1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Entraînement sans professeur

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Océane Kara
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MessageSujet: Entraînement sans professeur   Mer 27 Jan - 23:00

– Ferme les yeux, je te dis, tu vas sûrement aimer.

A genoux sur le tatami, Océane attendit que Genji se décide à obtempérer pour saisir délicatement le bout de chocolat et lui dire d'ouvrir la bouche pour le lui donner. Ils étaient installés dans le dojo depuis dix minutes, initialement dans le but de s'entraîner ensemble, puis la discussion à la sortie des vestiaires s'était éternisée, l'un comme l'autre s'installant dans un coin de la salle, complètement vide à cette heure, pour simplement faire connaissance et se détendre après cette longue journée de cours. Il avala le carreau de chocolat puis sourit doucement, les yeux toujours fermés. Alors, il voyait bien que c'était bon ! Elle sourit, bien qu'il ne puisse pas la voir, ravie. Il y avait vraiment plein de choses qu'il n'avait jamais goûté, sa famille devait se contenter d'aliments très sains sans jamais chercher à faire plus exotique. Pourtant, le chocolat, c'était un des aliments les plus fantastiques de toute la terre ! Son nouvel ami rouvrit les yeux, approuvant lorsqu'elle lui demanda si il aimait bien. Croisant les jambes en tailleur, la jeune lycéenne appuya ses mains de part et d'autre de son corps, dans une posture peu recommandée pour le dos et pourtant confortable. C'était assez bizarre de ne voir personne à s'entraîner, surtout à cette heure. L'absence de monsieur Nakajima avait dû jeter un froid.

–  Tu es Chinoise, alors ?

– Techniquement, Française, je suis née en France et je n'ai été que quelques fois en Chine. Ce n'est pas vraiment mon pays, même si j'y tire mes origines.

Elle y avait toute sa famille, oncles, tantes, cousins, cousines, grands-parents, qu'elle voyait parfois, durant les étés où elle se rendait dans le pays avec ses parents. Mais son pays de naissance, de cœur et de vie restait la France, elle y avait passé toute sa vie et baignait dans sa culture. Remettant en place son kimono très serré autour d'elle, d'un noir profond avec des liserés bleus couleur nuit, sans manches et avec une ceinture noire, elle s'allongea de tout son long sur le tatami, écartant un peu les bras pour glisser ses doigts sur le sol, ses cheveux attachés en un chignon strict, remuant aussi les orteils, pieds nus. A cette heure, les autres élèves devaient être occupés à faire leurs devoirs, lire tranquillement à la bibliothèque ou flâner dans le parc en attendant le dîner. Pour la jeune fille, le dojo était un véritable refuge, elle s'y rendait pour s'entraîner, se cacher lorsqu'elle était triste ou voulait pleurer, se reposer, même lire ou dormir un peu, dans un coin. Elle se retourna sur le côté pour voir ce que faisait Genji, lui lançant un sourire en le voyant toujours un peu tendu. Il n'allait pas bien ? Ce qui s'était passé avec son oncle, en fin de semaine dernière, avait dû pas mal le secouer. Mais tout s'était arrangé, non ? Il y avait peut-être encore autre chose.

– Tu ne dois pas t'en faire, tu sais, lança-t-elle d'un ton convaincu. A partir du moment où on apprend à se débrouiller et qu'on connaît certaines règles, la vie ici est très agréable. Oublie pas que tu peux nous demander tout ce que veux, à Dominique et moi ! Oui, ça fait pas mal de choses à assimiler et comprendre d'un seul coup mais tu te débrouilleras très vite.

Elle reposa sa tête contre le sol, contre ses bras, à plat ventre sur le tatami. Elle se sentait assez lasse, à vrai dire. Elle n'avait pas mangé ce matin et à peine ce midi, n'ayant pas vraiment faim et ne voulant pas prendre le risque de reprendre trop de poids alors qu'elle en avait déjà perdu un peu et qu'elle essayait d'avoir un corps plus féminin. Elle n'était vraiment pas jolie et le savait, ce devait être pour ça que le seul garçon qui s'était vraiment intéressée à elle l'avait jeté comme un vulgaire déchet trop encombrant.

– Pourquoi tu t'es inscrit aussi tard à l'école, d'ailleurs ? demanda-t-elle en lui jetant un regard curieux. Tu suivais des cours dans une école comme celle-ci, près de chez toi ?

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Re: Entraînement sans professeur   Jeu 4 Fév - 17:30

– Ferme les yeux, je te dis, tu vas sûrement aimer.

Il hocha la tête, entrouvrant la bouche et fermant les yeux, installé à genoux près d'Océane. Elle lui glissa quelque chose de petit, un peu dur, qu'il croqua avec une légère appréhension. Une saveur sucrée, légèrement amer mais très bonne lui envahit la bouche et il sourit doucement. Pas mal ! C'était ça, du chocolat ? Il en avait déjà vu mais sa famille ne leur en avait jamais fait goûter, sa mère jugeait ça mauvais pour la santé, à cause du sucre. Elle était très à cheval sur l'hygiène de vie, Genji avait toujours dû se coucher avant vingt-deux jusqu'à ses douze ans puis avant vingt-trois heures les années suivantes, interdiction de manquer un seul repas, ce que son père veillait à faire respecter, etc. Il hocha la tête lorsqu'Océane lui demanda s'il aimait bien. Il ne comptait pas le dire à ses parents, bien entendu, même s'il en voyait pas en quoi un petit bout de chocolat de temps en temps allait le tuer. Sa nouvelle amie se réinstalla de façon plus détendue, en tailleur et s'appuyant des deux mains au sol, pendant que lui aussi se remettait plus confortablement sur le tatami. Tous deux étaient censés s'entraîner, Genji voulant retrouver un peu son ancien niveau avant que son oncle ne réalise à quel point il avait perdu, sauf que la conversation s'était prolongée et ils s'étaient installés sans avoir le courage de s'exercer tout de suite.

–  Tu es Chinoise, alors ?

– Techniquement, Française, je suis née en France et je n'ai été que quelques fois en Chine. Ce n'est pas vraiment mon pays, même si j'y tire mes origines.

Elle avait la nationalité Chinoise ou Française ? Ou les deux ? Il n'osa pas l'interroger plus loin, ne sachant pas si ce terrain pourrait la froisser ou la rendre triste, mieux valait rester prudent avec les histoires de famille. Lui-même n'était pas très à l'aise, depuis dimanche. Il avait dû faire des exercices sur son élément avec son oncle – et son père, comble de l'ironie – et se sentait assez bizarre, comme s'il couvait une maladie. Lorsqu'on avait retenu son pouvoir durant deux ans en croyant qu'il s'agissait d'une malédiction, le relâcher ainsi n'avait rien de facile, c'était même assez douloureux. Et puis, avec son père... Ils avaient passé deux années entière à se crier dessus tous les jours, alors même s'il avait compris certaines choses, il faudra sans doute encore beaucoup de temps avant d'en revenir à des relations plus cordiales, aimables, affectueuses, comme autrefois, avant la crise. Il avait l'impression de ne s'être bien entendu avec son père que dans une autre vie... Océane s'allongea tout à coup de son long, se retournant ensuite pour pouvoir le regarder. Il tâcha de lui sourire, ne voulant qu'elle s'inquiète à cause de lui. Ce ne devait pas être très concluant car elle lui lança tout à coup un grand sourire rassurant.

– Tu ne dois pas t'en faire, tu sais, lança-t-elle d'un ton convaincu. A partir du moment où on apprend à se débrouiller et qu'on connaît certaines règles, la vie ici est très agréable. Oublie pas que tu peux nous demander tout ce que veux, à Dominique et moi ! Oui, ça fait pas mal de choses à assimiler et comprendre d'un seul coup mais tu te débrouilleras très vite.

Il hocha lentement la tête, même si ce n'était pas vraiment ça qui l'angoissait. Il avait très bien intégré que la vie ici restait très dangereuse pour ceux qui agissaient, mais ce n'était pas son cas. S'il pouvait faire parfois quelques trucs, il ne se mettait pas en danger et était déjà très occupé à gérer sa nouvelle vie en France, écrire à sa mère et ses petites sœurs, s'entraîner avec son don et rattraper le retard monstrueux qu'il avait par rapport aux autres élèves qui suivaient le cursus d'entraînement depuis leur onze ans. Sa professeur l'aidait beaucoup, c'est vrai, restait à savoir si ce sera suffisant pour réussir ses examens... Il en avait assez peur, ignorant le niveau demandé et s'il avait des chances de le réussir. Arriver comme ça, au beau milieu du lycée, essayant de suivre les cours d'élément alors qu'il n'avait pas du tout le même niveau que les autres élèves de sa classe. Soupirant un peu, il porta un long regard sur le dojo, assez mélancolique. Son pays lui manquait, l'ambiance, le rythme de vie... Bien sûr, il y avait des choses qu'il adorait en France, comme l'esprit dans l'école, ce genre de choses, enfin...

– Pourquoi tu t'es inscrit aussi tard à l'école, d'ailleurs ? demanda-t-elle en lui jetant un regard curieux. Tu suivais des cours dans une école comme celle-ci, près de chez toi ?

Il aurait aimé, s'il en existait une et s'il avait eu la possibilité d'y aller, sachant l'extrême amour que la majorité des membres de sa famille avaient pour les dons. Il secoua la tête pour dire non, réalisant au même moment que les écoles du même style que le pensionnat étaient relativement rares, dans le monde. Ou plutôt, il en existait de moins en moins, beaucoup fermaient, depuis quelques années, à mesure que la tolérance envers ce genre de pouvoirs baissait elle aussi. Il y avait une école en Corée, comme celle-ci, qui avait fermé l'année dernière, officiellement par manque de moyens, officieusement car la population locale jugeait trop dangereux une telle concentration de personnes possédant des dons réunies au même endroit.

– Il n'y avait aucune véritable école, simplement des professeurs particuliers, qui donnent des cours plus ou moins longtemps selon ce que la personne veut. Certains veulent juste apprendre à se maîtriser, d'autres veulent vraiment progresser, voire enseigner à leur tour ensuite, même s'ils n'en font pas leur métier.

Kimmitsu avait beaucoup travaillé avec un homme assez âgé, dont il ne connaissait pas le nom, qui était décédé lorsque Genji avait huit ans. Leur famille s'était rendue à la veillée, c'était un homme très respecté dans la village, il y était né et les personnes âgées étaient très respectées, vénérées même, et ce malgré le don puissant qu'il avait posséder. Il s'en souvenait encore, la veillée avait été assez marquante et la cérémonie qui avait suivi avait été émouvante. Il était sans doute le seul villageois qui avait gardé sa respectabilité et son honneur, malgré le fait qu'il possède ce pouvoir. Les autres étaient décriés, même si personne ne se permettait d'insultes ou mépris en public, on gardait a pour les endroits plus privés. Himako avait eu un autre professeur, qui devait avoir entre quarante et cinquante ans aujourd'hui ou quelque chose comme ça. Eisen avait aussi eu quelques heures de cours avec cette même personne mais il n'avait jamais poussé très loin. Quant à Genji, il avait travaillé avec sa tante puis n'avait presque plus eu d'entraînement une fois qu'elle eut quitté la maison, son oncle n'étant pas à un assez bon niveau pour l'aider.

– Je me suis un peu entraîné avec ma tante, juste de quoi apprendre à ne pas me tuer par accident et ne tuer personne en même temps. Personne ne me posait vraiment de questions là-dessus, je faisais ce que je pouvais dans mon coin, ce n'est pas très bien vu dans mon pays... Nulle part, d'ailleurs. J'évitais d'en parler et plus le temps passait, plus je me sentais... Oppressé, en désaccord avec tout le monde, ne supportant plus ce rythme de vie. Je n'accusais même pas mon don, j'ignorais que tout venait de là. C'était, je... Je ne me sentais plus à ma place et je ne savais pas comment m'exprimer, comme si tout était vraiment coincé.

C'était sans doute la première fois qu'il essayait d'expliquer ce qui était arrivé sur cette période. Il avait déjà un peu parlé de ce qui était arrivé, ce qu'il avait fait, en résumé, mais il n'avait jamais essayé de rentrer vraiment dans les détails, d'autant plus depuis qu'il avait enfin compris d'où était venue la crise.

– Je ne sais même plus quoi penser, de mon père, de tout le monde, marmonna-t-il. Certains doivent m'en vouloir à fond, c'est certain, ma grand-mère pour commencer. Tu n'as jamais eu ce genre de problèmes ?

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Océane Kara
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MessageSujet: Re: Entraînement sans professeur   Dim 14 Fév - 15:29

Genji fit non en secouant la tête, pendant qu’Océane étendait un peu les jambes pour se mettre plus à l’aise. S’il n’avait jamais eu de vrais cours, elle se demandait bien comment il arrivait à suivre le rythme des entraînements proposés à l’école. La prof de son élément, Mme Mirvan, était peut-être la plus jeune de toute l’équipe, et la dernière employée en date, mais son niveau n’avait rien à envier à ceux des autres, ses cours étaient toujours très mouvementés, lorsqu’elle passait à la pratique. Ce n’était pas pour rien si elle s’entendait aussi bien avec Mme Morin… Il y avait une école comme celle-ci, en Chine, tout près du Tibet, elle avait déjà eu l’occasion de la voir, un été où elle était allée rendre visite à des cousins éloignés, avec ses parents. L’école était plus petite que le pensionnat, avec tout de même un nombre conséquent d’élèves, et avait toute une section spécialisée pour ceux qui voulaient à leur tour enseigner les dons aux plus jeunes. Au Japon, elle ne savait pas, elle n’y avait été qu’une fois ou deux. C’était assez rare, finalement, il y avait eu pas mal d’écoles en Europe, puis la plupart avaient fermé, depuis deux ou trois ans, à cause de la pression.

– Il n'y avait aucune véritable école, simplement des professeurs particuliers, qui donnent des cours plus ou moins longtemps selon ce que la personne veut. Certains veulent juste apprendre à se maîtriser, d'autres veulent vraiment progresser, voire enseigner à leur tour ensuite, même s'ils n'en font pas leur métier.

Ce n’était peut-être pas très bien vu, là-bas non plus… Océane hocha doucement la tête, se redressant pour s’asseoir de nouveau en tailleur, correctement. La majorité des jeunes apprenaient à maîtriser leur pouvoir avec un membre de la famille ou un prof particulier, ceux qui étudiaient ici, au pensionnat, n’étaient qu’une poignée, lorsqu’on comparait à tous ceux qui avaient un pouvoir et devaient apprendre à le maîtriser. De un parce que l’école était très chère, de deux parce que les parents hésitaient beaucoup avant d’exiler leurs enfants au milieu de centaines de personnes possédant des dons, il y avait forcément beaucoup d’accidents, c’était loin d’être rassurants. Et si on ajoutait à ça la réputation actuelle du pensionnat, autant dire que les inscriptions avaient encore baissé. Elle se balança un peu d’avant en arrière, la gorge un peu nouée, en regardant autour d’elle. Ses parents n’étaient pas riches comme crésus mais ils n’avaient pas eu de gros soucis pour lui permettre d’étudier ici, malgré tout. Elle aimait cette école, s’y sentant bien, même s’il y avait des problèmes, ça restait un endroit merveilleux à ses yeux. Dangereux, assez oppressant, mais elle s’y était construite et formée, cela valait tout l’or du monde.

– Je me suis un peu entraîné avec ma tante, juste de quoi apprendre à ne pas me tuer par accident et ne tuer personne en même temps. Personne ne me posait vraiment de questions là-dessus, je faisais ce que je pouvais dans mon coin, ce n'est pas très bien vu dans mon pays... Nulle part, d'ailleurs. J'évitais d'en parler et plus le temps passait, plus je me sentais... Oppressé, en désaccord avec tout le monde, ne supportant plus ce rythme de vie. Je n'accusais même pas mon don, j'ignorais que tout venait de là. C'était, je... Je ne me sentais plus à ma place et je ne savais pas comment m'exprimer, comme si tout était vraiment coincé.

Oh… Elle le couva d’un regard à la fois triste et compatissant, essayant d’imaginer la vie que l’on pouvait mener lorsqu’on ne parvenait plus à être en accord ou bien s’entendre avec sa propre famille, lorsque vos propres parents ne vous comprenaient plus. S’il avait envie d’en parler plus longuement, il pouvait, elle était prête à l’écouter et le réconforter autant que possible ! Ce n’était déjà pas simple d’arriver comme ça dans un pays étranger, alors autant faire ne sorte qu’il ne s’attarde pas trop sur le passé et se concentre sur l’avenir. Surtout avec le vent, c’était un don qui influençait beaucoup, autant que le feu. Son père avait pris le temps de lui expliquer tout en détails, lorsqu’elle avait quatorze ans, pour qu’elle ne s’inquiète pas si ses besoins évoluaient parfois trop vite ou qu’elle se sentait perdue. Elle se rapprocha un peu de lui, se demandant quoi faire pour lui remonter le moral. Elle pourrait l’emmener se balader, prendre l’air, s’entraîner avec lui pour lui changer les idées ou lui prendre la main pour le consoler. Certains arrivaient à réconforter les autres en un claquement de doigt mais inutile de préciser que ce n’était pas son cas.

– Je ne sais même plus quoi penser, de mon père, de tout le monde, marmonna-t-il. Certains doivent m'en vouloir à fond, c'est certain, ma grand-mère pour commencer. Tu n'as jamais eu ce genre de problèmes ?

– Non, jamais. Mon père aussi possède le feu et il s’en sert souvent, ça ne l’effraie pas. Le reste de ma famille vit en Chine et personne n’a l’air de vraiment détester ce genre de pouvoirs. En tout cas, tout le monde en parle plutôt librement, c’est naturel. Peut-être qu’en expliquant mieux ce qu’est un don et comment tu le ressens, ça pourrait s’arranger ? Comme ton oncle aussi a un élément, il peut t’aider à mettre les choses à plat et apaiser la situation. Je suis sûre que ça va finir par s’arranger, l’évolution d’un pouvoir est une passe difficile, mais tu vas vite te sentir mieux, une fois que tu le contrôleras.

Elle lui sourit pour le réconforter, tendant ensuite la main pour prendre la sienne et la serrer. Il n’était pas tout seul, ici, il y avait Dominique, elle-même, son oncle, tous ceux avec qui il pourrait se détendre et discuter, au pensionnat. Elle lui dit qu’ils allaient commencer à s’entraîner, ça lui changera les idées et se dépenser physiquement faisait toujours beaucoup de bien au moral, elle était bien placée pour le savoir. Et ce week-end, ils pourront sortir avec Dominique ! Aller manger une crêpe au bord des lacs, jouer à des trucs idiots, n’importe quoi, du moment qu’ils prenaient le temps de se comporter comme des gamins de leur âge, sans plus penser aux problèmes de famille ou à la guerre. Se levant, elle le tira par la main pour qu’elle l’imite et la suive, l’emmenant un peu plus loin, sur le tatami. Tout d’abord, commencer par les exercices d’étirement et assouplissement ! Elle se mit en place, pliant d’abord une jambe et s’appuyant dessus. Contracter le muscle, relâcher, puis étirer.

– Ce que tu peux faire, pour ne pas t’attacher au passé, c’est imaginer ton avenir, reprit-il tout en se concentrant sur ses exercices. Ce que tu veux devenir plus tard, pour commencer, tu as déjà une idée ? Ce que je fais aussi, c’est imaginer comment ce sera la maison ou l’appartement où je vivrai plus tard. L’aménagement, la décoration, tout cela, ça me plaît bien. Plus une vie de couple et des enfants, bien entendu.

Elle eut un sourire en se visualisant adulte, femme, prête à affronter la vie et toutes ses épreuves, prête à fonder son propre foyer et éduquer les enfants qu’elle aura. Elle avait encore le temps d’y penser, surtout à seize ans, à peine, mais imaginer tout cela la motivait à aller de l’avant, afin de toucher ces désirs du bout des doigts.

– Où tu voudrais vivre ? Japon, France, encore dans un autre pays ? Et comment ?

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Re: Entraînement sans professeur   Lun 7 Mar - 17:27

– Non, jamais. Mon père aussi possède le feu et il s’en sert souvent, ça ne l’effraie pas. Le reste de ma famille vit en Chine et personne n’a pas l’air de vraiment détester ce genre de pouvoirs. En tout cas, tout le monde en parle plutôt librement, c’est naturel. Peut-être qu’en expliquant mieux ce qu’est un don et comment tu le ressens, ça pourrait s’arranger ? Comme ton oncle aussi a un élément, il peut t’aider à mettre les choses à plat et apaiser la situation. Je suis sûre que ça va finir par s’arranger, l’évolution d’un pouvoir est une passe difficile, mais tu vas vite te sentir mieux, une fois que tu le contrôleras.

Il lui rendit son sourire, touché par sa gentillesse, bien qu'il trouve hautement improbable que sa famille accepte de se poser bien tranquillement pour une discussion sur les différents éléments. Sa mère n'aimait pas cela non plus, personne n'aimait ça, à part sa tante et ses deux oncles, qui avaient aussi un pouvoir. Parmi les petits-enfants, Genji était pour le moment le seul, même si sa tante lui avait affirmé qu'il était très probable que le fils d'Eisen, ses propres enfants et ceux de Kimmitsu naîtront aussi avec ce genre de pouvoirs. Elle trouvait assez bizarre que lui-même en ait eu un, étant donné que ni ses grands-parents ni ses grands-parents n'en avaient, c'était rare qu'un don passe d'un oncle à un neveu comme cela, la norme de transmission était des parents aux enfants ou des grands-parents aux petits-enfants. Il aurait tant aimé que tout cela soit naturel, comme dans la famille d'Océane, qu'on ne se demande pas si posséder un élément était bien ou mal mais qu'on se demande comment le développer au mieux. Il pouvait toujours essayer de s'expliquer, en priant pour que ça ne se termine pas comme le jour où Himako était partie de la maison en claquant la porte, car personne n'avait pu comprendre pourquoi elle avait développé l'élément feu et surtout pourquoi elle en était aussi fière.

Sa nouvelle amie se leva tout à coup et lui prit la main pour le tirer avec elle et qu'il se lève lui aussi. Elle avait la main fine et toute douce, alors que sa poigne était de fer, c'était un contraste assez étrange mais qui restait agréable. Il l'aimait bien, même s'il ne la connaissait que depuis très peu de temps. Sa famille était très farouchement anti-Chine et il avait vraiment cru que son oncle allait lui interdire de fréquenter Océane avant de comprendre que c'était elle, l'élève dont il leur avait déjà parlé. Son oncle ne se pliait décidément à aucune convention ancestrale, dès lors qu'il la jugeait idiote. De toute manière, Océane était Française avant tout. Elle portait un prénom de ce pays, avait grandi ici, en parlait la langue, baignait dans sa culture et avait la mentalité de ce peuple, elle était Française avant d'être Chinoise, malgré ses parents et ses origines. Il la suivit sur le tatami, lui lâchant la main assez à regret, lorsqu'ils commencèrent à s'échauffer. Genji reprit très vite le rythme familier, un rituel qu'il connaissait par cœur tant il l'avait répété, encore et encore, avant chaque entraînement. S'exercer sans échauffement était la porte ouverte à toutes les blessures, n'importe quel idiot un minimum sérieux avait compris et intégré cela. Le jeune homme n'était plus n élève très assidu depuis deux ans, cependant, il respectait tout de même les règles de base, afin de ne pas se faire mal.

– Ce que tu peux faire, pour ne pas t’attacher au passé, c’est imaginer ton avenir, reprit-elle tout en se concentrant sur ses exercices. Ce que tu veux devenir plus tard, pour commencer, tu as déjà une idée ? Ce que je fais aussi, c’est imaginer comment ce sera la maison ou l’appartement où je vivrai plus tard. L’aménagement, la décoration, tout cela, ça me plaît bien. Plus une vie de couple et des enfants, bien entendu.

Hum, non, il n'avait absolument jamais réfléchi à cela, trop focalisé sur un présent qui le rongeait chaque jour un peu plus. Avec ça, son avenir lui avait toujours paru tout tracé et donc angoissant. Reprendre la place de son père lorsqu'il sera devenu trop âgé, guider sa famille, tenir le rôle... Un rôle qui l'avait toujours terrifié, il en s'imaginait pas faire ça, il n'avait pas envie d'être un guide pour qui que ce soit et s'attacher à un seul et unique endroit. Jusqu'ici, il n'avait jamais pensé pouvoir rêver d'un ailleurs, convaincu que son père ne le laissera jamais changer de voix. Aujourd'hui, il doutait encore, ne savait pas si s'autoriser à rêver d'un autre avenir était possible ou s'il sera contraint de reprendre la place de son père, comme il y était destiné depuis sa naissance, en tant que fils aîné. Il observa Océane tout en continuant son échauffement, toujours réconforté en voyant son sourire. Elle était déjà sûre de vouloir des enfants ? Pouvait-on vraiment être convaincu de tout cela lorsqu'on avait seize ans ? Il avait l'impression d'être largué, à côté d'elle, car elle savait déjà le métier qu'elle envisageait et la vie qu'elle voulait mener. Genji ne savait même pas s'il pourra partir de la maison pour de bon ou s'il devra rester comme ses oncles, reprendre la place de son père. Il n'osait que timidement réfléchir à ses désirs. A se dire "Oui, je veux faire ça".

– Où tu voudrais vivre ? Japon, France, encore dans un autre pays ? Et comment ?

– Je ne sais pas du tout, bredouilla-t-il. Je ne sais même pas si je pourrai vraiment quitter la maison familiale, une fois sorti de cette école. Et partir loin de ma famille, ça me fait peur.

Il n'avait pas non plus le courage d'en parler ouvertement à son père et oser lui dire en face qu'il ne voulait pas reprendre sa place. C'était peut-être très lâche mais tant pis, il ne pouvait pas, c'était encore trop tôt et il se sentait... assez "fragile", quand il était face à lui, il avait sans cesse la boule au ventre, la peur que tout dérape en une nouvelle dispute ou un rejet. Silencieux un instant, il termina de s'échauffer avant de se placer face à Océane, la saluant dans les règles de l'art. Il commença par répéter avec elle une série de mouvements de parade, qu'il connaissait mais n'appliquait plus très bien depuis quelques mois. Elle lui fit recommencer chacun d'eux avec patience, lui montrant la façon dont positionner son corps, lever les bras ou tendre les jambes, détaillant absolument tout. Il l'écoutait avec attention, bien plus détendu avec elle qu'il ne l'était avec son père. Ils n'allaient pas très vite, concentré sur chaque geste et les répétant, les peaufinant, il tâchait de tout retenir du mieux possible pour avancer. Elle le corrigeait lorsqu'il n'y parvenait pas comme il le faudrait, lui donnant autant de conseils que possible. Et lui souriait. Pour la première fois depuis très longtemps, il était complètement détendu, trouvant du plaisir dans la pratique d'un sport dont il avait été presque dégoûté en deux ans.

– Tu veux rester en France, toi ? lui demanda-t-il en se tournant un peu comme elle lui indiquait et en plaçant ses coudes. Ou tu as envie de découvrir la Chine ? J'essaye d'imaginer ce à quoi tu as déjà pu rêver.

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Océane Kara
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MessageSujet: Re: Entraînement sans professeur   Mer 9 Mar - 18:08

– Je ne sais pas du tout, bredouilla-t-il. Je ne sais même pas si je pourrai vraiment quitter la maison familiale, une fois sorti de cette école. Et partir loin de ma famille, ça me fait peur.

C'était normal, à leurs âges, surtout s'il sortait d'une relation houleuse avec ses parents et sa famille. Avec un peu de temps, tout ira pour le mieux, on ne pouvait atteindre ce qu'on désirait en quelques jours seulement, elle était très bien placée pour le savoir. Une fois l'échauffement terminé, ils se placèrent face à face, puis débutèrent l'entraînement, la jeune fille prenant le rôle de professeur pour Genji. Il avait des bases solides, c'était évident, mais semblait avoir oublié beaucoup de principes, ainsi que certains mouvements qui pourraient pourtant améliorer ses parades et son équilibre. Elle mit du cœur à l'ouvrage, tenant vraiment à lui donner de bon conseils pour qu'il puisse progresser. Ils travaillaient et bavardaient parfois, elle le conseillait, il posait des questions, ils parlaient de tout autre chose en effectuant une série de mouvements. Un entraînement assez calme qui les apaisait tous les deux, bien que la lycéenne sente une fatigue inhabituelle lui peser, depuis toute à l'heure. Elle était habituée à bien plus et était déjà épuisée, ce n'était pas normal. Elle abaissa le rythme malgré elle, plus tendue qu'elle ne devrait l'être au bout de si peu de temps d'exercice. C'était sans doute les nerfs. Se reprenant, elle tapota le tatami du pied pour montrer à son nouvel ami comment placer le sien, l'encourageant à rester toujours bien droit pour ne pas se blesser. Ils étaient toujours seuls, dans le dojo, aucun élève ne venait s'entraîner sans leurs professeurs, excepté eux deux. Le dojo était très calme, personne à courir partout ni à parler trop fort et perturber tout le monde.

– Tu veux rester en France, toi ? lui demanda-t-il en se tournant un peu comme elle lui indiquait et en plaçant ses coudes. Ou tu as envie de découvrir la Chine ? J'essaye d'imaginer ce à quoi tu as déjà pu rêver.

– J'ai envie de découvrir mieux le pays de mes parents, oui, répondit-il en parant un coup de l'avant-bras. Donc pourquoi pas, vivre quelques temps en Chine, je veux bien. Je parle mandarin couramment, même si ça reste très scolaire. Ce serait aussi l'occasion de m'intégrer plus à ma famille, je ne suis allée que très peu de fois là-bas, tu sais. C'est loin et le voyage coûte cher.

Découvrir plus en profondeur ce pays et sa culture, oui, elle le devrait. Elle était Française et fière de l'être, malgré tout, la Chine était aussi un élément essentiel de sa culture, ses origines, sa personnalité, c'était le pays de ses parents et de toute sa famille, elle ne devait pas oublier cet héritage, quoi qu'il arrive. Alors y vivre quelques temps, oui, mille fois oui ! Pas toute sa vie, non, mais au moins quelques mois, voire deux ou trois ans. Se construire des projets d'avenir, visiter des pays dont elle rêvait souvent, découvrir l'Europe et l'Asie, elle avait envie de tout cela. Elle parlait un peu moins, la lourdeur des muscles pesant de plus en plus. De légères lueurs noires vinrent briller devant ses yeux, ses jambes devinrent molles, elle se sentit glisser, sans plus rien y voir, tombant contre quelques chose de chaud et souple. Les yeux fermés, elle se laissa aller, sentant à peine deux bras la soutenir. Ce fut la douleur à son ventre qui la ramena à la réalité, elle cligna des yeux pour éclaircir sa vision, assez troublée. Elle était à moitié allongée au sol, dans les bras de Genji, qui l'appelait d'un ton affolé. Elle lui répondit d'un ton assez faible qu'elle allait bien, c'était un coup de fatigue, rien de plus.

– Je vais chercher l'infirmier ?

– Non. Non, c'est bon.

Il l'aida à s'asseoir contre un des murs du dojo, restant à genoux près d'elle, le temps qu'elle se remette. Elle le remercia d'un petit sourire, sans comprendre pourquoi elle était aussi épuisée, d'un seul coup. Il faudrait vraiment qu'elle arrête de s'angoisser pour tout et se remette les idées en place. Tout allait bien. Tout ira bien.

– Je suis désolée. N'en parle pas, d'accord ? Je n'ai pas envie d'inquiéter mes parents.

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Re: Entraînement sans professeur   Dim 27 Mar - 20:11

– J'ai envie de découvrir mieux le pays de mes parents, oui, répondit-il en parant un coup de l'avant-bras. Donc pourquoi pas, vivre quelques temps en Chine, je veux bien. Je parle mandarin couramment, même si ça reste très scolaire. Ce serait aussi l'occasion de m'intégrer plus à ma famille, je ne suis allée que très peu de fois là-bas, tu sais. C'est loin et le voyage coûte cher.

Y vivre combien de temps, quelques mois ou quelques années ? Et pour y faire quoi, des spectacles ou ce genre de choses, participer à des tournois ? Il aimerait avoir des projets, comme elle, être capable de se projeter dans l'avenir et songer à ce qui lui plairait. Ils continuèrent à s'exercer en échangeant parfois quelques paroles, moins que toute à l'heure, concentré sur les gestes à effectuer. Il avait l'impression que son amie était un peu plus pâle, elle bougeait moins vite, comme si elle fatiguait. Il allait lui demander si elle se sentait bien lorsqu'elle s'affaissa tout à coup, sans crier garde, les yeux fermés. Il se jeta aussitôt sur elle pour la recevoir dans les bras, paniquant littéralement en l'appelant. La soutenant, il la fit s'allonger au sol, la gardant dans ses bras en se laissant tomber à genoux. Eh ! Elle se sentait mal, il devait aller chercher des secours ? Il lui tapota la joue puis le front en répétant son nom, tâchant de juguler la panique montant en flèche. Elle finit par rouvrir péniblement les yeux, lui arrachant un soupir de soulagement. Elle murmura qu'elle allait bien, que ce n'était sûrement que de la fatigue, ce qui ne convainquit pas Genji le moins du monde. Elle avait sûrement dû attraper mal et ne l'avait pas réalisé ! Ou bien était-ce les restes d'une vieille blessure. Non ? Il la couvait du regard en la gardant dans ses bras, se demandant s'il devait appeler une ambulance.

– Je vais chercher l'infirmier ?

– Non. Non, c'est bon.

Elle était sûre ? Hésitant, il la soutint puis l'aida à aller s'asseoir contre un des murs du dojo, se mettant à genoux à côté d'elle en s'assurant qu'elle n'était pas prête à s'évanouir une seconde fois. Elle lui sourit, pendant qu'il attendait de voir si elle reprenait un peu ses idées. Elle était certaine de ne pas vouloir qu'il coure chercher l'infirmier ? Il attendit patiemment, assez nerveux, prêt à bondir en cas de problème. Si ce n'était qu'un peu de fatigue, il valait mieux qu'il la raccompagne à sa chambre pour qu'elle se couche et dorme. Il était un peu perdu, ignorant ce qu'il fallait faire pour aider au mieux une personne après un malaise de ce genre. Lui-même n'en avait jamais fait, sauf la fois où il s'était endormi dans le froid, avant que son père ne lui tombe dessus. Il n'était pas sûr qu'Océane pourra marcher jusqu'à sa chambre, elle était vraiment très pâle. Que devait-il faire ?

– Je suis désolée. N'en parle pas, d'accord ? Je n'ai pas envie d'inquiéter mes parents.

– D'accord. Je vais te raccompagner à ta chambre, il faut que tu dormes.

Il l'aida à se relever puis à retourner aux vestiaires, où ils avaient laissé leurs affaires. Genji se changea lui-même rapidement, laissant ses affaires dans son casier une fois retrouvé son uniforme, puis alla aider Océane à faire de même. Les yeux fermés, il la soutint du mieux qu'il put pour qu'elle puisse elle aussi s'habiller, très gêné et prenant un très grand soin à ne pas la regarder. Une fois fait, il passa un bras autour de sa taille et l'incita à se reposer sur lui, sortant du dojo. A cette heure, élèves et profs devaient manger au réfectoire, il n'y avait que peu de personnes dans le parc. Ils marchaient avec lenteur, Genji très inquiet pour son amie, sachant qu'il ne se calmera un peu que lorsqu'elle sera endormie, au fond de son lit. IL lui parla sur le trajet pour l'aider à rester bien consciente, inquiet. Une fois rentrés dans le pensionnat, il la fit asseoir sur un banc pour qu'elle souffle un peu, la soutenant toujours.

– C'est la première fois que tu t'évanouis comme ça ? Et ça ne vient que de la fatigue accumulée ? Il vaudrait sans doute mieux que tu ailles à l'infirmerie tout de même, tu es vraiment très pâle.

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Océane Kara
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MessageSujet: Re: Entraînement sans professeur   Lun 18 Avr - 13:27

– D'accord. Je vais te raccompagner à ta chambre, il faut que tu dormes.

Hum... Elle hocha la tête puis s'appuya sur lui lorsqu'il vint l'aider à se relever, retournant aux vestiaires avec lui. Elle ne se sentait pas très bien, comme si elle marchait sur du coton, faiblement. Allant dans vestiaire des filles, assise sur un banc près de ses affaires, elle commençait à défaire ses vêtements d'entraînement lorsqu'il vint frapper, lui disant qu'il allait l'aider en gardant les yeux fermés pour ne pas la gêner. Océane en fut profondément touchée, se changeant un peu vite grâce à lui. Il était adorable, vraiment. Dès qu'elle fut prête à son tour, elle se reposa à nouveau sur lui, son sac sur les épaules, sortant du dojo, marchant dans le parc. Il y avait encore du monde dehors, à cette heure, c'était assez gênant. Elle répondit à Genji, qui devait faire presque toute la conversation à lui seul, se demandant s'il avait peur qu'elle ne s'évanouisse à nouveau. Tout allait bien, elle était plus fatiguée en ce moment, avec le stress, ça allait passer. Dans le hall du pensionnat, il l'aida à s'asseoir sur un des bancs puis se mit à côté d'elle, un bras toujours passé autour de ses épaules. Elle ne tenta pas de le repousser, réchauffée grâce à lui. Et puis, c'était agréable d'avoir quelqu'un qui prenait soin de vous lorsque vous n'étiez pas bien.

– C'est la première fois que tu t'évanouis comme ça ? Et ça ne vient que de la fatigue accumulée ? Il vaudrait sans doute mieux que tu ailles à l'infirmerie tout de même, tu es vraiment très pâle.

– Je ne sais pas trop, je ne me suis jamais évanouie mais je me sens moins bien, depuis le début de l'année, à la rentrée de septembre. Plus fatiguée. Je ne sais pas pourquoi.

Elle laissa sa tête retomber contre l'épaule de Genji, ajoutant qu'elle n'avait pas envie de prendre du temps à l'infirmier juste pour un petit malaise, il savait sans doute plus important à faire. Elle resta ensuite silencieuse un long moment, se contentant de regarder les personnes qui passaient, élèves ou soldats, plongée dans ses pensées. Elle aurait des dizaines de choses à demander à Genji, ayant envie d'en apprendre plus sur lui, sur ce qu'il avait vécu, aimait et détestait. Sans même comprendre pourquoi, elle commença à raconter doucement qu'elle avait été en couple avec Dimitri, l'année précédente, un jeune Russe qui avait du mal à parler correctement Français, qu'ils étaient restés ensemble quelques mois puis qu'il l'avait laissée un peu avant le mois de juillet, sans qu'elle ne sache pourquoi. Il avait quitté l'école et ne donnait même plus de nouvelles. Les mots sortaient seuls sans qu'elle n'y prenne garde ou qu'elle y fasse attention, il fallait juste qu'elle le dise à quelqu'un. Elle ajouta ensuite que c'était peut-être de sa faute, comme elle était trop garçon manqué.

– Il n'a sans doute pas osé me le dire, murmura-t-elle en commençant à pleurer. Ça ne peut venir que de là, je t'assure que je ne lui ai jamais crié dessus ou... J'étais si nulle que ça ? Pas assez fille ou... je ne sais pas. Je suis fatiguée. Tu veux me bien raccompagner dans la chambre ?

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Re: Entraînement sans professeur   Sam 30 Avr - 23:34

– Je ne sais pas trop, je ne me suis jamais évanouie mais je me sens moins bien, depuis le début de l'année, à la rentrée de septembre. Plus fatiguée. Je ne sais pas pourquoi.

Elle devrait tout de même accepter de voir un médecin, non ? Elle était peut-être malade, couvant quelque chose sans forcément le réaliser, ça pouvait être grave si on laissait ce genre de chose traîner. Il se tut cependant lorsqu'elle laissa retomber sa tête contre son épaule, un peu surpris et perturbé. Il n'avait jamais tenu qui que ce soit comme ça, peu tactile à la base, et surtout, jamais un ami ne s'était senti assez à l'aise avec lui pour en arriver là. Elle ajouta qu'Adrien avait sûrement autre chose à faire, que c'était inutile de le déranger pour un simple malaise. Tout de même, il ne la connaissait pas depuis très longtemps mais d'après ce qu'il avait pu observer et entendre, ce n'était pas son genre de s'effondrer ainsi sans crier gare. Elle était plutôt d'un naturel solide et enjoué, ce qui lui donnait une raison de plus de s'inquiéter pour elle. Peut-être devrait-il lui apporter un verre d'eau ou... un truc à grignoter. Ou autre chose ? Elle avait froid ou trop chaud ? Genji était assez perdu, sur ce coup-là, il ne s'était jamais retrouvé à devoir aider une personne après un malaise de ce genre. La dernière fois qu'il avait vu quelqu'un blessé, c'était un de ses oncles qui s'était coupé à la maison. Et il s'était évanoui en voyant le sang. Efficacité redoutable.

Le lycéen s'apprêtait à redemander à Océane si elle était bien sûre de ne pas vouloir aller à l'infirmerie lorsqu'elle reprit la parole, lui faisant refermer la bouche. Elle se mit à lui raconter la façon dont elle avait rencontré un certain Dimitri, l'année précédente, un garçon un peu plus jeune qu'elle, Russe d'origine, qui parlait mal le Français. Genji se sentit remplir peu à peu d'eau bouillante, de plus en plus gêné. Il, heu... Il était censé répondre quoi, à ça ? Elle avait été en couple, d'accord, tant mieux pour elle, mais que devait-il répondre ? Il comprit pourquoi elle avait abordé le sujet lorsqu'elle indiqua qu'ils avaient rompu sans crier gare ni explication à la fin du mois de juin. Plus de nouvelles depuis. Genji regarda partout de lui avec une certaine nervosité, comme si les murs ou le plafond allaient pouvoir lui donner des indications sur la façon dont il devait réagir. Comment on réconfortait une fille de seize ans en train de parler d'une rupture douloureuse, au juste ? Ses parents ne lui avaient jamais appris ça, tout ce que son père lui avait dit sur le sujet était "Pas de relation sexuelle avant le mariage", ce qui l'aidait vraiment beaucoup, aujourd'hui. Il grimaça un peu lorsque Océane murmura qu'elle devait faire trop garçon manqué. Là, non, vraiment pas, elle avait un très mignon minois.

– Il n'a sans doute pas osé me le dire, murmura-t-elle en commençant à pleurer. Ça ne peut venir que de là, je t'assure que je ne lui ai jamais crié dessus ou... J'étais si nulle que ça ? Pas assez fille ou... je ne sais pas. Je suis fatiguée. Tu veux me bien raccompagner dans la chambre ?

– Si toi tu ne fais pas "assez fille", alors aucune fille ne le fait non plus, assura-t-il, assez gêné. Ton visage est très doux et...

Il s'interrompit, rouge de gêne, puis l'aida à se relever, s'assurant qu'elle tenait bien debout. Voilà, ça ira comme ça ? Il la raccompagna avec lenteur, surtout dans les escaliers, revoyant balader ceux qui les fixaient avec un peu trop d'insistance. Allez, hop, du vent, pas besoin de témoins à venir la dévisager ! De l'air, enfin. Arrivés en haut de l'escalier, il la laissa souffler et se reprendre un peu avant de l'emmener jusqu'à sa chambre. C'était déjà mieux que le dortoir, lorsqu'on voulait dormir un peu en paix. Poussant la porte, il la fit asseoir puis s'allonger sur son lit, refermant pour que personne ne la voit, en passant dans le couloir. S'asseyant près d'elle, il remonta la couverture pour qu'elle ait bien chaud, toujours inquiet. Que pouvait-il faire de plus ? Elle avait besoin de parler ? Perdu, il réfléchit un moment puis lui donna un mouchoir pour qu'elle puisse s'essuyer les yeux, remettant ensuite ses mains sur ses genoux.

– Ecoute, commença-t-il avec une légère hésitation. Je ne pense vraiment pas que tu ne fasses pas assez fille, comme tu m'as dit, bien au contraire. Tu es moins superficielle que d'autres, c'est tout. En plus de ça, il y a beaucoup d'élèves dans cette école qui n'aiment pas les étrangers ou ceux qui ont des origines étrangères, j'ai déjà pu m'en rendre compte. Tu es Française et tes parents Chinois, donc pour ces personnes, c'est une raison de te dénigrer. Pourtant, je t'assure que tu n'es pas du tout garçon manqué.

Il lui fit un sourire pour la rassurer, voulant qu'elle comprenne qu'il était sincère. Vraiment, elle était très "fille", si on pouvait parler comme ça. Juste plus forte que d'autre, plus solide, c'est ça qu'il aimait beaucoup, chez elle. Elle pouvait respirer un bon coup et se détendre ! Même s'il y avait un bon paquet d'abrutis dans cette école, il y avait aussi des personnes formidables qui en s'arrêtaient pas à l'apparence physique ou au statut social, ni aux origines d'une personne.

– Tu devrais essayer d'en parler à quelqu'un... Ça pourrait t'aider, je pense, tu ne devrais pas tout garder pour toi. En plus, ça peut aller quand on perd confiance en soit, alors... Vraiment, tu devrais penser à te confier à quelqu'un.

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