1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Rupture

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Cyprien Redfire
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MessageSujet: Rupture   Mer 9 Sep - 11:48

C'était ce matin qu'avait lieu la fameuse réunion, que Gabriella préparait depuis des jours, avec le maréchal et d'autres généraux. Elle devait être dans une salle de réunion, en ce moment, à dire et faire il ne savait quoi. Et lui... Ils devaient se retrouver pour parler, après la réunion, dans l'appartement du troisième étage, au pensionnat. Appartement où il venait d'entrer, restant appuyé contre le mur, avec un regard assez éberlué pour tous les cartons entassés dans le salon, les meubles repoussés dans les coins, regardant les lieux le souffle assez court. Le pensionnat avait été... Comment décrire cela ? Comme si un architecte avait eu pour tâche de le désosser pour le refaire entièrement. Il ne reconnaissait plus rien, même les couloirs avaient bougé ! Lorsqu'il était passé dans l'école pour jeter un œil, il avait vu des soldats chargés de caisses entières de livres, déplaçant visiblement la bibliothèque, qui descendait d'un étage. Des salles de classe avaient atterri dans les sous-sols, d'autres dans le parc... Le pensionnat tels qu'ils le connaissaient tous avait disparu. Il leva les mains pour se frotter les yeux, la nuque très raide et le cœur battant très vite.

"Je te quitte." Des mots simples, pourtant, mais il devait avoir le courage de les prononcer. Avouer qu'il avait commis une erreur en courant après elle. Avouer qu'il n'arrivait pas à la comprendre ou être vraiment détendu avec elle. Avouer qu'il avait peur de son don. Avouer qu'il lui en voulait de refuser d'avoir un enfant avec lui. Avouer que même avec tous les efforts du monde, il n'avait pas vraiment réussi à considérer les jumeaux comme ses enfants, même s'il les aimait. Avouer qu'il avait besoin d'une vie de couple plus sereine et posée, où il pourrait agir au même niveau que sa conjointe. Il marcha un peu dans l'appartement, ouvrant en grand la fenêtre pour s'appuyer contre le rebord et contempler le parc, déjà gorgé de soleil. Il ne voulait pas abandonner cette école, ça non, ça n'avait rien à voir ! Comme Céleste l'avait dit, d'autres se battaient même si leur conjoint ne le faisait pas. Il devait juste... Trouver son propre rythme et faire comprendre à Gaby que même s'il n'était pas amoureux de celle qu'elle était vraiment, il voulait toujours la soutenir dans son combat, soutenir le pensionnat. Ce n'était pas un abandon pur et simple, comme elle avait déjà connu. Il n'y avait pas que dans l'armée qu'elle pouvait trouver du soutien.

Il ignora combien de temps il se passa avant de voir Gaby rentrer à son tour. Il était juste resté à la fenêtre sans rien faire, répétant en boucle son discours, même s'il savait qu'il ne saura dire ce qu'il voulait exactement. Lorsqu'elle rentra, en uniforme, droite et le regard brillant, il eut l'impression que le fossé s'était encore creusé un peu plus. Oui, elle était un soldat... Plus que tout, plus que jamais, il devait l'accepter. Il n'arrivera plus être serein avec elle. Même elle, elle avait besoin d'une personne capable de la comprendre. Auguste devait n'attendre que ça, prendre cette place, il avait déjà une telle longueur d'avance ! Cyprien s'approcha de Gaby, le souffle court, essayant de sourire sans y parvenir. Il devait juste lui parler. Il commença par bafouiller, son cœur s'enflammant un peu plus, alors qu'il cherchait comment débuter.

– Je ne veux plus être avec toi, je ne te comprend pas et tu me fais peur, lâcha-t-il abruptement. Il faut divor...

Il s'interrompit tout net, se donnant une grosse gifle mentale. Mais quel c**, pourquoi avait-il balancé ça comme ça ! Il blêmit et rougit à la fois, levant les mains en paniquant, balbutiant que ce n'était pas ce qu'il voulait dire en réalité. Ce n'était pas ça ! Il... Bon, on se calme et on reprend...

– Je... J'ai réalisé que j'aimais... Celle que tu étais autrefois, reprit-il avec beaucoup de peine, la voix plus rauque. Mais aujourd'hui... Je n'arrive plus à être bien, dans le privé, avec toi. Je ne peux pas... Je ne peux pas vivre comme ça. Et je t'ai déjà trompé. Je suis désolé, ça ne peut plus fonctionner comme ça. On est trop différents, je l'admets, je ne peux plus continuer. Je te quitte.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Rupture   Ven 11 Sep - 13:33

Un vent frais l'accueillit lorsqu'elle arriva au village, à pieds, ayant refusé qu'on la reconduise en voiture. Elle avait besoin de marcher, de se vider un peu la tête, prendre l'air. La rentrée était dans peu de temps, maintenant, elle voulait respirer un peu avant la première réunion, avec tous les professeurs. Pour commencer, il faudra qu'elle nettoie un peu son appartement au pensionnat et prépare le lit des jumeaux. Ses parents arrivaient avec eux aujourd'hui. Elle leur avait proposé de rester dormir pour la nuit mais ils avaient déclinés. Sa mère était fatiguée, en ce moment, l'inquiétude et le stress la rendaient malade. Elle avait besoin de moments calmes, à Paris, étant déjà trop éprouvée. Elle devait aussi être assez fâchée que Solène se soit mariée au Japon sans même les avertir ou les inviter. Pour sa part, Gabriella n'avait pu beaucoup s'émouvoir de la nouvelle. Solène devait savoir ce qu'elle faisait et Kimmitsu était un homme de confiance. Il saura prendre soin d'elle et sa petite sœur n'était de toute façon pas du genre à courir se fourre dans tous les ennuis du monde. Elle pourra aussi l'aider à veiller sur les deux gamins du général Karinof, ce qui ôtait un sacré poids à Gaby. Au moins une affaire de réglée, ce porc ne frappera plus son fils.

Elle marcha plus lentement sur la route menant au pensionnat, puis dans le parc. Elle repensait à la réunion tenue avec les généraux, l'air de Bradley lorsque l'autre abruti avait cherché à lui nuire. On aurait presque dit qu'il s'amusait. Elle soupira longuement en passant les grilles de l'école, remettant les clés dans sa poche. Elle laissait ouvert pour que ses parents puissent rentrer toute à l'heure, avec ses enfants. Elle pouvait passer toute le reste de la journée avec eux. C'est en se dirigeant vers le pensionnat qu'elle se souvint que Cyprien l'attendait chez eux pour qu'ils se parlent. Elle devait lui dire qu'Auguste l'avait embrassé, d'ailleurs. Le fait qu'il soit revenu la troublait mais elle restait mariée. Tous les couples passaient par des phases de ce genre, il fallait juste remettre les choses au clair et se calmer un peu. Elle s'étira dans les escaliers, espérant que Cyprien ne comptait pas lui dire une énième fois qu'elle en faisait trop ou devait se reposer. Elle en avait assez de l'entendre lui dire ça sur tous les tons, c'était épuisant. Elle poussa la porte de son appartement, voyant ua passage que les militaires avaient aussi collé un truc en bois avec son nom dessus. Au cas où elle oubliait où elle vivait ? C'était ridicule.

Refermant la porte, elle salua Cyprien, qui attendait près de la fenêtre, grande ouverte. Parfait, s'il avait déjà aéré, elle n'aimait pas ranger dans la poussière ou avec des odeurs de renfermé. Il vint vers elle alors qu'elle enlevait sa veste, les muscles un peu noués. Cyprien se mit tout à coup à bafouiller et elle lui jeta un regard surpris, tout en posant la veste sur une chaise qui traînait. Et bien quoi ? C'était bien la première fois qu'il débutait en bafouillant, lorsqu'il voulait lui parler, il était plutôt du genre à tout dire comme ça, assez vite, sans tourner autour du pot. Elle l'écoutait, c'est bon, ils avaient du temps devant eux, alors que se passait-il ?

– Je ne veux plus être avec toi, je ne te comprend pas et tu me fais peur, lâcha-t-il abruptement. Il faut divor...

Le cœur de Gaby rata violemment un battement avant de repartir de plus belle,a lors que sa gorge se serrait. Lui avait blêmit, puis rougit, levant les mains devant lui avec un air paniqué. Je ne te comprend et tu me fais peur ... ? Et il lui lâchait ça comme ça ! Elle croisa lentement les bras, hésitant entre rire, pleurer ou crier. Ou tout cela à la fois. "Je ne te comprend pas et tu me fais peur." Il voulait divorcer... C'était parce qu'elle et Auguste s'étaient embrassés ? Ou autre chose ? Elle n'avait rien fait de plus que d'habitude ! Pourquoi avait-il peur, soudainement ?! Lui qui lui avait toujours soutenu qu'il n'aurait jamais peur d'elle ! Elle se mordit les lèvres assez fort, pâlissant à son tour. Donc il voulait laisser tomber, lui aussi. Il avait peur, donc c'était fini ? Aventure terminée, rideau ? Il avait peur. Peur ! Peur de quoi ?! D'elle ? De son pouvoir ? Ou des deux ? Et il le réalisait juste maintenant ? Elle prit une petite inspiration, bras toujours croisés, encore plus tendue qu'un arc.

– Je... J'ai réalisé que j'aimais... Celle que tu étais autrefois, reprit-il avec beaucoup de peine, la voix plus rauque. Mais aujourd'hui... Je n'arrive plus à être bien, dans le privé, avec toi. Je ne peux pas... Je ne peux pas vivre comme ça. Et je t'ai déjà trompé. Je suis désolé, ça ne peut plus fonctionner comme ça. On est trop différents, je l'admets, je ne peux plus continuer. Je te quitte.

Au moins, ça avait le mérite d'être parfaitement clair. Auguste l'avait embrassé, certes, mais elle avait stoppé avant de faire l'amour, chose que Cyprien, lui, ne s'était visiblement pas gêné. Elle se demanda un instant avec qui mais c'était sans importance pour le moment. Ce qui était nettement plus important, c'était ce petit goût de trahison qu'elle avait dans la bouche, le même auquel elle avait goûté en lisant la lettre lui clamant que presque tous les enseignants quittaient le combat, il y a quelques mois. Elle fit un effort suprême pour ne pas se mettre à pleurer bêtement, devant lui, même si elle avait l'impression d'avoir reçu un coup de poignard dans le dos. Après tout, c'est le jeu de l'amour, tout le monde peut se tromper ! Gabriella l'aimait, mais elle aimait aussi Auguste, elle avait été perdu. Et pour Cyprien, tout était clair, il ne l'aimait plus et le réalisait juste maintenant, alors qu'il aimait celle qu'elle était à ses vingt ans. Il lui avait fallu douze ans pour réaliser qu'elle n'était plus même ?! Presque treize ans ! Formidable. Et dire qu'Auguste avait remarqué ça d'un seul coup d'œil, et sans doute d'autres personnes, parmi leurs amis respectifs.

– Donc tu as peur de moi, dit-elle d'une contrôlée mais presque lointaine, très froide. De moi ou de mon don, exactement ?

– Des... deux... Tu as changé, beaucoup trop ! Tu... Tu ressembles au Maréchal...

Gabriella ne put s'empêcher d'éclater de rire, un rire à la fois cynique et nerveux, ne parvenant qu'à se calmer au bout de longues minutes. Elle s'essuya les yeux, soufflant pour se reprendre, se redressant ensuite pour regarder Cyprien droit dans les yeux. Il trouvait qu'elle ressemblait au Maréchal, vraiment ? Voilà au moins une chose qu'il avait réussi à comprendre ! Oui, elle lui ressemblait, c'était là où le bât blessait ? Il pouvait trouver ça horrible ou triste mais c'était la vie. Elle était un soldat.

– En effet, tu ne comprend pas, dit-elle de cette même voix glaciale et distante. Mais tu as raison, on peut tous se tromper, en amour. Ce n'est pas si grave et je commence à avoir l'habitude. Comme tu l'as dit, je ressemble au Maréchal, j'ai changé, et il y a une certaine pression qui accompagne ces changements, en plus de quelques responsabilités. Tu veux divorcer, très bien.

Elle s'interrompit pour avaler sa salive, très blême, en se retenant toujours de ne pas pleurer. Cyprien qui avait peur d'elle... L'une des rares personnes à ne l'avoir jamais crainte qui lui balançait cela. Celui qui l'avait demandé en mariage. Toujours soutenue. Il la laissait tomber par peur. Ses yeux la brûlaient mais elle ne voulait pas lâcher une seule larme.

– Je peux toujours te considérer comme un allié, pour le combat de cette école ? lança-t-elle d'un ton cynique. Ou tu as peur au point de vouloir la quitter ?

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Cyprien Redfire
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MessageSujet: Re: Rupture   Ven 11 Sep - 21:10

Il avait l'impression que Gabriella allait se mettre à pleurer. Elle avait les yeux brillants, les lèvres pincés, le teint très pâle, semblant se retenir de toutes ses forces. Il pinça les lèvres à son tour, ignorant quoi dire de plus, comment réagir maintennat, surtout si elle pleurait. Il ne l'avait jamais vu verser une seule larme de toute sa vie ! Même lorsqu'ils avaient appris pour l'enlèvement de son fils, elle s'était contentée de prendre Aurore dans ses bras sans dire un seul mot puis avait déclenché son... sa technique. Peut-être valait-il mieux en arrêter là ? Il la quittait, il lui avait dit, voilà, c'était la vie... Chacun d'eux allait reprendre la route de son côté... C'est bon, il avait tout dit ! Il lui avait parlé et voilà, elle était au courant, c'était... Voilà, c'est fini. C'est terminé. Il allait prendre ses affaires et partir, voilà tout, voilà, oui, voilà... D'ici la rentrée, ils avaient le temps de se reposer. Faire le point, se calmer... Il prit une longue et profonde inspiration, ne pouvant s'empêcher de noter que même au bord des larmes, elle avait encore son air de soldat, surtout dans cette tenue.

– Donc tu as peur de moi, dit-elle d'une contrôlée mais presque lointaine, très froide. De moi ou de mon don, exactement ?

– Des... deux... Tu as changé, beaucoup trop ! Tu... Tu ressembles au Maréchal...

Il sursauta lorsqu'elle éclata tout à coup de rire, presque violemment. Il la fixa, bouche bée, alors que la colère arrivait à son tour au galop. C'était drôle de trop ressembler au maréchal ?! Elle ressemblait à un chef de guerre avide de sang et sans scrupules et ça la faisait rire ?! Mais enfin ! Elle ne se rendait même compte de ce qu'elle était devenue ! C'était tout sauf drôle, c'était grave ! Très grave, même ! Elle devrait être horrifiée de ressembler, même un peu, à ce sale type ! Il ne comprenait pas le petit jeu qu'il y avait entre eux deux, là, mais il trouvait vraiment malsain, surtout entre un chef militaire et une directrice d'école. Il ouvrit et referma la bouche, scandalisé et abasourdi. D'accord, peut-être s'énervait-il un peu trop vite, mais il était à cran. Encore plus lorsqu'il constatait que ça ne semblait même plus la gêner d'être liée au Maréchal ou d'être générale. Il y a quelques mois à peine, elle ne voyait même pas ce que l'armée pouvait bien lui trouver ! Elle devait rester comme ça !

– En effet, tu ne comprend pas, dit-elle de cette même voix glaciale et distante. Mais tu as raison, on peut tous se tromper, en amour. Ce n'est pas si grave et je commence à avoir l'habitude. Comme tu l'as dit, je ressemble au Maréchal, j'ai changé, et il y a une certaine pression qui accompagne ces changements, en plus de quelques responsabilités. Tu veux divorcer, très bien.

Très bien, et c'est tout ? C'est tout ce que ça lui faisait comme effet, le divorce ? Il se retint de lever les yeux au ciel, hautement sous tension. Elle n'était pas obligée de changer à ce point ! Elle se ruinait la santé, la vie, tout.

– Je peux toujours te considérer comme un allié, pour le combat de cette école ? lança-t-elle d'un ton cynique. Ou tu as peur au point de vouloir la quitter ?

– Mais arrête de ne penser qu'à cette école, tu es complètement obsédée ! hurla-t-il. Je te parle de nous, de notre couple, de notre mariage, pas de cette école, ça n'a rien à voir, ce qu'on peut faire pour cette école n'a rien à voir !

Elle haussa un sourcil, alors qu'il reprenait son souffle, agitant les bras avec désespoir. Bras qu'il laissa finalement retomber, aussi pâle qu'elle, au bord de la crise de nerfs. Pourquoi toujours ramener le pensionnat sur le tapis, ce n'était pas le sujet ! On ne mélange pas la vie privé avec la vie publique !

– J'ai changé pour cette école, donc cela à tout à voir, répliqua-t-elle d'un ton très calme, peu naturel. Mais je ne te demande plus d'essayer de comprendre, c'est bon. Je ne te demanderai plus jamais d'essayer de comprendre, même, ce n'est pas fait pour toi. Il aurait fallu que tu réussisses à comprendre dès le début.

– Ça ne change rien au fait que tu ne penses qu'à ça, du matin au soir, siffla-t-il avec un geste accusateur. Plus rien d'autre ne compte ! Tu te fiches de ta famille, de ta vie privée, de tout ! Tu te fiches même de mourir ! Et pour quoi ? Pour quoi[, je te le demande ? Une armée mauvaise qui veut liquider des enfants ! Tu as changé pour ça, pour le Maréchal ! Il t'a faite rentrer dans ce rôle et maintenant tu n'en sors plus ! Mais regarde-toi un peu !

Il désigna son uniforme des deux mains, à moitié désespéré, voulant pleurer lui aussi. C'était devenu l'élément central de sa vie ! Tout ce qui comptait pour elle ! Elle se moquait même de vivre ou de mourir ! Le travail, l'armée, voilà, point final ! Mais la vie privée, les amis, l'amour, le foyer, pff, futilités ! Qui peut avoir besoin de ça, on se le demande ? C'est tellement futile et inutile d'avoir une vie et de vouloir l'exploiter à fond ! Elle pensait à l'avenir de leur pays, mais pourquoi à ce point ?! Ils pouvaient tous vivre, même en étant privés d'une partie de leur liberté !

– Tu te demandes pourquoi les gens ont peur de toi, pourquoi personne ou presque ne te comprend ? reprit-il, les larmes aux yeux. Parce que personne ne peut comprendre qu'on puisse vouloir défendre un idéal au point de tout sacrifier pour lui, amis, famille, liberté, vie ! Qui va accepter de tout perdre, d'être seul, de subir la pression de tout un peuple et de se battre en prenant le risque de mourir à chaque instant de son plein gré ? Juste pour une histoire de valeurs à défendre ?

Il s'interrompit à nouveau, le souffle court, des larmes venant couler sur ses joues.

– Tu vas y laisser la vie et tout cela n'aura servi à rien.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Rupture   Lun 14 Sep - 21:27

– Mais arrête de ne penser qu'à cette école, tu es complètement obsédée ! hurla-t-il. Je te parle de nous, de notre couple, de notre mariage, pas de cette école, ça n'a rien à voir, ce qu'on peut faire pour cette école n'a rien à voir !

Gabriella haussa un sourcil, lèvres pincées, alors qu’il s’agitait en tous sens. Ah, elle était donc obsédée ! Tout était lié à cette école, tous leurs ennuis, même leurs histoires de couple venaient de là, encore et toujours ! Et elle ne devait pas être « obsédée » ? C’est sûr, il n’y avait pas de quoi l’être ! Ce n’est pas comme s’il y avait des attaques depuis des mois, que des élèves étaient morts, qu’elle avait été enlevée et agressée elle ne savait plus combien de fois ! Impossible que cela l’obsède, ce n’était rien ! Il se fichait d’elle ou quoi ?! Pourquoi avait-elle changé, selon lui, ça s’était fait naturellement ?! Elle avait eu le choix ?! Elle avait voulu changer, elle avait voulu devenir celle qu’elle était aujourd’hui ! Mais la liberté, mon petit père, ça passe avant tout le reste ! Qui peut accepter de vivre surveillé, cloîtré, enfermé ?! Qui peut supporter de se laisser dicter sa conduite par qui que ce soit ?! Qui peut vivre sans être libre de faire ce qu’il veut ?! Qui peut continuer sa vie l’esprit en pays alors que le pays tout entier vire à la dictature ?!

– J'ai changé pour cette école, donc cela à tout à voir, répliqua-t-elle d'un ton très calme, peu naturel. Mais je ne te demande plus d'essayer de comprendre, c'est bon. Je ne te demanderai plus jamais d'essayer de comprendre, même, ce n'est pas fait pour toi. Il aurait fallu que tu réussisses à comprendre dès le début.

– Ça ne change rien au fait que tu ne penses qu'à ça, du matin au soir, siffla-t-il avec un geste accusateur. Plus rien d'autre ne compte ! Tu te fiches de ta famille, de ta vie privée, de tout ! Tu te fiches même de mourir ! Et pour quoi ? Pour quoi, je te le demande ? Une armée mauvaise qui veut liquider des enfants ! Tu as changé pour ça, pour le Maréchal ! Il t'a faite rentrer dans ce rôle et maintenant tu n'en sors plus ! Mais regarde-toi un peu !

Il tendit les deux mains pour lui désigner son uniforme et elle haussa les épaules avec un long soupir. Et ensuite, que voulait-il qu’elle lui dise ? Qu’elle regrettait d’être « entrée dans le rôle » ? Elle le lui aurait dit il y a un mois à peine mais plus aujourd’hui, navrée. C’était bel et bien grâce à ce rôle qu’elle pouvait agir à plus large échelle ! Et qu’il ne vienne pas lui balancer qu’elle se fichait de sa famille ! Si c’était le cas, elle n’aurait rien fait lorsque son fils avait été enlevé ! Car si elle avait attendu la police, il serait encore dans les mains de l’autre folle. Oui, l’armée est mauvaise, mais pas tous les soldats non plus ! Et ce n’est pas en se tournant les pouces qu’on faisait bouger les choses ! Il n’arrivait pas à aider sur ce terrain, très bien, elle ne le forçait pas ! Il pouvait faire autre chose ! Que ce soit pour cette école ou même pour sa maîtresse, mais qu’il y aille, il fera sûrement un père formidable ! Mais même s’il ne la comprenait pas, il n’était pas obligé de s’acharner comme ça, à lui faire comprendre tout le mal qu’il en pensait alors qu’il n’était pas fichu de savoir comment elle pensait, pour la guerre et son pays !

– Tu te demandes pourquoi les gens ont peur de toi, pourquoi personne ou presque ne te comprend ? reprit-il, les larmes aux yeux. Parce que personne ne peut comprendre qu'on puisse vouloir défendre un idéal au point de tout sacrifier pour lui, amis, famille, liberté, vie ! Qui va accepter de tout perdre, d'être seul, de subir la pression de tout un peuple et de se battre en prenant le risque de mourir à chaque instant de son plein gré ? Juste pour une histoire de valeurs à défendre ?

Le Maréchal, peut-être ? Ou certains soldats ? Ah mais oui, pas les « civils », non, il croyait que c’était impossible ?! Sauf que des civils étaient exactement prêts à agir ainsi, tous comme les soldats ! Chaque jour, des centaines d’hommes et de femmes se levaient, dans les pays en guerre, pour défendre leur liberté ! Il ne les avait peut-être jamais vu, il n’en avait peut-être jamais entendu parler, mais Gabriella si ! Elle n’allait pas s’excuser de défendre des valeurs et ses buts, même s’il trouvait ça ridicule !

– Tu vas y laisser la vie et tout cela n'aura servi à rien.

– Ça aura servi à défendre tes fesses ! hurla-t-elle. A faire en sorte que tu puisses mener ta vie dans ton coin ! Tu ne peux pas comprendre alors oublie-moi ! Qu’est-ce que ça peut bien te faire que je risque de mourir pour ça ?! C’est mon choix et je l’assume ! Je me fiche que tu ne tiennes pas à la liberté ni même à la sécurité ! Mais moi si, comme des centaines de personnes dans ce pays ! Alors « juste une histoire de valeurs de défendre », tu as bien dit ?! Encore une fois, je ne te demande pas de comprendre si tu n’en es pas capable ou si tu n’en as pas envie ! Tout le monde ne peut pas se battre comme ça !

Elle s’interrompit, le souffle court, puis le contourna, levant les yeux au ciel. Stop, là, stop. Elle s’arrêta près de la fenêtre, inspirant profondément pour se calmer.

– D’ailleurs, c’est qui, ta maîtresse ?

– Céleste…

Ah tiens ? Bon, au moins, il prenait une femme qui lui ressemblait plus, car on n’avait jamais vu non plus Céleste sur le terrain. Gaby aurait déjà été beaucoup plus choquée s’il lui avait parlé d’une femme dans le genre d’Alice, par exemple. Enfin, peu importe, ce n’était pas important. Elle croisa à nouveau les bras, inspirant doucement pour calmer les battements frénétiques de son cœur. On inspire et on expire, lentement, en fermant les yeux. Du calme… Après tout, s’il était plus heureux comme ça…

– Va-t-en, murmura-t-elle en tournant la tête vers lui. Sors d’ici !

Elle attendit qu’il soit enfin sorti, claquant la porte derrière lui, pour fondre en larmes, fourrant son visage entre ses mains. Elle s’appuya contre le mur, près de la fenêtre ouverte, pleurant assez fort, tremblante comme une feuille. Elle n’en pouvait plus.

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Auguste de la Valière
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MessageSujet: Re: Rupture   Dim 20 Sep - 22:28

Auguste eut un petit grognement rauque en soulevant le lourd carton pour le poser sur la table de la cuisine, le lâchant dans un bruit sourd. Il reprit son souffle en s'étirant, posant les mains sur les hanches. Bon, d'accord, il avait peut-être un peu trop de livres ! Il en avait encore plusieurs carton set il doutait même que la bibliothèque de l'appartement soit assez grande pour tous les contenir. Il la jaugea du regard, désespéré par avance. Comment allait-il tout fourrer là-dedans ? Il avait eu une bibliothèque plus grande mais elle avait été ramenée dans la maison familiale lorsqu'il avait déménagé, fin 1930, car il en manquait dans son bureau, à la maison de ses parents. Il venait de racheter celle-ci pour son appartement, pensant que ça suffirait, mais il avait sous-estimé le nombre de bouquins qui était venu agrandir sa collection entre-temps. Hum... Il se frotta l'arrière du crâne, grimaçant un peu, sans savoir que faire. Il pourrait racheter une seconde bibliothèque, car celle qu'il avait dans son appartement au village était aussi bien pleine. Il évalua d'un coup d'œil l'espace dont il disposait, essayant d'imaginer ce que ça donnerait.

Ressortant dans le couloir, il entreprit de réunir tous les cartons contenant de la vaisselle des couverts et objets fragiles, afin de les ranger en premier. Il soulevait un paquet avec un peu de nourriture lorsqu'il vit tout à coup Cyprien, au bout du couloir, passer sans le voir pour monter au troisième étage. C'est vrai que c'était aujourd'hui qu'il avait demandé à Gabriella de lui parler. Auguste secoua la tête avec un petit soupir en emportant ce qu'il pouvait dans la cuisine de son appartement. Épouser une femme sans même être capable de la comprendre, c'était d'une stupidité ! Il y avait des dizaines d'autres femmes qui seraient mieux pour lui, pourtant. Prenant un couteau, il ouvrit tous les cartons qu'il venait de prendre puis rangea assiettes et couverts, découvrant avec un sourire que sa mère avait glissé un peu partout des sachets de feuilles de menthes avant de repousser les odeurs d'humidité ou de renfermé, à cause du voyage. Il les récupéra tous pour les mettre dans une petite corbeille à part, touché par cette attention.

– Tiens donc, un revenant ! Salut Auguste.

Le grand rouquin leva la tête, souriant à Valentin qui s'était arrêté sur le pas de sa porte. Ils n'échangèrent que quelques mots, le professeur de sport ayant déjà fini d'emménager son appartement pour la rentrée et repartant chez lui, pour ces derniers jours de vacances. Ils se saluèrent, puis le professeur de maths rentra les derniers cartons, laissant la porte ouverte pour aérer. Il avait ouvert toutes les fenêtres, l'appartement sentant le renfermé. Il entendit soudain des cris, venant de l'étage au-dessus. Il se redressa, s'essuyant les mains avec un très long soupir. Et voilà... Cyprien n'avait jamais eu beaucoup de tact alors dans une situation pareille, il avait encore dû en faire des belles. Il sentait que ça allait faire bien mal. Il grogna en terminant de laver les deux plats, qui étaient couverts de poussière, alors que d'autres cris survenaient. Pourvu que Cyprien évite de balancer qu'il abandonnait l'école ou un truc du genre ! Il ne ferait jamais ça mais sous le coup de la colère ou en étant bouleversé, on pouvait dire bien des choses qu'on regrettait ensuite.

Il sortait dans le couloir lorsqu'une porte claqua brusquement et il entendit quelqu'un filer dans les escaliers. Il courut à moitié, juste à temps pour voir Cyprien disparaître au tournant du premier étage. Que s'était-il passé ? Ils avaient pu se parler ? Franchement ? Il grimpa à son tour l'escalier pour filer au troisième, toquant doucement à la porte. Il ouvrit puis entrouvrit la bouche en voyant Gabriella debout près de la fenêtre, le visage entre les mains, secouée de sanglots. Il referma la porte derrière lui puis se précipita aussitôt vers elle, prenant doucement ses mains pour qu'elle le voit, essuyant ensuite ses larmes du bout du doigt. Il ne l'avait vu pleurer qu'une seule et unique fois, mais cela lui déchirait le cœur. Il lui murmura que tout allait bien se passer, il était là, elle n'était pas toute seule. Il l'attira dans ses bras pour la serrer contre lui, la berçant doucement en posant une main sur sa tête, pour qu'elle n'hésite pas à se blottir contre lui. Là, tout ira bien.

– Que s'est-il passé ? murmura-t-il.

– Il divorce, s'étrangla-t-elle en pleurant encore plus fort. Il m'a dit que j'étais obsédée par la défense de cette école, que je me fichais de ma famille...

Il ouvrit la bouche, la referma, puis la rouvrit, les mots se coinçant dans sa gorge alors qu'il serrait un peu plus fort Gabriella contre lui. Lui dire ça... Elle avait bien manqué de mourir afin de retrouver son enfant au plus vite et il avait osé lui hurler cela ! Et pour la défense de cette école... Sans cela, il y aurait déjà eu bien plus de morts ! Il tira un mouchoir propre de la poche de son pantalon puis entreprit d'essuyer les larmes qui ruisselaient sur ses joues, avec douceur, un bras autour d'elle. Il la fit ensuite asseoir dans un des canapés, repoussés dans un coin avec les autres meubles, puis alla lui chercher un verre d'eau pour qu'elle boive et se reprenne un peu, se calme. Il s'assit près d'elle, passant un bras autour de ses épaules pour la réconforter.

– Il ne devait pas sérieusement penser que tu te moques de ta famille, dit-il d'un ton doux. Il sait ce que tu as fait pour retrouver ton fils. Pour le reste... Il devait être pris par la colère...

Il la prit à nouveau dans ses bras, reposant le verre plus loin, pour la bercer avec douceur. Il l'embrassa dans les cheveux en lui murmurant que Cyprien ne pensait sûrement pas ça, qu'il allait revenir vers elle pour parler, plus calmement, qu'ils étaient simplement tous les deux à bout de nerfs. Il ajouta qu'elle-même avait réalisé une prouesse très importante, cet été, que son corps en subissait sans doute encore les conséquences, elle était plus fatiguée et prenait donc plus mal les choses.

– Avec ça, Cyprien manque beaucoup de tact, donc... Respire, ma belle.

Il l'embrassa longuement sur le front, la serrant contre lui.

– Je suis certain que tout va s'arranger.

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Gabriella de Lizeux
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Âge RPG : 33 ans

MessageSujet: Re: Rupture   Mar 29 Sep - 11:35

Gabriella ne pouvait s'empêcher de pleurer, les épaules tremblantes, sans pouvoir se calmer. Elle savait que c'était complètement idiot, que cette histoire n'avait rien de grave comparé au reste et que tout le monde pouvait commettre des erreurs en amour, mais elle n'arrivait pas à se calmer, malgré tout, le visage fourré entre ses mains. Elle tendit à peine frapper à la porte de son appartement, rouvrant les yeux lorsqu'une main vint écarter les siennes puis qu'elle sentit un doigt essuyer les larmes de son visage. Elle parvint à voir Auguste, à travers ses larmes, se demandant vaguement comment il pouvait être ici avant que cette question ne file bien loin de son esprit. Aucune importance. Il lui dit dans un murmure que tout allait bien se passer, qu'elle n'était plus toute seule, maintenant qu'il était là. Phrase qui parvint à la faire de nouveau fondre en larmes, encore plus fort, car tout le problème était là, les gens s'éloignaient d'elle car elle n'était pas celle que l'on voulait. Ses soutiens les plus forts se trouvaient chez eux qu'elle combattait depuis le début, elle était devenue une des leurs. Elle se blottit contre Auguste lorsqu'il la prit contre lui en l'entourant de ses bras. Cyprien la détestait, maintenant, elle avait trop changé. Il ne comprenait pas. Il n'avait sans doute jamais compris ou voulu voir. Et voilà le résultat. Elle non plus n'avait jamais vu à quel point il avait peur.

– Que s'est-il passé ? murmura-t-il.

– Il divorce, s'étrangla-t-elle en pleurant encore plus fort. Il m'a dit que j'étais obsédée par la défense de cette école, que je me fichais de ma famille...

C'était faux, entièrement faux, elle aimait ses enfants ! Même si elle ne pouvait dire comment elle les avait eu, ils étaient là, elle ne se moquait pas d'eux, elle les protégeait. Elle avait tout fait pour retrouver son bébé. Elle eut un petit hoquet en s'accrochant à Auguste, alors qu'il prenait un mouchoir pour essuyer les larmes de son visage. Il la poussa à s'asseoir dans le canapé repoussé dans un coin, allant ensuite chercher un verre d'eau dans la cuisine. Elle prit une grande inspiration en levant la tête, s'en voulant de pleurer pour ça. Elle devait se reprendre, tout va bien, c'était juste une mauvaise passe, ou la fatigue, enfin, ça devait aller mieux. Elle remercia Auguste lorsqu'il lui tendit un verre d'eau, buvant un peu en faisant tout pour se calmer. Il passa un bras autour de ses épaules pendant qu'elle reposait le verre sur une petit table à côté. Elle ne se fichait pas de sa famille, c'était faux ! Elle avait toujours tout fait pour préserver ses enfants, avait eu peur que Solène n'ait été blessée lors de l'incendie et l'avait cherché des heures. Elle passa une main sur son visage pour essuyer les larmes, le cœur battant encore très vite. Peut-être, oui, elle devait être "obsédée" par la défense de cette école, mais qu'on lui pardonne, elle voulait juste faire de son mieux ! Ne pas abandonner, jamais.

– Il ne devait pas sérieusement penser que tu te moques de ta famille, dit-il d'un ton doux. Il sait ce que tu as fait pour retrouver ton fils. Pour le reste... Il devait être pris par la colère...

Il la reprit contre lui, la berçant et l'embrassant dans les cheveux. Il pensait vraiment que Cyprien n'avait pas pensé ce qu'il lui avait dit ? Car pour Gaby, ce qu'il avait hurlé ressemblait beaucoup à un ci du cœur, bien au contraire. Auguste ajouta qu'il reviendra sûrement la voir plus tard pour parler calmement, qu'elle ne devait pas s'en faire, que c'était sans doute lié à la fatigue, qu'elle n'était pas encore bien remise et prenait plus mal les choses. Gaby n'était pas spécialement convaincue, ayant bien vu le regard de Cyprien, entendu ce qu'il avait crié, elle pensait qu'il savait très bien ce qu'il avait dit et devait garder tout ça pour lui depuis longtemps. Elle se blottit contre Auguste en pinçant les lèvres et serrant les poings. Peut-être que Céleste était mieux pour lui, après tout, même si Gabriella ne pouvait s'empêcher d'avoir l'impression d'avoir été poignardée dans le dos. Elle n'aurait jamais cru avoir de nouveau cette impression de la part de Cyprien, Céleste... Pas d'eux en plus. Qui étaient ses alliés réels, dans ce combat ? Sur qui pouvait-elle compter les yeux fermés ? D'après ce que Cyprien lui avait crié, elle ne savait plus si elle pouvait le compter comme un des soutiens de cette école. Il ne lui avait pas répondu, se contentant de crier qu'elle était obsédée par ça.

– Avec ça, Cyprien manque beaucoup de tact, donc... Respire, ma belle.

Il se pencha pour l'embrasser longuement sur le front puis la serra à nouveau contre lui. Cyprien manquait de tact mais au moins il avait été très franc, elle ne pouvait lui reprocher cela. Il devra bien lui dire à la rentrée si oui ou non, il comptait s'écarter ou continuer la lutte pour cette école. Qu'il fasse l'un ou l'autre le concernait, mais qu'il le dise ! S'il voulait s'écarter, très bien, elle saura à quoi s'en tenir, au moins. Elle saura vers qui se tourner et quels seront ceux qu'il ne fallait pas déranger avec ces histoires, au cours de l'année. Et il restait ses appuis dans l'armée. Elle rouvrit les yeux, le regard un peu plus dur. Elle avait déjà obtenu une avancée majeure aujourd'hui, ce n'était pas le moment de se laisser aller, même si Cyprien abandonnait lui aussi la partie. Chacun sa vie, après tout, elle poursuivra la sienne sur la route qu'elle avait choisi.

– Je suis certain que tout va s'arranger.

– Bien sûr, soupira-t-elle en s'écartant, frottant son visage pour se reprendre. Il fera ce qu'il veut mais je veux savoir à quoi m'en tenir et à qui je peux me fier exactement. J'ai obtenu une avancée, aujourd'hui. Et je vais continuer, même si d'autres décident d'abandonner.

Elle se leva, filant ensuite dans la salle du bain pour se passer de l'eau sur le visage. Elle ne voulait pas que ses parents, en arrivant, voient qu'elle avait pleuré. Ils s'inquiétaient déjà bien assez pour elle, inutile qu'elle leur rajoute des soucis supplémentaires. Elle prit de longues inspirations pour se reprendre et prendre un air plus calme. Tout allait bien se passer, oui. Elle devait poursuivre son travail et n'était pas seule.

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