1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Sur la bonne voie ?

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Océane Kara
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MessageSujet: Sur la bonne voie ?   Mer 6 Jan - 17:19

La chaleur assez écrasante d'hier soir avait laissé place à un gros orage cette nuit, naturel pour une fois, puis à de la pluie jusqu'à ce matin, au petit-déjeuner, qui s'était mué en un rideau très fin et léger, avant de disparaître, vers sept heures. Océane n'était pas encore partie au pensionnat, enfermée dans sa chambre, chez elle à Gray, dans la petite maison où elle vivait avec ses parents. Une chambre assez sobre, dont les murs étaient tapissés de lambris en bois clairs, en accord avec le parquet plus sombre, des étagères, elles aussi en bois, clouées aux murs, supportant beaucoup de livres et les peluches de son enfance. Le lit, avec sa grosse couette rouge, était poussé dans le coin à gauche, près de la fenêtre. Un bureau en bois blanc cassé se tenait près de la porte-d'entrée, à côté d'un petit porte-manteau. Océane était debout, en sous-vêtements, face à un grand miroir sur pied, placé à côté d'une armoire en pin, que son père avait retapé pour la mettre dans sa chambre. Son uniforme l'attendait sur une chaise près d'elle, avec son sac de cours et celui de sport posés à terre, à côté.

– Ma puce, j'y vais, lança tout à coup la voix de son père, du couloir. Passe une bonne semaine !

Océane tressaillit un peu mais lui rendit son salut, reportant ensuite le regard sur la glace. La rentrée n'avait pas été très facile. Elle veillait à faire bonne figure mais sa rupture avec Dimitri, en juillet, lui avait laissé un goût plus amer qu'elle ne voulait bien se l'avouer, grignotant une part de sa confiance en elle. Elle y avait beaucoup réfléchi, cet été, et songeait qu'elle n'était peut-être pas assez intéressante ou bien assez jolie. Une fille ordinaire, comme il y en avait des centaines autour d'eux, rien ne la distinguait. Elle baissa le nez pour observer son corps, sa poitrine plate, un teint olivâtre, assez mat, des cheveux très raides et noirs, qui lui descendaient jusqu'aux épaules, un corps fin et musclé. Non, elle n'était pas jolie, c'était certain. Dimitri avait dû trouver bien mieux ailleurs. Soupirant, elle s'habilla avec une motivation assez éteinte, se remémorant son emploi du temps de cette semaine. Un sursaut de joie vint la saisir lorsqu'elle se souvint qu'elle avait un entraînement de Guetteuse ce soir, sursaut vite étouffé par une culpabilité terrible lorsque le fait "Pas de cours d'option ce matin" revint brutalement s'imposer à elle. Son professeur... A cause de l'armée... Elle rougit tout en enfilant ses collants et sa jupe bleue, l'estomac noué. La culpabilité envahissait tout son être, couvrant la joie coupable qui l'habitait, à l'idée d'aller ce soir à la caserne.

Après avoir salué sa mère, elle se rendit au pensionnat à petites foulées, craignant un moment d'arriver en retard mais elle avait du temps devant elle. Lorsqu'elle franchit les grilles, la première récréation de la journée venait de sonner, les élèves se déversaient dans les couloirs, le parc, les bords du lac, partant vers la bibliothèque ou le foyer. Océane avait une heure de sport, puis de Français, ce matin. Anglais et élément cet après-midi, la journée allait passer vite, ce n'était pas un lundi chargé. Pourtant un regard coupable sur le dojo, elle fila se réfugier au foyer, les joues toujours écarlates, saluant quelques amis qui y étaient installés. La peur que son maître découvre qu'elle se plaisait à ce point dans l'armée la terrifiait, elle ne voulait pas qu'il la rejette ou n'ait plus confiance en elle. Vanessa, une de ses amies, vint la rejoindre en la voyant se fourrer dans un des fauteuils, lui racontant aussitôt la soirée, samedi, qu'elle avait passé avec son nouveau petit ami. Océane n'écouta qu'une oreille distraite, dévisageant ceux qui passaient autour d'eux en s'interrogeant. Arrêter les Guetteurs pourrait résoudre une partie du problème, las, elle ne le voulait pas. Alors que son maître avait disparu et sans doute souffert à cause de l'armée. Baissant la tête, elle joua avec ses doigts, les tordant entre eux.

La cloche marqua la fin de la longue litanie de Vanessa, faisant bouger en même temps tous les élèves installés dans le foyer. Filant dans les vestiaires, Océane tâcha de faire bonne figure, n'ayant pas besoin que les autres s'inquiètent ou s'interrogent. Pour cette rentrée, les professeurs de sport avaient groupé les classes, mélangeant garçons et filles, pour une série de différents sports et épreuves, à faire seul ou en équipe, histoire de "les réveiller". Il faisait bien frais mais courir vous réchauffait vite. En courant à petites foulées pour l'échauffement, autour du stade, Océane s'interrogea sur la façon de faire un peu plus féminine. Plus elle y pensait, plus elle se trouvait disgracieuse, coincée, trop grosse. Dimitri avait sûrement eu honte de s'afficher à côté d'elle, pendant tout ce temps, la quitter avait dû être un soulagement pour lui. Elle grimaça, respirant profondément pour retenir ses larmes. Être larguée comme ça, aussi abruptement... Elle en s'y attendait pas et en était encore blessée. Plongée dans ses pensées, elle remarqua avec un certain temps de retard qu'Antoine était arrivé à sa hauteur, courant sans sembler perdre son souffle comparé à d'autres élèves qui n'en pouvaient déjà plus. Son ami avait enflammé les rumeurs, la semaine dernière, après sa prestation à la chorale.

– Tu fais encore des émules, ce matin, avec le cours de chant ?

– Ouais, soupira-t-il, un type de seconde m'a balancé d'un ton méprisant que les gens du peuple savaient au moins faire deux ou trois trucs de bien, de temps à autre.On dirait que le côté élitiste et vieille France de cette école ressort avec pas mal de force, en ce moment.

Ah oui, le côté "école de riche pour les enfants de riche", c'est vrai qu'on l'avait moins ressenti, l'année dernière, avec tous les problèmes qui étaient arrivés. Elle ne dit plus rien durant un moment, espérant intérieurement que ça n'allait pas trop revenir à la charge, il était très lourd et fatiguant d'avoir à entendre à longueur de journées des réflexions condescendantes à l'attention des élèves boursiers, dont Antoine et Océane faisaient tous les deux partis.

– Tu continues de participer à la chorale ? Si t'as une aussi belle voix que ça, ce serait dommage d'arrêter. Tu pourrais même envisager d'entrer dans une école de chants et d'en faire ton métier, qu'est-ce que tu en dis ?

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MessageSujet: Re: Sur la bonne voie ?   Ven 22 Jan - 11:07

Une heure de sport avant un cours de Français avec le prof acariâtre, grand ami de la Hyène. Pourquoi devait-il toujours y avoir des sales têtes comme la sienne parmi les enseignants.. ? Antoine était sans doute assez injuste, il ne pouvait pas juger ce prof en à peine plus d'une semaine alors qu'il ne l'avait jamais eu en cours avant. Il était juste d'assez mauvaise humeur, une odeur de pourriture flottait dans cette école depuis la rentrée, c'était comme si tous les gosses de riches s'étaient soudainement réveillés pour s'afficher de nouveau au grand jour et bien marquer qu'eux-seuls étaient en droit de fouler et arpenter les couloirs de cette école car eux n'avaient pas besoin des aides de l'Etat pour payer leurs études et en étaient donc plus méritants. Antoine haïssait cette mentalité. Sa famille n'était peut-être pas une des plus riches mais ce n'était pas pour cela qu'il avait été moins bien élevé, n'avait eu de bonne éducation et ne savait pas se tenir en société ! Jusqu'ici, personne n'avait jamais vraiment fait attention à lui, il n'était que l'un des élèves boursiers, plus nombreux depuis quelques années, passant parfaitement inaperçu.

Puis était venu le cours de chant, la chorale, où il avait découvert en même temps que le reste de l'école qu'il disposait visiblement d'un talent naturel pour le chant. Déjà choqué par ça, il avait été encore plus choqué par l'attitude de certains élèves lorsqu'ils l'avaient appris. Beaucoup le classaient déjà dans la catégorie « Artiste en théâtre ou opéra pour amuser les grands de ce monde », ce qui était complètement ridicule. Grinçant un peu des dents, tout en courant sur le stade, il arriva bientôt à la hauteur d'Océane, elle aussi plongée dans ses pensées. Il la trouvait un peu plus triste, depuis la rentrée, moins en forme et vivace. Elle devait sûrement s'angoisser pour le tournoi qui l'attendait, en Octobre. Ils coururent un moment côte à côte sans rien dire, souffles maîtrisés, sur la longue piste d'un rouge sombre. Se défouler avant le cours de français, un bon coup avant d'affronter le prof et certains élèves. M. Morin passa près d'eux, surveillant si tout le monde jouait bien le jeu, toujours aussi souriant qu'à son habitude.

– Tu fais encore des émules, ce matin, avec le cours de chant ?

– Ouais, soupira-t-il, un type de seconde m'a balancé d'un ton méprisant que les gens du peuple savaient au moins faire deux ou trois trucs de bien, de temps à autre.On dirait que le côté élitiste et vieille France de cette école ressort avec pas mal de force, en ce moment.

Hélas ! Il n'avait jamais à l'aise avec ce genre de mentalité, très forte ici, d'autant plus lorsqu'il était en sixième ou cinquième et où les élèves boursiers étaient encore bien rares. Jasper l'avait beaucoup défendu, sur ce sujet, lorsqu'ils avaient l'âge de Laura et un peu plus jeunes. Ils étaient encore des enfants, l'école était plus calme, plus sereine. Autant que cet endroit pouvait l'être, du moins, cela restait un pensionnat où on apprenait à manier les différents dons. Antoine eut un faible sourire en ramenant ses bras contre lui tout en courant, essayant de ne pas se disperser. Allez, un peu de baume au cœur ! Après tout, peut-être sera-t-il vraiment un chanteur célèbre, dans une dizaine d'années, qui sait ? Sa mère serait ravie, en apprenant ça, elle avait toujours rêvé d'avoir un artiste dans la famille. Son père était déjà beaucoup plus terre-à-terre, clamant qu'une vie honnête se compose d'un foyer solide, d'un travail dont on ne peut pas rougir, d'un rythme de vie simple et du respect de la nature et des autres personnes, le tout dans le respect de Dieu. Les artistes étaient plus des sortes de magiciens assez bizarres, à ses yeux, il ne s'était jamais intéressé aux chanteurs, peu importe leurs spécialités. Antoine ignorait quelle sera sa réaction s'il lui racontait qu'il faisait parti d'une chorale.

– Tu continues de participer à la chorale ? Si t'as une aussi belle voix que ça, ce serait dommage d'arrêter. Tu pourrais même envisager d'entrer dans une école de chants et d'en faire ton métier, qu'est-ce que tu en dis ?

– Heu, souffla-t-il avec un faible sourire. J'en dis que je suis juste terrorisé en imaginant ça. C'est très difficile de percer dans ce genre de milieu, alors belle voix ou pas, je ne sais pas si j'en suis capable. J'imaginais un métier plus classique, comme bibliothécaire, tu vois le genre ? Ou même instituteur dans une école primaire. Je n'ai pas vraiment envie de quitter la chorale pour l'instant, c'est simplement que ça m'effraie, ce qui arrive.

Il se tut un moment, se voyant adulte, en train de chanter devant une salle comble, son ventre se tordant d'appréhension. Il n'était sûrement pas capable de faire ça ! Pas assez doué, il faudrait fournir une masse considérable de travail avant d'y parvenir, ce n'était pas pour lui, désolé. Comment pourrait-il réussir ? Il se frotta un peu la nuque tout en courant, disant à Océane qu'il ne savait pas, c'était un peu trop soudain.

– Le truc, c'est qu'il y a très peu d'endroits où tu peux étudier pour ça. Il y a bien une bonne école à Paris, mais il faut réussir un concours, en plus de pouvoir s'y payer les études. En supposant que je réussisse le concours, je ne pourrai pas payer les cours. Mes parents ont déjà eu du mal à compléter la bourse que j'ai eue pour venir ici, je ne peux pas leur demander de m'aider à payer encore ensuite une autre école, qui coûtera encore plus chère. Mon petit frère aussi doit pouvoir aller dans de bonnes écoles, je ne peux pas ne penser qu'à moi.

Il est vrai qu'envisager de poursuivre et exploiter ce potentiel était tentant... Essayer, s'il en était capable ou non, essayer et peut-être réussir, essayer et prouver à tous ses détracteurs que, élève boursier ou non, il était capable d'avancer et de s'en sortir. Mais cela faisait « trop ». Travailler d'arrache-pied ne l'effrayait pas, en revanche, s'il échouait, il aurait fait perdre de l'argent à sa famille pour rien et pourrait donc priver son jeune frère d'aller à son tour dans un bon collège. Ce n'était simplement pas possible.

– Que veux-tu devenir, toi ? Tu veux te lancer dans le sport au niveau professionnel ?
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Océane Kara
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MessageSujet: Re: Sur la bonne voie ?   Mer 3 Fév - 11:39

– Heu, souffla-t-il avec un faible sourire. J'en dis que je suis juste terrorisé en imaginant ça. C'est très difficile de percer dans ce genre de milieu, alors belle voix ou pas, je ne sais pas si j'en suis capable. J'imaginais un métier plus classique, comme bibliothécaire, tu vois le genre ? Ou même instituteur dans une école primaire. Je n'ai pas vraiment envie de quitter la chorale pour l'instant, c'est simplement que ça m'effraie, ce qui arrive.

Entre bibliothécaire, chanteur ou instituteur, il y avait en effet des métiers plus faciles d'accès que certains. Elle eut un faible sourire, répondant au sien, repoussant derrière elle sa couette pour ne pas être gênée en courant. Elle comprenait que son ami se sente un peu perdu, tout était arrivé très vite et personne, à commencer par lui, n'aurait pu imaginer ce talent. Personne ne l'avait jamais entendu chanter avant cela et personne ne l'avait jamais poussé à dévoiler cette voix, c'était inattendu. Une fois la peur passée, pourquoi ne pas essayer d'aller un peu plus loin ? Il pourrait essayer, même s'il ignorait si cela allait fonctionner ou pas ? Elle le voyait monter sur scène, devant un public dans une grande salle d'opéra à paris ou dans une autre grande ville, lever les cœurs et enchanter la foule venu l'acclamer. C'était un beau rêve... Bien sûr, il lui faudra travailler comme jamais, passer des heures et des heures à apprendre la musique et le chant, des heures à chanter et s'exercer, des heures, des jours, des mois entiers à travailler sa voix. Antoine avait toujours été très travailleur et sérieux donc pourquoi pas ? Elle lui jeta un regard de biais, alors qu'ils étaient dépassés par deux autres élèves visiblement lancés en pleine course.

– Le truc, c'est qu'il y a très peu d'endroits où tu peux étudier pour ça. Il y a bien une bonne école à Paris, mais il faut réussir un concours, en plus de pouvoir s'y payer les études. En supposant que je réussisse le concours, je ne pourrai pas payer les cours. Mes parents ont déjà eu du mal à compléter la bourse que j'ai eue pour venir ici, je ne peux pas leur demander de m'aider à payer encore ensuite une autre école, qui coûtera encore plus chère. Mon petit frère aussi doit pouvoir aller dans de bonnes écoles, je ne peux pas ne penser qu'à moi.

Oh, s'il avait un petit frère qui devait aller au collège ensuite... Océane se sentit un peu honteuse, n'ayant pas songé à ça. Elle était fille unique et n'avait jamais eu à se demander en quoi la vie serait différente avec des frères et des sœurs. Antoine ne parlait jamais de ce sujet non plus et, bien qu'elle ignore pourquoi, elle avait toujours imaginé que lui aussi était enfant unique. Il était certain que la question du coût de l'école se posait d'autant plus s'il avait un frère plus jeune qui devait lui aussi avoir droit à de bonnes études et à pouvoir suivre un cursus tel qu'avait pu obtenir son frère. Si jamais il possédait un don, lui aussi, il faudra lui payer un professeur particulier ou bien l'envoyer à Sainte Famille. Océane hocha doucement la tête pour indiquer qu'elle avait compris, sans pouvoir s'empêcher de trouver assez triste que ce rêve soit étouffé dans l’œuf avant même d'avoir eu une chance de survivre. N'y avait-il vraiment aucun moyen d'y accéder sans pénaliser son jeune frère au passage ? S'il travaillait d'abord, ce genre de choses ? Ou s'il parvenait à bénéficier d'une nouvelle bourse et la complétait e,n travaillant le week-end quelque part ? Il y avait aussi don don... Certaines grandes écoles fermaient leurs portes à ceux qui en possédaient un. La plupart des personnes pouvaient le cacher mais pas un étudiant sortant du pensionnat Sainte Famille, ce serait trop gros.

– Que veux-tu devenir, toi ? Tu veux te lancer dans le sport au niveau professionnel ?

Si elle y parvenait, oui ! A force d'effort et de pratique, avec le soutien de sa famille et de son maître, elle était convaincue d'y parvenir, elle devait se donner à fond et faire de sa passion son métier. A seize ans, elle était à présent assez âgée pour s'inscrire aux véritables compétitions au lieu de se contenter des tournois juniors, organisés de temps à autre. Le tournoi du mois d'Octobre était une compétition professionnelle, cette fois. Il fallait avoir seize ans révolu, posséder un certain niveau de base avant de se lancer, cela durait plusieurs jours et des participants du monde entier allaient se retrouver à Rennes pour ce tournoi. Le stress, la peur, l'excitation et l'impatience ne cessaient de brûler avec force en elle, elle ne rêvait plus que du tournoi, ne pensait plus qu'à cette échéance, ce sera la première fois qu'elle participera à un tournoi professionnel.

– Je vais participer à autant de compétitions que je peux, dit-elle avec une pointe de nervosité dans la voix. Déjà, en Octobre, puis d'autres par la suite. Si je travaille dur, je peux augmenter mon niveau, en m'entraînant, je peux réussir à progresser.

Elle s'en sentait capable, elle pouvait s'en tirer si elle le voulait vraiment. Bien sûr, elle avait prévu des plans de secours, au cas où elle était, un jour, gravement blessée et devait cesser les tournois et compétitions. Tous les sportifs devaient songer à cette éventualité : « Que deviendrais-je si je suis blessé un jour au point de ne plus pouvoir poursuivre ce que je fais ? ». Pour la jeune lycéenne, la reconversion sera possible dans l'animation, le travail dans les staffs des clubs de sport, ce genre de chose. Dans tous les cas, c'était un monde dans lequel elle voulait rester. Elle s'y sentait bien, à l'aise, s'y éveillait. Si elle continuait là-dedans et atteignait son but d'être plus féminine et attirante, en tant que femme, ce sera merveilleux.

– J'ai hâte d'être au tournoi et en même temps, je suis morte de peur, confia-t-elle en rougissant un peu. Il y a aura des participants du monde entier ! Je vais sûrement me faire démolir par la majorité d'entre eux, je n'ai que seize ans.

Sa voix trembla légèrement, alors qu'elle reprenait son souffle. Certains concurrents auront vingt ans de pratique derrière eux, voire bien plus, ils avaient un nouveau qu'elle était très loin de posséder. Il y aura aussi tous les habitués des compétitions, en plus de ceux qui ne participaient que pour le plaisir.

– Dominique et Genji m'ont dit qu'ils viendraient, sourit-elle avec chaleur. J'espère que tout se passera bien. Ton premier tournoi, c'est celui où te fais « baptisé », c'est à dire celui où tu te prends la première grosse raclée de ta vie.

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MessageSujet: Re: Sur la bonne voie ?   Ven 26 Fév - 20:04

– Je vais participer à autant de compétitions que je peux, dit-elle avec une pointe de nervosité dans la voix. Déjà, en Octobre, puis d'autres par la suite. Si je travaille dur, je peux augmenter mon niveau, en m'entraînant, je peux réussir à progresser.

Antoine avait toujours été assez impressionné par la volonté de fer qu'affichait cette fille. Elle était toujours souriante, toujours vive, toujours... Toujours comme ça. Et le pire était qu'elle ne s'en rendait même pas compte ! La moitié des mecs au pensionnat craquaient sur elle en secret et elle en le voyait même pas. Il sourit en coin en songeant à un ami qui lui bavait littéralement dessus en répétant en boucle qu'elle était mignonne, avant de sortir avec une autre fille et réussir à ne plus rêver à l'air doux de la jeune Chinoise, qui sortait encore avec Dimitri, à l'époque. Inspirant profondément tout en courant, il salua Alexandre de la tête lorsqu'il passa à côté d'eux, courant toujours aussi vite sans sembler essoufflé pour autant. Lui aussi pourrait tenter une carrière sportive tant il semblait né pour cela. Antoine n'était pas un ramolli à la traîne, pour autant, il avait bien du mal à apprécier de longues heures de sport, se fatiguant très vite et n'aimant pas suant sang et eau des heures sur un terrain d'athlétisme. Et tout ça pour quoi, au final ? Il n'était peut-être pas très musclé mais cela ne lui posait aucun problème, il était bien dans son corps et sa tête ! En cinquième, quand il courait en sport avec Jasper, il était toujours très vite largué loin-derrière, essoufflé et à moitié mort de fatigue. C'était injuste, les éléments feu devaient tous être hyperactifs, il ne voyait aucune autre explication plausible.

– J'ai hâte d'être au tournoi et en même temps, je suis morte de peur, confia-t-elle en rougissant un peu. Il y a aura des participants du monde entier ! Je vais sûrement me faire démolir par la majorité d'entre eux, je n'ai que seize ans.

Elle était nerveuse, oui, mais le lycéen restait convaincu qu'elle avait tout de même ses chances. Elle s'entraînait dur depuis longtemps, non ? Enfin, il n'avait strictement aucune idée du niveau exigé pour ce genre de tournoi, n'étant pas un pratiquant des arts martiaux, songeant juste qu'avec les heures et les heures qu'Océane passait à s'exercer, il n'y avait aucune raison qu'elle ne parvienne pas à s'en sortir. Manquant tout à coup de se ramasser parce qu'il ne regardait plus où il mettait les pieds, il reporta très vite le regard sur la piste, s'obligeant à bien décoller les pieds du sol en courant, afin de ne pas se vautrer lamentablement au sol. Pas sportif, lui, vraiment ? Manier des tonnes de bouquins lui semblait nettement plus facile que d'enfiler un short et des tennis pour aller souffrir par tous les temps en courant, sautant, se battant, nageant et il ne savait quoi encore. Leur prof ne le laissera pas faire une pause, en plus de ça, il criait à tous ceux qui ralentissaient de "se remuer les fesses et plus vite que ça !" Argh, un peu de pitié ! Non ? Non, d'accord. C'était injuste.

– Dominique et Genji m'ont dit qu'ils viendraient, sourit-elle avec chaleur. J'espère que tout se passera bien. Ton premier tournoi, c'est celui où te fais « baptisé », c'est à dire celui où tu te prends la première grosse raclée de ta vie.

– Alors là, tu viens de me convaincre de plus aimer le sport et les tournois, rit-il. Participer à une compétition pour se faire démolir la figure, j'en rêve depuis que je suis enfant.

Océane joignit son rire au sien et il se dit, après lui avoir jeté un long regard, qu'elle était vraiment plus belle lorsqu'elle quittait son air sérieux et concentré. Ils continuèrent leur tour de piste en échangeant parfois quelques phrases, parlant du tournoi, de l'allure que pourraient avoir les autres participants et de la façon dont le tout allait se dérouler. Il se passa dix bonnes minutes encore, à ce rythme, avant d'entendre enfin le siffle de monsieur Juliano, qui leur intima d'arrêter et de se regrouper devant lui. Antoine reprit son souffle, assez péniblement, venant se poster près de leur prof. Puis faillit gémir de désespoir lorsqu'il les fit se placer sur quelques lignes puis lança la radio. Du fitness... Il grogna de dépit, toujours à côté d'Océane, commençant les mouvements dans un rythme de plus en plus soutenu. La musique était forte, rapide, il aurait beaucoup apprécié s'il n'avait pas dû faire du sport dessus. Très vite en nage, il fit de son mieux pour ne pas perdre son souffle, rêvant de la douche rapide qui l'attendait dans les vestiaires. Impossible de comprendre ceux qui se torturaient comme ça durant des heures pour le plaisir.

– Allez, bon sang, ce que vous êtes mous ! Réveillez-vous un peu, c'est la rentrée !

C'est ça... Antoine marmonna entre ses dents, continuant l'exercice avec l'impression de ne plus avoir aucune force, ayant mal à des muscles dont il ne soupçonnait même pas l'existence dix minutes plus tôt.

– Sadique, murmura-t-il en tournant la tête vers Océane. Je ne sais pas comment tu fais pour aimer ça.
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