1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Volonté d'agir

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Volonté d'agir   Jeu 14 Jan - 21:38

Céleste se pinça l’arrête du nez, fermant les yeux avec un air fatigué. Elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit, rongée par la culpabilité et l’inquiétude. La veille, elle avait appris que la directrice avait été agressée et avait dû donner cours aux lycéens aussi comme cela avait déjà été le cas l’année précédente. Depuis, elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle avait trahie Gabriella cet été, avec Cyprien. Elle l’avait aidée ! Et elle, comment la remerciait-elle ? En laissant son mari la tromper dans sa propre maison pendant qu’elle est clouée sur un lit d’hôpital… Pitoyable. Non, Céleste n’avait rien prémédité, tout s’était passé sans qu’elle ne le réalise et elle aimait vraiment Cyprien, il la connaissait, ne la jugeait pas. Mais pourquoi ne pas l’avoir repoussé ? Sa femme supportait déjà tous les maux possibles et inimaginables pour eux, pour le Pensionnat, pour les professeurs, pour les élèves. Et ils lui rajoutaient le rang de femme trompée…

Culpabiliser pour des tensions pareilles n’était pas son genre mais, depuis qu’elle avait appris ce qui s’était passé… Et ils savaient tous que cela pouvait arriver. Gabriella était allée sauver Kimmitsu, comment les choses auraient-elles pu se dérouler autrement ? Céleste voulait aider, vraiment, et pas seulement en donnant cours à sa place. Elle voulait la soutenir et être présente comme elle l’avait été lorsqu’elle-même était revenue au Pensionnat avec un second don. Que sa supérieure arrête de se surmener comme elle le faisait jusqu’à présent… Surtout avec de telles conséquences. Céleste se mordit les lèvres, poussant ensuite un soupir sans lever la tête des fiches de la directrice. Elle avait récupéré la moitié des exercices en vitesse la veille pour en avoir quelques-uns à donner en cours, ne connaissant pas vraiment le niveau exigé par Gabriella en cours de foudre au lycée. Elle avait aussi essayé d’en effectuer certains mais, dès que c’était un peu trop complexe ou poussé, son don se fatiguait. Trop tôt. Ou l’esprit trop occupé…

Céleste – Ca suffit ! dit-elle en frappant son bureau en bois du poing. Tu dois donner cours aux collégiens et aux lycéens, ce n’est pas en restant comme ainsi que tu y arriveras !

Céleste rouvrit les yeux, soufflant un bon coup avant de se remettre à lire les fiches de Gabriella. Toile d’araignée avec la foudre… Des flèches… Des ficelles… Elle lisait les descriptions, essayant de se représenter les exercices tout en se remémorant ce qu’elle-même avait étudié au lycée. Pour l’instant, son niveau n’était pas encore suffisant pour certains exercices, elle devait s’entraîner, continuer et travailler plus dur. Comme Gabriella qui ne cessait de travailler comme une forcenée pour y arriver et défendre le Pensionnat depuis des mois maintenant. Sans aucune aide, sinon celle de certains professeurs, celle de l’armée, et… C’est tout. Une nouvelle vague de culpabilité envahit Céleste qui essaya de l’ignorer, se concentrant sur les fiches. Elle voulait l’aider ! Mais, après ce qui s’était passé, elle se voyait très mal venir lui dire « Eh, au fait, Cyprien vous a trompée avec moi mais je veux vous aider ! ». Enfin, si, mais dans quel état ressortirait-elle de cette entrevue… ?

Réprimant un frisson, la jeune professeure secoua la tête, reculant sa chaise pour se lever et faire quelques pas dans son bureau. Elle n’était pas concentrée, il fallait qu’elle fasse quelque chose, son comportement était complètement stupide. Plus elle pensait à sa culpabilité, plus elle réalisait qu’elle avait peur. Peur. Non mais vraiment peur ! Alors qu’avant, la directrice ne l’effrayait pas du tout. D’accord, elle avait un caractère plutôt fort mais c’était normal. Seulement, depuis l’accident avec Sarah et ce qui s’était passé avec Cyprien… Oui, d’après ce qu’elle avait entendu, les professeurs n’allaient rien dire. Mais et s’ils changeaient d’avis ? C’était possible, non ? Ca et Cyprien…

Céleste se frotta les bras dans un geste nerveux puis se décida à sortir, entendant la sonnerie qui signalait la pause entre deux cours. Elle descendit les escaliers pour rejoindre le hall, au cas où il y avait des problèmes à gérer en cherchant une idée pour améliorer les choses. Elle n’avait pas été productive, jusqu’ici, il fallait qu’elle trouve une solution. Qu’elle parle à Gabriella. En espérant ne pas se faire hurler dessus ou renvoyer, chose que la directrice aurait pu faire depuis des mois. Pourtant, non, Céleste était toujours là, à son poste, sans même avoir été diminuée. Elle n’avait pas eu de convocation, rien du tout, ce qui signifiait que la directrice devait sans doute lui laisser une seconde chance. Peut-être ? Ou qu’elle ne trouvait aucun professeur susceptible de la remplacer, c’était possible aussi…

Céleste – On se calme ! Les courses et autres jeux, c’est dehors, pas à l’intérieur du bâtiment !

Céleste s’était interposée entre deux élèves qui jouaient déjà dans les couloirs, l’un des deux ayant manqué de bousculer une petite de sixième visiblement peu à l’aise dans cette école. Normal… Mais elle ne devait pas avoir peur, ils étaient tous conscients des dangers encourus par l’école, cette année, les élèves n’allaient pas se faire tuer comme l’année passée. Elle-même ne laisserait pas faire cela, en tout cas. Pas comme Sarah… Céleste pressa les élèves vers la sortie, leur demandant de se dépêcher pour retrouver leurs camarades alors que les derniers retardataires moins motivés, apparemment, traînaient à l’arrière. Allez ! Ils avaient l’occasion de parler et rire, qu’ils le fassent dehors plutôt qu’en cours !

Dès que le dernier élève fut sorti, la jeune professeure rejoignit la salle des profs, grimpant les escaliers en même temps qu’un collègue qui avait géré la sortie des élèves aussi. D’autres surveillaient l’extérieur, par peur des militaires sans doute, mais la plupart des professeurs étaient dans la salle d’où émanaient discussions un peu pressées, tendues, des murmures aussi… Tous à propos de la directrice. Ils s’inquiétaient. Même Estelle, habituellement très souriante, avait cet air de maman inquiète. Quant à Cyprien… Il avait un air bizarre, pas comme d’habitude en tout cas. Ambiance, ambiance. Céleste alla se servir du café, essayant d’ignorer les discussions qu’elle entendait qui ne l’aidaient pas à se changer les idées. Habituellement, elle parlait avec Cyprien, lui expliquait sans même le réaliser. Mais ici… Il ne pourrait pas l’aider, pas pour cela. Qui Gabriella n’avait-elle jamais remballé ? Kimmitsu… Impossible. Adrien ? Non plus. Valentin, elle ne le connaissait pas assez… Oh. Estelle. Elle ne lui avait jamais hurlé dessus ! Il n’y avait qu’elle qui avait osé lui parler, pour le mariage, et la directrice s’était pliée immédiatement à ses quatre volontés dès que la jeune maman avait parlé.

Céleste – Estelle ? Est-ce que… tu aurais un peu de temps pour parler ? Aujourd’hui ou… Quand tu peux. Si ça ne te dérange pas. J’aurais seulement besoin de tes conseils comme tu connais Gabriella et qu’elle t’apprécie beaucoup.

Estelle lui fit signe de s’asseoir et elle s’exécuta, quoi que très mal à l’aise, café en main. Heu… Maintenant ? Là, tout de suite ? Céleste lança un regard inquiet par-dessus son épaule, s’assurant que personne ne pouvait entendre. Cependant, il y avait tellement de bruit que non, effectivement, il était impossible d’entendre les paroles des autres sans y prêter réellement attention. Un brouhaha incroyable, caractéristique de la salle des professeurs, accompagné d’odeur de café, de chocolat chaud et de thé. Sans oublier que la pause ne durait pas très longtemps, la salle allait bientôt se vider. Bon, heu… Et maintenant ? Céleste fixa son café sans rien dire, osant à peine lever les yeux vers Estelle. Parler avec elle de ce sujet était d’autant plus difficile étant donné l’image de mère aimante et fidèle qu’elle renvoyait. Et si elle la choquait ? La jeune professeure, habituellement impassible et froide, ne montrait que l’image d’une adulte perdue pour l’instant. Allez, un peu de courage ! Estelle n’allait pas hurler, elles étaient entourées de professeurs.

Céleste – Depuis cet été, c’est un peu… tendu avec la directrice. Je sais que vous n’avez rien dit pour Sarah, elle m’aurait sans doute renvoyée autrement, je ne vous accuse pas. Mais c’est…

Céleste s’interrompit, prenant une brusque inspiration pour rassembler son courage. « Cyprien a trompé Gabriella avec moi », ce n’était tout de même pas si compliqué à dire ! Il fallait bien qu’elle améliore les choses, qu’elle ne laisse pas cette situation sans suite en évitant purement et simplement la directrice parce qu’elle avait peur. C’était stupide, il fallait avancer. Ils étaient adultes, après tout.

Céleste – Cyprien et Gabriella ne sont plus ensemble à cause de… il y a eu un léger problème cet été. Avec les orages, elle a beaucoup changé pour devenir plus militaire que professeure. On s’attendait à ce que ça coince à ce niveau, oui, mais Cyprien a été… Il déprimait énormément et j’ai voulu l’aider comme lui m’a aidée. Et, du coup, on s’est énormément rapprochés… Beaucoup.

Estelle – Il l’a trompée ? Avec toi ?!

Céleste avait redressé la tête pour voir la réaction d’Estelle, voyant son regard choqué, rougissant immédiatement. Elle l’avait dit en faisant attention ! Sentant sa gorge se serrer, elle baissa détourna le regard sans rien dire, se rapprochant un peu de la table pour laisser un collègue passer. Ca s’était passé très vite ! Elle ne devait pas en vouloir à Cyprien, il n’avait pas réfléchi, puis c’était de sa faute aussi. A eux deux.

Céleste – Ce… Ce n’est pas entièrement de sa faute, je… Je ne l’ai pas repoussé. Pas vraiment. Et il l’aimait, j’en suis sûre, je le connais, mais il ne voyait pas qu’il avait changé et il a reçu un choc quand elle a fait éclater les orages sur tout le pays de manière tout à fait consciente. Il a réalisé et il… Il a vu aussi qu’il y avait plus que de la simple amitié entre elle et Auguste. Tout s’est enchaîné très vite, je ne voulais pas le laisser comme cela. Mais avec ce qui se passe, je… Je veux aider, arranger les choses. Mais je n’ose… pas vraiment lui parler.

Estelle – Je doute que ce soit le moment... Surtout si on lui a tiré dessus.

La jeune professeure redressa la tête, bouche entrouverte, choquée. On avait tiré sur Gabriella ?! Elle… Mais… Pardon ? Sentant une nouvelle vague de culpabilité croître en elle, Céleste ne répondit rien sur le moment, la nouvelle se frayant un chemin jusqu’à son cerveau. On lui avait tiré dessus… Elle lança un regard plus inquiet que jamais à Cyprien qui était occupé, les craintes qu’il avait se réalisant réellement. Elle devait faire quelque chose… N’importe quoi. Si la directrice avait été blessée par balles, il fallait qu’elle se repose vraiment, qu’elle respire, qu’elle prenne du temps pour elle. Ce n’était pas anodin, loin de là. S’était-elle seulement reposée depuis les orages de cet été ? Autour d’Estelle et Céleste, certains professeurs vidaient déjà les lieux, partant rejoindre leur classe comme la pause était presque terminée. Elle ne donnait pas cours, maintenant ? Voyant que sa collègue ne bougeait pas, elle continua à réfléchir.

Céleste – On doit l’aider…, dit-elle au bout d’un moment. Je ne sais pas comment, mais il faut l’aider. Je suis presque sûre qu’elle s’est à peine reposée depuis les orages de cet été… Je peux reprendre ses cours, mais il y a… certains exercices que je ne peux pas faire. Et en dehors de l’école, j’ignore ce que je peux faire réellement mais j’ai peur qu’elle craque complètement. Je ne veux pas la laisser tomber, pas comme ça.

Pas après ce qu’elle avait fait. C’était grâce à la directrice qu’elle avait appris à manier son second don, qu’elle n’était pas morte tout simplement le jour où elle l’avait développé, qu’elle avait trouvé un refuge et une voie à suivre. Comment pouvait-elle la laisser tomber après ça ? Surtout avec ce qui s’était passé entre Cyprien et elle… Non, vraiment, elle ne pouvait pas. Seulement, la seule chose que Céleste pouvait faire actuellement était de faire tout son possible pour garder les cours des lycéens, ce qui inciterait la directrice à ne plus s’en occuper. Plusieurs heures en plus pour elle, moins de temps à consacrer aux cours. Peut-être se reposerait-elle ? Et Estelle maniait la foudre… Cyprien ne pouvait pas l’aider, Kimmitsu non plus. Mais pourquoi pas Estelle ?

Céleste – Tu crois… Tu crois que tu pourrais me donner un coup de main pour maîtriser un peu mieux les exercices de Gabriella pour les lycéens ? Si elle voit qu’elle ne doit plus s’inquiéter pour ça ou s’en occuper nettement moins, ce sera déjà un pas en avant. Je crois… Non ?

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: Volonté d'agir   Ven 15 Jan - 11:06

Auguste l’avait prévenu hier soir, assez tard, de ce qui était vraiment arrivé, comme il savait que Gabriella et Estelle étaient proches. Depuis, la jeune mère ne cessait de s’angoisser, ne pouvant s’empêcher d’imaginer Gabriella étendue à terre, du sang coulant de ses blessures, évanouie et danger de mort. Vu son état de faiblesse actuelle, elle aurait très bien pu y rester ! Quelle histoire, vraiment… Estelle fit un effort pour cesser de soupirer, comptant les points qu’avait obtenu l’élève dont elle corrigeait le devoir. Ce n’était pas bien terrible, tout cela. Trempant son stylo-plume dans l’encre, elle écrivit d’une écriture fine et soignée « Attention aux fautes d’inattention, de nombreuses erreurs pourraient être évitées avec une bonne lecture des consignes ». Les sixièmes n’étaient pas encore bien à l’aise avec le système du collège, ce n’était que le début de la seconde semaine. Estelle donnait des devoirs d’évaluation chaque année, en septembre, pour vérifier le niveau de ses classes et chaque année, sans faute, elle pouvait observer une baisse de niveau partout, car les enfants n’ouvraient plus leurs livres durant deux mois. Elle ne pouvait vraiment le leur reprocher, bien que ce soit lassant.

L’heure de la récréation sonna tout à coup, pendant qu’Estelle corrigeait une autre copie. Ses collègues arrivèrent peu à peu en salle des professeurs, la majorité inquiets ou se posant des questions. Evidemment, les rumeurs allaient vite… Ni Kimmitsu ni Gabriella n’étaient présents au pensionnat depuis hier et tout le monde savait que le sous-directeur avait brutalement disparu, jeudi soir. Nul besoin d’être un grand devin pour deviner ce qui s’était produit ensuite… Gabriella avait été chercher son collègue et ami puis avait eu des ennuis à son tour. Estelle grimaça en se frottant un peu les yeux, acceptant avec un sourire le mug de thé que Frédéric lui tendit, avant de s’asseoir à une autre table. Lui aussi semblait très nerveux mais il avait une bonne raison, il venait d’être nommé directeur intérimaire le temps que Gabriella puisse revenir. Ils avaient su ça hier, après une brève réunion entre professeurs, où leur collègue avait manqué de s’étrangler lorsque l’ancien directeur lui avait lancé, tout naturellement « Et ce sera monsieur Mancel qui assurera le remplacement de la directrice. Félicitations. Ne vous en faites pas, je vous aiderai, le temps que le sous-directeur revienne. » Frédéric semblait un peu pâle, depuis, il faut avouer qu’avec tout ce qui s’était produit, être à la direction de l’école n’était guère un cadeau.

Les murmures des conversations formaient un bruit de fond auquel Estelle était habituée, à présent. Elle prit le temps de boire un peu de thé avant de retourner à ses copies, fronçant les sourcils devant certaines réponses. Mais ce qu’ils arriveraient à la faire douter, parfois, ces gamins… Elle feuilletait le manuel d’histoire des cinquième lorsque Céleste se fraya un chemin jusqu’à la table qu’elle occupait, elle aussi avec un air angoissé. Etrange de la voir ici pendant la récréation, elle était plutôt du genre à rester enfermée dans son bureau, comme si le contact de ses collègues pouvait lui donner des maladies. La jeune maman n’avait jamais trop su quoi lui dire, la connaissait mal et n’étant pas à l’aise avec les personnes qui ne répondaient même pas à ses sourires, lorsqu’elle leur disait bonjour dans le couloir, en passant. Heureusement, c’était assez rare, tous les élèves ou presque prenaient le temps des ‘arrêter pour lui dire bonjour, comme la majorité de ses collègues. Estelle prenait très à cœur ces contacts quotidiens, étant très sociable.

Céleste – Estelle ? Est-ce que… tu aurais un peu de temps pour parler ? Aujourd’hui ou… Quand tu peux. Si ça ne te dérange pas. J’aurais seulement besoin de tes conseils comme tu connais Gabriella et qu’elle t’apprécie beaucoup.

Lui parler à propos de Gabriella ? Hum, oui, si elle voulait. Estelle lui fit signe de s’asseoir et repoussa un peu ses affaires pour lui faire de la place, en prenant bien garde à ne rien renverser sur ses copies. Il en manquerait plus que cela, qu’elle rende des devoirs tâchés de café ou de thé à ses élèves, ce serait très irrespectueux. Se remettant correctement sur sa chaise, gênée par son ventre énorme, elle croisa le regard un peu désespéré de Frédéric qui se levait pour suivre l’ancien directeur. Allons, il allait très bien s’en tirer ! Elle lui fit un sourire d’encouragement, entourant sa tasse de ses mains pour en sentir la chaleur. Au même instant, elle sentit son bébé remuer dans son ventre, lui donnant de petits coups de pieds. Elle aimerait tant qu’il sorte, étant bien fatiguée, percluse de douleurs au dos et rêvant de l’avoir enfin dans les bras. Il faudra aussi qu’elle songe à un parrain et une marraine, pour lui ! Elle y pensera plus tard, d’abord Céleste. Que lui arrivait-il exactement ?

Céleste – Depuis cet été, c’est un peu… tendu avec la directrice. Je sais que vous n’avez rien dit pour Sarah, elle m’aurait sans doute renvoyée autrement, je ne vous accuse pas. Mais c’est…

Bien sûr qu’ils n’avaient rien dit ! Comment pouvait-elle penser qu’ils allaient changer d’avis ?! Estelle n’était pas du genre à chercher à enfoncer ses collègues pour le plaisir, bien au contraire, on ne pouvait pas lui reprocher de faire preuve de trahison ou elle ne savait quelles horreurs. Sa collègue avait prit une lourde inspiration, comme si elle s’apprêtait à demander confirmation. La jeune brune espérait que ce n’était pas le cas… Elles ne se connaissaient que très peu, soit, pour autant, la professeur d’histoire avait toujours voulu l’aider lorsqu’elle l’avait pu, ne serait-ce que cet été avec le petit Lucas.

Céleste – Cyprien et Gabriella ne sont plus ensemble à cause de… il y a eu un léger problème cet été. Avec les orages, elle a beaucoup changé pour devenir plus militaire que professeure. On s’attendait à ce que ça coince à ce niveau, oui, mais Cyprien a été… Il déprimait énormément et j’ai voulu l’aider comme lui m’a aidée. Et, du coup, on s’est énormément rapprochés… Beaucoup.

Estelle – Il l’a trompée ? Avec toi ?!

Elle plaqua une main sur sa bouche, profondément choquée, les yeux écarquillés. Cyprien, enfin, il n’aurait jamais fait ça ! Qu’est-ce qu’il lui avait pris ?! Après tous ces mois passés à courir derrière Gaby ! Il avait osé la tromper ? Et elle le savait ?! Oh mon Dieu, oh mon Dieu, la pauvre… Elle coula un regard en biais à Cyprien, lui aussi partant pour aller à sa classe. Déprime ou non, on ne trompait pas son conjoint ! S’il n’y avait plus d’amour, il fallait d’abord en parler, se éparer si les choses ne pouvaient s’arranger, mais la trahison… Surtout d’une manière aussi ignoble. S’ils ne s’aimaient plus, si Cyprien en aimait une autre, soit, ce n’était pas ses affaires, en revanche, Estelle n’accepte pas qu’on trahisse ainsi une femme. Comme si son amie n’en avait déjà pas assez subi, cet été… La disparition de son fils, les ennuis avec son don, puis aujourd’hui, avec Kimmitsu, l’armée… Fallait-il vraiment lui rajouter cela ? Estelle se sentait toute drôle, ayant du mal à réaliser que Cyprien avait vraiment fait cela.

Céleste – Ce… Ce n’est pas entièrement de sa faute, je… Je ne l’ai pas repoussé. Pas vraiment. Et il l’aimait, j’en suis sûre, je le connais, mais il ne voyait pas qu’il avait changé et il a reçu un choc quand elle a fait éclater les orages sur tout le pays de manière tout à fait consciente. Il a réalisé et il… Il a vu aussi qu’il y avait plus que de la simple amitié entre elle et Auguste. Tout s’est enchaîné très vite, je ne voulais pas le laisser comme cela. Mais avec ce qui se passe, je… Je veux aider, arranger les choses. Mais je n’ose… pas vraiment lui parler.

Estelle – Je doute que ce soit le moment... Surtout si on lui a tiré dessus.

C’était donc pour cela que c’était Auguste qui l’avait mise au courant et pas Cyprien. Il est vrai qu’Auguste s’était beaucoup rapproché de Gabriella, en 1930, lors de son propre mariage. C’était comme un autre monde… Gabriella à peine tombée enceinte et détendue. Auguste à ses côtés, souriant, l’invitant sans aucune difficulté à sortir et s’amuser. Un autre monde, qui ne reviendra sans doute jamais. Comment les choses avaient-elles pu changer autant en si peu de mois ? Cyprien quitta la salle, comme d’autres, seuls quelques professeurs restaient, parlant de leurs élèves, pour la plupart. On entendait l’écho des bancs raclant au sol et des pas des élèves, sur le plancher des couloirs et des clases, cela faisait pas mal de bruit.

Céleste – On doit l’aider…, dit-elle au bout d’un moment. Je ne sais pas comment, mais il faut l’aider. Je suis presque sûre qu’elle s’est à peine reposée depuis les orages de cet été… Je peux reprendre ses cours, mais il y a… certains exercices que je ne peux pas faire. Et en dehors de l’école, j’ignore ce que je peux faire réellement mais j’ai peur qu’elle craque complètement. Je ne veux pas la laisser tomber, pas comme ça.

Estelle voulait rester optimiste mais elle avait tout de même un léger doute sur le fait que Gabriella accepte son aide si c’était avec elle que Cyprien l’avait trompé. Cela faisait « trop », si on pouvait parler ainsi. Cette technique de foudre avait dû la vider de ses forces et elle n’avait pas eu de véritables occasions de se reposer depuis. ? Si on ajoutait à ça qu’elle s’était fait tirer dessus, elle en devait pas être dans un excellent état moral et donc, sans doute, peu disposée à être calme et sereine face à Céleste. La situation se compliquait encore, la jeune femme craignait les conséquences, ce pouvait être plus grave que prévu. Mais si Auguste aidait… Il était costaud, bien plus que la plupart de leurs collègues masculins, il suffisait de le voir.

Céleste – Tu crois… Tu crois que tu pourrais me donner un coup de main pour maîtriser un peu mieux les exercices de Gabriella pour les lycéens ? Si elle voit qu’elle ne doit plus s’inquiéter pour ça ou s’en occuper nettement moins, ce sera déjà un pas en avant. Je crois… Non ?

Estelle – Tu vas reprendre certains cours ? demanda-t-elle, étonnée, en buvant un peu de thé. Je pensais qu’Alice et Auguste allaient se les partager, comme ils sont très à l’aise là-dessus, ils travaillaient tous les deux sur certains projets. Mais si tu veux de l’aide, heu, oui, pourquoi pas. Tout dépend de ce que tu dois améliorer, je suis moins experte qu’Alice ou Gaby, pour la foudre.

Et c’était peu dire. La foudre, dans son cas, ne lui servait que pour certains travaux spécifiques ou pour se défouler un bon coup lorsqu’elle avait envie de pleurer ou de se relâcher. Il s’agissait de son second don, arrivé presque « par accident » alors qu’elle était toute jeune et venait de subir un profond choc émotionnel. Son autre don, la terre, n’était pas du tout complémentaire mais correspondait plus à son caractère véritable. Peu de personnes savait qu’elle maniait la foudre, c’était un don étrange, chez elle, on ne pouvait croire qu’elle le possédait.

Estelle – Si tu veux l’aider, il y a d’autres choses que tu peux faire aussi, sourit-elle doucement. Déjà, il faudra que tu lui parles, pour ce qui s’est passé entre Cyprien et toi. Que vous arrêtiez ensuite toutes les deux d’y penser ou de chercher des explications. Ça te ferait du bien, si tu culpabilises. Va simplement la trouver, lorsqu’elle sera sortie de l’hôpital, puis parlez, tranquillement. Elle ne va pas te manger.

La jeune femme lui tapota la main avec un sourire très doux, presque maternel, pour la rassurer. Tout allait très bien se passer, elle devait arrêter de douter ou avoir peur ainsi, Gabriella l’écoutera, sans aucun doute. Reprenant son thé, elle le terminé assez vite, reposant la tasse plus loin, près du manuel des cinquième.

Estelle – Tu comptes épouser Cyprien ? Rendre ça officiel ?

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Volonté d'agir   Ven 15 Jan - 12:29

Estelle – Tu vas reprendre certains cours ? demanda-t-elle, étonnée, en buvant un peu de thé. Je pensais qu’Alice et Auguste allaient se les partager, comme ils sont très à l’aise là-dessus, ils travaillaient tous les deux sur certains projets. Mais si tu veux de l’aide, heu, oui, pourquoi pas. Tout dépend de ce que tu dois améliorer, je suis moins experte qu’Alice ou Gaby, pour la foudre.

Céleste but une nouvelle gorgée de café avant de hocher la tête pour répondre à Estelle. Alice et Gabriella… Oui, d’accord, elle le savait parfaitement mais préférait éviter de leur parler de son don et de trop s’attarder là-dessus. Même si la directrice savait tout, qu’elle l’avait suivie depuis le début même, la perspective de s’entraîner avec elle l’effrayait un tout petit peu. Elle n’avait pas peur de la foudre ! Mais vu les cours des lycéens, si elle-même devait subir les mêmes exercices… Non, merci, très peu pour elle. Pour l’instant, elle s’habituait à utiliser son don et s’entraînait régulièrement, dès qu’elle le pouvait, y passant souvent deux heures au lieu d’une sauf lorsque la fatigue était trop écrasante.

Seulement, c’était suffisant pour reprendre des cours. Alice et Auguste étaient déjà très occupés, Alice s’occupait de tous les « nouveaux élèves » et Auguste allait sûrement s’occuper de la directrice. Céleste, elle, n’était que professeure principale d’une année et s’occupait des collégiens « nouveaux élèves » en plus des collégiens du Pensionnat. Donc, elle pouvait largement s’occuper de certains lycéens. Il lui fallait… seulement un peu d’aide pour les exercices de base. Pour la pousser ou la guider, en somme. Estelle possédait ce don, donc elle avait dû apprendre à le maîtriser et en connaissait les bases comme elle-même connaissait la glace, non ? Cyprien n’y connaissait rien, lui, et parvenait tout de même à l’aider…

Estelle – Si tu veux l’aider, il y a d’autres choses que tu peux faire aussi, sourit-elle doucement. Déjà, il faudra que tu lui parles, pour ce qui s’est passé entre Cyprien et toi. Que vous arrêtiez ensuite toutes les deux d’y penser ou de chercher des explications. Ça te ferait du bien, si tu culpabilises. Va simplement la trouver, lorsqu’elle sera sortie de l’hôpital, puis parlez, tranquillement. Elle ne va pas te manger.

Estelle lui tapota la main, lui souriant de cet air maternel et habituel chez elle pour la rassurer. Céleste essaya de lui rendre son sourire, ce dernier ressemblant plus à une grimace tant elle était tendue. Lui parler… Mais pour lui dire quoi ? Céleste ne voulait pas voir son regard, elle ne voulait pas réaliser à quel point elle pouvait se sentir trahie, elle voulait la soutenir et l’aider véritablement. Mais lui parler… Que pourrait-elle lui dire ? Tout s’était fait sans qu’elle ne le réalise, sans aucune préméditation. Elle n’avait jamais voulu lui faire de mal ! Elle avait même un peu résisté, un tout petit peu, mais avait été incapable de le repousser bien longtemps. Elle n’avait pas contrôlé son désir, son corps, se trouvant incroyablement sensible. Et dire cela à la directrice… S’il y avait bien une personne que la jeune professeure ne voulait pas décevoir, en dehors de Lucas, c’était bien elle. Et Cyprien, bien sûr, mais c’était encore à un autre niveau. Elle porta une nouvelle fois la tasse de café à ses lèvres, buvant un peu plus longtemps cette fois, la reposant presque en même temps qu’Estelle à côté d’elle.

Estelle – Tu comptes épouser Cyprien ? Rendre ça officiel ?

Céleste – L’épouser ? Heu… Je…

Céleste baissa à nouveau la tête, marmonnant qu’elle ne savait pas, qu’ils n’en avaient pas vraiment parlé. Elle-même était trop mal à l’aise pour penser à rendre leur relation officielle, ignorant comment réagirait Gabriella s’ils se mariaient aussi vite après leur divorce. C’était stupide, elle en était parfaitement consciente, l’opinion de ses collègues lui importait peu en général mais ici… C’était la directrice. Et puis, il y avait autre chose qu’elle avait du mal à admettre… Tout cela, c’était nouveau. Il y a seulement quelques mois, jamais Céleste n’aurait imaginé que quelqu’un puisse l’aimer en connaissant toute son histoire, ses proches l’ayant abandonnée depuis des années. Et non, ce n’était pas une impression, elle l’avait clairement ressenti en recherchant son frère dans leur ville natale cet été. Maintenant, elle ne savait pas quoi faire. Même avoir des enfants continuait à l’effrayer, même si elle essayait de taire ses craintes pour ne pas blesser Cyprien. Mais, l’épouser…

Céleste – Tu crois qu’on pourrait ? finit-elle par demander timidement, relevant la tête vers Estelle. Tu vas sans doute trouver ça stupide mais je… Je ne veux pas blesser Gabriella. Surtout pas elle. Je veux aider avec les cours, je peux en prendre une partie, mais lui parler… Et si on se marie vraiment, j’ai peur de sa réaction. Et puis, tout cela est si nouveau pour moi… Je n’y connais rien.

Voilà, c’était dit, elle l’avait avoué. Elle venait de l’avouer à Estelle, ne sachant même pas ce qui lui prenait. Lançant un regard inquiet autour d'elle, pour être sûr que personne n'avait entendu ce qu'elle avait avoué, la jeune professeure tourna à nouveau la tête vers sa collègue. Pourquoi avoir dit ça ? Elle en avait besoin… Besoin d’avoir des conseils de quelqu’un qui s’y connaissait, qui vivait en étant heureuse et confiante. Bon, Céleste avait déjà entendu des rumeurs disant que son mari la trompait mais elle était heureuse et comblée et personne n’osait le lui dire, d’après ce qu’elle avait cru comprendre. Cependant, elle avait confiance en Cyprien pour cela. Le couple qu’il formait avec Gabriella était voué à l’échec, malgré toute la bonne volonté dont il avait fait preuve. Elle l’avait vu l’aimer, la soutenir… Avant de se complaire dans l’illusion d’un mariage avec la femme qu’elle n’était plus depuis un peu plus d’un an.

Et maintenant ? Bien sûr, Céleste avait déjà eu de longues relations. Mais c’était avant la mort de sa jumelle, avant qu’elle ne développe le don de la glace, avant qu’elle ne se renferme sur elle-même. Elle avait des rêves quand elle était encore au Pensionnat mais était incapable de dire s’ils étaient toujours les mêmes aujourd’hui. Etre aimée, oui, tout le monde le souhaitait. Mais… comment était-ce, une vie de couple ? Avec une vraie famille, des enfants qui courent partout. Tout le monde ne peut pas être parent. Cyprien était prêt, oui. Mais elle… ?

Céleste – Cyprien veut des enfants… Mais je ne sais pas et j’ai peur de le blesser s’il réalise que je doute toujours. Il m’a vraiment beaucoup aidée, l’année passée, même sans maîtriser la foudre lorsque j’avais des questions. Seulement, je n’ai jamais pensé que quelqu’un puisse vraiment… Enfin…

Céleste s’interrompit, la fin de sa phrase s’évanouissant dans l’air pendant qu'elle resserrait ses mains sur sa tasse de café, honteuse. Elle ne pouvait pas dire à Estelle ce qu’elle pensait vraiment pour ça ! C’était Estelle, une personne douce, gentille, qui lui avait souvent souri malgré sa réserve évidente d’aller vers les autres. Et, maintenant qu’elle y pensait vraiment, c’était une des premières fois où elle parlait avec sa collègue de cette manière… Redressant la tête, Céleste lui adressa un regard à la fois perdu et gêné, ne pouvant se résoudre à dire « que quelqu’un puisse m’aimer ». Elle était la première à qui elle disait tout cela…

Céleste – Je suis désolée, je te dérange sûrement mais je me suis dit que… Je ne sais même pas pourquoi je te parle de tout cela, je suis toujours restée distante avec tout le monde et tu m’écoutes quand même. J’ai seulement peur… Cyprien est prêt, oui, mais j’ignore si je peux vraiment être une bonne mère. Et je ne connais rien de la vie en couple, en famille… Je veux avancer de ce côté mais avec Gabriella, je n’ose pas. Et puis… Est-ce qu’on peut vraiment tous être de bons parents ? Ca semble si naturel chez toi, alors que chez moi…

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: Volonté d'agir   Jeu 21 Jan - 21:46

Céleste – L’épouser ? Heu… Je…

Non, elle ne voulait pas ? Ou n'y avait pas encore pensé ? A présent, elle pourrait se poser ce genre de questions, car même si la façon dont cette histoire s'était déroulée était particulièrement offensante envers Gabriella et nuisait à l'honneur de Cyprien, ce qui était était fait, on ne pouvait revenir là-dessus. A partir de là, autant mettre les choses en forme, de façon officielle. Estelle lui jeta un coup d’œil en biais, tout en notant sur son carnet les notes qu'elle avait déjà, face aux noms des élèves dans le petit tableau qu'elle avait construit. La moyenne sera sans doute meilleure qu'au dernier devoir, selon elle, il y avait moins d'échecs et de grosses incohérences qui nuisaient à tout le devoir. Céleste n'avait toujours pas répondu, silencieuse, réfléchissant sûrement. Il était simple de savoir si on avait envie de passer sa vie avec une personne ou non, pourtant, c'était une envie qui venait du cœur, il n'y avait pas à hésiter bien longtemps. On restait ensemble le temps que durait l'amour puis si un jour, cet amour n'était plus au rendez-vous, alors on se séparait et chacun poursuivait sa route. La vie était trop courte et trop fragile pour qu'on s'interdise d'être avec une autre personne par peur que cela ne dure pas. Pour être heureux, il fallait accepter qu'une relation puisse durer quelques mois comme toute une vie et en profiter autant qu'on le pouvait.

Céleste – Tu crois qu’on pourrait ? finit-elle par demander timidement, relevant la tête vers Estelle. Tu vas sans doute trouver ça stupide mais je… Je ne veux pas blesser Gabriella. Surtout pas elle. Je veux aider avec les cours, je peux en prendre une partie, mais lui parler… Et si on se marie vraiment, j’ai peur de sa réaction. Et puis, tout cela est si nouveau pour moi… Je n’y connais rien.

Tiens, Céleste aussi avait peur d'elle ? Décidément... Pourtant, Gabriella n'avait pas un mauvais fond, bien qu'elle ait un caractère très fort, elle n'était pas du genre injuste, cruelle ou elle ne savait quoi. Bien sûr, elle avait été trompée et pourrait être assez blessée, au début. Cependant, Estelle savait très bien qu'elle ne restera pas sur cette colère bien longtemps, tout comme Céleste devrait le savoir à présent. Du moins, elle était censée le savoir, sa façon de regarder tout autour d'elle pour vérifier que personne ne les écoutait démontrait toute sa nervosité. Estelle eut un faible sourire, plutôt attendrie. Elle qui avait toujours semblé froide et distante apparaissait tout à coup comme une toute jeune femme découvrant les premiers émois de l'amour et perdue dans ses sentiments. Elle était plus naturelle, comme ça, plus détendue et accessible. Dans tous les cas, elle semblait d'un seul coup plus fragile... La future mère se rencogna contre le dossier de sa chaise, posant une main sur son ventre très gonflé et souple. Beaucoup de femmes n'étaient pas rassurées à l'idée de se marier et enfanter, alors qu'il s'agissait là du plus beau présent que le ciel puisse nous offrir. Sa jeune collègue aussi devait connaître ça, avoir le bonheur de devenir maman.

Céleste – Cyprien veut des enfants… Mais je ne sais pas et j’ai peur de le blesser s’il réalise que je doute toujours. Il m’a vraiment beaucoup aidée, l’année passée, même sans maîtriser la foudre lorsque j’avais des questions. Seulement, je n’ai jamais pensé que quelqu’un puisse vraiment… Enfin…

L'aimer ? Il était vraiment attendrissant de voir une femme, même de cet âge, s'avancer si prudemment sur le terrain glissant mais magnifique qu'était l'amour. Estelle notait avec amusement que c'était souvent à elle que l'on s'adressait pour obtenir des conseils sur le mariage, l'amour, les enfants et leur éducation, la maternité. Sans doute parce qu'elle était jeune maman et savait donc de quoi elle parlait. Pour autant, Estelle était loin d'être une mère parfaite, bien qu'elle tâche de toujours aider les autres au mieux. Elle faisait de son mieux pour élever ses enfants avec tout l'amour du monde, les éduquer aussi bien qu'elle le pouvait, les soigner quand ils étaient malades. C'était des choses qu'on apprenait vite, d'abord grâce aux souvenirs de notre propre petite enfance, les gestes de nos mères, puis avec ce qui vient en observant les autres, les gestes d'affection naturels envers son enfant.

Céleste – Je suis désolée, je te dérange sûrement mais je me suis dit que… Je ne sais même pas pourquoi je te parle de tout cela, je suis toujours restée distante avec tout le monde et tu m’écoutes quand même. J’ai seulement peur… Cyprien est prêt, oui, mais j’ignore si je peux vraiment être une bonne mère. Et je ne connais rien de la vie en couple, en famille… Je veux avancer de ce côté mais avec Gabriella, je n’ose pas. Et puis… Est-ce qu’on peut vraiment tous être de bons parents ? Ça semble si naturel chez toi, alors que chez moi…

Estelle – Ce n'est pas naturel chez moi, Céleste. Simplement, je veux bien faire et j'ai beaucoup questionné ceux qui m'entourent. Quand j'étais enfant, j'étais une fille du voyage. Une romanichelle. Dans ma famille, on accordait beaucoup d'importance à l'éducation familiale. Puis j'ai été... hum, techniquement, enlevée par la police, puis placée dans une institution religieuse, où j'ai aussi été éduquée au rôle d'une femme dans son foyer. Toi aussi, tu apprendras en observant et en regardant les autres faire, en prenant des conseils autour de toi et en lisant des manuels dédiés, il y en a beaucoup.

Elle lui sourit pour la rassurer, prenant un air plus encourageant. Personne, à part Gaby et Valentin, ne savaient qu'elle était issue d'une communauté nomade, ce n'était pas une chose qu'on pouvait deviner en la regardant. Les gens avaient bien des préjugés sur ceux qu'on appelait les « manouches ». Estelle, en réalité, était Tzigane d'origine.

Estelle – Demande-toi si tu en as envie, véritablement. Si tu veux des enfants, en ton âme et conscience. Si oui et si tu veux vraiment les aimer et protéger, tu seras une bonne mère. Cyprien t'aidera, n'est-ce pas ? Donc garde confiance, il suffit d'un peu d'amour et d'une bonne dose de courage. On n'improvise rien et ce n'est pas toujours simple. Mais il n'y a rien qui puisse rendre plus heureux. Imagine de voir ton fils ou ta fille téter dans tes bras.

La jeune mère rassembla ses copies pour les ranger dans une petite chemise cartonnée, y glissant avec les notes qu'elle avait déjà reportées pour continuer la correction un peu plus tard. Remettant le tout dans un coin, elle tourna un peu sa chaise pour se mettre face à Céleste, reposant une main sur son ventre en sentant le bébé lui donner des petits coups de pied.

Estelle – De quoi as-tu si peur, en réalité ? De ne pas bien éduquer tes enfants, de les blesser par accident ou de ne pas savoir comment les aimer ?

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Volonté d'agir   Dim 24 Jan - 14:50

Estelle – Ce n'est pas naturel chez moi, Céleste. Simplement, je veux bien faire et j'ai beaucoup questionné ceux qui m'entourent. Quand j'étais enfant, j'étais une fille du voyage. Une romanichelle. Dans ma famille, on accordait beaucoup d'importance à l'éducation familiale. Puis j'ai été... hum, techniquement, enlevée par la police, puis placée dans une institution religieuse, où j'ai aussi été éduquée au rôle d'une femme dans son foyer. Toi aussi, tu apprendras en observant et en regardant les autres faire, en prenant des conseils autour de toi et en lisant des manuels dédiés, il y en a beaucoup.

Estelle était… Estelle était une romanichelle ? Et « enlevée par la police » ? Céleste entrouvrit légèrement les lèvres, choquée. Jamais elle n’aurait pensé cela, sa collègue n’avait aucun trait particulier qui puisse en témoigner. Et elle le lui disait… comme ça ? Elle était bien la première à lui parler de son passé sans rester froide avec elle, les relations que la jeune professeure avait avec les autres professeurs se limitaient au strict minimum et au travail à faire en commun, même si elle faisait des efforts. Céleste répondit faiblement à son sourire, touchée, l’écoutant attentivement.

Une romanichelle… La vie n’avait pas dû être simple pour elle, surtout pour s’intégrer vu la considération que les gens avaient de ces personnes-là. Ce qui était parfaitement stupide, tous n’étaient pas identiques et ce n’est pas parce que notre mode de vie est différent qu’on vient d’une autre planète. Surtout qu’Estelle s’en tirait très bien, elle n’avait aucun problème en dehors de son « mari » et semblait heureuse, épanouie. Elle avait vraiment appris grâce à des manuels ? En questionnant simplement les autres mères qu’elle connaissait ? Il y avait aussi l’éducation qu’elle avait reçue qui devait faire beaucoup… Céleste aussi avait reçu une certaine éducation mais cela s’était arrêté très jeune, ses parents respectant son choix à l’époque. Ils étaient très ouverts, lui faisaient confiance, sa mère lui ayant dit qu’elle pourrait toujours lui demander tout ce qu’elle voulait plus tard. Elle apprenait vite. Mais n’avait jamais mis la théorie en pratique…

Estelle – Demande-toi si tu en as envie, véritablement. Si tu veux des enfants, en ton âme et conscience. Si oui et si tu veux vraiment les aimer et protéger, tu seras une bonne mère. Cyprien t'aidera, n'est-ce pas ? Donc garde confiance, il suffit d'un peu d'amour et d'une bonne dose de courage. On n'improvise rien et ce n'est pas toujours simple. Mais il n'y a rien qui puisse rendre plus heureux. Imagine de voir ton fils ou ta fille téter dans tes bras.

Céleste ne put s’empêcher de sourire en imaginant cette scène, le bonheur d’Estelle étant contagieux. Les choses avaient l’air bien plus simple, vues comme cela, mais… Elle avait peur. Peur de mal faire, peur de rejeter ses enfants si un malheur arrivait, peur d’être mal préparée, peur de mal se contrôler. Intérieurement, son cerveau hurlait qu’elle ne commettrait aucune erreur, qu’elle s’entraînait à présent et que tout irait mieux d’ici la naissance d’un enfant. Mais une certaine peur restait présente malgré tout, principalement à cause de son manque de confiance en elle. Et le pire, dans tout cela, était qu’elle le savait… Objectivement, Céleste voulait un enfant aussi, elle avait envie de tirer un trait sur le passé, de vivre heureuse pour honorer réellement la mémoire de sa sœur. Mais le pouvait-elle… ?

La jeune femme finit son café en quelques gorgées pendant qu’Estelle rangeait ses copies dans un dossier, essayant de se détendre un peu pour avoir les idées claires. Un bref coup d’œil lui indiqua que seuls quatre collègues travaillaient encore, sans doute à corriger des copies ou à préparer un cours qu’il fallait adapter vu le niveau des élèves. Les autres étaient sortis un à un, sûrement pour profiter de la pause à se balader un peu dans le coin avant le prochain cours à donner. Elle-même le faisait énormément en hiver, aimant particulièrement la neige depuis qu’elle avait développé la glace. Le froid… Rien que son second don lui permettait de douter, de se poser des questions sur son tempérament. Pouvait-elle être mère malgré son caractère ? En été, elle se sentait moins à l’aise, la chaleur n’étant pas vraiment dans ses préférences. Ce n’est qu’au moment où Estelle se remit face à elle, tournant un peu la chaise, que Céleste la regarda à nouveau.

Estelle – De quoi as-tu si peur, en réalité ? De ne pas bien éduquer tes enfants, de les blesser par accident ou de ne pas savoir comment les aimer ?

Céleste – Un peu… Un peu tout ça en même temps. Je veux dire… Enfin, je n’ai pas peur de les blesser, je suis professeur d’élément, mais le reste…

Céleste ne termina pas sa phrase tout de suite, cherchant les mots. Elle avait peur de les blesser, oui, mais savait que c’était impossible et elle ne pouvait avouer platement les problèmes qu’elle rencontrait avec son don. Elle ignorait comment réagirait Estelle et ce n’était pas le sujet de la conversation. Seulement, pour le reste… Comment sa collègue avait-elle su qu’elle avait peur de tout cela ? Elle n’avait rien dit ! Céleste posa les mains sur sa robe, en-dessous de la table, jouant nerveusement avec les plis formés en s’asseyant. A quel point la tristesse pouvait-elle aveugler une mère ? A quel point une future mère pouvait-elle apprendre par elle-même sans avoir reçu d’exemple concret, n’ayant à sa disposition que les cours du primaire comme base ? Si jamais elle réagissait comme ses propres parents ? Elle n’avait même aucun ami à qui demander conseils… Ils lui avaient tous tourné le dos. Quant aux « amis » qu’elle s’était fait durant ses études pour devenir professeure, Céleste n’avait jamais noué de liens particuliers avec eux. La plupart des gens étaient trop outrés de voir une femme de son rang future professeure, guider des enfants sans même penser à fonder sa propre famille.

Céleste – Je n’ai personne à qui demander conseils…, souffla-t-elle en regardant Estelle. J’ai toujours été un peu… en froid avec ma famille. Mes anciens amis m’ont tourné le dos et je ne peux rien leur demander. Je n’ai pas non plus pu apprendre, tu as vu mon frère, j’ai découvert son existence peu de temps avant de t’appeler cet été. Je n’ai que les bases apprises à l’école primaire, et ce que je sais avec Lucas mais ce n’est pas la même chose. Oui, j’ai peur de mal les éduquer… Comment pourrais-je être rassurée sans rien savoir ? Tout ne s’apprend pas dans les livres… Cyprien est là mais je ne veux pas qu’il supporte tout alors qu’il apprend aussi.

Et elle n’était pas habituée à recevoir de l’aide. Céleste n’osait pas l’avouer platement, mais intérieurement, elle se sentait presque obligée de découvrir tout toute seule même si Cyprien était là. Elle ne voulait pas être un poids pour lui, pas alors qu’il venait de quitter une femme sûre d’elle avec un instinct maternel évident. Pour se retrouver avec une de ses collègues, perdue autant au niveau de ce qu’elle ressentait, de ses projets d’avenir et de son don… Elle faisait des efforts, oui, et voulait vraiment cet enfant. Du moins, c’est ce qu’elle ressentait. Elle avait seulement peur de se retrouver toute seule, une nouvelle fois, si elle prenait trop confiance en elle. Ce qui était stupide, oui… Céleste était en train de paniquer. Ce qui l’effrayait le plus, en fin de compte, était de devenir comme ses parents s’il arrivait malheur à l’un de ses enfants. Etre aveuglée par la tristesse et ne plus pouvoir agir raisonnablement, comme Cyprien l’avait été en se dévalorisant complètement avant les vacances.

Céleste – Je crois que… que j’ai surtout peur de la réaction que l’on peut avoir en cas d’accident. Avec tout ce qui se passe autour de nous, avec le Pensionnat et tout ça, est-ce que ce n’est pas prendre un gros risque ? J’ai peur de… mal réagir, de me laisser aller à un moment et de dire des choses que je ne pense peut-être pas. Je ne sais pas si ça correspond vraiment à de la peur de mal les aimer mais… Je ne suis pas aussi confiante que toi, que Gabriella ou je ne sais qui encore. La perte d’un être cher peut changer n’importe qui et j’ai peur de reproduire le passé… De réagir de manière complètement stupide.

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: Volonté d'agir   Dim 31 Jan - 12:52

Céleste – Un peu… Un peu tout ça en même temps. Je veux dire… Enfin, je n’ai pas peur de les blesser, je suis professeur d’élément, mais le reste…

Elle ne semblait guère sûre d'elle, lorsqu'elle parlait ne pas avoir peur de les blesser par accident. Avait-elle du mal à contrôler son pouvoir ? Être professeur de foudre ou non n'était pas une preuve, dans son cas, étant donné qu'elle en s'occupait que des collégiens, c'est à dire beaucoup de théories et de la pratique d'un niveau assez faible. Les bases, le contrôle, tout cela devait se faire avec chaque pouvoir sans que ce soit un niveau trop important ou jugé "dangereux" par le reste de la société. Si Céleste avait des problèmes avec son propre pouvoir, il devenait plus évident qu'elle ait si peur de tenir un bébé dans les bras... mais Estelle, dans ce cas, ne comprenait pas comment elle pouvait être enseignante. Elle était consciente de ne pas être à l'aise et s'autorisait tout de même à donner des cours de foudre, alors qu'elle pourrait blesser ou tuer un de ses élève ?! C'était incroyable ! Lorsqu'une personne n'était pas apte à manier son don à la perfection, elle ne s'amusait pas à venir l'enseigner dans une école ! La jeune mère recula un peu contre le dossier de sa chaise, profondément choquée que sa collègue se permette d'enseigner à ce poste alors qu'elle savait qu'un élève pourrait en souffrir gravement. C'était très irresponsable et immature, elle n'aurait jamais cru cela d'elle.

Céleste – Je n’ai personne à qui demander conseils…, souffla-t-elle en regardant Estelle. J’ai toujours été un peu… en froid avec ma famille. Mes anciens amis m’ont tourné le dos et je ne peux rien leur demander. Je n’ai pas non plus pu apprendre, tu as vu mon frère, j’ai découvert son existence peu de temps avant de t’appeler cet été. Je n’ai que les bases apprises à l’école primaire, et ce que je sais avec Lucas mais ce n’est pas la même chose. Oui, j’ai peur de mal les éduquer… Comment pourrais-je être rassurée sans rien savoir ? Tout ne s’apprend pas dans les livres… Cyprien est là mais je ne veux pas qu’il supporte tout alors qu’il apprend aussi.

Il y avait une très nette différence entre le stress légitime avant l'arrivée d'un enfant et la peur de les tuer à cause d'un pouvoir mal maîtrisé. Estelle secoua doucement la tête, essayant d'avaler le choc. Une collègue, une jeune femme discrète, qui enseignait en sachant qu'elle pourrait tuer comme un rien les enfants dont elle avait la charge et qui n'avait jamais jugé utile de s'en ouvrir depuis son arrivée ici pour s'exercer et éviter de commettre l'irréparable, préférant s'enfoncer un peu plus chaque jour ! Et s'il était arrivé quelque chose, durant ses cours ?! Un enfant aurait blessé ! Voire tué ! Et Céleste aurait terminé sa vie en prison, du moins, si Gabriella ne l'avait pas frappé avant. Puis son propre pouvoir aurait terminé de la dévorer complètement, elle serait morte seule et complètement oubliée. Morte après avoir tué un de ses élèves. Enseigner deux ans en prenant ce risque ! C'était immonde, parfaitement immonde ! Peut-être ne se rendait-elle même pas compte de ça ce qui révoltait Estelle encore plus. Cyprien était-il au courant de tout cela ? Et Gabriella ? Maintenant, la jeune femme comprenait un peu mieux l'altercation qui l'avait opposé à Sarah. Elles auraient pu en mourir, toutes les deux. Estelle avait envie de secouer Céleste, lui coller une gifle en lui criant qu'elle était irresponsable, ne se contenant qu'à très grande peine. Elle devrait avoir honte.

Céleste – Je crois que… que j’ai surtout peur de la réaction que l’on peut avoir en cas d’accident. Avec tout ce qui se passe autour de nous, avec le Pensionnat et tout ça, est-ce que ce n’est pas prendre un gros risque ? J’ai peur de… mal réagir, de me laisser aller à un moment et de dire des choses que je ne pense peut-être pas. Je ne sais pas si ça correspond vraiment à de la peur de mal les aimer mais… Je ne suis pas aussi confiante que toi, que Gabriella ou je ne sais qui encore. La perte d’un être cher peut changer n’importe qui et j’ai peur de reproduire le passé… De réagir de manière complètement stupide.

Estelle – Pourquoi as-tu pensé que tu pouvais te permettre d'enseigner ici pendant deux ans alors que tu savais qu'un don mal contrôlé peut tuer quelqu'un ?

C'était vraiment là où le bât blessait. Que Céleste se soit permise une telle chose en toute connaissance de cause, qu'elle se soit cru assez forte et mature pour outrepasser toutes les règles de sécurité les plus évidentes en croyant pouvoir défier le destin ! Mais on ne jouait pas avec la vie des autres comme on jouait avec un paquet de cartes ! Estelle la foudroya du regard, alors que sa collègue devenait très pâle, la bouche entrouverte. Elle avait plutôt intérêt à avoir une explication valable, pour avoir mis durant deux ans la vie de ses élève sen danger ! Et tout cela très consciemment ! C'était parfaitement indigne et révoltant !

Céleste – Je ne le savais pas à ce moment-là ! Enfin, je... Je refusais de le voir et je relâchais toujours mon don avant de venir ici. Gabriella est au courant, elle... Elle m'a fait passer des tests avant de m'embaucher.

La main de la jeune mère vola brusquement pour coller une gifle magistrale à la jeune femme, tant elle était furieuse. Refuser de voir le danger, félicitations, surtout pour une professeur de cet élément ! Sa mentalité était parfaitement égale à celle de Sarah, en cet instant précis, elle ne devrait même plus oser s'afficher en public, autant se promener tout de suite avec une pancarte "Je suis un assassin et je l'assume !". Un pouvoir ne se prend pas à la légère !

Estelle – Tu as risqué la vie de tes élèves pendant deux ans et tu en avais parfaitement conscience ! Tu te rends compte de ce qui aurait pu arriver ?! Un enfant aurait pu être gravement blessé ! Et toi, tu aurais été tuée !

Céleste – Mais je m'entraîne depuis plusieurs mois ! Je fais attention en cours, je l'ai toujours fait, je ne voulais aucun mal aux élèves ! Gabriella ne m'aurait pas laissée enseigner, sinon...

Ce qui devait être si brillant, seule ! Estelle resta silencieuse un instant puis lui fit signe de se lever, lui attrapant la main avec fermeté pour la tirer avec elle et ne pas la laisser s'esquiver. Elle laissa toutes ses affaires sur-place, quittant la salle des professeurs pour revenir dans le long couloir. Elle marcha ainsi jusqu'au bureau de Gabriella, toquant à la porte, puis la poussant. M. Francfort les salua lorsqu'elles entrèrent puis refermèrent derrière elles. Il avait retroussé ses manches et était occupé à vider entièrement une énorme armoire pour tout ranger dans des classeurs et trier ce qu'il avait. Estelle avait souvent entendu dire Gabriella qu'elle devrait prendre une journée pour tout trier, ranger et classer, car beaucoup de choses pouvaient être descendues dans les archives de l'école. Il leur demanda ce qui se passait et Estelle lui déballa tout, sans dissimuler son information, la main toujours crispée sur celle de Céleste. Elle avait besoin d'aide et tout de suite ! L'ancien directeur fit une drôle tête, tout en l'écoutant, tenant toujours un livre épais dans les bras. Il ne semblait pas étonné, plutôt fatigué, déçu, assez triste.

M. Francfort – Ce n'est pas la première fois que j'entends ce genre d'histoire, soupira-t-il.

Estelle – Pouvez-vous l'aider ? Laisser les choses en état serait trop dangereux.

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Magister
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MessageSujet: Re: Volonté d'agir   Dim 7 Fév - 17:03

[PNJ Henri Francfort, ancien directeur du pensionnat.]

Il y avait bien des choses qui pourraient être mises aux archives, à présent, ce placard n'avait pas dû être fouillé et rangé depuis un bon moment. Gabriella avait du mal à jeter des affaires ou même les classer ailleurs, c'était une manie. Il se pencha pour soulever un autre carton et le déposer sur le bureau, avant d'entrouvrir la fenêtre pour aérer la pièce, tant il soulevait de la poussière. Alors, voyant voir ce qu'il y avait là-dedans. Il feuilleta rapidement le tout avant de commencer à trier ce qu'il fallait conserver, ranger, classer, jeter ou remettre dans un coin au cas où il y en avait besoin plus tard. Il était occupé à cela depuis ce matin, très tôt, ayant entendu dire que Gabrielle voulait faire cela depuis longtemps mais n'avait encore pris le temps qu'il fallait. Le temps qu'elle revienne, il pouvait au moins s'occuper de ce genre de tâches pour la soulager un peu. Selon Auguste, elle devrait rentrer en fin de semaine, puis se reposer avant qu'il ne puisse revoir avec elle le temps à prendre pour réguler la nouvelle puissance de son don. Le plus urgent était qu'elle se repose, quoi qu'on en dise, tant que personne ne venait l'agacer, son don pouvait attendre. Chez Auguste, elle sera tranquille, au moins, loin du village et de l'école, avec des personnes pour veiller sur elle.

Trouvant une autre boîte, il eut un sourire nostalgique en l'ouvrant, trouvant d'anciennes photos de classes, puis des photos des moments où elle était revenue, adulte, au pensionnat. L'une d'elle était une photo de l'ensemble des professeurs, un jour de rentrée, alors que son ancienne élève venait de devenir sous-directrice. Il détailla les visages familiers, debout sur l'estrade derrière ou dans l'herbe, au premier rang, attendri alors que de nombreux souvenirs lui revenaient. Beaucoup de ces visages n'étaient plus là, aujourd'hui, l'équipe s'était rajeunie et renouvelée. Valentin était dans le coin, debout, droit et fier, malgré sa blessure, souriant très largement au photographe. Frédéric aussi était là, un sourire plus mince, le visage plus jeune. Gabriella était debout à côté de lui, au milieu, au premier rang. Elle aussi avait un air bien plus jeune, elle souriait aussi au photographe, vêtue d'une longue robe sans manche et d'un léger foulard au cou. Nettoyant la poussière sur le cliché avec un petit chiffon, il la glissa dans un cadre vide, qu'il déposa sur un autre meuble en attendant de le replacer sur le bureau. Il était toujours bon d'avoir ces souvenirs près de soi, cette époque où le pensionnat était plus apaisé et encore promis à un très bel avenir.

Laissant le carton contenant toutes les photos de côté, il se promit d'y revenir plus tard pour soit les encadrer, soit les mettre dans des albums, se jurant d'en accrocher la plupart sur le mur un peu vide la salle des professeurs. Il imaginait déjà Valentin pousser les hauts cris en voyant qu'on osait exhiber des photos de l'époque où il ne portait pas encore la barbe, ce qui lui donnait une tête très spéciale. Il était occupé à regarder d'autres lourds classeurs lorsqu'on frappa à la porte. Il lança d'entrer, répondant au salut qu'on lui fit lorsque la jeune Estelle et Céleste entrèrent. Il leur demanda ce qui se passait, les bras chargés d'un livre épais, parlant de l'histoire et de l'origine des éléments. La professeur d'histoire se lança alors dans un long récit, lui faisant adopter un air de plus en plus sombre. Oui, il comprenait l'émoi de la jeune maman, il avait déjà entendu bien des fois des histoires similaires, dont il connaissait les personnes touchées, la plupart du temps. Donc Céleste aussi était passée par cela. Il se redressa un peu, n'ayant toujours pas lâché le livre, qui était presque aussi gros que lui. Il avait souvent l'impression que répéter des conseils de prudence "gavait" les élèves, alors que beaucoup d'entre eux ne les écoutaient pas assez. La foudre était un élément puissant et les accidents arrivaient si vite.

Henri – Ce n'est pas la première fois que j'entends ce genre d'histoire, soupira-t-il.

Il avait trouvé, dès son retour, que son ancienne élève avait beaucoup changé, elle aussi. Il avait alors cru, comme pour Gabriella, que cela était dû aux changements qu'avait connu l'école et aux problèmes qui s'en étaient ensuivi, n'ayant pas cru aussitôt qu'il y avait autre chose derrière cela.

Estelle – Pouvez-vous l'aider ? Laisser les choses en état serait trop dangereux.

Henri – Bien sûr, madame. Vous pouvez y aller, je vous remercie.

Il attendit qu'elle sorte et referme la porte avant de reporter le regard sur son ex élève, reposant le livre qu'il tenait sur un coin des étagères du placard. Combien de fois par semaine lisait-on qu'il était arrivé un autre accident par la faute d'un élément ? Combien de fois avait-il entendu de telles histoires ? Il était peu étonnant, par la suite, de voir à quel point ces éléments étaient incroyablement mal perçus, détestés, décriés, méprisés, et ce dans tous les pays de ce monde, quels qu'ils soient. Il repoussa quelques documents pour s'asseoir sur un petit bord du bureau, croisant les mains devant lui, sur ses jambes, silencieux pour le moment.

Henri – Qui a été tué et comment ?


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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Volonté d'agir   Lun 8 Fév - 15:23

Estelle – Pourquoi as-tu pensé que tu pouvais te permettre d'enseigner ici pendant deux ans alors que tu savais qu'un don mal contrôlé peut tuer quelqu'un ?



Comment… Elle… Céleste devint très pâle, regardant sa collègue sans rien pouvoir répondre. Elle n’avait pas fait attention, au début ! Ce n’était pas… Elle pensait vraiment pouvoir supporter l’école et son don, elle s’en était crue capable, elle n’avait jamais voulu nuire aux élèves ! Au pire, cela aurait été elle… Ce qui n’était pas très grave, c’est ce qu’elle avait longtemps espéré, au fond. Même si elle ne l’avait jamais avoué à Cyprien, elle ne voulait pas qu’il la gifle une nouvelle fois. La jeune professeure détourna les yeux lorsqu’Estelle la foudroya du regard, ignorant ce qu’elle pouvait répondre, ne s’étant pas attendue à une telle réaction de sa part. Elle s’entraînait ! Et elle faisait attention, jamais elle n’aurait mis consciemment les élèves en danger ! En plus, Gabriella l’avait acceptée. La directrice n’aurait jamais embauché une professeure dangereuse pour ses élèves, jamais.

Céleste – Je ne le savais pas à ce moment-là ! Enfin, je... Je refusais de le voir et je relâchais toujours mon don avant de venir ici. Gabriella est au courant, elle... Elle m'a fait passer des tests avant de m'embaucher.

Estelle la gifla alors sans que Céleste n’ait le temps d’éviter ou de se reculer, de riposter quoi que ce soit d’autre. Mais elle n’avait rien dit ! Elle faisait attention, à chaque fois, tous les jours, elle n’était pas inconsciente ! Choquée, elle porta une main à sa joue pour la masser, n’osant pas bouger d’un millimètre même si son instinct lui hurlait de s’en aller. Elle avait l’horrible impression que ce serait une mauvaise idée, que sa collègue serait capable de la rattraper en utilisant ses dons sans la moindre once d’hésitation. Heureusement, personne n’était dans la salle… Elles étaient seules. Heureusement ou malheureusement ? Elle n’était pas sûre du mot à choisir, là…

Estelle – Tu as risqué la vie de tes élèves pendant deux ans et tu en avais parfaitement conscience ! Tu te rends compte de ce qui aurait pu arriver ?! Un enfant aurait pu être gravement blessé ! Et toi, tu aurais été tuée !

Céleste – Mais je m'entraîne depuis plusieurs mois ! Je fais attention en cours, je l'ai toujours fait, je ne voulais aucun mal aux élèves ! Gabriella ne m'aurait pas laissée enseigner, sinon...

Céleste s’était retenue, à la toute dernière seconde, de dire que cela n’aurait pas été grave si elle avait été tuée. Mais mieux valait ne rien dire à Estelle, surtout pas ce genre de choses… Ses arguments étaient maigres et pouvaient être démontés en quelques mots même si elle faisait des efforts et qu’elle travaillait dur. Soudain, elle avait peur de la réaction de sa collègue, n’osant même pas la regarder, terrifiée à l’idée de ce qu’elle allait dire ou faire après. Elle avait réussi à lui répondre en levant la tête, oui, mais soutenir son regard, ça, c’était toute autre chose. Elle avait tenu longtemps en cachant tout cela ! Céleste avait même vu Estelle pendant les vacances sans qu’elle ne se doute de rien, elles avaient parlé et rien ne l’avait trahie, absolument rien ! Et là, pour un sujet plus particulier… Efforts réduits à néant en l’espace d’une seconde. Ridicule. Se mordant les lèvres, la jeune professeure resta immobile en attendant la sentence. Qu’allait faire sa collègue ? Elle venait de la gifler, Gabriella était déjà au courant et c’était le plus important.

Estelle lui fit alors signe de se lever sans que Céleste ne réagisse immédiatement, fronçant les sourcils. Se lever… ? Avant d’avoir eu le temps d’esquisser le moindre geste, la jeune mère lui attrapa la main, l’empêchant de se dérober, et sortit avec elle de la salle des professeurs. Eh ! Pourquoi ? Que voulait-elle faire ? Où l’emmenait-elle ? Elle marchait le long du couloir sans prononcer un seul mot et ce n’est que lorsqu’elles arrivèrent devant la porte du bureau de Gabriella que Céleste comprit, avec horreur, qu’Estelle allait parler à l’ancien directeur. Terrifiée, elle n’osa rien dire et fit un mouvement pour s’esquiver mais sa collègue tenait sa main fermement. Trop fermement pour qu’elle puisse partir… Son cœur rata un battement lorsque, après avoir frappé, la voix de son ancien professeur résonna de l’intérieur de la pièce en leur permettant d’entrer. Non, non, non. Ce n’était pas nécessaire ! Céleste entra à contrecœur dans le bureau, suivant Estelle, regardant délibérément le sol pour ne pas croiser le regard de l’ancien directeur. Adieu. Elle avait fait tant d’efforts pour le lui cacher ! Surtout à lui…

Littéralement morte de peur, Céleste fixait ses pieds, impuissante en entendant sa collègue tout raconter à son ancien professeur. Elle était fichue. Et elle ne pouvait rien faire ! Son esprit lui criait de tout nier en bloc, de se défendre, d’interrompre Estelle mais elle lui tenait toujours fermement la main, ce qui l’en dissuadait. Mieux valait ne pas la provoquer, elle n’avait aucun argument contre et il suffirait d’un simple coup d’œil à monsieur Francfort pour voir que la jeune mère ne mentait pas. Céleste était très pâle, ne le regardait pas, fixant le sol et le détaillant autant que possible pour éviter de croiser son regard. Ce qui était tout sauf normal pour elle… Avalant douloureusement sa salive lorsqu’Estelle sembla enfin avoir terminé, elle resta tout aussi immobile en attendant.

M. Francfort – Ce n'est pas la première fois que j'entends ce genre d'histoire, soupira-t-il.

Estelle – Pouvez-vous l'aider ? Laisser les choses en état serait trop dangereux.

Qu… Quoi ?! Mais non ! Non, non, non ! Céleste n’avait paaas besoin d’aide, elle se débrouillait très bien ! Elle leva la tête pour la première fois depuis son entrée dans ce bureau, la tournant vers Estelle avec un air suppliant et terrifié, les mots bloqués dans sa gorge. Elle n’avait pas besoin de quelqu’un d’autre ! En plus, Cyprien l’aidait, il l’épaulait et elle lui avait parlé, elle avait un soutien, elle n’était plus seule. Ce n’était vraiment pas nécessaire, monsieur Francfort avait du travail, il devait s’occuper du Pensionnat et de Gabriella, l’aider, elle avait plus besoin de lui que Céleste. Ses entraînements se feraient progressivement, ça fonctionnait très bien jusqu’ici et elle se sentait un peu mieux, alors non. Non, non, non. Elle pouvait se débrouiller, pas de problème. Il allait refuser, n’est-ce pas ?

M. Francfort – Bien sûr, madame. Vous pouvez y aller, je vous remercie.



Céleste lança un regard apeuré à Estelle tandis qu’elle partait, baissant la tête lorsque la porte fut refermée en la laissant seule à seul avec son ancien professeur. Elle joignit ses mains devant elle, se les tenant dans une attitude respectueuse malgré la peur de ce que monsieur Francfort allait dire. Son objectif principal, pour l’instant, était de ne surtout pas relever la tête. Ne pas le regarder ni croiser son regard. Elle l’entendit bouger un peu et le vit s’asseoir sur le bord du bureau de la directrice, ayant relevé très légèrement la tête pour voir ce qu’il faisait. Puis la rabaissa immédiatement.

M. Francfort – Qui a été tué et comment ?

Céleste se sentit pâlir et crut qu’elle allait défaillir ici mais non, ses jambes la tenaient toujours. Elle ne répondit pas tout de suite, se mordant les lèvres tout en regardant le sol droit devant elle après avoir brièvement regardé l’ancien directeur du Pensionnat. Il… Comment savait-il que cela était dû à un accident ? Elle ouvrit légèrement la bouche pour répondre, relevant la tête, mais aucun son ne sortit. Elle ne pouvait pas et ne voulait pas répondre à cette question. Ce n’était pas important, en plus, tout allait très bien. C’était encore un sujet sensible, oui, mais c’était normal. Elle n’en avait parlé à Cyprien que l’année passée ! Et encore, c’était à la fin de l’année… Trop récent. Beaucoup trop récent.

Céleste – Ce... Ce n'est pas important, finit-elle par dire d’une voix peu assurée malgré elle. Je... Je vous assure que je vais très bien. J'ai parlé à Cyprien et je m'entraîne... Ca va mieux.

M. Francfort – Je finirai bien par le savoir et tu le sais, ce serait mieux que ça vienne de toi.

Il avait soupiré doucement, laissant croire durant une seconde et demie qu’il n’allait pas insister plus que cela. Mais non, il y tenait vraiment… Ce que Céleste ne comprenait pas. Quelle importance cela pouvait-il avoir ? C’était du passé, ses anciens amis la détestaient déjà et n’oubliaient pas la mort de sa sœur, ils le lui avaient fait bien comprendre lorsqu’elle était revenue à Toulouse cet été. Qui plus est, le fait qu’elle ignore l’existence de son frère prouvait que ses parents lui en avaient toujours voulu. Elle se mordit les lèvres, baissant les yeux sans savoir ce qu’elle devait faire. Il avait raison, il finirait par le savoir… Ce n’était pas très difficile à trouver, Gabriella avait sûrement gardé toutes les informations sur ses professeurs dans des dossiers à leurs noms. Céleste croisa les bras, gardant la tête baissée pour éviter de regarder monsieur Francfort, la gorge nouée. Voilà précisément la raison pour laquelle elle ne voulait pas qu’il soit au courant.

Céleste – Ma… Ma sœur jumelle dans un accident de voiture.

M. Francfort – Je pensais que c'était un ami. Je comprends mieux pourquoi tu as développé la glace.



Comment savait-il pour son deuxième don ? Elle n’avait absolument rien dit et ne passait pas son temps à le crier sur tous les toits ! Sauf si… Donc il savait déjà tout et ne faisait que la « tester », en somme ? Céleste, qui avait relevé la tête sous le coup de la stupeur, la baissa de nouveau, parfaitement consciente de ce que cela signifiait. La glace et la foudre n’étaient pas des dons complémentaires, loin de là, son ancien professeur avait dû comprendre que quelque chose n’allait pas dès qu’il avait appris pour son second don. Il n’avait sans doute rien dit parce qu’elle n’avait pas causé d’accident, en dehors de la dispute avec Sarah, chose que Gabriella ignorait… Mais elle avait déjà entraîné la glace, ce n’était pas un problème. Et elle allait bien, elle pouvait se débrouiller. Se trouver dans cette pièce la mettait mal à l’aise, monsieur Francfort avait largement insisté sur la dangerosité d’un don contenu lorsqu’il enseignait encore. Inutile de revenir là-dessus, elle avait compris.

Céleste – Je… Je me suis entraînée avec la glace en revenant au Pensionnat après… après l’accident. Pour… pour apprendre à le maîtriser et ne pas provoquer d’autre accident. La directrice m’a acceptée une année de plus… Je n’ai pas de problème avec ce don-là.

M. Francfort – Parce que tu n'as pas pu le supprimer. Avec qui t'exerces-tu ? Seulement Cyprien ? Il ne manie même pas ces éléments.

Parce qu’il savait… Il était au courant pour ça aussi ? Céleste bafouilla qu’il n’y avait personne d’autre. Elle n’avait jamais pu en parler à quelqu’un d’autre, et encore, Cyprien n’était au courant de tout cela que parce qu’il avait eu besoin d’aide et qu’elle avait été incapable de la lui donner. C’était par… la force des choses, rien de plus, jamais elle n’avait imaginé lui parler de tout ce qui s’était passé. Estelle était seulement la deuxième personne au courant de tout cela… en dehors de Gabriella, Kimmitsu et Cyprien. Comment Céleste aurait-elle pu s’entraîner avec quelqu’un d’autre ? C’était suffisant, elle n’avait pas non plus un niveau pitoyable, c’était correct et bien mieux que celui qu’elle avait avant de relâcher son don. Elle redressa la tête pour regarder son ancien professeur, toujours les bras croisés contre elle.

Céleste – Je n’ai parlé à personne de toute cette histoire, Cyprien a été le seul à m’approcher malgré mon côté un peu… froid. J’ai… J’avais peur de toucher les autres. Mais il a pu m’aider quand même vu le… niveau de mon don quand on a commencé l’entraînement. Et je suis professeur, je peux me débrouiller.

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MessageSujet: Re: Volonté d'agir   Sam 13 Fév - 17:26

[PNJ Henri Francfort, ancien directeur du pensionnat.]

Henri attendit avec patience, sans lâcher du regard la jeune femme. Il était assez étonné de la voir dans tous ses état alors que jusqu'ici, elle était plutôt du genre à parler assez facilement, souriante et détendue. Comme Gabriella... Il attendit donc, la couvant du regard, alors qu'elle luttait visiblement avec ses émotions. Elle pâlissait puis rougissait, comme si elle était à la fois glacée et brûlante de fièvre. Il aimerait presque lui dire de s'asseoir, tant elle semblait sur le point de tomber dans les vapes. Elle n'avait déjà qu'à peine osé lui jeter un bref regard... Cela ne lui ressemblait pas du tout, définitivement. Il ne pensait pas, pourtant, avait laissé un si mauvais souvenir ! Il était dur et sévère, certes, mais pas injuste ou cruel pour autant. Sa priorité était de faire progresser chacun de ses élèves, jamais il ne s'était amusé à leur enfoncer la tête sous l'eau pour le plaisir. Il espérait très fort que son ancienne élève en soit pas convaincue qu'il cherchait à lui nuire, ce serait un constat qui lui troublerait et le blesserait.

Céleste – Ce... Ce n'est pas important, finit-elle par dire d’une voix peu assurée malgré elle. Je... Je vous assure que je vais très bien. J'ai parlé à Cyprien et je m'entraîne... Ça va mieux.

Henri – Je finirai bien par le savoir et tu le sais, ce serait mieux que ça vienne de toi.

Il avait émis un léger soupir, tout en continuant à l'observer paisiblement. Gabriella lui avait déjà parlé de la jeune Céleste, lorsqu'il était revenu cet été, cependant, sans connaître tous les détails de l'histoire, il ne voyait pas comment vraiment l'aider. Et il ne voyait pas non plus comment s'y prendre de la bonne enfance si son ancienne élève persistait à absolument tout garder pour elle et s'en rendre malade, refusant obstinément de se confier ou de se faire aider, quitte à s'engouffre en courant dans des voies très dangereuses. Elle avait croisé les bras, tout comme lui, tandis qu'il retenait un nouveau soupir en songeant à l'information aberrante que lui avait communiqué Gabriella, sur le fait que leur collègue ait voulu supprimmer son second don. Elle savait pourtant depuis longtemps que c'était impossible ! Bien des personnes l'auraient déjà faits, sinon, et ce depuis bien longtemps ! Ils étaient si nombreux, à souffrir de cet élément, si nombreux à ne pas savoir qu'en faire, vouloir l'étouffer ou refuser de s'en servir, pour finalement en mourir et ainsi alimenter encore plus les rumeurs et histoires horribles qui circulaient sur la dangerosité des différents éléments. C'était assez triste mais hélas irréversible, impossible d'y échapper.

Céleste – Ma… Ma sœur jumelle dans un accident de voiture.

Henri – Je pensais que c'était un ami. Je comprends mieux pourquoi tu as développé la glace.

Si c'était sa sœur... Il ne la connaissait pas, elle ne possédait pas d'élément. Ce qui était étrange, d'ailleurs, les cas de jumeaux où un seul possédait un don se comptaient sur les doigts d'une seule main. A présent, il comprenait beaucoup mieux pourquoi la glace, en particulier, pourquoi plonger dans cet état déplorable, pourquoi être aussi nerveux, pourquoi avait apparemment peur qu'il ne la foudroie sur place. Il réfléchit un moment, se frottant le menton de deux doigts avec un air pensif. Voyons voir... La glace et la foudre... Ce n'était pas une combinaison extraordinaire, soit, mais ce n'était pas non plus une combinaison dangereuse, comme pouvait l'être la foudre et le vent. Ces deux dons s’entrechoquaient et pouvait blesser, tuer. Alors que la foudre et la glace ne feraient qu'annuler les enfants de l'un et l'autre en s'entrechoquant. Il y avait bien entendu des moyen d'en tirer malgré tout parti, avec un entraînement solide et de très bons réflexes. Manier du même coup deux dons qui n'allaient pas ensemble renforçaient la difficulté, c'est vrai, en revanche, on gagnait un solide effet de surprise, lors d'un combat en règle, ainsi que la possibilité d'utiliser les techniques Wuya. Les techniques de Fen Wuya, un très grand chercheur, étaient des combinaisons de dons n'allant pas ensemble, voir contradictoires, rassemblés dans des ouvrages les expliquant et donnant des leçons pour la pratique. Des techniques destinés aux possesseurs de dons traumatisés ou névrosés, qui avaient ainsi développé des combinaisons improbables ou dangereuses.

Céleste – Je… Je me suis entraînée avec la glace en revenant au Pensionnat après… après l’accident. Pour… pour apprendre à le maîtriser et ne pas provoquer d’autre accident. La directrice m’a acceptée une année de plus… Je n’ai pas de problème avec ce don-là.

Henri – Parce que tu n'as pas pu le supprimer. Avec qui t'exerces-tu ? Seulement Cyprien ? Il ne manie même pas ces éléments.

Elle bafouilla qu'il n'y avait personne d'autre, baissant de nouveau la tête un très long moment. Cyprien était bien gentil, c'est vrai, mais en maîtrisant aucun de ces deux dons, son champ d'action restait très limité. La glace et la foudre, bon, il y aurait pu avoir bien pire, comme combinaison. La pire de toute était le feu et l'eau. L'utilisateur en devenait à chaque fois presque fou, ou schizophrène, car le feu le poussait à être plus ou moins révulsé par l'eau tandis que l'eau le faisait fuir les trop grosses chaleur et l'attirait dans le lac, ce qui le rendait de nouveau malade et ainsi de suite. Cette combinaison-ci était très difficilement rattrapable, même par de grands maîtres comme le professeur Wuya.

Céleste – Je n’ai parlé à personne de toute cette histoire, Cyprien a été le seul à m’approcher malgré mon côté un peu… froid. J’ai… J’avais peur de toucher les autres. Mais il a pu m’aider quand même vu le… niveau de mon don quand on a commencé l’entraînement. Et je suis professeur, je peux me débrouiller.

Henri – Tu n'utilises même pas la bonne démarche, sourit-il faiblement. Lorsqu'on possède deux dons comme les tiens, ou pire, deux dons dangereux une fois frappés l'un contre l'autre, ce qui n'est heureusement pas ton cas, il faut raisonner d'une façon différente. Te contenter d'entraîner la glace puis la foudre et de les utiliser que séparément est idiot, tu ne progresseras jamais réellement. Attends une seconde...

Se redressant, il regarda autour de lui en se demandant où Gabriella aurait pu fourrer ça, puis se souvint qu'il avait vu toute une série de livres, sur les éléments, dans l'autre armoire, derrière le bureau dans le coin gauche au fond de la pièce, qu'il avait déjà rangé. Il contourna ledit bureau pour aller rouvrir le grand placard, glissant le doigt sur la rainure des ouvrages pour relire rapidement les titres. Il savait très bien que son ex-élève avait des ouvrages du professeur Wuya puisque c'était lui-même qui les lui avait offert, la première année où elle était venue enseigner ici. Il finit par trouver ceux qu'il cherchait, en ouvrant deux ou trois pour trouver lequel parlait de la combinaison que possédait Céleste. Il trouva ce qu'il voulait dans le troisième volume de la collection, le prenant avec un sourire nostalgique. Il avait passé une nuit blanche toute entière à discuter de tout ça avec la jeune femme, autour d'une tasse de café et de discussions, débats et échanges. Ces moments-là lui manquaient, il avait toujours beaucoup aimé échanger ainsi sur les éléments.

Henri – Tu ne connais pas le professeur Fen Wuya, reprit-il en revenant s'asseoir sur le bord du bureau. C'est un très grand chercheur, il a étudié les éléments durant sa vie entière et en a retiré des enseignements très riches. Sa spécialité était de créer des techniques et méthodes d'entraînements adaptés pour les personnes possédant des combinaisons de dons inadaptés, comme toi, et pour les possesseurs de combinaisons dangereuses, voire mortelles. Tout est différent, selon si tu possèdes deux, trois dons ou plus, et quels sont ces dons, la façon dont il se marient entre eux. Il faut savoir que certains personnes développent deux dons de naissance. C'est très, très rare, mais ça existe.

L'ancien directeur feuilleta l'épais ouvrage, toujours avec un petit sourire, sourire qui s'agrandit lorsqu'il vit que Gabriella avait laissé dedans des petites feuilles avec ses prises de notes et réflexions personnelles.

Henri – Je peux reprendre ton entraînement, de façon correcte cette fois. A quel niveau es-tu, pour la foudre et la glace, exactement ?


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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Volonté d'agir   Dim 21 Fév - 11:40

M. Francfort – Tu n'utilises même pas la bonne démarche, sourit-il faiblement. Lorsqu'on possède deux dons comme les tiens, ou pire, deux dons dangereux une fois frappés l'un contre l'autre, ce qui n'est heureusement pas ton cas, il faut raisonner d'une façon différente. Te contenter d'entraîner la glace puis la foudre et de les utiliser que séparément est idiot, tu ne progresseras jamais réellement. Attends une seconde...

Elle ne s’y prenait pas de la bonne manière ? Comment cela ? Céleste s’entraînait avec la foudre, elle travaillait dur depuis qu’elle en avait parlé à Cyprien et avait même tendance à en faire beaucoup plus depuis la mort de ses parents. Besoin d’extérioriser, de se lâcher, d’évacuer la colère et la rancœur qu’elle ressentait. Plusieurs sentiments se mêlaient en elle sans qu’elle ne puisse se l’expliquer, étant partagée entre la colère, la tristesse, le dégoût et être blessée. Alors, pour tout évacuer, elle s’était entraînée, relâchant très régulièrement son don, plus fort et plus longtemps. Au tout début, lorsque Céleste avait récupéré son frère, elle s’était entraînée jusqu’à l’épuisement, voulant se vider la tête et ne rentrant que très tard – ou tôt, selon les points de vue – sitôt Alexis et Lucas mis au lit.

La jeune femme lança un regard perdu à son ancien professeur qui venait de se lever. Il s’était dirigé vers un placard, au fond de la pièce, et avait contourné le bureau pour le rejoindre. Que cherchait-il, exactement ? Pourquoi lui avoir dit qu’elle ne s’entraînait pas de la bonne façon, pourquoi leur avait-on toujours répété et enseigné cette méthode-là ? Elle s’en sortait, ça allait, ce n’était qu’une mauvaise passe qui s’éternisait un peu mais avec Cyprien, ça irait mieux, alors il pouvait oublier et laisser couler, passer à autre chose. Non ? Céleste n’allait pas faire de bêtise, elle s’entraînait et relâchait son don, les élèves ne risquaient absolument rien. Ou, s’il voulait qu’elle quitte l’école, eh bien… Elle le ferait.

Avec un pincement au cœur, la jeune professeure secoua très faiblement la tête pour chasser les pires scénarios de son esprit, se concentrant sur monsieur Francfort. Il était occupé à feuilleter des livres rangés dans l’armoire à la recherche d’elle ne savait quoi, elle-même restant parfaitement silencieuse. Elle n’était pas à l’aise. C’était plus fort qu’elle, Céleste ne se sentait pas bien, pas alors que son ancien professeur savait ce qui s’était passé. Elle allait très bien ! Céleste arrivait à se contrôler, il lui fallait seulement un peu de temps, son don avait déjà pas mal évolué, bien qu’elle soit incapable d’estimer objectivement son niveau vu qu’elle ne pensait pas, jusqu’ici, avoir affaibli sa force à ce point-là. Seulement, la jeune professeure pouvait se débrouiller. Elle allait bien.

M. Francfort – Tu ne connais pas le professeur Fen Wuya, reprit-il en revenant s'asseoir sur le bord du bureau. C'est un très grand chercheur, il a étudié les éléments durant sa vie entière et en a retiré des enseignements très riches. Sa spécialité était de créer des techniques et méthodes d'entraînements adaptés pour les personnes possédant des combinaisons de dons inadaptés, comme toi, et pour les possesseurs de combinaisons dangereuses, voire mortelles. Tout est différent, selon si tu possèdes deux, trois dons ou plus, et quels sont ces dons, la façon dont ils se marient entre eux. Il faut savoir que certaines personnes développent deux dons de naissance. C'est très, très rare, mais ça existe.

Oh… D’accord, alors c’était seulement une technique spéciale et il était normal qu’elle ne l’ait pas connue puisque les dons plus ou moins opposés n’étaient pas courants. Céleste avait redressé la tête, écoutant son ancien professeur sans avoir bougé d’un millimètre, toujours les bras croisés. Elle était très proche de la porte, au final, étant restée à la même place que lorsqu’Estelle était partie. Monsieur Francfort feuilletait le livre avec un petit sourire, ce qu’elle ne remarquait que maintenant. Il souriait… Il souriait vraiment. Donc il n’était pas… furieux ? Il ne lui en voulait pas ? Il ne comptait pas lui faire la leçon pour ce qu’elle avait fait ? Ne comptait pas hurler, lui passer un savon ? Il venait seulement de lui parler d’une autre méthode pour s’entraîner lorsque l’on avait ces dons-là mais n’avait rien dit sur son comportement. Ce qui laissait Céleste bouche-bée, choquée, ne s’attendant vraiment pas à ce qu’il reste aussi calme alors qu’elle se débrouillait très bien, étant élève. Elle décroisa les bras, se tenant les mains en-dessous de son ventre dans une position respectueuse, conservant toujours une certaine crainte malgré elle.

M. Francfort – Je peux reprendre ton entraînement, de façon correcte cette fois. A quel niveau es-tu, pour la foudre et la glace, exactement ?

… Pardon ? Céleste ouvrit la bouche sans rien dire tout de suite, fixant son ancien professeur comme s’il lui avait annoncé que les militaires étaient tous partis de l’école en l’espace d’une minute pour ne plus jamais revenir. Il allait reprendre son entraînement ? Mais il avait autre chose à faire, il devait aider la directrice, s’occuper de l’école, il n’avait pas le temps pour cela. Elle pouvait se débrouiller, étudier les livres qu’il avait sous les yeux s’il le fallait, mais s’entraîner avec lui, non. Non, non, non. Il n’était pas connu pour sa douceur lors des entraînements, Céleste s’en rappelait très bien et ne se sentait pas prête à lâcher son don aussi fort dès le début. Avec cela, elle ignorait à quels niveaux étaient véritablement ses dons… Elle ne pouvait pas lui donner de réponse précise, elle s’était déjà lamentablement plantée lorsque Cyprien l’avait forcée à relâcher son don la première fois. Et mieux valait ne pas lui donner un niveau supérieur s’il comptait l’entraîner lui-même…

Céleste – Je… n’en ai aucune idée, avoua-t-elle timidement. Je fais les exercices de manière très progressive et j’ai pu recopier certaines fiches qu’utilise la directrice pour entraîner les lycéens. Mais je… je ne sais pas. Il y a quelques mois, quand Cyprien m’a forcée à relâcher mon don, il… Cela ressemblait à une immense toile d’araignée désordonnée.

Céleste fit une pause, baissant à nouveau la tête avec l’image de son don qui lui revenait devant les yeux. Elle ferma les yeux très fort pour essayer de la chasser, refusant de revoir cet épisode-là. C’était la première fois que Cyprien s’énervait et la giflait… Elle ne savait pas, à ce moment ! Il ne lui avait rien dit, elle avait juste relâché un peu son don et… s’était lamentablement effondrée. Elle reconnaissait que cela lui faisait énormément de bien mais il lui fallait encore un peu de temps pour ne plus ressentir aucune culpabilité. Aucune colère. Aucune rancœur. Le retour dans sa ville natale, cet été, ne l’avait pas beaucoup aidée. Elle n’en avait jamais vraiment parlé à Cyprien même s’il devait se douter de ce qu’elle ressentait. Pour l’instant, c’était lui qui n’était pas bien et elle ne voulait pas lui montrer à quel point elle était tendue et dégoûtée. Il n’y avait qu’avec la glace qu’elle se sentait un peu plus à l’aise, sachant qu’elle ne pouvait blesser personne avec cela.

Céleste – Je n’ai pas de problème avec la glace, je m’entraîne et relâche ce don-là normalement. Mais je ne connais pas le niveau précis non plus, je n’ai… jamais cherché à le connaître. Je me suis seulement entraînée pour le maîtriser, comme les collégiens et lycéens en cours. C’est plus… facile.

Mais elle ne sentait pas à l’aise comme avec la foudre, intérieurement. Les circonstances dans lesquelles Céleste avait développé ce don l’empêchaient d’en profiter pleinement, de se sentir bien en l’utilisant. Ce n’était probablement que psychologique, oui, mais elle l’utilisait donc ce n’était pas vraiment un problème. Et elle préférait éviter de le dire à son ancien professeur… Surtout s’il comptait vraiment l’entraîner. Céleste se mordit les lèvres, redressant un peu plus la tête pour regarder monsieur Francfort, hésitant. Il n’avait pas parlé sérieusement… Si ? Il ne devait pas se sentir obligé, elle pouvait vraiment se débrouiller. Ce qu’il allait exiger l’effrayait et elle avait peur de lui montrer l’état de son don, surtout que lui connaissait très bien son niveau au moment où elle était en dernière année ici. Oui, elle voulait se défiler, elle avait le droit de ne pas être trop rassurée.

Céleste – Mais, Monsieur vous… n’êtes pas obligé de reprendre mon entraînement, dit-elle très bas sur un ton poli. Je peux étudier le livre et essayer d’appliquer ce que j’y lirai, si ce n’est qu’une question de méthode. Je m’entraîne tous les jours, ces derniers temps, je… J’en ai besoin pour évacuer certaines choses. Vous avez du travail, ici, surtout avec la directrice et le sous-directeur absents. Je peux me débrouiller… Je vous assure. Je suis prudente avec les élèves, je ne comptais pas les blesser, j’ai… réalisé dans quel état se trouvait mon don à la fin de l’année et il n’y a eu aucun accident en l’espace de deux ans. En plus, je… je dois assurer mes cours et m’occuper de ma classe.

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MessageSujet: Re: Volonté d'agir   Lun 14 Mar - 13:31

[PNJ Henri Francfort, ancien directeur du pensionnat.]

Il faudra qu'il réorganise sa semaine, selon ce qu'il devait faire, les temps pour aider Frédéric, soulager le sous-directeur de quelques tâches le temps qu'il se remette, entraîner Céleste et s'occuper aussi de Gabriella. Il avait l'impression de repartir quelques années en arrière, du temps où il travaillait toujours ici, quelle nostalgie. Même si bien des choses avaient changé, il ne craignait pas la suite des événements, convaincu que tout se passera bien si chacun s'en donnait les moyens et donnait tout son possible pour que tout aille pour le mieux. Céleste le fixait, avec une tête effarée et ahurie, comme si elle avait à la fois peur de lui et refusait d'y croire, alors qu'il était tout à fait naturel qu'il lui propose cela. Il était son ancien professeur, après tout, quoi de plus logique qu'il l'aide aujourd'hui pour des difficultés liés à son don ? Même si elle semblait en douter, ce qu'il trouvait presque choquant, tant il leur avait répété et affirmé que tous pouvaient revenir dès qu'ils le souhaitaient ou en avaient besoin, pour leurs pouvoirs. Cette école n'était pas réservée uniquement aux enfants.

Céleste – Je… n’en ai aucune idée, avoua-t-elle timidement. Je fais les exercices de manière très progressive et j’ai pu recopier certaines fiches qu’utilise la directrice pour entraîner les lycéens. Mais je… je ne sais pas. Il y a quelques mois, quand Cyprien m’a forcée à relâcher mon don, il… Cela ressemblait à une immense toile d’araignée désordonnée.

Une immense toile d'araignée géante... A son âge ? Pardon ? Comment avait-elle pu se laisser aller à ce point-là ? Ce genre de chose ne se produisait que lorsque le don avait été si étouffé et contraint qu'il en en était devenu névrosé, ou lorsqu'on avait tenté à plusieurs reprises de s'en débarrasser et qu'il présentait des traces de folie. A moins qu'on ne soit un tout jeune enfant découvrant la foudre pour la première fois et qu'on le relâchait par hasard sans trop savoir comment s'y prendre. Il garda un air très grave en observant Céleste, qui avait pris un instant pour garder les yeux bien fermés avec un air angoissé, croisant doucement les bras. Bon, après tout, si cela datait de quelques mois, la situation avait dû bien évoluer, n'est-ce pas ? Il priait pour qu'elle n'ait pas tant perdu que cela, pour qu'elle n'ait pas tant frappé son propre pouvoir qu'elle en ait perdu un niveau trop affolant. En tant que professeur d'élément, elle ne pouvait pas se permettre de descendre trop bas, pour la simple et bonne raison qu'elle n'aurait sinon plus sa place en tant que professeur de foudre. Ceux qui enseignaient ces pouvoirs aux autres se devaient d'être assez puissants pour maîtriser tout dérapage involontaire. Il ne fallait pas oublier qu'on pouvait toujours tomber sur un enfant ou un adolescent possédant un don bien plus puissant que la moyenne de son âge.

Céleste – Je n’ai pas de problème avec la glace, je m’entraîne et relâche ce don-là normalement. Mais je ne connais pas le niveau précis non plus, je n’ai… jamais cherché à le connaître. Je me suis seulement entraînée pour le maîtriser, comme les collégiens et lycéens en cours. C’est plus… facile.

Avoir peur de son propre pouvoir signifiait un manque de contrôle et un risque accru face aux accidents. Peut-être était-ce plus facile avec la glace, peut-être avait-elle peur de trop repenser à certaines choses... Pour autant, il fallait se faire violence et accepter de souffrir lorsqu'un problème menaçait votre santé, puis votre vie lorsqu'on n'agissait pas. Elle le savait... Tous ceux qui l'avaient eu comme professeur le savait, tous comme les élèves ayant eu Gabriella ensuite devaient le savoir. On ne jouait pas avec un pouvoir tel que celui-là comme on jouait avec des bouts de cartons pour en faire des pliages. Cela demandait une certaine maturité qui était exigée même de la part des élèves très jeunes et d'autant plus de la part de leurs professeurs. Jetant un regard au bouquin, il glissa les doigts sur le titre, pensivement, en se demandant si Céleste pouvait retrouver son niveau d’antan. Pour elle, il le fallait, mais aussi pour cette école. Devoir renvoyer des professeurs pour des raisons aussi stupides le frustrerait beaucoup.

Céleste – Mais, Monsieur vous… n’êtes pas obligé de reprendre mon entraînement, dit-elle très bas sur un ton poli. Je peux étudier le livre et essayer d’appliquer ce que j’y lirai, si ce n’est qu’une question de méthode. Je m’entraîne tous les jours, ces derniers temps, je… J’en ai besoin pour évacuer certaines choses. Vous avez du travail, ici, surtout avec la directrice et le sous-directeur absents. Je peux me débrouiller… Je vous assure. Je suis prudente avec les élèves, je ne comptais pas les blesser, j’ai… réalisé dans quel état se trouvait mon don à la fin de l’année et il n’y a eu aucun accident en l’espace de deux ans. En plus, je… je dois assurer mes cours et m’occuper de ma classe.

Henri – T'entraîner avec moi ne t'empêchera pas de t'occuper de tes élèves ni de tes cours, ne sois pas idiote, soupira-t-il en prenant le planning des professeurs qu'il avait laissé dans un coin du bureau, en attendant de classer ce même genre de documents tous ensemble et facilement accessibles. Et n'oublie pas non plus qu'il ne s'agit pas que de ton contrôle. Tu as bien de la chance de ne pas avoir dans tes classes un élève né avec un don plus puissant que la moyenne car tu serais, dans l'état actuel, incapable de contrôler le moindre dérapage ou accident. Je trouve très irresponsable que tu veuilles travailler avec un pouvoir dont tu as peur, mais soit, ce qui est fait est fait. Voyons voir ton planning.

Il prit un crayon de bois et les planning, s'asseyant sur le bord du bord en jetant un œil à l'emploi du temps de son ancienne élève. Recherchant ses créneaux de libre, il lui indiqua où il plaçait les heures d'entraînement avec elle, selon les semaines, sans ajouter qu'il ne lui laissait de toute façon guère le choix, c'était d'une parfaite évidence, n'est-ce pas ? Une fois qu'il eut tout placé, il reprit le tout pour noter les jours et horaires sur une feuille libre qu'il tendit ensuite à Céleste. Voilà qui était fait.

Henri – Vas-tu continuer longtemps à refuser de vivre encore longtemps ? Demanda-t-il avec douceur. Tu n'as même pas trente ans... Ne gâche pas ta vie entière pour un accident, tu es jeune. Il faut te ressaisir, d'autant plus dans le contexte actuel. Je ne te demande pas de monter au front pour défendre les enfants mais d'être, pour eux, un professeur ouvert et capable de les écouter. Ils en ont besoin, plus que jamais. Si tu n'arrives toujours pas à t'autoriser à être heureuse pour toi-même, fais-le au moins pour eux. Qu'en penses-tu ?

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Volonté d'agir   Lun 28 Mar - 17:38

M. Francfort – T'entraîner avec moi ne t'empêchera pas de t'occuper de tes élèves ni de tes cours, ne sois pas idiote, soupira-t-il en prenant le planning des professeurs qu'il avait laissé dans un coin du bureau, en attendant de classer ce même genre de documents tous ensemble et facilement accessibles. Et n'oublie pas non plus qu'il ne s'agit pas que de ton contrôle. Tu as bien de la chance de ne pas avoir dans tes classes un élève né avec un don plus puissant que la moyenne car tu serais, dans l'état actuel, incapable de contrôler le moindre dérapage ou accident. Je trouve très irresponsable que tu veuilles travailler avec un pouvoir dont tu as peur, mais soit, ce qui est fait est fait. Voyons voir ton planning.

Céleste se crispa un peu, se mordant les lèvres en baissant un peu la tête. Elle n’imaginait pas qu’elle allait perdre autant de puissance en arrivant au Pensionnat. Elle voulait aider ! Jamais elle n’aurait imaginé qu’elle serait incapable d’utiliser son don en dehors des cours, elle n’avait rien prémédité du tout, les choses s’étaient… enchaînées sans qu’elle ne le réalise. Ce n’était pas intentionnel, pas prévu, elle n’avait jamais cru que cet endroit réveillerait autant de souvenirs. Elle s’était mal préparée, voilà tout. Seulement, aujourd’hui, Céleste comptait bien se racheter et s’entraîner dur pour récupérer le niveau qu’elle avait en quittant le Pensionnat en tant qu’élève. Au moins, avec l’ancien directeur, ce serait plus… « facile ». Elle n’osait même pas le contredire, l’observant noter les heures d’entraînement sans rechigner, sans émettre le moindre son, toujours debout un peu plus loin.

Depuis qu’Estelle l’avait conduite dans ce bureau, Céleste n’avait pas bougé d’un millimètre, d’abord terrifiée par la réaction de son ancien professeur, ensuite rongée par les remords d’avoir réagi comme elle l’avait fait. Elle n’avait jamais réalisé… Ils avaient raison, elle aurait pu blesser un élève ou être incapable de les protéger en cas de dérapage si l’un d’eux avait connu une brusque évolution dans son don. Ce qui n’était pas rare, aujourd’hui, vu ce que connaissait le Pensionnat, les élèves et les professeurs. Prenant distraitement la feuille que lui tendit l’ancien directeur, Céleste le remercia du bout des lèvres, très bas, lisant les heures d’entraînement rajoutées. Elle retint un soupir de soulagement en constatant qu’il n’y en avait que trois, elle-même faisant beaucoup plus ces derniers temps.

M. Francfort – Vas-tu continuer longtemps à refuser de vivre encore longtemps ? Demanda-t-il avec douceur. Tu n'as même pas trente ans... Ne gâche pas ta vie entière pour un accident, tu es jeune. Il faut te ressaisir, d'autant plus dans le contexte actuel. Je ne te demande pas de monter au front pour défendre les enfants mais d'être, pour eux, un professeur ouvert et capable de les écouter. Ils en ont besoin, plus que jamais. Si tu n'arrives toujours pas à t'autoriser à être heureuse pour toi-même, fais-le au moins pour eux. Qu'en penses-tu ?

Céleste – Je… Je ne me gâche pas la vie, j’ai arrêté de m’en vouloir pour cet accident.

Céleste avait redressé la tête vers son ancien professeur, son regard quittant la feuille. Elle ne s’en voulait plus pour cet accident, elle faisait des efforts pour s’ouvrir à nouveau aux autres. Bon, oui, il y avait toujours une certaine crainte… Mais elle travaillait tout cela, tout ce qu’elle ressentait. Kimmitsu l’avait aidée à maîtriser sa peur, aussi, alors pourquoi son ancien professeur pensait-il qu’elle s’en voulait et qu’elle refusait de vivre ? La jeune professeure avait même commencé une relation, s’occupait d’un enfant, son frère, et acceptait l’idée d’en avoir un avec Cyprien. Pas tout de suite, mais elle avait accepté tout de même.

Céleste – Il me faut seulement un peu de temps pour… travailler le social. Mais je m’occupe de mon frère, j’essaie d’aller un peu plus vers les autres. Il me faut juste du temps pour que ce soit plus… naturel. Mais je vais bien.

M. Francfort – Combien de dizaines d'années encore vas-tu dire ça sans vraiment l'appliquer par peur ?

Mais… Elle… Céleste ouvrit légèrement la bouche pour dire qu’elle n’avait pas peur mais se ravisa à la dernière seconde, baissant à nouveau la tête. Pourquoi disait-il qu’elle avait peur ? Elle vivait, s’autorisait une vie de couple, un avenir. Ce qu’elle ne faisait pas il y a de cela quelques mois à peine. Alors en quoi avait-elle peur ? Elle avait accepté l’accident. La seule chose qui lui restait en travers de la gorge était la réaction de ses parents mais ce n’était pas de la peur, seulement du dégoût et de la colère. Alors où se situait la peur, chez elle ? Elle avait dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? Ou fait quelque chose ? Elle utilisait son don, ne le retenait plus, avait compris l’urgence et travaillait très dur. Elle ne comprenait pas. Qu’entendait-il par « peur » ? Céleste avait l’impression d’être à nouveau une élève, perdue dans un élément du cours qu’elle n’avait pas compris, et dut s’obliger à poser la question, faute de compréhension.

Céleste – Je ne comprends pas… Je vous assure que je n’ai plus peur, j’ai de nouveau des projets, j’utilise mon don très régulièrement, je travaille dur… Je ne vois pas où se situe la peur.

M. Francfort – Il suffit de voir ton comportement, depuis cet été. J'ai même l'impression que tu as peur de Gabriella.

Cette fois, Céleste ne put dissimuler un certain malaise. Elle ne pouvait pas nier. Oui, elle avait peur de Gabriella, mais pas à cause de son don. Son ex-mari l’avait trompée avec elle ! Comment pouvait-elle être à l’aise face à la directrice ? Elle n’avait pas peur du don, non. Seulement du comportement, de ce qu’elle pensait, de sa réaction si elle la croisait à nouveau. S’il avait remarqué le changement lors de la réunion, il avait bien dû voir que la directrice l’avait fixée pendant très longtemps, non ? Céleste resta silencieuse un moment, se mordant les lèvres en fixant ses mains. Elle ne pouvait pas répondre. Expliquer qu’elle avait peur pour une histoire de tromperie… C’était légitime, pour elle, mais elle se voyait très mal dire cela à son ancien professeur. Elle faisait confiance à la directrice et n’avait pas peur de son don, c’était le principal, non ? La jeune femme ouvrit la bouche pour parler, dire quelque chose, mais aucun son ne sortit. Elle n’allait pas avouer ça tout de même… Elle était face à son ancien professeur !

Céleste – Je n’ai pas peur de Gabriella, dit-elle très bas. Pas… Pas de son don. J’ai confiance en elle, elle a été la seule à ne pas me rejeter quand j’ai perdu tout mon entourage. Encore ici, elle m’a laissé l’occasion de m’améliorer sans me jeter tout simplement du Pensionnat malgré mon don. Elle savait que j’avais des problèmes, Cyprien le lui a dit. C’est… C’est juste que je…

Céleste prit une petite inspiration, cherchant ses mots, cherchant la manière de le dire. Elle l’avait déjà fait avec Estelle, il suffisait de répéter le scénario en adaptant, c’est tout. La seule différence était qu’elle devait l’expliquer à la personne qui était autrefois son professeur… Moment très gênant, humiliant, qu’elle espérait ne jamais devoir raconter à Cyprien. Même si cela le concernait. Ce n’était pas pressé, si ? Il patienterait.

Céleste – Cyprien l’a trompée avec moi. Ce n’était pas prévu, ça s’est fait… tout seul. Et elle le sait, c’est pour cela qu’elle m’a fixée à la réunion de prérentrée. Je… J’en ai parlé avec Estelle, c’est à cause de cette discussion qu’elle a appris pour mon don et qu’elle m’a conduite ici. C’est pour cette raison que j’ai… un peu peur de Gabriella. Elle m’a accueillie, et moi, je l’ai trahie.

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