1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Une nuit d'étoiles

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Solène Nakajima
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MessageSujet: Une nuit d'étoiles   Mer 8 Juil - 23:29

Solène tourna sur elle-même devant le glace, bras levés, pour juger de l'effet. Himako claqua des mains avec un air tout à fait réjoui en lui disant que ça allait très bien. Elle venait de passer un bon quart d'heure à l'aider à s'habiller, après l'avoir coiffée. Elle parlait couramment français, elle aussi, ce qui avait d'abord surpris la jeune femme lorsqu'elle l'avait rencontrée. Puis elle l'avait emmené dans sa chambre et l'avait coiffée et habillée. Elle lui dit que ça lui allait très bien et qu'elle ne devait pas s'en faire. Pour elle, c'était parfait ! Mais Solène doutait... Son teint pâle et ses cheveux très blonds faisaient tâches, non ? Elle ne s'était jamais trouvé bien belle, ni même jolie. Elle était plutôt commune, semblable à toute jeune femme de son âge, sortant tout juste de l'adolescence. Pas petite, mais pas très grande non plus. Assez maigre. Elle n'avait même pas de poitrine ! Franchement, non, au niveau physique, il n'y avait rien à lui trouver. Elle pinça les lèvres en laissant retomber ses bras, n'étant pas sûre du tout qu'elle pouvait se balader comme ça. Elle était assez à l'aise, oui, mais tout de même... Cette tenue sur une jeune Européenne sans charme particulier, ce n'était pas génial.

Himako – Ça te va à ravir, sourit-il en lui posant les deux mains sur les épaules, les regardant dans le miroir. Kimmitsu va adorer te voir comme ça.

Solène – Tu... crois ?

Himako – Bien sûr ! Et mon frère adore cette couleur, tu vas encore plus lui plaire. Ai confiance. Depuis le temps qu'on attend qu'il trouve une femme qui lui plaise, tu as tout notre soutien pour le séduire.

Solène rougit un peu, tout en se regardant dans le miroir. Elle portait un long kimono d'intérieur, couleur bleu nuit, avec de délicats motifs noirs qui semblaient peints à l'encre de chine. Cela représentait des oiseaux qui s'envolaient, tenant des rameaux d'olivier dans leurs becs. Elle portait des chaussettes blanches, à la mode du Japon, et ses cheveux étaient coiffés en un chignon compliqué. Himako y avait accroché une fleur de camélia, qu'elle avait tenu avec une épingle. Le kimono, du fait de sa conception, était bien chaud, elle était bien, malgré l'air bien plus froid qui était tombé ce soir-là. Dans cette région, l'hiver durait presque la moitié de l'année et il pourrait y avoir du verglas demain matin. Elle sourit à son reflet, les mains jointes devant sa poitrine. Elle ne se reconnaissait pas, das cette tenue, mais elle se trouvait plutôt jolie. Pour une fois, elle pourrait peut-être attirer le regard. Elle sortit de la chambre avec Himako, encore peu habituée à ne marcher qu'en chaussette. Adeline et Victoire ne devaient pas être loin mais elle craignait de les croiser dans une telle tenue.

Faisant coulisser la porte, elle sortit sous le porche, sur le long ponton de bois qui entourait toute la maison, comme un balcon. Himako lui avait dit que son frère aimait passer du temps au-dehors, à regarder les étoiles et la nuit, avant d'aller dormir. Elle dû avancer à petits pas, le kimono ne lui permettant pas de grandes enjambées. De loin, un observateur curieux la prendrait pour n'importe quelle autre femme de ce pays. Un pays qu'elle aimait déjà, malgré le fait qu'elle venait de le découvrir. Elle finit par trouver Kimmitsu un peu plus loin, assis sur le parquet de bois, une couverture sur les épaules et un petit plateau avec du thé à côté de lui. Elle n'osa d'abord pas le déranger, voyant son air très absorbé alors qu'il contemplait la nuit, le paysage et le ciel étoilé. Le voir dans ce cadre était fascinant, pour elle, il était très détendu, plus ouvert, à l'aise dans cet environnement, avec toute sa famille. En le dévisageant, de loin, elle en vint à se demander ce qui l'avait fait quitter le Japon pour la France. Pourquoi était-il parti loin des siens, ne revenant qu'en été ?

Elle se rapprocha enfin, espérant ne pas le déranger, puis s'assit près de lui. Elle allait s'excuser de le tirer de ses pensées lorsqu'il souleva un pan de la couverture pour qu'elle vienne se blottir contre lui et la partager. Elle rosit de plaisir, venant appuyer sa tête contre son épaule, alors qu'il refermait la couverture sur eux deux. Il la tenait par la taille, elle pouvait sentir sa main malgré l'épaisseur de la ceinture et du tissu. Elle était bien, avec lui, bien mieux qu'elle n'aurait cru l'être en si peu de temps. Elle ferma les yeux, profitant juste d'être contre lui, sans aucun danger ni rien à penser. Ce n'est qu'au bout d'un long moment qu'elle remua un peu, rouvrant les yeux, sentant sur son visage le froid de la nuit. Victoire et Adeline devaient peut-être dormir, à cette heure... A moins qu'elles ne soient entre de lire ou s'amuser.

Solène – On ne voit pas le temps passer, ici, dit-il en regardant les montagnes au loin, éclairées par la lune. C'est si paisible... Dis-moi, je peux te demander quelque chose ?

Elle redressa la tête pour voir son air et être bien certaine qu'il n'était pas lassé ou déranger par sa présence. C'était un peu ridicule, puisqu'il la tenait ainsi, mais elle voulait être sûre.

Solène – Pourquoi as-tu quitté ton pays pour venir en France ? Je ne m'en plains pas, ne réponds pas si ça te gêne... J'essaye juste de comprendre, ce qui a pu te pousser, te motiver.

Elle voulait en apprendre plus sur lui, sa culture, ses origines, sa famille, sa façon de penser. Beaucoup n'arrivaient pas à le cerner et elle ne voulait pas se freiner à ses impressions, elle avait vraiment envie de savoir qui il était véritablement.

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: Une nuit d'étoiles   Ven 10 Juil - 12:14

Il neigera peut-être, au matin, le temps s'était beaucoup refroidi. Kimmitsu leva le regard pour observer le ciel, assis sous le porche de bois, à l'abri du vent, une large couverture sur les épaules. Depuis qu'il était enfant, il venait s'asseoir ici tous les soirs, pour regarder le ciel s'obscurcir et les premières étoiles arriver. UN rituel auquel il ne dérogeait pas, même adulte, même maintenant qu'il ne revenait dans son pays qu'en été. Il souffla sur son thé, versé dans un gobelet en terre cuite, qu'un de ses frères aimait fabriquer et peindre quand il avait un peu de temps, puis le porta à ses lèvres, buvant un peu pour se réchauffer. Il venait d'avoir une très longue discussion avec sa mère, qui lui avait demandé comment se déroulait sa vie en France, ce qu'il y faisait, comment il se débrouillait, la façon dont il menait son existence, somme toute. Elle avait demandé à lui parler après le repas de ce soir et toute la famille s'était retirée pour les laisser discuter en paix. Leur mère était assez fatiguée, depuis quelques années, le poids de la vie se faisait plus dure, mais elle avait une grande famille qui pouvait la soutenir. En tant que mère et doyenne, elle était le chef de leur famille et tout le monde lui portait un grand respect. La mère tenait un rôle très important et central, dans la société du Japon, c'était une figure emblématique.

Ce qui se passait en France inquiétait sa famille, bien entendu, mais tous comprenaient sa décision de rester. Il était né dans une famille de samouraïs, son propre père l'avait été, lui-même aurait dû le devenir, s'il n'y avait pas eu la guerre. Personne n'abandonnait un combat, quoi qu'il arrive, et surtout pas une personne à qui on avait juré sa loyauté. Il avait longuement parlé de Gabriella-sama à sa mère lorsqu'elle lui avait demandé, assis près d'elle, leurs mains entrelacées. Puis il lui avait parlé du pensionnat, de son travail, d'Océane, aussi. Elle était la première élève qu'il prenait et il vit la petite lueur de fierté dans le regard de sa mère. Après avoir quitté sa mère, il s'était installé à sa place habituel, silencieux. Il se demandait ce que Père aurait pensé de tout cela. Le jugement qu'il en aurait eu. Il baissa la tête sur le thé vert puis but une autre gorgée avant de déposer le gobelet, regardant la nuit et les étoiles. Il était parti en France depuis bien longtemps, à présent, mais il n'aurait pas cru, il y a quelques années, que de tels problèmes arriverait à Ste Famille. Cette école avait toujours semblé aussi solide qu'un roc. L'ancien directeur était une personne très solide et Gabriella-sama ne l'était pas moins. Elle saura poursuivre le travail engagé par son prédécesseur.

Un mouvement lui fit tourner la tête. Solène était là, habillée d'un long kimono couleur nuit avec des motifs très fin, coiffée comme pour un jour de fête. Il eut un sourire en la regardant s'approcher, touché qu'elle ait pris la peine de s'habiller ainsi. Elle vint s'asseoir à son tour et il l'invita à se blottir sous la couverture avec lui, pour la préserver du froid. Il la referma sur elle puis glissa son bras autour de sa taille, alors qu'elle posait la tête sur son épaule. Elle avait beau être bien plus jeune que lui, ce n'était pas très important. Il y avait bien des couples d'âges différents dans son pays, ce n'était pas un critère qui comptait lorsque venait le moment de choisir un compagnon ou une compagne. Solène était d'une nature très douce, la famille de Kimmitsu l'appréciait déjà. Mère lui avait demandé s'il comptait l'épouser et c'était effectivement dans ses projets, demander sa main. Ici, loin de la tourmente où ils étaient plongés en France, il était plus facile de rêver à l'avenir et d'imaginer le futur.

– On ne voit pas le temps passer, ici, dit-il en regardant les montagnes au loin, éclairées par la lune. C'est si paisible... Dis-moi, je peux te demander quelque chose ?

Bien sûr. Il hocha doucement la tête pour lui signifier alors qu'elle redressait un instant la sienne. Elle pouvait lui demander ce qu'elle voulait, il n'avait rien à cacher, il pouvait expliquer sa culture ou autre chose à quiconque le demandait. Enfin, d'ordinaire, personne ne lui posait la moindre question, c'était à croire qu'il effrayait. Il espérait ne pas faire peur, pourtant, il ne faisait rien de particulier pour effrayer les gens. Il eut un maigre sourire à cette idée, toujours en regardant le jardin sous la lumière de la lune.

– Pourquoi as-tu quitté ton pays pour venir en France ? Je ne m'en plains pas, ne réponds pas si ça te gêne... J'essaye juste de comprendre, ce qui a pu te pousser, te motiver.

Elle devait être la première à lui demander cela... Personne ne lui avait jamais posé la question, même si on l'avait parfois agressé à cause de son apparence ou critiqué en l'appelant "Le Chinois", comme dans un lycée particulièrement odieux où il avait travaillé. Il précisait toujours qu'il était Japonais mais ça ne changeait rien pour ses détracteurs. Ils n'avaient pas conscience que pour un Chinois ou un Japonais, un Allemand et un Français n'avaient pas non plus la moindre différence. Ce genre de réflexion était donc lassante, les idiots ne comprenaient pas qu'on ne pouvait se baser uniquement sur le physique pour classer une personne dans un pays ou un autre. On pouvait le confondre avec des Tibétains, des chinois ou des Coréens. Lui pouvait confondre de même des Français, des Italiens ou des Anglais.

– La France a toujours été un pays cher à mon cœur, dit-il après une minute, dans un murmure. Il y a longtemps, à présent, une grande guerre a secoué le Japon. Nous vivions depuis des siècles dans un système féodal, avec plusieurs contrées, sous l'autorité d'un Shogun. Les Seigneurs de chaque clan lui obéissaient et le servaient, avec leurs armées de samouraïs. Mon père était un samouraï, moi et mes frères étions destinés à le devenir. Mais une guerre a été menée contre nous par les Etats-Unis, qui voulaient nous forcer à rouvrir nos frontières et restaurer un Empire afin de faire du commerce. L'armée Française est venue combattre à nos côtés pour préserver le Shogunat.

Il s'interrompit pour remettre en place la couverture sur eux, resserrant légèrement sa prise sur Solène. Tout en lui parlant, il se revoyait, encore petit garçon, devant son père qui s'armait. Son père qui s'agenouillait pour se mettre à hauteur et lui poser une main sur la tête avec un sourire, en lui disant qu'il reviendra. Il avait toujours tenu promesse.

– Nous avons perdu. L'Empire a été mis en place, le Shogun exécuté, la caste des samouraïs a été dissoute. Mon père est rentré blessé et anéanti de cette guerre. Il est mort ensuite. Pour ma part, j'ai étudié le français puis décidé de partir pour ce pays afin d'y enseigner les arts martiaux. Je suis arrivé au Pensionnat car un poste se libérait et que je venais de démissionner de mon précédent emploi. J'y suis resté depuis, revenant chez moi en été. La France est un pays que j'aime, pour sa mentalité, son Histoire, sa force. C'est un peuple qui ne se soumet pas. Un peu trop indiscipliné, sans doute, mais qui a une fierté bien établie. Ce pays nous a aidé autant qu'il a pu.

Il baissa la tête pour l'embrasser dans les cheveux, doucement, fermant un bref instant les yeux. Qu'il veuille vivre avec une Française n'était pas un tel hasard. Sa famille s'y attendait depuis bien longtemps.

– Tu peux être fière de ton pays, malgré ses problèmes. Je suis fier de mon pays natal mais aussi de mon pays d'adoption. Et si tu le souhaites et le désires aussi, je veux passer ma vie avec toi.

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Solène Nakajima
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MessageSujet: Re: Une nuit d'étoiles   Dim 19 Juil - 15:33

Solène espérait ne pas le vexer ni le blesser, encore moins le mettre mal à l'aise. Ce n'était pas de la curiosité malsaine ! N'est-ce pas ? Il était légitime de vouloir connaître le plus possible celui qu'on aimait mais elle craignait de lui remémorer de mauvais souvenirs ou de le rendre triste. Cette scène était déjà assez "irréelle" en soit ! Elle était au Japon avec Kimmitsu, dans une maison qui, à ses yeux, semblait tout droit sortie d'un conte oriental. Elle était vêtue d'un kimono magnifique, coiffée comme un jour de fête, assis sur un perron, enlacée par le sous-directeur du pensionnat. Qui aurait cru cela, il y a deux mois à peine ? Elle retint un rire nerveux en repensant à tout ce qui s'était passé en si peu de temps. Elle avait envie de passer un nouveau virage de sa vie, envie de poursuivre. Lui venait aussi l'envie de se redresser pour embrasser Kimmitsu dans le cou puis sur les lèvres mais se retenait en voyant son air sérieux, elle ne savait pas s'il prenait bien ce genre "d'attaque" surprise. Elle nota de demander cela à Himako, même si elle se sentait rougir férocement à cette seule idée. Elle revint à la réalité lorsqu'elle vit Kimmitsu rouvrir la bouche, sentant qu'il allait parler.

Kimmitsu – La France a toujours été un pays cher à mon cœur, dit-il après une minute, dans un murmure. Il y a longtemps, à présent, une grande guerre a secoué le Japon. Nous vivions depuis des siècles dans un système féodal, avec plusieurs contrées, sous l'autorité d'un Shogun. Les Seigneurs de chaque clan lui obéissaient et le servaient, avec leurs armées de samouraïs. Mon père était un samouraï, moi et mes frères étions destinés à le devenir. Mais une guerre a été menée contre nous par les Etats-Unis, qui voulaient nous forcer à rouvrir nos frontières et restaurer un Empire afin de faire du commerce. L'armée Française est venue combattre à nos côtés pour préserver le Shogunat.

Il resserra un peu sa prise sur elle alors qu'elle restait silencieuse, imaginant peu à peu ce qu'il lui racontait, influencée malgré elle par certains films qu'elle avait vu. Une guerre, assez terrible. Un père guerrier, avec une arme brillante et colorée, monté sur grand cheval, dans une forêt, sabre en main. Elle eut un peu de mal à réaliser que c'était ce destin qui attendait Kimmitsu, qu'il aurait dû devenir comme son père. Tout cela lui paraissait loin, et pourtant, cela n'était fini que depuis trente, quarante ans peut-être. Elle regarda autour d'elle, la maison si paisible, les montagnes couvertes de neige au loin, le froid qui les cernait. Dans une telle atmosphère, il était déjà plus facile d'imaginer ce qu'avait dû vivre Kimmitsu étant enfant. Il avait dû voir tous ses repères volet en éclat avec l'invasion de son pays et l'ouverture des frontières, avec la fin de l'époque Shogunale alors qu'il n'avait connu que cela depuis sa naissance. Elle eut un frisson, se blottissant un peu plus contre lui. Jamais elle n'aurait deviné le passé qu'il portait, comme personne au pensionnat, d'ailleurs. Le Japon était si loin de la France et pourtant ces deux pays étaient liés.

Kimmitsu – Nous avons perdu. L'Empire a été mis en place, le Shogun exécuté, la caste des samouraïs a été dissoute. Mon père est rentré blessé et anéanti de cette guerre. Il est mort ensuite. Pour ma part, j'ai étudié le français puis décidé de partir pour ce pays afin d'y enseigner les arts martiaux. Je suis arrivé au Pensionnat car un poste se libérait et que je venais de démissionner de mon précédent emploi. J'y suis resté depuis, revenant chez moi en été. La France est un pays que j'aime, pour sa mentalité, son Histoire, sa force. C'est un peuple qui ne se soumet pas. Un peu trop indiscipliné, sans doute, mais qui a une fierté bien établie. Ce pays nous a aidé autant qu'il a pu.

Elle eut un sourire lorsqu'il l'embrassa dans les cheveux, sentant à sa voix qu'il aimait autant la France que le Japon. Elle se sentait jeunette et naïve, d'un seul coup, ne s'étant jamais demandé si elle aimait son pays, se contentant de vivre sans se poser de questions. Elle y vivait, c'est tout. Oui, le pays avait une Histoire... Plutôt très mouvementée, d'ailleurs, cela avait été long et laborieux à étudier, à l'école primaire, puis au collège. Chaque nouveau chapitre d'histoire avait une facette sur toute la difficulté du peuple Français à supporter leurs gouvernements. Elle ignorait si c'était culturel, une sorte de tradition, mais c'était très fortement marqué, dans tous les cas. Elle releva la tête vers Kimmitsu, croisant son regard, son air paisible. A présent, elle comprenait mieux pourquoi sa famille n'avait eu l'air ni surprise ni réprobatrice en voyant qu'il avait ramené une Française pour petite amie.

Kimmitsu – Tu peux être fière de ton pays, malgré ses problèmes. Je suis fier de mon pays natal mais aussi de mon pays d'adoption. Et si tu le souhaites et le désires aussi, je veux passer ma vie avec toi.

Elle écarquilla les yeux, le cœur battant soudain beaucoup plus vite, et dans un brusque élan très impulsif, se jeta à son cou et l'entoura de ses bras pour l'embrasser, le faisant basculer sur le dos avec un rire de joie. Elle l'embrassa longuement avec passion avant de réaliser ce qu'elle venait de faire puis se redressa, les joues en feu, à moitié allongée sur lui. Elle bafouilla qu'elle était désolée mais il rit à son tour, après avoir affiché un air surpris, puis la prit par les bras pour l'attirer à nouveau. Elle était couchée sur son torse, blotti contre lui, rouge de gêne. Désolée !

Solène – Heu, ça va ? Tu ne t'es pas cogné la tête ? Désolée...

Kimmitsu – Ce sont les gênes familiales qui remontent, pour l'impulsivité, je suppose ? Mais ça va me va très bien comme ça...

Il la fit se retourner et elle se retrouva à son tour couchée par terre, lui au-dessus d'elle. Ils étaient emmêlés dans la grande couverture, plus très bien couverts, mais elle n'avait pas besoin de ça pour avoir extrêmement chaud, d'un seul coup. Elle brûlait de la tête aux pieds, le souffle un peu courts, et malheureusement, cela se voyait très bien dans la lumière de la lune. C'était vraiment normal qu'il fasse aussi chaud, alors que dans cette région, c'était encore l'hiver ? Elle eut un frisson lorsqu'elle sentit sa main caresser sa cuisse découverte, sous la couverture. Rougissant encore plus fort, elle passa les bras autour de son cou, son cœur refusant de prendre un rythme un peu plus normal.

Solène – Et si quelqu'un de ta famille nous voit ? chuchota-t-elle.

Il lui répondit dans un murmure qu'ils dormaient tous, à cette heure, puis fit remonter avec lenteur sa main le long de sa jambe. Solène faillit bien succomber à un arrêt cardiaque lorsqu'il toucha une partie nettement plus intime de son corps. Elle s'accrocha un peu plus à lui, les yeux fermés, si brûlante qu'elle aurait pu se consumer sur place. Paradoxalement, elle se sentait incroyablement bien.

Solène – On ne devrait pas... bafouilla-t-elle, rentrer... Plutôt ? Dehors... On va prendre froid...

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: Une nuit d'étoiles   Jeu 30 Juil - 12:57

Il attendait sa réponse, assez anxieux, il devait bien l’avouer. Elle pouvait très bien refuser de s’engager comme ça, avoir besoin de plus de temps ou simplement ne pas être encore sûre de son choix. Dans chaque cas, il respectera sa décision, même si ce sera avec peine, car lui était sûr de ce qu’il désirerait. Mais elle lui sauta tout à coup littéralement dessus, se jetant à son cou en le faisant basculer sur le dos et en riant. Il n’eut pas le temps de réagir, elle prit son visage en coupe puis l’embrassa à pleine bouche avec passion. Il ne put cacher sa stupeur, personne, de sa vie toute entière, ne lui était jamais tombé dessus comme ça ! Il se laissa faire, néanmoins, le contact étant hautement agréable, même s’il avait pris au dépourvu. Bravo le professeur de combat, pour le coup, il n’avait même pas pu réagir. Elle se redressa peu de temps après, les joues écarlates, alors qu’il essayait de se reprendre et masquer sa surprise. Il ne voulait pas la vexer, c’était très agréable, bien que surprenant !

Elle bafouilla tout à coup qu’elle était navrée alors qu’il retenait à rire, la rapprochant de lui. Ça n’avait rien de grave ! Mais bon, heureusement que tout le monde dormait car ils auraient offert un bau spectacle, emmêlés dans la couverture, couchés sur le parquet, dehors en plein hiver. Sa famille n’en aurait plus jamais fini de lui rappeler cet épisode, eux qui se payaient déjà bien sa tête, par moment. Il resserra son étreinte sur Solène, assez possessif. Elle lui avait semblé moins impulsive que sa sœur, pourtant, mais bon, elles étaient de la même famille. Il notait que c’était les déclarations d’amour qui la faisait bondir. C’était très mignon.

– Heu, ça va ? Tu ne t'es pas cogné la tête ? Désolée...

– Ce sont les gênes familiales qui remontent, pour l'impulsivité, je suppose ? Mais ça va me va très bien comme ça...

Il la fit se retourner sur le dos à son tour, l’allongeant sur la couverture, placé au-dessus d’elle. Elle était un peu décoiffée, des mèches venaient voler sur on visage et ses joues d’un beau rouge carmin, sa peau étant, sinon, très pâle, surtout sous la lumière de la lune. Elle était belle, désirable, et il se pencha pour l’embrasser sur la joue, puis son cou, tandis qu’elle s’accrochait à lui. Il glissa une main sur sa cuisse un peu découvert, la ceinture du kimono ayant été dérangée. Elle respira encore un peu plus vite, tandis qu’il caressait lentement la peau nue et douce, s’amusant de ses réactions. Sa famille serait sûrement ravie en les voyant, eux qui le harcelaient presque pour qu’il se trouve enfin une petite amie. Mais il était bien heureux d’être seul avec Solène, en cet instant. Loin des problèmes, loin de la France, juste avec elle. Rien ne pouvait leur arriver ici, c’était comme si le monde extérieur n’existait plus.

– Et si quelqu'un de ta famille nous voit ? chuchota-t-elle.

Il secoua la tête, chuchotant que tout le monde dormait, personne ne risquait d’arriver. Il l’embrassa dans le cou en faisant remonter sa main, frôlant son intimité, souriant en entendant son cœur faire un brusque bond. Il prenait tout son temps, autant pour leur plaisir que pour ne pas la brusquer ou l’effrayer, sachant qu’elle était vierge.

– On ne devrait pas... bafouilla-t-elle, rentrer... Plutôt ? Dehors... On va prendre froid...

Froid ? Hum, elle avait plutôt l’air d’avoir très chaud… Il sourit, puis l’enveloppa dans la couverture avant de la soulever dans ses bras, profitant qu’elle soit à la bonne hauteur pour l’embrasser longuement sur les lèvres. Il rentra doucement avec elle, dans la maison silencieuse, la portant comme si elle était en cristal précieux. Il se rendit ainsi au fond de la maison, faisant coulisser la porte de sa chambre et la refermant derrière eux. Lorsqu’il revenait chez lui, il dormait seul dans cette petite pièce, qui servait de bureau le reste de l’année. Il allongea Solène sur son futon, enlevant sa veste du même coup, repoussant la couverture. Ils étaient comme dans un nid ainsi. Ils s’embrassèrent avec plus de passion, ayant toujours aussi chaud. Solène enleva tout à coup sa ceinture puis fit glisser le kimono de ses épaules, le repoussant plus loin. Il mit ses deux mains sur sa taille fine, goûtant ses lèvres avec bonheur. Seule la lumière de la lune les éclairait, par la petite fenêtre, les rideaux n’étant pas fermés.

Ils se déshabillèrent peu à peu, mais Kimmitsu, tout comme Solène, eut un certain temps de gêne avant d’enlever ce qui restait de ses vêtements. Ils étaient enlacés, s’embrassant et se touchant. Elle sourit tout à coup puis enleva en un petit geste sec le grand peigne qui retenait ses cheveux, les laissant flotter librement. Le reste de la nuit fut un mélange de douceur et de passion. Ils ne dormirent pas beaucoup, emportés par la valse des sens. Solène versa une larme en perdant sa virginité mais il la consola bien vite. Ce n’est que une ou deux heures avant l’aube qu’ils s’endormirent, dans les bras l’un de l’autre. Kimmitsu ne rouvrit les yeux qu’en entendant du bruit dans la maison, plus tard. Sa famille devait préparer le petit-déjeuner, ils travaillaient ensemble aux champs, soignant les animaux, faisant quelques travaux, puis ensuite mangeaient le matin en famille. Il se redressa, aussi groggy que Solène. S’habillant assez vite, ils rejoignirent la famille, ainsi que Victoire et Adeline dans la salle à manger.

– Bonjour, dit-il en Japonais en s’asseyant avec elle.

Le regard de son frère ne portait guère à confusion, pas plus que son sourire en coin, toute sa famille avait dû comprendre à quoi ils avaient passé la nuit… D’autant plus que Kimmitsu n’avait jamais manqué un seul réveil, lorsqu’il était là, pour travailler avec eux. Himako souriait largement, assise près de leur mère, lui glissant des regards entendus. Il jeta un regard vers Solène, qui devait être gênée elle aussi.

– Ne fais surtout pas attention, murmura-t-il. On ira se balader un peu dans les collines après le repas, d’accord ?

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Solène Nakajima
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MessageSujet: Re: Une nuit d'étoiles   Mar 18 Aoû - 20:12

Solène ne pouvait s'empêcher de trembler, le ventre un peu noué même si elle ne voulait pas que tout s'arrête. Elle en avait envie, Kimmitsu venait de réveiller des sentiments parfaitement inconnus pour elle. Un sentiment surtout, le désir, si puissant, qui la faisait brûler, un désir qui faisait frémir son corps et sa peau devenue si sensible au toucher. Elle en voulait plus, même si elle avait peur. Elle passa ses bras autour de son cou lorsqu'il la souleva, à moitié enveloppée dans la couverture. Elle avait peur, oui, mais... Frissonnant, elle ferma les yeux lorsqu'il se pencha pour l'embrasser, sachant qu'elle pouvait malgré tout avoir confiance. Il était plus âgé qu'elle, il saura faire attention. Son ventre papillonnait, elle rougissait devant ce regard. Il était le premier à la regarder ainsi, à la voir comme une femme désirable, et non une fille, une amie, une étudiante, une commerçante du village. Le premier à la regarder vraiment comme une femme. Elle s'accrocha à lui lorsqu'il l'emmena, le cœur battant à une vitesse folle. C'était ce qu'elle désirait, elle en était convaincue. Leur traversée de la maison silencieuse, cette douce attente, ne fit qu'augmenter le feu de son corps.

La porte de sa chambre coulissa, puis il la referma. Elle sourit lorsqu'il l'allongea puis se débarrassa de sa veste. Elle se sentait gauche, mal à l'aise, mais aussi prise d'une passion soudaine et inconnue, qui l'emporta littéralement. Elle passa ses jambes autour de sa taille lorsqu'il revint au-dessus d'elle, l'enlaçant autant qu'elle le pouvait pour l'embrasser, sentant son odeur. Elle pouvait frôler ses muscles, qu'elle sentait sous les vêtements. Elle se noyait dans son regard très noirs. Sensation étrange, de ne plus se contrôler, d'être juste un souffle. Elle ôta la ceinture qu'elle portait, desserrant le lourd et riche tissu avant de le laisser glisser au sol. L'air plus frais caressa sa peau et elle rougit de plus belle, surtout lorsqu'il posa ses mains sur sa taille blanche. Ils s'embrassaient toujours, comme s'ils étaient seuls au monde, rien ne pouvait les déranger. Mais elle était parfaitement consciente de ce qu'elle allait faire, de ce qu'elle voulait faire. C'était avec lui qu'elle voulait perdre sa virginité, son innocence. Avec lui qu'elle voulait tracer sa voie. Et cette nuit, dans ses bras vêtues seulement d'un soutien-gorge et d'une culotte, elle lui faisait assez confiance pour lui offrir cela. Se redressant, elle glissa ses lèvres sur sa joue, le souffle assez court, accrochée à lui.

Enlever le reste de leurs vêtements fut lent et elle remarqua avec amusement que même pour lui, c'était une étape assez gênante et délicate. Elle trembla en ôtant son soutien-gorge, le laissant à terre avec le reste. Elle toucha timidement le torse de Kimmitsu, suivant le tracé des muscles, puis se fit plus entreprenante. Ils exploraient le corps l'un de l'autre, enlacés. Elle le découvrait d'une tout autre façon, observant le galbe de la peau, touchant parfois de petites cicatrices ou traces d'anciens accidents. Enlevant le peigne retenant ses cheveux, elle se rallongea pour le laisser venir sur elle. Elle lâcha un long gémissement lorsqu'il s'introduisit en elle, laissant même couler une larme lorsqu'il lui prit sa virginité, surprise par la douleur qui en résulta. Elle reprit son souffle puis il commença  bouger, faisant des allées et venues en elle. Elle n'avait jamais imaginé ce genre de sensations. C'était à la fois délicieux et un douloureux. Douleurs de la première fois, car personne n'était jamais entrée en elle, le passage était très étroit. Le plaisir venait s'y mêler, ainsi qu'une foule de sensations inconnues. Le temps fila sans qu'elle le voit, plongée dans les sensations de son corps. Elle s'endormit sans même s'en apercevoir dans les bras de son amant, épuisée.

Lorsqu'elle s'éveilla, elle fut d'abord tout à fait perdue, puis les événements de la nuit lui revinrent en mémoire. Elle rougit en voyant quelques tâches de sang sur le drap puis se leva avec Kimmitsu, cherchant ses habits. Même si elle se sentait dans une forme merveilleuse, elle avait aussi les muscles assez noués, surtout le bas du ventre. Elle suivit Kimmitsu, retrouvant toute sa famille et les deux élèves du pensionnat dans la salle à manger. Ils s'étaient levés en retard ? Himako lui lança un clin d'œil lorsqu'elle entra et Solène fut prise d'un doute. Ils ne savaient pas que... Ou si ? Mais non ! Enfin... Ils avaient fait du bruit, c'est ça ? Elle avait l'impression que tout le monde leur jetait des regards en coin. Sentant ses joues devenir de plus en plus cramoisies, elle s'empressa de s'asseoir, tête baissée.

– Bonjour, dit-elle dans un Japonais approximatif, répétant en Français pour Adeline et Victoire.

Elle se concentra aussitôt sur ce qu'elle mangeait, pour ne surtout pas croiser le regard de qui que ce soit, très rouge à présent, ayant aussi chaud que si elle venait de faire un marathon d'une cinquantaine de kilomètres. Elle ne voulait gêner personne, ni offenser qui que ce soit ! Et s'ils désapprouvaient ce qu'ils avaient faits ? Après tout, elle n'était qu'une étrangère, une Française que Kimmitsu avait invité ici et qu'ils ne connaissaient même pas. Peut-être voulaient-ils que leur fils et frère épouse une Japonaise ? En plus, elle était jeune, beaucoup plus jeune que lui, ça pouvait être un obstacle de plus ! Non ? Elle avala son thé avec un peu de difficulté, croisant le regard de Kimmitsu.

– Ne fais surtout pas attention, murmura-t-il. On ira se balader un peu dans les collines après le repas, d’accord ?

Elle hocha la tête, soulagée. Excellente idée ! Elle ne dit pas un mot durant le repas, remerciant juste à la fin, avant de s'éclipser avec Kimmitsu. Il avait un peu neigé, au cours de la nuit, une fine couche de glace et de neige recouvraient les chemins. Elle se couvrit bien avant de sortir, l'air froid l'aidant à atténuer le rouge carmin de ses joues. Sans rien dire sur le moment, elle se contenta de suivre Kimmitsu, marchant vers les collines. Le paysage, une fois passé le choc de le voir si différent, se révélait magnifique. Après qu'elle ait failli glisser deux fois, Kimmitsu lui tendit son bras, qu'elle accepta avec reconnaissance. Ils marchèrent ainsi un bon moment avant qu'elle n'ose prendre la parole, une fois bien éloignés de la maison.

– Dis-moi... Ta famille a sûrement deviné que nous... Enfin, je pense qu'ils savent, pour cette nuit. Mais...

Elle releva la tête vers lui, hésitante, le regard assez brillant.

– Ça ne risque pas de les déranger ? Ou de les mettre en colère ? Peut-être qu'ils veulent que tu vives avec une Japonaise ? Et s'ils me détestent ? Je... Peut-être que... Tu vas finir par te lasser de moi ou penser que...

Elle s'interrompit tout net lorsqu'il fit volt-face et l'enlaça d'un seul coup avec force avant de l'embrasser en plein sur les lèvres avec passion. Elle en perdit le souffle et l'équilibre, prise par surprise, s'accrochant à lui pour ne pas tomber. Fermant les yeux avec un temps de retard, elle lui rendit son baiser, le cœur battant plus vite et fort. Wow... Il ne la relâcha qu'au bout de plusieurs minutes, la gardant contre lui. Elle ne pourrait pas s'échapper, même si elle le voulait, relevant la tête lorsqu'il eut un petit rire.

– Les mettre en colère... Ils veulent que je trouve enfin une femme à aimer, qu'elle soit Japonaise ou non. Respire donc... Et puis... Oser penser que je pourrais vouloir t'abandonner... Cesse de dire de telles bêtises !

Elle se tortilla pour se libérer et protester sur un ton indigné que ce n'était pas des bêtises mais il resserra son étreinte avec un sourire taquin. Eh, ce n'était pas du jeu ! En plus, elle n'avait dit aucune bêtise ! C'était tout à fait logique de penser ça ! Il fit glisser une main dans son dos, sous veste, puis descendit avec lenteur. Elle eut un petit sursaut, balbutiant qu'il ne jouait pas le jeu et qu'il était normal qu'elle pense cela. Ce qui ne l'empêcha pas de s'agripper avec lui avec un peu plus de force lorsqu'il passa la main sous sa jupe longue, puis sous l'élastique de ses collants. Elle posa son front contre son torse, répétant qu'il trichait, ce n'était pas loyal de jouer comme ça.

– Je ne joue pas avec ça. Jamais. Les sentiments sont sérieux.

Elle eut un petit gémissement lorsqu'il massa son intimité, d'abord lentement puis avec plus de vigueur. Rah, il la rendait folle ! Elle bougea un peu, essayant de lui faire comprendre qu'il était normal qu'elle pense qu'il puisse lasser d'elle, mais il en profita pour glisser deux doigts dans son intimité. Elle en perdit presque le souffle, réduite au silence. Il lui fallut un moment avant de se reprendre, blottie et accrochée à lui comme si sa vie en dépendait.

– Et ce n'est pas sérieux de me... haleta-t-elle d'une voix plus rauque. De... De me faire ça comme ça dehors...

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: Une nuit d'étoiles   Jeu 27 Aoû - 12:59

Sa mère ne cessait de dévisager Solène, dans un regard en coin, un petit sourire aux lèvres, et elle était loin d'être la seule. La pauvre était devenue le point de mire à peine assise. Mais c'était de sa faute, Kimmitsu était déjà sorti avec une ou deux femmes, au cours de sa vie, mais n'était jamais vraiment tombé amoureux, il n'avait en tout cas jamais présenté qui que ce soit à sa famille, encore moins inviter une femme ici. Sans compter que tout le monde avait dû les entendre, cette nuit, même s'ils avaient essayé d'être discrets. Bon... Ils allaient sortir et prendre l'air, pas la peine de rester confiné ici. Ils devaient tous se douter qu'il finirait par vouloir épouser une Française, vivant là-bas depuis longtemps, maintenant. Il aida à débarrasser puis prit la main de Solène pour l'entraîner avec lui, lui donnant son manteau dans le hall d'entrée, avec ses chaussures. Son plus jeune frère leur lança un clin d'œil en s'éclipsant de la maison à son tour, filant au puits pour tirer des seaux d'eau. Kimmitsu eut un maigre sourire, amusé malgré lui. Il avait un peu neigé, cette nuit, le toit de la maison était recouvert d'une fine couche blanche, brillante au soleil.

Partant vers les collines, il finit par tendre le bras à Solène pour qu'elle s'y accroche, la voyant glisser avec ces chaussures. Il ne dit rien, se contentant de marcher à côté en observant ce qui l'entourait. Le soleil les réchauffait un peu mais les chemins étaient toujours glacés. Tous les étés, lorsqu'il revenait chez lui, il prenait du temps pour se balader sur ces chemins, si familiers, qu'il avait arpenté en tous sens, étant plus jeune, pour le travail, aller à l'école, courir avec ses frères et sœurs, rejoindre le dojo où son maître vivait ou se rendre chez ses oncles et tantes, à pied ou en vélo. L'été dernier, il était parti longtemps en balade avec ses deux grands frères, parlant de ce qui se passait ici, des petits événements et tracas quotidiens de la famille, racontant sa vie en France. Pour le moment, il n'avait parlé qu'à mi-mot, à sa mère seulement, de ce qu'il vivait au pensionnat mais savait que Josuke n'allait pas tarder à le coincer à un moment pour qu'il s'explique. Il leur avait peur, à être devenu injoignable pendant plus d'une semaine. Restait à savoir comment leur raconter ce qui s'était passé avec ce médecin fou, à leur dire pour son second don.

Il retint un long soupir en empruntant un nouveau chemin moins verglacé avec Solène. Échapper à ses deux grands frères ... ? Impossible. Il n'avait pas envie de les blesser, encore moins de manquer de respect à Josuke qui était quand même le chef de leur famille, mais il s'inquiétait de leur réaction s'il leur disait tout d'emblée. Il devait trouver une façon moins abrupte de leur expliquer. Il s'en occupera en rentrant, avant que son grand frère ne se sente obligé de le tirer à l'écart pour le faire parler. Ils étaient assez éloignés de la maison familiale lorsque Solène prit tout à coup une drôle d'expression, comme si elle se préparait à sauter dans le vide pour faire le saut de l'ange. Elle voulait lui parler en privé ? Ils étaient tranquilles, ici, à l'écart de tout, il n'y avait pas de maisons aux alentours.

– Dis-moi... Ta famille a sûrement deviné que nous... Enfin, je pense qu'ils savent, pour cette nuit. Mais...

Mais ? Personne n'allait lui faire de remarques là-dessus, ils étaient adultes et ils s'aimaient. Tant que chacun veillait aux autres, l'intimité était respectée. Elle releva la tête et il baissa le regard sur elle, se demandant si cela la gênait plus qu'elle ne volait bien l'avouer.

– Ça ne risque pas de les déranger ? Ou de les mettre en colère ? Peut-être qu'ils veulent que tu vives avec une Japonaise ? Et s'ils me détestent ? Je... Peut-être que... Tu vas finir par te lasser de moi ou penser que...

De, elle, il, eux, quoi ?! Son cœur fit un brusque bond dans sa poitrine et il se retourna vivement, l'attrapant tout à coup dans ses bras et l'embrassa sans crier gare, avec passion, les yeux fermés. Il captura ainsi ses lèvres un bon moment, l'embrassant comme si leurs vies en dépendaient, tout en la serrant contre lui, fort, le cœur battant toujours aussi vite tant le choc avait été grand. Finir par se lasser d'elle ! Ou que sa famille la déteste ! Il n'avait jamais entendu une aussi belle conne... Il l'embrassa avec un peu plus de ferveur, en s'écartant que d'un centimètre lorsqu'elle fut à bout de souffle, mais ne la relâcha pas pour autant. Elle avait peur qu'il finisse par se lasser d'elle... Il avait mûrement réfléchit avant de l'inviter avec lui au Japon. Il avait eu le temps de réfléchir à tout cela très sérieusement, depuis deux mois ! Et elle avait peur qu'il se débarrasse d'elle comme d'un vieux mouchoir ? Navré, mais ce n'était pas son genre... Il la serra encore plus étroitement contre lui, puis eut un léger rire. C'était tellement ridicule.

– Les mettre en colère... Ils veulent que je trouve enfin une femme à aimer, qu'elle soit Japonaise ou non. Respire donc... Et puis... Oser penser que je pourrais vouloir t'abandonner... Cesse de dire de telles bêtises !

Elle rétorqua d'un ton indigné que ce n'était pas des bêtises, bougeant soudain en tout sens pour se dégager. Oh non, ma belle, il ne risquait de la laisser filer après un coup pareil. Il resserra son étreinte avec un petit sourire, pas du tout disposé à la laisser partir. En plus, elle risquerait de se perdre, toute seule, il devait veiller à ce qu'il ne lui arrive rien. Attentionné, n'est-ce pas ? Il passa une main lente sous ses vêtements, puis commença à descendre, traçant un chemin appuyé et bien précis. Il la sentit sursauter, serrée contre lui,a lors qu'elle bafouillait qu'il ne jouait pas le jeu, que c'était bien normal qu'elle pense ainsi. Navré, mais elle se trompait complètement... Elle se trompait complètement. Il arriva encore plus bas, touchant l'élastique de ses collants, puis tira un peu dessus. Il l'entendit murmurer qu'il trichait et il retint un soupir. S'il était avec elle aujourd'hui, c'est parce que c'était sérieux. Il avait élevé dans l'idée que trahir les sentiments d'une femme était l'acte le plus indigne qu'on puisse commettre.

– Je ne joue pas avec ça. Jamais. Les sentiments sont sérieux.

Elle le provoquait, en plus ! Il eut un sourire mutin puis glissa la main sous la barrière en coton de ses vêtements, ses doigts venant frôler son intimité avant de s'y attarder plus longuement. Elle gémit lorsqu'il commença à la découvrir de ses doigts, explorant et massant ce qu'il sentait, sans le voir. D'abord très lent, il y mit peu à peu plus de vigueur, parfaitement silencieux, la gardant calée contre lui. Toujours sûre de vouloir continuer à sortir de telles âneries ? Elle pouvait, il avait tout son temps et personne ne risquait de les déranger. Ils étaient seuls, tranquilles, isolés. Elle essaya encore de bouger et il retint un rire en profitant pour user de deux doigts pour explorer l'intérieur de son intimité, comme il l'avait fait au cours de leur nuit assez mouvementée. Il était parfois lent, parfois rapide, jouant avec ses sensations sans aucune honte. Elle n'aurait pas dû le provoquer comme ça, surtout sur ce genre de chose. Il sentait son cœur battre très vite, pendant qu'elle s'accrochait à lui. Ce qu'il touchait était très doux, chaud, élastique. Très accueillant.

– Et ce n'est pas sérieux de me... haleta-t-elle d'une voix plus rauque. De... De me faire ça comme ça dehors...

– Personne ne peut nous voir, murmura-t-il.

Il accéléra un peu la cadence, pour le simple plaisir de la voir devenir très rouge et frémir. Un petit jeu qui dura un bon moment, car il en rajoutait dès que Solène faisait mine de revenir sur le sujet ou essayait de se dégager en disant qu'elle ne disait pas de bêtises. Elle se redressa finalement, souriant à son tour avec un petit air déterminé, puis passa ses bras autour de son cou avant de l'embrasser à pleine bouche. Oh, elle se défendait ? Il dû retirer sa main pour la récupérer, l'enlaçant avec force. Ils se câlinèrent mutuellement sur le chemin, comme s'ils étaient seuls au monde, pendant que le soleil reprenait ses doigts et achevait de réchauffer le sol, fondre la neige et amener un temps moins frais. Ils finirent par s'asseoir contre un gros chemin, dans l'herbe sur le bord de la route déserte, dans les bras l'un de l'autre.

– Comment tu peux être sûr que ta famille va m'accepter ?

– Question de confiance, dit-il en la calant dans ses bras, contre lui, comme s'il portait un bébé qu'il devait nourrir. Ils savent que je réfléchis avant d'agir et que je n'aime pas les femmes bizarres ou louches.

Il tendit sa main libre, l'autre la tenant avec fermeté, pour dégager les mèches blondes qui lui étaient retombées devant le visage. Elle avait eut un petit sourire puis se détendit contre lui, posant sa tête contre son épaule. Il l'embrassa sur le front, avec douceur, en la câlinant.

– Tu as accepté hier soir de passer ta vie avec moi... Et quelle serait ta réaction si je te parlais de mariage ?

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Solène Nakajima
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MessageSujet: Re: Une nuit d'étoiles   Sam 5 Sep - 21:41

– Personne ne peut nous voir, murmura-t-il.

Son cœur battit un peu plus vite pendant qu'il poursuivait ce qu'il avait commencé, Solène perdant clairement pied. Ce n'était... pas... Du jeu... Elle avait à la fois très peur qu'on les surprenne et était très amusée. Elle essaya plusieurs fois de se défendre ou de relancer le sujet mais il en rajoutait aussi, l'empêchant de se concentrer. Elle avait très chaud à nouveau, les joues en feu, le cœur rendu fou, toutes ses sensations exacerbées. Elle fit de son mieux pour reprendre ses esprits, gonflant sa détermination. Il n'était pas question qu'il soit seul à jouer comme ça ! Elle pouvait le faire aussi ! Elle sourit puis passa ses bras autour de son cou pour capturer sa bouche puis lui donner un long baiser très passionné, les yeux fermés, savourant son bonheur d'être dans ses bras, d'être la seule femme qu'il regardait vraiment, malgré son jeune âge, malgré qu'ils ne soient pas issu de la même culture, malgré toutes les autres femmes qu'il avait rencontré et aurait pu aimer. Il l'enlaça des deux bras, fort, accentuant son plaisir. Elle se sentait vraiment femme, aimée, désirée, cette fois. Elle en avait envie et besoin, elle aimait la façon dont il la regardait, la dévisageait. Ils restèrent un long moment enlacés, sur le chemin, sans un mot, avant de finalement s'asseoir dans l'herbe, sur le côté.

Elle rejeta ses longs cheveux blonds derrière son épaule avant de s'installer sur ses jambes, l'enlaçant par le torse avec un peu de possessivité. Même si lui ne l'abandonnera pas, que dira sa famille ? D'accord, ils vivaient en France, mais s'il devait se fâcher avec sa mère, ses frères, ses sœurs à cause d'elle... Ils avaient une grande différence d'âge, peut-être voyaient-ils cela d'un mauvais œil ? Après tout, elle était très jeune, encore une enfant comparé à lui, elle était Française... Elle avait peu de faire un faux pas, d'être mal considérée, qu'on parle mal d'elle dans son dos. Sa grande sœur se moquait peut-être de ce qu'on racontait sur elle, mais pour Solène, l'avis des autres comptait. Elle ne voulait pas fâcher ni décevoir et était fortement intimidée, durant les repas, d'être parfois le point de mire des regards, comme si on l'évaluait, qu'on la jugeait.

– Comment tu peux être sûr que ta famille va m'accepter ?

– Question de confiance, dit-il en la calant dans ses bras, contre lui, comme s'il portait un bébé qu'il devait nourrir. Ils savent que je réfléchis avant d'agir et que je n'aime pas les femmes bizarres ou louches.

Elle eut un léger sourire, touchée, qui s'agrandit lorsqu'il tendit une main pour lui dégager doucement les mèches qui lui retombaient devant les yeux. Elle posa la tête contre son épaule, fermant les yeux un moment. Elle se sentait si loin de la France et de ses problèmes, à l'heure actuelle... Elle pouvait se battre et résister s'il le fallait mais son impulsion première sera de chercher une solution diplomatique, essayer à tout prix de préserver la paix et ne pas aussitôt songer aux moyens de mener et remporter une guerre. Elle se demandait si sa grande sœur avait déjà été comme elle ou si elle était aussi... active depuis des années. Kimmitsu l'embrassa sur le front et elle rouvrit les yeux, souriante. Elle se sentait en sécurité, avec lui, comme si plus rien ne pouvait l'atteindre. Ce bonheur était simple et elle n'en demandait guère plus. Être avec une personne qu'elle aimait et qui l'aimait, avoir un foyer pour vivre, l'espoir d'avoir un jour des enfants. Voilà tout. Elle voulait protéger ceux qu'elle pouvait, résister pour la liberté, mais n'était pas une combattante de première ligne. Son plus grand souhait était d'abord de fonder un foyer heureux.

– Tu as accepté hier soir de passer ta vie avec moi... Et quelle serait ta réaction si je te parlais de mariage ?

Son cœur s'arrêta un moment avant de repartir de plus belle et elle leva la tête pour le regarder, la bouche entrouverte et le souffle court. Elle sentit ses yeux s'emplirent de larmes puis fourra son visage dans son cou, un sourire lumineux sur le visage, accrochée à lui comme si sa vie en dépendait. Elle balbutia qu'elle le voulait, si fort, qu'elle ne désirait que cela. Il lui rendit son étreinte et elle redressa la tête pour l'embrasser, pleurant de joie, les yeux clos. Oui, elle le voulait. Oui.

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