1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Bientôt le championnat

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Océane Kara
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Âge RPG : 16 ans

MessageSujet: Bientôt le championnat   Lun 28 Sep - 15:47

Ils tournaient et levaient les bras, se baissant ensuite avec un nouveau tour et des mouvements à la fois très cadrés et amples, les yeux fermés mais souriants, sur le rythme effréné de la musique orientale, garçons comme filles lancés dans une parfaite synchronisation, tous ensemble. La musique prit un virage plus fort, l'orchestre frappant comme si chaque musicien avait soudainement de donner tout son cœur dans la musique. Elle sauta en arrière de deux pas, dansant ensuite en rythme avec ceux qui l'entouraient, rouvrant les yeux, souriant à belles dents, sentant la tristesse et ce pincement au cœur s'envoler alors qu'elle bougeait en rythme et jouait de son corps et ses mouvements. Ils étaient une dizaine à bouger ensemble dans le parc, sous la musique, arrivés très tôt ce matin en cette veille de rentrée pour répéter ensemble, comme ils l'avaient déjà fait au cours de l'année. Ils donneront un des spectacles d'ouverture du championnat d'arts martiaux d'Octobre, où Océane participait. Championnat national ! Elle était excitée et impatiente, brûlant d'y être enfin.

La musique les enflammait, gardant le rythme grâce aux injonctions et clappements de leur professeur, monsieur Juliano, qui sifflait parfois pour commander une nouvelle série de mouvements. Ils s'entraînaient depuis ce matin, avec une brève pause pour le déjeuner, au soleil sous le parc. Les élèves revenaient peu à peu au pensionnat, beaucoup s'arrêtant en se demandant ce qui pouvait justifier un cours de sport dès aujourd'hui avec un petit groupe d'élèves qui dansaient dans le parc au soleil. Mais la jeune Chinoise ne fera pas que danser, au championnat. Enfin, elle allait concourir à une compétition nationale et ainsi commencer à réaliser ses rêves, tout faire pour devenir une sportive de haut niveau et reconnue. Elle rêvait de ce championnat depuis des mois, s'étant trois fois plus entraînée cet été avec sa mère, reprenant avec son professeur le plus tôt possible, cette année. Elle dansait en phase avec la musique et ses coéquipiers, imaginant une fois de plus les combats, le public, son adversaire, ce qu'elle devra faire et comment s'en sortir du mieux possible. C'était son rêve, participer à des compétitions et se mesurer aux autres, progresser toujours plus, aller de l'avant.

Elle avait eu une solide phase de déprime après sa rupture avec Dimitri, mais ses parents l'avaient aidé à aller de l'avant et ne pas se laisser abattre. Elle était jeune, encore, elle aura d'autres petits amis, cela n'avait rien de dramatique à son âge. Une fois les pleurs, la culpabilité, les regrets et la colère passés, elle avait pu reprendre le cours ordinaire de sa vie. Dimitri ne reviendra pas au pensionnat cette année mais elle-même avait refusé de le quitter. Elle fera toujours de son mieux, elle en avait fait le serment. Cet été, en rentrant en Chine, toute sa famille l'avait encouragée à poursuivre dans cette voie, si c'était cela qui lui plaisait. Mais ils ignoraient que son professeur était Japonais, elle était passée sur ce détail, car les deux pays étaient tout sauf en bons termes. Elle ferma les yeux pour se laisser porter par le rythme, alors que leur professeur battait des mains pour donner les indications. C'était ainsi qu'ils devaient faire, se laisser aller et user de leurs corps pour capter le regard et envoûter, apporter de la beauté dans les gestes et attirer l'attention. Ils terminèrent leur chorégraphie sur une note ultime, s'arrêtant tous en même temps. Elle continuait de sourire, les yeux brillant d'envie et d'impatience.

Après l'entraînement, elle se changea pour enfiler son kimono de combat, serré à la taille par une ceinture, puis rattacha ses cheveux avec soin. Le dojo était fermé le temps des nouveaux aménagements alors les élèves qui s'entraînaient aujourd'hui devaient le faire dehors, dans le parc. Océane n'aimait guère s'exercer devant tout le monde, surtout aujourd'hui où il y avait énormément d'agitation, mais tant pis, ce n'était pas pour une fois. Elle commença par les étirements habituels, puis engagea assez vite un duel contre Valentin, qui passait aussi beaucoup de temps au dojo à s'exercer. Ils y allèrent progressivement, chacun s'échauffant avant de passer aux choses sérieuses. Océane avait encore trop de failles dans sa garde et devait s'exercer, apprendre à mieux parer ou elle allait se faire avoir. Elle s'entraîna quarante-cinq minutes avec Valentin avant de faire une pause, son corps réclamant un peu de temps mort. Elle buvait un peu d'eau lorsqu'elle vit Nakajima-sensei arriver à son tour, le saluant avec un sourire.

– Tu t'entraînes toujours avec lui ? lança Valentin en se frottant la nuque.

Elle hocha la tête puis reposa la bouteille dans l'herbe près de ses affaires, prête à reprendre. Elle devait réussir à ce championnat, afin de continuer à participer à des compétitions et ainsi poursuivre son but. Plus qu'un mois, un tout petit mois, et elle pourra enfin donner tout ce qu'elle avait dans le ventre à la compétition. Des jeunes et adultes de toute la France y participaient ! C'était très rare de voir des championnats de ce genre et elle était folle de bonheur d'y participer. Elle avait demandé une autorisation à manquer les cours quatre jours pour cela, au mois de juin. Lorsque son professeur revint, lui aussi en tenue, il l'interrogea du regard et elle hocha la tête. Elle était prête, oui.

– Merci de m'entraîner encore cette année, le remercia-t-elle en s'inclinant, les mains jointes devant elle, avant de se redresser. Je vais faire de mon mieux.

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Genji Nakajima
Lycéen
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Âge RPG : 16 ans

MessageSujet: Re: Bientôt le championnat   Mar 29 Sep - 18:00

Ses nouveaux voisins de chambre n'étaient pas encore arrivés, un autre élève, qui les connaissait, l'avait informé qu'ils arriveront seulement ce soir, après lui avoir lancé un très long regard appuyé sur le thème "C'est qui ce mec au prénom bizarre ?". Genji n'avait pas encore osé dire son nom de famille, se bornant à donner son prénom et dire qu'il venait du Japon. Il aimerait, si c'était possible, repousser le plus loin possible le moment où tout le monde saura qu'il était le neveu du sous-directeur, ce n'était jamais vraiment bon quand les autres élèves apprenaient ce genre de détails. A genoux sur le parquet de la chambre, près de son lit, il sortit son uniforme de sa valise, le tenant à bout de bras devant lui. Il avait toujours eu l'habitude de porter l'uniforme, ça ne le changeait pas trop. Il le plia avec soin et le laissa sur une chaise au bout de son lit, prêt à l'enfiler demain matin, pour la rentrée. Tous les élèves devaient arriver aujourd'hui, peu à peu, afin d'installer leurs affaires et se préparer pour la rentrée. Pour le moment, Genji n'avait vu que de rares soldats, ici et là, il n'avait pas l'impression que l'école était envahie.

S'asseyant sur le lit, il observa les murs en bois de la pièce, nus pour le moment, les trois lits, appuyés contre les murs, près de bureaux, mais pas superposés comme il avait pu l'apercevoir dans certaines chambres. La fenêtre entrouverte était recouverte par des rideaux d'un blanc cassé assez fin et des placards et meubles de rangements attendaient les affaires des élèves. Un espace encore informel, vide, avec des lits faits au millimètre et pas une poussière à traîner, mais il doutait que les choses allaient rester ainsi très longtemps. Il se sentait un peu bizarre, même si les couloirs remplis d'élèves en train de s'installer, échangeant sur les cours, lui rappelait un peu l'ambiance de écoles qu'il avait déjà fréquentés, au Japon. Néanmoins, il se sentait seul. Il avait eu envie, à un moment, d'essayer de retrouver Jasper et Laura mais avait renoncé, il n'allait pas aller les déranger s'ils étaient avec leurs amis. Il pouvait se débrouiller un peu seul et rencontrer du monde, il ne devait pas se laisser abattre. Pour se redonner un peu de courage, il sortit la lettre qu'il avait reçu de ses sœurs, un peu froissée car il la trimbalait avec lui dans ses poches. Rina et Akane avaient même ajouté une photo d'elle, souriantes dans le jardin et accrochées l'une à l'autre, impossibles à distinguer pour celui qui ne les connaissait pas.

"On a une nouvelle professeur, à l'école," écrivait Rina, de son écriture très serrée. "La maîtresse qu'on avait avant attend un bébé et ne travaille plus, depuis que son ventre  a beaucoup grossi. Mais Jena-sensei est très gentille. Hier, on est parties faire ne découverte-nature, dans le petits bois à côté de l'école, on a observé les insectes, et l'après-midi, on a fait un cours de lecture. On a ramassé des feuilles pour faire un herbier, tu le verras quand tu reviendras à la maison, maman nous a montré comment les faire sécher."

Il eut un sourire attendri alors que Rina laissait le crayon à sa sœur, qui racontait à son tour sa journée d'école puis à la maison. Il se fichait qu'on trouve ça idiot mais il était heureux de lire les joies et les petits tracas de ses petites sœurs, elles lui rappelaient le pays et il pouvait encore se sentir proche d'elles grâce à ça. Il glissa la photo dans la poche intérieure de sa veste, se promettant de trouver ou fabriquer un cadre, afin de la mettre sur sa table de chevet. Il repartira sûrement au Nouvel An là-bas avec son oncle et sa tante, ce sera l'occasion de revoir ses petites sœurs et les serrer contre lui. Il repliait la lettre lorsqu'un de ses nouveaux camarades de chambre entra avec ses bagages, le saluant avec enthousiasme en lui serrant la main. Genji fut un peu surpris de cette entrée en matière, lui serrant la main à son tour avec un petit sourire. Il laissa tomber toutes ses affaires sur des lits encore libre, avec un soupir de soulagement.

– Je m'appelle Dominique Renoir !  Mais tu peux dire Dom, comme tu le monde. Et toi ?

– Genji, je suis nouveau au pensionnat.

– Ah ouais, il y a quelques nouveaux, cette année, j'ai vu ça en passant. Le prend pas mal mais certains ont l'air franchement bizarre.

Il éclata de rire, semblant d'un naturel très enjoué et ouvert. Genji, lui, eut un faible sourire, encore peu à l'aise. Il lui proposa de l'aider à ranger ses affaires, comme il avait déjà terminé les siennes, mais Dom secoua la tête, disant que son espace allait très vite être en bordel et qu'il se retrouvait bien comme ça. Genji sourit plus franchement, cette fois, rangeant la lettre de ses petites sœurs dans sa poche. Dominique était bien bavard et le tira bien avec lui pour faire un tour dans le parc et "lui montrer les environs". Il n'osa pas lui dire qu'il les avait déjà un peu vu avec Laura, en parfaite illégalité. Il le suivit dans les couloirs puis dehors, levant le nez pour regarder les deux bâtiments, jetant ensuite un long regard sur le parc. Il appréhendait un peu les cours du lendemain, ses futurs profs, tout cela. Du mouvement attira son attention, un peu plus loin, et il vit son oncle, en tenue de combat, commencer tout juste à s'entraîner avec une jeune fille, Asiatique elle aussi. Oh, c'était elle alors, Océane, son élève ? Avec un tel prénom, il avait tours cru qu'elle était Française. Enfin, elle l'était sans doute, il se faisait des films. Il les observa se battre de loin, les mains dans les poches, pendant que Dominique souriait en les regardant.

– Cette fille va participer à un championnat, il paraît ! Elle passe sa vie toute entière à s'entraîner, on la voit toujours à courir ou se battre. Tu fais des arts martiaux, toi ?

– Un peu, oui, mais je ne progresse pas très vite. Toi aussi ?

– Ouais, pour me défouler et pour rire un peu, jamais pris ça au sérieux.

Ils continuèrent à les observer encore un long moment, comme fascinés. Genji prenait soin de rester à l'écart, cependant, pour que son oncle ne le voit pas. Il détaillait plutôt Océane, voulant bien pouvoir se calmer à ce point afin de pouvoir continuer à progresser. Elle était plutôt mignonne, cela dit, maintenant qu'il la regardait bien. Il s'absorba dans sa contemplation, sans bouger, debout près de Dominique, les deux mains dans les poches.

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Kimmitsu Nakajima
Sous-directeur
Professeur d'arts martiaux

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Âge RPG : 42 ans

MessageSujet: Re: Bientôt le championnat   Lun 12 Oct - 19:41

Xiao-Hong s’étira longuement avant de reporter le regard sur le dossier, soupirant, marmonnant que tous les ans, c’était la même histoire, il fallait toujours un nombre incalculable d’autorisations à obtenir et de papiers à remplir pour pouvoir emmener une classe assister à une compétition, dans un des arts martiaux. Kimmitsu eut un petit sourire de compassion, les bras chargés de dossiers, lui aussi, remontant le long de la forêt vers le dojo. Ils avaient encore accès au bureau qu’ils partageaient mais le reste était en travaux. Il pensa au championnat national qui se préparait, Océane était presque prête à s’y rendre. Il était assez fier de voir les progrès qu’elle avait accompli, elle avait beaucoup travaillé depuis plusieurs mois, tout allait bien se passer. Ils croisèrent beaucoup d’élèves en remontant le parc, la plupart affichant un air enjoué, criant pour s’interpeller les uns les autres avec bonne humeur. La rentrée était demain, l’excitation était vraiment palpable. Océane et Valentin s’entraînaient devant le dojo, dans l’herbe, les saluant lorsqu’ils passèrent. Il eut un petit sourire puis poussa la porte du papier avant de se rendre à leur bureau, poussant aussi d’un petit coup d’épaules.

Il déposa les dossiers sur son bureau, sa collègue laissant tomber ses affaires sur le sien, avant de s’étirer avec un soupir de soulagement. Revenir ici était un peu bizarre, après deux longs mois. Kimmitsu avait encore l’impression d’être au Japon, près de sa famille, il devait de nouveau s’acclimater à la France, comme chaque année. Xiao-Hong s’installa dans on fauteuil, commençant à ranger n peu et trier tous les papiers qui encombraient son espace de travail, redonnant une vraie place au téléphone qui avait pris la poussière. Kimmitsu ouvrit la fenêtre pour aérer puis passa derrière le paravent pour se changer et se mettre en tenue. Ils avaient installé un petit coin vestiaire ici car leur vestiaire avait été pris pour agrandir celui des garçons, qui était devenu vétuste et peu adapté. Il ôta sa veste puis sa chemise, entendant sa collègue et amie marmonner contre une nouvelle loi qui avait été promulguée cet été, restreignant l’accès des salles de sport en ville à certaines heures, pour lutter contre les nuisances sonores et les dégradations. Elle grogna que les gens n’étaient même plus éduqués à respecter le matériel mis à disposition, c’était affreux.

– On pourra récupérer le dojo cette semaine, selon toi ? lança-t-elle d’un ton pensif.

– En fin de semaine, normalement, il ne reste plus grand-chose à aménager.

Il enleva ses chaussures puis son pantalon avant d’enfiler sa tenue d’entraînement, remettant des chaussures plus adaptés. Sortant de l’abri du paravent, il déposa son alliance dans son sac avec soin, rangée dans une petite boîte noire, afin de ne pas la perdre. Aucun bijou lors des entraînements, ni alliance, collier ou quoi que ce soit d’autres. Il demanda à sa collègue si elle ne voulait pas sortir pour s’exercer elle aussi mais elle eut un gémissement de désespoir en soulevant tous les papiers qu’elle devait remplir. Ah, ça… Lui aussi avait son compte de paperasse, avec la direction de l’école, ce n’était pas sa partie favorite du travail. Elle marmonna qu’il n’avait qu’à massacrer les gamins qui allaient venir s’exercer pour elle, ça lui fera du bien par procuration. Il éclata de rire puis sortit, allant retrouver Océane. D’autres jeunes allaient sûrement venir s’entraîner aussi, pour se décrasser, passer le temps ou juste s’amuser. Son élève devait bien tendue, en ce moment, il se doutait que le championnat à venir devait occuper toutes ses pensées, mais il ne s’inquiétait pas pour elle, il était certain qu’elle s’en sortira du mieux possible. Il lui lança un regard interrogateur et elle hocha la tête pour signifier qu’elle était prête.

– Merci de m'entraîner encore cette année, le remercia-t-elle en s'inclinant, les mains jointes devant elle, avant de se redresser. Je vais faire de mon mieux.

– Ne t’en fais pas, c’est tout à fait normal.

Il s’étira longuement, avec soin, puis se plaça devant son élève. Il commença par lui faire réviser diverses techniques de parade, de la plus simple aux plus compliquées, avec patience, commençant ainsi l’entraînement en douceur. Comme prévu, d’autres élèves venaient peu à peu s’exercer, eux aussi, se faufilant dans les vestiaires en évitant les engins de chantier et les sacs de pierre, ainsi que quelques poutres laissées ici. Il leur lança de se séparer en petits groupes et de s’échauffer d’abord avant de répéter les mouvements de base. Après cette mise en bouche, il regarda autour de lui, voyant plus son neveu avec un autre lycéen, qui venait aussi en cours. Ils comptaient rester plantés là longtemps ? Qu’ils viennent donc ! Il leur fit signe de s’approcher aussi et leur lança d’aller se changer, il était temps de se remettre en forme. Il donna un exercice d’assouplissement à Océane puis passa dans les autres groupes, veillant à ce que chacun s’échauffe comme il faut puis s’assouplisse.

– Etirez-vous comme il faut, surtout.

Il jeta un regard, de loin, à son neveu. Il n’avait aucune idée de son niveau actuel mais allait très vite le découvrir. Une fois qu’il fut assuré que tout le monde était bien prêt, il les fit se rassembler, revenant devant eux.

– Nous allons revoir les coups de poings et coudes de base, monsieur Renoir, en place s’il vous plaît. Montrez-moi que vous n’avez rien oublié durant les vacances.

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MessageSujet: Re: Bientôt le championnat   Mar 20 Oct - 15:05

–  Et chai qui le fetit à son fafa ? parvint à dire Dominique alors qu'il avait la bouche pleine d'épingles de nourrice et deux dents serrés sur une serviette pour la tenir.

La nourrice de la garderie vint aimablement lui proposer un coup de main mais il refusa en secouant la tête, penché au-dessus de son fils. Ça va aller, il était capable de changer une couche en moins d'une heure, maintenant ! Et de ne plus vomir de dégoût en les lavant et en les mettant à tremper, donc pas de soucis, il apprenait un peu plus tous les jours. Jason battait un peu des pieds, ses très grands yeux bleus, magnifiques, brillant de curiosité alors qu'il tournait la tête sur les côtés. Âgé de tout juste deux mois, il en faisait pas encore ses nuits pleines et entières, mangeait peu le soir et du coup se réveillait à trois heures du matin pour réclamer son biberon, avait des cheveux tous fins et d'une couleur oscillant entre le châtain et le blond, semblait fasciné par les peluches bleues et par les doigts des gens, qui lui servaient régulièrement de tétine de secours. Un petit bébé plein de vie et si adorable ! Voilà deux mois que Jason découvrait les joies de la paternité, ayant passé tout l'été à s'investir dans son nouveau rôle de père, à apprendre comment s'occuper correctement d'un bébé, à se battre avec les couches sales, la préparation des biberons, les nuits blanches, lisant une quantité astronomique de livres sur la petite enfance. Dieu merci, il pouvait apprendre très vite. La nourrice du pensionnat, à la garderie, avait d'abord été très choqué en le voyant arriver avec un bébé dans les bras mais il n'était pas question qu'il le laisse dans une famille d'accueil.

Il se pencha pour embrasser Jason sur le front puis le prit dans ses bras pour le bercer longuement avant de le confier à sa gardienne de la journée, comme d'autres enfants des professeurs. Allez, mon petit chou, papa reviendra en fin de journée, c'était promis-juré. Reprenant ses valises qu'il avait laissé en tas près de la porte, il commença la pénible ascension vers sa nouvelle chambre, comme d'autres élèves transportant leurs affaires, en cette veille de rentrée. Dominique débordait d'énergie, il bouillait de recommencer les cours, de progresser, revoir ses amis. Beaucoup d'entre eux l'avaient traité de dingue lorsqu'il leur avait affirmé son intention de garder son fils et l'élever, jeune ou pas, étudiant ou pas, mais il n'en avait cure. Oui, c'était très difficile, oui, il avait du mal les nuits où Jason n'arrivait pas à se rendormir, oui, il galérait comme ce n'était pas permis, mais il était aussi très attaché à son petit bout, il débordait d'amour pour lui et il voulait tout faire pour l'élever du mieux possible, même s'il était loin d'être le meilleur papa au monde. En haut de l'escalier, il posa ses sacs avec un soupir de soulagement et de victoire, comme s'il venait de gravir le Mont Everest. Boon ! Et là, il devait passer par où ? Cette école n'était déjà pas assez grande et biscornue, ils s'étaient sentis obligés de compliquer les choses ?! Bah oui, voyons, pourquoi faire simple quand on peut pourrir la vie des gens ? Il s'aida d'un plan qu'on lui avait donné, traînant ses bagages, jusqu'à la chambre qu'on lui avait assigné. Ah ah, victoire !

Poussant la porte de la chambre comme s'il franchissait l'ultime étape du Tour de France, il laissa tomber tous ses bagages par terre, saluant un de ses nouveaux colocataire avec vigueur en lui serrant la main. Tiens, c'était un nouveau, lui aussi ! Mais il avait un regard plus normal que quelques autres gugusses qu'il avait pu croiser dans les couloirs, qui avaient vraiment l'air très atteints. Il fit passer ses affaires sur un lit encore libre, soulagé d'être arrivé, regardant la cambre d'un coup d'œil. C'était sobre, classique, traditionnel, avec du bois plutôt sombre, une fenêtre moyenne, des meubles de rangement, des couvertures sur les lits qui étaient très loin d'être à la pointe de la mode mais qui semblaient chaudes, un parquet propre, puis son nouveau copain de chambre qui avait un air complètement perdu, on aurait dit qu'il venait tout juste d'atterrir sur terre. Dominique poussa sa grosse valise dans un coin au bout de son lit, notant mentalement de prévoir une place pour le berceau de Jason.

– Je m'appelle Dominique Renoir !  Mais tu peux dire Dom, comme tu le monde. Et toi ?

– Genji, je suis nouveau au pensionnat.

– Ah ouais, il y a quelques nouveaux, cette année, j'ai vu ça en passant. Le prend pas mal mais certains ont l'air franchement bizarre.

Il eut un rire en posant le paquet contenant son uniforme sur l'oreiller. Genji lui proposa de l'aider à ranger mais Dominique refusa d'un petite haussement d'épaules, répondant que ce sera bien vite en bordel, de toute façon. Il avait toujours été très désorganisé et sa vie au quotidien ressemblait à une suite d'actions sans lien entre elles, du moins aux yeux des autres. Dom avait toujours eu une logique très spéciale, qui n'appartenait qu'à lui et que personne ne comprenait. Il discuta avec Genji un moment en rangeant deux ou trois trucs, comme ses livres de cours qu'il mit sous son lit dans un sac, mais il avait la flemme de tout mettre en ordre maintenant. Ils revenaient au pensionnat depuis deux mois, revoyaient tout le monde, c'était le moment ou jamais de se détendre un peu, comme à n'importe quelle rentrée de n'importe quel établissement de n'importe quelle ville dans tout le pays. Il finit par embarquer Genji avec lui pour lui montrer les environs, traversant les couloirs avant d'arriver dans le parc. Un des élèves les dépassa en courant, riant derrière un ami, alors que près du portail, une mère en larmes disait au revoir à un garçon minuscule, qui devait avoir tout juste onze ans. Han, mignon ! Près du dojo, le sous-directeur était en train d'entraîner Océane, avec d'autres élèves de l'option qui arrivait peu à peu. Ça faisait bien deux mois que Dominique ne s'était plus exercé, sa tenue était encore dans son casier au dojo, d'ailleurs, il l'avait laissé là en juin. Il y avait aussi des tenues "de secours" pour ceux qui oubliaient leurs affaires.

– Cette fille va participer à un championnat, il paraît ! Elle passe sa vie toute entière à s'entraîner, on la voit toujours à courir ou se battre. Tu fais des arts martiaux, toi ?

– Un peu, oui, mais je ne progresse pas très vite. Toi aussi ?

– Ouais, pour me défouler et pour rire un peu, jamais pris ça au sérieux.

D'autant plus qu'il était complètement nul en la matière, bien trop distrait lorsqu'il s'exerçait. On lui reprochait bien souvent d'être toujours dans la lune, qu'il n'avait pas assez les pieds sur terre, trop rêveur, etc. Pourtant, c'était bien de rêvasser ! Partir dans un autre monde, bien plus intéressant, se faire des petits films, nourrir son imagination... Les cours de sciences et de maths étaient parfaitement adaptés pour la rêvasserie professionnelle, d'ailleurs. Ces cours étaient si ennuyeux que décrocher du blabla du prof était on ne peut plus facile et agréable, même pas besoin de se forcer. On pouvait se plonger dans un autre monde en moins de cinq minutes, deux minutes par temps chaud. Il s'étai récolté un nombre incalculable de retenues, en cours de maths, à cause de ça, d'ailleurs. Boarf, pas très grave, il était beaucoup plus à l'ais en Français et dans les cours de langue. Ils observaient le cours avec attention lorsque leur professeur leur fit signe de s'approcher et de se mettre en tenue, au lieu de rester planté là à les regarder. Heu... Il échangea un regard avec Genji puis haussa vaguement les épaules, allant se changer sans rien dire. Revenus dehors, ils s'étirèrent comme les autres, sous le regard du prof. Dominique fit attention à cette partie-là, son corps ayant déjà perdu l'habitude de ce genre de cours. Il avait choisi cette option car il n'aimait pas la musique, le droit ou le latin, et parce que ça permettait de se dénouer les muscles. Mais le prof l'intimidait très sérieusement.

– Étirez-vous comme il faut, surtout.

D'ailleurs, demain matin, à la rentrée, ils ne commençaient pas directement par deux heures d'option, donc pour lui et les lycéens qui se trouvaient ici, deux heures avec le sous-directeur ? Wow, direct, ils ne pouvaient pas rester au lit deux heures de plus ? Enfin, Dom disait ça mais il faudra bien qu'il se lève quand même à sept heures pour donner le biberon à son petit bout qui ne manquera sûrement pas de le réclamer en cas de retard. Après l'échauffement, ils se réunirent devant le prof, fins prêts pour la vraie leçon. Le jeune père jeta un regard en coin à Océane, se demandant si elle stressait ou pas pour le championnat.

– Nous allons revoir les coups de poings et coudes de base, monsieur Renoir, en place s’il vous plaît. Montrez-moi que vous n’avez rien oublié durant les vacances.

Ouch, mieux valait ne pas se faire trop d'illusions sur ça ! Il était quasiment certain d'avoir tout oublié, même. Bon, bah... Il s'avança avec un sourire un peu nerveux et se mit en place, n'ayant même pas le temps de se lancer que le prof lui fit corriger sa garde. Il fit ensuite de son mur pour se remémorer, frappant dans la main que tendait son prof puis essayant le reste mais ce n'était pas brillant, il avait vraiment l'impression d'avoir tout oublié. L'exercice cessa assez vite après qu'il ait failli se faire mal et rougit en voyant l'air de son prof. Retournant s'asseoir à côté de Genji, il s'étira, pendant que l'élève suivant passait, soufflant à son camarade que ce type intimidait tout le monde, comme la directrice. Il lui expliqua à voix basse qu'ils étaient tous les deux à faire parti des rares qui se défendaient encore beaucoup contre l'invasion de l'armée.

– En juin, le prof a été emmené par l'armée, on l'a vu, chuchota-t-il à Genji, penché vers lui, derrière les autres élèves. La directrice a été prévenue puis elle est partie. Madame Xiao-Hong l'a replacé pendant trois semaines, ensuite, la rumeur courait qu'il était blessé ou malade. On ne sait pas ce qui s'est passé, mais ça fait peur.

Il s'interrompit lorsque le second exercice, avec l'élève, cessa, pour ne pas se faire taxer d'inattention ou de bavardage. Après que tout le monde fut passé, il se relevèrent et continuèrent des révisions de base, par groupes de deux ou trois. Dominique héla Océane pour la saluer, d'une bise sur les deux joues, puis lui présenta Genji avec un très large sourire.

– Alors, c'est vrai que tu vas participer au tournoi, pas vrai ? lança-t-il. Comment ça va se passer ? On pourra venir y assister ?
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Océane Kara
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MessageSujet: Re: Bientôt le championnat   Lun 2 Nov - 11:52

D'autres élèves arrivaient peu à peu, ravissant Océane qui préférait les cours bien vivants où elle pouvait aussi s'entraîner avec d'autres élèves, afin que chacun progresse en s'exerçant les uns avec les autres. Cette nouvelle année sera sans doute aussi agitée que l'année précédente, mais à présent, tout le monde savait à quoi s'attendre. Se tenir prêt et ne pas se laisser dominer par la peur, voilà ce qui comptait ! Au fond, Océane aurait eu tout de même envie de quitter l'école et ne plus subir cette pression permanente, mais elle se sentirait trop mal d'abandonner maintenant alors qu'elle avait donné sa parole et qu'elle pouvait agir à son niveau. Ça, et le fait qu'au fil des mois, elle avait appris à apprécier la mentalité des Guetteurs, leur contact. Près d'eux, elle apprenait vite et bien, découvrait beaucoup de choses,s entait un véritable esprit d'équipe et d'entraide, elle était bien, somme toute. Les entraînements passés ensemble, les rires, leurs longues discussions, c'était comme un grand groupe d'amis, elle n'avait jamais ressenti trop fortement la présence de l'armée, bien au contraire. Ils se sentaient poussé par le besoin d'agir pour leurs pays mais surtout pour les autres, ceux qui ne pouvaient pas encore se défendre seuls ou qui n'étaient pas des combattants ou résistants. C'était peut-être présomptueux de songer qu'on pouvait ainsi protéger autant de monde, mais elle avait envie d'y croire, ce groupe lui plaisait, bien qu'elle y soit entrée au départ pour espionner et récolter des informations.

Mais cela, elle n'avait pas encore osée à s'en ouvrir à son professeur... Elle craignait qu'il ne pense qu'elle s'était laissée embrigader, qu'elle n'était plus digne de confiance, ou qu'elle n'était pas capable de chercher des informations, au sein même du groupe. Peur de perdre sa confiance. Alors elle se taisait, continuait de rapporter ce qu'elle pouvait et camouflant ce qu'elle ressentait vraiment lorsqu'elle était à la caserne avec ses amis et collègues. Lorsque leur entraînement s'arrêta pour passer au cours commun, elle vit son sourire et se sentit encore plus coupable d'être bien chez les Guetteurs, et donc bien dans l'armée. Était-ce si mal ? Trahissait-elle sa confiance ou leurs convictions ? S'écartant un peu après l'avoir remercié, elle s'étira à nouveau, levant le nez pour regarder les élèves qui passaient dans le parc, chargés de lourdes valises, lançant un dernier au revoir à leurs familles, retrouvant leurs amis, discutant déjà des nouveaux emplois du temps. Océane s'était engagée pour espionne, elle allait retrouver les autres Guetteurs ce soir, culpabilisait d'attendre ce moment avec bonheur plutôt que de se préparer à récolter le maximum d'informations et chercher des moyens de ralentir certains programmes de recherche. Elle jeta un regard à son professeur lorsqu'il passa dans les rangs, étirant les bras puis s'abaissant, en se demandant si elle n'avait pas vraiment été embrigadée, finalement. Tous les soldats n'étaient pas mauvais mais les programmes de recherche actuels n'étaient pas innocents. Trouver le juste milieu, voilà ce qu'elle devait faire. Ne pas tomber dans la paranoïa la plus pure mais garder une certaine distance malgré tout.

– Étirez-vous comme il faut, surtout.

Et c'était bien plus facile à dire qu'à faire, mais elle devait y arriver. Une fois échauffée, elle détacha ses cheveux pour les secouer et les rattacha en un chignon plus serré afin de ne pas être gênée par des mèches rebelles qui viendraient lui tomber devant les yeux. Les élèves se rassemblèrent en un petit groupe, près du dojo. Elle s'assit en tailleur en chassant les pensées négatives, qui ne viendraient que lui polluer l'esprit. Pour l'instant, elle était en cours, point final, elle ne devrait pas se soucier comme ça des Guetteurs et de son travail. Même si elle en pouvait s'empêcher d'y penser. Inspirant profondément, elle serra les poings sur ses genoux, s'obligeant à se focaliser sur le moment présent. Elle pouvait quand même se calmer, enfin ! Elle avait seize ans, était en première, savait ce qu'elle voulait faire de sa vie, donc assez grande pour ne pas paniquer bêtement et garder l'esprit clair en cas de besoin. Non, la seule chose qui la rendait dingue, c'est qu'elle ignorait à qui se confier. Parmi ses amis, certains étaient Guetteurs et n'y voyaient aucuns soucis, et les autres étaient farouchement anti-armée. Où se positionnait-elle, entre les deux ? Bien dans l'armée mais espionne ? Heureuse d'être Guetteuse mais devant trouver des façons de ralentir leurs programmes ? Océane se sentait complètement perdue.

– Nous allons revoir les coups de poings et coudes de base, monsieur Renoir, en place s’il vous plaît. Montrez-moi que vous n’avez rien oublié durant les vacances.

Peut-être devrait-elle laisser tomber, malgré tout... Quitter les Guetteurs, décevoir son maître en abandonnant son travail mais ainsi, ne pas risquer de perdre sa confiance en lui avouant ce qu'elle pensait vraiment. Dominique, assis à côté d'elle et d'un nouveau, se leva pour se mettre en place. Elle en profita pour saluer d'un sourire le garçon qui discutait avec lui, le nouveau. Il était Asiatique, lui aussi, le premier depuis qu'elle-même était entrée à Sainte Famille. Elle avait vu des élèves de son âge ou un peu plus jeunes arriver cette année mais beaucoup avaient un air plutôt étrange, mais pas lui, même s'il semblait mal à l'aise. Il avait besoin d'aide pour s'y retrouver, les cours, le déroulement des journées, ce genre de choses ? Beaucoup de monde pouvait l'aider à s'intégrer, il n'y avait pas de problème. Quel était son don ? Elle nota mentalement de penser à se présenter de façon correcte et lui demander son prénom, aussi. Reportant le regard sur les exercices, elle suivit le tout, passant comme les autres, avant de se rasseoir. Dominique se pencha tout à coup vers leur nouveau camarade en disant que monsieur Nakajima intimidait tout le monde, arrachant un faible sourire à Océane. Il n'était pas méchant, pourtant ! Très droit, sévère et déterminé, ça oui, mais bon, il n'avait rien à voir avec des personnes du genre la professeur de maths. Dom était déjà en train d'expliquer au nouveau que le sous-directeur faisaient parti des rares qui défendaient toujours l'école. Les rares, oui... Océane n'avait toujours pas compris, ni accepté, comment tant d'enseignants avaient pu fermer les yeux sur certaines choses.

– En juin, le prof a été emmené par l'armée, on l'a vu, chuchota-t-il, penché vers lui, derrière les autres élèves. La directrice a été prévenue puis elle est partie. Madame Xiao-Hong l'a remplacé pendant trois semaines, ensuite, la rumeur courait qu'il était blessé ou malade. On ne sait pas ce qui s'est passé, mais ça fait peur.

Océane baissa la tête, l'estomac serré en repensant au jour où elle était revenue en pleurs mais que Nakajima-sensei s'était tout de même levé et l'avait aidé, alors qu'il malade et tenait à peine debout. Il avait souffert à cause de l'armée, s'était tout de même levé, affaibli et bourré de fièvre, pour l'aider, alors qu'elle, de son côté, appréciait le groupe des Guetteurs et était heureuse d'en faire parti. C'était comme une trahison. Après cet exercice, elle se leva, prête à poursuivre, quand Dominique la héla, l'embrassant sur les deux joues pour la saluer. Elle lui sourit, toujours assez réconfortée par ce genre de gestes simples d'amitié. Il lui présenta leur nouveau camarade, Genji, qui venait tout juste d'arriver. Donc Japonais, ce n'était pas un prénom Coréen, Chinois ou Thaïlandais. En tout cas, Dominique avait un air si ouvert et souriant qu'il avait le don d'apaiser n'importe qui.

– Alors, c'est vrai que tu vas participer au tournoi, pas vrai ? lança-t-il. Comment ça va se passer ? On pourra venir y assister ?

– Oh, vous voulez...

Elle s'interrompit, avec un sourire gêné, en se sentant rougir. Il voulait vraiment y assister, c'est vrai ? Elle ne pensait pas que des élèves de l'école pourraient vouloir venir, s'étant juste attendue à voir ses parents dans le public, songeant que ce genre de championnat ne devait pas intéresser grand-monde, il fallait vraiment être passionné par les sports de combat et les arts martiaux. Elle était touchée, c'était vraiment adorable.

– C'est un championnat national, qui va se dérouler à Rennes en octobre, dit-elle en les regardant tous les deux. Je me suis inscrite cet été. Tout le monde a droit de venir y assister, bien sûr, ça se passe un week-end. C'est assez long, il y a beaucoup de participants.

Océane tâcha de leur donner un peu plus de détails, expliquant en résumé le déroulement du tournoi, avant de se mettre en place avec eux pour les exercices de base. Dominique avait en effet oublié pas mal de choses... Pour ne pas dire tout. Elle servit autant de professeur que de cobaye durant la demie-heure qui suivit, reprenant certains points avec patience pour lui rafraîchir la mémoire. Il avait de la volonté mais elle ne fut pas insistante, sachant qu'il faisait ça pour s'amuser avant tout. Elle ne le tanna que sur certains gestes, qui pouvaient vous blesser et faire bien mal lorsqu'ils étaient mal effectués. Une fois fait, elle proposa ensuite à Genji un court duel, curieuse de savoir son niveau. Et fut agréablement surprise, il s'y connaissait, même si, selon elle, il manquait de confiance et était souvent trop vif dans ses gestes.

– Tu te débrouille bien, sourit-elle. Dis-moi, pourquoi tu t'es inscris cette année à Sainte Famille ? Et quel est ton élément ? Tu n'a pas dit ton nom de famille ni d'où tu viens.

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MessageSujet: Re: Bientôt le championnat   Jeu 12 Nov - 22:14

Va la tête que tira Dominique, peu de chances, en effet, qu'il ait vraiment des souvenirs des gestes et mouvements qu'on attendait de lui. Impression concerné lorsque Kimmitsu lui fit d'abord corriger sa garde, le reste n'étant pas mieux. Assis dans l'herbe, il entoura ses genoux de ses bras, posant le menton dessus avec un petit soupir. Depuis qu'il était tout petit, il s'entraînait avec son père, l'admirant beaucoup, puis tout s'était brisé, comme le reste. Il regrettait vraiment son enfance, où il n'avait à se soucier de rien d'autre que faire ses devoirs et jouer dans la cour de la maison après les petites tâches qu'il effectuait tous les jours. Le soir, il se fourrait toujours dans les jambes de son père pour qu'il lui raconte tout ce qu'il avait fait dans la journée, juste pour être dans ses bras pendant qu'il lui parlait, puis filait sur les genoux de sa mère avant le repas. Une vie simple, des bonheurs simples il regrettait tout cela. Regrettait que son père en soit venu à le chasser de la maison, après des années passées à le prendre pour modèle et rester accroché à lui. Depuis deux ans... Il retint un long soupir, la gorge un peu serrée, en regardant Dominique essayer de se débrouiller. Il ferait peut-être mieux d'oublier tout ça, en fait. Si son père ne voulait plus de lui, Genji devait avancer, continuer, aller de l'avant et ne plus regarder derrière lui.

Même si un certain malaise commençait à pointer le bout de son nez, il se força à sourire à son voisin de dortoir lorsqu'il vint se rasseoir à côté de lui en s'étirant. Il lui faudra sans doute du temps avant de chasser ses idées noires et relativiser, mais en attendant, il ne voulait pas déprimer qui que ce soit, surtout pas Dominique qui avait vraiment l'ai d'être quelqu'un d'ouvert et agréable. La vie sera bien moins pénible s'il sortait de sa coquille et allait vers les autres, qu'il se faisait des amis. Victoire et Adeline devaient être là elles aussi, non ? Il aimerait bien les revoir, ils avaient passé de bons moments avec elles, cet été. Bien plus en tout cas que ceux qu'il avait passé avec son père après. Dom se pencha tout à coup pour lui chuchoter que "ce type intimidait tout le monde", et qu'il était l'un des rares à défendre encore l'école avec la directrice, contre l'armée. Ça, il n'avait aucun mal à le croire, la directrice en question avait semblé un peu tendue à leur famille, lorsqu'elle était venue. Enfin, si peu ! Juste au point d'inquiéter Eisen, le plus calme, jeune et tranquille de ses oncles, qui ne s'énerverait même pas si une grenade explosait à cinq centimètres de lui. Il avait même demandé si elle n'allait pas s'effondrer en montant les escaliers.

– En juin, le prof a été emmené par l'armée, on l'a vu, chuchota-t-il à Genji, penché vers lui, derrière les autres élèves. La directrice a été prévenue puis elle est partie. Madame Xiao-Hong l'a replacé pendant trois semaines, ensuite, la rumeur courait qu'il était blessé ou malade. On ne sait pas ce qui s'est passé, mais ça fait peur.

En juin... Genji se sentit assez pâlir en lançant un long regard à son oncle. On lui avait seulement dit qu'il avait malade ! Il n'avait plus donné de nouvelles mais lorsqu'il avait demandé à ses parents pourquoi, sa mère lui avait juste répondu qu'il était malade et n'avait pas pu appeler avant. Donc en réalité, il avait été "emmené par l'armée" ? Mais que lui avaient-ils fait ? Il avait été... Réprimant un frisson, il baissa la tête, jouant avec ses mains et tordant un brin d'herbe entre ses doigts assez fins. Trois semaines entières, s'il avait malade, ça n'avait pas dû être rien. Quand cet exercice fut terminé, il se leva avec son nouvel ami, alors qu'il hélait la jeune fille de toute à l'heure, Océane, l'élève de son oncle. Vu de plus près, il la trouvait plutôt mignonne. Le regard vif, mince, les cheveux aussi noirs que de l'encre, des yeux un peu étirés avec des cils très courts de même couleur. Il lui sourit lorsque Dom fit les présentations, avec son enthousiasme habituel. Elle était Chinoise ou Vietnamienne, déjà ? Il avait oublié. Ou Corée... Ah, mais non, Chinoise, c'était bien ça. Il se demandait si elle était venu en France avec ses parents ou si elle aussi avait été expédiée ici de force pour y suivre ses études et se retrouver le plus loin possible de toute sa famille.

– Alors, c'est vrai que tu vas participer au tournoi, pas vrai ? lança-t-il. Comment ça va se passer ? On pourra venir y assister ?

– Oh, vous voulez...

Oh, oui, pourquoi pas, ce serait intéressant ! Il n'était allé qu'à un ou deux tournois avec ses parents mais il en aimait l'ambiance, les présentations, les combats, tout. En plus d'observer des dizaines de techniques différentes, c'était aussi l'occasion d'échanger sur ce genre de sports. Reculant avec ex, afin de ne pas gêner les autres groupes, il sentit un regard sur sa nuque et tourna la tête, voyant son oncle l'observer de loin. Un peu gêné, il détourna les yeux, triturant un bout de sa manche. Trois semaines... Genji avait vraiment l'impression de ne plus comprendre ni connaître sa propre famille. Entre son père à qui il ne pouvait plus adresser la parole sans hurler, sa mère qui ne disait rien à part "Ecoute ton père", son oncle qu'il ne connaissait même plus, l'ambiance était formidable.

– C'est un championnat national, qui va se dérouler à Rennes en octobre, dit-elle en les regardant tous les deux. Je me suis inscrite cet été. Tout le monde a droit de venir y assister, bien sûr, ça se passe un week-end. C'est assez long, il y a beaucoup de participants.

Elle leur donna d'autres détails avec une impatience évident, ce qui le fit sourire. Au moins, elle était passionnée, ça se lisait sur son visage. Il la regarda reprendre des exercices assez simple avec Dominique, en premier lieu, notant qu'elle fera une bonne professeur à son tour, étant assez patiente et explicite. Lorsqu'ils eurent achevés cette première phase, elle se tourna vers lui et lui proposa un duel amical. Hochant la tête, Genji se plaça face à elle et se mit en garde, ramenant dans sa mémoire ce qu'il devait faire et tout ce qui était à éviter. Il fit de son mieux mais il avait une très nette tendance à commettre bien plus d'erreurs grossières, ces derniers mois, n'étant pas assez concentré durant les duels et entraînements. Ils ne s'entraînèrent pas très loin, cinq ou six minutes, mais ce fut suffisant pour lui faire réaliser qu'il avait beaucoup perdu de son niveau d'il y a juste un an. Bon, hum, il devrait quand même s'entraîner plus sérieusement que ça. Océane accepterait peut-être de l'aider ? C'était parfaitement idiot mais il n'osait pas demander à on oncle, par peur d'amer sur le tapis le sujet "pourquoi as-tu autant baissé de niveau ?". Il ignorait ce que son père avait dit exactement à son oncle à propos de lui mais préférait ne pas le savoir, finalement.

– Tu te débrouille bien, sourit-elle. Dis-moi, pourquoi tu t'es inscris cette année à Sainte Famille ? Et quel est ton élément ? Tu n'a pas dit ton nom de famille ni d'où tu viens.

Et voilà déjà les questions délicates... Il parvint à lui sourire, à leur sourire, mais était si crispé que ça devait plutôt ressembler à une grimace. Il laissa passer une petite minute, après les avoir fixés tous les deux, priant tous les esprits pour que tout se passe bien, enfin, mieux, que ça s'arrange, il ne voulait plus pleurer ni déprimer.

– Je manie le vent, et, heu... Disons que je n'ai pas eu trop le choix, pour m'inscrire ici. Récemment, mon don a un peu évolué et mon père a pensé que ce serait mieux que... Que je vienne vivre en France avec mon oncle. Je viens du Japon. Et... Mon oncle, c'est le sous-directeur. Mais ne vous moquez pas, hein !

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MessageSujet: Re: Bientôt le championnat   Ven 27 Nov - 21:45

– Oh, vous voulez...

Bah oui, évidemment ! Pourquoi être aussi surprise ? Il li fit un grand sourire pour approuver, se décalant pour ne pas barrer la route à un petit excité qui courait rejoindre un ami avec un grand "Bonjouuur !" enthousiaste. Il allait se placer un peu à l'écart d'un autre groupe un peu trop agité aussi lorsqu'il vit du coin de l'œil que le sous-directeur fixait Genji avec un air assez insistant. Et que son nouvel ami détournait franchement la tête, avec un air plus gêné, jouant avec un bout de sa manche. Bah, ils se connaissaient déjà, alors ? Eh, c'était peut-être son père ! Pour ça qu'il n'aura pas encore dit son nom de famille ! Il eut un sourire lumineux, heureux d'avoir eu cette illumination, jetant des regards au sous-dirlo et à Genji pour trouver des ressemblances physiques. Bon, de loin, comme ça, ce n'était pas très concluant, mais après tout, pourquoi pas ? Il reporta le regard sur Océane, une fois arrêté un peu plus loin, les deux mains dans les poches. Cette fille ne s'en rendait même pas compte, ce qui était hallucinant, mais la moitié des garçons du pensionnat étaient amoureux d'elle. Et elle ne le voyait même pas ! Lui aussi avait eu une courte période où il l'avait trouvé super sexy et attirante, puis ça lui était passé. Mais les garçons qui bavaient encore sur elle n'étaient pas rares, loin de là. Il aimerait bien que quelqu'un lui dise, au moins une fois, pour voir sa réaction, ce serait super drôle.

– C'est un championnat national, qui va se dérouler à Rennes en octobre, dit-elle en les regardant tous les deux. Je me suis inscrite cet été. Tout le monde a droit de venir y assister, bien sûr, ça se passe un week-end. C'est assez long, il y a beaucoup de participants.

Arf, Rennes, Rennes... Un weekend, d'accord, mais comment allait-il se débrouiller ? Il hocha la tête lorsqu'elle donna plus de détails, se demandant s'il pourra s'y rendre en gardant Jason avec lui ou s'il devait chercher quelqu'un pour le garder. Les joies de la paternité, il y a quatre mois à peine, il ne serait jamais posé cette question. "Comment aller là où j'en ai envie sans moyens de garde pour mon fils ? Et puis-je l'emmener avec moi ?". Avec un peu d'organisation, il devrait pouvoir ! Un hôtel pour la nuit et un sac contenant son kit du parfait père en herbe, à savoir des biberons, de la poudre de lait - qu'on l'excuse de ne pouvoir allaiter mais il n'avait pas de poitrine - des couches lavables, des bouteilles d'eau, une peluche, une couverture, des vêtements de rechange, un ou deux jouets, deux tétines, au cas où il en perdait une, etc. Oui, il devrait pouvoir s'arranger, après tout. Et puis,s on fils était sage ! De temps en temps. Parfois. Enfin, quand il dormait, quoi... Comment un bébé aussi petit pouvait-il vous demander autant de temps, c'était dingue ! Dieu merci, il commençait à faire ses nuits, gloire à tous les saints et les esprits du monde pour cela ! Le pire était lorsqu'il pleurait sans que son père ne sache pourquoi. Il avait mis longtemps avant de capter que son petit bout avait tout simplement des coliques. Pardon de ne pas tout savoir intuitivement, hein.

Revenant à la réalité, il se mit en place, face à Océane, convaincu qu'il lui faudra moins de deux minutes, chronomètre en main, pour se faire rétamer dans l'herbe. Mais elle resta gentille, reprenant les mouvements avec lui et expliquant, détaillant, ce qu'il avait oublié. Hawn, cœur en or, cette fille, elle lui rappelait la prof d'histoire. Il fit de son mieux, concentré, mais le résultat ne fut pas particulièrement probant. Bon, tant pis, chacun ses qualités, et il menait en parallèle un apprentissage déjà particulièrement difficile à lui seul, comment devenir un bon père. S'écartant, il regarda Genji prendre sa place, notant qu'il se débrouillait quand même beaucoup mieux que lui. C'était vraiment le fils caché du sous-directeur, alors, ou pas ? Oh oh, histoire en vue ! Dominique adorait ce genre d'histoires, il aimait autant les racontars et les rumeurs que les plus pipelettes des filles, c'était comme ça. On avait beau lui répéter que c'était débile, pour un mec, il e pouvait pas s'en empêcher, c'était génial d'écouter tous les bruits de couloirs et d'apporter son grain de sel aux rumeurs, il avait toujours trouvé ça extrêmement marrant. Debout près de ses deux camarades, il les observa durant les quelques minutes que dura l'exercice, les bras croisés.

– Tu te débrouille bien, sourit-elle. Dis-moi, pourquoi tu t'es inscris cette année à Sainte Famille ? Et quel est ton élément ? Tu n'a pas dit ton nom de famille ni d'où tu viens.

Ouais, c'était son père, c'était sûr ! Il avait l'air gêné, donc c'était ça, forcément, et le sourire qu'il leur fit ne fit que confirmer cette hypothèse. Mais il y avait pas de quoi être gêné ! Bon, le sous-directeur était un peu flippant, parfois, quand il se mettait en colère, mais pas méchant,a u fond, donc où était le mal ? Genji pouvait bien respirer, se calmer, tout allait bien ! Personne n'allait le bouffer, ici, il n'y avait que des gens très biens ! Enfin, hum... Des gens très bien dans un espace de deux mètres autour de lui, ça, c'était certain ! Océane était une fille géniale, il aurait pu continuer à être amoureux d'elle plus longtemps s'il ne préférait pas les blondes et les châtaignes.

– Je manie le vent, et, heu... Disons que je n'ai pas eu trop le choix, pour m'inscrire ici. Récemment, mon don a un peu évolué et mon père a pensé que ce serait mieux que... Que je vienne vivre en France avec mon oncle. Je viens du Japon. Et... Mon oncle, c'est le sous-directeur. Mais ne vous moquez pas, hein !

– Hein, c'est pas ton père ? Aaaah, ma théorie vole en éclats !

Il éclata de rire en voyant l'air un peu ahuri de Genji, lui donnant ne grande tape dans le dos en lui avouant qu'il avait vraiment cru que le sous-directeur était son père, pendant un moment. Bon, père ou oncle, pas de quoi être gêné tout de même ! Ce pensionnat était assez spécial comme ça, pas besoin d'en rajouter, pas vrai ? Il l'encouragea plutôt à continuer à s'entraîner, défiant Océane avec un large sourire à un petit duel amical. Et comme prévu, il ne lui fallut que très peu de temps pour finir le nez écrasé dans l'herbe. Ils s'exercèrent ainsi un bon moment, Dominique veillant à ce que ses deux camarades gardent le sourire et la bonne humeur, la vie était trop courte pour ne pas en profiter. Dès que la fin du cours improvisé arriva, il les encouragea à se changer très vite, les invitant ensuite à le suivre. Allez ! Il courut à moitié sur le chemin remontant vers le pensionnat, à travers le parc, les pans de sa veste ouvertes voletant autour de lui comme des ailes de chauve-souris. Rentrant, il esquiva deux premières années tout excité qui couraient dans le hall, emmenant ses amis à la garderie. Il y entra en coup de vent, faisant sursauter la nourrice en garde aujourd'hui, s'excusant d'un geste avant de pousser Océane et Genji vers un berceau.

– Je vous présente Jason, sourit-il en se penchant vers le bébé endormi, debout entre ses deux amis, les tenant par les épaules. Il est né cet été. C'est mon fils. Alors, comment vous le trouvez ? Sa mère ne voulait pas de lui mais moi oui ! J'apprend tous les jours à être un bon père.
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Océane Kara
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MessageSujet: Re: Bientôt le championnat   Ven 11 Déc - 15:40

Genji eut aussitôt un air assez gêné, comme s'il avait peur de répondre. La jeune fille se sentit, de son côté, assez mal à l'aise, craignant d'avoir fait une gaffe. Peut-être n'était-il pas ici de son plein gré et elle lui rappelait de mauvais souvenirs en lui posant ce genre de questions ? Désolée, elle ne voulait pas le blesser ! Il n'était pas obligé de répondre, s'il ne voulait pas, Océane était trop curieuse, elle devrait faire attention. Un peu paniquée, elle chercha une façon de lui dire, sans le blesser encore plus,q u'il n'avait pas à s'en faire, qu'elle ne lui posera plus de questions et que c'était de sa faute, elle fera plus attention la prochaine fois, c'était promis. Hum, comment le dire sans le gêne ? Dominique n'avait pas une idée ? Elle tourna un regard plein d'espoir vers lui mais il affichait un air toujours aussi enjoué, comme s'il n'avait pas remarqué la gêne de leur nouveau camarade.

– Je manie le vent, et, heu... Disons que je n'ai pas eu trop le choix, pour m'inscrire ici. Récemment, mon don a un peu évolué et mon père a pensé que ce serait mieux que... Que je vienne vivre en France avec mon oncle. Je viens du Japon. Et... Mon oncle, c'est le sous-directeur. Mais ne vous moquez pas, hein !

Océane en resta bouche bée, le dévisageant puis son regard filant vers son maître pour chercher des points de comparaison entre es deux. Il n'y avait pas de quoi se moquer, enfin ! De la même famille, c'était bizarre, d'entendre ça, mais bon, il se plaira sûrement en France ! Elle comprenait, maintenant, qu'il soit un peu gêné d'avouer ça, cependant, aucun souci à se faire, océane sera muette comme une tombe s'il n'avait pas envie que l'information se sache. Elle lui fit un sourire pour le réconforter, notant au passage que son air perdu et gêné le rendait plutôt mignon. Il avait déjà suivi des cours dans ce genre d'école ? Car Dominique et elle pouvaient sûrement l'aider à s'intégrer, il pouvait leur demander. Ils lui passeront les cours des années précédentes pour qu'il puisse jeter un œil et voir le niveau demandé, lui faire visiter l'école, les coins sympas du village, tout ça. En cette saison, le week-end, ils pouvaient encore prévoir un après-midi baignade au lac ! Océane n'était pas très fan de la natation, à cause de son élément, mais elle avait gardé une certaine joie malgré tout à barboter dans l'eau, y ayant passé des heures et des heures à jouer dans les rivières avec ses parents quand elle était petite.

– Hein, c'est pas ton père ? Aaaah, ma théorie vole en éclats !

Son père, oh, tout de même, ils l'auraient vu bien avant si maître Nakajima avait un fils ! Il éclata de rire puis lui colla une grande tape dans le dos, toujours aussi enthousiaste, en l'encourageant à reprendre l'entraînement. Océane rit un peu, donnant une petite tape sur l'épaule de leur nouvel ami en lui souriant, acceptant ensuite le défi amical que lui lança Dominique. Elle se mit en place, lui rendant son regard, avant de lui faire signe de s'approcher d'un doigt. Allez, en garde ! garde que lui aussi ferait mieux de corriger car il ne lui fallut que très peu de temps avant de l'écraser dans l'herbe d'une clé de bras. Ils se remirent à l'exercice, discutant tout en s'entraînant, riant souvent car la bonne humeur de Dominique était contagieuse et il savait s'y prendre pour détendre l'atmosphère. D'ailleurs, lui-même était entré au pensionnat depuis un an, deux ans, maintenant ? Il n'était pas arrivé non plus dès la sixième mais elle ne savait plus s'il était là depuis deux ou trois ans. Enfin, peu importe, du moment qu'il était avec eux, en ce moment. C'était n bon ami, elle adorait les personnes aussi ouvertes et enjouées, elle-même n'arrivant pas à se détendre aussi bien. Ils s'entraînèrent tous les trois encore un long moment avant de cesser, un peu essoufflés Mais les muscles relâchés, le corps détendu.

Dominique, dès la fin du cours, les poussa à aller se changer en vitesse, voulant leur montrer autre chose. Allons bon, qu'avait-il encore inventé ? Retournant dans les vestiaires des filles, Océane renfila des vêtements ordinaires, une jupe, des sandales, un tee-shirt blanc avec des motifs noirs de papillon, attachant ses cheveux en un chignon rapide et lâche. Dès qu'elle fut de retour avec les garçons, Genji et elle durent presque courir pour suivre Dominique, pressé comme jamais. Eeeh, du calme, elle était crevée, elle ! L'entraînement pour la danse puis le judo, qu'il en lui demande pas en plus un marathon, elle n'allait pas suivre, par pitié. Heureusement, elle eut le droit de s'accrocher à Genji, qui l'aida sur la petite côte remontant vers le pensionnat. Arf. Elle le remercia d'une voix essoufflée, rejoignant Dom qui courait encore à travers le hall, ouvrant la porte de la garderie à la volée. Et bien quoi, la garderie, qu'est-ce qu'il y avait à voir ? C'était pour les profs et les tous-petits, ici, les élèves n'y fichaient jamais les pieds. Dom les poussa vers un berceau, se mettant entre eux d'eux et les prenant par les épaules. Un peu perdue, Océane baissa les yeux puis fondit instantanément en voyant un bébé minuscule et profondément endormi, suçotant sa tétine dans son sommeil. Myaaah, il était trop mignon ! Elle joignit ses mains devant sa poitrine avec un très large sourire et les yeux remplis d'étoiles, fondant.

– Je vous présente Jason, sourit-il en se penchant vers le bébé endormi, debout entre ses deux amis, les tenant par les épaules. Il est né cet été. C'est mon fils. Alors, comment vous le trouvez ? Sa mère ne voulait pas de lui mais moi oui ! J'apprend tous les jours à être un bon père.

Son... C'était son fils ?! Elle lui jeta un regard halluciné, la bouche grande ouverte. Il avait un fils ? Déjà ?! Il était encore à l'école avec eux ! Ah, mais, lui avait dix-huit ans, c'est vrai. Si son ancienne petite amie était tombée enceinte par accident et n'avait pas voulu le garder, c'était triste, mais ce petit avait au moins un père. La jeune Chinoise tendit le bras pour caresser la joue du bébé du doigt, tendrement, ne pouvant s'empêcher de sourire en le regardant. Il était vraiment adorable.

– Tu es vraiment très courageux d'avoir voulu le garder, malgré ton âge et les études, sourit-elle en relevant la tête vers Dominique. Et je le trouve très mignon, c'est un très beau petit garçon.

Elle reporta presque aussitôt le regard vers le bébé, penchée au-dessus du berceau. Elle pourrait faire ça durant des heures, qu'il y avait-il de plus beau à regarder qu'un bébé endormi, blotti au chaud dans son berceau et plongé dans un magnifique rêve ? Dom était vraiment très mature, au-delà de son caractère "gamin", il savait faire preuve d'une grande force de caractère, pour vouloir élever ce petit garçon. Elle ignorait tout de cette facette de lui, c'était très surprenant. Quel dommage que la mère de ce petit ne soit plus là, même si être enceinte si jeune sans être mariée était très mal vu et difficile, elle aurait pu compter sur Dominique. Mais elle avait préféré partir et ne pas voir cet enfant. Océane se pencha souplement pour déposer un baiser tendre sur le front du petit avant de se remettre droit, les bras serrés autour de sa poitrine, souriant lorsque Dominique remit son bras autour de ses épaules, comme il tenait toujours Genji de cette façon.

– On se fera une sortie ce week-end ? proposa-t-elle aux deux garçons. Pique-nique, samedi ou dimanche ? Il va faire beau, normalement, on pourrait aller manger près du lac. Puis, Genji, faut bien que tu découvres les coins sympas. Ça te dirait ?

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Re: Bientôt le championnat   Dim 24 Jan - 18:51

– Hein, c'est pas ton père ? Aaaah, ma théorie vole en éclats !

Son père ? Heu, non... Genji ouvrit la bouche puis la referma aussitôt, souriant un peu d'un air gêné lorsque Dominique lui colla une immense claque dans le dos en lui avouant qu'il avait cru que le sous-directeur était son père, l'encourageant ensuite à continuer à s'exercer. Donc ça ne le gênait pas et ne les choquait pas, tant mieux, le nouveau lycéen avait un gros poids en moins sur le cœur. Se remettant en place, il observa Océane écraser leur camarade dans l'herbe avant de se tourner vers lui. Glips, cette fille était trop douée pour lui, maman ! Il fit vraiment du mieux possible, las, ce ne fut pas très concluant, il avait l'impression de n'avoir absolument rien appris de valable et se fit lamentablement écraser par terre à son tour après un magnifique petit vol plané. D'accord, cette fille semblait fragile, à vue de nez, alors qu'elle pouvait sans doute écraser pas mal de mecs de cette école, conclusion de l'affaire, ne jamais se fier aux apparences. Il se frotta le nez en se relevant, avec une petite pensée émue pour son amour-propre qu'on venait d'enterrer. Pourvu que son oncle n'ait pas la "bonne idée" de reprendre son entraînement car là, ce serait épique, Genji ne progressait plus du tout depuis deux ans, il avait même régressé, et ne voulait pas que sa famille prenne conscience de ça. Son père lui faisait déjà des scènes à n'en plus finir lors des entraînements.

Lorsque la fin du cours arriva, Dominique les poussa à se changer en quatrième vitesse avant de les pousser hors des vestiaires et les traîner dans le parc en courant. Eh, il n'y avait pas le feu ! Où voulait-il aller ? Genji suivit tant bien que mal, les muscles en compote de pommes après la multitude d'atterrissages forcés que lui avaient imposé la fine et en apparence gracile jeune fille qu'était Océane. Bon sang, elle aurait quand même pu y aller un poil plus doucement. Ils revinrent dans le grand hall du pensionnat, fonçant vers une porte au fond, Dom y entrant comme s'il y était le propriétaire. Il y eut d'un coup tant de couleurs et de dessins partout que Genji crut avoir changé de dimension. Mais non, c'était juste une très grande pièce très claire avec des petites chaises et tables colorés, des jeux, des peluches, des lits d'enfants à barreaux, des berceaux, des biberons en verre dans un coin et des coloriages sur les murs, apparemment réalisés avec amour par des tous petits de un à quatre ans. Ah, d'accord, une garderie. Dom les poussa tous les deux à côté d'un berceau, les tenant par les épaules, avec un immense sourire. Un bébé y était profondément endormi, ses poings minuscules serrés sur une ouverture blanche, un doudou en forme de lapin à côté de lui. Et bien, c'était son petit frère ?

– Je vous présente Jason, sourit-il en se penchant vers le bébé endormi, debout entre ses deux amis, les tenant par les épaules. Il est né cet été. C'est mon fils. Alors, comment vous le trouvez ? Sa mère ne voulait pas de lui mais moi oui ! J'apprend tous les jours à être un bon père.

Son, son, son, son... Genji en resta bouche bée, manquant de s'écrouler par terre tant l'information le pris de court. Il avait déjà un fils ?! Et il le gardait ? Il l'élevait ?! Il, le, il... Il le gardait vraiment, ici, au pensionnat ?! Mais comment faisait-il, il arrivait à s'en sortir, entre son fils et les cours ? Océane tendit la main pour caresser la joue du bébé alors que lui-même était incapable de faire un seul geste, regardant alternativement Jason et son père. Donc... Il était quatre fois plus mature qu'eux tous réunis, malgré les apparences,s 'il avait voulu garder cet enfant et l'élever. Ou quatre fois plus fou. Ou les deux. Ce n'était quand même pas rien, d'élever un enfant ! Ils étaient déjà eux-mêmes considérer comme des gamins, accrochés aux basques de leurs parents et devant les fuir après une connerie ou ne pas se faire hurler dessus. Et là-dessus, Dominique, à peine plus âgé, arrivait avec un enfant dans les bras. D'accord, oui, aucun problème ! Mais il avait assez d'argent pour payer ses études et nourri son fils ? Ses parents l'aidaient ? Cette école n'était pas donnée, en plus... D'ailleurs, son propre père n'avait pas semblé réfléchir beaucoup à ça avant de l'envoyer ici.

– Tu es vraiment très courageux d'avoir voulu le garder, malgré ton âge et les études, sourit-elle en relevant la tête vers Dominique. Et je le trouve très mignon, c'est un très beau petit garçon.

L'instinct maternel avait parlé. Elle se pencha pour embrasser le petit sur le front, avant de se redresser, Dominique remettant aussitôt le bras sur son épaule. Comme ça, ils avaient l'air d'être les trois meilleurs amis du monde, à part qu'Océane et Dominique ne semblaient pas s'être beaucoup côtoyés des masses avant aujourd'hui et que Genji venait de débarquer en France il y à peine dix jours. Et en dix jours seulement, il était déjà assez sonné, la France ayant des coutumes très différentes de celles de son pays natal. Il lui avait fallu des heures avant de se souvenir de la façon correcte pour tenir une fourchette et encore plus longtemps avant de s'habituer à un lit monté sur pieds, loin de son futon posé sur le tatami au sol, c'était très perturbant. D'ailleurs, tout était encore très bizarre, pour lui. Le pain, que les Français mangeaient tout le temps à chaque repas, cette manie de manger trop de viande et pas assez de légumes, les cabines de douche qui ressemblaient à des sas de désinfection, la fourchette glaciale pour piquer la nourriture (très agressif), les livres qui étaient écrits de gauche à droite, la température douce (forcément, l'hiver chez lui durait dix mois sur douze), la façon dont les gens se saluaient, toujours avec des bisous sur les joues, à tel point que ça en devenait franchement dérangeant, et surtout, personne ne semblait gêner de voir deux personnes s'embrasser devant tout le monde. Genji était encore incapable de s'y habituer, la pudeur, enfin, on s'embrasse en privé.

– On se fera une sortie ce week-end ? proposa-t-elle aux deux garçons. Pique-nique, samedi ou dimanche ? Il va faire beau, normalement, on pourrait aller manger près du lac. Puis, Genji, faut bien que tu découvres les coins sympas. Ça te dirait ?

– Pourquoi pas, lui sourit-il, remarquant au passage qu'elle était bien plus mignonne comme ça qu'avec son air très concentré lorsqu'elle s'apprêtait à vous plaquer au sol. Dimanche, ce sera pas mal, il devrait faire beau, on aura du temps.

Cette nouvelle vie en France pourrait être agréable, s'il se faisait des amis comme eux deux. Il leur sourit doucement, faisant des efforts pour chasser l'angoisse et la tristesse. Autant s'y faire, s'il était coincé ici, à présent.

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