1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Petit tour dans une nouvelle école

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Petit tour dans une nouvelle école   Mer 2 Sep - 11:07

Genji ralentit en voyant la route qui menait à l'école, s'écartant lorsqu'une voiture s'y engagea, dans un grondement sourd de moteur. Ils avaient à peu près toutes les informations... normalement. Il continua sa route, les mains dans les poches, pensif. Il vivait en France depuis quelques jours, maintenant, mais ne comptait pas rester les bras croisés en attendant la rentrée. D'après ce qu'il avait compris, cette école était un tantinet dangereuse pour les imprudents et avait "beaucoup changé" durant l'été. Pour lui qui n'y avait jamais mis les pieds, il avait du mal à imaginer, mais n'aurait pas cru trouver un tel élan d’enthousiasme chez Laura lorsqu'il avait évoqué l'idée d'aller faire une petite visite rapide là-bas avant la rentrée, en tout clandestinité. Ils avaient évalué les risques, faits quelques repérages, mais il restait encore deux ou trois détails à régler. Par exemple, comment piquer les clés de la chambre de Laura pour la faire sortir cette nuit sans se faire piquer lui-même par son oncle, qui risquait de très peu apprécier ce genre de blagues.

Il s'étira longuement sur le chemin, marchant dans le village sans se presser, en observant les habitants. On lui avait jeté beaucoup de regards appuyés,qui s'étaient dissipés après qu'il soit sorti avec son oncle pour chercher ses affaires scolaires. Des commerçants étaient passés du "fils du Japonais" au "neveu du Japonais", ce qui faisait grincer Genji des dents. Et les appeler par leur nom, ce n'était pas prévu ? Même s'il était un étranger, c'était nul, comme réaction. Il contourna la place du village pour ne pas se faire remarquer plus que nécessaire, rentrant à la maison. Solène ne sera sans doute pas rentrée, comme elle était occupée à rouvrir son commerce et tout ré-installer. Il poussa la porte de la maison, retrouvant ensuite Laura dans le salon. Son frère devait sans doute se reposer, il avait eu beaucoup de fièvre. Ils se demandaient pourquoi ils avaient été placés en famille d'accueil, tous les deux... Ce qui s'était passé pour en arriver là, pour qu'on vous sépare de votre famille légitime. Il mit sa veste sur le dossier d'une chaise, s'asseyant à son tour dans un fauteuil.

– Il y a moins de monde, là-haut, dit-il à Laura en désignant l'école du pouce, par la fenêtre ouverte. Sans doute à cause de la rentrée qui approche. Si on veut faire une expédition, ça doit être cette nuit, il n'y aura pas d'autres occasions. Mon oncle garde la clé de votre chambre sur la table de chevet, je dois juste réussir à la piquer sans le réveiller pour qu'on puisse sortir.

Expédition... hasardeuse. S'il réussissait, il pourra filer au pensionnat cette nuit avec Laura. S'il le réveillait, il se prendra sans doute la plus belle engueulade sa toute sa vie, en plus d'une punition carabinée. Il s'agissait d'être très discret, vraiment très discret. Il eut un faible sourire, ramenant ses jambes contre lui en les entourant de ses bras. Il ne dit ensuite plus rien pendant un moment, son regard dérivant vers la fenêtre, sur la rue. On sentait un fin de journée, personne ne se pressait, les enfants jouaient une dernière fois dehors avant que leurs mères ne les rappellent. Il se demanda si Kimmitsu et Solène allaient bientôt avoir un enfant. Elle était peut-être déjà enceinte, ce serait pas mal. Cette femme était vraiment très douce, très gentille, il l'appréciait beaucoup. Elle souriait tout le temps, c'était vraiment agréable.

– Dis, il y a un truc que je voulais te demander, mais ne me réponds pas si ça te gêne.

Il lui lança un coup d'œil pour vérifier son humeur, ne voulant pas la vexer ou la braquer. C'était très personnel, en plus, mais il voulait comprendre comment on pouvait en arriver là. Il était issu d'une culture où la famille comptait plus que tout alors il ne parvenait pas à comprendre.

– Comment ça se fait que vous ne vivez plus avec vos parents ? Ils sont m... Enfin, ils ne sont plus là ?

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Petit tour dans une nouvelle école   Jeu 3 Sep - 16:00

Laura posa une main sur le front de Jasper et plongea une nouvelle fois le linge dans l’eau froide pour l’humidifier avant de jeter un regard par la fenêtre en soupirant. Cela faisait un peu plus d’une semaine qu’ils étaient ici et, plus les jours passaient, plus la rentrée approchait, plus elle était nerveuse. C’était uniquement pour cela qu’elle avait accepté d’emblée l’expédition que lui proposait Genji : aller voir l’école, voir ce qui avait changé avant d’y entrer et de tout découvrir sur le coup. Ils devaient bouger ! Rester comme cela sans rien faire était insoutenable, elle ne pouvait pas. Encore plus maintenant que son don était en train d’évoluer. Elle avait peur, peur de voir ce que l’armée avait changé, peur de se faire prendre pour subir des tests comme quelques-uns des élèves de sa classe. Et peur pour son frère… Posant le regard sur Jasper, elle serra un peu sa main en murmurant qu’elle allait dans le salon mais qu’il pouvait appeler s’il avait besoin de quoi que ce soit, ne sachant pas trop s’il dormait ou pas et voulant le laisser se reposer.

Genji était sorti pour faire un autre repérage il y avait un moment, profitant de l’absence de Solène et de l’occupation de son oncle qui ne faisait pas attention à eux. Elle avait préféré rester pour veiller sur son frère, toujours inquiète bien qu’on l’ait rassurée et qu’il semblait aller un peu mieux. Toujours cloué au lit, peut-être, mais il y avait au moins de petites améliorations. C’était aussi pour cette raison qu’elle préférait le laisser se reposer et attendre que Genji revienne pour planifier les derniers détails de leur « sortie ». Jasper ne voulait pas qu’elle se mette en danger, d’accord, mais ils devaient bien se préparer ! Et ils en avaient l’occasion, l’école était à côté et les professeurs n’étaient pas encore rentrés. Quoi de mieux pour trouver des informations, jeter un petit coup d’œil sans prendre trop de risques ? Bien sûr, s’ils se faisaient prendre, ils étaient morts. Surtout avec le sous-directeur comme tuteur…

Laura s’installa dans un des fauteuils du salon en attendant Genji qui n’allait pas sûrement pas tarder. Elle attrapa un petit carnet dans lequel ils avaient tout inscrit scrupuleusement, ainsi qu’un crayon, relisant ce qu’ils avaient déjà écrit. Normalement, ils n’avaient rien oublié… Elle avait déjà une idée pour la question du « comment sortir », sachant qu’ils auraient un timing assez serré comme monsieur Nakajima se réveillait assez tôt. Ils devaient au moins rentrer deux heures plus tôt, histoire d’être au lit et endormi lorsque lui se réveillerait et avoir une tête d’endormis lorsqu’eux-mêmes descendraient prendre leur petit-déjeuner. Sinon, il y avait aussi l’option « nous sommes partis tôt » qui était peut-être plus sûre mais dangereuse si jamais leur expédition se passait mal. Côtoyer Antoine à longueur de journées avait au moins appris à Laura à être prudente… Un tout petit peu. Plus prudente qu’avant. Elle rangea précipitamment son petit carnet lorsqu’elle entendit du bruit mais ce n’était que Genji qui rentrait. Il posa sa veste sur le dossier d’une chaise et s’assit dans un fauteuil alors qu’elle lui répondait par un sourire, sortant son carnet pour noter ses dernières observations.

Genji – Il y a moins de monde, là-haut, dit-il à Laura en désignant l'école du pouce, par la fenêtre ouverte. Sans doute à cause de la rentrée qui approche. Si on veut faire une expédition, ça doit être cette nuit, il n'y aura pas d'autres occasions. Mon oncle garde la clé de votre chambre sur la table de chevet, je dois juste réussir à la piquer sans le réveiller pour qu'on puisse sortir.

… Cette nuit ? Laura grimaça en refermant le carnet, pas du tout rassurée. Est-ce qu’ils étaient assez prêts pour faire ça cette nuit ? Elle savait que Genji avait raison mais était terrorisée à l’idée de se faire prendre parce qu’ils n’avaient pas assez fouillé. En plus, à cause d’elle, il devait chercher la clef pour déverrouiller leur chambre… Ou alors elle faisait comprendre à monsieur Nakajima qu’elle allait beaucoup mieux et qu’il n’était plus nécessaire de fermer la porte à clef ? Heu non, mauvaise idée, cela ne faisait qu’une semaine et, si jamais il lui arrivait d’avoir une nouvelle crise de somnambulisme… Laura fit la moue, réfléchissant en regardant le neveu de son prof. C’était risqué et ils risquaient l’engueulade du siècle mais ils avaient le droit de savoir et devaient au moins voir, jeter un œil. Ils n’allaient pas faire de bêtises, juste regarder !

Genji eut un faible sourire et ramena ses jambes contre lui sans que Laura ne comprenne pourquoi. Elle n’avait rien dit et, à moins que cette sortie ne l’enthousiasme à ce point… C’était dangereux, ils le savaient tous les deux. Elle avait accepté parce qu’elle ne voulait pas se faire avoir cette année et rester en arrière alors que d’autres agissaient et avançaient, aidaient vraiment. Elle avait compris que c’était dangereux, qu’il s’agissait de sa vie, monsieur Nakajima avait assez insisté là-dessus pour qu’elle l’intègre. Mais allait-il toujours accepter son aide après ce qui s’était passé cet été ? Laura regarda dans le vague sans rien dire, balançant un peu ses jambes d’avant en arrière après s’être mise dans le fond de son siège. Elle voulait seulement aider…

Genji – Dis, il y a un truc que je voulais te demander, mais ne me réponds pas si ça te gêne.

Laura tourna la tête vers Genji, l’interrogeant du regard en arrêtant de faire balancer ses jambes. Oui ? Il pouvait lui demander ce qu’il voulait sans avoir peur, ils allaient vivre sous le même toit durant un moment, après tout. Elle entendait les enfants du village, dehors, jouer en profitant des derniers jours avant la rentrée, tant qu’il faisait encore beau et calme. Bientôt, cet endroit serait nettement plus animé entre les professeurs qui déménageaient, les militaires qui bougeraient à nouveau, eux-mêmes qui viendraient faire des courses ou des balades lors de leurs temps libres… Et dire que son frère et elle ne quitteraient même plus le Pensionnat ou ses alentours, maintenant.

Genji – Comment ça se fait que vous ne vivez plus avec vos parents ? Ils sont m... Enfin, ils ne sont plus là ?

Laura – Si seulement…, dit-elle très bas. Désolée, je ne veux pas te choquer mais ils…

Laura avait baissé la tête en entendant la question de Genji, serrant un peu les poings malgré elle, ne la relevant toujours pas en sentant une certaine rancœur monter en elle. Peut-être était-ce horrible de penser cela, mais c’était à cause de leurs parents qu’ils n’avaient jamais connu ce qu’était une vraie famille, qu’ils étaient encore choqués de voir que certains adultes pouvaient vraiment faire attention à eux. Sans compter toutes les fois où son père avait battu Jasper parce qu’il refusait de se plier à ses quatre volontés… Et maintenant, ils se retrouvaient dans une famille avec quelqu’un qui remarquait tout, était très attentif et ne portait jamais la main sur eux. Au contraire, monsieur Nakajima s’occupait de Jasper et ne cherchait pas à les séparer si Laura voulait rester à côté de lui. C’était nouveau, tout simplement. En plus de changer de « famille », ils devaient s’habituer à avoir une vie normale. Ce n’était pas une semaine par-ci, par-là qui allait lui permettre d’imaginer ce qu’était la vie au quotidien dans une vraie famille…

Laura redressa la tête pour regarder Genji, ne voulant vraiment pas le choquer. Elle ne connaissait rien aux coutumes japonaises en dehors de ce que leur avait dit leur professeur et elle ne voulait pas qu’il la juge à cause de ce qu’elle pensait et de ce qu’elle avait connu. D’après ce qu’elle avait lu, elle savait que la famille avait une plus grande importance chez eux… Mais en quoi ? Comment cela se traduisait, dans les gestes et les mentalités ? La collégienne s’était intéressée à cela très brièvement avant de choisir l’option qu’elle allait prendre lorsque Jasper lui parlait d’arts martiaux. Elle avait eu envie de suivre ce cours-là aussi mais voulait se renseigner avant, ce qui faisait qu’elle avait quelques connaissances mais elles étaient très maigres. Elle poussa un soupir avant de reprendre pour expliquer. Oui, c’était un sujet encore sensible mais il pouvait savoir.

Laura – Notre père est violent. On a… Notre mère voulait me retirer du Pensionnat pour me donner des cours spéciaux mais je ne voulais pas. Donc on a demandé à être émancipés… Je sais que ça doit te paraître insensé, j’ai lu quelque part que la famille était très importante pour vous, mais crois-moi, nos parents n’avaient rien d’une famille. C’était plutôt…

Laura s’interrompit, faisant à nouveau la moue pour chercher les mots qui conviendraient le mieux en regardant droit devant elle. Une comparaison qui expliquerait et illustrerait ce qu’était leur « famille » jusqu’ici, qui montrerait pourquoi elle n’avait pas voulu être séparée de son frère. Parce que oui, objectivement, elle savait que cela devait passer pour un simple caprice. Seulement, sans Jasper… Le lien qu’ils avaient leur avait toujours permis de tenir le coup, même si elle voyait bien qu’il changeait. Elle savait, au fond, que même s’ils changeaient, ils resteraient proches en grandissant à cause de leur passé. A cause de ce qu’ils avaient vécu, à la fois au Pensionnat et chez eux. Oui, Laura pensait qu’il lui en voulait mais lorsqu’il avait plongé dans l’eau pour la sauver, il avait effacé presque tous ses doutes. Mais comment l’expliquer ?

Laura – Je ne vois pas comment te l’expliquer, avoua-t-elle en tournant la tête vers Genji. Nos parents faisaient tout pour nous séparer depuis ma naissance, ils voyaient bien que Jasper et moi étions proches… C’est simple, en arrivant ici, le premier petit-déjeuner que j’ai vu m’a complètement perturbée. A la fois parce que c’était ton oncle qui le faisait avec Solène, et désolée mais je vais devoir m’habituer au fait qu’il ne soit plus uniquement mon professeur, et à la fois parce qu’il y avait une ambiance… douce et chaleureuse. Chez nous, c’était plutôt très cadré et froid, chaque chose à sa place comme chez les bourgeois. Si l’un de nous n’allait pas bien, on se prenait une phrase comme « Arrête de faire l’enfant » et c’était fini. Et si on faisait une bêtise…

Laura s’interrompit, se mordant un peu les lèvres en détournant le regard. En parler avec quelqu’un d’extérieur, qui ignorait tout en plus, soulageait un peu même s’il lui était très difficile de trouver les mots qui convenaient. Genji ne connaissait pas cette mentalité et, même s’il savait certains trucs sur les familles françaises, il n’avait sans doute pas étudié les cas où le père battait ses enfants. Laura y avait échappé uniquement parce que son père ne s’intéressait pas à elle, et sa mère n’aurait jamais fait une telle chose. Elle avait déjà reçu des gifles, oui, mais ce n’était rien en comparaison à ce qu’avait subi Jasper.

Laura – C’est pour ça que j’aurais préféré qu’ils ne soient plus là… Désolée si je t’ai choqué, je ne voulais pas, mais c’est… Ca doit être la rancœur accumulée depuis toutes ces années. Jasper me protégeait donc je n’ai presque rien eu, moi, mais lui… Nous ne sommes pas tombés dans la bonne famille. Je suppose que c’est totalement différent chez toi ?

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Re: Petit tour dans une nouvelle école   Dim 13 Sep - 13:13

– Si seulement…, dit-elle très bas. Désolée, je ne veux pas te choquer mais ils…

Elle… aurait préférée qu’ils soient morts ? Il la fixa, alors qu’elle avait baissé la tête, tout de même assez choqué, sur ce coup-là. On ne peut pas souhaiter la mort de sa propre famille, encore moins de ses parents ! Même s’il s’agissait des pires parents au monde, même s’ils étaient alcooliques, violents ou criminels, on ne pouvait pas souhaiter la mort de ceux qui vous avait donné la vie. La famille était une valeur sacrée, peu importe la façon dont se comportaient les parents. Mais si elle pensait ça… Peut-être que la notion de famille n’avait pas la même valeur, dans ce pays, mais il ne pouvait s’empêcher d’être choqué qu’on puisse souhaiter ça. Les parents vous donnaient la vie, et même s’ils étaient des criminels ou quelque chose de ce genre, ils restaient ceux qui vous avaient conçu. On peut ne pas les aimer, mais on leur doit au moins un certain respect, ne serait-ce qu’à cause des liens du sang. Même à des parents d’adoption. Il cessa de dévisager Laura en coin avec beaucoup de difficulté, se mordant les lèvres. Désirer la mort de ses parents…

Ramenant ses jambes contre lui, il passa les bras autour de ses genoux, assez perturbé, alors que Laura soupirait. Il ne comprenait pas comment elle pouvait en venir à penser ça. Le lien filial était… Comment qualifier ça… Le respect que l’on doit à sa famille est tout sauf une blague. C’était bien pour cela que Genji supportait si mal que son père l’ait jeté loin de lui et le déteste. Il n’arrivait pas à changer et à convenir aux normes. Il s’était attiré la honte de sa famille à cause de ça et s’en rendait malade. Il reporta le regard sur Laura, doucement, blotti dans le fauteuil. Si Kimmitsu les avait pris chez lui, comme tuteur, c’est comme s’il les avait adopté, en quelque sorte, non ? il ne connaissait pas le système. Au Japon, quand un enfant voulait ou devait partir, il le faisait dès qu’il était capable de vivre seul. Ou bien on l’envoyait chez un membre de la famille. Un peu comme Genji, somme toute.

– Notre père est violent. On a… Notre mère voulait me retirer du Pensionnat pour me donner des cours spéciaux mais je ne voulais pas. Donc on a demandé à être émancipés… Je sais que ça doit te paraître insensé, j’ai lu quelque part que la famille était très importante pour vous, mais crois-moi, nos parents n’avaient rien d’une famille. C’était plutôt…

On ne pouvait pas souhaiter la mort comme ça, même si nos parents étaient violents… Il pouvait saisir qu’ils aient voulu s’éloigner à cause de ça, c’était légitime, mais pas au point de vouloir leur mort. Il hocha doucement la tête, avalant peu à peu le choc. C’était une culture très différente, il devait bien s’y faire. Solène pourra aussi l’aider un peu, non ? Il s‘agissait de son pays. Il ne voulait pas demander de l’aide à son oncle, il lui en voulait déjà assez d’avoir accepté de le prendre avec lui en France. Il se renfrogna un peu, observant la table du salon sans la voir. Ses petites sœurs lui manquaient déjà. Il faudra qu’il leur écrive, pour leur raconter son arrivée, décrire un peu le village. Elles avaient toujours voulu voir le pays où vivait Kimmitsu maintenant. Il pourra faire quelques croquis du village pour qu’elles se fassent une idée.

– Je ne vois pas comment te l’expliquer, avoua-t-elle en tournant la tête vers Genji. Nos parents faisaient tout pour nous séparer depuis ma naissance, ils voyaient bien que Jasper et moi étions proches… C’est simple, en arrivant ici, le premier petit-déjeuner que j’ai vu m’a complètement perturbée. A la fois parce que c’était ton oncle qui le faisait avec Solène, et désolée mais je vais devoir m’habituer au fait qu’il ne soit plus uniquement mon professeur, et à la fois parce qu’il y avait une ambiance… douce et chaleureuse. Chez nous, c’était plutôt très cadré et froid, chaque chose à sa place comme chez les bourgeois. Si l’un de nous n’allait pas bien, on se prenait une phrase comme « Arrête de faire l’enfant » et c’était fini. Et si on faisait une bêtise…

Ce genre d’éducation se faisait aussi chez les bourgeois, dans son pays. C’était pareil partout, finalement, selon le rang social, il y a une conduite à tenir. Viennent par-dessus les traditions et les normes de chaque pays. Il retint une grimace, s’adossant un peu mieux au dossier du fauteuil.

– C’est pour ça que j’aurais préféré qu’ils ne soient plus là… Désolée si je t’ai choqué, je ne voulais pas, mais c’est… Ca doit être la rancœur accumulée depuis toutes ces années. Jasper me protégeait donc je n’ai presque rien eu, moi, mais lui… Nous ne sommes pas tombés dans la bonne famille. Je suppose que c’est totalement différent chez toi ?

– On a pas les mêmes coutumes ni traditions, non. C’est très… comment dire… Très carré aussi, la vie est rythmée par certains rites et il faut y rajouter les habitudes de chaque famille. La mienne est très grande, on est de la campagne. Les femmes vont vivre dans la maison de leur époux, une fois mariée, mais les familles restent ensemble, grands-parents, maris et femmes, avec les enfants. J’ai grandi dans la même maison que mes oncles et mes tantes, mes grands-parents, mes cousins…

Il essaya de lui décrire un peu le genre de la maison mais il était difficile de se représenter l’architecture d’un pays où l’on a jamais été. Et encore plus de le décrire. Il tenta, néanmoins, parlant un peu de la maison, la cour, les champs aux alentours où tout le monde travaillait, afin de nourrir la famille. Il lui dit que les familles étaient moins nombreuses en ville, maintenant, mais que les familles en campagne avaient encore beaucoup d’enfants.

– Mon père est le fils aîné, donc le chef de notre famille, depuis la mort de mon grand-père paternel. Kimmitsu est le troisième, il n’a pas beaucoup de différence avec mon père. Lui et ses deux frères aînés avaient commencé à s’entraîner pour devenir samouraïs avec grand-père, quand ils étaient enfants. Puis il y a eu la guerre. Mon grand-père est revenu gravement blessé puis il est mort. Quand j’étais petit, je m’entraînais avec mon père, Kimmitsu et un autre de mes oncles. Aujourd’hui, je ne progresse plus, je suis « trop indiscipliné », etc.

Il avait dit la fin de sa phrase d’un ton beaucoup plus amer, sans pouvoir s’en empêcher. Il haussa un peu les épaules, pour signifier que ça n’avait pas une grande importance, puis soupira longuement.

– On est quelques uns à posséder des dons, dans la famille. Souvent le vent, parfois la terre. Le matin, on travaille tous ensemble aux champs avant de manger, puis chacun va au travail, à l’école, aux champs. On mange ensemble le soir. On a passé les deux premiers jours à dévisager Solène, la pauvre… C’est la première fois que mon oncle nous présentait une femme. Mais on se doutait qu’il allait finir par épouser une Française.

Il s’interrompit avec un petit sourire, tournant la tête vers Laura.

– A quoi ressemble le pensionnat ? Comment se font les cours, la vie là-bas ? Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, je ne connais pas les écoles en France, ni le genre d’éducation qu’on y donne. Je suppose que ça doit vraiment être très différent du Japon.

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Petit tour dans une nouvelle école   Ven 25 Sep - 18:09

Genji – On a pas les mêmes coutumes ni traditions, non. C’est très… comment dire… Très carré aussi, la vie est rythmée par certains rites et il faut y rajouter les habitudes de chaque famille. La mienne est très grande, on est de la campagne. Les femmes vont vivre dans la maison de leur époux, une fois mariée, mais les familles restent ensemble, grands-parents, maris et femmes, avec les enfants. J’ai grandi dans la même maison que mes oncles et mes tantes, mes grands-parents, mes cousins…

Laura écoutait ce que lui décrivait Genji, fermant les yeux pour essayer d’imaginer tout ce qu’il lui décrivait. Elle pouvait presque ressentir l’ambiance qu’il devait connaître au quotidien, entendre les bruits qu’il entendait tous les matins en se levant, sentir l’odeur du petit-déjeuner, la gentillesse et l’importance de la famille... La collégienne ne s’était jamais intéressée à la culture japonaise, elle était forcée de l’admettre, mais ne refusait jamais d’apprendre de nouvelles choses lorsque monsieur Nakajima ou Genji en parlaient. Elle était curieuse de nature, oui, mais le Japon... Trop de discipline pour elle, ce n’était pas du tout un pays fait pour elle.

Elle faisait des efforts ! En cours, déjà, puis à l’école, mais il ne fallait pas lui demander d’être disciplinée en dehors de l’école. Et c’était sans doute le plus difficile pour elle, ici. Ecouter, patienter, ne pas se précipiter... Etre consciente de la présence d’adultes qui faisaient vraiment attention à eux, qui prenaient soin d’eux. Laura se faisait violence pour ne pas réagir comme elle le faisait depuis des années en s’isolant quand ça n’allait pas mais c’était incroyablement difficile.

Genji – Mon père est le fils aîné, donc le chef de notre famille, depuis la mort de mon grand-père paternel. Kimmitsu est le troisième, il n’a pas beaucoup de différence avec mon père. Lui et ses deux frères aînés avaient commencé à s’entraîner pour devenir samouraïs avec grand-père, quand ils étaient enfants. Puis il y a eu la guerre. Mon grand-père est revenu gravement blessé puis il est mort. Quand j’étais petit, je m’entraînais avec mon père, Kimmitsu et un autre de mes oncles. Aujourd’hui, je ne progresse plus, je suis « trop indiscipliné », etc.

Laura fit un petit sourire de réconfort qui ressemblait à une grimace, imaginant plus ou moins ce qu’il devait ressentir vu le ton amer de sa phrase. Genji haussa les épaules puis soupira, l’air de dire que ce n’était rien, mais elle n’était pas aveugle et savait bien que cela avait de l’importance pour lui. Il devait être blessé, vexé, touché que sa famille le considère de cette manière vu l’importance qu’elle avait dans sa culture. Il devait sans doute l’avoir mal pris... Laura mit ses genoux sous elle, s’asseyant dessus en lissant sa jupe. Elle ne savait pas trop ce qu’elle pouvait lui dire, étant habituée à ce genre de commentaires mais pas à l’importance de la famille. Pour elle, ce n’était pas grave, elle s’en fichait et prenait, au contraire, très bien ces commentaires vu qu’ils signifiaient que ses parents s’énervaient. C’était puéril, oui, mais c’était le seul moyen qu’elle avait pour riposter sans que son frère n’en fasse les frais.

Genji – On est quelques uns à posséder des dons, dans la famille. Souvent le vent, parfois la terre. Le matin, on travaille tous ensemble aux champs avant de manger, puis chacun va au travail, à l’école, aux champs. On mange ensemble le soir. On a passé les deux premiers jours à dévisager Solène, la pauvre… C’est la première fois que mon oncle nous présentait une femme. Mais on se doutait qu’il allait finir par épouser une Française.

Laura sourit franchement, cette fois, retenant un rire en imaginant la scène. La pauvre Solène, elle était toute douce et extrêmement timide, elle n’avait pas dû être très à l’aise les premiers jours si tout le monde la dévisageait. Surtout avec une famille aussi grande... Enfin, elle avait réussi à les convaincre puisqu’elle était ici et mariée à monsieur Nakajima. Mariée... Ca aussi, Laura avait eu du mal à l’intégrer. Ils étaient ensemble et mariés alors qu’il n’y avait que des rumeurs sur eux avant les vacances. Trop de changements d’un coup, elle devait s’habituer. Mais ça devait être encore plus dur pour Genji qui changeait complètement de culture, d’habitudes, de pays, de rythme de vie. Ils n’étaient pas du tout comme eux et étaient beaucoup plus posés qu’eux, alors qu’en France... En plus, il n’était pas ici par choix mais par obligation, d’après ce qu’elle avait pu comprendre. Ce qui rendait l’adaptation d’autant plus difficile. Elle regarda Genji lorsqu’il s’interrompit, tournant la tête vers elle.

Genji – A quoi ressemble le pensionnat ? Comment se font les cours, la vie là-bas ? Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, je ne connais pas les écoles en France, ni le genre d’éducation qu’on y donne. Je suppose que ça doit vraiment être très différent du Japon.

Laura – Et encore, tu n’imagines même pas..., dit-elle en soupirant.

Laura réfléchit un moment, baissant la tête et regardant dans le vide. Par où commencer ? Elle savait à quoi ressemblait le Pensionnat, oui, elle pouvait le décrire de long en large pendant des heures si elle le voulait. Elle avait marché dans les couloirs durant des heures, s’était baladée, avait fait le mur, préparé des centaines de bêtises avec son frère... Elle connaissait l’endroit par cœur. Mais ça, c’était avant les vacances, avant que l’armée ne décide de tout saccager. Elle avait peur de ce qu’elle allait découvrir ce soir, de voir tous les changements et de ne plus y trouver ses marques. Et s’ils avaient démoli tous les passages ? S’ils avaient tout détruit pour « le bien de l’armée » en anéantissant l’endroit qui avait été leur refuge pendant des semaines, des mois, des années ? Ce n’est qu’au bout d’un moment que Laura se décida à parler en redressant la tête vers Genji, refusant de se décourager.

Laura – On commence la journée par la messe et puis on a le petit-déjeuner et on enchaîne avec les cours à 8h. On a une pause vers midi puis cours jusque 17h30. Après, on a « temps libre » mais on travaille et fait nos devoirs avant le dîner, le soir. Il y a aussi un couvre-feu à 22h30. Pour les cours, on a des salles de classes avec des bancs par deux et on doit tous s’y asseoir, écrire et écouter les profs... Heu... Répondre aux questions aussi, faire les exercices. Puis on change de local entre chaque cours, aussi.

Son discours était complètement décousu mais Laura ne savait vraiment pas quoi dire tant cela était habituel pour elle. C’était son quotidien, un train-train qu’elle s’était habituée à suivre depuis trois ans, bientôt quatre, maintenant. Elle fit une pause, cherchant encore d’autres détails mais ne trouva rien d’autre à ajouter sinon l’organisation de la bibliothèque et le quotidien au Pensionnat, essayant de ne pas penser à ce que les militaires allaient changer. Elle décrivit ce qu’elle pensait, ce qu’elle vivait au Pensionnat depuis des années, s’efforçant de donner des détails à Genji pour l’aider à visualiser comme lui l’avait fait avec elle. Sa voix était un peu plus enjouée grâce aux souvenirs vécus dans cette école mais la rentrée se rapprochait, menaçante. Et Genji devait s’y préparer, être averti... Le regard de Laura s’assombrit un peu malgré elle et elle baissa la tête, parlant d’un ton un peu plus bas et nettement moins enjoué.

Laura – Mais je ne sais pas ce que ce sera à partir de la rentrée. Les choses vont changer. Depuis que les militaires sont là, on a de moins en moins de liberté... Ils nous collent une espèce de carte d’identité qu’on doit leur montrer s’ils nous le demandent, on doit tous être couchés à la même heure. Tu sais... Avant d’être ici, je considérais cette école comme un refuge, ma vraie maison. Mais maintenant, personne n’est en sécurité là-bas. Les élèves ont peur, en cours d’élément, alors qu’on adorait tous ce cours-là. Et je crois que ce sera pire à la rentrée, je n’ose même pas imaginer ce qu’est devenu le Pensionnat pendant les vacances...

Laura fit une nouvelle pause, soupirant à nouveau, et essaya de sourire à Genji pour le rassurer, redressant la tête. Sans y arriver, cependant. Elle avait peur de ce qu’ils verraient ce soir, des nouvelles règles qui se mettraient en place à partir de la rentrée, de tout ce qui allait changer... Elle décrivit ensuite le Pensionnat et l’école, les situant dans l’espace, essayant de caractériser leur architecture du mieux qu’elle pouvait. Mais, ici encore, ce n’était pas une description fiable vu que tout avait changé pendant les vacances. Ils en sauraient plus ce soir, sur place. Au moins, Genji avait une idée du lieu et pouvait se le représenter, ce serait précieux pour se repérer ce soir comme ils devraient agir en vitesse.

Laura – Au moins, je suis sûre qu’ils n’auront pas touché au cottage du Père Vilette. Il ne les aura pas laissé faire... Il m’a beaucoup soutenue, cette année, surtout quand j’en ai eu besoin par... peur de parler à mon frère et mon petit-ami. Je sais que c’est stupide mais j’avais peur de leur réaction. Le Père Vilette est le prêtre qui donne la messe tous les matins, il nous donne aussi le cours de religion et il t’accueillera toujours si tu as besoin de parler sans qu’il ne te juge. Tu n’as trouvé personne à qui parler, au Japon, en dehors de ta famille ? Un « prêtre » comme ici ? Tu n’étais pas vraiment tout seul... Si ?

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Re: Petit tour dans une nouvelle école   Dim 27 Sep - 11:05

– Et encore, tu n’imagines même pas..., dit-elle en soupirant.

Elle se tut, avec un air pensif. Genji appuya sa tête contre ses genoux, jambes repliées contre lui dans le fauteuil, en la laissant réfléchir, il savait que ce n'était pas forcément évident de décrire un endroit comme cela, à une personne qui ne l'avait jamais vu. Il n'avait rien demandé à son oncle, trop furieux qu'il ait accepté de le prendre chez lui afin d'aider ses parents à se débarrasser de lui. Il avait beau bien parler la langue, grâce à sa tante, ce n'était pas sa culture et il ne savait rien de ce pays ! Il se renfrogna un peu, jetant un regard vers le village, par la fenêtre, le chemin qui passait devant la maison, les barrières en bois, les toits recouverts de tuiles noires un peu étranges, dans un style dont il ne connaissait rien. Il se sentait toujours aussi perdu, ses petites sœurs lui manquaient, tous ses repères avaient volé en éclat. Comment était-on censé être bien en partant à l'autre bout du monde, on se le demande ?! Il étouffa un soupir, très peu d'humeur à rire ou jouer pour le moment. Il avait juste envie d'en apprendre le plus, aussi vite que possible, afin de pouvoir faire face et de ne pas être pris de court. Il allait montrer à son père qu'il aura beau l'expédier le plus loin possible, Genji n'avait pas l'intention de se laisser abattre.

– On commence la journée par la messe et puis on a le petit-déjeuner et on enchaîne avec les cours à 8h. On a une pause vers midi puis cours jusque 17h30. Après, on a « temps libre » mais on travaille et fait nos devoirs avant le dîner, le soir. Il y a aussi un couvre-feu à 22h30. Pour les cours, on a des salles de classes avec des bancs par deux et on doit tous s’y asseoir, écrire et écouter les profs... Heu... Répondre aux questions aussi, faire les exercices. Puis on change de local entre chaque cours, aussi.

Elle s'interrompit, avec une petite moue perplexe, décrivant ensuite une bibliothèque et donnant des détails sur la vie au quotidien. Genji avait un peu grimace, tout en l'écoutant. Il n'était pas Catholique mais Shintoïste, il devra vraiment aller aux messes, lui aussi ? S'il en savait presque rien de la France, il nageait aussi dans un flou incroyable quand on lui parlait des Catholiques, il ne savait même pas quoi en quoi ils croyaient exactement, s'ils avaient un ou plusieurs dieux, comment ils considéraient leurs morts, rien du tout. Enfin, peu importe pour le moment. Il se pencha un peu pour essayer de voir la silhouette de l'école, au loin, par la fenêtre. Laura avait repris la parole, mettant visiblement du cœur à lui décrire ce qu'elle vivait là-bas, ce dont il lui était très reconnaissant, d'ailleurs. Il avait aussi vu la sœur de Solène, au mariage, mais il ne l'avait approché, elle avait l'air nettement moins enjouée que sa petite sœur. Plus... Froide ? Pas très détendue ? Et avec un air si grave, lorsqu'elle parlait à Kimmitsu, qu'on aurait pu croire qu'elle lui annonçait la mort de quelqu'un. Solène était quand même beaucoup plus abordable et gentille, il adorait son sourire et sa façon de se comporter, toujours vivace et de bonne humeur.

– Mais je ne sais pas ce que ce sera à partir de la rentrée. Les choses vont changer. Depuis que les militaires sont là, on a de moins en moins de liberté... Ils nous collent une espèce de carte d’identité qu’on doit leur montrer s’ils nous le demandent, on doit tous être couchés à la même heure. Tu sais... Avant d’être ici, je considérais cette école comme un refuge, ma vraie maison. Mais maintenant, personne n’est en sécurité là-bas. Les élèves ont peur, en cours d’élément, alors qu’on adorait tous ce cours-là. Et je crois que ce sera pire à la rentrée, je n’ose même pas imaginer ce qu’est devenu le Pensionnat pendant les vacances...

Curieusement, ce n'était pas de la peur qui enflammait le jeune homme, plutôt un mélange d'acceptation et de défi. Son caractère le poussait à.... disons, accepter plutôt mal l'autorité, et il avait horreur des règles trop contraignantes, des personnes qui voudraient imposer une certaine façon de vivre. Il n'avait jamais eu de véritables cours pour son élément, à part les leçons prises avec sa famille, mais ce n'était pas le moment de se laisser faire ! Même si l'école n'était pas très sûre, il voulait en apprendre plus sur son élément, vivre comme il l'entendait, se bouger, prouver à tout le monde que lui aussi était capable de bien faire les choses. Surtout à ses parents. Il regarda à nouveau Laura, tandis qu'elle peinait un peu à lui décrire l'architecture et l'agencement des bâtiments et des salles. Bah, ils en sauront plus ce soir. Il devait faire sortir Laura, puis filer très vite, revenir avant que son oncle ne se réveille. Il se levait toujours très tôt mais c'était jouable. Il serra un peu les poings, bras serrés autour de ses jambes. Ils pouvaient s'en sortir, ça ira. Il ne voulait plus se laisser porter simplement par le cours des choses, sans rien faire, sans agir. Il avait un don, il était jeune, il voulait choisir sa voie, lui aussi, et pas juste se laisser dicter sa conduite par les préceptes familiaux ! Découvrir le monde où il vivait et apprendre à se défendre. Il voulait vraiment progresser... Il était peut-être indiscipliné mais il n'avait pas envie de décevoir sa famille.

– Au moins, je suis sûre qu’ils n’auront pas touché au cottage du Père Vilette. Il ne les aura pas laissé faire... Il m’a beaucoup soutenue, cette année, surtout quand j’en ai eu besoin par... peur de parler à mon frère et mon petit-ami. Je sais que c’est stupide mais j’avais peur de leur réaction. Le Père Vilette est le prêtre qui donne la messe tous les matins, il nous donne aussi le cours de religion et il t’accueillera toujours si tu as besoin de parler sans qu’il ne te juge. Tu n’as trouvé personne à qui parler, au Japon, en dehors de ta famille ? Un « prêtre » comme ici ? Tu n’étais pas vraiment tout seul... Si ?

– Je ne connais de prêtres, ce sont les moines qui s'occupent de la religion, chez nous. Et non, je... Enfin, je parlais à une de mes tantes, parfois, mais ça fait quelques mois que je ne me confie plus à personne. J'ai peur de les décevoir donc je préfère me taire. Je parlais beaucoup à Kimmitsu et Munemori, avant, mais aujourd'hui, je les évite. Je sais, c'est un peu idiot.

Il eut un petit sourire un peu gêné. Il avait une famille, très grande, mais ne s'entendait plus avec elle, Laura devait trouver ça débile alors qu'elle-même n'avait plus de famille, hormis son frère. Enfin, aujourd'hui, elle était en quelque sorte la fille adoptive de Kimmitsu et Solène, ce qui faisait d'elle sa cousine. C'était un peu bizarre, elle était Française, issue d'une culture très différente, mais aussi réconfortant, en un sens. Ils continuèrent de parler de tout et rien encore un long moment, discutant des deux cultures, quand Solène rentra, aussi pétillante qu'à son habitude. Il l'aida à préparer le repas du soir avec Laura, occupé à laver des assiettes quand son oncle revint aussi. Il avait un air plus sombre que d'habitude, mais personne ne le questionna. Pendant le repas, Genji parla surtout avec Laura du village de Gray et du lac. C'est à ce moment qu'il appris que le village avait entièrement brûlé il y a trois mois, par on ne savait qui, et venait tout juste d'être reconstruit. Brûlé entièrement ? Le sujet les tint presque jusqu'à l'heure de se coucher, les élèves de l'école ayant aidés aux travaux.

La nuit venue, Genji attendit que tout le monde dans la maison soit endormi. Il écouta avec une extrême attention avant de se lever, se rhabillant et mettant ses chaussures. Il se glissa dans la couloir, le cœur battant soudain assez vite. Comme Laura était somnambule, son oncle fermait la porte à clé la nuit, pour qu'elle n'aille pas se perdre dehors. Clés qu'il gardait sur sa table de chevet, comme il se levait en premier et pouvait ainsi déverrouiller la porte. Il avança à pas de loups jusqu'à la chambre de son oncle et sa tante, s'arrêtant une bonne minute avant de la pousser très doucement. Il entendait juste leurs souffles, paisibles, la lumière des étoiles éclairant les cheveux blonds de Solène, détachés sur l'oreiller, par la fenêtre recouverte d'un fin rideau. Il repéra les fameuses clés, sur la table de chevet. Doucement. Il s'approcha avec lenteur, priant pour ne pas faire de bruit ni les réveiller, tendant la main pour attraper le petit trousseau.


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Ste Famille
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MessageSujet: Re: Petit tour dans une nouvelle école   Dim 27 Sep - 11:05

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MessageSujet: Re: Petit tour dans une nouvelle école   Mar 29 Sep - 22:47

Genji – Je ne connais de prêtres, ce sont les moines qui s'occupent de la religion, chez nous. Et non, je... Enfin, je parlais à une de mes tantes, parfois, mais ça fait quelques mois que je ne me confie plus à personne. J'ai peur de les décevoir donc je préfère me taire. Je parlais beaucoup à Kimmitsu et Munemori, avant, mais aujourd'hui, je les évite. Je sais, c'est un peu idiot.

Laura rendit son sourire à Genji, compatissant tout de même un peu. Elle pouvait comprendre, en soi, qu’on n’ait pas spécialement envie de parler à sa famille, elle avait été la première à ne pas le faire... Et puis, monsieur Nakajima était intimidant, en plus de cela. Si Munemori était comme lui, elle n’était même pas étonnée que Genji n’ose pas leur parler. Après tout, pourquoi devaient-ils toujours parler de ce qui allait moins bien ? Tant qu'ils arrivaient à tout gérer, c'était bon, non ? Ils continuèrent à parler de tout et de rien, innocemment, oubliant leur projet nocturne l'espace de quelques heures pour éviter de trop stresser. Ils étaient prêts, rester dessus et tout relire une autre fois ne servirait à rien. Si Antoine était là, il lui dirait sûrement de revérifier, que c'était complètement fou, mais elle assumait et était pleinement consciente de ses actes.

Solène arriva, son sourire et son air doux et enthousiaste habituel, et ils l'aidèrent à préparer le repas, l'air de rien pour ne pas éveiller les soupçons. Laura arrivait à s'habituer petit à petit à ce rythme, à cette maison, à cette ambiance... Mais c'était toujours très difficile. En revanche, elle préférait mille fois les repas ici, discutant de sujets on ne peut plus banals et courants, tout ne tournant pas autour de la bourgeoisie, des règles de savoir-vivre et de ce qu'ils devaient faire, son frère et elle. Ils étaient enfin dans un foyer où ils étaient acceptés et protégés, même si le sous-directeur se révélait beaucoup plus protecteur que ce qu'ils avaient pensé. Le reste de la journée fila sans qu'elle n'ait le temps de le réaliser, Laura pensant de plus en plus à la visite du Pensionnat et à ce qu'ils allaient y découvrir. Cependant, elle se força à être naturelle, plus terrifiée encore de se trahir par une quelconque réaction face à monsieur Nakajima.

Laura était couchée dans son lit, habillée et prête à partir dès qu’elle entendrait le cliquetis de la clef dans la serrure. Ils s’étaient dit bonne nuit et avaient agi comme d’habitude, préparant discrètement un sac à dos avec le matériel du parfait petit espion, puis s’étaient couchés et elle-même avait gardé ses vêtements sous son oreiller pour pouvoir se changer dans son lit dès que son frère serait endormi. A présent, elle attendait. Si jamais Genji ne parvenait pas à prendre les clefs sans réveiller son oncle, ils seraient tous les deux fichus. Elle l’avait supplié de lui mentir, de ne pas paniquer, mais... Autant dire que cela n’avait pas changé grand-chose. Alors elle priait. Pour que ce soit lui qui ouvre et non pas monsieur Nakajima. Laura fermait les yeux, faisant semblant de dormir, lorsqu’elle entendit le bruit distinctif d’une clef qu’on tournait dans la serrure. Elle ferma les yeux encore plus fort, n’osant pas les ouvrir et tomber sur son professeur. Puis entendit la voix de Genji qui lui soufflait de venir.

Laura – Tu m’as fait peur..., murmura-t-elle.

Laura sauta sur ses pieds très doucement et mit des boules de vêtement sous les couvertures pour former l’illusion d’un petit corps qui dormait ici, au cas où Jasper ouvrait les yeux pendant son sommeil. Depuis qu’elle avait été somnambule une nuit, elle se doutait qu’il lui arrivait de vérifier au passage, malade ou pas. C’était son frère... Une fois que ce fut chose faite, la collégienne attrapa son sac à dos et descendit les marches avec Genji, marchant silencieusement et guettant le moindre bruit suspect. Son cœur cognait violemment contre sa poitrine dans un mélange d’adrénaline, de stress et de peur mais ils devaient continuer. Il était trop tard pour reculer, ils avaient préparé tout ça et elle voulait être prête, voir le Pensionnat de ses propres yeux avant la rentrée.

Ils sortirent de la maison très lentement, jetant un dernier œil à l’horloge pour savoir précisément combien de temps il leur restait. Minuit quinze. Entre dix et vingt minutes pour aller au Pensionnat, dix de plus pour se faufiler dans un camion et le reste du temps serait consacré à l’observation de l’école. Ils devaient être rentrés pour cinq heures et demie, histoire d’être sûrs de ne pas croiser monsieur Nakajima. Une heure plus tôt serait encore mieux mais ils ignoraient comment les choses se passeraient sur place... Ils avaient prévu comment entrer et sortir mais allaient plus ou moins improviser sur place, n’ayant qu’un plan de secours et les grandes lignes pour ne pas se faire repérer. Ils s’éloignèrent de la maison petit à petit, au pas de course, veillant à ne pas rester exposés au cas où. Laura lança un regard inquiet à Genji, soufflant un peu comme ils couraient.

Laura – Il y a de fortes chances pour que la directrice soit sur place, elle ne quitte jamais l’école. Si j’ai raison, je ne sais pas si elle dormira, il faudra vraiment faire gaffe. Tu es sûr de toi ? Dis-le-moi, sinon, je sais qu’elle fait peur à pas mal de monde.

Genji – Je sais, je l'ai vu au mariage, elle est un peu... Tendue. Mais on ne va pas faire de bruit.

Et encore, le mot est faible... Laura hocha la tête avec un petit sourire crispé, filant avec Genji. Le village était paisible, calme, tout le monde dormait à poings fermés, aucun bruit ne se faisait entendre. C’en était presque terrifiant, comme dans un film d’horreur... Elle avait l’impression qu’un monstre pouvait les surprendre derrière chaque arbre, qu’un professeur allait leur tomber dessus, que monsieur Nakajima s’était réveillé et les avait suivis... En bref, elle était un peu sur les nerfs et tendue. S’ils se faisaient prendre, ils risquaient gros, très gros. Entre son frère, son tuteur, la directrice et le père de Genji, ils risquaient tous les deux d’en prendre pour leur grade. Donc, ne surtout pas se faire prendre ! Laura avança avec cette idée en tête, déterminée à revenir dans les temps chez monsieur Nakajima, entière et sans se faire avoir. C’était tout à fait possible, le Pensionnat ne pouvait pas être plus gardé qu’avant, ce serait de la folie.

Laura – On arrive, regarde, murmura-t-elle en levant la main droit devant elle, pointant le Pensionnat du doigt.

Ils se mirent sur le côté, s’abaissant au maximum pour être couverts et guettèrent les militaires ainsi que les camions qui entraient régulièrement dans l’enceinte de l’école. Elle demanda à Genji le petit carnet dans lequel ils avaient tout inscrit minutieusement, relevant les heures et horaires de passage des camions, tirant la montre à gousset qu’elle avait « empruntée » à ses parents lors d’une de ses nombreuses fugues. Ils ne la lui avaient jamais réclamée donc ne devaient plus en avoir besoin. Ils restèrent tapis dans l’ombre pendant un moment, observant simplement pour écarter l’hypothèse « quelque chose a changé, il faut tout recommencer ». Elle lança également un œil à l’endroit renseigné par Genji, ce matin, disant qu’il y avait moins de monde. Et, effectivement, ça avait l’air particulièrement désert... Bénie soit la rentrée. C’était maintenant ou jamais. Laura venait de noter le troisième camion qui passait, ils entraient tous à intervalle de dix ou quinze minutes, vingt parfois, et le temps pressait. Elle fit signe à Genji, toujours sans un mot, puis lui attrapa la main pour éviter qu’ils soient séparés. Un camion se rapprochait... ralentissait... s’arrêtait.

Laura – Maintenant !

La collégienne avait parlé tout bas puis entraîné Genji avec elle, sautant à l’arrière du camion. Ils refermèrent la bâche sur eux, se cachant derrière une des grosses caisses du chargement. A peine furent-ils installés que le camion redémarra et l’on entendit les grilles du Pensionnat s’ouvrir, accélérant les battements de cœur de Laura. Ils y étaient. Maintenant, sortir avant qu’ils ne vident le chargement. Elle attendit le signal de Genji, cette fois, comme lui était un peu plus grand qu’elle et qu’il pouvait voir par-dessus les caisses plus discrètement. Elle avait proposé la technique habituelle mais, vu les résultats catastrophiques les dernières fois, celle-ci était plus sûre. Lorsqu’il lui fit signe, ils sautèrent hors du camion et glissèrent en-dessous le temps de se repérer sans se faire voir.

Cette fois, c’était à elle de jouer. Son cœur battait encore plus fort mais Laura l’ignorait, repérant les bâtiments en priant pour qu’ils n’aient pas trop changé. Mais non, ça va, ils étaient derrière le Pensionnat, comme d’habitude. Un peu plus loin, à leur droite, il devait y avoir les terrains de sports. Sauf s’ils avaient changé... Inquiète, elle lança un regard par-dessus son épaule, plissant les yeux avant de constater, avec soulagement, que rien n’avait changé à l’extérieur. Laura leva le pouce vers Genji pour lui signaler que c’était bon, elle savait où ils étaient, puis lui indiqua une direction où ils pouvaient courir et se réfugier quelques minutes sans risque. Trop dangereux de rester ici, ils pouvaient se faire prendre et se faire entendre à n’importe quel moment. Par contre... Mais oui ! Les terrains de sports étaient déserts, les militaires n’y allaient jamais.

Laura leva trois doigts puis les abaissa progressivement pour faire le décompte, la voie étant libre, et ils foncèrent pour aller se mettre à l’abri, cachés derrière le dojo. En courant, elle eut le temps d’apercevoir de la lumière à une fenêtre du troisième étage, la faisant pâlir presqu’instantanément. La directrice était réveillée... Bon, soit. La collégienne se laissa tomber contre le mur, reprenant son souffle, puis prit la petite carte rapide qu’elle avait dessinée pour représenter le Pensionnat, la dépliant sur l’herbe.

Laura – On est ici, dit-elle en indiquant le dojo, pas loin des terrains de sports. Là, c’est l’école et là, le Pensionnat. L’entrée est là et le camion nous a déposés là-bas. Comment on fait pour visiter ? Apparemment, l’extérieur n’a pas bougé...

Laura se mordit les lèvres, hésitant à avertir Genji tout de suite. Si, il valait mieux, histoire qu’il soit prévenu de ce qu’ils risquaient, au moins. Elle lui montra le Pensionnat et la fenêtre du troisième étage, sur la carte, grimaçant en même temps.

Laura – En courant, j’ai vu que la lumière était allumée... La directrice est là et encore réveillée. On a intérêt à ne pas se faire prendre, sinon elle... Enfin. Voilà. Il nous faut un plan, on a encore le temps. On commence par quoi ?

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MessageSujet: Re: Petit tour dans une nouvelle école   Ven 23 Oct - 15:36

Genji avait le cœur battant à une vitesse folle alors qu’il tendait les mains pour prendre les clés avec lenteur, le regard rivé sur son oncle et Solène, endormis l’un contre l’autre. Ne pas. Faire. Le moindre. Bruit. Il était mort, sinon, et Laura avec. Il prit la clé très doucement, penché, surveillant avec une attention maniaque la respiration de son oncle mais il dormait profondément. C’est bon… C’est bon… Il se redressa et recula avec lenteur, la main serrée sur la clé, avant de refermer la porte de la chambre avec une extrême délicatesse. Il fila aussitôt ouvrir l’autre chambre, ouvrant et soufflant à Laura de venir. Son frère dormait profondément, lui aussi, sans doute assommé par la fatigue et la fièvre. Il fallait faire vite, maintenant, Kimmitsu se levait toujours tôt et s’il ne les voyait pas dans leurs chambres, la clé disparue, ils allaient très sérieusement en prendre pour leur grade. Son père serait même capable de se déplacer exprès en France pour venir lui crier dessus.

– Tu m’as fait peur..., murmura-t-elle.

Allez, hop, ils devaient y aller. Il la pressa de se préparer et prendre son sac, refermant la porte avant de filer avec elle. La maison était extraordinairement calme, paisible, la lumière de la lune, passant par les fenêtres, éclairaient les plantes dont Solène ornait toute la maison et les quelques photos accrochées a mur ou posés sur des meubles. Il vit celle du mariage, dans le salon en passant, alors qu’il mettait la clé dans sa poche. Solène était magnifique, très sincèrement, elle respirait le bonheur et la joie de vivre, il l’aimait beaucoup. Sortant de la maison, ils filèrent ensuite sur le chemin puis dans les rues du village en courant. Genji se retourna une autre fois, craignant de voir d’un coup son oncle à la fenêtre, mais tout était très calme. Il resserra sa veste, ayant un peu froid, redécouvrant ces rues, justes éclairées par la lune et les étoiles. Ils avaient de la chance que le temps soit aussi clair, pas de nuages ni de brouillard, le calme absolu. Aucune lueur ne brillait aux fenêtres, les rares voitures faisaient office de gardiennes devant les maisons. On pourrait presque se croire dans un film.

S’arrêtant près de la place, Genji vérifia s’il n’y avait toujours pas âme qui vive, craignant de croiser des militaires ici, mais tout était tranquille, une fois de plus. Un chat miaula à leur passage, assis au pied d’un arbre, et une lueur vacilla un instant au premier étage d’un petit immeuble avant de s’éteindre. Ils passèrent dans d’autres rues au pas de course, passant devant des maisons et des petits commerces, toujours en veillant à ce que personne ne puisse les surprendre. Ils longeaient le cimetière lorsque Genji vit quelque chose bouger. Comme une sorte de… brume vaporeuse, au-dessus d’une tombe. Il cligna des yeux, ralentissant, mais ne vit plus rien. Oh, il avait dû rêver. On ne pouvait empêcher l’imagination de galoper bien plus vite, la nuit, surtout dans ce genre de circonstances. Il était plus excité qu’effrayé mais savait néanmoins qu’il devait rester relativement prudent, ce pays était dangereux.

– Il y a de fortes chances pour que la directrice soit sur place, elle ne quitte jamais l’école. Si j’ai raison, je ne sais pas si elle dormira, il faudra vraiment faire gaffe. Tu es sûr de toi ? Dis-le-moi, sinon, je sais qu’elle fait peur à pas mal de monde.

– Je sais, je l'ai vu au mariage, elle est un peu... Tendue. Mais on ne va pas faire de bruit.

Et encore, juste « tendue » n’était pas le bon mot pour la décrire. Il grimaça un peu en remontant avec Laura une autre rue, qui débouchait sur le long chemin menant au pensionnat, repéré quelques jours plus tôt. C’était comme évoluer dans un autre monde, dans ce pays qu’il ne connaissait pas, dans une région dangereuse. Il s’était un peu familiariser avec le village mais il craignait très sincèrement ce qu’il allait trouver à Sainte Famille.

– On arrive, regarde, murmura-t-elle en levant la main droit devant elle, pointant le Pensionnat du doigt.

Les hauts murs cachaient une bonne partie des bâtiments, là-haut, au loin, mais Genji voyait le tout comme des masses sombres et très franchement inquiétantes. Baissé au bord du chemin derrière un buisson, il passa le petit carnet à Laura, calculant de tête le temps qu’il leur restait. Il fixait le pensionnat, sur sa colline, les bâtiments qui se détachaient en toiles de fond, certains plus petits, l’ombre de la forêt. On pourrait presque se croire dans un roman d’horreur, finalement. Genji avait tant entendu de rumeurs et d’hypothèses sur cette école qu’il ne savait plus ce qu’il devait vraiment croire. Ils attendirent assez longtemps, plus longtemps qu’il ne l’avait noté. Le stress commencer à le gagner lorsque leur moyen de transport se présenta. Ils se préparèrent à bondir, à sauter à l’intérieur.

– Maintenant !

Sautant à l’intérieur, ils se cognèrent un peu contre les caisses avant de s’accroupir puis se cacher, avant que le véhicule ne s’ébranle de nouveau. Le jeune homme avait l’impression que leurs cœurs battant trop vite et trop fort allaient les trahir, ils n’entendaient que ça. Le trajet fut court mais angoissant, dans le noir total et le bruit du moteur. Lorsque le camion s’arrêta, ils se faufilèrent dehors puis se cachèrent aussitôt, attendant que la voie soit libre avant de courir à nouveau, le plus vite possible pour ne pas être trahi, courant derrière un gros bâtiment puis ce qui semblait être un terrain de foot, avant de se cacher derrière un bâtiment assez grand, de plain-pied, entouré par quelques buissons de fleurs. Genji s’accroupit contre le mur, posant une main sur son cœur en respirant profondément, observant l’autre bâtiment à étages, tout près. Une fenêtre était éclairée, au dernier étage… Quelqu’un était encore là. La directrice ? C’était là, son appartement ? Pendant le voyage, Kimmitsu avait dit à Solène que durant la semaine, elle dormira avec lui, dans son appartement, au troisième étage du pensionnat, à côté de l’appartement de sa sœur. Ça avait l’air de correspondre, ici.

Autour d’eux, il y avait deux ou trois terrains de sport, une piste de course, et ce bâtiment devait être le dojo. Il se redressa pour jeter un coup d’œil par une fenêtre et en eut la confirmation aussitôt. Etant donné le décor… C’était bien le style de son pays natal. Sentant sa gorge se serrer, il s’intéressa plutôt au petit plan que Laura avait sorti, celui qu’elle avait dessiné assez vite pour leur escapade nocturne. Le jeune lycéen s’obligeait à ne pas penser à ce qui allait leur arriver s’ils se faisaient prendre. Rester optimiste, surtout ! Ils voulaient juste faire un tour rapide afin de se repérer et être plus vite opérationnels dès la rentrée, rien de mal à ça, non ? Bon, ce ne sera pas une excuse valable pour son oncle… Et encore moins pour la directrice. Ne pas se faire repérer était une priorité absolue, une question de survie.

– On est ici, dit-elle en indiquant le dojo, pas loin des terrains de sports. Là, c’est l’école et là, le Pensionnat. L’entrée est là et le camion nous a déposés là-bas. Comment on fait pour visiter ? Apparemment, l’extérieur n’a pas bougé...

Si elle disait, il la croyait sur parole. Il balaya les alentours du regard, observant le lac, en contrebas, la forêt tout près d’eux, puis l’école et le pensionnat, bâtiments tous à fait énormes, vu de près, et particulièrement imposants. Il avait la gorge un peu sèche en les regardant, la bouche entrouverte. Il n’avait pas imaginé ça si grand, lui ! Mais là… Là, il en avait le souffle coupé, autant l’avouer platement. C’était gigantesque, on aurait pu faire tenir trois collèges là-dedans, alors que d’après Laura, il n’y avait pas tant d’élèves que ça, juste quelques centaines. Se perdre là-dedans devait être d’une simplicité enfantine, suffisait de marcher quelques mètres en fermant les yeux et hop. Un peu découragé, il se pencha pour mieux voir l’école, plus loin, secouant la tête avec un soupir. Et il y avait des souterrains, en plus ?

– En courant, j’ai vu que la lumière était allumée... La directrice est là et encore réveillée. On a intérêt à ne pas se faire prendre, sinon elle... Enfin. Voilà. Il nous faut un plan, on a encore le temps. On commence par quoi ?

– J’ai vu, oui, souffla-t-il d’un ton plus lointain. C’est immense… J’imaginais ça plus petit, moi. Tu viens ?

Se relevant avec prudence, il fila jusqu’au pensionnat, tout d’abord, rasant les murs au cas où la sœur de Solène aurait la très mauvaise idée de jeter un œil par la fenêtre juste à ce moment-là. Il testa une porte en chêne sombre très lourde, examinant la serrure, mais ne voyant pas comment la crocheter, c’était du solide. Faisant le tour, il testa plusieurs fenêtres, la plupart bien verrouillées, puis eut la chance de tomber sur une petite fenêtre plus vieille. Il la poussa d’un petit coup d’épaule, sursautant lorsqu’elle émit un grincement sourd, le cœur battant. Il fit la courte échelle à Laura pour la faire grimper puis se faufila à son tour à l’intérieur. C’était une sorte de… pièce servant à ranger des trucs dont on ne servait plus. Une réserve somme toute. Deux tableaux noirs, posés l’un contre l’autre, étaient appuyés à un mur près de la fenêtre, avec des chaises empilées qui prenaient la poussière et une petite commode en pin couverte elle aussi de poussière. La porte n’était pas fermée, les faisant déboucher sur un petit couloir, puis sur le hall d’entrée du pensionnat. Vide. Il fit le tour du regard, regardant le panneau en liège qui portait deux ou trois feuilles, des bancs en bois, deux grandes portes plus loin qui ouvraient sur ce qui semblait être un foyer, des statues, un immense escalier…

Ce fut par l’escalier qu’ils commencèrent. Une montée lente, pour ne faire aucun bruit, avant d’arriver au premier étage. Il fut presque instantanément perdu. Deux couloirs partaient vers le Nord et le Sud, dans des passages assez étroits qui lui donnèrent vite une impression d’étouffement. Il prit la direction du Sud au hasard, découvrant alors un truc curieux. Il y avait deux étages en un seul, en réalité, car de petits escaliers discrets permettaient d’accéder à un autre plan de l’étage, comme s’il s’agissait de mezzanines. Il y avait des dizaines de portes, dans des couloirs qui serpentaient, étroits, en bois sombre. Chaque porte était frappée de plaques avec des noms et prénoms dessus, parfois jusqu’à cinq ou six, parfois juste deux ou trois. Il poussa une des portes au hasard, dévoilant une chambre très simple et sobre, avec un lit simple d’une personne et deux lits superposés. Ouvrant une des armoires, vide, il put sentir que le mobilier était neuf, comme juste entreposé.

– Tu ne m’avais pas dit qu’il y avait des dortoirs ? chuchota-t-il.

Il lui jeta un coup d’œil pour avoir confirmation avant de ressortir de la chambre. Cet endroit était assez oppressant, mine de rien… Voyant l’infirmerie, il s’arrêta, chuchotant à Laura que l’infirmier avait peut-être laissé des documents, dans son bureau, sur les médicaments utilisés par l’armée ou les expériences en cours, comme il les avait espionnés. La porte étant verrouillée, il essaya de l’ouvrir, de crocheter la serrure ou forcer l’ouverture.

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MessageSujet: Re: Petit tour dans une nouvelle école   Ven 23 Oct - 15:36

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MessageSujet: Re: Petit tour dans une nouvelle école   Mar 27 Oct - 0:40

Genji – J’ai vu, oui, souffla-t-il d’un ton plus lointain. C’est immense… J’imaginais ça plus petit, moi. Tu viens ?

Laura suivit Genji, restant à moitié accroupie en courant derrière lui pour se faufiler jusqu’au Pensionnat sans se faire voir. Tout comme lui, elle jetait de fréquents regards vers la fenêtre allumée de l’appartement de la directrice, la peur au ventre à l’idée qu’elle ne regarde vers le parc à cet instant précis. Ils ne devaient pas se faire prendre, c’était une question de vie ou de mort, plus que jamais. S’ils étaient vus... Laura réprima un frisson, secouant la tête tandis qu’ils rasaient enfin les murs de l’imposant bâtiment qu’était le Pensionnat. Elle était rassurée pour l’extérieur, rien n’avait changé apparemment. Restait l’intérieur... L’intérieur qui l’effrayait, qui avait sûrement été rénové entièrement comme c’était le lieu de vie des pensionnaires. Et s’il y avait bien une chose que la collégienne avait retenue depuis l’intrusion des militaires dans leur vie scolaire, c’était qu’ils s’accaparaient tout. Ils bafouaient les endroits qu’ils aimaient, les modifiaient... Ils avaient changé tant de choses, ici, comment n’en auraient-ils pas profité pendant deux mois ?

Laura secoua vivement la tête pour se remettre les idées en place et se concentrer sur ce qu’ils faisaient. Entrer dans le Pensionnat, fouiller un peu, se faire une idée plus ou moins précise de ce qui avait changé et ressortir avant que monsieur Nakajima ne se réveille. Elle restait très près de Genji pour ne pas être séparée de lui et faillit se heurter à lui de plein fouet alors qu’il s’était arrêté pour examiner la serrure d’une des portes de derrière, son cœur battant nettement plus vite. Plus ils se rapprochaient de l’entrée dans le Pensionnat, plus elle avait peur de ce qu’elle allait découvrir. Mais ne pas paniquer, Laura savait que c’était ce qui déclenchait son don, très souvent, et elle ne voulait pas tout faire rater à cause d’un manque de contrôle de soi. Cependant, Genji se redressa et ils continuèrent à marcher, faisant le tour du Pensionnat. Trop petite pour tester elle-même les fenêtres, la collégienne laissait son compagnon d’escapade essayer d’ouvrir toutes les fenêtres les unes après les autres sans succès. Commençant à désespérer, Laura allait dire de laisser tomber, qu’ils pouvaient essayer l’école d’abord, mais pile à ce moment-là, Genji parvint à forcer une fenêtre un peu plus vieille.

Hochant la tête lorsqu’il lui fit la courte échelle, Laura se glissa par la fenêtre entrouverte et atterrit dans... un genre de réserve avec plusieurs vieux objets qui n’avaient pas l’air d’avoir bougés de cette pièce depuis un sacré bout de temps. Elle observa tout, essayant d’y graver les détails, même futiles, dans sa mémoire sans savoir si cela aurait une quelconque importance. Tout comptait, absolument tout, et elle ne voulait pas louper quelque chose de primordial. Un bruit derrière elle la fit se retourner, une main sur le coeur qui battait à tout rompre contre sa poitrine, avant de souffler doucement en voyant que ce n’était que Genji. D’accord, du calme, on respire, ils étaient entrés. Ils avaient réussi à entrer, ne leur restait plus qu’à « visiter » sans se faire prendre. Surtout sans se faire prendre...

Ils sortirent de la pièce par la porte déverrouillée, débouchant sur un petit couloir qu’elle reconnaissait. Il y avait le hall d’entrée, au bout, elle s’était déjà cachée dans ce coin une fois et pouvait donc se repérer plus ou moins, c’était déjà cela. A mesure qu’ils avançaient, Laura essayait de se calmer et de respirer pour ne pas relâcher son don une nouvelle fois, de se détendre. Elle savait que l’endroit avait changé, qu’ils avaient forcément tout remanié... Et elle eut confirmation lorsqu’elle vit une pièce, un peu plus loin, très grande, qui attira immédiatement son regard tandis que Genji semblait détailler le reste. Le hall était désert, calme, vide de tout soldat comme ils l’avaient supposé. Seuls des cadres et autres statues traînaient çà et là pour mettre un peu de « vie » dans cet endroit. Mais ce n’était pas cela qui la choquait. Ce n’était pas la décoration, le calme apparent du hall, l’absence totale de vie dans les environs. Ce n’était rien de tout cela, non, ce qui la choquait le plus était le foyer qui était revenu. Plus grand, plus spacieux, mais elle le voyait. Il était là, de l’autre côté du hall, plus loin. Ils l’avaient remis...

Laura se mordit les lèvres, son regard s’attardant sur ce foyer dans lequel tout avait commencé. Son cœur se serra lorsqu’elle réalisa tous les changements effectués en l’espace d’une année, à cause d’eux et uniquement eux, mais Genji la ramena à l’instant présent en se dirigeant vers l’escalier qui menait aux étages supérieurs. Oui, continuer, ne pas faire de sentimentalisme. Ils grimpèrent donc les escaliers, silencieux, guettant le moindre bruit, Laura évitant, par instinct, certaines marches qu’elle savait grinçantes à force de les avoir empruntées. Jusqu’à manquer de louper la dernière marche tant la surprise était grande. Ils... Ils étaient bien au premier étage ? Mais... Les dortoirs ? Ils étaient de part et d’autre d’un long couloir qui conduisait directement à l’infirmerie, normalement ! Et là, ils avaient... Ils...

Laura porta une main à sa gorge, plus choquée que prévu, mais se raccrocha à ce qu’ils devaient faire maintenant. Elle suivit Genji d’une marche automatique, empruntant un couloir jusqu’à ce qu’ils débouchent sur une autre partie de l’étage, loupant trois marches de suite sans faire exprès. Ils avaient tout changé... Absolument tout... Où étaient passé les dortoirs des filles ? C’était quoi, ces portes ? Ces noms et prénoms sur les petites plaques ? Cette séparation ? Genji ouvrit une porte et y entra, découvrant une chambre avec un plusieurs et un mobilier très simple et sobre. Une grande armoire vide, tout sentant le neuf dans cette chambre, la taille conférant une certaine intimité. Passé le choc de la découverte, Laura était bien obligée d’admettre que ce n’était pas plus mal. Mais elle ne comprenait pas l’intérêt...

Genji – Tu ne m’avais pas dit qu’il y avait des dortoirs ? chuchota-t-il.

Laura – S... Si..

La collégienne fit une moue perdue, ayant chuchoté elle aussi, avant de ressortir la première de la chambre pour laisser passer Genji. Elle ne comprenait pas pourquoi ils avaient tout changé. Il n’y avait plus de murs, l’étage avait l’air bien plus grand qu’avant et elle était convaincue qu’il l’était effectivement. Reprenant leurs fouilles, elle s’arrêta tout près de Genji alors qu’ils venaient de rejoindre l’infirmerie. Elle aussi avait subi des modifications, c’était visible à travers les fenêtres. Il lui chuchota que l’infirmier avait peut-être laissé des documents sur les médicaments ou les expériences en cours dans son bureau et elle hocha la tête. Bonne idée, oui, s’ils pouvaient en apprendre un peu plus de ce côté-là aussi... Ils essayèrent d’ouvrir la porte mais elle demeura close. Oh, fermée ? Laura se tourna, dos à Genji, pour faire le guet lorsqu’elle comprit qu’il allait essayer de la forcer.

Puis un gros bruit retentit, la faisant sursauter et se retourner en même temps. L’adolescente lança un regard effrayé à Genji, voyant la poignée de la porte de l’infirmerie par terre et lui attrapa la main pour filer immédiatement, descendant l’étage aussi vite qu’ils le purent. Laura poussa la lourde porte du foyer, se dissimulant derrière un canapé avec le neveu du sous-directeur, son coeur battant à tout rompre comme s’il était sur le point de sortir de sa poitrine. Ils étaient fichus. Elle entendait encore le bruit de la poignée résonner dans tout le Pensionnat. Dans le Pensionnat ! Que faisaient-ils ? La directrice allait descendre, c’était obligé, ils devaient agir. Ils étaient arrivés jusqu’ici ! Ils n’allaient pas laisser tomber aussi vite... Laura lança un regard paniqué à Genji, l’adrénaline lui permettant d’établir plusieurs solutions de secours en un temps record. Certaines avec une plus haute charge risques, par contre... Mais lui, que voulait-il faire ? Hors de question qu’elle l’entraîne s’il refusait.

Laura – On peut tenter de poursuivre la fouille mais il faudra faire attention, je suis sûre que la directrice va surveiller tous les couloirs très vite. Sauf si tu préfères rentrer... C’est comme tu veux, je veux pas t’obliger, murmura-t-elle en le regardant.

Comme elle s’y attendait, Genji prôna la prudence cette fois-ci et voulait rentrer. Bon... D’accord, pas de problème. Laura fit une moue un peu déçue mais hocha à nouveau la tête et se leva après avoir jeté un coup d’oeil discret par-dessus le canapé. La voie était libre, la directrice ne devait pas encore être descendue. C’était maintenant ou jamais. Donnant le signal directement, ils coururent vers la porte de la remise par laquelle ils étaient entrés et sortirent par la fenêtre, la collégienne retombant lourdement sur ses pieds. Elle ressentit des picotements horribles mais les ignora, longeant le Pensionnat jusqu’à la porte de derrière, répétant le même trajet qu’à l’arrivée jusqu’à pouvoir se cacher derrière les terrains de sport, comme avant. Quelle heure était-il ? Zut ! Pris de panique, ils n’avaient même pas regardé... Bon, du calme, il devait sûrement s’être passé une heure maximum. A vue d’oeil, il était peut-être deux heures au plus tard, sûrement moins. Ils devaient seulement attendre qu’un des militaires reparte et ziou, sous la voiture et bonjour Gray.

Laura – M****, l’état d’alerte ! Plus aucun militaire ne pourra sortir... Bon, plan B, faut escalader le mur. Tu te sens capable de nous porter un peu avec ton élément ? Je vois pas d’autre solution, là... Il va falloir faire vite, j’ai peur qu’on nous voie près des murs.

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Genji Nakajima
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MessageSujet: Re: Petit tour dans une nouvelle école   Lun 9 Nov - 11:59

Genji se pencha pour examiner la poignée, pendant que Laura faisait le guet dans le couloir. Voyant, comment faire… Se concentrant, apaisant les battements de cœur effrénés qui semblaient résonner dans tout le couloir, il fit de son mieux pour forcer rapidement l’ouverture de la porte, mais alors qu’il tirait un peu trop, la poignée se brisa tout à coup net dans un main, dans un bruit qui le fit bondir et qui résonna dans tout le pensionnat dans un son lugubre. Il avait sursauté avec violence, juste avant que Laura ne l’attrape par la main et ne coure avec lui. Ils dévalèrent en catastrophe les escaliers avant de courir vers la pièce ouverte de toute à l’heure, un foyer, alors que d’autres bruits résonnaient déjà dans l’école, il devait y avoir du monde au second étage. Ils sautèrent derrière un canapé pour s’y accroupir, aussi effrayés que si la directrice en personne était déjà arrivée sur eux pour leur hurler dessus. Il ne voulait pas l’énerver, mais vraiment pas, pas du tout, elle lui fichait encore plus la trouille que son propre père, c’était dire.

Se penchant un peu, il jeta un coup d’œil très prudent vers les doubles-portes grandes ouvertes du foyer, le cœur battant à tout rompre, guettant le moindre bruit. ET il y en avait, à l’étage des dortoirs, enfin, des chambres. Des professeurs devaient être à fouiller avec la directrice. Génial, oh génial, ce n’était pas prévu, ça ! Cette fichue poignée de *** ! Et maintenant ? Ils devaient filer et vite, avant qu’on ne les trouve, ce sera encore pire s’ils traînaient longtemps. Tant pis pour la visite, là, c’était une question de survie, une question de vie ou de mort. Et si jamais, en plus, ils étaient coincés dans un coin sans pouvoir en bouger avant longtemps ? Ils rentreront trop tard, son oncle sera éveillé, et la nuit sera gâchée encore plus si c’était possible. En attendant, sortir d’ici et filer, s’ils arrivaient à temps, il remettra la clé à sa place, chacun dans son lit, et ni vu ni connu, tout se passera bien. Pas vrai ? Mais oui, du calme ! Ne pas paniquer, pas maintenant, il leur suffisait de filer et tout se passera bien, aucun problème, ils termineront la nuit de façon tout à fait normale.

– On peut tenter de poursuivre la fouille mais il faudra faire attention, je suis sûre que la directrice va surveiller tous les couloirs très vite. Sauf si tu préfères rentrer... C’est comme tu veux, je veux pas t’obliger, murmura-t-elle en le regardant.

Rester ? Hors de question ! Ils seraient coincés, ensuite. Il le lui murmura avant de vérifier encore une fois que la voie était bien libre. Le hall était très calme, un peu lugubre, même, mais rien ne bougeait. Sortant doucement, ils coururent ensuite pour traverser l’espace en courant puis retourner dans le petit couloir avant de se faufiler dans la remise où ils étaient entrés. Genji referma avec beaucoup de soin derrière eux, sans bruit, avant de faire à nouveau la courte échelle à Laura pour repasser par la fenêtre. L’air frais au-dehors eut le mérite de leur éclaircir un peu les idées, un vent léger agitait le parc. Ils filèrent se cachant près des murs, regardant partout autour d’eux, pour arriver de nouveaux dans la partie réservée aux terrains de sport. Cette école était véritablement effrayante, la nuit… Elle était beaucoup trop grande, trop vieille, aussi, on pouvait imaginer un nombre incalculable d’histoires d’épouvante qui s’étaient déroulées entre ces murs. Du genre des élèves assassinés sans bruit dans les couloirs par un professeur très gentil le jour mais un monstre la nuit, ou bien des enfants qui avaient voulu découvrir le pensionnat et qui s’étaient perdus dans ses nombreux recoins, devenant fous à force de chercher leur chemin et qui étaient devenus des sortes d’ombres errantes, coincées pour l’éternité dans les couloirs…

Non, non, son imagination s’emballait un peu trop. S’accroupissant près de Laura, près du dojo, il jeta un long regard à l’école, une légère goutte de sueur coulant le long de sa tempe. Si ça se trouve, ces histoires étaient vraies mais il n’avait pas spécialement envie d’y retourner tout de suite pour vérifier. Ils devaient rentrer, absolument, tout de suite. Mais… Juste… comment ? Laura devait en être arrivée à la même pensée, vu son expression, car là, ils avaient un petit problème. Au loin, un chauffeur venait de sauter hors de son camion et il doutait qu’un autre démarre maintenant, la directrice avait dû ordonner à tout le monde de fouiller le pensionnat pour retrouver les intrus.

– M****, l’état d’alerte ! Plus aucun militaire ne pourra sortir... Bon, plan B, faut escalader le mur. Tu te sens capable de nous porter un peu avec ton élément ? Je vois pas d’autre solution, là... Il va falloir faire vite, j’ai peur qu’on nous voie près des murs.

– Heu… Faut essayer, mon élément n’est pas très… Mais on va essayer, viens.

Surveillant les alentours avec une attention maniaque, il fila avec elle le plus vite possible, priant les dieux et tous les esprits pour ne pas être repérés. Ils longèrent le lac pour arriver en contrebas, assez loin du portail mais dans un coin du parc moins visible depuis le pensionnat. Se concentrant, il commença par créer un peu de vent, lançant à Laura de grimper d’abord autant qu’elle pouvait. Debout au pied du mur, il leva les mains pour augmenter doucement la force de son pouvoir et le placer à la taille de son amie comme une ceinture qui viendrait la crocheter pour la soulever. Il dosa la force de son pouvoir avec soin pour ne pas lui couper la peau mais simplement la soutenir, l’aider à grimper jusqu’en haut. Dès qu’elle fut au sommet, il lui lança de se coucher le long pour ne pas être vue, le temps qu’il la rejoigne. Répétant la même opération, il fit jaillir un vent léger puis plus fort, grimpant avec une lenteur d’escargot en s’aidant de son élément. Il craignait qu’on ne les repère, mais aller trop vite les enverrait valser dans le vide en prenant le risque de se briser quelque chose, sans oublier que le vent pouvait aussi fendre la peau, c’était un coup à se vider de son sang sans pouvoir rien faire.

Une fois arrivés là-haut, il reprit son souffle, prenant deux minutes pour se reprendre et se calmer, puis dit à Laura qu’ils pouvaient descendre un peu en s’accrochant bien, puis se laisser tomber dans les fourrés dès qu’ils seront assez bas, ce sera plus rapide, ils n’avaient pas vraiment de temps à perdre. L’atterrissage fut certes assez brutal, mais c’était déjà bien plus rapide. Se redressant, il prit la main de Laura dans la sienne puis ils coururent vers le village, aussi vite que possible traversant à nouveau les rues pavées et vides, sous la lueur de la lune. Son oncle vivait dans une des maisons « extérieures », un peu à l’écart du village, non loin du lac. Rentrer, vite, avant qu’il ne soit trop tard, ils avaient déjà perdu trop de temps. Genji s’arrêta près de la porte, ouvrant sans faire de bruit, et espérant qu’ils pourront retourner au lit sans problème.



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MessageSujet: Re: Petit tour dans une nouvelle école   Lun 9 Nov - 11:59

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MessageSujet: Re: Petit tour dans une nouvelle école   Sam 21 Nov - 16:35

Genji – Heu… Faut essayer, mon élément n’est pas très… Mais on va essayer, viens.

Heu... Son don n’était pas développé ? Il ne le maîtrisait pas ? Ne savait même pas le pousser pour les porter de l’autre côté ? D’un coup, elle fut nettement moins rassurée, une vague de panique s’emparant de tout son corps. Non, stop. Stop, stop, stop, tout ira bien. Se reprendre, respirer, fuir. Ce n’était pas compliqué ! Laura hocha la tête et suivit Genji en jetant de fréquents coups d’oeil derrière elle, terrifiée à l’idée de se faire prendre. Curieusement, elle se sentait plus en sécurité au Pensionnat qu’à l’extérieur, même avec la directrice. Ici, dans le parc, des soldats pouvaient les repérer à tout moment, les arrêter, décider de faire des tests sur eux comme leur générale ne savait pas qu’ils étaient là. Et, surtout, Laura était fichée avec Jasper, ils devaient forcément savoir ce qu’elle avait fait à la caserne de Paris.

Stoooop, respirer, relativiser ! C’était impossible que les soldats soient au courant de l’accident de la caserne, sa tante avait tout arrangé, elle l’avait même engueulée pour cela parce qu’elle avait perdu du temps. Mais tout était arrangé, il n’y avait aucun problème, aucune suite possible à ce qui s’était passé. Donc, ne pas stresser et courir. Ou se planter... Comme venait de le montrer Laura dans une très belle chute, digne de ses plus mauvais jours où elle passait son temps à se prendre tout sur son passage, personnes, objets et murs. Et ici, en l’occurrence, elle s’était pris une motte de terre en plein dans les jambes et se retrouvait à plat ventre mais se redressa immédiatement, à bout de souffle, longeant le lac en contrebas pour arriver dans un coin plus sombre du parc. Il y avait moins d’activité, ici, tous les soldats avaient dû être rappelés pour contrôler le Pensionnat et l’école, en plus des alentours directs. Il ne leur restait donc que quelques minutes avant qu’ils n’arrivent ici, il fallait se dépêcher.

Dès que Genji et Laura furent arrivés au pied du haut mur entourant tout le domaine, son coéquipier du soir lui lança de grimper autant qu’elle pouvait avec un air concentré. Il était... vraiment sûr ? Entendant un bruit de cris un peu plus loin, la collégienne ne prit pas une seconde de plus pour réfléchir et tâta les aspérités du mur avec ses mains pour en saisir une. Trouvant ce qu’elle cherchait, Laura commença à grimper, sentant soudain un léger courant d’air qui la rendit plus légère, l’aidant à monter plus vite sans trop de difficultés. Se frottant les mains, elle se coucha ensuite sur le sommet du mur, écoutant les indications de Genji, s’y accrochant comme à une bouée en voyant le sol. Il se mit à escalader le mur à son tour, toujours avec ce même air concentré, mais plus lentement. D’ici, Laura pouvait observer ce qu’elle avait escaladé, elle voyait des lumières s’agiter près du Pensionnat, son coeur battant à tout rompre contre sa poitrine. Ils allaient être repérés... C’était vachement haut, ils étaient exposés et rien ne les protégeait, sinon le noir. De plus, rien ne leur garantissait un atterrissage en douceur de l’autre côté. Il suffisait que l’un d’eux tombe mal et se blesse et ils seraient grillés. Difficile d’expliquer cela à monsieur Nakajima alors qu’ils avaient, normalement, passés la nuit dans leur lit...

Genji arriva jusqu’à elle après un moment qui lui sembla interminable et reprit son souffle pendant deux minutes avant de lui dire qu’ils pouvaient descendre un peu en s’accrochant bien puis se laisser tomber dans les fourrés. C’était pas un peu dangereux ? Enfin, au point où ils en étaient... Un autre cri se fit entendre, plus près celui-là, et décida une nouvelle fois Laura qui entreprit immédiatement la descente du mur. Passant l’autre jambe du côté extérieur du mur, elle chercha une prise en bénissant ses nombreuses fugues, fouilles, et ses points en cours de gymnastique. Petit à petit, ils arrivèrent à descendre et se laissèrent ensuite tomber sur le sol avec un léger cri, elle-même fermant les yeux par réflexes. Et la chute fut très, très dure, mais pas le temps de constater les dégâts, il fallait courir.

Laura n’eut qu’à peine le temps de se relever, Genji lui attrapant la main pour courir vers le village à toute vitesse. Il faisait déjà plus clair que tout à l’heure, non ? Mais non, c’était son imagination, il ne devait pas être trois heures du matin, ils avaient encore le temps avant que monsieur Nakajima ne se lève. Courant sans regarder derrière elle, la collégienne buta parfois sur une pierre ou l’autre, resserrant sa main sur celle de Genji pour ne pas tomber, la peur faisant monter l’adrénaline. Pourquoi la maison était-elle si loin ? En courant, ils arriveraient assez vite au village, oui, mais ils devaient tout traverser pour arriver à la maison et ne pourraient pas courir jusqu’au bout, elle du moins. Ce qui arriva au bout de plusieurs minutes, elle lui réclama de ralentir, qu’elle n’en pouvait plus. Ils continuèrent à marcher très vite, au pas de course, le temps de reprendre un peu son souffle.

Le village était vide, désert, seuls quelques chats sortaient parfois de leur cachette pour traverser la route. Les maisons étaient toutes endormies, aussi noires que le ciel sans qu’aucun bruit ne vienne troubler la nuit bien installée. Laura souffla à Genji qu’ils devaient marcher dans les coins sombres, au cas où un militaire traînait dans le village pour surveiller. Oui, elle était paranoïaque, oui, elle avait peur, mais oui, c’était normal. Heureusement, la traversée du village se fit sans encombre, leurs bruits de pas résonnant fortement contre les pavés sans ameuter personne. Seul un vieux chat blanc les fixa pendant un moment, marchant à côté d’eux, avant de grimper sur une poubelle et de les regarder s’éloigner. La nuit, ce village était terrifiant...

Laura – On y est, souffla-t-elle en levant la main.

Un peu plus loin, la maison de monsieur Nakajima se dessinait, se détachant de l’horizon. Il n’était pas tôt, n’est-ce pas ? Ils avaient encore le temps de rentrer ? S’approchant très doucement, comme des petites souris, ils s’abaissèrent pour ne pas rester exposés à la fenêtre et Laura retint son souffle tandis que Genji approchait sa main de la poignée. C’était le moment, ils allaient savoir s’ils étaient grillés ou non. La porte s’ouvrit enfin... sur un endroit apparemment désert. ils passèrent dans le salon en marchant sur la pointe des pieds, son coeur ratant un battement lorsqu’elle vit l’heure qu’il était. Quatre heures passées, presque trente. Tirant sur la manche de Genji, ils se dépêchèrent de monter dans leur chambre, elle d’abord, lançant un regard à son frère en poussant touuuut doucement la porte. Il dormait à poings fermés. Elle leva le pouce en direction de Genji qui referma la porte, se mettant en pyjama et cachant ses vêtements sous l’oreiller alors qu’elle entendait un cliquetis dans la serrure. Ouf. Ils avaient réussi. Mais tout avait changé...

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