1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Un premier jour...

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MessageSujet: Un premier jour...   Ven 5 Juil - 20:04

Incroyable… Ce lieu est vraiment immense !

Je suis déjà venu ici pour remplir quelques formalités administratives, mais je m’étonne à nouveau de voir à quel point la superficie de ce pensionnat est démesurée…
J’aperçois un peu plus loin un amas d’êtres humains de mon âge, une masse amorphe et inconnue d’élèves qui se regroupe comme un épais coton sale. Étant agoraphobe de nature, je suis repoussé à l’idée de me promener dans les couloirs ô combien remplis d’étudiants en tout genre.

Nathan me regarde et arbore son habituel sourire moqueur :

« Toujours peur de la foule, hein ? T’en fais pas, je suis sûr qu’il y a plein de jolies filles… »

Je le dévisage rapidement, mais je ne m’attarde pas trop : il faut encore que j’aille dans le bureau de la directrice. A cette pensée, je me rends dans le hall d’entrée, avant de constater avec effroi que la salle est complètement saturée. Je… Je…
Une fenêtre… Il faut que je saute ! Que je sorte de cet enfer ! J’ai du mal à respirer… Il y a tellement de gens que l’ambiance est étouffante…
Mon corps est comme étranglé dans un effroyable étau, mon cœur, lui, se retrouve compressé d’une incroyable force. Je me trouve adossé au mur, recroquevillé sur moi-même, tel un fœtus. Tandis que ma respiration reprend petit à petit un rythme normal, j’essaie tant bien que mal de reprendre le contrôle de moi-même. S’effacer du monde qui m’entoure…

C’est uniquement quand la quasi-totalité des élèves sont partis que je me relève. Pour un premier jour, c’est rude…

« C’est bon ? T’as fini de pleurer dans ton coin ? me demande Nathan d’un ton narquois.
- Laisse-moi tranquille, s’il-te-plaît… »

Je poursuis mon chemin, malgré ma difficile adaptation à l’atmosphère des lieux. Finalement, après avoir fait l’expédition la plus longue de ma vie, je suis en face de la porte. LA sublime porte du bureau de la directrice. J’avance ma main pour frapper. J’hésite pendant deux minutes, et je renonce.

« Bah alors ? Qu’est-ce que t’attends ?
- Je… Je ne sais pas… A partir du moment où je pénètrerai dans cette salle, toute ma vie sera différente… Ce sera comme un nouveau départ, un moyen de tirer un trait sur le passé. Et pourtant… J’ai peur… Peur de l’inconnu… »


Comme depuis bien longtemps, je continue à me confier à Nathan. Enfin, à son « esprit », parce que je sais qu’il n’est plus de ce monde, à présent. Mais c’est la seule personne à qui je peux m’exprimer sincèrement, sans avoir peur qu’il ne trahisse mes secrets.
Je me retourne vers lui, et finit par lui sourire. Quelque part, je me sens moins seul grâce à ça… Mais le problème se situe autre part : je suis le seul à pouvoir le voir. Alors forcément, quand je communique avec lui… Les gens pensent que je parle tout seul.

Peu importe, il ne faut pas que j’hésite davantage. Une, deux… Je frappe à la porte. Après quelques secondes d’appréhension, quelqu’un ouvre la porte.
Aaah ! Qu’est-ce que je suis censé faire qu’est-ce que je suis censé faire qu’est-ce que je suis censé faire ?!
Je souris maladroitement en fixant le sol et je déclare :

« Bonjour… »
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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Un premier jour...   Sam 6 Juil - 11:58

Gabriella soupira d'un air désespérée en relisant la lettre de démission du directeur adjoint. En plein mois d'Octobre ! Alors qu'il venait tout juste de rentrer en poste... Elle avait bien vu que la flamme éducative l'avait quitté depuis un moment, mais ne s'attendait tout de même pas à un départ si brusque. Et elle ne voyait personne, pour l'instant, pour le remplacer. Le Rectorat allait encore lui faire une scène, et utiliser ce départ comme prétexte supplémentaire pour augmenter la pression. Elle voyait ça d'ici. Bon, il allait falloir passer des entretiens d'embauche. Ce n'était pas les candidats qui manquaient, en ces temps de crise, mais elle tenait à trouver quelqu'un de sérieux et responsable, aimant son métier, et bon pédagogue.

Elle alluma la radio à faible volume, aimant avoir un fond de musique pour travailler. La symphonie de Bach emplit l'atmosphère, et elle se concentra sur ses dossiers. Un peu plus tard, la radio crachota et laissa place aux informations. Elle augmenta légèrement le volume, soucieuse.

« Après la dissolution du Parlement Allemand, au mois de Juillet, les élections ont confortés le nouveau parti National Socialiste d'Her Hitler, qui remporte 18,6% des sièges, ce qui en fait le deuxième plus important parti d'Allemagne. Nous rappelons que la doctrine de ce parti... »

Gabriella coupa la radio d'un geste vif, n'ayant pas vraiment envie d'en entendre plus. On pouvait l'accuser d'être pessimiste et tout ce qu'on voulait, mais ça puait la guerre à plein nez. La crise, les tensions nationales... C'était mauvais. Elle entendit tout à coup des pas dans le couloir. Ah, ce devait être le petit nouveau. Elle attendit qu'il frappe, mais les pas stoppèrent devant la porte et il n'y eut aucun bruit. Intimidé ? Elle secoua légèrement la tête et sourit, se levant.

Ethan - Je… Je ne sais pas… A partir du moment où je pénétrerai dans cette salle, toute ma vie sera différente… Ce sera comme un nouveau départ, un moyen de tirer un trait sur le passé. Et pourtant… J’ai peur… Peur de l’inconnu…

Heu, il parlait tout seul ? Incroyable d'être stressé à ce point, elle n'allait pas le dévorer. Enfin, elle avait bien vu ça avec la petite Rose Delis au moins de septembre, les nouveaux étaient souvent terrorisés en arrivant ici. Le Pensionnat pouvait intimider un peu, au début, mais on s'habituait très vite. Elle contourna son bureau, après qu'il ait finalement toqué, et alla ouvrir la porte. Ethan baissa presque presque instantanément les yeux, après un sourire tremblotant.

Ethan - Bonjour…

- Bonjour, Ethan. Entre.

Elle s'écarta pour le laisser passer et referma la porte. Mon Dieu qu'il avait l'air mal à l'aise. Elle lui dit de s'asseoir et s'installa à son tour, rangeant rapidement quelques papiers administratifs pour attraper le dossier de scolarité qu'avait rempli le nouvel élève. Ethan Meyer, né le 2 Décembre 1914, qui aura donc seize ans dans deux mois. Vivant à Paris, possédant l'élément glace, au vu de ce qui était noté. Très bien.

- Et bien, Ethan, je suis Gabriella de Lizeux, la directrice du Pensionnat Sainte Famille. Je te souhaite la bienvenue parmi nous, et j'espère que tu t'intégreras vite ici. De toute façon, au moindre souci, tu peux m'en parler, ou à l'un de tes professeurs. Je ne sais que ce n'est pas facile d'arriver en cours de cursus.

Elle sortit quelques papiers, ainsi qu'un guide du Pensionnat qu'elle lui tendit. Le domaine était grand, et les nouveaux s'y perdaient facilement.

- Je dois te poser quelques questions. Tu sais déjà que cette école est réservée aux jeunes possédant des dons particuliers. Comment as-tu découvert ton propre élément ? J'aimerais aussi que tu me parles un peu de ton parcours scolaire avant d'arriver ici, je te prie.

Elle lui sourit d'un air avenant, pour tenter de le mettre un minimum à l'aise.

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MessageSujet: Re: Un premier jour...   Lun 8 Juil - 16:32

« Bonjour, Ethan. Entre. »

Intrigué par la voix de la directrice, je relève la tête. Je remarque immédiatement ses yeux de couleur obsidienne, ainsi que la blondeur de ses cheveux qui illumine son visage. Nathan la considère un moment avant de déclarer :

« Eh ben, elle est vachement belle, cette directrice… Tu peux t’estimer heureux ! »

Décidément, il est irrécupérable… Mais on ne peut nier que cette femme présente un certain charme. De toute évidence, je ne suis pas là pour passer mon temps à contempler chacune des filles du pensionnat. Je suis plus présent par obligation qu’autre chose…
Mon interlocutrice finit par se présenter :

« Et bien, Ethan, je suis Gabriella de Lizeux, la directrice du Pensionnat Sainte Famille. Je te souhaite la bienvenue parmi nous, et j'espère que tu t'intégreras vite ici. De toute façon, au moindre souci, tu peux m'en parler, ou à l'un de tes professeurs. Je ne sais que ce n'est pas facile d'arriver en cours de cursus. »

Après ce long discours plus destiné à remplir les formalités qu’autre chose, la directrice déploie devant mes yeux une liasse de papiers ainsi qu’un petit grimoire : "Guide du Pensionnat". Je les saisis sans trop réfléchir.

« Je dois te poser quelques questions. Tu sais déjà que cette école est réservée aux jeunes possédant des dons particuliers. Comment as-tu découvert ton propre élément ? J'aimerais aussi que tu me parles un peu de ton parcours scolaire avant d'arriver ici, je te prie. »

Pire qu’un interrogatoire, ces questions me transpercent le cœur tel des épées. Au final, je dois déterrer les fantômes du passé…
Je me mords la lèvre pour me reprendre : rester calme et naturel… Comme si je devais remettre une sorte de "déguisement", une quelconque façade me permettant de ne pas montrer ce que j’éprouve réellement. Un masque d’un individu anonyme et placide.
Ce n’est pas comme si je joue ma vie, après tout.

« Mais ton avenir, peut-être… »

Je détourne mon regard de Nathan. De toute façon, c’est moi qui ai décidé de me rendre ici… A la vue de la fenêtre derrière le bureau, une pensée me traverse l’esprit.
Est-ce que je saute ? Si je veux revenir en arrière, c’est tout de suite. Maintenant. Je me lève brusquement par réflexe, comme si un véritable électrochoc me parcourt le corps.
Je me ressaisis toutefois, avant de me rasseoir calmement. Ce flot d’émotions qui me parcourent en quelques secondes m’ont un peu déstabilisé… Mais Madame de Lizeux doit être en train de se poser des questions à mon sujet…

« Excusez-moi, j’ai des fourmis dans les jambes. » lui dis-je avec un petit sourire.

Ce doivent être les pires sornettes que je n’aie jamais inventée depuis bien longtemps. Je n'aime pas mentir, à vrai dire. D’ailleurs, je ne comprends pas ce qu’il m’arrive. Être dans un lieu public, comme ça, en face d’une inconnue… Tout ce que je hais. Je devrais vite m’habituer avant de réellement perdre mes moyens.

« Si tu veux passer inaperçu aux yeux de la directrice pour ton premier jour, je crois que c’est raté… »


Merci, je crois avoir déjà compris…
En tout cas, cela m’a permis de gagner un peu de temps pour savoir ce que je pourrais lui répondre. Je ne souhaite surtout pas lui dire la vérité – du moins, pas toute la vérité. Je me contenterai d’une histoire courte et simple, chargée d’ellipses narratives…

« J’ai découvert mon élément le jour où je me suis brûlé les mains. Un accident banal, en somme. Une étrange énergie me parcourut, quand j’ai constaté que… j’avais de la glace au creux de mes mains. »

Oui, je me souviens très bien de cet « accident banal »… Quand j’ai essayé de retrouver Nathan parmi les débris et les cendres des déchets, au milieu de ce décor apocalyptique. Au point de me cramer les membres. Ce qui m’a sauvé en ce lieu infernal de la consumation totale, c’était… cet étrange pouvoir. La glace.
Je me suis longtemps questionné à ce sujet. D’abord sur ce "don" qui, semble-t-il, n’était pas accordé à tout le monde. Puis sur le fait que j’étais toujours aussi vulnérable au feu… Ce cauchemar vivant qui me poursuivait même dans mes songes, telle une affreuse bête des fournaises.
J’étaye un peu plus ma réponse quant à mon parcours scolaire :

« Quand j’étais plus jeune, mes parents ne désiraient pas m’envoyer à l’école – sûrement parce qu’ils voulaient s’assurer de la qualité de mon éducation. »

En fait, je savais depuis longtemps pourquoi ils ne voulaient pas m’envoyer là-bas. Repoussés par l’idée d’une école laïque, mes procréateurs, aveuglés par un fanatisme religieux, ont fait appel à de grands professeurs (chrétiens, s’entend). Ma vie était alors ponctuée de séances d’études interminables, de longues discussions politiques à n’en plus finir, et d’un lavage de cerveau religieux digne des plus grandes sectes.
Je poursuis :

« Mais la plupart du temps, je préférais étudier seul. »

Je m’arrête brusquement ici. Je n’ai jamais été très doué pour l’improvisation, surtout si je devais raconter une semi-vérité.
En effet, j’étudiais seul. Je ne supportais pas ce que mes professeurs disaient – tout ce qu’ils déblatéraient empestait le catholicisme aveugle. Surtout pour la littérature.

« Oui… surtout pour la littérature... »

J’ignore si je devrais donner de plus amples informations sur mon histoire. Je ne la trouve pas passionnante, alors pourquoi est-ce que tout le monde s’évertue à vouloir connaître un passé aussi exécrable qu’ennuyeux ?

« Je ne voudrais pas vous mentir, mais j’aimerais bien savoir… Est-ce que la religion tient une place importante dans ce pensionnat ? »

Je n’avais pas prêté plus attention à la partie "religion" que cela... Rien que le fait d’ouïr ce nom me lasse, à présent.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Un premier jour...   Lun 8 Juil - 18:44

Tenter de mettre les nouveaux élèves à l'aise était l'une des priorités de la jeune directrice lorsqu'elle les rencontrait pour la première fois. Cela passait par un sourire, quelques paroles rassurantes, les informer... Sauf qu'avec ce jeune garçon, l'exercice s'annonçait d'ores et déjà plus délicat. Inutile d'être sorti de la Sorbonne à Paris pour comprendre qu'il était on ne peut plus nerveux. Elle attendait qu'il se décide à répondre, l'observant malgré elle. il ne faisait vraiment pas ses seize ans, en tout cas.

Il se leva tout à coup, et elle faillit l'imiter. Pour quoi ? L'apaiser ? Le maîtriser ? Ce gosse lui apparaissait totalement perdu, et il lui vint à l'esprit qu'il serait bien capable de faire une connerie. du genre irréversible. des étincelles crépitèrent à sa main gauche, posée sur l'accoudoir du fauteuil. l'élément foudre s'avérait particulièrement utile dans certaines occasions. Elle l'avait déjà utilisé alors que, professeur, elle avait assommé l'ancien directeur lorsqu'il avait voulu se jeter par la fenêtre. sa femme l'avait quitté, et le pauvre homme l'avait très mal pris. un mois plus tard, il démissionnait en la faisant directrice dans la foulée. Une promotion pour avoir électrocuté légèrement son supérieur, ce n'était pas banal.

Ethan - Excusez-moi, j’ai des fourmis dans les jambes.

Oui... Ou pas. Elle faillit soupirer. Pourtant, elle en avait entendu, des excuses idiotes, au cours de sa carrière, mais passons. Il était nouveau et nerveux, cela compensait. Au moins lui avait-il épargné de devoir l'électrocuter en essayant de se jeter par la fenêtre. Ce genre de traitements de choc vous mettaient souvent en froid avec les gens. et il n'y avait pas que ça. A 22 ans, elle avait bien failli noyer tous ses collègues lors d'une réunion lorsqu'elle avait découvert son second élément, l'eau. Que de souvenirs...

Ethan sembla se reprendre, puis lui raconta la découverte de son don. selon la façon dont il parlait, elle devinait que cette découverte s'était faite relativement tard. c'était assez curieux, en soi. Un don se dévoilait vers huit ou neuf, dix ans au plus tard. Souvent par accident d'ailleurs. Qu'un adolescent découvre ses pouvoirs si tard résultait, la plupart du temps, d'un grave choc émotionnel, ou d'un bouleversement important. D'ailleurs, le petit avait pâli, et s'empressa de changer de sujet.

Ethan - Quand j’étais plus jeune, mes parents ne désiraient pas m’envoyer à l’école – sûrement parce qu’ils voulaient s’assurer de la qualité de mon éducation.

Elle hocha brièvement la tête. C'était une pratique très courante dans les familles riches. Elle-même avait été éduquée comme cela, comme la majorité des personnes étudiant entre ces murs. Une éducation souvent stricte, et très portée sur la religion, qui ne semblait pas particulièrement emballer le jeune homme assis en face d'elle. C'était sans doute naturel... On ne tombait pas toujours sur de bons précepteurs, et beaucoup n'étaient que des fanatiques névrosés, qui terrifiaient plus leurs élèves qu'ils ne leur apprenaient quelque chose. Elle avait toujours eu une dent contre ces grands freluquets qui s'engraissaient sur le dos des autres en contaminant l'esprit des jeunes par leur incompétence et leur perversité. Exagération ? Peut-être. Mais elle restait libre de ses opinions, n'estimant n'avoir de compte à rendre qu'à sa propre conscience.

Ethan - Oui… surtout pour la littérature...

Elle espérait qu'il avait lu seul au moins quelques bons livres, autant de classiques que de romans contemporains. Il était important d'avoir un bon bagage littéraire, on en tirait souvent de bonnes réparties pour se débarrasser des gêneurs. Et encore, elle restait polie ! Elle retint un ricanement alors que ses déboires avec le Conseil Supérieur du Pensionnat lui revenaient en mémoire.

Ethan - Je ne voudrais pas vous mentir, mais j’aimerais bien savoir… Est-ce que la religion tient une place importante dans ce pensionnat ?

Ah, la religion, vaste sujet... Gabriella avait beau être croyante, cela n'empêchait guère de se bouffer le nez avec tous les prêtres qu'elle croisait, en particulier ceux qui pensaient diriger l'école à sa place. En particulier Môssieur l'évêque qui... Mais passons, elle risquait d'être grossière.

- Sur le principe, oui. Le Pensionnat est à la base une école d'élite, et Catholique, réservée aux enfants de familles riches et disposant de dons particuliers. Fort heureusement, les choses ont tendances à se démocratiser. Nous avons des élèves boursiers, et même si la messe du Dimanche matin est obligatoire pour tout le monde, chacun est libre de ses croyances.

Elle retint un long soupir, puis remplit rapidement le formulaire devant elle pour finaliser l'inscription, signant presque rageusement, avant de reporter son attention sur Ethan.

- Je ne te cacherais que l'Eglise sait faire pression sur cette école... Le Fondateur de Sainte Famille était un prêtre, après tout. Enfin, soucies-toi plus de tes résultats scolaires que de la religion, comme tout le monde, nous ne formais pas de prêtres ni de nonnes, ici.

Elle rangea les papiers, après en avoir faits signer quelques uns à son nouvel élève. Voilà qui était fait. elle n'était pas certaine d'avoir pu cacher sa rancune profonde envers le pouvoir épiscopale, mais ce n'était qu'un détail.

- Pour l'histoire, cette école est un ancien Institut religieux. Tu en verras des traces si tu te balades du côté de la chapelle ou près de l'entrée des catacombes. Ces dernières étant interdites d'accès, je le précise d'entrée de jeu. As-tu des questions ? Ah, et si tu le souhaites, un élève peut te servir de guide et de tuteur, pour tes premières semaines ici, le temps que tu t'intègres.

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MessageSujet: Re: Un premier jour...   Lun 8 Juil - 23:40

« Sur le principe, oui. Le Pensionnat est à la base une école d'élite, et Catholique, réservée aux enfants de familles riches et disposant de dons particuliers. Fort heureusement, les choses ont tendances à se démocratiser. Nous avons des élèves boursiers, et même si la messe du Dimanche matin est obligatoire pour tout le monde, chacun est libre de ses croyances. »

Je devrais me réjouir. Un peu de temps à consacrer un dimanche pour un peu plus de liberté de penser ? Pourquoi pas. Surtout si cela me permet d’éviter de subir d’autres longues anecdotes superflues sur la religion. De toute façon, je ne crois plus en Dieu. Ce n’est plus qu’un mythe parmi tant d’autres, tout comme le père Noël (soit dit en passant, merci George Sand pour la popularisation de cette légende)… Et puis, si je devais me confier à quelqu’un, ce ne serait sûrement pas auprès de Dieu ou de ses ignobles acolytes.
Ce fameux Dieu de miséricorde, de bonté, de je-ne-sais-quoi, s’il est vraiment là, je l’exècre. J’avais foi en lui. Si ce pseudo-Dieu a réellement existé, où est-il ? Où était-il le jour de l’incendie ?
Je l'ai regardé droit dans les yeux pour l’interpeller, je lui ai craché ma colère, ma haine, ma rancœur en pleine figure. Lui, il devait bien trouver cette histoire désopilante, à épier de là-haut ma misérable existence, comme on observe des misérables insectes à la loupe. Parce que je faisais tout ce qu'il voulait que je fasse, il connaissait l'issue, il connaissait le pourquoi.
Dieu est néant.

« Je ne te cacherais que l'Eglise sait faire pression sur cette école... Le Fondateur de Sainte Famille était un prêtre, après tout. Enfin, soucie-toi plus de tes résultats scolaires que de la religion, comme tout le monde, nous ne formons pas de prêtres ni de nonnes, ici. »

Assis sur le bureau, mon ami se met à ricaner :

« On pourrait presque sentir une pointe d’ironie~ »


A mon avis, nombreuses étaient les personnes exigeant le principe longtemps rejeté que demeure le sécularisme. Je n’ai pas plus le temps de m’attarder sur la question : la directrice me présente les derniers papiers à signer pour mon inscription. Comme si je conclus un pacte avec le diable, je scelle mon destin sur ce bout de papier.

« Pour l'histoire, cette école est un ancien Institut religieux. Tu en verras des traces si tu te balades du côté de la chapelle ou près de l'entrée des catacombes.
- Des… catacombes ? Génial ! Faudra qu’on y aille, ce sera amusant !
- Ces dernières étant interdites d'accès, je le précise d'entrée de jeu.
- C’est encore plus excitant ! On y va quand tu veux ! »


Ah, les catacombes… Véritable niche à cadavres… Cela me rappelle de bons souvenirs avec Nathan. Même en ce lieu était effrayant, il avait… une présence rassurante. Comme s’il arrivait à trouver amusant n’importe quelle situation. Maintenant que j’y repense, c’était tellement amusant…
J’esquisse un léger sourire.

« As-tu des questions ? Ah, et si tu le souhaites, un élève peut te servir de guide et de tuteur, pour tes premières semaines ici, le temps que tu t'intègres. »

J’aimerais bien répondre négativement, en déclarant froidement ne pas avoir besoin d’aide. Après tout, je ne désire pas connaître mes camarades, et encore moins visiter les lieux. Je possède déjà un plan, cela ne constituerait qu’une perte de temps et d’énergie. Mais le regard de Nathan me rappelle que je me dois de tenir un certain rôle.
C’est avec un grand sourire que je réponds :

« C’est vrai ? Ce serait vraiment gentil… »

Apprécier la compagnie de quelqu’un d’autre que Nathan ? Cela me semble être d’une difficulté titanesque… Et si je me liais d’amitié avec la personne qui me sera attribuée ? Je ne veux pas revivre ça…
Normalement, à chaque fois que je me blesse, mes lésions se referment toutes seules, avec un peu de patience. Mais là, c’est différent. J’ai mal au cœur… Comme une plaie béante qui me fait horriblement souffrir… Une sorte de blessure qui ne veut pas se refermer, et que rien ne guérira.
Alors que tout allait bien, une seconde vive douleur me saisit entièrement. Je serre mes mains à l’assise de ma chaise, pour me retenir de crier. Immédiatement, je scrute la fenêtre. Je… Je ne dois pas…

Finalement, quelque chose me retient les mains. C’est quand j’y prête un peu plus attention que je remarque que… mes mains sont attachés à la chaise. Avec de la glace.
Je relève la tête vers la directrice, comme pour dire « oups »…

HRP:
 
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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Un premier jour...   Mar 9 Juil - 11:30

[Avec les indic's de jaz' pour la fin]

Voilà qui était fait. Un dossier plié, bouclé, rangé, qui ira rejoindre tous les autres dans l'épaisse armoire au fond du bureau. Elle y apposa la marque de l'école, et ferma soigneusement la boucle. Le nouvel élève semblait hésiter à accepter l'aide de quelqu'un, mais il finit par sourire et accepter.

Il regardait à nouveau la fenêtre, fixement, ce qui lui fit craindre à nouveau qu'il ne s'y jette. A moins qu'il n'y ait quelque chose dehors qu'elle n'ait pas remarqué ? Le parc était pourtant parfaitement normal, avec quelques élèves qui y couraient ou discutaient, les ruines de Sallat se dessinant au loin, au cœur de la forêt, les échos de la ville, à une dizaine de kilomètres d'ici.

Ethan fronça tout à coup les sourcils, puis eut une moue gênée. Oui ? Que se passait-il ? Il releva la tête vers elle, et elle aperçut à ce moment-là la glace qui recouvrait ses mains. D'accord. Bon, ce n'était pas très grave. Elle se leva et regarda sa main. Rajouter de l'eau n'était pas une bonne idée, mais il lui restait l'élément foudre. Non, pas pour électrocuter le petit, juste pour le libérer.

- Attends, ne bouge pas.

Elle lui prit le poignet d'une main et plaça l'autre près de la glace. Sa paume picota et de petites étincelles en sortirent, chauffant la glace pour la faire fondre. Elle procéda de la même façon pour l'autre main, laissant s'écouler sur le plancher, puis lui tendit une serviette pour qu'il s'essuie.

- Très bien, suis-moi, je vais te montrer le dortoir et te présenter à ton tuteur.

Elle le précéda dans le couloir puis l'escalier, redescendant les étages, et s'arrêtant au premier étage. Les cours du matin allaient bientôt s'achever. Ouvrant la porte du dortoir des garçons, elle lui montra une immense pièce avec de longues rangées de lit, séparés en section selon les classes d'âge. Elle le mena non loin du fond et lui montra un lit où avait déjà été déposé toutes ses affaires.

- Le couvre-feu est à 23 heures pour les plus de 15 ans. En cas de problème la nuit, adresse-toi aux surveillants.

Elle avait à peine fini sa phrase qu'un autre entra, essoufflé, et vint en courant vers eux. Jasper Karinof, nouveau guide d'Ethan. Il s'était proposé avec entrain lorsque Gabriella avait demandé un volontaire. Il les salua, essoufflé, puis leur fit un très grand sourire en criant bonjour. Elle le présenta à Ethan d'un signe de main et en quelques mots.

- Bon, je vous laisse. Jasper, s'il te plaît, je sais que c'est difficile pour toi, mais essaye de ne rien faire de... Stupide. Bonne journée.

Elle laissa les deux garçons, et repartit dans son bureau, ranger le dossier d'ethan Meyer, et se replonger dans son travail.

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