Pensionnat de la Ste Famille

1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Réunion de pré-rentrée

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Gabriella de Lizeux
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Âge RPG : 33 ans

MessageSujet: Réunion de pré-rentrée   Dim 27 Sep - 22:01

Une légère odeur de café flottait déjà dans la salle, quelques collègues zélés étaient venus plus tôt afin de remplir plusieurs cafetières et les garder au chaud, s'attendant sans doute à une réunion très longue, peut-être toute une journée. Ce n'était pas du café qu'il faudra, pour certains, mais des pansements, si certaines choses ne parvenaient pas encore à être comprises assez vite. Notamment le fait que l'on est pas en droit de râler ni de se permettre le moindre petit commentaire si l'on n'a pas aidé au cours de l'année pour éviter des modifications au sein de l'école. Gabriella marcha à très grands pas dans les couloirs, venant juste de rentrer de la caserne et ayant passé rapidement chez elle pour se doucher et enfiler une tenue plus conforme à la situation, à savoir une jupe brun et longue, un corsage couleur crème et une ceinture noire autour de la taille, ses cheveux flottant librement sur ses épaules. Son corsage à manches courtes laissait voir les longues cicatrices blanches sur ses bras mais elle n'essayait plus de les cacher. S'offusquera qui voudra. Elle eut un petit sourire d'impatience en poussant la porte de la salle, ses dossiers sous le bras.

Elle posa ses affaires à la place qui lui était attribuée, saluant de la tête Auguste et Kimmitsu lorsqu'ils entrèrent à leur tour, puis s’essaya. Elle avait hâte de savoir quels seront les enseignants qui auront gagné quelques neurones au cours de l'été. Kimmitsu vint s'asseoir à côté d'elle, pendant qu'elle tapotait la table avec le bout de son stylo, impatiente. Elle attendait ce moment depuis un mois. Après tout, pourquoi se retenir, maintenant ? Cette école avait changé et ceux qui n'avaient rien fait contre mais qui s'en énervaient pouvaient prendre la porte tout de suite, elle ne comptait pas les retenir ! Quand aux autres, s'ils restaient, ils allaient devoir comprendre deux ou trois points. Elle n'obligera personne à se battre, en revanche, les collaborateurs directs ou indirects risquaient plus grave qu'un licenciement. C'était Bradley qui avait raison, pourquoi se priver d'user de son pouvoir, de temps en temps ? Les enseignants entraient peu à peu, s'installant à table. L'ancien directeur s'installa lui aussi, à sa droite, Kimmitsu étant à gauche. Allez, mes chers petits, on s'installe ! Non qu'elle soit pressée mais ils devaient bien commencer. Elle se redressa, adressant un sourire particulièrement mauvais à quelques profs, qui perdirent les leurs.

Estelle fit le tour pour remplir les tasses de café, semblant parfaitement imperméable à toute atmosphère un peu lourde. Mais ce n'était pas elle qui était visée. Gaby posa ensuite le regard sur Céleste, son sourire ne la quittant pas. Alors c'était elle la femme "moins obsédée" ? La directrice ne la lâcha pas des yeux pendant trois bonnes minutes, tout en faisant tourner son crayon entre ses mains, lèvres légèrement pincées. Elle reporta ensuite son attention sur le reste des professeurs, qui sortaient de quoi prendre des notes ou les dossiers préparés pour les classes, dans le cas des professeurs principaux. Bien, ils allaient pouvoir commencé. Pour l'instant, l'ambiance était plutôt au beau fixe, les conversations tournant sur les lieux où chacun avait passé ses vacances. Le silence se fit petit à petit mais Gabriella ne tenta pas de brusquer les choses, bien au contraire. Elle attendit que le silence arrive sans ouvrir la bouche, dans un calme olympien. Bien, tout le monde était prêt ? Ils pouvaient démarrer ? Ils avaient beaucoup de choses à aborder, pour cette charmante rentrée.

– Je suis ravie de vous revoir, tous, commença-t-elle avec un large sourire signifiant "je voudrai tant vous pendre au plafond par les pieds une heure ou deux". Et j'espère que vous avez passé de bonnes vacances !

Certains commencèrent à sourciller, comme s'ils sentaient que la suite n'allait pas leur plaire. Deux ou trois répondirent un "merci" sans conviction, mais elle ne pouvait leur en vouloir, ils avaient des raisons de s'en faire si elle clamait être ravie de les revoir.

– Pour commencer, je vous présente, pour ceux qui ne le connaissent pas, monsieur Henri Francfort, mon prédécesseur à la tête de cette école. Il est professeur de foudre et reviendra parmi nous cette année à temps partiel, afin d'apporter son aide. Monsieur Auguste de la Valière est également revenu pour donner les cours de mathématiques en remplacement de madame de Sora, actuellement en en prison avec une partie hôpital psychiatrique, pour ceux que ça intéresse.

Dernière phrase lancée d'un ton montrant tout l'intérêt qu'elle portait à cette pauvre folle. Bien, maintenant que ces détails étaient posés, on allait enfin pouvoir se concentrer sur les choses sérieuses ! Sa main se crispa sur son crayon alors qu'elle perdait son sourire, prenant sans le vouloir l'air qu'elle affichait habituellement à la caserne, lors de réunions importantes ou face à Bradley. Qu'ils n'oublient pas que la porte était ouverte et que tous pouvaient dégager si l'envie leur prenait.

– On va mettre plusieurs choses au clair, avant de continuer. Comme vous avez tous pu le remarquer, cet endroit a subi quelques modifications. Pour ceux et celles qui n'ont jamais bougé leur cul de leur chaise ni rien fait de concret de leur vie pour empêcher ça, vous n'êtes pas en droit de faire le moindre commentaire, d'autant plus si vous tenez à votre peau. Il y a eu bien assez de lâcheté et de couardise au sein de cette équipe l'année dernière. S'il reste encore parmi vous des crétins ou des lâches, des personnes prêtes à sacrifier la vie d'un enfant pour protéger votre misérable peau, ils ont tout intérêt à quitter cette école dès aujourd'hui. Je vous préviens, très aimablement, que si je surprend l'un d'entre vous rejeter un élève en difficulté ou bien conduire au malheur un de ses collègues, j'ai tout pouvoir pour le faire arrêter et incarcérer, au secret, aussi longtemps qu'il m'en plaira. Est-ce clair, pour ce premier point ?!

Elle regarda chacun d'entre eux, avec une certaine lenteur, pour s'assurer que le message était bien passé. C'est bon, ils avaient tous compris, elle pouvait continuer ? Qu'ils le disent, sinon ! Elle était tout à fait disposé à leur fournir des explications plus en profondeur, aujourd'hui.

– Je n'oblige personne à se battre de front, mais ceux qui nuiront aux autres directement ou indirectement recevront un fort retour de bâton. Et non, je ne compte pas hésiter non plus, si vous avez encore des doutes à ce sujet. Merci de vous rappeler les orages de cet été, pour aide-mémoire.

Elle croisa le regard de l'ancien directeur, qui eut un léger sourire, les mains croisées sur la table, très paisible. Daniel, lui, était plutôt vert, jetant des regards très réguliers vers la fenêtre, comme s'il craignait qu'un orage n'éclate à l'instant.

– Pour ceux qui ont un problème avec cette école ou avec moi, je vous invite à partir de suite. Je me moque qu'on veuille rester sur le côté, mais je ne peux plus tolérer ceux qui se dressent sur le chemin. Si vous souhaitez soutenir certaines méthodes, ayez au moins le courage de l'afficher clairement ! D'autres "Sarah", parmi vous ? Profitez de partir maintenant, pour que je ne vous tombe pas dessus plus tard.

Elle haussa les sourcils, attendant, mais personne ne remua d'un pouce. Ils étaient donc entre gens civilisés ? Elle le saura très vite, si elle recevait des lettres de démission dans les prochains jours. Gaby en profitait pleinement, consciente à présent qu'aucun d'eux ne pouvait lui créer d'ennuis avec les forces de l'ordre pour pourrir un peu plus cette école. Elle avait un pied sur le contrôle de ces forces de l'ordre et s'en servira.

– Six élèves ont été tués l'année dernière, tous à cause d'un manque d'attention flagrant alors qu'ils demandaient de l'aide. Et je serai curieuse de savoir qui, parmi vous, a pris la peine de se déplacer au cimetière pour déposer ne serait-ce que des fleurs sur leur tombe. A moins qu'il n'y en ait que quelques uns qui se souviennent d'eux, de leurs noms ? Vous n'avez rien à dire ?

– C'est un sujet que nous avons déjà abordé, dit Kimmitsu d'un ton paisible. L'année dernière, dans cette même salle. J'ose espérer qu'à cette occasion, tout le monde a pu réaliser qu'on ne peut fermer les yeux sur tout. Et qu'il faut être "réaliste" sur le sujet. N'est-ce pas, Alice ?

Ah oui, la fameuse réunion où ils avaient attendu que Gabriella soit partie à la caserne pour discuter. Vraiment charmant, par ailleurs. Elle échangea un regard avec le sous-directeur, souriante maintenant qu'elle avait vidé son sac.

– Bien, à présent, passons à la suite. Les cours d'éléments vont être modifiés et tous les programmes vont évoluer. Pour information, je viens de reprendre en main, de faon complète, le programme d'entraînement des Guetteurs, au sein de l'armée, ce qui signifie que toute information sur les dons des élèves remontera jusqu'à chez moi, donc plus aucun danger pour les enfants de s'entraîner autant qu'ils le peuvent durant les cours. Beaucoup ont besoin d'une remise à niveau, à cause des perturbations de l'année dernière.

Elle signa que certaines classes avaient changé d'endroit et en profita pour faire passer le nouveau plan de l'école à tout le monde. Elle attendit qu'ils puissent le consulter, se repérer un minimum, avant de poursuivre. Elle était vraiment soulagée d'avoir pu dire ce qu'elle avait sur le cœur, se sentant très légère à présent.

– Mademoiselle Dumoulin, quel est le niveau actuel en foudre des collégiens et de ceux qui passent au lycée cette année ? Tâchez d'être précise. Madame Morin, même question pour vous ensuite.

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Réunion de pré-rentrée   Sam 10 Oct - 13:20

Céleste était profondément mal à l’aise. La réunion de pré-rentrée allait commencer dans un peu plus d’une heure et elle n’avait pas du tout envie d’y aller... Cela ne faisait qu’une semaine que la directrice et Cyprien avaient rompu et elle savait qu’il l’avait trompée avec elle ! Comment être plus mal à l’aise, encore... La jeune professeure avait récupéré son meilleur ami en pleurs, à sa porte, dans un état pitoyable, elle devait bien l’avouer. Par souci de respect pour sa supérieure, elle avait exigé qu’il dorme dans le canapé quelques jours et avait franchement évité de croiser la directrice depuis cette histoire. Mais il fallait qu’elle lui parle... Qu’elle s’excuse, qu’elle... Elle ne savait pas. Un jour où elle serait moins occupée, peut-être ? Connaissant Cyprien, il n’y avait vraiment pas été de main morte et avait sûrement dit les choses sans aucun tact. Elle l’aimait beaucoup, oui, mais il devait vraiment faire un effort de ce côté-là.

Céleste enfila sa robe et attacha ses cheveux en un chignon bien serré, souhaitant ne rien laisser au hasard aujourd’hui. Elle se sentait incroyablement tendue et, se tournant, essaya de sourire à Cyprien mais ne parvint qu’à faire une grimace. Ils savaient tous les deux que cette réunion allait être dure, que Gabriella mettrait les choses au clair, qu’elle ne laisserait plus rien passer maintenant qu’elle avait réalisé quelle place elle avait dans l’armée. Cette réunion promettait donc... Eux deux avaient déjà ouvert les yeux, du moins Céleste, mais pour d’autres professeurs campés sur leur avis de « les militaires ne nous feront aucun mal », elle avait sincèrement peur. Peut-être que certains démissionneraient... Se mordant les lèvres, la jeune femme prit une petite inspiration dès qu’elle fut prête et dit à Cyprien qu’elle allait préparer un petit-déjeuner rapide pour les enfants.

Pain, céréales, lait... Normalement, tout y était. Ils avaient aussi de quoi se faire des tartines, une corbeille de fruits était posée au centre de la table... Parfait. Céleste laissa un peu d’argent dans la commode pour qu’ils puissent s’acheter de quoi manger à midi, au cas où la réunion durerait plus longtemps, et inscrivit un petit mot sur un bout de papier qu’elle posa sur l’assiette d’Alexis. Bon... Il allait falloir y aller, ils devaient marcher un petit quart d’heure avant d’arriver au Pensionnat et elle préférait arriver au moins quinze minutes en avance.

Céleste – Prêt ? demanda-t-elle en voyant Cyprien. J’ai laissé de l’argent pour Alexis et Lucas, pour midi. Tu veux manger quelque chose ou on y va ?

Cyprien – Non, je préfère ne rien avaler... On peut y aller.

Céleste hocha la tête et ils sortirent de l’appartement puis de l’immeuble, fermant derrière eux et gagnant le chemin qui menait au Pensionnat. Elle essaya de parler de tout et de rien pour ne pas penser à la réunion mais cela ne changeait rien, le chemin semblant étonnamment court pour une fois. Ils arrivèrent à l’école, la nervosité grimpant à mesure qu’ils approchaient de l’école. Elle avait peur de la réunion, oui... Mais surtout peur de voir la directrice. Lorsqu’ils passèrent les grilles, ils durent montrer leurs papiers comme à chaque fois, chose qui ne lui avait franchement pas manquée pendant ces vacances-ci, puis entrèrent dans le bâtiment de l’école. Céleste dut se faire violence pour ne pas réagir, n’étant pas du tout habituée à cette... disposition. Les militaires avaient tout changé ! Tout rasé, tout reconstruit, certaines salles n’étaient même plus au même étage...  Heureusement, ce n’était pas le cas des bureaux et de la salle de réunion même s’ils avaient été remaniés, à première vue. Céleste s’arrêta juste devant la porte, entendant quelques voix à l’intérieur de la salle.

Céleste – Plus qu’à espérer en sortir en vie...

Elle échangea un regard avec Cyprien avant de pousser la porte, prenant une profonde inspiration. Il y avait quelques-uns de leurs collègues déjà présents mais elle tâcha d’agir normalement, allant déposer ses affaires à sa place avant d’aller saluer les autres. Eviter la directrice, surtout. A vrai dire, elle n’osait même pas la regarder et trouvait le moindre prétexte, même parler aux autres, pour l’éviter... Ce n’est que lorsqu’ils s’installèrent tous petit à petit que le malaise s’accentua. Céleste gardait délibérément la tête baissée, sentant que la réunion allait commencer et refusant de regarder la directrice même si elle savait qu’elle devait la regarder, se sentant observée. Elle sortit ses dossiers, ayant un plus gros « tas » que d’autres comme elle était devenue professeure principale des classes de cinquième année. Le silence se fit petit à petit jusqu’à ce que l’on entende une mouche voler.

Directrice – Je suis ravie de vous revoir, tous, commença-t-elle avec un large sourire signifiant "je voudrai tant vous pendre au plafond par les pieds une heure ou deux". Et j'espère que vous avez passé de bonnes vacances !

Aïe... Ca commençait fort. Confirmation, elle allait les démolir, mettre les points sur les i très vite et dire tout ce qu’elle pensait depuis un an. Céleste se mordit les lèvres, gardant la tête baissée pour l’instant sans répondre. Naturellement, tout le monde avait compris ce que cette phrase d’ouverture signifiait et l’ambiance s’était considérablement tendue, on pouvait le ressentir, presque le toucher.

Directrice – Pour commencer, je vous présente, pour ceux qui ne le connaissent pas, monsieur Henri Francfort, mon prédécesseur à la tête de cette école. Il est professeur de foudre et reviendra parmi nous cette année à temps partiel, afin d'apporter son aide. Monsieur Auguste de la Valière est également revenu pour donner les cours de mathématiques en remplacement de madame de Sora, actuellement en en prison avec une partie hôpital psychiatrique, pour ceux que ça intéresse.

... Le... Son ancien professeur de foudre était revenu ? Céleste blêmit considérablement, redressant la tête pour s’en assurer. Le reste ne comptait pas tant elle était terrorisée, d’un coup, à l’idée de croiser monsieur Francfort. Et puis, elle savait déjà pour le prof de maths, elle avait eu l’information avant les autres. Mais son prof... S’il apprenait ce qu’elle avait fait subir à son don... S’il la reconnaissait et voyait à quel point il avait changé... Il ne savait même pas qu’elle avait développé la glace ! Heureusement, d’autres professeurs avaient réagi comme elle à cause du placement de leur ancienne collègue en hôpital psychiatrique, ce qui avait fait passer sa réaction pour quelque chose de normal. Mais... Son ancien professeur de foudre, bon sang ! Et oui, il était là et bien là... Bon, stop, on respire. Du calme. Il n’allait peut-être pas comprendre. Et puis, elle avait travaillé tous les jours pendant les vacances, son niveau était revenu à celui qu’elle avait en arrivant au Pensionnat. Donc c’était déjà ça... Non ? Céleste baissa à nouveau la tête, faisant mine de griffonner quelque chose sur ses feuilles pour se reprendre. L’année commençait bien, en effet...

Directrice – On va mettre plusieurs choses au clair, avant de continuer. Comme vous avez tous pu le remarquer, cet endroit a subi quelques modifications. Pour ceux et celles qui n'ont jamais bougé leur cul de leur chaise ni rien fait de concret de leur vie pour empêcher ça, vous n'êtes pas en droit de faire le moindre commentaire, d'autant plus si vous tenez à votre peau. Il y a eu bien assez de lâcheté et de couardise au sein de cette équipe l'année dernière. S'il reste encore parmi vous des crétins ou des lâches, des personnes prêtes à sacrifier la vie d'un enfant pour protéger votre misérable peau, ils ont tout intérêt à quitter cette école dès aujourd'hui. Je vous préviens, très aimablement, que si je surprend l'un d'entre vous rejeter un élève en difficulté ou bien conduire au malheur un de ses collègues, j'ai tout pouvoir pour le faire arrêter et incarcérer, au secret, aussi longtemps qu'il m'en plaira. Est-ce clair, pour ce premier point ?!

Et voilà... La jeune femme redressa la tête pour regarder ses collègues, curieuse de connaître leur réaction. Intérieurement, elle avait longtemps espéré que leur supérieure fasse cela même si elle n’avait jamais osé le dire à Cyprien. Depuis sa discussion avec le lieutenant, elle avait ouvert les yeux et accepté un peu plus ce qu’il fallait faire. De toute façon, tout nier en bloc ne servait à rien, alors à quoi bon ? Autant l’accepter, se préparer et aider autant qu’elle le pouvait. Elle se l’était juré lorsque Sarah lui avait brisé le bras, refusant de rester inactive plus longtemps. Elle ne voulait pas s’impliquer au même point que la directrice, bien évidemment, mais aider, soutenir ces jeunes, leur fournir une véritable aide. Comme avec Alexis, même si elle ignorait ce qu’il pensait vraiment d’elle aujourd’hui. Ils avaient passé les deux mois ensemble, oui... Mais sinon.

Directrice – Je n'oblige personne à se battre de front, mais ceux qui nuiront aux autres directement ou indirectement recevront un fort retour de bâton. Et non, je ne compte pas hésiter non plus, si vous avez encore des doutes à ce sujet. Merci de vous rappeler les orages de cet été, pour aide-mémoire.

Orages qui avaient failli la tuer, entre parenthèses. Et orages qui avaient porté un fameux coup à son mariage... Plus que jamais, elle ressemblait une générale, la générale dont lui avait parlé Cyprien maintes et maintes fois. En effet, elle n’hésitait plus, et si d’autres ne le réalisaient que maintenant, comme Daniel par exemple, Céleste le savait depuis un moment. Elle s’y était attendue, avait même cherché des idées avec un membre de l’armée. Alors comment être étonné aujourd’hui ? Mais cela, jamais elle ne l’admettrait, elle ne voulait pas causer de crise cardiaque à d’autres personnes. Surtout que oui, Gabriella avait bien failli perdre la vie cet été, à cause de ces orages... Cette technique était incroyablement dangereuse, leur professeur, ici présent, avait assez insisté là-dessus durant leurs études. Et pourtant... Céleste se mordit légèrement les lèvres, tête levée et droite, à présent, essayant de deviner qui pensait vraiment partir.

Directrice – Six élèves ont été tués l'année dernière, tous à cause d'un manque d'attention flagrant alors qu'ils demandaient de l'aide. Et je serai curieuse de savoir qui, parmi vous, a pris la peine de se déplacer au cimetière pour déposer ne serait-ce que des fleurs sur leur tombe. A moins qu'il n'y en ait que quelques uns qui se souviennent d'eux, de leurs noms ? Vous n'avez rien à dire ?

Kimmitsu – C'est un sujet que nous avons déjà abordé, dit Kimmitsu d'un ton paisible. L'année dernière, dans cette même salle. J'ose espérer qu'à cette occasion, tout le monde a pu réaliser qu'on ne peut fermer les yeux sur tout. Et qu'il faut être "réaliste" sur le sujet. N'est-ce pas, Alice ?

Céleste lança un regard à Alice, compatissant malgré elle. Non pas qu’elle n’était pas d’accord avec Kimmitsu, elle était plus qu’heureuse lorsqu’il avait parlé à cette réunion, ce jour-là, mais être au centre de l’attention... Qui plus est, désignée directement par le sous-directeur... Il avait le talent pour mettre les gens mal à l’aise et les faire culpabiliser en parlant simplement, en les regardant ou en se trouvant à proximité. Ce qui était pire que tout... Qui avait eu l’occasion de subir cela, d’ailleurs ? Alice, Adrien, Daniel, elle et... ? Bon, heu, soit, le sujet n’était pas « les victimes de Kimmitsu » mais la réunion et le prochain sujet à aborder. Céleste se concentra à nouveau sur la directrice... qui souriait. Elle souriait vraiment, là... ? Peut-être n’était-ce pas si étonnant que cela vu ce qui venait de passer. Elle avait balancé tout ce qu’elle pensait et ruminait depuis un an, ça devait libérer, en effet.

Directrice – Bien, à présent, passons à la suite. Les cours d'éléments vont être modifiés et tous les programmes vont évoluer. Pour information, je viens de reprendre en main, de faon complète, le programme d'entraînement des Guetteurs, au sein de l'armée, ce qui signifie que toute information sur les dons des élèves remontera jusqu'à chez moi, donc plus aucun danger pour les enfants de s'entraîner autant qu'ils le peuvent durant les cours. Beaucoup ont besoin d'une remise à niveau, à cause des perturbations de l'année dernière.

Céleste hocha la tête, grimaçant un peu en repensant au niveau d’Alexis. Elle avait pu l’entraîner pendant les vacances mais avait vraiment peur du niveau des autres élèves... Elle évalua rapidement, de tête, le niveau général des classes de collégiens dont elle s’occupait, tournant ses fiches de synthèse les unes après les autres pendant que la directrice faisait passer un plan de l’école après avoir annoncé que certaines classes avaient changé de place. Dès qu’elle le reçut, Céleste le parcourut des yeux, cherchant sa salle de classe mais elle n’avait pas changé de place, elle non plus. Il n’y avait que quelques salles de classe qui avaient déménagé, en effet, dont celles des éléments les plus dangereux. Ce qui n’était pas plus mal, c’était beaucoup plus sûr ainsi, elle approuvait à cent pourcents.

De même pour le fait que la directrice ait repris les entraînements des Guetteurs. Ils pourraient dire aux élèves qu’ils ne craignaient plus rien, voire faire venir la directrice en classe ou qu’elle fasse passer l’information si certains ne les croyaient pas. Ce qui serait légitime vu les accidents de l’année passée et la mort de certains élèves... Mais au moins, ils ne risquaient plus rien. Avec la directrice qui recevrait toutes les informations, les élèves étaient en sécurité. Ce qui changeait considérablement les choses.

Directrice – Mademoiselle Dumoulin, quel est le niveau actuel en foudre des collégiens et de ceux qui passent au lycée cette année ? Tâchez d'être précise. Madame Morin, même question pour vous ensuite.

Céleste – Il est plus bas que l’année passée, dit-elle en redressant la tête pour regarder la directrice. Comme vous l’avez souligné, les élèves n’ont pas osé s’entraîner en montrant ce dont ils étaient capables. Il n’y a que les sixièmes, cinquièmes et une petite partie des quatrièmes qui ont osé montrer ce qu’ils valaient, je n’ai rien eu à dire pour l’examen. En troisième, par contre, ils étaient plus réservés même si l’examen a été réussi par ceux qui ont réussi leur année.

Céleste fit une pause, réfléchissant aux détails qu’elle pouvait donner en plus. En se basant seulement sur les examens, ses élèves avaient réussi sans se fouler, étant tous dans la moyenne sans qu’un ne se démarque. Tout cela à cause de la peur de se faire prendre après, évidemment... Les élèves de troisième année l’avaient beaucoup étonnée, elle s’était vraiment attendue à de meilleurs résultats. Mais c’était normal, elle n’avait pas cherché à les sermonner, reléguant, officiellement du moins, la faute au stress et à la pression de l’examen. Elle regardait toujours la directrice, évitant le regard de son ancien professeur de foudre, pas encore prête à le croiser. Encore moins à lui parler...

Céleste – Seulement, j’ai senti qu’ils se retenaient, certains se montrant moins « bons » par rapport aux cours de l’année. J’espérais mieux de leur part et je compte faire une remise à niveau dès le premier cours pour cela en les rassurant par rapport à ce que vous venez de dire.

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MessageSujet: Re: Réunion de pré-rentrée   Mer 14 Oct - 12:33

[Avec réacs de Kimmitsu.]

Alice refusa le café qu'Estelle voulut servir d'un geste de la main. Merci mais elle préférait ne rien avaler pour le moment, consciente qu'il valait mieux garder l'estomac vide au cas où, elle ignorait ce qui les attendait exactement mais ne le sentait pas vraiment bien. Le seul fait de voir la directrice les fixer les uns après les autres avec un air mauvais suffisait déjà à lui faire peur... Alice avait beaucoup réfléchi, cet été, en grande partie grâce à Adrien. Peu de temps après l'emprisonnement de Sarah, il était arrivé chez eux, à Gray, effondré et en pleurs. Elle essayait de lui remonter le moral avec son mari quand il s'était écrié, d'un seul coup, qu'il ne "pouvait pas abandonner, c'était impossible, elle aurait dû le comprendre !". Puis il avait enchaîné d'un bloc sur tout ce qu'il avait dû cacher à Sarah, tout ce qu'il avait fait pour l'école dans son dos, ce qu'il faisait avec les élèves, les médicaments à analyser, les expériences, ses regrets pour les petits qui étaient déjà morts. A mesure qu'il parlait, Alice s'était sentie de plus en plus mal, repensant à la "réunion secrète" qu'ils avaient eu en juin, repensant à tout ce qui s'était déroulé cette année. Adrien n'avait pas vu le malaise ambiant, continuant de dire qu'il n'aurait pas pu faire autrement, quoi que sa femme en dise, qu'il n'aurait pas pu rester de marbre face à ce qui arrivait, il ne pouvait pas.

A présent, Alice ne savait plus vraiment sur quel pied danser. Elle culpabilisait d'avoir fermé les yeux l'année dernière mais ne savait pas si elle était capable pour autant de s'engager avec plus de fermeté. Elle n'était pas un soldat, elle ! Oui, elle savait se battre, oui, elle avait une haute maîtrise de son élément, grâce à des heures quotidiennes d'entraînement acharné, oui, elle avait envie de faire plus, d'enfin se bouger et de ne plus détourner les yeux, mais il restait la peur. Elle ne savait pas ce qu'elle pouvait faire, ne voyait pas ce qu'elle pourrait mettre en place, elle n'était pas du tout une chef dans l'âme, il lui fallait une personne à suivre. Triturant ses papiers, elle regarda les listes de ses classes, tombant sur les noms de la petite Kara, ou d'autres élèves qui eux se bougeaient déjà depuis des mois. Si même ses élèves pouvaient le faire, elle aussi. Elle était adulte et... Comment pouvait-elle agir ? Le silence tomba peu à peu, une fois tout le monde installé à sa place, crayons et notes sortis. Peut-être était-ce le moment de se dévoiler enfin, très clairement. Aucun de ses collègues ne savait qu'elle était capable de se battre, ils lui riraient au nez si elle s'affichait. Elle était plutôt du genre à rester dans son coin et sourire à tout le monde, sans jamais élever la voix ou donner son opinion.

Directrice – Je suis ravie de vous revoir, tous, commença-t-elle avec un large sourire signifiant "je voudrai tant vous pendre au plafond par les pieds une heure ou deux". Et j'espère que vous avez passé de bonnes vacances !

Entrée en matière qui signifiait bien qu'ils allaient en prendre pour leur grade. Alice ne répondit qu'un vague "merci" sans conviction, d'une voix faible. Finalement, elle préférait quand leur patronne ne souriait pas, elle était déjà bien assez effrayante à la base pour en rajouter comme ça. Ici, on dirait qu'elle ne rêvait que de tous les enfermer dans une pièce sombre pour les torturer pendant des heures, c'était vraiment un sourire mauvais. Elle baissa à nouveau la tête sur ses documents, les trouvant tout à coup particulièrement fascinant à observer.

Directrice – Pour commencer, je vous présente, pour ceux qui ne le connaissent pas, monsieur Henri Francfort, mon prédécesseur à la tête de cette école. Il est professeur de foudre et reviendra parmi nous cette année à temps partiel, afin d'apporter son aide. Monsieur Auguste de la Valière est également revenu pour donner les cours de mathématiques en remplacement de madame de Sora, actuellement en en prison avec une partie hôpital psychiatrique, pour ceux que ça intéresse.

Oh, l'ancien directeur ? Alice lui jeta un coup d'œil, assez curieuse d'un seul coup. Elle ne l'avait jamais vu mais il avait bien la tête qu'elle s'était imaginée, l'air aussi sévère que la directrice. Quand au nouveau prof de maths, elle le connaissait déjà, l'ayant déjà croisé souvent dans la salle des profs l'année dernière et j'au mois d'octobre 1930. Elle retint un petit soupir en songeant à Sarah qui était maintenant derrière les barreaux. Elle avait toujours été un peu... vive. Emportée. Très colérique. Mais de là à perdre l'esprit à ce point ? Que lui était-elle arrivée ?! Alice ne lui avait toujours pas rendu visite en prison, à vrai dire. Elle avait peur de comment elle allait la retrouver, dans quel état mental. Si elle était telle qu'Adrien leur avait décrit... Comment réagira-t-elle ? Après tout, elle avait déjà perdu le contrôle de ses nerfs au point d'enlever un bébé et d'agresser une collègue, jusqu'à lui casser le bras. C'était horrible d'en arriver là, d'avoir l'esprit déchiré à ce point. Pourquoi ne suivait-elle pas une thérapie, dans un hôpital psychiatrique ? Ce serait bien plus profitable qu'en prison ! Mais pour ça, il faudrait qu'Adrien donne son accord... D'autant plus qu'injecter des médicaments à Sarah pour la soigner ne serait sans doute pas bon pour le bébé qu'elle portait. Peut-être fallait-il attendre qu'elle ait accouché.

Directrice – On va mettre plusieurs choses au clair, avant de continuer. Comme vous avez tous pu le remarquer, cet endroit a subi quelques modifications. Pour ceux et celles qui n'ont jamais bougé leur cul de leur chaise ni rien fait de concret de leur vie pour empêcher ça, vous n'êtes pas en droit de faire le moindre commentaire, d'autant plus si vous tenez à votre peau. Il y a eu bien assez de lâcheté et de couardise au sein de cette équipe l'année dernière. S'il reste encore parmi vous des crétins ou des lâches, des personnes prêtes à sacrifier la vie d'un enfant pour protéger votre misérable peau, ils ont tout intérêt à quitter cette école dès aujourd'hui. Je vous préviens, très aimablement, que si je surprend l'un d'entre vous rejeter un élève en difficulté ou bien conduire au malheur un de ses collègues, j'ai tout pouvoir pour le faire arrêter et incarcérer, au secret, aussi longtemps qu'il m'en plaira. Est-ce clair, pour ce premier point ?!

Alice se ratatina un peu plus sur sa chaise, le cœur battant. Elle avait compris qu'il était plus que temps d'agir ! C'est à ce moment qu'elle réalisa que la directrice avait plus changé qu'elle ne l'avait cru, d'ailleurs, elle était plus... Plus... Militaire ? Elle avait un regard bien plus dur que d'ordinaire et elle ne parlait pas en tant que directrice, de toute façon, mais bien en tant que générale. Elle échangea un regard avec Daniel, qui avait un peu verdit, lui serrant brièvement la main sous la table. Aucun enseignant ne sortait un seul mot et cela valait sans doute beaucoup mieux, en pareil cas. Alice promena le regard sur ses collègues pour voir leurs réactions, avant de fixer à nouveau ses dossiers. Elle voulait... Mais comment ? Comment se débrouiller, que fallait-il faire ? En ignorant absolument tout des manœuvres de l'armée, elle était incapable de concevoir le moindre plan. Poussée à agir, à ne plus baisser la tête, elle se retrouvait cependant bloquée devant un mur qu'elle ignorait comment franchir. Cette situation la rendait dingue. Les mots qu'avaient prononcé Adrien brûlaient encore sa mémoire, ce qu'il avait dit, crié, lancé, hurlé.

Directrice – Je n'oblige personne à se battre de front, mais ceux qui nuiront aux autres directement ou indirectement recevront un fort retour de bâton. Et non, je ne compte pas hésiter non plus, si vous avez encore des doutes à ce sujet. Merci de vous rappeler les orages de cet été, pour aide-mémoire.

Donc c'était bien elle, pour cet été, la jeune rouqine n'avait pas halluciné. Son second don lui avait permis de comprendre tout de suite que ce n'était pas naturel, puis de deviner qui faisait cela. Pendant toute la durée des orages, Alice avait craint que tout ne cesse d'un seul coup, par la mort de l'auteure. Cette technique était un gouffre qui vous prenait votre énergie vitale, incroyablement dangereuse, surtout lorsqu'on s'y risquait seule. La directrice aurait très bien pu y laisser la peau, purement et simplement, tuée par son propre pouvoir. Tous ceux qui maniaient cet élément le savait, on ne rigolait pas avec ce genre de techniques. Fermant les yeux une minute, elle effleura tout à coup des doigts une texture différente. Il y avait une grosse enveloppe kraft glissée parmi ses dossiers et qui ne lui appartenaient pas. Elle la mit sur le haut de son tas de documents, perplexe, croisant le regard de Kimmitsu qui avait un sourire énigmatique. Elle ouvrit l'enveloppe et posa ce qu'elle contenait dessus. Le premier document était une simple lettre, signée du sous-directeur, où était écrit "Je sais ce que vous a dit Adrien cet été, et je sais aussi que tu hésites encore à agir. Tu sais te battre et te défendre, malgré une certaine naïveté l'année dernière, tu fais parti de nos collègues capables d'agir à un plus haut niveau. Si tu le souhaites, il suffit de te manifester. Tu as déjà toutes les clés en main." Alice relut cette phrase plusieurs fois, fixant ensuite le sous-directeur, et à nouveau le document. Comment savait-il qu'elle...

Directrice – Six élèves ont été tués l'année dernière, tous à cause d'un manque d'attention flagrant alors qu'ils demandaient de l'aide. Et je serai curieuse de savoir qui, parmi vous, a pris la peine de se déplacer au cimetière pour déposer ne serait-ce que des fleurs sur leur tombe. A moins qu'il n'y en ait que quelques uns qui se souviennent d'eux, de leurs noms ? Vous n'avez rien à dire ?

Sous-directeur – C'est un sujet que nous avons déjà abordé, dit Kimmitsu d'un ton paisible. L'année dernière, dans cette même salle. J'ose espérer qu'à cette occasion, tout le monde a pu réaliser qu'on ne peut fermer les yeux sur tout. Et qu'il faut être "réaliste" sur le sujet. N'est-ce pas, Alice ?

Elle sentit le rouge colorer ses joues, les mains crispées sur la lettre, mais le regard plus déterminé. Oui, elle voulait en faire plus, si quelqu'un voulait bien la guider. C'est à ce moment-là seulement qu'elle remarqua que Frédéric aussi tenait la même enveloppe, ainsi que quelques autres de leurs collègues. Elle plia la lettre puis vit dessous une carte avec sa photo, son nom, son prénom, date de naissance, lieu d'habitation, nationalité, groupe sanguin, âge, et le logo de l'armée avec l'inscription bien visible "Accès complet aux installations A à D", écrite en gras et en noir, au verso. Elle regarda à nouveau le sous-directeur, tombant des nues. Donc il savait tout, effectivement. Elle se sentit complètement ridicule d'être transparente à ce point, et en même temps, touchée qu'on lui fasse encore confiance, malgré tout ce qu'elle avait pu dire ou faire. Elle retint un rire nerveux, une main sur la bouche et l'autre serrée sur la carte. Elle était à moitié morte de trouille mais ne pourrait plus se regarder dans un miroir si elle restait encore à l'écart à se cacher.

Directrice – Bien, à présent, passons à la suite. Les cours d'éléments vont être modifiés et tous les programmes vont évoluer. Pour information, je viens de reprendre en main, de façon complète, le programme d'entraînement des Guetteurs, au sein de l'armée, ce qui signifie que toute information sur les dons des élèves remontera jusqu'à chez moi, donc plus aucun danger pour les enfants de s'entraîner autant qu'ils le peuvent durant les cours. Beaucoup ont besoin d'une remise à niveau, à cause des perturbations de l'année dernière.

Oui... Ce point-là était très rassurant, les élèves allaient donc pouvoir s'entraîner de nouveau sans crainte. Alice prit par automatisme le plan qu'on lui donna, faisant passer le paquet à côté ensuite. Ses classes avaient bougé. La théorie se fera dans les sous-sols, à coté de la salle de foudre, ce qui allait enfin lui permettre de faire des démonstrations en classe sans craindre qu'un courant d'air malheureux n'aille embraser toute l'école. Quand aux entraînements, il se feront dans une autre salle, protégée par un bâtiment entièrement dédié dans le parc. Oh, ils avaient engagé beaucoup de frais pour sécuriser et isoler ces cours. C'était parfait, elle avait enfin pouvoir pousser à un plus haut niveau chacune de ses classes ! Ils étaient déjà très bons, mais il faut dire que la plupart de ses élèves ne craignaient pas les militaires vu qu'une grosse majorité d'entre eux en faisaient déjà parti ou envisageaient de les rejoindre. Elle n'avait jamais rien fait pour les décourager car au moins, ils continuaient de beaucoup s'entraîner et ne rechignaient pas à la tâche. C'était un mal pour un bien, car au vu des caractéristiques de cet élément, le principal était qu'ils se donnent à fond avant tout.

Directrice – Mademoiselle Dumoulin, quel est le niveau actuel en foudre des collégiens et de ceux qui passent au lycée cette année ? Tâchez d'être précise. Madame Morin, même question pour vous ensuite.

Céleste – Il est plus bas que l’année passée, dit-elle en redressant la tête pour regarder la directrice. Comme vous l’avez souligné, les élèves n’ont pas osé s’entraîner en montrant ce dont ils étaient capables. Il n’y a que les sixièmes, cinquièmes et une petite partie des quatrièmes qui ont osé montrer ce qu’ils valaient, je n’ai rien eu à dire pour l’examen. En troisième, par contre, ils étaient plus réservés même si l’examen a été réussi par ceux qui ont réussi leur année.

Tiens, c'était curieux, Alice était jusqu'ici persuadée que les élèves de foudre réagissaient comme les siens, mais visiblement non. En tout cas, pas les collégiens. Elle fit tourner la carte entre ses doigts, pensive, réfléchissant au niveau actuel de ses élèves. Elle ne savait pas grand-chose sur l'entraînement que suivaient les Guetteurs mais elle était forcée de reconnaître qu'il devait être excellent, d'après ce qu'elle avait observé. La jeune Océane lui avait déjà que ses propres cours ressemblaient à ceux qu'elle suivait à la caserne, ce qui n'avait pas particulièrement rassuré Alice sur le moment.

Céleste – Seulement, j’ai senti qu’ils se retenaient, certains se montrant moins « bons » par rapport aux cours de l’année. J’espérais mieux de leur part et je compte faire une remise à niveau dès le premier cours pour cela en les rassurant par rapport à ce que vous venez de dire.

La rouquine attendit un bref instant en interrogeant du regard sa collègue, voulant s'assurer qu'elle avait terminé avant de prendre la parole à son tour. Voyant que c'était le cas, elle se redressa un peu, prenant une petite inspiration. Ce qu'elle allait dire risquait de ne pas plaire à la plupart de ses collègues, mais tant pis, elle savait ce qu'elle avait à faire.

Alice – Mes élèves n'ont pas eu cette retenue, dit-elle d'un ton calme. Beaucoup d'entre eux font ou feront bientôt parti des Guetteurs et ils ne craignent donc pas l'armée. Grâce à ça, le niveau des cours a pu rester le même, voire être augmenté dans la plupart des groupes. Il paraît que je fais à peu près les mêmes cours que certains instructeurs militaires pour l'élément feu, donc je suppose que c'est pour cela que je n'ai eu quasiment aucune visite surprise des militaires lors des cours. Les sixièmes étaient plus timides mais les autres ont eu une belle marge de progression.

Comme elle s'y était attendue, elle recueillit bon nombre de regards allant de la surprise à la méfiance la plus pure. Ils devaient la prendre pour une collabo ou une espionne, maintenant. Et bien tant pis, navrée pour ceux à qui ça déplaisait mais elle faisait passer les entraînements des enfants avant la susceptibilité de certains de ses collègues. Elle tint la carte entre ses deux mains, le cœur battant à vive allure, jetant un long regard au sous-directeur.

Alice – Je "me manifeste" sur d'autres points, dit-elle ensuite, appuyant sur les guillemets d'un ton de voix plus fort. Il y a des conditions à respecter ?
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Kimmitsu Nakajima
Directeur
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MessageSujet: Re: Réunion de pré-rentrée   Jeu 22 Oct - 15:19

Cette réunion était comme une vengeance personnelle, si on y songeait bien. Kimmitsu savait très bien qu'il était mesquin et assez horrible de penser ainsi mais il ne pouvait guère s'en empêcher, supportant assez mal les personnes fuyant à jamais leurs responsabilités. On pouvait aller très loin dans ces temps troublés, il le savait, tout comme la directrice, rien ne devait être considéré comme acquis ni fixe. Fort heureusement, quelques uns de leurs collègues semblaient avoir compris qu'on ne pouvait plus reculer ni fermer les yeux. Un vent d’extrémisme et de haine soufflait sur tout le continent, les tensions étaient brûlantes, des communautés toutes entières étaient visées, rejetés. Le spectre de la guerre hantait tous les esprits, les différents gouvernements fermaient les yeux, acceptaient des négociations inqualifiables, le déshonneur, pour éviter un nouveau conflit sanglant, mais aux yeux du Japonais, il voyait mal ce qui pourrait arrêter les choses aujourd'hui. Il glissa le regard sur Alice et d'autres, pensif, navré qu'on en arrive mal mais c'était le seul chemin qui s'ouvrait à eux aujourd'hui. Cette histoire dépassait très largement les frontières du pensionnat, cela concernait toute la France, toute l'Europe. Il prit une petite inspiration en regardant Céleste se redresser, les mains pleines de documents. Adrien lui avait fait une scène, juste avant cette réunion, car il avait une tension trop élevée. Il devrait se détendre un peu, c'est vrai... Depuis quelques mois, il était plus facilement à cran et tendu il était bien loin le temps où il arrivait à rester serein et calme en toutes circonstances. Bizarre que ses frères ne lui aient pas de faits de remarques sur ça, d'ailleurs.

– Il est plus bas que l’année passée, dit-elle en redressant la tête pour regarder la directrice. Comme vous l’avez souligné, les élèves n’ont pas osé s’entraîner en montrant ce dont ils étaient capables. Il n’y a que les sixièmes, cinquièmes et une petite partie des quatrièmes qui ont osé montrer ce qu’ils valaient, je n’ai rien eu à dire pour l’examen. En troisième, par contre, ils étaient plus réservés même si l’examen a été réussi par ceux qui ont réussi leur année.

Kimmitsu se frotta le menton en observant Alice, qui faisait glisser la carte entre ses doigts, tout comme un autre collègue qui jouait avec cette même carte et un air pensif. Le niveau avait baissé dans toutes les classes ou juste avec certains éléments ? Les gamins avaient peur, c'était logique, mais ils se mettaient en danger en retenant leurs dons. Soit, il retenait aussi le sien, mais il n'était pas naturel. Les jeunes lycéens maniant la foudre allaient repris en main par la directrice donc il y avait peu de soucis à ce niveau, c'était les collégiens qu'il fallait rassurer, tout en les poussant à faire au mieux. Lui-même commençait à réfléchir à d'autres types de cours, plus axés sur la défense, afin à la fois de rassurer les enfants et de leur donner des moyens de se défendre, qu'ils ses entent plus en confiance et en sécurité en évoluant à l'école, au village, dans ce pays. S'ils avaient plus confiance en eux, ils s'entraîneront mieux. Plus que le combat, les différents arts martiaux offraient des techniques de défenses très simples mais efficaces, il était facile de faire valser un corps comme une plume lorsqu'on savait où frapper pour déstabiliser son adversaire. Il devait en parler à Xiao-Hong... Pour le moment, ils œuvraient avec des groupes séparés, mais des cours peut-être plus importants où ils travailleront tous les deux ensemble leur permettraient d'être plus efficaces.

– Seulement, j’ai senti qu’ils se retenaient, certains se montrant moins « bons » par rapport aux cours de l’année. J’espérais mieux de leur part et je compte faire une remise à niveau dès le premier cours pour cela en les rassurant par rapport à ce que vous venez de dire.

Humph, une "remise à niveau" ne ne ferait aucun mal à leurs collègues non plus, c'était même une priorité assez urgente. Eux aussi devraient apprendre à se défendre mieux que ça. Il échangea un regard avec l'ancien directeur, qui couvait Céleste du regard, avec un regard brillant, où se mêlaient tension et perplexité. Une chose le gênait ? Alice se redressa à son tour, attirant son attention. Il aimait bien son expression, elle avait dû beaucoup réfléchir à la situation cet été. Elle était assez naïve mais il savait très bien ce qu'elle avait réellement dans le ventre et la croyait capable d'en faire beaucoup, il en était même convaincu. Elle était de ces personnes compétentes qui ne montraient jamais rien et qu'il fallait pousser en avant pour qu'elles osent se dévoiler. Son mari, Daniel, était plus réservé. Bien gentil et plein de bonne volonté, mais ce n'était pas un combattant. Il ressemblait beaucoup à Cyprien, en fait, voulant bien faire mais n'étant pas armé pour tout. Alice, en revanche, avait à la fois les capacités et le mental, ce n'était qu'une question de manque de confiance en elle et un certain aveuglement vis-à-vis de ses propres capacités.

– Mes élèves n'ont pas eu cette retenue, dit-elle d'un ton calme. Beaucoup d'entre eux font ou feront bientôt parti des Guetteurs et ils ne craignent donc pas l'armée. Grâce à ça, le niveau des cours a pu rester le même, voire être augmenté dans la plupart des groupes. Il paraît que je fais à peu près les mêmes cours que certains instructeurs militaires pour l'élément feu, donc je suppose que c'est pour cela que je n'ai eu quasiment aucune visite surprise des militaires lors des cours. Les sixièmes étaient plus timides mais les autres ont eu une belle marge de progression.

Le sous-directeur mit une main devant sa bouche, coude sur la table, pour dissimuler un sourire. Avouer ça comme ça n'allait pas lui attirer les faveurs de ses collègues, bien au contraire, la jalousie allait se mêler à la méfiance. Mais si elle acceptait de s'impliquer, il était certain qu'elle s'en sortira à merveille. Alice ressemblait à la directrice, au fond, en une version plus douce et naïve. Si les événements l'entraînaient, elle saura suivre et s'y donner à fond, il avait confiance. Et Sarah n'était plus là pour lui fourrer certaines idées dans le crâne ou l'inciter à rester faible et inactive. Cette femme était si mauvaise et cruelle... Comment pouvait-on avoir ce genre de mentalité, oser enlever un bébé, par pure vengeance ?! Aurait-elle eu assez de courage qu'elle s'en serait pris directement à Gabriella-sama au lieu d'attaquer les jumeaux. Elle était juste lâche et inconsciente, mauvaise jusqu'à la moelle, rien à tirer de ça. Il tapota son crayon contre ses propres documents, croisant le regard d'Alice un long moment. Décidée ? Kimmitsu aimerait savoir à quoi s'en tenir précisément, savoir sur quelques professeurs il pouvait compter pour les missions délicates ou pour chapeauter les autres. Il ne demandait pas à tous de s'impliquer, seulement certains. Le pensionnat était une simple école, qui devait continuer de fonctionner sans accroc, tous les enseignants et élèves n'avaient guère besoin de s'occuper des enjeux véritables pour continuer à vivre. Ils avaient aussi besoin de personnes vivant simplement, donnant cours et s'occupant de l'avenir professionnel des élèves, sans se soucier du reste.

– Je "me manifeste" sur d'autres points, dit-elle ensuite, appuyant sur les guillemets d'un ton de voix plus fort. Il y a des conditions à respecter ?

– Rester relativement prudent et discret, répondit-il d'un ton calme en hochant la tête. Mais nous verrons cela plus tard. Voilà les nouveaux emplois du temps pour cette année, veuillez bien noter les changements de salle pour les professeurs concernés. La bibliothèque a été déplacée au troisième étage de l'école, par ailleurs, certains auront dû le remarquer en passant.

Il fit passer les emplois du temps, entendant presque aussitôt des marmonnements et commentaires. Il est vrai que la plupart des professeurs n'avaient pas spécialement des horaires faciles, cette année, mais il fallait en passer par là pour le bon fonctionnement de cette école. Il fit le point sur les changements apportés aux programmes, dans les matières générales puis dans les cours d'éléments, tout le monde prenant des notes selon sa matière et ce qu'il y avait à retenir. Il indiqua qu'il y aurait maintenant dans l'année trois examens blancs du bac au lieu de deux, le premier aura lieu au mois de décembre, avant les vacances de Noël. Les terminales et les premières devaient s'y préparer dès le début de l'année, donc les professeurs devaient éviter de perdre trop de temps en septembre et en octobre à tout revoir, car beaucoup de choses étaient censés être acquises. Chacun devait réviser ce qu'il lui manquait afin de suivre le rythme en classe.

– Concernant les différentes sorties scolaires, nous n'avons pas encore toutes les autorisations pour chacune d'elles. Sauf pour les vôtres, madame Chevreuil, indiqua-t-il en relisant un autre document. Il a suffit de dire que vous étiez accompagnatrice pour que nos contacts de l'année dernière acceptent aussitôt de recevoir des classes dans leurs musées ou monuments. Beau travail.

Il lui fit un petit sourire, toujours amusé. Chaque année, c'était la même chose, Estelle était la seule à parvenir à obtenir toutes les autorisations qu'il lui fallait en un temps record, grâce à sa sociabilité et son côté innocent. Les responsables de sites historiques ou de musées lui accordaient tout lorsqu'ils la rencontraient, on lui donnerait le bon dieu sans confession.

– Monsieur Redfire, c'est sûrement un oubli, mais je n'ai rien reçu des informations en juin ni cet été pour les sorties éducatives prévues avec vos classes. Qu'avez-vous préparé exactement ?

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Cyprien Redfire
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MessageSujet: Re: Réunion de pré-rentrée   Jeu 12 Nov - 11:02

– Seulement, j’ai senti qu’ils se retenaient, certains se montrant moins « bons » par rapport aux cours de l’année. J’espérais mieux de leur part et je compte faire une remise à niveau dès le premier cours pour cela en les rassurant par rapport à ce que vous venez de dire.

Gabriella n'avait pas chômé, cet été, si elle en était rendue là. Son ex-mari continua de fixer la table et le plan qu'il avait sous les yeux avec un très grand soin, ne voulant pas relever la tête pour croiser son regard. Il se moquait bien que ce soit ridicule, il avait juste besoin d'un peu de temps pour relativiser et souffler un peu. Accepter que ce n'était pas si grave, que beaucoup de couples se séparaient pour des centaines de raisons, que tout le monde avait le droit de se tromper et que ça ne devait pas l'empêcher de continuer à vivre et était heureux. Il devait accepter qu'elle file sur cette voie sans rien y faire, accepter que c'était à elle de voir si elle voulait vivre ou mourir dans ce combat, qu'il n'avait aucun mot à y dire, qu'il ne l'avait jamais eu. Faisant tourner son crayon entre ses doigts, il fixait le plan de l'école et du pensionnat, notant que beaucoup de couloirs et de salles, jusqu'ici condamnés, avaient été libérés. Cette école semblait bien plus vaste, d'un seul coup, plus grande qu'il ne l'avait jamais remarqué. En avait-il déjà fait le tour complet, une fois seulement ? Il n'en était même plus certain. Il s'obligea à respirer doucement, envisager le futur sous le meilleur angle possible. Savoir qu'il retrouvera bientôt ses classes lui remontaient déjà le moral. Il aimait profondément ce métier, les heures passées en classe devant ses élèves, même les moments dans la salle des professeurs à corriger des belles âneries mais aussi des réponses construites qui lui prouvaient qu'il ne travaillait pas pour rien, que les enfants comprenaient ses cours. Il avait cette vocation et s'y tenait, à chacun son domaine. Certains étaient soldats, d'autres éducateurs. Un long soupir faillit bine lui échapper, alors qu'il fermait les yeux une brève minute.

– Mes élèves n'ont pas eu cette retenue, dit-elle d'un ton calme. Beaucoup d'entre eux font ou feront bientôt parti des Guetteurs et ils ne craignent donc pas l'armée. Grâce à ça, le niveau des cours a pu rester le même, voire être augmenté dans la plupart des groupes. Il paraît que je fais à peu près les mêmes cours que certains instructeurs militaires pour l'élément feu, donc je suppose que c'est pour cela que je n'ai eu quasiment aucune visite surprise des militaires lors des cours. Les sixièmes étaient plus timides mais les autres ont eu une belle marge de progression.

Et elle avouait cela comme ça... Qu'elle enseignait de la même façon que des instructeurs de l'armée, chez les Guetteurs... Pour le coup, il releva complètement la tête pour la fixer, la bouche entrouverte, comme la majorité de leurs collègues. Se rendait-elle compte que cette déclaration pouvait être perçue comme un signe de trahison pur et simple ? Que la plupart d'entre eux allaient croire qu'elle s'était vendue à l'armée ?! En tout cas, Cyprien ne pouvait s'empêcher de se poser la question, même si, connaissant Alice, il avait un peu de mal à croire qu'elle ait pu faire ça. Mais ce qu'elle disait là... D'un côté, c'était très bien pour ses élèves, dont le niveau avait moins à eu souffrir que dans d'autres classes, mais d'un autre côté, cela la désignait très directement comme une ennemie potentielle. Le professeur de sciences tourna la tête vers le sous-directeur, qui ne semblait pas plus choqué que cela, voire même un peu amusé. Il savait un truc que les autres ignoraient ? Franchement... D'accord, il était connu que pas mal des élèves maniant le feu avaient déjà intégré l'armée ou pensait le faire mais Cyprien pensait qu'Alice avait essayé de freiner un peu cette tendance, changé ses méthodes d'enseignements assez brutales, parlé aux enfants pour les décourager à s'approcher de l'armée ! Mais ici... Rien... Même pire, elle avait continué à les former de façon à renforcer leur envie de se battre comme soldats. Il ne comprenait pas, faisait-elle elle-même parti des Guetteurs ? Perdu, il échangea un long regard avec Céleste, serrant son crayon entre ses mains.

– Je "me manifeste" sur d'autres points, dit-elle ensuite, appuyant sur les guillemets d'un ton de voix plus fort. Il y a des conditions à respecter ?

– Rester relativement prudent et discret, répondit-il d'un ton calme en hochant la tête. Mais nous verrons cela plus tard. Voilà les nouveaux emplois du temps pour cette année, veuillez bien noter les changements de salle pour les professeurs concernés. La bibliothèque a été déplacée au troisième étage de l'école, par ailleurs, certains auront dû le remarquer en passant.

Qu'est-ce qu'ils... Après avoir regardé toute l'assemblée, Cyprien remarqua que seuls quelques professeurs avaient visiblement compris le petit manège entre Alice et le sous-directeur. Lui-même se sentait largué, sentiment à présent très familier, même si penser ça était désespérant. Son voisin de table lui fit passer le paquet des emplois du temps et il prit le sien avec un petit soupir avant de faire passer le tas à Céleste. Voyons voir... Mordillant son crayon, il eut un faible sourire en voyant que sa salle de cours n'avait pas bougé de place. Par contre, ça signifiait qu'il travaillera tous les jours juste à côté du bellâtre rouquin, monsieur-parfait-qui-revenait-comme-ça-lui-chantait-et-était-si-fort-qu'il-pouvait-aussitôt-se-battre-comme-ça-sans-avoir-peur-une-seule-seconde. Oui, il était jaloux, ce n'était pas assez évident ?! Bref... Prenant une feuille vierge, il prit quelques notes sur ce que le sous-directeur leur indiqua ensuite. La plupart des programmes avaient changé, surtout dans les cours d'éléments, et il souligna sur la feuille d'aborder plus tôt dans ses classes certains sujets, afin de ne pas prendre es élèves au dépourvu. Hum... Il devrait commencer par des tests pour vérifier les acquis de chacun afin de repérer les faiblesses et donner d travail supplémentaire à ceux qui avaient besoin de rattraper le niveau, il ne pouvait pas perdre du temps à revenir sur tout et ralentir toute la classe, d'autant plus avec des programmes si chargés. Penser également à préparer assez vite les premiers examens blancs des terminales. Il entendait déjà les gamins râler que c'était injuste d'avoir autant de travail en plus dès le début d'année, et bien navré, mais il fallait en passer par là pour garantir leur niveau et les faire sortir d'ici avec la formation la plus solide possible, ils les remercieront plus tard.

– Concernant les différentes sorties scolaires, nous n'avons pas encore toutes les autorisations pour chacune d'elles. Sauf pour les vôtres, madame Chevreuil, indiqua-t-il en relisant un autre document. Il a suffit de dire que vous étiez accompagnatrice pour que nos contacts de l'année dernière acceptent aussitôt de recevoir des classes dans leurs musées ou monuments. Beau travail.

Gwarp. Comment s'y prenait-elle ?! Tous les ans, c'était la même chose, ils bataillaient tous des semaines entières pour pouvoir aller ici et là avec leurs classes, sauf Estelle qui pouvait se rendre partout avec ses classes sans que personne n'y trouve rien à redire, très naturellement. L'année dernière, en janvier, Cyprien avait passé deux semaines entières au téléphone et à se déplacer pour avoir un après-midi et emmener sa classe voir une exposition, avec le soutien d'un guide. Et le lendemain, Estelle avait juste appelé, donné les dates, et le directeur du site lui avait dit oui tout de suite en ajoutant qu'il la rappellera pour lui communiquer les horaires exacts et le nom du guide qui viendra avec les enfants.

– Monsieur Redfire, c'est sûrement un oubli, mais je n'ai rien reçu des informations en juin ni cet été pour les sorties éducatives prévues avec vos classes. Qu'avez-vous préparé exactement ?

– Hum, non, je n'ai rien pensé à envoyer, c'est vrai.

Il rougit un peu en cherchant dans la pile de ses documents ce qu'il avait préparé cet été pour les sorties scolaires. Voyons... Hum... Les tests de début d'années de sixième, non, ce n'était pas ça. Le bilan des années précédentes, non plus, ni la constitution des classes. Ah, voilà, c'était ça. Il tira le document puis le tendit au sous-directeur, en expliquant brièvement les quelques sorties qu'il avait prévues de faire cette année avec les enfants. Il n'y avait pas besoin de se rendre très loin, pour la plupart, la sortie la plu éloignée était le musée des sciences naturelles, dans une ville à une vingtaine de kilomètres de Gray.

– Je n'ai pas encore obtenu toutes les autorisations, ajouta-t-il en veillant à garder une voix normale. Le directeur du musée rechigne à donner une date pour que les enfants puissent venir passer un après-midi à observer et noter quelques petites choses. Pour le début d'année, je peux placer des heures dans la forêt et près du lac pour quelques cours de sciences.

Il tourna ensuite la tête vers Estelle, veillant toujours avec soin de ne regarder ni la directrice ni le rouquin-idiot-et-forcément-siparfait qui était à côté d'elle.

– J'ai vu une exposition en octobre sur la Grande Guerre, en même temps qu'une autre sur les animaux marins de nos côtes. On pourrait faire un bus commun pour y emmener nos classes.

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