1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Ne fuis pas petite fille

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Rosalie Mercier
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MessageSujet: Ne fuis pas petite fille   Sam 20 Juin - 19:47

Rosalie se retourna dans son lit, les yeux fermés, agitée par un mauvais rêve. Cette première journée d'examens s'était soldée dans le calme, toutes les filles du dortoir ayant lu et révisé durant la soirée avant le couvre-feu. L'orage au-dehors frappait toujours violemment le pensionnat, la pluie tombait trop serrée pour qu'on puisse y voir quoi que ce soit. Les filles du dortoir étaient toutes endormies, rien ou presque ne bougeait. Parfois, une se retournait dans son sommeil, une autre lâchait quelques mots inaudibles, une autre encore semblait sur le point de se réveiller puis replongeait finalement dans le monde insondable des rêves. Rosalie ne sut pas pourquoi elle se réveilla aussi soudainement, sursautant presque, son cœur battant à une vitesse folle. Elle s'assit dans son lit, les poings crispés sur le drap et la couverture. Elle regarda autour d'elle, voyant les silhouettes de toutes filles endormies, chacune plongée dans un monde de rêves et de cauchemars. Il y avait même Théo, un vieux chat qui se faufilait toujours au pensionnat et qui venait parfois dans les dortoirs, la nuit. Il eut un petit miaulement puis sauta au sol, sûrement en quête de souris.

Il n'y avait rien de menaçant et pourtant, Rose avait une impression bizarre. Les examens devaient lui retourner le cerveau... C'est alors qu'elle vit une autre silhouette, plus pâle, presque vaporeuse. Elle plissa les yeux en essayant de la reconnaître puis sursauta. Ce n'était pas possible ! Elle était partie depuis des mois, après un bref passage au pensionnat et plus personne ne l'avait revue. Rose l'observa, croisant son étrange regard pâle. Donc elle... Elle était... La fillette blonde repoussa ses couvertures puis glissa ses pieds dans ses pantoufles, enfilant son peignoir par-dessus son pyjama. Elle devait lui parler, comprendre ce qui lui était arrivée, pourquoi elle était partie comme ça du pensionnat ! Emilie lui tourna tout à coup le dos et commença à partir lentement. Eh, attend ! Rose l'appela doucement, pour ne réveiller personne, tout en attachant frénétiquement la ceinture de son peignoir autour de son peignoir.

– Attends-moi, s'il te plaît ! souffla-t-elle dans un murmure. Emilie !

Elle poussa la porte du dortoir et se glissa dans les couloirs vides. L'école lui faisait très peu, la nuit... Elle serra ses bras autour d'elle puis vit Emilie partir dans le long couloir. Elle courut aussitôt derrière elle en essayant de la rattraper mais elle s'évaporait chaque fois qu'elle s'approchait trop pour réapparaître à plusieurs mètres. Elle s'engagea avec prudence dans les escaliers ne bois grinçant, descendant à pas de loup. La petite marchait dans le hall, très pâle. Rose se cacha dans un recoin pour regarder les militaires passer, attendant qu'ils aient le dos tourné pour courir de cachettes en cachettes. Elle finit par atteindre l'entrée des caves, profitant de sa petite taille pour ne pas être vue. Emilie attendait au milieu de l'escalier, forme tremblotante et translucide.

– Emilie, chuchota-t-elle, attend, je veux juste te parler ! Pourquoi es-tu partie du pensionnat ?

La fillette ne lui répondit, continuant à descendre les escaliers. Rose jeta un rapide coup d'œil derrière elle puis continua à la suivre, quoi que bien plus lentement. Elle n'était absolument jamais descendue là... Et si l'école de nuit la terrifiait, cet endroit parvint à la terroriser complètement. Il y avait tellement de rumeurs qui circulaient dessus ! Elle resserra un peu plus ses bras autour d'elle en regardant partout, rejoignant Emilie qui s'était enfin arrêtée. Elles étaient où ? Pourquoi elle avait voulu lui montrer cet endroit ? Rose la couva d'un air interrogateur, troublée, mais elle gardait cet air distant et impassible. Commençant à avoir froid et ayant peur de s'écrouler en larmes si elle restait là sans bouger, elle tâta le mur puis ouvrit une porte au hasard pour voir ce qu'il y avait. La pièce était faiblement éclairée, on aurait dit une sorte de laboratoire un peu bizarre... Dans les caves du pensionnat ? Elle jeta de nouveau un œil au jeune fantôme puis observa la pièce plus attentivement. Il y avait comme une sorte de brancard, au fond, avec quelque chose recouvert d'un drap blanc.

Ses pieds semblèrent comme bouger d'eux-même, la portant au fond de la pièce avec lenteur. Elle tendit une main pâle, les yeux rivés sur le drap, qu'elle saisit du bout des doigts avant de tirer dessus, une fois arrivée juste au-dessus. Le drap glissa sans résistance, dévoilant un... un homme, immobile, le visage écorché par des éraflures profondes, des croûtes de sang séché, les yeux grands ouverts, la bouche figée. Elle hurla à plein poumons, un hurlement rempli de peur et de détresse, reculant d'un bond, puis courant vers la porte, continuant de hurler, incapable de s'arrêter, les yeux rivés sur le visage de cet homme. Elle ne put s'arrêter qu'en plaquant les deux mains sur sa bouche, hoquetant, entendant d'autres cris, plus loin, des bruits de pas rapides sur le sol. Elle sortit de la pièce en courant mais se cogna durement contre quelqu'un, qui l'enserra aussitôt de ses bras. Elle voulut hurler encore mais il plaqua une main sur sa bouche et la souleva, sans qu'elle ait le temps de voir son visage. Elle gémit et se débattit, pendant qu'il l'emmenait elle ne savait où. Persuadée qu'elle allait mourir là, elle fondit en larmes, essayant de repousser celui qui la tenait.

Il ouvrit tout à coup une autre porte, un placard, puis entra dedans avec elle avant de refermer, la serrant toujours contre lui. Elle ne voulait pas mourir ! Elle frappa son torse de ses petits poings, essayant de regagner le sol, terrorisée, puis réussit une seconde à repousser sa main, avalant une brusque goulée d'air. Elle allait crier à nouveau lorsqu'il la fit taire. Des voix dans le couloir la fit néanmoins se ratatiner contre son kidnappeur, tremblante comme une feuille. Il se passa un long moment avant que tout ne redevienne calme, que les cris partent plus loin. Alors seulement la main s'éloigna de son visage et elle respira un peu mieux.

– Vous êtes un vampire ? murmura-t-elle avec angoisse.
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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Ne fuis pas petite fille   Mer 24 Juin - 9:06

Les gamins avaient commencé leurs examens, dans moins d’une semaine, ils seront partis et cette école redeviendra vide et silencieuse, plus d’enfants pour troubler le calme, plus d’adultes perdus dans des imbroglios amoureux, plus rien. Il ne restera plus qu’eux… Il eut un petit frémissement en continuant d’écrire son rapport, seul dans un bureau des sous-sols, avec pour seule compagnie une tasse de café froide et une vieille lampe qui n’apportait aucun réconfort, aussi sobre soit-il. Ne pouvant pas dormir, il était revenu travailler, s’avançant et continuant encore et encore. Un feuillet attira son attention, une note d’information pour l’arrivée de nouveaux outils et véhicules de chantier à partir du dix juillet. Il avait oublié que le mur entourant l’école allait être renforcé et les grilles remplacées. A l’intérieur, des classes allaient être remaniées, on allait occuper quelques salles inutiles pour en faire des bureaux, des salles d’entraînements ou autre chose. L’infirmerie allait être agrandie, également…

Il reposa son crayon, pensif, en regardant ses notes. La première phase des tests était achevée, à présent, tout était prêt pour un déploiement à grande échelle, englobant tous les élèves et professeurs de cette école. Eux et d’autres personnes, venues de tout le pays, qui serviront aussi, comme de la matière première qu’on importe en un lieu choisi pour continuer de construire ce dont on rêvait. Il ne savait pas, en revanche, si cela allait vraiment signifier l’arrêt des tortures et autres expériences… Sur les enfants, peut-être, c’était possible. Mais les adultes… Il se prit la tête entre les mains, fermant les yeux un instant. Ce n’était pas le moment de se laisser aller ! Au moins les choses avaient un peu évoluées ! Plus que deux mois, deux mois d’été, et cette école renaîtra. Peut-être était-ce l’ordre naturel des choses. Cela valait toujours mieux que la fermeture définitive et ils ne pouvaient pas se le permettre. La vision défendue par la générale sera déjà à moitié gagnée lors de la rentrée. A moitié, voire au quart, car même s’il n’y avait plus de contrainte physique, il restait la contrainte mentale, beaucoup plus subtile et pernicieuse.

Sortant prendre l’air, il referma la porte de son bureau puis fila à travers les couloirs, saluant les quelques soldats qu’il croisait sur son chemin. Les expériences et manœuvres avaient connues un très gros coup d’arrêt, on attendait que les gamins quittent l’école pour qu’ils puissent travailler en paix. Il entendit tout à coup un hurlement perçant, venant de la section des chambres d’opérations. Il s’élança aussitôt en courant, persuadé qu’un des adultes retenus ici s’était évadé… puis percuta tout à coup une enfant. Une petite fille. En robe de chambre. Une élève. Merde. Il la crocheta aussitôt par la taille pour la soulever et lui mit une main sur la bouche pour qu’elle cesse de hurler, repartant en courant. Si on la trouvait ici, c’était fini, aucun civil ne devait voir ce qui se trouvait dans cette section ! Elle se débattait contre lui, il sentait quelque chose couler sur sa main, elle devait pleurer. Regardant partout dans le couloir, il repéra tout à coup un placard et s’y engouffra aussitôt avec la fillette.

Elle continuait de se débattre dans ses bras, essayant de le frapper, de se libérer. Il la laissa reprendre une goulée d’air puis remit la main sur sa bouche. Des hommes passèrent dans le couloir à leur tour en courant, alors qu’il restait immobile. La gamine avait dû comprendre le danger, elle aussi, car elle cessa de se débattre puis trembla de plus en plus fort. Il s’appuya contre le mur derrière lui en la gardant soigneusement dans ses bras, faisant le plus grand silence. Ils pouvaient ouvrir à n’importe quel moment, dans une grande volée et pointer leurs armes sur eux. Il attendit encore longtemps, une fois que les bruits de pas et les voix d’hommes se soient éloignés, en voulant pas tester leur chance. Sinon, même s’il ne savait pas ce qu’en dirait la mort, lui appellerait ça de la provocation. Il finit par se détendre peu à peu, réalisant qu’il serrait un peu trop fort la petite contre lui, il allait lui faire mal, à force. Il desserra un peu sa prise, avec lenteur, tous les sens en alerte.

– Vous êtes un vampire ? murmura-t-elle avec angoisse.

– Les vampires n’existent pas, répondit-il sur le même ton. Maintenant silence.

Il sortit avec prudence et lenteur, puis avança dans le couloir avec la fillette dans ses bras. Pourquoi diable était-elle venue se perdre ici en pleine nuit ?! Quelle idée stupide avait bien pu lui passer par la tête ?! Les gosses de cet âge, franchement… Ils ne réfléchissaient pas assez et fonçaient tête baissée dans tous les pièges. Il prit un autre escalier que le principal pour remonter dans le hall, toujours lentement, s’arrêtant à chaque angle pour vérifier que la voie était libre. Il stoppa un long moment dans le sombres, dans le hall, avant d’avoir une ouverture pour filer dans les escaliers. Evidemment, le cri de la petite avait réveillé une bonne partie de l’école, les élèves venaient de rentrer dans les dortoirs mais on entendait encore le murmure des conversations. Il vit tout à coup Adrien, l’infirmier qu’il avait rencontré en Auvergne et eut un soupir soulagé en l’interpellant. La petite n’était pas blessée mais il ignorait ce qu’elle avait vu dans ces sous-sols, elle devait être choquée. Il la donna dans les bras, le suivant à l’infirmerie.

– Elle n’est pas blessée physiquement, dit-il en refermant la porte, se détendant enfin. Elle a été choquée…

Lorsqu’il l’avait trouvé, elle était près des salles d’opérations, dans le second secteur… Là-bas, qu’y faisait-on… Il se raidit en se souvenant de l’expérience menée la veille, dans la soirée, avec l’élément vent. Le corps était resté sur le brancard en attendant qu’on l’emmène à la morgue, au matin. Oh bon sang.

– Tu peux t’occuper d’elle ? Je ne vais pas pouvoir rester longtemps.

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Adrien de Sora
Infirmier
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MessageSujet: Re: Ne fuis pas petite fille   Dim 19 Juil - 11:53

Cela devenait habituel, dans cette école... Adrien se releva avec un petit soupir, repoussant les draps, en disant à Sarah de ne pas se lever, qu'il allait voir et que ce n'était sûrement pas grand-chose. Il s'habilla vite fait, se demandant pourquoi quelqu'un avait encore hurlé aussi fort, ce qui s'était passé. Si c'était encore les militaires... Enfilant ses chaussures à la hâte, il sortit de chez lui, en même temps que d'autres professeurs qui allaient aussi aux nouvelles. Evidemment, les élèves étaient tous réveillés. Il descendit au premier étage, aidant à calmer les plus paniqués. Là, tout va bien ! Cette fois, ce n'était pas la directrice, elle ne devait pas être assez en forme pour ça. Il alla jeter un œil dans le hall d'entrée mais rien ne bougeait. Que se passait-il, alors ? Par mesure de prudence, il fila à l'infirmerie, déverrouillant la porte, allumant la lumière. Il n'était pas encore très bien réveillé mais un mauvais pressentiment le tenaillait. Il craignait qu'il n'y ait encore eu un incident, même si ce cri n'avait peut-être aucun rapport avec les élèves ou les professeurs du pensionnat. Les militaires faisaient bien des choses dans leur coin et on en ignorait plus de la moitié.

Ses collègues s’évertuaient à faire rentrer les enfants dans les dortoirs. Il jeta un œil dans le couloir, très inquiet puis vit tout à coup, bouche bée, le Colonel Gavin arriver, en tenue, en portant dans ses bras une petite fille blonde en peignoir et en pyjama. Qu'est-ce que... Le Colonel l'interpella et il courut vers lui, reconnaissant après un instant la petite Mercier, une fillette en sixième qui courait partout, très vive. Que lui était-il arrivée ?! Il la récupéra dans ses bras, sous le regard de plusieurs professeurs ahuris qui fixaient le militaire. Il ne répondit pas à ceux qui voulurent s'interposer, pressés. Ah, de l'air, celui-là n'était pas dangereux ! Et ils étaient pressés, merci bien. Il poussa la porte de l'infirmerie du pied, rehaussant la petite contre lui, suivi du Colonel. L'allongeant sur le premier lit venu, il la recouvrit d'abord d'une petite couverture, mettant une main sur son front pour évaluer si elle avait de la fièvre. Elle tremblait de tous ses membres mais ne semblait pas blessée. Il se dépêcha d'aller chercher ce qu'il lui fallait, ouvrant le placard près du mur d'en face, devant la petite pièce où il avait son bureau.

– Elle n’est pas blessée physiquement, dit-il en refermant la porte, se détendant enfin. Elle a été choquée…

Adrien versa un verre d'eau et prépara un anxiolytique, avec un regard vers Rosalie. Il commençait à se douter de ce qu'elle avait bien pu voir, pour hurler ainsi. Dans les sous-sols, revenue avec le Colonel qui lui avait très probablement sauvé la vie. Il fit boire la fillette à petites gorgées, avec douceur. Là, du calme... Cela allait l'aider à se calmer puis à s'endormir. Si elle n'était pas ne meilleure forme demain matin, il préviendra les professeurs pour ses examens et elle pourra les passer jeudi ou vendredi après-midi, donc tout allait bien, elle en devait pas s'en faire. Il repoussa les mèches de son front pour lui dégager le visage, l'encourageant à se détendre et se reposer. Elle était en sécurité, ici, elle ne craignait plus rien.

– Tu peux t’occuper d’elle ? Je ne vais pas pouvoir rester longtemps.

– Attends, juste avant...

Il se redressa, levant à moitié la main pour le retenir. Il appréciait Fabrice mais il avait du mal à le cerner. D'un côté, ils se ressemblaient, de l'autre, le militaire lui avait toujours semblé lointain, distant, comme entouré de secrets qu'on ne pouvait percer si facilement. Adrien était sur les nerfs, jouer sur deux fronts le fatiguait, entre ce qu'il faisait pour aider l'école et les efforts à fournir pour tout dissimuler à sa propre femme et ne pas l'inquiéter. Cet équilibre instable était pire que tout, il avait peur de replonger violemment dans l'alcool et de ne plus pouvoir aider personne.

– Qu'a-t-elle vu, exactement ? Et elle ne risque plus rien, c'est certain ? Si jamais tes collègues viennent s'en prendre à elle... Et aussi, hum... Je pourrais revenir te parler, un de ces jours ? J'ai besoin de savoir comment on peut être plus à l'aise lorsqu'on doit vivre en portant certains secrets. Comment ond oit s'y prendre pour ne pas devenir fou... Si tu veux bien m'aider, bien sûr.

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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Ne fuis pas petite fille   Mar 8 Sep - 17:03

– Attends, juste avant...

Oui ? Fabrice interrompit son mouvement, la main posée sur la poignée, en tournant la tête vers lui. Qu'est-ce qu'il y a ? Il n'avait pas beaucoup de temps, l'armée devait être en train de fouiller les sous-sols et ils allaient voir qu'il avait quitté son bureau, ayant laissé ses affaires en plan et la lumière allumée. Si on le trouvait plus ensuite, il allait avoir des ennuis. Et de là à faire le lien avec la petite... Inutile de rajouter des problèmes, d'autant plus qu'elle était en sécurité, maintenant. Bien secouée, sans doute, mais ne sécurité. Il eut un regard assez peiné pour elle, songeant qu'elle risquait de faire parti des élèves qui quitteront cette école l'année suivante. Il était malade à l'idée que lui et ses collègues participent au "renvoi" indirect de bien des élèves, à cause de leurs méthodes, alors que tant rêvaient de faire leurs études ici sans en avoir la possibilité. Comment s'étonner ensuite qu'il y ait tant d'actes de sabotages, ou de tentatives, tout du moins ? L'armée volait leur enfance à ces enfants et il y participait activement. Largement de quoi vous donner envie de vomir.

– Qu'a-t-elle vu, exactement ? Et elle ne risque plus rien, c'est certain ? Si jamais tes collègues viennent s'en prendre à elle... Et aussi, hum... Je pourrais revenir te parler, un de ces jours ? J'ai besoin de savoir comment on peut être plus à l'aise lorsqu'on doit vivre en portant certains secrets. Comment on doit s'y prendre pour ne pas devenir fou... Si tu veux bien m'aider, bien sûr.

Fabrice entrouvrit la bouche, pris de court, avec un regard éberlué pour l'infirmier, serrant la poignée dans sa main. Il lui demandait à lui des conseils pour s'en sortir ?! Alors qu'ils avait que Fabrice buvait tout autant que lui, voire plus dans certains moments ? Il ne refusait pas de l'aider comme il le pouvait, bien évidemment, mais c'était très surprenant. Il eut un faible sourire, se grattant la nuque dans un geste assez nerveux. Lui, aider une autre personne... C'était bien la première qu'on lui demandait ça. D'habitude, il avait besoin de l'aide des autres, lorsqu'il se mettait plus bas que terre, même s'il faisait des efforts pour changer.

– Je veux bien t'aider, oui, dit-il d'un ton un peu plus gêné. C'est la première fois qu'on me demande ça... Pour la petite, c'est compliqué. Elle a vu des choses qu'elle n'aurait pas dû, mais elle ne risque rien, je te l'assure. Personne d'autre que moi ne l'a vu.

Personne ne risquait de lui tomber dessus, il n'avait pas l'intention de la dénoncer. Il rassura Adrien, en lui disant que personne ne pouvait savoir que la petite s'était rendue dans des endroits interdits, il l'avait récupérée assez vite. Il le salua ensuite, ajoutant qu'il pouvait passer le voir quand il voudra, puis quitta l'infirmerie. Retour au travail, à présent.

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