1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Un papa ?

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Julien de Lizeux
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MessageSujet: Un papa ?   Lun 21 Déc - 17:32

L'eau était chaude et quand on tapait dedans, ça faisait des vagues. Deux grandes mains le tenaient et Julien n'arrivait pas à mettre sous l'eau et les bulles, même s'il se tortillait pour essayer, assis dans une grande bassine, très grande, avec de la mousse et plein des bulles. Comme il ne pouvait pas mettre sa tête dans l'eau à cause des mains qui le retenait, il essaya d'attraper les bulles et de jouer avec. Elles volaient tout autour de la bassine et de la tête d'Aurore, que maman tenait aussi assise dans l'eau. Pourquoi ils n'avaient pas le droit de mettre la tête dedans ? C'était tout chaud et ça sentait bon, il avait envie, lui. L'eau lui coula tout à coup sur la tête puis on lui passa un truc sur les cheveux, lui faisant lever les bras pour voir ce qui se passait. Maman ? Mais c'était pas maman, c'était le grand monsieur roux qui venait voir maman. Ils voyaient plus le monsieur brun pas bien coiffé, plus jamais, mais le monsieur roux, il leur parlait et il leur souriait tout le temps en disant "mes bébés", comme maman. Julien lui rendit son sourire, après l'avoir fixé de ses grands yeux bleus. Il devait lever la tête vers le ciel car il était grand et avait de grandes mains, maman était moins grande.

Le monsieur le souleva de l'eau et Julien battit aussitôt des pieds en chouinant pour y retourner, il avait froid dehors. On l'enveloppa dans une serviette très longue, en le frottant doucement avec. Ayant moins froid ainsi, il arrêta aussitôt de pleurer, cherchant à toucher sa sœur et lui prendre la main, avant de retourner la tête vers le monsieur grand, les yeux écarquillés par la curiosité. Il avait des cheveux sur le visage aussi ! Il tendit les mains pour toucher, heureux lorsqu'il le comprit et le prit dans ses bras, lui laissant tirer un peu dessus. C'était moins doux que les cheveux de maman, ça piquait. Se retrouvant de nouveau allongé, il tourna la tête en jouant avec un bout de serviette pendant qu'on l'habillait, fronçant le nez car le pull grattait. Ça sentait le savon partout. Le monsieur le repris dans ses bras, le berçant, pendant que Julien essayait d'attraper ses pieds. Aurore était dans les bras de maman, il pouvait la voir mais pas la toucher, trop loin, ce qui ne l'empêcha pas d'essayer. La tétine de son biberon vint vite le distraire, cependant, il ferma les yeux en goûtant le lait chaud, prenant le biberon entre ses petites mains, tétant doucement. Instantanément calmé, il ferma les yeux de bonheur, peu à peu rassasié, en écoutant la voix de maman et du grand bonhomme qui le tenait. Le bonhomme lui caressa la joue, penché sur lui, alors qu'il finissait de téter.

– Tu fais un beau sourire à papa ?

Papa ? La bouche de Julien prit la forme d'un beau O bien dessiné, alors qu'il cherchait à comprendre ce que c'était un papa. Une maman, il savait ! Maman, c'était sa maman, qui le nourrissait et le protégeait, et qui avait des cheveux tout doux, et une bonne odeur, et une voix qui le calmait, et tout ça, et qui chassait ses cauchemars, et qui le prenait dans ses bras, et qui jouait avec lui, et qui lui souriait. Mais un papa, c'était quoi ? Il tourna le regard vers maman, juste à côté, avec Aurore, pour l'interroger en poussant des babillements. C'est quoi un papa ? C'était comme une maman ? Mais sa maman, il en avait une et pas d'autre, c'était pas possible d'en avoir deux, puisque c'était sa maman à lui. Il posa la main sur la grande du monsieur, voyant que la sienne était toute petite dedans. Il étira les doigts pour tenter de combler la différence mais c'était pareil, sa main était toute petite quand même. Un jour, il sera grand comme ça ? Il prit les doigts des deux mains pour les examiner en voulant savoir comment on faisait pour que ça pousse plus vite. Peut-être qu'en le voulant très fort, ça allait marcher.

Papa le tendit tout à coup à maman et il s'empressa de nicher son visage contre sa poitrine en refermant ses petits poings sur sa chemise, tout à fait ravi lorsqu'il se sentit bien protégé contre elle, dans ses bras, près de sa sœur. Il ferma les yeux en respirant l'odeur de maman, se blottissant au maximum contre elle, comme un poussin. Là, il était au chaud et en sécurité, maman le protégera toujours. Fourrant le pouce dans sa bouche, il le téta doucement, dodelinant de la tête. Papa lui caressait la tête, comme à Aurore, il était très bien, comme avant de dormir quand il était avec maman et sa sœur. Il dû s'endormir un peu car il avait de nouveau faim en s'éveillant. Maman ? Rouvrant les yeux, il tendit les bras vers elle pour réclamer à manger, les yeux brillants, voulant aussi jouer, ou écouter sa voix, comme lorsqu'elle racontait une histoire.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Un papa ?   Mer 23 Déc - 18:43

[Avec réacs d'Auguste]

La nuit avait été assez courte, entre l'inquiétude pour le sous-directeur, les jumeaux qui avaient pleuré pendant presque deux heures et sa propre angoisse à voir arriver Bradley dans son appartement. Gabriella sortait à peine de la douche, habillée en vitesse d'une jupe longue et d'une chemise trop grande pour elle, se battant pour réussir à coiffer correctement ses cheveux, pieds nus sur le parquet. Elle était debout dans la salle de bain, devant le miroir, depuis dix bonnes minutes pour paraître un minimum présentable, les yeux cernés et le teint assez pâle, brosse en main en pestant un peu contre ses mèches qui refusaient de se mettre comme elle le voulait. Auguste était arrivé toute à l'heure, préparant le bain des enfants dans la salle à manger, y installant une grande bassine pour laver les enfants. Une fois prête, elle alla chercher les petits pour les déshabiller, les couchant sur la table à langer. Tous deux étaient de meilleure humeur, maintenant, bien plus en forme qu'elle. Aurore s'agitait comme un beau diable, aimant bien moins l'eau que son frère, arrachant un soupir à Gaby lorsqu'elle la déposa dans le bain, les oreilles percées par un petit hurlement de plainte. Auguste se chargeait de Julien, bien plus coopératif que sa sœur. Allons, ce n'était qu'un bain ! Attrapant un gant de toilette, elle empêcha sa fille de plonger tête la première sous l'eau, la retenant par la taille.

– Aurore, s'il te plaît, arrête de gigoter.

Passant l'eau chaude sur sa fille, elle discuta un peu avec Auguste tout en surveillant le bain des jumeaux, vérifiant surtout qu'ils n'essayaient pas de boire l'eau ou avaler la mousse, comme ils essayaient souvent de le faire. A cette heure, Kimmitsu devait être avec sa famille, à se reposer. Elle ira le voir dans la journée, s'il n'y avait aucun problème avant avec l'armée. Une fois le bain terminé, elle sortie la petite avec délicatesse, la rallongeant sur la serviette près de son frère pour l'essuyer puis l'habiller. Elle n'était pas encore très bien réveillée, malgré la douche, deux cafés et l'aide d'Auguste. Se frottant les yeux, elle repoussa ses cheveux dans son dos en se penchant pour mettre une couche à sa fille, l'habillant ensuite avec un petit ensemble qu'elle avait acheté à Paris cet été. Auguste était beaucoup plus à l'aise et détendu, ce matin, jouant avec Julien, lui souriant, heureux comme s'il vivait le plus beau moment de son existence. Gaby eut un sourire attendri en le regardant, calant sa petite contre elle puis allant prendre les biberons qu'elle avait fait chauffer. Ils s'installèrent dans le canapé avec les enfants pour leur donner le biberon, côte à côte, les petits tétant aussitôt qu'on leur mit la tétine en bouche. Redressant la tête, elle sourit de nouveau en voyant Auguste penché sur le petit.

– Tu fais un beau sourire à papa ?

Papa... Cyprien ne s'était jamais vraiment considéré comme le père des jumeaux, malgré le temps, leur mariage, malgré tout cela. Elle se détendit un peu en faisant boire Aurore, touchée parce qu'avait dit Auguste. "Papa"... Aurore posa tout à coup sa petite main sur son poignet en buvant son lait, attirant son attention. Gaby la cala un peu mieux contre elle, posant le biberon sur la table lorsqu'elle eut terminé de boire. Officiellement, ni Auguste ni elle n'étaient en couple, chacun dormait chez lui, vivait dans son coin. Ils se rejoignaient à l'abri des regards, passaient du temps ensemble sans se faire remarquer. Auguste venait la rejoindre dès qu'il le pouvait, s'occupait des jumeaux avec elle, les aimant et les élevant comme elle le faisait. Elle se sentait en sécurité, avec lui, tout simplement. Redressant Aurore, elle la mit en position assise contre elle après lui avoir fait faire son rot en lui tapotant dans le dos. Là, ma chérie. Elle avait de petites boucles blondes comme elle, toutes douces, avec des yeux aussi bleus que ceux de son frère. Il était rare que Gabriella puisse prendre autant de temps avec ses enfants et veillait à en profiter, l'armée pouvait arriver à n'importe quel moment, aujourd'hui, pour l'arrêter, avec le meurtre du docteur Rochard. Dans une minute, dix, dans une heure, elle restait sur ses gardes.

Auguste se redressa pour lui tendre son fils et elle le récupéra contre elle, l'asseyant sur ses genoux près de sa sœur jumelle. Il se blottit aussitôt contre elle, la faisant fondre en un instant. Gaby se pencha pour les embrasser tous les deux, laissant Auguste se rasseoir plus près pour frotter les cheveux des petits avec délicatesse. Ce genre de moments "doux" étaient devenus bien rares, Gabriella savait qu'elle ne passait pas assez de temps avec les jumeaux, juste avec eux sans se soucier du reste. Tous deux finirent par s'endormir dans ses bras, suçant leurs pouces, si mignons qu'ils auraient pu en faire fondre n'importe qui. Elle les garda bien contre elle, surveillant s'ils respiraient toujours bien, s'ils étaient à l'aise, s'ils n'allaient pas avoir mal en étant comme ça. Elle murmura à Auguste de ne pas trop bouger, pour ne pas les réveiller, se détendant avec ses enfants dans les bras, endormis contre elle, voir leurs yeux frémir doucement sous leurs paupières alors qu'ils rêvaient. Elle ne parlait que peu, occupée à regarder ses enfants dormir, essayant d'oublier qu'elle risquait de ne plus les voir pendant longtemps, si Bradley la faisait arrêter. Du moment que plus personne en pouvait plus les toucher ou les atteindre, elle était pleinement satisfaite. Mourir ne la gênait plus vraiment, elle s'y préparait depuis des mois, en revanche, il était hors de question qu'il arrive du mal à ses enfants.

– Je compte sur toi pour veiller sur eux, dit-elle à voix basse en levant la tête vers Auguste. Cette semaine, avec la mort de Rochard... Fais attention, à toi, aux enfants.

Il lui sourit doucement, se penchant pour déposer un baiser sur les lèvres. Gaby eut envie de pleurer, d'un seul coup, rattrapée par l'inquiétude et la fatigue. Inspirant profondément, elle hocha la tête lorsqu'il lui dit qu'il allait préparer d'autres biberons pour toute à l'heure. Bien lui en prit car les jumeaux se réveillèrent quelques minutes plus tard, babillant et tendant leurs petits bras pour réclamer à manger. Elle les berça doucement en attendant qu'Auguste revienne, leur redonnant un peu de lait, avec un nouveau regard pour la porte. Tout était calme, pour le moment.

– Dis-moi... Tu es vraiment sérieux quand... Tu les vois vraiment comme tes enfants ? Je sais que tu me l'avais promis, quand j'étais enceinte, qu'ils seront aussi tes bébés. Avec le temps... Je voudrais savoir ce que tu en penses vraiment aujourd'hui, après tout ce qui s'est passé, même de ton côté. Comment imagines-tu l'avenir, somme toute ?

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Auguste de la Valière
Professeur de Mathématiques
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MessageSujet: Re: Un papa ?   Lun 4 Jan - 21:51

Dommage qu'il n'ait pas son appareil photo ici, Auguste aurait vraiment beaucoup aimé immortaliser cet instant. Celle q'il considérait comme sa femme, même sans le mariage officiel, était magnifique, ainsi, ses longs cheveux détachés tombant en cascades sur ses épaules en de douces vagues dorées, qui encadraient un visage au teint très pâle mais aux yeux vifs. Les deux bébés, blottis dans le creux de ses bras, apportaient une forte touche de tendresse et de délicatesse, qui attendrissait profondément Auguste. Sans doute était-il d'un naturel plutôt sévère et peu tendre, cependant, il aimait vraiment les enfants et voulait tirer chacun d'eux au meilleur d'eux-mêmes, à chaque instant. Les jumeaux étaient encore si petits, surtout ainsi, dans les bras de leur mère, à moitié endormis. Il tendit la main pour caresser doucement les têtes des petits, glissant les doigts dans leurs cheveux encore très fins, leur peau douce de bébés. Bien sûr, les circonstances dans lesquelles Gaby était tombée enceinte d'eux puis avait accouché n'étaient très belles, mais enfin, elle pouvait se vanter d'avoir mis deux magnifiques enfants au monde. Ils étaient tous les deux en belle santé, vigoureux, malgré leur conception agitée.

Les enfants s'endormirent assez vite, doucement, fermant les yeux presque au même moment, alors que Gabriella lui murmurait de ne pas bouger, craignant sans doute qu'ils ne se réveillent. Pas de problème, il pouvait être immobile et muet comme une tombe, dès qu'il le fallait. D'autant plus qu'il était très rare que sa femme ait cet air détendu et serein, vraiment très rare qu'elle semble si apaisée. Elle devait encore songer à Bradley et à ce qui s'était passé avec Kimmitsu, c'était certain, pour autant, elle était tout de même plus détendue que de coutume. Ils n'échangèrent que quelques mots à voix basse, focalisés sur les jumeaux, emportés par leurs rêves. Auguste s'amusait souvent à imaginer à quoi ils ressembleront à quatre, sept ans, treize ans puis dix-sept ans. Il jurait d'être encore là pour les voir grandir ! Il comprenait très bien que Gaby ne veuille pas d'autres enfants, cette grossesse l'avait déjà profondément bouleversée, elle avait trop souffert. Qu'importe, il ne comptait pas l'inciter à tomber de nouveau enceinte. Il pouvait aussi comprendre Cyprien qui voulait ses propres gamins, en un sens, mais il avait été très maladroit, il aurait dû comprendre les difficultés de Gaby à s'imaginer enceinte une seconde fois après ce qu'elle avait traversé durant sa première grossesse.

– Je compte sur toi pour veiller sur eux, dit-elle à voix basse en levant la tête vers Auguste. Cette semaine, avec la mort de Rochard... Fais attention, à toi, aux enfants.

Bien évidemment qu'elle pouvait compter sur lui, elle n'avait même pas besoin de le demander. Il lui sourit avec amour puis se pencha avec précaution pour ne pas réveiller les enfants, déposant un long baiser sur ces lèvres fines, dont il avait rêvé durant des mois. Mais il ne dû pas être assez discret, les jumeaux commençant à s'agiter... Il inspira avec un regard blasé, se levant pour aller préparer d'autres biberons, ces deux petits monstres allaient sûrement encore réclamer à manger, il les connaissait bien. Il n'avait pas fait trois pas que les petits s'éveillèrent pour de bon en poussant ces petits cris plaintifs prouvant que leur estomac parlait à la place de leur cerveau. L'appel du ventre toujours plus puissant que l'appel de la raison, même les adultes n'échappaient pas à la règle. Il se dépêcha de tout préparer puis réchauffer, surveillant en parallèle le parc entourant l'école. Combien de temps de tranquillité, encore, avant que des soldats n'arrivent pour "inviter" Gabriella à les suivre ? Elle ne pourra pas refuser et lui ne pourra rien faire pour empêcher tout cela. Il leur restait les voies plus ou moins officielles, en interne, des rangs de l'armée pour suivre cette affaire et protéger la jeune femme au maximum. Revenant dans le salon, il récupéra Aurore dans ses bras pour lui donner à boire, s'asseyant en tailleur contre les coussins. Voilà, petit ventre toujours affamé, c'était servi ! Il fondit littéralement en la voyant téter avec vigueur, tout comme son jumeau, blotti dans les bras de sa maman.

– Dis-moi... Tu es vraiment sérieux quand... Tu les vois vraiment comme tes enfants ? Je sais que tu me l'avais promis, quand j'étais enceinte, qu'ils seront aussi tes bébés. Avec le temps... Je voudrais savoir ce que tu en penses vraiment aujourd'hui, après tout ce qui s'est passé, même de ton côté. Comment imagines-tu l'avenir, somme toute ?

– Tu vois, Gabriella, ce qui m'a toujours le plus surpris chez toi, c'est le temps que tu dois prendre avant d'accepter les plus pures évidences, d'autant plus lorsqu'elles te concernent directement.

Il recala avec délicatesse Aurore contre lui, pour soutenir d'une main le biberon qu'elle tenait déjà un peu, puis tendit son autre main, maintenant libre, pour la poser sur la joue de sa femme, dégageant quelques mèches rebelles en lui souriant avec amour. Au fond, elle n'avait pas beaucoup de confiance en elle... Pour en arriver à se poser ce genre de questions, encore et toujours, elle devait beaucoup douter de ses propres capacités ou de l'effet qu'elle avait sur certaines personnes. Il lui effleura une petite cicatrice du pouce avant d'appuyer un peau, la trouvant vraiment très pâle, les yeux cernés. Elle avait besoin de repos et ce n'était pas dans les prochains jours qu'elle pourra ne prendre sereinement.

– Oui, ce sont mes enfants, à mes yeux. Nos enfants ! Peu importe que je ne sois pas le père biologique, je serai un père dans leur cœur comme un compagnon pour toi. Le père est celui qui aime, protège, élève et nourrit ses enfants, pas un homme qui les conçoit puis ne les voit plus jamais. Je suis plus que sérieux ! J'en ai déjà parlé à mes parents, ma sœur, ils savent déjà que je suis revenu pour prendre une place de mari et de père auprès de toi.

Les deux petits finissant de téter les légers biberons qu'il avait préparé, il aida Gaby à les installer dans le parc, dans le coin du salon, à plat ventre au milieu des peluches et de quelques jeux d'éveil en bois. Se redressant, il enlaça fermement sa compagne, la serrant contre lui en la berçant un peu. Il commençait à l'embrasser et la câliner d'une façon très peu Catholique lorsqu'on frappa tout à coup à la porte. l'armée, déjà ? Soupirant, il laissa Gaby ouvrir mais ce n'était pas les militaires, pas du tout. Auguste fronça les sourcils, ne reconnaissant pas cet homme, assez grand, blond et bien bâti, avant d'avoir un déclic. Il l'avait vu lors du mariage d'Estelle, c'était le frère de Gaby ! Il s'était dressé de toute sa hauteur en pointant sa sœur du doigt et en débutant une longue tirade sur la "place qu'elle devait observée, en tant que femme d'un haut rang social". Il venait jusqu'ici pour gâcher un de leurs rares moment de calme ... ? Quel... Il soupira assez fort, laissant sa belle régler la situation. Son don, plus puissant, lui échappait encore, car un coup de tonnerre résonna avec violence sans qu'elle ne l'ait fait exprès. Elle devait s'entraîner pour maîtriser ce surcroît de pouvoir, acquis depuis cet été. Cependant, s'entraîner alors qu'elle était à ce niveau de fatigue... Il y réfléchit, assez inquiet, pendant que l'homme fuyait à toutes jambes.

– Ton pouvoir t'échappe beaucoup, depuis cet été, reprit-elle lorsqu'elle claqua la porte avant de revenir vers lui. Tu t'es entraînée, ces derniers temps, pour mieux le reprendre en main ?

– Je suis fatiguée, souffla-t-elle.

Auguste écarquilla un instant les yeux, ébahi qu'elle l'avoue comme cela, de but en blanc. C'était la première fois, depuis qu'il avait fait sa rencontre,q u'elle avouait ne pas être en forme, sans même hésiter ni résister. L'inquiétude monta en flèche et il vint à grands pas vers elle, la reprenant contre lui. En temps normal, avec un caractère bien trempé et très têtue, jamais elle n'avouerait sa fatigue ou sa peine, ce n'était pas du tout son genre. C'est bien pour cela qu'Auguste angoissait, elle n'en pouvait vraiment plus. Et si elle était épuisée au point de ne plus pouvoir s'entraîner... Là, ça devenait extrêmement dangereux, laisser les choses en état pour un pouvoir de cette ampleur n'était tout simplement pas permis, le risque était trop grand. Elle ne pouvait pas se permettre de manquer de contrôle sur un pouvoir de cette puissance. Il lui frotta le dos, cherchant une solution. L'armée ne lui foutra pas la paix, pas avec le meurtre de Rochard... Elle avait besoin de se reposer mais aussi de s'exercer, ces deux besoins étant tous deux urgents et pourtant incompatibles.

– Je ne sais pas comment faire, avoua-t-il. L'armée va bientôt débarquer, avec le cas de Rochard... Tu dois t'exercer, c'est vital, et tu ne peux pas en étant épuisée. Je ne sais pas comment faire, répéta-t-il dans un grognement. Il te faut un endroit paisible, où tu ne seras pas seule, et où tu pourras commencer à t'entraîner un peu, tout en te reposant.

Peut-être pouvait-il à l'ancien directeur de l'héberger dans sa maison du village quelques temps ? Auguste et ses collègues pourront s'occuper de la gestion du pensionnat et M. Francfort s'occupera de son ancienne élève, il était le plus à même de veiller sur elle, étant donné la situation.

– Lorsque l'histoire avec Rochard sera réglée et si M. Francfort l'accepte, accepterais-tu, toi, de passer quelques temps chez lui pour te reposer, reprendre des forces, et apprendre à maîtriser ton don, le surcroît de force ? Il est sans doute le seul qui puisse t'aider.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Un papa ?   Jeu 21 Jan - 22:16

– Tu vois, Gabriella, ce qui m'a toujours le plus surpris chez toi, c'est le temps que tu dois prendre avant d'accepter les plus pures évidences, d'autant plus lorsqu'elles te concernent directement.

Les évidences, hein ? C'était tout de même normal qu'elle se pose ce genre de questions, elle en considérait jamais rien comme acquis avant d'en avoir des preuves évidentes. Avec ça, Auguste venait à peine de revenir, il n'avait pas assisté à la grossesse ni la naissance des jumeaux, il ne les avait pas vu au cours des premiers mois de leur vie, rien de tout cela. Et pourtant, il se considérait quand même comme le père des enfants. Il libéra une main pour la lever vers elle, repoussant quelques mèches pour la poser sur sa joue. Elle eut le regard plus brillant à ce contact, peu habituée à ce qu'on ait ce genre de gestes envers elle. Elle n'était pas du genre à se laisser approcher aisément, même pour un simple câlin. Comme si elle avait érigé une grande barrière autour d'elle pour se protéger, se préserver. Julien somnolait dans les creux de ses bras, petite boule d'amour et de chaleur, qu'elle serrait contre elle par réflexe, craignant de le perdre à nouveau, comme durant l'été. Auguste la rassurait, en un sens, elle se sentait plus en sécurité avec lui qu'avec n'importe qui d'autre. Une sécurité qui n'était qu'une illusion, elle le savait, cela n'empêchera pas les malheurs d'arriver.

– Oui, ce sont mes enfants, à mes yeux. Nos enfants ! Peu importe que je ne sois pas le père biologique, je serai un père dans leur cœur comme un compagnon pour toi. Le père est celui qui aime, protège, élève et nourrit ses enfants, pas un homme qui les conçoit puis ne les voit plus jamais. Je suis plus que sérieux ! J'en ai déjà parlé à mes parents, ma sœur, ils savent déjà que je suis revenu pour prendre une place de mari et de père auprès de toi.

Gabriella parvint à lui sourire, faiblement, ce qu'elle pouvait de mieux pour le moment. Quand son fils et sa fille eurent terminés leurs biberons, Auguste les aida à les installer dans leur parc à jouet, sur un épais tapis, avec des peluches, quelques jouets. La directrice se sentait las, craignant un moment de faire tomber son fils en l'installant, veillant à ce qu'il ne fasse pas mal. Elle se redressait lorsque Auguste l'enlaça sans prévenir, la poussant à se laisser aller contre lui. Elle ferma les yeux en posant sa tête contre son torse, fermant les yeux lorsqu'il l'embrassa, sentant ses mains descendre plus bas, prête à l'embrasser à son tour lorsque quelqu'un sonna à la porte. Déjà... Résignée, elle se détacha à regret de son compagnon pour aller ouvrir, prête à voir la sale tête de Bradley, mais ce n'était pas de lui, pas du tout même. Elle écarquilla les yeux en voyant son frère, ouvrant la bouche pour lui demander ce qu'il fichait ici lorsqu'il se lança dans un monologue pour venir lui reprocher de ne pas tenir la place qui était la sienne en tant que femme née dans la Noblesse. Donc. Il venait. La harceler. Un dimanche matin. Pour ça ?! Elle voulut lui envoyer de l'eau à la figure pour le faire dégager, alors que son premier don, plus puissant, lui échappait dans un sursaut d'éclair, qui déchira le ciel. Son frère détala comme un lapin alors qu'elle reculait d'un pas, à deux doigts de s'évanouir. Elle n'en pouvait plus.

– Ton pouvoir t'échappe beaucoup, depuis cet été, reprit-il lorsqu'elle claqua la porte avant de revenir vers lui. Tu t'es entraînée, ces derniers temps, pour mieux le reprendre en main ?

– Je suis fatiguée, souffla-t-elle.

Elle revint se blottir dans ses bras, ignorant son air choqué et perdu. Elle avait bien le droit d'être épuisée, elle aussi ! Au moins un peu, c'était la goutte de trop, son don l'angoissait, elle devait s'entraîner et était trop fatiguée en ce moment. Puis il y avait Kimmitsu, Gabriella ne pouvait tout de même pas partir en vacances alors qu'il n'était pas là, qui pourrait s'occuper de l'école ? Il fallait bien une personne, au moins, à la direction. Gaby fourra son nez contre Auguste en fermant les yeux, pendant qu'il lui frottait le dos, les mains agrippées à sa chemise, contre lui. Depuis cet été, son don était devenu un sujet d'inquiétude, comme s'il avait franchi un nouveau « palier », une nouvelle étape encore. Elle en avait assez, c'est tout... Elle voudrait s'endormir, longtemps, très longtemps, et ne pouvait pas. Elle devait tenir puisque son collègue était alité, pour ne pas ne pas lui rajouter des soucis.

– Je ne sais pas comment faire, avoua-t-il. L'armée va bientôt débarquer, avec le cas de Rochard... Tu dois t'exercer, c'est vital, et tu ne peux pas en étant épuisée. Je ne sais pas comment faire, répéta-t-il dans un grognement. Il te faut un endroit paisible, où tu ne seras pas seule, et où tu pourras commencer à t'entraîner un peu, tout en te reposant.

Et avec qui ? Rester ici, au pensionnat, ne changerait pas grand-chose, elle ne cesserait pas de penser au boulot. Elle ne voulait pas retourner dans sa famille à Paris si c'était pour s'entendre dire qu'elle faisait honte à son rang, son nom, qu'elle devait abandonner son métier et devenir femme au foyer. Elle n'avait pas envie d'entendre les suppliques de sa mère pour qu'elle cesse tout cela ni rien de ce genre.

– Lorsque l'histoire avec Rochard sera réglée et si M. Francfort l'accepte, accepterais-tu, toi, de passer quelques temps chez lui pour te reposer, reprendre des forces, et apprendre à maîtriser ton don, le surcroît de force ? Il est sans doute le seul qui puisse t'aider.

Chez l'ancien directeur … ? Pourquoi pas... Elle y réfléchit un moment, blottie contre Auguste, les yeux fermés, le souffle peu paisible. Pourquoi pas, oui, il pourra sans doute l'aider. Il avait toujours été son professeur favori, puis un conseiller, un mentor, un protecteur, presque un second père, pour elle. Elle murmura donc que ça pouvait être une bonne idée, oui, s'il voulait bien l'aider à nouveau. Elle en dit plus rien ensuite, se contentant de rester dans les bras d'Auguste. L'armée n'allait plus guère tarder à arriver, autant profiter du calme tant qu'elle l'avait encore.

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