1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Futurs lycéens

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Auguste de la Valière
Professeur de Mathématiques
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MessageSujet: Futurs lycéens   Lun 12 Oct - 18:30

Un mélange de crainte et d'excitation flottait dans l'heure, ambiance si caractéristique de toutes les rentrées scolaires, quelle que soit l'école. Il était amusant d'observer les expressions des élèves alors qu'ils traversaient les couloirs, certains cherchant la salle de la pratique feu avant de courir dans le parc pour ne pas arriver en retard, une fois le bon chemin retrouvé. Ah là là, il allait falloir un certain temps avant que tous ne puissent s'habituer. Les moins perturbés étaient les sixièmes, finalement, qui découvraient l'école avec un regard neuf. La cloche venait de sonner, il restait encore une heure de cours avant le déjeuner, les gamins venaient de découvrir qui étaient leurs nouveaux professeurs principaux et faisaient leurs premiers pas dans cette nouvelle année. Se ré-habituer à porter un uniforme, ce qui ne plaisait guère à tout ce jeune peuple court sur pattes, regarder son emploi du temps en râlant un peu pour la forme, faire des commentaires sur les professeurs, sur les devoirs, les salles de classe. Auguste pourrait être dans n'importe quelle autre école de France, ce matin-là, selon ce qu'il voyait et entendait. Comme si aucun problème ne touchait le pensionnat, comme si rien ne pouvait perturber les élèves. C'était une toute nouvelle année qui débutait, chacun devait secrètement espérer qu'elle se déroule mieux que l'année précédente.

Il arriva à sa salle de classe en même temps que les premiers élèves qu'il allait avoir en cours, ses dossiers de cours sous le bras, vêtu d'un pantalon en toile noire et d'une chemise bleu foncée, retenant un sourire devant les gamins qui, levèrent la tête avec un regard un peu ahuri. Il est vrai qu'Auguste avait une très bonne carrure, dépassant le mètre quatre-vingt quinze avec une bonne masse musculaire très solide. Il déverrouilla porte, s'écartant pour laisser passer les enfants puis déposa ses dossiers sur son bureau. Il savait qu'il sera difficile de reprendre en main des classes traumatisées par leur ancienne enseignante, beaucoup de gamins avaient dû être dégoûtés des mathématiques. Pourtant, ce n'était pas une matière si difficile que cela, en soit, tout était une question de logique et de bon sens. Il allait devoir les rassurer avant toute chose... S'asseyant à son bureau, pendant que les élèves arrivaient petit à petit en bavardant e en échangeant des commentaires sur leurs trois premières heures de cours, il consulta rapidement ses fiches de synthèse. On l'avait mis en garde pour deux des élèves de sa classe de cette heure. La petite Karinof, qui avait vu son don se développer assez fort et qui risquait d'avoir des ennuis avec en cas de forte émotion, et le jeune Alexis Robert, qui lui avait essayé de se tuer avec les siens. Il releva brièvement les yeux pour repérer leurs visages, les voyant au milieu des autres élèves, s'installant. Très bien.

Une fois tout le monde assis, il referma la porte de la salle de classe puis commença par leur dire bonjour, ajoutant qu'il espérait qu'ils aient tous passés de bonnes vacances. La plupart avaient pris soin de sortir de quoi prendre des notes, visiblement attentif. Auguste devait sans doute attiser une certaine curiosité, remplaçant la folle psychopathe, d'autant plus qu'avec sa taille et ses cheveux bien roux, il était facilement repérable. Il indiqua qu'il avait déjà été professeur à temps partiel au pensionnat mais qu'il s'était absenté pour raisons familiales, pouvant finalement revenir pour de bon, à temps plein, cette année. Il écrivait son nom au tableau, avec la bonne orthographe, se tournant ensuite vers sa classe, assez souriant.

– Vous êtes en troisième, maintenant, autrement dit votre dernière année au collège. C'est un passage important pour vous car c'est durant cette année qu'il faudra vérifier que toutes les connaissances du collège sont bien acquises, afin que, l'année prochaine, vous puissiez commencer le lycée sur de bonnes bases. L'enseignante qui me précédait n'ayant pas pu me fournir vos dossiers, je vais commencer par vous évaluer afin de savoir où vous en êtes. Pas d'inquiétude inutile, ce ne sera pas noté, je veux simplement me faire une idée de votre niveau, afin d'adapter mes prochains cours avec votre classe.

Il passa entre les rangs pour distribuer les copies de l'examen qu'il avait préparé, comprenant six pages de questions rapides, portant sur tous les sujets vus en mathématiques durant les trois premières années du collège, de la sixième à la quatrième. C'était très rapide. Il ajouta de le faire sans réfléchir longtemps, ils savaient, ne savaient pas, ou hésitaient, voilà tout, c'était une appréciation générale et il ne fustigera pas celui qui aura plus de mal à répondre. Il s'assit à son bureau le temps que tout le monde réponde. Un silence s'installa dans la classe, on entendait juste le grattement du papier et parfois un soupir. Pendant qu'ils répondaient, Auguste lut les notes qu'il avait pu récupérer, sur les différentes classes, ayant du mal à se retrouver dans l'organisation très désordonnée de la femme d'Adrien. Au bout d'une vingtaine de minutes, il ramassa les copies, les posant en tas sur un coin de son bureau. Parfait, voilà qui était fait.

– Les mathématiques ont besoin de deux autres choses pour être assimilées, reprit-il en marchant sur l'estrade, devant le tableau noir. Deux choses très simples qui sont la logique et le bon sens. Je suis là pour juger votre travail et vous faire progresser. Un élève étudiant correctement mais ayant des difficultés dans la matière n'aura aucun problème avec moi. Je ne me fâcherai qu'avec ceux qui mettront de la mauvaise volonté à l'ouvrage. Compris, tous ?

Il balaya la salle du regard pour s'en assurer puis prit une craie et effaça son nom, notant à la place la date du jour puis le nom de la leçon, à savoir le théorème de Pythagore. Rien de très dur pour débuter, les rentrées étaient assez dures et ce n'était que la dernière heure de la matinée, ils devaient rester en forme pour les cours de l'après-midi. Il reposa la craie et se frotta les mains, se tournant à nouveau vers les petits troisièmes.

– Vous aurez la correction de vos copies au prochain cours, en attendant, au travail. Prenez votre cahier et ouvrez votre livre à la page douze. On va débuter l'année en douceur par quelques révisions de votre année de quatrième, ça ne fera de mal à personne. Mademoiselle Karinof, par exemple, que pouvez-vous nous dire sur ce sujet ? Ah, et j'en profite pour ajouter que le premier qui se moque des réponses d'un autre élève sera mis en retenue une semaine entière. Mademoiselle, nous vous écoutons.

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Laura K. Nakajima
Collégienne
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MessageSujet: Re: Futurs lycéens   Dim 15 Nov - 23:16

Laura avait mal dormi. Elle n’avait cessé de penser aux paroles de son frère et de son petit ami, à la discussion qu’ils avaient eue ensemble la veille, aux choses qu’ils lui avaient caché pour « la protéger ». A tous ces mois passés sans qu’ils ne la mettent au courant alors qu’elle aurait pu les aider. Elle aura attendu jusqu’à la rentrée ! Combien de temps comptaient-ils lui cacher toute cette histoire, au juste ? Combien de temps encore espéraient-ils l’écarter des problèmes alors qu’ils les avalaient tout entier depuis des jours, des semaines, des mois ? Oui, Laura leur en voulait. Antoine avait beau lui dire qu’il voyait qu’elle avait grandi, elle avait de sérieux doutes là-dessus et pensait qu’il ne voyait rien du tout. Ne lui faisaient-ils pas assez confiance ? Elle savait se montrer prudente ! S’ils lui avaient dit tout cela bien plus tôt, Laura aurait compris bien des choses sans plus faire de bêtises comme elle en avait fait, elle aurait agi de manière plus intelligente sans foncer dans le tas. Mais là, non, ils l’avaient tenue à l’écart... Elle avait passé des jours à veiller sur son frère, à s’inquiéter, alors que ce n’était « que » son don qui se développait en plus des conséquences des tests qu’il avait subis. Mais non, il n’avait rien dit. Absolument rien.

Laura rangea ses affaires d’un geste rageur, furieuse malgré toute la matinée passée en cours. Elle écoutait, oui, mais les professeurs faisaient souvent des rappels ou présentations des programmes pour l’année, répétant que les choses allaient changer et qu’ils étaient dans leur dernière année du collège. C’était bon, ils avaient compris la première fois, pas la peine de le leur répéter à chaque cours. Mais soiiit, rester calme. Elle était un petit peu à cran, aujourd’hui, voilà tout. Peut-être était-ce aussi à cause de l’horaire des cours... Elle avait vu qu’ils avaient un cours d’élément ce soir, dès le premier jour de la rentrée, et tomber dans un groupe qu’elle ne connaissait pas avec son élément qu’elle ne maîtrisait pas l’effrayait un peu. Oui, il y avait Antoine, mais là, même lui, elle n’avait pas envie de le voir. Elle lui en voulait, il lui faudrait quelques jours pour digérer la nouvelle et tout irait bien ensuite. Laura ne lui avait rien dit, agissant avec lui normalement mais elle l’avait un peu plus évité que d’habitude, ne courant pas dans ses bras à la pause, par exemple. C’était parfaitement puéril, oui...

Julie – Eh, Laura, vite, on va être en retard au cours de maths !

Laura – Depuis quand on se dépêche pour y aller ?

Julie – Depuis qu’il y a un nouveau prof apparemment extra et super beau !

Eclatant de rire, la collégienne suivit son amie, assise exceptionnellement à côté d’elle en histoire-géo d’ailleurs, et elles filèrent en cours de maths. Devait-elle lui dire que c’était peine perdue et que le « super beau prof de maths » était déjà pris ? Bof, non, elle le remarquerait assez tôt toute seule. Peut-être. D’ailleurs, Julie n’était pas la seule à dévisager leur nouveau professeur, beaucoup d’élèves étaient arrivés bien plus tôt que d’habitude là où la moitié arrivait à la limite du retard avec madame de Sora. En tendant l’oreille, Laura perçut certaines conversations dans lesquelles les autres élèves imaginaient ce que leur professeur avait dû faire à la Hyène pour lui prendre effectivement sa place, certains discutant de ses beaux yeux, d’autres de la couleur de ses cheveux, d’autres encore imaginant une relation entre lui et la professeure de l’élément feu juste parce qu’ils avaient la même couleur de cheveux. Les plus raisonnables disaient simplement qu’ils étaient peut-être de la même famille, sinon pourquoi aurait-il une telle carrure ? Sous-entendu, personne n’avait oublié le cours de madame Morin. Une chose est sûre, ce prof ne laissait personne indifférent. Laura, elle, n’était pas particulièrement impatiente, elle l’avait déjà vu chez son ex-tante et lui avait même parlé. Alors bon, de l’impatience...

Julie – Allez, vite, viens, viens, viens ! dit-elle en la tirant par le bras. Eeeeh, pas derrière, devant !

Laura – Qu... Quoi ? Mais Juliiiie...

Sans avoir eu son mot à dire, Laura fut traînée tout devant, au deuxième rang, à côté de son amie qui l’avait tirée par le bras pour qu’elle s’installe juste à côté d’elle. C’était un coup bas, ça ! En plus, non, désolée mais les maths n’étaient pas sa tasse de thé. Elle avait travaillé dur pendant des semaines pour récolter des points potables et réussir son année, elle n’avait pas envie de se coller tout devant uniquement pour observer un prof qui était amoureux de la directrice ! La collégienne supplia son « amie » pour aller derrière et changer de place, la harcelant littéralement pour ne pas rester tout devant alors qu’elle-même saluait le professeur avec un grand sourire. Mais rien à faire, elle ne démordait pas de sa décision et voulait rester ici, absolument. Désespérée, Laura laissa tomber sa tête sur ses bras repliés sur le banc en soufflant.

Elève – Oh non... On doit aller derrière...

Laura – Non, non, non, viens ! Tiens, je te laisse la place et il y a encore une place derrière ce banc donc vous pouvez vous y mettre toutes les deux. Salut, Julie, bon cours !

Laura fit un grand geste de la main à Julie et fila s’installer derrière à une distance raisonnable du professeur, trouvant Alexis au passage qui s’était installé derrière aussi. En fait, quasiment la moitié des bancs de derrière étaient occupés par des garçons, hormis quelques filles qui étaient en couple et ne bavaient pas sur le nouveau prof de maths. Déballant ses affaires, posant plume et cahier sur le banc, Laura patienta alors que monsieur de la Valière fermait la porte de la classe, les saluait, inscrivant son nom au tableau tout en leur disant qu’il espérait qu’ils avaient passé de bonnes vacances. Curieusement, le cours était très silencieux, les filles du premier banc semblaient boire littéralement les paroles du nouveau professeur. Elle-même avait baissé la tête sur son pupitre, se disant que non, les vacances n’avaient pas été excellentes, mais c’était pas grave. Et puis, franchement, revenir pour voir une telle scène en valait la peine. Toutes les filles semblaient hypnotisées, tombées sous le charme de cet homme. Bon... D’accord, pas grave, c’est normal.

M. de la Valière – Vous êtes en troisième, maintenant, autrement dit votre dernière année au collège. C'est un passage important pour vous car c'est durant cette année qu'il faudra vérifier que toutes les connaissances du collège sont bien acquises, afin que, l'année prochaine, vous puissiez commencer le lycée sur de bonnes bases. L'enseignante qui me précédait n'ayant pas pu me fournir vos dossiers, je vais commencer par vous évaluer afin de savoir où vous en êtes. Pas d'inquiétude inutile, ce ne sera pas noté, je veux simplement me faire une idée de votre niveau, afin d'adapter mes prochains cours avec votre classe.

Un... examen ? La température sembla chuter d’un seul coup dans toute la pièce mais, étrangement, les filles ne râlèrent pas. Pire que cela, elles appuyaient même leur professeur alors que les garçons, eux, protestaient en murmurant que ce professeur n’était pas mieux que la Hyène et qu’il leur faisait un examen dès la première minute du cours. Un examen... Un examen dès le premier jour ! Elle avait tout oublié, elle, comment espérait-il avoir une vision d’ensemble sur leurs connaissances en maths alors que leur ancienne prof les avait brimés depuis trois ans ? C’était stupide, ils allaient tous se planter en beauté. Laura prit le tas de feuilles que venait de distribuer monsieur de la Valière entre ses mains, y jetant un rapide coup d’œil, passant toutes les questions en revue. C’était loin... Très loin. Elle connaissait certaines choses, ça oui, surtout pour avoir passé des heures à faire des exercices. Mais le reste...

Laura lança un regard perdu au professeur qui venait de se rasseoir à son bureau, désespérée. Bon, allez, on réfléchit, il savait sûrement ce qu’il faisait et devait connaître la femme de l’infirmier, il avait déjà travaillé ici. Alors, s’il proposait ces exercices, c’est qu’ils étaient capables de les faire... Non ? Baissant le regard sur sa copie, la collégienne trempa sa plume dans l’encrier, réfléchissant tout en calculant. Les problèmes, même pas la peine d’essayer, trop difficile. En revanche, les calculs mentaux pas trop élaborés et l’algèbre, elle maîtrisait... Plus ou moins. Trop difficiiiile ! C’était trop loin, comment voulait-il qu’ils y arrivent, sincèrement ? Mordillant un peu le bout de son stylo, Laura griffonna une vague sur le coin gauche de sa copie en laissant tomber pendant quelques minutes avant de se reconcentrer sur ses exercices, envoyant valser loin, très loin la discussion avec Jasper et Antoine. Elle avait des périodes d’absences, parfois, surtout lorsqu’elle décrochait en cours mais ce n’était rien. Se ressaisissant un peu, elle entreprit de terminer l’examen sans savoir si ce qu’elle faisait était correct ou non, travaillant d’après ses souvenirs et les heures passées à faire des exercices, ayant encore l’impression que tout était faux comme avec madame de Sora. Laura laissa sa copie sur le coin du banc, retournée, évitant de regarder le prof lorsqu’il passa à côté d’elle pour reprendre les feuilles. Voilà une année qui commençait bien...

M. de la Valière – Les mathématiques ont besoin de deux autres choses pour être assimilées, reprit-il en marchant sur l'estrade, devant le tableau noir. Deux choses très simples qui sont la logique et le bon sens. Je suis là pour juger votre travail et vous faire progresser. Un élève étudiant correctement mais ayant des difficultés dans la matière n'aura aucun problème avec moi. Je ne me fâcherai qu'avec ceux qui mettront de la mauvaise volonté à l'ouvrage. Compris, tous ?

Laura hocha la tête en même temps que les autres élèves, un petit peu rassurée par ce discours même si son regard fut irrémédiablement attiré par le tas de copies d’examen posé sur le coin du bureau. C’était elle ou ce discours n’était pas très, très logique ? Dire que les efforts seront récompensés et donner un examen dès la première heure de cours, sachant qu’ils avaient tous été traumatisés par l’ancienne prof de maths... C’était peut-être son esprit négatif pour l’instant, ou sa colère, elle n’en savait trop rien, mais Laura avait du mal à croire ce que disait monsieur de la Valière, pour le coup. Enfin, ne pas juger trop vite, elle se trompait peut-être. Ce prof pouvait être très bien, seulement sévère et rien d’autre. Après tout, la directrice l’aimait... C’était un gage de sûreté, non ? Leur prof effaça soudain son nom du tableau pour y écrire « Théorème de Pythagore », faisant froncer les sourcils à Laura. Le théorème de Pythagore... C’était ce truc avec la mesure des triangles, c’est ça ? Ou elle se plantait ?

M. de la Valière – Vous aurez la correction de vos copies au prochain cours, en attendant, au travail. Prenez votre cahier et ouvrez votre livre à la page douze. On va débuter l'année en douceur par quelques révisions de votre année de quatrième, ça ne fera de mal à personne. Mademoiselle Karinof, par exemple, que pouvez-vous nous dire sur ce sujet ? Ah, et j'en profite pour ajouter que le premier qui se moque des réponses d'un autre élève sera mis en retenue une semaine entière. Mademoiselle, nous vous écoutons.

... Elle ? Laura déglutit en regardant son professeur puis les autres élèves, personne n’osant faire le moindre commentaire. Elle devait vraiment parler, là ? Bon, heu... Rassemblant tous ses souvenirs à grande vitesse, elle chassa les souvenirs des vacances, tenta de se maîtriser et se maîtriser son stress pour ne pas avoir d’accidents, et se concentra sur son cours de maths. Ce n’était pas très difficile, elle avait vu tout cela. Se mordant les lèvres, Laura fixa le sujet du cours inscrit au tableau, se levant pour se mettre à côté de son bureau, mains jointes derrière le dos. Le théorème de Pythagore... Bon, allez, ce n’était pas compliqué, elle connaissait cette matière et avait même plutôt bien réussi son examen. Alors, ce n’était pas sorcier.

Laura – Je... C’est... C’est quelque chose qui permet de mesurer la surface d’un triangle. Je veux dire...

Laura fit une petite pause, regardant à nouveau les mots inscrits au tableau. Elle ne savait pas trop pourquoi elle stressait comme cela, en fait, c’était sans doute le contrecoup de la rentrée, son don qui faisait encore des siennes et le stress d’être interrogée en maths alors qu’elle ne maîtrisait pas cette matière. Pas aussi bien que d’autres. Il aurait pu interroger n’importe quel autre élève ! Pourquoi était-ce tombé sur elle, hein ? C’était ridicule. Mais soit, continuer. La collégienne se reprit, respirant en prenant une petite inspiration pour continuer sa réponse.

Laura – Je vous demande pardon, ce n’est pas... Je pense que nous avons tous été un peu... traumatisés par le cours de maths. C’est un théorème qui permet de mesurer la longueur des côtés d’un triangle grâce au carré de l’hypoténuse. « Le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des côtés de l’angle droit. On avait vu qu’on nommait chaque sommet avec une lettre et ça permettait de vérifier qu’un triangle était bien rectangle, on peut aussi calculer la longueur d’une inconnue grâce à ce théorème. Mais je peux me tromper... Je suis désolée, c’est... vieux.

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Auguste de la Valière
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MessageSujet: Re: Futurs lycéens   Jeu 26 Nov - 15:00

Soit, il ne fallait guère perdre de temps en ce début d'années avec des sujets normalement connus et maîtrisés mais Auguste était navré, il ne pouvait faire l'impasse comme il ignorait totalement le niveau actuel de ses classes, il n'avait pu récupérer aucun dossier sur eux, le professeur précédent n'ayant visiblement jamais pris la peine de tenir un dossier de suivi pour chacun de ses élèves. Ce n'était pourtant pas bien compliqué, il suffisait de suivre la moyenne, noter les évolutions, points forts et faiblesses, ainsi que des remarques sur le travail fourni par l'élève, un suivi aussi rapide à faire qu'utile. Mais il fallait croire que ce n'était pas jugé si utile que cela par tout le monde. Enfin soit. Il jeta un coup d'œil à la petite, qui mettait bien du temps à se lever pour répondre. Un peu d'énergie, les jeunes ! Ils n'allaient pas y passer la journée non plus, surtout pour ce genre de sujets, c'était censé être acquis, validé, bien mémorisé. Prof suspecte ou non, rien n'empêchait un élève de travailler de lui-même pour revoir toutes ces notions lorsqu'elles n'étaient pas bien acquises, il ne fallait pas attendre que tout nous tombe tout cuit dans le bec, ces jeunes n'avaient plus quatre ans. Certes, il ne fallait pas croire au père Noël, mais Auguste espérait encore malgré lui que ces enfants auront fait l'effort de bosser par eux-mêmes sans se cacher pour de bon derrière l'excuse "mais la professeur était méchante".

– Je... C’est... C’est quelque chose qui permet de mesurer la surface d’un triangle. Je veux dire...

Espoir anéanti en une minute, cinquante secondes et treize dixièmes, très exactement. "Quelque chose qui permet de mesurer la surface d'un triangle", hum, plus approximatif encore ? Cette leçon était pourtant du niveau d'une classe de cinquième et ces enfants étaient en troisième, soit la dernière année avant le lycée, cela pouvait sincèrement effrayer. Se rendaient-ils compte de ce qu'on allait leur demander une fois au lycée ? Auguste ne pensait pas et commençait à avoir des doutes sur les résultats qu'il avait imaginé pour le fameux test de toute à l'heure, il était peu probable que la moyenne soit atteinte. Les mathématiques, ce n'était pas de la philosophie. Soit la réponse était juste, soit elle était fausse, point final, il n'y avait pas à y passer des heures, on savait ou non. Allez, on fouille dans ses souvenirs, hop ! Ce n'était pas bien compliqué d'être logique, il suffisait de garder la tête froide et de se servir de son cerveau. C'était douloureux quand on ne le faisait plus depuis des mois mais une fois remis en route, ça fonctionne tout seul.

– Je vous demande pardon, ce n’est pas... Je pense que nous avons tous été un peu... traumatisés par le cours de maths. C’est un théorème qui permet de mesurer la longueur des côtés d’un triangle grâce au carré de l’hypoténuse. « Le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des côtés de l’angle droit. On avait vu qu’on nommait chaque sommet avec une lettre et ça permettait de vérifier qu’un triangle était bien rectangle, on peut aussi calculer la longueur d’une inconnue grâce à ce théorème. Mais je peux me tromper... Je suis désolée, c’est... vieux.

–  Vieux, non, vous avez dû revoir cela l'année dernière, ce sont des connaissances de base au collège. Rasseyez-vous, mademoiselle. Sachez, les jeunes, que le sujet "la prof n'était pas gentille avec nous" n'est pas une excuse justifiant que l'on ait jamais travaillé de soi-même pour acquérir les notions élémentaires de cours.

Il lança à tout le monde de prendre leurs cahiers et de quoi écrire, se retournant pour noter au tableau la définition exacte du théorème. Entendant un commentaire désobligeant dans son dos, il ajouta sans se retourner que ceux qui n'étaient pas d'accord avec ce qu'il venait de leur dire pouvaient prendre la porte tout de suite et aller voir ailleurs si l'herbe était plus verte, il ne comptait pas les retenir. Le bruit de grattements du papier avait envahi la salle, d'un coup, chacun mettant le nez dans son cahier pour recopier la définition du théorème. Auguste vérifia d'un coup d'œil si tout le monde dans la salle prenait bien des notes, ils étaient ici pour progresser et non pas pour faire la mauvaise tête. Du moins, ceux qui tenaient absolument à bouder n'étaient pas les bienvenus dans son cours. Descendant de l'estrade, il vérifia rapidement que tout le monde avait terminé de noter, faisant taire d'un regard deux élèves penchés l'un sur l'autre à bavarder. La récréation était faite pour cela, pour le moment, ils étaient en cours, un minimum de discipline était exigée.

– Ce théorème est une propriété permettant de calculer les longueurs dans un triangle rectangle. L’hypoténuse est donc le plus grand des trois côtés. Afin d'utiliser ce théorème, il est nécessaire de connaître la valeur d'au moins deux côtés, afin de calculer la longueur du troisième. Ce théorème est surtout utile pour mesurer les distances qu'on ne peut pas calculer si simplement, comme les grandes distances sur la terre et dans l'espace. Nous allons refaire des exercices afin de rafraîchir la mémoire. Soyez attentifs, je vérifierai au prochain cours que vous avez tous correctement révisé. Posez des questions si vous ne comprenez pas.

Auguste leur fit ouvrir leur livre aux dernières pages, là où le manuel donnait un panel d'exercice de révisions des années précédentes. Le premier exercice se fit en commun, un élève lut l'énoncé puis le professeur nota les explications au fur et à mesure, ré-expliquant le théorème en interrogeant les élèves et en reposant les bases. Ce ne fut qu'au bout de quelques minutes qu'une élève toute petite, placée devant, osa lever la main pour poser une question. Curieusement, cela parut désinhiber les autres qui eurent alors plus de facilité à demander ce qu'ils ne suivaient pas. Il écrivait la réponse d'un élève lorsqu'il en vit trois autres, tout au fond de la classe, jouer avec des avions en papier. Levant les yeux au ciel, agacé, il se retourna puis envoya aussi sec une petite flèche d'étincelles qui brûla aussitôt les avions en quelques secondes, arrachant un cri de surprise aux gamins perturbateurs.

– Vous demanderez à votre professeur de foudre de vous apprendre ce tour-là, pour ceux qui maîtrisent cet élément, dit-il ensuite d'un ton très naturel, comme s'il ne s'était rien passé. Quand à vous trois, si vous ne voulez pas recevoir une retenue dès le premier jour, je vous conseille d'être attentifs. Reprenez, mademoiselle Dumont, c'était très bien.

Il termina d'inscrire ce que la jeune fille expliquait, reprenant ensuite depuis le début plus rapidement, point par point, pour être certain que tout le monde comprenne bien.

– Autre exercice pratique, maintenant, venez au tableau monsieur Robert.

Il nota l'énoncé puis tendit la craie à son élève lorsqu'il arriva, lançant aux autres qu'ils pouvaient tours aider si Alexis bloquait ou s'ils ne comprenaient pas, ce cours devait rester un minimum vivant.

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MessageSujet: Re: Futurs lycéens   Lun 7 Déc - 11:59

–  Vieux, non, vous avez dû revoir cela l'année dernière, ce sont des connaissances de base au collège. Rasseyez-vous, mademoiselle. Sachez, les jeunes, que le sujet "la prof n'était pas gentille avec nous" n'est pas une excuse justifiant que l'on ait jamais travaillé de soi-même pour acquérir les notions élémentaires de cours.

Au revoir la hyène et bonjour au grand rouquin aussi sévère qu'elle, bravo pour le changement... Et un prof ressemblant à monsieur Redfire, par exemple, ce n'était pas autorisé ? Lui au moins n'avait pas un regard du genre "Je meure d'envie de tous vous étriper mais je me retiens". Alexis baissa la tête pour prendre de quoi écrire, comme les autres, au moment où le prof rappelait à l'ordre deux bavards au fond de la salle. La Hyène n'avait jamais réussi à voir qui bavardait vraiment dans son dos mais il fallait croire que ce n'était pas le cas de ce type. Quelle joie... Le jeune homme n'avait jamais vraiment détesté les cours de maths, il aimait bien la logique et les sciences, par contre, il n'était pas un fan de la façon dont cette matière était enseignée ici. Notant ce qu'il y avait d'écrit au tableau, sa concentration décrocha peu à peu, sans qu'il y prenne garde. Il repensait à cet été, à tout ce qui s'était passé, au petit Lucas qui devait aussi vivre sa première journée à l'école primaire du village. Alexis, au fond, n'avait toujours pas abandonné l'espoir d'en finir. Il était lassé, tout simplement, ne parvenant pas à imaginer le moindre avenir. Que pouvait-il faire, véritablement ? Ses parents refuseront de l'aider à payer la moindre formation pouvant lui offrir un métier. Avec ce qu'il avait étudié au pensionnat, il pouvait exercer des métiers du commerce, de la vente, aller en usine, effectuer des travaux de secrétariat ou il ne savait quoi encore. C'était une vie sans goût, qui l'attendait, une vie avec un don contraignant dont il ne voulait pas. Une vie où il n'aura même plus de famille puisque ses parents voulaient le jeter le plus loin possible. Alors à quoi bon...

– Ce théorème est une propriété permettant de calculer les longueurs dans un triangle rectangle. L’hypoténuse est donc le plus grand des trois côtés. Afin d'utiliser ce théorème, il est nécessaire de connaître la valeur d'au moins deux côtés, afin de calculer la longueur du troisième. Ce théorème est surtout utile pour mesurer les distances qu'on ne peut pas calculer si simplement, comme les grandes distances sur la terre et dans l'espace. Nous allons refaire des exercices afin de rafraîchir la mémoire. Soyez attentifs, je vérifierai au prochain cours que vous avez tous correctement révisé. Posez des questions si vous ne comprenez pas.

Allez, encore une interrogation de prévue, il était définitivement pire que leur ancienne prof. Alexis feuilleta les pages de son livre avec une mauvaise volonté évidente pour arriver à celle des exercices, tout comme son voisin de table qui était très occupé à dessiner une lignée de mosaïques dans un coin de son cahier, au crayon de bois. Toute la classe dû participer au premier exercice, chacun était interrogé, après que Sandra ait lut l'énoncé. Elle avait une jolie voix, Alexis l'avait parfois entendu chantonner dans le foyer des élèves, appréciant beaucoup lorsqu'elle se décidait à chanter plus fort pour que tout le monde en profite. Il la voyait bien se lancer dans le chant ou le théâtre. Le prof parlait, expliquait, couvrait le tableau de notes, de tracés et de chiffres, sous le regard un peu éteint d'Alexis dont l'intérêt baissait à grande vitesse. Il aimait bien plus les sciences que les mathématiques, au fond, même si les deux requéraient une certaine forme de logique. Puis le prof de SVT était gentil et expliquait bien. Prof qui devait être divorcé, d'ailleurs... Il avait passé la fin des vacances à dormir à l'appartement de la prof de foudre, ce qui avait considérablement choqué Alexis lorsqu'il l'avait vu la première fois. Son mariage n'aura pas duré longtemps, mais bon, vu le tempérament de la directrice, c'était peut-être normal, il était très différent d'elle. Et il préférait encore madame Dumoulin à la directrice, elle était moins flippante. Leur prof se retourna tout à coup et expédia une nuée d'étincelles avec force, brûlant les avions en papier avec lesquels jouaient des élèves au fond. Alexis avait sursauté, comme la majorité de la classe, ne s'étant franchement pas attendu à ça.

– Vous demanderez à votre professeur de foudre de vous apprendre ce tour-là, pour ceux qui maîtrisent cet élément, dit-il ensuite d'un ton très naturel, comme s'il ne s'était rien passé. Quand à vous trois, si vous ne voulez pas recevoir une retenue dès le premier jour, je vous conseille d'être attentifs. Reprenez, mademoiselle Dumont, c'était très bien.

Donc il maniait la foudre, d'accord, très bien, message reçu, et il s'en servait parfaitement naturellement en classe pour calmer les perturbateurs. Bon sang, cet homme s'entendrait bien avec la directrice, il avait l'air d'avoir le même caractère. Le plus grand silence était tombé sur la salle, chacun notant tout à coup tout ce qui était dit avec un soin maniaque.

– Autre exercice pratique, maintenant, venez au tableau monsieur Robert.

L... Lu... Lui ? Très bien... Il se leva avec hésitation, encouragé d'un regard par son voisin, s'approchant du tableau et prenant avec prudence la craie que son professeur lui tendait. Non pas qu'il ait peur mais... En fait si, il avait peur, il ne pensait pas qu'utiliser la foudre comme ça soit bien autorisé, dans une salle de classe. Relisant l'énoncé, il eut un moment d'arrêt puis répondit comme il le put, aidé de temps en temps par les autres lorsqu'il ne savait plus comment continuer. En soit, ce théorème n'était pas très compliqué mais le prof à côté de lui le rendait nerveux. Donc les deux côtés, calculer l'angle. Il s'en sortit plus ou moins bien mais ce n'était guère brillant, son niveau en maths ne volait pas très haut. Rendant la craie, il se frotta les mains pour les essuyer, lors que le prof distribuait ensuite des feuilles pour faire des travaux en groupe. Alexis se retrouva avec Damien, son voisin de table, et Laura, assise devant eux. La classe s'était brusquement animée, d'un seul coup, chacun tournant les tables et poussant les bancs pour s'installer par groupes. Damien jeta un regard derrière eux avant de leur donner les copies, attrapant son crayon de bois en le mordillant.

– Vous avez vu comment il a fait flamber les avions en papier ? C'était pas mal ! Il faudra trop qu'on demande à la prof comment faire.

– Je ne suis pas sûr qu'elle accepte, sourit faiblement Alexis.

– Quand même, c'est la dernière année qu'on passe au collège ! On peut, maintenant, surtout si on va avoir la directrice comme prof l'année prochaine.

L'angoisse absolue. Les rumeurs sur ses cours étaient aussi terrifiantes que les rumeurs sur les cours de la prof de feu. Il ne répondit pas, se contentant d'hocher la tête et de lire les énoncés. Damien lui prêta un crayon de bois, qu'il s'empêcha de justesse de mordiller, lui aussi, pour faire passer la nervosité. Ils travaillèrent tous les trois durant un moment sur le premier exercice, cafouillant au départ avant de trouver la ligne directrice. Mais les choses évoluaient plus rapidement en réfléchissant à trois, là-dessus, ils avançaient bien. Enchaînant le second exercice, il se fit expliquer un autre problème avant de pouvoir continuer, se frottant un peu la nuque.

– On a cours de quoi, après le déjeuner ? marmonna Damien, son crayon entre les dents.

Hum... Alexis se pencha pour tirer son emploi du temps de son sac, lançant qu'ils avaient d'abord SVT puis deux heures de cours d'élément, donc eau pour Laura et foudre pour eux. Il jouta qu'il avait apparemment deux nouvelles salles neuves pour le feu et la foudre. Dans le parc pour le feu et dans les sous-sols de l'école pour la foudre. Damien secoua la tête, cependant, répliquant que le salle du sous-sol ne servait qu'aux lycéens. Alexis fronça légèrement les sourcils en lui demandant pourquoi, perdu. Après tout, la foudre restait la foudre, c'était dangereux.

– Ce n'est pas si dangereux que ça, au collège, dit-il en haussant les épaules. Puis Dumoulin est complètement névrosée, de toute façon, tellement coincée qu'elle brime absolument tous les entraînements. La dirlo, c'est le contraire, vaut mieux pas être à côté. Quitte à choisir, par contre, je préfère Dumoulin, on a pas peur d'être blessé en s'entraînant.

Alexis camoufla un petit rire en mettant la main devant sa bouche pour ne pas être entendue. Bon, v comme cela, ça se défendait très bien. Reprenant son crayon, il sourit à Laura, se forçant à se détendre un peu.

– Et pour votre groupe, comment ça se passe ? La prof essaye de vous noyer ?
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Futurs lycéens   Mer 23 Déc - 23:50

Prof – Vieux, non, vous avez dû revoir cela l'année dernière, ce sont des connaissances de base au collège. Rasseyez-vous, mademoiselle. Sachez, les jeunes, que le sujet "la prof n'était pas gentille avec nous" n'est pas une excuse justifiant que l'on ait jamais travaillé de soi-même pour acquérir les notions élémentaires de cours.

Laura se rassit à son banc, baissant la tête en prenant une petite inspiration, les joues un peu plus rouges. Désolée. Elle savait que ce cours devait être connu, vu et revu. Mais elle avait… stressé, voilà tout. Etre dans le Pensionnat après deux mois passés si loin de cet endroit était déstabilisant. Contrôler son don en dehors, chez monsieur Nakajima, elle y parvenait un peu et n’avait pas peur de commettre des erreurs. Or, ici… Avec tous ces militaires, elle avait peur. Peur, oui, peur de finir comme Emilie, Oscar, et tous les autres élèves qui avaient disparu. En fait, maintenant que Laura y réfléchissait, elle ressentait la même peur que celle qui l’avait envahie lorsqu’elle s’était perdue dans la caserne de Paris. Elle n’était pas rassurée, ici, pas du tout.

Ecoutant les consignes du professeur, secouant un peu la tête pour se ressaisir, Laura sortit son cahier avec un petit temps de retard et se mit à recopier la définition du théorème de Pythagore. Plongeant sa plume dans l’encrier, la collégienne parvint à se détendre un peu en écrivant, son attention focalisée sur le bruit rassurant de la plume et sur cet environnement familier. Elle s’écarta un peu de sa feuille pour laisser voir monsieur de la Valière, levant les yeux pour vérifier que c’était bon et qu’elle n’avait pas fait d’erreurs mais ça semblait correct. Déposant sa plume, Laura attendit que les autres aient terminé d’écrire et que le prof ait vérifié toutes les copies, regardant les autres élèves de la classe. Son regard tomba sur Alexis qui semblait… toujours aussi mal. Hum. Il n’allait pas mieux, depuis qu’ils s’étaient vus, en gros… Si elle pouvait, elle irait lui parler pour essayer de l’aider. Lui remonter le moral, au moins.

Prof – Ce théorème est une propriété permettant de calculer les longueurs dans un triangle rectangle. L’hypoténuse est donc le plus grand des trois côtés. Afin d'utiliser ce théorème, il est nécessaire de connaître la valeur d'au moins deux côtés, afin de calculer la longueur du troisième. Ce théorème est surtout utile pour mesurer les distances qu'on ne peut pas calculer si simplement, comme les grandes distances sur la terre et dans l'espace. Nous allons refaire des exercices afin de rafraîchir la mémoire. Soyez attentifs, je vérifierai au prochain cours que vous avez tous correctement révisé. Posez des questions si vous ne comprenez pas.

Oui, bon, d’accord, il manquait quelques détails mais sa réponse n’était pas fausse. Elle s’était quand même souvenue de la base, c’était bien ! Non ? Laura ouvrit son livre à la dernière partie, découvrant plein d’exercices de révisions sur des sujets qu’ils avaient déjà étudiés les années précédentes. Des maths, encore et toujours… Une chose est sûre, la filière scientifique n’était pas pour elle. Comment Jasper pouvait-il faire ça ? C’était indigeste ! Pire encore, il avait voulu le faire en sachant que c’était toujours l’autre prof qui donnait ce cours… Au moins, il lui échapperait et aurait monsieur de la Valière à la place. Même si, pour l’instant, Laura n’était pas spécialement convaincue que lui était mieux que l’autre… Interro dès le deuxième cours de l’année, qui dit mieux ? Avec ça, ils venaient seulement de rentrer et découvraient un peu, chaque jour, les changements dans l’école et le Pensionnat. Mais non, cela n’avait pas l’air de l’inquiéter plus que cela.

Laura se concentra sur le cours, à nouveau, écoutant l’énoncé de l’exercice et essayant de suivre les consignes et la réponse. Oui, ça va, elle comprenait, ce n’était pas bien compliqué. Il fallait seulement qu’elle reste concentrée. C’était l’environnement qui la rendait nerveuse, ce n’était pas sa faute ! Quelques jours de plus ici et tout irait mieux. Pour l’instant, elle n’était pas à l’aise, voilà tout. A cause de son don, de la fatigue, de l’été qui avait été plus épuisant que prévu… Et tout ce qu’elle avait appris des recherches de Jasper et Antoine. Elle écouta les questions des autres élèves, connaissant déjà la réponse mais l’inscrivant d’un air distrait pour s’obliger à rester concentrée. C’était stupide de ne pas être à l’aise à ce point, il fallait qu’elle se calme un peu, c’était un cours de maths ! Sans comprendre ce qui se passait, soudain, Laura fut arrachée de sa rêverie en voyant une petite flèche d’étincelles brûler des avions en papier, quelques bancs plus loin, accompagnée de cris de surprise. Levant la tête, elle comprit que c’était… Hein ? C’était le prof qui avait fait ça ?!

Prof – Vous demanderez à votre professeur de foudre de vous apprendre ce tour-là, pour ceux qui maîtrisent cet élément, dit-il ensuite d'un ton très naturel, comme s'il ne s'était rien passé. Quand à vous trois, si vous ne voulez pas recevoir une retenue dès le premier jour, je vous conseille d'être attentifs. Reprenez, mademoiselle Dumont, c'était très bien.

Il utilisait la… foudre en classe ? Il… Bon, d’accord. C’était normal, ça ? Les profs pouvaient vraiment utiliser leur don pour faire régner le calme ? Laura avala sa salive, son sentiment de malaise croissant à vue d’œil tandis qu’elle faisait le tour des dons des professeurs. Heu. A part les profs d’éléments, la directrice et monsieur Nakajima… Ah, l’infirmier aussi ! Mais heu… Les autres ? Et si leurs profs manipulaient des éléments semblables ? Laura sentit une légère vague de panique l’envahir, vague qu’elle tâcha de canaliser, essayant de se calmer. Il fallait absolument qu’elle se reprenne ! C’était parfaitement stupide d’être nerveuse à ce point-là… Ce n’était qu’un cours et, apparemment, ce prof était capable de les défendre aussi. Mais il s’était engagé dans l’armée, donc il était obligé de suivre les ordres. Ou alors, comme il était avec la directrice, il pourrait ne pas les enlever s’il en recevait l’ordre ?

Laura releva la tête pour observer Alexis, s’exhortant à ces pensées de scénario catastrophe pour se concentrer sur le cours. Son esprit était occupé par les militaires, elle avait l’impression que l’un d’eux pouvait débarquer à tout moment pour l’enlever à cause de son don. Ce qui était stupide, elle le savait, ils ne risquaient rien. Enfin, peut-être. Peut-être pas. En tout cas, ça ne pouvait pas être pire que l’année dernière. La directrice avait pris certaines choses en main, donc ce serait mieux. N’est-ce pas ? Alexis non plus ne semblait pas très concentré, éprouvant d’apparentes difficultés à réaliser l’exercice au tableau avant de revenir à sa place. Le prof annonça des travaux de groupe presqu’immédiatement, Laura se retrouvant assise en face d’Alexis et Damien dès que les tables furent déplacées. Un brouhaha s’éleva dans la classe, faisant place aux réflexions pour l’élucidation des problèmes. La collégienne plongea sur sa copie, essayant de décrypter ce qu’ils devaient faire, tirant la langue d’un air concentré.

Damien – Vous avez vu comment il a fait flamber les avions en papier ? C'était pas mal ! Il faudra trop qu'on demande à la prof comment faire.

Alexis – Je ne suis pas sûr qu'elle accepte, sourit faiblement Alexis.

Damien – Quand même, c'est la dernière année qu'on passe au collège ! On peut, maintenant, surtout si on va avoir la directrice comme prof l'année prochaine.

Ouch… Laura jeta un regard à Alexis, sachant à quel point il avait peur de la directrice. Elle l’avait remarqué lorsqu’il était venu chez elle, cet été. En revanche, elle ne comprenait pas pourquoi ils avaient une telle réaction avec leur prof d’élément. Ca ne s’était pas arrangé ? Il avait passé les vacances chez elle, non ? Ou alors, ça s’était mal passé ? Ou il y avait des rumeurs que Laura n’avait pas entendues ? Ou alors, cette prof était méchante ? Ou… Stop, stop, stop. Sentant la migraine pointer, Laura secoua un peu la tête pour se remettre les idées en place, attrapant un crayon et lisant une nouvelle fois l’énoncé avec eux.

Le début fut… laborieux. Mais dès qu’ils eurent fait le premier exercice, les autres s’enchaînèrent un peu plus vite. Ce n’était qu’un rappel, après tout. Damien et elle durent seulement expliquer le deuxième exercice à Alexis, un peu plus faible en maths. Passant sa main dans ses cheveux pour aplatir une mèche rebelle, Laura jeta un regard aux autres groupes, constatant qu’ils étaient tous en train de travailler. A part certains qui parlaient et dessinaient des caricatures du prof de maths. Mauvais plaaan… Ils ne savaient pas encore comment réagissait leur nouveau professeur mais tester ses limites était une mauvaise idée. Enfin, simple intuition, ils faisaient ce qu’ils voulaient, après tout.

Damien – On a cours de quoi, après le déjeuner ? marmonna Damien, son crayon entre les dents.

Alexis fut plus rapide qu’elle, sortant leur horaire de cours pour répondre avant de dire qu’ils avaient SVT puis élément. Le premier cours de l’année. L’anxiété de Laura grimpa en flèche tandis qu’elle se forçait à rire un peu, sourire au moins, suivant la conversation. Pour une fois, elle redoutait ce cours. A la fois parce qu’elle n’allait plus être dans le même groupe, et à la fois parce qu’elle risquait de voir, au fur et à mesure, jusqu’où son don avait vraiment évolué. Même si ça restait un don défensif, elle ne pouvait s’empêcher de penser à ce qui s’était passé dans le lac, cet été. Avec Jasper qui avait failli se noyer, qui avait été malade à cause d’elle, notamment, et de tout ce qu’ils avaient vécu.

Non, ce n’était pas sa faute, le prof d’arts martiaux le lui avait dit. Mais, désolée, ça avait du mal à entrer, elle ne pouvait s’empêcher de penser le contraire. Laura tenta de revenir à la conversation pour se changer les idées, saisissant, au vol, quelques bribes de la discussion qu’avaient Damien et Alexis. Salles déplacées, cours de foudre moins dangereux au collègue… Hein ? Ce dernier tourna la tête vers elle, lui souriant, crayon en main. Elle essaya de lui sourire à son tour mais c’était plus un sourire crispé qu’un vrai sourire. Désolée.

Alexis – Et pour votre groupe, comment ça se passe ? La prof essaye de vous noyer ?

… Raté. Et elle qui voulait changer de sujet et ne plus penser au cours d’élément, c’était ce que l’on appelle communément un échec cuisant. Mais ne pas changer de sujet, ce serait suspect. Alexis ne savait pas pour son don, elle n’avait rien dit du tout à Paris et ne l’avait, d’ailleurs, découvert qu’après sa visite. Donc, heu, pour leur groupe. SI la prof essayait de les noyer… Non. Heu. Elle pouvait, dans les groupes du lycée ? Blêmissant d’un coup, Laura ouvrit la bouche sans rien dire, s’imaginant déjà au beau milieu d’énormes vagues qui essayaient de la recouvrir, de la noyer sans lui laisser une seconde de répit. Mais non ! Stop, du calme. Si la prof d’élément eau agissait comme cela avec les élèves plus âgés, ils le sauraient. Comme avec la directrice et la prof de feu, non ? Mais si. C’était sûr et certain. Réalisant qu’elle n’avait toujours pas répondu, Laura bafouilla un « désolée », virant un peu au rouge, avant de répondre.

Laura – Heu… Je… Non, elle n’essaie pas de nous noyer. On apprend à faire des formes, à… à utiliser un peu plus notre élément et à créer de l’eau sans devoir passer par une réserve juste à côté. Et… des trucs du genre.

Laura s’interrompit, se mordant les lèvres en évitant le regard d’Alexis. La prof n’essaierait pas vraiment de les noyer, si ? Elle ne mettait pas le niveau au même stade que ses collègues et serait plus gentille avec eux, hein ? Alexis avait bien dit ça pour rire, il ne le pensait pas sérieusement ? Ou il avait entendu des rumeurs là-dessus, lui aussi ? Après tout, personne ne croyait les élèves de l’élément feu à propos de leur prof jusqu’à ce qu’ils aient vu ce qu’elle leur faisait subir… Mais leur prof les avait aidés, ce jour-là, donc elle était compréhensive ! Laura sursauta soudain, entendant son prénom d’un air paniqué juste à côté d’elle. Hein, quoi ? Au même instant, elle constata que leur banc était trempé, les feuilles avec, et que l’eau dégoulinait en grosses gouttes sur le sol. Elle n’avait pas fait exprès ! C’était sorti tout seul ! La collégienne se répandit en excuses auprès d’Alexis et Damien, leur répétant qu’elle n’avait vraiment pas fait exprès, qu’elle était désolée, qu’elle allait recopier tous les exercices.

Laura – Je suis désolée ! Je vais tout recopier, désolée, désolée, désolée !

Laura bougea leurs sacs pour éviter que l’eau ne tombe dedans, s’écartant un peu comme elle le put en accumulant les excuses et en regardant partout sauf vers Alexis pour ne pas avoir à lui expliquer. Elle n’avait pas fait exprès ! Et elle ne pouvait pas non plus lui expliquer, elle était sûre qu’il risquait de s’inquiéter, de savoir comment elle allait, tout ça… Alors que lui-même n’était pas bien. C’était un petit accident, tout allait bien. Laura leva la main, les joues toujours assez rouge, attendant que le professeur arrive jusqu’à leur table. Dès qu’il se rapprocha, elle montra la table en devenant encore un peu plus rouge, honteuse, se levant pour s’exprimer et ne pas manquer de respect.

Laura – Je… J’ai renversé de l’eau sur la table, nos… nos feuilles sont trempées et je voulais tout recopier mais les bancs sont mouillés. C’était un accident, je vous assure ! Serait-il possible d’avoir des mouchoirs ou… une serviette pour essuyer le banc et tout recopier ? Je ne l’ai pas fait exprès, je vais tout recopier, ils n’y sont pour rien.

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Auguste de la Valière
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MessageSujet: Re: Futurs lycéens   Mer 3 Fév - 10:49

Son jeune élève lui sembla bien pâle en se levant pour venir prendre la craie puis fixer le tableau. Ils étaient encore tous petits et mignons, au collège, encore bien naïfs du monde qui les entourait. C'était une innocence très difficile à préserver, surtout dans le monde actuel. La classe aida le jeune home parfois, lorsqu'il butait sur une explication ou la mise en pratique, arrachant un hochement de tête satisfait au professeur. Bien, ils étaient capables de s'entraider, au moins ! Ce n'était pas le cas dans toutes les classes et encore moins parmi les adultes, même pour un simple exercice. Il les interrompit deux fois pour corriger un élément, avant de les laisser poursuivre. Un peu cafouillis, jeune homme, dans la démarche à suivre, ce sera une leçon à réviser assez rapidement, pour le début de l'année. Auguste relut rapidement tout ce qu'il avait écrit, confirmant le résultat puis se redressa, lançant à sa classe de se séparer en petits groupe pour le prochain travail. Un fort remue-ménage remua tout à coup la salle alors que chacun se levait, tournait les bancs et les tables, poussait les sacs et les cahiers, pour se mettre en groupes de trois ou quatre.

Passant entre les rangées, il distribua les feuilles et leur donna les consignes. Certains feraient mieux de se réveiller un peu, devait-il vraiment leur rappeler une autre fois qu'ils étaient dans leur dernière année de collégien et que le lycée les attendait ? Quand tout le monde se mit au travail, il fit plus lentement le tour de la classe, regardant les groupes et s'arrêtant près de ceux qui éprouvaient visiblement de grosses difficultés au premier exercice et ne sachant pas comment se lancer.Allons, allons, ce n'étaient que des révisions, tout ce qui leur avait fourni. Il tapota du doigt sur l'énoncé, encourageant les trois jeunes garçons à se souvenir de ce qu'ils avaient vu l'année précédente, à dire ce dont ils se rappelaient, même si ce n'était pas forcément dans le bon ordre. A force de questions, il parvint à leur faire remonter quelques notions, assez vagues, en mémoire. L'un des trois finit par prendre une feuille de brouillon pour tout noter, plus vif à réagir que ses copains. Quand ils furent bien lancés, le grand rouquin passa à un autre groupe, interrompant sèchement au passage deux filles qui gloussaient bêtement au lieu de travailler. Si elles ne voulaient rien faire, qu'elles filent de suite de son cours, il n'était pas là pour perdre du temps.

La plupart des groupes avançaient vite, une fois bien concentrés. S'écartant un peu d'une table, il s'avança vers une autre lorsque la petite Karinof leva la main à son tour. Lorsqu'il arriva à leur hauteur, elle bondit sur ses pieds, cramoisie, comme si on venait de la piquer. Et bien ? Il jeta un coup d’œil à la table, la voyant trempée et les feuilles en bien mauvais état. Il secoua légèrement la tête, n'en revenant pas que des collégiens de troisième arrivent encore à perdre à ce point le contrôle de leurs nerfs qu'ils en arrivaient à ce genre d'incident. Enfin, cela n'arrivait qu'aux sixièmes d'ordinaire ! Les petits de onze ou douze ans qui ne possédaient pas encore un minimum de sang-froid et qui ne savaient pas très bien gérer ce qu'ils ressentaient. Venant de la part d'une fille de quatorze ou quinze ans, ça ne faisait plus, avait-elle donc séché tous les cours d'élément depuis le début du collège ? Même ceux dont le don évoluaient ne faisaient pas ce genre d'erreur.

– Je… J’ai renversé de l’eau sur la table, nos… nos feuilles sont trempées et je voulais tout recopier mais les bancs sont mouillés. C’était un accident, je vous assure ! Serait-il possible d’avoir des mouchoirs ou… une serviette pour essuyer le banc et tout recopier ? Je ne l’ai pas fait exprès, je vais tout recopier, ils n’y sont pour rien.

– Votre don évolue ? Même ceux avec un don très mouvant ne font plus ce genre d'incident, ça n'arrive qu'aux petits de onze et douze ans, soupira-t-il. Il va sérieusement falloir vous remettre à niveau, si vous voulez devenir lycéenne.

Il posa la main bien à plat sur le banc, se concentrant. Bois qui eut comme une sorte de frémissement et toute l'eau répandue commença à y glisser, attirée, revenant vers la main du professeur en asséchant le banc et la table au passage, tels qu'ils l'étaient il y a quelques minutes. Lorsque toute l'eau fut près de sa main, il fit une légère torsion du poignet pour la faire venir sur sa paume, formant une boule compacte qu'il envoya ensuite dans le seau, sur l'estrade près du tableau, où était l'éponge pour nettoyer le tableau. Banc, tables et feuilles étaient de nouveau secs, bien que les feuilles soient bien abîmées. Il leur donna d'autres, intactes, en leur disant de se dépêcher à noter les réponses déjà trouvées des exercices. Repartant dans la classe, il continua de faire le tour de tous les groupes pour évaluer le travail fourni, grimaçant devant certaines copies. Beaucoup avaient besoin de s'y remettre sérieusement et vite. Lorsque le temps imparti fut écoulé, il reprit la craie pour faire une correction commune, une fois la classe remise dans son état initial.

– En passant dans vos groupes, j'ai vu beaucoup de confusions, qui pourraient être évitées en vous concentrant ! Faites attention à ça, vous serez seul face à votre copie, le jour des examens. Miss Julia, vous êtes priée de cesser de bavarder avec votre voisine.

Il nota la correction du premier exercice, interrogeant parfois ses élèves pour bien s'assurer qu'ils suivaient le cours et comprenaient tout ce qu'il disait. Cette classe était bien trop dissipée à son goût, il était temps qu'ils réalisent tous que l'excuse « C'est pas notre faute, on a été traumatisé par madame de Sora » ne fonctionnait pas avec lui. Pas du tout, même.

– Monsieur Robert, évitez de vous endormir, siffla-t-il en passant à l'exercice deux. Donnez plutôt les résultats que votre groupe a trouvé pour cet exercice.

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MessageSujet: Re: Futurs lycéens   Mar 29 Mar - 18:39

– Heu… Je… Non, elle n’essaie pas de nous noyer. On apprend à faire des formes, à… à utiliser un peu plus notre élément et à créer de l’eau sans devoir passer par une réserve juste à côté. Et… des trucs du genre.

Elle ne l'avait tout de même pas pris sérieusement, lorsqu'il parlait de noyade, il avait dit cela pour plaisanter ! Enfin, essayer, il n'avait pas un humour très bon et là, c'était visible, il lui avait fait peur. Culpabilisant, il chercha un moyen de la rassurer et de lui dire pardon, il n'avait vraiment pas voulu l'effrayer, c'était promis, il... Sautant en arrière, il vit d'un coup que de l'eau se déversait avec brutalité sur le banc et les feuilles, le faisant se lever d'un bond, tout comme les deux autres. Eh, d'où ça sortait ?! Qui était le petit malin qui s'amusait à leur gâcher leurs affaires ? Il ouvrait la bouche pour demander lorsqu'il vit Laura s'excuser à toute vitesse avec un air paniqué. Hein, c'était elle ? Elle répétait en boucle qu'elle n'avait pas fait exprès et qu'elle allait tout recopier. Mais pourquoi son don était sorti comme ça ? Il la regardait sans comprendre, perdu et perplexe, essayant de saisir ce qui avait bien pu se passer. Tout était dévasté, trempé, leurs feuilles étaient devenues illisibles. Et toute la classe les regardait, certains souriant ouvertement, les autres secouant la tête avec un air blasé.

– Je suis désolée ! Je vais tout recopier, désolée, désolée, désolée !

Elle paniquait littéralement, alors que Alexis restait parfaitement stoïque, le contraste en devenait effrayant. Plus car il n'arrivait plus à s'énerver et extérioriser que parce qu'il était vraiment calme, par ailleurs. Laura bougea leurs sacs, même si l'eau ruisselait déjà dessus. La prof venait d'arriver à leur table, toute la classe parfaitement déconcentrée et les regardant comme s'ils étaient au zoo. Alexis eut un léger soupir, détestant être au centre de l'attention, surtout pour ça, ça enflait les rumeurs. Laura avait peut-être du mal à contrôler son élément, elle aussi ? Au moins, elle l'aimait bien, elle pourra apprendre à le maîtriser et s'en servir, même si ça sera plus difficile par moments. Il eut un faible sourire en la regardant, tirant peu à peu une croix sur elle. Elle aimait un autre et tout cela n'avait guère d'importance, de toute façon. Il ne se souciait plus de l'avenir.

– Je… J’ai renversé de l’eau sur la table, nos… nos feuilles sont trempées et je voulais tout recopier mais les bancs sont mouillés. C’était un accident, je vous assure ! Serait-il possible d’avoir des mouchoirs ou… une serviette pour essuyer le banc et tout recopier ? Je ne l’ai pas fait exprès, je vais tout recopier, ils n’y sont pour rien.

– Votre don évolue ? Même ceux avec un don très mouvant ne font plus ce genre d'incident, ça n'arrive qu'aux petits de onze et douze ans, soupira-t-il. Il va sérieusement falloir vous remettre à niveau, si vous voulez devenir lycéenne.

Dur, ce prof-là, quand même, il ne laissait rien passer. Il posa la main bien à plat sur la table, fronçant un peu les sourcils. L'eau se mit à se mouvoir, lentement, ruisselant à l'envers vers la main du prof, sous le murmure fasciné de Damien qui avait les yeux écarquillés. La table et le banc s'asséchaient, on aurait dit de la magie. Il maniait l'eau et la foudre comme la directrice ? Il paraît que ces dons-là se complétaient très bien, leur prof leur avait déjà sorti ça, à un cours. Le prof de maths tourna ensuite sa main, rassemblant toute l'eau en une boule assez grosse et compacte, dans le silence le plus complet, tout le monde le regardait. La boule termina sa course lancée dans le seau près du tableau, geste qui rompit d'un seul le silence quasi divin s'étant abattu sur la classe. Alexis se secoua lui aussi, clignant des yeux en revenant à la réalité. Ça, c'est ce qu'on appelait une maîtrise calme et contrôlée. Il prit la feuille qu'on lui tendait pour recopier vite fait ce qu'ils avaient trouvé, en silence. Ils purent y travailler un moment avant qu'il ne soit l'heure de remettre la classe en bon ordre, reporter le regard vers le tableau. Alexis se rassit en mordillant un peu le bout de son crayon, entre Damien et Laura, toujours les yeux dans le vague.

– En passant dans vos groupes, j'ai vu beaucoup de confusions, qui pourraient être évitées en vous concentrant ! Faites attention à ça, vous serez seul face à votre copie, le jour des examens. Miss Julia, vous êtes priée de cesser de bavarder avec votre voisine.

Sera-t-il encore là, aux examens, la question méritait d'être posée. Notant vaguement la correction, il gribouilla surtout sur une partie de la marge de son cahier, attendant que la fin de l'heure arrive enfin. De quoi avait-il cours ensuite, déjà ? Ce serait génial de pouvoir avancer le temps pour arriver directement en fin de journée et ne pas rester là à regard la pendule en priant pour que l'arrête du cours arrive vite.

– Monsieur Robert, évitez de vous endormir, siffla-t-il en passant à l'exercice deux. Donnez plutôt les résultats que votre groupe a trouvé pour cet exercice.

Un instant, Alexis fut tenté de tout renvoyer bouler, quitte à finir en retenue ou exclu, puis il prit sur lui et s'obligea à rester parfaitement poli et réveillé en donnant ce qu'ils avaient calculé, toute à l'heure, comme résultats. Prenant la correction en note, il jeta de nouveau un regard à l'horloge, n'attendant qu'une seule chose, que ça cesse. Étouffant un bâillement, il jeta un coup d’œil à sa voisine, brièvement, puis écrit discrètement un papier qu'il lui glissa lorsque le prof eut le dos tourné.

« Ça va mieux ? Il paraît qu'on se sent plus bizarre, quand notre don évolue. Tu as besoin d'aller à l'infirmerie ? »
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Futurs lycéens   Dim 10 Avr - 16:22

Prof – Votre don évolue ? Même ceux avec un don très mouvant ne font plus ce genre d'incident, ça n'arrive qu'aux petits de onze et douze ans, soupira-t-il. Il va sérieusement falloir vous remettre à niveau, si vous voulez devenir lycéenne.

Laura baissa la tête, marmonnant des paroles incompréhensibles, au comble de la honte. Elle n’avait pas fait exprès ! Il trouvait ça facile, lui, il était professeur. Elle n’avait pas les seize ans habituels, venait de changer de famille, voyait son frère sombrer dans un état bizarre jour après jour, de même avec le Pensionnat, et son don évoluait. Et elle devait tout maîtriser comme ça, en un claquement de doigts ? C’est cela… La collégienne ne fit aucun commentaire, les joues un peu rouges, n’osant même pas regarder Damien et Alexis. Désolée. Elle n’avait vraiment pas fait exprès, c’était sorti tout seul, elle ne voulait pas attirer l’attention sur eux. Et puis, avec ce prof, ce… Il était cruel ! Pire que la Hyène. Il pouvait bien charmer sa tante, ça ne changeait rien à ce qu’elle pensait de lui : il était revenu comme ça chez monsieur Redfire, s’était imposé, et hop, tout avait changé.

Elle ne l’aimait pas. Il avait la même allure que les gens que ses parents invitaient souvent, lorsqu’ils étaient chez eux. Et il était cruel. Il devait sûrement savoir que son don évoluait ! Il devait aussi savoir que c’était un accident gênant, alors pourquoi en rajouter une couche, hein ? Laura se mordit les lèvres pour se contenir, aidant Alexis et Damien à tout recopier d’un air plus ou moins absent. Elle détestait déjà les cours de maths. Même sa taille l’effrayait, ses yeux, sa coupe, ses cheveux. Tout. Pourtant, les autres élèves étaient hypnotisés par ce que leur prof avait fait avec ses mains pour tout récupérer. Oui, bah, ça n’avait rien d’étonnant, les plus grands élèves leur avaient déjà parlé de ce genre d’exercices. C’était simple. Si Antoine avait été à côté d’elle, il lui aurait sûrement dit qu’elle exagérait et qu’elle devait respirer. Peut-être. Mais, pour l’instant, Laura s’en fichait. Elle se contenta de se rasseoir à sa place lorsque monsieur de la Valière reprit la parole pour corriger les exercices au tableau, le travail de groupe étant terminé.

Prof – En passant dans vos groupes, j'ai vu beaucoup de confusions, qui pourraient être évitées en vous concentrant ! Faites attention à ça, vous serez seul face à votre copie, le jour des examens. Miss Julia, vous êtes priée de cesser de bavarder avec votre voisine.

Laura tourna la tête vers Julia qui discutait effectivement avec sa voisine et qui lançait, actuellement, un regard bien noir au professeur. On sentait que ce cours était une phase « test » pour tout le monde, que chacun voulait déterminer les limites à ne pas franchir avec ce nouveau professeur. Cela faisait tellement longtemps qu’ils attendaient le renvoi de la Hyène, normal qu’ils s’interrogent sur son remplaçant ! Comment voulait-il qu’ils restent concentrés ? C’était facile à dire, pour lui, il n’était pas assis sur une chaise. Concentration, concentration… Ils n’avaient que ce mot-là à la bouche. Mais non. Du calme. C’était stupide de s’enflammer pour une remarque de professeur, même si être au centre de l’attention en exposant ses faiblesses lui était insupportable. Depuis Clémence… Laura ne pouvait pas s’en empêcher, c’est tout. Lançant un bref regard à Alexis, elle constata qu’il n’était pas plus concentré qu’elle mais qu’il écrivait tout de même ce que le professeur écrivait. BON, on se reconcentre. Elle baissa la tête sur sa feuille, trempa sa plume et écrivit la correction au propre en s’appliquant pour ne pas se prendre de nouvelle remarque. Elle avait donné, merci bien. Et ce prof semblait tout voir, difficile de ne pas travailler avec lui.

Prof – Monsieur Robert, évitez de vous endormir, siffla-t-il en passant à l'exercice deux. Donnez plutôt les résultats que votre groupe a trouvé pour cet exercice.

Eh voilà, qu’est-ce qu’elle disait ! Ce prof voyait tout ! Laura fit les yeux ronds en le regardant avant d’encourager Alexis à y aller pour tout expliquer. Lui-même avait l’air ailleurs, plus encore que lorsqu’elle l’avait vu la première fois cet été, maintenant qu’elle y faisait attention. Il sembla hésiter un court instant avant d’enfin se lever pour donner la correction de leur groupe. Ils n’avaient pas des résultats irréprochables, mais bon, pour un premier cours, c’était mieux que rien. Leur professeur s’attendait vraiment à ce qu’ils aient révisé tout cela pendant les vacances ? C’est cela… Laura avait eu autre chose à faire, d’autres soucis en tête comme quitter sa famille. Mais c’est vrai que, revoir ses maths, c’est fondamental. Elle avait réussi l’examen. Pas haut la main, loin de là, mais elle était dans la moyenne. Il ne lui en fallait pas plus. Lorsqu’Alexis eut terminé de rapporter leurs résultats, il revint à sa place alors que monsieur de la Valière inscrivait la correction au tableau, rectifiant certaines lignes de leur exercice. Ah. Oui, maintenant qu’il le soulignait, c’est vrai que c’était faux…

La collégienne reporta la correction du prof sur sa feuille, en-dessous de leurs réponses pour ne pas avoir un brouillon à la fin du cours qu’elle serait obligée de recopier. Une main dans les cheveux, soutenant sa tête de mauvaise foi, elle s’appliquait plus ou moins à écouter le cours pour ne plus être le centre de l’attention. Cela lui importait peu, en temps normal, mais que ce soit pour ça… Laura poussa un bref soupir en continuant à écrire pour garder ses notes complètes même si elle ne comprenait pas tout. Evidemment, oui, elle savait que c’était de la matière déjà vue. Seulement, elle n’avait pas tout compris déjà l’année passée, ce point de matière-ci précisément, et elle n’osait pas poser de question là-dessus au prof. Surtout aujourd’hui. Un morceau de papier atterrit alors sur son banc et elle leva la tête pour regarder qui le lui avait lancé, vérifiant que monsieur de la Valière n’avait rien vu. Mais non, il était occupé à écouter un autre groupe pour un des exercices qu’il avait donnés. Discrètement, Laura baissa la tête pour lire ce qu’Alexis avait écrit, comprenant que c’était lui d’un regard.

« Ça va mieux ? Il paraît qu'on se sent plus bizarre, quand notre don évolue. Tu as besoin d'aller à l'infirmerie ? »

Oh… Elle ne s’attendait pas à ce qu’il lui pose une telle question. A vrai dire, elle s’était même attendue à ce qu’il lui demande pourquoi son don évoluait si tôt, pourquoi elle n’avait rien dit, ce qui n’allait pas, ce qui s’était passé cet été… En somme, tout ce que monsieur Nakajima, Antoine et même Jasper ne cessaient de demander si elle montrait le moindre signe qui témoignait d’un moral bas. Reconnaissante, elle lui fit un petit sourire avant de baisser très vite la tête comme le professeur s’était à nouveau retourné vers la classe. Elle dissimula très discrètement le bout de papier sous son cahier et écrivit les nouvelles corrections déjà ajoutées par monsieur de la Valière à propos de l’exercice suivant qui n’était même pas terminé. Peut-être sentait-il que l’attention de la classe baissait… C’était possible, on le ressentait, il devait reprendre à l’ordre un peu plus souvent à l’aide de regards. Même si sa seule présence imposait déjà le respect. Cependant, cela n’allait pas empêcher Laura de répondre à Alexis. Dès que leur prof eut à nouveau le dos tourné, elle se pencha sur le bout de papier et répondit à la question de son ami en gardant un œil sur monsieur de la Valière.

« C’est gentil de me demander seulement comment je vais. Depuis que tu nous as vus, cet été, les profs se sont comme réveillés et j’ai l’impression que, dès que je souris un peu moins, ils pensent que je vais pleurer ou un truc du genre. C’est pénible. T’es le premier à ne pas me demander pourquoi je n’ai rien dit et ce qui s’est passé. »

Laura s’interrompit, voyant que le prof se déplaçait à nouveau dans la classe tandis qu’un autre élève se levait. Elle recouvrit le mot qu’elle avait commencé à écrire sous son cahier et recopia le plus vite possible les nouvelles corrections dedans pour que leur professeur ne remarque pas qu’ils étaient à la traîne. C’était la rentrée, normal qu’ils soient moins concentrés, les profs ne pouvaient pas les blâmer à ce sujet. Dès que la voie fut à nouveau libre, la collégienne décala un peu son cahier pour terminer son mot avec un autre paragraphe. Au crayon, plus rapide que la plume et elle ne risquait pas de faire de bavure. Le but était de pouvoir discuter discrètement et rapidement, pas de faire de belles lettres.

« Mais ce n’est pas la peine, je vais bien, je n’ai pas besoin d’aller à l’infirmerie. C’était plus dur quand je ne savais pas que mon don avait évolué mais je vais suivre des cours avec le groupe de lycéens et ça ira mieux. Ne t’inquiète pas pour moi, d’accord ? Ils sont bien assez à s’inquiéter pour rien, entre mon frère, Antoine et notre tuteur… Par contre, toi, comment vas-tu ? Un peu mieux que cet été ? T’es allé où, après avoir été chez ta prof ? Tu m’as fait peur, quand tu es venu, tu étais tout pâle. Un peu comme maintenant… Tu sais que tu peux me parler et que je suis là pour toi si tu en as besoin ? »

Laura jeta un bref coup d’œil au prof, occupé à écouter un des derniers groupes pour les exercices, puis fit glisser la feuille vers Alexis avant de se remettre à écrire comme une élève très calme et très concentrée.

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