1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 La Force de l'Etat

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MessageSujet: La Force de l'Etat   Jeu 2 Juil - 11:14

Plus de cours inutiles. Ses mains agrippèrent avec force la barre, ses bras se tendirent, ses épaules se crispèrent, il se hissa dans un souffle, montant, descendant, accroché à cette barre de fer solide. Plus de profs ennuyeux. Il inspira avant de se tendre, une fois, deux fois, monter, descendre, ses pieds ne touchaient pas le sol, jambes bien tendues et fermées. Plus d'heures à passer dans des salles puantes à écouter des choses dont vous n'aviez rien à faire. Il se hissa à nouveau, les yeux fermés, contrôlant son souffle, indifférent à ce qui se déroulait autour de lui. Monter, redescendre, monter à nouveau, par la force des bras. Il devait se muscler, il ne parvenait pas à accompli bien trop de choses pour le moment car il manquait de force physique. Les autres étaient partis vendredi soir ou hier avec leurs familles, se donnant rendez-vous chez les uns ou chez les autres. La gare de Gray avait été très animée un moment, surtout avec les parents hystériques qui venaient hurler contre les professeurs. Humph. Il rouvrit les yeux, se hissant en tirant sur les bras, une goutte de sueur coulant le long de sa tempe.

La salle de gym était pleine, cet après-midi, malgré la chaleur de cet été. Mais il y avait surtout les célibataires, ceux qui avaient des familles essayaient au maximum de passer du temps avec leurs enfants, pour les vacances. Il se laissa retomber au sol puis recommença une série d'étirements et d'exercices de souplesse. Il croisa le regard d'Océane, occupée elle aussi à s'étirer et se contorsionner. Il avait l'impression qu'elle avait pleuré, il n'y a pas longtemps. Son petit ami l'avait largué, il y a trois jours, elle ne devait pas être très bien. Il lui fit un maigre sourire, auquel elle répondit faiblement. Ils étaient beaucoup de Guetteurs, dans la salle, et il s'était installé une sorte de solidarité dans le le groupe. Ils avaient tous un but différent et savaient ce qu'ils avaient à faire. Comme Corentin, par exemple, qui venait tout juste de boucler ses études au pensionnat. Il voulait développer son don et être respecté. Ou Maxime, qui possédait aussi la foudre, et qui hésitait à s'engager pour de bon dans l'armée. Il était en train de discuter avec un instructeur, sans doute d'un nouvel exercice vu les gestes qu'il faisait.

– Salut ! lui lança Valentin en entrant dans la salle, prêt à s'entraîner à son tour. On pourrait ouvrir les fenêtres, ça pue ici.

– Fais pas ta précieuse, répliqua Ophélie, arrivant derrière lui. Tu ne supportes rien, toi.

Il secoua la tête, souriant un peu. Ophélie se mit aussitôt à ses propres étirements, lâchant dans un grognement qu'elle aimerait bien que Clémence, sa petite sœur, cesse de râler car elle ne faisait pas parti du groupe. A elle de bosser plus que ça ! André discuta un moment avec eux, tout en continuant de s'exercer. Ça devait être génial, quand même, d'en avoir terminé avec tous ces cours ineptes ! Un peu plus tard, l'instructeur fit signe à tous les Guetteurs de se lever, on passait aux courses d'endurance puis à l'entraînement au combat, avec et sans armes. Il sauta sur ses pieds, se frottant un bref instant les yeux. Allez ! Il adorait les journées comme cela, toujours très bien remplies. On se couchait épuisé mais heureux d'avoir progressé et de s'être bien entraîné. Il sortit de la salle avec les autres, puis de la caserne, avant de s'élancer sur le parcours établi par leurs instructeurs dans la forêt. Courir, sauter, escalader, c'était bien autre chose que le petit marathon de merde organisé par les profs de sport du pensionnat.

– Eh, Adeline ! l'interpella-t-il en arrivant à sa hauteur sur le chemin. Viens déjeuner avec nous, ce midi, ce sera mieux que chaque Guetteur dans son coin, on doit former une équipe.

C'était le principe de base, l'union fait la force, André préférait parler et s'entraîner avec eux plutôt qu'avec la plupart des parfaits abrutis qui peuplaient l'école. Courant avec Adeline, ils rejoignirent le premier obstacle, une falaise à escalader, au moment où Océane allait s'élancer.

– Dis, tu restes à Gray, pendant les vacances ? demanda-t-il en se préparant vite fait. Je croyais que tu partais en Chine avec tes parents.
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Océane Kara
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MessageSujet: Re: La Force de l'Etat   Mer 5 Aoû - 15:06

Océane ne se souvenait plus très bien de la dernière fois qu'elle avait pleuré... Peut-être à l'âge de huit ans, quand son père avait été hospitalisé et qu'elle avait cru qu'il allait mourir. Une fois à douze ans, aussi, elle s'était cassé le poignet dans un entraînement. Mais depuis, elle n'avait plus versé une larme... Sauf aujourd'hui, où elle mourrait d'envie de craquer un bon coup. Jeudi, juste après leurs dernières épreuves de sport de gym, Dimitri l'avait entraîné dans un coin en disant qu'il voulait lui parler. Il avait commencé par lui dire qu'il ne reviendrait pas a pensionnat au mois de septembre, sa nourrice jugeait ça trop dangereux. D'accord, compris. Elle commençait à lui parler de lettres et de téléphone lorsqu'il avait continué en lui disant qu'entre eux deux, ce n'était plus possible, qu'il n'était même plus sûr de rester en France, et qu'il valait mieux qu'ils ne restent là. Sur le moment, elle s'était contentée de le fixer, la bouche grande ouverte, sans trouver quoi répondre. Alors il la larguait.. ? Comme ça ?! Juste comme... mais enfin ! Elle avait essayé de le faire parler, qu'il explique en détails, mais il avait juste détourné les yeux et était parti. Simplement comme ça.

Elle resserra ses chaussures puis s'élança dans la course d'endurance avec les autres, à foulées régulières, ruminant sa rancœur. C'était injuste ! Il partait et ne voulait même plus la revoir... Ils étaient ensemble depuis des mois ! Ça ne valait rien, alors ?! Ou bien peut-être qu'elle n'était pas assez intéressante pour lui ! A moins qu'il ne lui en veuille toujours d'être entrée chez les guetteurs, même si elle avait pris le temps de lui expliquer pourquoi. Oui, c'était sûrement ça, il ne voulait pas être avec une fille qui avait intégré volontairement l'armée. Elle prit une grande inspiration, bloqua son souffle une seconde, puis le relâcha doucement. Elle ne devait pas fondre en larmes au beau milieu de la course, tout de même... Elle serra les poings tout en courant, sautant par-dessus un large ruisseau, se récitant mentalement l'hymne national à l'envers et en Chinois pour se calmer et se focaliser sur autre chose. Sa grand-mère lui dirait qu'elle retrouverait facilement quelqu'un mais cette rupture lui faisait très mal. La colère, l'injustice et la tristesse se mélangeaient joyeusement en elle, elle n'était pas du tout concentrée. Si son maître était là, il trouverait son comportement stupide... Elle se mordit les lèvres tout en courant, luttant contre les larmes.

Océane s'arrêta en arrivant à la falaise qu'ils devaient escalader. Elle se prépara, morose, saluant Adeline et André d'un regard lorsqu'ils arrivèrent à leur tour, levant la tête vers la falaise pour voir déjà où étaient les meilleures prises. Elle avait l'impression qu'on l'avait vidé de son énergie, ne se détendant même pas à courir, comme à son habitude. Ne prenant même pas de plaisir au sport en cette matinée plus fraîche et pure. Elle remit sa veste correctement en regrettant de ne pas être au fond de son lit à pleurer un bon coup.

– Dis, tu restes à Gray, pendant les vacances ? demanda-t-il en se préparant vite fait. Je croyais que tu partais en Chine avec tes parents.

– Si, j'y vais quelques jours, on part le 5 juillet, dit-elle sans cacher son ton morne. Sinon, oui, on reste. Enfin, mes parents vont sans doute partir faire des petits voyages, tous les deux, mais moi, je n'ai pas trop envie de bouger.

Elle n'avait pas du tout la tête aux vacances, en cet instant, ce qui devait bien se voir. Elle entreprit plutôt d'escalader la falaise, posant le pied sur la première prise puis agrippant les autres des doigts, s'élevant d'un mètre. Elle n'arrivait pas à chasser ce qu'avait dit son ex-petit ami de ses pensées, y songeant encore et encore. C'était peut-être la faute d'Océane, elle avait dû mal faire quelque chose... Ou c'était à cause de son travail chez les Guetteurs. Elle eut un frisson, refoulant une larme, puis son pied glissa tout à coup sur une prise moins sûre, la ramenant brusquement à la réalité. Son cœur fit un énorme bond alors qu'elle basculait en arrière et lâchait un petit cri. Elle s'effondra un peu plus deux mètres en bas, s'écrasant brutalement par terre en se cognant la tête. Complètement sonnée, ayant mal partout, elle ne bougea pas, essayant d'évaluer si elle avait un os cassé. La tête de leur instructeur du matin apparut dans son champ de vision, lui demandant si elle s'était cassée quelque chose.

– Je, bredouilla-t-elle en portant une main à son front, je ne sais pas.

Il lui dit de ne pas bouger, qu'on avait été chercher un brancard. Mais ça, elle allait bien ! Elle était juste un petit peu sous le choc, voilà tout, mais tout allait très bien. Son instructeur resta à côté d'elle, vérifiait si elle avait des blessures ouvertes, en lui répétant de ne pas bouger. Pas de soucis, l'adrénaline l'avait si brusquement prise qu'elle tremblait de partout et ne pensait pas être en état de se lever. Elle se sentit rougir d'un seul coup. Elle avait eu cet accident car elle avait perdu sa concentration au beau milieu d'un exercice. maître Nakajima aurait vraiment honte d'elle, s'il la voyait... Elle vit tout à coup André s'agenouiller aussi à côté d'elle, suivi par Adeline. Oh, ils étaient gentils d'être revenus et de ne pas la laisser toute seule.

– Ça va, murmura-t-elle avec un faible sourire. Vous pouvez continuer, je vais bien...

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