1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Baignade en mer

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Cyprien Redfire
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MessageSujet: Baignade en mer   Lun 29 Juin - 16:34

Cyprien était très fier de sa trouvaille, cette fois ! Il présenta ses achats à sa femme avec un très large sourire, deux « vêtements » de protection pour son poignet et sa cheville, afin de couvrir les plâtres pour qu’elle puisse se baigner sans aucun problème. C’était juste parfait ! Il y avait un soleil magnifique, ils ne pourront qu’être bien, cet après-midi, à la plage au soleil. Il éclata de rire puis la fit s‘allonger sur le ventre la poussant à se détendre, après lui avoir fait enlever son haut et son soutien-gorge. Elle ne pouvait que se détendre, durant ces deus semaines, il en faisait le serment. Il frotta ses mains pour les réchauffer puis les fit ensuite glisser sur son dos nu pour la masser, à califourchon au-dessus d’elle, en veillant à ne pas lui peser. Ils étaient dans une petite chaumière, au cœur d’un village vacances, tout près de l’océan. Ils pouvaient entendre les vagues d’ici, en ouvrant les fenêtres, sentir le bon air salé du large. Il se pencha pour embrasser longuement sa femme dans le cou, désirant qu’elle se détende, ne pense plus à rien. Et surtout pas à Ste Famille ! Advienne que pourra, ils s’en sortiront très bien, il en était sûr.

– Pas de bébés à hurler dans nos oreilles cette nuit, dit-il d’un ton doux en continuant à la masser. Mes parents les ont aussitôt pris en affection, mon père a passé vingt minutes à me charrier sur le fait qu’il avait attendu trop longtemps avant d’être officiellement grand-père. Et ton père m’a carrément menacer de me couper les couilles si je ne prenais pas soin de toi comme il faut, qu’il y avait intérêt à ce qu’il ait donné la main de sa fille à un homme bien.

Il éclata de rire puis l’embrassa à nouveau, un peu partout, avec le plus de douceur possible. Monsieur de Lizeux n’avait strictement rien à craindre, Cyprien n’avait attendu que trop longtemps pour prendre soin de sa fille. Il lui répéta de se détendre, la massant pour dénouer ses muscles. Il était très soulagé qu’ils soient enfin loin du pensionnat et de tous ses problèmes, elle en avait un besoin urgent. Oui, les militaires allaient en profiter, il le savait parfaitement… Et tant pis. Il s’y résignait complètement, ne cherchant même pas de solutions pour aller contre. La santé de sa femme passait avant tous les plans tordus prévus pour cet été, il craignait de la retrouver un jour dans un cercueil. Après une longue séance de massage, il l’aida à se rasseoir puis à enfiler son maillot de bain, avant de l’envelopper dans un paréo. Elle était encore si épuisée… Il la serra contre lui un bon moment, massant sa nuque pour la pousser à se détendre. Il avait loué un fauteuil roulant mais pour aller à la plage, il allait porter, ce sera plus simple.

– On y va, ma belle ?

Il lui fit passer ses bras autour de son cou puis la souleva sur son dos, son inquiétude grimpant en flèche lorsqu’il al sentit si maigre, mais il fit mine de rien et partit avec elle, leurs affaires fourrées dans un sac sur son épaule. Les autres touristes les regardaient bizarrement puis avaient un sourire compatissant en voyant que sa femme était blessée. Il fila ainsi jusqu’à plage, laissant leurs affaires sur leurs serviettes, puis souleva Gaby dans ses bras avant d’aller dans l’océan, riant un peu lorsque les vagues arrivèrent à ses pieds. Il entra progressivement pour qu’ils puissent tous les deux s’habituer à la température de l’eau. L’océan brillait de mille feux sous le soleil, c’était un spectacle magnifique.

– Détends-toi, ma chérie, je peux t’aider à nager sans que tu ais mal, dit-il en la prenant sous les épaules et par la taille, l’encourageant à laisser aller ses jambes. Il n’y a rien qui puisse arriver ici ! Nous ne sommes que tous les deux.

Il l’embrassa longuement, la tenant pour qu’elle soit le plus à l’aise possible en se laissant flotter, marchant sur le sable et les coquillages qui tapissaient le fond de l’océan. Il avait de l’eau presque jusqu’au torse, parfaitement à l’aise et si heureux de tenir Gaby contre lui.

– Tu te rappelles la classe de mer où nous avions été, quand on était au lycée ? J’avais défié tout le monde à la course. On aurait pu rendre nos profs fous, à les faire tourner en bourrique comme ça.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Baignade en mer   Mar 30 Juin - 16:48

– Qu’est-ce que tu as acheté ?

Elle reposa le livre qu’elle était en train de lire sur la table de chevet, pendant que Cyprien sortait du sac ce qu’il était allé acheter. C’était mignon mais il n’était pas obligé de faire tous ces magasins juste pour ça, tant pis si elle ne se baignait pas. Mais il était si heureux qu’elle ne fit pas de commentaire, le laissant poser le tout aux pieds du lit. Ils étaient arrivés dans cette petite maison la veille au soir, après un long voyage en voiture. Un village de vacances assez beau, avec une myriade de maisonnettes comme la leur, où les touristes s’installaient peu à peu. Les jumeaux étaient à Paris et le petit Alexis restait chez Céleste pendant quinze jours. Cyprien avait vraiment tout fait pour qu’elle ne puisse se soucier de rien pendant quinze jours… Il lui fit enlever la moitié de ses vêtements puis la poussa à s’allonger sur le ventre. Elle se laissa faire sans résister, encore épuisée. Elle dormait beaucoup en ce moment, ne pouvant s’empêcher de culpabiliser en se réveillant après sept heures du matin. Et bien sûr, Cyprien prenait toujours soin de ne jamais la réveiller.

Il se mit à lui masser le dos et elle ferma les yeux, s’en voulant encore plus d’être aussi fatiguée alors qu’elle ne faisait pas grand-chose, depuis une semaine. Elle n’avait même pas aidé aux examens, c’était honteux ! Céleste s’était retrouvée toute seule pour les examens pratiques, et comme si ça ne suffisait pas, l’espèce de cinglée qui servait d’épouse à Adrien l’avait agressée… Cyprien l’avait empêché de se lever pour aller casser la tête de l’autre cinglée mais elle en restait très frustrée. Il en manquait plus que ça, des agressions entre profs ! La colère la reprenait lorsqu’elle y repensait. Heureusement que Kimmitsu l’avait renvoyé, ça fera une psychopathe de moins dans l’équipe enseignante à la rentrée. Ce qui voulait dire aussi qu’elle devait embaucher un nouveau prof de maths… Bon sang, comment allait-elle réussir à trouver de bons candidats, avec la réputation actuelle de l’école ? Cyprien l’embrassa dans le cou, lui faisant rouvrir les yeux et remuer un peu. Il avait une idée, lui, pour trouver un bon prof ?

– Pas de bébés à hurler dans nos oreilles cette nuit, dit-il d’un ton doux en continuant à la masser. Mes parents les ont aussitôt pris en affection, mon père a passé vingt minutes à me charrier sur le fait qu’il avait attendu trop longtemps avant d’être officiellement grand-père. Et ton père m’a carrément menacer de me couper les couilles si je ne prenais pas soin de toi comme il faut, qu’il y avait intérêt à ce qu’il ait donné la main de sa fille à un homme bien.

Il rit encore plus fort en l’embrassant de nouveau, alors qu’elle avait un très faible sourire. En ce moment, elle était bien à des kilomètres de ce genre de préoccupations… Elle pensait surtout à la façon dont allait se dérouler à la rentrée. Dès qu’elle aura repris des forces, elle ira voir Bradley pour mettre certaines choses au clair avec lui. Il allait renforcer le contrôle sur l’école, très bien… En échange, elle allait exiger de reprendre entièrement en main la formation des Guetteurs et avoir des droits sur ce qu’ils allaient imposer à l’école pour les cours d’éléments. Les expériences et autres allaient continuer, c’était certain, voir empirer, mais elle tenait à prendre la main sur certaines choses. Il y avait des compromis à trouver et à faire, elle en était certaine. Des méthodes pouvaient changer si les résultats étaient les mêmes, n’est-ce pas ? Il suffisait de se préparer, durant les vacances, elle pouvait aussi s’appuyer sur ses subordonnés. Elle ne craignait d’avoir plus de travail, si elle se reposait quelques jours cet été, ce sera suffisant, elle ne pouvait pas se permettre de perdre du temps.

Après le massage, il l’aida pour enfiler un maillot de bain, un paréo et ces trucs pour protéger les plâtres. C’était vraiment frustrant, cette constante envie de dormir qu’elle éprouvait en ce moment, elle détestait être inactive et inefficace. En plus, pendant qu’elle se reposait, al situation continuait d’évoluer, alors qu’il n’y avait pas de temps à perdre. Elle devait faire des efforts, voilà tout, tâcher de se remettre plus vite pour mieux travailler. Et il fallait rédiger une annonce pour retrouver très vite un professeur de maths ! Cyprien allait prendre quelques classes de lycée, comme il maîtrisait bien la matière, et elle-même allait reprendre les collégiens et certains ateliers. Mais ils devaient retrouver quelqu’un d’urgence, ce n’était qu’une solution provisoire. Une fois ce problème réglé, elle pourra se concentrer sur l’essentiel… Elle commença à préparer son argumentaire, imaginant plusieurs cas de figures pour se préparer.

– On y va, ma belle ?

Hum, où ça ? Ah, oui, la plage, bien sûr. Il la hissa sur son dos, l’emmenant aussitôt sur le chemin de sable qui partait vers la plage. Elle attendra d’être revenue à Paris pour contacter Bradley et fixer un moment pour qu’ils remettent les choses à plat. Ils voulaient la même chose, le temps était restreint, alors il devra comprendre que pour certains plans, il valait mieux faire les choses à sa manière, ce sera bien plus efficace. Voilà trop longtemps que les personnes se déchiraient selon leurs opinions ! Peu import ce qui allait se passer maintenant, ils pouvaient travailler ensemble sur une partie du projet, même s’ils s’opposaient pour le reste. Quand aux professeurs, il faudra aussi leur mettre les choses au clair une bonne fois pour toute. Jusqu’ici, elle avait laissé couler, par dégoût, colère, lassitude. Mais à la réunion de la pré-rentrée, il faudra parler clairement et leur donner le choix. Même si certains voulaient rester neutres, si jamais ils ne faisaient rien en voyant un élève se faire agresser, c’est eux qui se retrouveront dans la tombe. Il y avait eu assez de morts !

Ils arrivèrent à la plage puis Cyprien la porta de nouveau jusqu’à l’océan. Il y avait pas mal de monde, à cette heure, les enfants couraient comme des fous vers l’eau avec de grands cris et des rires. Cyprien lui aussi riait, comme si rien ne pouvait lui faire plus plaisir que d’être là, à se baigner. L’eau était bonne, c’est vrai, elle devrait se détendre. Un petit peu, au moins. Mais comment allaient-ils faire s’il ne trouvait pas de professeur de maths compétent ? Cyprien entra dans l’eau jusqu’à la taille, avançant encore un peu avec elle. Le soleil l’éblouie un bref instant, alors que des enfants nageaient autour d’eux. Elle se demandait quel plan tordu pouvait bien mettre en place le Maréchal en ce moment-même.

– Détends-toi, ma chérie, je peux t’aider à nager sans que tu ais mal, dit-il en la prenant sous les épaules et par la taille, l’encourageant à laisser aller ses jambes. Il n’y a rien qui puisse arriver ici ! Nous ne sommes que tous les deux.

Ici, peut-être pas, mais ce n’était pas forcément le cas ailleurs. Il se pencha pour l’embrasser, tandis qu’elle se laissait aller un tantinet. Ses lèvres avaient un petit goût salé, tiens. Elle s’accrocha à lui, essayant de se laisser aller. Elle espérait que ses enfants allaient bien, que leurs grands-parents s’occupaient bien d’eux. Et les élèves arrivaient-ils à se reposer ? Il y en avait beaucoup qui avaient été très fragilisés, cette année, c’était inquiétant.

– Tu te rappelles la classe de mer où nous avions été, quand on était au lycée ? J’avais défié tout le monde à la course. On aurait pu rendre nos profs fous, à les faire tourner en bourrique comme ça.

Tu aurais pu les rendre fous, nuance, corrigea-t-elle en posant sa tête contre son épaule. J’avais pensé à une classe de mer, à la place de l’Auvergne, mais j’avais un peu peur qu’il y en ait un qui se noie. Tu penses qu’on va trouver facilement un autre prof de maths ?

– Tu penses que tu vas réussir à arrêter de penser au boulot ?

Elle fit la moue, ne disant plus rien. C’était normal qu’elle s’inquiète, elle était en charge du bon fonctionnement de cette école et ils n’avaient que l’été pour recruter, sinon ce sera difficile à la rentrée pour s’organiser, en attendant de trouver quelqu’un de valable. Mais bon, d’accord, cesser de penser au travail… Elle soupira, se concentrant sur les vagues et le soleil pour ne pas songer au reste. Se détendre, d’accord… Respirer. Elle ne savait plus vraiment comment faire… Elle détendit les jambes, fermant les yeux un instant. Ses pensées dérivèrent à nouveau vers l’armée et elle grimaça. Se détendre, c’était facile à dire ! Mais bon, faire un effort. Elle rouvrit les yeux, bougeant un tantinet dans l’eau.

– J’essaye de me détendre, tu sais, c’est juste un peu difficile, voilà tout. Dans un jour ou deux, ça ira sans doute mieux, ne t’en fais pas.

Elle essaya de lui sourire mais ce geste aussi était devenu trop peu naturel pour qu’elle puisse l’esquisser comme ça. Elle se laissa dériver avec lui, l’eau l’aidant à mieux se tenir malgré sa cheville brisée. Ne penser qu’à soit… Ça non, désolée, ce n’était vraiment pas possible, c’était encore moins naturel que de sourire. Elle nagea un peu avec son mari, se concentrant sur lui pour ne plus penser au reste.

– Les travaux au village seront presque terminés, lorsqu’on déménagera ? lui demanda-t-elle en revenant s’accrocher à lui, portée par les vagues. S’il y a trop de poussière, ce ne sera pas bon pour la santé des enfants. Ma mère m’a donné quelques idées pour décorer leur chambre, il paraît que je n’ai pas de goût pour ça.

Navrée si elle n’était pas très douée pour choisir des tapisseries à motifs de lapins, chacun son domaine de prédilection ! En plus, à leur âge, se souciaient-ils vraiment des détails comme la couleur du plafond ou de la moquette par terre ? Il était quand même plus important qu’ils soient au chaud, bien nourris et en bonne santé. Quand ils seront plus grands, ils pourront décider tous seuls de la décoration, ce sera leur chambre.

– Comment tu peux être aussi détendu ? Je n’y arrive pas.

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Cyprien Redfire
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MessageSujet: Re: Baignade en mer   Jeu 9 Juil - 10:42

Tu aurais pu les rendre fous, nuance, corrigea-t-elle en posant sa tête contre son épaule. J’avais pensé à une classe de mer, à la place de l’Auvergne, mais j’avais un peu peur qu’il y en ait un qui se noie. Tu penses qu’on va trouver facilement un autre prof de maths ?

– Tu penses que tu vas réussir à arrêter de penser au boulot ?

Elle était incroyable ! Ils étaient à la mer, dans un village de vacances, sans rien ni personne pour venir les déranger et elle trouvait encore le moyen d’être soucieuse pour le travail… Il était à moitié désespéré, à moitié amusé. Enfin, il devrait être rassuré pour Julien et Aurore, s’ils étaient comme maman, ils ne feront jamais de crises pour faire leurs devoirs après l’école, non ? Il étouffa un ricanement idiot en imaginant ces deux petites têtes blondes âgées de sept ans qu’il faudra obliger à arrêter de travailler pour qu’ils aillent jouer dehors. Ah, ils avaient encore le temps, oui, mais les gênes, c’est incroyable, il imaginait parfaitement le tempérament de ces deux gamins. Enfin, il allait là pour les élever, lui aussi, il pourra leur apprendre à s’amuser ! Il avait vraiment hâte qu’ils soient assez grands, tous les deux, pouvoir s’amuser avec eux et leur faire découvrir un tas de choses. Il se voyait déjà sculpter et créer des petites figurines en bois pour leurs jouets, les emmener en balades un après-midi, ou leur apprendre à nager et faire du vélo.

Il reporta un regard amoureux sur sa femme, qui essayait vraiment de se détendre, une fois n’est pas coutume. Qu’elle ne s’en fasse pas pour la rentrée ! Il était professeurs de sciences et de chimie alors il était capable d’assurer la majorité des cours de maths en plus des siens, le temps qu’ils trouvent un professeur, n’est-ce pas ? Il sera de toute façon sûrement plus aimé des jeunes que leur exécrable ex-prof. Quel sale caractère cette femme pouvait avoir ! Il n’y avait qu’Adrien, Alice et Daniel qui la supportaient, dans tout le pensionnat. Il n’avait pas eu l’occasion d’en reparler avec Estelle mais il se demandait si elle l’aimait toujours, depuis qu’elle avait envoyé céleste contre le mur. D’ailleurs, Gaby était-elle au courant de l’incident… ? Kimmitsu avait tout réglé et Cyprien s’était bien gardé de lui décrire les événements, se contentant de lui dire que Sarah avait été renvoyée par le sous-directeur pour comportement irrespectueux et insultant envers une collègue, au point de semer la zizanie parmi les élèves.

Il se promit de téléphoner en douce à Céleste plus tard pour lui dire ne rien avouer, jamais, devant sa femme ce qui lui avait cassé le bras, qu’elle se borne à dire qu’elle avait fait une chute dans les escaliers ou quelque chose du genre. Enfin, un truc qui ne risquait de faire flamber Gaby, elle risquait de ne pas apprécier la blague « deux profs avec des éléments dangereux se disputant devant les élèves et perdant le contrôle en prime ». Même si c’était passé, maintenant, elle le prendra très mal. Il eut un coup d’œil un peu coupable vers le ciel, pour vouloir cacher ça à son épouse, mais il ne voulait pas perdre son amie comme ça. Et elle était blessée, ça suffisait bien comme ça. Il baissa à nouveau la tête vers elle, alors qu’elle rouvrait les yeux. Des enfants nageaient régulièrement autour d’eux comme s’ils étaient un rond-point, s’amusant visiblement beaucoup. Pour Cyprien, voir des gamins à proximité suffisait à le rendre heureux. Il les adorait, voudrait qu’ils puissent tous être en bonne santé et épanouis. Il n’était pas devenu professeur pour rien, après tout.

– J’essaye de me détendre, tu sais, c’est juste un peu difficile, voilà tout. Dans un jour ou deux, ça ira sans doute mieux, ne t’en fais pas.

Mais oui, il allait l’aider, pas de soucis ! Au moins elle essayait. Il l’embrassa sur le front puis joua avec elle dans l’eau, veillant à ne pas lui faire mal mais profitant pleinement de ce moment à deux. Après, ils pourront faire une longue balade, puis ils iront au restaurant ce soir. Ils avaient deux semaines en tête à tête, à ne se soucier de rien, à profiter l’un de l’autre, à se reposer. Il fit courir ses doigts sur nuque en l’embrassant régulièrement, le soleil les réchauffant bien assez.

– Les travaux au village seront presque terminés, lorsqu’on déménagera ? lui demanda-t-elle en revenant s’accrocher à lui, portée par les vagues. S’il y a trop de poussière, ce ne sera pas bon pour la santé des enfants. Ma mère m’a donné quelques idées pour décorer leur chambre, il paraît que je n’ai pas de goût pour ça.

Cyprien se mordit d’un coup la langue pour ne pas rire, ne voulant pas la vexer, puis hocha la tête, la ramenant contre lui. Tout ne sera pas terminé, mais pour la poussière, ils pourront toujours s’arranger sans trop de peine. Après ces deux semaines, ils rentreront à Paris, pour le baptême des petits, puis prépareront le déménagement. Il avait aussi prévu quelques trucs pour occuper Alexis. Il le voyait comme un gamin, après tout, et comme les gamins, il aimait ça, aucun problème pour s’en occuper ! Gaby pensait d’abord à sa protection, ce qui était normal, mais lui pensait d’abord et surtout à lui faire découvrir ce qu’on ne voyait pas de prime abord dans les rues de la capitale. Il fallait ouvrir les yeux et ne pas se limiter aux seuls endroits touristiques !

– Comment tu peux être aussi détendu ? Je n’y arrive pas.

– Voyons voir, murmura-t-il en la prenant par-dessous les bras pour la ramener contre lui, l’enlaçant. Déjà, savoir que Sarah va enfin déverser sa mauvaise humeur éternelle arrière parvient à me détendre à un point fou.

Il la gratifia juste après d’un long baiser à pleine bouche, sans lui laisser le temps de répondre. Ils étaient à moitié sortis de l’eau et il la soutenait pour qu’elle n’ait qu’à peine besoin d’appuyer son pied valide contre le fond de l’océan, dans le sable. Il ne la relâcha que lorsqu’ils eurent besoin tous les deux de respirer un peu.

– Ensuite, savoir que j’ai deux semaines de pure tranquillité avec toi suffit à me rendre parfaitement détendu. Deux semaines juste pour nous, de vraies vacances.

Il la souleva dans ses bras avec douceur puis quitta l’océan avec elle, l’emmenant se rallonger sur leurs serviettes, sous le parasol qu’il avait planté avant de l’emmener se baigner. Il s‘assit sur la serviette puis la fit s’installer sur ses jambes, l’enlaçant avec possessivité. C’était la première fois qu’il partait ainsi avec elle et tenait à en profiter.

– Tu savais un peu plus de détendre, quand on était nous-mêmes élèves, lui dit-il en jouant avec ses mèches blondes, les entortillant autour de ses doigts. Tu souriais beaucoup plus, tu étais à l’aise. Devenir professeur t’a fait changé. Au fait, tu ne m’as jamais raconté ce qui t’a fait revenir à Ste Famille ni comment tu as pris des responsabilités si vite. Tu aimes cette école à ce point ?

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Baignade en mer   Mar 21 Juil - 23:01

– Voyons voir, murmura-t-il en la prenant par-dessous les bras pour la ramener contre lui, l’enlaçant. Déjà, savoir que Sarah va enfin déverser sa mauvaise humeur éternelle arrière parvient à me détendre à un point fou.

Mais ce n'était pas un sujet de plaisanterie, à cause de cela, il leur manquait un professeur pour la rentrée ! Et qui voudra venir enseigner au pensionnat ? Surtout vu les circonstances ? Elle ouvrait la bouche pour lui dire que c'était tout sauf amusant d'avoir perdu un collègue à une telle période et qu'ils auront du mal à trouver un remplaçant ou une remplaçante lorsqu'il l'embrassa tout à coup en plein sur les lèvres, l'empêchant de parler. Elle sursauta légèrement, surprise, puis lui rendit son baiser, fermant les yeux, en s'accrochant à lui. Ce n'était sans pas correct de s'embrasser ainsi devant tout le monde mais peu importe, sa réputation était déjà faite, de toute façon. Il avait les lèvres salées, depuis qu'ils avaient nagé, ce qui n'était pas désagréable. Elle posa son pied valide dans le sable et les coquillages, au fond de l'océan, encerclée par ses bras. Il ne s'écarta qu'au bout d'un long moment, alors qu'ils commençaient à manquer un peu d'air. Elle reprit son souffle, le cœur battant un peu plus vite, en le regardant dans les yeux. Elle n'arrivait pas à sourire mais elle avait au moins une expression plus douce. C'était mieux que rien, n'est-ce pas ?

– Ensuite, savoir que j’ai deux semaines de pure tranquillité avec toi suffit à me rendre parfaitement détendu. Deux semaines juste pour nous, de vraies vacances.

Si elle pouvait vraiment partir en vacances sans risque... Elle avait toujours peur qu'une nouvelle catastrophe arrive sans crier gare. Il se pencha tout à coup, puis mit un bras dans son dos et l'autre sous ses jambes pour la soulever. Elle eut un léger frisson à cause du vent lorsqu'ils sortirent de l'eau, revenant vers leurs affaires. Des enfants assez jeunes étaient installés à deux mètres, occupé à construire des dizaines de château de sable. Elle voulu bouger et ne pas rester sans rien faire mais il s'occupa de tout avant. Mais elle pouvait aussi se bouger ! Il n'avait pas besoin de tout prendre en main. Il s'assit puis l'installa contre lui, refermant ses bras sur elle. Elle aurait voulu lui dire qu'elle n'allait pas disparaître, mais vu ce qui s'était passé dernièrement... Elle avait déjà disparu plusieurs fois et savait qu'il avait eu peur. Elle l'entoura de ses bras à son tour, posant sa tête contre son épaule. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à ses jumeaux. D'accord, les parents de Cyprien s'en occuperont très bien, mais elle était mal à l'aise lorsqu'ils étaient loin d'elle. Derrière eux, les enfants jouaient à grands cris, sous le regard de leurs parents. Un jour, les jumeaux aussi auront cet âge... Elle espérait pouvoir les protéger jusque là.

– Tu savais un peu plus de détendre, quand on était nous-mêmes élèves, lui dit-il en jouant avec ses mèches blondes, les entortillant autour de ses doigts. Tu souriais beaucoup plus, tu étais à l’aise. Devenir professeur t’a fait changé. Au fait, tu ne m’as jamais raconté ce qui t’a fait revenir à Ste Famille ni comment tu as pris des responsabilités si vite. Tu aimes cette école à ce point ?

– Tu dois bien t'en douter, dit-elle dans un murmure.

Lorsqu'elle était élève, il y avait la Grande Guerre mais elle n'avait pas été directement impliquée. C'était... Différent, voilà tout. Elle n'avait aucune responsabilité véritable, elle sortait avec ses amis sans se soucier de grand-chose, elle suivait ses cours sans imaginer l'avenir. Sa principale occupation restait de s'entraîner, toujours plus, parfois avec le directeur pour des cours privé. Elle avait envie de progresser, travaillant des heures pour cela, développant son pouvoir et un second don, dès quinze ans. Elle se pinça les lèvres, pensives, toujours blottie contre son mari.

– Quand j'ai fini mes études, mes parents et mes frères voulaient que je reste à Paris pour me marier à un bon parti et être femme au foyer. Je suis reparti le soir même, alors que j'étais revenue depuis deux heures à peine. Je suis retournée à Ste Famille sans réfléchir et c'est le directeur, monsieur Francfort, qui m'a ouvert les grilles du pensionnat, au milieu de la nuit. Je lui ai tout déballé, comme ça... Il m'a juste souri puis il m'a dit que je n'étais pas obligée d'être simple femme au foyer, que si je le voulais, je pouvais enseigner la foudre à mon tour, au pensionnat.

Elle se redressa pour embrasser Cyprien sur la joue puis posa à nouveau la tête contre son épaule, alors qu'il jouait avec ses cheveux. Cela lui semblait faire parti d'un autre monde, maintenant. C'était il y a plus de dix ans de cela, l'école était très différente, Gaby entrait à peine dans l'âge adulte, elle était inconsciente de ce qui allait arriver des années plus tard.

– J'ai pris des responsabilités assez vite car... Je ne sais pas trop, je me sentais capable d'être professeur principale, même à vingt-deux ans. Quand je suis devenue sous-directrice, je n'ai pas non plus écouté les critiques sur le fait que je sois une femme, je voulais juste travailler pour cette école. Accepter ensuite d'être directrice a été naturel.

Elle se posait beaucoup moins de questions, à cette époque. Se détachant un peu de Cyprien, elle se pencha pour tirer son sac vers eux et prendre la gourde d'eau, qui s'était réchauffée dans le sac, même à l'ombre. Elle en proposa à son mari puis but un peu, reposant ensuite le tout dans son sac.

– C'est plus difficile en ce moment mais je ne vais pas laisser tomber, dit-elle à Cyprien en lui caressant la joue. Je m'en voudrai à vie de quitter cette école ou de l'abandonner, quoi qu'il arrive. Je sais que je ne suis pas très détendue, mais je vais faire attention, avec toi, c'est promis. Qu'as-tu envie de faire, ce soir ?

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