1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Ce qui aurait dû arriver [PV Gaby]

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Auguste de la Valière
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MessageSujet: Ce qui aurait dû arriver [PV Gaby]   Mer 19 Aoû - 20:02

La vie était redevenue bien plus paisible, sur Paris, depuis la fin de cette série violente d'orages... Même si beaucoup scrutaient encore le ciel d'un air inquiet de temps à autre, la plupart des citoyens ne se souciaient plus de cela, continuant leur vie comme si rien ne s'était passé. Auguste montra son accréditation à l'entrée de la caserne avant de pouvoir passer, rangeant ensuite le papier dans sa poche. C'était l'une des casernes les plus importantes de la capitale, haut lieu administratif, qui abritait aussi le tribunal militaire. Une route partait de l'entrée, menant sur le bâtiment principal, de type Haussmannien, haut de cinq étages et très imposant. Quatre autres bâtiments, deux de chaque côté, se trouvaient le long de la route principale. Le tribunal militaire était encore plus loin, dans la caserne, lui aussi desservi par une route large et bien entretenue. De nombreux arbres étaient plantés, avec des terrains d'entraînements, de course et des parkings pour les voitures et camions.

C'était la toute première fois qu'il venait en ces lieux, depuis son entrée dans l'armée, en juillet. Il dévorait le tout du regard, curieux, essayant de repérer et mémoriser ce qui semblait important. N'entrait pas ici qui voulait, il fallait être accrédité ou posséder une autorisation. Il sourit légèrement en marchant sur le bord de la route, s'écartant pour laisser passer les voitures. Cet endroit était comme une fourmilière, mais il voyait bien plus de civils travaillant pour l'armée, en tant que fonctionnaires et de soldats chargés de dossiers et de plans que de personnes à s'entraîner ou se préparer à partir. Cette caserne était la ruche administrative, elle servait au bon fonctionnement de toute l'armée. L'ensemble était plutôt impressionnant, il devait bien l'avouer. Bien loin du style bien carré et oppressant de la caserne de Gray. Il grimpa les marches menant au bâtiment central, se faisant indiquer le chemin à l'accueil, par une toute jeune femme qui prit le temps de lui expliquer, afin qu'il ne se perde pas. A présent, il évoluait dans un décor plutôt riche, bien que tout soit très formel, croisant beaucoup de hauts gradés.

– J'avais demandé une personne compétente, rugit tout à coup un Colonel en le bousculant à moitié, sortant d'un bureau. Je viens tout de suite, attendez-moi à l'entrée du Tribunal !

Il y en a un qui allait se faire remonter les bretelles... Il sourit à moitié en empruntant un escalier, grimpant souplement jusqu'au troisième étage, où se trouvait le bureau de Gabriella. Il était venu en uniforme, veillant à être impeccable, car les soldats venant en ces lieux ne pouvaient être en tenue civile. Frappant à la porte, il entra lorsqu'il entendit la voix de Gaby, refermant à lui et à clé pour qu'ils ne soient pas dérangés. Elle était belle, en uniforme, montrant pleinement la force qui l'habitait et que certains refusaient de voir comme une bonne chose. Il lui demanda d'abord si elle sentait mieux, à présent, moins fatiguée, alors qu'elle reposait dans un tiroir d'un placard un dossier qu'elle rangeait. Elle hocha la tête en refermant les portes du placard, mais il était évident qu'elle était encore très tendue. Il se rapprocha d'elle, hésitant à poser la main sur son épaule. Elle lui avait manqué, il avait rêvé d'elle presque chaque nuit et était malade de voir cette alliance à son doigt, de voir que les problèmes l'avaient emporté et qu'elle ne croyait pas qu'il puisse revenir. Il aurait voulu être là, près d'elle, bien avant... Ce n'était pas la faute de sa famille, ils n'avaient rien choisi, mais la vie avait été bien cruelle. Il posa finalement les deux mains sur ses épaules lorsqu'elle lui fit face, avec un air à la fois sérieux et doux.

– Gaby... Ces derniers mois ont été très longs et... Je ne pensais pas revenir ici en te découvrant mariée. Je suis désolé... Je ne voulais pas partir mais je ne pouvais pas abandonner mes parents comme cela. Mais je n'ai jamais cessé de t'aimer.

Il hésita un peu puis l'attira doucement contre lui, la serrant dans ses bras avec force. Il plongea le nez dans ses cheveux blonds, humant leur odeur, le cœur battant de la tenir ainsi contre lui à nouveau. Elle se laissa faire mais ne lui rendit pas son étreinte avant un long moment, passant enfin les bras autour de lui. Il reprit son souffle puis lui dit d'une voix plus rauque qu'il savait qu'elle n'allait pas abandonner, malgré les difficultés. Il était fier de voir ce qu'elle avait accompli pour l'école, fier de la voir se battre aujourd'hui encore. Il l'embrassa dans les cheveux, puis baissa avec lenteur, glissant sur sa tempe, puis l'embrassa longuement sur la joue. Elle avait les yeux fermés, ne disant toujours rien, tremblant juste un peu. Pris d'un élan, comme s'ils étaient de nouveau seuls, tous les deux, au pensionnat, comme il y a bien des mois de cela, il posa ses lèvres sur les siennes, la rehaussant contre lui, l'embrassant avec bien plus de ferveur et de passion, les yeux fermés, un bras dans son dos et l'autre sur sa nuque. Elle eut un sursaut, alors qu'il sentait son cœur battre bien plus vite d'un seul coup, et il la retint lorsqu'il la sentit perdre un peu l'équilibre.

Auguste l'embrassait comme si sa vie en dépendait, en perdant presque le souffle, certain d'aimer cette femme, pour ce qu'elle était, pour la femme qu'elle était devenue, et non pour un pâle fantasme inexistant. Il l'aimait et voulait, pouvait se battre à ses côtés. Il l'aimait comme au premier jour. Le désir enflammait tout son corps, poussé par la joie de l'avoir retrouvé, de pouvoir enfin être auprès d'elle, après tous ces mois. Il passa une main sous la veste de son uniforme, puis sous la chemise, caressant ensuite sa poitrine, en repoussant un peu le soutien-gorge. Elle sursauta à nouveau, frémissant, alors qu'il goûtait toujours ses lèvres douces, respirant un peu plus vite et fort. Sa main caressait et malaxait les seins encore gonflés de lait maternel, aussi doux que dans ses souvenirs. La veste était ouverte, la chemise relevée. Il finit par en défaire les boutons là aussi, laissant la poitrine de Gaby à l'air libre, la touchant avec désir.

– Je sais que tu es mariée, souffla-t-il dans un murmure. Mais il t'aime pour celle que tu étais autrefois... Il ne comprend pas...

– Mais il... Il...

Elle n'ajouta rien de plus, avec un air perdu et triste. Il l'embrassa à nouveau, après avoir ouvert sa propre veste car il avait trop chaud. Il caressa son ventre, qu'il avait vu gonflé par la grossesse, puis remonta à nouveau sur sa poitrine, y traçant de petits cercles avec douceur. Il savait comment faire monter la passion et provoquer le désir, il se souvenait comment Gaby réagissait dans ce genre de moments, ce qu'il fallait faire pour la détendre et dénouer ses muscles. Il sourit puis la massa, avec des gestes tendres mais fermes, là où elle était le plus sensible, dans le dos et dans la nuque, en déposant des petits baisers sur sa poitrine, son visage, ses lèvres. Son corps était incroyablement tendu, c'était bien vrai... Il s'appliqua à sa méthode, consciencieux, patient, insistant jusqu'au moment où il perçu qu'elle était plus détendue et moins crispée. Souriant, il déposa un long baiser sur ses lèvres, ravi de constater qu'elle pouvait dénouer ses nerfs.

– Comment tu fais ça ? balbutia-t-elle.

– Parce que moi, je te comprend.

Il se débarrassa de sa veste et la laissa sur un fauteuil non loin, enlevant ensuite sa chemise blanche réglementaire qu'il laissa aussi avec la veste. Reprenant Gaby dans ses bras, il glissa sur sa taille fine puis lui fit glisser peu à peu sa veste puis la chemise ouverte de ses épaules, libérant une peau très douce, avec un teint plutôt pâle et marqué d'anciennes blessures. Des cicatrices blanches et fines, venant des coups de poignard reçus des mois auparavant. Il embrassa chacun d'entre eux, murmurant, en la voyant bouger, qu'elle n'avait pas à en avoir honte. Le soutien-gorge finit par rejoindre les autres vêtements, les laissant tous les deux torse et poitrine nus. Elle baissa la tête puis lui avoua dans un murmure qu'elle ne portait plus jamais de tenues à manches courte depuis qu'elle avait ces cicatrices. Il eut un temps d'arrêt, la bouche entrouverte, brusquement en colère contre ceux qui lui avaient fait croire et sentir que c'était honteux ou qu'il fallait qu'elle s'en cache.

– Tu n'as rien à cacher, affirma-t-il d'une voix ferme en lui relevant la tête après avoir mis la main sous son menton, l'autre bras la tenant contre lui. Au contraire, c'est une preuve que tu défends tes buts jusqu'au bout ! Sois fière de ces marques, toujours, personne n'a à te le reprocher.

Il passa les doigts sur chacune des cicatrices avec lenteur, les yeux fixés sur elle, puis la ramena un peu plus contre lui.

– Je t'aime pour celle que tu es. A jamais.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Ce qui aurait dû arriver [PV Gaby]   Sam 29 Aoû - 14:14

Gaby croisa brièvement le regard de Bradley avant de ramasser ses dossiers et de sortir de la salle de réunion, sans répondre au léger sourire qui ne le quittait plus, depuis le début du mois d'août. Il jubilait certainement, la situation évoluait parfaitement comme il le désirait. Mais elle n'avait pas dit son dernier mot, elle avait programmé elle-même une autre réunion, concernant les Guetteurs et certaines affaires de l'armée, pour la mi-août. Il voulait "jouer" lui aussi, n'est-ce pas ? Elle sourit en son tour en revenant vers son bureau, serrant ses dossiers contre elle. Mon cher Bradley, cette petite partie ne faisait que commencer, maintenant qu'elle était revenue, en forme, libre de tous soucis et ayant enfin compris sur qui elle pouvait compter exactement, ce sera bien différent. Elle savait ce qu'elle avait à faire, sachant aussi que beaucoup allaient hurler d'horreur. Plus militaire que professeur... Là, ils auront une raison de le dire, enfin, car elle ne pouvait plus se permettre d'être freinée. Pour obtenir ce qu'elle voulait, elle devait entrer pleinement dans le rôle, tant pis si ses "collègues" du pensionnat ne comprenaient pas. Tant pis aussi pour certaines choses qui allaient arriver à l'école. Certains détails étaient trop mineurs pour qu'on y perde du temps.

Elle rentra dans son bureau, allant d'abord ranger ce qu'elle portait dans une armoire. Elle avait commencé à préparer aussi la rentrée au pensionnat, gardant un contact avec Kimmitsu pour ça, ainsi que les professeurs principaux. Beaucoup de profs risquaient d'être effarés en voyant l'école, voire de crier à la réunion, elle en était persuadée. Et bien ils crieront, ils n'avaient qu'à se bouger plus que ça les fesses avant pour que ça n'arrive pas ! Enfin, soit. Elle déposait ses derniers dossiers lorsqu'on frappa à la porte. Elle tourna brièvement la tête avant de lancer "Entrez" d'une voix plus forte. Si jamais c'était Bradley qui... Mais non. La porte s'ouvrit sur Auguste, qui referma soigneusement derrière lui. Il lui demanda si elle se sentait mieux et elle hocha la tête, sans en dire plus que ça, en refermant à clé les portes de l'armoire. mieux, oui, elle tenait debout, elle se sentait bien, il y avait beaucoup de travail mais savoir où elle allait précisément la réconfortait. Elle se retourna vers lui et il lui posa tout à coup les deux mains sur les épaules. Il ne la croyait pas ? Vu son air... Pitié, qu'il ne fasse pas comme Cyprien, à toujours vouloir lui dire de se reposer, de ne pas trop en faire, même dans l'armée ! Elle n'avait pas la tête à ça.

– Gaby... Ces derniers mois ont été très longs et... Je ne pensais pas revenir ici en te découvrant mariée. Je suis désolé... Je ne voulais pas partir mais je ne pouvais pas abandonner mes parents comme cela. Mais je n'ai jamais cessé de t'aimer.

Elle entrouvrit la bouche, prise de court, alors qu'une légère rougeur envahissait ses joues, puis se laissa faire lorsqu'il la prit dans ses bras, la serrant contre lui. Il l'aimait... toujours ? Elle ferma un instant les yeux, la tête posée contre son torse, silencieuse. Elle ne s'attendait pas du tout à ça, ayant cru que leur histoire s'était arrêté là, qu'ils ne se reverraient plus, emportée ensuite par tous les problèmes de l'école, sans plus vraiment penser au bien de sa vie privée. Elle hésita puis lui rendit son étreinte, toujours les yeux fermés. Il rajouta ensuite qu'il savait qu'elle n'allait pas abandonner, qu'il était fier de voir ce qu'elle avait accompli. Fier de la voir encre se battre, même aujourd'hui. Elle frémit un peu, encore plus choquée. Il était bien le premier à lui dire ça ! D'ordinaire, elle entendait surtout qu'elle en faisait trop, qu'elle n'était pas obligée, qu'elle devrait lâcher prise. Cyprien lui rappelait toujours qu'elle ne devrait pas autant en faire. Elle garda les yeux clos lorsqu'il l'embrassa dans les cheveux, puis sur la joue, longuement, bizarrement réconfortée. Merci... Ne pas entendre qu'elle en devrait pas faire tout ça, savoir qu'on la suivait ainsi, elle était heureuse. Elle allait lui répondre lorsqu'il glissa tout à coup vers ses lèvres puis l'embrassa à pleine bouche, avec passion. Elle sursauta, perdant à moitié l'équilibre sous le choc mais il la rattrapa, la serrant contre lui.

Son cœur battit bien plus vite alors qu'elle avait l'impression d'être projetée des mois et des mois en arrière, lorsqu'ils étaient dans son appartement, seuls et isolés, le jour où il était venu la réconforter, après le premier article, ayant clamé sa grossesse à toute la France. Le jour où elle avait fondu en larmes mais où il lui avait juré de toujours la soutenir, de l'accompagner à Paris pour défendre l'école, d'être le père du bébé qu'elle attendait. Elle sursauta à nouveau lorsqu'il passa une main sous sa chemise, avec un petit gémissement, l'embrassant toujours comme si sa vie en dépendait. Elle respira plus fort, pendant qu'il caressait sa poitrine. Elle n'arrivait pas à le repousser, comme si rien ne s'était passé depuis qu'il était partie.  mais elle était mariée ! Et il y avait Cyprien... En plus, ils étaient dans son bureau, elle devait travailler, pas se laisser aller ainsi et oublier son devoir, ça ne se faisait pas.

– Je sais que tu es mariée, souffla-t-il dans un murmure. Mais il t'aime pour celle que tu étais autrefois... Il ne comprend pas...

– Mais il... Il...

Comment défendre une personne qui avait avoué avoir peur de vous... ? Elle n'ajouta rien de plus, perdue, voulant dire qu'elle l'aimait, même s'il l'avait blessée, mais n'en eut pas le temps, Auguste l'embrassant à nouveau, touchant son ventre, puis sa poitrine. Il appuyait et massait précisément là où elle était le plus sensible, ce qui ne l'aida pas à se re-concentrer et à le repousser. Il sourit tout à coup e la rapprochant de lui puis commença à lui masser le dos et la nuque tout en l'embrassant, la prenant au piège dans ses bras. Elle se tortilla pour se libérer mais curieusement, ce qu'il faisait la détendait vraiment. Elle entrouvrit la bouche, se sentant bizarre, un peu plus légère, avant de finalement s'appuyer contre lui en se laissant aller. Comment il faisait ça... Il l'embrassa de nouveau sur les lèvres et elle lui rendit, un peu tremblante, sans plus se soucier d'être à moitié déshabillée. Elle n'avait plus été dans cet état depuis des mois. Elle le regarda, levant un peu la tête, le souffle court.

– Comment tu fais ça ? balbutia-t-elle.

– Parce que moi, je te comprend.

Mais Cyprien aussi ! Enfin... Il... Auguste enleva tout à coup sa veste, puis sa chemise blanche, les laissant un peu plus loin. Il l'attira de nouveau contre lui puis la débarrassa doucement de ses propres affaires. Elle baissa la tête lorsqu'il fit glisser sa propre chemise, laissant voir les cicatrices fines et blanches qui marquaient sa peau. Cyprien y voyait là une preuve de plus qu'elle en faisait trop et ne se reposait jamais assez, mal à l'aise en les voyant, lui disant qu'elle ferait mieux de les cacher. Comme si c'était honteux. Auguste se pencha, les embrassant, et elle voulut reculer, lui dire qu'il ne devrait pas, lorsqu'il lâcha dans un murmure qu'elle ne devait pas en avoir honte. Son cœur rata un battement, réalisant à peine qu'il lui avait enlevé son soutien-gorge. Mais elle n'en avait pas honte ! C'était... Elle avala douloureusement sa salive puis lui avoua très bas qu'elles les cachait depuis longtemps, maintenant. Le contraste entre lui et Cyprien devenait de plus en plus violent, elle était bouleversée. Il se figea à son tour et elle s'en voulut de lui avoir dit cela, ne voulant pas qu'il se dresse contre Cyprien, il y avait déjà assez d'ennuis comme ça.

– Tu n'as rien à cacher, affirma-t-il d'une voix ferme en lui relevant la tête après avoir mis la main sous son menton, l'autre bras la tenant contre lui. Au contraire, c'est une preuve que tu défends tes buts jusqu'au bout ! Sois fière de ces marques, toujours, personne n'a à te le reprocher.

Il toucha toutes les marques, une par une, avec lenteur, alors qu'elle continuait de le fixer dans les yeux, les joues rouges et la bouche entrouverte. Elle ne savait plus commet réagir, il réagissait de façon trop différente de Cyprien et elle n'était pas habituée à ce qu'on lui parle ainsi, ni que...  Elle se mordit les lèvres, perdue, confuse dans ce qu'elle ressentait maintenant. Une part d'elle, la raisonnable, lui hurlait qu'elle était mariée, qu'elle devrait se dégager tout de suite et ne rien écouter, qu'elle aimait Cyprien. Et une autre part d'elle lui rappelait que c'était Auguste qui avait raison, sur ce coup-ci, que c'était lui qui l'avait soutenu dès le début.

– Je t'aime pour celle que tu es. A jamais.

Elle devait lui répondre qu'elle était mariée et aimait Cyprien mais les mots n'arrivaient pas à franchir ses lèvres. Mais elle ne pouvait pas nier qu'Auguste aussi lui faisait de l'effet. Il était revenu, il s'était engagé dans les Guetteurs pour elle... Elle prit une profonde inspiration mais n'arrivait plus à parler, dire ce qu'elle ressentait vraiment. Cyprien avait peur d'elle... Il le lui avait avoué, montré, il la craignait, à cause de son don. Elle releva la tête pour le regarder dans les yeux, toujours blottie dans ses bras.

– Tu es le premier à dire que je dois être fière de tout ça, avoua-t-elle. D'habitude, j'entend que j'en fais trop, que je ne suis pas obligée, que je devrais m'écarter. Beaucoup ne comprennent pas. Ou ont peur. Ou préfèrent abandonner...

Sa gorge se serra un peu et elle posa sa tête contre son torse, les yeux fermés. Des professeurs avaient tout laissé tombé. Cyprien avait peur. Quasiment tout le monde ne comprenait pas. Sauf le Maréchal, bien ironiquement... Celui qui la comprenait le mieux était son pire ennemi, elle pourrait en rire amèrement si ce n'était pas aussi pitoyable. Elle finit par soupirer puis se détacha d'Auguste, posant une main douce sur sa joue.

– Je ne suis jamais vraiment souciée de ma vie sentimentale, dit-elle avec un petit sourire. Ma priorité est la défense de ces enfants. Je sais ce que je dois faire, avec et contre Bradley. Merci d'être toujours avec moi.

Elle lui sourit, les joues toujours assez rouges, laissant retomber sa main. Elle était encre dans ses bras, la surprise toujours présente, mais aussi le bonheur de voir qu'elle n'était pas isolée, qu'elle avait des personnes qui qui compter, même dans ce genre de moments.

– Pour Cyprien, reprit-elle plus doucement, je sais qu'il a peur de moi mais... Je, je ne sais pas... Il faut que nous parlions, je ne sais plus où j'en suis.

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Auguste de la Valière
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MessageSujet: Re: Ce qui aurait dû arriver [PV Gaby]   Mar 1 Sep - 23:46

Cyprien faisait comme il le pouvait mais il serait plus heureux avec une femme qu'il comprendrait. Ils vivaient dans un siècle troublé, on s'accrochait aux personnes qui pensaient comme nous-même, qui pouvaient nous comprendre... Tout le monde pouvait se tromper mais il fallait savoir le reconnaître. Auguste fit glisser ses mains sur la peau nue de la femme qu'il aimait, la gardant blottie dans ses bras. Il l'aimait comme elle était aujourd'hui, il l'aimait car elle était forte, parce qu'elle avait des valeurs, des idées à défendre, car elle se ne laissait pas marcher dessus. Il avait toujours trouvé terriblement ennuyantes les femmes qui se laissaient dicter leur vie par leurs maris, qui restaient à l'écart, qui n'aimaient pas l'aventure, qui pleuraient pour un oui ou pour un non, qui se laissaient aller, qui étaient convaincues qu'elles ne pouvaient rien faire pour changer ou évoluer. Il ne voulait pas de ça. Il voulait une femme qui pouvait vibrer au même rythme que lui. Une femme qui pourrait marcher à ses côtés. Une femme qui saura le sens des mots volonté et indépendance. Et il l'avait trouvé en Gaby, plus aujourd'hui encore qu'il y a des mois. Elle n'était pas un pot de fleurs, comme bien d'autres de filles et de femmes dans ce pays.

Elle releva la tête vers lui et il se retint de se pencher à nouveau pour l'embrasser. Il voulait rester à ses côtés, être un compagnon de chaque instant, être un homme fort qui saura l'accompagner dans tous ses projets. Il savait comment goûter à la vie, comment se construire et tisser ce dont il rêvait, et Gabriella avait une place au milieu de cette vie. Elle devait le savoir. Si elle ne voulait plus de lui, soit, il continuera son existence comme il l'avait commencé, mais elle saura à quel point il avait pu l'aimer. La vie était déjà si courte alors pour quoi s'empêcher de vivre à fond ? Pourquoi s'interdire de vivre en s'attachant au passé, en s'y attardant ? Il ne comprenait pas ce genre de mentalité. Les idiots menaient leurs vies comme ça, en regrettant sans cesse et en songeant "voilà ce que j'aurai dû faire à tel moment". Ridicule. Pour Auguste, comme pour Gaby, seul l'avenir comptait. Se prendre en main et avancer.

– Tu es le premier à dire que je dois être fière de tout ça, avoua-t-elle. D'habitude, j'entend que j'en fais trop, que je ne suis pas obligée, que je devrais m'écarter. Beaucoup ne comprennent pas. Ou ont peur. Ou préfèrent abandonner...

Il passa une main dans ses longs cheveux blonds qui commençaient à se détacher lorsqu'elle posa sa tête contre lui. Elle avait été entourée de bien des lâches, jusqu'alors... C'était aussi pour cela qu'il était heureux qu'elle soit entrée dans l'armée. Il désapprouvait les valeurs du maréchal mais reconnaissait que la lâcheté était, en ce siècle, une valeur étrangère aux troupes de France. Des professeurs ignorant ce genre de combat ou en ayant peur ne pouvaient ni suivre ni comprendre, c'était évident. En un sens, il les comprenait. Tout le monde ne peut pas se battre. Tout le monde ne peut pas suivre.Tout le monde ne ressent pas cet élan qui pousse à l'action, lorsqu'on ne supporte plus la réalité. out le monde n'est pas prêt à donner sa vie pour défendre une cause. Il fallait un certain mental pour cela, une motivation profonde. Et des motivations, il y en avait ! L'amour, le refus de l'injustice, le désir, la vengeance, et bien d'autres encore. Elle se détacha un peu de lui et leva une main pour la poser sur sa joue. Pour elle, c'était la liberté et le refus de l'injustice. Pour lui, c'était la liberté et l'amour. Il la suivra. Elle défendait des principes qui lui étaient chers et il la suivra pour cela. Peu importe que les autres ne comprennent pas, il avait sa conscience pour lui.

– Je ne suis jamais vraiment souciée de ma vie sentimentale, dit-elle avec un petit sourire. Ma priorité est la défense de ces enfants. Je sais ce que je dois faire, avec et contre Bradley. Merci d'être toujours avec moi.

Il lui rendit son sourire, amusé de la voir rougir, alors qu'elle laissait redescendre sa main. Avec et contre Bradley, hein ? Leur relation était assez fascinante, bien qu'horriblement malsaine. Il y avait une sorte de dépendance, entre eux, un jeu mortel qui se tenait sur un fil acéré. Un jeu que peu de personnes devaient saisir, selon Auguste. C'était cela qui l'avait fait le plus évoluer... Et elle poursuivait dans cette voie. Auguste admirait ce tempérament, qu'avaient Bradley et Gabriella, cette faculté à se focaliser un objectif futur en filant comme si rien ne pouvait les en détourner. Ils étaient tous les deux excellents chefs de guerre. Cyprien avait-il déjà compris le lien étrange qui unissait sa femme à Bradley ? Dépendance, rejet, attirance... Le commandement de l'armée au sein d'une époque ravagée et terriblement déchirée.

– Pour Cyprien, reprit-elle plus doucement, je sais qu'il a peur de moi mais... Je, je ne sais pas... Il faut que nous parlions, je ne sais plus où j'en suis.

– Il n'est tout simplement pas taillé pour se battre, c'est pour ça qu'il ne te comprend pas, murmura Auguste en la serrant avec force dans ses bras. Il ne veut pas te faire du mal, ni abandonner l'école, mais il est fait pour une vie plus douce avec une personne qui lui ressemble. Loin des troubles de l'armée.

Il la berça, les yeux fermés, en retenant un petit soupir. Cyprien n'était pas méchant mais il n'aurait pas dû s'accrocher ainsi à une fausse image. Au bout d'un moment, il lui proposa de sortir avec elle puis d'aller dans une des salles d'entraînements pour s'exercer un peu avant le déjeuner. Elle hocha la tête pour accepter et ils se rhabillèrent, sortant ensuite pour descendre au rez-de-chaussée, où des salles étaient à la disposition du personnel. Ils entraient lorsqu'ils furent dépassé par Bradley, lui aussi en tenue, qui leur jeta un coup d'œil en haussant les sourcils, puis sourit.

– C'est l'heure de la remise en forme, générale ? lança-t-il d'une voix claire. Seriez-vous d'accord pour un combat à mains nues contre moi ?

Auguste eut un sérieux temps d'arrêt en les regardant tous les deux, comme tous les autres militaires se trouvant dans la salle à ce moment, d'ailleurs. Gaby s'était aussi arrêtée, dévisageant le maréchal, puis finit par sourire, doucement, avant d'approuver. Tout le monde leur fit aussitôt de la place et Auguste vit même un petit soldat moustachu courir dehors puis revenir en tenant un caméscope. Ah, excellente idée ! Il resta en retrait, très concentré, pendant que les deux se faisaient face à face, en tenue de combat. Il croisa les bras pour regarder le combat, souriant, notant de récupérer la vidéo pour la montrer à tout le monde.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Ce qui aurait dû arriver [PV Gaby]   Mar 22 Sep - 20:00

– Il n'est tout simplement pas taillé pour se battre, c'est pour ça qu'il ne te comprend pas, murmura Auguste en la serrant avec force dans ses bras. Il ne veut pas te faire du mal, ni abandonner l'école, mais il est fait pour une vie plus douce avec une personne qui lui ressemble. Loin des troubles de l'armée.

Peut-être que ce n'était qu'une mauvaise passe... Ils avaient besoin de temps, se parler franchement, mettre les choses à plat pour continuer sur de bonnes bases... Elle ne répondit pas, se laissant bercer, les yeux fermés. Ce n'était guère le moment de réfléchir à sa vie sentimentale, de toute manière, pas ici, ce n'était pas le bon lieu. Elle prit de longues inspirations pour se reprendre, remettre ses idées en place et reprendre son sang-froid. Elle ne devait pas se laisser tourner la tête comme ça. Un long moment plus tard, Auguste lui proposa de sortir pour aller s'exercer, avant le déjeuner. Ah, très bonne idée, ça l'aidera à se remettre en forme ! Elle hocha la tête, se détachant de lui pour récupérer ses vêtements. Elle sentait que sa peau était plus sensible, alors qu'elle rattachait son soutien-gorge puis enfilait sa chemise. Elle s'étira longuement avant de sortir, rejoignant le rez-de-chaussée avec Auguste. Ils disposaient d'une grande salle dédiée aux entraînements, qui servait pour les pauses ou pour ceux qui devaient se dégourdir, les salles de gym étant à l'autre bout de la caserne. Il y avait un peu de monde, à cette heure, mais l'humeur semblait être au beau fixe.

Elle s'était tout juste préparée lorsque le maréchal entra à son tour, en leur jetant un long regard. Et bien quoi ? Elle avait le droit de venir s'entraîner, même si elle n'était pas sortie de l'hôpital depuis si longtemps que ça. Elle avait déjà écouté son entourage en baissant le nombre hebdomadaire d'heures passées ici. Le commandant avait su être très convaincant pour ça, d'autant plus qu'il faisait bien son boulot et pouvait donc la décharger d'une partie du sien. Le maréchal sourit tout à coup, fait assez rare pour le souligner. Mais pas un sourire mauvais ou qui criait "je prépare un mauvais coup". Il avait vraiment l'air amusé, pour une fois. Elle jeta un regard autour d'eux, perplexe, en cherchant ce qu'il pouvait y avoir de drôle dans cette salle.Elle avait manqué quelque chose ? A part des soldats qui s'entraînait et un jeune dans un coin qui se faisait écraser par son instructeur, il n'y avait rien de particulièrement fascinant.

– C'est l'heure de la remise en forme, générale ? lança-t-il d'une voix claire. Seriez-vous d'accord pour un combat à mains nues contre moi ?

Elle arrêta tous mouvements en le dévisageant, cherchant à savoir s'il était sérieux ou pas, le fixant pour déceler toute trace de plaisanteries. Mais il était sérieux. Son visage s'éclaira et elle lui sourit, acceptant. Parfait ! Rien de tel pour se défouler, un combat à mains nues, surtout contre lui. Elle termina assez vite de se préparer puis se plaça face à lui, s'échauffant, après avoir attaché ses cheveux avec soin. Il était meilleur au combat qu'elle, mais elle était plus jeune, c'était aussi un avantage. Il s'était rapidement échauffé lui aussi. Elle respira profondément en se mettant en garde, oubliant le reste du monde. Lui aussi s'était mis en position perdant son sourire pour afficher un air concentré. Il se passa deux secondes dans un parfait silence puis il attaqua le premier. Elle para des deux bras le coup, se jetant sur le côté pour lui porter un coup de pied latéral. Elle se contenta dans un premier temps de parer, afin d'observer son style de combat, puis porta des attaques plus fortes à son tour, pieds nus sur le long tapis de gym, tout comme lui. Elle se prit un coup dans les côtes mais esquiva un autre, lui en portant un sur le côté. Il grimaça à son tour, reculant d'un pas, en garde.

Esquives, parades, attaque à nouveau, elle ne le quittait pas du regard, tout comme lui. Elle était plutôt contente de pouvoir se battre contre une personne de son niveau, qui ne craignait pas de la blesser et qui s'y donnait à cœur joie, tout comme elle. Terrible, comme sentiment... S'ils ne s'opposaient pas tant sur leurs méthodes de travail, ils auraient pu très bien s'entendre. Le combat devint un peu plus rapide, après qu'ils se soient concertés d'un regard, passant le cran au-dessus. C'est bon, elle était en forme et lui aussi. Elle enchaîna une série de petites attaques avant de se pencher brusquement pour l'atteindre aux jambes d'un autre coup de pied. Il esquiva plutôt bien, cependant, avec un sourire. Elle se redressa pour parer puis continua aussitôt, le regard brillant. Elle n'avait même pas réalisé qu'un soldat tournait autour d'eux pour les filmer avec soin. Elle ne se concentrait que sur Bradley.

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Ce qui aurait dû arriver [PV Gaby]
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