1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Déjeuner à deux

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Adeline Brian
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MessageSujet: Déjeuner à deux   Mar 16 Juin - 14:18

Il n’y avait eu que très peu de discussion au réfectoire, ce matin-là, tout le monde avait la peur tordant le ventre, penché sur des fiches de notes et sur leurs livres, ressassant des leçons entières entre leurs dents. On aurait dit qu’une grosse chape de béton venait de tomber sur le pensionnat, assommant tout le monde et rendant les gens très nerveux et stressé. Ce lundi matin était morose et lourd, la pluie torride dehors n’arrangeait pas les choses, il faisait aussi sombre qu’en plein hiver. Un temps propre à vous remonter le moral alors que vous commenciez vos examens, n’est-ce pas ? Il pleuvait si fort, depuis cette nuit, que les bords du lac étaient camouflés par la boue et la gadoue. Ils voyaient des lumières allumées, au village, où les travaux continuaient malgré tout, car il fallait bien que les habitants retrouvent un toit sur leurs têtes, on continuait à travailler autant que possible. Elle mit son sac sur les épaules, lissant son uniforme. Ce matin, ils avaient d’abord examen de Français. Elle se sentait prête, bien que nerveuse. Jouer ainsi toute son année était très stressant.

– J’espère qu’il va faire ce temps-là pour les épreuves de sport, gémit Alice en venant la rejoindre, alors que leur petit groupe quittait le réfectoire. Courir sous la pluie comme ça, ça va être pénible.

– Ça devrait aller un peu mieux en fin de semaine, selon la radio. Dépêchez-vous, faut pas arriver en retard !

Oh, ils avaient encore du temps devant eux ! Pas de stress inutile, s’il vous plaît, tout le monde était déjà suffisamment tendu comme cela pour avoir besoin d’en rajouter. En passant dans le couloir vers leur salle d’examen de ce matin, elle s’arrêta un bref instant devant la salle de musique, où l’examen était commencé depuis vingt minutes. Elle vit, par la porte entrouverte, une jeune élève jouer de la flûte avec un air très concentré, les yeux fermés, pendant que le professeur l’accompagnait au piano, hochant parfois la tête avec un sourire lors des passages plus délicats. Elle sourit doucement en écoutant la mélodie, en s’arrachant à cela que lorsqu’un ami vint la tirer par la manche pour qu’elle reste avec eux en attendant l’heure du début. La porte ne tarda pas à s’ouvrir et elle prit ses affaires avant de déposer son sac au fond de la salle avec ceux des autres. Elle s’assit et attendit que tout le monde soit prêt pour que leur professeur distribue les copies.

Quelques minutes plus tard, chacun était penché sur sa copie à gratter le papier, il n’y avait plus un seul bruit hormis celui des pages que l’on tourne. Adeline n’avait jamais été très à l’aise avec les dissertations et eut du mal à débuter, relisant plusieurs fois le sujet pour s’en imprégner. Leur professeur passait entre les rangées, tandis qu’elle mordillait son crayon en faisant beaucoup de ratures sur sa feuille de brouillon. Attention aux consignes, bien se relire, chasser les fautes, tous ces petits conseils semblaient comme tourner devant ses yeux pendant qu’elle écrivait. Elle buta sérieusement lors de la quatrième question, perdant du temps à écrire son plan avant de s’y remettre, en écrivant plus vite. L’examen de Français durait toute la matinée, puis ils avaient une pause déjeuner de deux heures avant de reprendre. Pause où la bibliothèque sera investie comme jamais… Personnellement, elle avait autre chose de prévu pour cette pause mais ne pas y penser maintenant.

Elle passa ainsi une grosse partie de la matinée à se battre avec les textes des grands auteurs et à les analyser. A la fin de l’examen, elle était déjà épuisée, alors même que ce n’était que le début. Elle s’étira en tout sens une fois sortie de la salle, au milieu des commentaires sur les questions, les textes, ce qu’avaient écrits les uns ou les autres, le menu de la cantine, ou la fatigue de recommencer cette après-midi. Elle se laissa porter par le flot d’élèves avant de rejoindre Jasper qui l’attendait, dans le hall d’entrée. Elle lui sourit doucement, lui prenant la main en arrivant près de lui. Ils se rendirent ensemble au réfectoire, main dans la main, au milieu d’élèves qui décompressaient tous d’un seul coup avant de reprendre cette après-midi. Elle pensait qu’il aurait voulu déjeuner avec ses mais ou sa sœur mais lorsqu’elle lui avait proposé de déjeuner avec elle, elle avec accepté aussitôt. Ils s’installèrent ensemble au bout d’une table avec leurs plateaux, soufflant eux aussi.

–Allez, tout le monde, on sourit, s’écria un terminale avec un grand rire, c’est la meilleure semaine de notre vie ! Gloire à vous, mes amis de terminale, nous quittons cette école pour la vraie vie dès la fin de ce mois !

Adeline eut un petit rire en les voyant applaudir leur collègue, commençant à déjeuner. Elle mourrait de faim, la main un peu raide d’avoir autant écrit. Cette semaine allait être très longue, surtout s’il faisait aussi mauvais jusqu’à vendredi, mais savoir qu’ensuite, il y avait les vacances d’été, cela lui réchauffait le cœur. Tiens, en parlant de vacances, qu’allait faire Jasper ? Elle lui posa la question en langage des signes, curieuse. Tout le monde profitait du déjeuner pour beaucoup parler et se défouler, sachant qu’ils allaient passer l’après-midi coincés sur leurs copies et sujets d’examens.

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Déjeuner à deux   Dim 21 Juin - 15:39

Jaz jeta un vague coup d'œil aux professeurs qui passaient leur temps à remonter les allées, passant entre le stables pour regarder les élèves. Il avait toujours trouvé un peu inutile... Après, même si un élève trichait, ça ne le rendra pas plus intelligent et il ratera des choses bien plus importantes dans son futur emploi car il n'aura pas été capable d'apprendre correctement avant. C'était de la bêtise personnelle qui se payait souvent très cher une fois adulte, il était donc inutile que les profs fassent sans cesse des allers et retours dans les salles d'examens, à part pour le plaisir de déconcentrer tout le monde. Enfin, pas la peine de trop en demander... Il soupira puis se pencha à nouveau pour continuer d'écrire, pensant à l'année suivante. Pour le moment, seul Antoine était au courant, en plus du responsable des secondes, madame Chevreuil, mais il avait choisi la filière scientifique pour son année de première, puis de terminale. Il avait tellement hâte de voir la réaction de la Hyène lorsqu'elle apprendra ça ! Il était sûr qu'elle hurlera comme une folle hystérique, il avait hâte de voir ça.

A la fin de l'examen, il rendit ses copies au surveillant puis sortit dans les premiers, s'étirant un bon coup. Première matinée des examens terminée, chef ! Tout se terminait vendredi matin, il n'avait que deux oraux à passer, enfin trois avec le latin. Puis tout un après-midi où chacun fera ses valises, avec certains qui partiront en train le soir-même, puis le samedi, le dimanche, le lundi et le mardi pour les retardataires. Il descendit dans le hall et s'installa sur un des bancs en attendant Adeline, appuyant sa tête contre le mur avec un soupir en fermant les yeux. Une année de plus... Une année très particulière, en tout cas. Il se demandait comment tout cela allait être l'année prochaine... Peut-être que l'été donnera le temps à chacun de se calmer un peu mais en doutait fortement, ce serait même plutôt le contraire. Il regarda sa montre, s'endormant à moitié. Il demandera à sa sœur ce soir comment s'étaient passée sa journée, comme il ne déjeunait pas avec elle ce midi. Elle allait sûrement en profiter pour manger avec Antoine.

Lorsqu'Adeline arriva, entraînée dans la foule des tous les élèves, il lui prit la main et alla au réfectoire avec elle, lui souriant. Ils ne sortaient pas "officiellement" ensemble mais c'était tout comme et toute l'école le savait, maintenant, ou au moins leurs amis respectifs. Il n'avait pas envie de penser aux problèmes, ce midi, ni même aux examens. Pour une fois, juste une fois, même si ça ne durait qu'une heure ou deux, il voulait être un adolescent normal et sans aucun soucis. Pouvoir prendre une heure sans être sur les nerfs ou regarder par-dessus son épaule pour voir si des ennuis allaient lui tomber dessus sans crier gare. Il s'assit à table avec Adeline une fois qu'ils eurent pris leurs plateaux, sentant dans la salle l'ambiance plus détendue que ce matin même au petit-déjeuner. La plupart des collégiens tiraient des têtes bizarres, ils avaient passé quoi, ce matin, déjà ?

– Allez, tout le monde, on sourit, s’écria un terminale avec un grand rire, c’est la meilleure semaine de notre vie ! Gloire à vous, mes amis de terminale, nous quittons cette école pour la vraie vie dès la fin de ce mois !

Tiens, ce n'était pas faux, ça, pour eux, cette année était la dernière. Et ce n'était pas plus mal, quand on y songeait, ils n'avaient pas l'angoisse de savoir ce qui se passera à la rentrée, ils ne se posaient pas de question pour savoir s'ils restaient ici l'année prochaine ou s'ils partaient dans des collèges et lycées plus tranquilles. Il ne fallait pas être naïf, beaucoup d'élèves allaient arrêter les frais et quitter le pensionnat pour de bon l'année prochaine, ils avaient peur de mourir. Jaz y avait songé lui aussi, honnêtement, mais il n'arrivait pas à se faire à l'idée de quitter cette école comme ça, aussi brutalement, alors qu'il lui restait deux ans. Il remplit son verre d'eau, laissant les terminales s'extasier sur cette fameuse dernière semaine à l'école. Ils avaient de quoi être joyeux, ils passaient leur bac, certains continuaient, d'autres allaient travailler. Fin d'un cycle, on continue et on devient adulte en des lieux plus calmes.

Adeline lui demanda tout à coup en quelques gestes précis ce qu'il comptait faire pendant les vacances d'été. Ils n'avaient pas encore discuté des vacances, au fait, Jasper aimerait bien la voir de temps en temps, sur ces deux mois ! Il pouvait très bien prendre le train pour aller la rejoindre, tout comme elle, après tout, n'est-ce pas ? Il reposa son verre, reprenant d'abord un peu ses idées. On ne sortait pas de quatre heures d'examens sans avoir la tête à l'envers.

– Je vais passer l'été chez Antoine, j'y vais tous les ans depuis qu'on se connaît, dit-il en coupant sa viande.Ma petite sœur va sans doute venir avec nous, mais je ne sais pas si elle a aussi prévu d'aller passer quelques jours chez ses copines. Il vit dans un village très sympa, même si je ne suis pas un grand admirateur de l'océan.

Il finit de mâcher ce qu'il venait de prendre puis avala, pendant que les discussions autour d'eux allaient également très bon train. Beaucoup faisaient aussi des révisions de dernière minute tout en mangeant, les yeux rivés sur des écrits de Socrate ou d'un quelconque professeur pendant qu'ils piquaient aléatoirement dans leurs assiettes pour prendre leur viande.

– Mais on pourra se voir cet été, non ? De temps en temps, ce serait sympa, je ne sais pas si tu pars quelque part avec ton père. Je n'ai pas prévu d'aller ailleurs que chez Antoine, en deux mois, j'ai le temps de prendre le train pour venir te voir.

Il al vit rougir légèrement puis lui sourit, lui serrant brièvement la main. Dans ses rêves, il essayait souvent d'imaginer la voix qu'elle pourrait avoir... Il ne pourra jamais savoir mais c'était un songe qui le berçait régulièrement.

– Tu as des projets, toi ?

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Adeline Brian
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MessageSujet: Re: Déjeuner à deux   Mar 23 Juin - 11:20

Les vacances d’été étaient devenues le sujet de conversation favori des élèves, en ce moment, il était très agréable de se dire qu’une année de plus se terminait et tous allaient prendre une pause bien méritée avant de repartir à nouveau dans les cours, les examens et les exercices. Le parc allait encore une fois être rempli de parents venant chercher leurs enfants, de valises dans le hall d’entrée, de crises de panique pour la perte de billets de train ou de grandes embrassades pour se dire au revoir et à bientôt. Au moins, Adeline n’avait pas à traîner sa grosse valise très loin, la caserne était proche du village. Pendant deux mois, elle allait retrouver sa chambre, y dormir seule, au milieu de livres et peluches qui la jonchaient. Elle avait des photos de son père au-dessus de son lit mais pas de sa mère. C’était une inconnue, pour elle, Adeline ne cherchait pas à en savoir plus. Elle était partie, voilà tout, chacun sa route. Elle observa plutôt Jasper, aimant lorsque son visage s’illuminait d’un sourire. Un sourire qui l’avait toujours touché, il semblait à la fois plus jeune et innocent, alors même qu’ils avaient le même âge, elle n’était née qu’un mois avant lui.

– Je vais passer l'été chez Antoine, j'y vais tous les ans depuis qu'on se connaît, dit-il en coupant sa viande. Ma petite sœur va sans doute venir avec nous, mais je ne sais pas si elle a aussi prévu d'aller passer quelques jours chez ses copines. Il vit dans un village très sympa, même si je ne suis pas un grand admirateur de l'océan.

Avec son don, c’était normal, le feu et l’eau ne faisaient pas vraiment bon ménage. Elle-même aimait bien l’océan, même si elle n’était pas une aussi fervente admiratrice que ceux qui maniaient l’eau ou la glace. Elle le trouvait juste beau, empreint d’une force incroyable, à la fois brutale et paisible. Les occasions de s’y rendre étaient rares, elle devait souvent se contenter des lacs et des montagnes. Elle essaya d’imaginer Jasper dans l’océan, alors qu’il n’était déjà pas très à l’aise en étant près d’un simple lac. Le pauvre, il devait vraiment être mal, surtout les jours de tempête !

– Mais on pourra se voir cet été, non ? De temps en temps, ce serait sympa, je ne sais pas si tu pars quelque part avec ton père. Je n'ai pas prévu d'aller ailleurs que chez Antoine, en deux mois, j'ai le temps de prendre le train pour venir te voir.

Elle rougit un peu alors qu’il lui prenait la main et la serrait un peu. Se voir cet été, pas de problèmes là-dessus ! Son père l’avait déjà prévenu qu’ils ne pourront pas partir cet été, il avait beaucoup de boulot en plus, des dossiers qui s’accumulaient, donc ce sera délicat pour envisager un petit voyage, d’au moins une semaine ou deux. Elle avait été un peu déçue, sur le moment, mais elle avait largement de quoi s’occuper ici. Elle pouvait continuer à s‘entraîner pour les guetteurs mais aussi commencer une des formations jeunesse de l’armée, qu’on vous enseignait l’école militaire et qu’elle pouvait suivre à la caserne. La région en elle-même comptait assez de beaux coins pour se balader et elle pouvait aussi se prévoir une ou deux journée pour se rendre à paris pour visiter des musées et mouvements.

– Tu as des projets, toi ?

Elle hocha la tête, avalant ce qu’elle avait en bouche puis usant de son « langage » pour tout lui expliquer. Comme son père ne pouvait pas trop bouger cet été, elle voulait suivre une formation militaire pour continuer à s’améliorer, dans un domaine ou un autre, elle n’avait pas encore clairement défini. Elle lui expliqua qu’elle voudrait bien apprendre à manier des snipers, des fusils de précision, car elle admirait beaucoup les snipers de l’armée, trouvant leur formation très complète. Elle détailla un peu ladite formation à Jasper, dans des gestes assez rapides et vifs. Elle ne savait pas encore si elle voulait devenir militaire dans l’armée de terre, en revanche, elle se voyait très bien devenir gendarme ! Elle sourit largement en li disant à Jaz, ramenant ses bras vers son cœur pour appuyer ses dires. Gendarme, oui, ce serait très bien, pour elle. C’était mieux que les autres corps d’armée, à ses yeux, et sa formation la servira pleinement. A part ses entraînements, elle lui dit qu’elle pensait se faire quelques journées sur Paris pour visiter, même si son père ne pouvait pas l’accompagner. Il lui faisait confiance pour se balader dans des coins sûrs et touristiques.

Elle ajouta ensuite, après une courte pause pour manger un peu, qu’elle voudrait aussi le voir cet été, ce serait sympa. Lui comme elle pouvaient se déplacer en train, après tout, ils étaient assez âgés. Elle était gênée, par contre, d’aller le retrouver dans le village de son meilleur ami, ce n’était pas la peine de le déranger, ils pouvaient se retrouver ailleurs, n’est-ce pas ? Elle lui fit un petit sourire d’excuse, ne voulant pas qu’il le prenne mal ou même qu’Antoine soit vexé. Elle ne voulait pas le blesser mais elle ne voulait pas s’imposer comme ça pour voir Jasper, ça ne se faisait pas. Ou du moins, pas tant qu’elle n’aura pas son accord très net. Elle termina sa viande puis reprit un peu de main, demandant à Jaz si ça ne le gênait pas, lui, qu’elle vienne le voir de temps en temps. Elle lui dit qu’elle-même avait déjà demandé une autorisation pour qu’il puisse rentrer dans la caserne, il y avait une grille à l’arrière pour accéder directement aux parties abritant les immeubles.

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Déjeuner à deux   Lun 20 Juil - 21:15

Elle avala ce qu’elle dans la bouche puis approuva d’un signe de tête. Il redressa la tête pour suivre ses signes et comprendre ce qu’elle racontait. Il ne fut presque pas surpris lorsqu’elle lui parla de son envie de poursuivre une formation militaire, il s’y était attendu, mais lorsqu’elle ajouta qu’elle pensait à devenir sniper, il eut un petit frisson dans le dos. Elle pouvait vraiment ? Il avait entendu dire que c’était une des formations les plus difficiles de toute l’armée ! Bon, il ne savait pas vraiment ce qu’il y avait dedans, elle devait être bien plus renseignée que lui. Il avait juste entendu qu’un sniper devait avoir comme principales qualités la patience, la discrétion et le calme. Autrement dit, ce n’était pas du tout fait pour lui. Il la regarda expliquer ce qui l’attirait là-dedans, étonné de voir qu’on pouvait trouver ce genre de choses « belles » ou du moins intéressantes. Elle lui en dit un peu plus sur la formation et il fut définitivement convaincu que ce n’était pas fait pour lui, bien trop dur. Assise comme ça, en face de lui, elle semblait jeune et fragile… Ne jamais se fier aux apparences.

Il grignota sa tartine tandis qu’elle souriait, exprimant son souhait de devenir gendarme. Il la voyait très bien faire ça, en effet, et avec l’entraînement qu’elle suivait, elle pourra entrer dans la gendarmerie même avec son handicap. Elle évoqua ensuite des acticités plus « classiques », comme des balades, des visites, ce qu’on pouvait voir dans toute la France. Il avait l’impression qu’elle avait déjà pas mal voyagé avec son père. D’ailleurs, où était sa mère … ? Il ne lui semblait pas qu’elle l’ait déjà évoqué, elle n’était jamais venue dans la conversation. Dans tous les cas, il préférait ne pas aborder le sujet, pour ne pas prendre le risque de la blesser. Si jamais sa mère était morte ou les avait abandonnés… Lui-même détestait ses parents mais ne voulait pas que les autres soient blessés aussi avec les leurs.

– Si tu vas à Paris, passe dans les jardins, il y a des coins très beaux et tranquilles.

Il sauça son assiette puis finit ce qu’elle contenait, ayant encore un peu faim, les examens le creusaient toujours beaucoup. Au bout d’un moment, Adeline reprit, plus lentement, en lui disant qu’ils pouvaient aussi se voir cet été. Il lui sourit en hochant la tête, tout à fait d’accord. C’était déjà prévu au programme ! Il comptait bien venir l’arracher de temps en temps à ses exercices pour aller faire une sortie avec elle, que ce soit à Gray ou ailleurs, il y tenait beaucoup. Il buvait un peu d’eau lorsqu’elle exposa, soudain un plus pâle, sa gêne à venir à Arès, de peur dé déranger Antoine. Jaz ne s’était pas posé la question mais maintenant qu’elle le soulevait, c’était vrai qu’Antoine ne voudrait peut-être pas qu’Adeline vienne chez lui. Mais si Jasper allait plus loin du village pour retrouver Adeline, ce sera bon, n’est-ce pas ? Il lui assura que ça ne le dérangeait pas et eut un sourire ravi en apprenant qu’elle-même avait déjà fait le nécessaire pour qu’il puisse rentrer dans la caserne à sa guise. Et par la porte d’entrée en plein jour, cette fois. Histoire de changer.

– C’est vrai que je n’en ai pas encore parlé à Antoine, dit-il en mettant son assiette avec les autres au milieu de la table. Je ne pense pas que ça le dérangera, mais sinon, on se retrouvera ailleurs dans le village, non ? Il y a largement moyen de faire des balades et des sorties là-bas, c’est une très belle région.

Il lui sourit à nouveau, plus doucement, en lui attrapant la main. Qu’elle ne s’en fasse pas ! Ils avaient des dizaines de façon différentes pour se retrouver et s’amuser durant l’été. Et depuis qu’il avait seize ans, il pouvait se balader partout en train sans que les contrôleurs viennent surveiller ou l’interroger. C’était bien plus agréable, d’ailleurs. Il porta sa main à ses lèvres pour y déposer un baiser puis se leva avec elle pour quitter le réfectoire à leur tour. Les vacances allaient faire beaucoup de bien à tout le monde, en attendant la prochaine rentrée.

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