1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Entre adolescents

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MessageSujet: Entre adolescents   Dim 23 Aoû - 23:31

Un léger bruit se fit entendre, comme si quelque chose était tombé au sol... Alexis remua faiblement dans son lit puis sentit tout à coup un petit souffle chaud contre son cou. Il ouvrit un œil puis vit le visage de Lucas, sur l'oreiller tout près du sien, profondément endormi. Comme il le faisait chaque nuit depuis longtemps, à présent. Alexis ramena la couverture sur eux, ignorant l'heure qu'il était, puis referma les yeux. Lucas s'était accroché à lui dans son sommeil, parlant parfois lorsqu'il rêvait. Il se rendormit à moitié, plongé dans un reste de songe étrange lorsqu'il entendit la porte de la chambre s'ouvrir. Il était tard ? Il n'arrivait pas à bouger, les paupières lourdes, comme s'il n'avait pas du tout dormi cette nuit et devait se rattrape maintenant. L'instant d'après, il reconnut la voix de sa prof avec un peu de peine, ouvrant les yeux. Elle ouvrit les rideaux alors qu'il lâchait un gémissement. Il se redressa comme il le put, alors que Lucas s'accrochait toujours à lui, l'air endormi. Allez, on y va ! Alexis lui frotta les cheveux, attendri malgré lui. Redressant la tête, il dit aussi bonjour à la prof. Elle lui répondit avec un air assez attendri, à son tour, ce qui fit un effet bizarre à Alexis.

Il se leva, pendant que Lucas se mettait debout sur le lit puis lui tendait les bras. Tous les matins, il sautait comme ça, Alexis le rattrapait puis le déposait à terre, et il s'habillait. C'était un rituel qui s'était mis en place, assez simplement, pour une très bonne raison. Ce petit garçon avait besoin de reconstruire tous ses repères. Se préparer fut assez long, mais manger les aida à se réveiller, au moins un peu. Le fait qu'ils aillent aujourd'hui chez la directrice et son mari n'était pas non plus fait pour l'enthousiasmer. Avant de partir, Lucas lui prit la main, lançant un regard hésitant à celle de sa sœur puis baissa finalement la tête. Qu'est-ce qu'il... Bon, ne pas s'en mêler, ça ne concernait que sa prof. Il lui tient néanmoins bien la main en sortant, pour qu'il ne coure pas sur la route ou il ne savait quoi. Il y avait beaucoup de voitures, ici ! Le trajet était court et Alexis ne cessa de scruter le ciel avec un air un peu inquiet. Les orages n'allaient pas recommencer, pas vrai ? Il jeta un coup d'œil vers sa prof, pendant que Lucas jouait avec un bâton qu'il avait ramassé au passage dans la rue.

– Il faut quel niveau de puissance pour... ces orages ? Je croyais qu'utiliser un don si fort et si longtemps pouvait vous tuer.

Du moins, c'est qu'il avait entendu en classe... User de votre élément vous prenait plus ou moins d'énergie selon l'action réalisée. Et si vous brûliez trop d'énergie, cela pouvait vous conduire à l'évanouissement ou pire. Donc, ici, il n'osait même pas imaginer la dose phénoménale d'énergie que la directrice avait dû brûler. Il regardait sa prof, à la fois anxieux et fasciné. Elle baissa brièvement la tête vers lui puis grimaça, regardant de nouveau devant elle. Donc ?

– Il faut un très haut niveau mais même avec cela, c'est très dangereux. Ces orages auraient pu la tuer, oui... Ce n'est pas étonnant qu'elle soit à l'hôpital, même si la directrice est très puissante.

Il eut un petit frisson, réfléchissant à ce que ça engendrait. Pourquoi avait-elle fait ça, alors, si elle avait risqué sa vie ? Il ne comprenait pas mais n'était pas sûr de vouloir connaître la réponse, en vérité. Il marcha un moment en silence, alors que Lucas jouait innocemment avec son bout de bois. Dans un sens, mieux valait qu'il reste ainsi encore un long moment, profitant comme il le pouvait de son innocence, malgré le drame qu'il avait vécu. Surtout sachant qu'il allait devoir vivre au pensionnat, avec les militaires à proximité. Alexis retint un soupir, voyant la caserne se détacher à l'horizon, à leur gauche. La directrice était puissante, il le savait, mais il voudrait comprendre sa motivation, là. Si elle aurait pu être tuée, en plus, ça devait être très grave.

– Pourquoi elle l'a fait, alors ? osa-t-il enfin demander au bout de longues minutes.

Elle ne répondit pas tout de suite, ce qui acheva de convaincre Alexis que c'était très grave. Il imaginait déjà les pires horreurs, comme des expériences au pensionnat qui auraient mal tourné et qui auraient engendré des monstres. Elle finit par soupirer et l'imagination d'Alexis s'emballa de plus belle. Monstres, chimères, fantômes, il visualisait à peu près tout et n'importe quoi, à présent.

– Parce que madame de Sora avait enlevé son fils et elle espérait le retrouver de cette manière.

– Son... mais elle peut pas retrouver une personne avec des orages... Comment c'est possible ? Et elle a retrouvé son fils ?

Là, non, il ne voyait vraiment pas comment déclencher un orage pouvait vous aider à retrouver un bébé ! Et la Hyène... La Hyène avait fait ça... Il en était malade. Ils avaient tous eu cette bonne femme comme professeur ! Et elle était capable d'enlever des bébés ?! Sans compter qu'enlever le fils de la directrice, ce n'est pas forcément très malin. Il regarda à nouveau le ciel, sa main serrée sur celle de Lucas, mais il était bleu, paisible, avec des nuages blancs et vaporeux ci et là. Il faisait plutôt chaud, un temps d'été tout à fait ordinaire et calme. Il remarqua avec un temps d'arrêt que la prof avait ralenti, l'imitant donc.

– Oui, elle a retrouvé son fils. C'est... C'est une technique de traque dont on nous parle au lycée, mais fortement déconseillée. Votre ancienne professeure de maths maniait le vent et la directrice manie la foudre, elle a donc senti le vent contrer la foudre en se concentrant.

Sur... Tout un... Pays ? Il en resta bouche bée, avec un gros temps d'arrêt, avant de se reprendre avec peine, s'obligeant à mettre un pied devant l'autre pour avancer. On pouvait donc faire ça... Mais elle... Il frémit de plus belle, tête baissée en marchant, puis la releva avec hésitation.

– Vous pouvez réaliser cette technique aussi, alors, comme vous êtes prof ?

Il essayait d'évaluer quel niveau exact de puissance cela demandait. Combien d'années d'entraînement il fallait, comment devait être le don de base, bref, comment cela pouvait être techniquement réalisable. Tout le monde disait que la directrice était puissante, mais il ne l'avait jamais vraiment vu utiliser ses éléments. Les seuls qui la voyaient régulièrement, c'était les lycéens de son élément.

– Moi... ? Non, c'est bien trop dangereux. Madame de Lizeux a un niveau incroyable, très loin du mien. Je ne fais qu'enseigner.

Il ne rajouta rien, pensif. Il n'avait jamais su qu'on pouvait pousser à ce point un élément, partir dans ce genre de déchaînement de puissance. Il suivit la prof sans rien dire, tirant Lucas avec lui, se rendant à peine compte qu'ils arrivaient dans des rues bien plus chics et riches, avec des dizaines d'hôtels particuliers et leurs parcs en guise de jardins. Le mari de la directrice vint leur ouvrir et Alexis le salua du bout des lèvres. On lui dit ensuite qu'ils pouvaient aller avec les enfants, lui et Lucas. Il eut un temps d'arrêt, sourcils froncés. Quels enfants ? Il passa avec lenteur dans un autre salon, au bout du couloir, puis vit, bouche bée, Laura et son grand frère, ici, dans la maison de la directrice ! Dans sa maison ! Chez elle ! Chez la femme qui pouvait déclencher des orages sur un pays entier ! Ouh ouh ! Ils étaient chez elle ! Bien tranquillement comme ça ! Il les fixa bêtement sans bouger, complètement choqué, si pris de court qu'il n'aurait pas été plus surpris si un éléphant avait surgi dans la pièce pour danser des claquettes.

– Qu'est-ce que vous faites là ? balbutia-t-il pendant que Lucas s'accrochait à son bras. Vous êtes de la famille au prof de sciences ?

Il sursauta lorsque Laura cria son prénom, retenant de justesse un mouvement de recul. Désolé, il était un tout petit peu sur les nerfs, ces derniers temps. Il répondit à son sourire avec un gros temps de retard, à moitié sonné. A part l'explication "neveux ou parents éloignés de Cyprien Redfire", il ne voyait aucune explication logique.

– C'est une très longue histoire, on est là depuis quelques jours seulement pour heu... A cause de nos parents. Mais toi, qu'est-ce que tu fais avec la prof d'élément ? Oooh, c'est ton petit frère ?

Il la regarda, baissa la tête sur Lucas, puis regarda à nouveau Laura et son frère, perdu. Bon, une chose à la fois, une chose à la fois, une chose à la fois. Il se frotta les yeux, retenant un soupir fatigué, puis fit un petit signe de sa main libre vers Lucas, qui fixait Laura avec de grands yeux brillants.

– C'est le petit frère de ma prof, il s'appelle Lucas. Pour le reste, heu... On m'a obligé à passer le mois de juillet chez elle car ils avaient peur que je... Enfin, peu importe. Problèmes de parents aussi.

Il grimaça à la fin de sa phrase, mal à l'aise. Il ne pouvait quand même pas lui dire platement "La prof croyait que j'allais me suicider", surtout devant Lucas ! Il était encore très fragile donc pas de conneries, si c'était possible. Il l'incita doucement à bouger, il pouvait se détacher de lui sans risque, surtout avec Laura et Jasper. Mais il n'avait pas l'air encore prêt. Bon, tant pis, il lui fallait sûrement un temps d'adaptation. Il aurait peut-être voulu rester d'abord avec sa grande sœur, non ? Le petit fit tout à coup un mouvement puis fila de la pièce, allant sans doute explorer la maison. Il reporta le regard sur Laura au moment où elle lui jetait un regard soupçonneux, en fronçant les sourcils. Bah quoi, qu'est-ce qu'il avait dit, cette fois ? C'était la vérité ! C'était bien à cause de sa famille que ses profs avaient eu peur qu'il ne cède à la tentation et ne pas passe vraiment l'arme à gauche. Oui, il avait voulu le faire, oui, il avait déjà essayé, mais il s'était raté.

– Mais tout va bien ? C'est pas... bizarre ? Je ne savais pas que tu étais ici, mais on pourra se voir plus souvent si tu veux.

– Ça va, répondit-il assez vite en s'asseyant à son tour dans un fauteuil. Et c'est... Ça passe. Normalement, c'est ici que j'aurai dû venir après, mais vu les circonstances, je suis resté chez ma prof. Mais ça va bien. Et vous ?

Comment changer de sujet de façon toute pourrie, c'était fait. Mais il n'avait pas envie de trop s'étaler sur le sujet. Il serrait un accoudoir du bout des doigts pour se détendre, repensant à ce que lui avait dit la prof sur la fameuse technique de traque. Et il était censé passer août ici... ? Bon sang. Il surprit Laura échanger un regard avec son frère et fronça légèrement les sourcils. Il avait dit une connerie, c'est ça ? Ou réagi d'une façon qu'il n'aurait pas dû ?

– Tu es sûr que ça va ? Un conseil, quand on veut faire croire que tout va bien, il ne faut pas le répéter deux fois dans la même phrase.

– M'en souviendrai, marmonna-t-il. Je n'ai rien, juste un problème de famille, comme vous...

Alors, s'il récapitulait... Un père ivrogne travaillant comme ouvrier et qui frappait sa femme lorsqu'il avait trop bu. Une mère illettrée qui buvait aussi et qui ne savait rien faire de ses dix doigts. Un grand frère délinquant, voleur et violent, qui avait fini dans une prison Parisienne après un cambriolage raté et dont la peine augmentait à chaque fois qu'il essayait de tuer un des gardiens de ladite prison. Une petite sœur dont leurs parents avaient tout simplement voulu se débarrasser car ils n'en avaient pas envie et qui avait atterri dans un orphelinat glauque où elle n'était pas adoptable, car malgré l'abandon, ses parents conservaient leurs droits sur elle. Puis lui qui avait relâché son don plein de fois sans qu'il ne daigne se retourner contre lui. Charmante famille. Il eut la gorge un peu sèche, tout à coup, évitant le regard de Laura. Elle se leva tout à coup puis vint s'asseoir sur l'accoudoir en le tenant par le bras. Il ouvrit la bouche, choqué.

– Les nôtres vont s'arranger. Si ça ne va pas, tu peux le dire, tu sais ? On ne va pas te juger.

Il la fixa bêtement pendant un long moment, la bouche entrouverte, sous le choc. Il, elle, heu... Il cligna des yeux puis rebaissa la tête, cherchant quoi dire pour la convaincre. Que pouvait-il dire ? "Merci, j'y penserai", il n'était pas certain que ça suffise. Il réfléchit à tout de vitesse pour trouver un truc qui ne soit pas idiot, séchant complètement. Il n'était pas habitué, d'habitude, personne ne lui demandait jamais rien. Jusqu'au jour où sa prof l'avait grillé.

– Ça s'arrangera aussi, finit-il par dire dans un murmure en relevant la tête. Tout pourra très bien s'arranger, c'est juste moi qui ne... Je dois réussir à faire certaines choses et ça ira mieux. Désolé, faut juste le temps de se détendre un peu. C'est pas hyper facile quand tu es chez un prof.

Tactique d'esquive plutôt bien réussie, cette fois. Là encore, il ne mentait pas, lorsqu'il réussira à comprendre pourquoi son don ne se retournait pas contre lui lorsqu'il le relâchait entièrement, cela ira tout de suite mieux. Beaucoup mieux, même, puisqu'il n'aura techniquement plus aucun problème du tout. Il devait juste comprendre ce qui clochait, pourquoi son élément ne lui avait jamais rien fait sinon une balafre à la jambe.

– Tu en es sûr, hein ? On sait garder les secrets, Jaz et moi, tu peux nous faire confiance. Je dis ça parce qu'au cours de SVT, l'autre fois, tu avais vraiment l'air de ne pas aller bien et je n'ai pas pu t'aider comme le prof était là...

Il haussa vaguement les épaules, préférant ne pas se rappeler de cet épisode.

– Oui, je suis sûr. Puis je m'occupe, donc ça ne peut pas aller trop mal. De toute façon, on a de quoi être sur les nerfs. Ces derniers jours, c'était perturbant, je pouvais ressentir les orages tout le temps, à cause de mon don, et c'est terrifiant. Ma prof a expliqué qu'utiliser un don aussi fort si longtemps à ce niveau aurait pu tuer la directrice. C'est une technique très dangereuse, apparemment. On voit ça dans les cours de foudre du lycée.

Au moins, lorsqu'il y arrivera, il saura que la directrice savait très précisément de quoi elle parlait, en leur expliquant cette technique.

– Vous faites quoi, ici ? Vous êtes en vacances ou c'est pour vous protéger ?
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Entre adolescents   Mer 2 Sep - 14:27

Laura était blottie dans un canapé, pas loin de Jasper qui regardait la télévision pendant qu’elle était plongée dans son livre. Monsieur Redfire leur avait dit que madame Dumoulin allait venir aujourd’hui avec des enfants, qu’il souhaitait discuter avec elle, et ils s’étaient donc installés un peu plus loin pour les laisser tranquilles. Il avait l’air moins bien, moins joyeux depuis quelques jours, mais ce n’était pas leurs affaires. Son frère et elle essayaient de rester discrets, de ne pas les ennuyer… Du moins, elle, parce qu’elle savait qu’ils étaient ici uniquement par sa faute. Sans cette peur d’être séparée de Jasper, elle serait retournée avec sa mère et aurait terminé ses études avec elle avant de retrouver son frère plus tard. Mais ici, le penser suffisait à la rendre triste et désespérée. Et pourtant, elle faisait un effort ! Laura prenait sur elle et essayait de ne pas être trop collante, se faisait la plus discrète possible, quitte à taire ses envies de bêtises ou autres à certains moments. Au moins, elle aidait son frère à sa manière, à défaut de pouvoir surmonter sa peur…

Alexis – Qu'est-ce que vous faites là ? balbutia-t-il pendant que Lucas s'accrochait à son bras. Vous êtes de la famille au prof de sciences ?

Laura tourna la tête vers Alexis, n’en croyant pas ses yeux, et hurla aussitôt son prénom avec un grand sourire en se relevant. Jamais elle n’aurait cru le voir ici, à Paris ! En plus, c’était pas la prof de l’élément foudre qui venait aujourd’hui ? Monsieur Redfire leur avait dit qu’ils pourraient jouer avec des enfants mais elle était loin, très loin d’imaginer qu’Alexis ferait partie de « ces enfants »… Elle vint à sa rencontre avec Jasper, remarquant qu’il avait eu un léger mouvement de recul et un temps de retard pour répondre à son sourire. C’était pas si choquant que ça qu’ils soient ici ! Pourquoi tirait-il cette tête ? Ah, mais une minute… Leur lien avec la directrice avait été caché depuis le début. D’accord, là oui, elle pouvait comprendre le choc. Mais pas envie d’en parler, surtout pas maintenant. Alexis était là, ils devaient en profiter !

Laura – C'est une très longue histoire, on est là depuis quelques jours seulement pour heu... A cause de nos parents. Mais toi, qu'est-ce que tu fais avec la prof d'élément ? Oooh, c'est ton petit frère ?

Ce n’est que maintenant que Laura aperçut le petit garçon, un peu plus petit qu’elle, qui s’accrochait à Alexis. Il était adorable ! Mais elle ignorait qu’il avait un frère… Ils ne se côtoyaient pas très souvent en dehors des cours, ne parlaient pas beaucoup ensemble, pas plus que deux amis, mais il ne lui avait jamais dit avoir un frère. Il était mignon, avec des yeux très bleus ! Et un petit air triste qui lui donnait envie de le serrer dans ses bras et de le rassurer. Il n’avait pas à avoir peur, eux ne lui feraient aucun mal ! Le petit la regardait avec des yeux brillants sans lâcher Alexis alors qu’elle-même le dévorait des yeux, s’étant légèrement penchée avec un grand sourire.

Alexis – C'est le petit frère de ma prof, il s'appelle Lucas. Pour le reste, heu... On m'a obligé à passer le mois de juillet chez elle car ils avaient peur que je... Enfin, peu importe. Problèmes de parents aussi.

Problèmes de parents… Peut-être eux-mêmes n’étaient-ils pas au top de la forme, mais Alexis non plus. Elle avait remarqué le ton de sa voix et vu la grimace, l’air mal à l’aise qu’il avait. Que s’était-il passé ? Il allait bien, n’est-ce pas ? Laura lança un regard à son frère au moment où son ami essayait de se détacher de Lucas. Qui ne semblait pas très coopératif, d’ailleurs. Le frère de la prof d’élément… Mais pourquoi l’avaient-ils envoyé chez elle ? De quoi avaient-ils peur ? « Ils avaient peur que je… » quoi ? Puis, obliger un élève à passer les vacances chez un professeur n’était pas une mesure habituelle, il s’était forcément passé quelque chose, quoi qu’il dise. Mais elle ne pouvait pas parler devant ce petit bout, elle ne voulait pas mettre Alexis encore plus mal à l’aise et savait qu’il se servirait de Lucas pour ne pas parler.

Au même instant, ce dernier fila vers le reste de la maison, faisant brièvement sourire Laura. Il était mignon, elle était fan, définitivement. Et ses yeux… Mais hum, bref, Alexis, donc. Elle retourna s’installer dans un des fauteuils, Jasper suivant, et lança un regard soupçonneux à son ami en fronçant les sourcils. Elle savait qu’il n’était pas bien, il pouvait le lui dire ! Au cours de SVT, déjà, elle avait vu qu’il avait les larmes aux yeux lorsqu’ils avaient parlé de l’école, de ce qui s’y passait… Il y avait forcément quelque chose. En plus, s’il n’allait pas bien, ils pouvaient en profiter ! Laura et Jasper étaient ici pour un moment encore, sûrement, alors ils pourraient se voir pour sortir un peu.

Laura – Mais tout va bien ? C'est pas... bizarre ? Je ne savais pas que tu étais ici, mais on pourra se voir plus souvent si tu veux.

Alexis – Ça va, répondit-il assez vite en s'asseyant à son tour dans un fauteuil. Et c'est... Ça passe. Normalement, c'est ici que j'aurai dû venir après, mais vu les circonstances, je suis resté chez ma prof. Mais ça va bien. Et vous ?

Plus de doute, cette fois, Alexis n’était pas bien. Laura échangea un regard avec Jasper, voulant surtout voir si lui aussi pensait la même chose qu’elle. Il était le premier à repérer quand elle n’était pas bien, avec Antoine et sa meilleure amie, et d’après ce qu’elle avait retenu, la première chose qui la grillait était lorsqu’elle se répétait. En plus de son côté silencieux et de son manque d’énergie… Mais elle ne savait rien d’autre, ils avaient refusé de le lui dire. Donc, ici, non, Alexis ne disait pas la vérité. Et elle ne voulait pas le laisser tomber comme elle avait dû le faire à cause de monsieur Redfire, en cours.

Laura – Tu es sûr que ça va ? Un conseil, quand on veut faire croire que tout va bien, il ne faut pas le répéter deux fois dans la même phrase.

Alexis – M'en souviendrai, marmonna-t-il. Je n'ai rien, juste un problème de famille, comme vous...

Et il se tut, évitant son regard sans rien ajouter de plus. Eux supportaient, les choses allaient s’arranger et ils étaient à eux. Lui, apparemment, était tout seul. C’était sûrement pour cette raison qu’ils l’avaient envoyé chez une prof, parce qu’ils ne voulaient pas l’abandonner et risquer… Mais non, il ne ferait jamais une telle chose. Ou alors, c’était justement parce qu’Alexis avait déjà essayé qu’ils voulaient le garder à l’œil… ? Laura blêmit légèrement et se leva pour aller s’asseoir sur l’accoudoir du fauteuil dans lequel s’était assis son ami. Elle passa son bras sous le sien pour le lui attraper, voulant qu’il parle, voulant le rassurer et sachant que la distance influençait fortement l’envie de mentir. Il était son ami, elle n’allait pas le laisser tomber non plus ! En plus, s’il avait de telles idées, c’est qu’il devait être affreusement seul. Laura n’osait même pas imaginer ce que dirait Jasper, ou encore Antoine, si elle osait penser à cela. Déjà que son frère faisait une crise lorsqu’elle se blessait…

Laura – Les nôtres vont s'arranger. Si ça ne va pas, tu peux le dire, tu sais ? On ne va pas te juger.

Alexis ne répondit rien, la fixant pendant un moment, la bouche ouverte, toujours sans répondre. Donc ? Oui, c’était de la triche, oui, il devait sans doute s’attendre à ce qu’elle n’insiste pas et à ce qu’elle reste bien sagement dans son coin sans rien dire. Mais pour qu’il pense une telle chose, il ne devait pas avoir eu beaucoup de soutien dans sa vie et cela ne la poussait que plus à l’aider. Ils se connaissaient depuis bientôt quatre ans, il était son ami ! Les militaires avaient déjà causé la mort de nombreux élèves, plus que maintenant, ils devaient tous se serrer les coudes et se soutenir. Laura attendit donc sans rien dire, le regardant, bien décidée à lui faire comprendre qu’ils étaient là, eux aussi.

Alexis – Ça s'arrangera aussi, finit-il par dire dans un murmure en relevant la tête. Tout pourra très bien s'arranger, c'est juste moi qui ne... Je dois réussir à faire certaines choses et ça ira mieux. Désolé, faut juste le temps de se détendre un peu. C'est pas hyper facile quand tu es chez un prof.

Laura – Tu en es sûr, hein ? On sait garder les secrets, Jaz et moi, tu peux nous faire confiance. Je dis ça parce qu'au cours de SVT, l'autre fois, tu avais vraiment l'air de ne pas aller bien et je n'ai pas pu t'aider comme le prof était là...

Alexis haussa vaguement les épaules, comme si cela ne signifiait rien ou n’avait aucune importance. Mais si, c’était important ! S’il avait besoin de parler, s’il n’allait pas bien, il pouvait compter sur eux. Ou au moins sur elle, parce qu’elle ne savait pas trop si Jasper le connaissait vraiment comme ils ne devaient pas avoir de cours en commun. Oh, tous les élèves se connaissaient, au moins de vue, mais certains avaient plus d’affinités avec telle ou telle personne que d’autres et c’était normal. Cependant, elle ne pouvait pas le harceler maintenant, en face de son frère, surtout s'ils ne partageaient pas plus de choses que cela. Elle devait attendre, patienter puis profiter d'un moment dès qu'elle en aurait l'occasion.

Alexis – Oui, je suis sûr. Puis je m'occupe, donc ça ne peut pas aller trop mal. De toute façon, on a de quoi être sur les nerfs. Ces derniers jours, c'était perturbant, je pouvais ressentir les orages tout le temps, à cause de mon don, et c'est terrifiant. Ma prof a expliqué qu'utiliser un don aussi fort si longtemps à ce niveau aurait pu tuer la directrice. C'est une technique très dangereuse, apparemment. On voit ça dans les cours de foudre du lycée.

Ce que… Ce qu’elle avait fait aurait pu la tuer ? Laura devint toute pâle en lançant un regard plus qu’inquiet à son frère, puis vers la fenêtre. La directrice aurait pu mourir et elle avait continué, elle avait tenu et s’en sortait « seulement » avec quelques jours d’hôpital… Elle se mordit les lèvres, guettant les réactions de Jasper qui ne disait rien. Ce n’était peut-être pas une bonne idée de venir ici, de leur demander d’être leurs tuteurs. Elle voyait bien qu’il était moins bien, plus le jour de la plainte approchait, moins il semblait de bonne humeur, plus irritable, plus malade. La collégienne avait ressenti l’élément eau dans cet orage, de temps à autre, ce qui expliquait peut-être l’état de son frère. Mais il en faisait beaucoup…

Alexis – Vous faites quoi, ici ? Vous êtes en vacances ou c'est pour vous protéger ?

Laura se mordit les lèvres, allant se réinstaller près de Jasper avant d’expliquer en quelques mots ce qui se passait. S’ils devaient vivre avec monsieur Redfire et la directrice, ils devaient se préparer à ce genre de questions. Alors… Autant commencer à s’entraîner pour expliquer, non ? Dans leurs amis, seul Antoine était au courant. Et les autres finiraient bien par remarquer qu’ils ne tiraient pas la même tête en rentrant au Pensionnat, que quelque chose avait changé, surtout si leur père était toujours là-bas. Laura prit une petite inspiration, regardant ensuite Alexis.

Laura – En quelques sortes, oui, c’est pour nous protéger…, commença-t-elle en essayant de sourire. Ils… La directrice et monsieur Redfire vont devenir nos tuteurs. Donc, on… On va devoir rester avec eux plus souvent que vous, et oui, ça fera très bizarre. On avait déjà l’habitude avec la directrice, mais pas avec monsieur Redfire. On est… On est déjà venus ici plusieurs fois, cette année. Quand la directrice s’est fait agresser par le médecin fou, là, avec lequel elle a fait un scandale dans le réfectoire… On est revenus avec elle.

Elle fit une pause, se doutant qu’Alexis allait être choqué par ses paroles. Elle n’avait pas peur de la directrice et savait qu’ils étaient mieux protégés ici que partout ailleurs, mais pour son frère… Alexis lui-même ne semblait pas franchement rassuré, il suffisait d’entendre ce qu’il avait dit à propos des orages. Si cela le perturbait, c’était une preuve montrant qu’il n’était pas à l’aise. Pourtant, la directrice n’était pas terrifiante ! Un peu colérique, certes, mais tant qu’on ne la cherchait pas et ne l’énervait pas, on ne risquait rien. Même si sa puissance, elle, était effrayante…

Laura – Enfin, de toute façon, elle n’est pas très souvent ici, elle travaille beaucoup. Elle restait pour son fils et pour décrocher le téléphone, avant, mais elle semblait… être dans un état second. Moi, j’ai trouvé ça effrayant. Elle restait assise près du téléphone à s’occuper d’Aurore, ne la relâchant qu’à de rares occasions. Mais ils sont comme à l’école, le même caractère, les mêmes façons de parler…

Laura ignorait si tous les professeurs agissaient de la même manière dans l’école et en dehors, mais ici, ils devaient bien admettre qu’ils n’étaient pas trop dépaysés. Cette maison était bien plus accueillante que celle de leurs parents et ils avaient toujours trouvé un refuge ici, comme au Pensionnat. N’importe quel endroit autre que chez eux était meilleur, et de loin. C’était bientôt fini, ils allaient pouvoir dire adieu à leur père, Jasper n’aurait plus à supporter ces coups, n’aurait plus à les cacher, n’aurait plus rien à endurer pour qu’elle-même ne souffre pas. Si elle avait pu, elle aurait porté plainte à sa place, et il le savait. Mais ici… Ils devaient se concentrer sur tout ce qui pouvait les séparer de leurs parents et leur permettre de rester ensemble, être ensemble pour se préparer à la rentrée. Oh, d’ailleurs !

Laura – Oh, et il y a aussi du nouveau ! Tu te souviens de monsieur de la Valière ? Un grand homme roux, mais on ne l’a jamais eu en cours, nous. Celui qui avait aidé la directrice à la conférence. Il va donner les cours de maths ! Il est arrivé le même soir que nous et a dit qu’il s’était engagé dans l’armée, qu’il avait aussi demandé pour remplacer la Hyène. Ca nous fera toujours un soutien de plus, il paraît que l’armée a changé pas mal de choses dans l’école… On ne sait pas quoi, mais on va être perdus en rentrant.

Laura marqua une pause, forcée d’admettre qu’elle avait peur de rentrer et de découvrir tout ce qui avait changé en l’espace de deux mois. Ils ne savaient rien en dehors de certains éléments qu’ils avaient pu entendre, même s’ils ne le devaient pas. La directrice était surtout restée près du téléphone pour répondre au cas où ils avaient des nouvelles de Julien mais depuis, elle était à l’hôpital et ils n’avaient rien appris de plus depuis le coup de téléphone reçu le jour de leur arrivée… La collégienne redressa la tête vers Alexis, lui lançant un regard plein d’espoir. Lui devait savoir des choses, il vivait avec une prof aussi !

Laura – Tu ne sais rien, toi, avec ta prof ? Tu n’as rien pu apprendre de ton côté ? Elle est bien avec nous, non, puisqu’elle vient voir monsieur Redfire ?

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MessageSujet: Re: Entre adolescents   Sam 5 Sep - 22:27

Laura eut l'air mal à l'aise à son tour en allant s'asseoir près de son frère de nouveau. Et bien il fallait croire que c'était la nouvelle mode, cet été, les problèmes familiaux et les excursions forcées chez leurs professeurs. Comme si c'était indispensable... Avec ça, il n'y avait rien de plus gênant ! Le premier repas qu'il avait pris avec madame Dumoulin, ils avaient eu une "conversation" très rigide, froide, gênée, douloureuse sans doute, bizarre, bref, on ne pouvait rêver mieux. Et il n'osait imaginer ce que ça donnait chez la directrice. Bon, monsieur Redfire était très sympa, ça d'accord, mais la directrice, quoi ! Elle le terrorisait, encore plus quand il savait qu'il l'aura en cours en année de seconde. Il croisa les bras en s'enfonçant dans le fauteuil, toujours pas rassuré d'être chez elle. Tu parles de vacances...

– En quelques sortes, oui, c’est pour nous protéger…, commença-t-elle en essayant de sourire. Ils… La directrice et monsieur Redfire vont devenir nos tuteurs. Donc, on… On va devoir rester avec eux plus souvent que vous, et oui, ça fera très bizarre. On avait déjà l’habitude avec la directrice, mais pas avec monsieur Redfire. On est… On est déjà venus ici plusieurs fois, cette année. Quand la directrice s’est fait agresser par le médecin fou, là, avec lequel elle a fait un scandale dans le réfectoire… On est revenus avec elle.

Il fronça légèrement les sourcils, plus que surpris d'entendre qu'ils étaient déjà venus, plusieurs fois, ce qui sous-entendait qu'elle avait dû les protéger plusieurs fois, chez elle même, donc que c'était grave. C'est bien ça ? Il cligna des yeux, essayant de tout remettre dans l'ordre. Ils avaient donc un lien, familial ou autre, avec la directrice. Elle et son mari allaient être leurs tuteurs, donc la justice avait dû les retirer à leur famille légitime. Et ils étaient revenus avec elle après l'Auvergne ? Mais pourquoi ? Il ne comprenait pas, dans quels ennuis s'étaient-ils fourrés, tous les deux ? Il savait que Jasper avait déjà eu bien des problèmes avec l'armée, cette année, mais d'après ce qu'il avait suivit, pas Laura... Il sentit un mal de crâne sérieux commencer à pointer, tandis qu'il essayait de reconstitue le schéma. Il essayait toujours de ne rien savoir de plus que ce qu'il ne devait, sur tout le monde, d'habitude. D'abord car il jugeait que c'était mal et idiot de fouiner sur l'existence des autres, amis ou pas, et aussi car il détestait qu'on vienne fouiner dans sa propre vie.

– Enfin, de toute façon, elle n’est pas très souvent ici, elle travaille beaucoup. Elle restait pour son fils et pour décrocher le téléphone, avant, mais elle semblait… être dans un état second. Moi, j’ai trouvé ça effrayant. Elle restait assise près du téléphone à s’occuper d’Aurore, ne la relâchant qu’à de rares occasions. Mais ils sont comme à l’école, le même caractère, les mêmes façons de parler…

Un état second, il s'en doutait bien... Alexis avait eu assez de cours théoriques sur la foudre, maintenant, pour imaginer que ça donnait quand on utilisait ce genre de technique. Et même sans cela, il avait pu sentir le pouvoir utilisé. Il était effrayé en réalisant la concentration qu'elle avait dû déployer pour maintenir son pouvoir sur une telle distance et si longtemps. Il avait lu, dans des traités portant sur la foudre, que porter un élément à ce niveau obligeait le porteur à se détacher de presque tout, dans un état de conscience second qui pouvait être très dangereux, certains en avaient perdu la raison. Alexis grignota l'ongle de son pouce droit avec nervosité, frissonnant. Combien de personnes en France maîtrisaient leurs éléments à ce point ? La prof n'avait de cesse de leur répéter, en cours, que la foudre était dangereuse, qu'ils devaient être prudents, faire le plus attention possible à eux et leurs camarades et ainsi de suite. Et à côté de ça, la directrice menait une attaque qui aurait pu lui coûter la raison puis sa vie. C'était effrayant. Il reporta le regard sur Laura, qui avait pris un air plus joyeux d'un coup. Il avait manqué quelque chose ?

– Oh, et il y a aussi du nouveau ! Tu te souviens de monsieur de la Valière ? Un grand homme roux, mais on ne l’a jamais eu en cours, nous. Celui qui avait aidé la directrice à la conférence. Il va donner les cours de maths ! Il est arrivé le même soir que nous et a dit qu’il s’était engagé dans l’armée, qu’il avait aussi demandé pour remplacer la Hyène. Ça nous fera toujours un soutien de plus, il paraît que l’armée a changé pas mal de choses dans l’école… On ne sait pas quoi, mais on va être perdus en rentrant.

Qui ça ? Alexis fouilla dans ses souvenirs mais il n'avait pas pu voir la conférence à la télé et avait toujours eu la sale Hyène comme prof. Et il était de leur côté ? Il eut un minuscule sourire, un peu rasséréné par la nouvelle. Que l'école change, ça, il s'en doutait depuis longtemps, elle avait déjà été modifiée pendant les deux semaines de vacances, après l'Auvergne. Alors en deux mois, il faudrait être naïf pour croire que rien n'aura bougé. Pour lui, il était clair que ce sera définitivement devenu une école militaire. Que pourrait-il se passer d'autre, avec tout ce que l'armée préparait depuis des mois ? Il se mordit un peu plus fort l'ongle, le regard brûlant. Il en avait marre. Marre de se laisser faire, marre de voir ce qui arrivait sans rien pouvoir faire ! Oscar... Il était mort... Mort pour on ne savait quelle raison, ni même dans quelles circonstances. Alexis était convaincu qu'il avait dû souffrir le martyr. Il avait quatorze ans ! Et Emilie ? Qui songeait encore à elle aujourd'hui ? Qui prenait la peine d'aller déposer des fleurs sur sa tombe ? Et les autres élèves qui y étaient restés ? Qui pensait encore à eux ?

– Tu ne sais rien, toi, avec ta prof ? Tu n’as rien pu apprendre de ton côté ? Elle est bien avec nous, non, puisqu’elle vient voir monsieur Redfire ?

– Je suppose qu'elle est de notre côté, répondit-il en haussant les épaules. Je n'en sais rien, en fait, je ne l'ai jamais rien vu faire de concret, ni même entendu une seule rumeur, donc je ne suis pas sûr. Tout ce qu'elle a fait, c'est contribuer malgré elle à faire virer la Hyène.

Ils ne savaient presque rien des manœuvres réelles, de tout ce qui se tramait dans l'ombre, finalement. Ce que l'armée voulait, pourquoi le pensionnat était devenu un élément central de leur plan, pourquoi la directrice se battait aussi fort, pourquoi la plupart de leurs profs étaient aussi lâches, pourquoi des enfants devaient mourir, à quoi tout cela allait servir au final. Il arrêta de se ronger l'ongle, serrant ses mains contre lui, dans un geste assez nerveux.

– Je n'ai rien appris en rapport avec l'école et la prof a d'autres soucis en ce moment. J'essaye de la croiser le moins possible, je ne veux pas être mêlé à tout ça, c'est déjà assez pénible d'être chez elle comme ça. Pas besoin de me mêler à sa vie non plus. Elle n'a jamais parlé du pensionnat, pas une fois. Mais tout le monde se doute que ça devenir une école militaire, c'est assez gros et prévisible.

Il avait parlé d'un ton amer, baissant la tête sur ses mains, posées sur ses genoux. Il tourna les paumes de ses mains vers lui, pensif, puis les referma, poings serrés. Il ne comprenait pas assez la foudre pour savoir ce qui clochait, pourquoi son élément ne le tuait pas. Peut-être que les cours de cette année l'aideront ? Il l'espérait. Poser la question directement était inutile, si la prof avait déjà peur qu'il se suicide. Il se redressa, regardant à nouveau le frère et la sœur.

– On va parler de l'école encore longtemps ? Je ne veux pas paraître pessimiste, mais ce n'est pas ici avec nos petites mains qu'on va réussir à faire beaucoup de choses. Je ne sais pas si on la droit de sortir, mais on pourrait explorer les lieux, s'amuser, ou je ne sais pas. Ou même jouer avec nos dons, en faisant gaffe. Non ?
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Entre adolescents   Lun 21 Sep - 17:50

Alexis – Je suppose qu'elle est de notre côté, répondit-il en haussant les épaules. Je n'en sais rien, en fait, je ne l'ai jamais rien vu faire de concret, ni même entendu une seule rumeur, donc je ne suis pas sûr. Tout ce qu'elle a fait, c'est contribuer malgré elle à faire virer la Hyène.

Laura fit la moue en regardant Alexis, pensive. Elle ne savait pas si « ne rien voir de concret » était vraiment un critère pour juger si une personne était du même côté qu’eux ou non. Monsieur Nakajima lui avait déjà dit qu’agir dans l’ombre était possible, qu’elle-même pouvait aider sans se faire voir, que la clef était de rester discret pour avoir l’avantage face aux militaires. Donc, justement, peut-être que cela montrait qu’elle était de leur côté mais qu’elle agissait intelligemment. D’un autre côté, l’infirmier et leur professeur agissaient concrètement sans foncer dans le mur pour autant en se faisant prendre. Ils étaient toujours debout, non ? Peut-être avec quelques ennuis, d’accord, elle devait bien l’admettre, mais ils tenaient bon. Raaaaah, c’était énervant de ne pas savoir à qui se fier ! Alexis ne devait pas être plus rassuré qu’eux non plus, il avait l’air nerveux et même son attitude en témoignait. Laura poussa un soupir, s’enfonçant dans son siège, l’air dépité.

Alexis – Je n'ai rien appris en rapport avec l'école et la prof a d'autres soucis en ce moment. J'essaye de la croiser le moins possible, je ne veux pas être mêlé à tout ça, c'est déjà assez pénible d'être chez elle comme ça. Pas besoin de me mêler à sa vie non plus. Elle n'a jamais parlé du pensionnat, pas une fois. Mais tout le monde se doute que ça devenir une école militaire, c'est assez gros et prévisible.

L’adolescente hocha la tête, se mordant les lèvres en entendant le ton de la voix d’Alexis. Elle savait aussi que l’école allait devenir militaire, elle l’avait compris lorsque la directrice avait retrouvé son fils juste après avoir reçu un coup de téléphone. Et ces fameux « nouveaux élèves » ne la rassuraient pas, ils n’en savaient pas plus pour l’instant mais cela l’inquiétait. En fait, tout l’inquiétait. Plus que jamais, Laura avait l’impression que la vie au Pensionnat serait pire que celle qu’ils avaient connue jusqu’alors, son frère et elle. Et cette pensée la terrorisait... L’école était leur refuge, leur vraie maison, et même là-bas, ils ne seraient plus en sécurité. Quant à vivre chez la directrice, oui, il y avait la sécurité... Mais la collégienne avait des doutes depuis que le futur prof de maths était revenu. Il avait l’air d’être comme la directrice et il était son sauveur, Jasper le lui avait dit. S’il revenait, monsieur Redfire ne risquait pas d’avoir des problèmes ? Dans ce cas-là, où iraient-ils... ?

Ils étaient impuissants. Complètement impuissants. Laura aurait voulu rassurer Alexis, surtout en le voyant dans cet état, mais c’était impossible. Elle-même n’était pas rassurée et savait que ni son frère, ni Antoine ne pourraient la rassurer... Tout était en marche depuis bien trop longtemps, les professeurs n’avaient jamais rien fait et d’ici le mois de septembre, ce serait trop tard. Est-ce que monsieur Nakajima avait pensé à cela lorsqu’il lui avait dit de s’entraîner pendant l’été ? Ou n’avait-il pas pris l’évolution de l’école en considération, ce qui l’empêcherait donc d’agir à son tour à la rentrée ? Elle lança un bref regard à son frère sans rien dire, réfléchissant. Lui non plus n’avait rien dit... Et pourtant, il savait des choses. Il avait avancé avec Antoine mais n’avait toujours rien dit. C’était décidé. Qu’il soit d’accord ou non, elle agirait, et mieux, à partir de la rentrée.

Alexis – On va parler de l'école encore longtemps ? Je ne veux pas paraître pessimiste, mais ce n'est pas ici avec nos petites mains qu'on va réussir à faire beaucoup de choses. Je ne sais pas si on la droit de sortir, mais on pourrait explorer les lieux, s'amuser, ou je ne sais pas. Ou même jouer avec nos dons, en faisant gaffe. Non ?

Laura – Peux pas, dit-elle en faisant non de la tête. Je manie l’eau, toi la foudre, c’est beaucoup trop dangereux. Ce qu’on peut faire, heu...

Laura fit une nouvelle moue en réfléchissant bien plus que d’habitude dans ce genre de situation. Jouer simplement ne faisait plus partie de leur quotidien, à son frère et elle, depuis qu’ils étaient arrivés ici. Ils passaient le temps, oui mais entre les démarches administratifs et le mauvais temps, autant dire qu’ils n’avaient pas pu faire grand-chose. En plus de cela, Jasper était plus grognon, de mauvaise humeur, voire incroyablement insupportable parfois. Elle savait que c’était à cause de son don, qu’il devait être fatigué et tendu, mais elle espérait sincèrement que cela allait lui passer très vite. Heureusement, ils ne se disputaient pas... Pas comme les histoires que Laura avait déjà entendues de la part de ses amies. La situation les poussait sans doute à s’empêcher de hurler l’un sur l’autre par peur de provoquer une crise de larmes... En tout cas, c’était le cas de son côté. Lorsqu’elle en avait marre, elle sortait simplement prendre l’air pour ne pas perdre le contrôle. Côtoyer Antoine l’avait bien aidée de ce côté-là, au moins. Même s’il la sermonnerait pour tout garder comme cela sans rien dire. Oh... Mais oui !

Laura – Je sais ! On pourrait aller faire un tour à vélo, qu’est-ce que vous en dites ? Prendre l’air va nous aérer, on a encore trois bonnes heures avant le déjeuner, ça nous laisse largement le temps de faire une petite balade et de nous changer les idées. J’ai vu des vélos dans le garage, derrière la maison, l’autre jour, on peut les prendre sans problème je pense.

Laura attendit l’avis d’Alexis et de son frère puis fila trouver monsieur Redfire pour le prévenir, comme à chaque fois, en disant qu’ils allaient se promener. Une fois fait, elle guida son ami vers le garage avec Jasper et ils prirent, chacun, un vélo en testant la taille et la solidité. Pour elle, il fallut diminuer un peu la hauteur de la selle mais cela ne prit que quelques minutes et ils se mirent rapidement en route pour aller se balader. Il y avait un coin agréable, tout près d’ici, où ils pourraient respirer un peu d’air frais en étant tranquille. Ce n’était pas tout à fait à Paris mais seulement un petit peu plus loin, Laura avait découvert ce chemin lors d’une de ses fugues de plusieurs jours et avait directement été conquise. Depuis, elle y était souvent retournée, toujours en l’absence de Jasper, n’ayant jamais osé lui avouer comment elle connaissait cet endroit.

Laura – C’est par là, dit-elle un peu plus fort en levant son bras gauche.

Pédalant un peu plus vite pour ouvrir la marche comme ils s’étaient un peu éloignés de l’agitation du centre de Paris, Laura releva un peu la tête pour sentir le vent dans ses cheveux, souriante. Sur ce vélo, elle se sentait un peu plus libre, oublieuse de tous leurs problèmes, respirant simplement avec la sensation de pouvoir voler. Elle ne réfléchissait qu’à peine au chemin à suivre, le connaissant par coeur à force de l’avoir fait, et arriva sur place sans même s’en rendre compte dans un arrêt un peu brusque qui faillit lui faire se prendre Jasper et Alexis en pleine figure. Oups. Désolée. Elle leur fit un petit sourire d’excuse puis descendit de son vélo, se mettant devant les barrières d’une très grande prairie fleurie aux milles couleurs avec des vaches un peu plus loin, et une petite ferme tout au fond. Elle n’en avait pas vu énormément dans le coin, avec un fermier gentil du moins, surtout aussi près de Paris, raison pour laquelle elle était si fière d’avoir déniché ce petit coin de paradis. Elle leur fit un grand sourire en écartant les bras avec un air du style « Tadaaaa », attendant leur réaction.

Laura – Alors, verdict ? C’est magnifique, hein ? Et le fermier est super gentil ! On peut courir, caresser les vaches et même lui dire bonjour, il me connait très bien.

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