1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Bilan de septembre

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Bilan de septembre   Dim 8 Nov - 23:46

Les boîtes, philtres, fioles, pommades et pilules étaient tous sur la table en bois, dans un coin de l'infirmerie, dans le désordre et semblant attendre en sentinelle que l'on en ait besoin. Adrien retint un long bâillement en enfilant sa blouse blanche, après s'être lavé et désinfecté les mains. Toutes les deux semaines, il devait vérifier son armoire complète et trier tout ce qui s'y trouvait, avant d'aller à la pharmacie du village pour donner les boîtes vide et les médicaments perdus, puis passer une nouvelle commande. Fermant sa blouse, il entrouvrit la fenêtre pour laisser passer un peu d'air puis prit son bloc-notes et un criant, le mordillant entre ses dents en commençant son travail. D'abords, tous les simples. Pommades artisanales avec des simples, tisanes, décoctions, emplâtres, sachets pour diffuser les odeurs, plantes à faire bouillir pour le mal de tête, les rhumes, etc. L'infirmerie était plutôt calme, ce matin, il n'avait reçu encore aucun élève blessé, mais bon, les cours n'avaient repris que depuis deux jours, c'était sans doute normal. Prenant un sachet, il l'examina, vérifia l'état des feuilles puis le referma avec soin, notant la composition et la prescription sur son bloc-notes. Il devrait commander de la rhubarbe à l'herboristerie du village, il fallait y penser.

Xiao-Hong – Adrien ? lança tout à coup la jeune femme, après avoir frappé frappé à la porte. Je peux te prendre des bandages et quelques pommades ? On doit refaire la boîte à pharmacie du dojo.

Adrien – Oui, attends une minute... De quoi avez-vous besoin ?

Posant son bloc-notes et le crayon, il récupéra les pommades, les vérifiant avant de donner à sa collègue se dont elle avait besoin. Elle alla ensuite prendre des bandages dans le placard près de son bureau puis repartir en le remerciant, avec un signe de la main. L'infirmier se plongea à nouveau dans son travail matinal, ne s'arrêtant qu'une fois pour soigner un élève qui avait un peu de fièvre depuis ce matin. La matinée passa ainsi assez vite mais il était plutôt content, étant efficace, pour une fois. Il avait presque tout trié. C'était un travail fastidieux mais important, d'autant plus qu'il devait bien séparer les médicaments ordinaires de ceux qu'il avait "récupéré" discrètement. Ceux-là, il les ramassa pour les fourra dans un coffret qu'il verrouilla à double-tour avant de le remettre dans le placard de son bureau, de façon à ce que personne ne tombe dessus, par accident ou pas. En rentrant de vacances, il avait su qu'une personne avait essayé de forcer l'entrée de l'infirmerie... Ça s'était passé pendant la nuit, quelqu'un avait avait voulu rentrer mais s'était enfui devant le bruit qu'avait fait la poignée en se brisant net. Le médecin était terriblement inquiet, depuis qu'il savait cela. L'armée avait-elle des doutes ? Avaient-ils voulu envoyer une personne pour fouiner dans ses papiers ou voir s'il possédait des choses qu'il ne devrait pas ? C'était très angoissant... S'il était arrêté, il ne pourra plus suivre les élèves qui l'aidaient ni garantir leur santé.

Peu avant la pause de midi, il vit arriver celui qu'il attendait aujourd'hui, à savoir le sous-directeur. Adrien lui fit signe de s'asseoir sur un des lits, allant chercher le petit paquet qu'il avait laissé sur son bureau. L'ouvrant avec un peu de peine tant les fils étaient serrés, il en sortit le nouveau tensiomètre qu'il avait commandé cet été, plus précis que le vieux qu'il utilisait depuis un an. Le posant sur le lit, il alla aussi chercher sa trousse médicale afin de tout avoir sous la main et pouvoir travailler, demandant au sous-directeur de relever les manches de sa chemise jusqu'aux coudes puis de déboutonner un peu sa chemise. Vérifiant d'un coup d'œil que la porte était fermée, il tira aussi le rideau pour laisser de l'intimité au cas où une personne entrait, allant ensuite près du sous-directeur. Il commença par lui examiner les yeux, concentré, avant de prendre son stéthoscope pour ausculter son cœur et ses poumons, lui disant de respirer bien fort. Prenant le tensiomètre, il lui enroule brassard autour du bras, prenant la poire en main pour le serrer peu à peu.

Adrien – Vous vous êtes reposé, cet été, n'est-ce pas ?

Kimmitsu – Un peu... Il y a eu une certaine agitation mais ça s'est bien déroulé, dans l'ensemble.

Adrien – Seize de tension, encore, soupira Adrien en ôtant le brassard. Elle devrait être à onze ou douze.

C'était mieux qu'en juin, certes, mais encore beaucoup trop s'il tenait à rester en bonne santé. Adrien reprit le stéthoscope, le tenant d'une main et prenant le poignet de son patient du jour de l'autre, les doigts sur le pouls. Il le fit respirer profondément, puis tousser, avant de respirer à nouveau. Son cœur battait toujours avec force et régulièrement, mais avec un peu trop de force, justement, compte tenu qu'il était en situation de repos. Grimaçant, Adrien marmonna quelque chose d’inintelligible en se redressant, lui lança un regard aigu. Si lui était encore à seize, il n'osait même pas imaginer à combien s'élevait la tension de la directrice. Ils étaient tous les deux à tuer ! Pas un pour rattraper l'autre ! Même si la situation empirait encore, ils devaient absolument se fourrer dans la tête que le repos n'était pas une simple option, surtout dans leurs cas.

Adrien – Je sais que vous et madame la directrice avez eu beaucoup de choses à faire en plus ces derniers mois... Pour autant, je ne considère pas comme normal qu'un homme revenant de vacances et tranquillement assis sur un lit puisse avoir une tension si élevée ! A quoi pensez-vous ?! Quand je vous avais dit en juin de vous reposer, cet été, ce n'était pas un simple conseil ! L'hypertension peut être la source de graves problèmes, notamment cardiaques, je suppose que vous êtes déjà au courant.

S'asseyant sur le lit d'à côté, face à son patient, il croisa les bras, retenant un très long soupir. Navré, vraiment, mais il y a des choses qui ne passaient pas, voilà tout ! Il n'était pas le mieux placé pour donner des conseils, écouter les gens, les rassurer, agir ou réagir, mais en ce qui concernait la santé physique et mentale de ses patients, il ne laissait personne se laisser aller ou faire des conneries.

Adrien – Le stress peut causer des troubles physiques et psychiques. Vous allez finir par en tomber malade, gravement, si votre esprit ne se brise pas le premier sous la pression. Je pensais pourtant que vous étiez plus raisonnable que la directrice, à ce niveau-là, mais il faut croire que non. Combien de temps à tenir à ce rythme, selon vous ? Combien de temps ?! Vous attendez de savoir si c'est votre esprit ou votre corps qui va céder en premier ?!

Devenir fou ou tomber malade au point de plus pouvoir s'en relever durant des semaines, la perspective était alléchante ! Adrien se frotta un instant les yeux, respirant profondément pour ne pas hurler trop fort et alerter tous ceux qui passeront à proximité. On se caaalme et on respire, tout va bien ! E,n fait, non, rien n'allait bien, mais il ne devait pas crier pour autant.

Adrien – Surmenage et hypertension... J'ai presque peur de voir l'état de la directrice, maintenant... Que faites-vous, au quotidien, pour décompresser ou vous détendre, pour commencer ? Selon ce que vous faites déjà, je peux compléter avec une cure de vitamines ou autre chose. Donc ?

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: Bilan de septembre   Ven 13 Nov - 10:28

Déjà une rixe, le lendemain de la rentrée ... ? Record battu, c'était vraiment du rapide. Kimmitsu jeta un regard assez désespéré à Eric, le professeur d'éducation civique, pendant qu'il lui racontait la bagarre qu'il avait stoppé, près de la bibliothèque, entre trois élèves de fin de collège qui avaient commencé à se frapper pour on ne savait quelle raison. Son collègue semblait dépassé, lui aussi, en racontant l'affaire, tout comme les professeurs à proximité qui pouvaient entendre. Les cours du matin se terminaient tout juste mais Kimmitsu n'aurait jamais penser entendre une histoire pareille dès le début de la semaine, à la rentrée, c'était affligeant. Eric conclut en disant que les professeurs principaux avaient convoqué les élèves fautifs et qu'il y aura une sanction. Si l'année commençait comme ça, la suite promettait. Seule Emma ne semblait pas perturbée le moins du monde, buvant une tasse de café aux dimensions impressionnantes en fumant une cigarette, assise sur le bord de la fenêtre grande ouverte. Il en fallait beaucoup plus pour la perturber, de toute manière. Voyant l'heure tourner, le sous-directeur ramassa ses affaires puis quitta la salle des professeurs, ayant rendez-vous à l'infirmerie pour un bilan médical. Il savait déjà à quoi s'attendre, de toute manière, Adrien allait être dégoûté ou furieux.

Sur le chemin, il croisa Valentin, appuyé sur son éternelle canne en bois, qui le salua d'un sourire, plongé dans une grande conversation avec le jeune Daniel. C'était étonnant, les militaires étaient très discrets, depuis la rentrée, ils ne se trouvaient même pas à leurs postes de garde de l'année précédente, éparpillés dans toute l'école. Les couloirs, les classes, le foyer, tout était libre et seulement fréquentés par les élèves et leurs enseignants... Il réfléchissait toujours à ce mystère en poussant la porte de l'infirmerie, accueilli par l'infirmier qui lui fit signe de s'asseoir sur un des lits. Posant ses affaires à côté de lui, il s'installa pendant que le docteur du pensionnat allait chercher un tensiomètre et une trousse médicale noire, au cuir un peu usé. Kimmitsu releva ses manches lorsqu'il le lui demanda, ôtant un ou deux boutons de sa chemise, pendant qu'Adrien tirait un long rideau. Ici aussi, tout était calme, même s'il y avait eu un incident en fin d'été. Une personne, ou plusieurs plus probablement, avaient tenté de forcer l'entrée de l'infirmerie, après s'être introduits dans le pensionnat. On ignorait toujours qui. Il revint à la réalité lorsque l'infirmier se pencha pour lui examiner les yeux, puis le cœur, son souffle, lui demandant de respirer plus fort. Il lui enroula brassard du tensiomètre autour du bras, avec un air concentré.

– Vous vous êtes reposé, cet été, n'est-ce pas ?

Reposé, hum... Techniquement, oui, assez. Du moins, physiquement, il n'avait pas fait des folies. Mentalement, c'était tout autre chose, surtout pour certains jours, mais il ne voyait pas comment expliquer tout cela à Adrien, même s'il était à même de comprendre à la perfection que les familles avaient souvent du mal à saisir ce que vivaient leur fratrie ou rejetons dans cette école, surtout s'ils étaient issus d'une culture à la radicale opposée de la culture Française. Donc oui et non, il ne s'était pas reposé autant qu'il l'aurait dû, savait que c'était mal, mais il n'avait pas réussi à vraiment se lâcher. Plus comme autrefois, du moins.

– Un peu... Il y a eu une certaine agitation mais ça s'est bien déroulé, dans l'ensemble.

– Seize de tension, encore, soupira Adrien en ôtant le brassard. Elle devrait être à onze ou douze.

Et voilà. Kimmitsu retint une petite grimace pendant que l'infirmier poursuivait son examen. Il était monté à dix-huit ou dix-neuf, avant les vacances d'été, mais seize, c'était toujours trop élevé et il en était conscient. Que pouvait-il dire, de toute façon ? Il y avait bien des raisons pour justifier tout cela mais il n'arrivait plus à faire ne sorte de se détendre assez depuis le fameux jour où il avait su que la majorité de leurs collègues laissaient tout simplement tomber les élèves, sans plus se soucier de leur sécurité, leur vie. Adrien grimaça tout à coup en marmonnant quelque chose que le sous-directeur ne comprit pas, tout en lui jetant un regard noir. Il était si évident qu'il allait hurler en lui faisant passer cette visite... Même Xiao-Hong lui avait lancé la veille qu'il ne se reposait pas assez et que allait finir par lui attirer des ennuis. Techniquement, il avait déjà eu des ennuis à cause de ça, trop de fatigue et de tension, sans oublier ses frères qui lui avaient fait une crise cet été, c'était charmant.

– Je sais que vous et madame la directrice avez eu beaucoup de choses à faire en plus ces derniers mois... Pour autant, je ne considère pas comme normal qu'un homme revenant de vacances et tranquillement assis sur un lit puisse avoir une tension si élevée ! A quoi pensez-vous ?! Quand je vous avais dit en juin de vous reposer, cet été, ce n'était pas un simple conseil ! L'hypertension peut être la source de graves problèmes, notamment cardiaques, je suppose que vous êtes déjà au courant.

Oui, il le savait, il était parfaitement conscient de jouer avec sa santé et sa vie depuis des mois, que la situation lui échappait et qu'il pouvait tomber gravement malade s'il continuait ainsi. Adrien s'assit en face et croisa les bras, semblant exaspéré. Kimmitsu ne trouvait pas quoi lui répondre, remettant avec lenteur les manches de sa chemise en place. Oui, c'était ridicule, mais il en arrivait à oublier comme on s'y prenait pour véritablement se détendre ! Sa famille bondirait en tendant cela mais c'était la triste vérité, navré. Même sur ça, il avait changé. Solène était là, heureusement, elle le poussait à penser à autre chose qu'à son travail ou la protection des élèves, le soir où quand ils étaient seulement entre eux, l'aidant ainsi à préserver sa santé mentale. Leurs conjoints étaient toujours d'une aide précieuse, surtout dans ces cas-là, Solène était comme un baume apaisant pour lui.

– Le stress peut causer des troubles physiques et psychiques. Vous allez finir par en tomber malade, gravement, si votre esprit ne se brise pas le premier sous la pression. Je pensais pourtant que vous étiez plus raisonnable que la directrice, à ce niveau-là, mais il faut croire que non. Combien de temps à tenir à ce rythme, selon vous ? Combien de temps ?! Vous attendez de savoir si c'est votre esprit ou votre corps qui va céder en premier ?!

Kimmitsu baissa un peu la tête, fermant les yeux un bref instant. Il fera tout pour que ça n'arrive pas ! En se forçant à se couper de ce qui se passait régulièrement ou... Faire en sorte de se détendre assez, prendre du temps avec sa famille en oubliant l'école. Faire partir un peu la paranoïa qui avait élue domicile dans ses pensées depuis l'année dernière, en y chassant l'optimisme. Il devait faire en sorte d'être plus raisonnable, d'accord, très bien, tout le monde le lui répétait en boucle, même si c'était plus facile à dire qu'à faire, il n'avait pas trop le choix. Le docteur se frotta les yeux avec un immense soupir, comme s'il était lassé de cette "conversation". Il devait en avoir assez de tomber sur ce genre de problèmes, particulièrement récurrents chez quelques enseignants et élèves, chez tous ceux qui n'avaient pas voulu laisser tomber et qui se retrouvaient trop pris dans les soucis que traversaient ce pays. C'était un cercle vicieux, qui ne cessait de s'aggraver à mesure que la situation de l'Europe devenait plus préoccupante. Même si la France n'était pas encore au même point que l'Allemagne, concernant les lois racistes et antisémites. Enfin, ça n'allait guère tarder, étant donné ce qui avait déjà été fait dans ce sens. Et Kimmitsu ne comprenait toujours pas où voulait en venir Bradley, pourquoi il mêlait tant le pensionnat à cette guerre qui approchait. Comme si on pouvait empêcher tout le continent de s'embraser avec une poignée d'enfants.

– Surmenage et hypertension... J'ai presque peur de voir l'état de la directrice, maintenant... Que faites-vous, au quotidien, pour décompresser ou vous détendre, pour commencer ? Selon ce que vous faites déjà, je peux compléter avec une cure de vitamines ou autre chose. Donc ?

– Ma femme m'aide beaucoup, sur ça, dit-il d'un ton plus prudent. Le soir, ou les week-ends, elle m'aide à penser à autre chose. J'ai aussi trois adolescents à la maison, en ce moment, donc ça occupe beaucoup.

Il lui expliqua brièvement qu'il avait les deux Karinof en garde chez lui, car Jasper avait enfin porter plainte contre son père, pour qu'il perde leur garde à tous les deux. Il les prenait chez lui le temps qu'ils deviennent adultes. Il ajouta aussi que son neveu était venu vivre chez lui, afin de terminer ses études au pensionnat. Voyant Adrien sourciller très nettement entendant qu'on avait envoyé Genji ici dans un pays au bord de la guerre, Kimmitsu ajouta qu'il veillait sur lui et que son neveu savait se défendre et se débrouiller, il avait tout de même seize ans, ce n'était plus un enfant ou un petit garçon. Adrien marmonna qu'il croyait que le jeune homme qu'il avait vu la dernière fois n'était en rance que pour les vacances, certainement pas pour y vivre, surtout à Gray qui avait déjà flambé entièrement.

– J'essaye vraiment de décompresser, soupira-t-il. J'ai juste tendance à oublier comment faire mais je vais faire des efforts. Que veux-tu que je fasse ?

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Bilan de septembre   Jeu 26 Nov - 11:41

Sous-directeur – Ma femme m'aide beaucoup, sur ça, dit-il d'un ton plus prudent. Le soir, ou les week-ends, elle m'aide à penser à autre chose. J'ai aussi trois adolescents à la maison, en ce moment, donc ça occupe beaucoup.

Trois... Encore ? Ce n'était pas que pour un temps ? Il lui jeta un regard assez perplexe mais l'explication fut rapide à suivre. Jasper et Laura vivaient définitivement chez lui, apparemment, le gamin s'était enfin décidé à porter plainte contre son père, afin d'être soustraits à son autorité. Tiens donc, qu'est-ce qui avait bien pu pousser Jasper à faire ça maintenant ? Jusqu'au mois de juin de cette année, il s'obstinait encore à raconter qu'il avait chuté dans un "escalier" ou il ne savait encore quelle connerie du même genre. Dans un escalier, vraiment ! Aucun escalier ne peut vous faire mal à ce point, surtout en parfaite discrétion. Le sous-directeur ajouta ensuite que son neveu n'était pas que de passage amis était venu vivre chez lui à long terme, pour terminer ses études au pensionnat. Pardon ... ? Son neveu... Son neveu venait vivre en France, un pays en pleine révolte civile, comme ça, dans une école dangereuse ?! Il sourcilla, sans pouvoir le dissimuler, ne trouvant rien de rassurant au fait que le gamin sache se défendre. Dans la situation actuelle, savoir se défendre ou non ne changeait rien ! Qu'il ait seize ou quatre ans non plus. Il marmonna que lui avait cru que le gosse n'était là que pour les vacances, pas plus. D'autant plus dans un village qui avait déjà flambé entièrement début juin. A quoi avaient pensé les parents du petit en l'envoyant ici ... ? Ils ignoraient absolument tout de ce pays pour avoir fait ça ? Bonjour le haut niveau d'irresponsabilité.

Sous-directeur – J'essaye vraiment de décompresser, soupira-t-il. J'ai juste tendance à oublier comment faire mais je vais faire des efforts. Que veux-tu que je fasse ?

Adrien – Pardon, vous, vous arrivez à oublier comment on décompresse ?! C'est la meilleure, celle-là !

Il leva les yeux au ciel avant de se redresser, filant vers la table, près de son bureau, pour préparer un peu de thé, après lui en avoir proposé une tasse. Et bien, et bien, c'était vraiment contagieux, d'oublier comment faire pour respirer, décompresser et se détendre. La directrice était déjà très gravement touchée et voilà que le virus atteignait le sous-directeur, ils n'étaient pas sortis de l'auberge. Mettant de l'eau à bouillir sur un petit réchaud, qui lui servait d'habitude pour stériliser et faire bouillir des instruments, il ouvrit un petit bocal contenant des feuilles de thé, invitant le directeur à venir s'asseoir à table. Il lui jeta un regard en biais, occupé à nettoyer deux tasses et des cuillères.

Adrien – Déjà, pour commencer, c'est avoir une bonne hygiène de vie mais je ne dois rien vous apprendre là-dessus. Manger directement, trois fois par jour, boire beaucoup d'eau, manger de la viande trois ou quatre fois par semaine, beaucoup de fruits et de légumes, du poisson assez souvent, pour le fer et les vitamines. La nuit, dormir au mins six heures.

Posant les tasses, il y installa les feuilles de thé, proposant du sucre à son interlocuteur. L'eau frémissait doucement, mais n'était pas encore assez chaude. Adrien s'assit à son tour en attendant, repoussant plus loin les notes et boîtes de médicaments qui encombraient la table.

Adrien – Faites des vraies pauses, régulièrement, dans la journée. Des pauses où vous arrêtez de penser à tous les problèmes, pour vous détendre. Lire, dormir, n'importe quoi, mais respirez.

Ce que Gabriella était devenue incapable de faire, depuis quelques mois, mais soit. Prenant l'eau bouillante, il la versa doucement dans les tasses, sur les feuilles de thé, posant ensuite la casserole sur un sous-de-plat en bois, acheté au marché de Gray la semaine précédente. Il restait relativement rare qu'Adrien boive d thé mais c'était réconfortant et cela l'aidait à se passer d'alcool, plus ou moins. Enfin, disons plutôt qu'il n'avait guère le choix... La dernière missive de son très cher père lui étai resté en travers de la gorge, car il ne pouvait nier qu'il avait raison. Une mère en prison, un père alcoolique, jamais ce bébé à naître ne pourra lui être confié, il reviendra à ses grands-parents, l'infirmier risquait de le perdre s'il ne changeait pas rapidement. La simple idée de perdre aussi cet enfant lui était inadmissible.

Adrien – Vous ne pourriez pas partir en vacances avec Solène quelques jours ? Ou même un week-end, tout simplement ? Vous pourriez vous déplacer relativement vite, en train.

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: Bilan de septembre   Ven 11 Déc - 17:58

– Pardon, vous, vous arrivez à oublier comment on décompresse ?! C'est la meilleure, celle-là !

Ça arrivait à tout le monde ! Adrien leva les yeux au ciel puis lui proposa une tasse de thé, retournant vers son bureau. Le sous-directeur hocha la tête en remettant les manches de sa chemise en place, ainsi que les boutons de son col. Il y avait un peu de surmenage, voilà tout, il allait faire plus attention. Comme pour l'hypertension, cela pouvait se soigner. Se relevant, il jeta un regard à Adrien lorsqu'il l'invita à s'asseoir. L'infirmier posa une casserole remplie d'eau sur un réchaud, lavant ensuite deux tasses et des cuillères pour le thé. Le sous-directeur appuya sa tête contre le mur à côté de lui avec un petit soupir, espérant qu'il y aura moins de problèmes cette année qu'il y en avait eu l'année passée. La directrice avait pu reprendre certaines en main, assez importantes, cela suffira-t-il pour calmer le jeu ? On pourrait presque craindre de l'espérer, mieux valait ne pas crier victoire trop vite. Kimmitsu préférait laisser passer deux semaines pour observer ce qu'il était, car ce n'est pas durant la semaine de rentrée qu'ils pourront en apprendre beaucoup sur ce que prévoyait l'armée. La directrice avait d'autres réunions de prévues au cours du mois, sans oublier leur travail à côté pour l'école, septembre sera assez chargé. Il devait aussi s'assurer que Genji s'intègre bien et ne prête pas trop attention à certaines rumeurs.

– Déjà, pour commencer, c'est avoir une bonne hygiène de vie mais je ne dois rien vous apprendre là-dessus. Manger correctement, trois fois par jour, boire beaucoup d'eau, manger de la viande trois ou quatre fois par semaine, beaucoup de fruits et de légumes, du poisson assez souvent, pour le fer et les vitamines. La nuit, dormir au mins six heures.

Pour l'alimentation saine, ce n'était pas à lui qu'il fallait l'expliquer, il était issu d'une culture où se nourrir correctement était inscrit dans les gênes, encore plus fortement que la France qui avait aussi un patrimoine costaud là-dessus. Quant au sommeil... Il était à améliorer, depuis deux trois mois, allait-on dire. Le professeur le remercia lorsqu'il lui donna une tasse et des feuilles de thé,ne prenant qu'un peu de sucre avec. Adrien versa l'eau avec délicatesse, repoussant plus loin le bazar qui encombrait la table puis s'assit. Il était assez étonnant de voir à quel point il pouvait se révéler maniaque sur la santé et l'hygiène de vie des autres alors que lui-même avait un mal extrême à prendre soin de la sienne. Si l'un d'eux avait mauvaise mine, ici, c'était bien lui... Il avait dû recommencer à boire, beaucoup trop, il suffisait de voir son teint et ses yeux, c'était évident. Ce qui s'était passé cet été avait dû lui faire beaucoup de mal, Gabriella-sama lui en avait même touché quelques mots en août. Il semblerait que certains de leurs collègues aient mis Adrien à l'écart à cause de sa femme, ce qui avait accentué sa solitude. Kimmitsu n'avait pas encore pu découvrir ce qui l'en était vraiment, ils venaient juste de rentrer et il y avait pas mal de travail à faire, sans oublier toute la partie administrative de début d'année, il allait passer encore une bonne semaine à fourrer le nez dedans avec la directrice avant d'en finir. Mettant le sucre dans sa tasse, il fit tourner la feuille de thé au fond, avec une certaine lenteur.

– Faites des vraies pauses, régulièrement, dans la journée. Des pauses où vous arrêtez de penser à tous les problèmes, pour vous détendre. Lire, dormir, n'importe quoi, mais respirez.

Kimmitsu hocha doucement la tête, tournant toujours sa cuillère dans la tasse. Il devait vraiment se forcer à calmer le jeu et adopter un rythme moins soutenu s'il voulait tenir. Après tout, à la réunion de la pré-rentrée, quelques professeurs de plus étaient revenus à la raison, c'était déjà une très bonne nouvelle. Alice était encore très nerveuse mais faisait beaucoup d'efforts et comprenait vite. Elle savait déjà se battre et aidaient ceux qui commençaient à apprendre. Kimmitsu allait pouvoir se concentrer sur les autres professeurs, qui voulaient participer, aider, agir et qui ne savaient pas se défendre ni attaquer, malgré leur bonne volonté. Même s'ils ne se rendaient pas directement sur les lignes de front, ils devaient savoir maîtriser leurs dons à un haut niveau en cas de besoin, ne serait-ce que pour pouvoir défendre un élève s'ils étaient témoins d'une agression. Solène aussi avait commencé à apprendre ce genre de choses, bien que Kimmitsu soit plutôt réticent à l'idée de la voir espionner ou autre chose.

– Vous ne pourriez pas partir en vacances avec Solène quelques jours ? Ou même un week-end, tout simplement ? Vous pourriez vous déplacer relativement vite, en train.

– Un week-end, sûrement, mais pas plus, le mois de septembre est toujours très chargé, dit-il en buvant une petit gorgée. Il y a toute la paperasse de la rentrée à s'occuper, qui nous prend presque tout notre temps libre. Il y a pas mal de nouveaux, cette année. La plupart sont... Un peu bizarres.

Relevant la tête, il détailla un peu à l'infirmier ceux qu'il avait pu rencontrer pour l'inscription. Des jeunes très peu causants, au regard vide, comme l'avait été celui d'Emilie. Ils semblaient très renfermés, assez méfiants vis-à-vis des autres, inquiets quand aux cours qui les attendaient. Bien peu avaient bonne mine, par ailleurs, la majorité semblait sortir de prisons, comme de petits animaux effrayés quittant leur mère pour la première fois. C'était à la fois étrange et perturbant, Kimmitsu n'avait aucune idée de ce qu'avaient vécu ces jeunes avant d'arriver ici et se demandaient s'il valait mieux le savoir ou rester dans l'ignorance, ayant presque peur d'imaginer ce qui leur était arrivé.

– J'aimerai que tu puisses leur parler, les rencontrer, mais ils se méfient de tout le monde, je doute qu'ils s'ouvrent à un inconnu aussi facilement. S'ils ont vécu le même genre de vie que la petite Emilie...

Il grimaça fortement en reposant sa tasse sur la table, secouant un peu la tête. La plupart des ces gamins ne devaient même plus avoir de familles pouvant les récupérer, c'était vraiment horrible.

– Je ne sais pas encore comment réagir, avoua-t-il dans un soupir. Enfin... Toi, de ton côté, comment ça se passe ? Tu tiens le coup ?

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Bilan de septembre   Mer 27 Jan - 17:12

Sous-directeur – Un week-end, sûrement, mais pas plus, le mois de septembre est toujours très chargé, dit-il en buvant une petit gorgée. Il y a toute la paperasse de la rentrée à s'occuper, qui nous prend presque tout notre temps libre. Il y a pas mal de nouveaux, cette année. La plupart sont... Un peu bizarres.

Ah oui, il avait vu certains gamins un peu étranges et qu’il n’avait jamais repéré avant. Adrien tendit la main pour récupérer un sucre dans la petite coupelle en fer, pendant que le sous-directeur levait le nez de sa propre tasse pour lui décrire plus en détail les fameux nouveaux. Etant donné ce qu’il entendait, ils devaient avoir le même profil qu’Emilie. Grimaçant, Adrien tourna assez la cuillère dans sa tasse en hochant la tête, le cœur serré. Emilie n’avait été une enfant très simple à gérer, beaucoup d’élèves avaient eu très peur d’elle, de son regard, son apparence, sa façon de se comporter et de parler. Des enfants observant le monde comme s’ils étaient « absents » de leurs propres corps, un regard vide, un visage dépourvu de toute trace de vie, assez effrayant. Adrien ferma les yeux quelques secondes, se mordant un peu la langue en buvant son thé. Comment s’occuper de ces nouveaux élèves ? Sans commettre d’erreur, comme ils avaient pu en faire avec Emilie ? La plupart devaient être extrêmement fragiles psychologiquement, voire déjà au bord du suicide, comme l’était Emilie. L’infirmier grignota un bout d’ongle avec une certaine nervosité, tapotant sa cuillère contre la table.

Sous-directeur – J'aimerai que tu puisses leur parler, les rencontrer, mais ils se méfient de tout le monde, je doute qu'ils s'ouvrent à un inconnu aussi facilement. S'ils ont vécu le même genre de vie que la petite Emilie...

Ils ne parleront pas aussi facilement, que ce soit à lui ou un autre. Kimmitsu grimaça lui aussi en reposant sa tasse, montrant bien qu’il n’y croyait pas non plus une seule seconde. Peut-être il y avait-il un autre moyen pour les inciter à parler, au lieu de tout garder au fond d’eux au risque d’y rester ? Parler, faire en sorte de les faire se sentir bien, enfin mieux. Adrien ne savait pas vraiment comment s’y prendre, c’était très compliqué, cette affaire. Il en cessait de repenser à la petite Emilie, la gorge affreusement serrée. Morte si jeune, cette petite fille aussi froide qu’elle pouvait être chaleureuse lorsqu’elle souriait. Il ne l’avait vu sourire qu’une fois, lorsqu’elle avait franchi les portes de l’école, tenue par la main par la directrice, ses yeux si froids s’illuminant d’un seul coup. Et aujourd’hui, son petit corps gisait sous une dalle de marbre, dévoré par les insectes. Soupirant, il remua la cuillère dans la tasse noire avec de légers motifs de vagues bleues, essayant de ne pas désespérer. Il y avait sûrement différentes façons d’aider ces nouveaux élèves.

Sous-directeur – Je ne sais pas encore comment réagir, avoua-t-il dans un soupir. Enfin... Toi, de ton côté, comment ça se passe ? Tu tiens le coup ?

Adrien – Je n’ai pas trop de soucis, répondit-il en haussant les épaules. Si vous parlez de Sarah, oui, ça va… Enfin, je ne sais pas trop, les docteurs pensent que ça peut durer assez longtemps. Elle va bientôt accoucher.

Il n’avait pu empêcher sa voix de trembler, sur cette dernière phrase. L’infirmer faisait de véritables efforts, en ce moment, la lettre de son père l’avait suffisamment secoué et effrayé pour le pousser d’un bon coup de pied à s’y mettre et ne plus être la loque qu’il était, afin de ne pas prendre le risque de ne pas récupérer son fils, qu’il soit confié à ses grands-parents ou d’autres, une famille d’accueil. Serrant les mains sur la tasse, il plongea un moment le regard dans le liquide d’un marron clair, assez tremblant, les lèvres si pincées qu’elles en devenaient blanches. Il allait récupérer le bébé s’il prouvait qu’il était capable de s’en occuper, qu’il était un bon père, les services sociaux allaient être méfiants, comme Sarah avait eu des problèmes. Mais il ne savait toujours pas quoi faire. Devait-il rester avec elle ? La brûlure si amère de la trahison fleurissait encore en lui, il était loyal à la directrice et savoir que Sarah s’en était prise à un bébé innocent, il ne pouvait le cautionner. Elle avait complètement perdu l’esprit !

Adrien – Je pense que je pourrai récupérer le bébé, j’ai fait assez d’efforts. Pour la suite… Je ne sais pas si je dois la laisser, la quitter, divorcer. Je me sens trahi et dans le même temps, je me dis que si elle guérit, se sent mieux… Peut-être qu’avec du repos, elle ira déjà beaucoup mieux.

Il fit un faible sourire, l’embêtant sûrement avec ses histoires de couple. Ils ne s’étaient jamais vraiment parlé sur un autre sujet que la médecine, la santé des élèves ou divers choses comme des sorties scolaires, des alertes aux épidémies de gatsro dans l’école ou des conversations du type « Tiens, il a beaucoup neigé cette nuit ».

Adrien – Enfin, peu importe pour le moment, nous verrons bien. Tâchez de vous reposer, d’accord ? On ne doit pas prendre l’hypertension à la légère, surtout au vu des tensions actuelles.

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