Pensionnat de la Ste Famille

1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Cela ne peut plus continuer ainsi

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Cela ne peut plus continuer ainsi   Dim 21 Juin - 12:31

Céleste observait attentivement la dernière élève de la matinée, mademoiselle Vannier, en prenant des notes sur les techniques utilisées et le résultat produit, comparant ainsi avec ce qu’elle attendait. Les bords étaient un peu diffus, comme hésitants, mais sinon elle se débrouillait très bien ! Pourquoi être si nerveuse ? C’était à cause d’elle ? La jeune professeure leur avait assuré qu’ils ne devaient pas avoir peur, qu’elle agirait comme en cours pratique sans les aider, seulement. Mais elle n’était pas sévère au point de faire rater un élève qui avait travaillé dur toute l’année et à qui elle répétait encore et encore qu’il s’améliorait. Ses commentaires et évaluations de l’année correspondaient, point de vue exigence, à ce qu’elle attendait à l’examen. A la fin de son examen pratique, la jeune Florence eut un sourire crispé… et fondit en larmes sans crier gare. Eh, du calme !

Céleste – Mademoiselle, respirez, vous vous êtes très bien débrouillée ! dit-elle en se rapprochant de son élève. Pourquoi pleurer comme cela ? Je vous assure que votre examen s’est très bien passé !

Son élève leva la tête vers elle avec un air triste et désespéré, perdant complètement Céleste au passage. Pourquoi pleurait-elle alors que, justement, elle s’était bien débrouillée ? Qu’elle soit tendue, elle pouvait le comprendre, le stress de l’examen oral et pratique est difficilement oubliable, mais il fallait le transformer en bon stress et ne pas se laisser miner par lui. Heureusement, Florence avait craqué à la fin… Mais qu’elle ne se mette pas à croire qu’elle avait raté, tout s’était bien passé ! Elle s’essuya les yeux d’un revers de main, reniflant tandis que Céleste lui tendait un mouchoir en tissu. Allez, on respire !

Florence – M… Merci. Ce n’est pas à cause de vous ! ajouta-t-elle d’un air paniqué. Mais cela ne sert à rien que je passe mes examens, j’ai raté l’examen de maths, et j’avais travaillé, pourtant ! Mais j’ai croisé madame de Sora dans les couloirs et l’air qu’elle m’a lancé était… J’ai tout raté, j’ai raté mon année, je n’ai même pas envie de passer les examens. Je suis obligée de passer la théorie cet après-midi ?

… Alors, c’était à cause de cette prof ? Céleste se crispa malgré elle et sentit la colère monter petit à petit en pensant à ce que Sarah infligeait à ses élèves. A cause d’elle, non seulement les élèves rataient maths et stressaient à cause de cette matière, mais en plus, ils abandonnaient d’avance parce qu’ils savaient que tout était fichu ! Bon, du calme, ne pas s’énerver. Elle sentit que l’air se faisait plus électrique, ce qui sonna l’alarme, et elle inspira un grand coup en rassurant son élève du regard qui avait ressenti le changement aussi. Il était hors de question que Sarah décourage tous les élèves parce qu’elle était aigrie et trop imbue d’elle-même. Elle n’était pas faite pour être prof ! Pourquoi venait-elle traumatiser les élèves qui voulaient seulement réussir ?!

Céleste – Oui, vous devez le passer. Ne vous inquiétez pas pour votre examen de mathématiques, les professeurs jugent des points ensemble parce qu’ils savent que madame de Sora est beaucoup trop sévère. Si vous avez travaillé, vous aurez vos points et vous vous en sortirez, j’en suis sûre. Alors courage ! On redresse la tête et on tient le coup jusqu’à la fin de la semaine. Nous sommes le 23, vous êtes en vacances le 25 après-midi, alors vous inspirez, vous expirez, et on y va ! D’accord ?

Florence hocha la tête avec un petit sourire puis fila en la remerciant. Céleste resta plantée un court instant, essayant de se calmer. Ils devaient faire quelque chose. Sarah ne pouvait pas rester, ça commençait à bien faire ! Elle contaminait tout le monde et minait le moral des élèves, les rabaissait constamment alors qu’ils faisaient des efforts. Vu la situation du Pensionnat, il fallait qu’ils soient tous soudés, solidaires, unis, et non pas divisés comme c’était le cas actuellement à cause d’une seule personne. Pensant à tout cela, Céleste fourra sans ménagement ses notes dans son sac en ruminant et rageant sans parvenir à se calmer. Du calme, on respire, ce n’était pas le moment de provoquer un accident à cause de son don. On inspire, on expire, et tout va bien.

Elle sortit de la salle d’entraînement en claquant la porte derrière elle, descendit les différents escaliers sans dire quoi que ce soit, furieuse. Tant pis si parler ne servait à rien, mais il fallait que cela sorte. Il restait encore quelques minutes avant le déjeuner mais certains professeurs ne donnaient pas d’examens aujourd’hui, aidant et surveillant les autres pour éviter les tricheries. Céleste ouvrit la porte de la salle des professeurs, espérant y trouver Sarah, mais elle n’y était pas. Elle entendit alors sa voix douce et mélodieuse, ô combien énervante, derrière elle, alors qu’elle se dirigeait vers le réfectoire en train de parler à un collègue. La jeune professeur se rapprocha immédiatement en l’interpellant.

Céleste – Sarah, j’ai deux mots à te dire. Tu peux nous laisser, s’il te plaît ?

Leur collègue leur lança un regard à la fois interrogateur et effrayé mais s’exécuta très vite et fila vers le réfectoire. Parfait ! Céleste se planta devant Sarah, croisant les bras sur son sac, et lui lança un regard bien noir.

Céleste – Tu peux me dire combien de temps tu comptes encore traumatiser les élèves, les enfoncer plus bas que terre de telle sorte qu’ils se sentent complètement démotivés et sont prêts à abandonner leurs études ? Ce n’est pas de leur faute si tu es aigrie et en colère !

Du calme, ne pas s’énerver. Elle inspira un grand coup, indifférente à la tête que tirait sa collègue, déterminée à lui dire ses quatre vérités. Cela durait depuis beaucoup trop longtemps et personne ne semblait décidé à lui parler. Pas de problème, elle le ferait. Elle n’avait rien d’autre à faire, tout était prêt pour l’après-midi, les examens aussi et les élèves ne devraient pas poser de questions, elle était sûre de ses questions.

Céleste – Une élève de TA classe a éclaté en pleurs après son examen pratique de foudre à l’instant ! Pourquoi, à ton avis ? Bingo, à cause de ton comportement hautain, de tes airs, de tes questions et de ta manière de noter ! Cela ne peut plus continuer, Sarah, si tu détestes tant les enfants que ça, on ne t’oblige pas à rester, mais arrête de les rabaisser continuellement alors qu’ils font des efforts ! C’est à croire que tu as des œillères qui t’empêchent de voir tout cela, c’est incroyable ! Même moi, qui suis sévère, je reconnais leurs efforts et je ne mets pas autant d’échecs que toi !

Céleste fit une pause tandis que le Pensionnat sembla se réveiller, on commençait à entendre des mouvements de chaises et de pas dans les étages supérieurs. Mais elle n’en avait rien à faire, elle pouvait bien terroriser les élèves à son tour, le fait que Sarah continue à leur plomber le moral était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase.

Céleste – Si seulement ce n’était qu’avec les élèves… Mais tu agis comme cela avec les profs, aussi, tu es invivable ! Tu peux prendre tes airs de gentille avec Adrien, mais je sais que tu n’es pas étrangère à ce qui est arrivé à Kimmitsu et Adrien finira par ouvrir les yeux sur ton vrai visage un jour. Maintenant, peut-être est-ce pour cela que tu as un tel comportement, mais ce n’est pas aux élèves de le payer, ils ne t’ont rien fait !

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MessageSujet: Re: Cela ne peut plus continuer ainsi   Ven 26 Juin - 11:54

Colombe haussa les épaules en fermant la porte de sa classe, visiblement encore indécise. Pourtant, il n’y avait pas à hésiter ! Elle tourna la tête vers Lucas, qui hocha lui aussi la tête avec un sourire. Le petite mai de Colombe souhaitait qu’ils se marient, cet été ou en fin d’année, mais elle avait un peu peur de s’engager. Mais qu’elle n’hésite pas ! Le mariage était juste merveilleux, c’était l’institution la plus sacrée après le baptême. La jeune femme eut un petit sourire gênée, avouant qu’elle ne se sentirait guère à l’aise en étant au centre de l’attention, ainsi. C’est vrai qu’elle était très timide mais ce sera son jour, celui dont toute femme rêvait. Qu’elle s’imagine dans une belle et longue robe blanche, à marcher vers l’autel au bras de son père, qui donnera sa main à son mari ! Ce sera merveilleux, elle ne devait pas en douter. Elle leur dit qu’elle allait en reparler avec son futur mari puis les quitta avec un petit geste de la main. Sarah poursuivit son chemin en discutant de mariage avec Lucas, lui-même ayant passé la bague au doigt à sa fiancée il y a trois mois. Il parlait avec animation de sa vie de couple, comment ils s’étaient organisés pour que chacun soit le mieux possible.

Elle lui raconta comment elle avait emménagé avec Adrien, leurs premiers jours ensemble, en vie de couple. Comment ils avaient dû tour ré-installer, aussi ! Il faudra tout recommencer dans leur maison à Gray, à cause de l’incendie. Lucas lui décrit ce qu’il avait vu dans quelques magasins de la ville voisine, elle trouvera beaucoup de choses là-bas pour la maison et la chambre du bébé. Elle nota l’adresse sur un petit bloc-notes qu’elle gardait dans son sac, avant de le laisser retomber au fond. Elle avait déjà commencé à chercher des choses pour le bébé. Adrien était très exigeant sur la qualité des affaires de toilettes et sur les biberons en verre. Sarah pourra allaiter mais elle voulait qu’Adrien puisse aussi donner le biberon, pour créer un lien avec le bébé. Lucas s’écarta pour laisser passer un élève puis lui demanda si elle avait déjà fait des tests médicaux pour le suivi de grossesse. Elle lui expliquait ce que son mari avait déjà fait lorsque Céleste se planta tout à coup devant eux comme une furie. Quoi ? Quelle malpolie, celle-là, on n’interrompait pas les gens en pleine conversation comme ça !

Céleste – Sarah, j’ai deux mots à te dire. Tu peux nous laisser, s’il te plaît ?

La jeune femme haussa un sourcil en la regardant. Elle se croyait donc tout permis, celle-là ? Remarqué, c’était peu étonnant, venant d’une ourse associable. Elle n’ouvrait jamais la bouche, sauf lorsqu’elle voulait critiquer quelque chose ! Oh, parfois, elle parlait à Cyprien, mais ce n’était pas très représentatif. En attendant, qu’elle se dépêche, Sarah était pressée et n’avait pas envie de perdre du temps avec une des petites chiennes bien docile de la directrice. Il était déjà assez pénible de les entendre ou les voir ! « Parler » à une névrosée associable qui suivait ce qu’on lui racontait comme mensonges en remuant la queue, non, ça allait, ce n’était pas un de ses loisirs favoris.

Céleste – Tu peux me dire combien de temps tu comptes encore traumatiser les élèves, les enfoncer plus bas que terre de telle sorte qu’ils se sentent complètement démotivés et sont prêts à abandonner leurs études ? Ce n’est pas de leur faute si tu es aigrie et en colère !

Traumatiser des élèves, hein ? C’était ça, la nouvelle rumeur qui circulait ? Sarah croisa les bras, après avoir remonté la bandoulière de son sac sur son épaule, déjà lassée d’avoir cette ourse en face d’elle. C’était agaçant de voir une pauvre fille sans expérience humaine ou sociale essayer de donner des leçons à des professeurs bien plus expérimentés qu’elle ! Elle pensait donc posséder toute la science du monde ? Les mathématiques ne s’enseignaient pas comme les éléments, quoi qu’elle en pense, on ne pouvait copier les techniques des autres. Si les élèves se laissaient « démotiver », c’est juste qu’ils n’étaient pas capables de travailler sérieusement. Mais ça, c’était de leur faute, ils étaient tous assez grand pour savoir que pour réussir, il faut travailler ! C’est pourtant simple, il suffit de se sortir les doigts du cul et de s’y mettre sérieusement.

Céleste – Une élève de TA classe a éclaté en pleurs après son examen pratique de foudre à l’instant ! Pourquoi, à ton avis ? Bingo, à cause de ton comportement hautain, de tes airs, de tes questions et de ta manière de noter ! Cela ne peut plus continuer, Sarah, si tu détestes tant les enfants que ça, on ne t’oblige pas à rester, mais arrête de les rabaisser continuellement alors qu’ils font des efforts ! C’est à croire que tu as des œillères qui t’empêchent de voir tout cela, c’est incroyable ! Même moi, qui suis sévère, je reconnais leurs efforts et je ne mets pas autant d’échecs que toi !

Oh, comme c’était mignon, cette petite associable osait enfin hurler pour de bon ! Ça y est enfin, elle avait enfin commencé à prendre des leçons de sa maîtresse pour apprendre à aboyer ? Elle ne se contentait plus de faire la gueule dans son coin sans jamais adresser la parole à un seul de ses collègues ? Même Colombe avait renoncé à essayer de lui parler, tellement elle la trouvait froide. Enfin, si elle commençait à se réveiller, c’était très bien, bravo ! Quel dommage que Sarah n’ait pas d’os sur elle pour lui donner en récompense. A moins qu’elle ne préfère un su-sucre ? Elle devrait courir en aboyant voir la directrice afin d’obtenir sa récompense !

Céleste – Si seulement ce n’était qu’avec les élèves… Mais tu agis comme cela avec les profs, aussi, tu es invivable ! Tu peux prendre tes airs de gentille avec Adrien, mais je sais que tu n’es pas étrangère à ce qui est arrivé à Kimmitsu et Adrien finira par ouvrir les yeux sur ton vrai visage un jour. Maintenant, peut-être est-ce pour cela que tu as un tel comportement, mais ce n’est pas aux élèves de le payer, ils ne t’ont rien fait !

Sarah – C’est très bien, vraiment très bien, sourit-elle avec un ton méprisant, tu as enfin appris à aboyer ! Je désespérais de te voir adresser la parole à une autre personne que Cyprien un jour, mais on dirait que tu as grandi ! Tu veux un sucre en récompense ou un os te suffira ?

Elle secoua la tête avec un soupir affligé, la regardant avec un air de profond mépris. Que pouvait-on attendre de plus de la part des « alliés » de la directrice, de toute façon ? Ils étaient tous pathétiques, pitoyables, se battant comme des chiens enragés pour exister ne serait-ce qu’une minute, ignorant des véritables valeurs de la vie.

Sarah – Avec ça, comment peux-tu te permettre de critique mes méthodes d’enseignement ? Tu as vingt ans d’expérience dans le métier, peut-être ? Tu as déjà donné des cours particuliers quand tu étais jeune ? Ah non, j’oublias, tu préfères ruminer dans ton coin sans parler à qui que ce soit. Tu es venue me parler juste pour aboyer ça ? Si c’est le cas, tu peux retourner dès maintenant jouer les caniches de la « directrice » ! A moins qu’il n’y ait encore autre chose ? Vide donc ton sac, ça évitera que tu reviennes te donner en spectacle devant tout le monde.
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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Cela ne peut plus continuer ainsi   Dim 28 Juin - 17:18

Sarah – C’est très bien, vraiment très bien, sourit-elle avec un ton méprisant, tu as enfin appris à aboyer ! Je désespérais de te voir adresser la parole à une autre personne que Cyprien un jour, mais on dirait que tu as grandi ! Tu veux un sucre en récompense ou un os te suffira ?

Céleste ne bougea pas d’un pouce, se retenant de lever les yeux au ciel. Si elle pensait que la provocation allait changer quelque chose, elle pouvait toujours y aller, cela ne changerait rien. La jeune professeure n’avait rien à se reprocher à ce niveau et, qui plus est, qu’une personne comme Sarah fasse une telle remarque était encore plus ironique. Elle adressait la parole aux autres et restait courtoise, il n’y avait pas besoin de parler à tout le monde et de s’entendre à merveille avec tous les enseignants de l’école. Surtout lorsque la plupart a abandonné le navire en laissant tomber lamentablement la directrice. Alors, oui, Sarah pouvait bien l’attaquer là-dessus, Céleste ne bougerait pas. Elle garda les bras croisés, lançant un regard noir à sa « collègue ». Répondre, c’est bien, mais qu’avait-elle à dire à propos des élèves et de leurs points ?

Sarah – Avec ça, comment peux-tu te permettre de critique mes méthodes d’enseignement ? Tu as vingt ans d’expérience dans le métier, peut-être ? Tu as déjà donné des cours particuliers quand tu étais jeune ? Ah non, j’oubliais, tu préfères ruminer dans ton coin sans parler à qui que ce soit. Tu es venue me parler juste pour aboyer ça ? Si c’est le cas, tu peux retourner dès maintenant jouer les caniches de la « directrice » ! A moins qu’il n’y ait encore autre chose ? Vide donc ton sac, ça évitera que tu reviennes te donner en spectacle devant tout le monde.

Céleste – Justement, pour qu’une professeure plus jeune doive te dire comment enseigner, je le prendrais très mal à ta place et je me remettrais en question, dit-elle sur le même ton.

Céleste fit une pause sans cesser de fixer Sarah, parfaitement indifférente à ses insultes. Qu’elle la traite de caniche si elle le voulait, elle, au moins, ne laissait pas tomber sa supérieure par peur de voir son petit confort personnel être menacé. Et cela, ce n’était pas une question d’expérience ou quoi que ce soit du genre mais une question d’humanité. Alors si ne pas parler à tout le monde lui permettait de rester loyale sans tourner le dos aux personnes qui étaient importantes pour elles, Céleste n’allait certainement pas changer parce que c’était moins dangereux.

Quant à ses cours… Ah bon, il fallait hurler sur les élèves pour qu’ils apprennent mieux ? Mais oui, qu’elle était stupide ! C’était connu, tout le monde le savait, les élèves retenaient mieux ainsi et étaient incroyablement performants en revoyant encore et encore la tête d’un professeur qui hurlait pendant qu’ils étudiaient. Où avait-elle eu la tête pendant qu’on lui enseignait tout cela à l’école ? Sûrement à penser à ses petits problèmes et à ce qu’elle devrait faire pour conserver son confort personnel. Ou alors aux méthodes les plus efficaces pour pousser les élèves à étudier et à s’améliorer parce qu’en effet, elle n’avait jamais eu l’occasion de donner de cours particuliers. C’était pathétique… Peut-être Céleste manquait-elle d’expérience, mais elle ne traumatisait pas ses élèves en leur hurlant dessus.

Céleste – Désolée de critiquer ton « expérience professionnelle » mais personne ne m’a dit qu’il fallait hurler sur les élèves et les enfoncer encore et toujours pour qu’ils apprennent, sans jamais valoriser leurs efforts ! Tu n’imagines même pas ce qu’ils font pour réussir tes devoirs, tes examens ou je ne sais quoi encore… Pourquoi ne les encourages-tu jamais ?!

Voilà ce que Céleste se demandait constamment. Pourquoi Sarah enfonçait-elle ses élèves ? Pourquoi était-elle la seule, ici, à les rabaisser après chaque devoir plutôt que de les soulever, les encourager, admettre que les mathématiques sont une matière difficile mais essentielle. Non, définitivement, elle ne comprenait pas. Le français l’était, la SVT aussi, l’histoire, la géographie, l’éducation civique… Et pourtant, les professeurs ne passaient pas leur temps à leur hurler dessus. Attention, cela ne signifiait pas qu’ils haussaient la moyenne de certains élèves, mais grâce aux valorisations, ces derniers s’amélioraient. Et c’était en cela que le métier de professeur était gratifiant : voir ses élèves progresser et réussir, lire dans leurs yeux un « merci » pour quelque chose qui est naturel.

Céleste – Je ne comprends pas ce que tu fais ici, si tu n’aimes pas les élèves, ajouta-t-elle avec un soupir. Très sincèrement, je plains ceux à qui tu as donné des cours particuliers si tu étais comme aujourd’hui… Ce n’est pas en classe que l’on passe ses nerfs, si quelque chose ne va pas, il faut le cacher. Ces élèves n’ont rien fait qui puisse justifier tes hurlements et ta mauvaise humeur constante !

Les élèves descendaient les escaliers et affluaient vers le réfectoire. Ceux de sa propre classe la dévisageaient, comme ahuris de la voir et de l’entendre, surtout, « parler » avec Sarah alors que d’autres restaient plus loin pour écouter ou elle ne savait quoi. Oui, d’accord, Céleste ne parlait qu’à Cyprien de manière régulière, on les voyait assez souvent ensemble, mais elle ne poignardait personne dans le dos et ce n’était, ici, que sa vie privée. Elle n’avait pas besoin de se justifier auprès des autres, encore moins auprès de Sarah qui n’aidait pas les élèves et trahissait le sous-directeur.

Céleste – Tu ne penses pas qu’ils subissent assez tous les jours, tu te sens obligée d’en rajouter une couche ? Après le sous-directeur, tu vas t’attaquer à eux pour les miner, de telle sorte qu’ils vont tous quitter l’école ? Oh mais non, pardon, tu vas aussi t’attaquer à nous vu qu’on aide la directrice. Le pire, dans tout cela, c’est que tu n’oses même pas le faire de face… Combien de temps devrons-nous attendre avant d’être attachés à notre tour ? Ce Pensionnat va fermer si tu continues, je pensais qu’il était un foyer pour toi aussi, mais je me suis sûrement trompée. Si c’est comme cela que tu veux protéger Adrien, ne t’étonnes pas s’il part un jour… J’aimerais qu’il voie à quel point tu es vicieuse.

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MessageSujet: Re: Cela ne peut plus continuer ainsi   Lun 29 Juin - 14:05

Céleste – Justement, pour qu’une professeure plus jeune doive te dire comment enseigner, je le prendrais très mal à ta place et je me remettrais en question, dit-elle sur le même ton.

Parce que cette pauvre petite choute s’imaginait que Sarah accordait la plus petite once d’importance à ses soi-disant conseils ? Que c’était beau, tout de même, d’être crédule à ce point, elle arriverait presque à lui faire verser une larme ! Cela aurait pu être drôle si elle n’était pas aussi pathétique, à venir crier comme une folle au beau milieu du couloir en pleins examens ! Et pourquoi maintenant, au fait ? Elle avait eu ses règles ce matin et ça la mettait de mauvaise humeur ? Elle voulait juste trouver quelqu’un pour passer ses nerfs, peu importe qui ? On embauchait vraiment n’importe qui dans cette école, c’était de pire en pire ! Quoi que ça ne devrait pas l’étonner, il fallait vraiment avoir une case de moins pour croire en toutes les conneries que déversait leur très chère directrice. Qui était alitée, d’ailleurs, elle avait entendu cela en salle des professeurs. La pauvre, vraiment, quelle tristesse ! Sarah avait espéré un instant qu’elle soit morte mais rien de tel. Dommage.

Céleste – Désolée de critiquer ton « expérience professionnelle » mais personne ne m’a dit qu’il fallait hurler sur les élèves et les enfoncer encore et toujours pour qu’ils apprennent, sans jamais valoriser leurs efforts ! Tu n’imagines même pas ce qu’ils font pour réussir tes devoirs, tes examens ou je ne sais quoi encore… Pourquoi ne les encourages-tu jamais ?!

Sarah leva les yeux au ciel avec un long soupir lassé. Et elle, pourquoi venait-elle lui demander ça en criant ? Qu’est-ce que ça pouvait lui faire ?! Les élèves n’étaient pas ici pour qu’on les câline mais pour passer leur bac ! Tout le monde avait des problèmes mais ce n’était pas une raison pour venir pleurer aux autres profs à la moindre contrariété. Cette petite idiote pouvait bien croire en ce qu’elle voulait, Sarah ne comptait pas modifier ses méthodes de travail uniquement pour lui faire plaisir ! Que valaient les conseils d’une petite bleue qui se laissait dicter sa conduite par la directrice et cet abruti de sous-directeur ? Dieu qu’elle était frustrée ! Enfin, l’andouille aux yeux bridés était restée longtemps hors circuit, c’était une consolation ! Quand à l’hystérique névrosée, vu son état, elle ne sortira pas du lit avant un long moment. Sarah eut un léger sourire en l’imaginant allongée dans un cercueil en chêne, prête à être enterrée. Une menace de moins sur cette terre, cela aurait si merveilleux.

Céleste – Je ne comprends pas ce que tu fais ici, si tu n’aimes pas les élèves, ajouta-t-elle avec un soupir. Très sincèrement, je plains ceux à qui tu as donné des cours particuliers si tu étais comme aujourd’hui… Ce n’est pas en classe que l’on passe ses nerfs, si quelque chose ne va pas, il faut le cacher. Ces élèves n’ont rien fait qui puisse justifier tes hurlements et ta mauvaise humeur constante !

Ah, c’est bon, elle avait terminé son petit laïus, maintenant ? Sarah rajusta son sac sur son épaule avec un regard méprisant, agacée de devoir subir les cris d’une attardée mentale. Les élèves, les élèves, les élèves, elle n’avait que ça à la bouche ! Encore une fois, ils n’étaient pas ici pour qu’on les materne !

Céleste – Tu ne penses pas qu’ils subissent assez tous les jours, tu te sens obligée d’en rajouter une couche ? Après le sous-directeur, tu vas t’attaquer à eux pour les miner, de telle sorte qu’ils vont tous quitter l’école ? Oh mais non, pardon, tu vas aussi t’attaquer à nous vu qu’on aide la directrice. Le pire, dans tout cela, c’est que tu n’oses même pas le faire de face… Combien de temps devrons-nous attendre avant d’être attachés à notre tour ? Ce Pensionnat va fermer si tu continues, je pensais qu’il était un foyer pour toi aussi, mais je me suis sûrement trompée. Si c’est comme cela que tu veux protéger Adrien, ne t’étonnes pas s’il part un jour… J’aimerais qu’il voie à quel point tu es vicieuse.

Sarah – Je ne doute pas que votre “aide” doit être précieuse, vu l’état de notre directrice, siffla Sarah en relâchant la bandoulière de son sac, les yeux brillants.

Elle fit un geste brutal en direction de Céleste, comme pour la frapper, convoquant son élément qui rugit d’un seul coup en frappant sa collègue violemment en pleine poitrine et l’envoyant se cogner brutalement contre le mur. Les élèves crièrent puis Estelle la dépassa soudainement, se précipitant sur Céleste alors que Sarah se frottait les mains. Voilà qui était fait ! Elle n’arrivera pas à briser Adrien, elle non plus ! Elle se rapprocha, pendant qu’Estelle aida leur collègue à s’asseoir et criait à un élève d’appeler une ambulance. La jeune mère entoura Céleste de ses bras puis lui fit poser sa tête contre sa poitrine en lui caressant la joue, avec des paroles de réconfort.

Estelle – Tout va bien, ma chérie, murmura-t-elle. Respire, je suis là… Tiens ma main si tu veux.

Cette petite crétine avait un bras qui virait au noir, il devait être cassé. Sarah haussa un sourcil indifférent, ne culpabilisant pas du tout de le lui avoir brisé. Qui s’en prenait à son couple ne pouvait s’attendre qu’à ça ! Elle avait même de la chance de ne pas avoir le dos brisé ! Un élève revint en courant en disant qu’une ambulance allait arriver, de la ville voisine, qu’on l’emmenait à l’hôpital. Ils pouvaient même la garder, s’ils voulaient ! Cette femme était une infection ! Elle croisa les bras, jetant un regard noir aux élèves trop curieux qui venaient voir la scène. Leur cher sous-directeur arriva à son tour, demandant ce qui s’était passé. Elle lui dit ce qu’elle avait fait, d’un ton froid et indifférent, sans tenir compte de son regard choqué. Estelle eut un petit sursaut puis recommença de plus belle à câliner la folle et à l’embrasser sur le front en lui répétant de ne pas s’en faire. Sarah rendit son regard au sous-directeur, droite et impassible.

Sarah – Ce n’était pas un accident, déclara-t-elle. Je m’en prend à tous ceux qui veulent briser mon couple, surtout d’une manière si odieuse, surtout avec des mensonges et de la calomnie.

Elle s’écarta lorsque les ambulanciers arrivèrent, avec un haussement d’épaules, souriant à Céleste. Pauvre folle trop fragile…
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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Cela ne peut plus continuer ainsi   Mar 30 Juin - 17:29

Sarah – Je ne doute pas que votre “aide” doit être précieuse, vu l’état de notre directrice, siffla Sarah en relâchant la bandoulière de son sac, les yeux brillants.

Céleste n’eut le temps de rien dire, voyant brièvement le geste de Sarah avant de se prendre une rafale de vent en pleine poitrine. Elle heurta de plein fouet le mur opposé et retomba violemment sur le sol, sentant immédiatement une douleur lancinante et puissante lui transpercer le bras droit. Les larmes lui montèrent aux yeux malgré elle, le souffle toujours coupé, prostrée par terre. La jeune professeure ne réagit pas lorsqu’elle entendit des élèves crier et une voix de femme hurler à son tour en se précipitant sur elle. Elle avait mal, mal à un point incroyable. Ce n’est que lorsque la voix se fit plus proche et qu’elle sentit des bras l’entourer, la relevant, qu’elle reconnut Estelle qui criait quelque chose à un élève. Céleste était trop sonnée pour réagir, son esprit focalisé sur la douleur qu’elle ressentait au bras.

Estelle – Tout va bien, ma chérie, murmura-t-elle. Respire, je suis là… Tiens ma main si tu veux.

Plus par réflexe qu’autre chose, Céleste agrippa la main que sa collègue lui tendait de sa main gauche et constata, au même instant, que son bras prenait une couleur sombre, il virait au noir. Cette folle l’avait cassé ! Elle était dingue ! Incapable de retenir ses larmes à cause de la douleur, la jeune professeure essaya de se reprendre, de rester calme, se concentrant sur les paroles réconfortantes d’Estelle. En temps normal, cela l’aurait choquée, elle n’imaginait pas que sa collègue réagirait de cette manière avec elle alors qu’elles ne se connaissaient pas vraiment, mais ici, la douleur était trop forte pour qu’elle ait une quelconque pensée cohérente.

Quelques minutes après, Céleste perçut la voix horrible de Sarah qui racontait tout au sous-directeur, provoquant un soubresaut chez Estelle qui resserrait son étreinte sur elle. Essayant de se reprendre un peu, elle put apercevoir le sous-directeur non loin. Il fallait qu’elle respire absolument, qu’elle se calme et qu’elle ne s’énerve pas, qu’elle écoute la version des faits de sa « collègue » pour pouvoir tout raconter à son tour si elle mentait. Mais contrairement à ce qu’elle pensait, Sarah dit la vérité et, pire que tout, ne semblait même pas regretter ce qu’elle avait fait. Elle était dingue !

Folle dangereuse – Ce n’était pas un accident, déclara-t-elle. Je m’en prends à tous ceux qui veulent briser mon couple, surtout d’une manière si odieuse, surtout avec des mensonges et de la calomnie.

Céleste voulut répondre, le cœur au bord des lèvres, mais Sarah s’écarta en même temps que d’autres personnes dont elle ne parvenait pas à distinguer la silhouette. Les ambulanciers étaient là et la placèrent sur un brancard avant de l’emmener mais la jeune professeure eut largement le temps de voir le sourire de sa « collègue » avant de grimacer à nouveau, ressentant les chocs dans son bras.

Le trajet lui parut incroyablement long entre les secousses et la perspective de passer plusieurs heures de suite à l’hôpital, avec la douleur lancinante de son bras, mais Céleste se concentra sur Sarah et son renvoi, parce qu’elle allait sûrement être renvoyée vu ce qu’elle avait fait. Au moins, Adrien allait ouvrir les yeux. N’est-ce pas ? Ses pensées fluctuaient entre la douleur, le souvenir de l’altercation et l’espérance du renvoi de Sarah tandis qu’ils arrivaient à l’hôpital. Elle ne put réprimer une bouffée de stress et d’appréhension, détestant de plus en plus les hôpitaux ces derniers temps.

Céleste – Pas l’hôpital…, murmura-t-elle.

Céleste essaya de bouger, de chercher quelqu’un susceptible de l’aider, mais le moindre mouvement lui faisait atrocement mal. Elle était finie, si elle entrait dans cet hôpital, elle allait mourir comme ces élèves, comme les adultes… Cependant, elle eut le temps d’apercevoir Kimmitsu et ne riposta pas alors qu’on l’endormait. S’il était là, elle avait confiance, lui faisait attention aux professeurs et élèves. Ses paupières devinrent de plus en plus lourdes, comme jamais elles ne l’avaient été depuis des années, et elle finit par sombrer sans riposter, sentant de moins en moins la douleur, les bruits environnants devenant de plus en plus lointains jusqu’à être inexistants.

Céleste émergea petit à petit, sentant un étau sur son bras immobilisé, ouvrant les yeux sur une chambre blanche et déprimante. Elle était dans un lit, ne portait pas ses vêtements habituels, ne se souvenait de rien… Une vague de panique l’envahit tout à coup, son cœur battant plus vite alors qu’elle essayait de bouger, puis ses yeux tombèrent sur Kimmitsu. Instinctivement, Céleste voulut prendre quelque chose pour se cacher, n’étant pas présentable, puis se souvint de ce qu’il s’était passé. L’élève qui avait éclaté en pleurs après son examen pratique. Son altercation avec Sarah. Le choc contre le mur… Son bras cassé. Pendant trente secondes, elle avait cru qu’elle était encore en train de rêver, de revivre la nuit de la mort de sa sœur, et devait donc être plus pâle que jamais. Mais non, c’était elle qui était blessée, ce n’était pas un cauchemar.

Avec un air gêné, Céleste essaya de sourire pour s’excuser avant de tenter de se redresser sans y arriver. Elle avait l’impression d’avoir été droguée aux somnifères, ce qui n’était sans doute pas faux, mais elle détestait cela. Et Kimmitsu qui était là… Une minute. Kimmitsu était là. Il était là, dans cette chambre. Mais… Pourquoi avait-il attendu ? Oh… Il venait sans doute lui reprocher son comportement. Il avait renvoyé Sarah et venait lui dire qu’elle n’aurait pas dû réagir comme elle l’avait fait, qu’elle avait été complètement irresponsable, qu’un élève aurait pu être blessé, que parler et provoquer une dispute devant le réfectoire avait été la pire idée du siècle. Céleste essaya de rassembler ses esprits, elle voulait au moins s’expliquer avant toute chose. Même si elle ignorait ce qu’elle ferait si elle était renvoyée, elle aussi… La jeune professeure reporta son regard sur son supérieur avec difficulté, toujours un peu mal à l’aise depuis la soirée où il avait tout compris.

Céleste – Je suis désolée, souffla-t-elle. Je sais que… Je sais que j’ai été complètement irresponsable et que provoquer Sarah comme cela aurait pu tourner mal, mais je… Je voulais seulement lui faire ouvrir les yeux, je n’ai jamais menacé son couple. Je sais que parler devant le réfectoire était stupide, mais j’ai agi sans… sans réfléchir en voyant cette élève pleurer. Ils sont tous désespérés ! Je n’ai pas supporté…

Céleste baissa le regard sur son plâtre, incapable de regarder Kimmitsu plus longtemps. Elle avait encore l’esprit un peu embrumé, mais elle voulait lui expliquer ce qui l’avait poussée à agir comme elle l’avait fait. Les élèves éprouvaient déjà des difficultés à se concentrer, Sarah n’arrangeait rien et minait le moral de tout le monde avec son comportement. Ils étaient terrorisés par les militaires, ils ne devaient pas l’être par un professeur.

Céleste – Cela ne se reproduira plus, je vous en fais la promesse. Enfin, si… Si je peux rester au Pensionnat.

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: Cela ne peut plus continuer ainsi   Mer 1 Juil - 21:17

Le petit garçon pleurait dans les bras de sa mère, blotti sur ses genoux en serrant ses bras sur son ventre, alors qu'elle essayait de le réconforter. Non loin, une vieille femme se balançait d'avant en arrière, les yeux fermés, en répétant sans cesse "Ne meurs pas". Un jeune homme, près de la fenêtre, attendait en serrant sur son visage une serviette tâchée de sang. Un autre homme, dans la quarantaine, soupirait régulièrement en regardant l'horloge. Les Sœurs venaient régulièrement chercher les patients ou en amener d'autres, qui s'asseyaient dans les fauteuils. Kimmitsu tendit un mouchoir à la jeune mère qui consolait son fils et hocha la tête lorsqu'elle lui lança un sourire reconnaissant. Un médecin vint la trouver peu de temps après, emmenant le petit garçon être soigné. Il se leva pour aller regarder ce qui se passait au-dehors, par la fenêtre grande ouverte pour laisser passer un peu d'air. Ils se trouvaient à Nantilly, une ville située à 6 ou 7 kilomètres de Gray, l'ambulance n'avait mis qu'un quart d'heure pour s'y rendre. L'hôpital n'était pas bien grand mais très propre, discret, loin des soucis qu'avait rencontré l'hôpital de Gray à cause de l'armée. Il observa un moment les personnes passer dans la rue, les gens entrer et sortir des commerces. Une ville si ordinaire et banale, comme ne pouvait plus l'être Gray...

Ce qui s'était passé aujourd'hui avait déjà dû faire le tour de l'école, malgré les examens. Kimmitsu ne savait pas s'il devait être en colère ou affligé. Sans doute un mélange des deux, en réalité. Il trouvait incroyable que des élèves ou des professeurs trouvent encore des raisons pour s’entre-tuer, malgré tout ce qui se passait, malgré les morts au cours de cette année, malgré la répression, malgré tout cela. Il en restait encore qui se battaient, se provoquaient, c'était ridicule. Comme s'il n'y avait pas assez de tension ni de peine dans cette école ! A quoi bon encore chercher à en rajouter ? On lui avait décrit toute la scène très précisément, Sarah n'ayant rien dissimulé non plus, mais il avait du mal à y croire. Et elles avaient fait leur petite scène devant des élèves, au beau milieu des examens, alors que tout le monde était très tendu. Il soupira en regardant deux personnes discuter devant une quincaillerie, de l'autre côté de la rue. Un tel manque de professionnalisme... Venant de deux professeurs non débutantes, c'était bien affligeant. Il y avait une part de responsabilité des deux côtés. Il espérait que Gabriella-sama n'ait encore eu écho de cela, elle devait se reposer.

Plus tard encore, il se rendit dans la chambre où sa jeune collègue avait été emmenée. Elle se réveilla peu à peu, alors qu'il restait près du lit, sa veste sur le bras, patient. Il attendit qu'elle reprenne ses esprits, lassé de toutes ces querelles, ces disputes incessantes, ces idioties. Un professeur n'était pas censé avoir la même mentalité qu'un collégien. Encore moins un professeur d'un élément dangereux et qui avait du mal à se contrôler de base, c'était inadmissible. Il aimerait que la protection des élèves redevienne le souci principal de cette équipe enseignante, si c'était possible. Il savait que Gabriella-sama voulait faire le point là-dessus avant la rentrée et il la soutiendra. En attendant, il devait surtout se charger de calmer les têtes brûlées, sans oublier les irresponsables. Une fois qu'elle fut mieux réveillée, il se rapprocha d'un pas, l'air impassible.

– Je suis désolée, souffla-t-elle. Je sais que… Je sais que j’ai été complètement irresponsable et que provoquer Sarah comme cela aurait pu tourner mal, mais je… Je voulais seulement lui faire ouvrir les yeux, je n’ai jamais menacé son couple. Je sais que parler devant le réfectoire était stupide, mais j’ai agi sans… sans réfléchir en voyant cette élève pleurer. Ils sont tous désespérés ! Je n’ai pas supporté…

Il haussa brièvement un sourcil, lèvres pincées. Une professeur agissant sans réfléchir ? Et lui qui pensait que cette jeune femme était au moins un minimum mature et responsable. Il espérait très sincèrement que ce ne soit qu'un moment d'égarement et qu'elle se reprendra très vite en main. Ne "pas avoir réfléchi" n'était pas une excuse, bien au contraire, cela aggravait la faute. Plus particulièrement lorsque cette faute était commise par un adulte. Les seules personnes susceptibles de ne pas réfléchir avant d'agir sont les enfants qui n'ont pas encore atteint l'âge de la réflexion. Mais Céleste n'était plus une enfant et devait donc agir en conséquences.

– Cela ne se reproduira plus, je vous en fais la promesse. Enfin, si… Si je peux rester au Pensionnat.

– Si nous n'étions pas en fin d'année, vous auriez bien sûr été renvoyée un mois, dit-il d'un ton neutre, sans manifester la moindre émotion. Le temps que vous puissiez vous souvenir qu'agir "sans réfléchir" n'est pardonnable que pour les jeunes enfants, certainement pas pour un adulte.

Il déposa sa veste sur le bout du lit puis croisa les bras, la regardant fixement pendant deux bonnes minutes. Elle devait comprendre et retenir qu'il ne pouvait pas tolérer ce genre de comportement, que ce soit de la part d'un élève ou d'un enseignant.

– Pourquoi avoir provoqué une de vos collègues devant les élèves, sachant qu'ils sont tous en examens et n'ont pas besoin de pression supplémentaire, dites-moi ? Attendre le soir en privé était si difficile ? J'attend plus de sérieux de la part des professeurs, surtout en ce moment. Je ne pensais que vous seriez capable de vous conduire ainsi, très honnêtement, j'avais une plus haute opinion de vous. La provocation n'a jamais été la meilleure façon de faire valoir ses arguments.

Il soupira, s'asseyant sur une chaise près du mur de la petite chambre. On entendait les bruits de la rue, venant de la fenêtre entrouverte. La pluie n'était pas aussi forte que ce matin, rafraîchissant les passants et les intérieurs des maisons. L'été promettait d'être très chaud et orageux, cette année.

– Et vous êtes blessée, beau résultat... Comme s'il y avait besoin de rajouter des tensions. J'espère que vous saurez vous maîtriser, pour la prochaine année scolaire. Pourquoi n'avez pas jugé bon d'attendre au minimum la fin de la journée ?

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Cela ne peut plus continuer ainsi   Jeu 2 Juil - 16:55

[HJ : J'avais le temps pour ce RP mais tu n'es pas obligé de répondre aussitôt, ne t'inquiètes pas ^^ Et si tu as besoin de réaction, dis-le-moi.]


Kimmitsu – Si nous n'étions pas en fin d'année, vous auriez bien sûr été renvoyée un mois, dit-il d'un ton neutre, sans manifester la moindre émotion. Le temps que vous puissiez vous souvenir qu'agir "sans réfléchir" n'est pardonnable que pour les jeunes enfants, certainement pas pour un adulte.

Céleste blêmit au fur et à mesure que le sous-directeur parlait, la gorge serrée. Il déposa sa veste sur le bord du lit et croisa les bras, la fixant alors qu’elle-même baissait le regard, n’osant pas bouger et à peine respirer. Habituellement, soutenir le regard de quelqu’un n’était pas difficile, mais ici… Elle savait qu’il était furieux. Et c’était légitime. Il ne hurlait pas, ne haussait pas la voix, mais ses paroles étaient dures. Tout le monde, au sein de l’école, s’accordait à dire qu’énerver Kimmitsu était rare mais que l’on se souvenait des sermons qu’il donnait.

Seulement, à cause de son emportement, elle avait bien failli récolter plus qu’un bras cassé et un simple sermon. Cela avait été plus fort qu’elle, Céleste n’avait réellement pas réfléchi et ne supportait tout simplement plus Sarah. Les élèves avaient besoin de soutien ! Elle avait trouvé un refuge au Pensionnat, ses années d’études dans cette école constituaient les meilleures années de sa vie, elle trouvait cela odieux que quelqu’un se permette de tout détruire par pur égoïsme. Même si oui, Kimmitsu avait raison… Parler à Sarah devant tout le monde avait été la pire réaction parmi celles qu’elle avait à sa disposition.

Kimmitsu – Pourquoi avoir provoqué une de vos collègues devant les élèves, sachant qu'ils sont tous en examens et n'ont pas besoin de pression supplémentaire, dites-moi ? Attendre le soir en privé était si difficile ? J’attends plus de sérieux de la part des professeurs, surtout en ce moment. Je ne pensais que vous seriez capable de vous conduire ainsi, très honnêtement, j'avais une plus haute opinion de vous. La provocation n'a jamais été la meilleure façon de faire valoir ses arguments.

Céleste ouvrit la bouche pour répondre mais aucun son n’en sortit et elle eut l’impression qu’un poids immense tombait au fond de son estomac en la refermant. Ce n’était pas la première fois qu’on lui disait avoir été déçu par son comportement, mais ce n’était plus arrivé depuis des années. Les premières et dernières remarques de ce style ayant lieu lors de l’enterrement de sa sœur, principalement, mais personne n’avait fait de remarque similaire depuis ce jour-là. Céleste savait qu’elle avait mal agi, elle avait semé le trouble en apostrophant Sarah de la sorte, face à tous les élèves.

Mais avec tout ce qui se passait au Pensionnat, avec les entraînements et les changements de ces dernières semaines, elle avait… craqué, tout simplement. Cependant, ce n’était pas une excuse. En dehors de Cyprien et de la directrice, personne n’était au courant pour ces entraînements. Elle savait déjà qu’elle était sur la sellette et qu’elle devait travailler encore et encore. Cela l’épuisait, mais elle ne pouvait pas l’expliquer, pas comme cela. Son supérieur soupira en s’asseyant sur une chaise dans la chambre et Céleste releva brièvement la tête pour le regarder. Que pouvait-elle dire pour s’expliquer en dehors de « j’ai craqué » ? Elle profita d’un courant d’air passant par la fenêtre entrouverte pour inspirer discrètement, toujours sans bouger.

Kimmitsu – Et vous êtes blessée, beau résultat... Comme s'il y avait besoin de rajouter des tensions. J'espère que vous saurez vous maîtriser, pour la prochaine année scolaire. Pourquoi n'avez pas jugé bon d'attendre au minimum la fin de la journée ?

Mais sa blessure ne changerait rien, Céleste continuerait à aider et assumerait ce qu’elle avait fait. Elle pouvait bien souffrir un peu et mettre sa fatigue de côté l’espace de quelques jours pour aider ses collègues et corriger les copies d’examens, ce n’était pas un problème. Elle avait déjà connu pire et refusait de mettre les autres professeurs dans l’embarras à cause de son comportement. Quant à la raison qui l’avait poussée à parler directement à Sarah sans attendre la fin de la journée… Elle n’en avait pas d’autre que celle qu’elle avait donnée d’emblée. Céleste releva à nouveau la tête vers le sous-directeur, la gorge nouée, et voulut parler mais ne parvint à rien dire d’autre qu’un « Je… ». Une fois encore. Elle ne cessait de penser à ce qu’il avait dit, à l’épée de Damoclès qui planait au-dessus de sa tête, de plus en plus lourde. Peut-être n’était-ce que le fruit de son imagination, mais elle ne pouvait s’empêcher d’être plus tendue et davantage à fleur de peau. Et la situation n’arrangeait pas les choses… Elle se sentait petite et insignifiante dans ce lit, démunie avec ce bras plâtré face au sous-directeur.

Céleste – Je ne peux pas donner d’autre explication, murmura-t-elle en baissant à nouveau la tête. Je suis désolée, je ne… Je ne voulais pas nuire au Pensionnat ni aux élèves, ce n’était pas mon intention. Mon comportement sera irréprochable l’année prochaine et je ne ferai plus ce genre d’erreurs.

La jeune professeure avait presque peur de regarder son supérieur dans les yeux, ne soutenant son regard que quelques secondes avant de baisser le sien. Elle ignorait ce qu’elle pouvait dire et craignait de dire des choses qui lui confirmeraient elle-ne-savait-quoi sur elle. Depuis cette soirée au dojo, elle essayait de rester impassible et de ne pas se montrer aussi fragile et craintive qu’elle ne l’était jusqu’ici. Ca allait mieux, mais elle ne pouvait s’empêcher d’être mal à l’aise. Céleste prit une petite inspiration pour se donner du courage avant de poursuivre.

Céleste – Ma blessure ne vous gênera pas, je continuerai à vous aider et à corriger. Je sais que… Je sais que je suis en tort et je tiens à assumer mes actes. J’ai eu un… moment d’égarement, mais cela ne se reproduira plus. Je demanderai à sortir le plus vite possible pour ne pas vous gêner et terminer ce que j’ai commencé.

Céleste fit une pause, sachant que les prochains jours allaient être très difficiles. Cependant, si elle voulait montrer sa bonne volonté, elle devait faire des efforts. A cause d’elle, ils avaient perdu la professeure de mathématiques et, si l’hôpital ne la relâchait pas assez vite, la professeure de foudre. Ce qui signifiait des copies en plus à corriger.

Céleste – Je vous demande pardon pour tout ce que j’ai provoqué… Je ne voulais pas vous décevoir, je n’aurais pas dû faire cela…

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: Cela ne peut plus continuer ainsi   Mer 8 Juil - 11:22

– Je ne peux pas donner d’autre explication, murmura-t-elle en baissant à nouveau la tête. Je suis désolée, je ne… Je ne voulais pas nuire au Pensionnat ni aux élèves, ce n’était pas mon intention. Mon comportement sera irréprochable l’année prochaine et je ne ferai plus ce genre d’erreurs.

Bien, au moins un très bon point. Avoir conscience de ses erreurs était essentiel pour ne plus les commettre à nouveau, c'était un principe de base. Tout le monde en faisait, lui comme tous les autres, mais les assumer était incontournable. La rentrée allait être difficile et assez mouvementée, il espérait que Céleste en ait conscience. Il ne voulait pas qu'il y ait encore plus de dissensions et de discorde entre les membres du corps enseignant. Certes, il avait déjà eu beaucoup de remontées sur le fait que la femme de leur infirmier accentuait les pressions au lieu de les apaiser, mais elle était partie, il n'y avait plus "d'excuse" pour ne pas avoir un comportement qui soit irréprochable, au moins devant les élèves. Enfin, il savait que Gabriella-sama comptait mettre les choses au point lors de la réunion de pré-rentrée. Le message sera simple, ceux qui voulaient aider ou simplement rester à l'écart resteront. Ceux qui pensaient collaborer vraiment par peur ou lâcheté devront quitter l'école et ne plus jamais y remettre les pieds. Avec cela, il savait qu'elle comptait leur rentrer dans le crâne quelques moyens de défense. Il serait bon aussi de penser à élargir les cours d'auto-défense aux élèves plus jeunes. Ils n'étaient pas plus fragiles, il y avait juste une façon différente de s'y prendre. Chez lui, les enfants de quatre ans pouvaient déjà commencer à s'entraîner aux sports de combat alors pourquoi un élève de onze ans ne le pourrait pas.

– Ma blessure ne vous gênera pas, je continuerai à vous aider et à corriger. Je sais que… Je sais que je suis en tort et je tiens à assumer mes actes. J’ai eu un… moment d’égarement, mais cela ne se reproduira plus. Je demanderai à sortir le plus vite possible pour ne pas vous gêner et terminer ce que j’ai commencé.

Kimmitsu ne pensait pas qu'elle sera sortie si vite et de toute manière elle ne pourra pas aider à corriger en étant blessée ainsi. Il fit un rapide contrôle mental pour savoir comment répartir les copies restantes. La directrice était elle aussi clouée au lit... Estelle pouvait prendre une partie des copies pour les éléments foudres et Alice l'autre moitié. Cyprien avait pris les copies de maths des lycéens, étant donné qu'il maîtrisait bien, et lui-même s'était chargé de celles des collégiens. Estelle et Alice s'étaient également chargées de revoir les notes pour les exercices pratiques de foudre, afin d'ajuster en cas de besoin par rapport à leur moyenne. Ainsi, tout était vu et réglé, les élèves auront leurs résultats la première semaine de juillet, sachant s'ils passaient ou non dans l'année supérieure. Deux professeurs de foudre au lit et une professeur de mathématiques renvoyée... Cette fin d'année était tendue mais ils pouvaient s'en sortir. D'autant plus qu'il savait que la directrice n'allait pas arrêter de s'inquiéter et il voulait qu'elle se repose.

– Je vous demande pardon pour tout ce que j’ai provoqué… Je ne voulais pas vous décevoir, je n’aurais pas dû faire cela…

Kimmitsu retint un léger soupir, se passant une main devant les yeux. C'était plus de la lassitude que de la déception, à vrai dire. Trop de tension, trop de conflits,trop de stress. Il avait lui aussi hâte, comme tout un chacun, de quitter un peu l'école pour une trêve méritée et d'aller se reposer dans sa famille. Il voulait aussi faire découvrir le pays à Solène, se reposer, souffler. Entraîner son nouveau don, également.

– Tant que vous faites attention l'année prochaine, c'est tout ce qui m'importe, dit-il d'un ton calme. J'espère qu'il n'y aura plus autant de conflits au sein de l'équipe au mois de septembre, ce ne serait dans l'intérêt de personne.

Il n'ajouta pas "et surtout pas dans celui des enseignants", mais le sous-entendu était évident. Il se leva, déposant sa veste sur le dossier de la chaise, puis alla entrouvrir la fenêtre pour laisser entrer l'air. Il faisait une chaleur infernale dans cette chambre, même s'il pleuvait au-dehors. Il s'appuya contre le rebord de la fenêtre, les bras croisés, couvant la jeune femme du regard. Elle était bien plus pâle qu'à son habitude mais c'était normal, étant donné qu'elle sortait tout juste de son opération. Le choc avait été très violent, il en faut beaucoup pour casser net un os ainsi.

– Il faut que vous soyez plus prudente que ça. J'imagine qu'au cours de vos propres années de collège, vous avez dû étudier les ascendances et sujétions des éléments les uns selon les autres, n'est-ce pas ? En ce qui concerne la puissance pure, la foudre est certes l'élément le plus puissant et le vent le moins puissant. En revanche, le vent peut dévier les éclairs et les disperser. Si vous teniez vraiment à vous battre en duel avec madame de Sora, vous auriez dû utiliser la glace.

Il lui jeta un coup d'œil, lèvres un peu pincées, mais ne fit pas plus de commentaires sur ce dernier point. Les duels n'étaient pas rares, c'était un excellent moyen de s'entraîner à partir du moment où ils étaient effectuées dans les règles de l'art. Des règles qui n'étaient pas en option.

– Il y a-t-il d'autres collègues avec qui vous pourriez avoir ce genre "d'égarement" ? Je préfère être prévenu maintenant pour éviter les mauvaises surprises. Avec cela, je vous rappelle qu'un utilisateur de la foudre ne peut se permettre des coups de colère que lorsqu'il maîtrise son don à la perfection. Vous le saviez, pourtant.

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Cela ne peut plus continuer ainsi   Mer 15 Juil - 0:24

Kimmitsu – Tant que vous faites attention l'année prochaine, c'est tout ce qui m'importe, dit-il d'un ton calme. J'espère qu'il n'y aura plus autant de conflits au sein de l'équipe au mois de septembre, ce ne serait dans l'intérêt de personne.

Céleste hocha la tête sans rien dire, comprenant qu’elle avait vraiment été trop loin cette fois-ci. Elle savait que les enseignants devaient rester soudés, elle en avait parfaitement conscience, mais Sarah avait dépassé les bornes. Elle admettait avoir commis une grossière erreur en parlant de cela devant les élèves, mais elle ne comptait pas déclencher de bagarre ou quoi que ce soit du genre ! Seule la discussion l’intéressait, elle voulait faire une mise au point, voilà tout. Et ce n’était pas chez elle que Sarah aurait accepté de lui parler. En plus, si Céleste était allée la trouver toute seule, elle aurait été blessée et il n’y aurait eu aucun témoin… Jamais elle n’aurait dû réagir comme cela, mais elle ne voyait pas comment réagir autrement. Au final, Sarah était renvoyée et il n’y avait aucun blessé grave, pas de casse. C’était le plus important, non ? D’accord, elle était blessée, mais ce n’était pas très grave et elle pouvait s’en sortir sans problème. Ce n’était pas cher payé.

La jeune professeure suivit son supérieur du regard lorsqu’il déposa sa veste sur le dossier d’une chaise puis entrouvrit une fenêtre. Une vague d’air frais s’engouffra dans la chambre, la réveillant du même coup et lui faisant le plus grand bien. Elle avait besoin d’air, ayant l’impression d’étouffer ici même si la situation ne devait pas être étrangère à son état. Se faire reprendre par Kimmitsu pour un comportement n’était pas enviable, loin de là. Elle avait envie de se faire oublier, cherchant malgré elle un trou dans lequel elle pouvait se réfugier, plus honteuse que jamais. Il s’appuya alors contre la fenêtre en la dévisageant, Céleste parvenant à soutenir son reg ard à grand peine. Elle savait qu’elle devait avoir mauvaise mine, elle-même se sentait fatiguée, épuisée, vidée. Alors pourquoi la regardait-il comme cela ?

Kimmitsu – Il faut que vous soyez plus prudente que ça. J'imagine qu'au cours de vos propres années de collège, vous avez dû étudier les ascendances et sujétions des éléments les uns selon les autres, n'est-ce pas ? En ce qui concerne la puissance pure, la foudre est certes l'élément le plus puissant et le vent le moins puissant. En revanche, le vent peut dévier les éclairs et les disperser. Si vous teniez vraiment à vous battre en duel avec madame de Sora, vous auriez dû utiliser la glace.

Mais son but n’était pas de se battre en duel ! Naturellement, Céleste aurait choisi la glace, elle était plus à l’aise avec et avait moins peur. D’accord, elle s’entraînait tous les jours avec Cyprien depuis un moment, seulement ce n’était pas suffisant. Loin de là… Elle ne répondit rien, préférant laisser ce détail loin de la conversation, pinçant les lèvres. Kimmitsu avait déjà compris qu’elle avait peur, il était inutile de lui expliquer les raisons et de lui avouer l’état de son don. De lui avouer que jamais, ô grand jamais, elle n’aurait provoqué un duel avec la foudre non pas à cause des ascendances et sujétions des éléments mais à cause de la faiblesse de son don actuellement. Céleste baissa le regard lorsque Kimmitsu la regarda à nouveau tant elle détestait cette situation, ayant l’impression que tous ses gestes, toutes ses réactions étaient analysés. Elle était mal à l’aise, plus tendue, même si c’était stupide. De tous les professeurs du Pensionnat, le sous-directeur était clairement le plus intimidant et le plus marquant lorsqu’il sermonnait quelqu’un…

Kimmitsu – Il y a-t-il d'autres collègues avec qui vous pourriez avoir ce genre "d'égarement" ? Je préfère être prévenu maintenant pour éviter les mauvaises surprises. Avec cela, je vous rappelle qu'un utilisateur de la foudre ne peut se permettre des coups de colère que lorsqu'il maîtrise son don à la perfection. Vous le saviez, pourtant.

Céleste se crispa immédiatement en entendant ces paroles, serrant son poing valide en le refermant sur la couverture, blêmissant à vue d’œil. Oui, elle le savait. Oui, elle savait, mieux que quiconque, qu’un moment d’égarement pouvait coûter très cher et changer une vie. Oui, elle savait que seule une personne maîtrisant son don à la perfection peut se permettre des coups de colère comme celui qu’elle avait eu. Oui, elle savait qu’un accident est vite arrivé. La jeune professeure avala difficilement sa salive, la gorge serrée, incapable de répondre directement ou de redresser la tête pour regarder Kimmitsu. En temps normal, cacher ce qu’elle ressentait n’était pas difficile, mais l’opération et la fatigue jouant, autant dire que c’était impossible dans le cas présent. Céleste essaya tout de même de se reprendre pour ne pas se trahir davantage, se mordant les lèvres et respirant légèrement plus vite. Il ne savait pas. Ce qu’il disait était normal et légitime. Sa réaction était normale. Et elle aurait pu reproduire le même schéma que ce jour-là… Elle refoula ses larmes, desserrant progressivement le poing sans parvenir à regarder Kimmitsu dans les yeux.

Céleste – Je… Je suis désolée, murmura-t-elle, la gorge serrée. Il n’y a personne d’autre… Ce n’est pas ce que je voulais, je…

Allez, on se reprend ! Céleste peinait à se calmer véritablement, les paroles de Kimmitsu tournant et retournant dans sa tête. Elle n’avait pas changé. Elle ignorait pourquoi son don n’était pas sorti lors de sa dispute avec Sarah et n’était pas sûre de vouloir en connaître la raison. Mais le fait est que c’était lors d’une dispute similaire qu’elle avait provoqué l’accident et la mort d’Amélie… Tout ce qu’elle avait cherché à fuir, durant toutes ces années, était bien plus proche que ce qu’elle ne pensait. Mais Kimmitsu se trompait sûrement ! Elle était plus responsable, elle faisait attention, elle veillait sur des élèves, elle… Elle s’était énervée, devant le réfectoire, avec plein d’élèves à côté d’elle. Mais elle ne voulait pas provoquer d’accident ! Céleste posa sa main gauche sur son plâtre, fermant les yeux et ravalant sa salive, avant de les rouvrir, regardant son plâtre avant de relever la tête vers Kimmitsu.

Céleste – Je ne voulais pas provoquer de duel… Et je n’aurais, de toute façon, pas choisi la foudre pour me battre contre Sarah. Pas dans une école… Pas devant le réfectoire, avec tous ces élèves à côté de nous. Je ne suis pas comme cela, je maîtrise ma colère en général, c’était seulement… un… Le résultat d’une accumulation.

Céleste voulait vraiment le convaincre, mais sa voix tremblait légèrement, contrairement à son habitude. Il l’avait déstabilisée et elle ne pouvait le cacher, l’oublier, terrorisée à l’idée d’avoir refait la même erreur qu’à sa sortie du Pensionnat. Le jour-même de son anniversaire, de leur anniversaire, quelques mois après avoir décroché son diplôme. N’avait-elle pas vraiment évolué ? N’y avait-il donc eu aucun changement ? Était-elle restée la même depuis toutes ces années, sans avoir rien retenu de cette horrible nuit ? Céleste referma un peu plus sa main sur son plâtre avant de grimacer, baissant la tête, la gorge serrée. Pas de geste trop dur, elle avait compris, d’accord. La question lui brûlait les lèvres, mais elle n’osait pas la poser. Elle avait peur d’avoir le point de vue de Kimmitsu, peur de découvrir que non, elle n’avait pas changé. Cependant, ignorer et rester dans le flou était-ce mieux que d’avoir une réponse claire et nette ? Même si ce n’était peut-être pas la vérité absolue, elle avait besoin de savoir, d’avoir son avis.

Céleste – Vous pensez réellement que j’aurais pu… tuer quelqu’un ou causer un accident grave ? demanda-t-elle soudain en redressant la tête. Que de telles choses peuvent se produire plusieurs fois, malgré une attention accrue et le souhait de ne plus laisser cela se reproduire ? Je n’aurai pas utilisé la foudre pour me défendre, je n’en ai pas eu le temps, d’ailleurs… Tout est allé très vite… Mais je veux protéger les élèves, pas les tuer…

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Kimmitsu Nakajima
Sous-directeur
Professeur d'arts martiaux

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Âge RPG : 42 ans

MessageSujet: Re: Cela ne peut plus continuer ainsi   Sam 25 Juil - 20:54

Kimmitsu en avait assez. Cette ambiance affectait tout le monde, depuis un peu moins d'un moins, fatigue, tension, colère, tout s'accumulait. Il tourna légèrement la fenêtre pour regarder au-dehors, la pluie qui tombait doucement, les personnes qui couraient dans la rue. Ce pays qu'il aimait allait lui aussi entrer dans un conflit sans nom, après la Grande Guerre. Il vit plus loin au bout de la rue un enfant qui devait avoir le même âge que Kimmitsu lorsqu'il avait vu partir son père, pour la première fois, à la guerre. Il aurait voulu que les enfants n'aient jamais à subir ça, que la nouvelle génération s'en sorte indemne, mais ça n'allait pas être le cas, ils devaient s'y préparer. Le voyage de cet été, dans sa famille, n'en devenait que plus important, pour lui. Il voulait revoir tous les siens et passer du temps avec eux car les choses au pensionnat allaient prendre une nouvelle tournure et il ignorait ce qu'il allait advenir. Il s'était déjà fait avoir une fois par ce médecin horrible et aurait pu y rester. Il n'abandonnera pas, bien sûr, mais il tenait à faire ses "adieux" à sa famille. Ils comprendront le combat qu'ils menaient et Kimmitsu acceptait que ce combat pouvait mener à la mort.

– Je… Je suis désolée, murmura-t-elle, la gorge serrée. Il n’y a personne d’autre… Ce n’est pas ce que je voulais, je…

Il posa de nouveau le regard sur elle, se demandant commet faire réaliser à tout le monde que le temps de l'innocence était terminé. Les professeurs qui avaient trop de mal avec cet état de fait pouvaient partir, comme le feront bien des élèves cet été. Qu'en était-il de Céleste ? Elle ne pouvait se battre mais pouvait être encore utile à l'école. Elle l'avait bien aidé, après qu'il soit sorti des griffes du médecin fou et psychopathe. Elle pouvait continuer ainsi, elle pouvait être un soutien moral, aider Adrien à l'infirmerie, ou simplement être un relais entre l'équipe enseignante et les élèves. Elle pouvait aider le Père Vilette à décrypter certains messages, l'accompagner lui-même, ainsi que Cyprien, en certains lieux pour enquêter. Ils étaient toujours à la recherche de l'endroit où le plus gros des expériences, faites sur des adultes consentants, était mené. La fameuse "troisième adresse". Grâce aux messages récupérés, qu'ils essayaient de déchiffrer, ils obtenaient des pistes, qu'ils exploraient durant les weekends et les vacances. Mais ça ne donnait rien, pour le moment, ils étaient face à un mur, sur de fausses pistes. Dès la rentrée, il faudra reposer les choses et se mettre de nouveaux objectifs.

– Je ne voulais pas provoquer de duel… Et je n’aurais, de toute façon, pas choisi la foudre pour me battre contre Sarah. Pas dans une école… Pas devant le réfectoire, avec tous ces élèves à côté de nous. Je ne suis pas comme cela, je maîtrise ma colère en général, c’était seulement… un… Le résultat d’une accumulation.

Il la regardait toujours, les bras croisés, le regard pensif. Elle aussi était très jeune, il avait tendance à l'oublier. Mais plus que sa jeunesse, elle s'était renfermée sur elle-même et avait bâillonné son propre don. Elle s'était détruite seule à cause de la peur. Considérant cela, il doutait de pouvoir lui confier vraiment des choses pour le moment, elle était beaucoup trop fragile. Il ne voulait pas la jeter dans un conflit si elle ne pouvait mesurer toutes les conséquences ni même se protéger elle-même. Certains personnes devaient rester derrière et ce n'était pas de la lâcheté, tout le monde ne pouvait combattre. Céleste était trop instable pour le moment, son mental était fragile comme du cristal et son don avait souffert. Il ne disait pas qu'elle était folle mais il était certain qu'elle était très fragile. Un rien suffisait à la déstabiliser, comme ici, dans cette chambre. Peut-être cela allait-il s'améliorer avec le temps, mais lentement, l'envoyer au cœur du conflit ne ferait que l'achever. Comment la faire combattre alors que, pour le moment, son don la dévorait à petit feu, tout comme la peur ?

– Vous pensez réellement que j’aurais pu… tuer quelqu’un ou causer un accident grave ? demanda-t-elle soudain en redressant la tête. Que de telles choses peuvent se produire plusieurs fois, malgré une attention accrue et le souhait de ne plus laisser cela se reproduire ? Je n’aurai pas utilisé la foudre pour me défendre, je n’en ai pas eu le temps, d’ailleurs… Tout est allé très vite… Mais je veux protéger les élèves, pas les tuer…

Il s'écarta de la fenêtre, se rapprochant à nouveau du lit, tout près d'elle, regardant son plâtre puis son visage pâle, ses tremblements. Il avait l'impression de revoir les soldats blessés de son enfance. Ils avaient le même regard perdu et empli de doutes. Céleste devrait ouvrir les yeux sur son état, qu'il jugeait bien plus préoccupant que celui de Gabriella-sama. La directrice était certes blessée et épuisée, mais mentalement, elle était très forte. Céleste, elle, n'avait pas ce mental. Ou elle ne l'avait plus, depuis bien des années.

– C'est une peur accrue, que vous faites, pas de l'attention. La peur est le seul moyen de causer le même accident plusieurs fois. Regardez-vous... Ouvrez un peu les yeux et acceptez qu'il vous faut de l'aide. Vous n'avez pas la force mentale qu'il faut, aujourd'hui, pour aider au pensionnat.

Si elle forçait trop, elle pouvait terminer de briser son esprit, à jamais, il ne restera plus que l'ombre d'elle-même. Cet été, elle devra se reposer, se demander ce qu'elle voulait et pouvait faire pour cette école. Prendre le temps de se poser, fermer les yeux, réfléchir. Il posa la main sur la sienne, valide, et serra un peu, l'air grave et sérieux.

– Pour le moment, vous êtres trop fragile psychologiquement. Vous êtes déstabilisée trop vite. J'accepte que vous fassiez partie des enseignants qui doivent rester derrière les lignes de front, à des tâches moins exposées, c'est d'une importance vitale aussi. Mais ne vous jetez pas dans la gueule du loup, ne vous essayez pas à ce que vous ne pourriez pas supporter. Vous êtes une bonne enseignante et vous pouvez déjà beaucoup agir à ce niveau. En revanche, tant que vous serez dans cet état, je ne veux pas vous voir traîner ailleurs. Est-ce clair ?

Il la relâcha, s'écartant d'un pas en arrière. Il espérait qu'elle avait compris le message. Revenant à sa place initiale, il récupéra sa veste puis la mit sur ses épaules, la refermant, avant de se tourner à nouveau vers sa jeune collègue.

– Je passerai vous voir cet été après mon retour en France. Vous devez apprendre à maîtriser votre peur et je peux vous aider pour ça. Nous avons besoin de tous les enseignants, pour septembre, prêts à agir et l'esprit dégagé. Et vous serez guérie d'ici août. Avez-vous déjà eu des cours de self-defense ?

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Céleste Dumoulin
Professeur de l'élément foudre
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Âge RPG : 25 ans

MessageSujet: Re: Cela ne peut plus continuer ainsi   Mar 28 Juil - 11:25

Céleste suivit Kimmitsu du regard lorsqu’il s’écarta de la fenêtre et se rapprocha d’elle, la regardant comme s’il l’évaluait. Elle avait peur de la réponse, oui, même si elle ne voulait pas l’admettre. Elle se sentait épuisée, fatiguée, et commençait à craindre le temps perdu qu’elle passait dans ce lit sans pouvoir s’entraîner comme le voulait Cyprien. Mais pour l’instant, plus que jamais, elle avait peur de réaliser qu’elle n’avait pas changé.

Kimmitsu – C'est une peur accrue, que vous faites, pas de l'attention. La peur est le seul moyen de causer le même accident plusieurs fois. Regardez-vous... Ouvrez un peu les yeux et acceptez qu'il vous faut de l'aide. Vous n'avez pas la force mentale qu'il faut, aujourd'hui, pour aider au pensionnat.

Mais elle avait accepté de l’aide ! Elle mettait la peur de côté lors des entraînements avec Cyprien, lors de ses propres entraînements, seulement elle ne pouvait changer en quelques jours. Cela ne faisait même pas trois semaines, comment espérait-il voir un progrès dans son comportement ? Céleste avait compris qu’elle n’avait plus le temps et qu’elle devait s’y mettre, elle avait compris la menace lorsque Cyprien lui avait parlé. Mais elle avait l’impression que c’était bien trop tard pour le cacher à certaines personnes… Comme Kimmitsu. Incapable de soutenir son regard, elle baissa la tête en se mordant les lèvres, l’impression grandissante d’être à nouveau l’adolescente assise devant la directrice. Mal à l’aise. Plus mal à l’aise que jamais. Ce ne fut qu’au moment où son supérieur posa sa main sur la sienne en la serrant qu’elle releva la tête, voyant son air grave, comme le soir où elle l’avait suivi jusqu’au dojo.

Kimmitsu – Pour le moment, vous êtres trop fragile psychologiquement. Vous êtes déstabilisée trop vite. J'accepte que vous fassiez partie des enseignants qui doivent rester derrière les lignes de front, à des tâches moins exposées, c'est d'une importance vitale aussi. Mais ne vous jetez pas dans la gueule du loup, ne vous essayez pas à ce que vous ne pourriez pas supporter. Vous êtes une bonne enseignante et vous pouvez déjà beaucoup agir à ce niveau. En revanche, tant que vous serez dans cet état, je ne veux pas vous voir traîner ailleurs. Est-ce clair ?

Kimmitsu la relâcha, s’écartant, sans qu’elle ne réagisse tout de suite. Céleste voulait vraiment aider, ne pas rester sagement derrière sans se rendre utile alors que l’école était dans une si mauvaise posture. Cependant, elle savait que son supérieur avait raison… Au fond d’elle, elle l’avait compris vu que trois personnes avaient deviné qu’elle n’était pas aussi forte qu’elle le montrait, seulement renfermée et distante à cause de la peur. Et cela, ce n’était jamais arrivé lorsqu’elle étudiait pour devenir professeure. Céleste avait tout refoulé des années mais jamais elle ne s’était attendue à tomber sur des personnes capables de comprendre et deviner les gens aussi facilement, d’un regard. La jeune femme releva la tête lorsqu’elle entendit le froissement d’une veste et vit que Kimmitsu avait remis la sienne sur ses épaules, occupé à la refermer avant de se tourner à nouveau vers elle. Elle n’avait pas répondu, mais avait-elle vraiment le choix ? Elle avait l’horrible impression que tout lui échappait, que, sans le vouloir, elle venait de s’attirer la surveillance de deux collègues déterminés à la protéger et à la tirer de là.

Kimmitsu – Je passerai vous voir cet été après mon retour en France. Vous devez apprendre à maîtriser votre peur et je peux vous aider pour ça. Nous avons besoin de tous les enseignants, pour septembre, prêts à agir et l'esprit dégagé. Et vous serez guérie d'ici août. Avez-vous déjà eu des cours de self-defense ?

… Impression confirmée. Mais ils n’étaient pas obligés d’agir ainsi ! Elle pouvait très bien s’exiler aussi, s’ils ne voulaient pas qu’elle tue quelqu’un. Ce serait peut-être une idée, oui. Une excellente idée qui leur éviterait pas mal de soucis, même si elle ne comprenait pas pourquoi ils s’inquiétaient pour elle. Elle avait été rejetée durant six ans, même un peu plus, alors pourquoi faisaient-ils attention ? Autant avouer qu’elle n’avait jamais envisagé cette hypothèse… Mais soit, non, ne pas répondre cela, elle savait qu’elle risquait de voir débarquer Cyprien aussitôt le sous-directeur parti si elle avait le malheur de le dire… Céleste resta un court moment silencieuse, le temps de se reprendre, sans quitter Kimmitsu du regard. Des cours de self-defense… Oui, elle en avait déjà eu. Ayant huit ans pendant la guerre, leurs parents avaient voulu qu’elles apprennent, sa sœur et elle, à se défendre au cas où. Parce qu’ils savaient ce qu’engendrait la guerre chez certaines personnes.

Céleste – Oui, j’en ai déjà eu avec… Quand j’étais plus jeune, à cause de la Grande Guerre.

Céleste se retint de grimacer en constatant, qu’effectivement, elle n’était plus aussi attentive qu’avant. Ce n’est qu’au moment où Kimmitsu sortit de la pièce en la saluant qu’elle parvint à se détendre un peu, relâchant la pression d’un seul coup en réalisant ce qui s’était passé. Comme si le temps avait été suspendu le temps de cette discussion, alors qu’elle lui avait fait réaliser qu’au moins deux personnes étaient parvenues à la comprendre là où tant d’autres n’avaient jamais réussi.

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