1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Au cœur d'un laboratoire

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Magister
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MessageSujet: Au cœur d'un laboratoire   Sam 21 Nov - 16:17

[PNJ Lieutenant Edouard Borreil, 45 ans]

Le maréchal était marrant, comment voulait-il accélérer ce genre de trucs ? Cela prenait forcément beaucoup de temps ! On ignorait encore beaucoup de choses sur le corps humain et sur les dons, ce n'est pas en quelques mois ni en quelques années seulement qu'il était possible de beaucoup évoluer sur des sujets aussi délicats et ardus. Edouard soupira un peu en s'appuyant contre le mur, allumant une cigarette avant d'en tirer une légère bouffée, pendant que son subordonné vérifiait encore une fois leur trajet, penché sur une carte, marmonnant entre ses dents les routes à prendre. Il avait cette manie de toujours tout apprendre par cœur, ce qui agaçait parfois un peu le lieutenant, même s'il ne lui disait rien. Tirant une montre de sa poche, il vérifia rapidement l'heure puis la rangea, tirant une bouffée de sa cigarette. Leur cible n'allait guère tarder à arriver. On les avait informé qu'il se rendra au village avant l'heure du dîner, ce jeudi soir, pour y faire une course. C'était le moment parfait, ils n'auront pas besoin d'aller le chercher directement chez lui et sa jeune épouse ne sera pas non plus mêlée à cette petite affaire. Pas besoin de témoins, après tout. Terminant sa cigarette, il l'éteignit soigneusement puis la jeta dans une poubelle, fourrant les mains dans ses poches.

Sergent – La cible est en vue, mon lieutenant. Tout le monde est en place.

Edouard – Il est seul ?

Sergent – Oui, mon lieutenant.

Très bien. Ils attendirent en silence, regardant vers la silhouette qui s'approchait. Quand même, combien de types comme lui allaient-ils encore devoir enlever avant que Rochard n'estime avoir assez de cobayes ? Voilà quelques mois que Edouard travaillait avec lui, maintenant, il avait été détaché de son poste habituel dans le Var pour intégrer son équipe, mener certaines expérimentations et se charger d'apporter la plupart des personnes à Paris. Victor pourrait être un bon scientifique s'il n'était pas aussi sadique, franchement, c'était un peu dommage. Enfin soit. Tirant son arme de sa ceinture, il la chargea d'un petit claquement, imité par ses collègues, alors que leur cible s'engageait sur la dernière portion de chemin menant au village.  Dès qu'il fut à leur hauteur, deux hommes quittèrent brusquement leur cachette en lui barrant aussitôt la route, le braquant de leurs armes, lui ordonnant de lever les mains. Edouard vit le Japonais se figer tout net, puis lever les mains avec lenteur, les yeux brillant d'une fureur noire.

Cible – Que me voulez-vous ?!

Edouard – Bougez-vous, sergent, on ne va pas y passer la soirée.

Le jeune homme hocha la tête puis fila derrière leur cible, lui prenant les poignets pour lui attacher les mains dans le dos avec des menottes, avant d'attraper les bâillons que le lieutenant lui lança pour lui mettre sur les yeux et la bouche. Ils le traînèrent aussitôt en vitesse vers le camion garé plus loin, le poussant à l'arrière avant de le forcer à s'allonger au sol, entre les deux longs bancs, sur une vieille couverture. Edouard referma la bâche du camion avant de s'asseoir avec ses hommes, toquant à la titre de la cabine pour faire signe au chauffeur qu'ils pouvaient y aller. Un de ses hommes resta agenouillé près du prisonnier, le canon de son arme collé à sa nuque, en le prévenant qu'il n'avait pas intérêt à bouger ou crier. Le camion s'ébranla et leur prisonnier eut un brusque mouvement avant que le soldat ne l'appuie contre le sol d'une main en appuyant un peu plus son arme contre sa nuque. Qu'espérait-il faire, de toute façon, dans sa position ? Le camion tourna pour se sortir du petit bois puis rejoignit la route, phares allumées, filant assez vite pour retrouver la nationale et accélérer. Il faudra un peu de temps pour rejoindre Paris. Tirant la radio d'un gros sac, le lieutenant contacta le laboratoire pour avertir Rochard qu'ils arrivaient avec la cible. La radio grésilla un court instant avant que la voix du médecin ne s'élève, disant que c'était parfait et qu'il les attendait.

Leur cible serra tout à coup les poings en tirant sur ses menottes, alors qu'Edouard lui jetait un regard curieux. C'était entendre le docteur qui le faisait gesticuler comme ça, alors même qu'il avait une arme pointée sur lui ? Enfin, peu importe. Il n'échangea que quelques brèves paroles avec son équipe durant le trajet, regardant par la bâche entrouverte la nuit qui tombait, peu à peu, à mesure qu'ils filaient vers la capitale. Ils se rendaient au laboratoire Thalès, près de la caserne principale, à l'est de Paris. Lorsqu'ils arrivèrent à la capitale, il était tard, même s'il y avait encore de l'agitation dans les rues, surtout des étudiants faisant la fête, quelques couples et les couches-tard habituels. Le chauffeur dû ralentir pour éviter régulièrement des personnes déjà bourrées qui ne faisaient attention à rien, arrivant ensuite dans la zone spéciale, comme ils l'appelaient, un site, au cœur de la capitale, regroupant des installations sensibles. Dès que le camion fut arrêté, ils empoignèrent leur cible pour le faire relever puis descendre du camion. Lui enlevant ses menottes, ils le firent ensuite s'allonger sur un brancard puis le rattachèrent plus soigneusement avec des sangles, afin de s'assurer qu'il ne puisse pas bouger.

Le laboratoire était très calme, à cette heure-ci, mais Edouard savait que Victor devait déjà être à pied d'œuvre et les attendre dans la salle où il travaillait habituellement. Et effectivement, il s'y trouvait, enfilant sa blouse avec un large sourire, dans cette pièce bien éclairée, envahie d'instruments énormes ou plus petits, avec deux bureaux couverts de dossiers, une armoire pleine à craquer de boîtes de médicaments et d'instruments, une place centrale vide où ils calèrent le brancard et bloquèrent les roues. Son équipe du jour ressortir et Edouard enfila à son tour une blouse par-dessus son uniforme, enlevant ensuite le bâillon de la bouche de leur cible. Il prit une grande inspiration, assez hachée, où on pouvait sentir une tension certaine. Le lieutenant pensa les lèvres puis se pencha un peu pour lui dire qu'ils n'allaient pas le retenir très longtemps comme cela, ils devaient juste poursuivre quelques expérimentations, pour le bien de ce pays et sa protection. Se redressant, il enfila des gants, refermant soigneusement sa blouse. Il faisait vraiment chaud, ici, les lumières étaient larges et fortes. Victor se rapprocha du brancard avec enthousiasme, prenant le visage de leur prisonnier par le menton pour lui faire tourner un peu la tête, penché sur lui si près que le gars devait sans doute senti son souffle.

Rochard – Tu te souviens de moi, j'espère ? On s'est croisés au mois de juin. Et nous n'avions pas eu le temps de terminer, si mes souvenirs sont bons.

Il l'embrassa tout à coup à pleine bouche, arrachant un brusque sursaut à leur cible, pendant que le lieutenant secouait la tête avec un soupir blasé. Plus pervers que lui, ça ne devait pas exister, sur cette terre, il y prenait un malin plaisir. Filant à la fenêtre, il jeta un bref coup d'œil vers la capitale doucement éclairée, au cœur de la nuit, puis referma les rideaux. Le type essayait de se débattre sous les sangles, puis inspira avec force lorsque Victor se détacha de lui. Allez, allez, il jouera plus tard, il était temps de se mettre au travail ! Approchant une table roulante près de lui, avec ses instruments de travail, Edouard remonta la manche de son bras droit, localisant d'abord les veines, puis désinfecta son poignet avant de lui faire une prise de sang, prélevant un échantillon qu'il donna ensuite à son collègue. La naissance de son second élément avait été provoquée au mois de juin, c'est bien cela ? Trois mois plus tard, c'était long, comme délai, mais le gars n'avait pas dû beaucoup utiliser ce pouvoir. Edouard lui demanda d'une voix forte s'il avait manié le feu cet été et comment, mais leur victime se contenta de serrer les lèvres sans rien répondre.

Le lieutenant allait répéter sa question et ajouter que tout sera plus vite terminé s'il collaborait quand Victor l'interrompit d'un geste, soufflant d'une voix froide qu'il y avait d'autres moyens de poser ce genre de questions. Il posa la main sur le ventre de sa proie puis descendit avec lenteur en répétant la question, détachant chaque mot avec soin. Le Japonais trembla nettement avant de répondre d'une voix assez étranglée qu'il ne l'avait pas du tout manié depuis qu'il l'avait obtenu en juin, qu'il ne l'utilisait jamais. Le médecin n'ôta pas sa main pour autant, un fin sourire aux lèvres, lui demandant ensuite s'il était prêt à collaborer, cette nuit, participer activement à ce qu'on allait lui demander, afin de ne pas trop traîner en longueur. Il y eut un court instant de silence et le prisonnier serra les poings en grinçant d'une voix glaciale qu'ils pouvaient bien allez se faire voir. Edouard haussa légèrement un sourcil, bras croisés, pendant que son collègue secouait la tête, visiblement très amusé, en avançant un peu puis en passant sa main sous la ceinture, dans le pantalon, riant lorsque le type se mordit tout à coup les lèvres jusqu'au sang, son bandeau s'humidifiant d'une larme. Un très mince filet de sang coula sur sa lèvre, que Victor essuya de son autre main avant de le porter à sa bouche.

Rochard – Tu penses que ta chère directrice va venir t'aider, cette fois ? sourit-il en continuant ses gestes.

Edouard – On ne va pas jouer toute la nuit, Victor, mettons-nous vraiment au travail.

Rochard – Oh, rabat-joie. On peut bien s'amuser un peu tout en travaillant.

Peut-être, peut-être pas, ils devaient être un minimum efficaces donc au travail. Comme leur cible ne semblait pas vouloir collaborer, le lieutenant reprit son arme puis lui cala le canon contre la tempe en lui ordonnant de faire jaillir son don, de la main gauche, en faible puissance pour le moment. Allez ! Il hésita encore une minute, usant la patience d'Edouard, mais se décida enfin à obéir, réalisant ce qu'on lui demandait. Rochard avait pris son bloc-notes et ses instruments, afin de garder les mesures et observer les réactions de son "patient". Le lieutenant obligea ainsi à faire toute une série d'exercices très simples avec le feu, des exercices de base, le contraignant à les garder en place le temps que Rochard puisse récolter les données dont il avait besoin. L'Asiatique serrait les dents, une légère couche de sueur vint bientôt lui recouvrir le front, au bout de presque une heure à utiliser ce pouvoir. Il avait de la fièvre ? Rochard le lui confirma d'un hochement de tête lorsqu'il lui posa la question, griffonnant des kilomètres de notes sur un calepin.

Rochard – Ou, c'est fréquent, avec ce pouvoir. Rien de très intéressant.

Il lui retira le bandeau des yeux, se penchant pour l'examiner. Le type clignait des yeux, à présent plus docile que toute à l'heure, lâchant deux ou trois larmes. Victor lâcha d'un coup qu'il allait aussi avoir quelques troubles de la vision. Et ça se soignait ? Victor hocha à nouveau la tête, lançant ensuite qu'il fallait passer à de plus gros exercices. Le lieutenant pointa de nouveau son arme sur le type, indifférent à son regard fiévreux et blessé, se contentant de lui ordonner de coopérer. La température dans la pièce, avec ces flammes, avait encore augmenté, c'était insoutenable.

Edouard – Allez plus vite que ça, grinça Edouard, le braquant de son arme. Vous êtes capable de faire mieux, non ?! Alors accélérez, hop !
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Kimmitsu Nakajima
Sous-directeur
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MessageSujet: Re: Au cœur d'un laboratoire   Dim 22 Nov - 18:43

Se détendre, absolument, faire abstraction de qui se passait et ne pas sombrer dans une crise de panique pure et simple. Respirer, doucement. Kimmitsu ferma les yeux, les dents serrés, une légère goutte de sueur coulant sur sa tempe alors qu'il sentait le camion quitter une route assez inégale pour s'engager sur une voix plus lisse et rapide. Ils s'éloignaient de Gray, cette fois, c'était certain. Il mordit un peu le bâillon qui l'étouffait à moitié, essayant de repousser le bandeau qu'il avait sur les yeux mais l'armée qu'on lui avait calé dans la nuque s'enfonça un peu, comme pour lui faire comprendre de ne pas bouger. Il s'obligea à se calmer, ralentir les battements de son cœur, repousser la peur, surtout, qui menaçait de l'envahir tout entier. Il savait très bien ce qui l'attendait mais ce sera pire s'il était aussi crispé. Ne pas se laisser aller et rester concentré, tout allait bien, il trouvera un moyen de s'en sortir. Le plateau du camion tremblait sous lui, il était un peu assourdi par le moteur, entendant à peine ce qui se disait autour de lui. IL fallait qu'il tienne, quoi qu'il arrive, il avait donné sa parole, et rien ne garantissait que tout se passera comme la dernière fois. Juste respirer, se calmer. Il ferma de nouveau les yeux sous le bandeau, s'obligeant à relâcher tous ses muscles et respirer normalement. Il pouvait très bien s'en tirer, parfaitement bien. Ils devaient tous s'attendre à ce genre de chose en résistant mais il pouvait le supporter.

Il devait s'être passé des heures lorsque le camion ralentit sa course et que les échos dune ville se firent entendre. Où étaient-ils ? Lorsque le véhicule s'arrêta, il fut empoigné pour se remettre debout, titubant u peu, désorienté. On lui enleva les menottes mais ce fut pour le sangler sur ce qu'il devina être un brancard, où il fut couché et attaché avec soin. Il se força à repousser la peur et la panique qui revenaient avec une trop grande force, la gorge si serrée qu'il aurait pu en étouffer. Du calme, du calme, du calme. Il se focalisa sur Solène, respirant par à-coups, sentant qu'on l'emmenait. Du calme. Il entendait des pas autour de lui, le grincement des roues du brancards, parfois des brides de conversation, des portes qui s'ouvraient puis se refermaient en un claquement. Le brancard ralentit après l'ouverture d'une autre porte, qui lui sembla plus lourde, puis s'arrêta. A ce moment, la peur fut plus forte que le reste et un violent frisson l'agita, il eut les plus grandes peines au monde à rester parfaitement stoïque et serein. Du calme. On lui enleva tout à coup le bandeau à la bouche et il prit aussitôt une longue inspiration, assez hachée, son cœur battant bien trop vite. Une voix lui dit que tout cela n'était fait que pour le bien du pays, ce qu'il n'écouta qu'à peine, manquant de s'étrangler lorsque quelqu'un d'autre lui prit le visage d'une main et lui fit tourner la tête. Il sentit un souffle contre lui, qu'il en reconnut que trop bien. C'était lui. Il était là. C'était forcément lui.

– Tu te souviens de moi, j'espère ? On s'est croisés au mois de juin. Et nous n'avions pas eu le temps de terminer, si mes souvenirs sont bons.

Repousser la peur fut quasiment impossible, encore plus lorsque ce type immonde colla ses lèvres sur les siennes, presque avec violence, lui arrachant un brusque sursaut. Il lui fallut un effort surhumain pour ne pas gémir ou pleurer, essayant de se débattre comme il pouvait, s'arracher à cet homme, tirer sur les sangles pour essayer de se libérer. Il s'efforça de longues minutes, manquant d'air, alors que ce "docteur" immonde y prenait visiblement un malin plaisir, l'empêchant de se dérober. Lorsqu'il le relâcha enfin, Kimmitsu tourna aussitôt la tête sur le côté pour prendre une longue inspiration, dégoûté, avec une profonde envie de vomir. Espèce de sale... Jamais il n'avait ressenti autant de haine envers une personne, au point de souhaiter sa mort, de vouloir la voir crever dans des souffrances aussi atroces que possible, jamais il n'avait autant maudit un seul être, ne souhaitant pour lui que de la douleur pure. Il se sentait sali, lorsque ce type le touchait, à la fois furieux et dégoûté. L'autre remonta tout à coup sa manche, puis la faible odeur d'un produit s'éleva, avant qu'il ne sente une aiguille piquer son bras. L'autre devait lui prendre un peu de sang. Que comptaient-ils faire, maintenant ? L'interroger sur les projets de Gabriella ou faire d'autres expériences ? Ils n'étaient plus au pensionnat, il pouvait se passer des jours, voire des semaines, avant qu'il n'ait une occasion de se sortir de là.

Le second homme demanda tout à coup de sa voix plus grave et forte s'il avait utilisé son second élément au cours de l'été. Donc c'était bien ça. Kimmitsu serra les lèvres en restant parfaitement silencieux, décidé à résister. Il ne compatit pas leur faciliter la tâche, c'était hors de question ! La voix froide Rochard retentit tout à coup, le docteur soufflant avec une voix de serpent qu'il y avait d'autres manières de poser cette question. Il sentait très mal cette affaire. Impression confirmée lorsque le tordu posa une main sur son ventre puis descendit plus bas, tout en répétant la question en appuyant bien sur chaque mot. Le sous-directeur ne put réprimer un tremblement, répondant malgré lui, d'une voix étranglé, qui ne l'avait pas du tout utilisé cet été, ni jamais depuis qu'il l'avait obtenu. La culpabilité d'avoir craqué aussi vite vint aussitôt se mêler au dégoût et à la colère, pendant que Rochard lui demandait s'il était prêt à collaborer plus activement.  Kimmitsu reprit son souffle, se forçant à se reprendre, ne pus être aussi faible et inutile. Il serra les poings, leur grinçant d'aller se faire voir, après une ou deux minutes de silence. Rochard bougea tout à coup et Kimmitsu sentit une main se glisser vertement sous la ceinture de son pantalon. Il se retint de juste de crier, se mordant les lèvres au point d'en faire couler le sang, une larme lui échappant et humidifiant son bandeau. Le fou se mit à rire, alors que Kimmitsu tournait la tête sur le côté, tremblant de tous ses membres, incapable de faire abstraction de que le tordu lui faisait subir.

– Tu penses que ta chère directrice va venir t'aider, cette fois ? sourit-il en continuant ses gestes.

Elle ne pourra venir ici, il le savait très bien, il en était parfaitement conscient, elle ignorait ce qui s'était passé et où il se trouvait. Kimmitsu aurait voulu crier, pleurer, mais il ne donnera pas ce plaisir-là au psychopathe. Il s'obligea à se focaliser sur Solène, sur leurs futurs enfants, sur sa famille, sur Gabriella, sur tous ceux qu'il aimait. Sur tout ce qui pouvait l'aider en cet instant. Quelques heures plus tôt, il était au pensionnat, remplir des documents, donner cours, discuter avec ses collègues. Comment tout pouvait changer en si peu de temps ? Pourvu que Solène reste à Gray ou dans l'école, qu'elle ne se mette pas en danger à cause de lui, d'autant plus qu'elle était enceinte. Il craignait autant cela que ce que voulait lui faire subir encore ce parfait tordu sadique. Mais respirer, calmer son cœur, ne pas sombrer dans une crise de nerfs ou d'angoisse.

– On ne va pas jouer toute la nuit, Victor, mettons-nous vraiment au travail.

– Oh, rabat-joie. On peut bien s'amuser un peu tout en travaillant.

Le second type lui colla tout à coup le canon d'une arme, sans doute un pistolet, contre la tempe, en lui ordonnant de faire jaillir son élément, à faible puissance. Un instant, Kimmitsu faillit l'envoyer au diable, refuser de les aider de coopérer, même s'il devait y rester, puis il songea à Solène. Les enfants qu'elle attendait... S'il mourait ici, que deviendra-t-elle ? Il l'avait épousée, il ne pouvait pas la laisser tomber maintenant... Résigné,il desserra le poing, les nerfs à vifs à cause des sangles, réalisant ce qu'on lui demandait. Si au début, ce fut sans difficulté, la chaleur se fit peu à peu plus oppressant et insistante. Il se sentait mal, ayant de plus en plus chaud. De la fièvre ? La bouche entrouverte, respirant avec difficulté, la douleur commença à se propager dans tout son corps, jusqu'à la tête. Une pointe douloureuse l'oppressait, au niveau du front, mais les exercices ne stoppaient pas. Que faisaient-ils, autour de lui ? Que cherchait Rochard, que voulait-il, que regardait-il ? Kimmitsu essayait de se focaliser sur Solène mais se concentrer était particulièrement difficile, surtout avec ce don qu'il avait beaucoup de mal à contrôler, pour ne pas se brûler gravement. Il serra les dents, en sueur, la respiration difficile. Il n'entendait plus qu'à peine ce que les deux hommes se disaient, priant pour enfin s'évanouir. Juste une heure ou deux, peu importe ce qu'on lui fera durant ce temps, il n'avait besoin que d'une pause, rien de plus. Tout cela n'était peut-être qu'un long cauchemar.

– Oui, c'est fréquent, avec ce pouvoir. Rien de très intéressant.

Le bandeau fut tout à coup enlevé et la lumière le blessa un instant, lui arrachant une grimace. Il voulut se débattre, essayer de résister, ses forces avaient quitté son corps et il ne put s'empêcher de laisser couler quelques larmes, tremblant. Rochard était penché sur lui, cependant, Kimmitsu n'arrivait pas à distinguer clairement son visage. La fièvre devait lui jouer des tours, ce n'était pas possible, sinon. Le second homme, qui devait avoir son âge, le braqua à nouveau, en parlant d'exercices plus conséquents. Kimmitsu faillit bien gémir, distinguant des membres floues, autour de lui, une pièce blanche. Il arriva un peu mieux, après un instant, à voir mais le tout restait encore vague et flou. La fièvre, elle, ne diminuait pas, c'était même pire. L'espoir douloureux de voir arriver, de nouveau, Gabriella-sama lui serra le cœur avec violence, bien qu'il sache que c'était impossible, il ne pouvait s'empêcher de prier pour la voir arriver, l'appelant à l'aide de toute ses forces. Elle avait pu le faire une fois, alors aujourd'hui... Elle avait les moyens de l'aider. Si les dieux avaient un peu de pitié, qu'ils la guident jusqu'ici.

– Allez plus vite que ça, grinça Edouard, le braquant de son arme. Vous êtes capable de faire mieux, non ?! Alors accélérez, hop !

– Je ne peux pas, bafouilla-t-il.

Combien de temps s'était-il déjà passé ? Il fit de son mieux pour rassembler ses forces, tenter de réaliser ce qu'on lui demander, jusqu'au moment où le feu sembla lui glisser complètement des doigts, sans plus aucun contrôle. Il eut un petit hoquet sa tête retomba sur le côté. Fermant les yeux, le noir l'envahit peu à peu, s'abattant sur lui comme une lourde chape de plomb. Ce fut avec soulagement qu'il accueillit la perte de conscience, n'en pouvant plus, sombrant dans un gouffre noir et sans fond.

Lorsque Kimmitsu reprit conscience, bien plus tard, ce fut avec l'impression de n'avoir plus aucune force, dans le moindre muscle. Il put juste sentir qu'il était allongé dans un lit, que quelque chose le serrait à la taille sous une couverture, et que ses poignets étaient retenus au-dessus de sa tête par quelque chose de froid, du métal pressé contre sa peau. Il garda les yeux fermés, trop épuisés pour les ouvrir tout de suite, ne chant pas où il était maintenant, ni depuis combien de temps. Son corps était très lourd. Il fallait encore un très long moment, presque une heure dans un silence assez écrasant, avant qu'il ne parvienne à entrouvrir les yeux. La lumière du jour baignait doucement une sorte de chambre d'hôpital, avec des murs bleu pâle, une table dans un coin avec une chaise, une porte entrouverte sur des sanitaires et un placard près de la porte fermée. Il cligna des yeux pour éclaircir sa vision, sa tête aussi lourde que le corps. Ses mains étaient attachées par des menottes, aux barreaux de fer, de la tête du lit. Il n'essaya pas de tirer dessus, ne pouvant pas les briser de toute façon. La porte s'ouvrit tout à coup, laissant passer le docteur Rochard. La peur secoua Kimmitsu comme un choc électrique, fixant le fou lorsqu'il se rapprocha du lit.

– Que voulez-vous, cette fois ? murmura-t-il sans pouvoir forcer sa voix. Je ne peux rien faire de mieux avec ce don, je ne le maîtrise pas.

Il lutta contre l'évanouissement, craignant trop de se retrouver à la merci de cet homme affreux durant sa perte de conscience. Même s'il s'en était moqué lorsqu'on le torturait, il savait de quoi cet homme était capable. Se retrouver si impuissant le rendait malade.

– C'est inutile... Complètement inutile, vous ne faites rien d'autre que vous amuser.

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MessageSujet: Re: Au cœur d'un laboratoire   Mar 24 Nov - 14:01

[PNJ Victor Rochard, médecin travaillant pour l'armée]

Edouard – Allez plus vite que ça, grinça Edouard, le braquant de son arme. Vous êtes capable de faire mieux, non ?! Alors accélérez, hop !

Victime – Je ne peux pas, bafouilla-t-il.

Ah non ? Victor se rapprocha mais au même moment, le feu disparut dans un souffle, son cobaye du jour perdant conscience à peine ces mots prononcés. Le médecin eut un petit grognement de frustration, lui tapotant la joue pour le réveiller, mais il bel et bien évanoui. Rah, enfin ! Même pas fichu de tenir plus longtemps que cela ? C'était lamentable, comme vouliez-vous bosser dans de bonnes condition si vos patients ne supportaient même pas un ou deux tests ? Edouard rengaina son arme avec un soupir, pendant que son collègue s'asseyait souplement sur le bord d'une table, inscrivant ses notes d'une écriture assez vive et fine, vexé de ne pouvoir plus avancer cette nuit. Il se calma un peu en songeant qu'ils avaient le temps, cette fois, on ne l'obligeait plus à mener absolument toutes ses expériences à Gray ou dans les sous-sols du pensionnat, là où il était trop facilement dérangé. Ici, au moins, il avait plus de matériel et de temps, plus de cobayes, plus d'amusement. Victor adorait vraiment l'armée, qui lui permettait de mener ces recherches fabuleuses, il en tirait un plaisir incommensurable ! Edouard ouvrit la porte pour appeler des infirmiers et leur demander d'emmener leur cobaye dans une chambre, sans oublier de l'attacher dans son lit pour qu'il ne s'enfuit pas. Oui, oui, très bien.

Victor – Je pensais qu'il tiendrait plus longtemps, je suis très déçu, grinça-t-il en voyant le brancard partir.

Remplissant le rapport de cette première séance, il remercia son collègue d'un signe de tête lorsqu'il lui tendit une tasse de café bien chaud, buvant tout en écrivant ses conclusions et procédés, afin de fournir les dossiers sur chacun de ses cobayes. Il était précis et tenait à le rester, personne ne pouvait améliorer un protocole en étant désorganisé. Il y travailla ainsi presque deux heures, concentré, près de son collègue qui préparait la salle pour les prochaines expériences, avec une femme, volontaire, maniant la terre et l'eau, qui venait ce matin pour des tests sur ces éléments. Lorsque le jour se leva, les deux médecins se rendirent en salle de pause pour un solide petit-déjeuner, discutant de ce qui s'était passé cette nuit. Victor beurra des tartines en marmonnant que ce don était bien moins puissant que prévu, alors qu'il avait pourtant eu le temps de mûrir dans le corps du sous-directeur, cet été. Peut-être un élément avait-il retardé son développement ? Edouard haussant les épaules, grignotant sa tartine, répondant que les dons ne pouvaient pas se développer à la même vitesse chez tout le monde, particulièrement ce genre de dons créés par force chez une personne. Mais tout de même, un développement si faible en trois mois, chez un homme adulte, était bien étrange. Il avait à peine été capable d'exercices basiques, simples, sans force. Pourquoi ? Qu'est-ce qui retardait la poussée de cet élément ? Victor se gratta sa barbe naissante, sourcils froncés, en tournant sa cuillère dans son bol.

Edouard – S'il ne l'a pas manié du tout, c'est sans doute normal. Il a eu de la fièvre très vite, on peut penser que le feu est encore "coincé" dans le cocon de naissance et qu'il ne l'a pas brisé pour pouvoir s'en servir à souhait.

Victor – Oui, peut-être. Il faut trouver un moyen de l'obliger à s'en servir plus et de lui-même, sinon on ne pourra jamais observer son évolution, ni faire la comparaison avec un don né naturellement.

Edouard – Utilise le chantage, tout simplement, ça fonctionne toujours. Il a dû comprendre que personne ne peut véritablement être en sécurité, à présent. On ne doit plus perdre trop de temps.

Victor – C'est bien vrai, d'autant plus qu'il a eu l'extrême gentillesse de se marier et de garder un gosse de sa famille chez lui, ce sera très utile.

Buvant une longue gorgée de jus d'orange, il discuta un moment des autres techniques de pression utilisées par leurs collègues, à la fois contre des patients, des cobayes et même certains militaires, qui ne savaient décidément pas rester à leur place. Victor raconta une anecdote, arrivée à tout jeune soldat un peu naïf, qui n'avait pas su cacher assez bien la façon dont il aidait certains prisonniers à s'enfuir. Il était passé au tribunal avant que Victor n'ait l'autorisation de s'en servir à son bon gré, comme il l'entendait. Ce pauvre gamin avait beaucoup souffert, en tout cas, il avait dû bien regretté d'avoir fourré son nez là où il ne fallait pas. Enfin, le médecin était gentil, il avait rendu le corps tout entier à sa famille. Une fois le petit-déjeuner achevé, il récupéra ses affaires puis repartit, quittant Edouard d'un salut de la main, pour rejoindre la chambre où on avait installé le Chinois de l'école. Il y avait un peu plus de monde à circuler dans les couloirs, maintenant, même si l'équipe prenant son poste à cette heure commençait doucement, se réveillant avec un solide café. Entrant dans la chambre, il déposa ses affaires, voyant qu'on avait menotté son cobaye à la tête du lit. Il avait l'air effrayé, ce pauvre choupinou. Victor se approcha du lit avec un petit soupir en l'observant, notant son regard fiévreux. C'est certain que lorsqu'on ne prend même pas a peine de faire éclore correctement le feu, il ne peut survenir que des problèmes.

Proie – Que voulez-vous, cette fois ? murmura-t-il sans pouvoir forcer sa voix. Je ne peux rien faire de mieux avec ce don, je ne le maîtrise pas.

Voilà bien ce que Victor lui reprochait, en effet, il était temps d'y mettre plus de sérieux ! Il retint un long soupir en remontant un peu les manches de sa chemise plus haut sur ses poignets, lui jetant un long regard. Alors, s'évanouira, s'évanouira pas ? Il avait vraiment une sale tête ! Le médecin était très curieux ce qui adviendra du développement d'un élément non naturel, surtout celui-ci. Pourra-t-il reprendre un cours ordinaire, comme tous les dons, ou déviera-t-il en blessant ou tuant son porteur ? Ce pouvoir était très instable, impossible de savoir ce qui allait se passer, et c'était bien pour cela qu'ils avaient besoin d'un cobaye.

Cobaye – C'est inutile... Complètement inutile, vous ne faites rien d'autre que vous amuser.

Victor – Je m'amuse beaucoup, en effet, sourit-il en s'asseyant sur le bord du lit, juste à côté de sa victime du moment. Servir la science n'est-il pas le plus formidable des jeux ? L'ultime consécration, faire progresser nos connaissances sur le corps et les forces de la nature ?

Il se pencha et lui prit la tête par une main pour le forcer à le regarder droit dans les yeux. N'était-il pas d'accord avec cela, au moins ? Qu'il n'y avait rien de plus excitant et amusant que d'en découvrir toujours plus sur ces différentes forces ? N'est-ce pas ? Son patient lui rendit un regard noir mais ne répondit pas, sans pourtant essayer de se dégager. Trop affaibli, sans nul doute.

Victor – Tu n'es pas très collaboratif, mon vieux, c'est dommage... Je vais devoir me trouver un autre cobaye. Une personne plus jeune, donc plus solide, maniant aussi le vent, à qui je pourrai injecter un second élément, afin d'en observer l'évolution. C'est tellement gentil d'être revenu en France avec de la chair fraîche. Un gamin encore bien naïf et innocent, ignorant tout ou presque de ce pays, c'est idéal. Trop naïf encore pour bien se protéger.

Le sous-directeur blêmit très visiblement, ce qui arracha un petit rire à Victor. Il avait compris de qui il parlait ? De qui Victor pourrait se servir s'il ne se décidait pas à collaborer ? Après tout, ce cher gamin était une proie parfaite ! Venant d'arriver en France, il ne disposait pas encore de cette méfiance qu'avaient acquise adultes et enfants, vivant au pensionnat et dans les alentours.

Victor – Ce serait idiot qu'il lui arrive quelque chose, non ? Il est si jeune.

Cobaye – Je vous interdis de le toucher !

Victor – Pourtant, il serait sans doute plus réceptif... Vois-tu, mon cher, si tu te décidais à mieux travailler que ça, tu me suffirais amplement.

Il lui fit un sourire acide, se penchant jusqu'à n'être qu'à plus quelques centimètres de son visage. Allez, un peu de bonne volonté ! Même sa chère directrice avait fini par comprendre qu'elle devait y donner du sien et faire des concessions si elle voulait mieux protéger ceux dont elle avait la charge. Elle était rentrée dans le rôle, acceptait de mener des tests, entraînait les Guetteurs, et en agissant ainsi, elle avait plus de poids pour protéger les petites têtes blondes du pensionnat. Son collègue devrait comprendre cette démarche. Donner de sa personne permet de protéger ceux qu'on aime. C'est pourtant si simple.

Victor – Nous avons un accord ? chuchota-t-il.

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: Au cœur d'un laboratoire   Dim 29 Nov - 21:48

– Je m'amuse beaucoup, en effet, sourit-il en s'asseyant sur le bord du lit, juste à côté de sa victime du moment. Servir la science n'est-il pas le plus formidable des jeux ? L'ultime consécration, faire progresser nos connaissances sur le corps et les forces de la nature ?

Cet espèce de malade croyait-il vraiment aux insanités qu'il racontait ou ne voulait-il que jouer avec ses nerfs ? Qu'est-ce qui avait bien pu arriver, dans sa vie ou lors de son éducation, pour qu'il en arrive à un tel niveau ? Ce n'était pas naturel ! Kimmitsu serra les dents lorsqu'il se pencha, trop près, beaucoup trop près, lui tenant le visage d'une main, lui jetant un regard noir. Il ne tenta pas de se débattre, en revanche, sachant qu'il ne fera rien d'autre que se fatiguer, il ne pouvait pas briser une sangle et des menottes dans cet état, et inutile de songer à se servir de son don, il se couperait lui-même les veines en voulant couper les menottes, trop épuisé pour le manier correctement pour le moment. D'abord reprendre un peu de forces avant d'agir. Les yeux du psychopathe étaient bizarrement très ronds, d'un marron soutenu, où brillait une lueur assez folle. Un regard qui l'avait déjà hanté de nombreux jours et qu'il avait presque réussi à oublier, après ces deux longs mois d'été. Kimmitsu se força à ne pas répondre, luttant plutôt pour ne pas se laisser déborder par la fièvre et la douleur qui l'accompagnait. Il s'en sortira, il devait compter sur ça. Si personne ne pouvait venir l'aider, il finira bien par trouver un moyen de s'en tirer seul.

– Tu n'es pas très collaboratif, mon vieux, c'est dommage... Je vais devoir me trouver un autre cobaye. Une personne plus jeune, donc plus solide, maniant aussi le vent, à qui je pourrai injecter un second élément, afin d'en observer l'évolution. C'est tellement gentil d'être revenu en France avec de la chair fraîche. Un gamin encore bien naïf et innocent, ignorant tout ou presque de ce pays, c'est idéal. Trop naïf encore pour bien se protéger.

Sa gorge et sa bouche furent asséchés d'un seul coup alors que les battements de son cœur résonnaient de façon sourde à ses oreilles. Il put sentir que tout le sang désertait son visage, alors que l'image de Genji assis dans la maison familiale près de sa mère, souriant, s'imposait dans son esprit avec brutalité. Non... Non, il n'avait pas intérêt à l'approcher ! Pas lui, jamais ! C'était hors de question ! Il se tendit encore plus, ouvrant déjà la bouche pour le menacer puis la referma. Cette fois, il devait éviter de se laisser avoir si facilement par le chantage ou les menaces, rester calme et réfléchir. Réfléchir absolument. Genji était au pensionnat, actuellement. Là-bas, la directrice veillait au grain, de même que son équipe, et on ne surveillait que de plus près ceux qui étaient en danger direct car un de leurs proches combattait avec Gabriella. Genji ne risquait absolument rien, demain. Pour ce week-end, la directrice saura que Kimmitsu avait disparu, donc elle interdira sûrement au jeune homme de faire quoi que ce soit d'irréfléchi ou de quitter la maison. Solène était là, ils se protégeront mutuellement tous les deux. Et Gabriella-sama pourra aussi les aider. Donc on respire, ce sale type ne pouvait pas atteindre son neveu. Kimmitsu s'était fait avoir car il était seul, à une heure où très peu de personnes étaient encore à se balader sur les chemins, en plus d'être déjà impliqué dans un des satanés programmes.

– Ce serait idiot qu'il lui arrive quelque chose, non ? Il est si jeune.

– Je vous interdis de le toucher !

– Pourtant, il serait sans doute plus réceptif... Vois-tu, mon cher, si tu te décidais à mieux travailler que ça, tu me suffirais amplement.

Il ne pourra jamais l'atteindre, la directrice ne laissera pas faire ça, ils protégeaient les enfants, bien plus que les adultes qui étaient capables de prendre leurs précautions. Kimmitsu avait promis à son frère qu'il n'arrivera rien à Genji et il tiendra parole, coûte que coûte. S'enfonçant un peu dans l'oreiller lorsque le fou se rapprocha encore plus, il serra encore plus les dents et les poings, regrettant si intensément de ne pas pouvoir le tuer. Regrettant d'avoir empêché Gabriella-sama de ne pas l'avoir tué, ce jour-là. Il aurait suffit de le jeter dehors, à l'abri des regards, puis d'enfin l'achever, le tuer pour tout ce qu'il avait déjà commis. Pourquoi avait-il retenu la directrice... Elle l'avait frappé, il était à terre et à sa merci, il savait très bien qu'elle aurait pu achever son œuvre sans pour autant en être malade ou dépérir de culpabilité. Il rêva à nouveau de la voir arriver, la voir franchir cette porte, aussi forte qu'il l'avait toujours vu, afin d'enfin arracher la vie de cet homme immonde, qu'il paye pour tous les "patients" qu'il avait déjà tué, qu'il paye pour Emilie et de nombreux autres, qu'il paye pour les viols qu'il avait commis, qu'il paye pour tout. Peut-être la fièvre le faisait-il trop divaguer mais il n'avait plus que cette image en tête, Gabriella arrivant pour enfin débarrasser le monde de ce docteur psychopathe, dans un déluge d'éclairs. S'il vous plaît.

– Nous avons un accord ? chuchota-t-il.

– Aucun, siffla-t-il. Je n'ai pas l'intention de coopérer avec une ordure telle que vous.

Le docteur fronça les sourcils, se redressant tout à coup en le relâchant. Kimmitsu se résigna presque à recevoir un coup, pensant que tout finira par se payer, cet homme odieux ne pourra continuer à commettre ces crimes en toute impunité. Même si Gabriella-sama ne pouvait l'atteindre, il arrivera bien, tôt ou tard, qu'une de ses victimes trouve une occasion et s'en serve pour le toucher et sans doute le tuer. Il ne pourra pas échapper indéfiniment à cette justice, ce n'était pas la loi de ce monde. Kimmitsu détourna le regard, fixant un des murs avec attention,a lors qu'un long silence s'installait. Pourvu que Solène aussi reste bien tranquille à la maison, qu'elle ne se mette pas en danger, d'autant plus si elle était enceinte. Sa sœur savait se battre mais pas elle, elle n'avait pas à prendre autant de risques.

– Vous allez me torturer à nouveau, j'imagine ? dit-il en continuant de fixer un point noir sur le mur. C'est tout ce que vous savez faire, de toute manière, vous n'avez de médecin que le nom. Vous êtes pathétique.

Il s'interrompit lorsque Rochard ôta tout à coup ses chaussures puis souleva la couverture pour se glisser au-dessous, se mettant à califourchon sur lui avec un sourire cruel et amusé. Kimmitsu se fit violence pour ne pas réagir, se mordant les lèvres en le voyant se pencher. Le psychopathe se mit à voir les mains baladeuses, allant lentement, parfois plus vite, insistant. Kimmitsu ferma les yeux en pinçant les lèvres, grinçant des dents, les poings contractés. La fièvre lui ôtait une large partie de ses forces mais il essaya au moins de mobiliser ce qui restait pour se servir de son élément, le vent, s'en servir pour repousser ce dingue. Il parvenait à l'accumuler entre ses mains, lentement, lorsque Rochard le mordit tout à coup dans le cou, le faisant sursauter et tout relâcher. Espèce de malade ! La colère revint d'un bloc se mêler à la peur et au dégoût, poussant son cœur dans un rythme bien plus rapide. Le fou se redressa, ramenant une ou deux gouttes de sang sur ses doigts, avec un sourire satisfait.

– J'aime le voir couler, depuis toujours. Il a une si belle couleur.

– Allez vous faire soigner, pauvre cinglé ! Ou allez vous jeter du haut d'un pont, ça fera un psychopathe de moins sur cette malheureuse terre ! Vous vous rendez compte à quel point vous êtes fou ?!

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MessageSujet: Re: Au cœur d'un laboratoire   Ven 11 Déc - 11:00

[PNJ Victor Rochard, médecin travaillant pour l'armée]


Cobaye – Aucun, siffla-t-il. Je n'ai pas l'intention de coopérer avec une ordure telle que vous.

Victor fronça les sourcils, désespéré, puis se redressa en le relâchant pour le moment. Décidément... Enfin, ce devait être normale, la blondasse aussi avait mis du temps avant de comprendre ce qui était préférable de faire pour se préserver un minimum et cela faisait déjà des mois qu'ils lui mettaient la pression. Il faudra sans doute faire la même chose pour ce brave petit sous-directeur bien obéissant qui ne parvenait pas à voir son intérêt. Pourquoi se forçait-il ainsi à ne rien lâcher, à ne pas se laisser faire, à toujours résister ? A quoi bon suivre ce genre de principes idiot lorsqu'on était enchaîné et que votre vie ne tenait plus qu'à un fil ? Il était affaibli, fiévreux, épuisé, devait même avoir deux ou trois petits soucis aux yeux, d'après ce que Victor avait remarqué, alors pourquoi s'acharner à lutter, quel intérêt ? Il était pareil que la dingue blonde qui n'avait rien trouvé mieux que d'essayer de se lever après avoir été poignardée, en étant enceinte, cette histoire n'avait pas choqué ses collègues mais aussi tous ceux qui avaient entendu ça, dans l'armée. Enfin soit. On était vendredi matin, ils avaient un peu de temps pour s'amuser un peu avant de reprendre les expériences. Victor était comme ça, il adorait prendre du temps pour s'amuser, d'autant plus si le jeu en question pouvait l'amener à faire grincer les nerfs de sa victime du moment.

Victime – Vous allez me torturer à nouveau, j'imagine ? dit-il en continuant de fixer un point noir sur le mur. C'est tout ce que vous savez faire, de toute manière, vous n'avez de médecin que le nom. Vous êtes pathétique.

Pathétique ? Ouais, de son point de vue, ça se comprenait. Victor se pencha pour défaire ses lacets puis ôter ses chaussures, soulevant ensuite la couverture pour se glisser dessous. Souriant, il s'installa à califourchon au-dessus de sa victime, bien tranquillement, avant de se pencher sur lui. Le torturer, disait-il ? Il ignorait peut-être qu'il existait bien des formes de tortures, dans ce monde, et beaucoup de ces formes étaient très amusantes à utiliser lorsqu'on avait un peu de temps devant soi. Le médecin enleva deux boutons de sa chemise puis glissa les mains dessous, parfois lentement, puis plus vite, sentant la peau brûlante de fièvre, ce qui devait accentuer la douleur d'être touché. Il s'amusait de le voir serrer les lèvres, les poings, le corps on ne peut plus tendu. C'était loin d'être fini. Il ôtait les boutons un à un, avec une extrême lenteur, s'appuyant contre lui, tel un serpent enserrant sa proie. De plus en plus amusé, il se pencha tout à coup puis mordit d'un coup sec le cou de sa victime, lui arrachant un violent sursaut. Victor éclata de rire puis glissa les doigts sur la petite morsure, ramenant quelques gouttes de sang, bien rouges. Très satisfait, il les observa glisser le long de ses doigts, penchant la main pour qu'elle ne tombe pas. Le sang était toujours aussi beau, toujours aussi rouge, toujours aussi fascinant. Sang délicieux, attirant, qu'il aimait voir sur les blessures, qu'il aimait voir les gens cracher de douleur, qu'il aimait tant.

Victor – J'aime le voir couler, depuis toujours. Il a une si belle couleur.

Proie – Allez vous faire soigner, pauvre cinglé ! Ou allez vous jeter du haut d'un pont, ça fera un psychopathe de moins sur cette malheureuse terre ! Vous vous rendez compte à quel point vous êtes fou ?!

Victor – Alors, on s'énerve enfin ? rit-il en léchant ses doigts avec les gouttes de sang. Tu commences à comprendre que la blondasse ne va pas venir te chercher, cette fois ? Regarde autour de toi, elle n'est pas là.

Lui prenant le visage en coupe, allongé contre lui, il déposa un rapide baiser sur ses lèvres, puis glissa sur son visage, embrassant longuement sa joue puis revenant vers la bouche, l'embrassant de nouveau avec plus de passion et d'insistance. Il essayait de résister, ce qui rendait la situation encore plus drôle aux yeux de Victor car il n'avait pas la moindre chance. Allez, mon petit, cesse de te débattre et laisse-toi faire, ce sera moins douloureux. Le médecin lui fera encore plus mal s'il se débattait. Ce n'était qu'un ennemi, un vulgaire ennemi qui n'avait d'intérêt que parce qu'il pouvait lui servir de cobaye afin de faire progresser leurs projets. On pourrait aussi l'appeler prisonnier de guerre, tiens. On ne le gardait en vie que pour servir un but précis et dès que ce but sera atteint, il mourra comme bien d'autres prisonniers avant lui. Comme un vulgaire déchet dont personne ne se souciera. Cessant un instant de l'embrasser, il s'écarta de quelques millimètres en lui souriant d'un air cruel.

Victor – Fallait laisser tomber, mon petit. Regarde tes collègues, ils ont fui la queue entre les jambes et on leur fout la paix. Toi et ta chef blonde, vous avez un grand défaut, vous ne voyez jamais le bon moment pour fuir et abandonner. Alors qu'en ce moment, tu devrais être en cours avec les gamins ou faire de la paperasse. C'est vraiment bête. Il y a bien trop de fois où la loyauté devient de la pure stupidité.

Ôtant une main, il termina d'écarter les pans de la chemise puis s'aventura vers le pantalon, enlevant là aussi les boutons. Il glissa la main sous les différentes couches de vêtements, se réjouissant encore plus en voyant l'Asiatique laissé échapper une larme. On commence à craquer ? Il avait toujours l'autre main sur sa joue, jouant du pouce et des doigts. Victor se remit correctement, s'activant, jouant avec ce qu'il trouvait. Une autre larme coula sur la joue de sa victime, bien qu'il tente visiblement de les refréner. Remontant la couverture sur eux, Victor sifflota alors en descendant un peu, tirant pour lui enlever un peu ses vêtements, voulant voir sa réaction s'il lui montrait qu'il pouvait aller plus loin. Ce fut très drôle car il pâlit d'un seul coup très brutalement, les larmes coulant beaucoup plus vite et fort.

Victor – Toujours pas décidé à coopérer ? lança-t-il d'un ton chantant.

Sous la couverture, il défit la ceinture de son propre pantalon puis le baissa, ainsi que le reste. Son cobaye ne pouvait pas le voir mais il dû entendre le déclic de la boucle de la ceinture car il se mordit les lèvres presque jusqu'au sang. Allez, mon vieux, dernière chance. Il secoua la tête, tout à coup, pour refuser. Bon, tant pis pour lui. Victor haussa les épaules avec un air condescendant puis passa à l'acte, brusquement, arrachant un véritable cri de douleur à sa victime. Il pouvait toujours céder, à lui de voir. Devant son obstination, le médecin poursuivit ce qu'il avait commencé durant quinze bonnes minutes avant de finalement s'écarter, se rhabiller vite fait, puis sortir du lit pour remettre ses chaussures. Il jeta un regard méprisant à sa proie qui pleurait toutes les larmes de son corps, soupirant.

Victor – A toute à l'heure pour la suite des expériences, sourit-il en quittant la chambre.
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