1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Plainte pour maltraitance

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Fabrice Gavin
Colonel
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Âge RPG : 34 ans

MessageSujet: Plainte pour maltraitance   Mar 18 Aoû - 22:15

Il y avait de très fortes chances pour que la générale fonce au pensionnat dès qu'elle sera bien remise. Fabrice détailla la photo reçue ce matin dans son courrier d'un air pensif. Les travaux au pensionnat avaient été plus rapides qu'il ne l'aurait cru en partant au début de l'été. Quand le chat n'est pas là, les souris dansent, comme on dit familièrement. Le chat était ici la directrice et l'école avait été laissée sans réelle protection durant tout juillet. Fabrice devait avouer que l'armée s'était bien débrouillée, ces dernières semaines, elle avait su modifier et ré-arranger cette école d'une façon rapide et efficace. Il observa le mur plus attentivement, puis la nouvelle entrée. Hum... Son chauffeur lui demanda tout à coup où il devait le déposer. Fabrice redressa la tête puis lui indiqua la direction, rangeant ce qu'il avait sur les genoux dans un dossier en carton dur puis dans son sac. Son chauffeur se chargera de déposer tout cela dans son bureau à la caserne en rentrant. Fabrice reporta son regard au-dehors, sur les bâtiments de Paris, lissant d'une main son uniforme. Maintenant, une tout autre affaire à se préoccuper. Il se remémora sa courte discussion avec la générale... Les prochains mois allaient être joyeux, déjà que le général Karinof le haïssait.

Lorsque la voiture s'arrêta, il remercia son chauffeur puis descendit, jetant un regard vers l'imposante maison. Il alla sonner à la porte, attendant un long moment avant que le mari de la directrice ne vienne lui ouvrir. Pensant que, époux d'une générale, il ne s'offusquerait pas de le voir en uniforme, Fabrice n'avait pas pris le soin de passer d'abord à la caserne pour se changer, mais peut-être qu'il aurait dû, en voyant l'air de son interlocuteur. Comme si cet uniforme le dégoûtait. Il entra en retenant un petit soupir blasé, retrouvant les deux enfants dans le salon. Monsieur Redfire lui demanda tout à coup ce qui se passait précisément au pensionnat en ce moment. Le Colonel tourna légèrement la tête vers lui puis répondit par un laconique "affaires de l'armée". Réponse qui parut encore plus agacer le professeur. Ce dernier lui lança que c'était avant tout les affaires des professeurs et de leurs élèves, que c'était une école, rien de plus. Cette fois, Fabrice ne dissimula plus son air blasé, teinté d'une légère ironie.

– Je ne suis guère autorisé à vous exposer les faits, monsieur, nous avons une hiérarchie à respecter et des ordres. Maintenant, vous m'excuserez...

Il fit signe à Jasper de se lever et le suivre, saluant le mari de la générale et la jeune sœur de Jasper. Il quitta la maison avec lui, sentant le regard lourd du professeur sur sa nuque. S'il savait... Il prit la route du commissariat avec le jeune homme, sans rien dire, pensant à tout autre chose. Ses pensées revinrent peu à peu sur Karinof, ce général violent et pourtant bon meneur d'hommes et loyal. Il prévoyait, ou plutôt commençait à prévoir, comment amortir un peu les conséquences qui allaient suivre la plainte. La rentrée promettait d'être délicate pour tout le monde. Voyant que le jeune Karinof pâlissait et commençait à ralentir, il finit par lui attraper le poignet et le tirer avec lui pour qu'il conserve le même rythme. Allons ! Ils n'allaient pas perdre du temps maintenant et plus vite ce sera terminé, plus vite ce garçon pourra aller retrouver sa sœurs et ses amis pour le reste des vacances. Ce sera assez rapide, se présenter, enregistrer la plainte, puis partir. Le gamin avait eu un bref sursaut, lorsqu'il l'avait attrapé, reculant puis forcé de suivre.

– Ce sera vite terminé, tu sais.

– Mais... Je n'ai jamais parlé de...

Fabrice ne releva, marchant juste un peu plus vite. Arrivant au commissariat, il se présenta à l'accueil avec le jeune homme, exposant la raison de leur venue, alors que Jasper était devenu aussi blême qu'un cadavre tout frais. Le Colonel indiqua à l'agent d'accueil d'une voix calme qui il était et pourquoi il venait, donnant toutes les informations nécessaires. Ils durent patienter un long moment avant qu'on ne les dirige vers un bureau où un autre policier les attendait. Il s'assit avec le gamin, pendant que l'agent relisait leur demande puis préparait de quoi noter ce qui sera dit. Fabrice sourcilla en le regardant. Au vu du statut du général Karinof, cette affaire sera reportée devant le tribunal militaire. Et à terme, ce sera au maréchal Bradley de valider ou non la perte de la garde des deux enfants, au profit de la générale de Lizeux. Allait-il le faire ?

– Bien, mon garçon... Peux-tu commencer par raconter la première fois où ton père t'a frappé ? Puis ce qui s'est passé par la suite, jusqu'à ton entrée à l'école ? Prend ton temps et respire, personne n'est là pour te juger. Tu peux t'exprimer librement.

Il lui souriait gentiment, sans doute habitué de recevoir ce genre de plainte. Fabrice croisa les bras, attendant que le petit ouvre la bouche.

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Jasper K. Nakajima
Lycéen
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MessageSujet: Re: Plainte pour maltraitance   Sam 22 Aoû - 15:14

Donc c’était ça que ressentait un condamné à mort avant de prendre la route de l’échafaud… ? Jasper avait à peine posé un orteil dans la rue, après avoir passé le portail, qu’il songeait déjà à s’enfuir en courant. Il évitait très soigneusement de regarder le Colonel, lèvres pincées, si pâle qu’on aurait pu croire qu’il allait s’évanouir sur-place. Il se répétait en boucle depuis ce matin au réveil qu’il devait faire ça pour Laura, juste pour elle, penser à elle et à rien d’autre. Pour qu’ils puissent rester ensemble au pensionnat. Très honnêtement, si leur famille n’aura pas été comme ça, Jasper aurait préféré aussi qu’elle reste en sécurité avec leurs parents, mais vu leur famille… Elle ne sera pas plus en sécurité à la maison et il n’avait pas envie de la perdre. Cependant, malgré sa résolution, il ne pouvait s’empêcher de ralentir. La présence du Colonel suffisait à elle seule à le rendre malade, alors si on ajoutait la plainte, il avait encore plus de mal à avancer. Cette rue, il l’avait déjà emprunté bien des fois mais aujourd’hui, elle lui semblait dangereuse, inquiétante.

Gavin lui attrapa tout à coup le poignet et le tira en avant avec lui, l’obligeant à marcher plus vite. Eh ! Il pouvait très bien marcher seul ! Il retint la réplique acide qui lui brûlait les lèvres, détournant le regard. Il le revoyait le traîner avec lui dans ce bureau, en Auvergne, ce jour-là… Ce type lui faisait peur et il ne pouvait pas être sûr qu’il ne jouait pas un double-jeu, en plus. Il était trop bizarre, Jaz ne pouvait pas avoir confiance. Avec ça, autre raison bien moins avouable, il avait peur de devenir comme lui, un jour… Il n’essaya pas de se débattre, se laissant traîner, les yeux fixés sur la rue qui défilait et sur les quelques passants. Il. Devait. Le faire. Pour. Laura. Un peu de volonté… Il devait juste raconter ce qu’il avait dissimulé pendant des années, voilà tout. Il ravala sa salive, la gorge extrêmement serrée. Il était hors de question qu’il craque maintenant, luttant de toutes ses forces pour garder les idées bien claires. Le fait qu’il n’y ait pas d’autres solutions lui retournait l’estomac, mais Laura attendait.

– Ce sera vite terminé, tu sais.

– Mais... Je n'ai jamais parlé de...

De tout cela librement à qui que ce soit. Il pâlit encore plus en arrivant au commissariat, incapable de parler. Il observa les murs avec leurs affiches, les personnes qui patientaient, les agents qui traversaient le hall avant de passer derrière diverses portes, chargés de dossier ou accompagnant des Parisiens vers les bureaux. On les fit patienter dans une petite salle, où il passa un bon moment à prendre de longues inspirations pour se détendre un minimum. Ses mains le brûlaient, comme s’il venait de les plaquer sur du feu. Il ferma les yeux, se concentrant sur Laura, sur Antoine, puis sur chacun de leurs amis, avant de penser à Adeline, qui devait être tout juste rentrée du Japon. Il avait envie de la voir, la serrer dans ses bras et passer un long moment avec elle, loin de tout. Laura pourra rentrer la première chez Antoine, il l’accompagnera à la gare pour les billets et Antoine la récupéra à l’arrivée, voilà tout. Lui-même avait juste envie de fuir, même à Gray, peu importe. Un peu plus tard, on vint les emmener dans un bureau et il se crispa de plus belle, blême.

Il s’assit comme un condamné, face à l’agent. C’était peut-être ridicule mais il mourrait de peur à l’idée que son père ne débarque dans ce bureau. Puis raconter « ça »… Il gardait la tête baissée, fixant ses mains, qu’il trouvait tout à coup bien fascinantes. Pourquoi le Colonel devait-il rester ? Sa présence angoissait encore plus le lycéen. Il se concentra à nouveau sur le sourire d’Adeline et de ce qu’ils pourraient faire tous les deux après cette histoire. Ils pourraient aussi s’entrainer ensemble, Jaz avait besoin de relâcher son don, il commençait à se sentir mal. Il ferma les yeux une minute pour se reprendre, respirant normalement, pour ne pas se laisser aller.

– Bien, mon garçon... Peux-tu commencer par raconter la première fois où ton père t'a frappé ? Puis ce qui s'est passé par la suite, jusqu'à ton entrée à l'école ? Prend ton temps et respire, personne n'est là pour te juger. Tu peux t'exprimer librement.

Jasper releva la tête, voyant son sourire rassurant et son air aimable. Heu… Il ouvrit la bouche puis la referma aussitôt, pâlissant encore un peu plus. Il lui fallut presque cinq minutes avant de réussir à se lancer, parlant de la première fois où, tout petit, il avait été traîné dans le bureau de son cher géniteur. Jasper s’était évanoui, ce jour-là, et avait beaucoup crié. Il évoqua cette scène dans une voix presque inaudible, pendant que le policier tapait à la machine, lui faisant parfois répéter ce qu’il n’entendait pas ou préciser certains détails. Il éprouva une féroce envie de pleurer lorsqu’il dû dire comment il devait cacher cela à sa petite sœur, par peur qu’elle ne subisse elle aussi des coups. Le policier dû s’en rendre compte car il lui dit de faire une pause et de respirer profondément. Il hocha la tête, jouant avec un bout de sa veste pour passer ses nerfs.

– Au pensionnat, je… Il m’y a déjà frappé mais je le cachais… Je disais que je m’étais blessé seul.

Les seules fois où ce n’était pas passé, c’était lorsqu’il avait un bras ou une cheville cassée, difficile de faire passer ça pour un accident, surtout qu’il n’avait pas de témoins… Adrien le lui rappelait encore, son histoire d’escalier. De toute façon, il n’était pas le seul ! Il avait entendu comme rumeurs que les profs avaient fait croire à la directrice que madame Dumoulin était aussi tombée dans un escalier, pour ne pas lui avouer ce qui s’était vraiment passé. Ils avaient intérêt à ce qu’elle n’apprenne jamais la vérité.

– Puis… Une fois cette année quand…

Il se tut de nouveau, la gorgée serrée. Il n’avait pas envie de se souvenir de ça…

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Fabrice Gavin
Colonel
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Âge RPG : 34 ans

MessageSujet: Re: Plainte pour maltraitance   Mar 22 Sep - 23:27

Fabrice croisa les bras, appuyé contre le dossier de sa chaise, en attendant que le gamin ouvre la bouche. Plus vite il aura tout raconté, plus vite il pourra rentrer et profiter de ses vacances. Quand on y songeait bien, c'était particulièrement ironique que ce soit Fabrice qui l'accompagne ici. Lui-même, quand il était enfant, avait toujours dissimulé les coups que son père lui donnait, n'en avait jamais parlé à qui que ce soit. Christophe avait tout découvert en le surprenant, par hasard, lorsqu'il était en train de se soigner. Quand à Isabelle, elle ne l'avait su qu'en l'entendant un soir, alors qu'il était bien bourré, l'avouer malgré lui. Il avait bien été obligé de lui avouer ensuite l'entière vérité, après qu'il ait compris ce qu'il avait pu sortir lors de cette soirée difficile. Lamentable. Il n'avait jamais porté plainte, ne s'était jamais confié, avait toujours tout gardé pour lui, la bouclant, ne s'ouvrant à personne de son plein gré. Et aujourd'hui, il devait pousser un adolescent à faire ce que lui-même n'avait jamais pu faire ? Oui, la vie avait un humour parfaitement dégueulasse, parfois.

Le petit commença à raconter ce qu'il avait vécu, tout doucement. Et Fabrice ne pouvait s'empêcher de se revoir, enfant, subissant les coups de son propre père, qui lui reprochait son pouvoir. Les cris et les pleurs n'avaient jamais attendri un homme violent, bien au contraire, cela ne faisait que pousser sa haine encore plus loin. Le Colonel doutait que son père réalise un jour ce qu'il avait fait. Il était en maison de retraite, aujourd'hui, coulant des jours heureux, en hurlant après tous ceux qui essayaient de lui rappeler qu'il avait un fils. Et pour ce très cher général Karinof, ce sera pareil, il avait la violence dans le sang et ne verra jamais le mal qu'il avait fait à son propre enfant. Mais au moins, Jasper parlait, se défendait, ne restait pas stoïque à attendre les prochains coups. Il trouvait son propre moyen, son propre échappatoire. Lui se désistait de l'autorité parentale là où Fabrice avait tout simplement fui vers l'armée et un destin bien noir, à l'époque, étant donné son don. Chacun ses propres moyens. Il crispa un peu les doigts sur ses bras, le regard fixé sur une affiche, collée au mur du fond, pour de la prévention contre l'alcoolisme.

L'alcoolisme... Fabrice se battait pour cesser de boire, depuis l'incident à Gray. Mais autant dire qu'il avait beaucoup de mal. Isabelle l'aidait mais il replongeait régulièrement, craquant, se mettant toujours plus bas que terre. Le policier lança tout à coup à Jasper qu'il pouvait faire une pause et respirer profondément. Pourquoi portait-il plainte maintenant, d'ailleurs ? Il y avait une raison particulière qui l'avait poussé à franchir ce cap ? Où avait-il été poussé par la générale ? Le Colonel se remit correctement, dans une position un peu plus détendue. Quand Karinof apprendra ça, ça allait être sa fête. Il sentait très moyennement bien les mois à venir, le général allait lui faire payer cette histoire. Leur amour réciproque allait de nouveau être copieusement alimenté par une haine garnie, c'était beau. Il imaginait déjà ce cher général passer sa rage en hurlant, donnant des corvées ou des sanctions injustifiées. Ah, armée, douce armée, que ferait-on sans ton soutien de chaque instant.

– Au pensionnat, je… Il m’y a déjà frappé mais je le cachais… Je disais que je m’étais blessé seul.

Excuse qui ne fonctionnait pas, d'ailleurs, Fabrice l'avait appris à ses dépends. Après son engagement à l'école militaire, il avait du repasser chez lui en vitesse prendre ses affaires. Son père lui avait dit au revoir à sa façon et il était revenu à la caserne avec hématome violet sur la tempe et le poignet brisé, sans oublier diverses traces de coups et bleus énormes bien cachés sous les vêtements. Le gardien de l'entrée avait appelé l'infirmier en urgence et Fabrice avait prétexté une mauvaise chute. Son instructeur l'avait envoyé à l'hôpital et à son retour, harcelé pour qu'il lui dise la vérité. Menacé de l'envoyer en cabane quelques temps devant son refus. Puis enfin laissé en paix lorsque Fabrice lui avait tout avoué, en lui arrachant la promesse qu'il ne retournera plus jamais dans le coin où vivait son géniteur, si vraiment il ne voulait pas porter plainte. Il pinça les lèvres à ce souvenir, chassant ces images de sa tête. Il avait presque vingt ans de plus, maintenant, c'était du passé.

– Puis… Une fois cette année quand…

Il s'interrompit et le Colonel lui jeta un long regard. Il en avait beaucoup dit, c'était bien. Il pouvait se détendre et respirer un peu, c'était très courageux, comme démarche.

– Son père a remis ça, dit-il à son tour. J'étais présent, ce jour-là. Il l'a d'abord giflé puis lui a donné d'autres coups, violemment. Je suis intervenu, en m'interposant. L'infirmier du pensionnat Sainte famille pourra confirmer qu'il a soigné des blessures assez importantes, causées par cet homme, au sein même de l'école.

Il reprit la scène plus en détails afin que l'agent puisse la consigner, donnant la date, le nom et la description des personnes présentes, décrivant aussi les lieux, puis ce qu'il avait vu et entendu, avant de passer à ce qu'il avait fait. Il dû occulter le sujet de la conversation qu'il avait tenue avec le général avant cet incident, lorsque le flic le lui demanda, répondant simplement que cela concernait le travail de l'armée. Secret professionnel, autrement dit. Une fois terminé, le flic fit relire et signer la déposition à Jasper, puis à Fabrice, en les remerciant pour ce témoignage. Le gosse avait l'air à moitié traumatisé... Pendant que l'agent sortait, en leur disant qu'il revenait très vite, Fabrice tapota légèrement l'épaule du jeune homme pour attirer son attention.

– Respire, maintenant, c'est terminé. Tu vas t'évanouir si tu te replies sur toi-même comme ça.

Il eut envie de lâcher un rire cynique en songeant à la suite. Le général Karinof allait apprendre ce qui venait de se passer et Fabrice allait avoir droit à une jolie convocation pour lui confirmer qu'il avait été soutenir son fils en racontant aux flics alors point il était une grosse ordure. A partir de là, le temps allait monter, les ennuis arriver, puis viendra par-dessus un autre conseil de discipline. Hum, il avait tellement hâte d'y être.

– Pourquoi t'es-tu décidé à porter plainte maintenant ? reprit-il en croisant de nouveau les bras, la tête tournée vers le jeune homme. Quelqu'un t'y a poussé ?

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Plainte pour maltraitance   Lun 12 Oct - 17:19

Il ne pouvait pas continuer, ce n’était pas possible… Il avait beau se focaliser sur « Ta petite sœur compte sur toi pour le faire », il n’y parvenait tout simplement pas. Il l’avait dissimulé durant trop de temps, il s’était tu durant tant d’années que tout avouer aujourd’hui relevait du miracle, même face à un agent de police qui avait pourtant un air bienveillant et à l’écoute. Il jeta un regard de biais au colonel qui s’était redressé, sortant visiblement de pensées peu joyeuses, prêt à prendre la parole. Jasper, lui, se rencogna dans son fauteuil en se tordant un peu les mains pour passer ses nerfs. Il n’avait plus envie de parler, ni au policier ni à qui que ce soit, craignant malgré lui les conséquences de toute cette histoire. Son père n’allait-il pas trouver un moyen de se venger ? Il allait sûrement réagir ! Impossible qu’il ne fasse rien après un coup pareil, ce n’était pas son genre. C’était horrible de l’avouer, mais Jasper lui ressemblait assez pour le savoir, cette fois, il y aura des conséquences. Restait à savoir lesquelles… Il devra absolument veiller sur Laura, cette année, pour ne pas qu’elle subisse quoi que ce soit.

– Son père a remis ça, dit-il à son tour. J'étais présent, ce jour-là. Il l'a d'abord giflé puis lui a donné d'autres coups, violemment. Je suis intervenu, en m'interposant. L'infirmier du pensionnat Sainte Famille pourra confirmer qu'il a soigné des blessures assez importantes, causées par cet homme, au sein même de l'école.

Jasper resta parfaitement silencieux le temps que le colonel décrive la scène et donne d’autres détails, promenant le regard sur le bureau. Quelques tableaux avec de beaux paysages étaient accrochés au mur, près d’un porte-manteau surchargée et d’une photo montrant une promotion d’officiers, devant la gendarmerie, souriant au photographe. Il essayait de se calmer, contrôler la peur qui le rendait malade, à être aussi prêt du colonel. C’était peut-être... ridicule, mais il craignait aussi de lui ressembler un jour. A force d’épreuves, de problèmes, de guerre… A force de vivre dans un siècle marqué par les conflits et la violence, l’apparition de nouvelles rames, la perte de repères. Il baissa le regard sur ses mains, serrant ensuite les poings. Ce don, il l’aimait, mais… C’était aussi comme une sorte de malédiction qui s’attachait à chacun de ses pas. Il ne pouvait pas s’en débarrasser, ne le voulait pas, mais se demandait souvent ce qui se serait passé s’il ne l’avait jamais eu. C’était tout aussi idiot que de réfléchir à l’existence qu’il aurait mené avec une jambe en moins mais comment s’empêcher de se poser la question ? Il revint à la réalité lorsqu’il dû relire et signer le témoignage, le cœur battant à vive allure. C’est bon, il pouvait rentrer et se cacher dans un trou ? L’agent sorti et Jasper retint un sursaut violent lorsque le colonel lui tapota l’épaule. Il porta une main crispée à son cœur, le souffle court. Du calme, tout allait bien. Vraiment, tout allait très bien.

– Respire, maintenant, c'est terminé. Tu vas t'évanouir si tu te replies sur toi-même comme ça.

Facile à dire… Jasper grimaça, se sentant de plus en plus mal. Il voulait juste quitter cette pièce, cette ville, retourner chez Antoine, quitte à aller voir l’océan tous les jours, ce n’était pas très grave. Il préférait encore aller se baigner que ça. S’obligeant à dénouer ses muscles, il s’appliqua à respirer calmement, afin de ne pas risquer de s’effondrer sur le chemin du retour. Oui, c’était fini, c’est bon, il l’avait fait, Laura ne risquait plus rien, c’était terminé.

– Pourquoi t'es-tu décidé à porter plainte maintenant ? reprit-il en croisant de nouveau les bras, la tête tournée vers le jeune homme. Quelqu'un t'y a poussé ?

– Non, souffla-t-il. C’est… C’était pour éviter que nos parents puissent obliger ma petite sœur à partir et…

Sa gorge se serra et il bredouilla la fin de sa phrase d’un ton inintelligible. Peu importe… L’agent revint peu de temps après, disant quelques mots que Jasper n’écouta pas, avant de les libérer. Jasper sauta aussitôt sur ses pieds, saluant le colonel avant de filer comme s’il avait le diable aux trousses. Il courut sur le trajet pour revenir chez la directrice, rentrant et allant directement se réfugier dans la chambre qu’il partageait avec sa petite sœur. C’était fini…

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