonda
Récits : 69

Âge RPG : 314 ans

MessageSujet: Re: Jeux avec maman   Mer 23 Mar - 14:32

[PNJ Joseph de Lizeux, 29 ans, avocat à Paris]

– Je vais y réfléchir, soupira-t-elle.

Parfait, c'était tout ce qu'il lui demandait pour le moment et il savait qu'elle le fera vite, fatiguée ou non, agacée ou pas. Il la regarda s'occuper de ses enfants, tout en ajoutant un peu de sucre dans son thé puis en touillant avec délicatesse. Les jumeaux, à quatre pattes sur le lit, jouaient entre eux, sous la surveillance vigilante de leur mère. Ils grandissaient vite, ces deux petits bouts, et avaient la chance d'avoir enfin un père sérieux, convenable, respectable et pouvant prendre soin d'eux autant que de leur mère. Joseph n'avait rien de particulier contre l'ex-mari de leur sœur, il le trouvait simplement... Un peu, comment dire... Un peu étrange. Toujours mal coiffé, habillé bizarrement, avec un comportement de grand enfant et ne pouvant définitivement pas prendre des responsabilités sans qu'il faille le surveiller très étroitement. Guère un homme en lequel l'avocat aurait pu accorder sa confiance, il n'était pas assez sérieux pour affronter cette vie seul. Et surtout, si différent de Gabriella qu'ils étaient très étonnant qu'ils se soient mariés. Enfin, c'était du passé.

Buvant une longue gorgée de thé, il intercepta l'air pensif et troublé de leur aînée, comprenant qu'elle était déjà plongée en pleine réflexion, quant à ce qu'il venait de lui dire. Même lorsqu'elle affirmait vouloir se reposer et ne pas trop réfléchir, elle s'y plongeait tout de même quelques minutes plus tard. Il échangea un regard avec ses frères, parfaitement détendu en extérieur. Soit, son grand frère était toujours très emporté et lui en voulait sans doute d'avoir parlé ainsi, mais Paul, lui, commençait visiblement à mieux comprendre la situation. Parfait, ce n'était guère le moment de ranimer les dissensions dans leur fratrie, ils devaient être un minimum soudés pour que cela fonctionne. Joseph reposa sa tasse sur la petite table devant eux, se réinstallant ensuite plus confortablement, mains croisées et posées sur ses genoux, avec une certaine grâce. Certains de ses clients avaient su lui transmettre les poses à prendre pour paraître détendu tout en dissimulant ses véritables émotions. Face à sa famille, il évitait de le faire, généralement, bien que perdre cette habitude soit très ardu.

– Que veux-tu dire par marquer l'occasion, à mes trente-trois ans ? Que veux-tu que je fasse ?

– Plusieurs choix sont possibles, sourit-il. Tu peux annoncer ton mariage avec Auguste ou toute autre chose, c'est à toi de décider. Te marier ne te mettra guère dans une position inconfortable, il est capable de se défendre et s'est déjà engagé dans l'armée pour toi. Quelle importance que cela soit rendu officiel ? Cet homme est tout de même plus convenable que le décoiffé que tu traînais avant.

Les adultes se comportant comme de grands enfants ne trouvaient que très rarement grâce aux yeux, il ne voyait pas l'intérêt pour un homme d'un certain âge d'agir comme un tout-petit ou un adolescent immature. Passait encore pour un homme chargé d'amuser les enfants en orphelinat ou dans un hôpital, mais pas pour un professeur, d'autant plus dans ce genre d'école. Il pinça légèrement les lèvres, ne cachant pas son mépris face à ce type, il aimerait ne jamais le revoir.

– Tu peux passer Noël avec nous et nos parents et le Nouvel An chez tes futurs beaux-parents, n'est-ce pas ? Notre jeune sœur sera là aussi, avec sa famille, je pense qu'elle part au Japon après Noël. Dans tous les cas, nous réunir à Noël ferait du bien à nos parents, ils sont très inquiets par tout ce qui se passent et s'angoissent beaucoup. Il y aussi leurs petits-enfants, qu'ils aimeraient voir plus souvent.

Il coula un regard assez aigu à sa sœur, son ton légèrement plus dur.

– Notre mère serait très rassurée de te voir à Noël, après tout ce qui s'est passé.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Gabriella de Lizeux
Directrice
Général de division

avatar

Fonction :
  • Fonda
Récits : 1315

Âge RPG : 33

MessageSujet: Re: Jeux avec maman   Lun 11 Avr - 21:57

– Plusieurs choix sont possibles, sourit-il. Tu peux annoncer ton mariage avec Auguste ou toute autre chose, c'est à toi de décider. Te marier ne te mettra guère dans une position inconfortable, il est capable de se défendre et s'est déjà engagé dans l'armée pour toi. Quelle importance que cela soit rendu officiel ? Cet homme est tout de même plus convenable que le décoiffé que tu traînais avant.

Annoncer sa mariage ? C'était assez prématuré, elle devait d'abord lui en parler et craignait encore qu'officialiser les choses ne lui apportent de nouveau malheur, comme lors des fois précédentes, elle ne voulait pas replonger tête la première dans les ennuis, elle avait déjà donné. Peut-être cela n'avait-il "aucune importance" aux yeux des autres mais certes pas aux siens ! Elle ne releva même pas l'insulte contre Cyprien, plongée dans ses pensées. Auguste était plus à même de se défendre, c'est vrai, son frère l'avait bien cerné. Il n'avait même pas hésiter à signer son engagement dans l'armée pour la soutenir plus efficacement et être proche d'elle, ce dont elle lui était profondément reconnaissante. Regardant ses enfants jouer, elle posa une main légèrement tremblante sur son ventre, encore plat, sans sentir la vie qui était abritée pour le moment. cela aussi était un fort sujet d'angoisse. Elle n'en avait encore parlé à personne, pas même à Auguste, essayant seule de refréner la peur absurde qui l'envahissait lorsqu'elle songeait à sa grossesse. Après tous les troubles connus lorsqu'elle était enceinte des jumeaux, elle en pouvait s'empêcher d'être terrifiée par cette nouvelle maternité, terrifiée pour cet enfant qu'elle portait, se demandant comme elle pourra le protéger et être une bonne mère alors qu'elle n'arrivait déjà pas à assurer la sécurité des jumeaux. Elle avait déjà failli perdre son fils, comment accepter sereinement d'attendre un autre enfant ? Oui, c'était ridicule d'avoir peur ainsi, elle le savait, sans pouvoir pour autant s'en empêcher.

– Tu peux passer Noël avec nous et nos parents et le Nouvel An chez tes futurs beaux-parents, n'est-ce pas ? Notre jeune sœur sera là aussi, avec sa famille, je pense qu'elle part au Japon après Noël. Dans tous les cas, nous réunir à Noël ferait du bien à nos parents, ils sont très inquiets par tout ce qui se passent et s'angoissent beaucoup. Il y aussi leurs petits-enfants, qu'ils aimeraient voir plus souvent.

Chantage affectif particulièrement bas, il devrait avoir honte. Gabriella savait très bien que leur mère était beaucoup plus fatiguée, depuis février ou mars de cette année. Ses forces déclinaient, Gaby craignait qu'elle ne passe pas la fin de l'année. Et savait aussi que c'était en partie de sa faute, l'inquiétude ne l'avait pas aidé à rester en bonne santé. Noël avec sa famille et le Nouvel An avec celle d'Auguste ? Se reposer, oui, elle avait bien compris qu'il le fallait absolument. Soupirant, elle replaça ses longues mèches derrière ses oreilles, ramenant ses bébés plus près d'elle en les laissant jouer entre eux, maintenant qu'ils arrivaient à marcher à quatre pattes.

– Notre mère serait très rassurée de te voir à Noël, après tout ce qui s'est passé.

– Ce sera... Bon, je vais en parler avec Auguste, ça devrait pouvoir aller, céda-t-elle d'un ton las.

Tant qu'elle pouvait tout de même garder un contact très régulier avec son équipe pour s'assurer que l'école était toujours en bon état, que personne n'avait été tué ou enlevé, qu'aucun coup foireux ne s'était mis en place, que l'armée n'avait lancé aucune expérience grave ou dangereuse, tout ira bien, elle pourra se reposer un minimum, elle tenait simplement à rester informée, au cas où. Il était très bien que son subordonné le plus proche, le commandant, ait bien compris cela et veille à lui fournir des rapports quotidiens sur l'évolution de la situation. Elle parla un peu avec ses frères, sans plus, le temps qu'ils boivent leur thé, toute à ses réflexions et gardant un regard constant sur ses jumeaux. Ils ne s'attardèrent pas très longtemps, Gabriella était épuisée et laissa le majordome les raccompagner et leur souhaiter une bonne soirée. Quand ils eurent quitté la chambre, Gaby se remit un peu mieux contre les oreillers, caressant la joue de ses enfants avec tendresse.

– Vous allez bientôt revoir papi et mamie, leur dit-elle d'un ton doux. Et les parents de papa. Bientôt...

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Julien de Lizeux
Bébé
avatar

Fonction :
  • Membre
Récits : 44

Âge RPG : 8 mois

MessageSujet: Re: Jeux avec maman   Sam 16 Avr - 15:14

Aurore allait plus vite que lui, sur le lit, Julien bataillait pour réussir à la rattraper en jouant. Il trébucha deux fois puis se remit à quatre pattes avant de rejoindre Aurore, tendant la main pour toucher ses cheveux tous dorés comme ceux de maman. Lui aussi il voulait aller vite comme elle ! Comment on devait faire ? Il la regarda marcher puis tâcha de l'imiter, cherchant à chaque fois où poser les mains et les genoux pour avancer. Il y parvint plus ou moins, après plusieurs essais peu productifs. Mais des fois, souvent, maman les attrapait et les remettait au milieu en disant de ne pas aller trop près du bord. Le bord était méchant, alors ? Il ne comprenait pas pourquoi il fallait toujours s'en éloigner, en fait, ce que ça pouvait bien changer s'ils approchaient quand même. Tout occupé à marcher comme sa sœur, il ne vit pas tout de suite qu'il y avait d'autres grandes personnes qui étaient arrivées et qui parlaient avec des voix très graves et pas rassurantes ni jolies, comme les voix de maman et papa. Grimaçant, il revint près d'Aurore lorsqu'elle tira sur sa manche pour jouer.

Les grands parlaient avec maman et il n'écoutait pas. A quatre pattes près de sa sœur, il jouait à lui attraper la main, les levant ensuite en essayant de bouger pareil tous les deux, comme avec le grand plat brillant où ils se voyaient en double, en bas là où on les lavait. Quand Julien regardait dedans, il se voyait lui-même et cet autre lui faisait exactement les mêmes mouvements que lui, dès qu'il remuait un peu. Avec Aurore, ils s'étaient amusés très longtemps à faire ça et essayaient ensuite entre eux deux. C'était moins facile, par contre. Il pencha la tête puis retomba un peu avant de se relever, déposant un bisou sur la joue d'Aurore comme papa le faisait avec eux. Ils continuaient leurs mimiques entre eux sans écouter les grandes personnes qui faisaient trop de bruit. Julien arrivait un peu mieux à aller aussi vite que sa sœur et était tout content de cet exploit, voulant que tout le monde puisse voir. Les grands partirent tout à coup et il regarda maman avec la bouche en o, le calme revenu d'un seul coup l'assommant un peu. Il retrouva cependant bien vite le sourire lorsqu'il sentit la main de maman lui caresser la joue, rassuré immédiatement.

– Vous allez bientôt revoir papi et mamie, leur dit-elle d'un ton doux. Et les parents de papa. Bientôt...

Maman était triste ? Sa voix n'était pas comme d'habitude... Il se rapprocha puis s'accrocha de sa petite main à elle, pour grimper dans ses bras avec Aurore. dès qu'il fut contre elle, blotti et protégé dans ses bras, il s'accrocha à son chemisier pour ne plus la lâcher, ne voulant pas qu'elle soit triste, parce que c'était maman.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
 
Jeux avec maman
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Bazin et la nouvelle Gendarmerie Nationale
» Mysteria, Mage Elementaire Aquatique.
» [UPTOBOX] Final Storm [DVDRiP]
» TELMA&CLAIRE ✟ « Nages avec maman »
» [RP COMMUNAUTAIRE - EVENT] Quand la Terre gronde...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pensionnat de la Ste Famille :: Une vaste Terre :: France :: Village de Gray :: Campagne :: M. de la Valière-
Sauter vers: