1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Juste nous deux

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Auguste de la Valière
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MessageSujet: Juste nous deux   Dim 25 Oct - 15:50

Le couvercle était assez lourd mais Auguste était assez costaud pour le refermer facilement, laissant l'eau bouillir et les draps avec, dans cette cuve où il lavait le linge. La petite salle de bain sentait la lessive et était baignée par la vapeur de l'eau qu'il avait fait bouillir pour laver les draps, serviettes et torchons. Remettant ses manches en place, il se lava les mains puis referma la porte derrière lui, jetant un œil à son bureau où les copies de ses élèves étaient rangées en pile bien sagement. Il venait de corriger tous les tests donnés dans se différentes classes pour évaluer le le niveau mais n'était pas très satisfait des résultats. Il admettait que certains aient un nouveau plus faible que celui exigé à cause des perturbations connues l'année dernière, mais tout de même, pour beaucoup, ça ne justifiait pas tout. Auguste savait reconnaître les faiblesses causées par une scolarité perturbée d'un manque de travail pur et simple. Soulevant une des copies, il secoua la tête avec un grand soupir en voyant les âneries monumentales qui y étaient écrites. Cela frôlait le ridicule. Il n'avait pourtant pas demandé grand-chose, dans la plupart des classes, c'était affligeant. Avoir un mauvais professeur ne justifiait pas qu'on ne travaille pas de soi-même pour progresser.

Reposant la copie, il prépara du café pour le lendemain matin, au moment où le téléphone, posé sur un petit guéridon dans la cuisine, sonna avec force. Il décrocha en donnant son nom, le calant contre son épaule pour continuer à moudre le café. La voix énergique de sa sœur jumelle, Abigaëlle, résonna dans le combiné et il sourit largement en lui disant bonjour. Quelle heure était-il, dans l'Ohio ? Il entendit de loin son beau-frère lui lancer un "bonjour" puis le bruit d'une porte, pendant que sa sœur donnait les dernières nouvelles. Ils vivaient d'une exploitation équine qui marchait plutôt bien, les affaires tournaient et ils comptaient agrandir leur activité. Sa sœur semblait rayonnante, à présent enceinte de deux mois et entièrement remise de ce terrible accident. Elle était bien plus détendue, loin de la France et de ses problèmes, heureuse avec son mari, bientôt maman. Elle demanda à son tour des nouvelles et il lui raconta les derniers événements qui avaient secoué le pays, comment il avait pu retrouver Gaby, lui avouant qu'il était heureux qu'elle ait divorcé. Sa sœur eut un rire alors qu'il mettait son café dans un bocal qu'il ferma avec soin, pour le conserver. Il déposa le bocal dans un placard, prenant mieux le téléphone en main, appuyé contre le plan de travail. Abigaëlle voulut savoir si la rentrée d'aujourd'hui s'était bien passée et il eut une petite moue, un peu désespéré devant le niveau affligeant de la plupart de ses élèves. Il était évident que beaucoup n'avaient jamais pris soin de bosser d'eux-mêmes pour combler leurs lacunes.

– Ça ne peut pas être nul à ce point, si ?

– Oh si ! soupira-t-il. Je vais devoir leur sonner les cloches assez vite pour qu'ils se mettent au travail, dès demain. J'ai préparé des exercices supplémentaires à leur donner, ça ne leur fera aucun mal. Et ce soir, j'ai invité Gabriella dans mon appartement, on a bien droit à une petite soirée.

Il sourit lorsque sa jumelle lança qu'il en profitait bien, dès l'évacuation du mari. Il avait bien le droit ! C'était lui qui aurait épousé Gabriella dès le début si les choses n'avaient pas tourné ainsi, il l'aimait et voulait, ce soir, savoir si elle l'aimait toujours, comme autrefois. Il voulait en avoir le cœur net. Il parla encore longuement avec sa sœur avant de raccrocher, content d'avoir eu des nouvelles. Elle avait refait sa vie en Amérique et était heureuse, Auguste était ravi pour elle. Un peu plus tard, alors qu'il lisait les nouvelles de la journée dans le journal, Gabriella arriva. Il lui ouvrit et referma aussitôt derrière elle pour l'enlacer et la serrer contre lui avec force, loin des regards indiscrets, des ragots et des murmures, comme aux premiers temps de leur relation. Il l'embrassa dans les cheveux en fermant les yeux, le cœur léger, comme si cette dernière année ne s'était jamais écoulée, qu'ils étaient toujours au mois de septembre 1930, heureux et détendu, lin de la guerre et de toutes ses conséquences. Il se pencha pour l'embrasser doucement sur les lèvres, sans la relâcher, mais elle ne le repoussait pas. Fermant les yeux, il captura ses lèvres avec bonheur, tenant son visage en coupe, la retrouvant, après tous ces mois. C'est en se redressant qu'il remarqua qu'elle était un petit peu maquillée.

– Tu as été merveilleuse, à la réunion de pré-rentrée, sourit-il. Tout le monde avait bien besoin d'entendre tout cela.

Il la souleva tout à coup pour l'asseoir sur une commode en chêne, très solide et finement ouvragée, prêt de la porte d'entrée, posant ses mains de part et d'autre elle avant de venir appuyer son front contre le sien, le cœur battant, puis l'embrassant de nouveau en la voyant ouvrir la bouche. Allons, allons, pas la peine de râler ! Il l'embrassa jusqu'à en perdre le souffle, ramenant ensuite ses bras sur elle en se rapprochant tant que possible, commençant à avoir des idées très peu Catholiques. Il la retrouvait enfin, après tous ses mois, il était enfin avec elle ! Il glissa une main le long de son dos avec un sourire taquin, redescendant ensuite pour caresser sa peau sous son corsage, ravie de voir son teint assez pâle se colorer un peu. Ah, donc il lui faisait toujours de l'effet, ravissant. Il se mit carrément entre ses deux jambes pour être plus proche, appuyé contre la commode et tout près d'elle, sa main caressant de petits cercles dans son dos.

– Tu joues avec mes sensations, murmura-t-elle. Ce n'est pas du jeu.

– Moi ? répliqua-t-il d'un ton innocent. Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

Son autre main glissa sur la jambe de sa belle puis sous sa jupe, remontant avec lenteur le galbe de la peau. Il stoppa à la cuisse, y traçant de larges cercles avec son pouce et deux doigts, s'amusant à monter puis redescendre, lentement. Elle passa ses bras autour de son cou lorsqu'il la poussa tout à coup s'allonger sur la commode, pendant qu'il lui tenait les jambes et était allongé contre elle, sans lui peser, taquin.

– On peut jouer longtemps à ça, chuchota-t-il.

Il nicha le nez dans son cou pour l'embrasser, en profitant sans aucune honte, avant de se redresser puis de l'attraper et la prendre dans ses bras, sans lui laisser l'occasion de se remettre debout, la tenant avec autant de facilité que si elle ne pesait qu'un kilo. Il était beaucoup plus grand qu'elle et disposait d'une carrure très solide qu'il entretenait et consolidait avec soin. A côté de lui, Cyprien était une véritable crevette, Gabriella allait vite voir la différence. Il la porta jusqu'à son lit pour l'y allonger, se mettant à califourchon sur elle en lui tenant les deux mains de chaque côté de sa tête. Il avait laissé les volets de la chambre fermés, les gardant dans le noir, la porte à peine entrouverte. Parfois, c'était plus amusant quand on ignorait ce qui allait arriver. Il lui tint les poignets d'une seule main puis utilisa l'autre pour caresser ses jambes, sous sa jupe, s'amusa de voir son souffle prendre une certaine accélération.

– Tu saurais reprendre l'avantage ? la défia-t-il, toujours en la tenant.

Sa main glissa vers une partie bien plus intime de son corps, par-dessus ses sous-vêtements, massant avec une certaine fermeté.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Juste nous deux   Jeu 29 Oct - 21:04

Les élèves sortirent en bavardant dans le couloir avec une certaine excitation, fonçant ensuite vers les escaliers menant au rez-de-chaussée à grands cris, échangeant remarques et commentaires sur cette première journée. Gabriella remit ses documents dans un classeur, lançant à ceux qui traînaient dans la salle de se dépêcher un peu et d’aller prendre l’air avant le dîner. Ce premier cours avait été plutôt calme, elle avait passé une bonne demi-heure à leur exposer le programme et répondre aux questions, puis il y avait eu la vérification des acquis des années précédentes, afin qu’elle puisse juger du travail qu’elle demandera lors des prochains cours. Refermant la salle à clé derrière elle, elle remonta ensuite au rez-de-chaussée puis dans les étages, retournant à la salle des professeurs. Ses collègues arrivaient peu à peu, eux aussi discutant de cette première journée, parlant des élèves et de ce qu’ils avaient déjà pu constater. Elle remarqua que certains lui jetaient de longs regards, au passage, songeant sans doute encore à la réunion de prérentrée. Gaby n’avait reçu qu’une lettre de démission pour le moment, s’attendant à en recevoir d’autres avant la fin du mois de septembre, le temps que chacun réfléchisse et s’organise.

Henri la salua d’un vague geste de la main, occupé à lire d’anciens rapports sur les évolutions des élèves dans leurs dons respectifs. Elle s’assit à côté à sa table après s’être servi un petit café, lui demandant ce qu’il ne pensait. Il haussa légèrement les épaules, marmonnant que l’ensemble était bon mais qu’il avait l’impression que les écarts entre les dons s’agrandissaient, les niveaux des élèves étaient de plus en plus hétérogènes pour une classe du même âge et ayant eu la même formation. C’était si inquiétant ? Elle n’avait jamais été vraiment choquée par ça, les niveaux différaient tellement d’un enfant à l’autre, cela dépendait aussi du caractère et de l’entraînement suivi. Ils discutèrent un moment puis Gaby rentra dans son appartement pour prendre une douche, grignoter quelque chose et se détendre. Elle avait rendez-vous avec Auguste, toute à l’heure. Ses enfants étaient chez Estelle, ce soir, elle voulait les faire jouer un peu avec Wyatt, pensant que leur socialisation devait déjà débuter, même s’ils n’avaient que six mois. Si elle le disait, pourquoi pas, après tout ? Ôtant ses habits, elle passa sous la douche, s’étirant pour dénouer ses muscles et oublier les tensions de la rentrée.

Une fois lavée, elle enfila une jupe longue très classique et un chemisier bleu, prenant même deux minutes pour utiliser un petit peu le maquillage que sa sœur lui avait donné pour faire « plus féminine ». Comme si ça ne se voyait déjà pas assez qu’elle était une femme, la grossesse lui avait laissé une poitrine plus grosse que prévue, ce qui était terriblement ennuyeux quand elle s’exerçait au tir ou devait courir longtemps. Bon, c’était bien pour allaiter, mais c’est tout. Terminant de se sécher les cheveux, elle fit la moue en se regardant dans le tiroir, agacée par sa poitrine, c’était pénible pour s’entraîner. Une fois prêt, voyant l’heure tourner, elle se rendit chez Auguste, traversant le deuxième étage vide à cette heure, se demandant si Cyprien était déjà rentré au village avec Céleste. Il allait bientôt l’épouser, sans doute, maintenant que le divorce était prononcé. Frappant chez Auguste, elle n’attendit qu’une minute avant qu’il ne vienne lui ouvrir, refermant aussitôt derrière elle avant de la serrer dans ses bras avec force.

Assez surprise sur le moment, elle se laissa finalement aller ensuite, posant sa tête contre son torse en fermant les yeux. Il lui avait manqué, bien plus qu’elle ne voulait bien l’avouer. Avec lui, elle se sentait protéger, elle pouvait oublier que c’était elle qui devait veiller sur les autres et enfin se permettre de lâcher la bride en donnant cette responsabilité à un autre, elle ne craignait pas qu’il lui arrive du mal car il savait très bien se défendre et avait beaucoup de volonté. Il se pencha pour l’embrasser dans les cheveux, fermant ensuite les yeux lorsqu’il se pencha un peu plus pour l’embrasser sur les lèvres. Elle s’accrocha à lui alors qu’il prenait son visage en coupe, avec un léger frisson. Elle avait l’impression de revenir aux premiers temps de l’année scolaire précédente, quand ils étaient tous les deux, ensemble, se cachant de leurs collègues pour éviter les racontars. Lorsqu’il redressa la tête, elle reprit son souffle, les joues un peu plus roses.

– Tu as été merveilleuse, à la réunion de prérentrée, sourit-il. Tout le monde avait bien besoin d'entendre tout cela.

Restait à savoir si cela allait se traduire par plus d’actes concrets… Elle lâcha tout à coup une petite exclamation lorsqu’il al souleva tout à coup comme une enfant pour l’asseoir sur la commode derrière eux, ouvrant la bouche pour protester, juste au moment om l’embrassa à nouveau à pleine bouche, la coupant dans son élan. Là, ce n’était pas du jeu ! Elle passa les bras autour de son cou, cependant, sans penser interrompre le baiser, étant juste à bonne hauteur. On cœur battait de plus en plus vite alors qu’elle respirait son odeur. Les mois qui les avaient séparés s’effaçaient peu à peu, comme s’il n’était jamais parti, comme s’il était toujours resté près d’elle à la soutenir aussi bien dans le privé que dans la lutte pour l’école. Elle avait aimé Cyprien, bien sûr, mais ici, c’était différent. Auguste lui faisait un effet très différent… Elle avait toujours pensé devoir aussi garder Cyprien à l’écart de l’armée et de son combat pour qu’il ne soit pas blessé, qu’il ne soit pas choqué, qu’il reste dans une bonne forme, mais inconsciemment, cela avait creusé le gouffre entre lui et elle.

Mais Auguste pouvait la suivre partout, elle pouvait s’appuyer sur lui comme elle ne le pouvait qu’avec peu de personnes. Depuis le tout début. Elle frémit lorsqu’il glissa la main sous sa jupe puis le long de sa cuisse, ses joues se colorant un peu, alors qu’il passait une main sous sa chemise, dans son dos. Main large et ferme qui passait et repassait sur sa peau, enflammant son désir. Elle resserra sa prise autour de lui en l’embrassant, sentant son corps avec une telle intensité que ça en devenait très étrange. Il le savait et il en profitait sans aucune gêne, bien entendu, il avait toujours su comment la détendre, même par un simple mot, un sourire, elle était rassurée avec lui. Il lui avait manqué… Beaucoup, elle le réalisait maintenant qu’il était là, face à elle, dans ses bras.

– Tu joues avec mes sensations, murmura-t-elle. Ce n'est pas du jeu.

– Moi ? répliqua-t-il d'un ton innocent. Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

Il la fit tout à coup s’allonger sur la commode, complètement, la retenant par les jambes et penché tout contre elle. Gabriella lui fit un petit sourire, levant la main pour caresser sa joue constellé de tâches de rousseur et sa barbe naissante, avant de la passer dans ses cheveux de feu. Son cœur battait toujours très vite, surtout lorsqu’il était aussi proche d’elle, qu’elle pouvait sentir sans peine son souffle et voir ses yeux emplis d’amour. Sa journée s’effaçait peu à peu de son esprit, comme les problèmes du pensionnat et tout le travail qui l’attendait.

– On peut jouer longtemps à ça, chuchota-t-il.

Il fourra son visage dans son cou puis l’embrassa, lui arrachant un frisson alors qu’elle fermait les yeux. La minute d’après, elle se retrouva dans ses bras, sans prévenir, il la portait aussi facilement que si elle ne pesait pas plus lourd qu’une plume. Elle s’accrocha à lui pendant qu’il la transportait dans sa chambre, volets fermés, refermant presque la porte derrière eux, qui ne laissa plus passer qu’un mince filet de lumière. L’allongeant et se mettant à califourchon au-dessus d’elle, elle voulut l’attirer pour l’embrasser mais il lui prit les mains pour les plaquer sur le lit des deux côtés de sa tête. Elle lui murmura que ce n’était pas du jeu, alors qu’il la retenait par une main, dégageant l’autre pour repasser sous sa jupe puis le long de ses jambes. Son souffle s’accéléra alors qu’il la massait avec lenteur, ayant de plus en plus chaud. La tension quittait son corps, doucement sous l’assaut des caresses et du désir, les soucis de l’école étaient partis loin, pour le moment, restant à l’écart dans un coin de son esprit. Avec lui, elle avait le sentiment d’avoir le droit de se laisser aller, car elle savait qu’il pouvait jouer sur le même terrain qu’elle.

– Tu saurais reprendre l'avantage ? la défia-t-il, toujours en la tenant.

Il passa à un endroit bien plus intime, massant avec fermeté par-dessus sa culotte. Elle gémit en écartant un peu les jambes, n’ayant pas la moindre envie de reprendre l’avantage pour le moment. Il pouvait prendre les commandes sans le moindre problème, elle ne voulait pas être le chef ce soir. Elle lui murmura dans le noir, refermant les yeux lorsqu’il l’embrassa avec douceur, l’attirant contre elle lorsqu’il lui relâcha les poignets. Tout ce qu’elle voulait, c’est qu’il reste près d’elle, l’embrasse, elle n’en voulait pas plus. Les professeurs devaient tous être en train de gagner le réfectoire, maintenant, pour surveiller les centaines d’élèves tout en mangeant avant que chacun ne se réfugie dans sa chambre. Elle se moquait bien qu’on la croit, une fois de plus, enfermée dans son bureau pour y travailler jusque tard dans la nuit, même le jour de la rentrée. La main d’Auguste glissait sur son ventre, ses jambes, puis revenait sur son intimité. Elle le fit se retourner sur le dos sur le lit, une jambe par-dessus la sienne, en prenant son visage entre ses mains pour l’embrasser. Il passa une main dans sa nuque, puis tira sur l’attache qui retenait ses cheveux en chignon, l’enlevant en un petit coup, laissant ses longues mèches blondes retomber sur ses épaules et le haut de son dos.

– Tu m’as manqué, avoua-t-elle en écartant la tête d’un centimètre.

– Toi aussi, murmura-t-il en la faisant se retourner à nouveau, allongé au-dessus d’elle. J’ai songé à toi tous les jours, je savais que tu resterais toujours aussi forte qu’auparavant. Je n’ai jamais pu t’oublier.

Elle frémit lorsqu’il glissa ses mains sur ses bras nus, son cou, revenant l’embrasser avec plus de passion, comme s’il s’agissait de leur dernière nuit ensemble avant de se quitter à jamais. Ayant trop chaud, elle déboutonna quelques boutons de sa chemise pour avoir un peu d’air, Auguste l’aidant à s’en débarrasser quelques instants plus tard. Il ôta aussi la sienne, l’attirant contre lui avec force pour la serrer dans ses bras, l’embrassant dans le cou. Elle s’accrochait à lui en fermant les yeux, sentant des muscles épais et bien dessinés sous ses doigts, il avait toujours eu une grande force physique. Elle sourit doucement dans le noir, blottie contre lui pendant qu’il l’embrassait partout, rendant sa peau encore plus sensible et brûlante.

– Pourquoi ne m’as-tu pas oubliée, alors que tu savais que j’étais mariée ? chuchota-t-elle.

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Auguste de la Valière
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MessageSujet: Re: Juste nous deux   Mar 3 Nov - 22:33

La main d'Auguste glissait avec autant de fermeté que de douceur par-dessus le vêtement, avec une infinie lenteur, prenant tout le temps nécessaire pour faire monter le désir. Gaby lui murmura qu'elle n'avait pas envie de prendre les commandes ce soir, ce qui le ravi intérieurement, car cela voulait dire non seulement qu'elle lui faisait entièrement confiance mais qu'elle arrivait à se détendre maintenant qu'elle était dans ses bras. Elle l'aimait toujours comme il y a un an, loin des yeux ne signifiait pas toujours loin du cœur, et cette simple pensée lui fit autant d'effet qu'un puissant élixir aphrodisiaque. Il lui relâcha les poignets, se penchant pour poser, avec une extrême douceur, ses lèvres contre les siennes, ramenant ses deux mains sur ses épaules pour l'attirer au plus près de lui, leurs souffles se mélangeant l'un à l'autre avec plus de passion. Oh Dieu qu'il l'aimait, cette femme était née pour lui, tout comme il était né pour elle, personne dans ce monde ne pouvait contrer cela. Il était revenu bien décidé à se battre pour la récupérer et n'avait pas eu à attendre longtemps, tant il était évident que Cyprien n'était pas fait pour elle. Il faisait promener ses mains sur son ventre, sous sa chemise, puis de nouveau sur son intimité, sans cesser de l'embrasser.

Elle bougea tout à coup pour le faire tourner à son tour sur le dos et il sentit avec une sensibilité accrue sa jambe contre la sienne et son corps chaud et doux contre le sien. Un petit frisson vint l'agiter lorsqu'elle posa ses mains fines contre son visage pour l'embrasser, à califourchon au-dessus de lui. Elle était là, bien présente, il la touchait et l'enlaçait, comment douter qu'ils étaient faits l'un pour l'autre ? Alors qu'elle frémissait sous ses caresses et qu'il sentait son cœur s'envoler sous ses baisers ? Levant la main, il effleura ses cheveux puis enleva d'un petit coup sec l'élastique qui retenait ses cheveux, le jetant plus loin, voyant ses longs cheveux blonds retomber en cascades sur ses épaules, dans cette douce obscurité qui les environnait. Peu importe que tant de personnes la craignent ou ne voit en elle qu'une générale dangereuse au cœur de glace. Lui la voyait comme une femme, une femme capable d'aimer, une femme très forte dont il s'était épris. Et ce soir, il était évident qu'elle aussi était éprise de lui. Elle avait sûrement aimé Cyprien, mais pas d'un amour si fort que celui qu'elle éprouvait pour lui, il le savait.

– Tu m’as manqué, avoua-t-elle en écartant la tête d’un centimètre.

– Toi aussi, murmura-t-il en la faisant se retourner à nouveau, allongé au-dessus d’elle. J’ai songé à toi tous les jours, je savais que tu resterais toujours aussi forte qu’auparavant. Je n’ai jamais pu t’oublier.

Sentir son frisson lorsqu'il caressa la peau nue de ses bras et de son cou accentua encore le désir qui montait en lui. Il l'embrassa avec une passion accrue, l'aidant à enlever son chemisier lorsqu'elle en ôta un ou deux boutons, les joues d'un beau rouge carmin. Lui-même enleva son propre haut, le laissant retomber sur le parquet près du sien, sans plus s'en préoccuper. Torse nu, il attira Gaby contre lui, l'enlaçant avec force dans ses bras musclés, l'embrassant dans le cou. Les nuits où il avait rêvé d'elle avaient été bien nombreuses, où il avait rêvé si fort qu'il la tenait dans ses bras pour se réveiller seul, brûlant de frustration mais sachant qu'il ne pouvait abandonner sa famille pour courir la retrouver, pas tant que les siens n'étaient pas rétablis et avaient besoin de lui. Pour autant, il avait rêvé si fort de cet instant. Il embrassait chaque parcelle de peau qu'il pouvait atteindre, allongeant sa belle sur la couverture, respirant son odeur comme si elle était le plus merveilleux des parfums. Il glissait sur les cicatrices dont il allait connaître par cœur chacun des emplacements, preuves de sa force.

– Pourquoi ne m’as-tu pas oubliée, alors que tu savais que j’étais mariée ? chuchota-t-elle.

– Mariée de force, puis mariée à un homme qui n'était guère fait pour toi, répondit-il en déposant ses lèvres dans le creux de son cou. Jamais je n'ai pu t'effacer de ma mémoire et j'ai vu dès le premier regard que tu n'étais pas si heureuse que cela avec Cyprien, que je pouvais combattre pour reprendre ton cœur et le garder près du mien, en sûreté.

Il se débarrassa de ses chaussures d'un petit coup de talon puis enleva celles de Gaby à la main avant de les laisser tomber au sol à leur tour. Des idées assez coquines s'invitaient dans ses pensées, toutes fort peu Catholiques et impossible à mettre dans les oreilles des jeunes enfants. Personne ne pouvait savoir qu'elle était ici, dans son appartement, ils étaient tous les deux distant l'un de l'autre en public, se comportant comme de simples collègues de travail, ne montrant rien à personne, comme l'année précédente, où ils se retrouvaient en cachette, à l'abri des regards. A la fois car ils ne voulaient pas étaler leur vie privé au grand jour et aussi car c'était plus sécurisant, pour l'un comme pour l'autre. Bien des hommes comme Rochard attaquaient les proches de leurs ennemis pour les affaiblir, prendre ses précautions était un minimum et ne les empêchait pas de s'aimer. Il lui avait promis devant Dieu, elle sera sa compagne, il sera le père des jumeaux, ils seront unis dans la vie comme dans la mort.

– Tu m'as bien dit toute à l'heure que je pouvais avoir les commandes ? susurra-t-il d'un ton taquin en lui enlevant son soutien-gorge.

Il poussa le sous-vêtement d'une pichenette rejoindre la chemise avant de lui prendre les deux poignets et les ramener au-dessus de sa tête, utilisant un foulard trouvé sur la table de nuit pour les attacher au barreaux de bois de la tête de lit, faisant taire ses protestations d'un long baiser, sa main large caressant sa poitrine avec douceur. Reculant, il fit glisser la jupe des deux mains le long de ses jambes pour la lui enlever, dévoilant la culotte aussi rouge que son soutien-gorge. Charmante invitation qui était très loin de laisser Auguste indifférent. Il massa longuement avec deux doigts très insistants, montant et descendant par-dessus le tissu dans le creux de son intimité, amusé d'entendre son souffle accélérer suivant les mouvements qu'il effectuait. Se débarrassant de son pantalon, il reprit ses caresses, sa main libre passant sur son ventre et sa poitrine.

– Je pourrai te garder prisonnière toute la nuit, chuchota-t-il d'une voix sensuelle.

Il appuya avec plus d'insistance, puis tira avec lenteur pour ôter la culotte et la laisser au sol. Reprenant ses caresses, il toucha son intimité brûlante et mouillée, se mettant à son tour nu. Il détacha Gaby pour la ramener contre lui, ayant très chaud, enflammé par le désir et la joie qu'elle soit enfin près de lui. Il la fit se rallonger puis se glissa en elle avec un gémissement assez fort, toutes ses sensations démultipliées alors qu'il lui faisait l'amour. Elle était enfin là et il ne la laissera plus jamais.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Juste nous deux   Ven 6 Nov - 15:53

– Mariée de force, puis mariée à un homme qui n'était guère fait pour toi, répondit-il en déposant ses lèvres dans le creux de son cou. Jamais je n'ai pu t'effacer de ma mémoire et j'ai vu dès le premier regard que tu n'étais pas si heureuse que cela avec Cyprien, que je pouvais combattre pour reprendre ton cœur et le garder près du mien, en sûreté.

C'était peut-être ridicule ou fleur bleue mais elle ne pt s'empêcher de rougir, touchée qu'il ne l'ait pas effacée de sa mémoire, malgré ce qui était arrivé. Avec Cyprien, c'était... Différent. Très différent. Elle se sentait bien, en ce moment-même, protégée, désirée. Il lui enleva ses chaussures avant de revenir contre elle pour l'embrasser. Elle avait bien chaud, à présent, son cœur battant très fort alors qu'il était contre elle. Ils s'étaient toujours retrouvés à deux loin des regards, depuis le premier jour, loin des ragots et des rumeurs, juste ensemble, sans personne pour venir les déranger. Pour la première fois depuis des mois, elle se sentait complètement détendue, les muscles relâchées, le pensées apaisées. Il avait cet effet sur elle, qu'elle n'expliquait pas mais qui lui faisait du bien. Elle l'aimait. Qu'avait-il fait, durant tous ces mois ? Comment avait-il vécu ? Qu'avait-il projeté, prévu, pensé ? Avait-il réfléchi avant de s'engager dans l'armée afin de la suivre ? Ces questions s'effacèrent presque aussitôt de sa mémoire, elle y repensera plus tard mais ne pouvait réfléchir maintenant, pas alors qu'elle était dans ses bras. Elle glissa les doigts sur une cicatrice qu'il avait sur le bras, trace de la Grande Guerre. Ils pouvaient brièvement entendre des échos de conversation dans le couloir lorsque les professeurs passaient pour aller dîner au réfectoire, mais savoir qu'on allait sûrement la croire enfermée dans son bureau à travailler comme une "obsédé" ne la gênait pas le moins du monde, en ce moment. Malgré ce que croyaient certains, elle était toujours capable de se soucier de sa vie privé, avec Auguste. Car lui n'essayait pas de la changer ni de lui faire adopter une autre manière de pensée, car il était près d'elle et la comprenait, parce qu'il pouvait la suivre partout.

– Tu m'as bien dit toute à l'heure que je pouvais avoir les commandes ? susurra-t-il d'un ton taquin en lui enlevant son soutien-gorge.

Gabriella commença aussitôt à protester lorsqu'il lui prit tout à coup les poignets pour les attacher à la tête de lit avec un foulard. Ce n'était pas ça qu'elle... Il l'interrompit en l'embrassant avec pleine bouche, les yeux fermés, sentant sa main descendre sur sa poitrine. Les joues très rouges, elle entrouvrit la bouche lorsqu'il lui enleva sa jupe puis glissa deux doigts entre ses jambes, massant par-dessus son sous-vêtement. Elle ferma les yeux, son souffle accélérant selon la pression qu'il exerçait et il devait bien le savoir. Elle avait envie de le sentir en elle, après tous ces mois, à nouveau. Il s'interrompit pour ôter son pantalon puis reprit ses caresses, entre ses jambes, sur son ventre, sa poitrine. Gaby frissonnait sous ses baisers, le désir l'enflammait toute entière, à présent.

– Je pourrai te garder prisonnière toute la nuit, chuchota-t-il d'une voix sensuelle.

Elle n'allait pas le repousser... Vite nus tous les deux, il la détacha puis se rapprocha d'elle. Elle ferma les yeux puis gémit assez fort lorsqu'il se glissa en elle, les bras serrés autour de lui, comme si elle craignait de tomber. L'heure suivante fut un mélange de joie, de sensations puissantes et de tournis, pour elle. Seuls, dans la pénombre de plus en plus persistante de la chambre, plus rien ne pouvait les atteindre. Ils firent l'amour avec tendresse et passion, se retrouvant, redécouvrant le corps de l'un et de l'autre. Lorsqu'ils en terminèrent, Gabriella était épuisée mais particulièrement comblée. Allongée contre Auguste, blottie contre lui, elle souriait doucement, se sentant en parfaite sécurité dans ses bras. Avoir une personne sur qui s'appuyer sans crainte était rare, mais avec lui, elle pouvait se le permettre. Après un long moment à somnoler contre lui, ils se levèrent enfin. Elle enfila un de ses peignoirs, un peu trop grand pour elle, tout comme lui, retournant ensuite dans le salon. Tout le monde devait être en train de lire ou écouter la radio avant de dormir, à présent, le repas devait être terminé. Marchant pieds nus sur le parquet, elle s'approcha de la fenêtre pour jeter un coup d'œil dans le parc, écartant le rideau d'une main. Quelques jeunes y traînaient encore, jouant au foot avec énergie. Elle les observait lorsqu'Auguste lui donna un grand verre, allumant la lumière du plafond.

Buvant une petite gorgée, elle s'interrompit en portant une main à ses lèvres, croyant que c'était de l'eau ou du thé mais il lui avait servi du rhum. S'asseyant dans le fauteuil, près d'Auguste qui venait de se servir aussi, elle but encore un peu en observant les livres qui traînaient sur la petite table du salon. Elle songeait à ces mois qui s'étaient écoulés... Peut-être que Cyprien avait raison, finalement, elle était vraiment obsédée par son travail, par l'armée, par tout. Silencieuse, le regard dans le vague, elle but un peu, légèrement tremblante. Depuis des mois, elle faisait son possible, mais ça ne servait à rien, l'armée avait quand même pris le contrôle de tout, ici, c'était devenu... A quoi servait ce qu'elle avait pu faire ? Une main serrée sur son verre, l'autre sur sa bouche, des larmes commencèrent à pleurer doucement sur son visage, alors qu'un petit hoquet lui échappait. A rien, voilà tout, à rien, elle n'avait rien pu empêcher. Tout ce qu'elle avait pu faire, c'était terrifier ceux qu'elle devait protéger, mais des élèves étaient tout de même morts. Elle buvait une longue gorgée en fermant les yeux lorsque Auguste vint prendre les verre pour les déposer plus loin, la soulevant pour s'asseoir ensuite sur le canapé en la prenant sur ses genoux, la serrant contre lui. La tête lui tournait un peu et elle avait les yeux brillants, les joues toujours assez rouges.

– A quoi ça a servi ? murmura-t-elle, à moitié étranglée. Tout ça... Depuis des mois... L'armée a quand même pris le contrôle, j'ai dû y entrer, des enfants son morts, mon fils... Julien, cet été...

Un violent frisson la força à s'interrompre et elle referma les yeux en pleurant encore plus fort, s'accrochant à Auguste avec un gémissement. Elle pleura contre lui pendant qu'il l'entourait de ses bras sans rien dire, tremblante comme une feuille et incapable de parler, à présent, se laissant aller contre lui. Elle n'essayait même pas d'arrêter les larmes ni de se calmer, en étant incapable pour le moment, la respiration hachée. Il se passa presque une dizaine de minutes afin qu'elle ne se calme suffisamment pour respirer correctement, vidée de ses forces. Le regard dans le vague et la bouche entrouverte, elle fit un effort pour cesser de trembler mais le résultat ne fut pas très concluant.

– Je suis désolée, souffla-t-elle. Je ne sais même pas pourquoi les gens me suivent alors que j'ai laissé des enfants mourir... Alors que j'ai dû entrer dans l'armée et... Et... Ça ne sert à rien, cette école... A quoi bon ? Je veux contrer Bradley mais je ne sais même pas comment lui prouver que les méthodes que je défend sont plus efficaces ! Si j'échoue... Les élèves vont encore souffrir... Je ne peux pas les protéger...

Elle avait peur d'échouer, voilà tout. Elle était terrorisée à l'idée que des enfants meurent encore car elle n'aura rien pu faire pour leur éviter cela.

– Beaucoup ont peur de moi, reprit-elle dans un murmure à peine audible. Et je ne sais plus quoi faire... Je sais que je ne suis pas seule mais je ne sais plus comment avancer, le chemin à prendre. Comment le montrer aux autres si je ne vois plus moi-même vers où je dois aller... Tout nous dépasse...

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Auguste de la Valière
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MessageSujet: Re: Juste nous deux   Lun 16 Nov - 19:41

Amour. Passion. Tourbillon des sens. Il y a avait bien des mots et expressions pour décrire leur étreinte mais aucune ne lui rendrait justice. Auguste ne voyait plus le temps passer, il ressentait simplement tout avec une puisse décuplée, ils entait le souffle de Gaby se mêler au sien, il entendait son cœur battre avec force, sa peau frémissait contre la sienne, lorsque leurs deux corps se répondaient l'un à l'autre dans une jouissance qui les secoua les secoua lui comme elle, avec une force insoupçonnée. Le temps n'avait plus d'importance, ils se retrouvaient, enlacés, ensemble, dans le noir de la chambre, protégés des regards. Il était comblé, comme il ne l'avait plus été durant bien des mois, plus comblé qu'à après une nuit de plaisir solitaire en songeant qu'à elle. Il la serrait contre lui, souriant en la serrant dans ses bras et en l'embrassant avec douceur. Ils somnolaient un peu, allongés ensemble, dans le calme revenu de la chambre. Son cœur battait fort, se calmant petit à petit, détendu. Quand il se leva enfin, il enfila un peignoir et lui prêta un des siens, peut-être trop grand pour elle mais qui allait la garder au chaud. Pieds nus, il revint dans le salon, allumant la lumière et prenant deux verres dans une armoire. Avait-elle soif ? Il les posa sur la table du salon avant de prendre une bouteille d'un bon rhum, qu'il avait découvert lors d'un salon le mois dernier. Remplissant les verres, il en donna un à sa belle, debout près de la fenêtre, puis l'invita à venir s'asseoir.

Auguste but une longue gorgée, fermant les yeux, avant de porter le regard sur Gabriella, avec un doux sourire. Il était vingt-et-une heures passés, à présent, chacun devait retourner dans sa chambre pour travailler, faire les premiers devoirs, lire, écouter la radio, jouer aux cartes ou juste discuter avant de dormir. La plupart des gamins avaient aussi dû investir les douches, se délassant après cette longue journée de cours, de rentrée. Gaby devint peu à peu plus rouge, le regard dans le vague. Inquiet, Auguste posa son verre, fronçant légèrement les sourcils en voyant son expression. Elle se sentait mal ? Malade ? Ou était-ce un coup au moral ? Elle mit tout à coup une main devant sa bouche, des larmes commençant à couler sur ses joues. Il se leva aussitôt pour venir près d'elle, écartant ses longues mèches blondes de son visage, puis prit son verre pour le déposer sur la table, la soulevant ensuite dans ses bras comme on porte un enfant. Il se rassit sur le canapé en l'installant sur ses genoux, la calant contre lui puis l'entourant de ses bras, afin qu'elle se sente protégée et en sécurité. Là... Là, tout va bien, il était là, tout va bien. Il la serra contre lui, la berçant un peu, se doutant que ce jour allait finir par arriver. Après ces mois de lutte, de combat, tout ce qu'elle avait enduré, elle manquait terriblement de repos. Mais il était revenu, il prendra soin d'elle, mieux que n'importe qui d'autre ne pouvait le faire.

– A quoi ça a servi ? murmura-t-elle, à moitié étranglée. Tout ça... Depuis des mois... L'armée a quand même pris le contrôle, j'ai dû y entrer, des enfants son morts, mon fils... Julien, cet été...

Il la sentit frissonner puis s'accrocher à lui, le peinant profondément lorsqu'elle pleura bien plus fort, tremblante comme une feuille. Il ne tenta pas de lui parler tout de suite, la laissant se vider de sa peine et sa tension, la laissant pleurer contre lui autant qu'elle le voulait, afin qu'elle soit un peu soulagée. De longues minutes se passèrent ainsi, seuls ses sanglots brisaient le silence, Auguste se contentait d'être près d'elle, sans rien dire, la serrant contre lui afin qu'elle comprenne qu'elle pouvait se laisser aller. Voilà bien longtemps qu'elle n'avait plus dû pleurer de la sorte mais il était normal qu'elle ait des baisses de moral, étant donné sa position. Il lui caressa la nuque puis le haut du dos avec une infinie douceur, l'embrassant dans les cheveux. Il était en meilleure position que certains pour la protéger, elle pouvait se reposer sur lui, être assez en confiance pour se laisser aller. Ce qu'il lui faudrait, c'était quelques jours de repos, se détendre, avec ses enfants près d'elle. Il songea qu'elle pouvait se rendre à Paris mais y elle avait vendu sa demeure et aller chez ses parents n'était pas la meilleure idée du siècle. Pouvait-il l'emmener chez lui ? Il avait récemment vendu son appartement afin d'aller habiter une des propriétés secondaires de la famille, achetée il y a des années. Un manoir assez simple, non loin de Gray, où elle sera bien. Les domestiques étaient en train d'installer les meubles et de tout nettoyer, il pourrait l'y emmener quelques jours. Le temps qu'elle se ressource, sans pour autant partir trop loin de Gray afin de ne pas être trop angoissée.

– Je suis désolée, souffla-t-elle. Je ne sais même pas pourquoi les gens me suivent alors que j'ai laissé des enfants mourir... Alors que j'ai dû entrer dans l'armée et... Et... Ça ne sert à rien, cette école... A quoi bon ? Je veux contrer Bradley mais je ne sais même pas comment lui prouver que les méthodes que je défend sont plus efficaces ! Si j'échoue... Les élèves vont encore souffrir... Je ne peux pas les protéger...

Allons, allons ! Elle avait beaucoup trop de pression mais même s'il y avait bien des choses qui ne pouvaient être contrées, elle avait tout de même évité à cette école des événements autrement plus graves. Elle y arrivera, elle n'était plus seule et ne le sera jamais, il lui en faisait le serment. La fatigue lui donnait des idées noires et la poussait à ne plus avoir foi, elle devait se reposer. Il lui frotta un peu le bras, puis la ramena contre elle en penchant la tête sur elle, les yeux fermés, la faisant se blottir contre lui. Beaucoup, consciemment ou non, faisaient peser sur elle une pression incroyable, à cause de son rôle, de ses devoirs et responsabilités, ils oubliaient qu'elle était aussi une jeune femme ayant besoin d'attention, de repos, pas seulement un soldat. Elle était humaine.

– Beaucoup ont peur de moi, reprit-elle dans un murmure à peine audible. Et je ne sais plus quoi faire... Je sais que je ne suis pas seule mais je ne sais plus comment avancer, le chemin à prendre. Comment le montrer aux autres si je ne vois plus moi-même vers où je dois aller... Tout nous dépasse...

– On ne peut tout parer, mais tu as pu éviter des choses bien graves, murmura-t-il. Te rends-tu compte de tout ce que tu as accompli ? Beaucoup d'élèves ont évité les ennuis, car tu les a mis en garde. Des professeurs se sont mobilisés autour de toi. Tu as gagné le cœur et la loyauté d'une bonne moitié de l'armée. Tu as pris aussi la confiance de Bradley, malgré tout, car lui aussi croit en tes capacités et compte sur toi, en te laissant te battre et mener les troupes. Tu suis toujours le même chemin, même si c'est dur, même si tu peux douter, comme maintenant.

Il la reprit un peu mieux dans ses bras, la soutenant pour qu'elle puisse être allongée contre lui et le regarder. Levant la main, il lui caressa la joue avec tendresse, se penchant pour déposer un baiser sur son front. Bien des gens croyaient en elle et avaient raison de le faire, ce qu'il lui affirma avec force et d'un ton convaincu.

– Tu es surmenée, ma chérie. Tu dois lever un peu le pied avant de ne plus être capable de faire quoi que ce soit. En confiant une partie de ton travail à tes subordonnés, tout irait déjà un peu mieux. Je peux aussi assurer une partie de tes cours pour te soulager. Le soir, nous pouvons rentrer à la maison avec les jumeaux, afin que tu profites d'une vraie soirée de repos, même si ce n'est pas tous les soirs. Je viens d'emménager dans une de nos résidences secondaires. Ce serait un honneur que tu acceptes de venir y vivre avec moi.

Il l'aida à se redresser, la prenant par les bras, près des épaules, en la poussant à rester assise sur ses genoux. Elle était bien pâle, oui, bien changée, mais il ne l'en aimait que plus.

– Tu peux te reposer sur moi, sur tous tes alliés, tes amis. Tu ne seras plus jamais seule, tu es entourée et soutenue par des personnes pouvant te comprendre. Je peux être un pilier pour toi. Fais-moi confiance, je veux que tu ailles mieux.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Juste nous deux   Dim 29 Nov - 18:19

– On ne peut tout parer, mais tu as pu éviter des choses bien graves, murmura-t-il. Te rends-tu compte de tout ce que tu as accompli ? Beaucoup d'élèves ont évité les ennuis, car tu les a mis en garde. Des professeurs se sont mobilisés autour de toi. Tu as gagné le cœur et la loyauté d'une bonne moitié de l'armée. Tu as pris aussi la confiance de Bradley, malgré tout, car lui aussi croit en tes capacités et compte sur toi, en te laissant te battre et mener les troupes. Tu suis toujours le même chemin, même si c'est dur, même si tu peux douter, comme maintenant.

On ne pouvait peut-être tout pas parer mais elle aurait pu mieux faire dans bien des cas, réagir d'une autre façon, accomplir plus de choses qui auraient vraiment aidé, c'était... Elle avait l'impression que les mois filaient devant elle, que la vie filait trop vite et qu'elle n'arrivait à rien, voilà tout. Trop de choses avaient déjà changées dans cette école, plus rien n'avait vraiment à voir avec l'établissement que lui avait confié monsieur Francfort avant son départ en retraite. Elle se souvenait, du jour où il l'avait convoqué dans son bureau pour lui annoncer qu'il comptait la nommer directrice. Sur le moment, elle avait eu un moment de panique en lui disant qu'elle n'en était pas capable, qu'elle ne pouvait pas prendre la place de son mentor et il s'était mis à hurler de rire en continu pendant presque dix minutes. Très vexant mais bon, cela lui avait permis de juguler la panique. Reniflant, elle étendit les jambes sur le canapé lorsque son amant la prit un peu mieux dans ses bras, l'entourant comme si elle était une enfant. Il lui caressa la joue puis lui embrassa le front, pendant qu'elle attrapait sa main pour la serrer dans la sienne. Il lui soutenait, affirmait que des personnes croyaient en elle et avaient raison de le faire. Cela, ce n'était pas certain. Si elle se trompait ? Si c'était bien Bradley qui avait raison ? Elle aura entraîné des personnes avec elle pour e faire que les décevoir à la fin, c'était cruel. D'autant plus qu'aujourd'hui, il était bien trop tard pour reculer, il fallait juste avancer et ne plus regarder derrière soi en ayant des regrets, cela ne faisait que vous empoisonner l'esprit. Elle pourra s'occuper des remords à la fin lorsque le danger sera écarté. Ou lorsqu'elle sera morte. Cela aussi, ça pourrait arriver très vite, elle devrait en être effrayée mais n'éprouvait qu'une immense lassitude à cette idée. Un peu comme si elle avait déjà trop vécu et que la mort n'était qu'une dernière épreuve de plus avant d'en terminer enfin avec toutes les émotions et les difficultés. Peu importe la façon dont elle y passera.

– Tu es surmenée, ma chérie. Tu dois lever un peu le pied avant de ne plus être capable de faire quoi que ce soit. En confiant une partie de ton travail à tes subordonnés, tout irait déjà un peu mieux. Je peux aussi assurer une partie de tes cours pour te soulager. Le soir, nous pouvons rentrer à la maison avec les jumeaux, afin que tu profites d'une vraie soirée de repos, même si ce n'est pas tous les soirs. Je viens d'emménager dans une de nos résidences secondaires. Ce serait un honneur que tu acceptes de venir y vivre avec moi.

Partir du pensionnat le soir... et vivre avec lui ? Il la souleva comme si elle ne pesait pas plus lourd qu'une plume, sans qu'elle ne réagisse, l'asseyant sur ses genoux en la tenant par les bras. Elle déléguait déjà plus de travail, son aide de camp était un soutien très précieux, mais elle n'allait quand même pas refiler ses cours à Auguste, il y avait des limites, c'était indécent. Il voulait vraiment qu'elle vive avec lui ? Touchée, elle fit de son mieux pour lui sourire, au moins un peu, mais ses lèvres refusèrent de bouger, son visage était comme bloqué. Sourire, ce n'était pas naturel, pour elle. Silencieuse, elle se contenta de lui rendre son regard, tendant une main pour la poser sur sa joue, sa barbe naissante, puis sur le coin de sa bouche, avant de glisser sur son cou et laisser retomber son bras, sans force.

– Tu peux te reposer sur moi, sur tous tes alliés, tes amis. Tu ne seras plus jamais seule, tu es entourée et soutenue par des personnes pouvant te comprendre. Je peux être un pilier pour toi. Fais-moi confiance, je veux que tu ailles mieux.

– Je te fais confiance depuis toujours, tu le sais bien.

Refermant les yeux, elle s'essuya les joues d'une main un peu tremblante, certaine qu'elle serait déjà tombée su'il ne la retenait pas ainsi, elle était épuisée, elle sentait vraiment, pour une fois, une immense envie d'aller se coucher et de dormir. Seule chose qui la retenait, c'était de savoir ses enfants chez Estelle, elle devait les récupérer pour aller les coucher tous les deux. Julien dormait toujours mal, elle devait se lever la nuit pour le rassurer. Elle ne pouvait pas le laisser seul la nuit, son bébé, il n'était pas encore très bien rétabli, pas question qu'il se sente abandonné, elle avait déjà cru le perdre.

– Je dois rentrer, soupira-t-elle. Chercher mes enfants puis les coucher, il va être tard. Désolée.

Elle-même ira dormir après, oui, mais ses bébés d'abord. Se levant, elle s'assura d'abord de bien tenir debout puis alla se rhabiller, aidée par Auguste qui devait avoir peur qu'elle ne s'écroule au sol. Une fois vêtements et chaussures enfilés, elle s'assura que personne ne traînait dans le couloir puis se rendit à l'appartement d'Estelle pour récupérer les jumeaux, tous deux à moitié endormis. Auguste vint la rejoindre, prenant Aurore contre lui, ce qui la soulagea, la suivant ensuite pour aller les coucher. Elle le remercia du regard, montant doucement au troisième étage, rentrant dans son propre appartement. Il y avait comme un vide, ici, depuis que Cyprien était venu récupérer toutes ses affaires, le matin. Tâchant de ne pas y prêter garde, elle poussa la porte de la chambre d'enfants du pied, couchant ensuite ses petits dans leur lit, côte à côte, remonta en douceur la couverture sur eux pour ne pas les réveiller.

– Bonne nuit, reprit-il en se hissant sur la pointe des pieds pour embrasser Auguste sur les lèvres.

Peut-être vivront-ils vraiment ensemble, mais ce sera alors loin de cette école et du pensionnat, aucun risque ne pouvait être pris sur ce terrain. Elle le raccompagna jusqu'à a porte, le saluant une dernière fois avant de refermer derrière elle puis d'aller se coucher.

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